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6 juin 2013 4 06 /06 /juin /2013 18:45

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  potentiel_erotique.jpg

 

David Foenkinos est l’un des auteurs contemporains français les plus populaires.
Sorti en 2004, « Le potentiel érotique de ma femme » est un court roman idéal pour prendre connaissance à moindre effort avec l’œuvre de l’écrivain.


Derrière ce titre prometteur se cache l’histoire d’un homme appelé Hector, célibataire décalé cachant le vide de sa vie privée derrière une folle vie de collectionneur d’objets sans intérêt comme les pin’s ou les étiquettes de fromage.
Dominé par son frère ainé chez qui il occupe un poste de modeste employé de bureau, asphyxié par des parents étouffants et sourds à sa détresse, Hector décide de changer de vie.


Cette résolution courageuse passe par une désaccoutumance à la collectionnite aigue et par la recherche d’une femme pour stabiliser une vie privée à la dérive.


Après avoir rencontré un couple étrange Marcel et Laurence et avoir été tripoté par cette dernière présentée comme une championne de ping pong, Hector touche le fond et commet un jour une tentative de suicide manquée dans le métro parisien.


Incapable d’avouer à ses collègues cet acte lourdement connoté socialement, Hector raconte qu’il est parti en voyage plusieurs mois aux Etats-Unis et pour donner plus de crédit à son récit, effectue des recherches à la Bibliothèque National de France.


Sur place il tombe par hasard sur Brigitte, une thésarde en sociologie elle aussi en recherche de crédibilité sur un voyage fictif aux Etats-Unis, inventé pour les besoins de sa thèse.


Entre eux, le coup de foudre est réciproque et le mariage ne tarde pas à venir, apportant bonheur et stabilité à Hector.
Débarrassé en apparence de ses démons intérieurs, Hector qui a laissé tomber son job de minable employé pour monter avec sa femme une entreprise à succès de voyages fictifs, ne développe pas moins une nouvelle curieuse obsession pour les séances de nettoyage de vitres de Brigitte.


Prodigieusement excité sexuellement par la gestuelle de sa femme lors de cet acte en apparence banal, Hector va jusqu’à installer une caméra vidéo pour vivre et revivre ses fantasmes.
Pourtant cette obsession ne tarde pas à se retourner contre lui puisqu’il découvre un jour sur un film vidéo que sa femme a un amant.


Choqué, Hector soupçonne son frère Gérard, ancien champion cycliste raté, de couvrir les agissements adultères de sa femme et va jusqu’à le procurer, en remettant en cause son unique succès présumé, lors d’une course soit disant gagnée au Maroc.

Face à la colère d’un athlète peu fin comme Gérard, Hector est passé à tabac puis séquestré avant de sous la menace physique se rétracter.


Ceci n’enlève en rien sa ténacité à prendre sa femme en défaut mais un jour pourtant Brigitte lui révèle qu’elle a organisé la mise en scène de l’adultère pour le punir de la filmer sans son accord.
Le moment est donc venu pour Hector de révéler à sa femme sa pulsion ce qui loin de la choquer, resserre au contraire leurs liens et leur complicité.


Brigitte accepte de satisfaire les fantasmes de voyeur d’Hector, fantasmes qui ont pour avantage de le rapprocher de la monogamie et de la stabilité affective.
En contrepartie, Hector doit satisfaire le fantasme de Brigitte qui est de le voir montrer son sexe lors d’un diner avec le couple terrible Marcel-Laurence.


Les relations se cimentent donc entre Hector et Brigitte qui tombe logiquement enceinte.
L’accouchement de triplés produit un dénouement en forme de boucle avec le retour à un sentiment de collection.


En conclusion, « Le potentiel érotique de ma femme » est un petit roman léger qui ne restera sans doute pas de manière durable dans mon esprit.


L’histoire de cet homme malheureux trouvant sa rédemption dans les fantasmes confinés de son couple, est banale et finalement assez décevante au niveau de sa charge érotique finalement tristement inoffensive alors qu’on s’attendait à un feu d’artifice de situations plus chaudes et sensuelles les unes que les autres.


Seul point positif à signaler, le style de Foenkinos et tout particulièrement son humour redoutablement décapant, qui donne un peu de sel à ce récit globalement insipide.
Ceci sera sans doute trop juste pour me donner envie de continuer la découverte.

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26 octobre 2012 5 26 /10 /octobre /2012 23:13

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Attiré par les écrivains japonais sans doute par Yukio Mishima, j’ai voulu découvrir Yasunari Kawabata autre immense écrivain contemporain avec « Les belles endormies ».

Paru en 1970, durant les dernières années de sa vie, « Les belles endormies » est une courte œuvre de vieillesse de Kawabata qui raconte la fascination d’un vieil homme nommé Eguchi qui se rend dans une maison spécialisée pour observer des jeunes femmes endormies.

Cette maison est dédiée aux vieillards impuissants simplement désireux d’étancher leurs penchants voyeurs en profitant du sommeil de femmes consentantes préalablement droguées.

En contemplant et touchant les jeunes corps dormant d’un sommeil artificiel, Eguchi subit d’intenses émois érotiques mais revit également son passé de jeune homme et de père à travers les femmes de sa vie.

Il examine avec soins les corps assoupis et dénudés, se sentant soumis à de brusques bouffées de désir, mais parvient à chaque fois à réfréner in extremis ses pulsions physiques, respectant ainsi la règle de la maison.

Eguchi se prend de compassion pour les filles endormies, imaginant leurs vies et les raisons les ayant poussées à en arriver là.

Les filles changent pratiquement à chaque fois, avivant à chaque nouvelle rencontre de nouvelles sensations érotiques chez le vieil homme dont les désirs ne sont pas encore éteints.

Aimanté par la maison, Eguchi rapproche ses visites, envisageant même de prendre la même drogue pour s’endormir à leurs cotés de manière aussi lourde, voir définitive comme ceci est arrivé à un client  appelé Fukura dont le corps a été transposé dans une auberge afin d’éviter tout scandale.

Cet événement n’arrive pas, en revanche au cours d’un rendez vous avec deux filles, un drame survient avec la mort d’une fille noire par overdose ce qui clôt de manière un peu inattendu le récit.

En conclusion, pour un coup d‘essai, « Les belles endormies » ne m’a pas assommé par le talent de son auteur.

Le sujet très pervers est certes original et son traitement intéressant, même si les longues descriptions minutieuses de corps juvéniles assoupis traient pour moi en longueur et ne se révèlent pas aussi érotiques qu’elles pourraient l’être.

Kawabata touche pourtant une vérité essentielle, qui est que les désirs des hommes ne s’estompent pas avec l’âge, certains s’accroissant même à mesure que la santé et la vigueur s’estompent lentement.

Derrière le masque de l’age qu’est sensé donné la sagesse, se cache donc souvent des hommes torturés par de puissants désirs à l’état de fermentation du fait de l’impossibilité de leur réalisation physique.

Mais à coté de ce propos et d‘une certaine finesse de style, Kawabata déroute par sa conclusion en queue de poisson laissant le lecteur interdit sur la teneur réelle du message apporté.

Malgré ces quelques réserves, il est fort probable que je veuille encore découvrir cet auteur.

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24 août 2012 5 24 /08 /août /2012 22:33

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La littérature érotique était une fesse cachée que j’ignorais chez Guy de Maupassant, aussi est-ce avec curiosité que j’ai découvert « Le verrou et autres contes grivois » recueil de sept nouvelles traitant de relations sensuelles et éphémères entre hommes et femmes.

La première d’entre elle, « Le verrou » (1882) est le récit d’un vieux célibataire à trois de ses amis formant un club d’hommes déterminés à rester seuls, récit qui raconte un fort émoi de sa jeunesse avec une femme mure et mariée qui prit les devants dans leur relation.

Malheureusement l’aventure se termine en mini trauma puisque le couple illégitime est surpris par le logeur du jeune homme parce qu’il avait oublié de fermer le verrou de son appartement.

Avec « Marroca » Maupassant utilise ses souvenirs d’un voyage en Algérie française dans la ville de Bougie (Bejaia) pour s’orienter vers un savoureux érotisme oriental narrant la rencontre avec une belle baigneuse espagnole sur la plage en plein milieu de la fournaise de l’après midi algérien.

Mariée mais incroyablement ardente, libérée et passionnée, Marroca va entrainer le narrateur dans une situation embarrassante puisqu’il manquera d’être pris sur le fait par le mari de la belle, un homme aux dimensions colossales dont il ne verra jamais le visage.

On retrouve cette ambiance à un niveau encore plus exacerbée dans « Allouma » ou le narrateur vit près de Tiaret (Algérie) une aventure extravagante ou il reçoit en cadeau de son domestique une jeune femme arabe aussi belle que mystérieuse appelée Allouma.

Se heurtant au choc des cultures, le narrateur n’en devient pas moins très attaché à Allouma dont les fréquentes disparitions pour retrouver son peuple nomade rendent encore plus mystérieuse.

Un jour pourtant, le narrateur ensorcelé comprend que sa maitresse l’a quitté pour de bon en suivant un jeune berger avec qui elle entretenait une relation clandestine.

Très réussi également dans le cadre méditerranéen est « Idylle » ou l’auteur utilise l’excitation d’une rencontre dans un train faisant la liaison Gênes-Marseille pour proposer une curieuse scène de tétée entre deux émigrés italiens : une robuste nourrice et un travailleur amaigri.

Mais Maupassant n’a pas toujours besoin de soleil pour émoustiller, aussi « La Patronne » voit dans le cadre du quartier latin, un jeune étudiant breton monté à Paris avoir une aventure imprévue avec sa logeuse une femme d’âge mur d’apparence pourtant sévère.

Deux nouvelles d’un intérêt que je qualifierais de moindre viennent compléter le recueil, « Les épingles » mettant en lumière l’instinct de deux femmes maitresses du même homme et « Les tombales » excellente histoire gothico-cynique d’écumeuses de cimetières en quete de veufs à séduire dont le seul défaut est d’avoir déjà été intégrée dans « Contes cruels et fantastiques ».

En conclusion, « Le verrou et autres contes grivois » est une belle récréation montrant un aspect plus méconnu de l’œuvre de l’immense écrivain qu’est Maupassant.

Bien entendu, on peut trouver l’exercice un peu court ou superficiel, mais le résultat n’en est pas moins atteint avec des histoires au fort potentiel érotique.

En effet, Maupassant en fin psychologue et observateur de ses contemporains joue à la perfection de situation excitantes comme l’imprévu (la plage, le train, le cimetière) , l’interdit (la différence d’âge, l’adultère, le veuvage) ou l’exotisme des ambiances méditerranéennes chaudes, lourdes et sensuelles pour venir titiller les points sensibles de ses lecteurs.

A recommander à tous les infatigables rêveurs/fantasmeurs sachant nourrir leur esprit d’un imaginaire suffisamment fort pour pimenter un quotidien souvent banal et sans relief.

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16 décembre 2011 5 16 /12 /décembre /2011 13:31

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Il manquait dans ce blog dans l’œuvre du Marquis de Sade son premier ouvrage « Justine ou les malheurs de la vertu ».

Fidèle à un procédé qui sera rendu habituel chez lui, Sade adopte le principe du conte philosophique pour narrer les aventures d’une jeune fille nommée Justine, qui ruinée à la suite de la mort de ses parents, choisit contrairement à sa sœur Juliette qui décide de vivre en sa faisant entretenir, la voie de la vertu morale et religieuse.

Bien entendu, Sade va se venger du choix de son héroïne en la plongeant dans une suite ininterrompue d’aventures de plus en plus horribles afin de la punir de ne pas renier des principes auxquels il est farouchement opposé.

Tout d’abord Justine va se heurter à la malhonnêteté d’un usurier chez qui elle était employée, Monsieur Du Harpin.

Ayant refusé de séduire un voisin pour le voler, Justine va se retrouver elle-même accusée de vol par son patron et emprisonnée à la Conciergerie dans l’attente d’un jugement  fatal.

La, le destin de l’infortunée bascule avec la rencontre avec sa codétenue la Dubois, une femme vicieuse et retorse qui lui permet néanmoins de s’échapper de son cachot.

Devenue par la force des évènements une hors la loi, Justine va se retrouver une première fois malmenée par les comparses de la Dubois après avoir refusé de se joindre à eux.

Battue et violée par un dénommé Cœur de Fer, Justine va ensuite subir les sévices de Saint Florent, un commerçant lyonnais qu’elle a pourtant sauvé d‘un guet apens.

Puis viendra le tour du Comte de Bressac, qui l’embauche pour servir de domestique à sa tante Madame de Bressac.

Mais de Bressac bien que bel homme, est un débauché, homosexuel, cruel, méprisant les femmes et haïssant sa tante jusqu’à désirer l’assassiner par empoisonnement.

Désireuse de prévenir sa maitresse, Justine est encore une fois victime de sa vertu, puisque non seulement elle ne peut empêcher le meurtre, mais elle se trouve elle-même accusée et cruellement châtiée par le Comte qui la scarifie au fer rouge de la marque des criminels.

S’ensuit l’épisode sans doute le plus extrême et le plus délirant du récit, avec l’emprisonnement de Justine dans le monastère de Saint Marie des Bois, véritable forteresse tenue par des moines pervertis enlevant des jeunes filles de la région pour les traiter en esclaves sexuelles.

Prise entre les mains de moines puissants, Justine doit se soumettre à des règles sophistiquées ou règnent  sévices sexuelles les plus extrêmes et châtiments corporels vicieux.

Ayant pressenti que la mort sera la seule issue que lui accorderont les moines, Justine prend son courage à deux mains et s’évade de la prison.

Mais elle retombe dans une autre forme d’horreur avec le vicomte de Gernande qui ne peut jouir qu’en pratiquant des saignées sur les femmes.

Le procédé se répète, Justine échappant à un bourreau pour retomber sous l’influence d’un autre, comme Roland, faux monnayeur lui aussi adepte de sévices sexuels horriblement raffinés comme la pendaison.

Lorsqu’elle parvient à contacter un juge honnête qui peut la tirer d’embarras, c’est pour retomber ensuite dans d’autres tracas et retrouver ses anciens persécuteurs comme la Dubois, Saint Florent ou le moine Antonin , qui profitent encore d’elle alors qu’elle est accusée d’avoir jeté un enfant dans les flammes.

Alors que Justine finit par préférer la mort à ce trop plein d’injustice, elle est reconnue par sa sœur dans une auberge.

Juliette devenue Madame de Lorsange et épouse de Monsieur de Corville, intervient pour la tirer de ce procès mal engagé et la prend sous sa protection.

Mais Sade ne peut s’empêcher d’un ultime trait contre son héroïne et la fait périr assez invraisemblablement lors d’un orage, ce qui occasionne des remords bien tardifs de sa sœur.

En conclusion, « Justine ou les malheurs de la vertu » est une œuvre réellement éprouvante ou Sade va très loin dans la provocation pour justifier sa philosophie de l’existence.

Car la description détaillée et perverses des horreurs de ce livre ne doit pas faire oublier qu’il contient également de longs passages philosophiques ou l’écrivain défend sa conception du monde ou à l’instar des lois de la Nature, le fort doit opprimer le faible.

La justice parait aveugle, corrompue, n’aidant que les puissants mais c’est surtout la religion qui est la cible principale de Sade.

Si l’argent reste en effet l’un des plus puissants vecteurs de la domination, la religion apparait sans doute au moins aussi redoutable, avec comme démonstration éclatante les détournements blasphématoires des moines de Saint Marie des Bois.

Pour Sade en effet le fort à tout à perdre en suivant des lois égalitaires, quand au faible, le gain qu’il en obtient est trop dérisoire pour justifier non plus une adhésion, aussi les risques encourus (dont la mort) deviennent préférables à la misère.

A travers Justine, Sade punit les gens vertueux qui tirent orgueil et plaisir de l’exercice de leurs vertus.

Au final, même si on trouve le sadomasochisme intéressant comme concept, on ressort passablement dégouté de la lecture « Justine ou les malheurs de la vertu »  et on comprend que Sade fut un écrivain certes talentueux au style riche et imagé, mais censuré jusqu’au au XX iéme siècle.

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20 février 2009 5 20 /02 /février /2009 19:07

philo_boudoir.jpg
« La Philosophie dans le boudoir » est peut être l’œuvre la plus connue du Marquis de Sade.

Nul autre titre ne semble convenir mieux tant ce livre qui se présente sous forme de dialogues est une succession d’alternances entre scènes de pures débauches et authentiques réflexions philosophiques.

L’histoire est celle de l’éducation d’Eugénie une jeune fille de 15 ans par ses instituteurs Madame de Saint Ange, son frère le Chevalier de Mirvel, et le libertin Dolmancé aidés de leurs domestiques notamment le jeune jardinier Augustin.

Eugénie qui a quasiment désobéi à se mère Madame de Mistival pour rejoindre Madame de Saint Ange, est une belle et innocente jeune vierge qui va être deux jours durant le terrain d’expérimentation d’un apprentissage du libertinage, mélange de théories philosophiques et d’actes sexuels.

Le précepteur est assurément Dolmancé, qui véhicule les théories du Marquis mais Madame de Saint Ange joue également un rôle important, appuyant comme un double féminin le conditionnement de la jeune fille.

Plus de la moitié du livre ne consiste qu’en des scènes sexuelles débridées , très crues et donc déconseillées aux ames sensibles.

Le Marquis y fait longuement l’éloge de la sodomie et de l’homosexualité, surtout masculine du reste.

On notera une sorte de crescendo dans l’horreur, avec des hommes aux sexes de plus en plus surdimensionnés, (35 cm !) et l’utilisation pour les femmes de godemiché du même acabit.

De manière surprenante pour l’époque, Sade prône l’émancipation des femmes, égales aux hommes dans une société entièrement vouée au vice.

Ses conseils, notamment dans l’art de la dissimulation et de la fausseté sont pour le moins savoureux.

La cruauté est présentée comme le meilleur moyen de décupler son plaisir.

Les attaques contre les bonnes mœurs, l’éducation et surtout les religions sont d’une violence inouïe.

Jamais de ma vie en effet je n’avais lu de critiques aussi virulentes sur ces thèmes précis.

Sade développe les idées que rien n’est crime, ni le vol, ni le viol, ni le meurtre.

La deuxième partie du 5ieme dialogue intitulée, « Français, encore un effort si vous voulez être républicains » laisse de coté les scènes de débauches pour défendre de manière approfondie cette philosophie « inversée » de l’existence.

Pour cela, Sade s’appuie sur la diversité des coutumes des peuples du monde ainsi que sur des exemples tirés de l’Histoire (principalement Grecque ou Romaine ).

Y apparaît une Nature toute puissante, par définition cruelle, participant de manière égale aussi bien à la destruction qu’à la création.

Sade rejette l’existence d’un Dieu, la place centrale de l’homme dans le monde, conteste le rôle de la reproduction de son espèce, et tient pour responsable de l’affaiblissement de ces principes le Christianisme ou toute forme de religion, également coupable à ses yeux d’asseoir les régime despotiques.

Les lois, destinées à l’intérêt général au détriment du particulier doivent être en petit nombre et peu coercitives.

L’amitié, l’amour, de ses parents , de ses enfants n’ont pas leur place pour dans la vie du libertin qui se doit d’être libre, dénué de toute attache et puissamment  individualiste.

Au sortir de la Révolution Française, la pensée du Marquis résonne comme un puissant appel à ses compatriotes pour poursuivre l’effort et aller encore plus loin sur les voies de la liberté.

Les limites de Sade, (car oui il en a ! ) semblent être les guerres et les exécutions de masses.

Son argumentaire contre la peine de mort est également d’une efficacité assez imparable.

Le livre se termine sur un dernier dialogue, le pire( !) de tous ou la jeune Eugénie totalement gagnée aux théories sulfureuses de ses instituteurs participe de manière odieuse aux atroces tortures infligées à sa propre mère.

En conclusion « La Philosophie dans le boudoir » est un livre à la mesure de la réputation du Marquis de Sade, digne d’être classé X et par moment très choquant ou dérangeant (par exemple les passage sur l’inceste, l’infanticide ou la pédophilie).

Pour autant, les parties philosophiques tellement radicales et opposées à toute forme de norme m’ont terriblement intéressées.

Le Marquis de Sade me fait penser au fond à un anarchiste, un penseur révolutionnaire, un rebelle avec du fond, l’église pouvant même le qualifier d’Antéchrist en personne.

Son amour de la liberté trouve je le crois une intense résonance dans la culture républicaine française.

Les passages ou le Marquis s’attaque à la religion sont prodigieux.

Et dois je l’avouer, j’admire profondément son anticonformisme, sa soif de liberté.

Suivant sa sensibilité et son éducation on aimera ou on rejettera « la Philosophie dans le boudoir » mais c’est un livre qui pour moi fait réagir, interpelle, et fait figure d’incontournable référence littéraire.

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28 janvier 2009 3 28 /01 /janvier /2009 21:40


« Les Crimes de l’amour »  de Sade est un ouvrage difficile à classer.

On pourrait parler d’un recueil de contes tragiques, quasi philosophiques mais d’une philosophie bien particulière et si chère à son auteur.

J’ai pourtant préféré les ranger dans la catégorie « érotique » mais car même si ils ne le sont pas à proprement parler, ils contiennent cependant un degré de sadisme et de violence psychologique hors norme.

Cinq nouvelles indépendantes composent donc ce manuscrit.

Dans chacune d’entres elles, pour qui a lu par exemple « Justine ou les infortunes de la vertu » on retrouve les thémes favoris de   Sade, à savoir des personnages souvent pétris de vertus, de principes, de religion et de morale immaculée qui se retrouvent par l’entremise d’un destin vicieux et impitoyable la proie des plus affreux tourments.

Dans les trois premières histoires, Faxelange, Courville et Dorgeville sont les tendres brebis déchirées par les circonstances et par des prédateurs humains peu enclins à s’embarrasser de nobles sentiments.

Sade rajoute un degré suprême de raffinement dans l’horreur et la provocation en mêlant systématiquement  aux crimes de sang le  tabou ultime de l’inceste sous de multiples formes, mère-fils, père-fille, sœur-frère.

Le Marquis construit admirablement ses  récits et tel un démiurge omnipotent joue avec ses personnages comme avec de fragiles marionnettes de chair.

De manière symétrique et sans doute pour varier les angles d’attaque, les personnages principaux de Madame de Sancerre ou d’Eugénie de Franval ne sont pas les modèles de vertu mais de vice, cependant les causes et effets sont au final les mêmes.

Bien entendu dans une sorte d’ultime pied de nez,  Sade conclut ses histoires par une punition ou une repentance tardive des protagonistes corrompus avec un ersatz de morale sauvegardée, mais à chaque fois les dégâts occasionnés sont irrémédiables.

J’ai beaucoup apprécié ces récits que j’ai trouvés profondément jubilatoire, il est vrai que la langue utilisée par le Marquis le place sans conteste parmi les meilleurs écrivains de langue française.

Sade était pour moi un homme épris de liberté, sans doute un peu fou mais dont la subversion surpassera toujours n’importe quel rebelle d’opérette comme par exemple les rappeurs ou les hard rockeurs sataniques.

Sade tel un Don Quichotte du XVIII iéme siècle s’attaque à la société, aux bonnes mœurs, à la morale, aux traditions, à la religion.

La réclusion qu’il subira la majeure partie de sa vie ne fit que renforcer sa détermination et attiser sa plumme.

Aujourd’hui ses œuvres ont passés les siècles tandis que ses bourreaux n’ont rien laissé de leur existence, on peut donc décréter la victoire du libertin sur les censeurs.

J’admire donc en plus de son indéniable talent littéraire, la liberté, le courage et l’intelligence de cet homme sans dieu ni maître.

Dans « Les Crimes de l’amour » le lecteur assidu trouvera également un intense parfum de tragédie grecque, de misanthropie, de nihilisme et  de romantisme noir dignes par instants d’un Baudelaire.

Mais le plus important, si on sait lire par derrière les artifices de  la provocation, c’est bien le contenu philosophique de l’ouvrage qui demeure incroyablement cohérent et d’une profondeur absolue.

Quelques citations étincelantes :

« A ceux qui liront cette déplorable histoire, ce n’est que dans l’obscurité des tombeaux que l’homme peut trouver le calme, que la méchanceté de ses semblables, le désordre de ses passions, et plus que tout la fatalité de son sort, lui refuseront éternellement sur terre ».

« Les femmes …  fausses, jalouses, impérieuses, coquettes ou dévotes … les maris perfides, inconstants, cruels ou despotes, voilà l’abrégé de tous les individus de la terre, madame ;  n’espérez pas trouver un phénix ».

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29 décembre 2008 1 29 /12 /décembre /2008 11:54

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« Ecstasy »  de Murakami Ryu est sans doute le roman le plus extrême que j’ai lu de ma vie avec peut être « American Psycho ».

J’aime en général beaucoup lire des auteurs étrangers pour m’imprégner de la pensée ou la culture d’un pays.

Le Japon comme d’autres pays recèle pour moi un important pouvoir de fascination.

« Ecstasy » est un roman qu’on pourrait classer dans le registre érotique.

Le thème principal est la dérive de Miyashita, japonais trentenaire travaillant dans une boite de production de vidéo qui lors d’un tournage à New York rencontre un curieux SDF japonais qui va lui poser une énigme « Sais tu pourquoi Van Gogh s’est taillé une oreille ? » et lui glisse un numéro de téléphone au Japon.

A son retour du Japon, intrigué Miyashita compose le numéro et tombe sur une femme du nom de Keiko qui lui donne rendez vous.

Miyashita rencontre cette femme et est rapidement complètement subjugué par elle.

Keiko est une adepte du sado-masochisme, essentiellement dominante.

Elle raconte à Miyashita une histoire complexe avec un jeu à trois entre le SDF new yorkais en réalité un ex milliardaire producteur de comédies musicales, elle même et une troisième femme, danseuse, japonaise et vivant à Paris.

Capturé par le magnétisme de Keiko, Miyashita subit passivement le déversement des anecdotes sado-masochistes qu’elles raconte, ce qui donne lieu à d’interminables descriptions d’orgies, ou les victimes recrutées pour leur coté « girl next door » sont brisées par le couple infernal composé du SDF et de Keiko.

Pour arriver à ses fins, le couple utilise beaucoup la drogue, et particulièrement l’ecstasy qui a la propriété d’annihiler la volonté des consommateurs.

Autant le dire tout de suite j’ai été terriblement éprouvé par ces descriptions et le sentiment dominant pour moi a été le dégoût et la révolte.

J’aurais d’ailleurs aimé que Miyashita se révolte également contre Keiko mais non, attiré tel un papillon par la flamme, Miyashita n’a pas les ressources pour résister et plonge dans le jeu machiavélique qui l’emmènera de Tokyo à Paris en repassant par New York.

Au final devenu lui aussi un esclave, pion consentant, toxicomane, Miyashita sentira sa vie se déliter peu à peu et perdra pied avec le monde réel pour poursuivre son obsession fatale.

« Ecstasy » est donc un roman très noir.

Les sexe y est très présent mais sur une forme malsaine, déviée, cérébrale, le dominant jouissant du moment ou il parvient à « casser » la volonté de sa victime et de la honte qu’il provoque chez elle.

La drogue est encore plus largement présente dans ce livre ou tous les personnages sont pratiquement en permanence défoncés soit à la cocaïne soit à l’ecstasy.

On ressort de cette lecture l’estomac plutôt retourné en se demandant le pourquoi de cette quête d’absolu nihiliste.

A mon sens le héros qui se découvre donc un penchant masochiste qu’il ne peut contrôler, n’a pas réellement envie de vivre.

Sa vie sociale et affective est prodigieusement vide, sans but suffisamment puissant pou l’ancrer et le préserver de cette attraction.

Inconsciemment il attendait sans doute cela et était prêt à tout quitter pour se lancer dans cette spirale mortelle.

Je vois donc de fortes tendances suicidaires enfouies dans l’inconscient de Miyashita , tendances se révélant d’une manière détournées par son addiction à cette configuration infernale pour lui.

Pour moi « Ecstasy » n’a finalement rien à voir avec la dérive d’une société japonaise, c’est juste la dérive d’un individu comme il pourrait y en avoir dans chaque métropole mondiale.

Ce livre, trop explicite en sexe et drogue m’a plutôt rebuté.

Je préfère mille fois l’érotisme suggéré, morbide et raffiné d’un Mishima.

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