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26 février 2017 7 26 /02 /février /2017 10:32

Piero San Giorgio est un italo-suisse ex cadre en informatique  devenu adhérent aux mouvements survivalistes nés aux Etats-Unis.
Personnalité controversée réputée proche de l’extrême-droite, il publie en 2011 un best-seller appelé « Survivre à l’effondrement économique ».
Dans cet épais ouvrage, San Giorgio commence par expliquer, de manière très rationnelle voir scientifique comment le monde dans lequel nous vivons n’a selon lui plus très longtemps à vivre dans son fonctionnement actuel.
Le postulat de départ est simple : la plupart des théories économiques ultra libérales reposent sur le dogme d’une croissance infinie perpétuellement entretenue alors qu’aucune loi de la nature ne répond à ce modèle.
La révolution industrielle, source incontestable de progrès technologique et d’amélioration des conditions de vie matérielles de beaucoup de nations a également conduit à un train de vie énergivore alors que les ressources du monde sont finies.
Outre le fait que la croissance économique n’est pas suffisante pour faire face à l’évolution exponentielle de la population, l’économie  telle que nous la connaissons repose massivement sur le pétrole, non seulement vital pour faire tourner nos machines mais présent dans la plupart des objets manufacturés qui nous entourent.
Si San Giorgio reconnait la difficulté de connaitre précisément la localisation temporelle du « pic pétrolier », il avance tout de même l’idée majeure que depuis les années 60, le pétrole est devenu de plus en plus difficile à extraire alors que la consommation mondiale ne cesse de croitre.
Ce modèle n’est donc à terme pas viable et au rythme actuel de l’évolution du monde, le pétrole va inéluctablement tendre à manquer ou en tout cas à devenir inexploitable compte tenu de ses couts d’extraction élevés.
Pour le remplacer aucune solution ne semble réellement aussi avantageuse, les réserves de charbon sont à peu prêt dans la même situation, les énergies renouvelables (eau, vent, soleil) limitées, quant au nucléaire bien qu’ayant un meilleur rendement apporte des problèmes quasi insoluble de sécurité et de traitement des déchets.
Le raisonnement à propos du pétrole peut s’étendre à l’épuisement des matières premières (argent, or, plomb, tungstène, cuivre, manganèse, cuivre, nickel, fer) absolument nécessaires au fonctionnement du monde moderne.
L’autre versant de la société de consommation concerne l’extrême pollution qu’elle génère.
L’homme empoisonne ainsi son propre environnement, par sa production de gaz toxiques (dioxyde de carbone, protoxyde d’azote, méthane) et de déchets dont il se débarrasse en les enfouissant sous terre ou en les jetant dans la mer.
Si on ajoute à cela l’appauvrissement des sols épuisés par la surexploitation agricole, l’utilisation d’engrais, de pesticides pour améliorer le rendement et l’abaissement de la qualité de la nourriture (végétale ou animale), toutes les conditions semblent réunies pour aboutir à la conclusion que notre modèle n’est pas à terme viable.
Pour San Giorgio, aucune solution n’émergera de la technologie, aucune politique ne semble avoir été prise pour inverser cette tendance, en raison du poids des lobbies, de la vision à court terme des politiciens et de l’aveuglément des populations abruties par les rêves de société de consommation tournant autour de l’idée d’opulence et de jouissance immédiate.
Le plus probable est donc que les Etats-Unis, première puissance économique mondiale mais en réalité complètement déclinante en terme de création de valeurs industrielles et ne maintenant son niveau de vie qu’au prix d’un endettement malsain, vont à un moment donné s’effondrer et que leur réaction se fera à l’aide de leur puissance militaire par le déclenchement de guerres « justes » destinées à piller les ressources d’autres nations.
Cette théorie demeure valable également pour l’Europe, elle aussi déclinante et endettée mais dotée toutefois de moins de force de frappe que son puissant allié Outre Atlantique.
Principaux responsables du déclin de l’Occident, l’ultra libéralisme et la globalisation, aboutissant au massacre de l’industrie et de l’agriculture, jugées moins rentables par rapport à l’ultra concurrence du tiers-monde.
Le profit d’un petit nombre de privilégiés (actionnaires, dirigeants de multinationales) conduit donc à l’appauvrissement et à l’exploitation du plus grand nombre, que ce soient les locaux ou les immigrés, acceptant des conditions de travail déplorables pour simplement échapper à la misère.
L’effondrement des Etats-Unis aura donc un impact sur le monde entier avec tout d’abord un crash monétaire aboutissant à une hyper inflation généralisée faisant grimper en flèche la valeur des biens essentiels puis rendant la monnaie inutile, remplacée par le retour du troc.
Face à cette crise, les Etats seront bien vite débordés et ne pourront empêcher les émeutes, pillages provoqués par le manque.
Sans police, des bandes organisées se créeront et mettront la main sur les trafics nécessaire à la survie.
Lorsque les centrales s’arrêteront faute de carburant, l’eau et l’électricité manqueront et feront retourner l’humanité à une ère ante industrielle.
San Giorgio développe ensuite la seconde partie de son ouvrage consacrée à la survie dans ce monde en chute libre en établissant des Bases Autonomes Durables (BAD) de préférence en zone rurale.
Ces conseils reposant sur sept grands principes fondamentaux exposés les uns après les autres de manière systématique.
Cela peut paraitre une évidence, mais les premiers besoins de l’homme sont l’accès à l’eau puis l’accès à la nourriture.
Dans ce registre, San Giorgio prône l’autosuffisance en établissant sa BAD près d’une source ou d’un cours d’eau tout en s’assurant qu’il n’est pas pollué en amont, ou à défaut de creuser un puits pour exploiter une nappe phréatique.
A chaque fois un système de traitement sera nécessaire pour se prémunir de maladies infectueuses.
L’accès à un cours d’eau eau a également l’avantage, via la mise en place d’une turbine hydro-électrique de permettre l’alimentation en électricité de la BAD, même si le photovoltaïque peut s’avérer une excellente énergie d’appoint.
Pour le chauffage, le plus simple sera de revenir aux chaudières à bois.
Pour se nourrir, la constitution progressive de stocks est absolument nécessaire pour survivre les premiers temps, mais le but est l’atteinte de l’auto suffisance en apprenant à cultiver son potager et en mettant en place des petits élevage de race suffisamment robustes pour survivre sans aide médicale.
Il va de soi que la consommation de tabac, d’alcool, de graisses et de sucre disparaitra ou chutera sensiblement.
Pour survivre, l’hygiène et la santé seront aussi indispensables, d’autant plus que les compétences médicales deviendront vite des denrées rares.
Acquérir des notions de base dans le domaine médical pourra vite devenir vital, non seulement pour prévenir les contagions/infections, mais aussi soigner les petites maladies à l’aide de stocks de médicaments voir réaliser en extrême urgence quelques opérations (recoudre quelqu’un, réduire un fracture, arracher une dent).
De manière générale, San Giorgio ne prédit pas une longue survie aux malades, handicapés lourds et vieillards dans ce monde qui va rapidement devenir sauvage.
Si la vie en BAD nécessitera d’être en bonne condition physique, s’entrainer dans un sport d’endurance ou de musculation spécifique constitue une bonne préparation.
Pour le moral autant que pour ne pas retomber à l‘état de brute analphabète, il faudra continuer à se cultiver, à lire, écrire, apprendre à compter et à écouter de la musique.
Les deux dernier volets sont la sécurité avec le développement de capacités d’auto défense par la pratique de sports de combat « réalistes », de maniement d’armes blanches mais aussi d’armes à feu en s’inscrivant à un club de tir ou  en devenant chasseur.
Dans le domaine, San Giorgio développe un ensemble de stratégie paramilitaires visant à dissimuler l’emplacement de sa BAD, à en compliquer l’accès par des murs d’enceintes, chaines, portes blindées ainsi qu’à établir un système de détection d’intrus et de communication entre défenseurs pour si besoin éliminer impitoyablement tout type d’agresseur.
L’usage de la violence est ici légitimé par la destruction de l’état de droit et par le retour de la loi du plus fort par le biais de bandes organisées formée par d’anciens militaires ou experts en sécurité.
Le dernier volet est enfin consacré au lien social, nécessaire à la survie à long terme en bâtissant un réseau de proximité et de confiance avec d’autres survivants susceptibles d’apporter un soutien dans la vie quotidienne.
Malgré la nécessité de vivre en communauté, l’édification de règles strictes permettront d’éliminer tous les éléments dangereux susceptibles de mettre en péril la cohésion et la survie du groupe.
Dans les dernières pages, San Giorgio décrit son plan d’action extrêmement détaillé pour se préparer psychologiquement, physiquement et financièrement à construire sa BAD avant le grand effondrement se produira entre 2012 et 2020 (plus que 3 ans !).
En conclusion, « Survivre à l’effondrement économique » est un ouvrage volontairement alarmiste et paranoïaque, mais très structuré, bien écrit en allant jusqu’à une approche façon « manuel de survie » revendiquée.
Par delà la personnalité de l’auteur, qu’on devine au cours de quelques réflexions et citations proche de l’extrême droite d’Alain Soral ou d’Eric Zemmour, notamment lorsqu’il évoque les dangers de l’immigration et du métissage des peuples, « Survivre à l’effondrement économique » contient des parties analytiques à mon sens plutôt justes, notamment dans l’absurdité de notre mode de fonctionnement moderne, consistant à vivre de manière irresponsable via la société de consommation qui nous pousse à épuiser nos ressources naturelles dans une course sans fin vers le néant, plutôt que d’essayer de nous couler de manière plus respectueuse dans ce vaste écosystème que constitue la planète Terre.
L’irresponsabilité des classes dirigeantes, qu’elles soient politiques, financières ou industrielles est elle aussi pointée avec justesse, le profit d’une petite caste d’élus l’important sur le bien-être du plus grand nombre, dont on peut un jour redouter les réactions radicales (révolutions) lorsque la situation deviendra désespérée.
Ceci justifie t il une préparation immédiate à la survie ? Chacun sera amène d’en juger.
Mais la somme de connaissances à acquérir, notamment dans l’apprentissage de métiers manuels : agriculture, maçonnerie, mécanique, plomberie, électricité puis médecine et paramilitaire, prendra le prévient l’auteur à minima une 10aine d’années pour exceller dans un seul de ces métiers, autant dire que la date de 2020 apparait d’hors et déjà compromise !
Enfin si l’idée de développer d’autres capacités me parait intéressante, je reste assez rétif à acheter un terrain à la campagne que je transformerai en bunker auto suffisant, tout simplement parce que les investissements en temps, énergie et argent me paraissent en 2017 complètement disproportionnés !
En attendant, développer un fibre écologique relève aujourd’hui du bon sens le plus commun, même si à mon sens dans les faits, bien peu de personnes seraient prêtes à abandonner leur mode de vie actuel ultra centré sur l’automobile individuelle et l’achat du dernier téléphone portable !

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Published by Seth - dans Economie
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16 novembre 2016 3 16 /11 /novembre /2016 20:41

Spécialiste reconnu de l’Amérique latine, le diplomate et universitaire Alain Rouquié publie « Amérique latine » une première fois en 1987 et réactualise cet ouvrage en 1998.

Puissamment dense et structuré en quatre grandes parties,  « Amérique latine » débute par une longue introduction tournant autour des définitions à géométries variables et des racines culturelles très fortes européennes des pays dit latino-américains.

Le concept d’Amérique latine dépasse en effet les clivages géographiques ou linguistiques puisqu’un pays d’Amérique du Nord (le Mexique), tous les pays d’Amérique centrale, et certains anglophones (Guyana, Belize) ou néerlandophone (Surinam) lui sont souvent abusivement rattachés.

Si dans le langage commun le terme Amérique latine regroupe les vestiges de l’empire ibéro-portugais et souligne les liens historiquement forts des ex-colonies avec leurs anciennes métropoles, ce constat doit être grandement nuancé par la présence encore aujourd’hui non négligeable de populations indiennes locales et de descendants d’esclaves africains.

Difficile également de ne pas nier l’influence des Etats-Unis sur ceux qui ont longtemps été considérés comme des états vassaux du vaste continent américain.

La première partie de l’ouvrage commence par la géographie avec la prédominance de la chaine de montagnes des Andes culminant à plus de 7000 mètres, qui découpant le continent du Sud au Nord, constitue tout comme l’immense foret amazonienne, une barrière naturelle majeure découpant les états.

Cette géographie chahutée provoque de fortes variations de climats, entre les zones de haute altitude des montagnes andines (Chili, Pérou, Bolivie) ou des Rocheuses (Mexique), les denses forets tropicales( Brésil, Bolivie, Pérou, Colombie, Venezuela…), les plaines désertiques du sud de l’Argentine, les immenses zones côtières de pays comme le Chili ou le Brésil et les montagnes volcaniques d’Amérique centrale (Guatemala, Costa Rica, Nicaragua).

A l’exception des empires Mayas, Incas et Aztèques dont le degré d’évolution et de complexité comptait parmi les plus haut de son temps, on sait peut des choses des autres peuples d’indiens chasseurs-cueilleurs…

L’arrivée des colons espagnols et portugais au XVI ième siècle aboutit à la conquête, la destruction puis à l’assimilation partielle des populations locales, même si certaines zones reculées du continent continuent d’abriter des tribus de plus en plus isolées face à la poussée toujours plus dévorante de la civilisation.

Mais le peu de rentabilité des esclaves indiens poussent les conquérants à importer dès peu après des esclaves africains travaillant dans les conditions épouvantables que l’on sait.

Les autres vagues migratoires européennes (italiens, allemands) et asiatiques (japonais, chinois) contribuent à l’édification d’un continent métissé ou le poids des habitudes coloniales pèse encore très fort et conditionne les rapports sociétaux, plaçant de fait toujours les noirs ou les indiens en bas de l’échelle sociale malgré l’effet paradoxal d’une valorisation de leurs cultures dans le folklore national.

En effet, à leur arrivée les conquérants ont entrepris un partage des zones cultivables entre grands propriétaires terriens qui avaient un pouvoir local écrasant sur leur main d’œuvre composée d’esclaves.

Cet ascendant de l’encomendero ou du fazendeiro se perpétue encore aujourd’hui sur les modestes paysans à qui il offre une protection minimale (toit, nourriture, salaire) en échange d’une soumission totale.

Bien souvent ces seigneurs locaux s’attachent les bonnes grâces de politiciens et ont ainsi à leur disposition des milices privées afin d’user si il le faut de la force pour conserver leurs privilèges.

Comme l’explique la seconde partie consacrée aux acteurs de la vie politique et sociale, on peut donc parler de véritables oligarchies souvent dynastiques de producteurs agricoles (café, élevage, céréales, fruits) auxquels s’ajoutent les oligarques pétroliers ou militaires, qui tiennent les secteurs économiques clés des pays et ont par conséquent un poids décisifs sur les décisions politiques.

Entre les oligarques dominants et le système ce clientélisme qu’ils produisent et les couches les plus pauvres de la population (ouvriers, petits employés), se dessine une classe moyenne dite bourgeoise composée de fonctionnaires, cadres, techniciens, petits entrepreneurs, née de la forte tendance à la bureaucratie et de l’industrialisation tardive mais réelle du continent.

Ce sont généralement ces classes qui sont les plus actives politiquement pour dénoncer les dérives des classes dominantes, les couches ouvrières ayant été longtemps plus ou moins contrôlées par l’Etat par le biais de syndicats publics inféodés afin de prévenir toute tentative de révolution communiste.

Difficile ensuite de ne pas parler de société sans évoquer l’Armée qui agit souvent comme un pouvoir régulateur en Amérique latine, renversant les gouvernements trop corrompus ou impopulaires, pour établir pendant des durées variables des dictatures répressives accompagnées des habituelles violations des droits de l’homme vis-à-vis des opposants mais de manière plus positive durant ces dernières décennies, rendant ensuite le pouvoir à des démocraties civiles.

Après la fin de la Guerre froide durant laquelle les Etats-Unis influençaient totalement les armées latino-américaines pour endiguer le communisme et n’hésitaient pas si ils le jugeaient nécessaire à intervenir militairement dans les pays d’Amérique centrale (Cuba, Nicaragua, Panama, Salvador) pour défendre leurs intérêts, les pays latino-américains se sont émancipées de leur encombrant allié et se concentrent sur la lutte contre les narcotrafics et la défense de leurs ressources naturelles.

L’église essentiellement catholique implantée par les colons « évangélisateurs » a également un impact très fort, avec notamment un rôle de remplaçant les pouvoirs publics déficients vis-à-vis des couches les plus pauvres de la société même si dans ce domaine la concurrence du protestantisme évangélique importé des Etats-Unis offre une forte concurrence.

Plus interessante pour moi que le cas particulier de l’éclosion de leaders populistes latino-américains dont Fidel Castro est un exemple saisissant, est le troisième partie consacrée aux questions de développement.

Prisonnière d’un modèle économique post colonial ou elle exporte ses matières premières et importe de couteux produits manufacturés d’Europe ou d’Amérique du Nord (Etats-Unis, Canada) ce qui freine l’accession au développement technologique, l’Amérique latine s’est tardivement industrialisée.

Ce retard se fait ressentir dans l’insuffisance du logement avec les trop connus bidonvilles des grandes métropoles latino-américaines, des transports publics trop massivement routiers, des budgets de recherche aboutissant à la fuite des cerveaux et au recours massif à des transferts de technologie, des fortes inégalités au sein des pays, mais également dans diverses régions d’un même pays comme le Brésil, entre le Sud presque aussi développé que l’Europe et le Nord, digne du tiers monde.

Aujourd’hui, seules certaines régions du Mexique, du Brésil, de l’Argentine du Venezuela ou de la Colombie parviennent à peser internationalement comme puissances industrio-économiques des domaines sidérurgiques, pétroliers et miniers, mais soumis à un endettement massif qui les placent continuellement sous la coupe des pays dits « développés », les pays latino-américains peinent à obtenir un développement global de grande envergure.

Dans la dernière partie, Rouquié s’intéresse à l’aspect international pour consacrer une large part de son analyse à l’influence des politiques des Etats-Unis, partant d’une relation dominant-dominé (militaire, politique, économique), à une émancipation progressive se traduisant par des prises de positions à l’ONU contre l’ex-allié américain ou au développement de marchés intérieurs comme le Mercosur, seul le Mexique continuant de ménager ses encombrants voisins du Nord (Usa, Canda) auxquels il reste lié par le traité de l’Alena.

Ainsi aujourd’hui les pays latino-américains sont en recherche de partenaires Arabes ou Africains pour se démarquer de leurs anciens modèles et maitres.

En conclusion, « Amérique latine » est un ouvrage complet et riche dont le seul défaut est d’être aujourd’hui légèrement daté et de mériter sans doute d’etre actualisé au vu dernières et passionnantes évolutions de la situation internationale.

Malgré cela, « Amérique latine » réussit à dégager des tendances générales dans l’évolution de ces dizaines de pays, tout en soulignant par instants certaines spécificités (Cuba, Salvador).

J’ai été surpris de constater le poids de l’héritage colonial forcément douloureux car sanglant et inégalitaire sur les relations entre les différentes ethnies pourtant au premier abord souvent mélangées aux yeux d’un Européen.
Ce poids se fait sentir dans toute l’organisation sociale, économique et politique du continent avec son système d’oligarques descendants des grands propriétaires ou entrepreneurs coloniaux, ces locomotives agricoles et industrielles choyées par les classes politiques dominantes auxquelles elle se confondent parfois.

Prisonniers de leur passé et de son modèle archaique, victimes de l’affairisme des Etats-Unis, les pays latino-américains peinent à prendre leur envol vers le développement et les roles de premier plan internationaux que le Brésil, le Mexique ou l’Argentine pourraient pouvoir prétendre.

Et pourtant, pourtant, toute le monde le sait, leur potentiel surtout naturel est colossal et ne demande qu‘à être fructifié…

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17 février 2015 2 17 /02 /février /2015 22:41
Faites sauter la banque ! (Marc Fiorentino)

Sorti en 2014, « Faites sauter la banque ! » est un livre de l’ex banquier d’affaires Marc Fiorentino qui fit l’année dernière grand bruit.

Ce court ouvrage de vulgarisation se propose dans un style percutant de décrypter les mécanismes mis en place par les banques pour faire de l’argent sans justification sur le dos de leurs clients, jugés dans l’ensemble trop passifs pour réagir.

Dans la première partie, Fiorentino rappelle les définitions et les grands principes sensés définir les activités des banques de détail par opposition à celles des banques d’affaires : collecter les dépôts, gérer les moyens de paiement et accorder des prêts.

Il tente donc de battre en brèche les idées préconçues des Français qui légitimement apeurés par la complexité du fonctionnement des banques et par la toute puissance supposée du banquier, craignent plus que tout de changer et restent par habitude au sein du même établissement sans se rendre compte qu’ils y perdent financièrement.

Le style musclé, incisif tente de bousculer le lecteur pour désacraliser la banque et la considérer tel un commerce comme les autres.

Un petit historique rappelle que les banques notamment par les investissements irresponsables des subprimes en 2008 puis par la crise grecque en 2012, ont bénéficié d’interventions massives des Etats pour les soutenir en vertu des principes du « les pertes sont nationalisées, mais les bénéfices sont privatisés » ou du « trop gros pour tomber »

Les liens incestueux entre politiciens et banques rappellent également que les banques profitant d’un système mondial ultra libéral, retombent à chaque fois sur leurs pieds.

Cependant, la crise des subprimes ayant restreint leurs activités spéculatrices, les banques se recentrent sur leurs clients pour compenser leur baisse relative de bénéfices et inventer sans cesse des frais imaginaires comme les obscurs « frais de tenue de compte ».

Mais dans ce domaine, les banques traditionnelles se heurtent à des rivaux de taille : les nouvelles technologies qui permettent via la dématérialisation et le jeu de la concurrence de contourner les stratagèmes mis en place et de faire ainsi des économies substantielles c’est-à-dire jusqu’à 2000 euros d’économie par an.

L’arme absolue dans ce domaine semble être Internet qui via son offre de sites de comparaison de banques entre elles, permet d’orienter le client vers un établissement plus avantageux en fonction de ses habitudes.

Cette démarche amène à se poser la question de la rationalisation de besoins et dans cet exercice il s’avère que posséder un compte en banque et une carte de crédit s’avère nécessaire, mais encore faut il choisir une carte avantageuse économiquement, sachant que sur les banques en ligne ces cartes sont gratuites.

Assez inévitables les couts des virements et prélèvements peuvent également être réduits voir offerts par les banques en ligne.
Des techniques sont présentées pour éviter le découvert, véritable gouffre financier, qu’il soit par négligence, ponctuel ou structurel.

La troisième partie du livre se consacre aux placements, passant en revue toutes les possibilités les plus simples (Livret A, Livrets Développement Durable), aux plus complexes (Comptes à termes, Plan Epargne Actions, Fonds de Placement) en passant par les traditionnels Plan d’Epargne Logement, Compte Epargne Logement et Contrat d’Assurance Vie.

Une fois encore le recours à Internet est requis pour les Livrets non réglementés aux taux nettement plus rémunérateurs et les Contrats d’Assurance Vie pour éliminer les frais de versements, de retraits ou de gestion pouvant monter jusqu’à 3%.

La conclusion est la même pour les PEA et les Fonds de Placement pour lesquels les offres en ligne sont plus avantageuses question rendement et des outils comme le calculateur de l’Autorité des Marchés Financiers permettent de comparer les frais des différents opérateurs.

Pour les livrets réglementés par l’Etat ou les Comptes à terme le choix d’une banque classique apparait en revanche toujours pertinent.

Avec la quatrième partie, vient la délicate question des crédits de plus en plus difficiles à obtenir pour de simples particuliers non fonctionnaires, sans apport personnel et même souvent sans CDI.

Là encore, Fiorentino préconise de passer par un courtier qu’il soit online ou offline pour comparer les offres des banques et obtenir les meilleurs taux.

On peut même pousser la négociation jusqu’à contracter sur une durée d’un an, une assurance indépendante de l’organisme de crédit, afin bénéficier de la loi Hamon de 2014 et ainsi faire de nouveau jouer la concurrence pour faire baisser le cout important de l’assurance emprunteur.

L’exercice de mise en concurrence s’applique également pour les crédits à la consommation avec l’appel à des organismes spécialisés hors périmètre bancaire.

Après avoir exploré les services bancaires alternatifs comme ceux proposés par les bureaux de poste, la grande distribution ou l’automobile intéressants pour les clients fidèles et faire un curieux distinguo pour la Banque Postale, plus soucieuse selon lui de ses clients fragiles en raison des ses vestiges de service public, Fiorentino place enfin son attaque en publiant un classement des banques les plus et moins chères suivant les profils clients : cadre, cadre supérieur, employé, retraité, étudiant, commerçant ou chef d’entreprise.

Sans surprise les banques en ligne caracolent dans le peloton de tête et que ce soit sur ING direct, Fortuneo, Boursorama, Monabanq voir Hellobank, Fiorentino donne son assentiment pour oser le changement de manière préférentiellement progressive puis pousse encore plus loin ses raisonnements en se projetant dans un futur dominé par la technologie ou tout serait centralisé sur un téléphone portable avec la domination des géants américains comme Google, Amazon, Apple voir Facebook.

Fiorentino y voit donc à terme la disparition des banques traditionnelles, trahies par l’inutilité de leurs conseillers bancaires, le peu d’attractivité de leurs services et leurs couts de gestion élevés.

La huitième et dernière partie du livre propose un plan d’action étape par étape pour changer de banque en prenant le lecteur par la main au point de lui pré-rédiger sa lettre de résiliation.

En conclusion, « Faites sauter la banque ! » est un petit livre audacieux faisant office de véritable bâton de dynamite dans le monde feutré des banquiers.

Dans un style clair, direct et très voir trop pédagogique, Fiorentino se pose en véritable conseiller indépendant soucieux d’obtenir les meilleurs avantages pour ses lecteurs/clients.

L’analyse est pertinente, percutante et met en évidence l’intérêt de rationaliser ses besoins propres et de faire jouer la concurrence en misant sur les nouveaux services offerts par les banques en ligne.

Ce constat trouve un véritable écho lorsqu’on le met en miroir avec la réalité des services bancaires traditionnels : agences quasiment inutiles, conseillers fantômes sans cesse renouvelés plus commerciaux que conseillers, faible attractivité des offres et contrats incompréhensibles visant à placer des facturations pour services imaginaires.

Bien que goutant assez peu le monde de la finance, je n’ai pu qu’être réceptif à ces conseils d’utilité publique.

Reste ensuite le courage de les appliquer et d’oser finalement considérer « Mr le Banquier » comme un commerçant comme les autres et à aller voir ailleurs si insatisfait.

Dans ce domaine, il apparait que la fortune sourit aux audacieux …

Faites sauter la banque ! (Marc Fiorentino)
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