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14 février 2012 2 14 /02 /février /2012 20:49

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Poursuite de la découverte des œuvres classiques avec « Salammbô » de Gustave Flaubert.

Publié en 1862 après un « Madame Bovary » centré sur un drame de la bourgeoisie française, « Salammbô » se place dans un contexte historique bien précis, celui de la guerre entre Carthaginois et Mercenaires après la première guerre punique (III ième siècle avant Jésus Christ ) remportée par les Romains.

Dans un cadre exotique, sensuel mais aussi incroyablement cruel, Flaubert raconte l’amour impossible entre Matho, colossal chef libyen fédérant par le vol du voile sacré dédiée à la déesse Tanit, les troupes disparates des Mercenaires en révolte et Salammbô, fille du suffète Hamilcar Barca et gardienne du voile dérobé par son soupirant.

A partir d’un fondement matériel concernant le refus de verser un salaire aux Mercenaires ayant lutté pour Carthage, Matho fait de la guerre un but personnel de vengeance après que Salammbô envoyée par le prêtre Schahabarim, l’ait séduit pour récupérer à nouveau le voile sacré.

Matho est aidé dans sa guerre par Spendius un ancien esclave grec peu courageux mais incroyablement intelligent et manipulateur.

En face de lui, se trouve Carthage protégée par une forteresse quasi inexpugnable mais surtout Hamilcar redoutable chef de guerre aux manœuvre audacieuses disposant de cavaleries, de troupes d’infanterie lourde et d’éléphants de combat, arme à l’impact psychologique important aux temps de l’Antiquité.

Entre les Mercenaires supérieurs en nombre et rejoint dans leur révolte par des troupes africaines éthiopiennes et numides et les Carthaginois commandés par un génie militaire, le combat est long, féroce, palpitant et longtemps indécis avec d’incessants rebondissements.

Flaubert voit dans le sacrifice d’enfants carthaginois au dieu Moloch pour apaiser son courroux le début du point d’inflexion faisant inexorablement pencher la balance du coté des assiégés.

Hamilcar réussit en effet une percée et prend ensuite à revers les assaillants, les entrainant dans un piège atroce dans un défilé montagneux étroit qu’il verrouille hermétiquement.

Poussés à bout par la faim, la soif et l’épuisement, les Barbares en viennent au cannibalisme et sont des proies facile pour le suffète qui les élimine de manière cruelle.

Resté à Tunis, Matho livre alors son dernier combat face à Hamilcar devenu irrésistible et ayant de surcroit donné sa fille Salammbô en mariage à l’ex allié de son ennemi le roi Numide Narr’Havas.

Malgré son héroïsme, Matho est vaincu et livré au supplice populaire dans les rues de Carthage.

Il meurt devant Salammbô la femme qu’il a toujours aimé, qui ne supporte pas ce triste spectacle et meurt à son tour sur le coup.

En conclusion, balayant tous mes a priori sur le fait que Flaubert était un auteur romantique assez ennuyeux, « Salammbô » est un véritable chef d’œuvre dont le rythme intense m’a tenu en haleine de la première à la dernière page.

A partir de témoignages historiques (Polybe, Diodore de Sicile, Tite Live) et de ses voyages, Flaubert recrée de toute pièce un orient imaginaire empli de sensualité et de mystère.

L’érotisme provient bien entendu de la relation trouble entre Salammbô la voilée qui vit avec un serpent sacré et Matho chef de guerre fort, viril et intrépide.

Le mystère est apparent dans la description des cultes religieux autour des divinités Carthaginoises, les Baals, héritage de la culture sémitique.

Autre fait marquant, « Salammbô » surpasse n’importe quel ouvrage de tueur en série en raison de sa violence, aussi bien dans les combats utilisant d’effrayantes machines de guerre ou animaux de combat que dans les supplices infligés aux vaincus, le plus classique d'entre eux étant la crucifixion.

« Salammbô »  fait rêver, frémir, étonne, impressionne, charme et provoque une envie insatiable de continuer sa lecture quitte à en perdre le sommeil, ce qui est pour moi la marque des chef d'oeuvres imperissables.

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22 janvier 2012 7 22 /01 /janvier /2012 19:58

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Fréderic Beigbeder est dans les feux de l’actualité en ce moment avec l’adaptation de son livre « L’amour dure trois ans » au cinéma, pourtant ce n’est pas de ce film que je vais vous parler mais d’un de ses livres paru en 2005, « L’égoïste romantique ».

Après un « Windows on the world » moins personnel et salué par la critique, le dandy énervant se recentre sur ses eternels problèmes existentiels et décide d’écrire une auto fiction sous la forme d’un journal écrit durant les années 2000-2002.

Usant du personnage d’Oscar Dufresne, écrivain trentenaire parisien célibataire lui ressemblant beaucoup, Beigbeder relate jour après jour ses réflexions autour de sa vie décevante et dissolue.

Tenaillé par son incapacité à aimer, Oscar sort continuellement dans les endroits les plus branchés de Paris et du Monde pour s’étourdir dans un tourbillon de fêtes, de rencontres féminines éphémères, mais aussi d’alcools et de drogues comme la cocaïne, sa substance de prédilection.

Au milieu des ces récits de noctambule blasé, surnage une intrigue amoureuse, ou le jeune homme après avoir douloureusement rompu avec une certaine Claire courtise Françoise l’ancienne maitresse de son amie Ludo, lui-même mal marié et père de famille frustré.

Oscar est attiré par Françoise car c’est comme lui une femme névrosée, indépendante et sexuellement très libérée.

Ainsi le duo partagera une vie sexuelle débridée aux quatre coins du monde dans les boites de nuit branchés et les clubs échangistes.

Amoureux dompté, Oscar éprouvera un frein à sa soif insatiable de conquêtes féminines de préférences jeunes jusqu’à la rupture finale le ramenant à son point de départ.

En conclusion, « L’égoïste romantique » est un roman sans réel structure ou histoire ou Beigbeder retombe dans sa spécialité, la complainte égo maniaque.

L’écrivain nous en met plein la vue en citant tous les lieux branchés ou il se rend en compagnie des ses amis du show bizness comme Thierry Ardisson, Yann Moix, Elisabeth Quin ou Edouard Baer, même si en réalité pour le lecteur que je suis cet étalage de snobisme ne produit aucun effet.

Des grandes villes comme Rome, Barcelone, Berlin, Istanbul ou Moscou, Beigbeder ne semble avoir retenu que les night clubs et la plastique des jeunes filles.

Eternel insatisfait, torturé compulsif, obsédé comme tous les trentenaires par la jeunesse qui s’en va, Beigbeder comprend que la richesse et sa célébrité ne suffisent pas à le rendre heureux, à le stabiliser affectivement.

Mais comme il le reconnait lui-même, cette lucidité touchante ne suffit pas à lui faire changer radicalement de mode de vie et le laisse se complaire dans ce tourbillon d’invitations lors de soirées spéciales organisées par des magazines à succès.

En l‘absence de trame ou porte de sortie, « L’égoïste romantique » fait du surplace en meublant le vide de quelques jolies phrases ou traits d’humour qui ne suffiront pas à le rendre intéressant.

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13 janvier 2012 5 13 /01 /janvier /2012 17:48

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Après « Le vin de Paris », un autre grand classique de Marcel Aymé avec « Uranus ».

Publié en 1948, « Uranus » rendu célèbre par l’adaptation cinématographique de Claude Berri en 1990, raconte l’atmosphère sombre de l’après seconde guerre mondiale en 1945 dans le petite village imaginaire de Blémont durement touché par les bombardements alliés précédant sa libération.

Les acteurs de ce drame sont l’ingénieur Archambaud, homme foncièrement bon mais un peu dépassé par la tournure des événements quand il accepte par pitié d’héberger l’ancien collaborateur Maxime Loin traqué par les FFI (Forces Françaises de L’Intérieur) et les milices communistes.

En effet, en raison d’une cohabitation forcée et difficile dans la maison avec les Gaigneux, dont le père est un ouvrier membre du parti communiste, Archambaud a déjà beaucoup de mal à pacifier sa femme en perpétuelle querelle avec sa vis à vis, son fils Pierre désireux de s’engager chez les communistes et sa fille Marie-Anne qui rêve de devenir actrice à Paris.

Le bon et placide ingénieur est aidé par Watrin, un professeur lunaire veuf depuis les bombardements, qui a adopté une étrange philosophie du bonheur lui permettant de voir le bon et le mal dans chaque homme et de l’accepter avec la plus grande des tolérances.

Pourtant le village est aux mains des FFI noyautés par les communistes comme Jourdan, Gaigneux, Rochard qui se livrent à une féroce lutte d’influence avec les socialistes.

Ils y mènent au nom de leur idéologie révolutionnaire une véritable campagne de terreur, aboutissant aux arrestations de présumés collaborateurs ou trafiquants de marché noir avec l’appui d’une police avide de justice expéditive.

C’est dans ce contexte que le cafetier Léopold, une force de la nature férue de poésie, est arrêté après avoir rossé Rochard, voyou communiste causant des troubles dans son établissement.

Malgré sa réputation dans le village, Léopold ne peut rien et souffre en prison des privations du manque d’alcool.

Chez les Archambaud, la promiscuité de la présence de Louin fait monter la tension en entraine le développement d’intrigues amoureuses au centre duquel se trouve Marie-Anne, dont Loin et Gaigneux sont amoureux, tandis que sa mère désire prendre pour amant l’ancien collaborateur au style plus fin que le lourd ingénieur.

Pour résoudre cet épineux problème, Marie-Anne tente de forcer son soupirant Michel Monglat, fils d’un riche marchand du village ayant fait fortune dans le marché noir, de faire jouer ses relations à Paris afin d’accorder une protection au fugitif mais Michel en très mauvais terme avec son père dont il ne supporte pas la malhonnêteté, ne se montre pas capable de répondre aux attentes de la jeune fille.

Les choses prennent une autre tournure lors de la cérémonie de retour de prisonniers français, dont certains sont lynchés par les communistes avides de purges.

Tout échoue donc et l’inéluctable étau se resserre peu à peu sur Loin qui est découvert pas Gaigneux.

Du coté du cafetier poète, Léopold est finalement libéré mais le sentiment d’injustice aidé par l’alcool est trop fort et l’homme fait un scandale dans les rues du village.

Sachant qu’il va être à nouveau interpellé, Léopold se rebelle et est finalement tué par les gendarmes.

La mort de Léopold coïncide donc à la reddition de Loin qui se dirige non sans des adieux déchirants à Marie-Anne vers son funeste destin.

En conclusion, « Uranus » est un livre majeur, une œuvre d’une force inouïe décrivant une face sombre de l’histoire de France avec l’après Libération et les règlements de comptes sauvages qui aboutirent à des massacres aveugles de collaborateurs, trafiquants, délinquants mais aussi de simples innocents.

Sorte de croisement entre Archambaud et Watrin, Aymé fait pourtant sortir la vérité de ce dernier, qui comprend que pour survivre en société l’homme doit en permanence masquer ses sentiments.

Derrière ces masques, les hommes s'étant déjà tus pour échapper au régime de Pétain, ont à présent peur de périr sous les coups des Résistants ivre de vengeance et de sang.

Marcel Aymé fait apparaitre toute la complexité de l’homme avec Archambaud, capable d’aider par compassion un pourri qui ne regrette en rien ses convictions hitlériennes mais demeurant parfaitement incapable d’intervenir lors du lynchage public d’un jeune soldat.

La figure de Léopold est plus énigmatique.

Elle révèle une force de la nature sensible à la poésie de Racine et Sophocle, un homme trop franc et naturel pour être dompté, se travestir et jouer le jeu des hommes.

Bien entendu on pourra juger que le sort est bien dur pour un personnage aussi sympathique.

« Uranus » est une œuvre d’utilité publique mettant l’homme en face de lui-même, devant les facettes les moins reluisantes de son âme ballotée par des événements historique qui le dépassent et l'effraient.

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5 janvier 2012 4 05 /01 /janvier /2012 22:02

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Compte tenu de la qualité des écrits de Marcel Aymé, j’ai éprouvé un vif besoin de continuer à poursuivre la découverte de son œuvre avec « Le chemin des écoliers ».

Publié en 1946, « Le chemin des écoliers » est une histoire typique du Paris de l’occupation allemande durant la Seconde guerre mondiale, ou une famille les Michaud va vivre une aventure hors du commun.

Le père un intellectuel raté  se voulant humaniste et donc anti fasciste, travaille dans une cabinet de gérance immobilière et a beaucoup de mal à s’habituer aux trafics de son associé Lolivier qui profite des pénuries pour détourner de l’argent et exploiter les occupants des immeubles.

Michaud et Lolivier s’affrontent donc souvent sur des questions idéologiques, le premier réprouvant les méthodes dures et cyniques du second notamment.

Mais les véritables problèmes vont venir des progénitures des deux hommes.

Le jeune Antoine Michaud tout d’abord va entrer dans le marché noir aux cotés de son ami Paul Tiercelin élève brillant beaucoup plus mature que ses dix sept ans laisseraient à  penser.

Puis Antoine va mentir à son père pour vivre une histoire d’amour passionnée avec Yvette une femme mariée plus âgée dont le mari est détenu prisonnier en Allemagne.

Après avoir dit à son père qu’il partait en vacance avec Tiercelin en Normandie, Antoine va en réalité mener une vie de couple avec Yvette au grand désespoir de son ami qui trouve que cette liaison le détourne de ses études.

Inquiet de la chute des résultats scolaires de son fils, Michaud finira par avoir des soupçons et à découvrir le pot aux roses en surprenant les deux tourtereaux chez Tiercelin père, patron de brasserie.

Mais pris lui-même dans une affaire d’adultère, Michaud va voir son autorité mise à mal sous les yeux de son propre fils.

Pire encore, Tiercelin lui remettra à son insu une forte somme d’argent dévolue à son fils en raison d’une ultime et juteuse transaction de marché noir.

Malgré des pudeurs de vierge effarouchée, Michaud poussé par sa femme finir par accepter l’argent et à vivre de manière très bourgeoise une fois la guerre achevée.

Même les relations avec Lolivier finiront par s’assainir une fois que ce dernier apprendra que son fils est en réalité un tueur psychopathe.

Emu par la détresse du père, Michaud apportera finalement tout son soutien à son associé et les deux hommes finiront leur vie dans l’opulence tandis qu’Antoine reviendra dans le droit chemin une fois que la volage Yvette l’eut oublié.

En conclusion, « Le chemin des écoliers » a eu bien du mal à me passionner.

L’histoire est assez banale et montre surtout les errements hypocrites d’un homme se voyant mieux qu’il ne l’est réellement.

Poussé par les conditions certes extrêmes de la guerre, les beaux principes de Michaud ne tardent pas à se fissurer et l’homme se révèle tel qu’en lui-même, lâche, coureur, menteur, fier et intéressé.

La grande leçon du livre est donc que l’individualisme de l’être humain finit toujours par l’emporter et que même en temps de guerre, les petites préoccupations du quotidien avec leur coté banal, minable et parfois sordide, finissent toujours par l’emporter sur les beaux et nobles idéaux trop détachés du réel.

Mis à part cette analyse d’une lucidité terrible, « Le chemin des écoliers » ne contient pas une intrigue assez intense, émouvante et soutenue pour tenir en haleine le lecteur.

Détail orignal mais troublant, les notes de bas de pages, fictives, qui retracent les destins souvent tragiques de personnages croisés au hasard des déambulations des héros.

Malgré ces quelques qualités, il me parait néanmoins déraisonnable de considérer « Le chemin des écoliers » comme un livre majeur de Marcel Aymé.

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28 décembre 2011 3 28 /12 /décembre /2011 13:49

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Dernier roman de l’année 1941, « Travelingue » prend place en plein cœur de Paris.

Radicalement différent de ses deux cousins, « Travelingue » ne traite pas de surnaturel mais d’une complexe histoire de famille prenant place dans les événements troubles de 1936 sous le gouvernement du Front Populaire ou les grèves et manifestations d’ouvriers déstabilisent le pays.

Dans ce contexte politique explosif, Aymé raconte la succession de Monsieur Lasquin grand industriel français décédé lors du repas de mariage de sa fille Micheline avec Pierre Lenoir lui-même fils d’industriels spécialisés dans les aciéries.

Mais Pierre n’a en réalité aucun gout pour les affaires et est très frustré de ne pas avoir plus se réaliser dans sa véritable passion : la course à pied.

Fanatique de sport, il a même un léger dégout pour sa femme Micheline qui finit par tomber amoureuse de son ami Bernard Ancelot, fils oisif d’un conseiller financier qui joue avec elle au tennis chaque jour.

Pour Monsieur Ancelot père, homme viril, décidé et ambitieux, Bernard est un raté qui perd son temps dans les soirées mondaines de ses sœurs délurées qui aiment les fréquentations pseudo intellectuelles.

La troisième composante de ce drame familial est l’écrivain Luc Pontdebois, que Aymé décrit comme très imbu de sa personne et prêt à toutes les bassesses et les compromis pour flatter les puissants et donner un coup de pouce à sa carrière littéraire.

Le lien entre toute ses personnes est Alphonse Chauvieux, oncle de Bernard, ex militaire occupant une bonne place dans l’usine Lasquin.

C’est lui qui découvre que Lasquin avait une maitresse appelée Elisabeth et qu’elle est la femme de son ancien camarade de régiment Malinier devenu après la guerre un modeste employé de bureau.

Pendant tout son roman, Aymé mélange les ingrédients et alterne les points de vue, que ce soit le milieu intellectuel et mondain parisien avec Milou, jeune boxeur arriviste tiré du peuple par un pygmalion homosexuel qui va vouloir prendre sa revanche sur la vie en devenant écrivain et en séduisant les femmes de conditions plus aisées que lui comme Micheline, ou alors l’agitation politique de son époque avec les dialogues entre Chauvieux et Malinier, ancien militaire primairement anti communiste.

Un drame intervient à la fin du roman, avec le désir de vengeance de Bernard, amant jaloux, prêt à tuer Milou mais ce drame est vite étouffé par la mort du boxeur tué lors d’une émeute.

Enfin, en filagramme apparait un mystérieux coiffeur, homme le plus influent du gouvernement, que viennent solliciter les directeurs d’usine ou les écrivains pour obtenir des faveurs.

En conclusion, bien que bien écrit « Travelingue » est un roman déroutant dans sa structure assez difficile à suivre.

Marcel Aymé y fait preuve de beaucoup d’humour voir d’auto dérision lorsqu’il se moque des femmes mondaines et des écrivains avides de reconnaissance.

Mais l’histoire parait assez embrouillée et on ne sait pas trop si l’homme s’attache davantage à décrire l’ambiance politique de son époque ou un drame d’une riche famille d’industriels parisiens.

 

Autre reproche, les interminables monologues du coiffeur finissent par saouler le lecteur.

Pour ces raisons, « Travelingue » est sans doute le roman de Aymé que j’ai jusqu’ici le moins apprécié.

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5 décembre 2011 1 05 /12 /décembre /2011 20:04

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Publié en 1838, « Le cabinet des antiques » est souvent accolé à « La vieille fille » paru peu de temps auparavant.

Son cadre est originellement le même, avec une farouche lutte entre Libéraux et Nobles dans une petite ville de Province en pleine période de Restauration.

Du point de vue de Balzac qui montre quelques sympathie pour le style élégant et raffiné des nobles, l’assaillant revêt les traits du parvenu Du Croisier, redoutable homme d’affaire de Province ayant pour but de ruiner la famille d’Esgrignon a qui il voue une haine farouche depuis que le marquis lui a refusé la main de sa sœur Armande.

Du Croisier cherche le point faible de ses rivaux et le trouve avec Victurnien le fils du marquis, jeune homme impétueux et immature incapable de gérer le patrimoine de sa famille.

Malgré l’aide de Chesnel, le fidèle notaire de la famille, Victurnien commet erreurs sur erreurs et est envoyé à Paris dans l’espoir que le Roi Louis XVIII lui trouve une situation dans l’armée ou dans l’administration.

Mais les excès de la vie mondaine de Paris ne réussissent pas au jeune homme qui s’éprend de Diane de Maufrigneuse une superbe jeune princesse percluse de dettes.

Au contact de Diane, Victurnien accumule les dettes et se jette tête baissé dans le piège que lui tend Du Croisier, en l’amenant à imiter sa signature pour obtenir une lettre de change des puissants banquiers Keller.

Profitant des ses appuis au sein de l’administration judiciaire, Du Croisier utilise le Président du tribunal et un avocat corrompu pour faire arrêter le jeune homme et mener son procès sans avertir le Procureur du Roi.

Alerté de la tragédie, Chesnel se ligue avec Armande pour sauver son jeune maitre du discrédit et d’une justice expéditive.

Aidé finalement de la capricieuse comtesse, il manœuvre les membres du jury, l’ambitieux Camusot et l’original Blondet qui s’allient à lui en échange de privilèges pour eux même ou leur famille.

Mais ce qui fait basculer le rapport de force est le ralliement de Madame Du Croisier, touchée par l’aspect religieux du repentir par Chesnel, qui accepte de trahir son mari pour ne pas commettre une injustice contre un brave garçon écervelé.

Même si Victurnien est finalement tiré du piège mortel par son fidèle serviteur, il ressort très affaibli de l’affaire et se voit contraint de délaisser sa belle maitresse pour retourner mener une vie sans éclat en Province.

Du Croisier finira par faire épouser à sa niéce un Esgrignon et scellera l’alliance entre Nobles désargentés et Bourgeois arrivistes en quête de respectabilité.

En conclusion, construit sur un fort antagoniste entre deux forces du XIX iéme siècle, « Le cabinet des antiques » est un roman bien mené rappelant par instant les mésaventures de « César Birotteau » provincial se brulant les ailes à Paris.

En faisant des Nobles une race déclinante, privée de richesses, de pouvoirs et donc condamnée à terme à disparaitre, Balzac montre ses sympathies et donne le mauvais rôles aux Bourgeois dominateurs et arrivistes.

Même si je n’ai aucune sympathie pour les Nobles et n‘a pas aimé le rôle de chien fidèle de Chesnel, j’ai trouvé par la grâce du talent de l‘auteur, quelque chose de grandiose et pathétique dans ce déclin.

Malgré ses qualités et une efficacité certaine, « Le cabinet des antiques » trop prévisible, ne fait pas partie pour moi des plus grandes œuvres de Balzac.

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5 décembre 2011 1 05 /12 /décembre /2011 19:24

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Poursuite de l’œuvre de Balzac avec « La vieille fille ».

Publié en 1836, ce roman prend place à Alençon, petite ville de basse Normandie, traumatisée comme la plupart des villes de Province par les effets dévastateurs de la Révolution française puis du règne de Napoléon.

Dans cet univers confiné, âpre au gain et assez étriqué, Balzac raconte les rivalités masculines autour de Rose Cormon, vieille fille de quarante ans dotée d’une grande fortune principalement composée d’une superbe maison bourgeoise ou se réunissent périodiquement tous les notables de la ville.

Comme beaucoup de femmes, Rose s’est montrée durant sa jeunesse trop exigeante avec ses prétendants, laissant filer ses plus belles années et se réveillant trop tard alors que les guerres napoléoniennes ont décimés la plupart des beaux partis aristocratiques et crée une pénurie d’hommes.

Tourmentée par son célibat et l’attrait de la chair, Rose s’est alors réfugiée dans une pratique stricte de la religion avec l’aide de son oncle abbé qui règne en maitre sur la maison.

Pourtant deux hommes ne sont pas encore découragés par les outrages du temps.

Il y a d’abord le chevalier de Valois, noble vieillissant et quasi ruiné, personnalité publique des plus apprécié de la ville en raison de sa sociabilité et de ses manières de séducteurs puis Du Bousquier, riche spéculateur revenu en Province après avoir subi une disgrâce impériale et qui malgré un premier refus de mariage persévère dans ses tentatives de séduction.

Entre le Noble et le Libéral, la rivalité est exacerbée et tous les coups sont permis.

A ces deux sérieux prétendants vient s’ajouter Athanase Granson, jeune homme sensible doué de dons artistiques qui est le seul à aimer Rose pour elle-même et non pour son argent.

Mais Athanase sera jusqu’au bout maudit et malheureux tant la borné et relativement peu intelligente, Rose ignorera de bout en bout ses approches amoureuses.

Au cours du roman, Balzac introduira astucieusement une quatrième élément en la personne du Vicomte de Troisville, très bel homme revenu de Russie pour s’établir à Alençon.

La déception de Rose quand elle découvrira que ce si beau parti est un homme marié sera l’un des passages les plus cruels et drôles du récit.

Ce sera finalement Du Bousquier qui bénéficiera de la lassitude et du désespoir de Rose et parviendra à l’épouser.

Cette perte provoquera la destruction des deux autres prétendants, le Chevalier de Valois se laissant dépérir et plus grave encore, Athanase incompris dans une ville trop étroite pour ses aspirations, finira par se tuer de désespoir quand il apprendra le mariage de sa belle.

La mort déchirante d’Athanase, la chagrin de sa mère et de Suzanne, belle ouvrière ambitieuse devenue courtisane à Paris constitue l’un des moments les plus forts du roman.

En définitif, Rose sauvera les apparences mais conclura en un mariage triste avec un homme avide et dominateur qui lui prendra ses biens et dont elle n’eu jamais d’enfants.

En conclusion, « La vieille fille » est un excellent roman ou se révèle tout le génie de Balzac.

L’écrivain découpe en effet au scalpel les mœurs d’une petit ville de Province, ou la les rumeurs vous rongent sournoisement un homme, ou la nouvelles bourgeoisie d’arrivistes sans élégance ni scrupules prend le dessus sur une noblesse exsangue et dépassée en efficacité.

On comprend le drame social de cette fille de quarante ans, la terrible pression qui s’exerce sur elle et la conduit au désespoir.

On est touché par le destin tragique d’Athanase, seul être pur mais trop fragile dans ce monde de requins.

Très bien construit, le roman passionne par la richesse de ses rebondissements et par l’épaisseur de ses personnages.

Encore une fois un classique qui plaira aux amateurs de « Eugénie Grandet » ou autre « Père Goriot ».

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8 novembre 2011 2 08 /11 /novembre /2011 19:38

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Marcel Aymé est un écrivain que j’aime beaucoup et pas seulement parce qu’il est originaire du Jura, région à laquelle appartient la moitié de ma famille.

Publié en 1933, « La jument verte » raconte l’histoire à la fin du XIX iéme siècle d’une féroce rivalité entre deux familles de cultivateurs, les Maloret les Hadouin, habitant toutes deux un petit village Franc Comtois appelé Claquebue.

La première famille mise en lumière est la famille Hadouin, qui profite d’un événement inattendu (la naissance d’une jument de couleur verte) pour étendre sa popularité, s’enrichir à peu de frais et appartenir à la classe des notables.

A la mort du père, les trois frères se partagent l’héritage conséquent.

 

Ferdinand, devenu vétérinaire, obtient quelques prés, le cadet Honoré la ferme et les prés, tandis que l’ainé Alphonse, ex militaire revenu boiteux et alcoolique de la guerre est payé en espèces.

Honoré et Ferdinand sont très dissemblables de caractère, et si Honoré entretient une haine farouche des Maloret en souvenir du viol de sa mère par les soldats Prussiens renseignés par le fils Zèphe, Ferdinand, désireux de maintenir son amitié avec le préfet de la région est partisan de conclure une alliance avec Zephe qui est fortement pressenti pour le poste de maire du village.

Le nœud principal de l’intrigue est l’égarement présumé d’une lettre de Ferdinand à son frère relatant le viol subi par leur mère et soupçonnée d'etre récupérée par la famille Maloret.

Cette fameuse lettre sert de fil conducteur à l’intrigue meme si son importance est au final relativement minime.

Tout au long du roman, Aymé décrit en effet avec talent et minutie, du point de vue d’un tableau de la jument, les mœurs d’un village du XIX iéme siècle, en insistant sur la sexualité des campagnards et leurs relations toutes particulières avec la religion symbolisée par le curé qui tente difficilement de garder son contrôle ses ouailles.

Ferdinand semble être un refoulé sexuel tiraillé entre ses tentations et le couvercle des interdits religieux et moraux à tel point qu’il persécute ses enfants dés qu’il soupçonne de leur part le moindre écart à la bienséance.

Honoré est plus libéré avec sa femme la très peu attirante Adelaïde mais aussi sa propre fille de seize ans Juliette avec qui il entretient des relations ambigües.

L’inceste est en effet souvent évoqué dans le roman, notamment du coté de chez les Maloret, ce qui entretient le coté sulfureux de ce clan.

Les petits enfants ne partagent pas forcément cette animosité et Juliette est très attiré par Noel Maloret au grand désespoir de ses parents.

Autre facteur de trouble, Marguerite, la fille des Maloret, devenu courtisane à la ville et favorite du préfet, qui revient dans le village scandaliser les mentalités par son sex appeal et ses mœurs dissolues.


Au final, « La jument verte » apparait comme un livre certes audacieux dans son propos, très finement écrit mais d’une construction quelque peu biscornue.

Tout se mélange en effet dans cette intrigue, politique, sexe, relations familiales sans que toute la tension en résultant n’aboutisse jamais à rien.

Alors que le lecteur pense qu’il va assister à des drames, des règlements de comptes, des meurtres ou des viols, le soufflet retombe mollement et le laisse finalement sur sa faim.

Malgré quelques fulgurances et un style impeccable tout en sensualité, « La jument verte » laisse donc un fort gout d’inachevé.

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24 octobre 2011 1 24 /10 /octobre /2011 20:52

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Honoré de Balzac toujours avec « Modeste Mignon » publié 1844.

« Modeste Mignon » raconte l’histoire d’une jeune fille de bonne famille du Havre dont le père Charles ex colonel est parti faire fortune dans le commerce avec les Indes, abandonnant une femme diminuée physiquement par une cécité et deux filles à la garde de Dumay, son ancien lieutenant pendant les guerres napoléoniennes.

Après la mort dramatique de l’ainée qui avait fugué pour vivre une folle histoire d’amour, Dumay impose une surveillance de fer à Modeste qui ne doit pas fréquenter d’hommes et se réserver pour le parti que lui fera prendre la raison en la personne d’un notable de la région.

Mais le parti des Mignon, ruinés par une faillite rapide, n’intéresse plus grand monde et les prétendants se détournent de la jeune Modeste à la beauté angélique.

Se réfugiant dans la littérature et la poésie, Modeste cultive une âme indépendante, romantique, rêveuse et se prend de passion pour les hommes d’exception comme les artistes.

Ainsi va-t-elle très audacieusement pour l’époque écrire à un poète nommé Melchior Canalis également haut fonctionnaire à Paris.

Vaniteux et pédant, Canalis va charger son secrétaire Ernest De la Brière de répondre à l’audacieuse et entre les deux va se développer d’intenses échanges épistolaires ou l’amour ne va pas tarder à se dessiner.

De la Brière est un homme timide, bon, généreux mais simplement trop modeste pour partager les vues arrivistes de son patron quand à Modeste, elle vit dans le fantasme de parler à un grand poète et s’enivre des échanges avec celui qu’elle prend pour le grand Canalis.

Après un jeu amoureux à distance aussi charmant que désuet, les deux amants se voient pour la première fois.

Pourtant Dumay aidé par la sagacité du clerc de notaire Jean Butscha, petit homme bossu vivant par procuration sa passion sans espoir pour Modeste, finit par découvrir la passion secrète de la fille de son ami et la rapporte à Charles revenu des Indes en ayant amassé une somme considérable.

Le retour d’un Charles riche et que la rumeur désigne comme millionnaire change la donne et aiguise la cupidité d’un Canalis.

Désireux de donner sa chance à l’un comme à l’autre des prétendants, Charles invite Canalis et De la Brière au Havre pour que sa fille fasse son choix.

Un troisième prétendant vient se joindre à eux, le duc d’Hérouville, dont l’ascendance noble de premier rang ne peut totalement compenser un physique des plus ingrats.

D’Hérouville est en réalité lui aussi tenté par les millions de Modeste pour réaliser un couteux projet de travaux publics.

Entre ses trois hommes habités de motivations et de personnalités bien distinctes va s’instaurer une lutte à distance captivante que la redoutable Modeste va  par ses multiples revirements à contribuer à rendre vicieuse et terriblement indécise.

Comme personnages secondaire mais néanmoins essentiels on trouvera le rusé Butscha et la duchesse de Chaulieu, femme d’âge mure retenant son amant Canalis par sa protection et son argent.

Balzac joue en maestro de ce supplice infernal, avec un Canalis beau parleur qui perd peu à peu tout son crédit pour se voir révéler ses basses considérations matérielles et un De la Brière tout d’abord maltraitée par Modeste en raison de son mensonge initial puis revenu finalement en grâce par la pureté des ses sentiments désintéressés.

Une fois n’est pas coutume, la fin sera heureuse et le noble mais effacé gentil l’emportera sur le hâbleur vaniteux.

En conclusion, « Modeste Mignon » est un livre remarquable dans la plus grand tradition du roman romantique avec des personnages masculin complexes luttant pour conquérir une belle jeune femme.

Mais la ou Balzac étonne réellement c’est par le coté indépendant, voir rebelle du personnage féminin qui entend choisir son mari par ses gouts personnels assez atypiques et à contre courant d’un choix rationnels prompt à contenter les prétentions d’une famille de riches bourgeois de province.

Bien entendu l’argent est toujours présent, faisant ressortir les aspects les moins reluisants de l’âme humaine mais c’est finalement l’âme la plus vertueuse qui triomphe du luxe, de la vanité et du faux talent du poète.

Cette fin morale et cette belle histoire d’amour à distance propre au romantisme touchera à n’en pas douter le lectorat féminin qui appréciera avec raison ce petit bijou de littérature du XIX ième siècle.

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21 octobre 2011 5 21 /10 /octobre /2011 21:59

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Publié en 1837,  « César Birotteau » est un des nombreux classiques d’Honoré de Balzac prenant place à Paris en 1818 pendant l’époque de la Restauration.

Le personnage principal est César Birotteau, provincial venu de Tours sans un sou ayant réussi dans le commerce de la parfumerie à la force de son travail et de sa ténacité.

Grisé par sa propre réussite et par son poste d‘adjoint au maire du deuxième arrondissement de Paris, l’honnête Birotteau devenu un florissant bourgeois perd peu à peu pied et se laisse entrainer dans un train de vie excessif par rapport à sa richesse réelle.

Dupé par ses relations notamment le notaire Roguin criblé de dettes, Birotteau se laisse convaincre d’engager toutes ses économies sans aucune garantie dans une affaire de spéculation immobilière autour de terrains près de la Madeleine.

Dans cette ténébreuse affaire, se lient également  Du Tillet son ancien commis renvoyé pour vol devenu un banquier influent et son homme de paille Claparon, escroc se faisant passer pour un banquier.

Inconscient du péril qui le guette, Birotteau aidé par le chimiste Vauquelin décide de lancer une huile révolutionnaire pour soigner le cuir chevelu et charge son commis Popinot d’ouvrir un deuxième magasin.

Honnête, intelligent, travailleur et espérant obtenir par sa réussite la main de Césarine la fille de son patron, Popinot accepte cette offre.

Au zénith de sa confiance, Birotteau décide de donner un bal fastueux pour célébrer l’attribution de sa légion d’honneur, et engage architectes, peintres et maçons qui devront créer un somptueux décor dans un appartement loué à Molineux, un détestable propriétaire avide au gain.

Ce bal donné devant les notables et certains membres de la petite noblesse marque l’apogée de la carrière commerciale de Birotteau sur lequel l’abominable piège financier se referme après la fuite de Roguin avec l’argent qui lui avait été confié.

Ruiné et choqué psychologiquement par la trahison de celui qu’il estimait comme un ami, Birotteau devient alors un gros gibier traqué par ses créanciers Du Tillet, Claparon, Moulineux et Grindoit.

Ses tentatives d’obtenir le rachat de ses dettes par les affreux banquiers Keller et Nucingen se soldent par d’horribles humiliations qui le font déchoir du rang qu’il occupait quelques semaines auparavant.

Son ennemi le plus implacable reste Du Tillet, qui mu par une haine viscérale contre l’homme qui le prit en flagrant délit de lâcheté et de convoitise pour sa femme Constance, s’ingénie à torturer lentement son ancien patron en ruinant tous ses efforts auprès des financiers.

Alors que Birotteau  se voit contraint de déposer le bilan et de passer devant le Tribunal de la Chambre de Commerce, plusieurs personnages vont contribuer à son salut.

L’ancien commerçant Pillerault, oncle de Constance, va aider de ses conseils avisés César à user du droit pour gagner son procès contre ses créanciers et se rétablir auprès du Tribunal puis la bonne âme Popinot, enrichi par le succès phénoménal de l’huile pour cheveux, acceptera contre la promesse de la main de Césarine de renflouer une partie de ses dettes.

Le sauvetage de Birotteau sera enfin parfaitement complet avec l’intervention de Louis XVIII eu personne qui l’aidera financièrement en raison de son passé de royaliste.

En conclusion, « César Birotteau » est l’archétypique du roman Balzacien construit autour de personnages vertueux, purs, simples et innocents manipulés par une multitude de créatures amorales mues par le vice et l’appat du gain.

Les trois quarts du roman narrant la mise en place de l’affreux piége puis l’atroce calvaire du commerçant sont en réalité bien pénibles à endurer psychologiquement et pris dans pareil gouffre de noirceur, on est au final surpris de cette subite issue heureuse.

C’est sans doute cette fin heureuse et le fait que César ne s’est pas perdu par ses sentiments mais par sa propre vanité qui font de « César Birotteau » une œuvre moins puissante à mes yeux que « Le Père Goriot » .

Autre écueil de taille pour apprécier le roman, le jargon du monde bancaire de l’époque qui rendent les complexes manipulations financières assez impénétrables pour le profane que je suis.

Malgré ces quelques critiques, « César Birotteau » reste un puissant drame pscychologique ou éclate tout le talent de Balzac pour dépeindre la cruauté des mœurs des bourgeois de son époque.

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