Overblog Suivre ce blog
Administration Créer mon blog
17 avril 2012 2 17 /04 /avril /2012 22:23

splendeur_courtisanes-copie-1.jpg2.gif

 

 

Retour à ce cher Honoré de Balzac avec l’un des ses romans les plus connus mais également les plus volumineux « Splendeur et misère des courtisanes » que l’auteur mis neuf ans à écrire entre 1837 et 1848.

L’histoire se situe dans la tranche historique habituelle de Balzac, dans le Paris de la Restauration peu après l’ère Napoléonienne.

Le protagoniste principal de cette histoire complexe et retorse est Lucien de Rubempré petit noble désargenté d’Angoulême, qui s’est brulé les ailes au contact de la vie parisienne en voulant suivre sa vocation littéraire.

Même si le jeune homme est perclus de dettes, sa grande beauté lui a néanmoins permis de réussir de prestigieuses conquêtes féminines comme le duchesse Anne de Maufrigneuse ou la comtesse de Sérisy.

Lucien a également trouvé à Paris un mentor en la personne d’un forçat évadé du nom de Jacques Vautrin qui se fait passer pour un abbé espagnol répondant au nom de Carlos Herrera.

Intelligent, déterminé et d’une force physique prodigieuse, Vautrin est considéré comme un grand caïd de la pègre mais fait preuve d’un fort attachement quasi paternel envers Lucien.

Vautrin va donc utiliser les talents de séducteur de son protégé pour piéger les femmes, notamment Clotilde de Grandlieu, fille d’un riche noble qu’il désire faire épouser à Lucien pour le renflouer.

Mais c’est surtout le puissance de l’amour d’une belle courtisane, Esther que va exploiter le forçat pour manipuler la jeune femme afin de la pousser à séduire un vieux banquier juif alsacien le baron de Nucingen.

Esther accepte par amour pour Lucien de se laisser acheter par Nucingen et lui soutire d’immenses sommes d’argent.

Habile stratège, Vautrin place ses pions pour arriver à ses fins et utilise deux femmes dévouées, Europe et sa tante Asie experte dans l’art du déguisement pour s’assurer de la solidité de ses prises.

Mais il se heurte à Corentin, l’un des plus redoutables espions de Paris, mandaté par le duc de Grandlieu pour découvrir la vérité sur les intentions de son futur gendre.

La lutte à distance entre Corentin et Vautrin aidés de leurs auxiliaires, servira de toile de fond à une bonne partie du roman et le premier semblera prendre le dessus en brulant la couverture de Lucien et en faisant capoter son lucratif projet de mariage.

L’intrigue finira par se dénouer lorsque la pauvre Esther, consumée par son amour impossible pour son ancien amant et incapable de se donner physiquement au vieux banquier se suicidera, ce qui aboutira à l’arrestation du tandem Lucien-Vautrin.

Ce suicide sera d’autant plus cruel à accepter que peu après sa mort, on apprendra que Esther était l’héritière d’une riche famille hollandaise, les Gobseck.

En détention, Lucien s’effondre psychologiquement et se suicide également en apprenant l’acte désespérée de son ancienne amante.

Il restera alors Vautrin à qui est consacré la dernière partie du roman.

L’homme révèle alors une force morale incroyable, capable de le faire résister à l’univers carcéral, de garder son ascendant sur les voyous chargés de l’éliminer par son rival Bibi-Lupin mais aussi de lui faire tenir son rôle de prêtre malgré le feu roulant des questions de ses adversaires le juge Camusot et le procureur général Granville.

Homme fin et pragmatique, Granville accepte de négocier avec le redoutable chef de gang en lui accordant la grâce d’un de ses amis condamné à mort en échange de la remise des correspondances compromettantes de Mesdames de Grandlieu, de Sérisy et de Maufrigneuse.

Après que chacun des deux hommes ait honoré son marché, que Vautrin ait conclu un pacte de neutralité avec le terrible Corentin, Granville accepte de le nommer chef de la sureté à la place de son ennemi juré Bibi-Lupin.

En conclusion, « Splendeurs et misères des courtisanes » condense à lui seul tout l’univers Balzacien avec ses qualités mais aussi ses défauts.

Avec Balzac, les provinciaux ambitieux et naïfs se brulent les ailes à Paris,  les relations amoureuse ne sont que mues par l’intérêt financier ou se concluent tragiquement lorsqu’elles reposent sur la pureté des sentiments.

L’écrivain accorde une place prédominante aux femmes mondaines, tirant les ficelles en faveur de leurs amants ou des leurs maris, mais en les décrivant sous des aspects assez répugnants : calculatrices, vénales, superficielles et sans morale.

J’ai trouvé ce tortueux monde de mensonges et d’argent peu attractif et n’ai pas gouté l’admiration presque béate de l’auteur devant Vautrin, véritable surhomme capable de se sortir par la force ou la ruse de toute situation au point de tenir tête à lui tout seul à toute la justice.

Sur la forme, le style de Balzac est ici particulièrement pesant avec des descriptions à rallonges de lieus et de personnages.

Le monde judiciaire est également longuement et soigneusement décrit alors que ce souci du détail n’apporte pas grand-chose à l’intrigue.

Aussi bien sur le fond que sur la forme, « Splendeurs et misères des courtisanes » m’a été bien délicat à apprécier.

Repost 0
9 avril 2012 1 09 /04 /avril /2012 22:31

arret_image.jpg

4

 

 

Les habitués de ce blog seront sans doute surpris de découvrir une chronique d’un album de Bernard Lavilliers en ces colonnes.

Pourtant même sans être un fan de sa musique, l’homme ne m’a à vrai dire jamais laissé indifférent.

Aussi est-ce avec un grand esprit de découverte que j’ai écouté son dix septième album « Arrêt sur image » sorti en 2001.

Avec sa belle pochette colorée comme une invitation au  voyage maritime, « Arrêt sur image » débute par « L’or des fous » rendu élégant et très mélancolique par l’emploi d’un accordéon et d’un violon.

La voix est posée, charismatique, les textes comme souvent impeccables et la coloration musicale assurément sud américaine.

Cette coloration se confirme avec « Iracema » très belle déclaration d’amour à une brésilienne inconnue du Nordeste.

Le rythme est lent, nonchalant, sensuel comme le balancement d’une belle brune sur un hamac par un après midi écrasé de soleil au bord de la mer.

Retour à une veine plus réaliste et politique avec « Les mains d’or » rendant hommages aux ouvriers de la sidérurgie.

On notera le remarquable travail de Marco Papazian dont le son de guitare clair et lumineux porte cette chanson lancinante du début à la fin.

Malgré son ambiance hypnotique et poétique, « Fleur pourpre » est rendu plus pénible en raison de son chant mollasson et de l’emploi de synthétiseurs décalés.

Nouvel hommage au Brésil avec « Saudade » douce ode à ce sentiment mélancolique inspirateur de bien des créations artistiques.

« L’empire du milieu » brille par la qualité des textes décrivant une nostalgie pour le passé de voyou du chanteur, par sa puissance contenue et par un son de guitare proprement prodigieux.

Dans la même veine, on notera  « Délinquance » surprenant de tolérance à l’égard des voyous de banlieue dans lequel le chanteur se reconnait surement.

Mais à vrai dire le morceau recèle une ambiance trop relax par rapport à la violence du sujet traité.

Lavilliers s’en prend ensuite avec talent aux hommes d’affaires de ce monde avec « Les tricheurs » agrémenté de bruitages électroniques des plus étranges.

Chanté à moitié en anglais  avec une chanteuse américaine envahissante, « Octobre à New-York » a moins d’impact.

Lavilliers se surpasse sur « La dernière femme » merveilleuse déclaration d’amour au texte ciselé et à la mélodie sublime grimpant progressivement en puissance.

La fin de l’album se profile donc avec « Solidaritude » un peu tristounet et par une version cubaine très vivante de « Les feuilles mortes » de Jacques Prévert.

En conclusion, pour une découverte, « Arrêt sur image » s’est avéré une formidable expérience.

La voix de Bernard Lavilliers est plaisante, ses textes sont superbes, pétris d’intelligence, de poésie et de rébellion.

Bien entendu le ton est plutôt calme, relax, intimiste et n’a absolument rien à voir avec les déchainements de décibels dont je fais ici souvent l’éloge mais le son de guitare de Papazian clair et puissant est un véritable régal.

On peut donc imaginer déguster « Arrêt sur image » seul dans une chambre d’hôtel dans un silence absolu pour virer à la plus totale introspection ou alors dans une ambiance de vacances au bord d’une mer chaude.

Un album mature et digne d’un grand cru de la chanson française.

Repost 0
31 mars 2012 6 31 /03 /mars /2012 12:42

3_femmes.jpg2

 

 

Très médiatique prix Gouncourt 2009, « Trois femmes puissantes » de Marie Ndiaye fait parti de ce que j’appelle la littérature grand public.

« Trois femmes puissantes »  raconte trois histoires indépendantes de femmes africaines, Norah, Fanta et Khady.

Dans la première d’entre elle, Norah, métisse française de père sénégalais, retourne voir son père en Afrique et découvre un homme vieilli, diminué physiquement.

Norah appréhende cette rencontre avec un homme fier, dur, volontiers blessant avec elle et à la vie privée tumultueuse après son remariage.

Le récit suit le déchirement de la jeune femme envahie de sentiments contradictoires, entre compassion, revanche et frustration autour d’une vie personnelle qui lui échappe.

Mais le choc majeur de ces retrouvailles est la découverte du destin de son frère Sony, incarcéré pour le meurtre de sa belle mère avec qui il entretenait une liaison amoureuse.

Norah rend visite à Sony à la prison et découvre un jeune homme amaigri, cassé par la vie carcérale, qui lui révèle qu’il est allé en prison à la place de son père, trop âgé.

La jeune femme quitte la prison en se promettant de s’occuper de son frère.

La seconde histoire met en scène un homme nommé Rudy Descas, qui a plus de quarante ans est empêtré dans de gros problèmes personnels.

Ancien enseignant français vivant avec une africaine nommé Fanta dont il a un fils appelé Djibril, Rudy a un passé lourd puisque son père a tué son associé en Afrique et s’est ensuite suicidé.

Poursuivi par ce drame, il a un jour frappé des élèves qui lui rappelait cette histoire ce qui a conduit à sa radiation de l’enseignement.

Depuis, l’homme erre, entre une relation problématique avec Fanta et un travail alimentaire de vendeur de cuisine pour un dénommé Manille, ancien ami d’enfance devenu son patron.

Taraudé par un sentiment d’échec, Rudy jalouse son patron, est habité de pulsions violentes lui donnant des envies de meurtres et se sent poursuivi par un rapace le jugeant impitoyablement.

Finalement Rudy jugule ses pensées de meurtre, essaie de renouer avec son fils Djibril et tue l’oiseau de malheur, ce qui semble donner plus d’espoir à sa vie.

La dernier récit, sans nul doute le plus intense est celui de Khady, jeune sénégalaise incapable de tomber enceinte qui a de plus la malchance de voir son mari décéder prématurément.

Dés lors, pauvre et seule, elle se retrouve hébergée temporairement chez la belle famille puis contrainte à partir pour l’Europe.

Le voyage est horriblement éprouvant et la jeune femme renonce à s’embarquer dans les bateaux de fortunes surchargés tentant de traverser l’océan.

Blessée au mollet et rejetée sur une plage, Khady rencontre un jeune appelé Lamine avec qui elle va vivre mille aventures la conduisant dans un désert aride puis dans une ville perdue ou elle sera obligée de se prostituer pour se survivre.

Après avoir été séparé de Lamine, Khady vivra dans un campement de fortune de sénégalais déterminés à franchir un haut mur de barbelé pour passer la frontière menant vers l’Europe.

Elle sera tuée au cours d’un tentative de passage et son esprit viendra hanter l’âme de Lamine seul survivant de cette folle équipée.

En conclusion, « Trois femmes puissantes » ne m’a pas emballé outre mesure.

Les deux premières histoires racontent les tournements intérieurs de personnages poursuivis par leur passé.

Le rythme est lent, le style peu percutant et l’intrigue assez pauvre.

La dernières histoires est plus haletante, plus dramatique aussi et contient une fin particulièrement marquante.

Mis à part donc dans la dernière partie du récit, je n’ai pas trouvé la puissance tant escomptée du destin des ses femmes, la seconde d’entre elle Fanta, obtenant même un rôle particulièrement secondaire dans l’intrigue.

A l’instar des écrivains « à prix » contemporains, comme Le Clézio ou dans une moindre mesure Beigbeder, Marie Ndiaye ne m’a donc pas charmé.

Repost 0
11 mars 2012 7 11 /03 /mars /2012 16:25

vouivre.jpg3

 

 

Prolongement logique du roman de Marcel Aymé, « La Vouivre » de Georges Wilson sort en 1989.

L’adaptation de Wilson, met en scène Arsène Muselier (Lambert Wilson) un ancien soldat de la guerre de 1914-1918 qui revient dans son village natal du Jura après avoir été blessé à la tête durant les combats contre les Allemands.

La famille Muselier est la rivale des Mindeur, a qui elle voue une haine ancestrale.

Le comportement d’Arsène apparait tout de suite comme étrange, le jeune homme parait absent et a du mal à se plier aux obligations du travail dans les champs au coté du clan Muselier composé du vieux serviteur Urbain (Jacques Dufilho), du frère ainé Victor (Jean-Jacques Moreau) dirigé d’une main de fer par la mère Louise (Suzanne Flon).

Arsène semble toujours avoir de la tendresse pour la jeune servante appelée Belette (Paola Lanzi) et traine avec le vieux fossoyeur Requiem (Jean Carmet) alcoolique et gouailleur qui lui parle le premier de la légende d’une belle jeune femme se baignant nue dans les étangs en laissant sur la berge un beau diamant.

Cette femme serait en réalité la créature légendaire appelée la Vouivre et aurait le pouvoir de commander aux serpent de la foret, gardien du diamant qui tuerait quiconque chercherait à s’en emparer.

Meme si les dires de Requiem sont peu crus au sein du village avec un curé cherchant à combattre toute forme de superstition qu’il attribue à des principes sataniques, ils sont suffisant pour intriguer Arsène qui se rend dans la zone des étangs.

Il y rencontre la Vouivre (Laurence Treil) et tombe sous son charme après avoir tenté de lui dérober son diamant.

Dés lors, Arsène va devenir obséder par ses rencontre nocturnes avec la créature, qui va rapidement lui faire comprendre que du fait de son immortalité, leur liaison est par avance vouée à l’échec.

Troublé par cette révélation, Arsène va dés lors avoir un comportement de plus en plus incompréhensible pour ses proches, notamment sa Mère qui comptait bien le marier à Juliette (Laurence Masliah) la fille des Mindeur.

Après avoir fait ses adieux à Requiem, plus délirant que jamais dans ses projets de richesse et de recherche de sa concubine et au vieil Urbain pour qui il construit une maison en une nuit pour ses vieux jours, Arsène a la désagréable surprise de surprendre Victor et Belette enlacés.

Les dégâts provoqué par cette découverte sont terribles pour tout le monde et la Belette prise de remord va dérober le diamant de la Vouivre ce qui oblige Arséne à s’interposer devant les serpents en furie.

L’histoire se termine tristement par la mort de ce couple étrange, tué par les crocs des serpents.

En conclusion, Georges Wilson a assurément pris bon nombres de libertés avec le roman de Marcel Aymé et sa version de « La Vouivre » demeure assez personnelle, car mettant sous le compte d’une blessure à la guerre, le comportement erratique d’Arsène.

Malgré ces quelques entorses au livre, des moyens assez limités (les pouvoirs surnaturels de la Vouivre et les attaques de serpents sont assez peu impressionnantes) , « La Vouivre » demeure une ouvre intéressante restituant assez bien le climat de moiteur sensuelle d’un été près des lacs jurassiens avec cette impression de calme, de plénitude et de nature en éveil.

L’interprétation des acteurs adoptant l’accent franc comtois est aussi étonnante avec un Lambert Wilson dont la beauté juvénile se marie à merveille avec le physique envoutant de Laurence Treil.

« La Vouivre » n’est donc pas un chef d’œuvre du cinéma mais vaut assurément le détour ne serait ce que pour gouter son ambiance moite et puissante de campagne française.

Repost 0
14 février 2012 2 14 /02 /février /2012 20:49

salammbo.jpg5

 

 

Poursuite de la découverte des œuvres classiques avec « Salammbô » de Gustave Flaubert.

Publié en 1862 après un « Madame Bovary » centré sur un drame de la bourgeoisie française, « Salammbô » se place dans un contexte historique bien précis, celui de la guerre entre Carthaginois et Mercenaires après la première guerre punique (III ième siècle avant Jésus Christ ) remportée par les Romains.

Dans un cadre exotique, sensuel mais aussi incroyablement cruel, Flaubert raconte l’amour impossible entre Matho, colossal chef libyen fédérant par le vol du voile sacré dédiée à la déesse Tanit, les troupes disparates des Mercenaires en révolte et Salammbô, fille du suffète Hamilcar Barca et gardienne du voile dérobé par son soupirant.

A partir d’un fondement matériel concernant le refus de verser un salaire aux Mercenaires ayant lutté pour Carthage, Matho fait de la guerre un but personnel de vengeance après que Salammbô envoyée par le prêtre Schahabarim, l’ait séduit pour récupérer à nouveau le voile sacré.

Matho est aidé dans sa guerre par Spendius un ancien esclave grec peu courageux mais incroyablement intelligent et manipulateur.

En face de lui, se trouve Carthage protégée par une forteresse quasi inexpugnable mais surtout Hamilcar redoutable chef de guerre aux manœuvre audacieuses disposant de cavaleries, de troupes d’infanterie lourde et d’éléphants de combat, arme à l’impact psychologique important aux temps de l’Antiquité.

Entre les Mercenaires supérieurs en nombre et rejoint dans leur révolte par des troupes africaines éthiopiennes et numides et les Carthaginois commandés par un génie militaire, le combat est long, féroce, palpitant et longtemps indécis avec d’incessants rebondissements.

Flaubert voit dans le sacrifice d’enfants carthaginois au dieu Moloch pour apaiser son courroux le début du point d’inflexion faisant inexorablement pencher la balance du coté des assiégés.

Hamilcar réussit en effet une percée et prend ensuite à revers les assaillants, les entrainant dans un piège atroce dans un défilé montagneux étroit qu’il verrouille hermétiquement.

Poussés à bout par la faim, la soif et l’épuisement, les Barbares en viennent au cannibalisme et sont des proies facile pour le suffète qui les élimine de manière cruelle.

Resté à Tunis, Matho livre alors son dernier combat face à Hamilcar devenu irrésistible et ayant de surcroit donné sa fille Salammbô en mariage à l’ex allié de son ennemi le roi Numide Narr’Havas.

Malgré son héroïsme, Matho est vaincu et livré au supplice populaire dans les rues de Carthage.

Il meurt devant Salammbô la femme qu’il a toujours aimé, qui ne supporte pas ce triste spectacle et meurt à son tour sur le coup.

En conclusion, balayant tous mes a priori sur le fait que Flaubert était un auteur romantique assez ennuyeux, « Salammbô » est un véritable chef d’œuvre dont le rythme intense m’a tenu en haleine de la première à la dernière page.

A partir de témoignages historiques (Polybe, Diodore de Sicile, Tite Live) et de ses voyages, Flaubert recrée de toute pièce un orient imaginaire empli de sensualité et de mystère.

L’érotisme provient bien entendu de la relation trouble entre Salammbô la voilée qui vit avec un serpent sacré et Matho chef de guerre fort, viril et intrépide.

Le mystère est apparent dans la description des cultes religieux autour des divinités Carthaginoises, les Baals, héritage de la culture sémitique.

Autre fait marquant, « Salammbô » surpasse n’importe quel ouvrage de tueur en série en raison de sa violence, aussi bien dans les combats utilisant d’effrayantes machines de guerre ou animaux de combat que dans les supplices infligés aux vaincus, le plus classique d'entre eux étant la crucifixion.

« Salammbô »  fait rêver, frémir, étonne, impressionne, charme et provoque une envie insatiable de continuer sa lecture quitte à en perdre le sommeil, ce qui est pour moi la marque des chef d'oeuvres imperissables.

Repost 0
22 janvier 2012 7 22 /01 /janvier /2012 19:58

egoiste-romantique.jpg2

 

 

Fréderic Beigbeder est dans les feux de l’actualité en ce moment avec l’adaptation de son livre « L’amour dure trois ans » au cinéma, pourtant ce n’est pas de ce film que je vais vous parler mais d’un de ses livres paru en 2005, « L’égoïste romantique ».

Après un « Windows on the world » moins personnel et salué par la critique, le dandy énervant se recentre sur ses eternels problèmes existentiels et décide d’écrire une auto fiction sous la forme d’un journal écrit durant les années 2000-2002.

Usant du personnage d’Oscar Dufresne, écrivain trentenaire parisien célibataire lui ressemblant beaucoup, Beigbeder relate jour après jour ses réflexions autour de sa vie décevante et dissolue.

Tenaillé par son incapacité à aimer, Oscar sort continuellement dans les endroits les plus branchés de Paris et du Monde pour s’étourdir dans un tourbillon de fêtes, de rencontres féminines éphémères, mais aussi d’alcools et de drogues comme la cocaïne, sa substance de prédilection.

Au milieu des ces récits de noctambule blasé, surnage une intrigue amoureuse, ou le jeune homme après avoir douloureusement rompu avec une certaine Claire courtise Françoise l’ancienne maitresse de son amie Ludo, lui-même mal marié et père de famille frustré.

Oscar est attiré par Françoise car c’est comme lui une femme névrosée, indépendante et sexuellement très libérée.

Ainsi le duo partagera une vie sexuelle débridée aux quatre coins du monde dans les boites de nuit branchés et les clubs échangistes.

Amoureux dompté, Oscar éprouvera un frein à sa soif insatiable de conquêtes féminines de préférences jeunes jusqu’à la rupture finale le ramenant à son point de départ.

En conclusion, « L’égoïste romantique » est un roman sans réel structure ou histoire ou Beigbeder retombe dans sa spécialité, la complainte égo maniaque.

L’écrivain nous en met plein la vue en citant tous les lieux branchés ou il se rend en compagnie des ses amis du show bizness comme Thierry Ardisson, Yann Moix, Elisabeth Quin ou Edouard Baer, même si en réalité pour le lecteur que je suis cet étalage de snobisme ne produit aucun effet.

Des grandes villes comme Rome, Barcelone, Berlin, Istanbul ou Moscou, Beigbeder ne semble avoir retenu que les night clubs et la plastique des jeunes filles.

Eternel insatisfait, torturé compulsif, obsédé comme tous les trentenaires par la jeunesse qui s’en va, Beigbeder comprend que la richesse et sa célébrité ne suffisent pas à le rendre heureux, à le stabiliser affectivement.

Mais comme il le reconnait lui-même, cette lucidité touchante ne suffit pas à lui faire changer radicalement de mode de vie et le laisse se complaire dans ce tourbillon d’invitations lors de soirées spéciales organisées par des magazines à succès.

En l‘absence de trame ou porte de sortie, « L’égoïste romantique » fait du surplace en meublant le vide de quelques jolies phrases ou traits d’humour qui ne suffiront pas à le rendre intéressant.

Repost 0
13 janvier 2012 5 13 /01 /janvier /2012 17:48

uranus.jpg4

 

 

Après « Le vin de Paris », un autre grand classique de Marcel Aymé avec « Uranus ».

Publié en 1948, « Uranus » rendu célèbre par l’adaptation cinématographique de Claude Berri en 1990, raconte l’atmosphère sombre de l’après seconde guerre mondiale en 1945 dans le petite village imaginaire de Blémont durement touché par les bombardements alliés précédant sa libération.

Les acteurs de ce drame sont l’ingénieur Archambaud, homme foncièrement bon mais un peu dépassé par la tournure des événements quand il accepte par pitié d’héberger l’ancien collaborateur Maxime Loin traqué par les FFI (Forces Françaises de L’Intérieur) et les milices communistes.

En effet, en raison d’une cohabitation forcée et difficile dans la maison avec les Gaigneux, dont le père est un ouvrier membre du parti communiste, Archambaud a déjà beaucoup de mal à pacifier sa femme en perpétuelle querelle avec sa vis à vis, son fils Pierre désireux de s’engager chez les communistes et sa fille Marie-Anne qui rêve de devenir actrice à Paris.

Le bon et placide ingénieur est aidé par Watrin, un professeur lunaire veuf depuis les bombardements, qui a adopté une étrange philosophie du bonheur lui permettant de voir le bon et le mal dans chaque homme et de l’accepter avec la plus grande des tolérances.

Pourtant le village est aux mains des FFI noyautés par les communistes comme Jourdan, Gaigneux, Rochard qui se livrent à une féroce lutte d’influence avec les socialistes.

Ils y mènent au nom de leur idéologie révolutionnaire une véritable campagne de terreur, aboutissant aux arrestations de présumés collaborateurs ou trafiquants de marché noir avec l’appui d’une police avide de justice expéditive.

C’est dans ce contexte que le cafetier Léopold, une force de la nature férue de poésie, est arrêté après avoir rossé Rochard, voyou communiste causant des troubles dans son établissement.

Malgré sa réputation dans le village, Léopold ne peut rien et souffre en prison des privations du manque d’alcool.

Chez les Archambaud, la promiscuité de la présence de Louin fait monter la tension en entraine le développement d’intrigues amoureuses au centre duquel se trouve Marie-Anne, dont Loin et Gaigneux sont amoureux, tandis que sa mère désire prendre pour amant l’ancien collaborateur au style plus fin que le lourd ingénieur.

Pour résoudre cet épineux problème, Marie-Anne tente de forcer son soupirant Michel Monglat, fils d’un riche marchand du village ayant fait fortune dans le marché noir, de faire jouer ses relations à Paris afin d’accorder une protection au fugitif mais Michel en très mauvais terme avec son père dont il ne supporte pas la malhonnêteté, ne se montre pas capable de répondre aux attentes de la jeune fille.

Les choses prennent une autre tournure lors de la cérémonie de retour de prisonniers français, dont certains sont lynchés par les communistes avides de purges.

Tout échoue donc et l’inéluctable étau se resserre peu à peu sur Loin qui est découvert pas Gaigneux.

Du coté du cafetier poète, Léopold est finalement libéré mais le sentiment d’injustice aidé par l’alcool est trop fort et l’homme fait un scandale dans les rues du village.

Sachant qu’il va être à nouveau interpellé, Léopold se rebelle et est finalement tué par les gendarmes.

La mort de Léopold coïncide donc à la reddition de Loin qui se dirige non sans des adieux déchirants à Marie-Anne vers son funeste destin.

En conclusion, « Uranus » est un livre majeur, une œuvre d’une force inouïe décrivant une face sombre de l’histoire de France avec l’après Libération et les règlements de comptes sauvages qui aboutirent à des massacres aveugles de collaborateurs, trafiquants, délinquants mais aussi de simples innocents.

Sorte de croisement entre Archambaud et Watrin, Aymé fait pourtant sortir la vérité de ce dernier, qui comprend que pour survivre en société l’homme doit en permanence masquer ses sentiments.

Derrière ces masques, les hommes s'étant déjà tus pour échapper au régime de Pétain, ont à présent peur de périr sous les coups des Résistants ivre de vengeance et de sang.

Marcel Aymé fait apparaitre toute la complexité de l’homme avec Archambaud, capable d’aider par compassion un pourri qui ne regrette en rien ses convictions hitlériennes mais demeurant parfaitement incapable d’intervenir lors du lynchage public d’un jeune soldat.

La figure de Léopold est plus énigmatique.

Elle révèle une force de la nature sensible à la poésie de Racine et Sophocle, un homme trop franc et naturel pour être dompté, se travestir et jouer le jeu des hommes.

Bien entendu on pourra juger que le sort est bien dur pour un personnage aussi sympathique.

« Uranus » est une œuvre d’utilité publique mettant l’homme en face de lui-même, devant les facettes les moins reluisantes de son âme ballotée par des événements historique qui le dépassent et l'effraient.

Repost 0
5 janvier 2012 4 05 /01 /janvier /2012 22:02

chemin_ecolier.jpg2

 

 

Compte tenu de la qualité des écrits de Marcel Aymé, j’ai éprouvé un vif besoin de continuer à poursuivre la découverte de son œuvre avec « Le chemin des écoliers ».

Publié en 1946, « Le chemin des écoliers » est une histoire typique du Paris de l’occupation allemande durant la Seconde guerre mondiale, ou une famille les Michaud va vivre une aventure hors du commun.

Le père un intellectuel raté  se voulant humaniste et donc anti fasciste, travaille dans une cabinet de gérance immobilière et a beaucoup de mal à s’habituer aux trafics de son associé Lolivier qui profite des pénuries pour détourner de l’argent et exploiter les occupants des immeubles.

Michaud et Lolivier s’affrontent donc souvent sur des questions idéologiques, le premier réprouvant les méthodes dures et cyniques du second notamment.

Mais les véritables problèmes vont venir des progénitures des deux hommes.

Le jeune Antoine Michaud tout d’abord va entrer dans le marché noir aux cotés de son ami Paul Tiercelin élève brillant beaucoup plus mature que ses dix sept ans laisseraient à  penser.

Puis Antoine va mentir à son père pour vivre une histoire d’amour passionnée avec Yvette une femme mariée plus âgée dont le mari est détenu prisonnier en Allemagne.

Après avoir dit à son père qu’il partait en vacance avec Tiercelin en Normandie, Antoine va en réalité mener une vie de couple avec Yvette au grand désespoir de son ami qui trouve que cette liaison le détourne de ses études.

Inquiet de la chute des résultats scolaires de son fils, Michaud finira par avoir des soupçons et à découvrir le pot aux roses en surprenant les deux tourtereaux chez Tiercelin père, patron de brasserie.

Mais pris lui-même dans une affaire d’adultère, Michaud va voir son autorité mise à mal sous les yeux de son propre fils.

Pire encore, Tiercelin lui remettra à son insu une forte somme d’argent dévolue à son fils en raison d’une ultime et juteuse transaction de marché noir.

Malgré des pudeurs de vierge effarouchée, Michaud poussé par sa femme finir par accepter l’argent et à vivre de manière très bourgeoise une fois la guerre achevée.

Même les relations avec Lolivier finiront par s’assainir une fois que ce dernier apprendra que son fils est en réalité un tueur psychopathe.

Emu par la détresse du père, Michaud apportera finalement tout son soutien à son associé et les deux hommes finiront leur vie dans l’opulence tandis qu’Antoine reviendra dans le droit chemin une fois que la volage Yvette l’eut oublié.

En conclusion, « Le chemin des écoliers » a eu bien du mal à me passionner.

L’histoire est assez banale et montre surtout les errements hypocrites d’un homme se voyant mieux qu’il ne l’est réellement.

Poussé par les conditions certes extrêmes de la guerre, les beaux principes de Michaud ne tardent pas à se fissurer et l’homme se révèle tel qu’en lui-même, lâche, coureur, menteur, fier et intéressé.

La grande leçon du livre est donc que l’individualisme de l’être humain finit toujours par l’emporter et que même en temps de guerre, les petites préoccupations du quotidien avec leur coté banal, minable et parfois sordide, finissent toujours par l’emporter sur les beaux et nobles idéaux trop détachés du réel.

Mis à part cette analyse d’une lucidité terrible, « Le chemin des écoliers » ne contient pas une intrigue assez intense, émouvante et soutenue pour tenir en haleine le lecteur.

Détail orignal mais troublant, les notes de bas de pages, fictives, qui retracent les destins souvent tragiques de personnages croisés au hasard des déambulations des héros.

Malgré ces quelques qualités, il me parait néanmoins déraisonnable de considérer « Le chemin des écoliers » comme un livre majeur de Marcel Aymé.

Repost 0
28 décembre 2011 3 28 /12 /décembre /2011 13:49

travelingue.jpg2

 

 

Dernier roman de l’année 1941, « Travelingue » prend place en plein cœur de Paris.

Radicalement différent de ses deux cousins, « Travelingue » ne traite pas de surnaturel mais d’une complexe histoire de famille prenant place dans les événements troubles de 1936 sous le gouvernement du Front Populaire ou les grèves et manifestations d’ouvriers déstabilisent le pays.

Dans ce contexte politique explosif, Aymé raconte la succession de Monsieur Lasquin grand industriel français décédé lors du repas de mariage de sa fille Micheline avec Pierre Lenoir lui-même fils d’industriels spécialisés dans les aciéries.

Mais Pierre n’a en réalité aucun gout pour les affaires et est très frustré de ne pas avoir plus se réaliser dans sa véritable passion : la course à pied.

Fanatique de sport, il a même un léger dégout pour sa femme Micheline qui finit par tomber amoureuse de son ami Bernard Ancelot, fils oisif d’un conseiller financier qui joue avec elle au tennis chaque jour.

Pour Monsieur Ancelot père, homme viril, décidé et ambitieux, Bernard est un raté qui perd son temps dans les soirées mondaines de ses sœurs délurées qui aiment les fréquentations pseudo intellectuelles.

La troisième composante de ce drame familial est l’écrivain Luc Pontdebois, que Aymé décrit comme très imbu de sa personne et prêt à toutes les bassesses et les compromis pour flatter les puissants et donner un coup de pouce à sa carrière littéraire.

Le lien entre toute ses personnes est Alphonse Chauvieux, oncle de Bernard, ex militaire occupant une bonne place dans l’usine Lasquin.

C’est lui qui découvre que Lasquin avait une maitresse appelée Elisabeth et qu’elle est la femme de son ancien camarade de régiment Malinier devenu après la guerre un modeste employé de bureau.

Pendant tout son roman, Aymé mélange les ingrédients et alterne les points de vue, que ce soit le milieu intellectuel et mondain parisien avec Milou, jeune boxeur arriviste tiré du peuple par un pygmalion homosexuel qui va vouloir prendre sa revanche sur la vie en devenant écrivain et en séduisant les femmes de conditions plus aisées que lui comme Micheline, ou alors l’agitation politique de son époque avec les dialogues entre Chauvieux et Malinier, ancien militaire primairement anti communiste.

Un drame intervient à la fin du roman, avec le désir de vengeance de Bernard, amant jaloux, prêt à tuer Milou mais ce drame est vite étouffé par la mort du boxeur tué lors d’une émeute.

Enfin, en filagramme apparait un mystérieux coiffeur, homme le plus influent du gouvernement, que viennent solliciter les directeurs d’usine ou les écrivains pour obtenir des faveurs.

En conclusion, bien que bien écrit « Travelingue » est un roman déroutant dans sa structure assez difficile à suivre.

Marcel Aymé y fait preuve de beaucoup d’humour voir d’auto dérision lorsqu’il se moque des femmes mondaines et des écrivains avides de reconnaissance.

Mais l’histoire parait assez embrouillée et on ne sait pas trop si l’homme s’attache davantage à décrire l’ambiance politique de son époque ou un drame d’une riche famille d’industriels parisiens.

 

Autre reproche, les interminables monologues du coiffeur finissent par saouler le lecteur.

Pour ces raisons, « Travelingue » est sans doute le roman de Aymé que j’ai jusqu’ici le moins apprécié.

Repost 0
5 décembre 2011 1 05 /12 /décembre /2011 20:04

cabinet_antique.jpg

3

 

 

Publié en 1838, « Le cabinet des antiques » est souvent accolé à « La vieille fille » paru peu de temps auparavant.

Son cadre est originellement le même, avec une farouche lutte entre Libéraux et Nobles dans une petite ville de Province en pleine période de Restauration.

Du point de vue de Balzac qui montre quelques sympathie pour le style élégant et raffiné des nobles, l’assaillant revêt les traits du parvenu Du Croisier, redoutable homme d’affaire de Province ayant pour but de ruiner la famille d’Esgrignon a qui il voue une haine farouche depuis que le marquis lui a refusé la main de sa sœur Armande.

Du Croisier cherche le point faible de ses rivaux et le trouve avec Victurnien le fils du marquis, jeune homme impétueux et immature incapable de gérer le patrimoine de sa famille.

Malgré l’aide de Chesnel, le fidèle notaire de la famille, Victurnien commet erreurs sur erreurs et est envoyé à Paris dans l’espoir que le Roi Louis XVIII lui trouve une situation dans l’armée ou dans l’administration.

Mais les excès de la vie mondaine de Paris ne réussissent pas au jeune homme qui s’éprend de Diane de Maufrigneuse une superbe jeune princesse percluse de dettes.

Au contact de Diane, Victurnien accumule les dettes et se jette tête baissé dans le piège que lui tend Du Croisier, en l’amenant à imiter sa signature pour obtenir une lettre de change des puissants banquiers Keller.

Profitant des ses appuis au sein de l’administration judiciaire, Du Croisier utilise le Président du tribunal et un avocat corrompu pour faire arrêter le jeune homme et mener son procès sans avertir le Procureur du Roi.

Alerté de la tragédie, Chesnel se ligue avec Armande pour sauver son jeune maitre du discrédit et d’une justice expéditive.

Aidé finalement de la capricieuse comtesse, il manœuvre les membres du jury, l’ambitieux Camusot et l’original Blondet qui s’allient à lui en échange de privilèges pour eux même ou leur famille.

Mais ce qui fait basculer le rapport de force est le ralliement de Madame Du Croisier, touchée par l’aspect religieux du repentir par Chesnel, qui accepte de trahir son mari pour ne pas commettre une injustice contre un brave garçon écervelé.

Même si Victurnien est finalement tiré du piège mortel par son fidèle serviteur, il ressort très affaibli de l’affaire et se voit contraint de délaisser sa belle maitresse pour retourner mener une vie sans éclat en Province.

Du Croisier finira par faire épouser à sa niéce un Esgrignon et scellera l’alliance entre Nobles désargentés et Bourgeois arrivistes en quête de respectabilité.

En conclusion, construit sur un fort antagoniste entre deux forces du XIX iéme siècle, « Le cabinet des antiques » est un roman bien mené rappelant par instant les mésaventures de « César Birotteau » provincial se brulant les ailes à Paris.

En faisant des Nobles une race déclinante, privée de richesses, de pouvoirs et donc condamnée à terme à disparaitre, Balzac montre ses sympathies et donne le mauvais rôles aux Bourgeois dominateurs et arrivistes.

Même si je n’ai aucune sympathie pour les Nobles et n‘a pas aimé le rôle de chien fidèle de Chesnel, j’ai trouvé par la grâce du talent de l‘auteur, quelque chose de grandiose et pathétique dans ce déclin.

Malgré ses qualités et une efficacité certaine, « Le cabinet des antiques » trop prévisible, ne fait pas partie pour moi des plus grandes œuvres de Balzac.

Repost 0

Présentation

  • : Le blog de Seth
  • : Articles/Chroniques pour un partage de voyages interieurs majoritairement littéraires
  • Contact

Recherche

Pages

Liens