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13 août 2012 1 13 /08 /août /2012 08:56

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Paru en 1883, « Une vie » est le premier roman de Guy de Maupassant.

Il raconte l’histoire de Jeanne Saint-Jacques, fille de barons normands plutôt riches car propriétaires de plusieurs domaines en Normandie, depuis son adolescence jusqu’à sa vieillesse.

Elevée dans un couvent du XIX ième siècle jusqu’à sa majorité en raison d’un père aimant mais soucieux de lui inculquer la meilleur éducation possible, Jeanne rejoint à sa sortie la belle propriété familiale appelée les Peuples située face à la mer.

Avec ses parents chaleureux (comme sa tante la vieille fille Lison), des domestiques dévoués (comme la bonne Rosalie) et même un curé bienveillant (Picot), Jeanne vit des premiers temps heureux, en aspirant avec bonheur sa liberté retrouvée.

L’amour pourtant ne tarde pas à frapper à sa porte sous les traits d’un jeune noble appelé Julien de Lamare qui la séduit rapidement.

Brulant d’un amour nouveau, Jeanne cède au charme de Julien et ne tarde pas sous l’œil bienveillant des parents à l’épouser.

Mais lors de leur superbe voyage de noces dans des régions reculées et sauvages de Corse, la belle façade de gendre idéal de Julien commence à se lézarder révélant un homme égoïste, parfois brutal et horriblement radin.

Malgré l’émerveillement des paysages montagneux et ensoleillés, Jeanne revient passablement ébranlée de son voyage.

De retour en Normandie, Julien prend le contrôle des affaires des Saint Jacques, réduisant de manière drastique leur train de vie à raison d’économies de bouts de chandelle.

Il se montre brutal avec les domestiques qu’il n’hésite pas à frapper ou à licensier.

Intéressé non seulement par l’argent, Julien l’est aussi par le paraitre, aussi s’attache t il à fréquenter les autres nobles du voisinage, même si ceux-ci vivent dans une misère à peine déguisée.

Avec pareil tyran domestique, la qualité de vie de Jeanne se dégrade rapidement.

Le premier drame survient avec la grossesse de Rosalie qui enrage inexplicablement Julien.

Après de multiples cachotteries, Jeanne comprend que Julien est le père de l’enfant.

Choquée par l’adultère jusqu‘à vouloir se jeter du haut d‘une falaise, elle tente de se séparer de son mari, mais le poids des convenances relayées par le rôle de l’église finissent par l’obliger à rester sous le même toit.

Rosalie est certes renvoyée mais les Saint-Jacques lui assurent contre l’avis de Julien un mari et une rente confortable pour pallier aux besoins de son enfant.

Un autre évènement retient Jeanne au foyer, la naissance de son premier enfant, Paul, fils de Julien.

Comme beaucoup de femmes, Jeanne va déplacer tout son amour et sa frustration d’épouse vers cet enfant qu’elle va chérir jusqu’à le surprotéger.

Malgré le désintérêt de Julien pour son fils, le couple va se maintenir dans un pseudo statut quo de plusieurs années, juste émaillé de la mort de la mère de Jeanne, dont la découverte après son décès d’une liaison adultère viendra écorner l’image de bonne mère au foyer.

Découvrant une autre liaison de Julien avec la comtesse de Fourville, Jeanne se réfugie dans la religion dispensé par un nouvel ecclésiastique de la région, le père Tolbiac.

Dur et intransigeant avec les mœurs relâchées des paysans, le père Tolbiac s’attire les animosités des locaux.

Entré en conflit avec les Saint-Jacques, le père Tolbiac se venge de Julien en le dénonçant au comte de Fourville, véritable colosse sentimental qui pris d’une folie passionnelle tue sa femme et son amant.

Devenue veuve, Jeanne n’est pourtant pas au bout de ses peines en découvrant que son fils Paul, mis en pension au Havre, ne va plus à l’école et dépense sans compter pour une prostituée.

Commence alors un véritable cauchemar encore pire que la pseudo liaison avec Julien.

Perclus de dettes, Paul quitte la France pour s’établir en Angleterre ou il se lance dans des affaires douteuses qui font toutes faillites.

Il utilise la fibre maternelle pour réclamer à distance toujours davantage d’argent, assurant en contre partie son retour prochain, tout en ne tenant jamais sa parole.

Trop bons, les Saint-Jacques dilapident leur patrimoine pour ce fils inconséquent et le baron en meurt d’apoplexie, laissant Jeanne seule et démunie.

Alors qu’elle s’enfonce dans la vieillesse, les dettes et la dépression, Jeanne reçoit l’aide de Rosalie qui a fait sa vie grâce au pécule laissé par sa maitresse.

Bonne fille, pragmatique, énergique et reconnaissante, Rosalie encadre et conseille la pauvre Jeanne malade et parvient à éviter la banqueroute en vendant la belle propriété des Peuples.

Le départ de la maison familial est un déchirement pour Jeanne qui tente une ultime fois (sans succès) de voir son fils à Paris.

Comprenant qu’elle l’a perdu à tout jamais, Jeanne se replie sur sa nouvelle demeure en attendant de mourir pitoyablement comme son vieux chien Massacre.

Mais une heureuse nouvelles vient pourtant à elle, son fils Paul, perclus de dettes et ayant perdu sa compagne, lui demande d’élever sa fille.

Un espoir renait donc lorsque Jeanne reçoit un nouveau bébé à élever.

En conclusion, même pour son premier roman, écrit certes à une âge déjà mur, Guy de Maupassant écrit un véritable chef d’œuvre, peut être pour moi son livre le plus touchant.

Je ne peux que recommander la lecture de « Une vie » à toutes les femmes, qui se reconnaitront ou reconnaitront le destin d’une de leur proche même sans le verni de la petite noblesse de province.

Tout y est en effet, l’innocence et la naïveté de la jeunesse lorsque nourri de force et de confiance, on se laisse aveugler par ses sentiments pour foncer tête la première dans l’existence, puis vient le temps de la vie de couple, de certaines désillusions lorsque le masque du conjoint idéal idéalisé en Prince charmant se lézarde.

Alors souvent la maternité devient un refuge, quelque fois excessif puisqu’il polarise toute l’attention d’une mère.

Et même ceci n’est point durable dans l’existence puisque les enfants désireux de tracer leur propre route peuvent décevoir leurs parents.

Dans le cas de « Une vie » la relation entre Paul et Jeanne est tellement diabolique, cauchemardesque que je ne la souhaite pour personne.

Mais, le mal et la désillusion ne règnent pas pour autant en absolu, et certaines surprises viennent heureusement équilibrer un tant soit peu les choses, comme l’apport inespéré d’un ami fidèle ou l’éducation d’un autre enfant.

« Une vie » raconte l’histoire d’une femme, mais pourrait également raconter l’histoire de toutes les femmes.

Emouvant, brillant et profond, il vous remuera l’âme et vous marquera au fer au rouge comme il m’a moi-même marqué, me rappelant des vestiges de mon passé.

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7 août 2012 2 07 /08 /août /2012 20:40

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Paru en 1889, « Fort comme la mort » est le dernier des six romans majeurs de Guy de Maupassant.

Ecrit quelques années avant la mort de l’écrivain, « Fort comme la mort » raconte une histoire d’amour d’une intensité inouïe entre un peintre à succès Olivier Bertin et une bourgeoise mal mariée à un député versé dans l'agriculture, Anne de Guilleroy.

Résidant à Paris, Olivier est un célibataire d’âge mur, un artiste reconnu ayant pignon sur rue, qui entretient une relation de longue date avec Anne qu’il a aimé passionnément depuis sa jeunesse lorsqu’elle posait pour lui.

Bien que s’étant muée en amour plus raisonnable et pragmatique, cette passion de jeunesse est complètement partagée par Anne et les vies des deux amants sont si imbriquées qu’il ne se passe pas une seule journée ou une rencontre n’ait lieu.

Pourtant, l’arrivée à maturité d’Annette, la fille de Anne va peu à peu bouleverser ce bonheur puissant et paisible.

En effet, avec le temps, Olivier va de plus en plus se sentir attiré par Annette en raison de l’incroyable mimétisme physique avec sa mère.

Le peintre alors vieillissant,  voit surgir devant lui l’incarnation de la jeunesse perdue de son amante et ne peut réprimer le développement d’une attirance purement irrépressible.

Bien entendu, Anne comme toutes les femmes amoureuses perçoit ses petits changements dans le comportement de son mari et va elle aussi comprendre peu à peu l'impitoyable vérité.

Peinée par une jalousie contre laquelle elle ne peut rien, elle va se lancer dans une course contre le temps qui passe en voulant par de multiples artifices (jeux de lumières, régimes, maquillage et tenues sophistiqués) retenir la marche inexorable du temps.

Mais Anne ne sera pas la seule à endurer les affres de la jalousie, puisque Olivier va également perdre l’esprit en découvrant que Annette fréquente le jeune marquis de Farandal, beau parti qui lui est destiné par sa famille.

 

Le point culminant de cette jalousie sera la représentation de l'opéra Faust, ou Olivier ne supporte pas l'engouement de la jeune fille pour un jeune ténor chantant la recherche de la jeunesse éternelle.

Maupassant tisse donc une toile diabolique avec un homme d’âge mur obsédé par l’image rajeunie de son amante, courant après un songe inaccessible et s’enfonçant toujours plus dans les tourments de la jalousie et une amante délaissée, elle aussi obsédée par un sentiment de déchéance ravivé par le détournement de son amant.

Il est donc logique que dans un tel contexte, le dénouement ne fut que tragique pour ce pauvre Bertin, qui se jeta de dépit sous un fiacre en apprenant le mariage imminent d’Annette et après avoir subi une attaque contre son art, jugé démodé.

Mais Maupassant sublime la fin de l’histoire en provoquant un ultime rapprochement avec la vieille maitresse fidèle, venue sur le lit de mort de son amant, l’accompagner dans son dernier voyage poignant vers l’au-delà.

En conclusion, « Fort comme la mort », est une nouvelle fois un roman d’une intensité dramatique folle.

Le style si sobre et puissant de Maupassant, est mis au service d’une histoire incroyablement émouvante sur le temps qui passe, provoquant la fissuration des physiques les plus beaux et les plus forts et les tourments psychologiques de ceux qui les subissent.

Par delà les ravages du temps et l’obsession universelle pour la jeunesse, subsiste l’amour qui sous de multiples formes relie les êtres humains de manièreintime, étroite et complexe.

Bertin et Anne forment un tout indissociable, une association symbiotique, qui même mise à mal par les événements, survit jusqu’à la fin avec la disparition d’un des deux êtres entrainant probablement celle du second.

Avec ce roman sombre et puissant, Maupassant touche une nouvelle fois l’essentialité de l’humanité se composant de l’amour et de la mort.

Un chef d’œuvre a déguster avec une certaine maturité.

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23 juillet 2012 1 23 /07 /juillet /2012 19:27

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Paru en 1889, « Notre cœur » est l’un des romans les plus connus de Guy de Maupassant, loin derrière toutefois les classiques que sont « Bel ami » ou « Pierre et Jean ».

« Notre cœur » est une délicieuse histoire d’amour ou plutôt de dépendance amoureuse d’un jeune homme appelé André Mariolle, à l’égard d’une belle, jeune mondaine parisienne Madame de Burne.

Jeune veuve, Madame de Burne est en effet le pole d’attraction d’une petite cours masculine composée d’écrivains (Lamarthe), de musiciens (Massival) , philosophe (De Maltry) ou de simple bourgeois papillonnant (le gros Fresnel) autour de la belle dans l’espoir de toucher ses bonnes grâces et de décrocher un beau mariage.

Mais traumatisée par son premier mari, brutal et rustre, Madame de Burne a décidé de jouir de son indépendance de femme moderne, et manœuvre assez égoïstement et diaboliquement les hommes gravitant dans son entourage.

Faible, oisif et sans attache, Mariolle tombe immédiatement sous le charme perverse de la belle et devient rapidement esclave d’un amour malheureusement à sens unique.

Rendu de plus en plus passionné par les atermoiements ambigus de sa dulcinée, Mariolle perd tout sens de la mesure, multipliant les déclarations d’amour orales et par lettres enflammées qui ne font que flatter l’égo déjà surdimensionné de sa cible.

Par son obstination, Mariolle parvient à obtenir une positions plus privilégiée que ses rivaux, devenant en quelque sorte un amant régulier lors de rendez vous clandestins dans une maison du bois de Boulogne louée par ses soins.

Mais jamais Madame de Burne ne s’abandonne complètement à cet amant, soufflant le chaud et le froid pour conserver son indépendance, ses papillonnages masculins tout en gardant sa proie dans son cercle d’influence.

Mariolle ne parvient pas à briser le sortilège infernal et devient le jouet de la veuve, allant de rendez vous en rendez vous (même en Province), attendant fiévreusement les réponses écrites ou les promesses de nouveaux rendez vous.

La souffrance du jeune homme atteint son paroxysme quand il apprend que Madame de Burne s’est entiché d’un bel aristocrate autrichien le comte de Bernhaus proche de l’ambassadrice d’Autriche.

Sentant son amour se dérober et le fuir, Mariolle se consume de la jalousie, cherchant dans une retraite à Fontainebleau l’oubli salvateur.

Mais même dans la solitude et le calme de la splendide nature, Mariolle reste taraudé par le souvenir de sa maitresse, luttant corps et âme pour ne pas s’abimer dans la mélancolie la plus noire.

Pourtant un espoir survient lorsque Mariolle rencontre Elisabeth Ledru, une jeune serveuse de la région, qui par sa douceur, sa fraicheur et son dévouement, parvient à atténuer ses souffrances.

Mariolle prend Elisabeth comme femme de chambre et devient son amant.

Mais il cède pourtant à ses anciennes pulsions, écrivant à son ancienne égérie qui s’empresse de se rendre dans sa demeure pour réactiver cette relation de proie à prédateur.

La fin du roman est assez déroutante, car si Mariolle cède en apparence en revenant à Paris aux cotés de Madame de Brune, il emmène néanmoins avec lui Elisabeth comme un antidote au poison.

En conclusion, pour quiconque a vécu les tourments d’un amour puissant mais non partagé, « Notre cœur » est un pur chef d’œuvre.

Chef d’œuvre d’analyse psychologique d’abord, avec toute la force et le perversité d’une belle femme préférant manipuler des hommes au profil psychologique correspondant à un statut de victime.

La douleur d’un Mariolle incarnant un amant prêt à s’abaisser plus bas que terre est particulièrement poignante, avec des attentes interminables dans des endroits glacés, des lettres qu’on guette pendant des jours avec une impatience folle et surtout des échafaudages sans fin de l’esprit autour de situations passées ou présentes déchainant la jalousie la plus brulante.

On pourrait penser que le passé difficile de Madame de Burne atténue quelque peu sa nature de prédatrice, qu’elle justifie d’ailleurs en prétendant préférer une relation épisodiques, sans engagement mais plus durable dans le temps à une passion se consumant à brève échéance.

Pour ma part, je ne crois pas à cette théorie.

Seule la fin intrigue, avec un homme ayant trouvé en apparence un remède décisif mais replongeant à la première occasion dans son tourment masochiste.

Mis à part le formidable travail de Maupassant, génial analyste de l’âme humaine et de ses tourments, « Notre cœur » brille pas une prose limpide, vivante et puissante, magnifiant de son éclat le récit.

Rien à dire, une nouvelle fois Maupassant éblouit de sa classe …

Et si au final c’était lui le plus grand écrivain français toutes époques confondues ?

Pour ma part je n’en connais pas de meilleur.

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14 juillet 2012 6 14 /07 /juillet /2012 10:33

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Détour vers une littérature plus classique avec « Toutes les femmes sont fatales » de Claude Mauriac.

Publié en 1957, ce roman autobiographique est une réflexion sur le parcours amoureux de l’auteur depuis ses plus jeunes années jusqu’à l’âge mur, la quarantaine approchée puis dépassée.

Mauriac situe l’action dans plusieurs lieux (Paris, Rio de Janeiro, New-York) et mêle continuellement présent et passé pour mettre en perspectives ses relations du moment avec ses souvenirs.

Avec pareil procédé narratif, il est donc difficile de suivre le déroulement non linéaire du roman.

L’auteur apparait comme un être instable sentimentalement, un passionné du corps et de la chair, un chasseur et collectionneur compulsif épris de sa propre liberté et incapable d’attachement dans la durée.

Le lecteur se voir donc infligé la longue litanie des conquêtes féminines, avec malgré tout une poignée de femmes qu’on pourrait qualifier de déterminantes dans le roman comme la française Marie-Prune, blonde au visage asiatique que l’auteur a failli épouser, la jolie brésilienne Amelinha rencontrée à Rio avec qui il refusa de s’engager dans la durée ou encore Leslie, une jeune américaine rousse, qui malgré la fugacité de leur liaison le fit beaucoup souffrir durant une période de sa vie.

Mais en réalité, pas plus Marie-Prune que toutes les autres (Christiane, Pauline, Pascale …) ne semble avoir été réellement en mesure d’attacher l’auteur, hédoniste sans attache fuyant tout forme d’engagement dans la durée.

Bien entendu, Mauriac se place d’un point de vue supérieur, presque métaphysique, en expliquant que en vieillissant il a voulu fuir l’idée de sa mort en poursuivant inlassablement des femmes au physique juvénile.

On comprend donc en effet que derrière le masque du séducteur se cache une véritable angoisse métaphysique avec une conscience aigue de sa propre fin et du long processus de déchéance.

Cette conscience est ici accentuée par l’ordre de mobilisation générale pour le conflit de la Seconde Guerre Mondiale, que l’auteur assez ironiquement vivra assez paisiblement à Paris loin du choc du front.

En conclusion, malgré un style élégant et soigné bien au dessus de la moyenne, « Toutes les femmes sont fatales » est un ouvrage au final assez décevant.

Avec son télescopage quasi permanent de regrets du passé et d’indécisions du présent, le roman irrite, montrant un homme d’un orgueil insensé,  aussi complaisant avec lui-même qu‘exigeant avec les femmes.

L’érotisme est ici tellement intellectualisé qu’il perd de sa force, reléguant le corps de la femme au rang d’un outil qu’on repose après son utilisation.

On comprend la psychologie du séducteur, du perpétuel insatisfait avide d’une perfection, d’une jeunesse par essence inatteignables.
On comprend également la solitude et la souffrance de ce type d’hommes, plus centrés vers eux-mêmes que sur autrui.

Enfin alors qu’on pourrait s’attendre à rêver avec Rio de Janeiro et New-York, la description de ces villes fait plus part d’une grande déception, les plages de Rio étant au final assez quelconques et l’architecture de New York passablement démodée.

« Toutes les femmes sont fatales » me donne simplement envie de dire à tous ces hommes-paons en quête de prestige, à tous ces théoriciens de l’amour prétendant avoir fait le tour des relations hommes-femmes qu‘ils n‘ont en réalité fait qu‘effleurer, de penser un peu moins à eux et à se tourner vers les autres pour retirer la quintessence véritable de la vie.

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6 juillet 2012 5 06 /07 /juillet /2012 20:22

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Voici assez exceptionnellement un film de François Truffaut sur ce blog, cinéaste français dont la réputation d’élitisme me refroidit je l’avoue.

Les film en question est  « L’homme qui aimait les femmes » sorti en 1977.

« L’homme qui aimait les femmes » raconte l’histoire de Bertrand Morane (Charles Denner) un quadragénaire ténébreux, ingénieur d’essais en mécanique des fluides, qui raconte son obsession dévorante pour les jeunes femmes, et tout particulièrement leurs jambes qu’il compare assez poétiquement à des compas arpentant le monde et lui conférant son équilibre.

Résidant à Montpellier, Morane est un chasseur, arpentant les rues à la recherches d’inconnues qu’il peut suivre avec une détermination farouche comme la jeune Martine Desdoits (Nathalie Baye) qu’il poursuit jusqu’à Bézier en inventant une sombre histoire d’accident de voiture, pour s’apercevoir après coup qu’il l’a confondue avec sa cousine repartie vivre au Canada.

Solitaire, obsessionnel mais assumant presque sans honte son penchant, Morane entretient de multiples relations féminines, tout en refusant de s’attacher le moins du monde sentimentalement.

Sa seule confidente est Hélène (Geneviève Fontanel) patronne du boutique de lingerie féminine, qui l’alimente en nouveautés tout en partageant avec lui son gout pour les hommes jeunes (moins de 30 ans).

Bien entendu quelques fois, Morane rencontre des complications comme avec Delphine Grezel (Nelly Borgeaud) femme mariée au comportement étrange, qui déstabilisée par cette relation adultère puissante et charnelle, finit par tuer son mari.

Un jour, las de débiter ses réflexions pseudo philosophiques sur les relations hommes-femmes, Morane décide d’écrire un roman racontant ses aventures.

Excitant, troublant et assez lucide envers lui-même, son roman finit par attirer l’attention de l’éditrice Geneviève Bigey (Brigitte Fossey) qui lui propose une publication.

Touchée par le personnage, Geneviève va plus loin que l’autorise le simple professionnalisme et développe une relation de type amoureuse avec Morane.

Malheureusement ceci n’éteint en rien les penchants irrépressible de ce collectionneur qui finit par obtenir son châtiment, être tué par une voiture en poursuivant une proie potentielle.

En conclusion, « L’homme qui aimait les femmes » est un film atypique, décalé, sauvé de la vulgarité par la classe et le feeling de Charles Denner, acteur mince, élégant, à la voix grave et à la mine toujours triste.

Le ton de la narration est bien entendu très littéraire et un brin intello.


Truffaut dépeint assez bien une forme de déviance, de maladie, qui consiste à obéir à des pulsions insatiables ne menant pas à un acte de violence mais à des tentatives de voyeurisme compulsives accompagnées par instant d’autres tentatives de séduction.

L’ambiance du film très année 70 montre à l’instar de la splendide Brigitte Fossey éclatante de jeunesse des femmes belles, très libérées et prenant presque toutes favorablement les tentatives de cet homme fétichiste.

Il va sans dire qu’aujourd’hui avec la psychose sur le harcèlement sexuel, un tel homme serait assurément considéré comme un pervers voir un dangereux délinquant sexuel, meme si la morale est au final sauve puisque le collectionneur est puni par la ou il avait péché.

M’ayant fait penser au roman « Le voyeur » de Joël Houssin dans un registre plus intellectuel, « L’homme qui aimait les femmes » est un film élégant et plaisant, qui comblera d’aise les amateurs de l’immense acteur qu’était Charles Denner disparu trop tôt d’un cancer de la gorge.

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22 juin 2012 5 22 /06 /juin /2012 16:59

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 Il me semblait logique après avoir lu « Belle de jour » le roman de Joseph Kessel de reboucler la boucle en chroniquant  le non moins célèbre film de Luis Buñuel réalisé en 1967.

« Belle de jour » raconte la dérive de Séverine Sérirzy (Catherine Deneuve), une jeune et belle bourgeoise que le mariage avec Pierre (Jean Sorel) un beau et riche médecin, rend profondément insatisfaite.

Séverine est en effet habitée par de troubles mais néanmoins puissants fantasmes sado masochistes qui l’amènent à se plonger dans d’intenses rêveries ou elle se trouve punie et humiliée par son mari ou ses domestiques.

Après une discussion avec Henri Husson (Michel Piccoli) ami sulfureux de son mari, Séverine obéit à ses profondes pulsions intérieures et se rend dans un maison close ou après quelques hésitations bien compréhensibles elle offre ses services à la patronne Madame Anaïs (Geneviève Page) pour devenir prostituée d’après midi.

Surnommée Belle de jour en raison de ses impératifs horaires, Séverine entre donc de son plein gré dans le monde de la prostituée de luxe, ou elle vend son corps dans un désir d’humiliation à un clientèle assez bourgeoise composée d’hommes d’affaires vulgaires comme le gros Monsieur Adolphe (Francis Blanche) et ses blagues douteuses, ou d’hommes d’âge murs désireux de réaliser des fantasmes inavouables dans leur foyer comme cet étrange japonais se présentant avec une mystérieuse boite, un ce sadomasochiste (François Maistre) désireux d’être traité en domestique.

Séverine va donc mener pendant plusieurs mois une double vie parfaite, dupant son entourage dans sa vie de tous les jours et réalisant en secret ses fantasmes de dépravation.

Deux événements vont pourtant venir briser cet équilibre qu’on devine bien fragile.

Le premier est la rencontre avec Husson, client de chez Anaïs, rencontre qui viendra compromettre la discrétion de Séverine.

Le second est  Marcel (Pierre Clémenti) redoutable jeune voyou dont la brutalité et les mauvaises manières aux antipodes de son délicat et prévenant mari vont attirer Séverine dans un dangereux engrenage.

Jaloux et instable, Marcel va exiger toujours plus de Séverine et va faire irruption jusque dans son foyer ou il blessera grièvement Pierre avant d’être abattu par la police.

Pierre survivra mais restera muet et paralysé sur un fauteuil, tout en étant suprême torture parfaitement conscient de la trahison de sa femme, obligée par les événements de vivre à son chevet.

C’est sur cette tragique et cruelle conclusion que s’achève « Belle de jour ».

Buñuel livre une interprétation toute personnelle du livre de Kessel, en accentuant le coté onirique et dérangeant d’un personnage dévoré par ses démons intérieurs.

Les fantasmes de Séverine sont ainsi mis en images avec des scènes rêvées terriblement perverses à la limite de l’érotisme soft.

Tout juste est il suggéré un traumatisme de l’enfance (attouchements), même si à mon sens cette scène ne s’imposait pas.

Ce film constitue un des rôles clés de la carrière de Deneuve, dont la beauté froide de bourgeoise blonde constituera pour des générations entières d’homme un éternel fantasme féminin.

Buñuel réussit donc un film troublant, dérangeant car remuant au sein de nos plus profonds fantasmes inconscients mais aussi jouissif dans le mesure ou les puissantes pulsions d’une femme viennent faire voler en éclat les pénibles conventions de la vie de bourgeoise oisive pratiquant équitation, ski et tennis avec un mari aussi beau que lisse.

A réserver néanmoins à un public averti, le même qui a sans doute apprécié le livre.

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17 mai 2012 4 17 /05 /mai /2012 09:30

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J’avais déjà été très impressionné par « Bel ami » de Guy de Maupassant et c’est donc fort logiquement que je me suis rué sur « Pierre et Jean », quatrième roman de l’écrivain paru en 1887.

Court ouvrage naturaliste régulièrement étudié dans les lycées, « Pierre et Jean » raconte l’histoire de deux frères du Havre au physique et au caractères diamétralement opposés.

Alors que Pierre Roland l’ainé, est un jeune homme brun, sec, nerveux au tempérament fougueux et instable, Jean le second est un blond bien en chair, calme effacé et timoré.

Professionnellement Pierre est un médecin sans le sou tâtonnant dans la vie et cherchant à s’établir tandis que Jean vient d’être licencié en droit faisant la fierté de ses parents, Monsieur Roland bijoutier à la retraite passionné de pêche et sa femme Louise.

Déjà en concurrence pour savoir qui épouserait la jeune, belle et riche veuve Madame de Rosémilly, les deux hommes vont s’entre déchirer lorsque la famille Roland va apprendre qu’un ami de la famille appelé Monsieur Maréchal va léguer toute sa fortune à Jean.

Bien entendu, cette manne tombé du ciel va fortement perturber Pierre qui va se torturer l’esprit pour enfin comprendre l’évidence :  Maréchal a été pendant des années l’amant de sa mère et Jean est son fils naturel.

Alors que Jean triomphe en apparence, demandant en mariage Madame de Rosémilly et établissant son cabinet d’avocat dans le bel appartement que convoitait son frère, un intense et cruel jeu psychologique va s’établir entre Pierre et sa mère.

A force d’insinuations fielleuses, Pierre parvient à pousser sa mère à bout et à la faire craquer, la forçant à révéler le terrible secret de sa double vie, ignorée par son stupide mari.

Louise trouve refuge auprès de Jean qu’elle met également dans la confidence.

Le timide jeune homme se trouve à son tour tiraillé par sa conscience mais choisit de garder l’héritage de son père naturel et de tenir à tête à son frère.

Tout le monde est bien entendu très éprouvé par cette affaire et le climat du Havre devient alors étouffant pour la famille Roland.

La seule issue honorable pour tous est le départ de Pierre, devenu le gêneur de cette belle hypocrisie bourgeoise.

Aidé par les relations de Jean, il saisit sa chance en se faisant engager comme médecin sur un paquebot transatlantique préservant les apparences et laissant la place libre à son faux frère.

En conclusion, « Pierre et Jean » est un exceptionnel roman d’un finesse psychologique hors normes.

Maupassant raconte fort bien les déchirements de famille dans le milieu de la bourgeoisie de province du XIX iéme siècle ou la réputation était essentielle.

Si l’adultère et la double vie sont hélas des classiques de la vie, les relations complexes et souvent difficiles entre deux frères dissemblables sont merveilleusement brossées par l’écrivain dans une langue accessible mais d’une puissance inouïe.

Sur le plan de la forme tout est également en place, avec l’ambiance maritime du riche port du Havre devenue trop étouffante pour Pierre rongé par la jalousie et les tourments intérieurs.

Combien de non dits, combien d’histoires troubles, de mensonges et de secrets gardés dans les familles pour la prétendue sauvegarde des apparences ?

Toute cette hypocrisie sociale dans laquelle nous vivons tous avec nos yeux complaisamment fermés pour ne pas être perturbés dans nos fragiles certitudes sans voir la souffrance qu'elle nous occasionne.

Le sujet est en apparence inépuisable et Maupassant a écrit pour moi un des chefs d’œuvres du genre.


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13 mai 2012 7 13 /05 /mai /2012 11:31

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Comme beaucoup, j’ai connu Bernard Lavilliers à la fin des années 80 avec la chanson « On the road again » sans nul doute son tube le plus connu que j'écoutais à l'époque sur mon premier walkman en revant du haut des mes 13 ans.

Sorti en 1988, « If .. » et sa pochette extrêmement sobre est donc pour cette raison un album charnière dans la carrière du stéphanois bourlingueur.

Après avoir mis en musique un texte de l’écrivain Rudyard Kipling en guise de prologue de luxe, l’album débute réellement avec « Santiago » morceau intense et majestueux ou s’exprime toute la sensibilité de l’artiste.

Puis arrive la superbe ballade « On the road again », qui plus de vingt ans après me fait encore frissonner par l’envoutement de sa douce mélodie et la puissance de ses paroles contant la mélancolie du voyageur amoureux.

Fidèle à ses bonnes habitudes de l’époque, Lavilliers glisse ensuite « Bad side » un très bon titre heavy rock avant un nouveau crochet vers la poésie sur « Promesses d’un visage » douce, sensuelle et exotique adaptation d’un texte de Charles Baudelaire.

Le niveau est toujours incroyablement élevé sur « Nicaragua » rendu grand par ses alternances incessantes de passages à la lourdeur menaçante et de plages plus mélodiques.

Influences plus world music sur « Haïti couleurs » et « Nord-Sud » au tempo tres reggae boosté par des refrains aux chœurs surpuissants.

Même « Petit » pourtant très lourdingue sur l’enfance brisée dans les pays en guerre finit par bien passer enrobé par le talent du chanteur aux biscottos gonflés.

La littérature est remise à l’honneur avec « Tu es plus belle que le ciel et la mer »  court texte sensuel de Blaise Cendars.

« R&B » en fait en revanche beaucoup trop avec ses gros refrains gospels pompeux et son coté générique TV, quand à « Citizen Kane » on peut lui décerner une certaine originalité malgré l’emploi de cuivres groovy et de claviers très datés années 80.

L’album se termine en douceur avec « Cri d’alarme » trop pesante et larmoyante à mon gout.

En conclusion, malgré une durée sans doute trop longue et une dernière partie pour moi bien en dessous, « If … » est un indubitablement un grand album présentant un Bernard Lavilliers très inspiré et au zénith de son talent.

Véritable caméléon musical, l’artiste pioche de style en style en trouvant un très bon équilibre qui rend cet album varié et agréable à l’écoute.

Et puis « On the road again » reste pour moi l’une des plus belles chansons de variété française.

Un classique donc malgré le poids des ans.

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1 mai 2012 2 01 /05 /mai /2012 16:12

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Arrivé à maturité, dans les années 90, Bernard Lavilliers tourne au rythme de croisière de un album tous les trois ans.

C’est dans ce cycle que sort « Clair-obscur » à la pochette étrange montrant le chanteur seul pensif un brin perdu dans un restaurant.

Après un « Préface » parlé plus que chanté assez lourdingue sur des mots de son mentor Leo Ferré, Lavilliers balance un swing posé sur « Audit » traversé de refrains soignés.

On retrouve la verve colorée et métissée du stéphanois avec « Venin » influencé par le groove jamaïcain.

L’ambiance est plus feutrée, détachée et jazzy sur « Capitaine des sables » trop lent à mon gout avant un « Exil » en forme de superbe déclaration d’amour au voyage maritime.

Nouveau mélange musical latino-américain avec « Romeo Machado » bien entendu beaucoup plus rythmé et dansant.

Puis le chanteur se fait plus virulent avec  « La machine » plus brutale et animale avec un texte aux relents pornographiques et « Chiens de gardes » au beat ample et lourd.

La qualité est également présente sur « Vou embora » nimbé de chaleur, de sensualité mais également de mélancolie.

On termine par un « Road movie »  qui après des débuts en apesanteur verse dans un rock plombé assez surprenant dans ce cadre.

En conclusion, malgré ses qualités « Clair-obscur » est un album de plus dans la carrière de Bernard Lavilliers sans se distinguer fortement du style habituel du chanteur baroudeur.

La belle voix grave s’exprime sur des textes comme souvent soignés, mais on reste à vrai dire sur sa faim sur les mélodies.

L’aspect exotique et métissée apparait par instant mais de manière plus ténue comme mis en sourdine.

Le tout produit du Lavilliers de bon niveau mais quelque peu en pilotage automatique.

Un peu juste pour me faire basculer.

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20 avril 2012 5 20 /04 /avril /2012 14:28

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En 1986, Bernard Lavilliers sort son déjà douzième album intitulé « Voleur de feu ».

Pochette sobre, sans esbroufe mais suffisamment guerrière pour marquer, « Voleur de feu » débute par un « Tango » intense, sensuel et élégant magnifiant l’attraction envers la gente féminine.

Seul le sonorités parfois encombrantes des claviers viennent nous rappeler que cet album a été composé dans les années 80.

Ambiance plus calme et sobre avec « La frontière » qui fait néanmoins passer un message fort sur la condition des immigrés africains prenant tous les risques pour quitter leur pays.

Le chanteur semble tout miser sur sa belle voix grave sur « Voleur de feu » au demeurant plutôt mou et monocorde.

On assiste ensuite au retour des influences latino-américaines sur « East side story » teinté de salsa ensoleillée et vivante.

Décidément protéiforme, Lavilliers nous plonge ensuite dans une ambiance heavy rock électrique et violente sur l’excellent « Midnight shadows ».

Vient ensuite le tour de « Noir et blanc » morceau engagé en faveur des opposants à l’apartheid.

Souvent moqué par son coté naïf et plein de bon sentiment, « Noir et blanc » est néanmoins servi par des mélodies efficaces et par un texte fort se voulant universel.

Dédié aux noctambules, « Extérieur nuit » compense le  manque d’énergie d’une fin de nuit blanche par l’apport massif de cuivres.

Lavilliers s’amuse sur « Funambule » léger et agréable bien que légitimant sur le fond le vol.

On s’ennuie poliment sur le lent et long « Gentilshommes de fortune » avant la nouvelle incursion salsa « Borinqueno»

La  dernière ligne droite de l’album se compose de « La haine » tourmenté, violent et profond, et de « Seigneurs de guerre » morceau rock intense réhaussé du puissant martèlement de tambours.

En conclusion, malgré un son très années 80 « Voleur de feu » est un album mature, dense et très abouti.

La musique ici proposée est riche, variée, passant du rock à la salsa avec toujours des textes forts portés par la belle voix grave et sensuelle du chanteur.

« Voleur de feu » est donc pour moi un grand cru de Bernard Lavilliers, personnage atypique, poète aux gros bras sensible au monde des ouvriers, à celui de la nuit peuplé de femmes fatales et de voyous mais surtout amoureux fou de voyages et de métissages musicaux ce qui a très certainement contribué à éveiller sa conscience politique internationale.

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