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13 janvier 2014 1 13 /01 /janvier /2014 14:16

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Je connais comme tout le monde le cinéma de Bertrand Blier et ai revu récemment « Les valseuses ».

Sorti en 1974, « Les valseuses » est un classique du cinéma français et un film réputé pour beaucoup culte en raison de son aspect très provocateur.

Nous sommes en 1970, la France de cette époque n’a pas grand-chose à voir avec la notre, les voitures sont incroyablement primitives (DS, 2 CV), les grands ensembles HLM en béton grignotent peu à peu les campagnes françaises encore rapidement visibles à la sortie des villes avant que les zones industrielles borgnes ne viennent achever le processus de deshumanisation totale du paysage.

Dans ce monde aujourd’hui presque irréel, Jean-Claude (Gérard) et Pierrot (Patrick Dewaere) sont deux petits voyous qui vivent de petits larcins dans les supermarchés et terrorisent les bourgeois par leurs provocations.

Un soir de désœuvrement, ils s’offrent une virée en DS « empruntée »
, sans se douter que le propriétaire de la  voiture, le patron d’un salon de coiffure, les attend à leur retour avec un pistolet.

Profitant d’un moment de distraction, le duo prend la fuite dans la voiture en embarquant avec lui Marie-Ange (Miou-Miou), shampooineuse dans le salon.

Pierrot est blessé par un tir dans la région des testicules et saigne abondamment.

Après avoir mis Marie-Ange en sécurité chez Carnot (Gérard Boucaron) un ami garagiste des plus douteux, Jean-Claude force un médecin à soigner son ami heureusement blessé de manière superficielle et en profite pour lui dérober une grosse somme d’argent en menaçant ses enfants.

De retour, le duo découvre la frigidité de Marie-Ange, qui se laisse faire l’amour par les hommes sans manifester la moindre émotion.

Furieux de sa blessure, Pierrot fait cisailler la roue avant de la DS avant de la rétrocéder au propriétaire en même temps que Marie-Ange passive et blasée de tout.

Renfloué, le duo part en vadrouille pour échapper à la police, multipliant les vols et incidents, comme la provocation d’un vigile de supermarché, la visite d’une maison de bord de mer ou il renifle des dessous d’adolescente puis agression d’une jeune mère de famille dans un train (Brigitte Fossey), que Jean-Claude force à donner le sein à Pierrot en échange d’une belle somme d’argent destinée à la faire louer une chambre d’hôtel pour faire l’amour avec son mari revenant du service militaire.

Le spectateur suit médusé les dérives vicieuses et absurdes des deux hommes et assiste à une scène homosexuelle ou Jean-Claude sodomise Pierrot pourtant à la base réticent.

Sur un coup de tête, les deux hommes reviennent voir Marie-Ange et tente de comprendre son problème sexuel.

Mais malgré leurs efforts aucun d’entre eux ne parvient à donner du plaisir à la shampooineuse, qui finit par les écœurer par sa passivité.

Marie-Ange accepte pourtant de les suivre dans leur virée absurde, les aidant même à cambrioler le salon de coiffure de son patron-amant.

L’aventure reprend cette fois à trois, le trio s’établissant à la campagne pour plus de tranquillité.

Jean-Claude et Pierrot lassés de femmes fades, décident d’attendre une femme à la sortie de prison pour connaitre la véritable passion physique.

Leur dévolu se porte sur une femme mure, Jeanne (Jeanne Moreau), qu’ils suivent, prennent en charge en lui offrant de bons restaurants, avant de gagner suffisamment sa confiance pour qu’elle accepte de faire l’amour avec eux.

Malheureusement, Jeanne se suicide peu après leur nuit d’amour, en se tirant une balle dans le vagin.

Désespérés les deux hommes reviennent voir Marie-Ange pour pleurer.

Par respect pour Jeanne, ils viennent chercher son fils Jacques (Jacques Chailleux) également à la sortie de prison.

Ils mentent au jeune homme sur la situation de sa mère, et l’invitent dans leur maison à la campagne, lui offrant, gite, couvert et Marie-Ange qui découvre finalement son premier orgasme avec ce jeune homme fin et timide, dont c’était la première fois.

Assommés par cette découverte, Jean-Claude et Pierrot acceptent pourtant la réalité et suivent même Jacques pour un cambriolage dit facile, s’avérant en fait le meurtre de son surveillant de prison.

Soupçonnés cette fois de meurtre, le duo prend la fuite à toute allure, emmenant avec eux Marie-Ange puis Jacqueline (Isabelle Huppert) une adolescente de 16 ans en révolte contre ses parents bourgeois et qui réalise sa première fois avec eux.

Le film s’achève sur la descente débridée d’une route de montagne, encore une fois sans but précis si ce n’est l’errance, l’instinct et le plaisir de la liberté.

En conclusion, « Les valseuses » est sans doute l’un des films les plus rock n’ roll des années 70, avec un gout très prononcé pour le scandale.

On hésite entre la peur, le malaise et une certaine forme de tendresse pour ces deux antihéros pas bien malins, naïfs, vicieux et rebelles.

La charge est clairement contre la petite bourgeoisie française que le réalisateur semble exécrer avec son petit confort médiocre et lui préférer les voyous vivants  sans attaches au jour le jour.
Même 40 ans après, certaines scènes restent nauséabondes voir franchement stupides dans leur révolte puérile.

« Les valseuses » est aussi servie par la crème du cinéma français avec en tête un Depardieu mince, athlétique chef de bande, un Dewaere plus fragile parfait second couteau et toute une galerie de rôles féminins très osées comme Miou-Miou nue dans une bonne moitié du film, Moreau parfaite de dignité désespérée et Fossey parfaite en bourgeoise outrée.

Même si je n’apprécie pas le cinéma outrancier de Blier, le rythme, les péripéties et la qualité des acteurs font de « Les valseuses » un film vivant, franchouilard et réussi, cadrant une certaine époque de voyous blousons noirs aujourd’hui bien révolue.

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11 janvier 2014 6 11 /01 /janvier /2014 11:11

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Après « Nana » et le très engagé « Germinal », « L’Assommoir » est le troisième livre d’Emile Zola chroniqué en ces colonnes.

Publié en 1876, « L’Assommoir » est une grande fresque du monde ouvrier et populaire du XIX ième siècle racontant par l’intermédiaire de ces protagonistes la vie d’un quartier du XVIII ième arrondissement de Paris cantonné à quelques rues et boulevards encore célèbre aujourd’hui : la Goutte d’Or, la Chapelle, Marcadet, Ornano (devenu Barbès), Poissonniers et Rochechouart.

Le personnage principal, Gervaise Macquart est une jeune femme qui a quitté son village natal du Sud de la France, pour échapper aux brutalités de son père et à la honte de deux enfants conçu hors mariage avec Etienne Lantier, lui aussi méditerranéen.

Monté à Paris avec ses deux enfants, le couple déchante vite, car Etienne se montre un homme oisif plus enclin à courir les femmes et à parler politique dans les bistrots qu’à gagner de quoi nourrir sa famille.

Nourrissant de vagues projets pour s’établir comme chapelier dans le XIII ième arrondissement, Etienne fait en réalité vivre un enfer à Gervaise en la trompant et découchant de l’appartement conjugal.

Un jour que celle-ci se rend à la laverie du quartier, une esclandre éclate avec Virginie Poisson, la sœur d’Adèle, la maitresse de Lantier, qui vient provoquer Gervaise.

Les deux femmes en viennent aux mains et une lutte d’une grande violence éclate alors, se soldant par une fessée humiliante administrée par Gervaise à Virginie à l’aide d’un puissant battoir.

Mais Gervaise ne jouit pas longtemps de son triomphe puisque Etienne la quitte pour s’enfuir avec Adèle.

Livrée à elle-même, elle gagne sa vie comme blanchisseuse et se rapproche de Coupeau, son voisin ouvrier zingueur, jeune homme doux, sobre et bien élevé, qui par sa grande détermination à lui faire la cour, la convainc de l’épouser et de vivre en ménage.

Malgré la présence des Lorilleux, sœur et beau frère de Coupeau, couple d’ouvrier travaillant l’or, patibulaire et radin, qui a rapidement pris en grippe Gervaise parce qu’elle les privait des visites régulières de Coupeau et des quelques argent qu’il leur rapportait, le récit de la noce est un des moments forts du roman, avec une journée épique se déroulant dans les bistrots du XVIII ième arrondissement et une longue visite au Louvre.

Un enfant appelé Nana, nait de cette union.

Tout se déroule donc pour le mieux dans la vie du couple qui gagne de mieux en mieux sa vie, et qui par l’aide généreuse de gentils voisins, les Goujet peut même louer un local commercial à la Goutte d’or, pour que Gervaise s’établisse à son compte comme blanchisseuse.

En réalité, Goujet, un colosse blond forgeron, est secrètement amoureux de Gervaise et influe sur sa mère pour la décider à prêter de l’argent à Gervaise.

Les affaires marchent tout d’abord très bien à la blanchisserie et Gervaise peut embaucher plusieurs employées.

Elle devient une figure de la rue, bien connue des habitants, clients ou commerçants avec qui elle travaille.

Femme de cœur, Gervaise va jusqu’à recueillir Madame Coupeau, vieille femme démunie que les Lorilleux laissient mourir de faim par avarice.

La prise en charge de la vieille femme provoque l’ire des Lorilleux qui répandent quantité de rumeurs visant à ternir sans succès le prestige de Gervaise.

La prospérité de Gervaise culmine avec un formidable repas qu’elle organise pour humilier les Lorilleux et auquel les employés, voisins, amis participent.

Mais un évènement dramatique va venir bousculer ce bonheur, la chute de Coupeau d’un toit, alors qu’il saluait sa fille.

Lourdement blessé, Coupeau survit néanmoins et est soigné avec dévouement et à ses frais par Gervaise, qui ne souhaite pas l’envoyer à l’hôpital.

La convalescence de Coupeau est cependant longue et pénible, et l’ouvrier commence durant celle-ci à fréquenter les bistrots, s’adonnant à un penchant de plus en plus marqué pour la boisson.

Devenu un habitué de l’Assommoir, un bistrot vendant des alcools forts comme la célèbre absinthe, réputée détruire les hommes, Coupeau change du tout au tout, devenant menteur et paresseux.

Même si Goujet, toujours noble de cœur, accepte de prendre son fils Etienne comme apprenti forgeron et l’envoi ensuite en formation à Lille pour devenir mécanicien, Gervaise refuse de voir la vérité en face et accumule progressivement les dettes.

Le retour progressif dans le quartier de Virginie, qui se rabiboche étrangement avec Gervaise se montre également inquiétant.

En effet, Virginie parle peu à peu à Gervaise d’Etienne, son premier amant, lui aussi de retour dans le XVIII ième après l’échec de son couple avec Adèle dans le XIII ième arrondissement.

Etienne réapparait dans la vie de Gervaise, et n’a aucun mal à gagner la confiance de Coupeau, devenu un ivrogne.

Celui-ci réintroduit de lui-même Etienne face à Gervaise et lui propose une chambre dans leur local.

Agé de 30 ans, portant beau et légèrement épaissi, Lantier n’a rien perdu de son bagout, et parvient à force de mensonges à embobiner tout le monde.

Il mène une vie de parasite, ne payant rien, trainant dans les rues et utilisant Coupeau dévoré par son nouveau vice.

Peu à peu il tisse sa toile, se rendant sympathique, impressionnant par ses beaux discours, et attire de nouveau la pauvre Gervaise dans son lit.

Un ménage à trois s’établit bientôt, faisant jaser toutes les langues de la rue mais plus grave choquant le brave Goujet, toujours amoureux de Gervaise et la privant bientôt du soutien financier des Goujet.

La mort de Madame Coupeau est également un grand choc pour la famille et son enterrement un moment fort du roman.

Le dépensier Lantier précipite la chute du commerce et permet en plus à la sournoise Virginie de le racheter à une Gervaise aux abois ayant également dans un moment de désespoir gouté aux alcools forts.

Le couple Coupeau rétrograde alors dans la chaine sociale, et se voit réduit à habiter une petite chambre froide de l’immeuble que Gervaise redevenue simple ouvrière, peine à payer seule.

La vie dans l’immeuble promet également son lot d’évènement, avec la montée en puissance de Nana, qui à quinze ans est déjà devenue une femme opulente et dévergondée, trainant dans les rues, et aimant à provoquer le désir des hommes.

Nana choque le quartier en cédant aux avances d’un homme mur, puis en abandonnant son métier de fleuriste pour mener une vie de danseuse de charme dans les bals et cabarets du XVIII ième dont certains noms sont encore connus : l’Elysée Montmartre, la Boule noire …

Malgré les colères et les punitions des Coupeau, rien ne semble arrêter la destinée de filles des rues de Nana, qui rompt définitivement avec des parents dont elle méprise la lente dégradation sociale.

Le destin de Lalie, voisine des Coupeau a également de quoi horrifier et bouleverser, car la jeune enfant martyr, meurt sous les tortures vicieuses et les mauvais traitements de son père, un serrurier rendu psychopathe par l’alcool.

Minée elle aussi par l’alcool, Gervaise s’enfonce alors inéluctablement dans une spirale désespérée : elle perd son travail d’ouvrière, en est réduite à faire le ménage pour Virginie qui jouit de sa revanche, puis rongée par la faim à écumer le quartier pour se nourrir de restes ou de tenter vainement de se prostituer.

Goujet est le seul à la prendre une dernière fois en pitié en lui offrant à manger, mais son amour a bel et bien disparut.

Rendu fou par l’absinthe, Coupeau est interné à Saint Anne ou il y meurt, victime d’hallucinations et le corps parcouru de tremblements incoercibles.

Et si l’affreux Lantier, surpris par le mari de Virginie, un sergent de police avec sa femme, termine sa carrière de parasite professionnel, Gervaise n’en meurt pas moins seule et misérable, terminant ainsi cette chronique du XVIII ième arrondissement.

En conclusion, « L’Assommoir » est un formidable roman, dont le style puissant, truculent même, coloré et vif, ne pourra pas laisser indifférent.

On comprend mieux à sa lecture, tout le génie de Zola, qui a su dépeindre avec force et véracité, le quotidien d’un quartier encore ouvrier de Paris, déjà connu pour ses bistrots et sa vie nocturne.

Dans une langue truffé de termes argotiques des faubourgs parisiens, Zola parvient à nous transmettre sa fascination du monde ouvrier, avec cette vie harassante mais noble de travailleur manuel, que ce soit zingueur, blanchisseuse ou encore mieux forgeron avec le récit magnifique d’un défi entre Goujet et un rival pour réaliser un travail mêlant force et précision afin d’impressionner Gervaise.

Mais ce XVIII ième arrondissement en pleine mutation puisque rénové par les travaux de Haussmann demandé par Napoléon III, est aussi un quartier de misère et de violence.

L’alcool, très différent du vin réputé fortifier, donner du courage aux ouvriers, celui des distilleries comme l’Assommoir, y fait des ravages et détruit la vie des plus faibles comme Coupeau ou Gervaise.

Le roman de Zola est donc globalement noir, avec le destin tragique d’une pauvre femme ballotée par les évènements, manquant de chance, de discernement ou tout simplement de force de caractère, incapable de saisir les opportunités de sorties comme Goujet qui comme Coupeau présentait tout à fait bien au départ de leur relation.

Si certains passages de « L’Assommoir » sont des merveilles d’écriture, avec le récit de la noce, du repas monumental de quartier, du duel de forgerons, d’autres déchirent l’âme, comme l’agonie de la petite Lalie, ou le lent naufrage de Mr Bru, peintre solitaire relégué à la misère par sa vieillesse.

« L’Assommoir » est aussi le roman de la crapule de Lantier, personnage nuisible et dangereux, symbolisant le faux ouvrier rêvant d’ascension bourgeoise et manipulant les autres par la force des mots.

La sulfureuse Nana, y fait une apparition remarquée, montrant ainsi un fort désir d’échapper au destin éprouvant et misérable d’ouvrier de ses parents, en devenant une prostituée.

De part la précision de son témoignage, sa puissance et sa force vitale d‘œuvre noire, « L’Assommoir » mérite donc pour moi le statut d’œuvre majeure de la littérature.

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29 juillet 2013 1 29 /07 /juillet /2013 22:56

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Abordons maintenant la littérature plus grand public avec « Incidences » de l’auteur à succès Philippe Djian.

Sorti en 2010, « Incidences » raconte le curieux parcours de Marc, professeur de littérature dans une université française, qui ayant la fâcheuse manie de coucher avec ses étudiantes en âge d’être sa fille, découvre un beau matin, que l’une d’entre elles appelée Barbara est morte après avoir eu un rapport sexuel avec lui.

Malgré son expérience, le professeur chevronné panique, prend sa vieille Fiat 500 et se débarrasse du corps de Barbara en le jetant dans un profond gouffre caché aux regards des curieux par une grotte.

Peu expérimenté, il manque cependant de se tuer dans la manœuvre délicate.

Marc fait ensuite preuve de sang froid et se compose un personnage d’innocent pour faire bonne figure auprès de sa sœur Marianne avec qui il vit seul dans une grande maison perdue dans la foret et surtout à l’université, ou son supérieur hiérarchique, le teigneux Richard, l’a dans le collimateur.

Malgré la présence d’un inspecteur de police dans l‘enceinte de l‘établissement, Marc parvient à donner le change et va même jusqu’à rencontrer Myriam, la propre mère de Barbara, légitimement inquiète pour sa fille mystérieusement disparue.

Marc tombe sous le charme de Myriam, et une trouble attirance sexuelle réciproque va alors les emmener dans une liaison charnelle passionnée.

Amoureux pour la première fois d’une femme de son âge, Marc délaisse ses habituels instincts de prédateur sexuel, ce qui gêne considérablement Annie Eggbaum, une de ses jeunes étudiantes, fermement décidée à coucher avec son professeur.

Marc a beaucoup de difficultés à résister aux avances d’Annie, surtout lorsque son père, un puissant maffieux local, le fait passer à tabac pour le persuader de donner des cours particuliers à sa fille.

La relation avec Marianne parait également complexe, avec la vie en quasi autarcie avec cette sœur possessive jalouse des aventures de son frère et qui de surcroit entretient une liaison avec Richard, l’ennemi juré de Marc.

Les affaires de Marc ne s’arrangent guère lorsqu’un policer chargé de le contrôler tombe raide mort devant lui, ce qui l’oblige à se débarrasser également du corps dans le gouffre, non sans cette fois un certain savoir faire.

Tout tourbillonne dans sa tête, la peur d’être finalement découvert et d’aller croupir en prison avec une accusation de double meurtre, un sentiment de décadence due à la vieillesse, de traumatisme lié à la mort de ses parents, la passion avec Myriam dont le mari est dit elle militaire en Afghanistan, la haine de Richard et la trouble relation sexuelle incestueuse occasionnelle avec Marianne.

Ce ne sont pas les longues ballades nocturnes en foret ni les quantités astronomiques de cigarettes fumées qui parviendront à tout à fait dompter les démons intérieurs du vieux professeur.

Au final, Annie finit par collaborer avec lui et lui révéler que Myriam est en réalité un officier de police.

Alors Marc prend la décision radicale d’un suicide par le gaz, emportant avec lui son amante.

En conclusion, « Incidences » est un livre prodigieusement irritant, qui trimballe le lecteur au milieu des états d’âme d’un vieux prof imbu de pouvoir sexuel, pour l’amener vers nulle part si ce n’est un néant terminal sans aucun intérêt.

Plus que cette histoire incroyablement vicieuse et remplie de trous béants, le plus irritant chez Djian semble être ce coté donneur de leçons qui se veulent définitives sur la difficulté de devenir écrivain et la pauvreté du style de la plupart des auteurs.

Ces réflexions sont d’autant plus insupportables que lui-même ne parvient qu’à raser le lecteur avec son style narratif mou et froid.

« Incidences » est donc une très mauvaise expérience donc pour moi et aura agi comme un véritable repoussoir pour la découverte de cet auteur par trop surestimé.

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2 juin 2013 7 02 /06 /juin /2013 10:13

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Détour périlleux vers le cinéma français avec la bien connue « L’auberge espagnole » de Cédric Klapisch.

Sorti en 2002, fortement récompensé par le succès populaire et de la profession, « L’auberge espagnole » raconte l’aventure de Xavier (Romain Duris) qui part pour un an peaufiner ses études à Barcelone avant de se destiner à une carrière de fonctionnaire au Ministère des Finances.

En réalité, Xavier se cherche profondément, hésitant entre une carrière d’écrivain et une plus stable de fonctionnaire.

Après quelques tracasseries administratives et l’incompréhension de son amie Martine (Audrey Tautou), Xavier part avec le programme Erasmus, laissant au passage sa mère envahissante à Paris.

A Barcelone, il prend la décision d’être plus indépendant et opte pour la vie en collocation avec d’autres étudiants de presque toutes les nationalités d’Europe : Wendy (Kelly Reilly) l’anglaise sensible et portée sur l’hygiène, Soledad (Cristina Brondo) la seule espagnole du lot, Tobias (Barnaby Metshcurat) l’allemand sérieux et travailleur, Lars (Christian Pagh) le danois sympathique et relax et enfin Alessandro (Frederico d’Anna) italien volubile.

Entre ces cours et la vie agitée en collocation entre jeunes, Xavier fréquente malgré lui un couple rencontré à l’aéroport, Jean-Michel (Xavier de Guillebon) neurochirurgien imbu de lui-même et sa femme Anne-Sophie (Judith Godrèche) esseulée à Barcelone tandis que son mari travaille énormément.

Jean-Michel demande à Xavier de sortir de sa femme durant son temps libre et le jeune homme tombe progressivement amoureux de cette jeune trentenaire.

Une relation adultère ne tarde pas à s’établir dans le dos du mari qui obnubilé par son travail ne se doute de rien.

Avec les femmes, Xavier bénéficie des conseils de Isabelle (Cécile de France), colocataire belge lesbienne qui devient sa confidente.

Bien entendu selon l’adage loin des yeux loin du cœur, la relation entre Xavier et la trop coincée Martine se délite.

L’arrivée de William (Kevin Bishop) le frère de Wendy met encore plus d’animation dans la colocation, mais ce frangin peu fin et perclus de clichés, embarrasse plus qu’il ne réjouit avec ses blagues caricaturales sur les différentes nationalités.

William se rendra pourtant utile lorsqu’il sauvera la mise à sa sœur, au lit avec un amant américain alors que son petit ami anglais Alistair (Iddo Goldberg) débarquait sans prévenir.

Devant l’urgence de la situation il n’hésitera pas à se mettre au lit avec l’américain en se faisant passer pour homosexuel.

Au final, Jean-Michel apprend pour la relation entre Thérèse et Xavier et y met fin brutalement.

L’heure des adieux approche inexorablement et Xavier dit au revoir à ses amis d’une année, le cœur gonflé d’émotion.

Le retour à Paris est difficile, le jeune homme étant forcément changé par son expérience espagnole.

Il comprend que sa vie n’est pas celle à laquelle il aspire.

Exit donc Martine et le poste au Ministère des Finances duquel il part en courant.

Place à une vie plus bohème d’écrivain mais sans doute conforme à ses aspirations profondes.

En conclusion, « L’auberge espagnole » est sans doute un film culte pour bon nombre d’étudiants ou d‘anciens étudiants, qui se seront reconnus dans le parcours du jeune Duris.

En effet, le voyage à l’étranger est jugé pour beaucoup comme un passage initiatique important pour se former avant une retour sans doute trop prévisible à la « normalité » d’une vie plus rangée et monotone.

Mis à part ce petit coté nostalgique donc d’une jeunesse envolée, d’émotions et d’amis fugitifs qu’on ne reverra sans doute jamais, « L’auberge espagnole » souffre d’une durée excessive, d’un rythme lent et d’une certaine platitude des situations.

Tout parait convenu, y compris les échanges entre les différents étudiants aux personnalités assez superficielles, mis à part peut être l’anglaise Wendy.

Même la relation adultère est assez peu excitante.

Pour contre balancer ce coté gentillet et fade, on pourra se laisser entrainer par le chaleur ensoleillée de Barcelone et par quelques vrais moments d’émotions, surtout à la fin du film, ou le héros trouve finalement sa voie en s’extirpant de ses doutes personnels ce qui confère au film une force finale assez inattendue.

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21 mai 2013 2 21 /05 /mai /2013 20:23

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Nous nous replongeons à présent dans les profondeurs de la carrière de Bernard Lavilliers avec « O gringo » premier de ses albums métissés à connaitre un fort succès commercial.

Revenu d’un voyage aux Amériques (du Nord, Centrale et du Sud), Lavilliers s’entoure de musiciens de studio pour son déjà sixième déjà album.

Sorti en 1980, « O gringo » et sa pochette estampillée 100% baroude et aventure, débute par un titre rapide et dur « Rock city » hommage un peu trop ânonné à la froide dureté de New-York.

Comme son nom l’indique, « La salsa » embraye directement sur les rythmes salsa cubains et porto ricains, bien sur plus sensuels et ensoleillés.

Nanard bande à nouveau ses muscles tatoués pour délivrer un nouveau titre rock avec « Traffic » beaucoup plus électrique et puissant puis se mue à nouveau en bellâtre bronzé et caressant sur le rythme bossa nova de « O gringo » voir nonchalant sur le « Sertao » texte trop froidement déclamé sur la musique du nordeste brésilien.

Une ballade « Attention fragile » pénible comme la pluie incessante de ce mois de mai vite balayée par « Pierrot la lame » nouvelle ondoyante à la salsa.

Mangeant à tous les râteliers, Lavilliers verse ensuite dans le reggae jamaican avec « Stand the ghetto » assurément l’une de ses meilleurs réussites bercée par un groove hypnotique et enfumé, enchainé d’un « Kingston » coloré et vivant.

L’album se termine sur « Est-ce ainsi que les hommes vivent ? » plus centré sur le charme des textes/voix du chanteur que sur une recherche musicale poussée.

En conclusion, on comprend à son écoute que « O gringo » fut un grand succès.

En habile voyageur, Bernard Lavilliers est revenu de ses périples lointains en capturant les sons des Amériques, aussi bien du nord (avec le rock) que du sud (salsa, bossa nova, forro) avec un inévitable crochet vers l’ile jamaïcaine et son universel reggae.

L’usage qu’il en fait est astucieux et produit un résultat varié, exotique et multicolore, parfois trop serait on tenté de dire.

En effet, avec ce caméléon musical sautant d’une ambiance à l’autre, il est parfois difficile de savoir sur quel pied danser.

Même si les rythmes l’emportent ici souvent sur les textes, « O gringo » demeure à écouter pour ses deux tubes « Stand the ghetto » et le moins connu « Traffic ».

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9 mai 2013 4 09 /05 /mai /2013 20:20

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En 2012, Iggy pop sort dans la plus parfaite continuité de « Préliminaires » « Après » un pur album de reprises piochant majoritairement dans le répertoire de la chanson française.

L’Iguane  tout de blancheur immaculée vêtu, s’entoure ici d’un groupe de musiciens à géométrie variable avec Steven Ulrich à la guitare électrique, Hal Cragin à la basse et plusieurs batteurs (Kevin Hupp, Jerry Marotta, Ben Perowsky) et musiciens additionnels.

Iggy s’attaque tout d’abord à un monument de chanson française le « Et si tu n’existais pas » de Joe « fuckin » Dassin, dans une version douce, fluide et éthérée ou la voix du maitre se fait caressante et sensuelle.

La mue du lézard habituellement griffant et tortillant sa queue pleine d’épines est aussi surprenante qu’impressionnante.

« La javanaise » de Serge Gainsbourg est habité d’un feeling analogue auquel l’accent si ricain du chanteur confère une légère touche d’exotisme.

On délaisse la langue de Molière pour retourner aux racines de la musique pop US en rendre hommage à « Everybody’s talkin » de Harry Nilsson  ballade élégante magnifiée par la belle voix caverneuse du véritable King of Pop.

Comment résister à  la reprise de « I’m going away smiling » de Yoko Ono, d’une profondeur et d’une tristesse prompte à fissurer votre âme en millions de petits éclats ?

Retour au patrimoine français avec l’inévitable Edith Piaf et sa « Vie en rose » ralentie à l’extrême, titre toujours difficile pour moi à entendre surtout dans la bouche d’un punk-rocker de la trempe d’Iggy.

Moins connu vient « Les passantes » de Georges Brassens plombé par l’absence total de groove et part le fort accent du chanteur qui rend à peine audible les paroles.

Iggy n’oublie pas non plus Henri Salvador et rend un hommage feutré et élégant à son « Syracuse » déjà particulièrement poétique et émouvant.

La page française se tourne alors définitivement et Iggy s’attaque ensuite aux standards de la musique US avec « What is this thing called love ? » du jazzman Cole Porter dans une version d’une extrême lenteur et sensibilité,  « Michelle » la ballade des Beatles avec quelques jolis  refrains en français et enfin pour finir « Only the lonely » du maitre Frank Sinatra beaucoup trop statique.

En conclusion, « Après » bien que moins poignant et plus bigarré que « Préliminaires » est cependant un disque de haute qualité méritant le plus grand respect.

Arrivé à son âge avancé, Iggy se fait plaisir et nous donne un immense plaisir en délaissant sa carapace de reptile clouté, pour s’aventurer sur des territoires moins balisées ou ses gouts personnels peuvent sans doute mieux s’exprimer.

Intime, doux, chaud et sensuel, « Après » ne fonctionne sans doute que parce que le chanteur est Iggy pop et que sa belle voix grave sait à merveille caresser un auditeur plus habitué à se faire malmener.

Les standard US et français se mélangent ici harmonieusement dans un cadre feutré, doux et romantique ou les guitares furieuses et les tempo frénétiques sont envoyés au vestiaire.

J’apprécie pour ma part beaucoup les incursions d’Iggy pop dans ce domaine plus cérébral, apaisé et mature.

Les fans de rock punkoide et d’excès de décibels seront sans doute furieux et n’auront qu’une seule envie : détruire ce disque.

Qu’ils se rassurent : Iggy revient en 2013 leur livrer une nouvelle galette des Stooges, donc forcémment beaucoup plus rock ‘n’ roll.

Pour ma part, avec ce disque magnifque et adulte, Iggy prouve qu’il est toujours le plus grand.

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4 mai 2013 6 04 /05 /mai /2013 13:54

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Changeons complètement de cadre à présent pour nous aventurer au royaume tant redouté de la Chanson française avec souvent tout ce que cela comporte comme prétention et ennui de mon point de vue.

Chanteuse apparue sur le devant de la scène au début des années 90, Juliette est une personnalité atypique, décalée, perpétuant une tradition volontairement désuète de la chanson à l’ancienne, avec de beaux textes et des accompagnements minimalistes.

En 2005, elle sort « Mutatis mutandis » à ce jour son plus grand succès commercial.

Cet album au nom latin débute avec « Le sort de Circé » morceau lent et glacé à l’atmosphère de sorcellerie inquiétante allant croissante.

Le texte, superbe fait clairement référence à la magicienne de l’Odyssée d’Homère qui transformait les compagnons d’Ulysse en cochons.

La transition avec le vivant « Les garçons de mon quartier » est surprenante tant ce titre en forme d’ode aux voyous est parcouru d’influences de tango.

A ce stade, l’auditeur déjà accroché se laisse entrainer avec plaisir dans la ronde infernale de « Maudite Clochette », qui pourrait faire écho au « Journal d’une femme de chambre d’Octave Mirbeau, avec le point de vue d’une domestique harcelée par sa patronne et qui finit par la supprimer.

L’ambiance est plus légère, enfantine et polissonne avec « Le congrès des chérubins » mélangeant allégrement piano classique, chant lyrique et refrains de samba !

Juliette retrouve son coté inquiétant sur « Il s’est passé quelque chose » lent,  mystérieux mais aussi un peu répétitif également.

Séquence émotion avec le duo avec Guillaume Depardieu qui prête sa voix tremblotante et faiblarde sur « Une lettre oubliée », morceau comptant une correspondance épistolaire entre un soldat du front désespéré et une femme qui l’a malheureusement oublié.

L’orient fait ensuite irruption sur « L’ivresse de d’Abhu Nawas » aux mélodies sensuelles.

On peut ensuite parler de la première véritable baisse de régime du disque avec l’enchainement de « La braise » plat et rétro et de « Mémère dans les orties » pénible duo calypso avec François Morel.

L’album se termine heureusement en force par une leçon de latin « Fransiscae meae laudes » à la riche mélodie épique et l’exceptionnel « Fantaise héroïque » ou la chanteuse s’immerge avec génie dans l’univers de l’héroïque fantasy des jeux vidéo ou elle accomplit des prouesses virtuelles avant d’être brutalement rappelée à la réalité par sa chef de bureau.

En conclusion, « Mutatis mutandis » est un contre toute attente un album de très haut niveau.

Intelligente et cultivée, Juliette colle des textes souvent magnifiques sur une musique de chanson française incorporant et c’est sans doute ce qui fait sa force, de multiples influences étrangères pour la rendre incroyablement riche, plaisante et agréable à l’écoute.

Bien entendu, il serait inutile ici de chercher des riffs de guitares électriques ou des tempo de batterie soutenus, mais « Mutatis mutandis » souvent triste, émouvant et sombre ou plus léger et drôle, démontre que la musique inspirée et réalisée avec talent peut toujours toucher le plus grand nombre.

Respect donc pour Juliette.

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18 avril 2013 4 18 /04 /avril /2013 21:32

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Le cinéma avec « Cyrano de Bergerac » de Jean-Paul Rappeneau.

Multi récompensé notamment par le césar du meilleur acteur décerné à Gérard Depardieu en 1990, « Cyrano de Bergerac » prend l’ambitieux pari d’adapter le classique d’Edmond Rostand, connu de quasiment tous les petits écoliers français.

L’histoire se déroule dans le Paris du XVII ième siècle sous le règne de Louis XIII.

L’intrigue se développe extrêmement rapidement à partir d’une pièce de théâtre ou un homme doté d’un aplomb invraisemblable, Cyrano (Gérard Depardieu) interrompt la déclamation pompeuse de l’acteur principal au seul motif qu’il le trouve affreusement mauvais.

Le Cyrano en question appartient à la troupe des redoutables cadets de Gascogne et double d’une forte prestance physique des talents innés de poète.

Devant la vigueur de l’attaque, la représentation est annulée et le ton monte rapidement entre Cyrano et le vicomte de Valvert (Philippe Volter) qui le défie impunément tout d’abord verbalement puis physiquement en un duel à l’épée.

Sans se départir de sa formidable répartie, Cyrano croise le fer avec l’impudent et l’humilie doublement, en le battant à l’épée et en le ridiculisant par le verbe, avec notamment la fameuse tirade sur son nez proéminent qui rend son visage disgracieux.

Mais de Valvert étant le protégé du puissant comte de Guiche (Jacques Weber), Cyrano se fait du même coup un ennemi dangereux.

Redevenu à plus de calme, il se rapproche de sa cousine Roxane (Anne Brochet) dont il est secrètement amoureux.

Séduite par le courage de son cousin qui a osé s’opposer à Valvert, Roxane lui révèle que de Guiche est amoureux d’elle et souhaite la forcer à épouser le vicomte pour mieux jouir d’elle.

Elle pousse même ses confidences plus loin en lui révélant qu’elle est amoureuse d’un cadet, le jeune et beau Christian de Neuvillette (Vincent Perez), fraichement affecté dans la compagnie de Cyrano.

Malgré son immense déception amoureuse, Cyrano accepte la mort dans l’âme de protéger Christian par amour pour Roxane.

Après une curieuse prise à partie de Christian en salle d’armes, Cyrano étrangement passif face aux insultes, partage également en secret l’amour de Christian et accepte de mettre sa plume au service du soupirant.

Le jeune homme se rend donc sous les balcons de la belle pour déclamer les vers que lui souffle le poète, qui la font se pâmer de plaisir.

Le petit manège dure un certain temps avant qu’un nouvel accrochage se produise avec de Guiche empêché par Cyrano d’assassiner un de ses amis poète qui avait déplu.

Fou de rage, de Guiche débarque avec ses hommes dans le camp des Gascons pour en découdre mais finit devant la solidarité de ce corps militaire d’élite, par renoncer non sans lancer de lourdes menaces.

Comprenant qu’il ne faut pas prendre ces paroles à la légère, Cyrano décide de forcer le mariage de Christian et de Roxane, au nez et à la barbe de de Guiche, qui une nouvelle fois contre carré par son audacieux adversaire, use de se appuis politiques pour déployer le corps entier des Gascons sur le front face aux soldats espagnols.

Dépités, Cyrano et Christian obéissent en militaire.

Sur le front, malgré la dureté des conditions de vie, Cyrano continue sous le nom de Christian de tenir une abondante correspondance avec Roxane.

Le duo apprend pourtant de la bouche de de Guiche qu’ils seront livrés en pâture aux soldats espagnols estimés 100 fois plus nombreux.

Refusant de céder au désespoir, Cyrano continue de motiver ses hommes affamés et démoralisés, et après une razzia nocturne dans le camps espagnol pour trouver des vivres, met la main sur Roxane, imprudemment venue sur la ligne de front à la rencontre de son amant.

Sur place, Christian très affaibli avoue à Cyrano son fort tourment intérieur et son intention de révéler à Roxane qui est le véritable auteur des lettres, qu’elle dit pouvoir aimer même si il était laid.

Mais au moment de l’aveu fatidique, Cyrano apprend que Christian jeté par désespoir imprudemment dans la mêlée a été mortellement blessé par les espagnols.

Roxane et Cyrano se rendent alors au chevet du mourant et le poète se montre devant la gravité de la situation incapable de révéler la réalité à sa cousine.

Eperdue de chagrin, Roxane se retire au couvent.

Les années passent, les tensions s’apaisent, de Guiche s’adoucit au point d’essayer de faire prévenir son vieil ennemi pauvre et vieillissant d’une probable tentative d’assassinat contre lui.

Mais le messager arrive trop tard et Cyrano reçoit une pierre sur la tête alors qu’il se rendait comme chaque semaine au couvent voir Roxane.

Cette force de la nature parvient cependant à rejoindre Roxane et vacillant, trouve la force de lui parler.

Peu avant la mort de Cyrano, Roxane comprend dramatiquement tardivement qu’il était le véritable auteur des lettres et donc son véritable amour …

En conclusion, le succès artistique et commercial de « Cyrano de Bergerac » est mille, dix mille fois mérité.

Rappeneau réussit un véritable tour de force en mettant en images les formidables vers de de Rostand et produit un fantastique film de cape et d’épée, nous emmenant au temps des mousquetaires et des intrigues romantiques.

L’Œuvre ne perd donc en rien de son universalité, avec cet amour impossible pour un homme laid doté pourtant de tout l’esprit et de la sensibilité du monde supplanté par un rival certes beau, mais conservant assez de noblesse et de moralité pour se trouver embarrassé de la situation au point de céder son amour au profit du plus naturel : la communion des âmes.

La finesse de de Rostand consiste à montrer la dualité entre l’esprit chevaleresque et romantique qui séduira toujours les femmes, et la pure beauté physique, plus visible mais également plus superficielle et passagère.

Les acteurs à vrai dire sont bons, mais Depardieu mince et athlétique,  illumine de toute sa classe l’œuvre théâtrale.

Face à lui, Pérez parait bien fadasse et seul Weber conserve assez de prestance pour ne pas disparaitre totalement face au monstre sacré de charisme.

Pour toutes ses raisons, « Cyrano de Bergerac » est pour moi l’un des meilleurs films français que j’ai vu de toute ma vie !

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23 mars 2013 6 23 /03 /mars /2013 20:24

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Crochet bienvenu chez Guy de Maupassant avec « L’inutile beauté », recueil de onze contes paru en 1890, soit quelques années avant sa mort.

Le premier d’entre eux, « L’inutile beauté » commence par une histoire de couple déchirante, chez les Mascaret, dont la femme Gabrielle, encore superbe à trente ans malgré ses six enfants accouchés en onze ans de vie commune, se rebelle contre la vie que son mari lui a imposé.

Gabrielle lui fait brutalement savoir tout son ressentiment d’avoir été acheté contre son gré et d’avoir été cantonné à un rôle de reproductrice qui ne lui seyait pas.

En guise de représailles, la cruelle lui annonce qu’un de ses six enfants n’est pas de lui.

Miné de l’intérieur par cette terrible révélation, le comte de Mascaret prend la décision de quitter sa femme et va alors mener une vie de célibataire accumulant sorties et conquêtes nocturnes.

Les deux époux s’éloignent pendant six ans avant que le mari demande finalement à sa femme lequel de ses enfants n’est pas de lui.

Sa femme se rétracte alors et lui avoue qu’elle a inventé ce mensonge pour pouvoir briser ce cycle destructeur pour elle d’enfantements successifs et vivre en femme libre.

Vient ensuite « Le château des oliviers » avec la vie de l’abbé Villbois, entré en religion près de Toulon à la suite d’une violente dispute avec une femme de Paris, qu’il a aimé passionnément et quitté lorsqu’elle lui a annoncé sa grossesse.

Convaincu que l’enfant n’était pas de lui, l’abbé s’est exilé dans l’arrière pays varois ou il mène une vie d’ascète épris d’exercices physiques mais a le profond déplaisir de voir un jour revenir son fils appelé Philippe-Auguste.

Mué en vagabond, le jeune homme parvient à émouvoir et à convaincre son père de l’accueillir mais lorsqu’il lui révèle qu’il haïssait sa mère jusqu’à sa mort et a tué son beau père, l’abbé se rétracte et lui demande de partir.

S’ensuit une violente lutte qui coute la vie à l’abbé.

Mais Maupassant laisse à entendre que l’abbé aurait profité de la confusion pour se donner de la mort.

L’ambiance se fait sans doute encore plus sombre avec « Mouche », ou l’histoire d’une jeune femme accompagnant un groupe d’amis sportifs pratiquants d’aviron sur la Seine.

Le groupe vit en clan au sein duquel Mouche s’épanouit dans une sorte de liberté sexuelle.

Cette joyeuse insouciance est brisée par l’annonce de la grossesse de Mouche et sa conclusion tragique par la perte de l’enfant après un accident de navigation.

Puis « Le noyé » raconte une histoire de femme de marin se vengeant des violences subies en tuant un perroquet ayant eu le malheur de parler comme son mari disparu en mer.

« L’épreuve » renoue avec les disputes conjugales et les tourments d’un homme marié convaincu que sa femme le trompe puis « Le masque » raconte la quête pathétique d’un vieillard séducteur refusant de voir la vérité en face et courant les bals parisiens ou affublé d’un masque il tente vainement d’égaler les danseurs plus jeunes.

Les courtes nouvelles se succèdent, « Un portrait » assez étrange établissant le lien entre le pouvoir de séduction d’un homme et la disparition prématurée tragique de sa mère.

Plus touchante « L’infirme » dépeint la vie d’un ancien officier amputé des deux pieds à la guerre et ayant par grandeur d’âme accepté de laisser sa fiancée épouser son ami plutôt que de lui imposer une vie au chevet d’un handicapé obèse.

On sourit avec « Les vingt cinq francs de la supérieure » ou le destin d’un paysan appelé Pavilly disposant d’un tempérament fantasque provoquant partout il passe le rire.

Pour terminer, « Un cas de divorce » reprend les obsessions d’un homme délaissant sa femme pour son amour immodéré des fleurs et « Qui sait ? » une histoire fantastiques de meubles se déplaçant tous seuls.

En conclusion, « L’inutile beauté » est évidemment un recueil de nouvel plaisant mais assez hétérogène.

Tout le talent de Maupassant s’exprime dans ces nouvelles puissantes, émouvantes qui prennent le lecteur aux tripes.

On pourra néanmoins rester sur sa faim avec le format très court adopté et trouver que les quelques œuvres fantastiques  présentes ici sont décalées par rapport au reste des nouvelles de l’écrivain.

Mineur sans doute, mais néanmoins intéressant comme tout production de Maupassant.

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22 janvier 2013 2 22 /01 /janvier /2013 21:38

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Il était logique de compléter l’œuvre de Claude Berri par « Jean de Florette » première partie de son diptyque cinématographique consacré à Marcel Pagnol.

Sorti en 1986, « Jean de Florette » raconte dans les années 20 dans un petit village de Provence près d'Aubagne, la lutte farouche de la famille Souberyan pour faire l’acquisition d’une ferme située sur une source d’eau jugée indispensable pour le développement d’une culture/agriculture rentable.

Le jeune Ugolin (Daniel Auteuil) est l’élément moteur de ce projet mais son vieil oncle César (Yves Montand) marque rapidement son ascendant sur lui pour lui souffler des méthodes peu reluisantes.

En effet, Piquebouffique le propriétaire de la ferme en question située sur le domaine des « Romarins », ennemi viscéral des Souberyan, se refusant à leur vendre sa propriété est finalement brutalement éliminé.

Sentant arriver la question des héritiers, César et Ugolin décident de boucher la source de la ferme pour lui faire perdre de sa valeur et l’acquérir pour un prix dérisoire.

Mais prenant tout le monde à contrepied, arrive un héritier de la ville, Jean Cadoret (Gérard Depardieu) qui délaisse ses activités de percepteur, pour s’implanter aux Romarins avec tout sa famille : Aimée (Elisabeth Depardieu) et la jeune Manon (Ernestine Mazurnova).

Cadoret est un exalté avec des projets plein la tête qu’il a minutieusement préparés en se documentant.

Il se lance dans le projet fou d’élever des lapins d’Australie à la reproductivité foudroyante tout en cultivant en parallèle ses légumes.

Habile, Ugolin se positionne en voisin chaleureux et fait mine de l’aider pour mieux surveiller ces activités.

En réalité, il rend compte à César et le duo machiavélique manœuvre pour détruire les projets du citadin exilé et lui rendre la vie impossible dans le village.

Dans les faits, l’énergie et l’obstination de Cadoret impressionnent Ugolin dont la mentalité campagnarde est plus pragmatique et étriquée.

Pourtant, lorsque les premiers jours de sécheresse de l’été arrive, le travail de sape des Souberyan commence à payer et Cadoret se trouve vite à cours d’eau.

Pour survivre, il doit donc entreprendre des harassantes allées et venues dans les collines pour ramener des l’eau à dos de mulet et d’homme.

Rapidement ruiné, Cadoret ne peut faire face malgré le courageux soutien de sa femme.

Il décide alors en désespoir de cause de creuser un puits et d’utiliser de la dynamite pour briser les épaisses roches lui barrant l’accès à l’eau.

C’est au cours d’une de ces dangereuses manœuvres qu’il est frappé par des projections et perd la vie.

Malgré les remords sincère d’Ugolin, finalement pris de pitié pour cet homme courageux, franc et naïf, César triomphe et pousse son neveu à acquérir la demeure.

Seule reste Manon, qui malgré son jeune âge a conscience de tout …

En conclusion, « Jean de Florette » est un film intéressant montrant toute le coté machiavélique, dur, sournois et cruel de certaines familles de propriétaires terriens prêtes à tout par ambition.

Le rythme du film est assez lent, comme ralenti par la chaleur écrasante du Midi.

Mais malgré la qualité des écrits de Pagnol, « Jean de Florette » serait peu de choses sans la qualité de ses acteurs.

En jeune paysan faible et peu malin, Auteuil obtient un rôle fantastique, pourtant il ne peut que s’effacer devant la performance « larger than life » de Depardieu, rêveur outrancier animé d’un amour passionnel qui causera son aveuglement puis sa perte.

 

Du cinéma français traditionnel sans doute, mais de qualité.

 

Une valeure sure ...

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