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22 mai 2016 7 22 /05 /mai /2016 10:51
La vie d'Adèle : chapitres 1 et 2 (Abdelatif Kechiche)

Festival de Cannes oblige, j’ai finalement pu voir en entier « La vie d’Adèle : chapitres 1 et 2 » d’Abdelatif Kechiche.

Sorti en 2013 et auréolé de la palme d’or ainsi que d‘une multitude de prix de par le monde, ce film choc raconte la vie d’Adèle (Adèle Exarchopoulos), une lycéenne du Nord de dix huit ans, qui après une expérience ratée avec Thomas (Jeremy Laheurte) un petit ami masculin, découvre brutalement et violemment une attirance homosexuelle avec un baiser fugace échangé avec une copine de classe, Béatrice (Alma Jodoroswky).

Paumée comme beaucoup d’adolescentes, Adèle suit son ami Valentin (Sandor Funtek) dans un bar homosexuel et y rencontre Emma (Léa Seydoux), une étudiante aux beaux-arts au look excentrique, qui elle fréquente de manière assidue les bars lesbiens.

Attirée comme un aimant, Adèle fréquente Emma mais leur relation met vite la lycéenne dans une position inconfortable vis-à-vis de ses copines de classes, qui l’accusent d’être une gouine.

Mais l’amour est plus fort, Adèle découvre le plaisir charnel intense avec Emma, emménage chez elle et se fait présenter à ses parents, très tolérants sur les couples de femmes.

Difficile cependant lorsqu’on est institutrice et qu’on s’occupe d’enfants d’avouer une vie privée « différente » et Adèle qui cache sa relation, finit par éveiller a curiosité de ses collègues, tout particulièrement.

Au cours d’une soirée dans un bar latino, Adèle succombe à et couche avec lui.

Dès lors, Adèle mène une double vie parallèle et lorsque Emma le découvre une violente dispute éclate entre elles et se solde par une rupture.

Adèle souffre violemment dans sa chair et se montre encore plus perdue que jamais.

Avec le temps, les deux femmes parviennent à se revoir notamment lors de la première exposition des peintures Emma, mais leur relation est bien finie.

Adèle part donc seule, tandis que Emma s’est remise avec Lise (Monica Walravens) une de ses ex qui a eu deux enfants.

En conclusion, « La vie d’Adèle : chapitres 1 et 2 » est un film incroyablement long mais très intense et filmé avec une justesse et un réalisme parfois troublant.

Kechiche joue avec ses actrices notamment la fragile Adèle, les poussant à la limite notamment dans des scènes de sexes incroyablement crues qui m’ont personnellement plus dégoutées qu’excitées.

Bien que non réceptif au sujet de la cause "homosexuelle", difficile cependant de faire la fine bouche sur cette histoire de passion et d’adolescence et de ne pas reconnaitre le talent de Kechiche.
Mention spéciale à Léa Seydoux dont le visage énigmatique, crève l’écran d’intensité !

La vie d'Adèle : chapitres 1 et 2 (Abdelatif Kechiche)
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21 février 2016 7 21 /02 /février /2016 09:34
Le livre de ma mère (Albert Cohen)

Virage à 180° du mondes des durs à cuir tatoués avec « Le livre de ma mère » d’Albert Cohen.

Sorti en 1954, « Le livre de ma mère » est un roman autobiographique traitant de la perte de la mère de l’auteur, survenue une dizaine d’années auparavant.

Construit comme un long et douloureux monologue en forme d’hommage à la disparue, « Le livre de la mère » retrace toute l’existence de la famille Cohen, depuis son départ de l’ile de Corfou en Grèce pour arriver à Marseille en 1900.

Tout tourne autour des souvenirs des Cohen, leur pauvreté et leur isolement dans une ville nouvelle et pas forcément accueillante avec les étrangers, juifs de surcroit.

Le caractère protecteur de cette mère au foyer ne vivant que pour son enfant est largement mis en évidence : l’obsession pour l’éducation se devant être catholique pour s’intégrer, le devoir de bien manger, de bien s'habiller et aussi de bien paraitre en société, même si on en a ni les moyens, ni les manières.

De cette femme simple, aimante et dévouée, Cohen dresse un portrait particulièrement touchant.

On comprend la grande complicité qui liait la mère et le fils, notamment dans leurs longues promenades sur le front de mer marseillais.

Avec cette mère qui occupait une place si centrale dans sa vie, la souffrance intérieure de la perte n’en est que plus grande.

Lorsque Cohen s’établit à Genève ou il travaille comme fonctionnaire dans un service de diplomatie internationale, sa mère folle de fierté vient le voir chaque année et chacune de ses visites fait alors figure d’évènement pour lequel elle doit se préparer plusieurs mois auparavant en soignant sa ligne et ses toilettes.

A posteriori, Cohen fustige l’égoïsme des jeunes hommes, qui délaissent un peu trop vite l’amour maternel pour courir quelques aventures galantes, qu’il juge plus fragiles et éphémères car guidées par des sentiments moins nobles et moins profonds.

Il se rappelle avec peine ses réactions lorsque sa mère se faisant trop envahissante et perturberait pensait il ses relations amoureuses… et regrette amèrement son aveuglément.

Mais comme tout le monde, Cohen reconnait devoir jouer le jeu du rôle social et faire bonne figure dans ses relations pour « continuer à vivre ».

Il estime alors porter un masque et profiter de ce livre pour délivrer ses pensées profondes et sa douleur intérieure.

La mort de la mère équivaut à la mort de son enfance et la brutale prise de conscience de sa propre finitude, aussi Cohen prend il du recul avec la futilité des comportements de ses congénères humains, dont la beauté, la santé et la vigueur s’éteindront de manière elle aussi définitive.

Le Dieu des Juifs est alors invoqué mais pour le critiquer dans le jeu cruel qu’il met en place sur Terre, en donnant la vie, la santé et la jeunesse puis en la reprenant sans plus d’explications.

Dans l’attente d’une hypothétique rencontre au Paradis avec sa mère, Cohen s’estime donc lui aussi un condamné et attend son tour en se noyant dans des rêves moites et de sombres pensées.

Au final, Cohen justifie l’existence de ce livre comme un hommage, un exercice cathartique et un message envoyé aux autres fils du monde entier pour tenter de leur ouvrir un peu les yeux sur l’importance du lien maternel.

En conclusion, tout est ou presque dans « Le livre de ma Mère » et la plupart des gens ayant un jour perdu une mère aimée se reconnaitront forcément dans cet ouvrage à la portée universelle.

Cohen décrit fort bien ce que nous appelons l’amour maternel, avec ce mélange de fierté lorsqu’un enfant « réussit » et de craintes parfois irrationnelles autour du mode de vie (santé, amour, religion, tradition).

Mais plus qu’un lien avec le monde de l’enfance ou celui des traditions, le lien avec la mère évoque quelque chose de plus transcendant encore : celui de l’amour inconditionnel, qui ne tient pas compte de la beauté, de la santé et de l’argent.

Cohen lui en reconnait cette puissance extraordinaire et adresse un vibrant témoignage se voulant être un message aux autres fils et filles du monde : reconnaitre le caractère précieux de cette relation avant d’en connaitre sa valeur au travers d’une perte cuisante.

Avec ce drame de sa vie, Cohen a acquis comme beaucoup d’autres un sentiment de profondeur et de lucidité sur a brièveté et la fragilité de l’existence humaine, ce qui peut s’avérer parfois douloureux à porter face à la multitude, mais peut aussi se révéler une force lorsqu’on parvient à en tirer le meilleur profit pour sa propre vie.

« Le livre de ma mère » n’est donc pas un livre léger qui vous fera sortir dehors vous rouler dans l’herbe fraiche mais vous réconfortera si vous avez déjà vécu un drame similaire tout en vous invitant à la méditation sur le sens profond de notre présence ici bas.

Le livre de ma mère (Albert Cohen)
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4 février 2016 4 04 /02 /février /2016 21:40
Les fruits de l'hiver (Bernard Clavel)

En 1968, sort « Les fruits de l’hiver » dernier tome de la série « La grande patience » de Bernard Clavel.

L’histoire prend toujours place à Lons-le-Saulnier (Jura) en plein milieu de la Seconde guerre mondiale (1943) ou se débattent les Dubois père et mère.

Leur fils Julien étant recherché pour désertion, le couple vit dans la peur de sa rafle par la Milice française à la solde de la Gestapo.

Ce déchirement est accentué par le ralliement de Paul, le fils de Gaston Dubois à la Milice, qu’il a rejoint autant par gout du profit facile que de sa haine des communistes.

Vieillissant et malade, Gaston accepte mal les privations dues à la guerre, notamment le manque de tabac et de bois, matériau essentiel pour se chauffer à cette époque.

Devant les restrictions des livraisons du forestier Picaud, les Dubois se résolvent à aller couper eux-mêmes du bois en foret.

Le travail est véritablement harassant dans les denses forets du Jura, mais le couple s’en acquitte avec courage, trouvant refuge dans une rustique cabine de bucheron la nuit tombée.

A leur retour, les Dubois ont la surprise de trouver un Julien au physique méconnaissable, barbu, chevelu et amaigri comme un artiste peintre vivant dans la clandestinité.

Avec une certaine désinvolture, Julien explique à ses parents avoir vécu à Marseille pour se cacher de la Milice.

Le jeune homme semble vouloir séjourner un peu avec ses parents, passant le plus clair de son temps à écrire seul dans sa chambre.

Mais sa présence chez les Dubois leur fait courir à tous un grand danger, car le sournois Paul remarque la fumée s’échappant de la chambre et vient faire une visite des plus menaçantes au sein du foyer familial.

Ce sera Vaintrenier le conseiller municipal, qui aidera Julien à fuir vers le maquis jurassien avant que Paul ne donne l’alerte à la redoutable Milice.

Restés seuls, les Dubois apprennent le mariage imminent de Julien avec Françoise, une jeune fille de Saint Claude rencontrée à Lyon.

Mais après de violents combats, les Allemands quittent finalement la ville, refluant derrière la poussée des FFI et des Américains.

Le rapport de force s’inverse, Paul un moment inquiété est arrêté mais finalement relâché et laissé libre malgré son statut de collaborateur.

Marié en catimini à Lyon, Julien annonce la naissance à venir d’une petite fille.

Pourtant, la mère Dubois n’aura jamais le plaisir de connaitre sa petite fille puisqu’elle décède brutalement en faisant la jardin avec son mari.

La mort de la mère Dubois est un immense choc pour Gaston.

Resté seul, il subit la pression de Paul et sa femme Micheline qui cherche à récupérer sa maison en l’amenant à vivre chez eux.

Un véritable bras de fer va alors s’établir entre le couple et Gaston dépendant de la nourriture et du bois qu’il lui apportent pour survivre.

Mais la vieillesse, la solitude et la maladie vont finir par avoir raison de la résistance de Gaston qui cède finalement lorsque Paul lui demande de construire des garages sur son jardin.

Privé du soutien de Julien resté faire sa vie à Lyon, Gaston suffoque lorsqu’il voit son bien progressivement rongé par la voracité de son fils et après un ultime malaise, finit par mourir après une longue période d’agonie ou il revoit en accéléré toute sa vie : son jeunesse de gymnaste, son métier-passion de boulanger, sa femme, sa petite fille amenée par Françoise, son jardin qu’il aimait tant, ses raids dans la forets et enfin… le visage de Julien finalement venu à son chevet.

En conclusion, tout auréolé d’un prix Goncourt largement mérité, « Les fruits de l’hiver » est une formidable roman et de loin le meilleur de « La grande patience ».

Clavel boucle sa boucle, racontant dans un style puissant et naturaliste, la vie d’un vieux couple de Jurassiens pendant la Seconde guerre mondiale, écartelé entre deux fils, l’un collaborateur proche des Allemands, l’autre fantasque et plutôt enclin à la Résistance, mais met surtout plein dans le mille par les formidables séquences d’émotions autour de la vie du père Dubois.

Vieil homme fier, honnête et travailleur, le père Dubois est un personnage formidablement attachant qu’on a plaisir à suivre dans ses longues sorties à couper du bois dans la foret ou à se raccrocher à son jardin, source importante de fierté.

Impossible donc de ne pas être ému par la fin de cet homme de haute noblesse et de ne pas y avoir le reflet de sa propre fin, sans doute un jour, dans la solitude, l’oubli et la voracité de certains enfants intéressés…

Les fruits de l'hiver (Bernard Clavel)
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1 février 2016 1 01 /02 /février /2016 20:01
Le coeur des vivants (Bernard Clavel)

Tout se suit dans l’œuvre de Bernard Clavel et « Le cœur des vivants » voit le jour en 1964.

On y retrouve le Jurassien Julien Dubois affecté au début de la Seconde guerre mondiale à Castres dans un poste de surveillance de la D.CA.

Flanqué de son ami savoyard Francis Carento, Julien découvre à Castre une planque parfaite ou une poignée d’hommes se la coule douce dans une mission de surveillance passive loin de contraintes militaires strictes.

Il fait rapidement la connaissance de Riter, un Parisien à l’âme de poète torturé grand amateur de théâtre et de littérature.

Riter qui a un fâcheux penchant pour la boisson, fait découvrir les plaisirs de la ville à Julien, qui y fait la connaissance de Sylvie Garuel, une jolie et jeune brune fille de bonne famille.

Les deux jeunes flirtent avec un naturel désarmant mais leur rendez vous restent clandestin, Sylvie étant destiné au fils d’un industriel local une fois la guerre finie.

Une parenthèse à cette intense passion a lieu avec la permission de Julien qui lui permet de retrouver sa famille restée à Lons-le-Saulnier.

Malgré une plaisante aventure avec Odette une petite serveuse de Fébruans rencontré à une noce, le séjour de Julien en Franche Comté est agité de plus sombres pensées comme le récit de la mort de son ex chef Pâtissier de Dole, André Voisin, homme fort et généreux, tué par les Allemands alors qu’il cherchait simplement à rejoindre à vélo le village ou se trouvait sa femme.

Ces méditations rejoignent le souvenir de la mort de son oncle chéri, Pierre Dantin, puis la vie reprend inexorablement ses droits et avec elle les retrouvailles avec Sylvie.

En 1940, la défaite de l'armée française vient changer le cours de la guerre et donner des idées de désertion aux isolés du poste de D.C.A.

Imitant l’exemple de Berthier passé avec succès en Espagne, Julien et Francis tentent leur chance en marchant en pleine nuit dans la Montagne Noire.

Peu à l’aise dans une nature hostile délivrant de terribles orages, les deux garçons se perdent dans la nuit et Francis, épuisé et malade, ne doit son salut qu’à l’arrivée d’un vieux bucheron qui leur prête assistance.

Après avoir remis sur pied Francis, le vieux par ailleurs vétéran de 1914-1918, les remet sur le droit chemin.

Mais malgré l’aide du vieil homme, la progression reste difficile et Francis atteint d’un mystérieuse hémorragie, finit par périr dans les bras de son ami paniqué de ne pouvoir lui venir en aide.

Julien est repris par les gendarmes français et bénéficiant de la complicité d’un capitaine, peut s’évader et rejoindre dans la clandestinité son poste de D.C.A dans l’attente de la démobilisation.

Même si Julien peut encore revoir Sylvie et vivre un instant d’amour magique en pleine nature, la situation se gâche subitement à l’annonce de la grossesse de la jeune fille.

Face au scandale public, Sylvie fait marche arrière et rompt brutalement avec Julien qui le cœur déchiré de chagrin la regarde un dernière fois filer devant lui en vélo.

En conclusion, après la déception de « Celui qui voulait voir la mer », « Le cœur des vivants » rétablit l’ordre des choses et présente une histoire prenante ou un jeune Jurassien traverse toute la Seconde guerre mondiale sans tirer un coup de feu, découvrant l’amour passionnel dans une ville du Sud mais comprenant aussi la terrible valeur de la vie au travers des drames de la mort de son ancien chef, de son meilleur ami ou de celle curieuse du mari d’une amante de passage.

Profond, douloureux et riche, « Le cœur des vivants » séduit autant sur le fond que sur la forme et donne une puissante envie de terminer le cycle de « La grande patience ».

Le coeur des vivants (Bernard Clavel)
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26 janvier 2016 2 26 /01 /janvier /2016 21:38
Celui qui voulait voir la mer (Bernard Clavel)

Un an après « La maison des autres » sort la seconde partie de « La grande patience » en 1963 : « Celui qui voulait voir la mer » de Bernard Clavel.

Rentré chez ses parents à Lons-le-Saulnier, le jeune Julien Dubois aspire à une forte indépendance après son expérience d’apprenti pâtissier à Dole et décide de se faire embaucher comme responsable de supervision d’une usine à Lyon appartenant à un certain Monsieur Martin.

Cette nouvelle bouleverse sa mère qui espérait le retenir au foyer familial et lui faire reprendre des études, comme l’indiquent ses démarches auprès de l’ex instituteur de Julien, Mr Gruat, qui se montre sceptique sur ses réelles capacités artistiques.

Acceptant mal de vieillir, Madame Dubois se dispute continuellement avec son mari Gaston, un ex boulanger affaibli par des maladies pulmonaires chroniques.

Mais à l’été 1939, la situation internationale devient explosive et la guerre semble inévitable avec l’Allemagne nazi.

Les Dubois apprennent le licenciement de Julien qui a plus mené une vie de bohème et d’étudiant aux Beaux Arts à Lyon qu’une vie de travailleur consciencieux.

Le retour du fils est finalement plutôt bien perçu mais l’invasion de la Hollande et de la Belgique par l’Allemagne est le signal déclencheur du conflit tant redouté.

Pressé par sa femme, Gaston accepte à contre cœur qu’on creuse un tranchée dans son jardin pour se protéger d’éventuels bombardements.

Entre rester pour défendre ses biens face aux pillages ou de quitter Lons pour échapper aux Allemands, un violent dilemme agite la famille Dubois.

Finalement, les parents acceptent que Julien fuie à vélo vers le Sud.

Guillemin un déserteur de l’armée hébergé temporairement dans la maison familiale, apporte des nouvelles du Nord ou la déroute française s’avère totale.

Les Dubois cachent Guillemin tandis que les Allemands arrivent à Lons-le-Saulnier.

Piqué au vif par une demande insistante du conseiller municipal Vintrenier, Gaston accepte de refaire du pain aidé de Guillemin afin de nourrir les habitants qui commencent à manquer de biens essentiels.

Contre toute attente, les Dubois sont obligés de nourrir aussi les Allemands qui se montrent du reste très civilisés pour une armée d’occupation.

Une fois l’armistice signée, Guillemin trouve le courage de rentrer chez lui à Villefranche-sur-Saône et fait ses adieux à ses bienfaiteurs.

A mesure que les jeunes hommes reviennent à la ville, la mère Dubois s’inquiètent de plus en plus pour son Julien qu’elle imagine mort.

Julien tarde effectivement à rentrer et les semaines passent, augmentant l’inquiétude de ses parents d’autant plus qu’un soldat leur rapporte la mort du fils Butillon, une forte tête tuée pour indiscipline.

Mais finalement Julien revient et avoue être allé jusqu’à Toulouse et avoir trainé par le Midi pour voir la mer avant de retrouver les siens.

La désinvolture du fils est finalement pardonnée, la joie de le retrouver intact l’emportant sur le ressentiment de son absence.

En conclusion, après la puissante évocation naturaliste de « La maison des autres » « Celui qui voulait voir la mer » est une déception par sa suite trop convenue basée sur une intrigue faible sous exploitant la puissance dramatique de l’invasion allemande de la Seconde guerre mondiale.

Ouvrage de transition narrant les tourments d’une mère s’inquiétant légitimement pour l’avenir de son jeune fils aux vocations artistiques incongrues dans une période troublée, « Celui qui voulait voir la mer » manque cruellement d’originalité et ne contient aucun élément particulièrement marquant méritant de s’y attarder.

J’attends donc avec impatience la troisième partie de « La grande patience » pour me forger une opinion plus nette de l’œuvre de Clavel.

Celui qui voulait voir la mer (Bernard Clavel)
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23 janvier 2016 6 23 /01 /janvier /2016 21:28
La maison des autres (Bernard Clavel)

En cet hiver 2016 l’envie m’est venue de lire naturellement Bernard Clavel, auteur jurassien à l’abondante production qui nous quitta récemment en 2010.

Sorti en 1962, « La maison des autres » est le premier roman d’une série de quatre appelée « La grande patience ».

L’histoire prend place dans le Jura en 1937 ou Julien Dubois un adolescent de quatorze ans quitte l’école contre l’avis de ses parents pour partir en apprentissage en pâtisserie dans la ville de Dole.

Julien qui est hébergé chez son oncle Pierre et sa tante les Dantin, dans un petit village près de Lons le Saulnier les quitte donc pour aller s’établir chez le couple de patrons qui l’emploie, les Petiot.

A Dole, il découvre la rudesse de la vie d’apprenti, avec le réveil aux aurores pour faire chauffer le four, aider le chef à faire les croissants, les courses périlleuses en vélo aux quatre coins de la ville avant de terminer par d’harassantes corvées de plonge et de nettoyage.

Les premiers jours sont difficiles à supporter pour Julien d’autant plus qu’il est piqué la nuit par de vicieuses punaises mais le jeune garçon s’accroche, aidé en cela par la solidarité avec les autres employés : Maurice Laurent, la vendeuse Colette Parisot, le second Victor Bressaud et le Chef André, un homme exigeant mais généreux.

Avec le temps, Julien découvre la véritable personnalité de son patron, M Petiot, un ex combattant de 1914-1918, qui ne cache pas sa haine des hommes politiques, mouvements de gauche et exploite sans vergogne ses employés.

Lorsque durant ses rares jours de congés, Julien revient voir son oncle et sa tante, son état de fatigue les inquiètent.

Ex fonctionnaire et homme de gauche convaincu, Pierre Dantin estime que Julien ne devrait pas accepter les conditions abusives de son apprentissage mais ne parvient pas à le convaincre de se rebeller ou de quitter Petiot.

Serrant les dents, Julien continue par défi personnel, acceptant sans regimber les conditions difficiles imposées par ses patrons.

Le travail manuel auquel s’ajoutent des séances de boxe nocturnes avec les autres apprentis de la ville développent ses muscles et lui donnent une aisance corporelle le faisant paraitre plus mature.

Mais après quelques incidents, Petiot prend progressivement en grippe Julien avant que la guerre entre les deux hommes ne se déclare franchement lorsque le patron reçoit la visite de Pierre Dantin qui tente de le rappeler à l’ordre.

Soupçonnant Julien d’être un agitateur de la C.G.T après qu’il ait pris sa carte en suivant l’exemple de Colette, Petiot laisse éclater sa haine contre ce jeune homme rebelle qui accomplit néanmoins sa tache quotidienne sans se plaindre.
Entre insultes, menaces de licenciement et coups mal ajustés, Petiot sait pertinemment qu’il a trop besoin de son apprenti pour aller trop loin.

Malgré ce climat de tension, Julien laisse transparaitre son tempérament artistique par des dessins d’une belle femme sosie de Marlène Dietrich qu’il observe passer chaque jour ou par des poèmes qu’il écrit pour cette muse en apparence aussi inaccessible que l’actrice américano-allemande.

Il fantasme également sur une carrière de boxeur à la Joe Louis, le champion noir américain de l’époque et de conduite de voiture de sports aux États-Unis.

Un tournant a lieu lorsque son oncle aimé meurt d‘une crise d‘apoplexie, ce qui ravage le cœur de Julien.

Après le choc de l’enterrement et le départ de sa tante, Julien se rend souvent sur sa tombe avec sa chienne, confiée à un vieux voisin.

Le vivant et fantasque Victor quitte la pâtisserie pour le service militaire et Edouard Cornut un nouvel ouvrier arrive chez Petiot, devenant vite un indicateur sournois à la solde de Petiot.

Julien parvient cependant à connaitre l’amour dans les bras d’une femme de chambre d’un hôtel mais paye cher sa folle nuit blanche lorsque dormant debout, il chute dans le canal du Doubs perdant par la même occasion son vélo et la précieuse pièce montée qu’il devait livrer pour un mariage.

Dénoncé par Cornut, Julien évite de peu le combat de trop face à Petiot et reçoit toute la solidarité de ses collègues qui attirent le dénonciateur dans un guet apens pour le frapper et l’humilier.

Mais en 1939, le Chef est mobilisé à son tour et doit quitter la pâtisserie, laissant ses outils de travail à Julien dans un émouvant adieu.

Son contrat s’achevant, Julien quitte non sans soulagement la pâtisserie, sous l’œil scandalisé de Petiot, en grande difficulté depuis le départ du Chef.

Il retourne grandi, apaisé et nourri d’une nouvelle expérience chez ses parents à Lons-le-Saulnier dans un climat menaçant de Seconde guerre mondiale après l’attaque de la Pologne par l’Allemagne…

En conclusion, roman largement autobiographique, « La maison des autres » se révèle une découverte réellement plaisante.

Sur un sujet en apparence peu attractif pour moi, Clavel réussit à maintenir l’intérêt du récit avec notamment quelques pages sublimes d’émotion comme lors de l’enterrement de l’oncle.

La rudesse mais aussi la noblesse des métiers manuels sont remarquablement mis en valeur, ainsi que la vie d’un adolescent rêveur des années 30 en Franche Comté.

Derrière ce récit plein de vie, pointent les grands enjeux de l’époque en France, le Front populaire, la montée des grands mouvements syndicalistes et l’angoissante approche de la Seconde guerre mondiale…

Un première expérience très plaisante donc qui me pousse à lire prochainement la suite de « La grande patience ».

La maison des autres (Bernard Clavel)
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18 octobre 2015 7 18 /10 /octobre /2015 19:19
Grand central (Rebecca Zlotowski)

Rien de tel qu’un peu de cinéma pour changer d’atmosphère, aussi voici « Grand central » de Rebecca Zlotowski.

Sorti en 2013, « Grand central » raconte la vie de Gary (Tahar Rahim), un jeune ouvrier précaire sans qualification qui un peu perdu dans sa vie, s’adresse à une agence d’intérim pour travailler dans une des centrales nucléaires de la région lyonnaise.

Il est accompagné de Tcherno (Johan Libéreau) lui aussi chercheur d’emploi mais au tempérament de délinquant, qui exerce toute sorte de trafics avec des gitans vivant à proximité.

Après une courte formation théoriques, les deux hommes rencontrent les anciens de la centrale et sont briefés par Gilles (Olivier Gourmet), un rugueux chef d’équipe qui leur apprend à acquérir les mécanismes des taches qu’ils auront à accomplir ainsi qu’à surveiller en permanence la dose de radiation qu’ils emmagasineront à chaque intervention.

Gary découvre la vie en collectivité dans des baraquements sommaires et des interventions difficiles en scaphandre dans des zones contaminées.

Au détour d’une soirée arrosée, il tombe sous le charme de Karole (Léa Seydoux) la compagne de Toni (Denis Ménochet) lui aussi ouvrier expérimenté et proche de Gilles.

Sensuelle et libre, Karole couche avec lui naturellement dans les forets avoisinantes tout en restant en apparence fidèle à Toni.

Le jeune homme s’offre des virées avec Tcherno et Isaac (Nahuel Perez Biscayart) après l’achat d’une voiture aux performances gonflés par le génie mécanique des gitans.

Les incidents à la centrale sont fréquents et Gary est souvent exposé aux radiations.

Au cours de l’un d’entre eux il sauve la vie de Tony en train d’étouffer dans sa combinaison mais est sévèrement irradié aux mains.

Ebranlé par l’incident, Olivier dont la vi privée est un naufrage prend la décision de tout arrêter et quitte l’équipe.

Désireux de rester, il tient tête à Morali (Marie Berto) responsable de la santé des hommes qui a découvert qu’il trichait aux tests de radioactivité et lui promet de disparaitre une fois la fin de l’arrêt de la tranche effectué.

La raison de son entêtement est en réalité Karole qui enceinte de lui, a finalement tout avoué du bout des lèvres à Tony.

Ceci ne déstabilise pas le rude ouvrier qui en retour la demande en mariage.

Après le mariage, la soirée dégénère et une lutte éclate entre Tony et Gary.

Jeté à terre et sévèrement tabassé, Gary quitte les lieux mais est finalement rejoint par Karole…

En conclusion, « Grand centrale » est un film naturaliste dont le principal intérêt est décrire un monde relativement méconnu, celui des ouvriers du secteur nucléaire, notamment tous ces intérimaires jonglant avec leur santé dans l’espoir d’un meilleur salaire.

Dans ce monde précaire de brutes portées sur l’alcool et la nourriture, le sexe prend une place inattendue et une véritable histoire d’amour se noue entre deux des acteurs les plus en vue du cinéma français, le fragile Tahar Rahim et la bombe sensuelle Léa Seydoux dont le visage énigmatique, les longues jambes et les seins haut perchés crèvent l’écran.

Tout en appréciant la justesse et la finesse du propos, on reprochera au film son atmosphère sinistre, glacée et son rythme un tantinet lent et contemplatif.

Malgré cela, « Grand centrale » se situe dans la (bonne) moyenne du cinéma français.

Grand central (Rebecca Zlotowski)
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10 octobre 2015 6 10 /10 /octobre /2015 21:29
Jeune et jolie (François Ozon)

Cinéma français avec « Jeune et jolie » de François Ozon.

Sorti en 2013, « Jeune et jolie » est un film étrange abordant un sujet sensible, la prostitution de jeunes filles, qu’elles soient étudiantes ou lycéennes donc mineures.

Isabelle (Marine Vacth) a dix sept ans et sent son corps à la faveur d’un été dans le Sud de la France entre plage et mer, tenaillé par le désir sexuel.

Avec la complicité de son petit frère Victor (Fantin Ravat), Isabelle cède aux avances d’un beau jeune allemand appelé Félix (Lucas Prisor) et a son premier rapport sexuel sur la plage.

Sa réaction très froide, est étrange et lui fait mettre instantanément beaucoup de distance avec le jeune homme qui ne comprend pas ce brusque revirement.

De retour à Paris, Isabelle change brutalement de vie, met une annonce sur Internet et se prostitue dans des hôtels parisiens ou elle rencontre des hommes plus âgés.

Usant de stratagèmes pour cacher à ses parents ses tenues, son maquillage et son argent, Isabelle fréquente plus assidument Georges (Johan Leysen) un client âgé mais doux et correct qu’elle aperçoit même par hasard au théâtre.

Avec le temps, une relation se noue…

Bien entendu tous les clients ne sont pas aussi agréables que Georges et Isabelle rencontre souvent des rustres qui l‘insulte ou la dominent dans des voitures, ce qui ne la rebute pas plus que cela.

La jeune femme semble accro au sexe tarifé, incapable de contenir cette envie qui lui dévore le corps.

Elle a du mal à soutenir son attention dans ses études dans le très bourgeois lycée Henry IV et se dispute souvent avec sa mère Sylvie (Géraldine Pailhas).

Mais un jour un drame survient, Georges qui prend du viagra pour faire l’amour perd connaissance et meurt, victime d’un malaise cardiaque.

Paniquée, Isabelle tente sans succès un massage cardiaque, se blesse au front et quitte l’hôtel sans alerter quiconque.

Bien entendue la police retrouve sa trace et contacte ses parents.

Sylvie est anéantie, son beau père Patrick ( Frédéric Pierrot) sans beaucoup d’autorité.

Après une altercation, elle prive sa fille de sortie et la traine devant un psychiatre.

Isabelle fait front, n’expliquant ni n’exprimant aucun remord quand à sa conduite, qu’elle justifie vaguement par un désir d’expériences fortes, d’imaginaire et d’inconnu.
Elle semble rentrer dans le droit chemin troquant prostitution contre baby sitting et fréquentant des jeunes de son âge comme Alex (Laurent Delbecque) qu’elle rencontre a une soirée et avec qui elle couche.

Ce revirement apparent rassure Sylvie mais Isabelle conserve une grande froideur à l’égard des hommes, rejetant brutalement son jeune amant après la première fois.

Alors qu’elle rallume le portable qui lui servait à faire des passes, elle tombe sur un message d’Alice (Charlotte Rampling) la veuve de Georges qui lui donne rendez vous dans l’hôtel ou son mari est mort.

Un échange pacifique s’instaure entre les deux femmes, Alice voulant simplement obtenir des informations sur les derniers instants de son mari puis la quitte.

En conclusion « Jeune et jolie » est un film dérangeant rappelant à bien des égards le « Belle de jour » de Luis Buñuel, la magie du réalisateur et la blondeur glacée de Deneuve en moins.

Le processus est pourtant identique, une jeune fille d’un milieu bourgeois parisien, se lance dans une spirale sans fin de sexe non pour l’argent mais pour donner de l’excitation à une vie monotone.

Comme Buñuel, Ozon n’explique pas car les pulsion ne s’expliquent pas, surtout lorsqu’elles sont plus fortes que les règles morale de la société.

Le résultat est un film aussi froid et nauséeux que son héroïne, la maigre et blafarde Marine Vacth qui s’accouple mécaniquement avec des hommes de l’âge de son père ou plus.

Pour autant la réalisation habile d’Ozon parvient à atténuer un peu la minceur du scénario et le peu de charisme d’acteurs incroyablement communs de bourgeois français.

Sans grand intérêt au final donc comme la plupart de la production dite "française"…

Jeune et jolie (François Ozon)
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4 mars 2015 3 04 /03 /mars /2015 21:36
Mariage à Mendoza (Edouard Deluc)

Plus de légèreté avec « Mariage à Mendoza » d’Edouard Deluc.

Sorti récemment en 2013, ce petit film raconte le périple de deux frères issus de pères différents, Antoine (Nicolas Duvauchelle) et Marcus (Philippe Rebbot) aussi dissemblables physiquement que mentalement qui se rendent en Argentine pour le mariage de leur cousin à Mendoza.

A Buenos Aires, Marcus joue le rôle de l’échalas bout en train, cherchant à égayer son frère mutique et déprimé par une récente rupture d’avec sa femme.

En baragouinant un espagno-franco-anglais de cuisine, le duo sort, discute avec des filles dans un bar, erre dans les rues puis se rend dans un bordel, sans toutefois conclure avec les prostituées présentes.

Marcus sympathise avec Gonzalo (Gustavo Kamentzky) le gérant de l’hôtel qui a lui aussi connu des peines de cœur et qui accepte de leur servir de guide dans le vignoble argentin.

Après avoir loué une vieille Cadillac, le trio s’engage sur les routes poussiéreuses et après quelques haltes dégustatives, échoue chez Emilio (Cesar Bordon), un viticulteur, mais surtout compagnon de l’ex femme de Gonzalo.

Malgré la présence de la sympathique Gabriela (Paloma Contreras) jeune et belle serveuse francophone, la soirée ne tarde pas à dégénérer lorsque Gonzalo assomme son rival et Antoine enfin ranimé lui dérobe quelques bouteilles de vins.

La réaction d’Emilio est terrible et se solde par une salve de chevrotine qui blesse Antoine au ventre et oblige le trio à fuir avec dans la confusion, Gabriela à leurs cotés.

C’est donc à quatre que l’aventure continue, mais la jeune fille bien qu’aimable remet Marcus à sa place dans ses tentatives d’approches.

Finalement Antoine, plus jeune, est le seul à obtenir les grâces de Gabriela.

Après le vol de leur voiture, heureusement récupérée après avoir menacé les gamins l’ayant dérobée, se révèle la maladie de Marcus, dépressif et suivi depuis six mois.

Victime de malaise, l’homme parait fragile et réellement souffrir.

Il est finalement soutenu par ses amis et en particulier Antoine qui profite de cette aventure pour se rapprocher de son frère.

Finalement arrivé à Mendoza, les deux frères retrouvent Xavier (Benjamin Biolay) qui épouse une native du village.

La fête, arrosée de cocaïne, bat son plein et soude les trois hommes …

En conclusion, « Mariage à Mendoza » a tous les attributs du road movie parsemé de rencontres fortuites et d’aventures.
Malgré ce postulat sympathique, le résultat est gâché par le jeu horripilant des acteurs, en particulier Duvauchelle, parfaite tête à claques même si Rebbot, sorte de vieux échalas déplumé est également pathétique dans son rôle de dragueur paumé.

Accumulant les clichés de franchouillards à l’étranger, « Mariage à Mendoza » est un parfait film pour bobos débiles se voulant supérieurement intelligents.

A fuir de toute urgence donc !

Mariage à Mendoza (Edouard Deluc)
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13 février 2015 5 13 /02 /février /2015 21:23
Le ventre de Paris (Emile Zola)

Retour avec plaisir à la littérature française avec « Le ventre de Paris » roman d’Emile Zola.

Paru en 1837, « Le ventre de Paris » a pour scène principale les Halles de Paris, devenus au milieu du XIX ième siècle, une énorme plaque tournante ou les agriculteurs et maraichers des zones encore rurales de ce qui deviendra la banlieue parisienne, viennent vendre leurs marchandises.

Le héros du roman est Florent Quenu, ex professeur arrêté dans la confusion du coup d’état de Louis Napoléon Bonaparte, qui revient d’une audacieuse évasion au bagne de Cayenne.

Épuisé après une longue cavale, Florent rejoint Paris ou il détient encore des racines familiales par l’intermédiaire de son demi frère Quenu, qui conserve en souvenir de leur enfance une véritable affection à son égard.

Propriétaire d’une prospère charcuterie aux Halles, Quenu accepte de loger Florent chez lui, sa femme la pulpeuse Lisa se proposant même malgré une gène évidente de son mari de lui restituer sa part du conséquent héritage paternel.

Mais revenu en apparence blasé de tout, Florent décline poliment l’offre mais accepte malgré tout le logement au dessus de l’enseigne qui tourne à plein régime.

Pourtant, dans le microcosme des commerçants de Halles tout se sait très vite notamment par le commérage de la vieille fille mademoiselle Saget, aussi Lisa pousse t elle son désœuvré beau frère plus enclin à trainer avec le peintre Claude dans ses pérégrinations, à remplacer un inspecteur de marée à la santé déclinante, Verlaque.

Après de nombreuses hésitations relatives à la peur d‘être signalé à la préfecture, Florent accepte sous la pression, le poste et prend ensuite place au cœur des Halles.

Le métier est difficile et consiste la plupart du temps à arbitrer en tant que juge de paix, les conflits entre poissonnières rivales et clients mécontents.

Mince et peu sur de lui, Florent a toutes les peines du monde à se faire respecter notamment par la famille Mehudin dont la fille appelée la Belle Normande est la rivale en beauté de Lisa.

Malgré cela, Florent finit par gagner les bonnes grâces de Claire un des filles Mehudin mais surtout de Lisa en donnant des cours particuliers à son fils le garnement Muche.

Florent est pourtant habité par de profondes pensées révolutionnaires et se met à fréquenter un groupe de dissidents politiques se réunissant chez Monsieur Gavard.

Dans ces réunions, le passé de bagnard de Florent ressurgit, lui assurant un prestige certain dont il use pour prendre le dessus sur les purs théoriciens comme.

Les bruits bruissent, enflent et courent dans les Halles, alertant Lisa qui s’inquiète des dangereuses activités de son beau frère, des risques pour son mari, son commerce et sa réputation.

Finalement, Florent est un beau jour découvert par Mademoiselle Saget et trahi par Lisa qui trouvant des éléments tangibles montrant qu’il prépare une insurrection avec ses amis, le dénonce à la police.

Une descente de police a donc lieu chez les Quenu puis chez les révolutionnaires qui sont un à un arrêtés.

Seule Claire reste fidèle jusqu’au bout à son cher Florent, la Belle Normande retournant finalement sous la pression de sa Mère sa sympathie pour lâcher le jeune homme, condamné à nouveau au bagne et se ruer sur le magot de Gradelle, un des conjurés.

On comprend donc que considéré comme un intrus et un menace dans le monde des Halles, Florent qui incarnait la figure du révolutionnaire, ne pouvait qu’être éliminé.

En conclusion, « Le ventre de Paris » est un roman à l’intrigue assez mince, brillant essentiellement par son incroyable puissance naturaliste et les innombrables descriptions des Halles que ce soit par son architecture massive, monstrueuse ou par la vie de ses habitants commerçants de viandes, poissons, fruits et légume ou fleurs.

Zola réalise donc un impressionnant travail descriptif transcendant la vitalité de ce quartier du Paris du XIX ième siècle avant qu’il ne soit déplacé à Rungis.

Dans ce monde ou règne le désir de réussite sur fond de rivalité acharnée, la figure du dangereux idéaliste ayant des velléités de bouleversement de l’ordre établi, ne peut survivre et est irrémédiablement condamnée à la destruction par une communauté partageant des buts matérialistes identiques.

Pas le plus grand roman de Zola donc, mais demeure malgré tout digne d’intérêt.

Le ventre de Paris (Emile Zola)
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