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9 août 2011 2 09 /08 /août /2011 22:09

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5

 

 

La lecture récente de la biographie de Marlon Brando m’a assurément donné envie de redécouvrir la filmographie de cet immense acteur.

Alors pourquoi ne pas commencer par le film qui lui donna son premier oscar, « Sur les quais » de son mentor Elia Kazan en 1954 ?

Réalisé en noir en blanc, « Sur les quais » décrit le monde des dockers de New York dans les années 50, un monde dur, masculin mais surtout gangrené par le chef mafieux Johnny Friendly (Lee J Cobb) qui impose ses règles, détourne des marchandises et déclenche des grèves pour faire pression sur les armateurs pris à la gorge.

Terry Malloy (Marlon Brando) , ex boxeur prometteur ayant arrêté sa carrière prématurément pour tomber sous la coupe de Friendly est impliqué dans le meurtre de Doyle, un docker qui s’apprêtait à dénoncer le mafieux à la police.

De plus, son propre frère Charley (Rod Steiger) est un avocat véreux travaillant pour le mafieux.

Ebranlé par la gravité de son acte, Terry est rongé par un sentiment de culpabilité qui se manifeste par un rapprochement avec la sœur du défunt  la belle Edie Doyle (Eva Marie Saint) qui suit des études d’institutrice pour tenter d’échapper à la pauvreté et à la violence du monde des dockers.

Un trouble jeu de séduction va s’instaurer entre eux et Edie va peu à peu ouvrir les yeux de Terry sur la mauvaise voie qu’il a choisie.

Terry est également influencé par le père Barry (Karl Malden) qui pousse les dockers à dénoncer le système mafieux de Friendly à la police.

Mais Friendly est prêt à tout et n’hésite pas à user de violence pour éliminer les candidats au témoignage comme le costaud et courageux Dugan (Pat Henning).

Cité à comparaitre par la police pour le meurtre de Doyle, Terry accepte de se rendre à la convocation malgré les pressions du gang de Friendly.

Charley tente de dissuader son frère de témoigner pour lui éviter d’être assassiné mais devant son refus de plier, il ne trouve pas le courage de le livrer aux tueurs de Friendly, acte qu’il parait de sa vie.

Ivre de rage, Terry prend une arme et décide d’éliminer lui-même Friendly mais Barry le dissuade in extremis, lui intimant d’user de la voix légale.

Après la comparution, Friendly furieux fait mettre Terry au banc des dockers et le prive de travail.

Terry s’en prend alors physiquement au mafieux devant des dockers pétrifiés qui laissent ses gardes du corps frapper durement le rebelle.

Puis touchés par le courage du jeune homme, ils prennent alors la décision de ne reprendre le travail qu’une fois Terry réintégré.

Le film s’achève sur la foule des dockers bousculant un Friendly impuissant pour suivre un Terry ensanglanté reprenant le chemin du travail.

En conclusion, « Sur les quais »  est un film magnifique, dur, viril mais passionnant sur un monde relativement méconnu et à vrai dire plutôt effrayant.

Le coté « travailleur manuel américain » rappelle par instant le monde décrit par Huber Shelby JR  dans « Last exit to Brooklyn » la défonce en moins.

Marlon Brando alors au zénith de sa beauté et de sa prestance est bien entendu magnifique en petite frappe en quête de rédemption, devenant une sorte d’élu osant prendre tous les risques pour briser la corruption du système.

Sa relation amoureuse avec Eva Marie Saint est complexe, trouble et sensuelle mais à vrai dire tous les acteurs sont formidables de charisme en particulier Karl Malden en prêtre humaniste et Lee J Cobb en chef mafieux aussi séduisant que brutal.

« Sur les quais » vous prend aux tripes dès sa première scène, le jeu des acteurs fait ensuite le reste pour vous emporter dans un univers puissant ou les émotions sont magnifiées.

Elia Kazan transcende son sujet pour révéler la beauté de l’humanité se terrant sous le verni de la bassesse, de la lâcheté et de la médiocrité.

Un grand et beau film qui vous donne envie d’aimer le cinéma.

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13 juin 2011 1 13 /06 /juin /2011 17:21

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3

 

 

Passage dans la littérature étrangère avec « Le ventre de l’Atlantique » de l’écrivain franco sénégalaise Fatou Diome.

Publié en 2003, ce court roman majoritairement autobiographique raconte les aventures de Sallie une jeune sénégalaise exilée à Strasbourg après un mariage ratée avec un Français.

Originaire de Niodor, une petite ile pauvre du Sénégal ne vivant que de la pêche, Sallie a toujours été en marge, fille illégitime sans père et désireuse d’apprendre très tôt le français auprès de son professeur Ndétare qui lui a fait découvrir les grands auteurs français et donné le gout des lettres.

Vivant en France relativement confortablement, Sallie a gardé des racines à Niodor et notamment son demi frère Madické, fou de football et en particulier du footballeur italien Paolo Maldini qui symbolise pour lui la réussite éclatante en Europe.

A ses yeux, Madické représente bien la fascination aveugle d’une jeunesse sénégalaise prête à prendre tous les risques pour rejoindre l’eldorado français ou européen.

Les grandes compétitions de football de 2000-2002, coupe d’Europe et coupe du monde seront donc un des puissants fils conducteurs guidant le cheminement du récit.

L’essentiel du roman consiste à faire lucidement la part des choses en Occident et Afrique, à essayer d’ouvrir les yeux aux candidats à l’émigration devant la dureté de la vie en France lorsqu’on est étranger, noir, sans diplôme et sans papier.

Mais les conditions de misère et les risques encourus sont bien souvent considérés comme acceptables dans l’espoir de revenir au pays enrichi et auréolé d’un prestige qu’on s’invente comme le fait l’homme de Barbés qui s’invente un personnage pour jouir d’une certaine aura à son retour au village.

Et même les footballeurs prometteurs peuvent aussi connaitre de terribles désillusions comme Moussa qui échoua en France, revint au pays misérable et finit par se suicider de honte.

Mais Diome ne parle pas que d’émigration et de relations franco-sénégalaises, elle décrit aussi la vie à Niodor avec le poids écrasant des traditions, des clans, des mariages arrangés, de la polygamie et du destin abrutissant des femmes uniquement valorisées dans leur rôle de reproductrices et de maitresse de maison.

Le rôle des marabouts abusant de la crédulité des gens est également évoqué dans un épisode d’agression sexuelle particulièrement traumatisant.

En conclusion, « Le ventre de l’Atlantique » est un roman au style plaisant, riche, amusant et parfois mordant qui le rend agréable à la lecture.

Diome exprime avec subtilité son écartèlement, de son incapacité à retourner vivre en Afrique malgré quelques inévitables moments de nostalgie à la découverte de la froide solitude et de l’individualisme européen.

On comprend mieux le sentiment de culpabilité que peut ressentir l’émigré sénégalais, avec ce devoir de réussir, d’envoyer de l’argent ou de rapporter des cadeaux pour ceux moins chanceux ou moins aventureux restés au pays.

Il permet également de comprendre le fonctionnement d’une société traditionnelle sénégalaise, avec tout le dénuement matériel et  fossé culturel qui la sépare de l’Europe, ce fossé se ressentant surtout dans le rôle des femmes considérablement moins émancipées.

On ressort de sa lecture un peu plus informé sans pour autant être ébranlé dans sa vision du monde ou ses certitudes.

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10 juin 2011 5 10 /06 /juin /2011 22:08

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3

 

 

Après « L’immeuble Yacoubian » , le best seller de Alaa El Aswany chroniqué ici même, je me devais de boucler la boucle en voyant et chroniquant le film de Marwan Hamed sorti en 2006.

Bien entendu le film est fidèle au livre et a l’immense mérite de mettre des visages, des formes et des couleurs à un récit certes passionnant mais difficile parfois à imaginer pour quelqu’un qui n’a jamais mis les pieds au Caire.

Le principe de la multiplicité des personnages vivant au milieu des années 90 dans un bel immeuble colonial du Caire est ici repris avec une bonne représentation des strates de la société égyptienne même si les classes aisées sont tout de même très mises à l’honneur.

Ainsi, le pacha Zaki El Dessouki (Adel Imam), vieil homme politique solitaire déclinant physiquement, tente pathétiquement de se raccrocher à sa jeunesse en écumant les bars à la recherche de jeunes femmes et tel un vieux lion isolé se retrouve attaqué de toute part, que ce soit par sa sœur une abominable harpie ou le tailleur Malak (Ahmed Bedeir) qui convoitent tous les deux son spacieux appartement et sa fortune.

Dans le monde des élites, on suit également Haj Azzam (Nour El Sherif) député ambitieux contraint de sombrer dans la corruption lorsqu’il se lance dans le monde des affaires avec l’importation de voitures japonaises en Egypte.

Sans scrupule jusque dans sa vie privée, Azzam aura également une deuxième épouse clandestine Soad (Somaya El Kashab) qu’il répudiera après l’avoir forcée à avorter.

Le journaliste Hatem Rachid (Khaled El Sawi) vient compléter ce tableau des mœurs avec une intéressante exposition de la vie d’un homosexuel aisé qui achète par son argent les services d’un jeune soldat issue d’un milieu paysan modeste.

Dans le monde plus modeste des pauvres vivant dans des cabanes sur les toits des immeubles vient la jeune et belle Bothayana  (Hend Sabri) qui va de galères en galères à la recherche d’un emploi de vendeuse sans être trop déshonorée par ses patrons concupiscents.

Elle est fréquente le jeune Taha (Mohamed Iman) qui cherche à intégrer l’école de police mais dont l’échec en raison de son origine modeste le fera glisser lentement mais surement dans les griffes du terrorisme islamique.

Les histoires ne se mélangent pas nécessairement, seule Bothayana et Zaki se croisent puisque la jeune femme entre au service du vieux politicien.

Renonçant à rouler le vieil homme, Bothayana sera séduite par son érudition, sa gentillesses, ses mœurs à l’occidentale et finira par l’épouser.

En conclusion, bien que moins prenante que le livre, la version cinématographique de « L’immeuble Yacoubian » est néanmoins une œuvre forte au contenu social magnifié par la qualité des acteurs capable d’incarner des personnages à la fois représentatifs de la société égyptienne mais aussi marginaux dans la mesure ou il paraissent tous plutôt émancipés et maitres de leurs destins.

Les femmes surtout dans le film apparaissent très libérées pour un pays certes non fondamentaliste mais ou les traditions de l’Islam ont bien entendu encore du poids.

C’est donc à une vision à plutôt moderne de la société égyptienne qu’on assiste au final sans que l’on sache dans quelle mesure elle correspond à la réalité.

De manière assez amusante, quelques clins d’œil sont fait à la culture française avec le fantasme de Paris et l’indécrottable cliché des chansons d’Edith Piaf présents sans nul doute dans le monde entier.

Les principaux reproches qu’on pourrait faire au film de Hamed sont une trop grande longueur et un manque de rythme qui font qu’on trouve parfois le temps long.

Le message corrosif qu’il véhicule et la grande fresque de destinées de personnages n’en demeurent pas moins bels et bien présents.

A la lumière de la révolution égyptienne du printemps 2011 aboutissant à la chute d’Hosni Moubarak, le message social véhiculé par le film prend une toute autre dimension et donne quelques clés pour essayer de comprendre quel sera le devenir de ce pays complexe tiraillé entre influences européenne et arabe.

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17 mai 2011 2 17 /05 /mai /2011 21:01

minuit paris4

 

Bien il fallait bien que cela m’arrive un jour, aller voir le week end dernier mon premier Woody Allen avec « Minuit à Paris » sur les écrans en ce beau printemps 2011.

J’étais il est vrai pétri d’a priori sur ce cinéaste qualifié d’intello et n’y suis allé qu’en trainant assez piteusement des pieds.

« Minuit à Paris » commence comme un classieux spot de pub commandé par la ville de Paris.

Puis on entre dans l’histoire avec Gil (Owen Wilson) et Inez (Rachel Mc Adams) jeune couple américain en visite à Paris avant leur proche mariage.

Honnête scénariste à Hollywood, Gil s’est lancé dans l’écriture d’un livre basé sur la nostalgie et éprouve les pires doutes quand à sa légitimité artistique dans l’aboutissement d’un tel projet.

Ses doutes sont accrus par Inez, personne pragmatique et superficielle à l’opposée du coté rêveur de son compagnon.

Pour accroitre le tout, ses futurs beaux parents, républicains conservateurs sont du voyage ainsi que Paul  (Michael Sheen) , professeur de lettres, véritable puits de culture et de pédantisme, que Inez idolâtre stupidement.

Asphyxié par cet entourage oppressant, Gil va éprouver de s’évader et de se perdre seul la nuit dans les rues de Paris.

Lors de sa virée nocturne il est pris en stop par un taxi et se retrouve propulsé dans le Paris des années 20 sur lequel il fantasme en tant qu’artiste.

Il y rencontre ses idoles, Ernest Hemingway (Corey Stoll) et son éditrice Gertrude Stein (Katy Bates), Scott et Zelda Fitzgerald (Tom Hiddleston et Alison Pill), croise Pablo Picasso (Marcial di Fonzo Bo) et sa maitresse Adriana (Marion Cotillard) étudiante en stylisme chez Channel dont il tombe sous le charme troublant.

Eberlué, Gil se laisse enivrer par ce monde féérique et a même la chance inouïe de faire relire son manuscrit à Stein.

De retour dans le présent, bien entendu tout le monde le croit dérangé.

Tandis que son futur beau père méfiant le fait suivre par un détective privé et que sa femme se rapproche dangereusement de Paul, Gil n’a alors de cesse de retourner dans le Paris des années 20 pour retrouver Hemingway, Stein et Adriana.

Woody Allen se fait plaisir et va en provoquant des rencontres en apparence fortuites avec les artistes surréalistes Salvador Dali (Adrian Brody), Luis Buñuel (Adrian de Van)  puis Toulouse Lautrec.

Gil vit une liaison platonique avec Adriana et s’aperçoit que les habitants du Paris des années 20 fantasmaient sur la Belle Epoque alors que ces derniers ne rêvait que la Renaissance.

Il comprend alors que le cercle de la nostalgie est sans fin et que cet amour d’un passé fantasmé n’est qu’une fuite éperdue d’un présent décevant et trop lourd à affronter.

Décidant de prendre sa vie en main, il s’arrache à sa destinée, rompt avec cette femme auquel rien ne le relie et décide de vivre la vie qu’il désire à Paris.

En conclusion, balayant tous mes stupides a priori, « Minuit à Paris » est un film remarquable, beaucoup plus profond que ce à quoi je m’attendais.

Le sentiment de nostalgie me parait inévitable au fur et à mesure que l’on vieillit et j’en suis moi-même atteint.

Le fameux « C’était mieux avant » certes fallacieux nous réconforte dans son illusion idéalisée par nos esprits humains en quête d’absolu.

Mais l’être humain a justement besoin de se nourrir de rêves, de fantasmes pour survivre et enjoliver une réalité souvent décevante ou terriblement banale.

La nostalgie n’est donc pas pour moi un mal si on conserve sa lucidité.

En écrivain paumé, émerveillé et sympathique, Owen Wilson est formidablement attachant.

Avec ses belles images idéalisant le Paris de l’histoire des arts et des lettres, « Minuit à Paris » recèle une dimension poétique indéniable qui donne envie de se replonger dans un intense bain de culture des grands artistes de référence qui le traversent.

Je ne pense pas qu’il faille par contre s’éterniser sur la performance d’actrice de Carla Bruni, purement anecdotique dans le film ni sur le jeu d’actrice de vamp des années folles de Marion Cotillard.

« Minuit à Paris » devrait à mon sens fort logiquement doper les visites de touristes en quête de romantisme au moins l’été prochain.

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18 avril 2011 1 18 /04 /avril /2011 22:20


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En 2007, le film « Persepolis » de Marjane Satrapi crée la surprise en obtenant un succès inattendu (prix du jury à Cannes puis César du meilleur film).
La bande dessinée composée de quatre volumineuses parties parues entre 2000 et 2003.
L’auteur y décrit dans un style très personnel toute sa vie de femme iranienne depuis sa naissance en 1970 jusqu’à sa vie de jeune adulte en 1994.
C’est donc vingt quatre ans de vie que parcourt cette œuvre.
On découvre alors la vie à Téhéran dans les années 70, avec la dictature du Shah soutenu par les pays occidentaux pour son pétrole et la relative liberté pour les femmes à l’époque.
Certes les opposants majoritairement communistes étaient sévèrement réprimés mais la petite Marjane issue d’une famille très progressiste put étudier dans les écoles françaises et s’ouvrir au monde.
Marjane est également fortement influencée par sa grand-mère, esprit indépendant qu’elle vénère plus que tout.
La révolution islamique fit basculer l’Iran dans un pays de dictature ou une interprétation rigoriste des textes islamiques fut appliquée avec de nombreuses interdictions imposées aux populations dont la plus visible est le port du voile pour les femmes.
Satrapi décrit un régime de terreur et de violence, enfermant les gens dans un carcan et interdisant toute forme d’ouverture au monde, tout particulièrement à un Occident régulièrement diabolisé.
La jeune femme, rebelle par nature a bien du mal à se plier à ses nouvelles règles qu’elle juge absurdes et brave souvent les interdits en courant de relativement graves dangers.
Cette révolte se traduit par exemple par l’importation de casettes de musique occidentales comme le groupe de heavy metal Iron Maiden ou la chanteuse de pop anglaise Kim Wilde.
En 1980, la sanglante guerre contre l’Irak de Saddam Hussein vient encore bouleverser la donne.
Soumis à une agression extérieure d’un pays belliqueux, surarmé par l’Occident, l’Iran n’a pas d’autre choix que de faire bloc et d’envoyer des soldats martyrs se sacrifier pour la patrie.
L’évocation du climat de cette guerre monstrueuse qui dura huit ans et fit un million de morts constitue assurément l’un des moments forts du livre avec les pénuries (alimentaires, carburants) et l’angoisse des bombardements vécues par les populations civiles.
Envoyée par sa famille en Europe, Marjane découvre l’Autriche dans une pension de sœurs chrétiennes et vit un véritable choc culturel.
En pleine puberté et crise adolescente, elle fréquent des punks, des anarchistes, prend beaucoup de drogues.
Elle a également ses premières expériences sexuelles notamment avec un certain Markus qui abuse de ses rêves de jeune fille pour la manipuler
Marjane vit une période très difficile ballotée de foyers en foyers et finit quasiment sans domicile fixe.
Pour la jeune femme en perdition, le désir de revoir sa famille devient alors plus fort que tout.
Mais le retour au pays après la fin de la guerre est également difficile et la réadaptation aux mœurs religieuses très pénibles car Marjane a toujours au fond d’elle son esprit frondeur.
Néanmoins Marjane parvient à trouver l’amour et se marie avec Reza un jeune homme moderne, sage et rangé.
Mais l’indépendante Marjane déchante vite et découvre qu’elle n’est sans doute pas faite pour le mariage.
Dans un pays aussi traditionnaliste que l’Iran, le divorce reste délicat.
Marjane prend donc la décision de retourner en Autriche, laissant derrière elle une nouvelle fois sa famille.
En conclusion, « Persepolis » est une œuvre attachante et personnelle.
L’auteur décrit une période extrêmement troublée et difficile avec le basculement d’un pays dans la dictature puis une dans une horrible guerre défensive ou le sacrifice pour la partie fut élevé au rang de devoir religieux.
La force de « Persepolis »  est de montrer le courage de certaines femmes iraniennes qui luttent à leur manière pour leur liberté.
La jeunesse la plus émancipée vit donc une double vie, organisant des soirées dansantes rythmées par  la musique occidentale et l’ingestion de fortes quantités d’alcool.
Cette bande dessinée trouvera à mon sens un fort écho auprès des émigrés partis en Europe chercher une meilleur vie économique ou fuir une situation intenable pour eux.
Soumis aux préjugés et à une indéfectible nostalgie pour une terre natale souvent par contraste idéalisée par rapport à un quotidien sordide, ils auront besoin de toute leur force pour refaire leur vie et avancer.
Un mot sur le style de Satrapi, d’un noir et blanc très sobre évoquant par instant le dessinateur du Monde Serguei.
C’est pour moi le principal reproche du livre, ce trait simple et austère sans réel panache graphique.

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6 octobre 2010 3 06 /10 /octobre /2010 20:29

 

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En commençant « Crime et châtiment » de Fédor Dostoïevski, je savais pertinemment que je m’attaquais à un monument de la littérature puisqu’un bon ami m’avait assuré que l’auteur russe était sans doute pour lui le plus grand écrivain de l’Histoire.

Publié en 1866, « Crime et châtiment » est le premier roman à succès de Dostoïevski.

Située au XIX ieme siècle à Saint Petersbourg, l’histoire se présente tout d’abord superficiellement comme un celle d’un roman policier après le meurtre d’une vieille usurière russe sauvagement assassinée à coups de hache par un étudiant désargenté nommé Raskolnikov.

Personnage principal du roman, Raskolnikov va démontrer une personnalité complexe, intelligente, torturée et déroutante puisque le jeune homme ne sait pas réellement pourquoi il a commis le meurtre, et va d’interrogations en interrogations être partagé entre le désir de justifier son crime de manière philosophique par le fait que les hommes d’exceptions ont parfois le droit de tuer les gens « médiocres » pour atteindre des idéaux plus élevés et un violent désir de repentir caractérisé par une envie d’être pris par la police.

Tiraillé entre cette justification qu’il n’assume pas totalement (car il reconnaît ne pas être Socrate, Napoléon ou Newton)  et une tension nerveuse insupportable l’amenant à des violentes crises de maladie, Raskolnikov va faire partager au lecteur son trouble intérieur, son questionnement sur le sens de la vie et de nos actes.

La trame principale du roman policier va donc se dessiner autour d’un infernal jeu du chat et de la souris entre Raskolnikov et le juge d’instruction Porphyre Petrovitch, redoutable manipulateur qui va manœuvrer psychologiquement l’étudiant pour le pousser à bout.

Mais outre les versants policier et métaphysique, « Crime et châtiment » explore aussi par son incroyable galerie de personnages plusieurs facettes de la société russe de l’époque, que ce soit le socialisme progressiste illuminé de Lebeziantikov ou la misère sociale par la malheureuse famille Marmeladov avec le mari ivrogne et la femme phtistique.

Raskolnikov prendra d’ailleurs en sympathie les Marmeladov et tombera amoureux de leur belle fille Sonia, dont la noblesse des sentiments contrastant avec son extrême dénuement finiront par gagner son cœur.

Prenant fait et cause pour les « petites gens », Dostoïevski décrit la lutte acharnée de Raskolnikov contre Loujine, homme trouble désirant épouser sa sœur Dounia en utilisant sa position sociale élevée pour mieux l’asservir.

L’ardente bataille entre Raskolnikov et Loujine pour sauver la famille Raskolnikov constitue assurément l’un  des morceaux de choix du récit.

Et puis il y a les personnages annexes, qui interviennent par instant comme le très vivant Razoumikhine meilleur ami de Raskolnikov qui bien que limité joue un rôle de soutien actif auprès de son ténébreux ami.

Le propriétaire terrien, Svidrigailov qui après avoir exploité Dounia, tente de faire chanter Raskolnikov est pour moi le plus fascinant d’entre eux, avec de fortes tendances pédophiles et psychotiques qui le mèneront à un suicide particulièrement marquant.

Après un récit long, dense et parfois douloureux tant on souffre avec Raskolnikov, l’intrigue se dénoue, le coupable se livre et purge sa peine en Sibérie.

La fidèle Sonia qui accepte de suivre le criminel par amour sert de vecteur à une renaissance et un apaisement intérieur centré sur l’amour et une attraction nouvelle d’un homme jusqu’alors férocement agnostique pour la religion.

En conclusion, sur le fond, rien à dire « Crime et châtiment » est une œuvre particulièrement profonde agitant un questionnement autour de la loi, du droit ou pas à les transgresser, de la morale et de la souffrance qu’elle occasionne jusqu’à conduire à l’expiation libératrice.

Tout au long du roman, Raskolnikov fait son chemin de croix et finit dans l’expiation de son crime par trouver l’apaisement.

Œuvre multiple et complexe par la diversité des thèmes qu’elle aborde, « Crime et châtiment » constitue également malgré ses prises de positions marquées en faveur du « petit peuple russe » exploité par des riches sans scrupules (Loujine, Svidrigailov)  une critique des courants socialistes alors grandissants dans le Russie de la fin du XIX ieme siècle.

Seul bémol, le style de Dostoïevski que j’ai trouvé assez pesant par instant avec les digressions à rallonges dans les dialogues de l’insupportable Petrovitch, de Loujine ou de la mère de Raskolnikov.

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28 septembre 2010 2 28 /09 /septembre /2010 23:13

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Depuis quelques temps vous avez peut être constaté que le Brésil était à la mode dans les média français et internationaux.

Ce géant assoupi se réveille et se découvre par l’intermédiaire de son président Lula des ambitions pour jouer les premiers rôles économiques et politiques sur l’échiquier mondial.

Le Bahianais Jorge Amado est sans nul doute l’un des écrivains les plus populaires de ce pays multiple et fascinant à bien des égards.

Son premier roman écrit en 1931, « Le pays du Carnaval » ne fut pourtant traduit du portugais qu’en 1984, tant Amado n’assumait pas cette œuvre de jeunesse écrite à seulement 18 ans.

L’histoire se déroulant en 1930 est celle de Paulo Rigger, jeune bahianais fils de riche planteur de cacao parti étudier le droit à Paris et revenu sept ans après dans son pays natal.

A Paris, Rigger a en même temps qu’étudié, découvert la vie facile, les plaisirs de la chair et le cynisme français.

Revenu au pays, Rigger déformé par son éducation française ne se sent plus brésilien.

Le roman raconte son questionnement, ses doutes et ses errements métaphysiques.

Rigger revient à la plantation familiale de Bahia avec Julie une française qu’il a connu sur le bateau de son retour.

Julie incarne la française type, belle, cynique et volage.

Incapable de fidélité, elle ne tarde pas à tromper Paulo qui amoureux et très axé sur les sentiments en souffre atrocement.

A Bahia, Paulo fréquente un groupe d’amis avec qui il a d’intenses débats intellectuels sur la philosophie, la littérature et la politique.

Il est vrai que la période politique avec le coup d’état de Getulio Vargas instauré à Rio est propice à ce type de discussions.

Dans la groupe il y a le doyen, Pedro Ticiano poète maudit et journaliste pamphlétaire, qui fait office de sage et d’adepte de la philosophie du scepticisme.

Puis viennent Ricardo Bras étudiant en droit qui croit lui en l’amour et en une vie rangée, Jéromino Soares, jeune homme simple  et timide dévoyé par son maître Ticiano qui lui a appris l’insatisfaction et José Lopes, jeune diplômé brillant, en mal d’idéaux religieux ou philosophiques.

Les cinqs amis partageant des visions differentes sur le sens à donner à la vie s’opposent souvent de manière violente ce qui donne lieu à des débats animés.

Un jour pour faire passer leurs idées, ils décident de fonder un journal qu’ils appellent l’Estado de Bahia.

Voulant croire en un amour pur au dessus de tout, Rigger délaisse rapidement sa française et s’amourache de Maria de Lourdes, jeune bahianaise très pauvre rencontrée dans un cinéma.

Mais après plusieurs semaines de flirt, Rigger apprend que la jeune fille n’est pas vierge et ne peut en raison du poids des traditions de l’époque la demander en mariage.

Désespéré, il poursuit donc son parcours chaotique et douloureux allant même jusqu’à songer au suicide sans toutefois parvenir à passer aux actes.

La mort du vieux Ticiano est le point culminant du livre … le vieil homme livrant ses derniers secrets sur son lit de mort.

Bras se marie et part vivre dans les terres loin de Bahia.

Pourtant malgré le confort de sa vie bourgeoise, il ne parvient pas à la félicité et comprend que Ticiano avait raison.

Soares épouse une prostituée et retourne à son ancienne vie plus simple malgré quelques vestiges des enseignements de Ticiano qui le tourmentent et le laissent toujours insatisfaits.

Après avoir ouvert une salle de jeu puis mystérieusement disparu, Lopes réapparaît et se déclare converti au communisme.

Le roman se termine par la décision subite de Rigger de retourner en Europe pour oublier ses peines.

Symboliquement, le jeune homme repart le même jour que celui de son arrivée : celui du carnaval de Rio, fête comparable à une transe sensuelle unissant l’ame entière du peuple brésilien.

En conclusion, « Le pays du Carnaval » est un très bon petit roman et on comprend assez mal avec le recul les hésitations de Amado pour la publication de cet ouvrage de qualité.

A travers le filtre d’une certaine élite intellectuelle, Amado nous permet de pénétrer la société brésilienne des années 30 et de mieux comprendre son fonctionnement.

Le roman contient une dimension philosophique des plus plaisantes à laquelle l’auteur répond partiellement par la voix du sage Ticiano mais qui ne semble pas totalement convenir au jeune Rigger.

La recherche de la félicité, le doute érigée en philosophie et le renoncement aux plaisirs ne parvenant pas à totalement à trouver grâce auprès du jeune homme plus porté sur les sentiments amoureux.

Pour ma part il parait certain que le doute et l'insatisfaction sont deux des composantes principales de chaque etre humain "pensant", la recherche de solutions pour les surmonter étant propre à chacun (amour,religion, philosophie ...)

Jorge Amado constitue donc pour moi une très belle découverte et je remercie la personne qui a participé à celle-ci.


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10 août 2010 2 10 /08 /août /2010 22:44

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Malgré quelques déceptions, je persévère dans ma découverte d’Ernest Hemingway avec cette fois l’un de ses plus grand classiques « Pour qui sonne le glas ».

Ce livre prend place dans un contexte très difficile, la guerre civile qui ensanglanta l’Espagne de 1936 à 1939.

Le personnage principal, Robert Jordan, est un jeune professeur américain qui s’est enrôlé comme dynamiteur dans la coalition des forces communistes étrangères qui luttent aux cotés de républicains contre l’insurrection nationaliste et fasciste de Franco.

Sa mission principale est de faire sauter un pont dans la région de Castille afin de préparer une contre offensive républicaine d’envergure pour de reprendre Ségovie puis ensuite de marcher sur Madrid.

Après avoir pris ses ordres d’un général russe (Golz), Jordan prend alors contact avec une bande de partisans espagnols pour arriver jusqu’à son objectif.

Ayant déjà vécu en Espagne avant le conflit, Jordan à l’avantage de parler parfaitement l’espagnol ce qui facilite son intégration au sein de la bande dirigée par leur chef Pablo qui s’est brillamment illustré par une attaque de train.

Mais Pablo semble usé par le conflit et son attitude étrange, son manque de combativité font de lui un personnage dangereux et ambigu qui met en péril la cohésion du groupe et la mission de Jordan.

Pourtant sans doute séduit par sa personnalité trouble, l’américain prend sa défense afin de lui éviter d’être exécuté et contre toute attente Pablo viendra jusqu’au bout hanter le roman.

La totalité du livre tient sur une durée de trois jours avec la préparation de l’acte de dynamitage et la description de la vie de guérilleros.

Dans cette environnement règne Pilar, la femme de Pablo, une matrone de prêt cinquante ans, énergique et idéaliste qui est la véritable locomotive du groupe.

Il y aussi le vieil Anselmo, pisteur infatigable et chaleureux qui guide Jordan dans le maquis castillan et Raphaël le gitan, peu fiable car enrôlé un peu malgré lui dans une guerre dont les enjeux le dépassent.

Mais la grande histoire de Robert Jordan reste Maria, jeune paysanne recueillie par le groupe après avoir été tondue et violée par les nationalistes.

Durant les trois jours, Robert et Maria s’aiment d’un amour pur et intense.

Malgré le cadre tragique qui les entourent, tous deux découvrent l’amour pour la première fois dans toute sa beauté et sa simplicité.

Tout au long du récit, Hemingway décrit les horreurs de la guerre, la peur des patrouilles, des tanks, des avions et les massacres abominables comme celui que confessent Pilar et Pablo, de tous les hommes fascistes de leur village alors qu’ils étaient désarmés et retranchés dans une maison.

Puis vient l’heure d’exécuter la mission et le plus grand pic d’intensité du roman.

Jordan parvient à ses fins mais est cruellement blessé à la jambe en s’enfuyant.

Avec sa jambe cassée il devient un poids pour le groupe et demande a être abandonné.

Les adieux avec Maria sont déchirants.

Le roman se termine sur une scène particulièrement forte ou Jordan grièvement blessé attend avec anxiété la patrouille tout en hésitant encore à se suicider ou à vendre chèrement sa peau en assassinant un officier.

En conclusion, « Pour qui sonne le glas » est un roman très dense et dramatique.

Hemingway s’est bien sur inspiré de son expérience comme correspondant de guerre pour le personnage de Jordan mais outre l’aspect historique, le roman comporte un arrière fond philosophique des plus intéressants.

Se sachant sans nul doute condamné, Jordan vit pourtant au contact de ses gens rustres mais généreux et de la jeune Maria, sans nul doute les meilleurs moments de son existence et est prêt à accepter de mourir en échange de se trois jours merveilleux car il comprend que l’important n’est pas de vivre longtemps une vie vide mais de vivre bien et intensément en ayant l’impression d’avoir rempli sa vie.

La seule critique que je pourrai faire est que le livre m’a paru trop long et l’action plutôt réduite ce qui est plutôt décevant pour une œuvre traitant de la guerre.

Le lecteur s’installe donc dans l’attente et la routine de la vie de camps avec les interminables discussions autour du feu.

Malgré cela, les quelques pics d’intensité et la philosophie sous jacente de ce livre font de « Pour qui sonne le glas » une oeuvre puissante et marquante.


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21 juillet 2010 3 21 /07 /juillet /2010 21:36

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Publié à titre posthume, « La bulle cassée » est un roman atypique de Philipe K Dick dans la mesure ou il délaisse les habituelles préoccupations d’anticipation et de paranoïa de l’auteur pour raconter une histoire plus traditionnelle se déroulant en Californie en 1956.

Dans ce livre Jim Briskin est un disc jockey de la KOIF une radio de San Francisco ou il a acquis une certaine notoriété auprès du jeune public en diffusant outre de la musique classique, de la musique rock’n’roll alors en passe de séduire la jeunesse américaine malgré la censure qui la trouvait trop proche des populations noires.

Un jour un vendeur de voiture véreux mais puissant localement nommé Luke Sharpstein passe un contrat avec la radio pour une diffusion de spots publicitaires pour son entreprise Looney Luke.

Sharpstein désire imposer de la musique country dans sa publicité.

Ardent défenseur de la musique classique et des nouvelles musiques dites avant guardistes, Briskin dérape à l’antenne en dénigrant la publicité.

Il est donc mis à pied par ses patrons et reprend contact avec son ex-femme Patricia avec qui il sort d’un divorce douloureux.

La stérilité de Jim ayant été la principale cause de leur séparation, les deux ex-époux sont malgré tout restés très proches même si Patricia est en passe de se marier avec Bob Posin le directeur de la radio.

Les relations de l’ancien couple paraissent très étranges, surtout quand ils se rapprochent d’un autre jeune couple composé d’Art et Rachel, à peine âgés de 18 ans qui attendent de surcroît un enfant.

Perdus dans leur vie, Art et Rachel font partie d’un groupe de jeunes activistes de gauche férus de science fiction, menant des opérations coups de poings contre les autres jeunes de bonnes familles.

Ce groupe est dirigé par Grimmelman, déserteur polonais poursuivi par le FBI qui a construit une puissante voiture nommée la Horch pour réaliser leurs spectaculaires raids.

Jim et Patricia prennent en sympathie Art et Rachel et entre les deux couples se nouent des relations troubles puisque Jim paraît attiré par Rachel, tandis que Patricia très instable psychologiquement sort avec le jeune homme après une soirée trop arrosée.

Rapidement Art tombe amoureux de Patricia qui demeure une femme encore très désirable.

Mais le jeune homme paraît possessif, immature et dangereux puisqu’il la frappe au visage et menace de tuer Posin.

Art pousse Patricia a partir avec lui dans une sorte de cavale sans but et celle ci attirée physiquement par le jeune homme suit temporairement avant de se ressaisir et d’appeler Jim à la rescousse.

Profitant de son ascendant naturel sur Art, Jim rétablit la situation et ramène Patricia à bon port qui décide de le ré épouser.

Du coup Jim rompt ses relations avec la jeune Rachel qui finit par l’accepter.

Entre temps Grimmelman se fait coffrer par le FBI et Art est arrêté par la police après avoir été pris pour l’auteur d’une mauvaise plaisanterie consistant à jeter d’un immeuble une immense bulle remplie d’eau et de saletés.

Dick indique que cette bulle provient d’un numéro grotesque d’une chanteuse de rock ratée mettant en avant sa plastique avantageuse dans une bulle en plastique dans laquelle peuvent frapper les membres de séminaires moyennant finances.

Briskin intervient et fait sortir Art de prison pour assister à l’acouchement de Rachel.

En conclusion, « La bulle cassée » est un roman plutôt étrange qui déroutera à n’en pas douter les fans de l’écrivain de SF à l’imagination prolifique.

Ici, le gourou de la Science Fiction prend un visage plus humain et se fait l’écho de la jeunesse américaine des années 50 alors en plein désir d’émancipation, ce désir se traduisant par l’éclosion de la musique rock’n’roll.

L’auteur porte un regard protecteur et amicale sur celle ci, se sentant sans doute proche d’elle à travers le personnage de Briskin.

Le terme « bulle cassée » est assez énigmatique, on peut y voir l’échec programmé de la musique rock’n’roll attraction un peu vulgaire exposée aux yeux de tous dans une cage et par extension l’échec des mouvements libertaires étouffés à long terme par les systèmes politiques et leurs puissants appareils répressifs.

Un livre daté, sympathique et bien troussé mais qui ne m’a pas bouleversé outre mesure.


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25 juin 2010 5 25 /06 /juin /2010 20:08

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2

 

Paru en 1949, « Histoire naturelle des morts » d’Ernest Hemingway est un court recueil de nouvelles traitant du thème de la mort.

Ancien infirmier et journaliste des deux guerres mondiales, Hemingway a eu une expérience très intime avec la mort sur les champs de bataille qui est donc logiquement mise à l’honneur dans l’intégralité de ces nouvelles.

La première nouvelle pose le sujet de manière générale avant de se terminer par une anecdote contant une dispute absurde entre un médecin et un lieutenant d’artillerie à propos d’un blessé dont les cris d’agonie dans un abri rendent tout le monde fou.

« Un soldat chez lui » traite du difficile retour dans ses foyers d’un soldat américain après la guerre de 14-18, avec un terrible sentiment de décalage et de désintérêt pour le monde civil qui ne peut de toute façon pas comprendre l’état d’esprit du vétéran de guerre.

« Dans un autre pays » a pour sujet la douloureuse rééducation à Milan d’un soldat américain blessé pendant la première guerre mondiale.

Hemingway décrit l’horreur des mutilations ou des handicaps des survivants, qui entre les mensonge des médecins et les balbutiements de la chirurgie réparatrice, essaient de garder un faible espoir de retrouver une vie normale.

« Simple enquête » est un étrange nouvelle sur fond d’homosexualité larvée et de harcèlement sexuel d’un major pour un soldat.

Se déroulant également en Italie pendant la guerre, la dernière partie intitulée « Ca ne risque pas de vous arriver » montre également un dialogue déroutant autour de la guerre et de son issue entre un soldat américain  égaré et un capitaine italien l’ayant temporairement recueilli.

En conclusion, « Histoire naturelle des morts » ne sera pas encore une fois le livre d’Hemingway qui me convertira de manière absolue au génie de l’écrivain américain.

Hemingway traite ici de son expérience des champs de bataille et des atrocités qu’il y a vues mais de manière presque scientifique et détachée ce qui génère peu d’empathie au regard de l’intensité supposée des évènements vécus.

Il écrit plutôt ici comme un journaliste scientifique se cantonnant froidement aux faits.

Peu de dramaturgie donc et beaucoup d’absurdité dans les situations vécues, généralement assez inattendues.

Un livre plutot décevant qui m’a donc grandement laissé sur ma fin.


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