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16 décembre 2012 7 16 /12 /décembre /2012 19:06

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Etant un fervent admirateur de Marlon Brando et de films anciens, j’ai fort logiquement regardé « La comtesse de Hong-Kong » de Charlie Chaplin.

Sorti en 1965, ce film se déroule comme son nom l’inique à Hong-Kong, ou Ogden Mears (Marlon Brando), fils d’une riche famille pétrolière américaine, vient d’apprendre sa nomination au poste d’ambassadeur en Arabie saoudite.

Lors de sa dernière soirée en ville, Ogden alors en pleine instance de divorce, sort flanqué de son ami Harvey Crothers (Sydney Chaplin) et fait la connaissance d’une belle escort girl appelée Natascha Alexandroff (Sophia Loren).

D’origine russe, Natascha est en réalité une ancienne comtesse ayant fuit les persécutions communiste pour échouer comme prostituée à Hong-Kong.

Ogden passe une belle soirée avec Natascha mais a la désagréable surprise de la trouver le lendemain cachée dans la cabine du paquebot qui l’emmène aux Etats-Unis.

Natascha lui révèle son souhait d’immigrer sans papiers aux Etats-Unis, ce qui stresse fortement le nouvel ambassadeur.

Pris au piège, Ogden, tempête, hésite et finit bon gré mal gré par cacher la comtesse dans sa cabine.

Mais ces nouvelles fonctions le soumettent à d’incessantes sollicitations qu’il a bien du mal compte tenu de la situation à honorer dignement.

Les relations avec Natascha sont passionnelles, orageuses, et la détermination de la jeune femme semble prendre le dessus sur la répulsion de Ogden.

Harvey découvre la jeune femme et entre alors dans la confidence du secret.

Les choses se gâtent lorsque Natascha s’enhardit et se rend à un bal ou elle rencontre un de ses anciens clients, qui la croyant encore en activité, la poursuit des ses assiduités.

Harvey et Ogden doivent donc déployer des trésors d’inventivité et d’habilité pour éconduire le lourdaud et préserver Natascha d’une situation dangereuse pour tout le monde.

Natascha révèle que pour échapper aux services d’immigration américains, elle est prête à sauter du bateau à Hawaï à la manière des polynésiens.

Les deux hommes tentent de l’en dissuader en organisant un mariage blanc avec leur employé Hudson (Patrick Cargill) homme d’âge mur maladroit et peu séduisant que Natascha a bien du mal à épouser.

Puis l’arrivée soudaine de Martha (Tippi Hedren) la femme de Ogden vient brouiller les cartes.

Profitant de la fraiche nomination de son mari à un poste à haute responsabilité, la jeune femme ne souhaite plus divorcer.

Ogden se trouve donc pris entre deux femmes et doit jouer de finesse pour préserver les apparences.

C’est encore une fois Natascha qui débloque la situation en plongeant du bateau à Hawaï.

La belle tient promesse et bénéficie de l’aide des habitants pour se rendre à Honolulu sur la plage de Waikiki.

Après un moment de flottement à bord, Harvey comprend la situation et va retrouver Natascha sur la plage.

Il la loge dans un hôtel prestigieux et l’a fait passer pour sa femme devant Martha et Ogden venus un peu plus tard.

Mais Martha n’est pas dupe et reconnait tout de suite l’ex prostituée.

En réalité, cette découverte n’a que peu d’impact puisque profitant de son statut de femme mariée avec Hudson, Natascha est finalement admise aux Etats-Unis.

Alors que l’histoire pourrait s’arrêter là entre Natascha et Ogden, ce dernier, atteint par le virus de l’amour, renonce à sa belle carrière, à sa femme pour rester avec la femme qu’il aime.

En conclusion, ancêtre de « Pretty woman », « La comtesse de Hong-Kong » n’est pour moi rien d’autre qu’une comédie romantique de plus qui pourrait passer complètement inaperçue sans la présence de ses deux, voir trois stars.

Le film est construit à la manière d’une pièce de théâtre et tourné pratiquement tout le temps en vase clos, avec très peu de plans extérieurs et rien sur la Chine et le Japon pourtant traversés.

Les quiproquos théâtraux s’enchainent de manière peu originale, lassante, et le spectateur ne peut pour se distraire que se contenter d’admirer les plastiques parfaites de la sensuelle Sophia Laurent et du viril Marlon Brando.

A voir donc uniquement pour les amateurs de deux monstres sacrés du cinéma, sur lesquels repose l’essentiel du film car mis à part cela, « La comtesse de Hong-Kong » est bien creux.

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9 novembre 2012 5 09 /11 /novembre /2012 16:21

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Yukio Mishima toujours avec « Le temple de l‘aube » troisième volet de la tétralogie de la « Mer de la fertilité ».

Nous sommes en 1939, à l’orée de la seconde guerre mondiale dans un Japon occupé, Shigekuni Honda a maintenant 57 ans et est un avocat à présent vieillissant se déplaçant à Bangkok pour défendre un de ses clients japonais en litige dans une affaire d‘import export.

Chaperonné par un représentant local de son client, Honda peut à loisir découvrir les meilleurs aspects de la capitale de la Thaïlande comme le fameux templede l'aube bouddhique et a accès par son cercle de relations privilégiées à la princesse Ying Chan, jeune descendante du royaume du Siam.

Au cours d’une entrevue avec Ying Chan, Honda est frappé par cette enfant qui tient des propos en apparence incohérents sur sa nature japonaise et reconnait en elle une nouvelle réincarnation de son ami Kiyoaki Matsugae, mort précocement et tragiquement.

Pour ajouter à son trouble, l’enfant semble irrésistiblement attiré par lui.

Après avoir offert à la princesse une superbe bague d’émeraude volée au Japon ayant appartenu à son père, Honda règle rapidement ses affaires juridiques et décide de profiter d’une gracieuse invitation de son client pour visiter l’Inde.

L’homme est en réalité en proie à un intense processus d’introspection.

Mal marié à Rié, sa femme stérile, malade des reins, qu’il a laissé au Japon sans grand regret, Honda est hanté par le souvenir de Kiyoaki et de sa réincarnation Isao, jeunes hommes ayant payé de leur vie leur attachement à des idéaux profondément ancrés en eux.

Honda se pose des questions sur les processus de réincarnation et cherche des réponses dans la philosophie grecque (Pythagore, Héraclite) avant de s’orienter vers la religion bouddhique  appelée bouddhisme theravada.

Avec pareil état d’esprit, son voyage en Inde prend des allures de pèlerinage spirituel.

Il est estomaqué par les temples hindous de Calcutta dédiés à la déesse sanguinaire Kali, mais encore plus par ceux de Bénarès dédia à son époux Siva ou il assiste à un rituel de crémation des morts.

La description de l’Inde est à la fois effrayante et fascinante, avec une intense élévation spirituelle noyée dans un océan intolérable de misère, de maladie et de souffrances.

Mishima fait sentir la puissance de l’émerveillement de Honda, qui étudie de manière très poussée les courants hindouiste, avec le processus de transmigration des renaissance successives appelé samsara, et l’influence du karma, somme des actions passées, présente et futures sur celle-ci.

Ce long passage est le plus complexe à comprendre, car faisant appel à des notions de philosophie orientales relativement peu répandues en Occident.

De retour dans son Japon meurtri par la guerre, la défaite et l‘occupation américaine, Honda profite d’une redistribution des terres par l’état pour s’établir avec sa femme Rié, dans une belle et grande maison de Tokyo avant de déménager à Goma, proche de la splendeur du mont Fuji.

Il sympathise avec Keiko Isamatsu, une japonaise fortunée et divorcée d’âge mur, aux mœurs particulièrement libérées qui l’amènent à fréquenter de jeunes officiers américains.

Mais Honda reste obsédé par Ying Chan et décide de l’inviter au Japon à l’occasion d’une grande réception, à laquelle participent des notables et artistes du la société japonaise comme l’écrivain Imanishi , chantre d’une société utopique dédiée au culte de la beauté, de la jeunesse afin de de mieux la détruire pour la faire accéder au statut de divinité martyre.

Volontairement choquant et anticonformiste, Imanishi  séduit madame Tsubakihara, la mère éplorée d’un jeune homme mort prématurément.

Cette réception permet aussi à Honda de revoir Makiko, l’amie de jeunesse du défunt Isao, devenue aujourd’hui une poétesse réputée au Japon et mentor artistique de Tsubakihara.

Malgré la jalousie dévorante de Rié qui sent l’attraction de son mari pour la jeune adolescente, Honda fait venir Ying Chan à Goma et est subjugué par la perfection de sa jeune beauté thaïlandaise.

Keiko joue ici le brillant rôle d’intermédiaire, à la fois complice de Honda et régulatrice de Rié dont elle calme les crises de jalousie.

Mais incapable de surmonter le tabou de l’immense différence d’âge, Honda ne peut passer à l’acte et se cantonne dans les plaisir pervers du voyeur, imaginant sans cesse le corps dénudé brun et ferme de Ying Chan.

Séducteur et prévenant, il lui offre néanmoins un parchemin contenant une soutra bouddhique appelée la soutra du grand paon doré et sensée la protéger contre toute forme de maladies.

Passivement il assiste aux tentatives de Keiko pour placer son jeune neveu falot, Katsumi comme prétendant pour Ying Chan.

Piégée dans la demeure de Goma, Ying Chan doit en principe subir les assauts de Katsumi tandis que Honda observe à travers un trou placé dans le mur de la chambre.

Mais Ying Chan se rebelle, éconduit sèchement le jeune idiot et le stratagème échoue.

Honda perd alors pour de bon l’estime de la belle dont il a trahi la confiance et reçoit en retour la bague d’émeraude qu’il lui avait offert.

Souffrant immensément du rejet et de la distance qu’elle instaure entre elle et lui, Honda doit finalement mettre sa fierté de coté pour demander à Keiko qui a recueilli la jeune femme, d’organiser d’autres rendez vous.

En parvenant une ultime fois à attirer Ying Chan à , Honda la surprend au lit en plein ébats lesbiens avec Keiko.

Le choc est immense pour lui, d’autant plus que sa femme Rié assiste elle aussi à la scène de débauche nocturne à laquelle se livre les deux femmes.

Assez étrangement, le lendemain matin un incendie ravage la maison tuant accidentellement Imanishi et Tsubakihara,  et achève symboliquement le cycle liant Honda à Ying Chan.

Plus tard, en 1967, un Honda encore plus âgé, apprendra la mort de la belle en Thaïlande, piquée par un serpent alors qu’elle avait rejeté le parchemin chargé de la soutra magique sensée la protéger …

En conclusion, « Le temple de l’aube » est un pur chef d’œuvre balayant instantanément toutes les réticences que j’ai pu exprimer pour les deux premiers tomes de « La mer de la fertilité ».

Très différents des deux premiers volumes, notamment du second nationaliste et morbide, « Le temple de l’aube » élève incroyablement les débats pour développer une réflexion philosophique ultra poussée sur les théories hindouiste liée à la réincarnation.

Cette partie riche et métaphysique est néanmoins la plus ardue à décrypter mais bénéficie des descriptions hallucinantes du voyage de Honda en Inde et de l’éveil spirituel qui en découle.

Mais « Le temple de l’aube » n’est pas qu’un livre introspectif sur le bouddhisme hindoue, il contient plusieurs niveaux de lectures, notamment la poursuite obsessionnelle d’un homme vieillissant découvrant une passion dévorante pour une jeune adolescente de noble nature, et par essence inaccessible.

Face à ce mur naturel et social, le vieil homme va développer un monde intérieur de fantasmes et de pulsions voyeuristes qui contribuera du fait de sa quête sans fin à le tenir en éveil.

Fantastique sur le fond, « Le temple de l’aube » l’est également dans la forme, avec la beauté colorée et misérable de l’Inde ou à un niveau moindre de la Thaïlande mais également par son incroyable teneur érotique.

Bien que homosexuel, Mishima décrit à la perfection les fantasmes pulsionnels d’un homme autour d’une jeune femme à la peau bistrée et au corps parfait.

Difficile, riche, complexe et divin sur le plan du style, « Le temple de l’aube » est un monument de la littérature et sans doute l’un des meilleurs livres de Mishima.

 

Il sera sans doute difficile de faire mieux voir aussi bien ...

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4 novembre 2012 7 04 /11 /novembre /2012 10:19

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Après avoir lu l’œuvre d’Arthur Miller, j’ai complété avec le film en noir et blanc de John Huston appelé « Les désaxés ».

Sorti en 1961, « Les désaxés » colle sans surprise au script de Miller, avec dans la moiteur de Reno (Nevada) la rencontre fortuite entre un mécanicien automobile Guido (Eli Wallach) et une jeune et belle divorcée un peu perdue Roslyn (Marylin Monroe) accompagnée de sa logeuse d’un certain âge Isabelle (Thelma Ritter).

Subjugué par la beauté de Roslyn qui se rend du tribunal, Guido ne peut résister à l’envie de l’inviter avec sa logeuse à passer quelques jours dans sa maison isolée située hors de la ville.

En chemin, le trio fait la connaissance de Gay Langland (Clark Gable), un ami cow boy coureur de jupons de Guido, qui lui aussi tombe sous le charme de Roslyn.

Tout ce beau monde se rend chez Guido, qui vit seul dans une grande maison plus ou moins bien entretenue depuis la mort de sa femme, décédée enceinte dans des circonstances tragiques.

A l’intérieur de la maison une compétition de séduction s’engage autour de la danse entre Guido et Gay pour séduire Roslyn, ce dernier remportant finalement l’avantage tandis que le premier nommé effectue de grand raids à bord de son petit avion personnel.

Le trio se rend ensuite à un rodéo pour recruter un troisième homme Perce Howland (Montgomery Clift) jeune casse cou n’hésitant pas à braver chevaux et taureaux pour gagner sa vie.

Roslyn a du mal a supporter les risques pris par Perce, qui se montre également séduit à sa manière frustre par les charmes de la nouvelle arrivante.

Après une compétition de racket ball endiablée dans un bar ou Roslyn épate la galerie masculine par son adresse et ses formes se balançant en cadence, le trio regagne Reno.

Les homme souhaitent partir pour capturer des mustangs afin de les vendre à la ville.

Quand Roslyn comprend que les mustangs seront tués et transformés en nourriture pour chien, elle s’y oppose de toutes ses forces, ce qui provoque une violente dispute avec Gay qui voit cela comme un gagne pain lucratif.

Profitant de l’avion de Guido qui rabat un groupe de six chevaux dans la plaine, le quatuor part en chasse sur un pickup équipé pour l’occasion.

La poursuite est ardue et malgré les réticences de Roslyn, les trois hommes capturent après une haute lutte un étalon nerveux, une vieille pouliche et son petit.

Mais Gay s’aperçoit qu’il a changé et sans doute adouci par sa nouvelle relation, décide de relâcher les chevaux pour mener une nouvelle vie.

Le couple part donc sur la route, délaissant Guido et Perce.

En conclusion, « Les désaxés » ne m’ont pas davantage séduit que le livre de Miller.

L’histoire  des ses pseudo paumés est aussi plate et ennuyeuse sur grand écran avec cet univers de brutes viriles et de femmes objets jouant les potiches sexy.

Car Houston utilise à ravir la plastique de Marylin Monroe, n’hésitant pas à produire des plans rapprochés sur ses fesses lorsqu’elle chevauche au galop ou lorsqu’elle ondule du bassin dans cette scandaleuse partie de racket ball.

Une autre scène pseudo érotique se produit lorsque Monroe sort d’un lac en bikini en courant honorant le divin principe mécanique qui veut que les formes remuent lorsque elle sont mises en mouvement.

Pour le reste, malgré ces petits émois, le film est bien décevant, avec un Gable usé et fatigué (qui mourra peu après la fin du film), un Clift limité en jeune bouseux mal dégrossi et un Wallach toujours à son aise dans un rôle secondaire.

Les scènes de chasse des mustangs auraient pu s’avérer éblouissantes dans les plaines désertiques du Nevada, mais l’absence de couleur nuit à leur impact.

Sans doute aventureux à son époque en décrivant un mode de vie pseudo marginal de ses protagonistes, « Les désaxés » parait aujourd’hui si on fait abstraction de la présence de ses stars, bien anodin.

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28 octobre 2012 7 28 /10 /octobre /2012 08:51

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« Les désaxés » est un film de 1961 de John Huston rendu célèbre par la présence de Marylin Monroe et Clark Gable.

« Les misfits » est le livre d’Arthur Miller qui servit de script pour le film.

L’histoire se déroule à Reno (Nevada) ou Roslyn belle femme fraichement divorcée se rendant au tribunal pour résoudre les dernières formalités juridique, fait la connaissance d’un réparateur de voiture appelé Guido.

L’homme un peu rustre mais entreprenant parvient à retenir son attention juste assez pour lui présenter Gay, son ami cow boy coureur de jupons, qui en revanche l’attire beaucoup plus.

Le contact passe si bien que Roslyn accepte une invitation pour se rendre avec son amie de soixante ans Isabelle dans la maison de Guido, située en plein désert.

La elle apprend à mieux connaitre le passé des deux hommes, notamment la mort de la femme de Guido.

Assez naturellement, une compétition masculine pour séduire Roslyn s’établit et à ce petit jeu c’est Gay qui en sort vainqueur.

Bon an mal an, Guido accepte sa défaite et compense sa relative déception en effectuant de long vols sur son petit avion personnel sur lequel il abat occasionnellement des aigles pour arrondir ses fins de mois.

Ce triangle amoureux n’altère pas les relations amicales entre les deux hommes et toute l’équipe se rend à un rodéo pour reprendre contact avec leur ami Perce, qui monte des chevaux sauvages et des taureaux furieux pour gagner sa vie.

Véritable tête brulée, Perce semble insensible au danger et ne recule pas devant les innombrables blessures de cette pratique ce qui effraie Roslyn.

Egalement sensible au charme de Roslyn, Perce se joint au groupe qui se fait remarquer dans les bars de la ville ou Roslyn remporte une belle somme d’argent en faisant une démonstration de jeu de raquette.

Puis on revient vers la maison de Guido et le véritable dessin de l’association se dessine alors, chasser les mustangs dans les zones montagneuses non pas pour simplement les capturer mais pour les tuer afin de vendre la viande de cheval.

Amoureuse des bêtes, Roslyn est scandalisée de cette révélation et fait tout pour dissuader Gay de se joindre à l’expédition.

Pourtant l’attrait de la rentabilité se montre supérieur et la chasse au mustang, tout d’abord en avion puis en pickup se met en place.

Malgré les supplications de Roslyn, les trois hommes capturent alors un étalon, une jument et son poulain.

Mais après la périlleuse et très technique capture, Gay touché par les arguments de Roslyn éprouve des remords et relâche les chevaux.

Il entreprend alors de suivre Roslyn pour mener une nouvelle vie de couple, plus stable.

En conclusion, sans avoir jamais vue le film, « Les misfits » m’a grandement déçu.

Le coté désaxé ou marginal apparait de manière peu évidente, et le trio ne connait rien d’une dérive criminelle à laquelle aurait pu faire penser le titre.

Peu d’action donc, une histoire sans réel intérêt (cow boy et rodéo chez les males virils du Nevada) et même le potentiel triangle amoureux susceptible de déboucher sur un éventuel drame s’écroule pratiquement de lui-même dès les premières pages.

Un livre donc qui ne m’a guère captivé et auquel j’ai du mal à trouver quelques qualités.

Peut être le film de Huston et la présence solaire de Marylin Monroe, me feront-t-il changer d’avis …

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10 octobre 2012 3 10 /10 /octobre /2012 21:45

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Poursuite de la découverte de l’œuvre de Yukio Mishima avec « Confession d’un masque ».

Publié en 1949, « Confession d’un masque » est un récit largement autobiographique traitant assez courageusement de l’homosexualité de l’auteur, homosexualité qu’il s’ingénia à essayer cacher dans le Japon des années 30-40.

Issu d’une famille bourgeoise mais désargentée par un train de vie dispendieux, le héros vit avec sa famille dans une modeste maison à Tokyo.

Très jeune, il prend conscience de ses forts penchants homosexuels avec une attirance morbide pour les jeunes hommes de type soldats ou chevalier mourant au de manière tragique tués sur un champs de bataille ou face à des monstres.

Ces curieux fantasmes de beauté classique grecque sont nourris par d’abondantes lectures de contes, légendes, récits historiques majoritairement européens.

Mishima apparait hanté par la peinture de San Sebastian par Benozzo Gozzoli représentant un jeune et beau martyr chrétien au corps percé de flèches par les soldats Romains.

Pourtant, Mishima n’est pas sensible à l’intellect d’un homme mais recherche la jeunesse, la virilité voir l’animalité qui est en l’homme ce qui pousse ses désirs vers les marins, soldats ou voyous comme son camarade de classe le jeune marginal Omi dont il admire l’assurance et la forte corpulence physique.

Cette contradiction prend tout son sens lorsqu’on découvre qu’il est complexé par sa constitution chétive et sa forte propension à tomber malade.

Mishima comprend néanmoins l’importance du jeu social et apprend à se composer un masque de normalité pour tenter de se fondre dans la société.

Comme tout être humain, il s’adapte à son environnement et acquiert des comportements automatiques afin de donner le change quand à ses préférences sexuelles mais ce jeu de travestissement est en réalité un véritable écartèlement pour sa nature profonde.

Torturé intérieurement et profondément malheureux, Mishima se force malgré sa répugnance à fréquenter sans grand succès des femmes en parallèle de laborieuses études de droit.

La Seconde guerre mondiale arrive et Mishima déjà hanté par ses fantasmes de mort violente (sur un champs de bataille ou lors d’un bombardement américain) a la grande désillusion de se voir recaler de l’armée en raison de sa constitution chétive.

Il est néanmoins astreint à un emploi de bureau dans une usine de fabrication de pièces d’aéronautiques.

Le temps passe et Mishima fit ainsi la connaissance de Sonoko, la sœur de Kusano camarade de classe mobilisé comme soldat.

La relation entre Mishima et Sonoko est extrêmement complexe, et même si le jeune n’a aucune attirance physique, il est néanmoins sensible à la délicatesse et au charme de la jeune fille.

Les choses vont si loin que après un baiser, Sonoko espère que Mishima va la demander en mariage.

C’est à ce moment que pris de cours, Mishima ne peut que faire machine arrière devant la totale impossibilité de se marier avec une femme.

Il en éprouve une forme de déchirement intérieur, ce qui accentue ses tourments.

Malgré ce refus et le mariage de Sonoko, Mishima restera étonnement proche de la jeune fille en entretenant jusqu’au bout une relation ambigüe …

En conclusion, « Confession d’un masque » n’est pas un livre qui m’a particulièrement intéressé en raison de son sujet (l’homosexualité cachée) et du caractère trop introspectif du style de Mishima.

On sent donc beaucoup de souffrance et d’errements dans la personnalité de l’écrivain et on est juste horrifié par ses fantasmes de tortures sur de jeunes corps masculins.

Au vue du récit apporté, Mishima était assurément 110% homosexuel et n’a fréquenté les femmes que de manière platonique sans doute par convention sociale à tel point qu’on peut même douter de la profondeur de ses sentiments à l’égard de Sonoko.

Peu de poésie donc ou de splendides descriptions mais plutôt une ambiance de gymnases, de casernes et de dortoirs d’adolescents cherchant maladroitement leur sexualité.

Et bien entendu, la mort planant déjà au dessus de tout, comme une délivrance au fardeau de l’existence trop lourd à porter pour un homme tourmenté et seul.

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7 octobre 2012 7 07 /10 /octobre /2012 21:39

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On reste dans le domaine de l’excellence mais cette fois littéraire avec « Le tumulte des flots » de l’inévitable écrivain japonais Yukio Mishima.

Publié en 1954, ce roman raconte une belle histoire d’amour entre deux jeunes japonais résidant sur une petite ile appelée Utajima prêt de Tokyo, dans le Japon pensant encore ses blessures de la Seconde guerre mondiale.

A Utajima, la vie est dure, simple, les femmes ramassent des algues en plongeant sous la mer, quand aux hommes ils sont pécheurs à leur compte ou s’engagent dans la Marine.

Les visites auprès des villes mégalopoles continentales comme Tokyo ou Osaka sont rares et prennent l’allure de voyages dangereux et exotiques.

Shinji, le jeune homme amoureux, est un pécheur pauvre, honnête et vigoureux, travaillant dur pour nourrir sa mère veuve et son petit frère Hiroshi.

Hatsue, est elle la fille d’un puissant armateur de l’ile Miyata Terukuchi,  qui malgré son âgé avancé est craint par son caractère brutal et autoritaire.

Rappelée par son père du continent pour accompagner ses vieux jours après la mort de sa femme, Hatsue également plongeuse, attire rapidement les convoitises des hommes de l’ile en raison de son incroyable beauté.

Dans cet espace confiné, les ragots vont bon train et le fourbe Kawamoto Yasuo, fils d’un notable de l’ile, fait rapidement savoir ses prétentions pour posséder la jeune fille.

Une idylle va pourtant naitre entre Shinji et Hatsue, la première pour les deux jeunes gens encore vierge des vertiges de l’amour.

Le cœur simple et droit de Shinji émeut la jeune fille et les rendez vous clandestins commencent alors.

Mais le couple illégitime s’attire la jalousie de Chiyoko, fille d’un gardien de phare, revenue elle aussi du continent avec une éducation poussée et des rêves d’amour puissamment romantique.

Heurtée par l’indifférence polie de Shinji, Chiyoko va propager la rumeur de la liaison sexuelle entre Shinji et Hatsue, ce dont va profiter Yasuo pour prendre l’ascendant sur son rival et tenter d'obtenir les faveurs sexuelles de Hatsue en vue ensuite de la contraindre à l’épouser ce qui sera évité d'extreme justesse.

La colère de Terukuchi sera terrible lorsqu’il apprendra les rumeurs portant sur sa fille en sortant d’un bain public.

Le vieil homme interdira à sa fille de voir Shinji ce qui ne l’empêchera pas de communiquer avec lui par lettres interposées.

L’intervention de la mère de Shinji ne fera qu’envenimer les choses avec un terrible humiliation lorsque Terukuchi refusera de la recevoir pour plaider la cause de son fils.

Heureusement, la jeune Hatsue reparera l’affront en offrant un sac à la mère après avoir remporté une compétition de plongée.

Bien que semblant en apparence préférer le riche Yasuo ou pauvre Shinji, Terukuchi mettra tout de même les deux garçons à l’épreuve en leur proposant d’embarquer comme matelots sur un de ses cargos.

Au cours de la longue traversée pour acheminer du bois, Yasuo révélera un caractère paresseux, manipulateur et lâche, tandis que Shinji révélera son courage inouïe en plongeant dans un mère déchainée afin de tirer un câble de secours pour empêcher le cargo d’être emporté par un typhon déchainé.

Sorti grandi de l’épreuve et réhabilité par les remords tardifs de Chiyoko rentrée sur le continent, Shinji finira par séduire le redoutable Terukuchi et obtenir la main de sa fille.

Une fois n’est pas coutume, l’histoire se termine de manière heureuse dans ce roman de Mishima.

En conclusion, considérée sans doute comme une œuvre mineure de Mishima, « Le tumulte des flots » est en réalité une formidable ode à l’amour, à la pureté et la noblesse des sentiments qui peuvent habités deux jeunes êtres.

Il n’est point ici question d’idéologie politique douteuse, de nostalgie de grandeur impériale ou de profondes pulsions de mort, mais d’une œuvre simple, belle et puissante.

Point fort du livre, le style léger et poétique de l’écrivain, rendant hommage à la beauté des iles japonaises et à l’érotisme puissant de jeunes corps découvrant peu les inépuisables ressorts du désir émergent.

Les corps nus, fermes et bronzés des plongeuses, leur absence de pudeur avec cette vie d’insulaire habitués à vivre peu vêtus, au contact de la mer, du soleil et du vent, sont pour moi de magnifiques vecteurs érotiques.

Pour toutes ces raisons, « Le tumulte des flots » est pour moi à déguster sans réserve au bord d’une plage isolée et ensoleillée.

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5 octobre 2012 5 05 /10 /octobre /2012 23:41

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Après le très dispensable à mes yeux « Ce que les hommes appellent amour » de Joaquim Maria Machado de Assis, j’ai persévéré dans la lecture de son œuvre avec « Dom Casmurro » , l’une de ses livres les plus célèbres publié en 1900.

« Dom Casmurro » raconte l’histoire d’amour entre deux enfants voisins de Matacavalos une petite ville du Brésil, Bentinho et Capitou, qui vont très jeunes se faire un serment de fidélité.

Bentinho, en réalité le narrateur lui-même devra faire preuve de subtilité et de tact pour contrer les volontés de sa mère, la veuve Dona Gloria, qui à décidé par piété religieuse de faire de lui un prêtre.

Dans ce combat, Bentinho est aidé par la rusée Capitou qui lui apprend à feindre l’indifférence quand à la véritable nature de leurs sentiments et à accepter en apparence de suivre les vœux de sa mère, mais aussi par José Dias, ex guérisseur adopté par la famille de Bentinho et devenu un proche confident.

En réalité, les motivations de l’orgueilleux Dias sont tout autre, et il désire surtout que Bentinho quitte rapidement le séminaire pour pouvoir l’accompagner en Europe lors de ses études de droit.

Cédant donc en apparence, Bentinho accepte de partir au séminaire de Sao José et parvient à négocier avec le pro notaire Cabral, une année ou sa foi serait mise à l’épreuve pour décider si oui ou non il a en lui la vocation d’être prêtre.

Sur place, Bentinho se lie d’amitié avec un autre jeune séminariste, Ezechiel de Sousa Escobar à qui il confie son amour secret pour Capitou et qui le rejoint dans son désir d’échapper à une carrière religieuse.

Pendant la durée de l’inévitable séparation, Bentinho ne va voir Capitou que par intermittence et développer à son égard un sentiment aigu de jalousie.

Finalement le stratagème fonctionne et après l’intervention de Cabral pour libérer Bentinho de ses obligations, Dona Gloria qui aimait de toute façon passionnément son fils unique, accepte de se laisser fléchir d’autant plus que Capitou est devenue une de ses proches et que l’adoption d’un enfant rend possible l’exaucement des vœux.

Bentinho part donc étudier le droit, devient avocat et retourne ensuite à Matacavalos pour demander en mariage la belle Capitou qui lui est en apparence restée fidèle.

Bien que heureux, le mariage peine dans un premier temps à donner une descendance avant que Capitou ne tombe finalement enceinte d’un petit garçon nommé Ezechiel.

Mais à mesure que Ezechiel grandit, Bentinho a la désagréable impression de retrouver en lui des ressemblances physiques et comportementales d’avec son ami Escobar qu’il fréquente également depuis qu’il est sorti du séminaire pour devenir homme d’affaires.

Cette impression troublante va réveiller les démons de la jalousie de Bentinho qui soupçonne de la malice dans les fameux « yeux de ressac » de sa femme.

La mort de Escobar, noyé après une baignade imprudente va accentuer le malaise de Bentinho lorsqu’il verra son fils progressivement prendre la place de son ami défunt.

Rongé par la jalousie, Bentinho va songer successivement à empoisonner son fils puis à se suicider, en renonçant in extremis à son projet en raison de l’amour que Ezechiel lui porte.

La séparation avec Capitou est alors inévitable et interviendra d’un commun accord, lorsque celle s’exilera en Suisse ou elle mourra.

Les années vont passer, Dona Gloria et José Dias mourir, ce dernier finalement sans jamais connaitre l’Europe, privilège que connaitra lui Ezechiel, qui deviendra un véritable passionné d‘architecture.

Cette passion lui coutera pourtant la vie, lorsqu’il mourra prématurément de maladie lors d’une expéditions au Moyen Orient.

Au final, Bentinho se retrouve seul et laisse le lecteur devant un dilemme autour de la question de la jalousie, prétendue responsable de l’adultère de Capitou.

En conclusion, « Don Casmurro » est un livre remplis de faux semblants et rendu étrange par la style décidément difficile à appréhender de Machado de Assis avec ce mélange de froideur analytique, d’orgueil et ce jeu fréquent d’interpellation du lecteur qui m’insupporte.

La quasi-totalité du livre est assez ennuyeuse et monotone avec le déroulement d’une love story ultra classique avant de basculer dans une atmosphère beaucoup plus noire et angoissante.

Sur le thème de la jalousie dévorante, Machado de Assis fait le parallèle avec la tragédie de Shakespeare « Othello » et finit par délivrer in extremis une œuvre plus intéressante et tourmentée qu’au premier abord.

Mais ce revirement arrive pour moi trop tard dans l’histoire et le style de l’auteur continue de me déplaire ce qui rend ce « Don Casmurro » inférieur à son immense réputation.

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22 septembre 2012 6 22 /09 /septembre /2012 10:12

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Poursuite logique de la tétralogie de la « Mer de la fertilité » de Yukio Mishima avec le tome numéro deux  intitulé « Chevaux échappés ».

Nous sommes maintenant en 1932, vingt ans après la tragédie de la mort de Kiyoaki Mastugae tué par son amour dévorant et impossible envers Satoko Ayakura retirée dans un monastère bouddhique.

Son ami d’enfance, Shigekuni Honda a trente huit ans et est maintenant un juge respecté du tribunal d’Osaka.

Devant se soumettre à une obligation protocolaire, Honda se rend un jour voir une compétition de sabre japonais (kendo) ou il découvre que le gagnant du tournoi n’est autre que Isao Iinuma le fils du précepteur de Kiyoaki, devenu par la suite un journaliste d’une revue de droite nationaliste.

Honda est rapidement fasciné par le jeune athlète dans lequel il semble revoir son ami mort prématurément.

Cette prémonition se vérifie lorsqu’il découvre les même grains de beauté que ceux de Kiyoaki sur le corps de Isao alors qu’il se baigne sous une cascade, ce qui semble vérifier les derniers mots de son ami mourant qui lui avait promis des retrouvailles sous une cascade.

De son coté, Isao bien que moins beau que Kiyoaki, semble plus viril et résolu.

Il a en tête une idéologie bien précise inspirée par l’acte de samouraï de la Société du Vent Divin, qui sous l’ère Meiji, attaquèrent au sabre une garnison de l’armée afin de sauver un Japon perdant ses traditions impériales pour s’occidentaliser.

Les samouraï furent tués mais bon nombre d’entre eux accomplirent le seppuku, le suicide rituel en se plongeant un couteau dans le ventre une fois leur acte spectaculaire accompli.

Isao adhère fortement à cette idéologie et fonde une secte équivalente formé de jeunes étudiants, près à accomplir des assassinats ciblés d’hommes d’affaires japonais qui par la puissance de l’argent ont corrompu les politiciens, délestant l’empereur de ses pouvoirs divins.

La secte cherche des appuis auprès de certains militaire comme le lieutenant Hori, sympathisant d’extrême droite, qui va jouer le rôle de conseiller pour Isao.

Bien que répugnant à utiliser des armes à feu, la secte désire que les militaires leur permettre de bombarder par avion quelques points stratégiques et de lancer ensuite des tracts pour inviter la population à un sursaut.

Bien entendu, cet acte est sans retour et ne peut atteindre la pureté divine que par le suicide rituel une fois accompli, comme si la vie des samouraï sacrifiés devait servir à purifier la société avilie.

La situation économique désastreuse du Japon, l’extrême misère de certaine zones rurales et l’insolence des dirigeants corrompus aident beaucoup Isao qui peut ainsi recruter une trentaine de candidats motivés.

Autour du manuscrit du récit de la Société du Vent Divin, Isao s’entretient avec Honda, Hori puis le prince Touin lui-même qui décèle une grande dévotion pour le pouvoir impérial et en même temps une inébranlable volonté d’agir.

Isao est d’une telle fermeté que même son père Iinuma ne peut le raisonner lorsqu’il s’agit de la Société du Vent Divin.

Malgré certains évènements de la vie de jeune homme comme sa rencontre avec Makiko, fille d’un général poète à ses heures, Isao ne renonce pas à son acte et prépare activement son coup consistant à une attaque simultanée contre la banque du Japon, une centrale électrique et l’assassinat de politiciens, homme d’affaires jugés responsables de la situation actuelle.

Même si Isao est troublé par les révélation de son domestique Sawa lui-même sympathisant à la cause, qui lui révèle que son père est lié avec le puissant homme d’affaire Kuruhara qui figure comme cible de choix, le jeune homme parvient à trouver assez de force intérieure pour maintenir le cap.

Bien entendu, les choses ne se passent pas comme prévu, les militaires comme le lieutenant Hori font défection et beaucoup de jeunes hommes reculent in extremis une fois le moment venu des actes.

A la tête d’un groupe à présent clairsemé mais formant un noyau très cimenté, Isao ne peut pourtant pas aller jusqu’à l’accomplissement de son acte puisqu’il est arrêté par la police sur dénonciation.

Mis en prison, il attend son procès.

Lorsque la nouvelle éclate, le choc est rude pour Honda et le Prince Touin.

Honda démissionne de la magistrature, se lance dans une carrière d’avocat et offre gratuitement ses service à Iinuma pour défendre son fils ainsi que ses associés.

Le procès commence alors, le jeune homme assumant parfaitement ses actes malgré le faux témoignage de Makiko tombée amoureuse de lui, qui tente en divulguant un journal intime factice d’atténuer la fermeté des ses intentions criminelles.

Au cours de l’audition d’un témoin, le vieil homme tenant la pension militaire ou vivait Hori reconnait Isao puis fait le lien avec Kiyoaki, dont il hébergeait les rencontres clandestines avec Satoko vingt ans auparavant.

Seul Honda ne rit pas du parallèle et comprend que Isao est le réincarnation au sens du bouddhisme de son ami.

A l’issue du procès, le jeune âge des prévenus, leur dévouement  aveugle à l’empereur et une adhésion populaire marquée, provoque la clémence du jury.

Isao est relâché et découvre que son propre père bien que lui aussi partageant ses idées d’extrême droite, l’a dénoncé à la police pour le préserver afin de prendre part au Japon de demain.

De manière ambigüe, Iinuma soutient son fils mais lui révèle que son journal a touché beaucoup d’argent de Kuruhara pour l’épargner.

Isao ne partage pas cette vision salie de son idéal et entreprend alors une action solitaire consistant à aller lui-même assassiner Kuruhara dans sa résidence de bord de mer.

Une fois l’acte accompli en pleine nuit au poignard, Isao se suicide en regardant la nuit et la mer, accomplissant ainsi son idéal.

En conclusion, « La mer de la fertilité 2, cheveaux échappés » est assez différent des « Neiges du printemps ».

Son contenu est nettement moins introspectif moins contemplatif et philosophique mais revêt une idéologie plus militante poussant à une action violente et immédiate.

Par l’intermédiaire de son héros passionné de Kendo, Mishima parait complètement obsédé par l’idée de pureté d’un Japon ancestral ou l’éthique du samouraï soumis à un empereur régnant par ses pouvoirs divins, prévalait sur les doctrines politiques du capitalisme ou du communisme.

Il parait impossible de ne pas faire le parallèle avec la propre fin de vie de Mishima, qui se soldera elle-même par un acte de violence désespéré contre le pouvoir en place et par un suicide accompli dans la foulée, sans que l’impact escompté sur la société ne porte ses effets.

Peu de romance complexe ici, des personnages féminins un peu étouffés dans cet univers nihiliste de males virils et surtout la présence obsédante de la mort, semblant attirer comme un aimant le héros pour accéder à une sorte de paradis divin en commettant une acte jugé héroïque.

Réincarnation, pureté et mort sont donc les ingrédients de ce roman sulfureux et nihiliste, étiré en longueur, à ne pas mettre entre toutes les mains.

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17 septembre 2012 1 17 /09 /septembre /2012 22:44

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Ecrite sur six ans entre 1964 et 1970, la tétralogie de « La mer de la fertilité » est la dernière grande œuvre de Yukio Mishima avant son suicide par seppuku en 1970.

Dans ce premier volet « La mer de la fertilité, neige de printemps », Mishima décrit dans le japon du débit du siècle peu après la guerre russo-japonaise de 1905, une complexe et tortueuse histoire d’amour entre aristocrates avec Kiyoaki Mastugae, un jeune homme d’une beauté stupéfiante fils d’un marquis et Satoko Ayakura, une jeune et belle fille d’un comte.

Le personnage central de cette intrigue est assurément Kiyoaki qui très fier de son ascendance samouraï et à contre courant des idées de son époque qu’il juge décadentes car à l’image de son père trop occidentalisées, se veut en apparence insensible à tout forme de sentiment.

Cette dureté le pousse à une conduite difficile à l’égard de Iinuma, son précepteur, dont il met un malin plaisir à ébranler la conduite en apparence pure et religieuse en mettant à nue sa liaison avec une servante de la maison.

Le scandale qui manque de rejaillir sur la maison Mastugae pousse le marquis a se séparer du jeune homme qui rejoint un journal nationaliste.

Malgré cette façade imperturbable et le prétendu contrôle de ces nerfs, Kiyoaki est pourtant sensible à son corps défendant à l’attraction qu’exerce sur lui Satoko qui s’amuse à le perturber en soufflant le chaud et le froid dans leur relation bâtie depuis leur plus tendre enfance puisque les deux familles ont toujours été historiquement très proches.

L’affrontement d’égo est tel que Kiyoaki par sa froideur et sa fierté, repousse les tentatives de fiançailles évoquées par les familles et laisse finalement, une demande en mariage de la famille impériale venir bouleverser le cous des événements.

Flattée d’un tel honneur, la famille Ayakura ne peut qu’accéder à la requête de la famille impériale, aussi les préparatifs s’enclenchent inéluctablement pour préparer les noces de Satoko et le prince Harunori Toin.

C’est alors que comprenant qu’il a perdu pour de bon Satoko, Kiyoaki découvre qu’il est fou amoureux d’elle.

Commence alors une quête passionnée et éperdue à laquelle la jeune fille également amoureuse de Kiyoaki finit par répondre en dépit des conventions et surtout des risques gigantesques encourus par les deux familles.

La froideur de Kiyoaki fond alors comme neige au soleil et les rendez vous clandestins se multiplient avec la complicité de Tadeshina, la servante de Satoko, plus ou moins contraintes de collaborer.

Kiyoaki se confie à son seul et unique ami Shigekuni Honda bon élève se prédestinant à une brillante carrière dans la magistrature, ce qui cimente davantage la relation bâtie sur une mise à l’écart vis-à-vis de la norme des autres élèves et de l’éducation militaire dispensée.

Honda est en effet une des rares personnes à comprendre le fonctionnement intime de Kiyoaki dont les intenses passions qui le traversent ne laissent pas de le fasciner.

Le pire arrive lorsque Satoko tombe enceinte, ce qui contraint la liaison illégitime à s’ébruiter dans le cercle restreint des deux familles respectives et Tadeshina a tenter de se suicider.

De peur du scandale, Satoko est conduite dans le plus grand secret à Osaka pour avorter mais la jeune fille déterminée à échapper aux noces impériales, choisit de rentrer dans un temple bouddhique pour se faire nonne.

Ainsi protégée par la papesse de Gesshu, Satoko résiste à toutes les tentatives familiales pour l’extraire de ce cocon isolant, ce qui contraint les Ayakura a annuler les fiançailles en prétextant une dépression nerveuse incurable.

Bien qu’ébranlés, les Ayakura et les Mastugae échappent de justesse au scandale mais Kiyoaki décidément prêt à consumer sa vie pour sa passion, déploie toute son énergie pour revoir Satoko avant un départ prochaine pour l’Europe.

Le jeune homme est tellement obstiné qu’il se ruine la santé devant une succession d’essais infructueux qui se heurtent à la fermeté religieuse et finit par mourir dans les bras de son ami Honda venu pour l’aider une ultime fois.

Le beau Kiyoaki meurt donc à vingt ans dans les bras de son ami en lui promettant de le revoir un jour sous un cascade …

En conclusion, « La mer de la fertilité, neige de printemps » contient tous les ingrédients d’une grande fresque romantique s’appuyant sur un amour impossible.

Pourtant, ce roman déroute par la personnalité complexe et énigmatique de son héros, Kiyoaki, qui pèche à mon sens par son orgueil démesuré dans la première partie du roman en s’imaginant au dessus du sentiment amoureux avant de basculer dans l’excès inverse une fois la situation réellement sans issue.

Rebelle, romantique, extrémiste, rejetant un japon dont l’élite est affaiblie et corrompue par les mœurs occidentales et surtout déjà obsédé par l’idée de sa mort future, Kiyoaki incarne pour moi parfaitement la pensée de Mishima.

Mais cette fois, malgré sa complexité, l’intrigue manque pour moi de piquant et de ce coté délicieusement pervers qui donne un cachet supplémentaire aux trames les plus réussies des œuvres de Mishima.

Du coté de la forme, si le style de l’écrivain est toujours aussi éblouissant dans ses descriptions de paysages ou de scènes érotiques tout en retenue, le rythme de l’histoire assez lent et les longues digressions autour de la pensée bouddhique provoquent un engourdissement général notable.

Pas le meilleur Mishima donc, malgré les qualités habituelles de l’écrivain.

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9 septembre 2012 7 09 /09 /septembre /2012 10:05

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Après « Le pays du carnaval », « Gabriela, girofle et cannelle » est le deuxième livre de Jorge Amado que je lis.

Ecrit en 1958 puis adapté dans une « novela » à succès brésilienne dans les années 70, « Gabriella, girofle et cannelle » est une grande fresque épique racontant le destin au début du XX ième siècle de Gabriela, paysanne du Nordeste du Brésil, qui poussée par la misère de sa région désertique, va tenter sa chance à Ilhéus, ville de l’état de Bahia, vivant une étonnante prospérité économique en raison de la culture du cacao.

Après un épuisant et dangereux exode à pied, Gabriela protégée par deux compagnons d’infortune, Clemente et le noir Fagundes, parvient à son but.

Malgré la jalousie de Clemente qui a été son amant, Gabriella laisse ses amis tenter leur chance dans les fazendas (exploitations cacaotières) des terres pour se faire embaucher dans la ville même.

Le destin veut qu’elle croise la route de Nacib, brésilien d’origine syrienne, propriétaire d’un restaurant et désespérément à la recherche d’une cuisinière.

Embauchée par Nacib, Gabriela ne va pas tarder à conquérir le cœur de son patron en raison de ses étonnants dons de cuisinière et de sa grande beauté de mulâtresse.

Mais malgré son attachement à Nacib, Gabriela reste une femme sauvage, libre, indépendante et très courtisée par les clients du restaurant ce qui aiguise la jalousie de Nacib et le pousse à l’épouser pour assoir sa respectabilité.

Malheureusement, le mariage n’arrange pas les choses, Gabriela restant par nature trop libre et la découverte d’une liaison avec Tonico Bastos, le fils du puissant gouverneur, pousse Nacib à se séparer de Gabriela.

En toile de fond de cette idylle tumultueuse, Amado décrit la lutte pour le contrôle de la ville entre Mundinho Falcao exportateur de cacao venu de Rio pour s’implanter à Ilhéus et le vieux colonel Ramiro Bastos gouverneur représentant le pouvoir ancien des fazendeiros, ces riches propriétaires terriens ayant conquis leur empire par la violence et la corruption.

Bien que considéré comme un « étranger » à Ilhéus, Falcao obtient par son charisme et ses idées progressives de nombreux appuis, que ce soit le patron de presse Costa qui fait écrire des articles en sa faveur, d’ennemis héréditaire de Bastos comme l’homme qu’on appelle le Capitaine et même de puissants colonels comme Aristoteles, ancien allié de Bastos.

L’atout maitre de Falcao est de proposer d’élargir le trop étroit chenal fluvial d’Ilhéus pour permettre aux gros cargo étrangers de se ravitailler sur place au lieu de passer par Bahia.

Il désire également améliorer la desserte de la ville par voie routière, en assurant un service d’autocar.

Ces idées révolutionnaires sont dans l’ère du temps d’une ville qui adoucit peu à peu ses mœurs brutales, qui assuraient par exemple l’impunité à un mari trompé ayant assassiné sa femme.

A travers des personnages influents comme Falcao, son ami Nacib ou Bastos, Amado décrit en profondeur la société de la ville, avec le règne tout puissant des brutaux colonels fazendeiros, faisant la pluie et le beau temps politiquement pour élire leur gouverneur, généralement le plus puissant d’entre eux.

Ces colonels encadrés de redoutables hommes de mains appelés jagunços faisaient trimer leurs ouvriers agricoles dans leurs plantations et allaient ensuite dépenser leur argent à la ville avec de jeunes prostituées.

Il arrivait très fréquemment qu’un colonel arrache une fille du bordel et l’entretienne en la rendant exclusivement dédiée à son plaisir.

Ces femmes généralement jeunes et d’une grande beauté, se trouvaient donc dans des prisons dorées, comme la superbe Gloria, protégée du colonel Coriolano, dont personne n’ose s’approcher par peur des représailles.

Amado n’oublie donc pas donc le registre plus léger des passions amoureuses, avec l’histoire tumultueuse de Malvina, fille du rude colonel Melk, qui décide de fréquenter un ingénieur extérieur à la ville puis devant la colère de son père, de s’enfuir à Sao Paulo pour vivre émancipée, ce qui pousse son soupirant le professeur Josué à courtiser Gloria dans une dangereuse relation adultère.

Le roman s’écoule donc incroyablement vivant et foisonnant, puis gagne en intensité au fur et à mesure que le vieux Bastos décide d’user de violence pour éliminer ses opposants.

Bastos paye le jeune Fagundes pour assassiner Aristoteles, mais le noir échoue de justesse, échappant par l’intervention miraculeuse de Gabriela à la traque mortelle de ses ennemis.

En plein milieu de la tourmente, la santé de Bastos défaille et le vieux colonel expire, obligeant ainsi ses dangereux associés comme Amancio Leal, fidèle par tradition à abandonner la lutte armée.

Ayant le champs libre, Falcao s’impose et se fait élire gouverneur, accentuant le mouvement pour le développement économique et social de la ville avec la construction d’un port agrandi, d’écoles et stades.

Du coté de Nacib, si la société d’Ilhéus loue sa réaction d’homme modéré ne désirant pas laver son honneur par le meurtre, la séparation de Gabriela est en réalité insupportable et met de surcroit en péril l’avenir du restaurant.

Par un heureux concours de circonstance et la disparition suspecte du cuisinier remplaçant la belle, Nacib réembauche Gabriela qui accepte avec plaisir de le retrouver.

Délivrées du poids du couple et de la jalousie de Nacib, leur relations reprennent donc en pleine harmonie sous la protection bienveillante de Falcao.

En conclusion, « Gabriela, girofle et cannelle » est un merveilleux roman, incroyablement riche, instructif et plaisant.

Le style d’Amado est pour beaucoup dans cette chronique vivante et colorée d’une ville cacaotière de l’état de Bahia, située à un point charnière de son existence, avec l’abandon du règne du Far West brésilien, avec règlements de comptes, dettes d’honneurs et crimes sanglants impunis pour l’accession vers un monde plus tolérant, prospère et civilisé, laissant plus de liberté aux femmes.

Derrière la merveilleuse chronique de la ville, se tapit une puissante histoire d’amour entre une pauvre mais ensorcelante cuisinière du Sertao et un patron de bar arabe plus âgé.

Par sa beauté, sa fraicheur mais aussi son naturel indomptable, Gabriela fait penser à une Esméralda brésilienne faisant tourner la tête des hommes.

Assez intelligemment Nacib accepte sa dépendance et finit par mettre son orgueil de coté pour renoncer à mettre l’oiseau en cage, et continuer à faire prospérer sa vie affective et professionnelle.

Même si le dénouement et la disparition subite des tourments de Nacib peut laisser sceptique, il me parait impossible de ne pas succomber au charme de ce roman puissant, sensuel et envoutant, comme des rayons de lune venant lécher la jambe d’une belle mulâtresse assoupie …

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