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4 janvier 2014 6 04 /01 /janvier /2014 14:05

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Glissement vers le film d’auteur avec « La playa DC » film colombien de Juan Andres Arango.

Sorti en 2012, « La playa DC » montre le quotidien de Tomas (Luis Carlos Guevara), jeune homme issu d’un quartier pauvre de Bogota, La playa qui se débat dans une famille disloquée depuis la mort du père et plus ou moins mal recomposée.

Tomas ne s’entend pas avec son nouveau beau père Roel, un gardien qui ne le supporte pas et fait tout pour pousser sa mère à le faire quitter la maison familiale.

Mais le principal problème du jeune homme est son jeune frère, Jairo (Andres Murillo) à peine 13 ans et déjà un enfant des rues, embringué dans d’inextricables embrouilles de drogue.

Tomas se lance à la poursuite de Jairo, perdu dans l’immensité de Bogota.

Ne connaissant pas très bien le monde des petits délinquants, il fait appel à son frère Chaco (James Solis) revenu de Buenaventura après avoir tenté sans succès de quitter le pays mais auréolé d’un certain prestige par son audace.

Sur de lui et hâbleur avec son look grossièrement américanisé, Chaco se débrouille comme un poisson dans l’eau dans le rue ou il exerce le métier de nettoyeur de pneu.

Il trouve un hébergement de fortune à Tomas et accepte de l’aider à chercher Jairo, pour que après les deux frères tentent ensemble leur chance pour quitter le pays.

Tomas accepte le pacte et les deux frères se mettent alors à la recherche du turbulent Jairo qui s’est semble t il évaporé après avoir tenté d’agresser une personne qui lui aurait tiré dessus.

Leurs pérégrinations les emmènent dans un centre commercial du quartier noir et Chaco présente Tomas à Nelson, un coiffeur spécialisé dans les coupes afro.

Tomas sympathise avec Nelson et propose timidement ses services au salon de coiffure, vendant des modèles de coupes originales contre un apprentissage progressif du métier.

Le courant passe bien entre les deux hommes et petit à petit Tomas commence à trouver un but à son existence précaire, allant même jusqu’à fréquenter une jeune fille cuivrée du centre commercial, qu’il embrasse à la sauvette entre deux portes.

Du coté des recherches, bien entendu tout est plus difficile, les deux garçons noirs et pauvres sont expulsés manu militari d’un centre commercial du quartier blanc, ce qui humilie fortement Chaco révolté de ce traitement.

C’est donc seul que Tomas poursuit ses recherches qui lui permette de retrouver un Jairo solitaire, enferré dans sa toxicomanie.

Après quelques tentatives, Tomas comprend qu’il ne peut rien faire pour son frère et renonce lorsque des voyous lui dérobent les milliers de pesos que Nelson lui avait confié pour s’acheter une tondeuse.

Humilié, Tomas est évincé du salon de coiffure et apprend que Jairo est mort.

Après l’enterrement sommaire, Chaco lui annonce son intention de quitter le pays le lendemain et lui donne rendez vous à la gare routière.

Mais Tomas a à présent d’autres buts, et après avoir acheté une tondeuse pour Nelson qui lui offre généreusement, choisi de s’établir à son compte comme coiffeur des rues.

Une nouvelle vie commence alors pour lui …

En conclusion, « La playa DC » est un film d’auteur, original et atypique.

Arango choisit d’éviter les clichés du misérabilisme et de l’ultra violence des trafiquants de drogue généralement intégrés au folklore colombien, pour dépeindre un quotidien certes pauvre et chaviré, mais foncièrement digne.

La plongée dans un quartier pauvre de Bogota est intéressante même si la culture « black » influencée par les USA ne représente pour moi qu’une parcelle de celle plus générale de la culture sud américaine.

Du coté, de la critique, le film se caractérise par son rythme lent et ses silences, ce qui  fait passer ses 1h30 de manière plutôt ennuyeuse.

Difficile donc, passé l’attrait de l’originalité, de pleinement se passionner pour cette production colombienne de second ordre.

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16 novembre 2013 6 16 /11 /novembre /2013 17:37

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Poursuite de la longue carrière de Clint Eastwood, avec « Honkytonk man » réalisé par lui-même en 1982.

Ayant détesté « Bird » et peu gouté « Bronco Billy », je dois avouer être allé à reculons sur ce film contant les aventures d’un chanteur de country music minable.

« Honkytonk man » se déroule dans le Sud des Etats-Unis dans les années 20, ou Red Stovall (Clint Eastwood) un chanteur de country passé à coté de sa carrière, vieillissant, malade et alcoolique, se fait accompagné par son jeune neveu Whit (Kyle Eastwood) son grand père (John Mc Intire) pour traverser tout le Sud afin d’aller à une ultime audition à Nashville, mère patrie de la country.

Devant son incapacité à conduire une voiture, la famille de Whit accepte finalement de le laisser partir et le trio s’embarque alors dans un long périple à travers le Tennessee.

Whit découvre alors la vie de bohème avec son oncle, qui fréquente les bars et petits clubs blacks, découvre l’alcool, la drogue, et se fait coffrer par la police après avoir lamentablement échoué dans le vol de poules.

Il rencontre aussi le grand chanteur de country Henry Axle (Joe Regalbuto) qui se montre aimable et respectueux à l’égard de Red.

Le trio s’arrête dans une petite ville à la recherche d’un homme appelé Armsrpinger (Barry Corbin) pour récupérer les cent dollars que lui avait prêté jadis Red.

Après un détour dans un bordel ou Whit perd sa virginité avec une séduisante prostituée d’âge mur,  Red et Whit se rendent chez Armsrpinger, en réalité un escroc de première catégorie, qui propose tout d’abord en guise de monnaie d’échange de donner sa domestique Marlene (Alexa Kenin), une jeune femme au psychisme fragile qu’il exploite allégrement.

Devant le refus et les menaces de Red, Armsrpinger change de tactique et lui propose de réaliser un faux braquage chez une commerçante avec qui il s’est arrangé pour qu’elle touche deux cents euros d’assurance.

Red accepte en grommelant mais le braquage tourne au fiasco.

Ayant manqué de se faire tuer, Red revient furieux, interrompt l’escroc en pleine partie de poker et dépouille les autres joueurs pour se faire payer son du.

Mais il ignore au moment de partir que Marlene est parvenu à séduire assez Whit pour se faire embarquer dans le coffre avec comme intention folle de devenir chanteuse à Nashville.

Le trajet n’est pas de toute repos puisqu’un policer fait des siennes au petit groupe mais le bagout de Red ainsi qu’un joli billet de 10 dollars parviennent à l’amadouer, même si Marlene découverte après une fouille, fait maintenant plus officiellement partie du voyage et révélant à l’occasion son absence absolue de dons pour la chanson.
Un pépin mécanique (joint de culasse) vient pourtant stopper la marche en avant du quatuor et l’oblige à faire halte dans un trou paumé.

Désespéré, Red commet l’erreur de coucher avec Marlene qui se voit immédiatement enceinte !

L’homme laisse partir le grand père, déjà fatigué par le voyage, puis prend le bus suivant, tout en faisant promettre à Whit de se débarrasser de Marlene une fois la voiture réparée.

L’oncle et le neveu se retrouvent ensuite à Nashville pour l’audition mais Red, victime de malaise, s’écroule en plein milieu de sa prestation.

Whit apprend alors que son oncle est tuberculeux et qu’il refuse de se soigner.

La chance vient pourtant lui sourire, puisque le représentant d’une maison de disque ayant remarqué le talent de Red, lui propose de signer pour l’enregistrement d’un disque.

L’homme diminué et sentant son temps compté, accepte le deal et enregistre dans la douleur entre deux crises de tuberculose noyées à grand coups d’alcool.

Crucifié de douleur, Red termine son enregistrement et meurt en tenant la main de son neveu.

En conclusion, « Honkytonk man » est un film dépouillé, épuré, simple et surprenant, surclassant largement le théâtral « Bird » et le poussif « Bronco Billy ».

Tournant avec son fils, Eastwood est excellent dans ce personnage de looser attachant, poursuivant son rêve face à un destin et une maladie ne lui laissant aucun répit.

L’humour est largement présent ici, avec bon nombres de situations ou personnages cocasses rencontrés durant ce qu’on pourrait appeler un voyage initiatique sur les traces de l’histoire de la country music.

De musique country, il est également question, mais à ma grande surprise, celle-ci passe très bien dans le cadre du film, avec des chanteurs masculins dotés de voix de cow boys fantastiques et un Eastwood loin d’être ridicule dans l’exercice musical.

Contre toute attente, « Honkytonk man » se regarde donc très bien et demeure un des films intimistes les plus réussis du réalisateur.

A recommander.

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1 octobre 2013 2 01 /10 /octobre /2013 14:44

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Nous restons dans l’univers asiatique et martial avec « Les sept samouraïs » d’Akira Kurosawa.

Réalisé en noir et blanc en 1954, « Les sept samouraïs » est une longue fresque épique de plus de 3 heures qui inspira le célèbre western de John Sturges.

L’histoire se déroule dans le japon féodal du XVI ième siècle ou un village de paysans est régulièrement rançonné par une bande de quarante brigands doté d’armes et de chevaux rapides.

Acculés à la famine et désespérés, les paysans consultent Gisaku (Kokuten Kodo) l’ancien du village qui faisant appel à sa mémoire, leur conseille de faire appel à des mercenaires samouraï  pour défendre leurs biens.

Le plus énergique des villageois, Rikichi (Yoshio Tsuchiya), pousse son collègue Manzo (Kamatari Fujiwara) à écouter les conseils de l’ancien et se rendre en ville pour trouver des samouraï désargentés ou désintéressés acceptant de vendre leurs services pour quelques bols de riz offerts pas de pauvres paysans.

La quête est longue, pénible et frustrante, la plupart des samouraï refusant énergiquement de risquer leur vie pour trois fois rien.

Puis la chance tourne, et les paysans parviennent à convaincre Kanbei (Takashi Shimura), un vieux samouraï qui a impressionné la foule en tuant un voleur ayant pris en otage un enfant.

Kanbei utilise son expérience et son réseau de connaissances pour recruter d’autres samouraï et arrive ensuite au nombre de sept.

Le panel est assez large, le souriant Gorobei (Yoshio Inaba) et son compagnon Shichiroji (Daisuke Kato) acceptent par amitié pour Kanbei, Katsushiro (Isao Kimura), le plus jeune, réussit par sa motivation sans faille à convaincre Kanbei, l’excentrique Kikuchiyo (Toshiro Mifune) par son énergie et sa hargne sans limites, Heihachi pour son honnêteté et sa bonne humeur, ou encore Kyuzo (Seiji Miyaguchi), impressionnant de maitrise qui tue un homme en duel au sabre.

Les samouraï se rendent ensuite au village, dont les femmes ont été cachées par crainte de la mauvaise réputation de leur mauvaise réputation.

Cette méfiance n’empêche pas Katsushiro de nouer une relation secrète avec Shino (Keiko Tsushima) la fille de Manzo dont les cheveux ont pourtant été coupé pour lui faire ressembler à un garçon.

Sur place, Kanbei organise en stratège un plan de défense du village, construisant des palissades de rodins, inondant une partie des champs pour les rendre inaccessibles aux attaques de chevaux et surtout entrainant les paysans au maniement de bambous effilés.

Il apparait particulièrement difficile de gérer le caractère fantasque de Kikuchiyo qui explose de colère en trouvant  dans les maisons des armes de samouraï en déroute tués par les paysans ou bien éprouve les plus grandes peines à se plier à la discipline militaire.

Après avoir capturé puis tué trois éclaireurs, les villageois prennent confiance en leurs capacités de combattants.

Kanbei a alors l’idée de lancer une attaque surprise contre le camps des brigands, d’incendier leurs maisons et d’en tuer quelques uns pour réduire leur nombre et rééquilibrer ainsi le rapport des forces.

L’attaque aboutit à la mort de Heihachi, tué par un tir de fusil alors qu’il cherchait à secourir empêcher Rikichi de rejoindre sa femme prises au piège d’une maison en flammes.

Cette mort du bon Heihachi a pour effet de galvaniser la résistance et les vagues d’assauts de cavalerie des brigands se heurtent à la défense impitoyable de Kanbei, qui laisse quelques cavaliers pénétrer dans le camps pour se faire encercler et piquer par les paysans, et repousse ensuite vaillamment avec ses hommes les autres assauts.

A ce jeu, les pertes des assaillants sont lourdes et le commandant de la bande doit punir les déserteurs de mort pour conserver la cohésion de son groupe.

Bien sur, des morts surviennent aussi dans le camps des paysans, ainsi la maison de l’ancien est brulée, provoquant ainsi sa mort.

Les deux plus brillantes individualités restent Kyuzo et Kikuchiyo qui avec des méthodes différentes parviennent à s’infiltrer en solitaire dans les rangs ennemis, à leur infliger de cruelles pertes et à leur dérober quelques fusils.

Avec la fatigue et l’affamement, les paysans se préparent pour le dernier assaut.

Shino est surprise par son père offensé après s’être donnée à Katsushiro et il faut toute l’aura de Kanbei pour l’empêcher de la battre à mort.

La dernière attaque de la bande est la plus violente car la plus désespérée.

Usant de leurs arcs, les brigands parviennent à forcer le passage et à faire beaucoup de victimes chez les défenseurs.

La lutte se poursuit donc dans l’enceinte même du village dans un close combat à mort.

Le samouraïs meurent les uns après les autres, la mort de Kikuchiyo qui parvient à tuer le chef de la bande ennemi après avoir été touché à l’abdomen par une balle, étant la plus héroïque.

Seuls survivent Kanbei, Shichiroji et Katsushiro, qui ne peut que constater l’impossibilité de sa relation avec Shino.

Philosophe, Kanbei constate que de ce combat, seuls les paysans sont vainqueurs.

Le film se termine sur un plan fixe des quatre tombes de samouraï morts au combat.

En conclusion, malgré son âge vénérable, l’aspect hermétique des dialogues en japonais et sa durée excessive, « Les sept samouraïs » vaut tout de même largement le coup d’œil.

On ne retrouve certes pas la flamboyance des stars hollywoodiennes des années 60, mais plutôt une film d’une grande intelligence, d’une grande intensité et d’une puissance narrative hors normes.

Impossible en effet de ne pas s’attacher aux personnages proposés, notamment Shimura au visage d’une bonté rayonnante ou Mifune, génial dans son rôle de fou au cœur plus vaste que la mer du Japon.

Avec sa morale simple mais forte (le désintéressement, le sens du sacrifice, l’intérêt collectif plus fort que l’égoïsme et la cupidité ) et son brillant jeu d‘acteurs, « Les sept samouraïs » tient en haleine sur la durée et réserve d’âpres scènes de batailles médiévales au sabre.

A considérer donc au même niveau (voir plus ?) que le superbe western de Sturges.

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26 septembre 2013 4 26 /09 /septembre /2013 22:23

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Déjà honoré dans ces colonnes pour « Les cosaques », Léon Tolstoï que j’ai trouvé au premier abord plus accessible que l’autre monstre de la littérature russe, Fédor Dostoïevski plus accessible, revient ici avec « La tempête de neige et autres récits » soit au total sept nouvelles écrites entre 1850 et 1865.

La première d’entre elles, « La tempête de neige » est malgré son titre alléchant sentant bon l’aventure assez peu passionnante, raconte la lutte pour la survie d’un jeune propriétaire terrien homme pris avec son cocher et son domestique Aliochka à bord de son traineau dans une tempête de neige non loin de Novotcherkassk, au sud de la Russie.

Perdus dans la furie blanche sans aucune visibilité et avec une forte possibilité de gel sur place, les trois hommes tentent de suivre trois traineaux des services postaux qui foncent têtes baissées dans le blizzard.

Mais ils s’aperçoivent assez rapidement que les troïkas postales sont malgré leur apparente assurance, perdues elles aussi et tout le monde décide donc de s’en remettre à l’instinct animal des chevaux pour être ramené à la civilisation.

Engourdi par le froideur de la nuit, le propriétaire revit de curieuses scènes de son passé dans sa maison familiale, avec une troublante scène de noyade d’un paysan.

Finalement, les chevaux menés par le truculent cocher postal Ignachka, ramènent les égarés auprès des fermes synonymes de leur salut.

Dans « Deux hussards » l’atmosphère est plus électrique, avec le comte Tourbine, personnage haut en couleurs, membre des hussards russes du début du XIX ième siècle, qui en transit dans une ville de passage, va se faire remarquer par sa manière expéditive de régler les problèmes comme les dettes de jeu d’un sous lieutenant qu’il avait pris en sympathie mais surtout par son tempérament de fêtard, son art consommé de la danse, qui lui permettra de séduire lors d’une soirée mêlant aristocratie et haute hiérarchie militaire, Anna Fiodorovna, une jeune veuve proche de son hôte, Zavalchevski.

Parti aussi soudainement qu’il est venu en laissant une jeune femme marquée à vie par un tendre baiser donné pendant son sommeil, Tourbine disparait de l’histoire qui reprend une vingtaine d’années après, avec cette fois son fils également comte et lieutenant chez les hussards mais sensiblement plus assagi que son père.

Par un curieux coup du sort, le jeune comte s’arrête dans le village ou vit Anna Fiodorovna bien sur devenue une vieille femme, mais dont la fille Lise ne tarde pas à attirer ses convoitises.

Cette rencontre va éveiller la libido de la jeune fille, jusqu’alors tournée vers une éducation religieuse stricte.

Echouant par maladresse dans sa tentative pour rendre visite à Lise en pleine nuit, Tourbine va cependant déchainer la jalousie d’un autre lieutenant, Polozov lorsqu’il lui relatera sa tentative avortée.
L’aventure en resta là, bien qu’elle eut pu sérieusement mal tourner.

Dans « La matinée d’un gentilhomme rural », Tolstoï raconte les louables tentatives d’un jeune prince appelé Nekhlioudov, préférant contre l’avis de sa tante délaisser ses études pour s’occuper des paysans de son village natale, les moujiks.

Arrivé sur place, Nekhlioudov va devoir faire preuve de beaucoup de patience et de grandeur d’âme pour supporter les attitude de ses moujiks misérables comme Tchourissionok, préférant attendre avec fatalité l’effondrement de sa maison plutôt que d’accepter de l’aide, Ioukhvanka, paresseux et manipulateur, ou encore pire l’obèse alcoolique Davydka qui laisse complètement à l’abandon son exploitation.

Ebranlé mais habité d’une détermination inébranlable pour ce qu’il estime être sa responsabilité, Nekhlioudov se heurte également chez les Doutlov, pourtant prospère en raison de leurs activités d’apiculteurs, à de fortes réticences pour améliorer leur situation.

Toutes ces difficultés ne font que renforcer la vocation quasi religieuse de Nekhlioudov pour le dévouement à l’égard des ses moujiks et son désir irrévocable de se s’élever lui-même en les élevant malgré eux.

Ce même Nekhlioudov est également à l’honneur de « Carnets du prince Nekhlioudov, Lucerne » avec une violente dénonciation de la mentalité suisse voir occidentale, confiante dans sa supériorité spirituelle et matérielle, et pourtant particulièrement impitoyable avec un petit chanteur des rues à la voix d’or, que Nekhlioudov prend par esprit de révolte sous son aile et invite à diner à la table d’un prestigieux restaurant en faisant face à l’indignation moqueuse des serveurs et clients.

Les artistes sont une nouvelle fois mis à l’honneur avec « Albert » génial violoniste au corps difforme et à l’esprit indomptable, se sublimant une fois mis face à son instrument quitte à décontenancer des puissants désireux de le prendre sous sa protection.

L’ambiance est plus sombre avec « Polikouchka » ou Polikouchka
, un serf alcoolique voleur à la réputation usurpée de soigneur de chevaux, se trouve désigné pour être réquisitionné dans l’armée.

Sa patronne, toujours désireuse de le remettre sur le droit chemin, désire l’épargner mais se trouve confronté à un choix difficile, un autre membre de la famille des riches paysans Doutlov étant proposé à la place de Polikouchka.

La situation évolue pourtant fortement lorsque Polikouchka chargé par sa patronne de lui ramener une enveloppe pleine d’argent de la ville, perd ladite enveloppe et se suicide par pendaison de désespoir.

Tandis que sa femme Akoulina sombre dans la démence, Doutlov récupère par un étrange hasard ladite enveloppe qui lui est gracieusement offerte par la patronne, convaincue d’une malédiction pesant sur elle.

Doutlov utilise l’argent pour sauver son neveu Ilyouchka traumatisé par cette désignation auprès de vouloir se révolter physiquement, en achetant un engagé volontaire, qui au moment de partir avec les autres conscrits l’insulte haineusement.

On termine le recueil par « Le cheval » étrange nouvelle ou un vieux hongre malade, persécuté aussi bien par ses maitres que par les autres chevaux plus jeune, qui avant de mourir sous la lame de l’équarisseur, raconte son glorieux passé de trotteur, ou il vainquit le trotteur favori d’un général, avant de connaitre une longue déchéance physique et des transferts successifs de maitres en maitres.

Avec un certain sens du clin d’œil, un parallèle est effectué avec le destin de son ancien maitre, l’homme d’affaires Serpoukhovskoi, lui aussi tombé dans la déchéance en raison de dettes abyssales et dont le corps est dévoré par les vers alors que celui du cheval sert à nourrir des prédateurs d’un rang plus élevé.

En conclusion, comme souvent pour un recueil de nouvelles, « La tempête de neige et autres récits » est un ouvrage assez inégal, certaines nouvelles m’ayant peu captivées, d’autres plus émouvantes ou originales, m’ayant tenu en haleine.

Dans la catégorie de ces dernières on trouvera les histoires du prince Nekhlioudov visible alter égo de Tolstoï, avec de brillantes descriptions de la vie difficile des misérables paysans russes du XIX ième siècle ou le point de vue plus surprenant mais néanmoins empli de lucidité concernant la fausse supériorité sensée conférée par le statut social des bourgeois sur les artistes à la vie certes plus bancale mais certainement plus riche intérieurement.

Difficile également de ne pas succomber à « Le cheval », aussi surprenant que émotionnellement fort, avec la déchéance tragique d’un magnifique cheval noir et blanc détruit par la vieillesse et une vie chaotique …

Les autres nouvelles sont de qualité mais m’ont certainement moins touché ou fait vibrer.

Au final, bien que n’étant pas une œuvre impérissable,  « La tempête de neige et autres récits » reste un recueil de bonne qualité globale, qui confirme le statut de valeur sure de Tolstoï.

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3 septembre 2013 2 03 /09 /septembre /2013 21:42

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Penchons nous à présent sur le roman le plus célèbre de Mark Twain, « Les aventures de Tom Sawyer ».

Paru en 1876, ce roman relate dans la ville  fictive de Saint Petersburg dans l’état du Missouri, la vie de Tom Sawyer, un enfant sans parent élevé par sa tante Polly.

Tom est un garçon intrépide, indiscipliné, plus enclin à faire l’école buissonnière qu’à s’assoir sur des banc d’école ou d’une église pour écouter les cours ou sermons assommant de ses maitres.

Malin, débrouillard et rêveur, il est l’antithèse de son frère Sid, garçon modèle qui n’hésite pas à le dénoncer à sa tante lorsqu’il manque à ses devoirs.

Tom fréquente des garçons de son âge et a pour meilleurs amis Ben Rodgers, Joe Harper, l’esclave noir Jim (très respecté) et Huckleberry dit Huck, garçon sauvage vivant en marge de la ville.

Il tombe également sous le charme de Becky Thatcher, la fille du très respecté juge Thatcher et parvient après forces tentatives et approches maladroites à gagner son petit cœur en lui arrachant des « fiançailles » fictives.

Mais Tom et ses amis ont le cœur épris d’aventures et se voyant plus comme pirates que comme écoliers, se lancent dans une folle escapade sur un radeau de fortune afin de s’établir comme naufragés volontaires sur une ile de l’immense fleuve Missouri.

Après les premiers émerveillements fait de liberté, de vie au grand air, de pêches dans le fleuve et de rêves sans limites vient le temps des doutes, de l’effritement de la motivation et des remords vis-à-vis de la famille laissée dans une effrayante angoisse.

Tom retourne une fois en pleine nuit dans sa propre maison pour écouter les propos de sa tante, subitement attendrie par la probable mort de son neveu.

Devant le renoncement de ses camarades, Tom suit le mouvement de repli vers la civilisation tout en mettant en scène leur résurrection en plein milieu d’une messe donnée en leur honneur.

Malgré l’effet que produit son retour, Tom essuie des critiques acerbes de sa tante, surtout après avoir appris qu’il l’avait manipulée en lui faisant croire qu’il avait capté télépathiquement ses pensées lors de sa fugue.

Fort sa nouvelle célébrité, Tom prend la grosse tête et se met à snober Betty, qui folle de rage, lui en veut à mort.

Même si Tom tente quelques tentatives maladroites de rabibochage, la brouille semble consommée entre les deux « fiancés ».

Une affaire pourtant plus sérieuse va détourner Tom de ses tracas amoureux, la découverte, en pleine nuit avec son ami Huck, d’un meurtre perpétré dans le cimetière, par le marginal Joe l’indien.

Malin, Joe implique son associé, l’alcoolique Muff Potter, dans le meurtre d’un jeune docteur.

Témoins malgré eux de ce meurtre, Tom et Huck effrayés par la terrible réputation de Joe, se jurent de ne jamais parler de cette affaire.

C’est donc le nigaud Potter qui est arrêté et jugé pour meurtre.

Emu par le sort d’un homme marginal mais gentil, Tom prend son courage à deux mains et vient témoigner pour le disculper et accuser Joe du meurtre.

La fuite de l’indien et son coté insaisissable plongent Tom et Huck dans les affres de la peur de représailles.

Le temps passe et lors d’une virée nocturne à la recherche d’un trésor, Tom et Huck tombent sur deux personnages louches dont Joe déguisé en sourd muet.

Flirtant une fois de plus avec le danger, Tom et Huck décident de se mettre en quête d’un lieu mystérieux ou serait caché le trésor des deux bandits.

Après quelques mésaventures, les deux garçons se séparent, Huck restant en planque près d’une taverne.

Tandis que Huck donne l’alerte aux gens du village d’une probable expédition punitive des bandits contre le veuve du juge Douglas ayant condamné l’un d’entre eux au fouet, et parvient au prix d’un violent effort à faire échouer leurs funestes projets, Tom raccommodé avec Becky, s’échappe avec elle à l’occasion d’un pic nic pour explorer en toute intimité les grottes Mac Dougal.

Décidément peu chanceux, le couple perdu dans le labyrinthe tombe sur Joe dans la grotte et après quelques frayeurs parvient à être secouru.

Une fois tiré d’affaire, Tom apprend que l’entrée des grottes a été condamné, ce qui condamne à mort Joe.

Débarrassé de son pire cauchemar, Tom utilise les informations de son ami Huck pour trouver à proximité des grottes, sous une croix, le véritable trésor de Joe.

C’est alors le début d’une nouvelle vie pour les deux garçons, devenus soudainement riches.

Adopté par la veuve Douglas, Huck ne peut pourtant pas se résoudre à une vie normale, et trop épris de liberté, finit par reprendre le chemin de la vie à la sauvage.

Le roman se conclut par la reprise des vieux rêves de piraterie et d’aventures des deux garçons avec en filagramme, une suite évoquée.

En conclusion, « Les aventures de Tom Sawyer » mérite bien son statut d’œuvre culte et recèle en raison du style élégant, fluide, empli d’humour et de sensibilité de Twain, un charme quasi irrésistible.

On peut donc lire ce livre à tout âge, qu’on soit enfant, adolescent ou adulte au cœur attendri par la description de cette enfance magique faite de jeux invraisemblables, de bêtises, de premiers émois amoureux et surtout de rêve sans limite.

Conteur d’une enfance pleine de tendresse dans le Sud tranquille et majestueux des Etats Unis d‘avant l‘abolition de l‘esclavage, Twain restera comme un magicien ensorceleur de la littérature.

Je recommande également l’adaptation en dessin animé japonais diffusée dans les années 80 en France, qui berça avec délice mon enfance.

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19 août 2013 1 19 /08 /août /2013 17:20

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Retour à la littérature la plus classique qui soit avec « Les Hauts du Hurle-Vent », unique roman de la cadette des sœurs Brontë, Emily.

Sorti en 1847, « Les Hauts du Hurle-Vent » se déroule dans l’ambiance particulièrement inquiétante des landes désertiques du Yorkshire, dans le nord de l’Angleterre du XIX ième siècle ou vient s’établir un gentilhomme épris de solitude appelé Mr Lockwood.

Lockwood loue une maison à Thrushcross grange, non loin des Hurle-Vent, la demeure de son propriétaire un certain Heathcliff Earnshaw qui vit avec son fils Hareton, son vieux domestique idiot Joseph et sa belle fille Catherine plus amène que les hommes majoritairement bourrus voir hostiles.

D’entrée, Lockwood est mis mal à l’aise par cet homme sombre, peu aimable et aux manières rustres mais il tient bon non sans un certain courage.

Ce malaise s’accroit après une première nuit passée aux Hurle-Vent, ou Lockwood s’endort sur ce qui ressemble au journal intime d’une Catherine Linton et croit alors lui parler en rêve.

Revenu chez lui après ce premier contact difficile qui a  bien failli tourner au drame puisque personne ne l’a aidé à trouver son chemin dans ce pays glacial, venteux et dévasté, Lockwood interroge sa domestique, Nelly Dean qui va lui raconter pendant la quasi-totalité du roman l’histoire des Earnshaw et des Linton.

Tout commence lorsque Mr Earnshaw, le père de Catherine et de Hindley, adopte un troisième enfant quasi mort de faim et le nomme Heathcliff.

Traité singulièrement malgré l’amour de son père, Heathcliff ne va pas tarder à développer un caractères beaucoup plus dur et rétif que les autres enfants de la maison, s’opposant en cela à Hindley mais se rapprochant de Catherine, avec qui il va nouer une relation d’amour passionnel.

Lorsque Hindley devient le chef de famille, il prend une femme qui lui donne un enfant, Hareton mais qui meurt prématurément.

Hindley commence alors à boire, à jouer plus que de raison et à devenir particulièrement menaçant avec toute sa famille et tout particulièrement Heathcliff qu’il hait.

Pour le protéger, Catherine tente alors une manœuvre audacieuse, se marie avec un magistrat fortuné, Edgar Linton et part vivre avec son mari, sa sœur Isabelle et Nelly à Thrushcross grange.

Ce mariage est un drame pour Heathcliff qui s’enfuit et réparait ensuite, se montrant de plus en plus agressif avec Edgar, qui a bien du mal à empêcher sa femme de revoir en cachette son demi frère.

Il est pour cela grandement aidé par Nelly qui a pris fait et cause contre Heathcliff et Catherine, mais son caractère timoré et doux, le fait toujours céder face aux deux monstres.


Heathcliff qui a profité de la faiblesse de Hindley pour prendre le contrôle des Hauts de Hurlevent, passe à son tour à l’offensive et séduit Isabelle pour l’amener à l’épouser contre l’avis de son frère Edgar.

Ceci est également un choc pour Catherine qui tombe à son tour malade et meurt peu après avoir donné naissance à une fille, également appelée Catherine.

Cette mort va déchainer les instincts les plus féroces de Heathcliff.

En effet, passés les premiers émerveillements de l’amour, Isabelle découvre la véritable nature brutale, sauvage et sans états d’âme de Heathcliff et déchante.

Mais il est trop tard pour elle et elle est contrainte de vivre dans l’ambiance étouffante des Hauts de hurlevent, avec son mari qui a fini par mortellement blesser l’incontrôlable Hindley, Hareton qui a grandi comme un demi sauvage et les domestiques semi abrutis.

Elle donnera néanmoins un fils à cet homme démon, Linton avec lequel elle s’enfuit et à qui elle permet de grandir loin de l’influence néfaste de son père.

Ceci fait bien sur enrager Heathcliff qui désire remettre la main sur Linton et le faire épouser Catherine, afin de devenir l’unique propriétaire des deux domaines.

La mort d’Isabelle fait revenir le jeune Linton auprès de son père à Hurle vent, et plonge ainsi ce jeune homme des villes frêle et bien éduqué dans l’enfer des landes.

Heathcliff profite de la maladie d’Edgar, pour créer une correspondance amoureuse artificielle entre Linton et Catherine avant que Nelly ne parvienne à contrer temporairement ses plans en dévoilant tout à son maitre.

Mais à la mort d’Edgar, Heathcliff s’arrange pour attirer Catherine aux Hauts du hurle vent et la contraindre à épouser Linton qui de constitution faible décède peu après.

Dépossédée de ses biens et sans aucune protection, Catherine se résigne à vivre sous la coupe de Heathcliff et finit par s’accommoder de cette vie à la dure.

S’endurcissant, elle finit par nouer une relation amoureuse avec Hareton, qui vit toujours complexé par son manque d’instruction.

Prenant de plus en plus confiance en lui, Hareton s’érige en rempart pour protéger Catherine de la violence de Heathcliff.

C’est cette configuration qu’a trouvé Lockwood lors de sa venue dans les Hauts, puis l’homme doit s’absenter plusieurs mois de la lande et revient après pour apprendre le dénouement de l’histoire de la bouche de Nelly.

La domestique lui raconte que Heathcliff s’est isolé de plus en plus, refusait de s’alimenter et tenait des propos de plus en plus incohérent sur sa demi sœur Catherine, dont le souvenir le hante en permanence.

Rongé par le remord et la mélancolie, Heathcliff finit par s’éteindre mystérieusement en devenant lui aussi un spectre hantant la lande tandis que Hareton et Catherine se mariaient.

En conclusion, « Les Hauts du Hurle-vent » est un roman ultra dense, une grande tragédie familiale parfois difficile à suivre dans ses méandres tortueux, mais qui recèle par sa noirceur, sa violence, sa dureté et sa pincée de fantastique, un caractère éminemment fascinant.

On est surpris de ressentir tout la puissance, la rage sourde même d’une jeune femme de bonne famille de 29 ans qui décèdera l’année d’après.

Le statut de classique mais également d’œuvre hors normes et à contre courant peut évidemment être attribué à ce roman atypique idéal pour bousculer le lecteur dans ses certitudes.

Essentielle donc, comme toute singularité sortant de la masse.

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16 juin 2013 7 16 /06 /juin /2013 11:56

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Changement radical de registre avec le cinéma d’auteur de Hou Hsiao-Hsien.

Sorti en 2001, « Millennium mambo » raconte l’histoire d’une jeune femme, Vicky (Shu Qi) se débattant à Taiwan dans une relation désastreuse avec son compagnon Hao Hao (Tuan Chun-Hao), drogué et oisif.

Vicky fréquente le milieu de la nuit ou elle travaille, mais son salaire et la plupart de ses dépenses sont surveillés par Hao Hao qui lui ne travaille pas.

Le couple vit dans une minuscule appartement ou les scènes de ménage sont fréquentes.

Vicky sait pertinemment que cette relation ne la mène à rien, car Hao Hao ne pense qu’à se détruire peu à peu, mais demeure incapable comme beaucoup de gens de s’en extraire.

Le spectateur croit à une vague intrigue criminelle lorsque la police vient perquisitionner à leur domicile pour retrouver la Rolex volée du père de Hao Hao, mais cette piste s’écroule assez vite pour proposer une grande rêverie nocturne ou le temps semble s’étirer à l’infini.

Dans le monde de la nuit, Vicky fait la connaissance de Jack (Jack Kao), petit trafiquant des boites de nuit qui lui dit aller périodiquement voir sa famille au Japon.

Elle est attirée par cet homme calme et posée mais demeure sous la joug tyrannique de Hao Hao, jaloux et possessif, qui continue d’exercer sur elle une profonde attraction.

Après l’avoir quitté puis être revenue auprès de lui, Vicky est la cible d’une irruption de son amant dans une boite de nuit.

Le ton monte entre Hao Hao et Jack et une bagarre éclate.

Vicky perd connaissance et lorsqu’elle se réveille, elle est à Tokyo (Japon) et comprend enfin que Jack lui a donné la chance de fuir son amant diabolique.

En conclusion, « Millenium mambo » est un film réputé par une certaine élite journalistique mais juste irregardable en pratique.

Le film se déroule dans sa quasi-totalité dans la nuit, entre appartement minable et boites de nuit dites branchées ou de jeunes corps de déhanchent mollement sur une musique techno deshumanisante.

Mais plus que son ambiance glauque, c’est la réalisation insupportablement statique et contemplative de Hsiao-Hsien qui finit par rapidement irriter.

En réalité, il ne se passe pas grand-chose dans ce film ou les personnages incarnant une jeunesse à la dérive glissent en continu.

Consommation astronomique de cigarettes (est on vraiment plus cool avec une clope à la main ou à la bouche ? ), de drogues, plans désespérément fixes, dialogues minimalistes forment une absence totale de vie.

Un film désincarné à fuir donc, si on appartient pas à l’intelligentsia cinématographique.

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25 mai 2013 6 25 /05 /mai /2013 15:39

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Ridley Scott toujours avec un de ses films les plus célèbres « Thelma et Louise ».

Sorti en 1991, « Thelma et Louise » est un road movie racontant la virée de Thelma Dickinson (Geena Davis) une femme au foyer de l’Arkansas vivant une relation conjugale minable avec son mari Darryl (Christopher Mc Donald), entrainée par son amie Louise Sawyer (Susan Sarandon) elle aussi en couple avec Jimmy (Michael Madsen) mais plus épanouie et indépendante.

Thelma et Louise s’embarquent dans une voiture décapotable pour un week end à la montagne entre copines.

En chemin, les deux amies s’arrêtent dans une boite de nuit fréquentée majoritairement par des camionneurs.

Désireuse de s’émanciper, Thelma abuse de la boisson et accepte de flirter avec un inconnu se faisant appeler Harlan (Timothy Carhart).

Après avoir bu et dansé, Thelma est entrainée par Harlan sur le parking qui devient de plus en plus entreprenant.

Malgré sa résistance, il tente de la violer mais il est alors braqué par Louise qui a emporté un pistolet pour leur défense personnelle.

Devant les provocations haineuses de Harlan, Louise ouvre le feu et le tue.

On comprendra par la suite la réaction de Louise, qui a été violée par un homme au Texas.

Paniquées, les deux femmes prennent la fuite, tout en sachant très bien que les circonstances dans cette affaire ne leur sont extérieurement pas forcément favorables.

Cette épreuve soude leur complicité et les poussent à partir en cavale pour rejoindre le Mexique.

Louise demande à Jimmy de lui virer une forte somme d’argent pour faciliter leur fuite à travers le pays.

En se rendant à Oklahoma pour le retrouver sur place, les deux femmes rencontrent un jeune et séduisant autostoppeur appelé JD (Brad Pitt).

Se disant étudiant, JD tape dans l’œil de Thelma qui lie connaissance avec lui.

Entre temps, Louise doit contenir les interrogations de Jimmy, qui finit après quelques heurts par accepter de donner l’argent sans chercher à en savoir plus.

Après qu’elle ait refusé une bague de mariage, Louise fait ses adieux à Jimmy qui accepte les choses bon gré mal gré.

Mais JD qui finit par coucher avec Thelma dans une nuit d’amour débridée, dérobe l’argent et se volatilise.

Les deux femmes se trouvent donc démunies avec un policier appelé Hal Slocombe (Harvey Keitel) à leurs trousses.

Slocombe coince JD, en réalité un minable voyou et parvient à obtenir des informations supplémentaires sur les fuyards.

Poussées à bout, les deux femmes se radicalisent, en particulier Thelma qui braque une station service pour un peu d’argent.

Pire, elles braquent un policier isolé qui les avaient arrêtées pour excès de vitesse et l’enferment dans le coffre de sa voiture.

Mais le piège policier ne peut que se refermer sur elles à proximité du Grand canyon.

Assaillies par de dizaines de voitures, les deux jeunes femmes décident de rester soudées jusqu’à la mort, refusant de se rendre à la police malgré les injonction de Hal, et se jettent ensemble dans le ravin du Grand canyon …

En conclusion, véritable ode au féminisme et à la liberté, « Thelma et Louise » est un film atypique et terriblement audacieux.

Au cours de leur périple à travers le sud-ouest des Etats-Unis, ces deux américaines de la classe moyenne, engoncées dans des jobs et des relations minables, parviennent à briser le carcan qui les écrasent, et accèdent à une liberté chèrement gagnée.

Bien entendu, la violence est présente dans le film mais à la manière sotte, sanglante et provocatrice de « Tueurs nés » et plutôt utilisée à bon escient.

Malgré la force  du propos, plusieurs choses m’ont gêné, tout d’abords les seconds rôles masculins sans intérêt voir irritants comme Madsen ridicule en balourd pleurnichard ou Pitt en minet pour dames, mais également l’ambiance générale du film, plutôt country-beauf bas du front et déprimante.

D’ailleurs la bande son demeure pour moi assez insupportable.

Ces réticences ne constituent une limitation pour apprécier le film mais n’empêchent pas de lui reconnaitre son statut culte, et pas seulement pour le public féminin.

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10 avril 2013 3 10 /04 /avril /2013 22:15

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Peu de raisons de ne pas continuer à explorer l’œuvre de Yasmina Khadra, aussi est-ce avec un intense plaisir que « Les sirènes de Bagdad » vont trouver leur place dans ces chroniques.

Paru en 2006, « Les sirènes de Bagdad » appartient à la même veine internationale que ces prédécesseurs « Les hirondelles de Kaboul » et « L’attentat » qui eux aussi délaissent l’Algérie natale de Khadra pour s’aventurer en Afghanistan et en Israël.

Cette fois, l’action se déroule dans les années 2000 en Irak, en plein milieu de la guerre que mènent seuls les Etats-Unis de George W Bush contre le régime de Saddam Hussein.

Mais Khadra surprend en plaçant d’entrée son personnage principal, un jeune fils de puisatier misérable de Kafr Karam village perdu dans le désert, dans le cadre inhabituel de Beyrouth ou il se sent peu à son aise et dialogue avec Jalal, un vieux docteur en religion.

Puis il remonte le temps et retrace l’itinéraire du jeune homme en consacrant une bonne moitié du roman à la description de la vie à Kafr Karam, dans un environnement pauvre ou les traditions bédouines pèsent davantage que la situation globale du pays.

Pourtant la réalité de la guerre finit par rattraper les habitants de Kafr Karam, lorsque Souleyman, un adolescent handicapé devant être amené en urgence dans un dispensaire est abattu à un checkpoint par des soldats américains.

Le drame secoue le village, échauffant les esprits des plus jeunes comme le belliqueux Yacine et dès lors le conflit s’inscrit progressivement dans le quotidien des habitants avec la frappe d’un missile sur les convives d’un mariage et l’irruption de GI dans les maisonnées.

Au cours de l’une d’entre elles, le père du héros est molesté et humilié sous ses yeux.

L’affront est trop fort pour le jeune homme qui décide de suivre la tradition bédouine de vengeance.

Dès lors, il délaisse son ami musicien Kadem pour se lancer dans un périple hasardeux pour arriver jusqu’à Bagdad ou il espère entrer dans la résistance irakienne qui lutte de manière désespérée contre les GI sur armés.

Le voyage dans un pays rendu sauvage et incertain par les conflits est long et semé d’embuches.

Tenu par une détermination implacable, le héros tient pourtant le coup et arrive jusqu’à la capitale certes toujours envoutante mais devenue en raison de la guerre, une ville dangereuse pour un jeune homme seul.

Agressé et dépouillé, il finit par mener une vie d’errance dont il ne sort que par la rencontre fortuite avec Omar, une connaissance du village, qui le prend sur son aile en lui assurant un gite et un couvert, certes misérables.

Mais Omar est soumis à la pression de son colocataire qu’on devine assez rapidement être son amant et prend la pénible décision de le remettre à son ennemi Sayed, un autre ancien du village, qui a connu une réussite certaine à Bagdad.

Sayed accueille généreusement le jeune homme et le loge dans son magasin de téléviseurs qui n’est en réalité qu’une couverture pour ses véritables activités : chef d’une cellule de terroristes islamiques poseurs de bombes.

Le héros comprend à qui il a affaire et montre une grande motivation pour s’intégrer à la cellule terroriste afin d’accomplir sa vengeance.

Mais les terroristes étant par nécessité des gens prudents, le processus d’intégration prend beaucoup de temps, le héros devant à son grand dam ronger son frein dans l’inactivité et les taches subalternes.

Une descente de policier irakiens corrompus tentant de racketter Sayed tourne mal et oblige le réseau à liquider les policiers, ce qui accélère l’intégration du bédouin, témoin malgré lui du meurtre.

Après un nouvel assaut de policiers, la cellule parvient à s’échapper et Sayed convaincu que le jeune bédouin l’a trahi, le contraint sous la torture à livrer un nom : celui d’Omar.

Impitoyable, Sayed égorge le malheureux qui en réalité n’était pour rien dans l’attaque des policiers.

Malgré son remord, le bédouin va jusqu’au bout de son engagement et accepte l’inconcevable, se faire injecter un virus par un médecin terroriste et contaminer la ville de Londres.

Aidé par la puissante logistique des réseaux terroristes, il traverse la Jordanie pour se retrouver au point de départ du roman, à Beyrouth ou il doit prendre un avion pour Londres.

En attendant son heure, le jeune homme discute avec le docteur Jalal, intellectuel autrefois proche des pays occidentaux et critique vis-à-vis de l’islamisme avant d’opérer un volte face fracassant en comprenant le mépris des occidentaux pour les arabes, qu’ils soient intellectuels ou non.

Jalal, détecte les intentions criminelles du jeune homme et malgré son revirement islamiste, décide devant l’horreur de ses intentions, de l’en dissuader.

Les choses tournent mal, Jalal est durement agressé et enlevé par les gardes de Sayed, ce qui laisse la voie libre au bédouin infecté.

Mais au moment de prendre l’avion, le bédouin se montre incapable d’aller au bout de son acte en comprenant in extremis sa vacuité.

Il comparait alors finalement devant ses anciens maitres, pour un jugement qu’il sait sans appel.

En conclusion, « Les sirènes de Bagdad » est un roman d’une très grande force montrant un Khadra au sommet de son art.

Dans celui-ci, l’écrivain décrit en effet le parcours individuel d’un jeune homme du désert qui touché par les effets de bord de la brutalité de la guerre USA-Irak, s’engage alors par désir de vengeance dans le Jihad, avant de se raviser in extremis au seuil de commettre un attentat bactériologique d’envergure encore inédite.

A travers ce jeune homme qu’on devine assez proche ethniquement de lui, Khadra joue parfaitement son rôle de passeur/médiateur entre le monde occidental et arabe.

Tout en condamnant la brutalité des soldats américains envahisseurs (mais en réalité il n’existe pour moi aucun soldat particulièrement tendre en période de guerre), Khadra rappelle les horreurs du régime de Saddam Hussein et tente de rétablir un équilibre entre la culture arabe, aux richesses méconnues et celle réputée supérieure de l’Occident mais en réalité dévoyée par l’absence de spiritualité, l’individualisme et le pouvoir de l’argent.

Cette tentative se matérialise clairement lors du dialogue agité entre Jalal intellectuel déçu par les lumières de l’Occident et son ami écrivain Mohamed Seen, fidèle lui à une vision progressiste  des choses.

Servi par une langue toujours d’une grande splendeur, « Les sirènes de Bagdad » se dévore d’une traite et constitue l’un des meilleurs romans non algériens du talentueux écrivain.

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20 mars 2013 3 20 /03 /mars /2013 18:33

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Sorti en 1999, « Coup de foudre à Notting hill » est un film de Roger Michell.

Etabli dans le quartier de Notting hill, William Thacker (Hugh Grant) est un trentenaire fraichement divorcé, qui vivote de son métier de libraire dans le quartier de Notting hill connu pour son grand marché et sa fréquentation de célébrités.

Fragile et peu sur de lui, William vit en colocation avec un artiste complètement déjanté répondant au nom de Spike (Rhys Ifans).

Un jour le hasard lui sourit et une belle jeune femme pousse la porte de sa librairie pour chercher un livre sur la Turquie.

Visiblement un charme s’installe entre eux et la jeune femme est touchée par le charme malhabile du libraire qui l’invite à se changer chez lui après avoir malencontreusement renversé du jus d’orange sur sa veste.

Après avoir échangé un baiser fugace, William ne reconnait qu’après coup la star de cinéma Anna Scott (Julia Roberts).

Le fait que William la traite comme une femme normale et ne soit pas bêlant d’admiration devant le personnage public touche assurément Anna qui finit par le recontacter discrètement pour organiser une rendez vous dans un prestigieux hôtel londonien.

William se rend au rendez vous et tombe dans une grande campagne de promotion pour la sortie du film de la belle.

Il est alors contraint de se faire passer pour un journaliste de « chasse et tradition » pour approcher Anna et discuter avec elle.

Malgré quelques interruptions, le courant passe si bien que le couple décide de sortir ensemble.

Anna est alors présentée aux amis de William au cours d’un diner Bella (Gina Mc Kee) et Max (Tim Mc Innerny) Bernie (Hugh Bonneville) sa sœur Honey (Emma Chambers) , et sa simplicité finit par triompher des inévitables préjugés entourant son métier d’actrice à renom.

Pourtant fréquenter une star comporte des inconvénients et William tombe sur Jeff King (Alec Baldwin) le petit ami américain acteur de Anna qui le confond avec un garçon d’étage.

Par contraste avec William, Jeff apparait comme rustre, viril et grossier.

Pour ne pas embarrasser Anna, William joue le jeu du garçon d’étage et encaisse sans broncher les humiliations.

Après la révélation de quelques clichés compromettant, Anna décide de s’éloigner de King et vient se réfugier chez William auprès duquel elle espère trouver un anonymat protecteur vis-à-vis des paparazzi encombrants.

La cohabitation avec le terrible Spike ne manque pas de piquant mais Anna finit par succomber au charme de William et couche avec lui.

Mais le compte de fée tourne court lorsque Anna est vendue par Spike aux paparazzi qui viennent assiéger la demeure de William.

Prise au piège et stressée, la jeune femme se révolte et abandonne son amant.

William accepte de manière fataliste la séparation et retourne en souffrant à sa vie de tous les jours.

Plusieurs années passent, Anna continue sa brillante carrière et reprend finalement contact avec William, qui trop fier, la repousse.

Après mure réflexion, il se ravise et court désespérément la ville de Londres aidé par tous ses amis pour déclarer ses sentiments à Anna avant son départ à l’étranger.

La déclaration a finalement lieu dans une nouvelle conférence de presse et  le couple peut alors enfin se réunir.

En conclusion, « Coup de foudre à Notting hill » a tous les ingrédients du conte de fée inversé ou le rôle de la femme est ici astucieusement joué par un homme.

Inutile donc de chercher plus loin les raisons de son colossal succès, tant la trame choisie colle ici profondément à l’imagerie populaire féminine.

Une fois le cadre clairement posé, on saluera le jeu des acteurs et en particulier celui de Hugh Grant, dont la dégaine de beau gosse timide, délicat, drôle et charmant a tout pour déchainer des torrents de passion romantique féminine.

Pour le reste, une galerie de seconds rôles typiquement british (et donc un tantinet barrés) viennent composer une représentation de la société londonienne avec le courtier, l’artiste, la célibataire branchée ou le couple vivant un drame du handicap.

Tout ce décorum à l’eau de rose ne nous emmène donc pas très loin et sera sans doute plus amène de séduire un public essentiellement féminin auquel je n’appartiens malheureusement pas.

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