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24 novembre 2014 1 24 /11 /novembre /2014 21:37
After hours (Martin Scorcese)

Malgré son immense carrière, Martin Scorcese n'a en ces colonnes curieusement que peu d’articles consacrés à son abondante filmographie.

En 1985, le réalisateur est déjà au firmament avec des chefs d’œuvre comme « Taxi driver « et « Raging bull » et sort « After hours ».

Film habile et original, « After hours » raconte l’histoire de Paul Hackett (Griffin Dunne) informaticien à New-York qui ayant rencontré Marcy Franklin (Rosanna Arquette) une jeune femme dans un snack, décide sur un coup de tête de lui rendre visite à près de minuit.

Paul se rend donc dans Soho chez Kiki Bridges (Linda Fiorentino) la colocatrice de Marcy, une artiste spécialisée dans la sculpture à base de papiers.

Aussi sexy qu’excentrique, Kiki trouble l’informaticien qui se sent puissamment attiré par elle, avant que Marty revienne finalement.

Mais la jeune femme se montre déroutante jusqu’au bout et refuse de coucher avec lui, ce qui irrite Paul qui quitte finalement l’appartement.

Dans la rue, une pluie battante l’assaille et comble de malchance, Paul n’ayant pas assez d’argent sur lui pour prendre le métro, se heurte à la bêtise d’un employé zélé.

Trempé et désorienté, il trouve refuge dans un bar ou végète June (Verna Bloom) une serveuse entre deux âges, désespérée de sa vie.

Tom (John Shord) le barman, se montre plutôt sympathique et bienveillant, acceptant Paul sans le sou et lui propose même d’aller vérifier l’alarme chez lui en raison des cambrioleurs qui rodent dans le quartier.

Paul accepte l’offre et lui remet ses clés en guise de gage.

En chemin, il croise Neil (Cheech Marine) et Pepe (Tommy Chong) et , les deux cambrioleurs qui tournent dans le quartier dans leur vieille camionnette.

Après avoir rempli sa mission et s’être justifié auprès des voisins de Tom qui le prennent pour le cambrioleur, Paul retourne au loft de Kiki et la trouve en pleine séance sado-maso avec Horst (Will Patton).

Kiki et Horst lui font la morale puis quittent l’appartement, laissant Paul seul avec Marcy, dont le corps git inanimé après un suicide.

Paniqué, Paul appelle la police puis quitte lui aussi l’appartement pour récupérer ses clés chez Tom malheureusement absent.

Il recroise June qui décidément entichée de lui ou désespérée, l’invite chez elle.

Paul accepte par politesse mais ne sent aucunement attiré par June, un peu simplette et finit par négocier de la quitter en échange de la vague promesse de la revoir.
Malheureusement les choses ne s’arrangent pas pour Paul qui est cette fois bel et bien pris pour le voleur du quartier.

Paniqué, Paul tente de retrouver Julie et Horst et entre dans une boite de nuit punk ou il manque de se faire raser la tête.

Alors qu’il tente sans succès de prendre un taxi pour rentrer chez lui, Paul est blessé superficiellement par Gail (Catherine O‘Hara) une vendeuse de glace qui descend du taxi.

Cette femme également étrange insiste pour l’inviter chez elle pour le soigner, mais rameute en réalité tout le quartier pour le lyncher.

Traqué, Paul retourne dans la boite punk déserte et trouve asile auprès d’une autre artiste Julie (Teri Gar), qui le transforme en statue de papier pour le dissimuler de la colère de la foule.

Embarqué par Neil et Pepe qui le prennent pour un objet de valeur, Paul finit par tomber devant son entreprise d’informatique et embauche directement le corps couvert de résidus de papier mâché.

En conclusion, « After hours » est un film bâti sur une idée originale qui repose sur la maestria de scénariste et de réalisateur de Scorcese.

Usant de quiproquos et de l’effarement de son héros Mr tout le monde qui s’enfonce à chaque étape un peu plus dans la folie d’une situation inextricable, Scorcese construit un film habile en frome d’ode au New-York des années 80 et à la vie nocturne du quartier de Soho.

Par sa construction et la qualité de ses acteurs, « After hours » rappellera à certains noctambules les galères invraisemblables qui peuvent survenir dans ce type de virées.

Même si il n’est donc pas le plus connu, le plus spectaculaire ou violent des Scorcese, il n’en reste pas moins tout à fait digne d’estime.

After hours (Martin Scorcese)
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27 juillet 2014 7 27 /07 /juillet /2014 10:05
Le dernier tango à Paris (Bernardo Bertollucci)

Film à scandales, « Le dernier tango à Paris » de Bernardo Bertollucci fut lors de sa sortie en 1972 censuré à peu prêt dans tous les pays et garde encore maintenant un fort parfum vénéneux.

L’histoire est pourtant sur le papier belle et forte, Paul (Marlon Brando), un américain d’âge mur venant de perdre brutalement sa femme Rosa (Veronica Lazar) suicidée dans son bain, erre brisé par le chagrin dans le XVI ième arrondissement de Paris.

Ancien baroudeur, tour à tout boxeur, acteur et journaliste, Paul rencontre par hasard une jeune femme, Jeanne (Maria Schneider) elle aussi actrice, qui cherche comme lui à louer un appartement prêt du Pont de Bir-Hakeim.

Une brusque passion charnelle nait alors dans cet appartement vide et dégradé entre Jeanne et Paul, ce dernier cherchant un oubli absolu et à ne rien savoir sur cette inconnue.

Le couple prend la décision de louer cet appartement pour entretenir cette relation secrète et sans tabou.

En parallèle, la vie dite « normale » doit suivre son cours, Jeanne tourne un film pseudo artistique sur l’histoire de sa vie avec Tom (Jean-Pierre Léaud) qui est aussi son petit ami.

On y découvre son enfance bourgeoise regrettée dans la banlieue parisienne, son père militaire et sa mère (Gitt Magrini) vivant à Paris.

De son coté, Paul doit remplir les formalités pour le décès de sa femme mais n’est pas dans un état psychologique très stable ce qui occasionne une violente dispute avec sa belle mère (Maria Michi).

Lorsqu’il rencontre Marcel (Massimo Girotti), l’amant de sa femme, en réalité leur voisin de pallier, Paul reste en apparence très froid, très poli et garde sa haine à l’intérieur devant l’insensibilité et le narcissisme stupide de l’homme.

Paul se réfugie dans sa passion avec Jeanne et le couple fait l’amour de manière étrange, en imitant par exemple des bruits d’animaux ou dans une scène plus choquante de sodomie sur fond de blasphème.

Toujours tourmenté, Paul insulte sa femme sur son lit de mort pour lui avoir menti, et va boxer un client de l’hôtel qu’elle possédait lorsqu’il découvre qu’il servait de maison de passes pour prostituées du boulevard Montparnasse.

Mais la vie suit son cours et Jeanne finalement demandé en mariage par son Tom accepte sur un coup de tête.

Elle ne peut cependant l’avouer à Paul et une violente scène mêlant rupture simulée et passion intensive éclate alors dans l’appartement.

Finalement Paul semble s’échapper mais reste finalement à Paris, retrouvant Jeanne pour l’inviter une dernière fois dans un dancing parisien ou le couple fortement alcoolisé assiste à une compétition de tango.

C’est semble t il au tour de Paul d’être violemment attaché à Jeanne et à lui demander de vivre avec lui.

Celle-ci refuse tout en désirant vivre avec Tom dans le bel appartement du XVI ième, mais Paul la poursuit jusque chez sa mère.

Après une nouvelle dispute, Jeanne apeuré par la violence de son ex amant lui tire dessus avec le pistolet de son père.

Paul s’écroule sur le balcon et regardant une dernière fois le toits de Paris.

En conclusion, certes « Le dernier tango à Paris » est un film quelques fois choquant, mais surtout très intense, narrant la rencontre entre deux mal êtres profonds, parvenant le temps de quelques étreintes désespérées à se rejoindre.

Brando est malgré la controverse génial, en homme tourmenté, malheureux, errant dans un Paris alors en pleine mutation comme le montre la construction assez étonnante des grandes construction des années 70 que ce soit Beaugrenelle ou les alentours de la Tour Montparnasse.

Son association avec Maria Schneider alors débutante est détonante.

Même si le film fut renié par les acteurs et choqua les prudes mentalités, il contient néanmoins tous les ingrédients d’une passion impossible, de la souffrance intérieure qui peut parfois rassembler deux êtres.

Sa fin dramatique, intense avec la compétition de tango puis la dernière vision d’un Paris chancelant sous le poids de l’âge et de la mort approchant est superbe.

Difficile donc d’ignorer ce film puissant qui restera pour moi comme un des meilleurs de Marlon Brando, qui demeure à mes yeux le meilleur acteur de tous les temps.

A voir également pour l’aspect vestiges d’un Paris aujourd’hui oublié, celui du début des années 70 …

Le dernier tango à Paris (Bernardo Bertollucci)
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26 juillet 2014 6 26 /07 /juillet /2014 10:49
A l'est d'Eden (Elia Kazan)

Nous restons dans les classiques du cinéma avec « A l’est d’Eden » célèbre film d’Elia Kazan adapté de John Steinbeck géant de la littérature américaine.

L’histoire se déroule aux Etats-Unis en 1917, dans la ville de Salinas, ou Adam Trask (Raymond Massey) dirige une grande exploitation agricole dans les si fécondes terres de Californie.

Trask a quelques tendances « geotrouvetout » et tente toujours de développer de nouvelles idées, avec fougue et maladresse comme la conservation des légumes dans des blocs de glaces.

Ses deux fils, Cal (James Dean) et Aron (Richard Davalos) l’aident dans sa tache mais sont aussi dissemblables l’un que l’autre, Aron étant posé et réfléchi tandis que Cal est un écorché vif, révolté, mal dans sa peau qui accumule les bêtises.

En réalité, Cal est obsédé par la disparition de sa mère et finit à force d’obstination à découvrir qu’elle n’était pas morte comme lui avait dit son père mais qu’elle vit à proximité, établie comme patronne de bar.

La confrontation mère-fils est douloureuse pour Cal qui comprend que sa mère Kate (Jo Van Fleet) ne supportait la vie à la ferme et le caractère chrétien paternaliste de son père.

Après un drame, elle préféra donc le quitter pour se lancer dans les affaires d’ailleurs prospères.

Cal garde donc son secret pour lui et se rapproche dangereusement de Abra (Julia Harris) la fiancée de son frère Aron, ce qui ne fait qu’envenimer leurs relations.

En réalité, Julia se montre plutôt séduite par Cal, avec qui elle partage des relations familiales explosives.

La situation se dégrade davantage avec l’entrée en guerre des Etats-Unis contre l’Allemagne.

Albrecht (Harold Gordon) un commerçant d’origine allemande jusqu’alors sans histoire est alors pris pour cible par des manifestations hostiles.

Ami d’Albrecht, Cal intervient et une bagarre générale éclate entre défenseurs et agresseur du vieux commerçant.

L’intervention de Cal irrite Aron qui est un fervent patriote américain.

Mais malgré sa révolte, Cal aime son père et pour l’aider à éponger ses dettes décide de demander 5000 dollars à sa mère pour investir dans la plantation de tabac.

Celle-ci accepte et le jeune homme profitant alors de la mobilisation générale et de la hausse de la consommation de tabac réalise alors un joli bénéfice.

Malheureusement lorsqu’il se présente devant son père, son cadeau tombe à plat, car Aron lui annonce son mariage avec Abra, ce qui comble le vieil homme de joie.

Pire que cela, Adam refuse avec dédain l’argent de son fils, obtenu selon lui en profitant du sacrifice des soldats américains.

Le choc est terrible pour Cal, qui voit son cadeau refusé et Abra lui échapper.

Pris de colère, il propose alors à son frère de lui révéler la vérité sur la mort de sa mère.

Aron se montre moins solide psychologiquement que Cal lors du face à face avec Kate, et craque complètement face à cette révélation.

Il prend alors comme brutale de décision de ne pas épouser Abra et de s’engager volontairement dans l’armée.

A la gare, attend de folie, il percute violemment le vitre du train qui l’emmène ce qui provoque une attaque à Adam.

Laissé affaibli et mourant, le vieux patriarche pardonne Cal sur son lit de mort, et le pousse à son union avec Abra.

Malgré la tragédie, la famille parvient donc à un apaisement inespéré .

En conclusion, « A l’est d’Eden » est un classique, comme la plupart des grands films d’Elia Kazan, réalisateur surdoué qui marqua de son empreinte le cinéma.

Drame familial par excellence sur fond biblique, « A l’est d’Eden » narre la rivalité de deux frères que tout oppose, incapables de surmonter la tragédie commune de la perte de leur mère.

Bien entendu, Dean crève l’écran dans un rôle de rebelle hyper sensible en mal d’affection taillé sur mesure pour son jeu expressif mais le film se montre globalement trop long et ennuyeux pour pleinement passionner.

Se déroulant dans la beauté des paysages californiens, « A l’est d’Eden » est donc un grand film bâti sur un grand sujet, mais qui souffre d’une réalisation d’un autre temps nuisant à son dynamisme.

Une belle pièce de musée donc, qui peinera sans doute à passionner les jeunes générations.

A l'est d'Eden (Elia Kazan)
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26 juin 2014 4 26 /06 /juin /2014 21:54
Ce que le jour doit à la nuit (Yasmina Khadra)

Grand fan de Yasmina Khadra, cela faisait plusieurs années que je souhaitais lire « Ce que le jour doit à la nuit ».

Paru en 2008, ce livre fleuve s’écarte du style traditionnel plutôt policier et terroriste de Khadra pour embrasser à travers le roman l’histoire de son pays, l’Algérie.

L’histoire est celle de Younes, petit algérien né dans les années 1930, dans un milieu pauvre et rural, dont la famille se trouve ruinée après qu’elle ait vu ses champs incendiés parce qu’elle refusait de se plier à l’autorité d’un caïd local.

Le père, Issa, chef de famille, homme travailleur, dur et fier, n’a pas d’autre choix que l’exil familial à Oran, la grande ville la plus proche, même si s’arracher aux terres possédées de générations en générations s’avère un véritable crève cœur.

Younes suit donc comme tout le monde le mouvement migratoire vers Oran ou vit son oncle, pharmacien marié à une française, Germaine.

Par fierté, Issa refuse l’aide matérielle de son frère, ce qui fait échouer toute la famille à Jenane Jato, horrible quartier de bric et de broc ou s’entassent les miséreux de la ville pour vivre dans des conditions épouvantables.

Terrifié, le jeune Younes découvre la misère urbaine et la faune qui y prolifère entre véritables bandes de voyous, violences conjugales et commerces miteux.

Issa qui ne compte que sur son courage, s’absente de plus en plus souvent du domicile pour chercher des petits boulots harassants et mal payés près des docks.

La situation ne tarde pas à empirer lorsque Issa se fait berner par un escroc qui lui propose d’investir son argent dans une affaire prometteuse et agresser pour tout se faire dérober.

Battu et humilié, il disparait pour diluer sa vie dans l’alcool.

La chance sourit alors à Younes qui est placé chez son oncle dans la partie bourgeoise de la ville et reçoit une éducation française à laquelle il n’aura jamais eu accès sans cela.

Younes rebaptisé Jonas pour l’occasion demeure influencé par son oncle, un érudit sensible aux idées nationalistes algériennes mais hostile par principe à la lutte armée, ce qui lui vaut un emprisonnement de courte durée mais traumatisant pour cet homme délicat et le pousse à déménager dans une bourgade bourgeoise située à soixante kilomètres de la ville, Rio Salado.

La bas, Younes vit en pleine Seconde guerre mondiale, une jeunesse dorée, se lie d’amitié avec une bande de français, Jean-Christophe Lamy, Simon Benyamin, André Scaramoni et les frères Sosa José et André, fils d’un grand propriétaire terrien Jaime Sosa qui martyrise son employé arabe Jelloul.

Il devient pharmacien et travaille dans la pharmacie de son oncle ou il tombe sous le charme d’Emilie Cazenave, la fille d’une belle femme mystérieuse et esseulée, Madame Cazenave.

Younes obtient un temps les faveurs d’Isabelle Rucillio, le fils de José, principal producteur viticole de la Rio Salado, mais celle-ci le renie lorsqu’elle découvre son origine arabe, et jette son dévolu sur l’athlétique Jean-Christophe qui s’engage sans le savoir dans une relation tumultueuse avec l’ombrageuse jeune femme.

La guerre s’achève, les Américains présent en Algérie diffusent leur culture provoquant la fascination d’André qui décide d’ouvrir un bar-billard inspiré du style de l’Oncle Sam.

De son coté, à sa grande surprise, Younes ne peut se résoudre à avoir sa première expérience sexuelle dans un infâme bordel d’Oran ou il retrouve une des ses voisines de Jenane Jato, la belle Hadda, vit une aventure avec la belle et mystérieuse Madame Cazenave dans sa belle propriété.

Éperdu d’amour, il chute de son nuage en découvrant qu’il n’était qu’un amusement sans lendemain.

Mais l’après guerre s’avère plus douloureux que prévu et l’Algérie qui aspire à des velléités d’indépendance est soumise à une atroce répression de l’armée française.

Rio Salado semble dans un premier temps épargné par les tensions communautaires et le début de guerre civile qui déchire le pays et les histoires sentimentales vont bon train autour d’Émilie, amoureuse de Younes qui se refuse à lui céder en raison des menaces de sa mère, mais convoitée par le sentimental Fabrice aux aspirations littéraires avec Jean-Christophe en embuscade.

Ces jeux provoquent l’explosion du groupe, lorsque Fabrice comprend que Emilie se rapproche de Jean-Christophe pour rendre jaloux Younes, avant que celui n’apparaissent aux yeux de tous comme le seul favori de la belle.

Le fougueux Jean-Christophe quitte sur un coup de tête ses amis et s’engage sans explication dans l’armée, tandis que Fabrice se marie et que Emilie est livrée par sa mère à Simon qui ne demandait rien à personne.

Très ébranlé par le mariage d’Émilie, Younes en plein questionnement prend également ses distances et se rapproche de sa communauté d’origine.

Il accompagne son oncle pour un émouvant pèlerinage à Tlemcen ou repose ses ancêtres, un peu avant qu’il ne meure.

Les années 50 voient le début de la guerre civile avec son cortège d’atrocités : massacres et attentats.

Les colons français sont touchés par les maquisards du FLN et José assassiné au bar de son frère André, qui fait arrêter Jelloul en raison de son profil de parfait coupable.

Etant parvenu à se libérer sur un coup du sort, Jelloul devient un ardent partisan du FLN.

L’année 1957 voit finalement le retour de Jean-Christophe qui épouse Isabelle Rucillio mais l’épisode de l’armée le pousse à prendre ses distance avec son ami Younes dont le tort principal est d’appartenir à l’autre camp, bien qu’il soit aussi bouleversé et désemparé que les autres face à l’horreur des attentats.

La maison des Cazenave est touchée, Simon tué et Krimo le chauffeur de la famille force Younes à quitter les lieux avec interdiction formelle d’approcher Emilie qui part se réfugier à Oran.

Une nouveau traumatisme frappe Younes et Germaine, obligé sous le menace des armes de Jelloul de soigner un commandant des fellaghas blessé par balle.

Younes se sort miraculeusement indemnes de cette terrible épreuve non sans avoir subi le terrible mépris de Jelloul, mué en farouche chef de guerre, puis une arrestation accompagnée de torture de Krimo devenu lui un redoutable harki pourfendeur de rebelles.

Seule l’intervention du puissant Pépé Rucillio permet à Younes de sortir vivant des griffes de Krimo.

Mais 1962 vient tout changer et l’Algérie devient indépendante, provoquant l’exode massif des colons français appelés plus tard pieds noirs, français déracinés et à jamais nostalgiques de leur Algérie natale.

Devenu le roi de la casbah, Jelloul se fait grand seigneur et magnanime avec Younes et Jean-Christophe membre de l’OAS, finalement libéré après avoir été atrocement torturé.

L'ancien domestique devenu colonel de l'armée régulière finira pourtant assassiné.

40 années passent et Younes devenu un vieil homme se rend à Aix-en-Provence pour renouer avec Michel, le fils d’ Emilienne morte la bas.

Le recueillement sur la tombe d’Emilienne est un pur moment d’émotion que l’arrivée toujours revendicative de Krimo, ne parvient pas à gâcher.

Les retrouvailles ne sont pas pour autant terminées et Younes retrouve une partie de ses amis devenus aussi des vieillards branlant, José, André, Fabrice et même Jean-Christophe établi à Paris.

Après avoir lu une ultime lettre de pardon qu’avait laissé Emilie pour lui, Younes éprouve un grand sentiment d’apaisement et repart ému et heureux vers son Algérie.

En conclusion, après une entrée en matière longue et d’un intérêt parfois relatif, « Ce que le jour doit à la nuit » révèle ensuite sa véritable nature, celle d’une grande fresque romanesque sur fond de ni plus ni mois que l’histoire de l’Algérie de ces 80 dernières années.

Dans sa langue si belle et riche, Yasmina Khadra y décrit une adolescence miraculée hors d‘une vie de misère, proche des colons français avec le sentiment parfois troublant de ne pas être tout à fait à sa place dans une communauté qui ne peut l’accepter totalement.

L’amitié tient une place fondamentale dans le roman, mais encore moins que l’amour, forcément romantique car impossible pour une jeune française.

Pris dans ce piège infernal, mêlant communautarisme et malaise psychologique à propos d’un curieux traumatisme quasi œdipien, le héros ne peut que se débattre et subir des évènements tragiques faisant parti de l’histoire la plus délicate et sombre de la France.

Plus que l’intrigue sentimentale certes plaisante, c’est donc par le courage d’aborder le sujet sensible de la guerre d’Algérie en ne prenant aucun parti décisif entre colons et colonisés que se distingue « Ce que le jour doit à la nuit ».

Considéré comme le roman le plus abouti et ambitieux de Khadra, « Ce que le jour doit à la nuit » demeure malgré quelques longueurs, tout à fait digne de respect par sa grande puissance narrative, en attendant de voir peut être un jour le film d’Alexandre Arcady.

Ce que le jour doit à la nuit (Yasmina Khadra)
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16 mai 2014 5 16 /05 /mai /2014 22:04
La dolce vita (Frédérico Fellini)

Festival de Cannes, je me suis intéressé à « La dolce vita » classique du cinéma italien de Frédérico Fellini.

Sorti en 1960 et auréolé d’une palme d’or à Cannes, « La dolce vita » suit les pérégrinations d’un journaliste de la presse à scandales Marcello Rubin (Marcello Mastroianni), dandy évoluant dans les cercles artistico-intellectuels de Rome.

Marcello est tout d’abord entrainé par sa maitresse la scandaleuse Maddalena (Anouk Aimée) qui l’incite à embarquer une prostituée dans sa belle décapotable pour la ramener chez elle.

Excitée par ce contact avec les quartiers pauvres de la ville et ses H.L.M insalubres, Maddalena demande à Marcello de coucher avec lui dans l’appartement de la fille, ravie de cette incartade à son quotidien monotone et sordide.

Le lendemain Marcello retrouve sa fiancée Emma (Yvonne Furneaux) habitée d’une jalousie et d’une possessivité maladives.

Son travail le conduit à couvrir l’arrivée en Italie de l’actrice suédoise Sylvia (Anita Ekberg) venue à Rome pour tourner un film.

Atomique blonde au physique plantureux, l’excentrique Sylvia ne tarde pas à se faire remarquer par son appétit de vie, entrainant tout autour d’elle dans un tourbillon de musique et de danse.

Devant le comportement de son compagnon Robert (Lex Barker), ivre et odieux, Sylvia embarque Marcello dans une virée nocturne ou le couple termine tout habillé dans la fontaine de Trévi avant d’errer dans les rues de la ville à la recherche d’un peu de lait pour un chat rencontré en passage.

En état de choc après une pareille nuit, Marcello subit sans réagir la jalousie de Robert avant d’être à nouveau appelé dans le cadre de son travail à couvrir un prétendu miracle ou deux enfants des quartiers pauvres disent voir régulièrement apparaitre la Sainte Vierge.

Face à une foule hystérique croyant à un miracle et une presse avide de sensations fortes, la démonstration des enfants tourne au drame et ils sont piétinés lors d’une bousculade sous un orage.

Choqué, Marcello se rend en compagnie d’Emma à une soirée chez Steiner (Alain Cuny le nom préféré de ces dames ?) un intellectuel écrivain et musicien qui fait figure pour lui de mentor.

Après une soirée verbeuse ou Steiner expose de vagues théories philosophico-nihilistes, Marcello réalise son manque d’ambition intellectuelle et entreprend sans grande réussite de se remettre à écrire autre chose que des article pour la presse à scandale.

On bascule ensuite sur une nouvelle soirée avec le père de Marcello (Annibale Ninchi) qui sentant revivre sa jeunesse perdu entreprend de séduire Fanny (Magali Noel) une danseuse avant de faire un malaise au moment de coucher avec elle.

Au fil des rencontres, Marcello suit Nico (Nico), ex mannequin oisive dans une nouvelle soirée ou son groupe d’ami investit une belle maison de campagne romaine pour utiliser le prétexte du divorce de Nadia (Nadia Gray) pour se livrer à une nuit de débauche ou se mêlent alcool, sexe et travestis.

Après s’être de nouveau fâché avec l’orageuse Emma dont il ne supporte pas la possessivité, Marcello rejoint Maddalena et échoue à renouer avec elle.

Le film bascule avec la mort de Steiner qui a tué sa famille avant de se suicider dans un geste suprême de nihilisme désespéré.

Choqué, Marcello se rapproche de la police et finit à nouveau dans un château ou les invités se livrent à des jeux stupides mêlant masques, fantômes et séance de spiritisme.

Au petit matin, le journaliste suit les convives sur une plage ou est échoué un monstre marin.

Il observe de loin une jeune fille qu’il avait déjà croisé mais sans parvenir à la comprendre.

En conclusion, « La dolce vita » est malgré ses hautes prétentions intellectuelles et son fort symbolisme un film prodigieusement irritant par son manque de structure et le désœuvrement assumé de ses acteurs.

Le paumé Mastroianni se débat dans ce monde d’autres riches paumés meublant leur vide par des soirées décadentes ou règne la stupidité absolue.

L’hyper sexualité incarnée par Ekberg est irritante car elle réduit cette femme facile et rieuse en permanence au statut d’objet.

Si on ajoute à ce vide les 2h46 de la durée du film, « La dolce vita » devient un gros monument boursouflé sans queue ni tête, évoquant la nullité de la jeunesse dorée italienne de la fin des années 50 et laminant le téléspectateur par sa vanité intellectuelle.

Snob, intello et prodigieusement ennuyeuse, cette « Dolce vita » est sans doute réservée à une élite de cinéphiles auxquels je n’appartiens visiblement pas.

La dolce vita (Frédérico Fellini)
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1 mai 2014 4 01 /05 /mai /2014 12:45
Tetro (Francis Ford Coppola)

Poussé par la curiosité et par les critiques enthousiastes je suis allé voir « Tetro » film de Francis Ford Coppola en salle en cette fin d’année 2009.

Pour ma part cela faisait bien longtemps que je n’avais plus vu un film du réalisateur de la trilogie des « Parrains » , d’ « Apocalypse now » et de « Dracula » en 1992.

« Tetro » n’a rien à voir avec les films précédemment cités.

C’est un film intimiste, en noir et blanc et largement autobiographique.

L’histoire est celle de Bennie (Alden Ehrenreich), 18 ans, physique d’éphèbe lisse et innocent à la Matt Damon ou à la Léonardo di Caprio (jeune), serveur sur un bateau, qui lors d’une escale pour réparation à Buneos Aires, rend visite à son demi frère Tetro (Vincent Gallo) qu’il n’a pas vu depuis des années.

Tetro paraît être un homme acariâtre, torturé, difficile à cerner, qui a coupé les ponts avec sa famille et ne semble pas décidé à renouer le contact avec Bennie.

Il vit avec Miranda (Maribel Verdu) une argentine, la trentaine épanouie, belle, sensuelle, intelligente, patiente, compréhensive sensuelle bref l’incarnation de la femme (latine) idéale.

Tout le film va reposer sur la relation entre Bennie, Tetro et leur famille.

Leur père commun est Carlo Tetrocini (Klaus Maria Brandauer) un chef d’orchestre de renommé internationale qui visiblement a écrasé de son génie et de son charisme Tetro.

Tetro est en effet un écrivain raté qui n’a jamais publié ses manuscrits et n’a jamais pu s’affranchir de l’aura de son père et comble du comble est rongé par la mort de sa mère, tuée dans un accident de voiture dans lequel il conduisait.

Au cours du film on apprend également que Carlo aurait aussi volé la propre fiancée de Tetro ce qui n’a fait que exacerber son ressenti.

Pourtant malgré les rebuffades, Bennie va tout faire pour aider son frère, et même aller jusqu'à terminer pour lui ses écrits de théâtre et les publier pour poser sa candidature à un festival réputé de Patagonie.

« Tetro » explore donc les relations familiales complexes, douloureuses d’une famille américaine d’origine argentine et de la difficulté de s’en affranchir.

Malgré la beauté des images et certaines scènes d’une belle sensualité, je n’ai pas été très sensible au caractère mélodramatique de l’œuvre.

Dans le rôle de l’artiste maudit en lutte contre la terre entière, Vincent Gallo en fait des tonnes, sa manie d’allumer cigarettes sur cigarettes pour prendre un air détaché m’ayant de plus prodigieusement agacée.

Quand à Alden Ehrenreich, nul doute que sa beauté lisse et juvénile plaira à un public superficiel.

Je pense qu’avec ce film, Coppola arrivé à 70 ans, a du se soulager, faire la paix avec lui même et son passé.

Cet exercice cathartique ne m’a pas en revanche séduit, préférant Coppola dans des univers plus sombres.

Tetro (Francis Ford Coppola)
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18 avril 2014 5 18 /04 /avril /2014 10:31
Rusty James (Françis Ford Coppola)

Déjà encensé dans ces colonnes pour ces trois parrains, Francis Ford Coppola est de nouveau à l’honneur avec le sulfureux « Rusty James ».

Sorti en 1983 alors que le réalisateur était déjà solidement établi par des succès incontournables, « Rusty James » est une adaptation en noir et blanc d’un roman de S.E Hinton relatant la vie d’un petit voyou d’une grande ville américaine appelé Rusty James (Matt Dillon) qui vit dans l’ombre d’un grand frère adulé de tous, Motorcycle boy (Mickey Rourke).

Depuis le départ du Motorcycle boy, Rusty tente de reprendre en main la bande de son frère et de s’imposer comme leader.

Tout en nerf et en os, Rusty parvient à convaincre ses amis Smokey (Nicolas Cage), BJ (Chris Penn) et Steve (Vincent Spano) de l’accompagner pour une bagarre de rue avec un autre clan emmené par le dénommé Biff Willcox (Glenn Withrow)

Mais avant d’en découvre avec son rival, Rusty fait un crochet chez sa petite amie Patty (Diane Lane) pour s’offrir un moment de détente.

Quand vient l’heure du combat, Rusty se rend avec une dizaine de types dans une zone située sous une gare et affronte le redoutable Bill qui tente de le tuer à l’aide d’un couteau.

Malgré la disparité apparente des forces, Rusty parvient à prendre le dessus sur son ennemi mais distrait par l’arrivée impromptue du Motorcycle boy est frappé en traitre par la lame du couteau.

Le châtiment est terrible pour Bill qui est frappé de plein fouet par la Harley du Motorcycle boy.

Sous l’œil bougon d’un policier, le gang évacue le blessé fort heureusement superficiellement.

L’immobilisation temporaire de Rusty est l’occasion d’un semblant de retrouvailles familiales avec Motorcycle boy qui rehausse encore plus son prestige naturel en annonçant qu’il revient de Californie ou dit il il a pu voir leur mère, partie sans laisser d’adresse.

Le père des deux jeunes hommes (Dennis Hopper) fait une apparition et cadre tout de suite l’ambiance de misère et d’alcoolisme dans laquelle ils ont grandi.

En rupture totale avec l’école, Rusty suit son frère comme un aimant, admirant sa classe naturelle, ses discours et son succès avec les femmes.

Bien entendu ce style de vie marginale lui vaut quelques déboires avec Patty, mais ne l’empêche de suivre son mentor dans des virées nocturnes et de rencontrer parfois des problèmes comme une agression par deux autres voyous en rentrant d’une fête.

Frappé à la tête par un tuyau de métal au cours de la bagarre, Rusty perd conscience, son esprit flotte au dessus de son corps tandis que l’inévitable Motorcycle boy surgit de nulle part pour rosser ses ennemis.

Durement secoué après l’agression, Rusty a de surcroit le profond déplaisir de constater que Patty l’a quitté pour sortir avec son ami Smokey.

Ravalant son amertume, Rusty se rapproche une nouvelle fois de son frère et découvre avec lui dans un marchand d’animaux sa philosophie du poisson d’aquarium désireux de retrouver la liberté du fleuve.

Allant jusqu’au bout de sa logique basique, Motorcycle boy entraine Rusty pour un casse nocturne chez ce même marchand d’animaux et se fait tuer bêtement par la police laissant son jeune frère remettre symboliquement les poisson au fleuve.

En conclusion, « Rusty James » Est-ce qu’on qualifier de film d’auteur, en noir et blanc esthétique et à budget limité.

Malgré la qualité des acteurs et le charisme d’un Matt Dillon parfait en petite frappe sexy bandana/boucle d’oreilles/blouson de cuir, le propos du film : une relation entre frères parait au final particulièrement pauvre et peine à tenir en haleine sur une heure et demi.

En grand frère motard classieux et inaccessible, Mickey Rourke qui avait encore son minois de jeune premier, tient le beau rôle et demeure au final un peu agaçant par sa prétendue philosophie finalement assez vide.

Reste au final la qualité de la réalisation, l’ambiance très « Billy Jean » ou « Bad » de bandes des années 80, quelques moments de grâce comme l’élévation de l’esprit du héros après un mauvais coup mais ceci reste néanmoins trop faible pour faire de « Rusty James » autre chose qu’un film mineur.

Rusty James (Françis Ford Coppola)
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23 mars 2014 7 23 /03 /mars /2014 21:16

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Abordons à présent un grand classique du cinéma, « La fureur de vivre » de Nicholas Ray.

Sorti en 1955, « La fureur de vivre » est un film très ancré dans la société de son époque, rappelons le seulement dix années après la fin de la Seconde guerre mondiale.

On y voit Jim Stark (James Dean) un jeune homme en pleine crise de rébellion, sortant tard, buvant beaucoup et conduisant vite.

Jim cherche en réalité à évacuer sa frustration de voir son père Frank (Jim Backus) se comporter comme une lavette et être complètement dominé par son épouse un dragon autoritaire jouée par An Doran.

Sans but professionnel et surtout sans modèle paternel viril, Jim traine dans les rues, se lie d’amitié avec John Crawford dit Platon (Sal Mineo), un autre jeune homme révolté par l’absence de son père, un riche homme d’affaire de New York.

Mais Jim est surtout violemment attiré par Judy (Natalie Wood), une jeune femme également libérée qui fréquente un groupe de jeunes voyous dont le chef Buzz (Corey Allen) se montre clairement comme un rival à leur liaison.

La tension monte alors graduellement entre Jim et Buzz et débouche sur une bataille au couteau à la sortie d’un planétarium.

Jim l’emporte sur son rival, qui furieux de perdre la face devant Judy, le défie lors d’une course automobile face à une falaise abrupte.

Incapable de résister au défi, Jim relève le gant mais le match tourne mal, entrainant la mort de Buzz, qui ne peut sauter de la voiture avant la chute finale.

Très troublé par la mort de son rival, Jim qui ne peut compter sur ses parents dépassés par les évènements, commence d’abord par vouloir se livrer à la police mais se rétracte finalement.

Révoltée comme lui contre la société et l’éducation parentale, Judy se rapproche de lui et le prévient que les autres membres du gang le recherchent pour venger la mort de Buzz.

Malgré ses airs bravaches, Jim se replie avec Judy dans une belle maison abandonnée sur la colline que lui avait indiqué Platon.

Il sont rejoint par ce dernier qui a échappé à une rafle d’un trio de voyous mené par Goon (Dennis Hopper) cherchant à trouver Jim par son intermédiaire.

Ensemble le trio joue aux châtelains et délire dans la splendide villa, s’inventant une vie qu’ils n’auront jamais.

Ils sont pourtant rattrapés par les trois voyous et Platon, poussé à bout par la peur et la colère, sort alors un révolver avec lequel il abat l’un des hommes.


Alertée par les parents de Jim, la police arrive sur les lieux ce qui n’empêche pas Platon de tirer sur les agents chargés de le raisonner.

Jim tente alors une médiation afin de sauver son ami dont la situation est mal engagée.

Il enlève discrètement le chargeur de son arme et espère alors obtenir la reddition pacifique de Platon, qui se fait malheureusement tuer à la sortie du planétarium ou il était retranché.

Après ce drame et la mort triste de Platon, Jim aidé de Judy, se rapproche de ses parents qui promettent de changer leur comportement.

En conclusion, « La fureur de vivre » est un film daté aujourd’hui au niveau du langage un brin risible et des tenues de blousons noirs des années 50 mais contient en lui les composants universels du mal être adolescent.

Ce sont ces composants sublimés par un trio d’acteurs exceptionnels, qui rendent ce film si attachant.

Dean en particulier qui décédera tragiquement quelques mois après la fin du tournage dans un accident de voiture, crève littéralement l’écran par son attitude mêlant dureté, sensualité et sensibilité à fleur de peau.

« La fureur de vivre » reste donc malgré le poids des ans, un classique du cinéma, qui permet de se rendre compte près de 60 ans après du charisme d’un acteur d’exception comme James Dean.

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10 mars 2014 1 10 /03 /mars /2014 21:50

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Délaissons quelque peu l’univers du comic book pour nous intéresser à une adaptation cinématographique particulièrement osée le « Troie » de Wolfgang Petersen.

Sorti en 2004, « Troie » est donc la version hollywoodienne de « L’Iliade » d’Homère ce qui a au moins le mérite de poser l’histoire dans un cadre en principe bien connu.

Ici, le beau, jeune et mince Paris (Orlando Bloom) séduit Hélène (Diane Kruger à la perfection plastique agaçante) la jeune femme du vieux roi de Sparte Ménélas (Brendon Gleeson) et l’emmène dans sa ville natale de Troie située en Asie mineure.

Malgré les réprimandes de son frère le musculeux Hector (Eric Bana), le couple est bien reçu par le roi Priam (Peter O’Toole) qui les prend sous sa protection.

Cet enlèvement déchaine bien entendu la colère de Ménélas qui rallie à lui le puissant roi de Mycènes Agamemnon (Brian Cox) et l’essentiel des autres cités grecques pour former une puissante armée de 40 000 hommes et partir par la mer à l’assaut de la ville.

Avant de partir, le rusé Ulysse (Sean Bean) s’arrange pour flatter l’orgueil du meilleur guerrier de Grèce, l’invulnérable demi dieu Achille (Brad Pitt) et le pousser à rejoindre l’expédition pour se couvrir d’une gloire éternelle.

Achille emmène avec lui son cousin Patrocle (Garettt Hedlund) qui a hâte de prouver sa valeur au combat avec les Myrmidons.

Le fougueux héros grec est le premier à pénétrer sur les rivages troyens et prend d’assaut avec une belle maestria un temple d’Apollon après avoir massacré tous les prêtres et avoir croisé fugacement Hector.

Achille capture une jeune prêtresse, Briséis (Rose Byrne) qui n’est autre qu’une des filles de Priam.

Tombant sous le charme de la belle brune, Achille la prend sous sa protection en écartant les autres soldats grecs rêvant d’assouvir leurs bas instincts.

Sous l’impulsion d’Agamemnon, les hoplites grecs attaquent la ville fortifiée mais se heurtent à d’infranchissables murailles sur lesquels des archers abattent sur eux des pluies de flèches.

Afin d’épargner les hommes, on choisit donc la voie de l’honneur avec un duel singulier entre Ménélas et Paris.

Le jeune homme ne fait pas le poids contre un guerrier aussi expérimenté que le vieux roi et blessé quémande l’aide d’Hector qui tue Ménélas, déclenchant une mêlée générale.

Menés par un Hector déchainé qui tue le géant Ajax (Tyler Mane) et combine tirs de flèches et charge d’hoplites, les Troyens battent les Grecs et les repoussent jusqu’à la mer.

Convaincu par Briséis de l’inutilité de cette guerre, Achille semble près à regagner sa terre natale, mais lorsqu’il apprend que le fier Patrocle a endossé son armure pour s’illustrer au combat et a péri sous les coups d’Hector, il clame vengeance.

Le duel singulier avec Hector aura lieu devant les murailles de la ville et après un combat spectaculaire, Achille tue son rival et traine sa dépouille sur son char pour l’humilier.

Rassasié de violence et touché par la démarche de Priam qui sort de sa retraite pour venir chercher le corps de son fils et sa fille, Achille rend hommage à ses adversaires tout en maudissant la brutalité sauvage de Agamemnon.

Ce sera une ruse d’Ulysse qui permettra au Grecs de s’introduire dans la ville imprenable en se dissimulant à l’intérieur d’un immense cheval en bois que les Troyens prennent pour une offrande à Poséidon.

La nuit tombée, les soldats du cheval tuent les gardes et ouvrent les portes de la ville à leurs camarades cachées près des cotes.

C’est alors la bagarre générale à l’intérieur de la ville, Priam est tué par Agamemnon lui-même tué par Briséis

Achille est touché par une flèche de Paris décoché sur son seul membre vulnérable, son fameux talon et meurt dans les bras de sa chère Briséis.

Il reçoit des funérailles digne du grand guerrier qu’il était tandis que Hélène et Andromaque (Saffron Burrows) la femme d’Hector parviennent à s’échapper par des sous terrains.

En conclusion, « Troie » est l’archétype du film à gros budget faisant de l’œuvre du légendaire Homère un film d’action ultra calibré et aussi huilé que la musculature d’un Brad Pitt plus gonflé que jamais aux stéroïdes.

Même si l’aspect spirituel du récit avec les interventions des dieux soutenant tels ou tels camps est complètement oblitéré, il faut reconnaitre que Petersen déploie une jolie efficacité prenant toute sa mesure dans l’ampleur des combats à grande échelle.

Pour ce qui est des acteurs, on reste tout de même sur sa faim au milieu de bellâtres body buildés s’aimant visiblement beaucoup (Eric Bana et ce même Pitt) ou d’actrices à la plastique parfaites comme Kruger ou Burrows.

Quand en plus on considère que l’histoire d’amour homosexuelle entre Achille et Patrocle est complètement gommée au profit d’une amourette façon Roméo et Juliette plus politiquement correcte, on a donc l’impression d’assister à une grande machinerie américaine manquant sérieusement de piquant.

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2 mars 2014 7 02 /03 /mars /2014 10:51

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Vous le savez j’aime lire pour découvrir par le biais de la plume d’un auteur d’autres pays et culture aussi est-ce avec une grande curiosité que j’ai lu « Le tigre blanc » de l’indien Aravind Adiga.

Sorti en 2008 avec un succès certain, « Le tigre blanc » se présente sous la forme d’une lettre fictive envoyée au cabinet du premier ministre chinois par un homme d’affaires indien résidant à Bangalore, ville spécialisée dans la sous traitance principalement informatique des grandes entreprises du monde.

L’homme qui se fait appeler le tigre blanc se nomme en réalité, Balram Halwai et semble en réalité recherché par la police pour vol et meurtre.

A travers cette lettre, Balram va raconter son histoire au cours d’un long monologue.

Fils d’un conducteur de rickshaw, ces petits vélo taxi servant à transporter les gens, Balram est né à Laxmangarh, petit village pauvre du Rajasthan au nord ouest du pays.

Appartenant à une caste misérable, Balram vit dans ce qu’il appelle les Ténèbres, c’est-à-dire le mauvais coté de l’Inde avec la malnutrition, le manque d’hygiène, de soins et pire que tout la pression familiale d’une famille nombreuse.

Balram voit son père, un homme fier et honnête, mourir prématurément faute de soins et enrage contre la corruption généralisée qui gangrène son pays.

Son village est en fait régi par quatre grands propriétaires terriens affublés de noms d’animaux : la Mangouste, la Cigogne, le Sanglier, le Buffle qui exploitent une main d’œuvre misérable et achètent les politiciens pour ne pas être inquiétés par les autorités.

Les prochaines élections qui se profilent sont à ce titre révélatrices, avec un système électoral complètement biaisé, ou les candidats s’arrangent pour prendre les voix d’électeurs qui surtout ne se déplacent pas aux urnes, sous peine d’atteinte à leur intégrité physique.

Un jour lassé des perspectives désespérantes dans son village, Balram décide de tenter sa chance à Dhanbad, ville du Nord Est prospère grâce à ses mines de charbon.

Il apprend à conduire dans un garage et se fait alors embaucher comme chauffeur avec un mélange de culot et de chance par le fils de la Cigogne, Ashok, issu lui aussi du même village que lui.

A Dhanbad, Balram apprend en réalité la vie de domestique et doit se soumettre à tout ce qu’ordonne ses maitres : laver les pieds de la Cigogne, faire le ménage, attendre pendant des heures avec les autres chauffeurs en lisant des pulps indiens et surtout survivre à la circulation anarchiques des grandes métropoles indiennes.

Il y reçoit en échange une nourriture abondante, un endroit pour dormir et de bons traitements, ce qui en Inde demeure précieux.

Bien que soumis à la féroce concurrence des autres chauffeurs comme Ram Persad, Balram gagne peu à peu la confiance de ses maitres et pénètre le monde d’Ashok, jeune homme manquant de la dureté d’un grand propriétaire et marié à une américaine, qui influence fortement sa façon de voir l’existence.

La femme appelée Pinky Madam, a du mal à s’acclimater à la vie indienne et provoque de fréquentes scènes de ménages que Ashok tente maladroitement d’apaiser.

Le jeune chauffeur s’émancipe également de l’influence familiale, refusant d’obéir à son acariâtre grand-mère qui lui demande de se marier et gardant l’argent qu’il est sensé lui envoyer.

Puis il saisit une occasion inespérée d’accompagner Ashok et sa femme à la capitale, New Delhi, en écartant au passage le chauffeur numéro un, Ram, après avoir découvert sa confession musulmane qu’il tenait à garder secrète.

A Dehli, les problèmes de circulation sont encore pires, Balram ne pouvant se fier aux panneaux indicateurs se perd souvent et doit éviter les foules de sans abris traversant sans prévenir les routes encombrées.

Il comprend que ses patrons sont sur place pour soudoyer des politiciens en vue des futures élections et de tirer leur part du gâteau une fois la victoire du candidat choisi acquise.

Mais la vie dans la capitale permet au jeune homme d’acquérir de nouvelles expériences : s’initier aux petits trafics des chauffeurs qui en cheville avec des garagistes malhonnêtes (un pléonasme ?) facturent des réparations fictives à leurs maitres, se muent en taxis sauvages entre deux pauses ou récupèrent des bouteilles de whisky qu’ils revendent à prix d’or.

Balram découvre l’alcool fort, le dentifrice, les centres commerciaux ultra modernes, les hôtels de luxe, les prostituées et goute comme beaucoup d’indiens la beauté des Népalaises à la peau claires et aux yeux bridées.

Pourtant un incident va venir altérer cet équilibre, Pinky madam ivre va vouloir prendre le volant et va percuter un jeune sans abri.

Terrorisée par les conséquences possibles, la famille de la Cigogne va alors faire pression sur Balram pour qu’il endosse la responsabilité du crime.

Coincé en raison des pressions sur sa famille restée à Laxmangarh, Balram voit alors son avenir basculer pour passer par la case prison avant que ses patrons n’estiment que son sacrifice n’était pas nécessaire.

Les relations se dégradent alors profondément entres les époux Ashok et Pinky madam quitte son mari pour rentrer aux Etats-Unis et demander le divorce.

Brisé par le chagrin et le déshonneur, Ashok part lentement à la dérive, déprimant, buvant énormément, fréquentant une prostituée ukrainienne aux cheveux blonds fascinant Balram avant de renouer avec une ancienne maitresse.

De son coté Balram intimement de plus en plus révolté contre sa condition, se cultive dans les marchés aux livres, échafaude des théories de plus en plus révolutionnaires, la plus brillante d’entre elles étant celle de la cage à poules, enfermant le peuple indien dans une prison ou personne ne réfléchit ni ne cherche à se révolter contre le fermier qui vient chaque jour supprimer quelques individus et obliger le reste à vivre dans la souillure.

L’idée de tuer son patron prend également forme dan son esprit mais l’arrivée de son jeune cousin Dharam, envoyé par sa famille pour se former et apprendre à métier à ses cotés, retarde l’exécution du projet.

Pourtant Balram passera finalement aux actes, tuant Ashok sur une route isolée en lui enfonçant une bouteille de verre cassé dans la gorge.

Il vole également une importante somme d’argent destiné à corrompre les nouveaux politiciens socialistes fraichement réélus et s’enfuie avec Dharam par le train.

Après avoir échappé aux recherches forcément imprécises dans un pays aussi grand et mal organisé que l’Inde, Balram s’établit à Bangalore, utilise son argent pour corrompre la police et investit dans une société de voitures capable de véhiculer à tout moment les nombreux employés des entreprises indiennes travaillant en horaires décalés pour répondre aux attentes de leurs clients occidentaux.

Seul vestige de son passé modeste, sa manière de bien traiter ses chauffeurs et de veiller à indemniser la famille d’une victime d’un accident mortel.

Pour le reste, Balram devient donc un puissant homme d’affaires, une anomalie, un tigre blanc ayant brisé les codes, forcé les portes pour se trouver une destinée.

En conclusion, « Le tigre blanc » est un roman puissant et particulièrement instructif qui vous aidera à décrypter les mécanismes internes de l’Inde du XXI ième siècle, par certains aspects particulièrement développée en raison de la qualité de son enseignement scientifique mais toujours prisonnière de ses vieux démons : inégalités sociétales dues au système de castes et surtout corruption à tous les étages des politiciens qui paralyse le développement des zones les plus pauvres qui n’ont pas accès à l’eau, l’électricité, la santé ou l’éducation et végètent dans un tiers monde résigné telles des poules prisonnières dans une cage.

Même si la langue d’Adiga n’a rien en elle de particulièrement remarquable, l’originalité du roman et surtout la volonté du héros de briser le sort qui l’accable (même par le crime d‘un patron finalement aimé) en font toute la force.

A lire donc pour les plus curieux d’entre vous …

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