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1 mai 2014 4 01 /05 /mai /2014 12:45
Tetro (Francis Ford Coppola)

Poussé par la curiosité et par les critiques enthousiastes je suis allé voir « Tetro » film de Francis Ford Coppola en salle en cette fin d’année 2009.

Pour ma part cela faisait bien longtemps que je n’avais plus vu un film du réalisateur de la trilogie des « Parrains » , d’ « Apocalypse now » et de « Dracula » en 1992.

« Tetro » n’a rien à voir avec les films précédemment cités.

C’est un film intimiste, en noir et blanc et largement autobiographique.

L’histoire est celle de Bennie (Alden Ehrenreich), 18 ans, physique d’éphèbe lisse et innocent à la Matt Damon ou à la Léonardo di Caprio (jeune), serveur sur un bateau, qui lors d’une escale pour réparation à Buneos Aires, rend visite à son demi frère Tetro (Vincent Gallo) qu’il n’a pas vu depuis des années.

Tetro paraît être un homme acariâtre, torturé, difficile à cerner, qui a coupé les ponts avec sa famille et ne semble pas décidé à renouer le contact avec Bennie.

Il vit avec Miranda (Maribel Verdu) une argentine, la trentaine épanouie, belle, sensuelle, intelligente, patiente, compréhensive sensuelle bref l’incarnation de la femme (latine) idéale.

Tout le film va reposer sur la relation entre Bennie, Tetro et leur famille.

Leur père commun est Carlo Tetrocini (Klaus Maria Brandauer) un chef d’orchestre de renommé internationale qui visiblement a écrasé de son génie et de son charisme Tetro.

Tetro est en effet un écrivain raté qui n’a jamais publié ses manuscrits et n’a jamais pu s’affranchir de l’aura de son père et comble du comble est rongé par la mort de sa mère, tuée dans un accident de voiture dans lequel il conduisait.

Au cours du film on apprend également que Carlo aurait aussi volé la propre fiancée de Tetro ce qui n’a fait que exacerber son ressenti.

Pourtant malgré les rebuffades, Bennie va tout faire pour aider son frère, et même aller jusqu'à terminer pour lui ses écrits de théâtre et les publier pour poser sa candidature à un festival réputé de Patagonie.

« Tetro » explore donc les relations familiales complexes, douloureuses d’une famille américaine d’origine argentine et de la difficulté de s’en affranchir.

Malgré la beauté des images et certaines scènes d’une belle sensualité, je n’ai pas été très sensible au caractère mélodramatique de l’œuvre.

Dans le rôle de l’artiste maudit en lutte contre la terre entière, Vincent Gallo en fait des tonnes, sa manie d’allumer cigarettes sur cigarettes pour prendre un air détaché m’ayant de plus prodigieusement agacée.

Quand à Alden Ehrenreich, nul doute que sa beauté lisse et juvénile plaira à un public superficiel.

Je pense qu’avec ce film, Coppola arrivé à 70 ans, a du se soulager, faire la paix avec lui même et son passé.

Cet exercice cathartique ne m’a pas en revanche séduit, préférant Coppola dans des univers plus sombres.

Tetro (Francis Ford Coppola)
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18 avril 2014 5 18 /04 /avril /2014 10:31
Rusty James (Françis Ford Coppola)

Déjà encensé dans ces colonnes pour ces trois parrains, Francis Ford Coppola est de nouveau à l’honneur avec le sulfureux « Rusty James ».

Sorti en 1983 alors que le réalisateur était déjà solidement établi par des succès incontournables, « Rusty James » est une adaptation en noir et blanc d’un roman de S.E Hinton relatant la vie d’un petit voyou d’une grande ville américaine appelé Rusty James (Matt Dillon) qui vit dans l’ombre d’un grand frère adulé de tous, Motorcycle boy (Mickey Rourke).

Depuis le départ du Motorcycle boy, Rusty tente de reprendre en main la bande de son frère et de s’imposer comme leader.

Tout en nerf et en os, Rusty parvient à convaincre ses amis Smokey (Nicolas Cage), BJ (Chris Penn) et Steve (Vincent Spano) de l’accompagner pour une bagarre de rue avec un autre clan emmené par le dénommé Biff Willcox (Glenn Withrow)

Mais avant d’en découvre avec son rival, Rusty fait un crochet chez sa petite amie Patty (Diane Lane) pour s’offrir un moment de détente.

Quand vient l’heure du combat, Rusty se rend avec une dizaine de types dans une zone située sous une gare et affronte le redoutable Bill qui tente de le tuer à l’aide d’un couteau.

Malgré la disparité apparente des forces, Rusty parvient à prendre le dessus sur son ennemi mais distrait par l’arrivée impromptue du Motorcycle boy est frappé en traitre par la lame du couteau.

Le châtiment est terrible pour Bill qui est frappé de plein fouet par la Harley du Motorcycle boy.

Sous l’œil bougon d’un policier, le gang évacue le blessé fort heureusement superficiellement.

L’immobilisation temporaire de Rusty est l’occasion d’un semblant de retrouvailles familiales avec Motorcycle boy qui rehausse encore plus son prestige naturel en annonçant qu’il revient de Californie ou dit il il a pu voir leur mère, partie sans laisser d’adresse.

Le père des deux jeunes hommes (Dennis Hopper) fait une apparition et cadre tout de suite l’ambiance de misère et d’alcoolisme dans laquelle ils ont grandi.

En rupture totale avec l’école, Rusty suit son frère comme un aimant, admirant sa classe naturelle, ses discours et son succès avec les femmes.

Bien entendu ce style de vie marginale lui vaut quelques déboires avec Patty, mais ne l’empêche de suivre son mentor dans des virées nocturnes et de rencontrer parfois des problèmes comme une agression par deux autres voyous en rentrant d’une fête.

Frappé à la tête par un tuyau de métal au cours de la bagarre, Rusty perd conscience, son esprit flotte au dessus de son corps tandis que l’inévitable Motorcycle boy surgit de nulle part pour rosser ses ennemis.

Durement secoué après l’agression, Rusty a de surcroit le profond déplaisir de constater que Patty l’a quitté pour sortir avec son ami Smokey.

Ravalant son amertume, Rusty se rapproche une nouvelle fois de son frère et découvre avec lui dans un marchand d’animaux sa philosophie du poisson d’aquarium désireux de retrouver la liberté du fleuve.

Allant jusqu’au bout de sa logique basique, Motorcycle boy entraine Rusty pour un casse nocturne chez ce même marchand d’animaux et se fait tuer bêtement par la police laissant son jeune frère remettre symboliquement les poisson au fleuve.

En conclusion, « Rusty James » Est-ce qu’on qualifier de film d’auteur, en noir et blanc esthétique et à budget limité.

Malgré la qualité des acteurs et le charisme d’un Matt Dillon parfait en petite frappe sexy bandana/boucle d’oreilles/blouson de cuir, le propos du film : une relation entre frères parait au final particulièrement pauvre et peine à tenir en haleine sur une heure et demi.

En grand frère motard classieux et inaccessible, Mickey Rourke qui avait encore son minois de jeune premier, tient le beau rôle et demeure au final un peu agaçant par sa prétendue philosophie finalement assez vide.

Reste au final la qualité de la réalisation, l’ambiance très « Billy Jean » ou « Bad » de bandes des années 80, quelques moments de grâce comme l’élévation de l’esprit du héros après un mauvais coup mais ceci reste néanmoins trop faible pour faire de « Rusty James » autre chose qu’un film mineur.

Rusty James (Françis Ford Coppola)
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23 mars 2014 7 23 /03 /mars /2014 21:16

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Abordons à présent un grand classique du cinéma, « La fureur de vivre » de Nicholas Ray.

Sorti en 1955, « La fureur de vivre » est un film très ancré dans la société de son époque, rappelons le seulement dix années après la fin de la Seconde guerre mondiale.

On y voit Jim Stark (James Dean) un jeune homme en pleine crise de rébellion, sortant tard, buvant beaucoup et conduisant vite.

Jim cherche en réalité à évacuer sa frustration de voir son père Frank (Jim Backus) se comporter comme une lavette et être complètement dominé par son épouse un dragon autoritaire jouée par An Doran.

Sans but professionnel et surtout sans modèle paternel viril, Jim traine dans les rues, se lie d’amitié avec John Crawford dit Platon (Sal Mineo), un autre jeune homme révolté par l’absence de son père, un riche homme d’affaire de New York.

Mais Jim est surtout violemment attiré par Judy (Natalie Wood), une jeune femme également libérée qui fréquente un groupe de jeunes voyous dont le chef Buzz (Corey Allen) se montre clairement comme un rival à leur liaison.

La tension monte alors graduellement entre Jim et Buzz et débouche sur une bataille au couteau à la sortie d’un planétarium.

Jim l’emporte sur son rival, qui furieux de perdre la face devant Judy, le défie lors d’une course automobile face à une falaise abrupte.

Incapable de résister au défi, Jim relève le gant mais le match tourne mal, entrainant la mort de Buzz, qui ne peut sauter de la voiture avant la chute finale.

Très troublé par la mort de son rival, Jim qui ne peut compter sur ses parents dépassés par les évènements, commence d’abord par vouloir se livrer à la police mais se rétracte finalement.

Révoltée comme lui contre la société et l’éducation parentale, Judy se rapproche de lui et le prévient que les autres membres du gang le recherchent pour venger la mort de Buzz.

Malgré ses airs bravaches, Jim se replie avec Judy dans une belle maison abandonnée sur la colline que lui avait indiqué Platon.

Il sont rejoint par ce dernier qui a échappé à une rafle d’un trio de voyous mené par Goon (Dennis Hopper) cherchant à trouver Jim par son intermédiaire.

Ensemble le trio joue aux châtelains et délire dans la splendide villa, s’inventant une vie qu’ils n’auront jamais.

Ils sont pourtant rattrapés par les trois voyous et Platon, poussé à bout par la peur et la colère, sort alors un révolver avec lequel il abat l’un des hommes.


Alertée par les parents de Jim, la police arrive sur les lieux ce qui n’empêche pas Platon de tirer sur les agents chargés de le raisonner.

Jim tente alors une médiation afin de sauver son ami dont la situation est mal engagée.

Il enlève discrètement le chargeur de son arme et espère alors obtenir la reddition pacifique de Platon, qui se fait malheureusement tuer à la sortie du planétarium ou il était retranché.

Après ce drame et la mort triste de Platon, Jim aidé de Judy, se rapproche de ses parents qui promettent de changer leur comportement.

En conclusion, « La fureur de vivre » est un film daté aujourd’hui au niveau du langage un brin risible et des tenues de blousons noirs des années 50 mais contient en lui les composants universels du mal être adolescent.

Ce sont ces composants sublimés par un trio d’acteurs exceptionnels, qui rendent ce film si attachant.

Dean en particulier qui décédera tragiquement quelques mois après la fin du tournage dans un accident de voiture, crève littéralement l’écran par son attitude mêlant dureté, sensualité et sensibilité à fleur de peau.

« La fureur de vivre » reste donc malgré le poids des ans, un classique du cinéma, qui permet de se rendre compte près de 60 ans après du charisme d’un acteur d’exception comme James Dean.

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10 mars 2014 1 10 /03 /mars /2014 21:50

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Délaissons quelque peu l’univers du comic book pour nous intéresser à une adaptation cinématographique particulièrement osée le « Troie » de Wolfgang Petersen.

Sorti en 2004, « Troie » est donc la version hollywoodienne de « L’Iliade » d’Homère ce qui a au moins le mérite de poser l’histoire dans un cadre en principe bien connu.

Ici, le beau, jeune et mince Paris (Orlando Bloom) séduit Hélène (Diane Kruger à la perfection plastique agaçante) la jeune femme du vieux roi de Sparte Ménélas (Brendon Gleeson) et l’emmène dans sa ville natale de Troie située en Asie mineure.

Malgré les réprimandes de son frère le musculeux Hector (Eric Bana), le couple est bien reçu par le roi Priam (Peter O’Toole) qui les prend sous sa protection.

Cet enlèvement déchaine bien entendu la colère de Ménélas qui rallie à lui le puissant roi de Mycènes Agamemnon (Brian Cox) et l’essentiel des autres cités grecques pour former une puissante armée de 40 000 hommes et partir par la mer à l’assaut de la ville.

Avant de partir, le rusé Ulysse (Sean Bean) s’arrange pour flatter l’orgueil du meilleur guerrier de Grèce, l’invulnérable demi dieu Achille (Brad Pitt) et le pousser à rejoindre l’expédition pour se couvrir d’une gloire éternelle.

Achille emmène avec lui son cousin Patrocle (Garettt Hedlund) qui a hâte de prouver sa valeur au combat avec les Myrmidons.

Le fougueux héros grec est le premier à pénétrer sur les rivages troyens et prend d’assaut avec une belle maestria un temple d’Apollon après avoir massacré tous les prêtres et avoir croisé fugacement Hector.

Achille capture une jeune prêtresse, Briséis (Rose Byrne) qui n’est autre qu’une des filles de Priam.

Tombant sous le charme de la belle brune, Achille la prend sous sa protection en écartant les autres soldats grecs rêvant d’assouvir leurs bas instincts.

Sous l’impulsion d’Agamemnon, les hoplites grecs attaquent la ville fortifiée mais se heurtent à d’infranchissables murailles sur lesquels des archers abattent sur eux des pluies de flèches.

Afin d’épargner les hommes, on choisit donc la voie de l’honneur avec un duel singulier entre Ménélas et Paris.

Le jeune homme ne fait pas le poids contre un guerrier aussi expérimenté que le vieux roi et blessé quémande l’aide d’Hector qui tue Ménélas, déclenchant une mêlée générale.

Menés par un Hector déchainé qui tue le géant Ajax (Tyler Mane) et combine tirs de flèches et charge d’hoplites, les Troyens battent les Grecs et les repoussent jusqu’à la mer.

Convaincu par Briséis de l’inutilité de cette guerre, Achille semble près à regagner sa terre natale, mais lorsqu’il apprend que le fier Patrocle a endossé son armure pour s’illustrer au combat et a péri sous les coups d’Hector, il clame vengeance.

Le duel singulier avec Hector aura lieu devant les murailles de la ville et après un combat spectaculaire, Achille tue son rival et traine sa dépouille sur son char pour l’humilier.

Rassasié de violence et touché par la démarche de Priam qui sort de sa retraite pour venir chercher le corps de son fils et sa fille, Achille rend hommage à ses adversaires tout en maudissant la brutalité sauvage de Agamemnon.

Ce sera une ruse d’Ulysse qui permettra au Grecs de s’introduire dans la ville imprenable en se dissimulant à l’intérieur d’un immense cheval en bois que les Troyens prennent pour une offrande à Poséidon.

La nuit tombée, les soldats du cheval tuent les gardes et ouvrent les portes de la ville à leurs camarades cachées près des cotes.

C’est alors la bagarre générale à l’intérieur de la ville, Priam est tué par Agamemnon lui-même tué par Briséis

Achille est touché par une flèche de Paris décoché sur son seul membre vulnérable, son fameux talon et meurt dans les bras de sa chère Briséis.

Il reçoit des funérailles digne du grand guerrier qu’il était tandis que Hélène et Andromaque (Saffron Burrows) la femme d’Hector parviennent à s’échapper par des sous terrains.

En conclusion, « Troie » est l’archétype du film à gros budget faisant de l’œuvre du légendaire Homère un film d’action ultra calibré et aussi huilé que la musculature d’un Brad Pitt plus gonflé que jamais aux stéroïdes.

Même si l’aspect spirituel du récit avec les interventions des dieux soutenant tels ou tels camps est complètement oblitéré, il faut reconnaitre que Petersen déploie une jolie efficacité prenant toute sa mesure dans l’ampleur des combats à grande échelle.

Pour ce qui est des acteurs, on reste tout de même sur sa faim au milieu de bellâtres body buildés s’aimant visiblement beaucoup (Eric Bana et ce même Pitt) ou d’actrices à la plastique parfaites comme Kruger ou Burrows.

Quand en plus on considère que l’histoire d’amour homosexuelle entre Achille et Patrocle est complètement gommée au profit d’une amourette façon Roméo et Juliette plus politiquement correcte, on a donc l’impression d’assister à une grande machinerie américaine manquant sérieusement de piquant.

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2 mars 2014 7 02 /03 /mars /2014 10:51

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Vous le savez j’aime lire pour découvrir par le biais de la plume d’un auteur d’autres pays et culture aussi est-ce avec une grande curiosité que j’ai lu « Le tigre blanc » de l’indien Aravind Adiga.

Sorti en 2008 avec un succès certain, « Le tigre blanc » se présente sous la forme d’une lettre fictive envoyée au cabinet du premier ministre chinois par un homme d’affaires indien résidant à Bangalore, ville spécialisée dans la sous traitance principalement informatique des grandes entreprises du monde.

L’homme qui se fait appeler le tigre blanc se nomme en réalité, Balram Halwai et semble en réalité recherché par la police pour vol et meurtre.

A travers cette lettre, Balram va raconter son histoire au cours d’un long monologue.

Fils d’un conducteur de rickshaw, ces petits vélo taxi servant à transporter les gens, Balram est né à Laxmangarh, petit village pauvre du Rajasthan au nord ouest du pays.

Appartenant à une caste misérable, Balram vit dans ce qu’il appelle les Ténèbres, c’est-à-dire le mauvais coté de l’Inde avec la malnutrition, le manque d’hygiène, de soins et pire que tout la pression familiale d’une famille nombreuse.

Balram voit son père, un homme fier et honnête, mourir prématurément faute de soins et enrage contre la corruption généralisée qui gangrène son pays.

Son village est en fait régi par quatre grands propriétaires terriens affublés de noms d’animaux : la Mangouste, la Cigogne, le Sanglier, le Buffle qui exploitent une main d’œuvre misérable et achètent les politiciens pour ne pas être inquiétés par les autorités.

Les prochaines élections qui se profilent sont à ce titre révélatrices, avec un système électoral complètement biaisé, ou les candidats s’arrangent pour prendre les voix d’électeurs qui surtout ne se déplacent pas aux urnes, sous peine d’atteinte à leur intégrité physique.

Un jour lassé des perspectives désespérantes dans son village, Balram décide de tenter sa chance à Dhanbad, ville du Nord Est prospère grâce à ses mines de charbon.

Il apprend à conduire dans un garage et se fait alors embaucher comme chauffeur avec un mélange de culot et de chance par le fils de la Cigogne, Ashok, issu lui aussi du même village que lui.

A Dhanbad, Balram apprend en réalité la vie de domestique et doit se soumettre à tout ce qu’ordonne ses maitres : laver les pieds de la Cigogne, faire le ménage, attendre pendant des heures avec les autres chauffeurs en lisant des pulps indiens et surtout survivre à la circulation anarchiques des grandes métropoles indiennes.

Il y reçoit en échange une nourriture abondante, un endroit pour dormir et de bons traitements, ce qui en Inde demeure précieux.

Bien que soumis à la féroce concurrence des autres chauffeurs comme Ram Persad, Balram gagne peu à peu la confiance de ses maitres et pénètre le monde d’Ashok, jeune homme manquant de la dureté d’un grand propriétaire et marié à une américaine, qui influence fortement sa façon de voir l’existence.

La femme appelée Pinky Madam, a du mal à s’acclimater à la vie indienne et provoque de fréquentes scènes de ménages que Ashok tente maladroitement d’apaiser.

Le jeune chauffeur s’émancipe également de l’influence familiale, refusant d’obéir à son acariâtre grand-mère qui lui demande de se marier et gardant l’argent qu’il est sensé lui envoyer.

Puis il saisit une occasion inespérée d’accompagner Ashok et sa femme à la capitale, New Delhi, en écartant au passage le chauffeur numéro un, Ram, après avoir découvert sa confession musulmane qu’il tenait à garder secrète.

A Dehli, les problèmes de circulation sont encore pires, Balram ne pouvant se fier aux panneaux indicateurs se perd souvent et doit éviter les foules de sans abris traversant sans prévenir les routes encombrées.

Il comprend que ses patrons sont sur place pour soudoyer des politiciens en vue des futures élections et de tirer leur part du gâteau une fois la victoire du candidat choisi acquise.

Mais la vie dans la capitale permet au jeune homme d’acquérir de nouvelles expériences : s’initier aux petits trafics des chauffeurs qui en cheville avec des garagistes malhonnêtes (un pléonasme ?) facturent des réparations fictives à leurs maitres, se muent en taxis sauvages entre deux pauses ou récupèrent des bouteilles de whisky qu’ils revendent à prix d’or.

Balram découvre l’alcool fort, le dentifrice, les centres commerciaux ultra modernes, les hôtels de luxe, les prostituées et goute comme beaucoup d’indiens la beauté des Népalaises à la peau claires et aux yeux bridées.

Pourtant un incident va venir altérer cet équilibre, Pinky madam ivre va vouloir prendre le volant et va percuter un jeune sans abri.

Terrorisée par les conséquences possibles, la famille de la Cigogne va alors faire pression sur Balram pour qu’il endosse la responsabilité du crime.

Coincé en raison des pressions sur sa famille restée à Laxmangarh, Balram voit alors son avenir basculer pour passer par la case prison avant que ses patrons n’estiment que son sacrifice n’était pas nécessaire.

Les relations se dégradent alors profondément entres les époux Ashok et Pinky madam quitte son mari pour rentrer aux Etats-Unis et demander le divorce.

Brisé par le chagrin et le déshonneur, Ashok part lentement à la dérive, déprimant, buvant énormément, fréquentant une prostituée ukrainienne aux cheveux blonds fascinant Balram avant de renouer avec une ancienne maitresse.

De son coté Balram intimement de plus en plus révolté contre sa condition, se cultive dans les marchés aux livres, échafaude des théories de plus en plus révolutionnaires, la plus brillante d’entre elles étant celle de la cage à poules, enfermant le peuple indien dans une prison ou personne ne réfléchit ni ne cherche à se révolter contre le fermier qui vient chaque jour supprimer quelques individus et obliger le reste à vivre dans la souillure.

L’idée de tuer son patron prend également forme dan son esprit mais l’arrivée de son jeune cousin Dharam, envoyé par sa famille pour se former et apprendre à métier à ses cotés, retarde l’exécution du projet.

Pourtant Balram passera finalement aux actes, tuant Ashok sur une route isolée en lui enfonçant une bouteille de verre cassé dans la gorge.

Il vole également une importante somme d’argent destiné à corrompre les nouveaux politiciens socialistes fraichement réélus et s’enfuie avec Dharam par le train.

Après avoir échappé aux recherches forcément imprécises dans un pays aussi grand et mal organisé que l’Inde, Balram s’établit à Bangalore, utilise son argent pour corrompre la police et investit dans une société de voitures capable de véhiculer à tout moment les nombreux employés des entreprises indiennes travaillant en horaires décalés pour répondre aux attentes de leurs clients occidentaux.

Seul vestige de son passé modeste, sa manière de bien traiter ses chauffeurs et de veiller à indemniser la famille d’une victime d’un accident mortel.

Pour le reste, Balram devient donc un puissant homme d’affaires, une anomalie, un tigre blanc ayant brisé les codes, forcé les portes pour se trouver une destinée.

En conclusion, « Le tigre blanc » est un roman puissant et particulièrement instructif qui vous aidera à décrypter les mécanismes internes de l’Inde du XXI ième siècle, par certains aspects particulièrement développée en raison de la qualité de son enseignement scientifique mais toujours prisonnière de ses vieux démons : inégalités sociétales dues au système de castes et surtout corruption à tous les étages des politiciens qui paralyse le développement des zones les plus pauvres qui n’ont pas accès à l’eau, l’électricité, la santé ou l’éducation et végètent dans un tiers monde résigné telles des poules prisonnières dans une cage.

Même si la langue d’Adiga n’a rien en elle de particulièrement remarquable, l’originalité du roman et surtout la volonté du héros de briser le sort qui l’accable (même par le crime d‘un patron finalement aimé) en font toute la force.

A lire donc pour les plus curieux d’entre vous …

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4 janvier 2014 6 04 /01 /janvier /2014 14:05

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Glissement vers le film d’auteur avec « La playa DC » film colombien de Juan Andres Arango.

Sorti en 2012, « La playa DC » montre le quotidien de Tomas (Luis Carlos Guevara), jeune homme issu d’un quartier pauvre de Bogota, La playa qui se débat dans une famille disloquée depuis la mort du père et plus ou moins mal recomposée.

Tomas ne s’entend pas avec son nouveau beau père Roel, un gardien qui ne le supporte pas et fait tout pour pousser sa mère à le faire quitter la maison familiale.

Mais le principal problème du jeune homme est son jeune frère, Jairo (Andres Murillo) à peine 13 ans et déjà un enfant des rues, embringué dans d’inextricables embrouilles de drogue.

Tomas se lance à la poursuite de Jairo, perdu dans l’immensité de Bogota.

Ne connaissant pas très bien le monde des petits délinquants, il fait appel à son frère Chaco (James Solis) revenu de Buenaventura après avoir tenté sans succès de quitter le pays mais auréolé d’un certain prestige par son audace.

Sur de lui et hâbleur avec son look grossièrement américanisé, Chaco se débrouille comme un poisson dans l’eau dans le rue ou il exerce le métier de nettoyeur de pneu.

Il trouve un hébergement de fortune à Tomas et accepte de l’aider à chercher Jairo, pour que après les deux frères tentent ensemble leur chance pour quitter le pays.

Tomas accepte le pacte et les deux frères se mettent alors à la recherche du turbulent Jairo qui s’est semble t il évaporé après avoir tenté d’agresser une personne qui lui aurait tiré dessus.

Leurs pérégrinations les emmènent dans un centre commercial du quartier noir et Chaco présente Tomas à Nelson, un coiffeur spécialisé dans les coupes afro.

Tomas sympathise avec Nelson et propose timidement ses services au salon de coiffure, vendant des modèles de coupes originales contre un apprentissage progressif du métier.

Le courant passe bien entre les deux hommes et petit à petit Tomas commence à trouver un but à son existence précaire, allant même jusqu’à fréquenter une jeune fille cuivrée du centre commercial, qu’il embrasse à la sauvette entre deux portes.

Du coté des recherches, bien entendu tout est plus difficile, les deux garçons noirs et pauvres sont expulsés manu militari d’un centre commercial du quartier blanc, ce qui humilie fortement Chaco révolté de ce traitement.

C’est donc seul que Tomas poursuit ses recherches qui lui permette de retrouver un Jairo solitaire, enferré dans sa toxicomanie.

Après quelques tentatives, Tomas comprend qu’il ne peut rien faire pour son frère et renonce lorsque des voyous lui dérobent les milliers de pesos que Nelson lui avait confié pour s’acheter une tondeuse.

Humilié, Tomas est évincé du salon de coiffure et apprend que Jairo est mort.

Après l’enterrement sommaire, Chaco lui annonce son intention de quitter le pays le lendemain et lui donne rendez vous à la gare routière.

Mais Tomas a à présent d’autres buts, et après avoir acheté une tondeuse pour Nelson qui lui offre généreusement, choisi de s’établir à son compte comme coiffeur des rues.

Une nouvelle vie commence alors pour lui …

En conclusion, « La playa DC » est un film d’auteur, original et atypique.

Arango choisit d’éviter les clichés du misérabilisme et de l’ultra violence des trafiquants de drogue généralement intégrés au folklore colombien, pour dépeindre un quotidien certes pauvre et chaviré, mais foncièrement digne.

La plongée dans un quartier pauvre de Bogota est intéressante même si la culture « black » influencée par les USA ne représente pour moi qu’une parcelle de celle plus générale de la culture sud américaine.

Du coté, de la critique, le film se caractérise par son rythme lent et ses silences, ce qui  fait passer ses 1h30 de manière plutôt ennuyeuse.

Difficile donc, passé l’attrait de l’originalité, de pleinement se passionner pour cette production colombienne de second ordre.

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16 novembre 2013 6 16 /11 /novembre /2013 17:37

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Poursuite de la longue carrière de Clint Eastwood, avec « Honkytonk man » réalisé par lui-même en 1982.

Ayant détesté « Bird » et peu gouté « Bronco Billy », je dois avouer être allé à reculons sur ce film contant les aventures d’un chanteur de country music minable.

« Honkytonk man » se déroule dans le Sud des Etats-Unis dans les années 20, ou Red Stovall (Clint Eastwood) un chanteur de country passé à coté de sa carrière, vieillissant, malade et alcoolique, se fait accompagné par son jeune neveu Whit (Kyle Eastwood) son grand père (John Mc Intire) pour traverser tout le Sud afin d’aller à une ultime audition à Nashville, mère patrie de la country.

Devant son incapacité à conduire une voiture, la famille de Whit accepte finalement de le laisser partir et le trio s’embarque alors dans un long périple à travers le Tennessee.

Whit découvre alors la vie de bohème avec son oncle, qui fréquente les bars et petits clubs blacks, découvre l’alcool, la drogue, et se fait coffrer par la police après avoir lamentablement échoué dans le vol de poules.

Il rencontre aussi le grand chanteur de country Henry Axle (Joe Regalbuto) qui se montre aimable et respectueux à l’égard de Red.

Le trio s’arrête dans une petite ville à la recherche d’un homme appelé Armsrpinger (Barry Corbin) pour récupérer les cent dollars que lui avait prêté jadis Red.

Après un détour dans un bordel ou Whit perd sa virginité avec une séduisante prostituée d’âge mur,  Red et Whit se rendent chez Armsrpinger, en réalité un escroc de première catégorie, qui propose tout d’abord en guise de monnaie d’échange de donner sa domestique Marlene (Alexa Kenin), une jeune femme au psychisme fragile qu’il exploite allégrement.

Devant le refus et les menaces de Red, Armsrpinger change de tactique et lui propose de réaliser un faux braquage chez une commerçante avec qui il s’est arrangé pour qu’elle touche deux cents euros d’assurance.

Red accepte en grommelant mais le braquage tourne au fiasco.

Ayant manqué de se faire tuer, Red revient furieux, interrompt l’escroc en pleine partie de poker et dépouille les autres joueurs pour se faire payer son du.

Mais il ignore au moment de partir que Marlene est parvenu à séduire assez Whit pour se faire embarquer dans le coffre avec comme intention folle de devenir chanteuse à Nashville.

Le trajet n’est pas de toute repos puisqu’un policer fait des siennes au petit groupe mais le bagout de Red ainsi qu’un joli billet de 10 dollars parviennent à l’amadouer, même si Marlene découverte après une fouille, fait maintenant plus officiellement partie du voyage et révélant à l’occasion son absence absolue de dons pour la chanson.
Un pépin mécanique (joint de culasse) vient pourtant stopper la marche en avant du quatuor et l’oblige à faire halte dans un trou paumé.

Désespéré, Red commet l’erreur de coucher avec Marlene qui se voit immédiatement enceinte !

L’homme laisse partir le grand père, déjà fatigué par le voyage, puis prend le bus suivant, tout en faisant promettre à Whit de se débarrasser de Marlene une fois la voiture réparée.

L’oncle et le neveu se retrouvent ensuite à Nashville pour l’audition mais Red, victime de malaise, s’écroule en plein milieu de sa prestation.

Whit apprend alors que son oncle est tuberculeux et qu’il refuse de se soigner.

La chance vient pourtant lui sourire, puisque le représentant d’une maison de disque ayant remarqué le talent de Red, lui propose de signer pour l’enregistrement d’un disque.

L’homme diminué et sentant son temps compté, accepte le deal et enregistre dans la douleur entre deux crises de tuberculose noyées à grand coups d’alcool.

Crucifié de douleur, Red termine son enregistrement et meurt en tenant la main de son neveu.

En conclusion, « Honkytonk man » est un film dépouillé, épuré, simple et surprenant, surclassant largement le théâtral « Bird » et le poussif « Bronco Billy ».

Tournant avec son fils, Eastwood est excellent dans ce personnage de looser attachant, poursuivant son rêve face à un destin et une maladie ne lui laissant aucun répit.

L’humour est largement présent ici, avec bon nombres de situations ou personnages cocasses rencontrés durant ce qu’on pourrait appeler un voyage initiatique sur les traces de l’histoire de la country music.

De musique country, il est également question, mais à ma grande surprise, celle-ci passe très bien dans le cadre du film, avec des chanteurs masculins dotés de voix de cow boys fantastiques et un Eastwood loin d’être ridicule dans l’exercice musical.

Contre toute attente, « Honkytonk man » se regarde donc très bien et demeure un des films intimistes les plus réussis du réalisateur.

A recommander.

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1 octobre 2013 2 01 /10 /octobre /2013 14:44

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Nous restons dans l’univers asiatique et martial avec « Les sept samouraïs » d’Akira Kurosawa.

Réalisé en noir et blanc en 1954, « Les sept samouraïs » est une longue fresque épique de plus de 3 heures qui inspira le célèbre western de John Sturges.

L’histoire se déroule dans le japon féodal du XVI ième siècle ou un village de paysans est régulièrement rançonné par une bande de quarante brigands doté d’armes et de chevaux rapides.

Acculés à la famine et désespérés, les paysans consultent Gisaku (Kokuten Kodo) l’ancien du village qui faisant appel à sa mémoire, leur conseille de faire appel à des mercenaires samouraï  pour défendre leurs biens.

Le plus énergique des villageois, Rikichi (Yoshio Tsuchiya), pousse son collègue Manzo (Kamatari Fujiwara) à écouter les conseils de l’ancien et se rendre en ville pour trouver des samouraï désargentés ou désintéressés acceptant de vendre leurs services pour quelques bols de riz offerts pas de pauvres paysans.

La quête est longue, pénible et frustrante, la plupart des samouraï refusant énergiquement de risquer leur vie pour trois fois rien.

Puis la chance tourne, et les paysans parviennent à convaincre Kanbei (Takashi Shimura), un vieux samouraï qui a impressionné la foule en tuant un voleur ayant pris en otage un enfant.

Kanbei utilise son expérience et son réseau de connaissances pour recruter d’autres samouraï et arrive ensuite au nombre de sept.

Le panel est assez large, le souriant Gorobei (Yoshio Inaba) et son compagnon Shichiroji (Daisuke Kato) acceptent par amitié pour Kanbei, Katsushiro (Isao Kimura), le plus jeune, réussit par sa motivation sans faille à convaincre Kanbei, l’excentrique Kikuchiyo (Toshiro Mifune) par son énergie et sa hargne sans limites, Heihachi pour son honnêteté et sa bonne humeur, ou encore Kyuzo (Seiji Miyaguchi), impressionnant de maitrise qui tue un homme en duel au sabre.

Les samouraï se rendent ensuite au village, dont les femmes ont été cachées par crainte de la mauvaise réputation de leur mauvaise réputation.

Cette méfiance n’empêche pas Katsushiro de nouer une relation secrète avec Shino (Keiko Tsushima) la fille de Manzo dont les cheveux ont pourtant été coupé pour lui faire ressembler à un garçon.

Sur place, Kanbei organise en stratège un plan de défense du village, construisant des palissades de rodins, inondant une partie des champs pour les rendre inaccessibles aux attaques de chevaux et surtout entrainant les paysans au maniement de bambous effilés.

Il apparait particulièrement difficile de gérer le caractère fantasque de Kikuchiyo qui explose de colère en trouvant  dans les maisons des armes de samouraï en déroute tués par les paysans ou bien éprouve les plus grandes peines à se plier à la discipline militaire.

Après avoir capturé puis tué trois éclaireurs, les villageois prennent confiance en leurs capacités de combattants.

Kanbei a alors l’idée de lancer une attaque surprise contre le camps des brigands, d’incendier leurs maisons et d’en tuer quelques uns pour réduire leur nombre et rééquilibrer ainsi le rapport des forces.

L’attaque aboutit à la mort de Heihachi, tué par un tir de fusil alors qu’il cherchait à secourir empêcher Rikichi de rejoindre sa femme prises au piège d’une maison en flammes.

Cette mort du bon Heihachi a pour effet de galvaniser la résistance et les vagues d’assauts de cavalerie des brigands se heurtent à la défense impitoyable de Kanbei, qui laisse quelques cavaliers pénétrer dans le camps pour se faire encercler et piquer par les paysans, et repousse ensuite vaillamment avec ses hommes les autres assauts.

A ce jeu, les pertes des assaillants sont lourdes et le commandant de la bande doit punir les déserteurs de mort pour conserver la cohésion de son groupe.

Bien sur, des morts surviennent aussi dans le camps des paysans, ainsi la maison de l’ancien est brulée, provoquant ainsi sa mort.

Les deux plus brillantes individualités restent Kyuzo et Kikuchiyo qui avec des méthodes différentes parviennent à s’infiltrer en solitaire dans les rangs ennemis, à leur infliger de cruelles pertes et à leur dérober quelques fusils.

Avec la fatigue et l’affamement, les paysans se préparent pour le dernier assaut.

Shino est surprise par son père offensé après s’être donnée à Katsushiro et il faut toute l’aura de Kanbei pour l’empêcher de la battre à mort.

La dernière attaque de la bande est la plus violente car la plus désespérée.

Usant de leurs arcs, les brigands parviennent à forcer le passage et à faire beaucoup de victimes chez les défenseurs.

La lutte se poursuit donc dans l’enceinte même du village dans un close combat à mort.

Le samouraïs meurent les uns après les autres, la mort de Kikuchiyo qui parvient à tuer le chef de la bande ennemi après avoir été touché à l’abdomen par une balle, étant la plus héroïque.

Seuls survivent Kanbei, Shichiroji et Katsushiro, qui ne peut que constater l’impossibilité de sa relation avec Shino.

Philosophe, Kanbei constate que de ce combat, seuls les paysans sont vainqueurs.

Le film se termine sur un plan fixe des quatre tombes de samouraï morts au combat.

En conclusion, malgré son âge vénérable, l’aspect hermétique des dialogues en japonais et sa durée excessive, « Les sept samouraïs » vaut tout de même largement le coup d’œil.

On ne retrouve certes pas la flamboyance des stars hollywoodiennes des années 60, mais plutôt une film d’une grande intelligence, d’une grande intensité et d’une puissance narrative hors normes.

Impossible en effet de ne pas s’attacher aux personnages proposés, notamment Shimura au visage d’une bonté rayonnante ou Mifune, génial dans son rôle de fou au cœur plus vaste que la mer du Japon.

Avec sa morale simple mais forte (le désintéressement, le sens du sacrifice, l’intérêt collectif plus fort que l’égoïsme et la cupidité ) et son brillant jeu d‘acteurs, « Les sept samouraïs » tient en haleine sur la durée et réserve d’âpres scènes de batailles médiévales au sabre.

A considérer donc au même niveau (voir plus ?) que le superbe western de Sturges.

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26 septembre 2013 4 26 /09 /septembre /2013 22:23

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Déjà honoré dans ces colonnes pour « Les cosaques », Léon Tolstoï que j’ai trouvé au premier abord plus accessible que l’autre monstre de la littérature russe, Fédor Dostoïevski plus accessible, revient ici avec « La tempête de neige et autres récits » soit au total sept nouvelles écrites entre 1850 et 1865.

La première d’entre elles, « La tempête de neige » est malgré son titre alléchant sentant bon l’aventure assez peu passionnante, raconte la lutte pour la survie d’un jeune propriétaire terrien homme pris avec son cocher et son domestique Aliochka à bord de son traineau dans une tempête de neige non loin de Novotcherkassk, au sud de la Russie.

Perdus dans la furie blanche sans aucune visibilité et avec une forte possibilité de gel sur place, les trois hommes tentent de suivre trois traineaux des services postaux qui foncent têtes baissées dans le blizzard.

Mais ils s’aperçoivent assez rapidement que les troïkas postales sont malgré leur apparente assurance, perdues elles aussi et tout le monde décide donc de s’en remettre à l’instinct animal des chevaux pour être ramené à la civilisation.

Engourdi par le froideur de la nuit, le propriétaire revit de curieuses scènes de son passé dans sa maison familiale, avec une troublante scène de noyade d’un paysan.

Finalement, les chevaux menés par le truculent cocher postal Ignachka, ramènent les égarés auprès des fermes synonymes de leur salut.

Dans « Deux hussards » l’atmosphère est plus électrique, avec le comte Tourbine, personnage haut en couleurs, membre des hussards russes du début du XIX ième siècle, qui en transit dans une ville de passage, va se faire remarquer par sa manière expéditive de régler les problèmes comme les dettes de jeu d’un sous lieutenant qu’il avait pris en sympathie mais surtout par son tempérament de fêtard, son art consommé de la danse, qui lui permettra de séduire lors d’une soirée mêlant aristocratie et haute hiérarchie militaire, Anna Fiodorovna, une jeune veuve proche de son hôte, Zavalchevski.

Parti aussi soudainement qu’il est venu en laissant une jeune femme marquée à vie par un tendre baiser donné pendant son sommeil, Tourbine disparait de l’histoire qui reprend une vingtaine d’années après, avec cette fois son fils également comte et lieutenant chez les hussards mais sensiblement plus assagi que son père.

Par un curieux coup du sort, le jeune comte s’arrête dans le village ou vit Anna Fiodorovna bien sur devenue une vieille femme, mais dont la fille Lise ne tarde pas à attirer ses convoitises.

Cette rencontre va éveiller la libido de la jeune fille, jusqu’alors tournée vers une éducation religieuse stricte.

Echouant par maladresse dans sa tentative pour rendre visite à Lise en pleine nuit, Tourbine va cependant déchainer la jalousie d’un autre lieutenant, Polozov lorsqu’il lui relatera sa tentative avortée.
L’aventure en resta là, bien qu’elle eut pu sérieusement mal tourner.

Dans « La matinée d’un gentilhomme rural », Tolstoï raconte les louables tentatives d’un jeune prince appelé Nekhlioudov, préférant contre l’avis de sa tante délaisser ses études pour s’occuper des paysans de son village natale, les moujiks.

Arrivé sur place, Nekhlioudov va devoir faire preuve de beaucoup de patience et de grandeur d’âme pour supporter les attitude de ses moujiks misérables comme Tchourissionok, préférant attendre avec fatalité l’effondrement de sa maison plutôt que d’accepter de l’aide, Ioukhvanka, paresseux et manipulateur, ou encore pire l’obèse alcoolique Davydka qui laisse complètement à l’abandon son exploitation.

Ebranlé mais habité d’une détermination inébranlable pour ce qu’il estime être sa responsabilité, Nekhlioudov se heurte également chez les Doutlov, pourtant prospère en raison de leurs activités d’apiculteurs, à de fortes réticences pour améliorer leur situation.

Toutes ces difficultés ne font que renforcer la vocation quasi religieuse de Nekhlioudov pour le dévouement à l’égard des ses moujiks et son désir irrévocable de se s’élever lui-même en les élevant malgré eux.

Ce même Nekhlioudov est également à l’honneur de « Carnets du prince Nekhlioudov, Lucerne » avec une violente dénonciation de la mentalité suisse voir occidentale, confiante dans sa supériorité spirituelle et matérielle, et pourtant particulièrement impitoyable avec un petit chanteur des rues à la voix d’or, que Nekhlioudov prend par esprit de révolte sous son aile et invite à diner à la table d’un prestigieux restaurant en faisant face à l’indignation moqueuse des serveurs et clients.

Les artistes sont une nouvelle fois mis à l’honneur avec « Albert » génial violoniste au corps difforme et à l’esprit indomptable, se sublimant une fois mis face à son instrument quitte à décontenancer des puissants désireux de le prendre sous sa protection.

L’ambiance est plus sombre avec « Polikouchka » ou Polikouchka
, un serf alcoolique voleur à la réputation usurpée de soigneur de chevaux, se trouve désigné pour être réquisitionné dans l’armée.

Sa patronne, toujours désireuse de le remettre sur le droit chemin, désire l’épargner mais se trouve confronté à un choix difficile, un autre membre de la famille des riches paysans Doutlov étant proposé à la place de Polikouchka.

La situation évolue pourtant fortement lorsque Polikouchka chargé par sa patronne de lui ramener une enveloppe pleine d’argent de la ville, perd ladite enveloppe et se suicide par pendaison de désespoir.

Tandis que sa femme Akoulina sombre dans la démence, Doutlov récupère par un étrange hasard ladite enveloppe qui lui est gracieusement offerte par la patronne, convaincue d’une malédiction pesant sur elle.

Doutlov utilise l’argent pour sauver son neveu Ilyouchka traumatisé par cette désignation auprès de vouloir se révolter physiquement, en achetant un engagé volontaire, qui au moment de partir avec les autres conscrits l’insulte haineusement.

On termine le recueil par « Le cheval » étrange nouvelle ou un vieux hongre malade, persécuté aussi bien par ses maitres que par les autres chevaux plus jeune, qui avant de mourir sous la lame de l’équarisseur, raconte son glorieux passé de trotteur, ou il vainquit le trotteur favori d’un général, avant de connaitre une longue déchéance physique et des transferts successifs de maitres en maitres.

Avec un certain sens du clin d’œil, un parallèle est effectué avec le destin de son ancien maitre, l’homme d’affaires Serpoukhovskoi, lui aussi tombé dans la déchéance en raison de dettes abyssales et dont le corps est dévoré par les vers alors que celui du cheval sert à nourrir des prédateurs d’un rang plus élevé.

En conclusion, comme souvent pour un recueil de nouvelles, « La tempête de neige et autres récits » est un ouvrage assez inégal, certaines nouvelles m’ayant peu captivées, d’autres plus émouvantes ou originales, m’ayant tenu en haleine.

Dans la catégorie de ces dernières on trouvera les histoires du prince Nekhlioudov visible alter égo de Tolstoï, avec de brillantes descriptions de la vie difficile des misérables paysans russes du XIX ième siècle ou le point de vue plus surprenant mais néanmoins empli de lucidité concernant la fausse supériorité sensée conférée par le statut social des bourgeois sur les artistes à la vie certes plus bancale mais certainement plus riche intérieurement.

Difficile également de ne pas succomber à « Le cheval », aussi surprenant que émotionnellement fort, avec la déchéance tragique d’un magnifique cheval noir et blanc détruit par la vieillesse et une vie chaotique …

Les autres nouvelles sont de qualité mais m’ont certainement moins touché ou fait vibrer.

Au final, bien que n’étant pas une œuvre impérissable,  « La tempête de neige et autres récits » reste un recueil de bonne qualité globale, qui confirme le statut de valeur sure de Tolstoï.

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3 septembre 2013 2 03 /09 /septembre /2013 21:42

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Penchons nous à présent sur le roman le plus célèbre de Mark Twain, « Les aventures de Tom Sawyer ».

Paru en 1876, ce roman relate dans la ville  fictive de Saint Petersburg dans l’état du Missouri, la vie de Tom Sawyer, un enfant sans parent élevé par sa tante Polly.

Tom est un garçon intrépide, indiscipliné, plus enclin à faire l’école buissonnière qu’à s’assoir sur des banc d’école ou d’une église pour écouter les cours ou sermons assommant de ses maitres.

Malin, débrouillard et rêveur, il est l’antithèse de son frère Sid, garçon modèle qui n’hésite pas à le dénoncer à sa tante lorsqu’il manque à ses devoirs.

Tom fréquente des garçons de son âge et a pour meilleurs amis Ben Rodgers, Joe Harper, l’esclave noir Jim (très respecté) et Huckleberry dit Huck, garçon sauvage vivant en marge de la ville.

Il tombe également sous le charme de Becky Thatcher, la fille du très respecté juge Thatcher et parvient après forces tentatives et approches maladroites à gagner son petit cœur en lui arrachant des « fiançailles » fictives.

Mais Tom et ses amis ont le cœur épris d’aventures et se voyant plus comme pirates que comme écoliers, se lancent dans une folle escapade sur un radeau de fortune afin de s’établir comme naufragés volontaires sur une ile de l’immense fleuve Missouri.

Après les premiers émerveillements fait de liberté, de vie au grand air, de pêches dans le fleuve et de rêves sans limites vient le temps des doutes, de l’effritement de la motivation et des remords vis-à-vis de la famille laissée dans une effrayante angoisse.

Tom retourne une fois en pleine nuit dans sa propre maison pour écouter les propos de sa tante, subitement attendrie par la probable mort de son neveu.

Devant le renoncement de ses camarades, Tom suit le mouvement de repli vers la civilisation tout en mettant en scène leur résurrection en plein milieu d’une messe donnée en leur honneur.

Malgré l’effet que produit son retour, Tom essuie des critiques acerbes de sa tante, surtout après avoir appris qu’il l’avait manipulée en lui faisant croire qu’il avait capté télépathiquement ses pensées lors de sa fugue.

Fort sa nouvelle célébrité, Tom prend la grosse tête et se met à snober Betty, qui folle de rage, lui en veut à mort.

Même si Tom tente quelques tentatives maladroites de rabibochage, la brouille semble consommée entre les deux « fiancés ».

Une affaire pourtant plus sérieuse va détourner Tom de ses tracas amoureux, la découverte, en pleine nuit avec son ami Huck, d’un meurtre perpétré dans le cimetière, par le marginal Joe l’indien.

Malin, Joe implique son associé, l’alcoolique Muff Potter, dans le meurtre d’un jeune docteur.

Témoins malgré eux de ce meurtre, Tom et Huck effrayés par la terrible réputation de Joe, se jurent de ne jamais parler de cette affaire.

C’est donc le nigaud Potter qui est arrêté et jugé pour meurtre.

Emu par le sort d’un homme marginal mais gentil, Tom prend son courage à deux mains et vient témoigner pour le disculper et accuser Joe du meurtre.

La fuite de l’indien et son coté insaisissable plongent Tom et Huck dans les affres de la peur de représailles.

Le temps passe et lors d’une virée nocturne à la recherche d’un trésor, Tom et Huck tombent sur deux personnages louches dont Joe déguisé en sourd muet.

Flirtant une fois de plus avec le danger, Tom et Huck décident de se mettre en quête d’un lieu mystérieux ou serait caché le trésor des deux bandits.

Après quelques mésaventures, les deux garçons se séparent, Huck restant en planque près d’une taverne.

Tandis que Huck donne l’alerte aux gens du village d’une probable expédition punitive des bandits contre le veuve du juge Douglas ayant condamné l’un d’entre eux au fouet, et parvient au prix d’un violent effort à faire échouer leurs funestes projets, Tom raccommodé avec Becky, s’échappe avec elle à l’occasion d’un pic nic pour explorer en toute intimité les grottes Mac Dougal.

Décidément peu chanceux, le couple perdu dans le labyrinthe tombe sur Joe dans la grotte et après quelques frayeurs parvient à être secouru.

Une fois tiré d’affaire, Tom apprend que l’entrée des grottes a été condamné, ce qui condamne à mort Joe.

Débarrassé de son pire cauchemar, Tom utilise les informations de son ami Huck pour trouver à proximité des grottes, sous une croix, le véritable trésor de Joe.

C’est alors le début d’une nouvelle vie pour les deux garçons, devenus soudainement riches.

Adopté par la veuve Douglas, Huck ne peut pourtant pas se résoudre à une vie normale, et trop épris de liberté, finit par reprendre le chemin de la vie à la sauvage.

Le roman se conclut par la reprise des vieux rêves de piraterie et d’aventures des deux garçons avec en filagramme, une suite évoquée.

En conclusion, « Les aventures de Tom Sawyer » mérite bien son statut d’œuvre culte et recèle en raison du style élégant, fluide, empli d’humour et de sensibilité de Twain, un charme quasi irrésistible.

On peut donc lire ce livre à tout âge, qu’on soit enfant, adolescent ou adulte au cœur attendri par la description de cette enfance magique faite de jeux invraisemblables, de bêtises, de premiers émois amoureux et surtout de rêve sans limite.

Conteur d’une enfance pleine de tendresse dans le Sud tranquille et majestueux des Etats Unis d‘avant l‘abolition de l‘esclavage, Twain restera comme un magicien ensorceleur de la littérature.

Je recommande également l’adaptation en dessin animé japonais diffusée dans les années 80 en France, qui berça avec délice mon enfance.

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