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21 juin 2015 7 21 /06 /juin /2015 09:40
The immigrant (James Gray)

Cycle James Gray avec « The immigrant » son dernier film en date.

Sorti en 2013, « The immigrant » raconte dans les années 20, la difficile tentative d’une émigrée polonaise Eva Cybulska (Marion Cotillard) pour émigrer aux Etats-Unis, pays de tous les possibles.

Mais la sélection est parfois rude à l’entrée de l’Eldorado, et Eva perd sa sœur Magda (Angela Sarafyan), soupçonnée de tuberculose et mise en quarantaine à Ellis island dans des conditions sanitaires problématiques.

Le verdict des autorités semble le même pour Eva, blafarde et épuisée par un voyage éprouvant depuis l’Europe de l’est, mais Eva évite au refoulement par l’intervention de Bruno Weiss (Joaquin Phoenix), qui fait jouer ses relations au sein de la police pour lui permettre d’entrer à New-York.

Bruno prend Eva perdue et affaiblie sous son aile, l’installant dans un appartement et lui donnant à manger.

Pourtant elle comprend rapidement, que l’homme qui monte des spectacles de danse érotique dans les cabarets, est aussi un proxénète ayant sous sa coupe une dizaine de filles, toutes émigrées comme elle.

En habile souteneur, Bruno alterne menaces et chantage affectif, avec comme argument de poids l’argent nécessaire pour faire sortir Magda d’Ellis island.

Contrainte et forcée, Eva s’initie donc au cabaret avec les autres filles et fait surtout ses premiers pas difficile dans la prostitution, même si Bruno la ménage pour son premier client, un jeune fils de notable à déniaiser.

Bruno arrose en réalité une partie de la police et des fonctionnaires pour acheter sa tranquillité mais il sait que sa position est fragile et que la concurrence du nouveau cinéma est farouche.

Eva perd ses dernières illusions en tentant d’aller voir son oncle Voytek (Ilia Volok) et sa tante Edyta (Maja Wampuszyc), pour leur demander de l’aide.

Après lui avoir offert le gite, le couple la livre aux autorités prétextant l’atteinte à la réputation de commerçant que sa condition de prostituée sans papier fait planer sur eux.

Malgré quelques remords, Edyta obéit à son autoritaire mari et Eva se retrouve une nouvelle fois emprisonnée à Ellis island pour être extradée des Etats-Unis.

Bruno qui semble très attaché à elle, intervient une nouvelle fois et la fait ressortir, pensant ainsi assurer une main mise totale sur elle.

Mais le destin bascule encore une fois lorsqu’Eva est séduite par Orlando (Jeremy Renner), un magicien se produisant pour Bruno, en réalité son cousin.

Une furieuse altercation éclate entre les deux hommes au cabaret, la jalousie de Bruno se révélant au grand jour.

Après ce scandale, Bruno est viré du cabaret et doit proposer ses filles dans un coin discret de Central park.

L’exercice est périlleux et les rafles de police fréquentes.

Réduite à la prostitution en plein air, Eva est de nouveau approchée par Orlando qui lui propose de l’aider à retrouver Magda en utilisant ses relations d’Ellis island ou il se produit occasionnellement.

Mais Bruno découvre les amants et tente de poignarder Orlando, ce qui force Eva à appeler la police.

Après avoir été arrêtés et tabassés, les deux hommes se retrouvent pour un ultime face à face dans lequel Orlando menace Bruno à l’aide d’un pistolet mais hésitant à s’en servir est finalement poignardé par ce dernier.

Devenus complices de crime, Bruno et Eva brulent le corps du magicien dans la foret…

Mais lorsqu’il réalise que la police est à la recherche d’Eva et le harcèle de manière étroite et violente, le proxénète finit par voir l’évidence et accepte de l’aider à retrouver non seulement sa sœur mais à quitter New-York avec elle pour tenter sa chance en Californie.

Il tient parole, graissant encore une fois la patte à un policier d’Ellis island.

Après des retrouvailles émouvantes, les deux femmes quittent l’ile vers un nouveau destin…

En conclusion, « The immigrant » sort du registre habituel de Gray et propose un film historique glacé dans lequel Marion Cotillard joue la petite émigrée fragile perdue dans le monde des loups de la nuit.

L’ambiance est particulièrement glauque, misérable, le rythme plutôt lent et la tentative de triangle amoureux assez plate, manquant peut être de véritable passion charnelle.

Comme à son habitude, Joaquim Phoenix est le meilleur acteur du film mais le jeu de Cotillard, trop sur la réserve, nuit pour moi au développement de cette passion sensée être dévorante.

Encore une fois surestimée, l’actrice française toute auréolée de la gloire de son Oscar, ne convainc pas et participe grandement à l’aspect demi teinte de ce film décevant par son manque de vie et d’allant…

The immigrant (James Gray)
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7 juin 2015 7 07 /06 /juin /2015 08:49
Casa grande (Fellipe Barbosa)

Assez peu représenté en France, le cinéma brésilien s’exporte en 2015 avec « Casa grande » de Fellipe Barbosa.

« Casa grande » se déroule dans la banlieue chic de Rio de Janeiro, dans laquelle vit Hugo (Marcello Novaes) et toute sa famille, sa femme Rita (Clarissa Pinheiro), son fils Jean (Thales Cavalcanti) et sa fille Nathalie (Alice Melo).

La famille semble vivre dans l’aisance avec une magnifique maison, des employés dévoués comme Sonia (Suzana Pires) femme de ménage à domicile, Severino (Gentil Cordeiro) le chauffeur et l’autre femme de ménage Noemia (Marília Coelho).

Agé de 17 ans, Jean va dans une des meilleurs écoles de la ville ou il prépare avec ses camarades les concours pour entrer dans les meilleurs universités.

Comme tous les adolescents, la sexualité est au cœur de ses préoccupations et il se heurte souvent à l’autorité de son père Hugo qui le chaperonne assez étroitement notamment dans ses soirées.

La très libérée Sonia fait souvent office de confidente pour le jeune homme qu’il va rejoindre la nuit tombée dans sa chambre, bien qu’elle refuse obstinément d’avoir toute relation sexuelle avec lui.

Pourtant derrière la façade de la famille parfaite ou on apprend à parler un français parfait, se cache des difficultés croissantes qui ne vont pas tarder à tout fissurer.

Autrefois conseiller financier, Hugo s’est retrouvé au chômage après avoir fait perdre d’énormes sommes d’argent à ses clients.

Endetté et au chômage, son train de vie se réduit peu à peu et l’argent commence à manquer.

La première mesure est le licenciement de Severino et un mensonge fait à Jean, qui était très proche de ce père de substitution.

Sans chauffeur, Jean prend le bus comme la plupart de ses copains et y fait la connaissance de Luiza (Bruna Amaya) une jolie métisse afro-asiatique, qui descend à un arrêt de la favela de Rocinha.

Jean ment pour aller avec elle à un bal de foro et le contact passe plutôt bien entre les deux adolescents.

Pris à la gorge par Wilton (Sandro Rocha), un riche agent immobilier à qui il doit 200 000 reals, Hugo tombe d’un arbre pour éviter un de ses multiples coups de fil de relance.

Ces difficultés financières se ressentent également au niveau de Jean, qui ne peut rembourser l’argent que lui a avancé un camarade dans une fête et qui se trouve également soumis à des relances de plus en plus insistantes.

Rita est elle aussi de plus en plus inquiète et cherche à trouver un petit boulot de représentante en produit de maquillage pour apporter un peu d’oxygène au ménage.

Lorsque Jean présente Luisa à sa famille dans un grand repas dans lequel est convié Wilson, c’est l’explosion autour d’une question politique : l’adoption d’importants quota raciaux (40%) dans les concours pour les universités, ce qui semble juste pour la jeune fille afin de réparer une dette historique provenant de l’esclavage et qui révolte Hugo, qui pense lui que chaque homme doit s’en sortir seul quel que soit sa couleur de peau.

L’échange est vif et contrarie la jeune femme qui accepte finalement l’apaisement de Jean.

Tandis que Wilson commence à négocier avec Hugo la vente de la maison pour rembourser sa dette, Jean excédé par son père fugue avec Luisa et se rend dans un love hôtel, pour faire l’amour avec elle pour la première fois.

Tout se passe correctement jusqu’à ce que Jean doute des affirmations de virginité de sa petite amie…

Au retour, Jean qui n’a pas un sous pour payer l’hôtel, voit Severino reconverti comme chauffeur de bus des favelas et comprend brutalement que son père a menti.

L’explication entre Hugo et Jean est brutale et tourne à l’affrontement physique avant que Rita ne s’interpose.

Mais elle-même a fort à partir entre la découverte de photos impudiques de Sonia réalisées dans la maison ce qui conduit à un licenciement douloureux et la démission de Noemia, qui n’avait pas été payée depuis trois mois.

En plein milieu d’examens décisifs pour son avenir, Jean qui a compris que Luiza l’avait manipulé puisqu’elle sortait également avec un de ses copains, quitte la salle et prend un bus sans payer pour se rendre à Rocinha.

Il cherche alors Severino et finit par le trouver, vivant dans la même baraque de bric et de broc que Noemia.

Les retrouvailles sont émouvantes, Severino réconfortant Jean qui fond en larmes dans ses bras.

Malgré l’inquiétude croissante de ses parents, qui sans nouvelles de Jean, paniquent après un coup de fil anonyme demandant une rançon pour le libérer, Jean reste dans la favela, retrouvant Sonia, dansant le foro et couchant finalement avec elle.

Le film s’arrête sur Jean se réveillant pour fumer un matin dans la chambre dans laquelle dort Sonia, nue.

En conclusion, « Casa grande » est un excellent film d’auteur bénéficiant d’une faible exposition médiatique.

S’appuyant sur d’excellents acteurs, Barbosa montre à merveille les difficultés de l’adolescence avec des relations familiales complexes, la pression sociale de réussir dans ses études et dans sa vie sexuelle mais également tout le spectre des classes sociales de Rio, entre bourgeoisie huppée et domestiques des favelas.

Je ne peux donc que recommander « Casa grande » pour apprécier un film intelligent, subtil évitant les clichés lourdingues sur le Brésil et sur Rio de Janeiro en particulier qui ne sert ici que de belle toile de fond à l’histoire habilement maitrisée.

Casa grande (Fellipe Barbosa)
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6 juin 2015 6 06 /06 /juin /2015 10:42
Brooklyn (Colm Toibin)

Née d’un voyage récent à New-York, ma fascination pour les Etats-Unis perdure actuellement, aussi Est-ce avec grand plaisir que je me suis attelé à « Brooklyn » de l’écrivain irlandais Colm Toibin.

Sorti en 2009, « Brooklyn » a pour personnage principale Eilis Lacey, qui dans les années 50, quitte sa famille et son Irlande natale pour chercher de meilleure opportunités de vie à New-York.

Modeste vendeuse auprès d’une commerçante marâtre, Mrs Kelly, Eilis est en réalité poussée par sa mère et sa sœur ainée Rose, encore célibataire, à quitter le foyer familial qui peine à joindre les deux bouts.

Un prêtre catholique irlandais du nom de Flood, sert d’intermédiaire dans l’affaire et trouve une place à Eilis à New-York dans un magasin de vêtements tenu par des italiens, les Bartocci.

Sans réelles attaches si ce n’est affectives à Dublin, Eilis accepte de partir pour ce long voyage dans cette terre lointaine et exotique à l’époque : les Etats-Unis.

Après avoir dit au revoir à son frère Jack lui aussi émigré mais en Angleterre, Eilis s’embarque dans un gigantesque paquebot transocéanique.

Le voyage en troisième classe est cauchemardesque en raison des mauvaises conditions de mer et Eilis est sévèrement malade, comme d’ailleurs la plupart des passagers.

Georgina, sa voisine de cabine, plus affirmée, lui donne de précieux conseils pour se présenter sous son meilleur jour face aux rudes services d’immigration.

Après trois semaines difficiles en mer, Eilis arrive enfin à New-York et emménage dans une pension de famille tenue par une Irlandaise, Madame Kehoe.

Eilis se voit attribuée une chambre et partage le reste des commodités avec d’autres jeunes femmes également Irlandaises du quartier.

Au magasin, elle est sous les ordres de Madame Fortini et donne déjà par son sérieux de bonnes satisfactions à ses employeurs.

A Brooklyn, Eilis découvre la foule, l’agitation et la proximité des deux autres communautés les plus importantes de l’époque : les Italiens et les Juifs.

Des tensions existent inévitablement entre Irlandais et Italiens, qui sont finalement rivaux en tant qu’émigrés.

Flood veille sur Eilis de manière paternelle, remplaçant un peu son père trop tôt décédé, la soutient lorsqu’elle a énorme coup de cafard provoqué par le mal du pays, en arrondissant les angles avec l’exigeante Madame Fortini.

Pour maintenir le contact avec ses racines, Eilis écrit beaucoup à sa famille et entretient une correspondance à plusieurs niveaux suivant les sujets avec sa mère, Rose et Jack.

Ce lien semble vital pour la jeune femme.

Avec l’arrivée de l’hiver, Eilis découvre l’incroyable froid New-Yorkais et fait comme tout le monde : souffre même si elle apprécie le confort des maisons américaines toujours bien chauffées.

Le magasin connait également une petite révolution lorsque des clientes afro-américaines commencent à le fréquenter.

Le malaise est palpable des deux cotés, mais Madame Fortini se montre intelligente en comprenant l’intérêt financier qu’elle peut tirer de cette nouvelle clientèle de Brooklyn.

Le père Flood intervient une nouvelle fois en proposant à Eilis de suivre des cours du soir afin de décrocher un diplôme de comptable et d’atteindre le statut d’employé de bureau, symbole de réussite sociale.

Eilis se montre une étudiante intelligente et sérieuse, appréciant tout particulièrement son professeur de droit, le brillant Mr Rosenblum.

Entre les journées parfois harassantes au magasin et les cours du soir, Eilis trouve finalement le temps de quelques distractions le week-end et rencontre à un bal irlandais un Italien du nom de Tony.

Au départ, Tony qui est plutôt petit et blond, parvient à lui cacher ses origines italiennes mais finit par lui avouer la vérité.

Plombier à Brooklyn, Tony est un homme sensible, doux et amusant qui fait rire Eilis par ses imitations et blagues.

Tout en dissimulant les origines italiennes de Tony aux autres pensionnaires plutôt xénophobes, Eilis débute une relation, se rendant au cinéma avec lui.

Nerveuse et peu au fait de la sexualité, Eilis se montre prudente, n’hésitant pas à rembarrer le plombier lorsqu’il se montre trop entreprenant.

Elle rencontre néanmoins sa famille, une grande fratrie d’Italiens de Brooklyn vivant à plusieurs dans un petit espace.

Eilis est plutôt bien acceptée et consent même à se rendre à un match de base ball, sport auquel elle ne comprend rien, pour faire plaisir à Tony, ardent supporter des Dodgers.

Avec l’été, la chaleur devient suffocante dans la ville et une invitation de Tony à la plage de Coney island, provoque une véritable embarras chez Eilis qui ne connait pas les codes en vigueur sur les plages américaines.

Sous les conseils de Madame Kehoe elle entreprend un régime et choisit avec soin un maillot de bain avec Madame Fortini, malgré sa gêne de se montrer nue face à elle et quelques troublants attouchements de sa patronne.

Sur les plages surpeuplées de Coney island, Eilis se rapproche de Tony.

Le couple finit par coucher ensemble même si la première fois d’Eilis est plus douloureuse qu’agréable et entraine une confession honteuse auprès de Flood, qui en bon prêtre catholique des années 50, réprouve les relations sexuelles hors mariage.

Après deux ans d’efforts, Eilis décroche son diplôme de comptable mais se trouve dévastée lorsqu’elle apprend la mort subite de sa sœur Rose, terrassée par une crise cardiaque.

Mal à l’aise loin des siens, Eilis éprouve un impérieux désire de revenir en Irlande.

Elle consent néanmoins à épouser avant de partir Tony et lui promet pour apaiser son angoisse à l’idée de la voir repartir pour quelques semaines en Europe, de revenir pour s’établir avec lui à Coney island, sur un terrain que sa famille a acheté.

Le mariage se fait dans la plus grande discrétion et Eilis revient transformée chez elle.

Sa peau est bronzée, ses vêtements et ses manières ont changé, lui conférant plus d’assurance… et de sex appeal !

Les retrouvailles familiales sont émouvantes et Eilis qui ne passe pas inaperçue se trouve courtisée par Jim Farrell, un jeune homme qui la dédaignait lors des bals irlandais.

Patron de bar, Farrell entreprend un jeu de séduction auquel Eilis ne reste pas insensible.

La cours de Farrell, la pression de sa Mère restée seule, ajoutées à une proposition d’embauche comme comptable dans un magasin de la ville, font vaciller la détermination de Eilis à rentrer à New-York.

Mais lorsqu’elle apprend que Mrs Kelly est au courant de son mariage la bas, elle prend la décision pour éviter le scandale de revenir aux Etats-Unis.

En conclusion, malgré un rythme général plutôt lent tour particulièrement dans son démarrage irlandais assez ennuyeux, « Brooklyn » est un beau roman, très bien écrit qui se laisse lire d’une traite avec un vif plaisir.

Toibin traite à merveille le sujet de l’exil, montrant l’ascension à force d’abnégation d’une jeune vendeuse irlandaise vers les classes moyennes avec en prime la vie d’un quartier emblématique de la ville de New-York.

Bien qu’abordée de manière discrète, la sexualité est également présente et offre également matière à un nouvel écartèlement entre l’ouverture cosmopolite avec un italo-américain et la tranquille tradition irlandaise.

Transformée favorablement à son retour des Etats-Unis ou elle revient diplômée et mariée, Eilis penche un moment vers un retour sur terre d’origine pour des raisons mêlant besoin des racines familiales et opportunités professionnelles, mais choisit après quelques rebondissement de revenir dans la ville ou elle s’est finalement construite et épanouie.

Avec « Brooklyn », Toibin prouve qu’on peut écrire un grand roman sans avoir recours aux procédés racoleurs de violence et de sexe.

Je ne peux donc que recommander la lecture de cette œuvre parfaitement maitrisée !

Brooklyn (Colm Toibin)
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31 mai 2015 7 31 /05 /mai /2015 09:31
Two lovers (James Gray)

Grande envie de découvrir le cinéma de James Gray après l’extraordinaire « Little Odessa » aussi est-ce avec un intense plaisir que je me suis rué sur « Two lovers ».

Sorti en 2008, « Two lovers » a pour cadre encore une fois New-York et en particulier le quartier de Brighton beach qui semble hanter le cinéaste.

Leonard Kraditor (Joaquin Phoenix) est un trentenaire vivant encore dans l’appartement de ses parents.

Dépressif et fragile, il végète comme employé dans la buanderie familiale et cultive un vague passe temps pour la photographie.

Ses parents décident de prendre sa vie en main et lui arrangent une rencontre avec Sandra Cohen (Vanessa Shaw) fille de l’homme qui va racheter leur entreprise.

Bien qu’agréable et issue de la communauté juive, Sandra n’attire que peu l’attention du fantasque Joaquin qui lui préfère une voisine rencontrée par hasard, Michelle Rausch (Gwyneth Paltrow).

Fasciné par cette blonde longiligne, Leonard la suit dans la rue, dans le métro et devient celui qu’elle appelle son nouveau meilleur ami.

Leonard sort avec elle, s’amuse en boite de nuit mais découvre la face sombre de la jeune femme, engoncée dans une relation compliquée avec un homme marié et riche, Ronald Battle (Elias Koteas) qui se refuse à quitter sa femme et la fait souffrir.

La soirée en boite est écourtée et les deux amis dialoguent longuement au petit matin en cachette…

Leonard accepte l’idée stupide d’assister à un diner à trois pour se faire une idée de la relation entre Ronald et Michelle.

Tout en temporisant avec ses parents et Sandra très attirée par lui, Leonard se rend au diner dans un restaurant chic de Manhattan avant de laisser le couple partir à l’Opéra.

A son retour, il a couche avec Sandra sans réfléchir et se rue ensuite sur son téléphone pour répondre à Michelle qui lui donne rendez vous sur le toit de leur immeuble pour débriefer sur le diner.

Leonard se montre très direct, casant Ronald pour faire une déclaration d’amour à laquelle Michelle ne peut adhérer.

Blessé et fou de rage, il quitte le toit et se rend à la barmizha du fils Cohen, prenant des photographies pour faire plaisir à la famille.

Alors qu’il donne encore une fois le change, Leonard est appelé par Michelle qui se dit en grande difficulté.

Il plaque tout et l’emmène aux urgences pour découvrir qu’elle a fait une fausse couche.

Ronald arrive le soir, s’excuse mais Michelle l’éconduit sans lui dire la vérité.

Poussée par Leonard, elle finit par mettre un terme à leur relation et a un rapport sexuel intense sur le toit de l’immeuble avec un Leonard transi d’amour.

Privée des revenus de Ronald qui payait une partie de son appartement, Michelle souhaite aller vivre à San Francisco dans un appartement prêtée par une amie, et monte le projet d’aller y vivre avec Leonard, prêt à tout plaquer pour elle, mariage avec Sandra compris.

En catimini, Leonard achète sur Internet deux billets d’avions tout en faisant mine devant ses parents et son beau père, d’accepter d’épouser Sandra et de s’investir dans le réseau de buanderies que les deux familles unifiées souhaitent monter à New-York.

Le soir de Thanksgiving, Leonard donne le change dans un état d’extrême nervosité et se prépare à s’envoler avec sa belle.

Après avoir dit au revoir à sa mère, Ruth (Isabelle Rossellini), qui se doutait de tout, Leonard descend dans la cour de l’immeuble pour se faire planter par Michelle qui renonce in extremis après un volte face de Ronald, qui a quitté femme et enfants pour elle !

Le cœur brisé, Leonard se rend seul sur la plage de Brighton en plein réveillon, jette de rage le diamant qu’il comptait offrir à Michelle, avant une fois l’esprit revenu à froid de se raviser.

Penaud, il revient à la soirée de Thanksgiving avec la bague qu’il compte offrir à Sandra pour leurs fiançailles…

En conclusion, inspiré par Dostoïevski, « Two lovers » est une variation intense et émouvant du triangle amoureux dans lequel se débat un homme perdu et fragile dans le grand New-York.

Pris entre la pression familiale communautaire et un désir personnel fou d‘attirance vers une personne aussi perdue que lui, le personnage principal se trouve écartelé dans une situation en apparence sans issue sinon le drame.

La réalisation sombre, froide est élégante, les acteurs formidables avec en numéro 1, un extraordinaire Joaquin Phoenix, parfait dans son personnage de looser que n’aiment généralement pas voir les américains.

James Gray tient en haleine et emballe à merveille le film, montrant une nouvelle fois l’étendue de son talent.

Two lovers (James Gray)
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28 mars 2015 6 28 /03 /mars /2015 08:51
Taxi driver (Martin Scorcese)

Sorti en 1976, « Taxi driver » de Martin Scorcese est l’un des films les plus marquants du talentueux réalisateur italo-américain.

L’histoire est celle de Travis Bickle (Robert de Niro) un ex marine du Viet Nam solitaire et un peu paumé qui pour fuir l’insomnie se fait embaucher comme chauffeur de taxi de nuit à New-York.

Bickle ne refuse aucune course et se rend dans les lieux les plus mal famés de la ville (Harlem, le Bronx, Brooklyn) ou il observe la faune nocturne composée de prostituées, petits voyous, drogués et homosexuels.

Cette clientèle particulière le dégoute et est pour lui le résultat de la déliquescence de la société américaine.

Malgré les quelques incidents, Bickle reste en apparence serein et tombe sous le charme de Betsy (Cybil Shepherd), une séduisante employée de bureau travaillant pour un futur candidat au poste de maire, Charles Palantine (Leonard Harris).

Il l’observe longuement à travers les vitres de son bureau et se décide finalement à l’aborder non sans un certain culot.

Désorientée, Betsy finit par accepter une invitation pour un café et les tentatives maladroite de Bickle pour la séduire.

Malheureusement le jeu de la séduction tourne court lorsque Bickle emmène Betsy au cinéma voir un film éducatif sur la sexualité.

Choquée, Betsy met brutalement un terme à cette relation ce qui déstabilise le fragile Bickle.

Après une nouvelle mauvaise expérience ou un client lui annonce vouloir tuer sa femme et son amant, Bickle réagit et décide d’acheter non pas une arme mais tout un arsenal comportant fusil, un ensemble de pistolets, colts et même un couteau.

Il passe plusieurs heures devant sa glace à s’entrainer, se préparant à dégainer son arme, son agressivité croissant au fur et à mesure que son esprit s’échauffe.

Lorsqu’un soir il charge par hasard Palantine en personne dans sa voiture, Bickle échange avec lui sur la corruption de la société et le politicien prête une attention polie à ses propos.

Le processus psychique dans lequel est à présent enclenché Bickle l’entraine à tuer un voyou qui tentait de braquer une épicerie puis à se rendre dans un meeting de Palantine dans le but de le tuer mais il demeure incapable d’aller au bout de son acte, reculant in extremis devant la sécurité rapprochée du politicien.

Doté dorénavant d’une coupe à l’iroquoise symbole de sa radicalisation, Bickle entreprend à présent de sauver une prostituée adolescente (13 ans), Iris (Jodie Foster) qu’il a repéré un soir dans la rue.

Il approche son maquereau, Spot (Harvey Keitel) qui lui arrange une passe.

Bickle ne peut coucher avec Iris et lui propose de la sortir de la rue mais la jeune fille est sous la coupe de Spot et ne peut trouver la force de s’en extraire seule.

Bickle passe donc à l’acte et va trouver Spot pour lui tirer une balle dans le ventre.

Il se rend ensuite dans l’hôtel de passe ou travaille Iris, blesse le gorille en faction mais est à son tour blessé au cou par le tir d’un client voyou.

Bickle se ressaisit et après une lutte confuse et une autre blessure au bras, achève Spot agonisant, tue le client et enfin le gorille.

Lorsque la police arrive, Bickle git blessé dans le salon aux cotés d’Iris.

Le fin du film relate la convalescence de Bickle et les remerciements des parents d’Iris qui ont pu finalement extraire leur fille de la rue, de la drogue et la prostitution pour lui donner une vie normale.

En conclusion, « Taxi driver » est une œuvre forte, radicale et dérangeante comme la plupart des chef d’œuvres.

Scorcese y dépeint la dérive d’un homme réactionnaire, se révoltant contre la corruption d’un monde ou les prostituée sont des enfants droguées.

Incarnant ce chauffeur de taxi solitaire en arrivant à des extrémité violentes, Robert de Niro alors jeune et gringalet, y délivre une des meilleurs prestations de sa carrière avec certaines scènes devenues aujourd’hui culte comme le fameux « C’est à moi que tu parles ? ».

Sans doute le film le plus sombre et introspectif de Scorcese et un véritable électrochoc vis-à-vis du New York de la fin des année 70.

A voir au moins une fois dans son existence.

Taxi driver (Martin Scorcese)
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19 janvier 2015 1 19 /01 /janvier /2015 21:09
Trilogie sale de la Havane (Pedro Juan Gutierrez)

Poursuite de la découverte de la littérature cubaine avec « Trilogie sale de la Havane » premier roman de Pedro Juan Gutierrez.

Sorti en 2000, « Trilogie sale de la Havane » est en réalité une succession de courtes chroniques interchangeables vaguement découpées en trois parties d’un peu plus de cent pages.

Ancien journaliste international tombé dans la déchéance après avoir perdu son emploi, Gutierrez y décrit le quotidien de la Havane des années 90 avec les terribles conditions de vie imposées par l’embargo américain.

Dans son style court, direct et explosif, Gutierrez évoque des tranches de sa propre vie ou de la vie de personnages de son entourage cherchant à survivre près du Malecon, le grand boulevard près de la mer, lieu de toutes les rencontres et trafics en tout genre.

L’homme décrit la vie dans un immeuble croulant sous le manque d’entretien, les toilettes collectives, les odeurs pestilentielles, les coupures d’eau, la saleté des occupants s’entassant par dizaines dans des lieux exigus ou élevant des animaux dans leurs appartements pour tenter d’améliorer leur quotidien.

Fauché, Pedro vit de petits boulots harassants et mal payés dans des usines ou dégradants de vendeur de rue avec la crainte permanente des rafles des policiers.

Pour tuer le temps et oublier le quotidien, il y a le rhum et le haschisch qu’il consomme comme la plupart des pauvres mais l’activité principale de Pedro reste le sexe, qui confine chez lui à l’obsession.

Cubain blanc et pauvre, Pedro vit dans un monde composé majoritairement de Noires et de Mulâtresses, dont il goute particulièrement les corps fermement sculptés.

Ses aventures sont innombrables, l’homme se refusant à tomber amoureux pour ne pas souffrir.

Mais la plupart de ces Cubaines pauvres, jeunes et jolies préfèrent chasser le touriste sur le Malecon, pour facilement vivre de leurs charmes ou simplement améliorer leur quotidien.

Pedro sait d’instinct qu’il ne peut lutter contre le pouvoir souverain du dollar et accepte de composer avec cette réalité sordide.

Les descriptions des actes sexuels sont particulièrement crues voir dégoutantes, l’écrivain y injectant une bonne dose de ses fantasmes, qui donnent l’impression que les Cubaines sont des filles faciles, volages et de véritables nymphomanes une fois au lit.

Témoins de cette exacerbation des désirs : les sexes de Noirs, atteignant souvent des proportions gigantesques et comblant de plaisir des femmes prises souvent directement à la faveur d’une zone obscure du Malecon.

L’homosexualité qu’elle soit féminine ou masculine n’est pas évacuée, mais constitue pour Pedro malgré sa détresse une limite infranchissable, le fier et machiste Cubain préférant faire le gigolo pour les vieilles et riches touristes de passage.

Inévitablement, Pedro effectue de courts séjours en prison pour ces menues incartades dans le domaine hors la loi.

Dans cet univers de pauvreté absolue, la violence est bien entendu présente et s’exprime souvent par le biais d’hommes noirs ou mulâtres colossaux résolvant leurs différents à coups de poings ou de couteaux.

Certaine scènes sont d’une brutalité insoutenable, comme le viol d’une femme ou l’agression d’un vieil homosexuel par des bandes de voyous noirs prêts à tout pour satisfaire leurs bas instincts.

En conclusion, « Trilogie sale de la Havane » constitue ce qu’on pourrait appeler un livre coup de poing qui peut choquer ou rebuter par son extrême crudité.

Gutierrez prend le parti d’une littérature sans filtre ou mensonge pour décrire le quotidien des couches sociales les plus basses de la Havane, ravagées par la misère, la violence et la dureté de la répression policière.

Incapable de sortir de sa déchéance, l’écrivain semble expier ses péchés dans cet univers reléguant les êtres humains au rang d’animaux mus par leur instinct de survie.

Excessif, brutal, écœurant par sa répététivité, « Trilogie sale de la Havane » n’en est pas moins une œuvre puissante qui bousculera un lecteur ravi de gouter au monde sous terrain de la Havane des années 90.

Trilogie sale de la Havane (Pedro Juan Gutierrez)
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4 janvier 2015 7 04 /01 /janvier /2015 10:55
Mère Cuba (Wendy Guerra)

Littérature d’Amérique latine avec « Mère Cuba » de Wendy Guerra.

Née en 1970, cet écrivain et poète cubaine nous propose par ce livre sorti en 2008 de comprendre à travers son histoire personnelle, une facette de la vie à Cuba.

L’auteur, appelée Nadia dans ce livre est l’animatrice d’une émission de radio libre à Cuba, ou elle donne la parole aux auditeurs et lit des poèmes parfois contestataires.

Par son action, Nadia ne fait que prolonger une tradition familiale d’artistes avec un père réalisateur dont les films sont surtout connus en Europe et une mère également animatrice de radio et écrivain sans jamais avoir rien publié.

La mère justement, Albis Torres est le personnage principal du livre puisque insaisissable et recherchée obsessionnellement par sa fille.

Inquiétée à Cuba en raison de ses activités, Nadia va donc mener un véritable jeu de pistes, utilisant les anciens amants et connaissance de Albis pour quitter son ile et se lancer à la recherche.

Lors d’un court séjour à Paris, elle a pour amant un espagnol Saul et retrouve la trace de Paulo, un ancien amant journaliste de sa Mère qui lui indique qu’elle se trouve à présent à Moscou avec un mari russe.

Nadia se rend sur place, découvre ce pays frère de Cuba dont elle connait déjà certains codes culturels et retrouve sa mère, atteinte de la maladie d’Alzheimer à un stade déjà avancée.

Après une nouvelle escale à Paris, Nadia couche avec Paulo dans une quête malsaine d’identification puis revient à Cuba pour s’occuper de sa Mère finalement rapatriée pour raisons de santé.

A Cuba son père décède et Nadia se rapproche de Lujo son amant de longue date.

Tout se mélange donc dans l’esprit de Nadia, drames personnels et souvenirs de Cuba ou le culte des héros révolutionnaires comme Che Guevara, Fidel Castro et Celia Sanchez est porté à son paroxysme, ou la vie est continuellement rationnée en raison de l’embargo américain et ou la censure s’exerce à tous les niveaux.

Elle découvre dans les archives de sa mère sa proximité avec Maria Sanchez, la compagne de Fidel et l’une des grandes dames de la Révolution cubaine.

La mort viendra finalement prendre sa mère sous la forme d’un suicide par noyade dans la mer.

Dévastée, Nadia trouvera un peu de réconfort avec Diego son amant d’enfance et terminera son voyage initiatique dans sa famille de Miami, seconde patrie de la communauté cubaine qui y a reproduit une partie de l’ambiance de la Havane.

En conclusion, « Mère Cuba » est un roman douloureux sur la quête d’une fille très influencée par l’ombre écrasante et insaisissable d’une mère par nature libre et instable.

Outre cet exercice cathartique souvent pénible, Guerra mélange pratiquement continuellement vie personnelle et histoire cubaine, ce qui sans connaissances préalables de la seconde partie rend parfois difficile la compréhension de la fine frontière entre Histoire et fiction notamment pour les longs passages consacrés à Celia Sanchez, devenue par la grâce de la littérature une quasi intime.

Plus intéressante car moins pesante est l’ode à Cuba, aux sensations, atmosphères, architecture, nourriture, musique … qui on le comprendra aisément voyagent partout avec l’écrivain lorsqu’elle se trouve à Paris, Moscou ou Miami.

Œuvre intime, parfois sensuelle, au rythme lent sinueux, « Mère Cuba » reste néanmoins trop profondément triste pour m’enchanter et me charmer.

Mère Cuba (Wendy Guerra)
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16 décembre 2014 2 16 /12 /décembre /2014 22:29
Blow out (Brian de Palma)

Brian de Palma a déjà eu les honneurs de ce blog avec des fortunes diverses, mais « Blow out » constitue assurément un de ses films les plus marquants.

Sorti en 1981, « Blow out » est un classique du thriller que j’ai vu et revu un nombre incalculable de fois depuis ma prime jeunesse.

Jack Terry (John Travolta) travaille à Philadelphie comme technicien bruitage pour des films d’horreurs fauchés et est témoin d’un accident de voiture étrange alors qu’il effectue des prises de son en pleine nuit.

N’écoutant que son courage, il se jette dans l’eau d’une rivière et repêche in extremis la passagère de la voiture, alors que le conducteur décède noyé.

A l’hôpital, Jack est irrité par l’interrogatoire de police qui a tendance à minimiser l’affaire mais comprend en voyant l’affluence des journalistes que la victime était le gouverneur Ryan, sérieux candidat aux élections présidentielles.

Jack se rapproche de la fille, Sally (Nancy Allen) et tombant sous son charme, parvient à décrocher un rendez vous.

Perdue et choquée, Sally accepte le soutien de Jack qui en écoutant la bande son enregistrée la nuit de l’accident, se persuade qu’il y a bien eu un tir de fusil.

La police souhaite classer l’affaire pour éviter le scandale d’une liaison du gouverneur et le témoignage du photographe Karp (Dennis Franz) curieusement présent sur les lieux le soir du drame, vient accréditer la thèse de l’accident.

Mais Jack s’obstine, allant jusqu’à superposer photos et son pour accréditer sa thèse.

Il ignore que le meurtrier, un certain Burke (l’imposant John Lightgow) a clairement outrepassé les consignes de ses commanditaires qui souhaitaient uniquement discréditer Ryan et a réglé le problème définitivement.

Ingérable, Burke a également décidé de son propre chef d’éliminer les témoins de la scène en commençant par l’encombrante Sally.

Maladroit, il confond la jeune femme avec une inconnue rencontrée dans un centre commercial et la tue dans un terrain vague.

Il maquille ensuite son meurtre en crime sexuel et persévère en tuant ensuite une prostituée à la gare de Philadelphie.

De son coté, Jack comprend que Sally n’est pas qu’une simple maquilleuse mais qu’elle travaillait en réalité avec le repoussant Karp pour piéger des hommes mariés et les faire chanter ou abattre leur réputation.

Bien que déçu, Jack conserve son attirance pour la fraicheur de la jeune femme et lui révèle ses propres échecs notamment lorsqu’il travaillait pour la police et quand une négligence de sa part à causé la mort d’un agent infiltré.
L’ignoble Karp trouve la mort en voulant faire chanter Sally mais Burke resserre sa pression, piratant la ligne téléphonique de Jack et se faisant passer pour le journaliste Frank Donahue (Curt May) pour attirer Sally dans un piège.

La jeune femme se rend au rendez vous surveillée à distance par Jack au moyen d’un micro placée sur son corps.

La rencontre se déroule en pleine fête de la Liberté, dans une ambiance de kermesse à Philadelphie.

Sally est entrainée dans le métro par le redoutable tueur et Jack perd leur trace.

Prenant tous les risques, il fonce avec sa jeep au milieu de la foule, n’hésitant pas à forcer les barrières de sécurité et défoncer la vitrine d’un magasin dans sa course folle pour sauver Sally.

Ces péripéties le ralentissent et le font arriver trop tard pour Sally qui est égorgée par Burke.

Jack poignarde le tueur mais ne peut que constater la mort de son amour.

La bande magnétique détruite, Sally morte, Jack reste seul avec son désespoir, écoutant et réécoutant sans cesse la bande son fatale dans laquelle il entend pour la dernière fois son amour s’exprimer.

En conclusion, malgré quelques longueurs « Blow out » n’est pas loin pour moi de constituer un véritable chef d’œuvre noir.

L’ambiance vintage des années de la fin des années 70 se marie à merveille avec l’atmosphère de froid et de nuit crée par de Palma.

Les acteurs sont excellents, Travolta au fait de sa gloire parfait en technicien persévérant et soucieux du moindre détail, Allen magnifiquement touchante dans son numéro de fille perdue et fragile sans oublier les méchants Franz, minable photographe vénal et Lightgow inquiétant par sa carrure et sa froide détermination.

Porté par une maestria technique fulgurante dans la mise en scène et par une fin non heureuse déchirante, « Blow out » est pour moi le meilleur film de Brian de Palma et mérite à ce titre d’être vu et revu tout au long d’une vie.

Blow out (Brian de Palma)
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6 décembre 2014 6 06 /12 /décembre /2014 10:03
Boxcar Bertha (Martin Scorcese)

Sorti en 1972, « Boxcar Bertha » est le second film de Martin Scorcese et sans nul doute l’un des plus méconnus.

L’histoire inspirée d’un roman de Ben Reitman prend place dans le Sud des Etats-Unis dans les années 30, en pleine Dépression.

Bertha Thomson (Barbara Hershey) est une jeune femme dont le père pilote d’avion pour le compte d’une compagnie de chemin de fer dirigée par Sartoris (John Carradine), meurt dans un accident.

Révoltée et sans famille, Bertha s’enfuit et passe de train en train, rencontrant finalement Bill Shelly (David Carradine), ouvrier de Sartoris mais surtout syndicaliste virulent.

Plus expérimenté, Shelly initie Bertha au sexe puis la laisse reprendre ses vagabondages

Bertha sympathise avec Rake Brown (Barry Primus) un homme du Nord venu chercher du travail dans le Sud.

Cet homme bien mis n’est pas un ouvrier mais plutôt un joueur/tricheur professionnel qui entraine sa compagne dans ses magouilles.

Pris sur le fait, Rake est menacé au pistolet par un notable arnaqué et dans la confusion, Bertha utilise un pistolet pour protéger son amant.

A présent coupable d’homicide, le duo fuit toujours par les trains, retrouvant Bill qui reprend ses droits sur Bertha.

Coffrés par les policiers, Bill et Rake se retrouvent en prison ou ils font la connaissance de Von Morton (Bernie Casey) un noir imposant, ex mécanicien du père de Bertha.

Morton est molesté par les gardiens en raison de sa couleur de peau, ce qui provoque une vive réaction de Bill et une bagarre générale se soldant par des morts.

Condamnés au travaux forcés, les trois hommes sont finalement secourus par une ruse de Bertha qui séduit un gardien.

Le quatuor verse ensuite dans la criminalité en attaquant et détroussant les trains de Sartoris.

Bill a beaucoup de mal à cacher sa répugnance pour ces actes et verse son butin à son Syndicat qui embarrassé le licencie.

Dès lors le combat entre Sartoris et la bande s’intensifie, et le patron est braqué dans sa propre maison pourtant bien gardée lors d’une soirée mondaine.


Pourtant les gardes de Sartoris retournent la situation, tuant Rake, capturant Morton, Shelly tandis que Bertha parvient à s’enfuir.

Esseulée, la jeune femme ne tarde pas à échouer dans un bordel, mais retrouve par hasard Morton dans un club black qui lui permet de retrouver Shelly qui se cache dans une maison.

Malgré de chaudes retrouvailles, le couple est rattrapé par son passé et sauvagement agressé par les hommes de Sartoris.

Morton intervient, tuant la plupart des hommes de main, mais il est trop tard pour Shelly, cruellement crucifié à un train.

Le film se termine sur Bertha courant désespérément derrière le train et son amant agonisant.

En conclusion, tiré d’une histoire vraie à la Bonnie and Clyde, source de fantasmes de beaucoup d’artistes, « Boxcar Bertha » est un film de cavale type aux influences libertaires et contestataires très marquées par les années 70.

Etant complètement insensible au romantisme des voyous, j’ai eu du mal à adhérer sur le fond et de prendre le parti des laissés pour compte : ouvriers, noirs, femmes seules face aux affreux industriels et policiers forcément inhumains.

Mais « Boxcar Bertha » est également intéressant pour ses acteurs, David Carradine, pas réellement une star (mais pas loin) qui décrocha ici un vrai premier rôle et Hershey, dont la jeunesse et le sex appeal de paysanne séduiront peut être les plus roots d’entre vous.

Daté très années 70 et donc parfois irritant notamment par sa musique country, « Boxcar Bertha » reste une curiosité, une petit film de jeunesse de la part d’un réalisateur qui fera ensuite beaucoup mieux dans des œuvres plus ambitieuses.

Boxcar Bertha (Martin Scorcese)
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5 décembre 2014 5 05 /12 /décembre /2014 12:51
Gilda (Charles Vidor)

Plongée dans l’histoire du cinéma avec « Gilda » vieille pièce de musée en noir et blanc de 1946.

Réalisé par Charles Vidor, « Gilda » raconte en Argentine (même si on ne voit pas une seule image de ce pays), la rencontre entre Johnny Farrell (Glenn Ford) un joueur/tricheur professionnel et Ballin Mundson (George McReady), le propriétaire d’un casino de Buenos Aires.

Pris sur le vif par Mundson en train de tricher, Farell accepte finalement de travailler pour lui et devenir en quelque sorte son associé.

Il côtoie alors la belle Gilda (Rita Hayworth), la femme de son patron qui était en réalité son ancienne fiancée.

Johnny retombe instantanément sous le charme de cette rousse aussi flamboyante que son mari est dur et sinistre.

Cruelle, Gilda va s’ingénier à provoquer Johnny tiraillé entre son désir et la fidélité à son patron.

Ce ballet amoureux passe surtout par la danse, Johnny se montrant férocement jaloux des autres hommes dansant avec la belle et prétextant sa protection pour la mettre sous cloche.

Le spectacle est plutôt pénible pour ce pauvre Johnny, bien malmené par les extravagances d’une femme superbe, bonne danseuse et chanteuse, et que tous les hommes convoitent dans l’ambiance nocturne du casino.

Mais l’ambitieux Mundson nourrit en réalité le désir de prendre le monopole du marché du tungstène et s’associe avec d’autres hommes d’affaires aussi véreux que lui.

Après avoir tué un des envoyés d’un rival visant à l’abattre, Mundson est contraint de disparaitre en se faisant passer pour mort après un crash d’avion.

Johnny saute alors sur l’occasion, prenant la direction de la suite de son ex patron qui l’a nommé du reste exécuteur testamentaire.

Il reprend la casino, tient tête aux associés pour le contrôle du tungstène et épouse Gilda.

Ceci ne suffit pourtant pas à la volage jeune femme dont les formidables prestations au casino continuent de faire tourner les têtes.

Même les multiples hommes de main de Johnny et sa nouvelle puissance, ne suffisent pas à endiguer l’envie d’indépendance et de plaisir de la volage Gilda qui quitte Buenos Aires pour Montevideo afin de suivre un avocat lui faisant la cour.

Johnny est pourtant toujours là et l’avocat travaillant en réalité pour lui, ne fait rien d’autre que la livrer à son patron.
Les scènes se multiplient entre eux mais le mariage résiste.

Le retour impromptu de Mundson change pourtant la donne.

Fou de rage, l’ex patron désire reprendre ses biens, notamment sa femme (!) et menace devant leur résistance de tuer Farrell.

Mundson est finalement abattu par un ami de Gilda, le vieux croupier Pio (Steven Geray) à l’aide de son propre parapluie-couteau.

Les deux amants finissent donc seul en un happy end.

En conclusion, « Gilda » est un cinéma d’un autre âge que d’aucuns considéreraient comme désuet aujourd’hui.

L’histoire de triangle amoureux est classique, les décors extérieurs réduits à néant et tout ou presque repose sur le jeu des acteurs.

Bien entendu, « Gilda » ne serait sans doute rien sans Rita Hayworth, plus belle femme de son époque, au corps et à la chevelure parfaites, dont la sensualité et les numéros de danse feront d’elle LA femme fatale par excellence, le fantasme de tous les hommes et sans doute d’une partie des femmes.

Mis à part le respect qu’on peut avoir pour son âge vénérable, « Gilda » ne vaut le coup d’œil que pour mesurer le sex appeal de l’une des plus belles femmes ayant foulé la Terre.

Gilda (Charles Vidor)
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