Overblog Suivre ce blog
Administration Créer mon blog
20 août 2015 4 20 /08 /août /2015 21:33
Les bruits de Recife (Kleber Mendonça Filho)

Cinéma plus intimiste avec « Les bruits de Recife » film brésilien de Kleber Mendonça Filho.

Sorti en 2012, « Les bruits de Recife » se déroule dans la ville du même nom au nord du Brésil dans laquelle on suit la vie d’un quartier plutôt aisé du bord de mer dans lequel João (Gustavo Jahn), agent immobilier tente de savoir qui a vandalisé la voiture de sa nouvelle copine Sofia (Irma Brown).
João ne ménage pas sa peine, interrogeant les employés, son voisin Anco (Lula Terra) avant d’aller toquer chez son jeune cousin Dinho (Yuri Hollanda) connu pour ses frasques dans la rue.
Après un face à face tendu, Dinho accepte de rétrocéder un auto radio dérobé, qui s’avère ne pas être celui de Sofia.
Perpétuellement taciturne, la jeune femme se rappelle avoir vécu dans ce quartier il y a vingt ans de cela et est envahi par les souvenirs liée à son ancienne maison.
Autre personnage de la rue, Bia (Maeve Jinkings), est une mère de famille de deux enfants en apparence sans histoire, si ce n’est son obsession pour un chien du voisinage aboyant en permanence et une consommation régulière de haschisch qu’elle se fait livrer par un livreur d’eau à domicile.
Un jour João est approché par Clodoaldo (Irandhir Santos), qui se dit à la tête d’une entreprise de sécurité privée offrant ses services pour sécuriser la rue au moyen de patrouilles et d’une présence nocturne quotidienne.
Malgré la réticence de João, Clodoaldo réussit à convaincre son grand père Francisco (W J Solha) le propriétaire de la plupart des immeubles de la rue, un vieil homme riche et influent, avec la restriction concernant les bêtises de Dinho.
Clodoaldo accepte mais met la pression sur Dinho qui réagit mal, provoquant à son tour l’équipe composée de deux à trois hommes.

Peu à peu, Clodoaldo et ses hommes s’installent et prennent le contrôle de la rue, dans un climat de paranoïa nocturne latente.
Clodoaldo utilise ses accès aux propriétés pour coucher avec Luciene (Clebia Souza), la jolie bonne de Francisco.

Les vigiles aident un touriste argentin égaré à retrouver son chemin et molestent un jeune garçon sauvage passant sur les toits et les arbres afin de lui faire quitter le quartier.
Le dealer vendeur d’eau est toléré…
Les habitants continuent d’évoluer entre rêves et réalité, angoisse, passé et présent…
Francisco emmène João et Sofia visiter sa propriété à la campagne et montre une maison jadis occupée et aujourd’hui abandonnée ce qui ajoute au climat de trouble.
Après une fête de quartier, le voile se déchire lorsque Clodoaldo répond à une demande de Francisco accompagné de son frère Claudio (Sebastão Formiga) qui souhaite les engager comme gardes du corps à la suite de la mort de son homme de confiance dans sa fazenda.
Après avoir écouté la proposition du vieil homme, les deux vigiles lui annoncent être les fils d’un homme qu’il a fait tué dans le passé pour une histoire de clôture.
Francisco comprend donc, trop tard le piège de la vengeance se refermer sur lui.


En conclusion, « Les bruits de Recife » est un film brésilien atypique, original mais surtout desservi par un rythme d’une lenteur irritante.
Les acteurs trainent leur nonchalance ou leur mal être existentiel sur plus de deux heures incroyablement longues ou Filho se centre surtout sur son propre plaisir à décrire le quotidien de la classe moyenne de Recife dans un climat de sournoise paranoïa soigneusement distillée.
Surestimé, intello et prétentieux, « Les bruits de Recife » est un film que je ne recommande pas.

Les bruits de Recife (Kleber Mendonça Filho)
Repost 0
13 août 2015 4 13 /08 /août /2015 21:01
Brésil 25, 2000-2015 (Luis Ruffato)

Sorti en 2015, « Brésil 25, 2000-2015 » représente l’occasion rêvée pour découvrir des auteurs brésiliens contemporains par l’intermédiaire de texte soigneusement compilés par Luis Ruffato.

En 25 textes donc pour 25 auteurs, on débute par « On devrait interdire » curieux extrait du « Budapest » du chanteur de Musique Populaire Brésilienne, Chico Buarque, qui raconte en quelques pages son irritant sentiment d’étranger essayant de percer une langue inconnue pour lui, le Hongrois dont les possesseurs semblent jalousement garder les secrets hermétiquement clos.

Ronaldo Correia de Brito nous perd ensuite avec « Un homme traversant des ponts » extrait de « Retratos imorais » dans les errements d’un écrivain dans les rues de Récife, qui dans ses pensées profondes pense à sa femme qui le dédaigne pour le sexe tantrique de son professeur de yoga, aux crabes hideusement entremêlés dans la boue du fleuve Capibaribe et au suicide du haut d’un pont.

Dans « Les hivers de Barbara » tiré de « A cidade ilhada » Milton Hatoum évoque le douloureux exil d’un couple d’opposants brésiliens Lazaro et Barbara, échoué à Paris pendant les années de dictature.

Dans ce milieu intellectuel un peu vain face à la puissance des militaires, la saudade de Barbara ne tarde pas à se muer en jalousie féroce.

Lorsque Lazaro disparait, Barbara décide de revenir à Rio de Janeiro et le retrouve avec une maitresse brésilienne alors qu’elle suspectait une française, Francine.

Le choc est de trop pour Barbara qui saute dans le vide de leur appartement.

Puis Cristovao Tezza nous fait découvrir « Beatriz et la vieille dame » tiré de « Beatriz » dans laquelle une jeune journaliste chargée de rédiger la biographie d’une vieille dame Dona Dolores, découvre le récit pervers de l’assassinat de son mari militaire après le choc de l’avoir surpris un jour en pleine action avec une maitresse.

Impossible de ne pas parler de Paulo Lins qui nous charme avec « Chronique de deux grandes amours » narrant la quête de baskets flashy de garçon déshérités d’une favela de Rio pour pouvoir séduire deux filles à un bal funk.

On se régale de cette entreprise de débrouille à coup de nettoyage de pare brise d’esquives de policiers et de trafiquants d’un gang d’une favela rivale pour arriver au but fixé.

Difficile de suivre l’émotion de Cintia Moscovich dans « Le toit et le violoniste » tiré de « A arquitectura do arco-iris » récit dans lequel une jeune enfant juive se prend d’affection pour une poule et lui évite de peu la casserole.

Marçal Aquino dans « Sept épitaphes pour une dame blanche » tiré de « O amor e outros objeitos pontiagudos » rend un vibrant hommage à une maitresse connue lors de la construction d’une centrale hydraulique à Tucurui à 400 kms de la ville de Belém.

Cet amour avec la femme, mariée d’un un chef de chantier irascible aura le gout sucré de l’interdit, de l’éphémère et se brisera définitivement avec l’annonce brutale d’un décès après un accident de voiture, ce qui marquera à vie l’amant.

En comparaison, malgré un sujet similaire, l’annonce à un metteur en scène de la mort de sa femme lors d’une scène ou un acteur est sensé regretté celle de sa femme, « C’est juste une répétition » de Bernardo Caravlho émeut moins, peut être parce que la passion amoureuse et l’exotisme de l’Amazonie y sont absents.

Dans « Milagres » tiré de « Domingos sem deus », l’organisateur des textes, Luiz Ruffato s’en sort bien avec une rencontre fortuite entre un père de famille perdu au fin fond du et un vieux garagiste ayant fui Minas Gérais en raison d’une paternité non désiré.

Le lecteur est transpercé par la prose de Beatriz Bracher dans « Ce qui n’existe pas » tiré de « Garimpo » texte superbe dans lequel Helena une photographe vit une expédition semi onirique matinale dans une fazenda familiale de l’état Sao Paulo, ou revivant un passé marquant ou elle assistait avec ses frères à l’abattage des bœufs, elle tente désespérément de sauver un veau pris dans la boue avant de se résigner à le faire tuer pour arrêter les horribles bêlements de sa mère.

Patricia Melo rate sa cible dans un glauque triangle amoureux de « Je t’aime » tiré de « Escrito no escuro » et Fernando Bonassi nous éclaire par la lucidité de son analyse sur la difficulté du statut d’écrivain moderne dans « Littérature contemporaine ».

La profondeur de « Condition du temps » d’Adriana Lunardi narrant une cérémonie d’enterrement du point de vue de l’esprit de la défunte émeut aux larmes, quand à Paulo Scott, il prend aux tripes en narrant dans « Amorces vers l’abime » le choc d’une femme Madalena qui n’intègre pas la mort de son mari poète Juliano qui dénonçait les crimes des favelas.

« La parasite » d’Eliane Brum raconte une incroyable histoire ou une femme dévore ses amants à la manière d’un serpent, tandis qu’Adriana Lisboa nous divertit avec « Le succès » nouvelle légère sur le quotidien de jeunes adolescentes de Rio de Janeiro influencée par les Etats-Unis.

Dans « Outsiders », José Luis Passos explore dans un style austère le douloureux passé d’un émigré Hongrois au Brésil après la Seconde guerre mondiale, puis Michel Laub s’intéresse dans « Animaux » un peu décousu à la fragilité de l’existence, que ce soit celles des animaux ou de proches.

Pas grand-chose à dire sur la courte scène de ménage de « Coexistence » de Carola Saavedra, qui précède l’énorme choc émotionnel de « Mains vides » de Rogeirio Pereira dans lequel un adolescent décrit la folie de son père ou le coté tabou de « Francisco n’a pas de conscience » de Andrea del Fuego dans laquelle une modeste employée de banque séduit un vieillard à demi paralysé pour finir par partager sa vie et s’approprier ses biens.

Paloma Vidal refait le coup du voyage aux sources en Argentine dans « Ainsi va la vie » tiré de Mais ao sul.

L’émotion est encore au rendez vous de « Temps perdu » de Tatiana Salem Levy ou Lucia met un collier dans le cercueil de son amant André avec qui elle a partagé des années de combat clandestin contre la dictature militaire.

Daniel Galera parle d’un amour d’enfance qui le poursuit à vie dans « Laila » et la jeune Luisa Geisler termine sur un irritant zapping international dans « Requiem pour un souvenir ».

En conclusion, « Brésil 25, 2000-2015 » n’échappe pas compte tenu du nombre important des auteurs, à une impression de relative inhomogénéité mais globalement la sélection de Ruffato est très bonne et permet de découvrir de nombreux talents.

Aux cotés des célèbres Paulo Lins et Milton Hatoum, d’autres belles découvertes comme Adriana Lunardi, Marçal Aquino, Beatriz Bracher, Paulo Scott, Andrea del Fuego voir Fernando Bonassi qui chacun dans leur style respectif provoquent la surprise, l’étonnement ou l’admiration.

A déguster avec avidité pour les plus curieux d’entre vous en quête de nouvelles littératures contemporaines.

Brésil 25, 2000-2015 (Luis Ruffato)
Repost 0
9 août 2015 7 09 /08 /août /2015 18:36
While we're young (Noah Baumbach)

Changement radical d’ambiance après les flics gros bras avec « While we’re young » de Noah Baumbach.

Sorti en cet été 2015, « While we’re young » montre un couple de New-yorkais, Josh (Ben Stiller) et Cornelia Schrebnick(Naomi Watts) en pleine crise de la quarantaine alors que le premier, réalisateur de documentaire, piétine depuis huit ans à sortir son prochain film et que la seconde a semble t il tiré un trait sur toute possibilité de maternité.

En plein décalage avec Fletcher (Adam Horovitz) et Marina (Maria Dizza) qui vivent intensément la naissance de leur enfant, Josh et Cornelia font la connaissance de Jamie (Adam Driver) et Darbie Massey (Amanda Seyfried) un couple d’une vingtaine d’années par l’intermédiaire d’un cours donné par Josh.

Egalement réalisateur de documentaire, Jamie se montre un parfait admirateur du travail de de Josh et les deux couples deviennent rapidement amis.

Appréciant la fraicheur et la générosité des Massey, Josh et Cornelia se mettent à les fréquenter, se rendant dans plusieurs soirées intello-artistiques.

Ils se détachent alors de leurs amis quadragénaires et vivent alors une seconde jeunesse à coups de cours de hip hop et de séances chamaniques péruviennes.

Josh accepte d’aider Jamie et l’accompagne pour filmer ses retrouvailles avec un ami d’enfance Kent (Brady Corbet) recontacté via Facebook.

L’entretien est émouvant lorsque Jamie avoue avoir pris modèle sur Kent athlète et poète pour faire face au cancer de sa Mère puis prendre une dimension supplémentaire lorsqu’on découvre que Kent est un vétéran d’Afghanistan multi décoré ayant du mal à reprendre une vie normale dans le civil.

Alors que lui-même a les plus grande peines à boucler son film trop long et ambitieux, Josh présente Jamie à son beau père le célèbre réalisateur Leslie Breibart (Charles Grodin) tout en refusant les conseils d’un homme dont il cherche à se détacher de l’ombre trop envahissante à ses yeux.

Si on met de coté des histoires de flirts sans conséquences lors de l’étrange session chamanique, l’histoire entre Josh et Jamie prend une autre tournure lorsque ce dernier décroche un financement avec un producteur qui accepte de sortir le film.

Dévoré par la jalousie, Josh comprend que Jamie a utilisé l’appui de Leslie pour approcher un producteur mais l’a également manipulé en truquant son reportage avec Kent.

Tombant de haut, Josh se rebelle, retourne voir Kent et Darbie en passe de séparation avec l’ambitieux jeune homme pour confirmer ses craintes et accumuler des preuves.

Il se rend ensuite à une soirée d’avant première du film à laquelle assistent Cornelia et Leslie et tente de discréditer son rival, sans succès.
Se rabibochant avec Cornelia, le couple décide de tirer profit de cette expérience pour se remettre en question, reconnaitre que Josh se cache derrière un film interminable et invendable pour ne rien faire et décide de se rendre à Port au Prince pour adopter un petit Haïtien.

En conclusion, « While we’re young » emboite le pas à « Greenberg » de la même réalisatrice en 2010 en montrant un Ben Stiller dans un registre différent, plus intime et intellectuel loin des énormes blockbusters dans lequel il officie régulièrement.

Intelligent et sensible, « While we’re young » traite de la crise de la quarantaine, entre rêves de jeunesse qui s’envolent peu à peu, premiers pépins de santé et désir de ne pas laisser tout à fait filer les choses.

Face à un jeune homme ambitieux et manipulateur derrière une façade sympathique et cool, les quadragénaires n’y voient que du feu et tombent dans le panneau.

Du coté plus négatif, on reprochera au film une certaine branchitude se caractérisant par un langage crypté aux propos incompréhensibles visant à en masquer la vacuité et le jeu particulièrement agaçant et maniéré d’Adam Driver.

On trouvera donc le film un tantinet moins touchant et réussi que la précédente collaboration entre Stiller et Baumbach.

A réserver donc aux quadra en mal de repères ?

While we're young (Noah Baumbach)
Repost 0
7 août 2015 5 07 /08 /août /2015 19:57
Lolita (Stanley Kubrick)

« Narcisa » de Jonathan Shaw ayant laissé quelques traces, je me suis logiquement dirigé vers « Lolita » l’adaptation de Stanley Kubrick du roman de Nabokov.

Sorti en 1952, « Lolita » montre un écrivain américain d’âge mur, Humbert Humbert (James Mason), faire irruption chez un réalisateur excentrique Clare Quilty (Peter Sellers) pour le menacer à l’aide d’une arme à feu.

Troublé et désespéré, Quilty cherche par tous les moyens à détourner l’attention de son agresseur à l’aide d’un verbiage permanent et de proposition loufoques : parties de ping-pong, compositions de piano… mais ceci ne détourne par Humbert de son explosive vengeance qui le fait finalement tuer le malheureux.

Puis sans le savoir le spectateur remonte le temps, retrouvant Humbert en pleine phase d’installation dans une petite ville du New Hampshire.

Malheureusement pour lui, Humbert tombe sous le charme de Lolita Haze (Sue Lyon), la fille de sa logeuse, âgée d’une quinzaine d’années.

Incapable de résister à cette attraction surpuissante soigneusement entretenue par le caractères ambigu et rebelle de la jeune fille, Humbert prend le logement et accepte d’épouser la mère, Charlotte (Shelley Winters) veuve en quête d’un nouveau mari pour briser le cercle infernale de sa solitude.

Les disputes sont continuelles entre Charlotte et Lolita qui tient tête et refuse son autorité à tel point que ceci se termine par un placement de la jeune fille en pension.

Privé de son égérie, Humbert a toutes les peines du monde à contenir ses pulsions de meurtre à l’égard de sa femme.

Le voile se déchire finalement lorsque Charlotte lit son journal intime, découvrant ses pensées profondes et les termes peu élogieux dans lesquelles il décrit sa femme.

La réaction de Charlotte est brutale et se solde par un départ précipité dans lequel elle meurt renversée par une voiture.

Tout en singeant l’affliction, Humbert manœuvre pour récupérer Lolita, lui mentir sur le sort de sa mère pour ensuite lui révéler la réalité et l’emmener dans une folle cavale d’hôtels en hôtels ou il peut ainsi devenir son amant.

Après avoir croisé Quilty dans une réception, le « couple » étrange s’établit dans une autre petite ville mais le tempérament léger et épris de liberté de Lolita s’accommode fort mal avec le désir de possession de Humbert qui lui interdit toute sortie non autorisée et de fréquenter les jeunes de son âge.

Il faut l’intervention du mystérieux prof de piano allemand de Lolita, le Docteur Zempf pour fléchir la volonté d’Humbert et laisser sa belle fille s’inscrire dans la troupe de théâtre de son école.

Mais les mensonges de Lolita irritent au plus haut point Humbert qui trop jaloux la convainc de quitter une nouvelle fois la ville pour fuir un hypothétique policier lancé à leurs trousses.

Après beaucoup d’angoisses sur la route, Lolita tombe malade et doit se faire hospitaliser.

Humbert reçoit un coup de fil anonyme très menaçant le traitant de malade mental ce qui le pousse à se ruer à l’hôpital pour découvrir que Lolita a pris la fuite avec un mystérieux « oncle ».

Désespéré, Humbert reçoit finalement une lettre de Lolita lui annonçant qu’elle était mariée avec Dick Schiller (Gary Cockrell) et avoir un grand besoin d’argent.

Lorsqu’il se rend chez le jeune couple, Humbert tente de convaincre Lolita de quitter son mari pour revenir vivre avec lui mais celle-ci refuse, en raison d’une grossesse.

L’insistance de Humbert aboutit à ce que Lolita lui annonce tout de sa relation avec Quilty, qui a profité de l’aura de sa condition de réalisateur pour la charmer, lui faire miroiter des rôles au cinéma puis abuser de sa naïveté/jeunesse.

La révélation de cet amour réel pour Quilty est un choc insupportable pour Humbert qui part le cœur brisé en ayant remis à sa douce protégée l’argent qu’elle demandait.

Pour en finir, Humbert se rend chez le réalisateur… et une voix off annonce son décès par crise cardiaque avec son procès pour meurtre.

En conclusion, « Lolita » est un vieux film au charme encore incroyablement vénéneux malgré la censure qui s’exerçait encore à l’époque.

Kubrick réussit avec brio a porter ce sujet difficile, la passion insensée d’un homme mur pour une adolescente, le décalage profond du à leur âge et la souffrance engendrée par la jalousie.

Amoral, scabreux, malsain, telle est l’histoire de « Lolita », qui à mon avis continuera d’inspirer pour longtemps les artistes en quête de tabous à briser.

Lolita (Stanley Kubrick)
Repost 0
1 août 2015 6 01 /08 /août /2015 13:51
Narcisa (Jonathan Shaw)

Le Brésil toujours mais sous un angle totalement différent avec « Narcisa » premier roman de Jonathan Shaw, ex tatoueur américain des stars du rock et du cinéma, proche notament de Johnny Depp.

Sorti en 2008, « Narcisa » est une volumineuse variation du « Lolita » de Nabokov version Rio de Janeiro.

Écrit sous la forme d’un journal, « Narcisa » raconte en 2003, la rencontre coup de foudre à Copacabana de Ignacio Valencia Lobos dit Cigano en raison des ses origines gitanes et Narcisa une adolescente de seize ans.

Âgé de plus de quarante ans, Cigano est un homme un perdu qui sort d’une prison mexicaine après avoir purgé une peine pour trafic de drogue et revient vers sa ville natale, son amour de jeunesse, Rio de Janeiro qu’il connait comme sa poche dans le but de se consacrer à l’écriture.

Bénéficiant d’un appartement en héritage d‘une tante adepte de Macumba, Cigano peut s’établir dans le quartier populaire de Catete et acheter une moto qui lui permet de se déplacer aisément en ville.

Le visage de madone, les longues jambes, la blancheur et les formes juvéniles de Narcisa frappent instantanément le vieux gitan tatoué et chevelu qui aborde fasciné la jeune créature.

D’emblée le dialogue est électrique, décousu voir complètement fou avec Narcisa, qui se déclarant comme une fille libre, sans attache, vivant ou bon lui semble, aligne sans sourciller tout un ensemble de théories mélangeant philosophie nietzschéenne, théories kabbalistiques et surtout violent rejet du monde tel qu’il lui parait.

Cigano emmène Narcisa chez lui et couche avec elle, entamant sans le savoir une relation incroyablement mouvementée.

Peu à peu Narcisa se dévoile à lui, évoquant un passé douloureux dans une petite ville de campagne de l‘état de Rio, l’absence de père, la pauvreté, la violence familiale puis une adolescence de fuyarde, partagée entre retraites mystiques dans les profondeurs de la jungle, défonces en tout genre et prostitution auprès de routiers afin de subvenir à ses besoins.

Cette histoire emplie de souffrances trouve un écho en Cigano, lui-même accidenté par la vie et hanté par une terrible malédiction s’abatant sur les gens de sa race.

Avec une incroyable tolérance, Cigano qui a décidé de ne plus prendre ni drogue ni alcool après son séjour en prison, entretient sa jeune compagne, lui fournissant de quoi s’approvisionner en drogue.

Le sexe occupe une place importante dans leur relation et rapidement, Cigano développe à ce sujet une très forte dépendance envers Narcisa.

Mais il comprend après un plan à trois avec une petite prostituée, qu’en réalité Narcisa déteste les hommes et ne les considère que comme une source d’argent.

Derrière la façade rebelle et bohème de l’adolescente se cache une réalité plus sordide, la dépendance à la drogue et la prostitution à Copacabana auprès de gringos étrangers de passage.

Un autre personnage ne tarde pas à faire son apparition dans la vie des deux amants, le dénommé Doc, mystérieux fonctionnaire bedonnant entre deux âges, se présentant comme le « tuteur » ou le « protecteur » de Narcisa.

Déjà animé par la jalousie, Cigano exige des explications mais Narcisa qui avec une répartie déroutante lui assure que sa relation avec Doc est platonique, intellectuelle, qu’elle tient le vieil homme sous sa coupe en lui sous tirant de l’argent à volonté.

Les explications tirées par les cheveux de Narcisa ajoutées à la relative apparence d’inoffensivité du Doc, qui recule vite face aux intimidations physiques, suffisent à apaiser relativement Cigano qui doit pourtant se rendre à l’évidence : sa muse est une prostituée toxicomane.

Ceci ne suffit pas à détourner Cigano de sa passion dévorante qui lui fait endurer les crises continuelles de Narcisa, capable d’insulter, provoquer des bagarres en pleine rue pour des motifs en apparence futiles, de retourner son appartement ou de voler ses affaires afin de se faire un peu d’argent.

Connaissant l’ascendant qu’elle a sur son amant plus âgé, Narcisa n’hésite pas à exercer un chantage affectif, le menaçant de le quitter ou de retourner se prostituer si il ne cède pas à ses moindres caprices.

Le lecteur suit donc cette alternance de ruptures/réconciliations chaotiques jusqu’au jour ou Narcisa disparait pour de bon, partie épouser un riche américain israélite du nom de James Gold.

Privée de son égérie, Cigano éprouve les affres du manque et tente vainement de combattre cette irrépressible sensation de dépression fréquentant les plages (Ipanema, Copacabana), les prostituées du quartier Vila Mimosa puis en voyageant un peu, sans succès loin de l’enfer urbain de Rio de Janeiro.

Puis alors qu’il ne pensait jamais revoir Narcisa, Cigano la retrouve méconnaissable dans la rue.

Elle semble amaigrie, sale et vieillie prématurément à seulement 19 ans.

Cigano reconnait toute de suite les effets du crack et vole sans hésiter au secours de sa protégée.

Peu à peu il découvre ce qui s’est passé avec Gold, le voyage en Israël pour la présenter à la famille, la vie de femme au foyer oisive à New-York pendant que Monsieur travaille, puis l’instabilité chronique de Narcisa se réveillant avec la mise en pratique des mécanismes d’emprise mentale sur le mari dépassé par la furie qu’il finit par trouver chez lui.

Malgré un début de carrière réussi dans le monde du tatouage branché de New-York, Narcisa craque une nouvelle fois, quitte son beau domicile et fréquente les franges de marginaux du Bronx et de Harlem.

Dans la rue, elle rencontre le crack et devient accro, vivant de passes en passes minables pour se procurer la prochaine dose.

Les ravages sont immédiats finit par quitter les Etats-Unis pour échouer dans l’enfer de Crackolandia à Sao Paulo, le ghetto des drogués de la ville.

Mue par un ultime réflexe de survie, elle quitte Sao Paulo pour Rio afin d’échapper aux menaces de mort des policiers payés par les commerçants pour nettoyer périodiquement la zone.

Se sentant en mission pour sa propre rédemption d’ex toxicomane, Cigano en frémissant le récit des épouvantables aventures de Narcisa au pays des Yankees et accepte une nouvelle fois de la prendre sur son aile.

Il comprend pourtant qu’il est bien démuni face aux ravages du crack et regarde impuissant son amour s’enfoncer chaque jour un peu plus dans la folie et l’auto destruction.

Le comble est atteint lorsque Cigano accepte par amour d’aller chercher de la drogue à Narcisa en s’enfonçant la peur au ventre dans les favelas de la Boca ou de Sante Teresa, ou de jeunes voyous lourdement armés exercent une loi impitoyable.

Mais Narcisa semble de plus en plus incontrôlable, rentrant et fuguant, allant se défoncer avec d’autres marginaux pseudo artistes ratés de la Casa Verde, se prostituer dans un motel de Lapa, ou n’hésitant pas à se rendre elle-même dans les favelas pour s’approvisionner en drogue.

Rongé d’inquiétude, Cigano prend lui aussi des risques et sillonne sur sa moto les rues de Rio pour retrouver sa belle dans l’espoir de la préserver un peu de cet enfer.

Narcisa a un ultime sursaut en acceptant de quitter Rio pour revenir dans son village natal de Penedo et se sevrer loin des tentations de la ville mais l’expérience tourne au fiasco intégral, l’emprise du crack s’avérant malgré tout trop forte.

De retour à Rio, Cigano doit en plus des crises toujours plus violentes de sa compagne, lutter contre le Doc, qui tente avec la complicité de sa mère de la faire interner en hôpital psychiatrique pour subir des traitements dangereux à base d’électro chocs visant à la détruire plutôt qu’à la soigner.

Cigano résiste, menace mais vit avec la peur au ventre d’une descente de police pour lui enlever Narcisa.

C’est pourtant elle qui part après une ultime dispute, d’une violence paroxysmique avec blessure superficielle au couteau et destruction de son totem, l’orisha Ogum.

Mais Cigano qui a consulté une prêtresse du Candomblé et son vieil ami Mateus Segatto, qui a connu la même situation de dépendance que lui avec une jeune putain toxicomane, a maintenant compris qu’il a accompli son destin, réalisant vers sa propre rédemption après avoir enduré l’enfer aux cotés de Narcisa.

Le vieux gitan demeure donc assez fort pour ne pas replonger une nouvelle fois et l’esprit enfin apaisé, laisse partir à tout jamais, la comète qui bouleversa sa vie pendant quelques années.

En conclusion, « Narcisa » est un chef d’œuvre contemporain, un roman d’une grande force qui parlera à tous ceux ayant été victime d’une intense passion amoureuse, capable d’engendrer des mécanismes vicieux de dépendance et d’emprise psychologique.

Le style magnifique de Shaw, à la fois fluide, puissant et vivant est pour l’essentiel dans ce résultat et porte le lecteur envouté par cette macabre danse de Salomé tropicale pendant plus de 400 pages de pure délectation.

Derrière cette histoire d’amour de marginaux cabossés par la vie, se cache la fascination d’un homme en quête de rédemption fasciné par l’intelligence, la sensibilité et la lucidité d’une femme trop libre et sauvage pour s’intégrer dans un modèle de société « normale ».

Enfin pour terminer, Shaw en bon carioca qu’il fut, excelle dans la description de l’underground de Rio de Janeiro, avec des avis captivants et sans concession sur la vie sans but dans les favelas rongées par le trafic de drogue, la poussée des églises évangélistes, les policiers violents et corrompus taxant les habitants pour les laisser tranquilles mais aussi le Carnaval de Rio transformant la ville en gigantesque bordel pour gringos du monde entier venant tout claquer en quelques jours dans les bars et les prostituées.

Même si « Narcisa » reste un roman hors norme traitant de sujets difficiles, je ne peux qu’en conseiller la lecture qui vous emportera comme un fétu de paille.

Pour moi, LA lecture de l’été…

Narcisa (Jonathan Shaw)
Repost 0
21 juin 2015 7 21 /06 /juin /2015 09:40
The immigrant (James Gray)

Cycle James Gray avec « The immigrant » son dernier film en date.

Sorti en 2013, « The immigrant » raconte dans les années 20, la difficile tentative d’une émigrée polonaise Eva Cybulska (Marion Cotillard) pour émigrer aux Etats-Unis, pays de tous les possibles.

Mais la sélection est parfois rude à l’entrée de l’Eldorado, et Eva perd sa sœur Magda (Angela Sarafyan), soupçonnée de tuberculose et mise en quarantaine à Ellis island dans des conditions sanitaires problématiques.

Le verdict des autorités semble le même pour Eva, blafarde et épuisée par un voyage éprouvant depuis l’Europe de l’est, mais Eva évite au refoulement par l’intervention de Bruno Weiss (Joaquin Phoenix), qui fait jouer ses relations au sein de la police pour lui permettre d’entrer à New-York.

Bruno prend Eva perdue et affaiblie sous son aile, l’installant dans un appartement et lui donnant à manger.

Pourtant elle comprend rapidement, que l’homme qui monte des spectacles de danse érotique dans les cabarets, est aussi un proxénète ayant sous sa coupe une dizaine de filles, toutes émigrées comme elle.

En habile souteneur, Bruno alterne menaces et chantage affectif, avec comme argument de poids l’argent nécessaire pour faire sortir Magda d’Ellis island.

Contrainte et forcée, Eva s’initie donc au cabaret avec les autres filles et fait surtout ses premiers pas difficile dans la prostitution, même si Bruno la ménage pour son premier client, un jeune fils de notable à déniaiser.

Bruno arrose en réalité une partie de la police et des fonctionnaires pour acheter sa tranquillité mais il sait que sa position est fragile et que la concurrence du nouveau cinéma est farouche.

Eva perd ses dernières illusions en tentant d’aller voir son oncle Voytek (Ilia Volok) et sa tante Edyta (Maja Wampuszyc), pour leur demander de l’aide.

Après lui avoir offert le gite, le couple la livre aux autorités prétextant l’atteinte à la réputation de commerçant que sa condition de prostituée sans papier fait planer sur eux.

Malgré quelques remords, Edyta obéit à son autoritaire mari et Eva se retrouve une nouvelle fois emprisonnée à Ellis island pour être extradée des Etats-Unis.

Bruno qui semble très attaché à elle, intervient une nouvelle fois et la fait ressortir, pensant ainsi assurer une main mise totale sur elle.

Mais le destin bascule encore une fois lorsqu’Eva est séduite par Orlando (Jeremy Renner), un magicien se produisant pour Bruno, en réalité son cousin.

Une furieuse altercation éclate entre les deux hommes au cabaret, la jalousie de Bruno se révélant au grand jour.

Après ce scandale, Bruno est viré du cabaret et doit proposer ses filles dans un coin discret de Central park.

L’exercice est périlleux et les rafles de police fréquentes.

Réduite à la prostitution en plein air, Eva est de nouveau approchée par Orlando qui lui propose de l’aider à retrouver Magda en utilisant ses relations d’Ellis island ou il se produit occasionnellement.

Mais Bruno découvre les amants et tente de poignarder Orlando, ce qui force Eva à appeler la police.

Après avoir été arrêtés et tabassés, les deux hommes se retrouvent pour un ultime face à face dans lequel Orlando menace Bruno à l’aide d’un pistolet mais hésitant à s’en servir est finalement poignardé par ce dernier.

Devenus complices de crime, Bruno et Eva brulent le corps du magicien dans la foret…

Mais lorsqu’il réalise que la police est à la recherche d’Eva et le harcèle de manière étroite et violente, le proxénète finit par voir l’évidence et accepte de l’aider à retrouver non seulement sa sœur mais à quitter New-York avec elle pour tenter sa chance en Californie.

Il tient parole, graissant encore une fois la patte à un policier d’Ellis island.

Après des retrouvailles émouvantes, les deux femmes quittent l’ile vers un nouveau destin…

En conclusion, « The immigrant » sort du registre habituel de Gray et propose un film historique glacé dans lequel Marion Cotillard joue la petite émigrée fragile perdue dans le monde des loups de la nuit.

L’ambiance est particulièrement glauque, misérable, le rythme plutôt lent et la tentative de triangle amoureux assez plate, manquant peut être de véritable passion charnelle.

Comme à son habitude, Joaquim Phoenix est le meilleur acteur du film mais le jeu de Cotillard, trop sur la réserve, nuit pour moi au développement de cette passion sensée être dévorante.

Encore une fois surestimée, l’actrice française toute auréolée de la gloire de son Oscar, ne convainc pas et participe grandement à l’aspect demi teinte de ce film décevant par son manque de vie et d’allant…

The immigrant (James Gray)
Repost 0
7 juin 2015 7 07 /06 /juin /2015 08:49
Casa grande (Fellipe Barbosa)

Assez peu représenté en France, le cinéma brésilien s’exporte en 2015 avec « Casa grande » de Fellipe Barbosa.

« Casa grande » se déroule dans la banlieue chic de Rio de Janeiro, dans laquelle vit Hugo (Marcello Novaes) et toute sa famille, sa femme Rita (Clarissa Pinheiro), son fils Jean (Thales Cavalcanti) et sa fille Nathalie (Alice Melo).

La famille semble vivre dans l’aisance avec une magnifique maison, des employés dévoués comme Sonia (Suzana Pires) femme de ménage à domicile, Severino (Gentil Cordeiro) le chauffeur et l’autre femme de ménage Noemia (Marília Coelho).

Agé de 17 ans, Jean va dans une des meilleurs écoles de la ville ou il prépare avec ses camarades les concours pour entrer dans les meilleurs universités.

Comme tous les adolescents, la sexualité est au cœur de ses préoccupations et il se heurte souvent à l’autorité de son père Hugo qui le chaperonne assez étroitement notamment dans ses soirées.

La très libérée Sonia fait souvent office de confidente pour le jeune homme qu’il va rejoindre la nuit tombée dans sa chambre, bien qu’elle refuse obstinément d’avoir toute relation sexuelle avec lui.

Pourtant derrière la façade de la famille parfaite ou on apprend à parler un français parfait, se cache des difficultés croissantes qui ne vont pas tarder à tout fissurer.

Autrefois conseiller financier, Hugo s’est retrouvé au chômage après avoir fait perdre d’énormes sommes d’argent à ses clients.

Endetté et au chômage, son train de vie se réduit peu à peu et l’argent commence à manquer.

La première mesure est le licenciement de Severino et un mensonge fait à Jean, qui était très proche de ce père de substitution.

Sans chauffeur, Jean prend le bus comme la plupart de ses copains et y fait la connaissance de Luiza (Bruna Amaya) une jolie métisse afro-asiatique, qui descend à un arrêt de la favela de Rocinha.

Jean ment pour aller avec elle à un bal de foro et le contact passe plutôt bien entre les deux adolescents.

Pris à la gorge par Wilton (Sandro Rocha), un riche agent immobilier à qui il doit 200 000 reals, Hugo tombe d’un arbre pour éviter un de ses multiples coups de fil de relance.

Ces difficultés financières se ressentent également au niveau de Jean, qui ne peut rembourser l’argent que lui a avancé un camarade dans une fête et qui se trouve également soumis à des relances de plus en plus insistantes.

Rita est elle aussi de plus en plus inquiète et cherche à trouver un petit boulot de représentante en produit de maquillage pour apporter un peu d’oxygène au ménage.

Lorsque Jean présente Luisa à sa famille dans un grand repas dans lequel est convié Wilson, c’est l’explosion autour d’une question politique : l’adoption d’importants quota raciaux (40%) dans les concours pour les universités, ce qui semble juste pour la jeune fille afin de réparer une dette historique provenant de l’esclavage et qui révolte Hugo, qui pense lui que chaque homme doit s’en sortir seul quel que soit sa couleur de peau.

L’échange est vif et contrarie la jeune femme qui accepte finalement l’apaisement de Jean.

Tandis que Wilson commence à négocier avec Hugo la vente de la maison pour rembourser sa dette, Jean excédé par son père fugue avec Luisa et se rend dans un love hôtel, pour faire l’amour avec elle pour la première fois.

Tout se passe correctement jusqu’à ce que Jean doute des affirmations de virginité de sa petite amie…

Au retour, Jean qui n’a pas un sous pour payer l’hôtel, voit Severino reconverti comme chauffeur de bus des favelas et comprend brutalement que son père a menti.

L’explication entre Hugo et Jean est brutale et tourne à l’affrontement physique avant que Rita ne s’interpose.

Mais elle-même a fort à partir entre la découverte de photos impudiques de Sonia réalisées dans la maison ce qui conduit à un licenciement douloureux et la démission de Noemia, qui n’avait pas été payée depuis trois mois.

En plein milieu d’examens décisifs pour son avenir, Jean qui a compris que Luiza l’avait manipulé puisqu’elle sortait également avec un de ses copains, quitte la salle et prend un bus sans payer pour se rendre à Rocinha.

Il cherche alors Severino et finit par le trouver, vivant dans la même baraque de bric et de broc que Noemia.

Les retrouvailles sont émouvantes, Severino réconfortant Jean qui fond en larmes dans ses bras.

Malgré l’inquiétude croissante de ses parents, qui sans nouvelles de Jean, paniquent après un coup de fil anonyme demandant une rançon pour le libérer, Jean reste dans la favela, retrouvant Sonia, dansant le foro et couchant finalement avec elle.

Le film s’arrête sur Jean se réveillant pour fumer un matin dans la chambre dans laquelle dort Sonia, nue.

En conclusion, « Casa grande » est un excellent film d’auteur bénéficiant d’une faible exposition médiatique.

S’appuyant sur d’excellents acteurs, Barbosa montre à merveille les difficultés de l’adolescence avec des relations familiales complexes, la pression sociale de réussir dans ses études et dans sa vie sexuelle mais également tout le spectre des classes sociales de Rio, entre bourgeoisie huppée et domestiques des favelas.

Je ne peux donc que recommander « Casa grande » pour apprécier un film intelligent, subtil évitant les clichés lourdingues sur le Brésil et sur Rio de Janeiro en particulier qui ne sert ici que de belle toile de fond à l’histoire habilement maitrisée.

Casa grande (Fellipe Barbosa)
Repost 0
6 juin 2015 6 06 /06 /juin /2015 10:42
Brooklyn (Colm Toibin)

Née d’un voyage récent à New-York, ma fascination pour les Etats-Unis perdure actuellement, aussi Est-ce avec grand plaisir que je me suis attelé à « Brooklyn » de l’écrivain irlandais Colm Toibin.

Sorti en 2009, « Brooklyn » a pour personnage principale Eilis Lacey, qui dans les années 50, quitte sa famille et son Irlande natale pour chercher de meilleure opportunités de vie à New-York.

Modeste vendeuse auprès d’une commerçante marâtre, Mrs Kelly, Eilis est en réalité poussée par sa mère et sa sœur ainée Rose, encore célibataire, à quitter le foyer familial qui peine à joindre les deux bouts.

Un prêtre catholique irlandais du nom de Flood, sert d’intermédiaire dans l’affaire et trouve une place à Eilis à New-York dans un magasin de vêtements tenu par des italiens, les Bartocci.

Sans réelles attaches si ce n’est affectives à Dublin, Eilis accepte de partir pour ce long voyage dans cette terre lointaine et exotique à l’époque : les Etats-Unis.

Après avoir dit au revoir à son frère Jack lui aussi émigré mais en Angleterre, Eilis s’embarque dans un gigantesque paquebot transocéanique.

Le voyage en troisième classe est cauchemardesque en raison des mauvaises conditions de mer et Eilis est sévèrement malade, comme d’ailleurs la plupart des passagers.

Georgina, sa voisine de cabine, plus affirmée, lui donne de précieux conseils pour se présenter sous son meilleur jour face aux rudes services d’immigration.

Après trois semaines difficiles en mer, Eilis arrive enfin à New-York et emménage dans une pension de famille tenue par une Irlandaise, Madame Kehoe.

Eilis se voit attribuée une chambre et partage le reste des commodités avec d’autres jeunes femmes également Irlandaises du quartier.

Au magasin, elle est sous les ordres de Madame Fortini et donne déjà par son sérieux de bonnes satisfactions à ses employeurs.

A Brooklyn, Eilis découvre la foule, l’agitation et la proximité des deux autres communautés les plus importantes de l’époque : les Italiens et les Juifs.

Des tensions existent inévitablement entre Irlandais et Italiens, qui sont finalement rivaux en tant qu’émigrés.

Flood veille sur Eilis de manière paternelle, remplaçant un peu son père trop tôt décédé, la soutient lorsqu’elle a énorme coup de cafard provoqué par le mal du pays, en arrondissant les angles avec l’exigeante Madame Fortini.

Pour maintenir le contact avec ses racines, Eilis écrit beaucoup à sa famille et entretient une correspondance à plusieurs niveaux suivant les sujets avec sa mère, Rose et Jack.

Ce lien semble vital pour la jeune femme.

Avec l’arrivée de l’hiver, Eilis découvre l’incroyable froid New-Yorkais et fait comme tout le monde : souffre même si elle apprécie le confort des maisons américaines toujours bien chauffées.

Le magasin connait également une petite révolution lorsque des clientes afro-américaines commencent à le fréquenter.

Le malaise est palpable des deux cotés, mais Madame Fortini se montre intelligente en comprenant l’intérêt financier qu’elle peut tirer de cette nouvelle clientèle de Brooklyn.

Le père Flood intervient une nouvelle fois en proposant à Eilis de suivre des cours du soir afin de décrocher un diplôme de comptable et d’atteindre le statut d’employé de bureau, symbole de réussite sociale.

Eilis se montre une étudiante intelligente et sérieuse, appréciant tout particulièrement son professeur de droit, le brillant Mr Rosenblum.

Entre les journées parfois harassantes au magasin et les cours du soir, Eilis trouve finalement le temps de quelques distractions le week-end et rencontre à un bal irlandais un Italien du nom de Tony.

Au départ, Tony qui est plutôt petit et blond, parvient à lui cacher ses origines italiennes mais finit par lui avouer la vérité.

Plombier à Brooklyn, Tony est un homme sensible, doux et amusant qui fait rire Eilis par ses imitations et blagues.

Tout en dissimulant les origines italiennes de Tony aux autres pensionnaires plutôt xénophobes, Eilis débute une relation, se rendant au cinéma avec lui.

Nerveuse et peu au fait de la sexualité, Eilis se montre prudente, n’hésitant pas à rembarrer le plombier lorsqu’il se montre trop entreprenant.

Elle rencontre néanmoins sa famille, une grande fratrie d’Italiens de Brooklyn vivant à plusieurs dans un petit espace.

Eilis est plutôt bien acceptée et consent même à se rendre à un match de base ball, sport auquel elle ne comprend rien, pour faire plaisir à Tony, ardent supporter des Dodgers.

Avec l’été, la chaleur devient suffocante dans la ville et une invitation de Tony à la plage de Coney island, provoque une véritable embarras chez Eilis qui ne connait pas les codes en vigueur sur les plages américaines.

Sous les conseils de Madame Kehoe elle entreprend un régime et choisit avec soin un maillot de bain avec Madame Fortini, malgré sa gêne de se montrer nue face à elle et quelques troublants attouchements de sa patronne.

Sur les plages surpeuplées de Coney island, Eilis se rapproche de Tony.

Le couple finit par coucher ensemble même si la première fois d’Eilis est plus douloureuse qu’agréable et entraine une confession honteuse auprès de Flood, qui en bon prêtre catholique des années 50, réprouve les relations sexuelles hors mariage.

Après deux ans d’efforts, Eilis décroche son diplôme de comptable mais se trouve dévastée lorsqu’elle apprend la mort subite de sa sœur Rose, terrassée par une crise cardiaque.

Mal à l’aise loin des siens, Eilis éprouve un impérieux désire de revenir en Irlande.

Elle consent néanmoins à épouser avant de partir Tony et lui promet pour apaiser son angoisse à l’idée de la voir repartir pour quelques semaines en Europe, de revenir pour s’établir avec lui à Coney island, sur un terrain que sa famille a acheté.

Le mariage se fait dans la plus grande discrétion et Eilis revient transformée chez elle.

Sa peau est bronzée, ses vêtements et ses manières ont changé, lui conférant plus d’assurance… et de sex appeal !

Les retrouvailles familiales sont émouvantes et Eilis qui ne passe pas inaperçue se trouve courtisée par Jim Farrell, un jeune homme qui la dédaignait lors des bals irlandais.

Patron de bar, Farrell entreprend un jeu de séduction auquel Eilis ne reste pas insensible.

La cours de Farrell, la pression de sa Mère restée seule, ajoutées à une proposition d’embauche comme comptable dans un magasin de la ville, font vaciller la détermination de Eilis à rentrer à New-York.

Mais lorsqu’elle apprend que Mrs Kelly est au courant de son mariage la bas, elle prend la décision pour éviter le scandale de revenir aux Etats-Unis.

En conclusion, malgré un rythme général plutôt lent tour particulièrement dans son démarrage irlandais assez ennuyeux, « Brooklyn » est un beau roman, très bien écrit qui se laisse lire d’une traite avec un vif plaisir.

Toibin traite à merveille le sujet de l’exil, montrant l’ascension à force d’abnégation d’une jeune vendeuse irlandaise vers les classes moyennes avec en prime la vie d’un quartier emblématique de la ville de New-York.

Bien qu’abordée de manière discrète, la sexualité est également présente et offre également matière à un nouvel écartèlement entre l’ouverture cosmopolite avec un italo-américain et la tranquille tradition irlandaise.

Transformée favorablement à son retour des Etats-Unis ou elle revient diplômée et mariée, Eilis penche un moment vers un retour sur terre d’origine pour des raisons mêlant besoin des racines familiales et opportunités professionnelles, mais choisit après quelques rebondissement de revenir dans la ville ou elle s’est finalement construite et épanouie.

Avec « Brooklyn », Toibin prouve qu’on peut écrire un grand roman sans avoir recours aux procédés racoleurs de violence et de sexe.

Je ne peux donc que recommander la lecture de cette œuvre parfaitement maitrisée !

Brooklyn (Colm Toibin)
Repost 0
31 mai 2015 7 31 /05 /mai /2015 09:31
Two lovers (James Gray)

Grande envie de découvrir le cinéma de James Gray après l’extraordinaire « Little Odessa » aussi est-ce avec un intense plaisir que je me suis rué sur « Two lovers ».

Sorti en 2008, « Two lovers » a pour cadre encore une fois New-York et en particulier le quartier de Brighton beach qui semble hanter le cinéaste.

Leonard Kraditor (Joaquin Phoenix) est un trentenaire vivant encore dans l’appartement de ses parents.

Dépressif et fragile, il végète comme employé dans la buanderie familiale et cultive un vague passe temps pour la photographie.

Ses parents décident de prendre sa vie en main et lui arrangent une rencontre avec Sandra Cohen (Vanessa Shaw) fille de l’homme qui va racheter leur entreprise.

Bien qu’agréable et issue de la communauté juive, Sandra n’attire que peu l’attention du fantasque Joaquin qui lui préfère une voisine rencontrée par hasard, Michelle Rausch (Gwyneth Paltrow).

Fasciné par cette blonde longiligne, Leonard la suit dans la rue, dans le métro et devient celui qu’elle appelle son nouveau meilleur ami.

Leonard sort avec elle, s’amuse en boite de nuit mais découvre la face sombre de la jeune femme, engoncée dans une relation compliquée avec un homme marié et riche, Ronald Battle (Elias Koteas) qui se refuse à quitter sa femme et la fait souffrir.

La soirée en boite est écourtée et les deux amis dialoguent longuement au petit matin en cachette…

Leonard accepte l’idée stupide d’assister à un diner à trois pour se faire une idée de la relation entre Ronald et Michelle.

Tout en temporisant avec ses parents et Sandra très attirée par lui, Leonard se rend au diner dans un restaurant chic de Manhattan avant de laisser le couple partir à l’Opéra.

A son retour, il a couche avec Sandra sans réfléchir et se rue ensuite sur son téléphone pour répondre à Michelle qui lui donne rendez vous sur le toit de leur immeuble pour débriefer sur le diner.

Leonard se montre très direct, casant Ronald pour faire une déclaration d’amour à laquelle Michelle ne peut adhérer.

Blessé et fou de rage, il quitte le toit et se rend à la barmizha du fils Cohen, prenant des photographies pour faire plaisir à la famille.

Alors qu’il donne encore une fois le change, Leonard est appelé par Michelle qui se dit en grande difficulté.

Il plaque tout et l’emmène aux urgences pour découvrir qu’elle a fait une fausse couche.

Ronald arrive le soir, s’excuse mais Michelle l’éconduit sans lui dire la vérité.

Poussée par Leonard, elle finit par mettre un terme à leur relation et a un rapport sexuel intense sur le toit de l’immeuble avec un Leonard transi d’amour.

Privée des revenus de Ronald qui payait une partie de son appartement, Michelle souhaite aller vivre à San Francisco dans un appartement prêtée par une amie, et monte le projet d’aller y vivre avec Leonard, prêt à tout plaquer pour elle, mariage avec Sandra compris.

En catimini, Leonard achète sur Internet deux billets d’avions tout en faisant mine devant ses parents et son beau père, d’accepter d’épouser Sandra et de s’investir dans le réseau de buanderies que les deux familles unifiées souhaitent monter à New-York.

Le soir de Thanksgiving, Leonard donne le change dans un état d’extrême nervosité et se prépare à s’envoler avec sa belle.

Après avoir dit au revoir à sa mère, Ruth (Isabelle Rossellini), qui se doutait de tout, Leonard descend dans la cour de l’immeuble pour se faire planter par Michelle qui renonce in extremis après un volte face de Ronald, qui a quitté femme et enfants pour elle !

Le cœur brisé, Leonard se rend seul sur la plage de Brighton en plein réveillon, jette de rage le diamant qu’il comptait offrir à Michelle, avant une fois l’esprit revenu à froid de se raviser.

Penaud, il revient à la soirée de Thanksgiving avec la bague qu’il compte offrir à Sandra pour leurs fiançailles…

En conclusion, inspiré par Dostoïevski, « Two lovers » est une variation intense et émouvant du triangle amoureux dans lequel se débat un homme perdu et fragile dans le grand New-York.

Pris entre la pression familiale communautaire et un désir personnel fou d‘attirance vers une personne aussi perdue que lui, le personnage principal se trouve écartelé dans une situation en apparence sans issue sinon le drame.

La réalisation sombre, froide est élégante, les acteurs formidables avec en numéro 1, un extraordinaire Joaquin Phoenix, parfait dans son personnage de looser que n’aiment généralement pas voir les américains.

James Gray tient en haleine et emballe à merveille le film, montrant une nouvelle fois l’étendue de son talent.

Two lovers (James Gray)
Repost 0
28 mars 2015 6 28 /03 /mars /2015 08:51
Taxi driver (Martin Scorcese)

Sorti en 1976, « Taxi driver » de Martin Scorcese est l’un des films les plus marquants du talentueux réalisateur italo-américain.

L’histoire est celle de Travis Bickle (Robert de Niro) un ex marine du Viet Nam solitaire et un peu paumé qui pour fuir l’insomnie se fait embaucher comme chauffeur de taxi de nuit à New-York.

Bickle ne refuse aucune course et se rend dans les lieux les plus mal famés de la ville (Harlem, le Bronx, Brooklyn) ou il observe la faune nocturne composée de prostituées, petits voyous, drogués et homosexuels.

Cette clientèle particulière le dégoute et est pour lui le résultat de la déliquescence de la société américaine.

Malgré les quelques incidents, Bickle reste en apparence serein et tombe sous le charme de Betsy (Cybil Shepherd), une séduisante employée de bureau travaillant pour un futur candidat au poste de maire, Charles Palantine (Leonard Harris).

Il l’observe longuement à travers les vitres de son bureau et se décide finalement à l’aborder non sans un certain culot.

Désorientée, Betsy finit par accepter une invitation pour un café et les tentatives maladroite de Bickle pour la séduire.

Malheureusement le jeu de la séduction tourne court lorsque Bickle emmène Betsy au cinéma voir un film éducatif sur la sexualité.

Choquée, Betsy met brutalement un terme à cette relation ce qui déstabilise le fragile Bickle.

Après une nouvelle mauvaise expérience ou un client lui annonce vouloir tuer sa femme et son amant, Bickle réagit et décide d’acheter non pas une arme mais tout un arsenal comportant fusil, un ensemble de pistolets, colts et même un couteau.

Il passe plusieurs heures devant sa glace à s’entrainer, se préparant à dégainer son arme, son agressivité croissant au fur et à mesure que son esprit s’échauffe.

Lorsqu’un soir il charge par hasard Palantine en personne dans sa voiture, Bickle échange avec lui sur la corruption de la société et le politicien prête une attention polie à ses propos.

Le processus psychique dans lequel est à présent enclenché Bickle l’entraine à tuer un voyou qui tentait de braquer une épicerie puis à se rendre dans un meeting de Palantine dans le but de le tuer mais il demeure incapable d’aller au bout de son acte, reculant in extremis devant la sécurité rapprochée du politicien.

Doté dorénavant d’une coupe à l’iroquoise symbole de sa radicalisation, Bickle entreprend à présent de sauver une prostituée adolescente (13 ans), Iris (Jodie Foster) qu’il a repéré un soir dans la rue.

Il approche son maquereau, Spot (Harvey Keitel) qui lui arrange une passe.

Bickle ne peut coucher avec Iris et lui propose de la sortir de la rue mais la jeune fille est sous la coupe de Spot et ne peut trouver la force de s’en extraire seule.

Bickle passe donc à l’acte et va trouver Spot pour lui tirer une balle dans le ventre.

Il se rend ensuite dans l’hôtel de passe ou travaille Iris, blesse le gorille en faction mais est à son tour blessé au cou par le tir d’un client voyou.

Bickle se ressaisit et après une lutte confuse et une autre blessure au bras, achève Spot agonisant, tue le client et enfin le gorille.

Lorsque la police arrive, Bickle git blessé dans le salon aux cotés d’Iris.

Le fin du film relate la convalescence de Bickle et les remerciements des parents d’Iris qui ont pu finalement extraire leur fille de la rue, de la drogue et la prostitution pour lui donner une vie normale.

En conclusion, « Taxi driver » est une œuvre forte, radicale et dérangeante comme la plupart des chef d’œuvres.

Scorcese y dépeint la dérive d’un homme réactionnaire, se révoltant contre la corruption d’un monde ou les prostituée sont des enfants droguées.

Incarnant ce chauffeur de taxi solitaire en arrivant à des extrémité violentes, Robert de Niro alors jeune et gringalet, y délivre une des meilleurs prestations de sa carrière avec certaines scènes devenues aujourd’hui culte comme le fameux « C’est à moi que tu parles ? ».

Sans doute le film le plus sombre et introspectif de Scorcese et un véritable électrochoc vis-à-vis du New York de la fin des année 70.

A voir au moins une fois dans son existence.

Taxi driver (Martin Scorcese)
Repost 0

Présentation

  • : Le blog de Seth
  • : Articles/Chroniques pour un partage de voyages interieurs majoritairement littéraires
  • Contact

Recherche

Pages

Liens