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24 juillet 2016 7 24 /07 /juillet /2016 14:48
D'une famille à l'autre (Anna Muylaert)

Sorti en 2016, « D’une famille à l’autre » est un film brésilien d’Anna Muylaert.

Pierre (Naomi Nero) est un jeune homme vivant avec sa mère Arcay (Dani Defussi) et sa petite sœur Jaqueline dans la périphérie de São Paulo.

La famille vit modestement et Pierre se cherche beaucoup, jouant dans un groupe de rock et multipliant les aventures dans des sorties nocturnes.

Un autre de ses penchants est moins avouable : se maquiller et se vêtir en femme.

Un jour pourtant ce fragile équilibre bascule : la police civile débarque dans la maison et emmène Arcay qui est accusée de ne pas être la mère de Pierre.

Malheureusement cette accusation se vérifie après un test génétique et le pire est alors révélé : Pierre qui a été volé à sa naissance n’est pas le fils d’Arcay et doit être restitué à ses véritables parents Matheus (Nachtergaele) et Gloria (Dani Defussi également).

Yara (Luciana Paes) une tante de Campinas vient alors aider Jacqueline qui est mise sous la coupe d’une assistante sociale.

Pierre qui se nomme en réalité Felipe doit alors s’adapter à une nouvelle vie parmi la classe aisée de São Paulo.

Ses parents biologiques font tout pour l’intégrer mais les choses se passent mal pour Pierre qui peine à supporter cette situation difficile pour lui.

Par provocation, Pierre décide d’uniquement s’habiller en femme ce qui provoque de violentes altercations avec Matheus.

La police révèle que Jacqueline aussi a été enlevé et doit être restituée à ses véritables parents.

Ce nouveau déchirement réveille les pulsions bisexuelles de Pierre et sa frénésie d’expériences.

Gloria parvient à l’empêcher de partir pour visiter Arcay et le jeune homme accepte son jeune frère Joca (Daniel Bothello)…

En conclusion, « D’une famille à l’autre » porte sur un sujet original et fort : le déracinement adolescent.

Les acteurs sont excellents de justesse, notamment Dani Defussi extraordinaire dans deux rôles diamétralement opposés et Naomi Nero très bon en adolescent paumé et rebelle…

Intime et puissant donc, « D’une famille à l’autre » déçoit cependant avec sa fin trop rapide et à mon sens bâclée, qui laisse en plan le spectateur, pourtant bien immergé dans ce drame familial à tiroirs…

Dommage même si le film vaut assurément le détour !

D'une famille à l'autre (Anna Muylaert)
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21 juillet 2016 4 21 /07 /juillet /2016 19:22
Una noche (Lucy Mulloy)

En 2012 « Una noche » un petit film Lucy Mulloy parvient à se frayer un joli succès d’estime notamment au festival de Deauville.

« Una noche » raconte l’histoire à La Havane d’un jeune garçon nommé Raul (Darriel Arrechaga) qui a pour ferme intention de quitter Cuba par tous les moyens pour fuir la misère et la maladie notamment de sa mère Hilda (Katia Caso), une prostituée malade du sida.

Travaillant comme cuisinier dans un restaurant, Raul parvient à convaincre son ami Elio (Javier Nunez Florian) de tenter avec lui la grande traversée de 145 km de mer mais dans un pays aussi surveillé que Cuba, l’entreprise prend du temps à se monter.

Lila (Anailin de la Rua de la Torre), la sœur de Elio qui fait du tae kwon do, ignore son projet de départ et rencontre par hasard Raul qui tombe sous son charme.

Mais la farouche jeune femme résiste, faisant fi des problèmes familiaux entre sa mère et son père, un militaire acariâtre qui entretient une relation secrète avec une autre militaire.

Les choses prennent une autre tournure lorsque Raul blesse un touriste client de sa mère.

Traqué par la police, il presse Elio de réunir les derniers éléments pour partir.

Celui-ci vend son vélo pour acheter deux chambres à air, un petit moteur de bateau, des lunettes de natation et une petite chaine en or.

Elio termine par deux larcins : le vol de provisions puis du GPS du père de sa copine Greisy (Greisy del Valle)

Il rattrape in extremis un Raul désespéré juché sur le toit d’un immeuble délabré pour échapper aux rafles et les duo décide d’aller sur la plage.

Les deux garçons découvrent que Lila a découvert leur secret et qu’elle a tenté de saboter leur embarcation.

Après une discussion orageuse, ils acceptent de l’emmener avec eux dans leur tentative.

Les trois adolescents grimpent donc sur leurs chambres à air et pagaient dans l’espoir d’arriver à Miami ou Raul croit pouvoir y retrouver son père.

Sur le frêle esquif la tension sexuelle est à son comble, Raul tentant de séduire une Lila de plus en plus réceptive à son charme et Elio jaloux, laissant apparaitre une attirance homosexuelle inattendue.

Mais sans moteur et sans GPS, l’expédition tourne court et le radeau chavire.

Elio est dévoré par les requins tandis que Raul et Lila s’accrochent à la vie avec l’énergie du désespoir.

Au petit matin, ils se réveillent en ayant l’impression d’avoir atteint Miami alors que de simples touristes américains présent à Cuba les ramènent à la dure réalité et à la police qui embarque Raul…

En conclusion « Una noche » est un joli petit film vantant la beauté d’une jeunesse cubaine pleine de vie et d’espoir, prête à prendre tous les risques pour fuir une ile ou tout manque.

Les acteurs, rayonnants de fraicheur et de justesse sont époustouflants…

L’intrigue simple mais efficace et rythmée, le dépaysement de l’ambiance de décadence ensoleillée vous emporte dans un tourbillon de plaisir réjouissant.

Une véritable leçon à tous ces réalisateurs français prétentieux, torturés et ennuyeux comme la pluie !

Una noche (Lucy Mulloy)
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17 mai 2016 2 17 /05 /mai /2016 20:44
Breaking the waves (Lars Von Trier)

Grand cinéma toujours avec « Breaking the waves » du danois Lars Von Trier.

Sorti en 1996 et récompensé par divers prix européens donc cannois, « Breaking the waves » raconte l’histoire de de Bess Mc Neill (Emily Watson) qui épouse dans les années 70 un ouvrier du secteur offshore Jan Nyman (Stellan Skarsgard).

Le mariage se fait contre l’avis de la petite communauté religieuse de l’ile du nord de l’Ecosse ou le couple réside mais Bess reçoit malgré tout le soutien de sa sœur Dodo (Katrin Cartlidge) qui souhaite son bonheur avant tout.

Restée vierge pour le mariage, Bess découvre le plaisir charnel et l’amour fou avec Jan qui est un amant passionné.

Après quelques semaines, le départ de Jan de retour sur sa plateforme aux cotés de ses collègues Terry (Jean-Marc Barr) et Pits (Mikkel Gaup) est vécu comme un déchirement par Bess qui se tord de douleur à cause du manque.

Un jour Jan a un accident de travail et revient paralysé mais conscient.

Bess doit donc se résigner à l’invalidité de son mari et à suivre les traitements lourds du Docteur Richardson (Adrian Rawlins).

Mais Jan qui n’a plus aucune raison de vivre mis à part son amour pour Bess lui demande de coucher avec des hommes et de lui raconter ses aventures afin de soutenir sa libido.

Malgré quelques réticences notamment par rapport à sa foi, Bess accepte finalement par amour pour son mari et obtient quelques succès qui la font rapidement passer pour une dépravée auprès des autorités religieuses ou médicales de l’ile.

Le point culminant des aventures de Bess consiste à aller rendre visite à de dangereux marins en escale sur un cargo et à finalement s’enfuir pour sauver sa vie.

Incapable de supporter le scandale, Richardson force Jan à signer une décharge pour interner Bess et ainsi se faire éloigner à Glasscow pour subir de nouveaux traitements.

Choquée, Bess erre dans l’ile et se fait excommunier par le pasteur (Jonathan Hackett) pour son attitude et ses propos inconvenants.

Devenue une paria rejetée par sa propre mère (Sandra Voe), agressée par les enfants, Bess apprend par Dodo que Jan est mourant.

S’en est trop pour elle et elle est admise à l’hôpital après une chute ou elle y meurt après avoir vu une dernière fois son mari.

Miraculeusement Jan se remet de ses blessures et réapprend à marcher.

Plutôt que subir les foudres de l’église qui ne souhaite pas donner une sépulture, il dérobe avec ses amis le corps de sa femme et le jette dans la mer lui accordant la liberté à laquelle elle aspirait.

Finalement Richardson reconnait dans son témoignage médical un excès de bonté plutôt qu'une maladie mentale ce qui choque ses collègues médecins.

En conclusion, « Breaking the waves » est un film au sujet fort et dérangeant dont ni l’interprétation, ni la réalisation ne m’a séduit.

Lars Von Trier a visiblement des choses à dire et se montre intéressant sur le fond en tentant de montrer que le véritable amour est celui charnel, organique d’un être humain à un autre humain de chair et de sang et non par celui transcendant d’une religion.

Mais la forme de l’œuvre, sa longueur rébarbative, son atmosphère austère et froide, la simplicité rustique des personnages, la crudité de corps blancs et laids copulant m’ont particulièrement rebuté.

Reste une bande son superbe car rock des années 70 mais complètement décalée par rapport à l’ambiance froide et laide…

Dommage donc.

Breaking the waves (Lars Von Trier)
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20 mars 2016 7 20 /03 /mars /2016 08:52
Fin (Fernanda Torres)

Nouveau coup de projecteur sur la littérature brésilienne contemporaine avec « Fin » premier roman de l’actrice Fernanda Torres, présente au salon du livre de 2015.

Sorti en 2013, « Fin » relate le destin de cinq copains du Rio de Janeiro des années 70.

Alvaro est le premier d’entre eux a être honoré avec le portrait d’un vieil homme de 80 ans dont la vie a toujours été entaché d’un problème d’impuissance qui a conduit sa femme Irène à le tromper et le quitter avec Jairo un maitre nageur de son club de piscine.

Solitaire, amer et diminué physiquement, Alvaro finit tristement sa vie renversé par une femme en voiture à Copacabana.

Son enterrement dirigé par le père Graça, provoquent une émotion insoupçonnée chez Irène trainée presque de force par sa fille Rita.

Vient ensuite le tour de Silvio, qui a laissé tombé sa femme Norma et un confortable emploi de fonctionnaire à la Banco do Brasil, pour suivre sur un coup de tête Suzana, une jeune hippie-junky de Bauru, qu’il a ravi à son copain Ribeiro.

Silvio va vivre plusieurs mois de défonce et de liberté sexuelle en ménage à trois avec Brites, une autre jeune femme bisexuelle de Porto Alegre.

Finalement quitté par Suzana, Silvio erre seul dans le Centre de Rio avant de mourir seul d’une overdose en pleine rue.

Ribeiro, le sportif de l’équipe qui donnait des cours de gym ou de volley ball sur la plage de, aura connu un âge mur obsédé par la jeunes vierge, mourant d’une crise cardiaque occasionnée par une surdose de viagra à la veille d’un rendez vous galant avec une nymphette nommée Alda.

Contrairement à ses amis l’étalon Ribeiro est incinéré et ses cendres dispersées sur la plage de Botafogo.

Un long passage est ensuite consacré à Ruth qui fut la femme de Ciro, le beau parleur érudit et musicien de la bande, qui séduisait toutes les femmes.

Malgré la naissance d’un enfant, Ciro n’en continua pas moins sa vie de cavaleur ce qui rendit folle de jalousie Ruth.

Le Don Juan fut emporté aussi subitement que mystérieusement par une tumeur maligne extrêmement agressive et laissa Ruth dévastée s’éteindre à petits feux.

La dernière partie du livre permet cependant de réaliser que même cloué sur un lit d’hôpital après une opération de la dernière chance, Ciro réussit à convaincre une Maria Clara jeune infirmière de lui procurer quelques derniers instants de plaisir et de le débrancher pour abréger ses souffrances.

Neto le mulâtre connut lui aussi une passion pour Célia, belle mulâtresse comme lui mais ne supporta pas sa mort prématurée par rupture d’anévrisme et s’enfonça dans un cycle infernal de dépressions et de médicaments.

Pour finir le père Graça qui a supervisé les obsèques des cinq homme abandonne ses fonctions de prêtre à Rio de Janeiro et part se consacrer à une organisation écologique dans le Mato Grosso.

Au cours d’une exploration forestière il reçoit une balle et voit aussi sa dernière heure arriver.

En conclusion, « Fin » est une œuvre surprenante, profonde et puissamment écrite.

Torres nous fait vivre avec talent et maitrise le destin croisé de ces cinq copains de la même génération aussi différents les uns que les autres et parvient à nous émouvoir en nous montrant comment une vie se déroule en accélérée jusqu’au point que bien souvent personne ne veut prendre en considération : la fin, qu’elle soit brutale ou l’aboutissement d’un long processus de vieillissement.

On ressort donc charmé, bouleversé et admiratif par la qualité de ce roman hommage avec en toile de fond les beaux quartiers d’un Rio de Janeiro finalement assez discret.

Espérons donc que « Fin » ne soit que le début d’une longue œuvre littéraire !

Fin (Fernanda Torres)
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6 mars 2016 7 06 /03 /mars /2016 21:13
Invictus (Clint Eastwood)

Tous les lecteurs de ce blog connaissent mon admiration pour Clint Eastwood aussi Est-ce avec un grand plaisir que je vais m’atteler à la chronique de « Invictus ».

C’est en 2009 très peu après un « Grand Torino » crépusculaire que sort ce film dédié à l’action de Nelson Mandela lors de la Coupe du monde de rugby en 1995.

Libéré en 1990 après 27 années de captivité, Mandela (Morgan Freeman) devient président d’Afrique du sud et doit composer avec un pays divisé entre les Noirs pauvres et majoritaires et les Blancs qui détiennent encore le pouvoir économique.

Souhaitant l’unification d’un pays divisé par des années d’apartheid, Mandela va tirer profit de la Coupe du monde de rugby organisée en Afrique du Sud pour apaiser les tensions raciales.

Pour cela il commence par mixer son service de sécurité en mélangeant flics noirs géré par Jason Tshabalala (Tony Kgoroge) et forces spéciales blanches gérée par Etienne Feyder (Julian Lewis Jones), puis convoque François Pienaar (Matt Damon), le capitaine des Springboks pour un entretient particulier afin de redonner confiance à une équipe méconnaissable accumulant défaites sur défaites.

Tout en agissant sur les Boks afin de les amener à se rendre dans les townships pour faire des démonstrations auprès des jeunes Noirs, Mandela demande aux cadres de son parti de l’ANC de soutenir massivement un sport jadis réservé à l’élite blanche.

La préparation des Boks s’achève par une visite de la cellule on était détenu le président durant ses longues années de captivité.

Lors du tournoi, l’effet Mandela semble agir puisque les Boks gagnent leur match devant une foule de plus en plus unie auteur de ses champions.

Le jour de la finale face aux redoutables All Blacks qui étaient largement favoris en raison de la présence de Jonah Lomu (Zak Feau‘nati), les Boks se surpassent et arrachent la victoire face à un pays entièrement acquis à leur cause.

En conclusion, bien que filmé avec savoir faire, « Invictus » un film d’un classicisme et d’une plateur absolue.

Eastwood réalise ici en pilotage automatique autour des ses deux stars, un Freeman vieilli et un Damon alourdi pour son rôle, sans prendre un centième de risque.

Le résultat est un film affreusement politiquement correct, d’une fadeur atroce qui ne séduira que les amateurs de rugby (et encore !) en raison des phases de jeu filmées avec la classe habituelle du réalisateur.

Immense déception donc après l’enchantement d’un « Grand torino » et sans doute le plus mauvais film qui m’ait été donné de voir de toute la carrière de ce génie du cinéma qu’est le grand Clint !

Invictus (Clint Eastwood)
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13 février 2016 6 13 /02 /février /2016 13:20
Samba triste (Jean-Paul Delfino)

Le Brésil toujours avec « Samba triste » de Jean-Paul Delfino, écrivain marseillais mais brésilien de cœur.

Sorti en 2008, « Samba triste » évoque une période dite noire pour le Brésil, les années de dictature ou les généraux étaient au pouvoir entre les années 60 et 80.

Journaliste de Globo et opposante politique exilée à Marseille avec son jeune fils Jorge, Lucina Zumbi décide en 1972 de revenir dans sa ville à Rio de Janeiro après avoir reçu l’autorisation des autorités.

Mais dès son arrivée à l’aéroport elle est interceptée par le SNI, le Syndicat National d’Information la police secrète du gouvernement qui lui fait subir un interrogatoire afin de lui intimer de se tenir à carreau.

Tétanisée par le souvenir des séances de torture, Lucina se promet pour Jorge de rester à distance de la politique en se cantonnant à des critiques musicales pour Globo et reprend peu à peu ses habitudes à Rio auprès de son père Bartolomeu et de sa mère Eilis, personnages emplis de spiritualité de la religion du candomblé, le vaudou brésilien.

La ville qu’elle retrouve la surprend par l’explosion de la pauvreté et de la violence.

Les favelas ont poussé comme des champignons sur les morros de la ville, gangrenant la ville en charriant ses hordes de gosses des rues, les pivetes qui mendient, volent ou se prostituent pour simplement survivre ou se droguer.

Lucina fait néanmoins quelques belles rencontre, le père Thomas Fragoso qui aide les pivetes et Ze Biscate, un de ces gosses qu’elle prend en amitié.

Dans les hautes sphères du pouvoir, Haroldo de Mello tire les ficelles demandant à Paulinho Domar da Cunha, le chef du SNI et ex amant de Lucina, d’utiliser tous les moyens pour faire évacuer la favela de Catacumba et pouvoir ainsi bâtir des résidences haut de gammes pour touristes avec vue sur le Corcovado.

Mais Catacumba ne se laisse pas faire, les habitants se coalisant en associations afin de résister à l’expropriation forcée.

C’est alors que Domar entre en action, agressant ceux qui ne veulent pas se faire acheter ou céder à l’intimidation.

Bien entendu, les favelados ne pèsent pas lourd face à l’armée et les bulldozers finissent par démolir un des multiples verrues défigurant le Rio maravilhoso des cartes postales.

Muté dans le Nord du pays ou il s‘emploie à aider les classes les plus pauvres, Thomas entretient une correspondance enflammée avec Lucina, lui déclarant son amour, qui s’avère du reste réciproque.

Proche des décideurs qui ouvrent volontairement le Brésil aux capitaux étrangers pour s’enrichir, Paulinho mène en réalité un double jeu, continuant devant son père et Bartolomeu à se prétendre comme le protecteur de Lucina mais menant en secret une étroite surveillance de son ex petite amie qui se rapproche de plus en plus des mouvements d’oppositions clandestins de gauche.

Lorsque Thomas revient à Rio et mettant de coté son engagement de prêtre, pour devenir l’amant de Lucina, la jalousie de Paulinho explose et le tout puissant directeur du SNI décide en profitant du passe droit que lui offre de Mello, de faire liquider le prêtre.

Les Escadrons de la mort, groupes d’élite de la police, recruté pour leur violence et leur absence de remords, sont alors envoyés pour rafler et tuer les pivetes, déclarés « bêtes noires » par de Mello.

Lors de l’assassinat de Thomas, Dido, un pivete proche de Biscate devenu un trafiquant respecté de tous dans les favelas de Rio, voit Paulinho sur place et devient un témoin clé dans son implication.

Après quelques péripéties, Ze parvient à prévenir Lucina qui découvre horrifié les mensonges de Paulinho.

La mort Thomas et l’implication de Paulinho, sont un électrochoc pour Lucina qui décide, avec l’aide de Ze de Rio, de pénétrer dans Rocinha la plus grande favela de Rio pour observer le quotidien de misère et désespoir des habitants puis celui des pivetes opérant à Copacabana, Ipanema ou Leblon.

En 1985, sous la poussée des mouvements populaires et libertaires du Brésil, les militaires sont contraints de laisser la place à un système plus démocratiques.

Cette ouverture relâche la censure sur les médias et permet à Lucina, soutenue par la direction de Globo de publier des articles décrivant la réalité du quotidien des laissés pour compte du Brésil.

En couple à présent avec Roberto Guimarães, journaliste réputé de Globo au sein duquel travaille également Jorge également passionné à 20 ans par le journalisme, Lucina assiste au tournant décisif avec l’élection de Tancredo Neves opposant à la dictature par le congrès.

Inquiété par ce revirement les Etats-Unis de Ronald Reagan sont soupçonnés d’avoir assassiné Neves qui incarnait l’espoir de tout un peuple au profit de José Sarney, réputé plus favorable à leur régime.

La mort de Neves est une commotion nationale pour tout le Brésil mais vient télescoper celle de Eilis, parti rejoindre ses ancêtres.

Peu après, Bartolomeu part rejoindre sa chère au cours d’une belle nuit étoilée bénie par le Corcovado.

En conclusion, « Samba triste » est un roman particulièrement abouti et documenté, se penchant sur une période assez oubliée de l’histoire, celle de la dictature militaire qui enserra dans une poigne de fer la population pendant une vingtaine d’années.

On retrouve certes les clichés négatifs souvent associé au Brésil et à Rio de Janeiro en particulier, c’est-à-dire la violence, la misère et le désespoir des favelas poussant des enfants sur le chemin de la drogue, de la prostitution ou des gangs.

La corruption et la violence agite aussi les hautes sphères de la politique et de la police dont les célèbres Escadrons de la mort, tristement célèbres mis au service d’assassinat politiques ou de simples opérations de « nettoyages ».

Delfino brosse donc un portrait particulièrement sombre et déprimant de Rio de Janeiro par les yeux d’une journaliste revenant au pays pour témoigner.

Un livre intéressant donc même si souvent caricatural dans ses personnages et dans ses descriptions de Rio qui ne se limite pas au clivage Copacabana/Favelas.

Samba triste (Jean-Paul Delfino)
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10 janvier 2016 7 10 /01 /janvier /2016 09:56
Deux frères (Milton Hatoum)

La littérature brésilienne contemporaine avec « Deux frères » de Milton Hatoum.

Sorti en 2000, « Deux frères » raconte dans le Brésil d’après Seconde guerre mondiale, le destin de deux jumeaux Omar et Yacub, tous deux fils d’émigrés libanais vivant à Manaus capitale de l’état de l'Amazonas.

Leur père Halim est un petit commerçant qui fait vivre modestement sa famille et est fou amoureux de sa femme Zana elle aussi d‘origine libanaise, qu’il a séduit en lui déclamant un ghazal, un poème arabe qu’on ami artiste lui avait recommandé.

La relation entre Halim et Zana, est passionnée, puissamment sexuelle et a donné au couple une fille Rania après la naissance des jumeaux.

L’histoire, raconté du point de vue du fils de Domingas, une Indienne devenue la domestique du couple, met surtout en avant l’opposition entre les deux frères aussi différents de caractère qu’on puisse imaginer.

Le premier incident entre eux intervenu dans une soirée cinéma ou Omar taillade la joue de Yacub pour une histoire de jalousie à propos de Livia la fille d‘un couple d‘amis, pousse Halim a envoyer ce dernier pendant un an au Liban.

Il en reviendra changé à treize ans, distant, parlant mal portugais et découvrant qu’en son absence Omar a pris ses aises en tant que roitelet de la maison.

La rage froide de Yacub s’exerce dans les études ou ses brillantes capacités intellectuelles notamment en mathématiques le font remarquer par ses professeurs tandis que son frère se fait volontairement un cancre indiscipliné et bagarreur, passant ses jours et ses nuits à sortir plutôt qu’à étudier.

Aussi lorsque en 1949, Yacub a la possibilité de partir étudier dans une école d’ingénieur polytechnique à São Paulo, il se rue sur cette occasion de partir en mettant pratiquement devant le fait accompli ses parents.
Au sein de la mégalopole du sud du Brésil, Yacub continue son ascension sociale, se spécialisant en construction civile par la force de son travail et de sa discipline.
Souhaitant qu’Omar prennent exemple sur son frère, Halim et Zana l’envoient également étudier à São Paulo mais après voir un instant fait mine de se ranger, le jeune homme quitte la ville pour les États-Unis en volant le passeport et l’argent de Yacub.

Yacub garde sa rage pour lui mais se fait de plus en plus distant avec sa famille de Manaus.
Il se marie à São Paulo mais ne révèle pas l’identité de sa femme.
Finalement les deux frères se retrouvent une nouvelle fois dans la maison familiale de Manaus.
Omar est toujours un bon à rien fantasque, qui rentre ivre mort à l’aube de ses sorties et coucheries pour dormir dans son hamac jusqu’à midi.
Sa jalousie haineuse pour son frère est à son comble et se solde par des bagarres continuelles.
Mais Omar finit également par se révolter face à sa mère Zana, qui a toujours chassé impitoyablement toutes les « fiancées » qu’il ramène à la maison.
Après une violente altercation, Omar quitte le foyer familial et va vivre comme un vagabond avec sa dernière conquête, une belle Noire appelée Bois-mulâtre
Fous d’inquiétude, ses parents le cherchent partout dans le vaste dédales de rivières et d’iles que forment l’Amazonie.
Halim qui a embauché un vieux pisteur boiteux pour l’aider dans ses laborieuses recherches finit par le retrouver se cachant sur un petit bateau avec sa belle, passant d’ile en ile et vendant son poisson sur le marché pour survivre.
Dans un état pitoyable, Omar est finalement ramené manu militari dans le foyer familial.
La mort d’Halim ne réconcilie pas les deux frères, l’éternelle célibataire Rania se contenant de continuer à gérer seule avec un certain talent les affaires du magasin.
Mais l’arrivée d’investisseurs étrangers cherchant à prospérer dans le développement de Manaus va changer la donne, l’un d’entre eux appelé Rochiram, un Indien beau parleur réussissant à convaincre les deux frères de travailler avec lui.
Malgré sa méfiance, voulant sans doute faire plaisir à Zana qui souhaite toujours une impossible réconciliation entre les frères, Yacub accepte de participer au projet et s’investit dans les calculs des constructions.
Ceci ne plait pas à son frère qui l’agresse violemment, le laissant le visage tuméfié.
Le temps pourtant finit par rattraper la famille.
Domingas meurt paisiblement dans le hamac familial révélant à son fils peu avant sa mort le terrible secret de son viol par Omar et de cette paternité cachée.
Yacub n’est pas non plus exempt de secret, a lui de son coté épousé Livia à Sao Paulo.
Rochiram refait aussi surface, menaçant d’attaquer en justice pour des pertes financières que lui auraient fait subir Omar et Yacub.
Paniqué, Rania n’a pas d’autre solution que de faire vendre la maison familiale pour éponger les dettes supposées de ses frères.
Cette vente est un déchirement pour Zana qui se laisse mourir peu après.
Le tempérament impulsif d’Omar et son amitié avec un professeur de lettres, Antenor Laval poète à ses heures, arrêté et exécuté par la police militaire en 1964 en raison de sa proximité supposée avec l’opposition, le conduisent lui aussi en prison.
Seule Rania continue à le soutenir jusqu’à sa sortie.
Lorsqu’il refait surface après deux ans d‘emprisonnement, il apprend que Yacub a engagé des avocats pour le pourchasser et lui faire payer ses violences.
Omar n’a donc plus d’autres choix que mener une vie de fugitif.
Lorsqu’Omar repasse une dernière fois dans la maison devenue la propriété de Rochiram, il fait face à son fils, eu avec Domingas, mais préfère une nouvelle fois tourner les talons plutôt que d’avouer sa faute.
En conclusion, sur un sujet en apparence déjà brillamment traité, notamment par Guy de Maupassant dans « Pierre et Jean », « Deux frères » n’en est pas moins un ouvrage intéressant par son ambiance familiale d’une lourdeur étouffante, ses multiples rebondissements et son cadre dépaysant, l’Amazonie de l’après Seconde guerre mondiale.
Sans nul doute largement inspiré de son histoire personnelle de Brésilien descendant de Libanais, Hatoum réalise une brillante fresque familiale autour de deux jumeaux que tout oppose et parvient notamment dans la dernière partie de son roman traitant de la décadence, du vieillissement et des lourds secrets de famille refaisant finalement surface à émouvoir aux larmes.
Hatoum n’est sans doute pas Maupassant mais mérite assurément le respect pour ce type d’ouvrage. Les plus curieux d'entre vous seront heureux d'apprendre l'adaptation en mini série télévisée brésilienne de ce roman complexe et intense.

Deux frères (Milton Hatoum)
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19 décembre 2015 6 19 /12 /décembre /2015 17:56
La Vierge des tueurs (Barbet Schroeder)

En 2000, Barbet Schroeder adapte l’écrivain colombien Fernando Vallejo et sort « La Vierge des tueurs ».

Fernando (German Jaramillo) est un vieil écrivain à succès revenant dans sa ville natale de Medellin pour dit il y mourir.

Homosexuel assumé, il fait la connaissance au bordel d’Alexis (Anderson Ballesteros), un jeune voyou des quartiers pauvres qui se prostitue.

Tombant sous le charme du jeune homme, Fernando le prend sous son aile, l’invitant à vivre chez lui.

Amoureux, Fernando lui achète ce qu’il désire, nourriture, vêtements et chaine hi-fi sur lequel il doit endurer un éprouvant metal hardcore.

Mais Alexis qui se sait menacé de mort par un gang rival, est en permanence sur ses gardes, prêt à sortir son arme pour n’importe quelle raison.

Ce couple étrange déambule dans un Medellin changé, gangréné par une violence endémique.

Incapable de tenir sa langue, Fernando s’attire des ennuis qui dégénèrent rapidement et pousse Alexis à tuer un chauffeur de taxi, un braqueur des rues et même deux types belliqueux dans le métro.

Ecœuré par tant de violence, Fernando tente sans grande conviction de raisonner son jeune amant surtout après la mort d’un jeune batteur punk qui faisait trop de bruit la nuit en répétant.

Malgré ceci, la menace qui pèse sur les épaules d’Alexis est belle est bien réelle et oblige le jeune homme à abattre deux commandos d’assassins motorisés.

Tout en jouissant du corps juvénile du voyou, Fernando bien que non croyant écume les églises et cherche à retrouver les lieux de son enfance pour éprouver un dernier parfum de nostalgie.

Après la perte de son pistolet dans un égout ou se gémissait un chien blessé à mort, Alexis est rattrapé par son destin et abattu en protégeant de son corps Fernando.

Sa mort est un drame pour l’écrivain qui après avoir rendu visite à sa famille dans une favela misérable du nord de la ville, reséduit un autre jeune homme Wilmar (Juan David Restrepo) dans un centre commercial.

Fernando recommence le même cycle, couvrant Wilmar de cadeaux tout en profitant de sa jeunesse.

Lorsqu’il comprend que Wilmar est en réalité l’assassin d’Alexis, il pense à le tuer dans son sommeil puis se ravise, comprenant que Wilmar n’a fait qu’obéir à un infernal cycle de règlement de comptes entre bandes rivales.
Il propose alors à Wilmar à son tour menacé, de quitter la ville ce qu’accepte le jeune homme après avoir acheté et livré un frigo à sa mère qui vit dans une favela.

Mais Fernando apprend que Wilmar a été assassiné avant d’avoir pu réaliser leur projet commun.

Ébranlé, il disparait dans la nuit…

En conclusion, « La vierge des tueurs » est un film choc bousculant toutes les convenances pour livrer un désespoir brut qu’il est difficile à absorber.

Homosexualité flirtant avec la pédophilie, violence extrême dans une ville sans police ou on tue pour un oui ou un non et surtout nihilisme profond marqué par un rejet de toutes les valeurs traditionnelles : religion, politique, famille…sont les ingrédients du film d’un cinéaste habitué à sortir des sentiers battus.

On reste néanmoins choqué, écœuré et mal à l’aise sur le résultat qui offre de surcroit une image de Medellin et de la Colombie catastrophique et certainement erronée.

De mon coté, l'insupportable malaise prend donc le dessus sur la virulence du propos.

La Vierge des tueurs (Barbet Schroeder)
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27 novembre 2015 5 27 /11 /novembre /2015 21:09
Chasseur blanc, coeur noir (Clint Eastwood)

La carrière de Clint Eastwood avec « Chasseur blanc, cœur noir » réalisation toute personnelle assez peu connue sortie en 1990.
Adapté d’un roman de Peter Viertel qui parlait du tournage cauchemardesque de "African Queen" de John Huston, « Chasseur blanc, cœur noir » raconte le projet fou de John Wilson (Clint Eastwood), réalisateur américain qui décide sur un coup de tête de quitter son confortable manoir d’Angleterre, dans le but de tourner un film en Afrique.
Flanqué de son scénariste Pete Verill (Jeff Fahey), Wilson parvient à convaincre le producteur Paul Landers (George Dzundza) d’investir dans ce projet.
Excentrique et flamboyant, Wilson débarque avec son équipe au Zimbabwe avec comme autre objectif principal et moins avouable d’abattre un éléphant à l’aide des multiples fusils achetés avant de partir.
Logé dans un hôtel cossu, Wilson mène une vie confortable et oisive, se faisant remarquer par une spectaculaire sortie visant à insulter Miss Wilding (Charlotte Cornwell) sa propre secrétaire, qui tenait des propos extrémistes sur les juifs, malgré le fait que Verill lui ait signalé faire partie de cette communauté ou en se faisant rosser par le patron raciste de l’hôtel, un homme plus grand et jeune que lui (Clive Mantle ).
Remis de ses blessures, Wilson joue avec les nerfs des acteurs Kay Gibson (Marisa Berenson), Phil Duncan (Richard Vanstone) et producteurs dépêchés sur place comme Lockart (Alun Armstrong), Zibelinski (Alex Norton) pour suivre l’avancement du projet.
N’écoutant que sa curieuse passion, il prend un avion pour arriver sur les meilleurs spots de chasse à l’éléphant près du lac Victoria.
Guidé par le pisteur Kivu (Boy Mathias Chuma) il se trouve en position de tir mais est dissuadé par les autres membres du safari en raison du nombré élevé d’éléphants sur place.
Dès lors, Wilson va tout faire pour ne jamais tourner son film, invoquant prétexte sur prétexte, avant de se trouver finalement devant son éléphant et ne pas pouvoir tirer, seul le sacrifice de Kivu lui permettant d’avoir la vie sauve.
Eprouvé, Wilson comprend la vanité de sa quête et reprend sa caméra…
En conclusion, « Chasseur blanc, cœur noir » est un de ces films d’auteurs dans lesquels Eastwood pense plus à se faire plaisir qu’à faire plaisir au spectateur.
Jouant à merveille à casser son image de flic ou cow boy, l’acteur campe ici avec délectation un réalisateur fantasque prenant le dessus sur ses producteurs en leur imposant ses caprices.
Mis à part ce parti pris amusant et la beauté exotique des paysages africains, le film se traine un peu en longueur et insiste lourdement sur le racisme et l’anti sémitisme de manière peu subtile.
Un Eastwood mineur sans doute qui ne restera pas dans les annales de la longue carrière du grand Clint.

Chasseur blanc, coeur noir (Clint Eastwood)
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22 novembre 2015 7 22 /11 /novembre /2015 12:55
Paris est une fête (Ernest Hemingway)


Ernest Hemingway est il le plus grand écrivain américain de tous les temps ?

Beaucoup le pensent sans doute ..

Pour tenter de me faire une idée je me devais de le lire un jour.

Ceci est fait avec « Paris est une fête » roman narrant le récit de la vie de l’écrivain américain à Paris dans les années 1921-1926 aux cotés de sa femme Hadley.

A cette époque, Hemingway ayant décidé de quitter le Canada, d’arrêter le journalisme et de changer de style connaît des difficultés financières car il ne parvient pas à écrire des romans et ses contes se vendent mal.

Il vit donc pauvrement à Paris, passe beaucoup de temps dans les cafés pour écrire, se promène dans le jardin du Luxembourg ou près des quais de Seine, va jouer aux courses à Longchamp non sans quelques remords.

Quand l’hiver est trop rude, il va en Autriche faire du ski.

Mais l’intérêt principal de ce livre réside dans la description d’anecdotes concernant les artistes qu’il fréquente à cette époque.

Il retrouve ceux ci souvent à la Closerie des Lilas dans le quartier du Montparnasse, célèbre pour avoir été historiquement le plus grand vivier artistique de Paris avec Montmartre.

Sont donc relatées de brèves rencontres avec des écrivains, des critiques littéraires, des poètes ou des peintres majoritairement anglo-saxons.

Ceci est donc l’occasion pour le lecteur de voir s’installer dans la vie quotidienne des Ford Madox, Ezra Pound, James Joyce, Evan Shipman que je ne connaissais pas avant d’avoir lu le livre.

Mais la personne la plus importante pour l’auteur dans ce Paris très intellectualisé est la poétesse et écrivain Gertrude Stein qui lui fait office de conseillère littéraire et de guide artistique alors qu’il traverse une période de doute et de remise en question sur son art et ses capacités.

On sent un beaucoup de respect et de tendresse pour cette femme de haut niveau intellectuel et plutôt rigide dans ses jugements.

L’autre « héros » du livre est l’écrivain Scott Fitzgerald le premier « mentor » d’Hemingway dont la présence occupe plusieurs chapitres d’un intérêt tour relatif à mes yeux.

Apparemment rien ne prouve que les deux hommes se soient côtoyés à Paris et il est du reste probable qu’Hemingway ait fantasmée certaines de ses rencontres.

« Paris est une fête » est pour moi une touchante déclaration d’amour d’un écrivain américain pour une ville qui l’a toujours inspirée par ses lieux, ses cafés, ses musées, ses monuments mais aussi par l’univers artistique foisonnant d’une époque exceptionnellement riche.

C’est aussi une belle photographie du Paris des années 20.

Paris est elle aujourd’hui toujours aussi magique ? Question à laquelle il est difficile de répondre.

Il paraît plus difficile d’y mener une vie de bohème, de vivre en se contentant de peu comme le faisait Hemingway dans ses jeunes années.

Elle s’est probablement embourgeoisée, la vie y est devenue chère, chassant sans doute quelques artistes en herbe et la plupart des Français n’apprécient plus tellement cette ville à sa juste valeur, qu’ils soient Parisiens ou Provinciaux.

Reste pourtant pour les étrangers sa légende qui n’a jamais pâli et à laquelle ce livre a certainement contribué de part le monde.

Et bien évidemment les mythiques restaurants de Montparnasse (le Dome, la Rotonde, La Closerie des Lilas) si souvent cités par Hemingway.

Pour ma part connaissant relativement bien Paris et trouvant les anecdotes trop superficielles ou trop sages, je n’ai eu qu’un intérêt modéré pour cet ouvrage.

Je n’ai pas été non plus très sensible au questionnement artistique d’Hemingway.

Je ne suis donc pas ressorti ébloui de cette lecture publiée il est vrai à titre posthume.

Paris est une fête (Ernest Hemingway)
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