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8 septembre 2009 2 08 /09 /septembre /2009 21:30


« Journal d’un vieux dégueulasse », derrière ce titre provocateur se cache le recueil de chroniques que Charles Bukowski écrivit à la fin des années 60 dans « Open City », magazine underground de Los Angeles.

Le succès de ces chroniques particulièrement trash fut tel qu'il contribua à le faire connaître et à lui permettre pour la première fois de vivre de son talent d’écrivain.

Bénéficiant de toute liberté, Bukowski s’en donne à cœur joie avec toute la rage et l’outrance qui le caractérisent.

On retrouve donc les sujets de prédilection du « vieux dégueulasse » , les femmes, le sexe, la boisson, la bagarre,  les paris sur la boxe ou les courses hippiques et toute la marginalité d’un homme qui avait choisi de ne pas vivre selon les règles édictées par la société.

Il est également question en filigrane de son enfance, des écrivains de la beat génération qu’il rejette violemment sauf peut être Kerouac, de petits boulots minables exercés pour ne pas mourir mais aussi de politique, de révolution et des grandes villes qui détruisent les êtres humains.

Bukoswki cible large et allume tout ce qui bouge au bazooka.

Difficile de pleinement adhérer à un bombardement aussi massif.

Mais il reste le talent de l’écrivain, un goût prononcé pour l’absurde et une sensibilité à fleur de peau qu’on parvient cependant à percevoir épisodiquement comme lors de brefs passages concernant sa petite fille ou une jeune prostituée noire de la Nouvelle Orléans que l’écrivain adorait.

La chronique ou Bukowski décrit de sa propre mort dans la solitude est magnifique, celles ou il règle ses comptes avec Henry Miller appelé « L » ou ses ex femmes franchement hilarantes, celle ou il raconte la métamorphose d’un homme lambda en tueur en série à cause d’une brusque coloration de l’épiderme, aussi violente qu’absurde.

Le monde de Bukowski est celui des perdants de l’Amérique, des bas fonds, des plans foireux , des piaules minables, des clochards, des petites frappes, des prostituées alcooliques que fréquente ce  rebelle à fleur de peau, atteint par le mal de vivre depuis son plus jeune age et ne tenant que par ses obsessions pour le sexe, l’alcool et le jeu.

En résumé, « Journal d’un vieux dégueulasse » est dans le plus pur style Bukowskien, contenant une majorité de parties outrancières réelles ou inventées  pour quelques unes plus touchantes.

Quelques aphorismes qui m’ont séduit pour finir :

« j’aime mieux qu’on me raconte la vie d’un clochard américain que celle d’un dieu grec mort ».

« tirer sa crampe revient à botter le cul de la mort en chantant ».

« rien de plus ennuyeux que la vérité »

« l’individu parfaitement équilibré n’a pas toute sa raison »

« si vous désirez savoir qui sont vos amis, faites vous condamner à une peine de prison ».

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3 septembre 2009 4 03 /09 /septembre /2009 18:54


« Souvenirs d’un pas grand-chose » est le roman sans doute le plus autobiographique de Charles Bukoswki.

L’écrivain américain y raconte son enfance avec beaucoup de talent, de lucidité, sans user de ses habituelles outrances,  de son désir de choquer.

L’histoire de ce pas grand chose c’est l’histoire de Henry Chinaski un jeune garçon fils unique  d’immigrés allemands aux Etats Unis après la première guerre mondiale.

Le jeune Henry grandit dans un milieu extrêmement modeste dans la banlieue de Los Angeles, pendant le Grande Dépression des années 30.

Henry a pour père un laitier au chômage, dur, frustré, brutal, qui terrorise la famille par ses crises de violence.

Bien qu’aimante, sa mère est complètement effacée et soumise à son mari qu’elle craint également physiquement.

Henry est souvent battu par son père à coup de lanière de cuir, pour des motifs généralement futiles voir délirants comme une pelouse mal tondue.

Enfant solitaire grandi dans un milieu misérable, il apprend la violence à l’école ou les bagarres entre clans sont continuelles.

Henry découvre très tôt son mal être, taraudé par la sexualité, il n’aime ni l’école, ni l’autorité et  les rares amis qu’il  se fait sont généralement des exclus, des marginaux comme lui.

Il rêve d’être un grand joueur de base ball ou de football américain et malgré ses difficultés à s’intégrer dans un groupe, montre de bonnes qualités dans ces sports lors des tournois inter collèges.

Son père qui nourrit toujours de grande espérances pour son fils, l’envoie dans un lycée de jeunes gens aisés à Chelsey High.

La bas, Henry côtoie la jeunesse dorée de Californie et apprend a haïr tous ces jeunes gens beaux, riches et insouciants à qui tout réussit dans la vie.

Il met à point d’honneur à se bâtir une réputation de dur à cuir, prompt à se battre et à boire, de type étrange et peu fréquentable et continue d’attirer malgré lui les paumés.

Le bal de fin d’année qu’il regarde à travers une vitre avant de se faire chasser comme un paria est un immense moment d’humiliation.

A l’adolescence survient un événement dramatique, Henry à des poussées d’acné incroyables qui le défigurent avec d’énormes furoncles purulents sur le visage, le dos et la poitrine.

Cette malédiction lui interdit toute vie affective ou sociale, le complexant énormément.

Il est même renvoyé du lycée pour suivre un traitement douloureux et relativement peu efficace compte tenu de l’avancée de la dermatologie à l’époque.

Exclus du monde et très malheureux, le jeune homme va développer son imagination pour tromper la solitude.

La découverte des livres de la bibliothèque municipale va être une révélation et Henry va pouvoir ainsi se former en lisant des auteurs comme Lawrence, Huxley, Dostoïevski, et son maître Hemingway.

Henry commence à écrire des nouvelles sur une machine à écrire qu’on lui a offerte.

A la sortie de l’école, il décroche pour faire plaisir à ses parents un travail de magasinier dans une boutique de vêtements.

La description de sa seule et unique semaine de travail est fantastique à la fois lucide, émouvante et drôle.

Henry s’est fait un seul vrai ami au lycée, Robert Becker qui veut comme lui devenir écrivain.

Les deux jeunes sympathisent même si Bukowski qui se dit moins talentueux a une vision plus sombre et radicale de l’écriture que son ami.

Un jour, le père de Henry trouve ses écrits et ivre de rage le jette dehors.

Mis à la rue, il apprend donc à se débrouiller, allant d’hôtels minables en hôtels minables, fréquentant les bars, les ivrognes, les clochards avec toujours en tête l’envie d’être écrivain.

Le roman se termine quand Henry apprend que Becker qui s’est engagé dans les Marines va partir à la guerre après l’attaque de Pearl Harbor alors que lui meme est anti militaire.

Les deux hommes boivent une dernière fois ensemble tendrement et leurs vies se séparent à tout jamais …

« Souvenirs d’un pas grand chose » est jusqu’alors le meilleur livre que j’ai lu de Bukowski.

L’écrivain raconte avec style pur et un immense talent les tourments d’une enfance  et d’une adolescence difficiles d’un petit garçon que tout destinait à échouer : son milieu social, familial et sa laideur physique.

Bukowski parvient avec beaucoup de pudeur à nous faire ressentir sa douleur mais en même temps on sent en lui une sorte de rage, de rébellion très forte s’exprimant par la violence puis de manière plus constructive par l’écriture.

Malgré ses handicaps, Bukowski disposait selon moi d’une intelligence et d’un esprit supérieur mais trop complexé et mal dans sa peau, il ne s’en rendait pas forcément compte à l’époque.

L’écriture d’une rédaction ou il imagine avoir assisté à la venue du président est à ce titre très révélatrice sur le formidable potentiel dont il disposait étant gamin.

En conclusion, épuré de provocations, « Souvenirs d’un pas grand chose » est un roman sublime, douloureux et émouvant d’un homme vidant son cœur.

Et si finalement, ce « pas grand chose »  l’avait obtenu par la puissance de sa plume sa revanche sur la pauvreté, la misère sexuelle et le mal de vivre ?

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2 août 2009 7 02 /08 /août /2009 18:00


Trois pages, il m’aura fallu trois pages pour comprendre que je lisais un ouvrage de Yukio Mishima et qu’il allait sans doute encore une fois me mettre K.O, tant sa manière de raconter comment une femme fut surprise par un orage dans la grande ville d’ Osaka était emplie de sa classe unique, inégalable.

Ses trois pages magiques avaient réussi à me propulser à Osaka en 1950 par une après midi orageuse ….

L’ouvrage en question est « Une soif d’amour » brillant roman contant un drame amoureux dans un milieu rural du Japon d’après guerre.

Le personnage principal de cette histoire est Etsuko, une jeune veuve recueillie par son beau père Yakichi Sugimoto après la mort de son mari Ryosuké mort de maladie.

Yakichi est un ancien notable de Tokyo, qui pour sa retraite a acheté une maison dans la campagne à Maiden, ou il s’est converti sur le tard à une vie simple et rude de cultivateur.

Yakichi règne en patriarche sur son domaine ou vivent Etsuko, son fils Kensuké et sa femme Chieko, deux intellectuels ridiculisés par Mishima, leurs enfants, sa belle fille Asako dont le mari est allé combattre les Russes en Sibérie, ainsi que deux domestiques la jeune Miyo et un jeune homme du nom de Saburo.

Mishima instaure dés le début un climat trouble …

On comprend assez vite que Etsuko est une jeune femme tourmentée, qui souffrait atrocement des infidélités de son mari et des humiliations qu’il lui infligeait.

Le terrifiant récit de sa mort par typhoïde et de l’attitude perverse d’Estuko jouissant de cette souffrance en dit long sur ses troubles intérieurs.

A Maiden, les choses ne vont pas s’arranger dans cette micro société campagnarde traditionnelle vivant en vase clos.

Loin de trouver l’apaisement en allant vivre à la campagne, Etsuko tombe amoureuse du Saburo, un jeune homme robuste, naïf et simple.

Mais cet amour outre le fait d’être incorrect entre personnes de classe différentes n’est pas sain pour Etsuko qui a travers lui ne désire que souffrir et se torturer davantage.

De son coté, Yakichi devient vite obsédé par Etsuko et celle ci cède à contre cœur aux avances de ce vieil homme qui la dégoûte.

Etsuko va donc nouer un jeu diabolique dans la maison en manipulant les hommes et les femmes comme des marionnettes destinées à assouvir ses pulsions de souffrance sacrificielle.

L’annonce de la grossesse de la domestique Miyo vient brusquement accélérer les choses.

Etsuko fait accuser Saburo, renvoyer Miyo dont elle est jalouse et finit dans un accès de folie passionnelle par tuer le jeune domestique.

« Une soif d’amour » est un roman parfaitement construit, d’une force psychologique terrifiante, atteignant parfois la limite du soutenable.

Dans ce livre, Mishima parvient à pénétrer le psychisme d’une femme troublée, meurtrie, désirant souffrir et faire souffrir.

On retrouve avec délice le style magnifique du génial écrivain, sa sophistication, la légèreté de sa plume, l’élégance et la beauté de ses métaphores qui provoquent à chaque fois mon émerveillement.

Peu d’écrivains m’ont autant impressionné que Mishima et le fait que je ne fantasme pas sur la culture asiatique est je pense un bon indicateur de mon objectivité.

Outre son style prodigieux, j’aime chez lui sa noirceur, son érotisme morbide ainsi que la complexité de ses personnages  évoluant dans une société japonaise d’après guerre en pleine mutation, écartelée entre traditions féodales séculaires et influence occidentale grandissante.

Pour toutes ces raisons, Mishima est un auteur passionnant dont je ne me lasserai sans doute jamais.

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29 juillet 2009 3 29 /07 /juillet /2009 22:39


« Chambres pour personnes seules » est un roman d’un auteur mexicain du nom de J.M. Servin.

Autodidacte, Servin a apparemment très tôt quitté le Mexique pour mener une vie de bohème en Europe et aux Etats Unis.

En réalité ce court roman est un condensé de rage et de désespoir.

L’histoire raconte la vie d’Eden Sandoval homme seul à la dérive perdu dans des hôtels miteux de ce qu’il appelle les vecindades, ces quartiers misérables ou s’entassent les pauvres dans les grandes villes mexicaines, ou règnent la débrouille et une grande violence.

Eden est pourtant différent des autres car il a plus de recul et un regard plus lucide sur sa condition présente.

Il est aussi très fier et pour tromper son ennui, sa rage et son désespoir, il décide sur une impulsion d’affronter un monstrueux pitbull dans un combat clandestin.

Eden parvint à tuer l’animal mais est assommé en traître par le maître du chien.

Il bascule alors dans l’inconscience et passe par une phase végétative à son hôtel, partagée entre sa logeuse, une vieille femme âpre au gain, Felisa mère de famille célibataire plus ou moins sans ressource et un vague désir de vengeance contre son agresseur.

Ce passage est pour moi le plus intéressant du roman puisque Servin y parle abondamment  de son enfance, de son dégoût pour l’école, de son passé d’errance, de petits boulots en petits boulots, de ses loisirs entre boxe et cinéma mais également de son père décédé, cet homme brutal et volage dont il parle avec une colère froide.

Eden couche avec Felisa, tout deux unissent brièvement leurs corps sans avenir pour oublier par la magie du sexe l’espace de quelques instants leurs problèmes respectifs.

Puis Eden décide aussi subitement de passer à l’action et de traquer l’homme au chien pour assouvir sa vengeance.

« Chambres pour personnes seules » est un livre au style rugueux, magnifique, puissamment évocateur aussi bien lors des horribles combats clandestins de chiens que lors de la torride scène d’amour avec Felisa.

Servin dépeint avec merveille, le monde de la rue au Mexique, un monde chaotique et violent, ou les policiers sont aussi corrompus que brutaux et ou les gens se débattent plus qu’ils ne vivent.

J’ai aimé la lucidité et le courage de l’auteur, sa volonté de rester digne et de ne pas sombrer dans l’auto apitoiement souvent facile et stérile.

« Chambres pour personnes seules »  contient le terrible accent du vécu de la rue et un fort parfum d’authenticité qui ne peut que toucher un lecteur friand de style radical.

Je pense que lorsqu’on a plus rien à perdre on peut réaliser de véritables prouesses.

Ce livre en est une à mes yeux.

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18 juillet 2009 6 18 /07 /juillet /2009 18:02


Retour à Charles Bukowski pour les « Nouveaux contes de la folie ordinaire ».

Le principe est analogue à  celui de « Au sud de nulle part », l’écrivain raconte de courtes nouvelles largement autobiographiques.

Dés la première d’entre elles « La sirène baiseuse de Venice, Californie » Bukowski démarre sur les chapeaux de roues avec l’histoire de deux types éméchés dérobant le cadavre d’une belle jeune femme à la morgue pour lui faire l’amour puis la déposer dans l’océan.

Provocation, violation des tabous, des règles imposées mais aussi grande verve poétique et style très plaisant parsèmeront ce livre explosif.

Au travers de ce recueil, Bukowski raconte son profond nihilisme, son mal être, son dégoût du travail déshumanisant, de la société , des hommes.

Pour tenir le coup  dans ce monde sur lequel il se meurtrit, il y a la picole, des quantités astronomiques de bières et de whisky ingurgitées et également le sexe avec des femmes elles aussi amochées par la vie, ramassées dans les bars.

Bukowski se dénigre beaucoup dans ce livre, il se décrit souvent comme un pauvre vieux type ivrogne, obsédé sexuel, malade voir fou.

Plus surprenant il dénigre également les artistes, les écrivains et tout particulièrement les poètes s’incluant également dans le lot des ratés.

On le sent également très mal à l’aise avec un succès qu’il estime ne pas mériter et qui pourtant lui permet de toucher des gens d’un haut niveau social et intellectuel.

Les nombreuses nouvelles sur sa passion pour les courses hippiques ou pour la boxe m’ont moins passionnées en revanche j’ai été suffoqué par la violence de certaines histoires parlant de viol, du meurtre d’un acteur homosexuel, de pédophilie ou bien de problèmes de constipation.

Bukowski se permettait tout, il tirait à bout portant sur tout ce qui bougeait.

Le livre outre ses délires trash du reste formidablement bien écrits, contient de puissantes charges contre le mouvement hippie, le gouvernement américain des années 60 et tout simplement le terrible renoncement des gens devant le système tel que décrit dans « La machine à essorer les tripes » sans doute la nouvelle la plus réussie.

Par instant surgit fugitivement la très grande sensibilité et tendresse de l’auteur comme dans « Une charmante histoire d’amour » ou il finit par quitter sans raison apparente Marie, une femme avec qui il se sentait bien ou bien dans « Pour Walter Lowenfels » ou en filigrane apparaît son amour pour sa fille.

La maladie, l’angoisse, la peur de la mort sont également des thèmes forts abordés dans la nouvelle « Vie et mort des pauvres à l’hosto » terrifiant de réalisme ou « La couverture » délire paranoïaque autour d’une couverture devenue menaçante dans l’esprit dérangé de l’auteur.

On a globalement beaucoup de plaisir à lire les « Nouveaux contes de la folie ordinaire » .

Bukoswki y imprime son style vif, âpre, tourmenté, charnel, avec ses personnages hors normes tour à tour violents, touchants, désespérants ou amusants.

J’aime le coté rebelle, provocateur et lucide de Bukowski mais je pense que cet écrivain était trop intelligent et sensible pour être heureux dans le monde des hommes.

Sans doute déçu par la petitesse de ces semblables et incapable de se satisfaire d’une réalité qui le blessait, Bukowski s’est enfoncé dans une spirale d’auto destruction.

Bukowski est pour moi un grand écrivain qui écrivait avec ses tripes, mais son œuvre reste à mes yeux trop sombre et douloureuse pour être tout à fait plaisante.

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11 juillet 2009 6 11 /07 /juillet /2009 13:57

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William S Burroughs est l’un des auteurs phares du mouvement « beat generation » des années 50 au même titre que Jack Kerouac ou Allen Ginsberg.

J’ai donc pour m’initier à son oeuvre lu « Les garçons sauvages ».

« Les garçons sauvages » est un livre profondément déroutant.

Le style d’écriture est peu linéaire, des phrases entières peuvent être composées sans la présence d’un seul verbe, d’autres s’enchaînent ou s’entremêlent sans aucune séparation.

Une multitude de personnages apparaissent ou disparaissent sans raison apparente, les chapitres n’ont pas de liens entre eux ce qui fait que le lecteur est rapidement perdu dans un maelström de création littéraire ou le mot « cohérence » n’a pas sa place.

A cette question du style et de la forme vient s’ajouter le fond.

Les lambeaux d’histoires racontées se déroulent dans plusieurs lieux, « Mexcity » au Mexique, Marrakech au Maroc, ou Saint Louis aux Etats Unis.

Beaucoup de passages ressemblent à des hallucinations provoquées par l’absorption de substances hallucinogènes.

Généralement ces passages font preuve d’une intense créativité, mêlant rêve, science fiction, violence exacerbée et délires sexuels.

A propos de délires sexuels, ce qui m’a le plus dérangé dans ce livre c’est leur contenu exclusivement homosexuel à la limite de la pédophilie, l’auteur semblant être très fortement attiré par les jeunes garçons.

Beaucoup de ces scènes sont introduites par l’intermédiaire d’un cinéma pornographique « the penny arcade peep show » qui passe ces films sur les écrans de ses cabines.

Le sentiment qui en est ressorti est surtout de la gêne voir du dégoût pour cette obsession.

Vers la fin du livre, on comprend enfin la pensée de l’auteur.

En un sursaut de cohérence, Burroughs dresse le portrait d’une révolte, celle des « garçons sauvages » des villes, ces gosses des rues du Maroc ou du Mexique, qui s’unissent en bandes armées pour combattre l’armées américaine et la CIA.

Burroughs décrit longuement cette micro société de jeunes garçons combattants,  vêtus de bleu avec pour unique uniforme un casque et un cache sexe, des armes soit sophistiquées issue de la Science Fiction comme l’usage de greffes animales, rayons lasers, ou virus mortels soit plus rudimentaires comme des haches ou des couteaux.

Visiblement fasciné, il prône la prise du pouvoir mondial par cette force de résistance ou les principes homosexuels masculins sont également dominant.

Difficile de ressortir indemne de la lecture de « Les garçons sauvages ».

Je dois avouer ne jamais avoir lu un livre aussi radical et subversif.

Les sentiments dominants sont ceux de la rébellion, du chaos, du fantasme et du délire hallucinatoire.

Meme si je comprends la démarche de l’auteur de briser les codes d’écriture, je n’ai pas été séduit par son approche, ayant été la plupart du temps dérouté, gêné voir exaspéré par son style déstructuré.

On notera aussi la très forte misogynie du livre et le rôle quasi inexistant des femmes dans le récit jusqu’au bout anti ordre établi.

Pas sur d’y revenir un jour ou tout du moins pas avant quelques temps.

Trop pour moi sans doute.

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26 avril 2009 7 26 /04 /avril /2009 14:42


Poursuite de la découverte des grands classiques avec l’ « Iliade » d’Homère.

Il est amusant voir navrant de constater que j’aurais lu avant  le classique originel « Ilium » l’indigeste et inutile version de science fiction de Dan Simmons.

Certes comme pour l’ « Odyssée » l’histoire est à peu prêt connue de tous pourtant, l’ « Iliade » est assez différente de l’ « Odyssée », c’est  en effet un pur livre de guerre, beaucoup plus violent et âpre, dont l’action se situe dans un lieu fixe.

Tout le livre d’Homère décrit l’affrontement entre les Achéens (ou Grecs) venus par la mer sur leurs navires (ou nefs ), assiégeant la ville fortifiée de Troie dans le but de récupérer Hélène la femme d’Agamemnon, enlevée par Paris le troyen.

Le récit est extrêmement dense, voir minutieux, les forces en présence ainsi que les caractères des principaux belligérants étant méticuleusement décrits.

Coté Achéens, le chef des armées est incontestablement Agamemnon le roi de Mycènes qui a poussé à cette guerre pour récupérer sa femme.

Il jouit d’une autorité quasi souveraine sur le commandement de part le nombre d’hommes qui lui sont dévoués.

Le seul à s’opposer à lui est Achille, le demi dieu fils de la déesse marine Thétis.

L’objet de leur différent est une jeune et jolie Troyenne du nom de Briseis qu’Achille a enlevée et garde comme esclave.

Agamemnon qui lui aussi tient en otage la fille d’un prêtre d’Apollon, provoque la colère du dieu de la lumière qui décime les rangs de ses soldats.

Pour l’apaiser il rend la fille du prêtre mais prend en dédommagement non sans autorité la captive d’Achille, ce qui froisse grandement la fierté de ce dernier.

L’ « Iliade » commence donc par un affrontement fratricide entre les deux Grecs les plus dominateurs de l’armée.

Finalement la dispute se solde par un violent rejet d’Achille qui décidant de ne plus combattre se retire à l’écart dans sa nef avec son fidèle ami-amant le vaillant Patrocle.

Le retrait d’Achille revêt une grande importance car le demi dieu, considéré comme invincible sur un champs de bataille, inspire une immense terreur aux Troyens.

D’autres personnages importants du contingent achéen sont Ménélas le roi de Sparte et frère d’Agamemnon, le puissant Diomède roi d’Argos appelé le « dompteur de cavales », les deux Ajax, le petit aux pieds rapides et le grand, sorte de terrifiant colosse, mais aussi dans des registres plus intellectuels le rusé Ulysse et Nestor, le vieux monarque dont la sagesse et les conseils tactiques sont écoutés de tous, y compris Agamemnon et Achille.

Coté Troyen, les héros sont plus rares, le chef incontesté est Hector, fils du roi de Troie, le vieux Priam, trop âgé pour combattre.

Il y a aussi bien entendu la cause du conflit le beau Paris, plus connu pour ses dons d’amants et d’archer que pour sa vaillance au combat.

Et puis fourmille une multitude de personnages secondaires comme Glaucos, Sarpédon ou les innombrables fils de Priam.

Le point important de cette bataille est que les Dieux de l’Olympe y jouent un rôle prépondérant.

Ils n’hésitent pas à intervenir personnellement en faveur d’un camps ou l’autre, et l’enjeu entre mortels devient vite un objet d’affrontement entre Immortels.

L ‘  « Iliade » est une longue succession de batailles entre les deux camps, d’attaques et de contre attaques, chaque camps prenant alternativement l’avantage à la faveur de nombreux retournements de situations provoqués par les Dieux.

Les Achéens bénéficient du soutien d’Athéna, de Poséidon, d’Héra et Hephaistos.

Les Troyens de celui de Zeus, Apollon, Arès ou Aphrodite.

Parmi tous ces soutiens, celui de Zeus prévaut sur tous les autres.

Les luttes entres les hommes sont dures, âpres et sanglantes et les morts nombreux.

Homère décrit admirablement l’action, utilisant de nombreuses métaphores poétiques comme « l’ombre vint sur ses yeux » pour décrire la mort ou « la flèche lourde de sanglots » pour un trait fatal.

Il utilise également abondamment les comparaison avec les animaux, principalement les fauves (lions, loups, sangliers ) ou les insectes (abeilles, guêpes, sauterelles) pour dépeindre les coups d’éclats.

En réalité malgré une certaine répétitivité dans les affrontements indécis, Homère insuffle un formidable souffle de réalisme dans ces combats.

Il s’agit souvent de batailles rangées, ou les hommes fortement cuirassés, casqués, utilisent leurs longues lances de bronze pour tuer, leurs boucliers multi couches pour se protéger ou plus rarement leurs épées pour le corps à corps.

Les arcs sont utilisés pour le combat à distance, les chars pour la cavalerie.

La première partie du récit est marquée par l’aristie, la folie guerrière de Diomède, transformé en surhumaine machine à tuer par Athéna, et qui met en déroute presque à lui tout seul l’armée troyenne.

Diomède dans sa fureur va même jusqu’à blesser deux Immortels, Aphrodite et Arès, avant d’être stoppé de justesse par Apollon lui même.

Après cette première percée achéenne, les rôles s’inversent, les Troyens reprennent l’avantage grâce à Hector qui les fait pousser jusqu’au nefs des assaillants afin des les incendier.

Lors de ces assauts, Diomède, Agamemnon et Ulysse sont blessés et mis hors combat.

La Achéens se retrouvent donc à leur tour assiégés et à deux doigts de reprendre la mer pour s’enfuir du sol troyen.

A ce moment critique, les manigances des Dieux atteignent leur paroxysme.

Le tournant du conflit est la mort de Patrocle, l’ami d’Achille, tué par Hector alors que les dieux défenseurs de Troie l’avaient mis en position de faiblesse.

Cette mort douloureuse fait sortir Achille de sa réserve boudeuse et aiguillonne une soif de vengeance sans limite contre Hector et les Troyens, vengeance du reste considérée comme juste par Zeus lui même.

La dernière partie du récit est la plus passionnante avec un paroxysme d’intensité provoqué par la rage destructrice d’Achille, le plus puissants des hommes que sa mère Thétis a rendu invulnérable en lui faisant confectionner une armure indestructible par Hephaistos.

Achille fait un carnage, irrite même le dieu du fleuve Scamandre qui essaie de le tuer avant d’être dompté par les efforts conjugués d’Héra et Hephaistos.

Dans le même temps les Dieux redoublent d’intensité de part et d’autre, soutenant chacun leur camps, favorisant leurs champions.

Finalement Achille retrouve Hector et les deux hommes s’affrontent en combat singulier.

Achille venge son ami mort en tuant Hector.

Il refuse de rendre sa dépouille à Priam et traîne son corps derrière son char pour le ramener au camps achéen.

A cette époque, il était important de rendre les derniers hommages au corps des morts en les incinérant après moultes sacrifices.

Achille fait pour Patrocle les funérailles d’un roi et recueille les cendres de son ami dans une urne d’or.

Les Dieux autorise Priam a récupérer le corps de son fils et le récit se conclut sur ce status quo apparent.

En conclusion, j’ai moins légèrement moins aimé « L’Iliade » que « L’Odyssée ».

Le récit bien qu’accordant également une place non négligeable à l’irrationnel m’est apparu moins poétique et merveilleux que celui du voyage d’Ulysse.

Autre petite déception, le récit de la prise de la ville par le fameux cheval ne figure par dans l’ « Iliade », ce qui minimise quelque peu le rôle pourtant décisif d’Ulysse.

Les affrontements quasi permanents entre les deux camps créent à mon goût une certaine uniformité qui peut quelque fois lasser.

Ainsi lorsqu’un homme d’importance mineure est tué, Homère brosse à chaque fois un portrait de plusieurs ligne de la personnalité du défunt.

Malgré ces critiques mineures, la langue d’Homère m’a séduit par son inventivité et par sa richesse exceptionnelle.

A travers le récit d’un des plus vieux conflits (imaginaire ou non ) de l’histoire de l’Humanité, se dessine le portrait d’authentiques modèles, ces héros, ces demi dieux, ses surhommes aimés des dieux pour qui les notions d’honneur et de courage sont supérieurs en valeur à celle de leur propre vie.

Alors évidemment la grandeur, puis le souffle épique de l’ « Iliade » finissent par nous emporter comme le fleuve puissant emporte un rondin de bois et il est très agréable de céder à tant de majesté.

Pour toutes ces raisons, par Zeus !  L’ « Iliade » n’a pas fini de nous fasciner et de nous inspirer.

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19 avril 2009 7 19 /04 /avril /2009 15:52


A mes yeux l’« Odyssée » d’Homère appartient sans doute à la catégorie des livres les plus influents dans l’Histoire de l’Humanité juste après les livres des trois grandes religions monothéistes.

Son universalité et sa force épique sont il est vrai sans pareil, mais si comme chacun d’entre nous je connaissais quelques épisodes de manière souvent incomplète, je n’avais jamais pris le temps de lire le récit d’Homère.

Et je dois avouer ne pas avoir été déçu par ce voyage hors du commun.

L’ « Odyssée » prend place chronologiquement après l’  « Iliade »,  les héros grecs (dit Achéens ) viennent de prendre la ville de Troie grâce à la ruse d’Ulysse après un long et pénible conflit de plus de dix années.

Pourtant Ulysse ne revient pas dans son royaume sur l’île d’Ithaque.

Il est porté disparu ou mort et ses rivaux, les nobles issus des grandes familles des îles environnantes convoitent le trône laissé vacant.

Restée seule à attendre son cher époux, la très belle et sage Pénélope se morfond dans son palais, désespérée à l’idée de devoir épouser un des nombreux prétendants au trône.

Alors elle gagne du temps en faisant et défaisant les fils de laine de la tunique funéraire qu’elle dit tisser pour les funérailles de son mari.

Télémaque, le jeune fils d’Ulysse, désespère également du retour de son père et a bien du mal à contenir la horde de prétendants qui s’est installée au château du roi, et qui profitant de l’absence du maître de maison banquette en terrain conquis.

Aussi se lance t il dans un voyage en mer vers Pylos puis Sparte pour en savoir davantage sur ce qui a pu arriver à son père tant aimé.

C’est ainsi que de fil en aiguille le parcours d’Ulysse ou tout du moins son « odyssée » se reconstitue.

On apprend que Ulysse a offensé Zeus en refusant un sacrifice dit hécatombe après la victoire contre Troie.

Ulysse a dans un premier temps mis pied à terre sur l’île des Cyclopes, fils de Poséidon, monstrueux géants à un seul oeil et retenu prisonnier avec ses compagnons par le terrible Polyphème, n’a pas eu d’autre choix que de l’éborgner pour se sauver.

L’ennemi d’Ulysse devient donc le puissant dieu de la mer, Poséidon qui va tout faire pour contrarier la route de ce mortel audacieux ayant mutilé un de ses fils.

Heureusement Ulysse a à ses cotés la déesse Athéna qui veillera sur lui tout le long du voyage et le tirera de biens des mauvais pas.

C’est donc ainsi que la légende commence.

On redécouvre donc avec ravissement les épisodes les plus fameux de cette histoire mythologique.

Des drogues du peuple des Lotophages, des griffes de Circé la magicienne qui change les hommes en animaux ou de l’attraction mortelle du chant des sirènes, Ulysse se sort plus facilement que je ne l’aurais pensé.

Il est il est vrai à chaque fois aidé par Athéna ou Hermès.

Mes passages préférés sont multiples, il y a le terrifiant passage maritime entre Charybde et Scylla, les deux invincibles monstres divins mais surtout le voyage jusqu’au royaume d’Hadès pour interroger un devin.

Au cour de ce passage, Ulysse entre en contact avec les ombres des morts.

Ce moment fantastique devient terriblement émouvant lorsque Ulysse retrouve ses proches tombés au combat, son ami Agamemnon trahi par sa femme ou sa propre mère.

Finalement, « l’homme aux mille ruses » comme il est appelé par ses pairs, parvient à revenir en Ithaque après que Zeus l’ait arraché à la déesse Calypso qui le retenait prisonnier durant des années sur son île.

La dernière partie du récit consiste donc à la reconquête de son trône et à la vengeance contre les traîtres.

Ulysse déguisé en mendiant rentre en catimini dans son palais, seul son fils Télémaque et sa vielle nourrice l’ayant reconnu.

Il remporte un tournoi destiné à déterminer qui devait épouser Pénélope, tournoi d’adresse et de force puisqu’il est le seul à pouvoir bander son arc et à pouvoir tirer entre douze haches alignées.

Ulysse, aidé par Athéna et Télémaque se venge alors impitoyablement et massacre les prétendants ainsi que les servantes de sa femme ayant trahies.

Les retrouvailles ave Pénélope sont émouvantes, celles ave Laërte le propre père d’Ulysse également.

L’ « Odyssée » est un livre d’une richesse extraordinaire baignant constamment le lecteur dans une atmosphère poétique de magie et de merveilleux.

Ce livre rend également hommage au courage humain ainsi qu’à son ingéniosité puisque c’est à chaque fois par la ruse qu’Ulysse, simple mortel triomphe d’êtres surnaturels ou d’ennemis plus nombreux.

On peut aussi avoir un lecture romantique de ce récit, avec Pénélope la vertueuse qui ne cède pas aux pressions et reste fidèle à son mari.

Ulysse le marin , l’aventurier, le meneur d’hommes, de son coté, n’aspire au final qu’à retrouver sa femme et sa patrie tant aimées.

Meme la belle Calypso qui lui promet l’immortalité ne parvient pas à le détourner de ces nobles pensées.

L’émotion n’est donc pas absente et c’est sans doute cette fragilité du héros dans les épreuves que les Dieux mettent contre lui qui le rend si formidablement proche de nous.

Pour toutes ses raisons, l ‘ « Odyssée » , livre mystérieux écrit à une époque indéterminée par un poète dont on ne sait rien, reste un récit inoubliable dont l’influence flotte encore sur nos cultures et ce même prêt de 3000 ans après.

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9 mars 2009 1 09 /03 /mars /2009 22:20


De Tennessee Williams je ne connaissais que « comme tout le monde » les pièces de théâtre fantastiques comme « Un tramway nommé désir » ou « Baby Doll » toutes  deux  merveilles d’infernales tensions sexuelles, dramatiques et psychologiques.

Aussi la lecture du recueil de nouvelles « Le boxeur manchot » m’a donné envie de découvrir une autre facette de l’homme de théâtre, à savoir l’écrivain.

Et je dois avouer avoir été plutôt enchanté du voyage sous la plume de Monsieur Williams.

Tout est dit ou presque dans ce titre curieux, presque absurde, ces nouvelles ne racontent que des histoires de marginaux, de gens vivants hors des normes de la société ou des convenances mais avec un coté incroyablement émouvant.

Un jeune boxeur mutilé, devenu prostitué et paria de la société, qui s’auto détruit dans la vagabondage, la débauche et le meurtre comprend presque miraculeusement dans l’attente de son exécution qu’il existe une humanité et qu’il a laissé passer son salut …. 

Destinée déchirante que l’auteur compare à celle d’une statue d’un apollon mourant …

Mais ce n’est rien à coté de l’histoire de « Malédiction », cet ouvrier perdu dans une ville étrangère ne vivant que pour la chatte qui partage sa solitude et sa détresse … Une histoire aussi simple que belle qui m’a  purement et simplement transpercé le cœur.

Les récits du « poète » amis des enfants vivant en ermite sur une plage dans des conditions d’extrême dénuement ou « les champs des enfants bleus » magnifique allusion au remord d’une femme par rapport à un amour de jeunesse, contiennent aussi des charges émotionnelles terriblement puissantes.

Mais il y a aussi des récits plus « durs » comme cette mystérieuse et morbide relation entre un petit homme masochiste et son colossal masseur noir qui le tue davantage à chaque séance à sa propre demande dans une volonté d’expiation par la douleur … ou la féroce révolte d’Alma dans « l’oiseau jaune », devenue prostituée indépendante et heureuse pour briser le joug du fanatisme de la religion qui a entraîné la mort de sa mère condamnée pour sorcellerie sur la foi de délirant témoignages des jeunes filles de Salem.

Solitude, misère sociale et affective, personnage décalés, rebelles, inadaptés au monde, poètes ratés, boxeur déchus, vierges hystériques, amantes malheureuses à jamais composent cette bouleversante palette d’humanité ébréchée.

Avec ce recueil j’ai compris que Tennessee Williams n’excellait pas seulement dans le théâtre mais que son art était plus vaste que ce champs déjà immense.

Cet homme possédait en effet le don de raconter des histoires et de toucher directement à la substantifique moelle des êtres humains.

« Le boxeur manchot » est donc un livre merveilleux, une véritable leçon de littérature.

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16 février 2009 1 16 /02 /février /2009 18:28


J’avais un grand père professeur d’allemand et germanophile intégriste qui érigeait Goethe au firmament de la Kultur avec un grand K.

Il était donc prévisible qu’un jour ou l’autre je vienne à tenter l’aventure germanique.

Ceci est chose faite avec « Les Souffrances du jeune Werther » roman culte en son temps (Napoléon le connaissait par cœur paraît il ! ) qui révéla au monde le talent du jeune écrivain.

« Les Souffrances du jeune Werther » s’inscrit pour moi dans la tradition d’un romantisme d’un autre temps, celui des « Liaisons dangereuses » , de « la Nouvelle Heloise » et plus généralement celui du siècle des lumières.

On peut trouver cela charmant ou parfaitement désuet et ridicule selon ses goûts.

C’est un mélange de son expérience sentimentale personnelle douloureuse et d’une tragédie survenue à l’un de ses proches qui inspira Goethe pour ce livre.

La forme utilisée est particulière puisqu’elle se présente comme un long échange épistolaire (à sens unique en fait ) entre le narrateur, le jeune Werther et un ami inconnu et factice un certain Wilhelm.

Werther y raconte longuement les tourments qui l’ont assailli, quand ayant pris du recul dans un charmant petit village de Wetzlar, il eut le malheur de tomber amoureux d’une certaine Charlotte fille d’un comte local et mariée à un certain Albert, homme de haut rang, apparemment irréprochable mais manquant de la fantaisie et de la folie de l ‘artiste.

Après une période de pleine euphorie ou Werther s’extasie sur la nature en fête, et sur l’effet bénéfique que lui procure son amour pour Charlotte, le jeune homme plonge progressivement dés l’arrivée d’Albert dans un enfer psychologique sans fin.

La situation est classique, l’infernal triangle amoureux avec une femme inaccessible ce qui ne fait sans doute qu’attiser le désir du jeune et fougueux Werther.

Ce qui ajoute au coté malsain de l’histoire c’est que Werther est régulièrement invité par le couple, Charlotte appreçiant en effet sa compagnie amicale et le mari le tolérant pour sa vivacité d’esprit.

Sentant le danger, Werther tentera bien de se faire muter dans un poste à l’ambassade mais il ne s’y sentira jamais à l’aise et pire, victime d’une rumeur nauséabonde en raison d’une liaison avec une jeune comtesse, il démissionna et revint précipitamment se jeter dans son piége tant adoré.

Au passage, les descriptions du monde de l’ambassade, de la médiocrité des employés et des cadres sont assez savoureuses, Werther y apparaissant comme un esprit libre terriblement anti conformiste et critique vis à vis de la noblesse, « race » qu’il déteste visiblement au plus haut point.

De retour à Wetzlar, la situation s’envenime et une succession de micro-drames vient exacerber la sensibilité à fleur de peau du jeune homme, l’acculant au désespoir.

L’ombre du suicide jusqu’alors esquissée se fait de plus en plus insistante.

Finalement le dénouement tragique aura lieu.

Goethe conclut donc de façon la plus dramatique cette histoire d’amour impossible et de chagrin trop lourd à supporter pour une vie terrestre.

J’avoue que le succès foudroyant de ce roman me surprend fortement.

Je soupçonnai au départ un fort attrait du public féminin pour ce type d’ouvrage mais apparemment les hommes aussi aimaient ce livre peut être parce qu’au fond l’histoire de Werther est puissamment universelle et qu’elle renvoie tout à chacun à ses propres blessures amoureuses.

Quoi de plus universel et classique en effet de désirer une femme qui ne veut pas de soi ou qui nous est inaccessible ?

J’avoue moi-meme m’être une fois douloureusement meurtri dans cet engrenage.

Sur le livre en lui même, je n’ai pas été très touché par les déboires de ce jeune homme de bonne famille, oisif et privilégié et ne pas être très réceptif à ce type de littérature trop sentimentale à mon goût.

Et puis Goethe n’est il pas tout au fond considéré comme un génie par ses poésies et ses pièces de théâtre (comme Faust) ?

 

 

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