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11 septembre 2017 1 11 /09 /septembre /2017 19:43

Après son premier roman en 2001, Fellag sort en 2002 « C’est à Alger » construit toujours sur le même modèle de courte nouvelles.
Ici il est question de la terrible guerre civile qui ensanglanta l’Algérie durant les années 90, mais ce drame contemporain préfigurant déjà la montée de l’islamisme radical est ici traité comme un arrière plan menaçant.
Dans la première nouvelle écrite en 1975« La théorie des dominos », Mourad un simple citoyen algérois est enlevé brutalement un beau jour et soumis à d’intenses séances de tortures psychologiques et physiques avant de comprendre que ces bourreaux ne lui reproche que d’avoir ri en public à une plaisanterie sur le régime.
Dans la seconde, écrite en 1992, on bascule dans l’onirisme le plus total avec Farid un jeune artiste approché par Momo un djinn perse pour devenir à son tour immortel et assurer la survie de l’espèce humaine, salement malmenée en ces jours de massacres aveugles.
Classiquement, dans « La balle », deux copains d’enfance Kamel et Nordine se retrouvent face à face dans une bataille rangée entre terroristes islamiques et soldats.
Leur histoire commune, fortement similaire, est évoquée au moment ou la balle sort du canon de l’arme du soldat avant de tuer son ami.
Mais l’issue est pour les deux, la même : la mort.
Ecrit en 1997, « Allo ! » est une vibrante lettre d’amour d’une jeune algérienne diplômée en droit à son amant, accompagnée de réflexions et critiques sur la condition de la femme, déplorable en Algérie.
Dans l’ultime nouvelle, plus récente, on suit le parcours parallèle d’Hocine émigré algérien en galère dans le froid et la dureté New-Yorkais et de son passé, douloureux à Alger avec la peur permanente de faire partie de la prochaine fournée d’amis intellectuels (ou non) assassinés.
Malheureusement pour lui Hocine est pris par la police après que les tours du World Trade Center se soient effondrées…
En conclusion, j’ai sans doute bien fait de persévérer après le désastreux « Rue des petites daurades » car « C’est à Alger » fait preuve d’une belle profondeur et d’une maturité bien supérieure.
Fellag aborde ainsi tous les aspects de la guerre : la peur de se faire, enlevé, torturé et assassiné par les deux camps sans motif apparent, la pression sur la population interdite de libre-pensée..
Les cibles ? Comme souvent les intellectuels, les artistes…et les femmes cible particulières des islamistes.
Pour lutter, Fellag n’emploie pas ici l’humour mais fait appel à des descriptions acérées, des structures abouties et joue sur l’émotion viscérale des protagonistes…
Le résultat, aussi impressionnant que glaçant, s’apparente à un cauchemar éveillé que bien peu d’hommes seraient amènes de supporter sans perdre la raison.

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23 août 2017 3 23 /08 /août /2017 18:34

Au risque de provoquer un grand écart cinématographique voici à présent « Les visiteurs » du maitre Elia Kazan.
Avant dernier film de Kazan, « Les visiteurs » sort en 1976.
Ancien du Viêt-Nam, Bill Smidt (James Woods) vit en parfaite harmonie avec sa femme Martha (Patricia Joyce) dans une immense propriété du Connecticut.
Le couple qui a un enfant en bas âge a la visite de deux copains d’armée de Bill, Mike Nickerson (Steve Railsback) et Tony Rodrigues (Chico Martinez).
Dans un froid glacial, les ex soldats s’installent et évoquent le bon vieux temps avec Bill.
Mais un malaise ne tarde pas à poindre lorsque Martha comprend que les deux ex soldats sont venus régler leur compte avec son mari, qui les a dénoncé en cour martiale pour avoir violé t tué une civile vietnamienne.
Assez curieusement Harry (Patrick M Vey) le père de Martha, un vieil écrivain à succès propriétaire de la propriété semble prendre en sympathie les deux hommes qui l’aident à tuer un dogue ayant blessé le chien de la maison.
Les trois hommes chargent la bête pour narguer le voisin, picolent et regardent un match de football en évoquant leurs souvenirs de l’armée.
Le vieil excentrique prend le parti des ex soldats dénoncés puis se retire dans sa chambre après s’être blessé à la main avec un couteau.
Le rapprochement vicieux de Mike vis-à-vis de Martha provoque la colère de Bill et un violent affrontement à mains nues.
Vaincu, Bill laisse le champs libre à Mike qui se venge en violant Martha sous l’œil plus neutre de Tony.
Le couple reste au final seul avec ses meurtrissures.
En conclusion, beaucoup moins connu que les immenses classiques « Un tramway nommé désir » ou « Sur les quais » et tant d’autres, « Les visiteurs » est un petit film fauché, réaliste et glacial insinuant un climat de malaise grandissant.
Lent, tordu et malsain, le film vaut surtout le détour pour son atmosphère très seventies et la qualité de ses acteurs, James Woods en tete !

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20 août 2017 7 20 /08 /août /2017 16:29

Sorti en 2001, « Rue des petites daurades » est le second roman de Fellag, l’humoriste et acteur algérien.
Le but affiché ici est de raconter dans une rue imaginaire de Paris l’agrégat de tous les souvenirs de Fellag concernant les quartiers populaires dans lequel il a vécu dans les années 90.
« Rue des petites daurades » ressemble donc à une succession interrompue de portraits : principalement le fantasque Farid dans lequel l’auteur se reconnait surement, qui  tombé sous de charme de Wanda, exilée yougoslave rencontrée dans des circonstances romanesques à la gare de l’Est vient d’avoir un enfant de lui !
La rue des petites daurades, ce sont aussi deux bars antagonistes, l’un le Revizor repaire de l’extrême droite française et l’autre les Chants alizées tenu par un couple berbère mais en réalité multiculturel.
Après la galerie de portraits, majoritairement d’émigrés, arabe comme le pickpocket au grand cœur Mourad ou le musicien russe Sergei, mais aussi de Français marginaux comme l’ex SDF Alain ou Georges le concierge ex para aimant se battre avec les Arabes du quartier, vient un semblant d’histoire autour de Fred dit Monsieur X, un malade du SIDA pris en grippe par tout un immeuble en raison de ses manies excentriques.
Seul Farid finit par sympathiser avec Monsieur X et à gagner sa confiance.
Après sa mort, la question de la dispersion de ses cendres du toit de la cité divise tout le quartier, les fachos et les vieux s’opposant à ce rite qu’ils jugent offensant, tandis que les amis de Farid soutenus par une intelligentsia de gauche (Cavanna, Sellier, Bové) souhaitent eux respecter les dernières volontés du mort.
Après une période de haute tension et l’intervention des CRS venus s’interposer, les partisans de Farid font mine de se retirer mais secrètement aidé par Georges, faux raciste au grand cœur, parviennent à réaliser l’opération en pleine nuit.
En conclusion, « Rue des petites daurades » est un livre bien mineur et d’un intérêt tout relatif.
Certes Fellag en bon humoriste a parfois le sens du jeu de mot et de la formule qui fait mouche, mais sa plume ne tient vraiment pas la distance.
Entre anecdotes creuses et embryon d’histoire, son roman tourne à vide et verse souvent dans l’éloge de la marginalité, de la débrouille (comme si finalement personne dans les quartiers populaires de Paris ne travaillait !) et d’un « vivre ensemble » multiethnique parfois écœurant de bons sentiments…
Ce n’est donc pas ce roman qui me donnera envie d’aimer le Fellag romancier.

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19 août 2017 6 19 /08 /août /2017 09:59

Immense classique du cinéma italien et film clé dans la carrière d’Alain Delon, « Le guépard » de Luchino Visconti, ses multiples prix dont un césar et ses 3 heures fait figure de monument impressionnant.
Sorti en 1963 d‘après un roman de Giuseppe Tomsi di Lampedusa, « Le guépard » prend pour cadre historique la  tentative de révolution italienne de 1860 emmenée par le Général Garibaldi.
Fabrizio Corbera de Salina (Burt Lancaster) est un riche aristocrate sicilien qui pressent donc s’effondrer un monde au profit d’un autre.
Résigné et nostalgique, Salina se retire dans sa résidence de Donnafugata accepte donc ces bouleversements avec dignité, confiant en la résistance naturelle de l’âme sicilienne par nature trop indomptable pour plier le joug devant un pouvoir continental centralisé.
Il accepte même le ralliement de son neveu Tancrède Falconeri (Alain Delon) aux troupes de Garibaldi pour mener la guerre aux troupes royales sur la terre sicilienne.
Lorsque Tancrède revient légèrement blessé à la tête mais auréolé du prestige des vainqueurs, il fait forte impression dans les réceptions locales et séduit Angelica Sedara (Claudia Cardinale) la jeune et jolie fille du maire Sedara (Paolo Stoppa), petit homme arriviste mais sans élégance.
En homme avisé, Salina se renseigne auprès de son homme à tout faire et comprend que Angelica est une fille honorable, appartenant de surcroit à une riche famille alors que Tancrède est sans le sous
Il donne donc son accord  à cette union.
Lorsque Tancrède revient en Sicile habillé comme son ami le comte Cavriaghi (Terence Hill !) de l’uniforme des troupes royales après avoir changé de bord une fois l‘entreprise hasardeuse de Garibaldi stoppée, son prestige croit encore plus auprès de son oncle… et le rapprochement s’opère avec Angelica.
Après avoir éconduit poliment Chevalley (Leslie French) un représentant du nouveau gouvernement qui lui propose une charge au Piémont, Salina peut se consacrer à l’organisation d’un bal fastueux au cours duquel les invités rivalisent de prouesses en danses et mondanités.
Pourtant, usé et fatigué, Salina finit par sortir pour aller marcher seul dans les rues.
En conclusion, au risque de blasphématoire, « Le guépard » m’a prodigieusement assommé et s’est avéré un long supplice s’étalant sur près de trois heures.
La reconstitution historique et la qualité des image sont certes impressionnantes mais le rythme du récit est incroyablement lent et maniéré.
Outre la pauvreté de l’intrigue (le spleen d’un vieil aristocrate perdant ses privilèges), « Le guépard » se caractérise par son immobilisme et son manque total d’action, si ce n’est quelques échauffourées entre soldats à son début.
Désolé donc de ne pas apprécier cette pièce de musée bonne pour moi à ranger aux oubliettes aux cotés des « Sissi impératrice ».

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12 juillet 2017 3 12 /07 /juillet /2017 17:49

Cinéma étranger, Malien plus exactement avec « Timbuktu » d’Abderrahmane Sissoko qui sorti décrocha de nombreux prix et fut auréolé de 5 césars.
Sorti en 2014, « Timbuktu » raconte la prise de contrôle de la ville par une milice islamiste pratiquant la charia pure et dure.
Kidane (Ibrahim Ahmed) un éleveur bovin touareg se refuse de quitter son emplacement habituel et continue sa vie paisible même si femme Satima (Toulou Kiki) fait l’objet de visites de plus en plus insistantes d’Abdelkrim (Abel Jafri) l’un des leaders arabes du groupe composé d’une mosaïque de combattants étrangers, notamment français ayant tourné le dos à l’Occident.
Si l’iman (Abel Mahmoud Cherif) tente courageusement de faire jouer son prestige pour entraver la montée en puissance des djihadistes commandés par Abou Jafaar (Damien Ndje), ceci ne suffit pas à instaurer progressivement leurs lois : obligation aux femmes de se couvrir y compris mains et pieds, interdiction de jouer au football et d’écouter de la musique…
Les arrestations se multiplient et aboutissent à des condamnations toujours plus sévères : coups de fouets et même lapidation pour les adultères.
Un jour le destin de Kidane bascule lorsque Amadou (Omar Haidara) le pêcheur tue sa vache préférée GPS qui s’était emmêlée dans ses filets.
Furieux, Kidane s’en va régler ses comptes et se bat avec le pécheur.
Après une lutte confuse, Kidane le tue à l’aide d’un pistolet.
Arrêté par les djihadistes, il est jugé selon les principes de la charia et ne pouvant ni payer le tribu exorbitant qu’on lui réclame ni se faire pardonner de la famille de sa victime est condamné à mort.
Kidane accueille dignement la sentence, son seul regret étant de ne pas pouvoir revoir sa fille adorée Toya (Layla Walet Mohamed).
Avant de mourir, un raid à moto lui permet de voir une dernière fois Satima qui se jetant dans ses bras provoque leur mort à tous les deux.
Seule, Toya court dans le désert pour échapper aux djihadistes.
En conclusion, film original traitant d‘un sujet brulant de l‘actualité, « Timbuktu » est surtout remarquable par sa patiente construction et sa lenteur, similaire au rythme de vie des habitants du désert malien.
Le processus de domination est brillamment décortiqué tout comme la résistance des habitants.
La tragédie est présente mais à mon sens trop lourdement appuyée…
Outre sa mollesse, « Timbuktu » pêche pour moi par quelques personnages et scènes assez inexplicables : tel ce plan d’un blanc emmené dans le désert et traité comme un otage mais avec un certain respect par les djihadistes ou Zabou, cette illuminée mystique étrangement laissée en paix par les islamistes…
La fin laisse également le beau rôle aux forces fascisantes qui ont gagné puisque asservi la ville et tué ou emprisonné les résistants.
Ce triomphe fataliste du Mal représenté par quelques barbus armés de vieilles pétoires, laisse donc un gout amer dans la bouche et confère au film un aspect trop geignard à mon sens.

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10 juillet 2017 1 10 /07 /juillet /2017 14:42

En 2016 en pleine fièvre des Jeux Olympiques sort « Je suis Rio » chez Anacaona, recueil de vingt cinq nouvelles d’auteurs brésiliens contemporains parlant de la « cidade maravilhosa » du Brésil.
Dans la première d’entre elles, Claudia Tajes prend comme angle d’approche le don d’une vieille casserole abimée d’une riche bourgeoise du quartier de Leblon à sa femme de ménage pour souligner la différence entre classes sociales, puis Bartolomeu Jr relate brillamment une dispute dans un bus un jour de canicule en expliquant un jeu tragico-comique entre la contrôleuse, son mari, son amant le conducteur du bus et un ancien militaire révulsé par le changement au point de vouloir sortir une arme.
Dans « Maria », Conceicão Evaristo raconte sans doute l’histoire la plus poignante du recueil avec une femme noire rencontrant son ex mari et père de son enfant dans un bus, se faisant ensuite lyncher par la foule après que celui-ci ait braqué ce meme bus…
Le très rebelle Ferrez prend position pour les favelados dans trois courtes nouvelles, l’une se mettant à la place d’un braqueur, l’autre de deux gosses rudoyés par des policiers puis la dernière d’un modeste travailleur également humilié.
Point de vue décalé d’André Diniz qui en bandes dessinées avoue détester sa ville natale : sa chaleur écrasante, son chaos et sa violence endémiques au point de l’avoir quittée pour vivre ailleurs à São Paulo puis au Portugal.
Texte magnifique de Paula Anacaona elle-même autour de la carioca moderne se devant de faire face sur tous les fronts, puis formidable de Lucia Bettencourt qui relate avec intelligence la désillusion d’une touriste entre deux âges rêvant de perdre la tête au Carnaval, pour néanmoins finir avec le réceptionniste de son hôtel tout compte fait, plutôt à son gout.
Bettencourt fera également preuve de finesse dans un second texte, au demeurant moins puissant qui met en lumière le plan drague de certains hommes se faisant passer pour des intellectuels.
Carnaval toujours avec Duda Tajes qui raconte son incroyable expérience de quelques jours avec une prostituée métisse qui voulait faire « autre chose » pendant ses vacances.
Les textes suivant m’ont moins enchanté, Marcelino Freire tout en suggestion mêlant étroitement tourisme et criminalité, Rodrigo Santos rendant hommage en voisin de São Gonzalo à ce Rio pas si lointain au cours d’une traversée de la baie de Guanabara avec en toile de fond une demande en mariage inaboutie, mais le pire étant le style horriblement urbain de la jeune bloggeuse Jessica Oliveira.
Peu d’intérêt également malgré le côté rapporteur social de Jesse Andarilho pour un championnat de foot entre trafiquants des favelas de Rio, ni même pour les matchs du dimanche, mis à l’honneur par Victor Escobar.
Histoires plus personnelles mais ô combien difficiles que celle de Raquel Oliveira qui à 44 ans décide de reprendre ses études pour devenir institutrice sous les quolibets de ses voisins favelados puis de Joanna Ribeiro qui met en plein dans le mille social avec une amourette entre la fille intello d’une femme de ménage et celle de sa patronne, une bourgeoise de Botafogo.
Misère toujours avec une histoire de Sans terre découvrant la mer de Geovani Martins, la vie brisée d’un gamin des rues narrée par Marco Teles, celle d’un gardien de parking poivrot par Helena Parente Cunha.
Dans les deux derniers textes, le sarau sorte de slam des favelas, est mis à l’honneur dans la bande dessinée d’Alexandre de Maio atour du personnage du rappeur-slammeur Dudu de la ville Baixa Fluminense dans l‘état de Rio,  puis chez Yolanda Soares qui raconte comment vaincre sa peur du téléphérique pour se rendre dans la favela pacifiée d’Alemão afin d’assister à une performance artistique.
En conclusion, forcément inégal, « Je suis Rio » est un recueil passionnant d’une incroyable vitalité et créativité.
Prenant le parti d’une approche moderniste et réaliste de Rio loin des clichés touristiques, « Je suis Rio » tape souvent juste lorsqu’il évoque cette ville à deux vitesses entre les riches des quartiers sud de la ville et leurs employés des favelas devant souvent prendre deux bus+un métro pour arriver jusqu’à eux.
Ce sont assurément ces récits de situations de la vie de tous les jours, celles des employés galérant dans des transports publics déficients pour survivre qui m’ont le plus intéressés.
Mais il semble que malgré la « pacification » de certaines favelas du centre ville à l’approche des grands évènements touristiques (Coupe du monde, Jeux Olympiques), la violence fasse partie intégrale de la capitale carioca, aussi les récits de gamins des rues, de personnages misérables ou de petits voyous abondent, évoquant l’aspect le plus dure de la réalité brésilienne.
Enfin, j’ai été je l’avoue assez peu sensible au coté « rap/slam/revendicatif » de l’ouvrage comme je le suis du reste assez peu à cet aspect en France…
Reste un ouvrage très intéressant, souvent émouvant ou passionnant, à mon sens essentiel pour comprendre le Rio de Janeiro d’aujourd’hui.

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8 juin 2017 4 08 /06 /juin /2017 20:41

Après avoir lu et adoré le livre de D.H Lawrence, je me devais de regarder « Lady Chatterley » adaptation de Pascale Ferran en 2006.
Auréolé de multiples prix français dont celui du César du meilleur film et de la meilleure actrice, « Lady Chatterley » raconte l’histoire de Lady Constance Chatterley (Marina Hands), jeune noble mariée avec Clifford (Hippolyte Girardot) propriétaire d’un petit domaine dans les Highlands anglais.
Handicapé après une blessure aux jambes obtenue dans la Guerre de 1914-1918, Clifford consacre toute son énergie à l’exploitation minière source principale de sa richesse.
Constance supporte assez mal de faire tapisserie auprès des amis de son mari et développe une affection qui l’affaiblit.
Heureusement Constance réconfort dans les ballades du grand parc de la propriété et finit par faire la connaissance du garde-chasse, Parkin (Jean-Louis Coullo’ch) un homme d’âge mur au physique robuste.
Troublée, Constance se sent attirée et finit par céder à ses envies dans la cabane perdue au milieu de la foret.
Avec Parkin, elle découvre une sexualité épanouissante et développe une passion amoureuse…à l’opposé de sa relation avec Clifford personnage froid, cassant, se complaisant dans une vision de caste visant à assoir sa présupposée domination sociale.
Quand Constance accompagne sa sœur Hilda (Hélène Fillières) pour un voyage dans un voyage d’une semaine dans le sud de la France, elle tente sans grand succès de convaincre Parkin de quitter son métier et se faire entretenir…
Le couple se quitte sur la promesse de retrouvailles, mais Constance apprend ensuite par lettre interposées que Parkin a été rattrapé par sa femme et a fini par devoir quitter ses fonctions.
Elle retrouve donc son amant amoché après une bagarre contre le mari mineur de sa femme, lui annonce être enceinte de lui et le laisse partir à Sheffield en lui faisant la promesse de l’aider financièrement si les choses tournent mal.
En conclusion, « Lady Chatterley » est une adaptation contemplative et sensuelle du roman de D.H Lawrence.
Ferran préfère se focaliser sur la relation passionnelle qui se développe crescendo avec un point culminant dans une scène d’amour sous la pluie en pleine foret et délaisse quelque peu l’aspect anti modernité et lutte des classes beaucoup plus marqué dans le roman.
Le résultat est un beau film, let et un peu trop froid à mon gout.
Reste le couple d’acteur Hans-Coullo’ch, parfait dans la belle et la bête.

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4 juin 2017 7 04 /06 /juin /2017 08:29

On ne présente plus le talent de Wagner Moura, excellent acteur brésilien qu’on retrouve ici dans « Serra pelada » de Heitor Dhalia.
Sorti en 2013, ce film raconte la ruée vers l’or des mines du Serra Pelada en Amazonie découvertes au début des années 80.
Cette découverte provoqua l’exode immédiat et brutal de milliers de Brésiliens, se reconvertissant en chercheurs d'or pour tenter leur chance en tant que garimpos.
Deux hommes de São Paulo, Juliano (Juliano Cazarré) et Joaquim (Juliano Andrade) se retrouvent sur le chemin et deviennent amis, se jurant de se porter assistance mutuelle dans leur quête de richesse.
Alors que Juliano le costaud fuit se créanciers, le plus tranquille professeur Joaquim, quitte Isabel (Eline Porto) sa femme enceinte pour tenter de se construire un meilleur avenir.
Les deux hommes découvrent un véritable Far west ou les mineurs se tuent à la tache en piochant et charriant des sacs de terre, encadrés par des concessionnaires eux-mêmes travaillant pour les capitalistos, les véritables propriétaires des mines.
Après un premier succès, les deux amis décident de gravir cette hiérarchie et d’employer des mineurs qui doivent leur verser une commission à chaque découverte.
Mais dans ce monde brutal, la violence ne tarde pas à émerger et Juliano est obligé de tuer Navalhada (Jesuita Barbosa) un travesti, qui voulait s’approprier leur mine et menaçait Joaquim au couteau.
Ayant franchi un cap, Juliano prend de l’assurance et achète un pistolet pour se protéger de Marcelo (Lyu Arisson) l’amant de Navlhada qui a juré de le venger.
Alors que le gouvernement intervient pour interdire les armes, l’alcool et les femmes sur le camp, Juliano emmène Joaquim dans les villes-bordels aux alentours dans lesquelles les mineurs claquent tout leur or dans un océan de débauche.
Là, Juliano s’enamoure de Tereza (Sophie Charlotte), la protégée du colonel Carvalho (Mattheus Nachtergaele) un des plus gros caïds de garimpos de ouro.
L’ambitieux Juliano refuse l’offre de Carvalho pour racheter sa mine, au grand damne de Joaquim qui comptait lui vendre pour quitter cet endroit malsain et rentrer chez lui auprès de sa femme.
Les deux amis se disputent mais Juliano a pris l’ascendant par la violence et tue un tueur envoyé par Carvalho.
Peu décidé à laisser Tereza se marier avec son rival, il le tue à la sortie du mariage et prend sa place comme colonel/trafiquant.
Devenu un caïd, Juliano s’approprie également Tereza et devient aussi brutal que son prédécesseur.
Il se sépare de Joaquim qu’il ne considère plus comme son associé et celui-ci redevient simple mineur à son compte.
La chance finit par lui sourire après une crise de malaria et il compte bel et bien repartir chez lui avec une coquette somme d’argent.
Malheureusement la violence le rattrape et son or est dérobé sur le chemin du retour.
Furieux, Joaquim accepte de travailler pour Lindo Rico (Wagner Moura), un habile rivale de Juliano.
Rico lui demande de lui indiquer ou dérober le livre de comptes de Juliano pour le livrer à l’un de ses hommes, un policier corrompu.
Il manœuvre également pour employer Marcelo et ses travestis comme hommes de mains et in fine tueurs de Juliano.
Joaquim collabore mais est rattrapé par Juliano qui brisé après le départ de Tereza, lui avoue n’être pour rien dans le vol de son argent.
Joaquim comprend alors que Rico l’a berné et les deux amis s’unissent une dernière fois pour tuer Marcelo et ses amis venus les abattre.
Juliano conduit Joaquim blessé à l’hôpital avant d’être pris par la police.
Revenu à São Paulo, pauvre mais en vie, Juliano retrouve Isabel et sa fille.
Il a ensuite la délicieuse surprise de recevoir un chèque de son ami, qui sorti de prison en corrompant les gardiens, retrouvent Rico pour se venger…
En conclusion, « Serra pelada » est un film très intense porté par des acteurs de très haut niveau autour de Wagner Moura, second rôle de luxe derrière le musculeux Juliano Cazarré et l’incroyablement sexy Sophie Charlotte.
L’histoire d’une ascension d’un modeste mineur en colonel trafiquant local de premier plan n’est certes pas original mais extrêmement bien décrite.
L’enfer de la vie des mines d’or géantes, similaires à la construction des pyramides égyptiennes en terme de main d’œuvre humaine mais également de mortalité, la violence causé par l’appât du gain et l’exploitation humaine sont également des axes forts du film.
Dhalia nous fait vivre la moiteur des folles nuits amazoniennes ou le sexe, l’alcool et la violence se mélangent…
En conséquence, je ne peux que conseiller ce chef d’œuvre méconnu !

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30 mai 2017 2 30 /05 /mai /2017 22:12

Beaucoup de cinéma actuellement avec « Tyrannosaur » premier film anglais de Paddy Considine.
Sorti en 2011, « Tyrannosaur » se déroule dans la banlieue la plus crasseuse possible de Glasgow ou Joseph (Peter Mullan) un vieil homme solitaire et paumé se débat dans sa propre violence, tuant son chien de rage et se battant avec les petits voyous de son quartier.
Triste et instable, Joseph rencontre Hannah (Olivia Colman) une jeune femme chrétienne travaillant comme bénévole dans un magasin de vêtements.
Hannah ne recule pas devant l’irascibilité de Joseph et une relation s’installe entre eux.
Mais Joseph ignore le terrible secret d’Hannah, qui le soir venu se fait frapper dans sa belle maison bourgeoise par James (Eddie Marsan) son mari stérile et vicieux.
Joseph qui s’est pris d’amitié pour un jeune enfant de six ans Samuel (Samuel Bottomley) martyrisé par son beau père, un voyou utilisant son pit-bull pour terroriser le quartier, n’hésite pas à lui tenir tête reculant in extremis au moment d’affronter le chien instrumentalisé.
Hannah continue de s’investir et participe activement à la fin de vie de Jack (Robin Butler) un ami proche de Joseph atteint d’un cancer.
L’enterrement assez joyeux de Jack est encore un motif de rapprochement mais James se montre de plus en plus jaloux et menaçant, forçant Hannah à sortir en boite par peur de rentrer chez elle.
La confrontation finit cependant par arriver et Hannah le visage tuméfiée, finit quitter James pour trouver refuge chez Joseph, qui sous des dehors de dur à cuir, accepte de l’aider.
Joseph finit par lui avouer que depuis la mort de sa femme, il se laisse glisser dans la dépression et Hannah compatit à sa douleur.
Finalement lorsque Joseph décide de retourner chez Hannah régler son compte à James, il le découvre mort, la gorge tranchée.
Hannah avoue le crime mais se justifie par les sévices (viol, torture, coups) qu’il lui a fait subir.
L’histoire bascule à nouveau lorsque Samuel a le visage déchiqueté par le pit-bull ce qui force Joseph à le tuer.
Après avoir fait un peu de prison, Joseph requinqué quitte le quartier pour un nouveau départ, laissant sa nouvelle adresse à Hannah, elle-même incarcérée.
En conclusion, « Tyrannosaur » est un film assez désespérant d’une grande noirceur.
Avec un charisme digne de Bruce Willis ou Clint Eastwood, Mullan compose un anti héros triste, instable et violent évoluant dans le quart monde de l’Europe, au milieu de minables aussi pauvres que stupides.
Mais la palme de l’interprétation revient à Hannah Colman, très émouvante en femme martyrisé par un mari vicieux trouvant finalement l’amour en rencontrant une âme sœur brisée comme elle.
Difficile donc malgré la force du sujet et la qualité indéniable des deux acteurs principaux de sortir heureux de ce film bien trop lent, austère et déprimant à mes yeux…

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30 avril 2017 7 30 /04 /avril /2017 21:34

N’ayant jamais vu « Slumdog millionaire » de Danny Boyle, j’ai voulu réparer cette carence ce week end.
Multi oscarisé (8 fois !) après sa sortie en 2008, « Slumdog millionaire » est une adaptation d’un roman indien de Vikas Darup, montrant la folle réussite d’un indien des bidonvilles de Bombay, Jamal Malik (Dev Patel) qui va remporter 20 millions de roupies au jeu d‘origine américaine « Qui veut gagner des millions ? ».
Le spectateur suit donc un déroulement à rebours dans lequel Jamal torturé par des policiers qui le soupçonnent de tricherie, refait l’intégrale de son itinéraire de gosse des rues lui ayant permis avec un mélange d’intelligence et de chance d’arriver là ou il est à présent.
Après que sa famille ait été massacrée au cours d’une attaque contre les Musulmans, Jamal est recueilli avec son frère Salim par Maman (Ankur Vidal) un chef d’une organisation criminelle faisant miroiter aux enfants des carrières dans la chanson avant de les mutiler pour en faire des mendiants rentables.
Jamal comprend assez vite le mécanisme dans lequel l’entraine Maman et sauve Salim de la torture.
Les deux frères parviennent à fuir par le train mais laissent sur place, Latika (Freida Pinto) une jeune fille avec qui il avait sympathisé dans le camp.
Soudés dans l’adversité, Jamal et Salim vivent de vols et d’arnaques principalement sur les touristes naïfs.
Chacune des expériences vécues dans la rue fournit une information que Jamal est en mesure d’exploiter face à Prem Kumar (Anil Kapoor) le roublard animateur du jeu.
Lorsque Jamal pousse Salim a aller chercher Latika coute que coute, une bagarre éclate et abouti à la mort de Maman qui ne voulait pas lâcher une potentielle petite prostituée.
Salim exploite cette mort pour se faire une réputation dans la rue et entre au service de Javed (Mahesh Manjrekar) un caïd rival encore plus puissant que Maman.
La décision radicale de Salim aboutit à un clash avec Jamal et à la vente de Latika à Javed qui en fait sa compagne/bonniche.
Plus tard, devenu serveur dans un centre d’appel de Bombay, Jamal interroge les bases de données de son entreprise pour retrouver Salim.
Les deux jeunes hommes se retrouvent sur un chantier et Salim accepte de mauvaise grâce de donner l’adresse de Latika chez Javed.
Jamal se rend sur place en se faisant passer pour un cuisinier et parvient à combattre la belle de le rejoindre à la gare pour fuir cette brute.
Mais Salim intervient à nouveau et sépare les amants, balafrant pour l’occasion la rebelle.
Bien plus tard, Jamal participe au jeu qu’il sait que Latika regarde et reçoit l’aide inespérée de Salim qui touché par l’incroyable réussite de son ami, accepte d’aider Latika à s’échapper en tuant Javed et en payant de sa vie cet acte fou.
Couronné champion honnête après avoir surmonté un interrogatoire serré agrémenté de torture, Jamal peut ainsi retrouver sa belle…
En conclusion, « Slumdog millionaire » demeure pour moi un succès incompréhensible et  incroyablement surestimé.
Le scénario pour original, reste cependant celui d’un conte de fée moderne avec une histoire d’amour classique et un invraisemblable concours de circonstances…
Alors certes le choix de l’Inde des bas-fonds demeure pour certains exotique, mais rien pour moi qui justifie de hisser cette petite amourette tout public au rang de chef d’œuvre octo-oscarisé !

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