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12 juillet 2017 3 12 /07 /juillet /2017 17:49

Cinéma étranger, Malien plus exactement avec « Timbuktu » d’Abderrahmane Sissoko qui sorti décrocha de nombreux prix et fut auréolé de 5 césars.
Sorti en 2014, « Timbuktu » raconte la prise de contrôle de la ville par une milice islamiste pratiquant la charia pure et dure.
Kidane (Ibrahim Ahmed) un éleveur bovin touareg se refuse de quitter son emplacement habituel et continue sa vie paisible même si femme Satima (Toulou Kiki) fait l’objet de visites de plus en plus insistantes d’Abdelkrim (Abel Jafri) l’un des leaders arabes du groupe composé d’une mosaïque de combattants étrangers, notamment français ayant tourné le dos à l’Occident.
Si l’iman (Abel Mahmoud Cherif) tente courageusement de faire jouer son prestige pour entraver la montée en puissance des djihadistes commandés par Abou Jafaar (Damien Ndje), ceci ne suffit pas à instaurer progressivement leurs lois : obligation aux femmes de se couvrir y compris mains et pieds, interdiction de jouer au football et d’écouter de la musique…
Les arrestations se multiplient et aboutissent à des condamnations toujours plus sévères : coups de fouets et même lapidation pour les adultères.
Un jour le destin de Kidane bascule lorsque Amadou (Omar Haidara) le pêcheur tue sa vache préférée GPS qui s’était emmêlée dans ses filets.
Furieux, Kidane s’en va régler ses comptes et se bat avec le pécheur.
Après une lutte confuse, Kidane le tue à l’aide d’un pistolet.
Arrêté par les djihadistes, il est jugé selon les principes de la charia et ne pouvant ni payer le tribu exorbitant qu’on lui réclame ni se faire pardonner de la famille de sa victime est condamné à mort.
Kidane accueille dignement la sentence, son seul regret étant de ne pas pouvoir revoir sa fille adorée Toya (Layla Walet Mohamed).
Avant de mourir, un raid à moto lui permet de voir une dernière fois Satima qui se jetant dans ses bras provoque leur mort à tous les deux.
Seule, Toya court dans le désert pour échapper aux djihadistes.
En conclusion, film original traitant d‘un sujet brulant de l‘actualité, « Timbuktu » est surtout remarquable par sa patiente construction et sa lenteur, similaire au rythme de vie des habitants du désert malien.
Le processus de domination est brillamment décortiqué tout comme la résistance des habitants.
La tragédie est présente mais à mon sens trop lourdement appuyée…
Outre sa mollesse, « Timbuktu » pêche pour moi par quelques personnages et scènes assez inexplicables : tel ce plan d’un blanc emmené dans le désert et traité comme un otage mais avec un certain respect par les djihadistes ou Zabou, cette illuminée mystique étrangement laissée en paix par les islamistes…
La fin laisse également le beau rôle aux forces fascisantes qui ont gagné puisque asservi la ville et tué ou emprisonné les résistants.
Ce triomphe fataliste du Mal représenté par quelques barbus armés de vieilles pétoires, laisse donc un gout amer dans la bouche et confère au film un aspect trop geignard à mon sens.

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10 juillet 2017 1 10 /07 /juillet /2017 14:42

En 2016 en pleine fièvre des Jeux Olympiques sort « Je suis Rio » chez Anacaona, recueil de vingt cinq nouvelles d’auteurs brésiliens contemporains parlant de la « cidade maravilhosa » du Brésil.
Dans la première d’entre elles, Claudia Tajes prend comme angle d’approche le don d’une vieille casserole abimée d’une riche bourgeoise du quartier de Leblon à sa femme de ménage pour souligner la différence entre classes sociales, puis Bartolomeu Jr relate brillamment une dispute dans un bus un jour de canicule en expliquant un jeu tragico-comique entre la contrôleuse, son mari, son amant le conducteur du bus et un ancien militaire révulsé par le changement au point de vouloir sortir une arme.
Dans « Maria », Conceicão Evaristo raconte sans doute l’histoire la plus poignante du recueil avec une femme noire rencontrant son ex mari et père de son enfant dans un bus, se faisant ensuite lyncher par la foule après que celui-ci ait braqué ce meme bus…
Le très rebelle Ferrez prend position pour les favelados dans trois courtes nouvelles, l’une se mettant à la place d’un braqueur, l’autre de deux gosses rudoyés par des policiers puis la dernière d’un modeste travailleur également humilié.
Point de vue décalé d’André Diniz qui en bandes dessinées avoue détester sa ville natale : sa chaleur écrasante, son chaos et sa violence endémiques au point de l’avoir quittée pour vivre ailleurs à São Paulo puis au Portugal.
Texte magnifique de Paula Anacaona elle-même autour de la carioca moderne se devant de faire face sur tous les fronts, puis formidable de Lucia Bettencourt qui relate avec intelligence la désillusion d’une touriste entre deux âges rêvant de perdre la tête au Carnaval, pour néanmoins finir avec le réceptionniste de son hôtel tout compte fait, plutôt à son gout.
Bettencourt fera également preuve de finesse dans un second texte, au demeurant moins puissant qui met en lumière le plan drague de certains hommes se faisant passer pour des intellectuels.
Carnaval toujours avec Duda Tajes qui raconte son incroyable expérience de quelques jours avec une prostituée métisse qui voulait faire « autre chose » pendant ses vacances.
Les textes suivant m’ont moins enchanté, Marcelino Freire tout en suggestion mêlant étroitement tourisme et criminalité, Rodrigo Santos rendant hommage en voisin de São Gonzalo à ce Rio pas si lointain au cours d’une traversée de la baie de Guanabara avec en toile de fond une demande en mariage inaboutie, mais le pire étant le style horriblement urbain de la jeune bloggeuse Jessica Oliveira.
Peu d’intérêt également malgré le côté rapporteur social de Jesse Andarilho pour un championnat de foot entre trafiquants des favelas de Rio, ni même pour les matchs du dimanche, mis à l’honneur par Victor Escobar.
Histoires plus personnelles mais ô combien difficiles que celle de Raquel Oliveira qui à 44 ans décide de reprendre ses études pour devenir institutrice sous les quolibets de ses voisins favelados puis de Joanna Ribeiro qui met en plein dans le mille social avec une amourette entre la fille intello d’une femme de ménage et celle de sa patronne, une bourgeoise de Botafogo.
Misère toujours avec une histoire de Sans terre découvrant la mer de Geovani Martins, la vie brisée d’un gamin des rues narrée par Marco Teles, celle d’un gardien de parking poivrot par Helena Parente Cunha.
Dans les deux derniers textes, le sarau sorte de slam des favelas, est mis à l’honneur dans la bande dessinée d’Alexandre de Maio atour du personnage du rappeur-slammeur Dudu de la ville Baixa Fluminense dans l‘état de Rio,  puis chez Yolanda Soares qui raconte comment vaincre sa peur du téléphérique pour se rendre dans la favela pacifiée d’Alemão afin d’assister à une performance artistique.
En conclusion, forcément inégal, « Je suis Rio » est un recueil passionnant d’une incroyable vitalité et créativité.
Prenant le parti d’une approche moderniste et réaliste de Rio loin des clichés touristiques, « Je suis Rio » tape souvent juste lorsqu’il évoque cette ville à deux vitesses entre les riches des quartiers sud de la ville et leurs employés des favelas devant souvent prendre deux bus+un métro pour arriver jusqu’à eux.
Ce sont assurément ces récits de situations de la vie de tous les jours, celles des employés galérant dans des transports publics déficients pour survivre qui m’ont le plus intéressés.
Mais il semble que malgré la « pacification » de certaines favelas du centre ville à l’approche des grands évènements touristiques (Coupe du monde, Jeux Olympiques), la violence fasse partie intégrale de la capitale carioca, aussi les récits de gamins des rues, de personnages misérables ou de petits voyous abondent, évoquant l’aspect le plus dure de la réalité brésilienne.
Enfin, j’ai été je l’avoue assez peu sensible au coté « rap/slam/revendicatif » de l’ouvrage comme je le suis du reste assez peu à cet aspect en France…
Reste un ouvrage très intéressant, souvent émouvant ou passionnant, à mon sens essentiel pour comprendre le Rio de Janeiro d’aujourd’hui.

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8 juin 2017 4 08 /06 /juin /2017 20:41

Après avoir lu et adoré le livre de D.H Lawrence, je me devais de regarder « Lady Chatterley » adaptation de Pascale Ferran en 2006.
Auréolé de multiples prix français dont celui du César du meilleur film et de la meilleure actrice, « Lady Chatterley » raconte l’histoire de Lady Constance Chatterley (Marina Hands), jeune noble mariée avec Clifford (Hippolyte Girardot) propriétaire d’un petit domaine dans les Highlands anglais.
Handicapé après une blessure aux jambes obtenue dans la Guerre de 1914-1918, Clifford consacre toute son énergie à l’exploitation minière source principale de sa richesse.
Constance supporte assez mal de faire tapisserie auprès des amis de son mari et développe une affection qui l’affaiblit.
Heureusement Constance réconfort dans les ballades du grand parc de la propriété et finit par faire la connaissance du garde-chasse, Parkin (Jean-Louis Coullo’ch) un homme d’âge mur au physique robuste.
Troublée, Constance se sent attirée et finit par céder à ses envies dans la cabane perdue au milieu de la foret.
Avec Parkin, elle découvre une sexualité épanouissante et développe une passion amoureuse…à l’opposé de sa relation avec Clifford personnage froid, cassant, se complaisant dans une vision de caste visant à assoir sa présupposée domination sociale.
Quand Constance accompagne sa sœur Hilda (Hélène Fillières) pour un voyage dans un voyage d’une semaine dans le sud de la France, elle tente sans grand succès de convaincre Parkin de quitter son métier et se faire entretenir…
Le couple se quitte sur la promesse de retrouvailles, mais Constance apprend ensuite par lettre interposées que Parkin a été rattrapé par sa femme et a fini par devoir quitter ses fonctions.
Elle retrouve donc son amant amoché après une bagarre contre le mari mineur de sa femme, lui annonce être enceinte de lui et le laisse partir à Sheffield en lui faisant la promesse de l’aider financièrement si les choses tournent mal.
En conclusion, « Lady Chatterley » est une adaptation contemplative et sensuelle du roman de D.H Lawrence.
Ferran préfère se focaliser sur la relation passionnelle qui se développe crescendo avec un point culminant dans une scène d’amour sous la pluie en pleine foret et délaisse quelque peu l’aspect anti modernité et lutte des classes beaucoup plus marqué dans le roman.
Le résultat est un beau film, let et un peu trop froid à mon gout.
Reste le couple d’acteur Hans-Coullo’ch, parfait dans la belle et la bête.

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4 juin 2017 7 04 /06 /juin /2017 08:29

On ne présente plus le talent de Wagner Moura, excellent acteur brésilien qu’on retrouve ici dans « Serra pelada » de Heitor Dhalia.
Sorti en 2013, ce film raconte la ruée vers l’or des mines du Serra Pelada en Amazonie découvertes au début des années 80.
Cette découverte provoqua l’exode immédiat et brutal de milliers de Brésiliens, se reconvertissant en chercheurs d'or pour tenter leur chance en tant que garimpos.
Deux hommes de São Paulo, Juliano (Juliano Cazarré) et Joaquim (Juliano Andrade) se retrouvent sur le chemin et deviennent amis, se jurant de se porter assistance mutuelle dans leur quête de richesse.
Alors que Juliano le costaud fuit se créanciers, le plus tranquille professeur Joaquim, quitte Isabel (Eline Porto) sa femme enceinte pour tenter de se construire un meilleur avenir.
Les deux hommes découvrent un véritable Far west ou les mineurs se tuent à la tache en piochant et charriant des sacs de terre, encadrés par des concessionnaires eux-mêmes travaillant pour les capitalistos, les véritables propriétaires des mines.
Après un premier succès, les deux amis décident de gravir cette hiérarchie et d’employer des mineurs qui doivent leur verser une commission à chaque découverte.
Mais dans ce monde brutal, la violence ne tarde pas à émerger et Juliano est obligé de tuer Navalhada (Jesuita Barbosa) un travesti, qui voulait s’approprier leur mine et menaçait Joaquim au couteau.
Ayant franchi un cap, Juliano prend de l’assurance et achète un pistolet pour se protéger de Marcelo (Lyu Arisson) l’amant de Navlhada qui a juré de le venger.
Alors que le gouvernement intervient pour interdire les armes, l’alcool et les femmes sur le camp, Juliano emmène Joaquim dans les villes-bordels aux alentours dans lesquelles les mineurs claquent tout leur or dans un océan de débauche.
Là, Juliano s’enamoure de Tereza (Sophie Charlotte), la protégée du colonel Carvalho (Mattheus Nachtergaele) un des plus gros caïds de garimpos de ouro.
L’ambitieux Juliano refuse l’offre de Carvalho pour racheter sa mine, au grand damne de Joaquim qui comptait lui vendre pour quitter cet endroit malsain et rentrer chez lui auprès de sa femme.
Les deux amis se disputent mais Juliano a pris l’ascendant par la violence et tue un tueur envoyé par Carvalho.
Peu décidé à laisser Tereza se marier avec son rival, il le tue à la sortie du mariage et prend sa place comme colonel/trafiquant.
Devenu un caïd, Juliano s’approprie également Tereza et devient aussi brutal que son prédécesseur.
Il se sépare de Joaquim qu’il ne considère plus comme son associé et celui-ci redevient simple mineur à son compte.
La chance finit par lui sourire après une crise de malaria et il compte bel et bien repartir chez lui avec une coquette somme d’argent.
Malheureusement la violence le rattrape et son or est dérobé sur le chemin du retour.
Furieux, Joaquim accepte de travailler pour Lindo Rico (Wagner Moura), un habile rivale de Juliano.
Rico lui demande de lui indiquer ou dérober le livre de comptes de Juliano pour le livrer à l’un de ses hommes, un policier corrompu.
Il manœuvre également pour employer Marcelo et ses travestis comme hommes de mains et in fine tueurs de Juliano.
Joaquim collabore mais est rattrapé par Juliano qui brisé après le départ de Tereza, lui avoue n’être pour rien dans le vol de son argent.
Joaquim comprend alors que Rico l’a berné et les deux amis s’unissent une dernière fois pour tuer Marcelo et ses amis venus les abattre.
Juliano conduit Joaquim blessé à l’hôpital avant d’être pris par la police.
Revenu à São Paulo, pauvre mais en vie, Juliano retrouve Isabel et sa fille.
Il a ensuite la délicieuse surprise de recevoir un chèque de son ami, qui sorti de prison en corrompant les gardiens, retrouvent Rico pour se venger…
En conclusion, « Serra pelada » est un film très intense porté par des acteurs de très haut niveau autour de Wagner Moura, second rôle de luxe derrière le musculeux Juliano Cazarré et l’incroyablement sexy Sophie Charlotte.
L’histoire d’une ascension d’un modeste mineur en colonel trafiquant local de premier plan n’est certes pas original mais extrêmement bien décrite.
L’enfer de la vie des mines d’or géantes, similaires à la construction des pyramides égyptiennes en terme de main d’œuvre humaine mais également de mortalité, la violence causé par l’appât du gain et l’exploitation humaine sont également des axes forts du film.
Dhalia nous fait vivre la moiteur des folles nuits amazoniennes ou le sexe, l’alcool et la violence se mélangent…
En conséquence, je ne peux que conseiller ce chef d’œuvre méconnu !

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30 mai 2017 2 30 /05 /mai /2017 22:12

Beaucoup de cinéma actuellement avec « Tyrannosaur » premier film anglais de Paddy Considine.
Sorti en 2011, « Tyrannosaur » se déroule dans la banlieue la plus crasseuse possible de Glasgow ou Joseph (Peter Mullan) un vieil homme solitaire et paumé se débat dans sa propre violence, tuant son chien de rage et se battant avec les petits voyous de son quartier.
Triste et instable, Joseph rencontre Hannah (Olivia Colman) une jeune femme chrétienne travaillant comme bénévole dans un magasin de vêtements.
Hannah ne recule pas devant l’irascibilité de Joseph et une relation s’installe entre eux.
Mais Joseph ignore le terrible secret d’Hannah, qui le soir venu se fait frapper dans sa belle maison bourgeoise par James (Eddie Marsan) son mari stérile et vicieux.
Joseph qui s’est pris d’amitié pour un jeune enfant de six ans Samuel (Samuel Bottomley) martyrisé par son beau père, un voyou utilisant son pit-bull pour terroriser le quartier, n’hésite pas à lui tenir tête reculant in extremis au moment d’affronter le chien instrumentalisé.
Hannah continue de s’investir et participe activement à la fin de vie de Jack (Robin Butler) un ami proche de Joseph atteint d’un cancer.
L’enterrement assez joyeux de Jack est encore un motif de rapprochement mais James se montre de plus en plus jaloux et menaçant, forçant Hannah à sortir en boite par peur de rentrer chez elle.
La confrontation finit cependant par arriver et Hannah le visage tuméfiée, finit quitter James pour trouver refuge chez Joseph, qui sous des dehors de dur à cuir, accepte de l’aider.
Joseph finit par lui avouer que depuis la mort de sa femme, il se laisse glisser dans la dépression et Hannah compatit à sa douleur.
Finalement lorsque Joseph décide de retourner chez Hannah régler son compte à James, il le découvre mort, la gorge tranchée.
Hannah avoue le crime mais se justifie par les sévices (viol, torture, coups) qu’il lui a fait subir.
L’histoire bascule à nouveau lorsque Samuel a le visage déchiqueté par le pit-bull ce qui force Joseph à le tuer.
Après avoir fait un peu de prison, Joseph requinqué quitte le quartier pour un nouveau départ, laissant sa nouvelle adresse à Hannah, elle-même incarcérée.
En conclusion, « Tyrannosaur » est un film assez désespérant d’une grande noirceur.
Avec un charisme digne de Bruce Willis ou Clint Eastwood, Mullan compose un anti héros triste, instable et violent évoluant dans le quart monde de l’Europe, au milieu de minables aussi pauvres que stupides.
Mais la palme de l’interprétation revient à Hannah Colman, très émouvante en femme martyrisé par un mari vicieux trouvant finalement l’amour en rencontrant une âme sœur brisée comme elle.
Difficile donc malgré la force du sujet et la qualité indéniable des deux acteurs principaux de sortir heureux de ce film bien trop lent, austère et déprimant à mes yeux…

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30 avril 2017 7 30 /04 /avril /2017 21:34

N’ayant jamais vu « Slumdog millionaire » de Danny Boyle, j’ai voulu réparer cette carence ce week end.
Multi oscarisé (8 fois !) après sa sortie en 2008, « Slumdog millionaire » est une adaptation d’un roman indien de Vikas Darup, montrant la folle réussite d’un indien des bidonvilles de Bombay, Jamal Malik (Dev Patel) qui va remporter 20 millions de roupies au jeu d‘origine américaine « Qui veut gagner des millions ? ».
Le spectateur suit donc un déroulement à rebours dans lequel Jamal torturé par des policiers qui le soupçonnent de tricherie, refait l’intégrale de son itinéraire de gosse des rues lui ayant permis avec un mélange d’intelligence et de chance d’arriver là ou il est à présent.
Après que sa famille ait été massacrée au cours d’une attaque contre les Musulmans, Jamal est recueilli avec son frère Salim par Maman (Ankur Vidal) un chef d’une organisation criminelle faisant miroiter aux enfants des carrières dans la chanson avant de les mutiler pour en faire des mendiants rentables.
Jamal comprend assez vite le mécanisme dans lequel l’entraine Maman et sauve Salim de la torture.
Les deux frères parviennent à fuir par le train mais laissent sur place, Latika (Freida Pinto) une jeune fille avec qui il avait sympathisé dans le camp.
Soudés dans l’adversité, Jamal et Salim vivent de vols et d’arnaques principalement sur les touristes naïfs.
Chacune des expériences vécues dans la rue fournit une information que Jamal est en mesure d’exploiter face à Prem Kumar (Anil Kapoor) le roublard animateur du jeu.
Lorsque Jamal pousse Salim a aller chercher Latika coute que coute, une bagarre éclate et abouti à la mort de Maman qui ne voulait pas lâcher une potentielle petite prostituée.
Salim exploite cette mort pour se faire une réputation dans la rue et entre au service de Javed (Mahesh Manjrekar) un caïd rival encore plus puissant que Maman.
La décision radicale de Salim aboutit à un clash avec Jamal et à la vente de Latika à Javed qui en fait sa compagne/bonniche.
Plus tard, devenu serveur dans un centre d’appel de Bombay, Jamal interroge les bases de données de son entreprise pour retrouver Salim.
Les deux jeunes hommes se retrouvent sur un chantier et Salim accepte de mauvaise grâce de donner l’adresse de Latika chez Javed.
Jamal se rend sur place en se faisant passer pour un cuisinier et parvient à combattre la belle de le rejoindre à la gare pour fuir cette brute.
Mais Salim intervient à nouveau et sépare les amants, balafrant pour l’occasion la rebelle.
Bien plus tard, Jamal participe au jeu qu’il sait que Latika regarde et reçoit l’aide inespérée de Salim qui touché par l’incroyable réussite de son ami, accepte d’aider Latika à s’échapper en tuant Javed et en payant de sa vie cet acte fou.
Couronné champion honnête après avoir surmonté un interrogatoire serré agrémenté de torture, Jamal peut ainsi retrouver sa belle…
En conclusion, « Slumdog millionaire » demeure pour moi un succès incompréhensible et  incroyablement surestimé.
Le scénario pour original, reste cependant celui d’un conte de fée moderne avec une histoire d’amour classique et un invraisemblable concours de circonstances…
Alors certes le choix de l’Inde des bas-fonds demeure pour certains exotique, mais rien pour moi qui justifie de hisser cette petite amourette tout public au rang de chef d’œuvre octo-oscarisé !

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23 avril 2017 7 23 /04 /avril /2017 12:52

Cinéma brésilien d’auteur avec « O ultimo ciné drive-in » de Ibere Carvalho.
Sorti en 2015, « O ultimo ciné drive-in » se déroule à Brasilia ou un jeune homme appelé Marlombrando (Brendo Nina) se rend chez son père, Almeida (Othon Bastos) gérant d’un vieux drive-in pour lui parler de sa mère Fatima (Rita Assemany), hospitalisée car gravement malade.
Sur place, Marlombrando trouve un vieil homme prêt à fermer boutique et vivant avec son employée au look de garçon manqué, la jeune Paula (Fernanda Rocha) qui de surcroit est enceinte de lui.
Lorsque les médecins leur apprennent que Fatima est condamnée à mourir dans deux mois, les deux hommes décident de mettre de coté les problèmes du passé et de l’emmener voir une dernière fois le drive-in.
Mais Fatima ayant connu l’endroit du temps de sa splendeur, Almeida produit un effet d’annonce en faisant savoir que bientôt aura lieu la dernière séance du drive-in avant sa fermeture définitive.
Ceci provoque une affluence exceptionnelle et ajouté aux investissements de Marlombrando pour effectuer quelques travaux, donne l’illusion que le drive-in n’a rien perdu de son lustre d’antan.
Avec la complicité d’un médecin de l’hôpital, Fatima est enlevée puis amenée jusqu’au drive-in qu’elle contemple, magnifique en pleine nuit, vivant ainsi l’un des derniers beaux instants de son existence.
En conclusion, « O ultimo ciné drive-in » est petit film gavé de nostalgie et de tendresse.
Malgré la beauté et la profondeur de son sujet, son rythme lent et son absence prononcée de dialogues le rend toutefois difficile à apprécier pleinement.
A voir donc pour les véritables mordus de cinémas, nostalgiques des drive-in et de tout ce qui passait dans les voitures…

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12 février 2017 7 12 /02 /février /2017 19:57

Sorti en 2000 et vivement recommandé à l’époque par mes amis, « Erin Brokovich » est le film qui révéla Steven Soderbergh et couronna Julia Roberts d’un oscar.
Nous sommes dans la ville de Hinkley, Californie en 1993.
Mère célibataire de trois enfants en grande situation de détresse sociale et financière, Erin Barkovic (Julia Roberts) entre finalement en contact avec Ed Marsy (Albert Finney) l’avocat qui l’a si mal défendue dans un accident de voiture et qui se voit contraint à titre de compensation morale de lui offrir un petit travail dans son cabinet.
Tout à fait par hasard, Erin tombe sur une affaire trouble dans laquelle les Jensen se voient proposés une offre de rachat ridicule de leur terrain par une compagnie industrielle la Pacific Gaz et Electric Company.
Après avoir rencontré Donna Jensen (Marg Helgenberger) et compris qu’elle souffrait ainsi que son époux Pete (Michael Herney) de graves problèmes de santé, Erin commence à douter des activités réelles de la PGE.
En faisant du charme à un employé de la compagnie des eaux, Erin accède aux relevés de mesure des nappes phréatiques et comprend qu’elles contiennent une teneur anormale en chrome hexa valent, alors que la PGE avait multiplié les communications pour rassurer les populations vivant à proximité de leur usine.
Elle se saisit de l’affaire et alerte Ed qui l’avait pourtant virée pour absentéisme.
La chance lui sourit pourtant puisqu’en plus de sa rencontre avec George (Aaron Eckart) un beau motard célibataire au chômage qui accepte de garder ses enfants, Ed la rappelle pour s’intéresser de plus prêt à l’affaire de la PGE.
Au prix d‘un gros travail de terrain, Erin parvient à établir qu’une centaine de famille sont dans le même cas que les Jensen et que la PGE serait responsable d’un énorme scandale de santé publique.
Malgré les risques notamment financiers de s’attaquer à un géant comme la PGE, Ed accepte de se lancer dans la défense des habitants.
La stratégie du cabinet consiste à contraindre la PGE à payer des dommages et intérêts dans un jugement proféré par un seul juge local, plutôt que faire un long et couteux procès qui trainerait et n’indemniserait que très tardivement les principaux lésés.
A force de persévérance, Erin et Ed résistent aux pressions de la PGE et réussissent à la trainer devant le juge local, en expliquant avec force de persuasion la situation aux habitants.
Mais George ne supporte pas la pression et finit par quitter Erin…
Le biker reviendra finalement après une virée à moto.
La chance finit par sourire à la persévérante Erin lorsque Charles Embry (Tracey Walter) un employé de la PGE lui fournit le document qui manquait au cabinet pour porter le coup décisif : la preuve que le siège de l’entreprise connaissait la situation et n’a rien pour l’empêcher, allant même jusqu’à demander à l’échelon local de mentir sciemment aux population.
Après le jugement, Erin vient annoncer la nouvelle aux Jensen avec une indemnisation record qui leur permettra de couvrir tous leurs frais médicaux et leurs principaux besoins.
Reconnaissant, Ed lui octroie un beau chèque et une promotion dans son cabinet qui s’est lui aussi considérablement enrichi dans cette juteuse affaire.
En conclusion, « Erin Brokovich » est un film très fort tirée d’une histoire vraie montrant le courage d’une femme seule face à un géant industriel se croyant au dessus des lois.
Oscarisée pour sa performance, Julia Roberts est l’incarnation même de l’héroïne moderne, sexy, naturelle, luttant pour élever sa famille mais prête à se dresser courageusement pour défendre de nobles intérêts moraux.Mais En dehors de sa composition de haut vol, le film ne sort pas en revanche d’un schéma classique éprouvé de David contre Goliath, mais recèle néanmoins un capital sympathie important véhiculé par le charisme des acteurs.
Impossible également de ne pas penser que le monde serait sans doute meilleur si il existait plus d’Erin Brokovich au sein de sa population !

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29 décembre 2016 4 29 /12 /décembre /2016 17:47

Retour au cinéma brésilien avec « Le chemin » film de Luciano Moura.

Sorti en 2014, « Le chemin » commence à São Paulo, ou Théo (Wagner Moura) un médecin brésilien aisé, vit une passe difficile en se séparant de Branca (Mariana Lima).

Le couple se dispute pour principalement la maison que Théo souhaite vendre au plus vite tandis que Branca y habite encore.

Mais entre deux coups de gueules, survient un élément majeur, la disparition de leur fils Pedro (Bras Moreo Antunes) qui après avoir refusé de partir étudier en Nouvelle-Zélande, s’évanouit dans la nature.

Très inquiet, le couple questionne son ami Levy (Max Huszar)  puis s’aperçoit que Pedro avait préparé sa fugue depuis longtemps en vendant son ordinateur pour se faire un peu d’argent.

Un passage dans un refuge leur fait comprendre que Pedro est parti sur un cheval noir en falsifiant ses papiers d’identité.

Théo se lance alors dans une quête effrénée en tenant au courant Branca restée seule pour garder la maison.

Un accident près d’une favela lui fait comprendre que Pedro, blessé a trouvé refuge pour une nuit et est ensuite parti vers Espirito Santo.

Théo suit la piste jusqu’à une rivière et tente désespérément de traverser malgré les réticences d’une famille modeste vivant sur une barge.

Après une nuit de sommeil sur la barge, Théo reprend ses recherches et trouve ensuite un homme (João Fabio Cabral) portant le même tee shirt que son fils.

Il lutte avec le paysan dans les champs qui le croit fou et qui finit par lui dire que son fils lui a donné ce tee shirt en échange d’un peu d’eau.

S’enfonçant de plus en plus dans la campagne brésilienne, Théo qui n’a plus de portable depuis une chute dans la rivière fait le forcing pour passer un coup de fil dans un modeste village de paysans mais se heurte à un refus obstiné du seul vieil homme (Rui Rezende) cardiaque possédant un portable.

Irrité, il prend le téléphone en donnant de l’argent au vieux monsieur mais part sous une pluie de pierres des villageois.

Dans l’état de Mina Gerais, il rencontre des jeunes auto-stoppeurs qu’il amène à un festival de rock-music hippie.

Théo continue de chercher son fils qui a passé quelques heures sur place avant de tailler la route.

Avant de partir, Il trouve le moyen d’accoucher une femme hippie refusant d’aller à l’hôpital.

Sur la route, Branca le rappelle en lui disant qu’elle a trouvé ou son fils a fui, dans la ferme de son grand-père à Espirito Santo pour lui offrir un cheval.

Choqué, Théo marche sur la route et se fait renverser par une voiture.

Custodio (Abrahão Farc) l’homme qui l’a frappé le recueille et le remet sur pieds, suffisamment pour que Théo emprunte une moto chez un garagiste ayant vu Pedro qui a dessiné pour lui.

Arrivé à la ferme du grand-père Sal Gadelha (Lima Duarte), Théo s’explique avec celui-ci et lui reparle après des années de brouille.

Menuisier, le vieil homme lui explique que son fils a hérité de lui d’un don pour le dessin…

Les retrouvailles familiales sont ensuite intenses, Branca pouvant enfin gouter à la piscine fraichement réparée…

En conclusion, « Le chemin » est un très bon film d’auteur brésilien prenant pour thématique les difficultés de communication familiales et les complexes relations père-fils.

L’histoire, tout d’abord extravagante, prend peu à peu du sens et met en valeur le parcours initiatique de ce médecin paulista écumant les campagnes de São Paulo, du Mina Gerais et d’Espirito Santo pour retrouver son fils.

Plaisant donc, riche et intense, un film intelligent et profond qui vaut le détour !

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7 août 2016 7 07 /08 /août /2016 13:43
Lolita (Adrian Lyne)

Bouclons la boucle avec la version de « Lolita » d’Adrian Lyne.

Sorti en 1997, « Lolita » est une nouvelle adaptation du roman de Nabokov après celle de Kubrick.

La trame narrative est classiquement suivie, Humbert Humbert (Jeremy Irons) un séduisant quadragénaire européen s’établissant en Nouvelle-Angleterre pour écrire un livre sur la littérature française.

Mais l’auteur d’âge mur tombe sous le charme vénéneux de la fille de sa logeuse, Madame Haze (Melanie Griffiths), Dolores alias Lolita (Dominique Swain).

Agée de quatorze ans, Lolita joue un jeu dangereux avec Humbert à base d’attouchements, d’œillades et de provocation le tout dans le torride été américain d’une petite ville.

Séduit, Humbert tombe dans le piège et est d’autant plus triste quand Madame Haze place sa fille dans un camp d’été.

Il accepte par calcul de l’épouser pour rester au plus près de son amour tabou et commet l’erreur de consigner chaque jour ses pensées profondes, sensuelle pour la gamine, méprisante pour la mère, considérée comme une vache.

Après des nuits passés à la droguer et à songer sérieusement à l’éliminer, Humbert a la désagréable surprise de voir Madame Haze découvrir son secret et menacer de le quitter.

Malheureusement ou heureusement, Madame Haze meurt renversée par une voiture en allant poster des lettres de rupture/dénonciation.

Humbert saute alors sur l’occasion pour capter Lolita à la sortie du camp et l’emmener dans une longue ballade en voiture à travers les Etats-Unis.

Il devient son amant, supportant par amour les excentricités et les provocations de sa belle fille.

Mais la jalousie et la paranoïa s’installent également dans son esprit au point de pousser Lolita à arrêter l‘université…

Humbert se pense traqué par un détective ressemblant à son cousin et puis il y a cet homme, le producteur Clare Quilty (Frank Lagella) rencontré dans le hall d’un hôtel.

Lorsque Lolita le quitte brutalement, Humbert perd pied, revient sur ses pas, cherchant et cherchant en vain…

C’est elle qui le contracte, mariée et enceinte pour une grosse demande d’argent.

Humbert la rencontre, paye son du malgré son dégout pour son mari, un modeste mécano.
Il retrouve néanmoins Quilty l’homme qui l’a enlevé à lui pour l’amener à participer à des partouzes avec des adultes et le tue dans son manoir après un pénible dialogue et une douloureuse agonie.

Le film s’achève comme il a commencé, sur la malheureuse dérive du vieil écrivain…

En conclusion, ce « Lolita » colle très bien dans les grandes lignes au roman sulfureux de Nabokov même si Lyne vieillit un peu la gamine et donne à l’homme mur les traits séduisants du sex symbol Jerermy Irons.

Point fort du film, l’éclairage et la grande sensualité des scènes, censées montrer le désir naissant dans une atmosphère chaude et intime d’été américain…

Peu de critiques majeures donc sur l’adaptation classique d’une œuvre majeure et sur la qualité des acteurs, tous très bons dans leurs registres respectifs.

Lolita (Adrian Lyne)
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