Overblog Suivre ce blog
Administration Créer mon blog
22 novembre 2011 2 22 /11 /novembre /2011 19:55

Farinelli.jpg4

 

 

Musique toujours mais dans un registre plus classique que le hard rock avec « Farinelli » de Gérard Corbiau.

Ce film sorti en 1994, césarisé et oscarisé en 1995, raconte la vie du célèbre castrat italien Carlo Broschi (Stephano Dionisi) dit Farinelli qui fut en raison de sa voix prodigieuse une star du XVIII iéme siècle.

Elevé dans une famille de nobles musiciens de Bari, Carlo est étroitement lié par un serment paternel à son frère Riccardo (Enrico Lo Verso) qui compose la musique sur lequel le jeune chante.

Dans cette étrange association familiale, Carlo se produit sur scène ou il séduit les femmes par sa voix d’ange tandis que Riccardo tapi dans l’ombre profite des conquêtes de son frère.

Détecté par le maitre allemand Haendel (Jeroen Krabbé), Farinelli repousse malgré son admiration sa proposition d’embauche pour rester fidèle à son frère qui n’est en réalité qu’un médiocre compositeur.

Très populaire, Farinelli est toutefois embauché dans un théâtre de Londres par Nicola Porpora (Omero Antonutti) ou ses spectaculaires prestations ne tardent pas à drainer toute la clientèle du théâtre de Haendel au bord de la faillite.

Entre les deux hommes, la lutte à distance va se poursuivre, exacerbée, Haendel, trop fier refusant de composer pour le castrat et raillant les mélodies pompeuses de son frère.

Devenu une rock star de l’époque, Farinelli se rapproche de Margaret Hunter (Caroline Cellier) et de sa fille handicapée (Renaud  du Peloux de Saint Romain) qui le prend en affection.

Emu par cette famille, Farinelli essuie pourtant un refus lors de sa demande en mariage pour Margaret et finit par vivre une histoire d’amour complexe avec sa fille ainée Alexandra (Elsa Zylberstein) qui l’admire.

Outre la vie amoureuse tumultueuse du castrat, l’intérêt principal de l’intrigue est sa relation avec son frère Riccardo, qui l’a lui-même mutilé durant sa jeunesse et lui a menti sur l’origine de sa castration et qui vit très mal le décalage entre l’exceptionnel talent de son frère et le sien plus modeste.

Partagé entre son amour fraternel et son attirance pour l’excellence artistique de Haendel, Farinelli finira par privilégier la musique, en interprétant une partition dérobée au maitre et atteindre ainsi un niveau supérieur.

Le film se termine sur la brouille par les deux frères et par l’ascension inexorable du castrat qui chantera pour le roi d’Espagne.

En conclusion, « Farinelli » est un film original sur un sujet jusqu’alors peu traité : la vie fascinante des castrats, monstruosités de la nature attirant par leur ambivalence sexuelle.

Mais outre cet aspect, « Farinelli » est avant tout une formidable ode aux arts, à la musique, à la beauté, à la grâce avec de somptueux décors et une bande son exceptionnelle.

Les acteurs sont tous beaux, élégants et jouent juste.

La réflexion sur la création artistique est également intéressante avec l’opposition entre le répertoire initial de Farinelli moins exigeant mais o combien populaire et celui du maitre Haendel, certes plus brillant mais rencontrant seul faute d’interprètes à la hauteur un piètre succès.

Pour toutes ces raisons, je recommande donc « Farinelli » à tous les amateurs de belles choses.

Repost 0
Published by Seth - dans Classique
commenter cet article

Présentation

  • : Le blog de Seth
  • : Articles/Chroniques pour un partage de voyages interieurs majoritairement littéraires
  • Contact

Recherche

Pages

Liens