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5 octobre 2017 4 05 /10 /octobre /2017 22:41

La littérature classique brésilienne avec « Le bateau négrier, la vie d’un poète », biographie du poète Castro Alves écrite par Jorge Amado en 1941.
Rédigé sous la forme d’un « ABC » complainte alphabétique du Nordeste, « Le bateau négrier, la vie d’un poète » narre de manière chronologique par de courts chapitres la vie de Castro Alves, né au milieu du XIXième siècle dans l’état de Salvador de Bahia et mort prématurément 24 ans après.
L’histoire de la famille Alves est importante pour Amado pour expliquer la vie du poète avec force anecdotes de militaires charismatiques devenus des chefs de clans rebelles du sertão et surtout sa tante, Porcia Brasilia qui fugua avec son amant Leolino Cangucu pour vivre une passion aussi interdite que dangereuse, se terminant dans un bain de sang.
Né dans un chaudron d’archaïsme, de passion et de violence, Alves se distingue à l’Université de Recife par son talent littéraire qui impressionne ses collègues et professeurs.
Il se fait remarquer par ses discours et poèmes enflammés qui touchent le cœur des femmes notamment l’actrice de théâtre Eugenia Camara qui sera le grand amour de sa vie.
Après Recife et Bahia qui permettront à son talent de grandir, Alves migrera inéluctablement vers le Sud du Brésil.
A Rio de Janeiro il rencontrera ses pairs, José de Alencar et Jorge Machado et, qui reconnaitront son talent et feront beaucoup pour sa popularité.
Mais contrairement à eux, Alves se distinguera par son engagement politique en faveur des idées républicaines inspirés de la Révolution française et de l’abolition de l’esclavage.
Homme de passion, tribun enflammé, Alves triomphera également à São Paulo puis mais perdra finalement Eugenia.
Cette rupture l’affectera beaucoup, le conduisant à une déprime avant qu’un stupide accident de chasse ne le blesse au pied.
La blessure s’infectera et conduira à son amputation.
Affaibli et malade, Alves connaitra encore quelques conquêtes féminines, offrira un adieu déchirant à Eugenia et mourra dans son état de Salvador en obtenant de la Mort elle-même le droit de revoir une dernière fois en pensée les gens ayant compté dans sa vie.
En conclusion, en grand admirateur de l‘œuvre et du personnage d‘Alves, Jorge Amado produit dans « Le bateau négrier, la vie d’un poète » une biographie flamboyante où le style l’emporte vraisemblablement sur le soucis de mesure.
Le résultat est quelque peu irréel, comme si on parlait ici d’un mythe, d’une icône, d’un personnage intouchable…même si à vrai dire le style d’Alves ne provoque pas en moi le même engouement qu’auprès d’Amado.
Tribun progressiste et humaniste, Alves connaitra une vie haute en couleurs et courte, marquée par une grande instabilité et un appétit insatiable de conquêtes, féminines.
Mais à moins donc d’être aussi passionné que Jorge Amado pour les histoires passionnelles et intenses, je ne recommande pas malgré sa qualité d’écriture cet ouvrage atypique et pour mineur dans l’œuvre du géant de la littérature brésilienne.

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9 novembre 2015 1 09 /11 /novembre /2015 21:54
Clint Eastwood (Richard Schickel)

Voici longtemps que je voulais lire une biographie de Clint Eastwood l’un des acteurs que j’admire le plus au monde, c’est maintenant chose faite avec « Clint Eastwood » du journaliste Richard Schickel.
Écrit en 1996, donc forcémment un peu daté à l’aube de 2016, « Clint Eastwood » reste néanmoins un volumineux ouvrage de plus de six cent pages retraçant tout le parcours d’une des dernières grandes figures vivantes du cinéma américain.
Né en 1930, Clint Eastwood est un pur Californien de la classe moyenne-pauvre, dont l’enfance puis l’adolescence sont marquées par les multiples déménagements provoqués par son père Clinton Sr Eastwood.
Si la crise économique de l’époque joue assurément un rôle dans ces mouvements incessants, il semblerait que le caractère instable du père soit également en cause.
Sans être pauvres, les Eastwood vivent modestement à Oakland, une ville ouvrière puis emménagent à Piedmont, une banlieue plus chic ou son père travaille comme ouvrier dans les chantiers navals pendant la Seconde guerre mondiale.
Élevé dans une atmosphère de liberté de pensée éloignée de tout dogme religieux ou morale étriquée, Clint est un adolescent peu doué pour l’école, solitaire et taciturne.
Fasciné par la mécanique, il démonte des moteurs de voitures pour le plaisir et est orienté vers une formation de maintenancier aéronautique.
Mais Clint nourrit une autre passion encore plus forte pour la musique et le jazz en particulier, passion hérité du piano de sa grand-mère Andy qui ne le quittera jamais de toute son existence et l’amènera à fréquenter des clubs de Los Angeles pour voir joueur ses idoles essentiellement noires.
Il s’intéresse également au cinéma, vénérant James Cagney dont il partage la silhouette longiligne et le caractère taciturne.
A la fin de ses études, Clint mène une vie de bohème exerçant une quantité impressionnante de petits boulots mal payés et souvent aussi pénibles que dangereux.
En 1951 la Guerre de Corée éclate et Clint de base anti militariste et opposé à cette guerre assez peu justifiable à ses yeux, se fait affecter comme maitre nageur dans une base militaire à Fort Ord (Californie) ou il séjourne deux années tranquilles qui le mettent en contact avec quelques acteurs incorporés comme lui qui lui conseillent étant donné son physique avenant de tenter sa chance comme acteur.
Après avoir échappé par miracle au crash d’un avion qui devait l’emmener voir son père à Seattle, Clint qui nourrira pendant longtemps une phobie de l’avion, quitte l’armée à la fin de la guerre et suit les recommandations de ses amis en s’inscrivant à la Los Angeles City College pour apprendre le métier d’acteur.
Sur place, il suit les enseignement de Georg Shadnoff un des disciples de la méthode Michael Chekhov, qui l’aident à surmonter sa timidité naturelle et surtout à projeter une aura autour de soi, principe que n’oubliera pas l’apprenti acteur dans la suite de sa carrière.
Pourtant malgré un physique spectaculaire soigné par des régimes multi vitaminés et la pratique quasi quotidienne de sport (musculation ou course à pied), sa grande taille et son beau visage, Clint Eastwood connait des débuts calamiteux, étant refusé de presque tous les tournages car son style ne rentrait pas dans les canons des années 50 qui favorise des jeunes premiers torturés à la James Dean ou Marlon Brando ou des beaux gosses fadasses comme Rock Hudson.
Il nourrira de ces années d’humiliations et d’échec une soif de revanche face à l’industrie du cinéma.
Pour compliquer le tout, Clint Eastwood se marrie avec Maggie Johnson, rencontrée alors qu’elle était étudiante à Berkeley et doit concilier vie de famille et velléités artistiques.
Dès 1955, il décroche néanmoins des petits rôles et tourne dans tout ce qui se présente à lui, fantastique, comédies, films de guerre, d’aventures et tourne dans son premier western « Ambush at cimarron pass » film assez catastrophique de Jodie Copeland sorti en 1958.
Durant ses années de galère, Eastwood observe beaucoup les équipes travailler et engrange ainsi de précieuses informations sur ce qu’il faut faire (ou surtout ne pas faire) pour diriger un film.
La chance lui sourit finalement par l’intermédiaire de celle qui deviendra une de ses plus fidèles amies, Sonia Chernus lectrice de scénario chez CBS, qui lui fait rencontrer Robert Sparks un des responsables de la chaine qui lui présenta le script de « Rawhide » un téléfilm narrant les aventures d’une bande de cow boys menant paitre les bœufs au travers du Texas.
Clint accepte le second rôle de « Rowdy Yates» et dirigé par l’ombrageux Bill Warren, deviendra un personnages récurrent d’une série qui rencontrera un fort succès et lui permettra de se faire connaitre durant les huit saison de sa diffusion sur les chaines américaines.
Durant cette période, la situation financière d’Eastwood s’améliore et lui permet de déménager avec sa femme à Beverly Hills.
Homme par nature libre et volage, il a de nombreuses relations extra conjugales sans lendemain, avec l’accord tacite de Maggie, même si d’une d’entre elle, naquit sa fille Kimber fruit d’une union avec une cascadeuse du nom de Roxanne Tunis.
Tout en conservant ses distances, Clint assurera discrètement la subsistance matérielle de cette fille illégitime.
Le destin d’Eastwood bascule en 1964 ou il accepte contre toute attente de quitter le confort douillet et un tantinet ronronnant de « Rawhide » pour se lancer dans une aventure risquée auprès d’un jeune réalisateur italien Sergio Léone, qui le contacte car cherchant un acteur américain connu sans être une vedette pour son premier western « L’étranger magnifique ».
Anticipant le déclin de « Rawhide », Eastwood se rend en Italie, rencontre Léone, décrit comme un fou de cinéma, fasciné par les western classiques à la John Ford.
Au-delà de l’enthousiasme infantile de Léone, Eastwood est séduit par le personnage énigmatique presque mythique qu’on lui propose et par le ton profondément anticonformiste du film.
Une fois réglé un épineux problème de droit avec le modèle du film, le « Yojimbo » du japonais Akira Kurosawa qui deviendra « Pour une poignée de dollars« , Clint tourne en Espagne et apporte sa propre dimension au personnage avec son charisme mutique, sa longue silhouette à la fois nonchalante et menaçante et son look devenu célèbre : poncho, vieux cigarillo, barbe mal rasée.
Formidablement mis en scène par Léone, maitre des gros plans et des ralentis, Eastwood crève l’écran aux cotés de son double maléfique Lee Van Cleef et le film habillé par le génie musical d’Enio Morricone, fait un tabac en Europe avant de gagner les Etats-Unis, ou malgré de virulentes critiques principalement concernant sa violence et son amoralité, se distingue un nationalisme de mauvais aloi autour des valeurs américaines réputées inaltérables et pures du western.
Surfant sur cette association des plus profitables, Eastwood tourne beaucoup en Europe, notamment le peu connu « Les sorcières » de Dino de Laurentiis ou il reçoit en paiement une Ferrari, enchainant « Pour quelques dollars de plus » « Le bon, la brute et le truand » pour Léone avec Eli Wallach aux cotés de Van Cleef sur ce dernier, pour moi le plus mythique des trois.
De manière surprenantes, Eastwood refuse « Il était une fois dans l’Ouest » préférant courageusement ne pas s’enfermer dans un rôle trop déjà exploité dans ses trois films précédents et entame une brouille de longue durée avec Sergio Léone, qui ne manquera pas de régler ses comptes dans la presse les années précédentes en critiquant les limites supposées du jeu d’acteur de son ancien poulain.
De retour aux Etats-Unis ou Maggie lui offre un fils Kyle en 1968, Eastwood, cherche avec son conseiller Irving Leonard, avant tout à se diversifier, avec « Pendez les hauts et courts » de Ted Post, réalisateur et ami d’Eastwood imposé par la star aux studios Malpaso, montrant déjà son caractère dominant.
Western atypique et complexe proposant une réflexion sur la peine de mort, « Pendez les hauts et court » est un échec commercial tout comme le mauvais « Un shérif à New-York » qui aura néanmoins pour mérite de provoquer la rencontre d’Eastwood avec celui qui deviendra son mentor : Don Siegel.
Durant les années 70, Eastwood tourne d’honnêtes films d’action, une comédie musicale boiteuse « La kermesse de l’Ouest » ou il pousse la chansonnette et couche avec la magnifique Jean Seberg, un western de plus « Sierra torride », surprend une nouvelle fois dans « Les proies » de Don Siegel, faux western et véritable drame psychologico-gothique mais également dans « Un frisson dans la nuit » ou il assouvit sa passion du jazz en incarnant un DJ harcelé par une fan.
Mais tout le monde le sait, l’autre grand tournant de la carrière d’Eastwood est « L’inspecteur Harry » sorti en 1971 ou avec Siegel, il incarne un flic aux méthodes radicales vis-à-vis des truands qu’il tue plutôt qu’il ne coffre. Ennemi d’une hiérarchie de bureaucrates inefficaces ou corrompus, Harry Callahan est un homme de terrain, un dur à cuir pour qui seules les résultats comptent, et que ses détracteurs dont la journaliste Pauline Kael fidèle ennemie de l’acteur, taxeront de racisme et de misogynie.
Mais ces critiques ne pèseront pas bien lourd face à l’énorme succès populaire du film, qui engendrera plusieurs suite à succès jusqu’en 1988 signées chez la Warner.
Devenu une icône et un phénomène médiatique, Eastwood acquiert une liberté totale dans ses choix, alternant westerns fascinants plus atypiques comme le puissant« Josey Wales hors la loi » ou « L’homme des hautes plaine » première de ses nombreuses réalisations et véritable hommage à Sergio Léone et films d’actions musclés et efficaces dans la lignée des « Inspecteurs Harry ».
Sa rencontre avec l’actrice Soundra Locke en 1976 sera déterminante et donnera naissance à une curieuse relation, Clint étant officiellement toujours marié à Maggie Johnson, tandis que Locke l’était à Gordon Anderson un sculpteur homosexuel sans talent.
Séduit par cette femme frêle, blonde et pale, Eastwood va divorcer en 1979 de Maggie et l’imposer dans la plupart de ses films de l’époque comme sa partenaire féminin attitrée, lui permettant ainsi d’accéder à des super productions du calibre de l’Inspecteur Harry.
L’éclectisme d’Eastwood est à son paroxysme dans les années 80, avec l’âge venant la fin de la rentable série des Inspecteurs Harry en tentant de nuancer le personnage vis-à-vis des minorités ethniques et sexuelles, deux films de camionneurs/bagarreurs (« Doux, dur et dingue » et autre « Ca va cogner ») qui dopent sa popularité auprès des classes laborieuses américaines, des œuvres d’auteurs déroutantes et cuisants échecs commerciaux comme « Honkytonk man », « Bronco Billy », « Chasseur blanc, cœur noir », un western sombre mémorable « Pale rider », un polar psychologique vénéneux « La corde raide » et même un film de science fiction dans le plus pur (mauvais) esprit de la guerre froide des années Ronald Reagan « Firefox, l’arme absolue » !
Malgré quelques jolie succès commerciaux, ces années sont sans doute les plus difficiles pour la star qui passée le cap de cinquantaine, est de moins en moins crédible dans des rôles d’homme d’action et finit par s’engager en politique en étant élu maire de sa ville à Carmel (Californie).
Il exerce avec sérieux son mandat pendant deux ans avant de passer la main, préférant se consacrer de nouveau à sa carrière cinématographique mise en retrait.
Cette expérience contribue cependant à rendre Eastwood proche des gens et des réalités.
Parallèlement au ralentissement de sa carrière, Eastwood voit sa relation avec Locke s’effriter.
En effet, Locke se voyant approcher la quarantaine, tout désirant s’émanciper en tant que réalisatrice, continue d’exiger le soutien d’Eastwood.
Ses rares essais en solo sont catastrophiques et le maintien de sa relation avec Anderson finissent par exaspérer Eastwood, qui découvre par hasard qu’elle est a pris contact avec un avocat.
La rupture entre Eastwood et Locke est douloureuse pour la star qui se sent trahie de ses exigences financières notamment la possession de deux maisons (dont une à Bel Air).
Embarrassé de longues années par les déclarations venimeuses de Locke qui s’ingénia à le faire passer pour un tyran brutal, Eastwood finira par conclure un accord avec elle aboutissant à ce que les studios de Malpaso soutiennent ses projets artistiques, qui se concluront tous systématiquement par des échecs, dont Locke accusera son ex amant !
Du coté professionnel, Eastwood vieillissant à la fin des années 80, se consacre davantage à la réalisation, assouvissant une nouvelle fois sa passion pour le jazz en consacrant un biopic à Charlie Parker dans « Bird » qui malgré ses qualités, échoue commercialement et surtout artistiquement manquant les Césars/Oscars auquel il prétendait.
Ce relatif manque de reconnaissance est pourtant effacé quatre ans après avec « Impitoyable » qui sera la consécration absolue, artistique aux 4 oscars et commerciale (plus de 159 millions de dollars !) de Clint Eastwood acteur et réalisateur dans son genre de prédilection : le western.
Par un étonnant revirement, la cote d’Eastwood remonte alors en flèche dans les années 90, avec des films d’actions efficaces mais sans génie contre balancés par des drames plus intimistes ou romantiques dont le célèbre « Sur la route de Madison » césarisé et oscarisé, qui change radicalement son image de dur à cuir auprès du public féminin.
La biographie se termine sur une nouvelle étape de la vie la star qui après une relation temporaire avec Frances Fisher une actrice transie d‘amour pour lui dont il aura une fille, tombe sous le charme de Diana Ruiz, journaliste d’une chaine locale de Salinas et l’épousera en 1996 à Las Vegas et aura une fille Morgan, née de cette union.
En conclusion, « Clint Eastwood » est une biographie fleuve, très voir trop détaillée de la part d’un journaliste ami d’Eastwood qui le gratifie d’un traitement plutôt bienveillant.
Les récits détaillés de « tous » les grands films d’Eastwood sont souvent de trop et appesantissent le propos.
Malgré ce petit écueil, cette biographie permet de comprendre Eastwood comme un autodidacte ambitieux, pragmatique, complexe, conservateur mais paradoxalement ouvert d’esprit, attaché aux « petites gens » d’origine comme lui modeste, père de famille médiocre, assez léger dans ses rapports avec les femmes qu’il adore séduire sans contrainte.
Du coté professionnel, on sera séduit par sa persévérance, son sens de l’observation et son gout des prises de risques qui le poussèrent vers ses plus grands succès comme la trilogie de Sergio Léone ou la série des Inspecteurs Harry aux cotés de Siegel qui l’inspirera très certainement par son style paternaliste, direct et efficace.
Pour toutes ses raisons, le personnage d’Eastwood ou delà de son classe et son charismes naturels, continuera de m’inspirer pendant longtemps sur le plan personnel.
Reste évidemment qu’il manque à cette biographie les 20 dernières années de la vie d’Eastwood…

Clint Eastwood (Richard Schickel)
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4 mai 2015 1 04 /05 /mai /2015 21:44
Hitchcock (Sacha Gervasi)

Déjà remarqué par le très touchant et original « Anvil : the story of Anvil » en 2008, Sacha Gervasi refait parler de lui en 2012 avec « Hitchcock » consacré au (plus) grand réalisateur britannique.

L’histoire est simple : ayant obtenu un énorme succès commercial après « La mort aux trousses », Alfred Hitchcock (Anthony Hopkins alourdi et méconnaissable) souhaite en 1959 se remettre en question et explorer de nouvelles voies plus tortueuses.

Il a alors comme idée d’adapter un roman de Robert Block « Psycho » traitant d’un sujet particulièrement scabreux les meurtres de femmes perpétrés par un tueur en série schizophrène obsédé par la personnalité de sa mère décédée jusqu’au point de se travestir pour commettre ses crimes.

Compte tenu de l’horreur du sujet inspiré de surcroit de la vie d’Ed Gein (Michael Wincott), la Paramount représenté par Barney Balaban (Richard Portnow) se montre ultra frileuse et craignant la redoutable censure américaine refuse de financer le film.

Convaincu de tenir un sujet fascinant, Hitchcock s’obstine, mettant à contribution son agent Lew Wassermann (Michael Stuhlbarg), sa secrétaire Peggy Robertson (Toni Colllette) et sa femme Alma Reville (Helen Mirren) qui est également sa plus proche collaboratrice mais essuyant refus sur refus, doit se rendre à l’évidence : il va être obligé de financer le film lui-même.

Sa femme accepte le sacrifice d’une réduction de leur train de vie, il est vrai assez fastueux voir de la vente de leur splendide maison californienne mais entretient également une curieuse relation avec Whitfield Cook (Danny Huston), un scénariste de second plan qu’elle soutient et rencontre périodiquement.

Tout en travaillant sur le scénario de son film et en envisageant plusieurs actrices, Hitchcock développe une violente jalousie à l’égard de Cook.

Il est vrai qu’Alma s’absente plusieurs après midi pour déjeuner ou passer des après midi entière dans une villa au bord de la mer ou ils mettent au point ensemble le nouveau scénario de Cook.

Sous les conseils de sa femme, Hitchcock choisit héroïne, Janet Leigh (Scarlett Johansson) dans la lignée de ses femmes fatales blondes qui l’obsèdent et relègue la pourtant formidable mais trop modeste Vera Miles (Jessica Biel) en second plan.

L’acteur masculin sera Anthony Perkins (James d’Arcy) en raison de son physique torturé un tantinet efféminé.

Tenaillé par la peur de la faillite et animé par un farouche désir de revanche, Hitchcock donne tout de lui-même dans ce film, transposant sa colère vis-à-vis d’Alma dans les scènes les plus violentes du film.

Il a maille à partir avec la censure représentée par Geoffrey Shurlock (Kurtwood Smith), qui s’offusque des plans dénudés dans la fameuse scène de la douche.


Le résultat est détonnant, torturé et impressionnant.

Alma le remplace lorsque malade, il prend du retard sur le planning et finit par s’expliquer clairement sur sa relation avec Cook devant les remarques insistantes de son mari.

La mise au point est musclée et rassure Hitchcock sur la fidélité et l’implication de sa femme à ses cotés.

Bénéficiant d‘une propagande adroite, « Psychose » sort ensuite en 1959 et a un terrible impact sur le public, apportant un succès artistique et commercial sans précédent dans la carrière déjà fournie du réalisateur qui gagne son pari audacieux au nez et à la barbe de la censure et des studios trop conservateurs.

En conclusion, « Hitchcock » est film sympathique très bien interprété sur la genèse de la plus grande œuvre cinématographique qui ait pu voir le jour.

On y comprend les risques pris par le maitre du suspens, son refus du conformisme ou de la facilité comme retourner un ersatz de « La mort aux trousses » pour aller fouiller dans les cotés les plus dérangeants et troubles du psychisme humain.

« Hitchcock » prouve que l’audace paie et qu’on doit donc comme Alfred Hitchcock a su éviter la facilité pour suivre son instinct pour réaliser sa plus grande œuvre.

Un film donc solide et agréable pour les fans d’Hitchcock et de « Psychose » mais dont le classicisme ennuiera peut être les autres !

Hitchcock (Sacha Gervasi)
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30 janvier 2013 3 30 /01 /janvier /2013 23:46

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Notre plus grand acteur français, Gérard Depardieu étant assez tristement sous les feux de l’actualité en raison de sa fuite vers la Belgique puis la Russie pour échapper au fisc, j’ai eu la curiosité de lire « Gérard Depardieu, itinéraire d’un ogre » de Patrick Rigoulet.

Paru en 2007, cet ouvrage est une biographie au parfum de souffre puisqu’il a valu à son auteur une condamnation pour des propos jugés diffamatoires.

En six parties distinctes, Rigoulet développe de manière chronologique la vie de Gérard, qui commence à la fin des années 40 dans une famille modeste de Châteauroux dans l’Indre.

Avec une famille rongée par l’alcool, la pauvreté et le manque de communication, le petit Gérard est très tôt livré à lui-même.

Rapidement indépendant, il est attiré comme un aimant par la base américaine de l’Otan ou stationne une importante colonie de GI, qui incarnent par leur jeunesse et leurs excès virils, des modèles masculins par procuration.

Le manque d’éducation et sa situation d’échec scolaire poussent Gérard vers le monde de la rue, des petits voyous locaux, des prostituées et des soldats avec qui il réalise des trafics en tout genre.

Se forgeant une carrure impressionnante par la pratique assidue de la boxe avec les militaires, Gérard devient rapidement une petite terreur locale qui a souvent maille à partir avec les forces de l’ordre.

Alors qu’on pourrait penser Gérard engagé dans une spirale négative, sa rencontre avec Michel Pilorgé, un jeune bourgeois local va lui ouvrir les portes d’un milieu socioculturel supérieur en lui donnant notamment le gout de la lecture et du théâtre.

Après quelques hésitations, le jeune Depardieu accepte de suivre son ami à Paris pour tenter sa chance comme comédien.

Il fréquente plusieurs cours de théâtre dont celui de Jean Louis Cochet ou son talent naturel, son exubérance et son charme de voyou compensent son manque de culture.

Le théâtre et son maitre l’éduquent, lui ouvrent des portes et surtout lui permettent de rencontrer une jeune actrice Elisabeth Guignot dont il tombe amoureux.

Issue d’un milieu bourgeois, Elisabeth a un esprit bohème et large qui accepte sans peine le charme viril et excentrique de Gérard.

Le couple se marie en 1970 et aura trois enfants.

En parallèle, la carrière de Depardieu démarre et se construit au gré des rencontres.

Le tournant a lieu avec le réalisateur Bertrand Blier qui propose un rôle en or au comédien débutant dans un film très provocateur « Les valseuses » (1974).


Aux cotés de ses amis Patrick Dewaere et Miou-Miou, Depardieu excelle dans un personnage de voyou vivant en marge de la société.

Le film choque mais obtient un immense succès et fait de Depardieu une star qui va enchainer les films toujours plus prestigieux pour Pialat, Truffaut et des cachets toujours plus conséquents.

C’est alors qu’apparait un trait de caractère déterminant de la personnalité de Depardieu, une passion sans mesure pour l’argent qui le pousse à créer très tôt sa société de production cinématographique appelée DD production.

Le couple s’établit dans la banlieue chic de Paris, à Bougival ou il achète un hameau meublé par des bronzes de Rodin.

Depardieu a pour amis Catherine Deneuve avec qui il incarnera pendant des années le couple idéal du cinéma français et Jean Carmet avec qui il partagera une complicité fraternelle soudée par un amour commun de la bonne blague et du vin.

Car Depardieu est décrit comme un jouisseur invétéré dont les principales occupations tournent autour de la bouffe, de l’alcool et du sexe.

Ce gout pour les excès se traduit par de fortes variations de poids et par des crises de désespoir.

Férocement égocentrique, Depardieu n’a pas un grand sens des responsabilités et n’assure par son rôle de père, ce qui perturbe fortement Guillaume, le fils de Gérard, qui basculera très vite dans les chemins de la drogue et de la délinquance pour terminer de la manière tragique que l’on connait avec un horrible accident de moto, une maladie nosocomiale qui le mènera à une amputation et à une mort précoce.

L’acteur est un instinctif au talent exceptionnel qui éclate dans des films populaires comme « Fort Saganne » la série avec Pierre Richard (« La chèvre », « Les compères » « Les fugitifs ») ou « Jean de Florette ».

Immensément populaire, Depardieu obtient ses lettres de noblesses avec « Cyrano de Bergerac » pour lequel il obtiendra un César en 1990.

Si il rate le coche des Etats-Unis en raison d’une sombre cabale montée contre lui par les journalistes américains l'accusant  d’avoir participé à des tournantes dans sa jeunesse, Depardieu devient un proche des hommes politiques et des hommes d’affaires dont certains de réputation les plus douteuses comme le dictateur Fidel Castro, le nationaliste slovaque Meciar, l’algérien Rafik Khalifa ou le français Bourgoin.

Il se lance dans des montages hasardeux, accorde trop naïvement sa confiance par appât du gain, notamment pour vendre le vin qu’il produit dans ses multiples vignes qu’il a acquis dans le monde entier.

Les multiples dividendes qui retombent sont réinvestis dans de nouvelles acquisitions immobilières ou agricoles dans une course frénétique alimentée par les gros cachets de la star qui tourne sans arrêt, y compris des productions médiocres pour le petit écran ou des publicités pour les pates.

Coté privée, son mariage finit par voler en éclat après les multiples infidélités de la star qui a entretenu pendant des années une relation avec l’actrice Carole Bouquet avec qui il a été d’ailleurs en affaires.

Le livre se termine sur le portrait d’un homme finalement usé par ses excès, avec de multiples accidents de moto, un alcoolisme indéfectible, un pontage coronarien mais incapable de réfréner sa passion compulsive de vie.

En conclusion, « Gérard Depardieu, itinéraire d’un ogre » est un ouvrage à charge contre la star incontestable du cinéma français.

Le talent brut de l’acteur n’est pas contesté mais atténué par les multiples trous de mémoires et mauvais choix de Depardieu.

Plus grave, la personnalité de Depardieu subit de violentes attaques critiquant son égoïsme, son appât viscéral du gain et sa vie sans bornes habitée par un amour immodéré de la vitesse, de la nourriture, du sexe, de l’alcool et la partie pour laquelle il a attaqué l’auteur, la consommation de drogues, qui ne serait pas à proprement parler étonnante si on considère sa jeunesse de voyou dans les années 70.

Même sans parler de la mort de Guillaume ou de la récente fuite vers l’étranger, le livre suffit pour se faire une idée de la personnalité hors du commun de Depardieu.

De manière plus positive, on retiendra le formidable appétit de vivre de l’homme et son charisme hors du commun qui l’arracha d’un destin de voyou de Province pour faire de lui un acteur milliardaire à la renommée planétaire.

A lire donc, malgré les critiques, qui n’entameront en rien la formidable popularité de l’homme.

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28 novembre 2012 3 28 /11 /novembre /2012 14:22

Bourvil.jpg3

 

 

Après avoir rendu plusieurs hommages à Louis de Funès, je tenais à en faire de même avec Bourvil, l’autre géant du cinéma comique français des années 60.

Paru en 2005, « Bourvil, de rire et de tendresse » est une biographie écrite par deux spécialiste du monde de la musique Philippe Crocq et Jean Mareska.

Après une préface de Tom Novembre, grand admirateur de Bourvil au point d’avoir sorti un disque de ses chansons, le livre déroule de manière linéaire la vie d’André Raimbourg né en Normandie dans un milieu rural avec vaches et champs.

Attaché à ses origines paysannes et à sa région d’origine, André prend le pseudonyme de son village d’enfance, Bourvil.

Mais l’homme dispose d’un tempérament trop bohème et curieux pour se cantonner à la vie de paysan, et montre bien vite des dispositions pour les métiers artistiques en faisant rires ses camardes ou en chantant dans des bals de village ou il imite des stars de l’époque comme son modèle original Fernandel.

En 1939, la guerre arrive et propulse André alors âgé de vingt deux ans dans des obligations militaires que sa santé ne supporte pas bien longtemps.

Malade, il est rapatrié dans le Sud ouest ou il fait la connaissance d’Etienne Lorin, un accordéoniste avec qui il fera ses premiers pas dans les cafés concerts de Paris dans lesquels il fait étalage de ses incroyables talents de comique ainsi que de chanteur.

Bourvil possède en réalité le don de faire rire en peaufinant un personnage de provincial benêt, maladroit, faux naïf plus malin qu’il en a l’air mais surtout profondément bon et généreux.

Ce caractère simple et attachant, touche lui confère un public assez universel avide de distractions depuis la fin de la guerre.

Mais l’homme sait également se faire adroit chanteur, en interprétant avec talent chansons alternativement drôles ou plus mélancoliques.

Nanti d’un tel bagage, Bourvil ne tarde pas à se faire un nom dans le show biz parisien et est signé par André Trives imprésario chez Carrère.

Il côtoie alors les stars de l’époque, Edith Piaf, Francis Blanche, Yves Montand, Charles Trenet ou la jeune Line Renaud alors débutante.

Les premiers pas de Bourvil dans le cinéma sont moins heureux.

Il tourne dans des films médiocres avec André Berthomieux et se montre plus enclin à poursuivre sa carrière sur scène ou le rapport avec le public est direct.

Dans ce registre, son talent fait des étincelles.

Il se produit au théâtre et dans des opérettes comme « La route fleurie » avec son ami chanteur George Guétary mais sa popularité explose au niveau national avec la montée en  puissance de la radio ou des disques, qui diffusent alors massivement des chansons devenus des classiques populaires comme « Les crayons », «  La tactique du gendarme », « Salade de fruits », « C’était bien » , « La tendresse » ou « Les abeilles ».

Bourvil est alors un proche du producteur Jean-Jacques Vital et de Bruno Coquatrix, directeur de Bobino ou il se produira souvent, puis de l’Olympia.

Mais le cinéma lui tend les bras, comme à toutes les vedettes de l’époque.

Bourvil est plus heureux en tournant des adaptations de Marcel Aymé comme « Le passe-muraille » en 1951 mais surtout « La traversée de Paris » aux cotés de Gabin et De Funès, qui lui vaudra sa première reconnaissance de la profession dans un rôle complexe élargissant son jeu au-delà des prestations de nigaud campagnard.

Il peut alors tourner avec la belle Michèle Morgan à Venise « Le miroir à deux faces » , pousser encore plus le contre emploi en incarnant un Thénardier cruel et sournois dans « Les Misérables » (1958) aux cotés des irascibles Gabin et Blier et faire la connaissance du jeune premier Jean Marais dans « Le bossu » de son ami Hunnebelle (1959).

Malgré tout son rapport avec le cinéma demeure délicat et « La jument verte » en 1959 adaptation corrosive d’une autre œuvre d’Aymé, est un cuisant échec tout comme bon nombre des films qu’il tourna au début des années 60 notamment avec son sulfureux ami Jean-Pierre Mocky, aussi Bourvil jongle t il astucieusement avec sa carrière de comique et chanteur qui lui apportent plus de satisfactions.

Devenu une star, Bourvil tourne d’égal à égal avec son ancien maitre Fernandel dans « La cuisine au beurre » mais la rivalité est terrible avec le vieux méridional qui le considère plus comme une menace.

Vient enfin « Le corniaud » de Gérard Oury en 1964 et la découverte d’une formidable complémentarité avec Louis de Funès pourtant mécontent au départ du peu de place qui lui est laissé dans le film.

La suite, on la connait, bien que doté de caractères différents, De Funès étant un timide angoissé dans la privée, Bourvil plutôt enjoué et blagueur, les deux hommes deviendront amis et tourneront la célébrissime « Grande vadrouille » sorte de première super production française qui sera un raz de marée populaire.

Pui se sachant malade et condamné par un cancer des os, Bourvil parviendra malgré la fatigue à se détacher du rôle de pitre pour incarner des personnages plus sombres et complexe dans les polars « Le cerveau » mais surtout « Le cercle rouge » de Jean-Pierre Melville.

En conclusion, « Bourvil, de rire et de tendresse » relate bien entendu des anecdotes intéressantes de la vie d’un des amis préférés des français mais ne révèle à dire vrai que peu de choses sur la vie privée et intime de l’homme derrière l’acteur.

On le devine sensible, fidèle en amitié comme avec des réalisateurs de cinéma marginaux comme Mocky ou fidèle à sa femme Jeanne Lefrique amie d’enfance, dont finalement le livre parle assez peu alors qu’on aurait pu parler de son décès survenu en 1985 alors qu’elle se rendait sur sa tombe.

Mais Bourvil savait aussi se montrer fort et malin pour se faire respecter dans le milieu du show bizness.

Son courage face à une maladie qu’il nia jusqu’à ses derniers instants inspire le respect même si on peut y voir un certain manque de lucidité en se lançant sans cesse dans de nouveaux projets qu’on est pas certains de finir.

L’amitié avec Louis de Funès est assez peu développée, elle fut pourtant bien réelle et au moment de sa mort, les deux amis débordaient des projets artistiques malheureusement restés inaboutis.

De mon coté, j’ai plus apprécié découvrir le Bourvil chanteur, drôle ou touchant, qu’on oublie quelques fois derrière le monstre du cinéma populaire.

Une biographie qui reste toutefois intéressante et touchante pour cet homme resté simple et gentil, comme l’idéal meilleur ami des français.

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22 août 2012 3 22 /08 /août /2012 21:22

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Même si Jack London est connu pour ses romans d’aventures, son œuvre la plus aboutie est réputée être « Martin Eden ».

Publié en 1909, « Martin Eden » est un roman autobiographique racontant la destinée de Martin Eden, un homme frustre issu d’un milieu modeste qui va au contact d’une bourgeoise américaine d’Oakland (Californie) appelée Ruth Morse, se prendre à rêver d’une autre vie, faite de culture et de raffinement.

Marin, aventurier et jeune voyou de vingt ans, Martin est en effet ébloui par la beauté et l’intelligence de Ruth, qui lui est présenté après qu’il eut sauvé son frère d’une bagarre.

Mais cette révélation va de pair avec un fort complexe d’infériorité par rapport au niveau intellectuel de l’entourage de la belle.

Alors par amour, Martin va se former en autodidacte en fréquentant les bibliothèques municipales et en accumulant de manière aussi boulimique que malhabile d’énormes connaissances visant à combler ses lacunes en littérature, philosophie et sciences.

De son coté, Ruth troublée par la puissance animale dégagée par Martin, ne va pas rester insensible à son charme et va le revoir régulièrement en tout bien tout honneur, tout en lui prodiguant des conseils pour améliorer sa grammaire et son vocabulaire issus du monde de la rue.

De fil en aiguille, Martin va par son travail acharné progresser et se découvrir une véritable vocation d’écrivain après avoir lu Hebert Spencer qui établit un lien entre biologie et philosophie et Nietszche dont les idées individualistes radicales le séduisent beaucoup.

Après une expérience particulièrement éprouvante comme travailleur dans une blanchisserie avec son ami Joe, Martin décide de délaisser les travaux manuels abrutissant pour se consacrer à sa passion.

Mais le chemin est long jusqu’à la renommée et l’apprenti écrivain voit la plupart des ses poèmes et nouvelles rejetés par la presse californienne.

Martin vit donc dans une grande pauvreté matérielle chez une logeuse portugaise pauvre mais compréhensive et se voit de plus totalement déconsidéré socialement en raison de son choix de vie.

Il est moqué, rejeté de tous et même Ruth ne croit pas réellement en lui.

Le comportement contestataire, entier et impulsif de Martin le conduit à de violentes disputes avec les proches bourgeois de Ruth ce qui conduit la jeune femme sous la pression de ses parents à rompre le contact avec lui.

Malgré son tempérament de lutteur et le soutien d’un ami écrivain ultra brillant (Russ Brissenden) qui meurt juste avant de connaitre un immense succès, Martin finit devant la malhonnêteté des journaux par se décourager.

C’est à ce moment la que le miracle se produit et que ses œuvres commencent à recueillir un certain succès.

Martin commence à intéresser la presse mais également les maisons d’éditions qui lui proposent des contrats toujours plus alléchants tandis que ces œuvres rencontrent davantage de succès.

Sa situation financière s’améliore grandement et le regard des gens sur lui change ce qu’il a du mal à supporter.

A sa grande surprise, Martin est accepté et même courtisé par le milieu bourgeois qui jadis le rejetait.

On se prosterne devant lui et même Ruth, poussée par sa famille revient vers lui.

Mais Martin est trop fier, trop indomptable pour accepter la jeune femme et la repousse.

Dès lors, malgré la dispense de biens matériels aux rares qui l’ont soutenu dans la misère (Joe, sa sœur et sa logeuse) , Martin sombre peu à peu dans la dépression.

Il perd le gout de la vie, le désir d’écriture et même de lecture.

Ne supportant plus sa notoriété et l’hypocrisie qui l’accompagne, Martin se laisse couler dans l’océan Pacifique au cours d’un voyage devant l’amener vers les iles.

En conclusion, bien que agréable et intéressant, « Martin Eden » n’est pas à mes yeux le chef d’œuvre tant escompté.

Jack London se livre beaucoup et y décrit avec talent le douloureux processus menant une brute ignare (mais riche de l’intelligence de la survie) vers les chemins escarpés de l’excellence intellectuelle.

On retrouve donc le tempérament de l’écrivain avec une grande rage, une obstination et une puissance que rien ne peut arrêter une fois mise en mouvement.

L’homme parait également complexe, sensible et fragile avec un niveau d’exigence envers soit même et les autres sans doute beaucoup trop élevé pour etre heureux.

A lire donc pour les passionnés de London, même si je reste de mon coté plus attiré par ses romans d’aventures.

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4 février 2012 6 04 /02 /février /2012 13:13

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Vous avez pu je le pense déceler au gré de certains chroniques mon admiration pour l’acteur Louis de Funès aussi ai-je lu avec beaucoup d’intérêt sa  biographie co-écrite par ses deux fils Patrick et Olivier « Louis de Funès, ne parlez pas trop de moi, les enfants ».

Paru en 2005 soit plus de vingt ans après sa mort, l’ouvrage a pour lui le bénéfice de la sincérité que peuvent éprouver deux fils pour leur père.

Après une préface surprenante de Jane Goodall, éthologue anglaise de renom qui a su déceler chez l’artiste des facultés d’études des comportements humains similaire à son travail concernant les chimpanzés, « Louis de Funès, ne parlez pas trop de moi, les enfants » nous fait découvrir la vie de l’un des acteurs les plus populaires du cinéma français.

Né en 1914 d’un père espagnol qui décédera prématurément après avoir longtemps cherché fortune au Venezuela, Louis de Funès sera élevé en région parisienne par sa Mère également espagnole qui avait elle aussi visiblement des dons de comédienne.

De constitution chétive, de Funès est exempté de service militaire parce qu’on le croit tuberculeux et est très tôt plus passionné par la musique que par les études.

Autodidacte nanti d’un sens du rythme quasi inné, il se produit sous l’Occupation allemande comme pianiste dans les clubs de jazz parisiens.

C’est par le biais de la musique qu’il rencontre Jeanne Augustine Barthélémy descendante de la famille Maupassant qui deviendra en 1943 sa seconde épouse après un premier mariage raté.

Malgré la précarité de la vie d’artiste et des horaires nocturnes souvent exténuants, de Funès fait des rencontres intéressantes, le cinéaste Jean Pierre Melville qu’il respectait beaucoup, Eddy Barclay autre passionné de jazz et surtout Daniel Gélin qui lui permettra de décrocher ses premiers petits rôles au théâtre et au cinéma.

En 1957 , il interprète la pièce « Oscar » de Claude Magnier avec pour partenaires Jean Paul Belmondo et Pierre Mondy qui fera exploser au grand jour ses talents d’acteur comique.

Le succès de la pièce fait de lui une star et les propositions au cinéma deviennent plus intéressantes comme ce second rôle marquant dans « La traversée de Paris » au coté de Bourvil et Gabin.

Mais de Funès apparait comme un homme aux gouts simples et discrets, mal à l’aise avec la célébrité.

Pour protéger sa famille, il est contraint de déménager, quittant les abords de la gare Saint Lazare pour ceux beaucoup plus bourgeois du Parc Monceau.

Parallèlement à cela il mène une vie emplie de calme et de nature dans le château de Clermont sur Loire, prêt de Nantes, propriété de sa femme.

L’homme est décrit comme anxieux, un brin paranoïaque mais très humain,  proche des gens et très soucieux de sa famille.

De Funès tente de donner gout au métier d’acteur à Olivier qu’il fait tourner avec lui au théâtre et dans certains de ces films, même si ce dernier reconnaitra assez vite ses limites et se destinera ensuite vers le métier de pilote de ligne.

Le génie comique de de Funès repose sur la finesse de son sens de l’observation qui lui fait déceler chez ses semblables les comportements les plus drôles dans le registre de la lâcheté, de la colère ou de l’hypocrisie.

A ses dons d’observations se superposent des dons de mimétisme prodigieux et un sens de l’interprétation qui le poussait à inventer sans cesse de nouvelles idées de gags pour se renouveler et ne pas lasser son public.

1964 est l’année de la consécration pour de Funès, il y rencontre des réalisateurs capables de prendre de magnifier son génie comme Jean Girault (la série des « Gendarme de Saint-Tropez ») , André Hunebelle (la série des « Fantomas ») mais surtout Gérard Oury sur « Le corniaud » qui profitant de sa formidable complicité avec Bourvil fera de lui le plus grand acteur comique français de l’époque.

Dans chacun de ces films l’acteur incarne des personnages de petit nerveux, lâche, cupide, égoïste et colériques contre balancés par son partenaire de l’époque, ahuri, simple et naïf au grand cœur.

Cette association culminera en 1966 avec « La grande vadrouille » qui reste jusqu’à maintenant sur le podium des plus grands succès du cinéma français.

Les fils de de Funès parleront des relations de leur père avec les autres acteurs, tendues avec un Jean Gabin assez antipathique ou un Jean Marais excédé par son coté perfectionniste mais excellentes avec son ami Bourvil avec qui il était en parfaite harmonie.

Le réalisateur Robert Dhéry ainsi que le dramaturge Jean Anouilh compteront également parmi ses proches.

Rien en revanche ne figure sur celles avec un autre grand de l’époque, Michel Galabru.

Il participe à l’adaptation de sa pièce fétiche « Oscar » par Edouard Molinaro au cinéma en 1967, et doit faire avec Yves Montand en 1971 pour « La folie des grandeurs » après la mort de Bourvil un an plus tôt.

Mais après le succès fulgurant de « Les aventures de Rabbi Jacob » l’homme fait un infarctus et passe près de la mort.

Malade, déprimé, contraint à l’inactivité, de Funès doute et pense à arrêter sa carrière.

Mais il réalise qu’il est fait pour jouer et décide donc de redémarrer en adaptant son jeu pour le rendre moins explosif, moins physique en jouant plus sur le registre de l’émotion.

Après d’autres belles rencontres, notamment avec Coluche pour « L’aile ou la cuisse » et Jacques Villeret pour « La soupe aux choux », Louis de Funès décède en 1983 après un ultime volet des Gendarmes.

En conclusion , « Louis de Funès, ne parlez pas trop de moi, les enfants » est à l’image de son sujet, un livre intéressant et touchant.

Pour être franc tout le monde se moque des états d’âmes des fils de Funès et de leurs parcours personnels relativement banals, mais les anecdotes de leur passé concernant les relations d’intimité sont en revanche captivantes.

Derrière le masque du clown perfectionniste travaillant sans relâche sa mécanique du rire au risque de déstabiliser les réalisateurs, se cachait un homme à la discret et humble préférant rouler en DS plutôt qu’en Jaguar, un homme intelligent et hyper sensible, soucieux de la protection de la nature, dégouté par les politiciens comme Pompidou ou Giscard d’Estaing qui tentaient de capter à leur profit son immense succès populaire.

Plaisant hommage de fils à leur père, « Louis de Funès, ne parlez pas trop de moi, les enfants » ne fait que renforcer l’admiration et l’affection qu’on peut éprouver pour cet acteur hors norme qui a donné et donne encore tant de plaisir aux gens.

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27 juillet 2011 3 27 /07 /juillet /2011 21:02

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Considéré avec raison comme le meilleur acteur de tous les temps à égalité avec le redoutable Clovis Cornillac, Marlon Brando m’a depuis toujours fasciné, aussi est-ce avec délectation que j’ai lu sa biographie écrite au début des années 2000 par Patricia Bosworth « Marlon Brando ».

De manière très classique mais sérieuse, la biographie relate par ordre chronologique la vie de l’acteur en insistant fortement sur la composante familiale principal levier déclencheur des velléités artistiques de ce jeune homme né en 1924 au Nebraska.

Car le jeune Marlon est issu d’une famille plutôt particulière avec un père d’origine alsacienne (Marlon Brando Sr) représentant de commerce, autoritaire, buveur, coureur de jupon, en proie à des accès de brutalité inouïs qui terrorisent sa famille et surtout sa mère Dorothy dite Dodie.

Marlon entretient une relation quasi fusionnelle avec sa mère, femme indépendante, actrice talentueuse mais qui frustrée par la vie que lui impose son mari se réfugie dans une terrible dépendance à l’alcool.

Le couple Brando se dispute souvent en des bagarres d’ivrognes, se sépare un court moment avant de se ressouder.

Mais l’éducation très libérale de Dodie donne à Marlon le gout des milieux artistique.

Elève médiocre, paresseux, incapable de se concentrer sur la durée et de se plier longtemps à l’autorité, Brando a une personnalité hors du commun et de véritables dons pour la comédie qui se révèlent précocement par l’intermédiaire d’un professeur de théâtre à l’école des cadets militaires de Shattuck.

Réformé, Brando tente sa chance à New York et prend des cours de théâtre auprès de l’école réputée de Stella Adler.

Outre le théâtre classique, il s’initie à l’escrime et à la danse.

Malgré son indiscipline, il devient vite en raison de ses dons le favori de la directrice, qui entretiendra une liaison ambigüe avec son élève.

Repéré par les metteur en scène Elia Kazan, Brando triomphe au théâtre dans la pièce « Un tramway nommé désir » de Tennessee Williams.

L’incroyable présence de l’acteur dans un rôle pourtant contre nature ou il doit jouer un prolétaire macho dans une ambiance moite et scandaleuse, attire de façon magnétique les spectateurs.

Parallèlement à cela, Brando mène une vie de bohème à New York, fréquentant des intellectuels, des paumés et ayant de multiples maitresses qui du reste acceptent de partager le bellâtre surdoué.

Devant l’incroyable succès de cette pièce, une adaptation cinématographique est réalisée par le talentueux Elia Kazan qui sera le mentor et le père de substitution du Brando des jeunes années.

Grandement aidé par la performance inoubliable de Vivian Leigh, l’adaptation de Kazan réussit à surpasser la pièce de Williams.

De plus le réalisateur pousse son élève à pratiquer boxe et musculation pour augmenter sa virilité.

Teint en brun, moulé dans des jeans et tee shirts très serrés, le corps d’athlète de Brando dégage une force brutale contrastant avec la douceur de son visage d’ange mélancolique.

Il vampirise l’attention et devient une star doublée d’un sex symbol.

Les autres grands moments de la carrière de la star sont abordées, avec la consécration, l’oscar pour « Sur les quais » toujours avec Elia Kazan puis le rôle de motard qui fit de lui le voyou le plus sexy du monde et l’idole des jeunes avec « L’équipée sauvage » de Laslo Benedek.

Parallèlement à cela outre ses problèmes familiaux, Brando père une vie complètement dissolu et sème les enfants auprès de ses multiples femmes et maitresses.

Il épouse une américano-indienne Anna Kashfi puis l‘actrice Movita Castadena rencontrée sur un tournage au Mexique, et ces mariages seront de véritable naufrage comme Brando est trop instable pour être un bon père.

On peut néanmoins considérer que Tarita Teriipaia rencontrée en Polynésie française lors du tournage du calamiteux remake « Les révoltés du Bounty » est la femme la plus marquante de sa vie puisqu’elle lui donnera deux enfants et le poussera à acheter une ile à Bora Bora pour s’y retirer dans une quête de solitude absolue.

Dans les années 60, Brando fonde sa propre maison de production qui mal administrée par son père fera faillite, puis il se brouille avec Kazan qui a soumis à la pression du Mac Barthisme a du dénoncer des sympathisants communistes.

Brando se politise, prend la défense des minorités afro-américaines et indiennes.

Après l’assassinat de Martin Luther King il soutient même les Black Panthers avant de se retirer, refroidi par leur radicalité.

Acteur réputé ingérable et sur le déclin, Brando revient en grâce en 1972 par son incroyable prestation du « Parrain » de Francis Ford Coppola.

Il refuse pourtant de venir chercher son oscar et en état de grâce tourne avec Bertolucci le sulfureux « Dernier tango à Paris ».

Le dernier grand rôle de Brando sera lui aussi donné par Coppola en 1978 dans son fameux délire mystique d’ « Apocalypse now ».

Ensuite, l’acteur rongé par ses déboires familiaux, se laisse aller, prend du poids et se reclus dans la solitude de sa maison à Beverly Hills.

Le suicide de sa splendide fille Cheyenne après que son demi frère Christian ait assassiné son petit ami, accentuera cette longue phase dépressive.

En conclusion, « Marlon Brando » est un très bon livre, sérieux et bien documenté, idéal pour saisir les grandes lignes de la vie privée et professionnelle de l’acteur.

Véritable écorché vif, Brando apparait comme s’étant construit par opposition avec son père, envers qui il voulait sans cesse prouver quelque chose.

Ce rapport d’amour et de haine entre deux personnalités très forte, hantera Brando même après la mort de son père.

Puis il y a sa mère, symbole d’une féminité idéalisée, mais aussi d’une grande indépendance d’esprit qu’il cultivera toute son existence.

Surdoué, béni des dieux en raison de son apparence physique qui lui faisait séduire quiconque (hommes comme femmes ?) , Brando était en réalité un être sensible, dépressif et hanté par un mal être profond qu’il inculqua sans doute malgré lui à sa progéniture.

On appréciera les anecdotes savoureuses, les dons de mimétismes de l’homme, ses excès, son gout (que je trouve divin !) pour les femmes exotiques, ses engagements quelques fois hasardeux mais surtout ce coté indomptable qui le caractérisa.

Un seul regret, le livre de Bosworth s’arrête quelques années trop tot et ne traite pas des dernières années de Brando, obèse, solitaire et rongé par la mort de sa fille Cheyenne.

Je trouve en effet fascinant que l’homme le plus sexy de tous les temps ait fini aussi misérablement et surtout en enlaidissant son physique parfait.

Les dernières révélations sur sa bisexualité n’apparaissent pas non plus.

Mais « Marlon Brando » réussit à atteindre son objectif et donne envie de se replonger dans la copieuse filmographie de la star, ce qui est pour moi l’essentiel.


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21 février 2010 7 21 /02 /février /2010 19:02

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J’avais été enthousiasmé par « La nausée » c’est donc fort logiquement que j’ai lu « Les mots » de Jean-Paul Sartre.

Découpé en deux parties sobrement intitulées « Lire » et « Ecrire » , « Les mots » est une autobiographie intimiste racontant principalement l’enfance de l’écrivain jusqu’à l’age de onze ans.

Issu d’un milieu d’intellectuels et de bourgeois, le jeune Sartre n’a pourtant pas eu une enfance tout à fait comme les autres en raison du décès prématuré de son père militaire Jean Baptiste qui obligea sa femme Anne-Marie à retourner vivre chez ses parents à Paris.

On découvre l’influence prédominante de son grand père Charles Schweitzer, alsacien, professeur d’allemand à l’Institut des Langues Vivantes de Paris.

Ce grand père idolâtré fera office de figure paternelle et inculquera au petit Jean-Paul un amour immodéré pour les livres.

Très tôt, Sartre manifeste en effet une prédisposition étonnante pour raconter des histoires.

Enfant prodige à l’érudition stupéfiante pour son age, il devient vite le centre d’attraction de la famille.

Il se sent rapidement flatté d’attirer toutes les attentions du monde des adultes et en rajoute dans la sur représentation, se faisant acteur, manipulateur, imposteur dans le soucis de toujours plaire à son petit auditoire familial.

Sartre rend aussi hommage à toute ses lectures d’enfances qui ont nourries son imaginaire,  Jules Verne, Victor Hugo, les « illustrés » racontant milles aventures de chevaliers, cow boys, explorateurs, ainsi que le cinéma, source d’émerveillement et d’aplanissement entre les couches sociales.

Malgré le manque initial du père, son enfance paraît donc extrêmement choyée et protégée, avec la présence de maîtres spécialisés pour lui administrer des cours particuliers.

L’époque de la guerre de 14-18 ne sera qu’évoquée en pointillée, comme un conflit lointain qu’un enfant ne peut pas réellement saisir dans toute sa complexité et ses enjeux.

L’époque de l’adolescence arrive elle aussi un peu tard sous la forme de cours reçus au très bourgeois et prestigieux lycée Hoche.

On devine qu’elle sera moins heureuse que cette enfance idyllique perdues au milieu de livres.

Mais tout au long du parcours du jeune Sartre on est frappé du fait que dés son plus jeune age il savait que sa vocation était de devenir écrivain.

Imaginait il déjà très tôt quand le succès l’atteindrait, ce qu’il laisserait à sa postérité ou s’agit il d’affabulation écrites à posteriori ? Le lecteur se fera sa propre opinion.

En tout cas « Les mots » raconte le processus de maturation qui fait éclore un talent artistique, en mettant en évidence les conditions favorables et les éléments déclencheurs à son épanouissement.

J’ai pour ma part été peu sensible à l’exercice.

Enfance trop gâtée, aisance matérielle et codes des bourgeois, narcissisme de cet enfant roi perroquet savant trop vite monté en graine, n’ont pas crée un fort sentiment de proximité et d’empathie avec le personnage, contrairement aux errements et à l’infini tristesse qui transparaissaient dans « La nausée ».

Pourtant j'ai moi meme eu un grand pére qui a beaucoup compté pour moi et une enfance proche des livres.

Dommage donc mais meme les plus grands ne peuvent pas toucher à tous les coups.


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16 novembre 2009 1 16 /11 /novembre /2009 16:07


Frédéric Beigbeder est sans nul doute l’un des auteurs français les plus détestés à l’heure actuelle, et ce n’est pas l’obtention récente du prix Renaudot pour « Un roman français » qui risque d’atténuer les polémiques à son sujet.

L’agacement que provoque Beigbeder est sans nul doute provoqué par son coté people, fils de riche et son omniprésence dans les média ce qui rebute bon nombres de critiques.

Pourtant je ne cache pas aimer certains des livres de Beigbeder et lui trouver une forme de talent. Aussi ai je lu avec intérêt son roman autobiographique intitulé « Un roman français ».

Inspiré à la suite d’un événement traumatisant, son arrestation et sa garde à vue de 48h suite à un flagrant délit de consommation de cocaïne sur le capot d’une voiture à la sortie d’un bar branché du VIII ieme arrondissement de Paris, ce roman se veut le premier livre ou Beigbeder ne cherche pas à se cacher derrière ses personnages de dandys branchés décadents mais plutôt à se raconter de manière sincère.

Confiné dans son étroite cellule, Beigbeder s’introspecte pour la première fois pour tenter d’analyser ce qui l’a fait descendre aussi bas.

On en apprend plus sur ses origines, sa famille issue d’un riche milieu noble du Pays Basque ayant fait fortune dans les sanatorium, sa grand mère anglaise surnommée « Granny », son enfance aisée mais assommante d’ennui dans les beaux quartiers de Paris et de Neuilly mais surtout les problèmes du jeune Frédéric, complexé par son physique peu avenant et marqué par le divorce de ses parents.

Beigbeder parle de la douleur, de la frustration de sa vie d’enfant, victime des refus méprisant des jeunes filles et d’une jalousie aiguë envers son frère Charles, qu’on pourrait qualifier de parfait : beau, équilibré, brillant et riche.

Le divorce de ses parents semble également avoir joué un rôle important dans la vie du jeune Frédéric, entre un père flambeur accumulant les conquêtes dans une vie de play boy jet setter à laquelle il fut souvent mêlée et une mère austère se sacrifiant pour péniblement élever seule ses deux garçons.

L’exercice n’est pas je dois l’avouer toujours des plus intéressants mais l’écrivain rebelle parvient à être touchant lorsqu’il évoque son grand père qui lui avait apprit à faire des ricochets sur la plage, ou sa fille qu’il semble aimer passionnément.

Bien sur Beigbeder en profite pour régler facilement quelques comptes notamment avec les conditions de détention du système carcéral français comme l’effrayant « Dépôt » situé sur l’Ile Saint Louis, ou bien le procureur de le république qui choisit de le prolonger en garde à vue pour en faire un symbole du fait de son statut de « people ».

Au final on reste partagé devant l’exercice, bien sur on est touché de voir que l’expérience de la garde à vue à provoqué une réaction créatrice intéressante sur cet adulte qui refusait jusqu’à présent de voir la vie en face et de se souvenir de ses anciennes blessures mais en même temps on se dit que la vie du jeune Beigbeder emprisonné dans un cocon doré d’ennui n’a rien eu d’assez exaltant pour être racontée sur plus de deux cents pages.

Le titre « Un roman français » se veut être un parallèle entre l’évolution de le France et la vie de Beigbeder, issu d’une famille de nobles provinciaux ayant caché des juifs pendant la seconde guerre mondiale, puis ayant accédé au confort après la guerre, vécu le divorce et engendré un fils devenu un jouisseur individualiste épris de liberté et de plaisir.

On trouvera peut être cet aspect du roman plus contestable préférant quand l’écrivain quadragénaire à succès se livre sans fard et avec sensibilité.

« Un roman français » demeure donc un Beigbeder plus posé, sérieux, introspectif et mélancolique que d’habitude.

Pour finir une belle tirade sur la famille :

« La famille vous rappelle les souvenirs que vous avez effacés et vous reproche votre amnésie ingrate. (..)

Une vie de famille est une succession de repas dépressifs ou chacun répète les mêmes anecdotes humiliantes et automatismes hypocrites, ou l’on prend pour un lien ce qui n’est que loterie de la naissance et rites de la vie en communauté.

Une famille c’est un groupe de gens qui n’arrivent pas à communiquer, mais s’interrompent très bruyamment, s’exaspèrent mutuellement, comparent les diplômes de leurs enfants comme la décoration de leur maison, se déchirent l’héritage de leurs parents dont le cadavre est encore tiède.

Je ne comprends pas les gens qui considèrent la famille comme un refuge alors qu’elle ravive les plus profondes paniques. »

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