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31 janvier 2012 2 31 /01 /janvier /2012 19:41

appel_sauvage.jpg5

 

 

Après tous ces classiques de la littérature française lus dernièrement, l’envie m’est revenu de lire des auteurs étrangers, comme Jack London et « L’appel sauvage » premier livre qui en 1903 lui apporta un début de célébrité.

Classique entre les classiques, « L’appel sauvage » est comme « Croc-blanc » un livre idéal pour donner le gout de la lecture à un jeune garçon, et à ce titre Jack London accompagna bon nombre de mes lectures d’enfance dans le Jura.

La principale originalité de « L’appel sauvage » est que le personnage principal n’est pas un homme mais un gros chien appelé Buck, croisement de Saint Bernard et de chien de berger qui est enlevé à son existence douillette de chien domestique dans le Sud des Etats-Unis pour servir de chien d’attelage dans la fameuse ruée vers l’or vers l’Alaska.

Avec ses nouveaux maitres, François et Perrault travaillant dans les services postaux, Buck va apprendre une nouvelle vie faite de privations, d’efforts et de violence.

Mais il va peu à peu s’adapter et trouver en lui les ressources mentales et physiques pour s’endurcir et survivre dans un environnement hostile froid et sauvage.

La lutte dans la hiérarchie de la meute va être sa principale occupation, avec des relations de dominant à dominé s’établissant au gré des rapport de force.

Buck triomphera finalement de son principal rival, un husky nommé Spitz qu’il blessera à mort dans un terrible combat devant une meute enragée.

Devenu le maitre de l’attelage, il assoira de plus en plus son autorité, devenant de plus en plus dur.

Après que la mission postale fut achevée, Buck sera donné à un couple de chercheurs d’or amateurs, dont l’inconscience et l’incompétence conduira leur attelage aux portes de la mort.

Amaigri, battu et épuisé, Buck sera sauvé à Dawson in extremis d’une morte certaine par un chercheur d’or au grand cœur John Thornton qui sera le premier être humain depuis fort longtemps à lui apporter douceur et amour.

Il deviendra un vrai chien de la ville, farouchement fidèle envers son maitre et épatera les habitants par sa force de traction capable de lui faire tirer un traineau de 500 livres.

Mais même heureux avec les hommes, Buck sera tiraillé par un puissant sentiment intérieur qui le conduira à s’engager dans des contrées toujours plus sauvage à la recherche de ses semblables, les loups.

Le destin forcera la décision quand Thornton et ses associés seront assassinés par des Indiens venus chasser les troupeaux d’orignaux.

Buck accomplira une terrible expédition punitive pour venger son maitre et deviendra une légende très redouté par les Indiens.
Délivré de tout lien avec la civilisation, il rejoindra définitivement les loups et deviendra un chef de meute à l’aura quasi mythique.

En conclusion, « L’appel sauvage » est un court roman dont la magie demeure après plus d’un siècle absolument intacte.

Il est vrai que la métaphore du retour à l’état naturel est sublime, ramenant finalement l’animal (ou l’homme) à ses fonctions les plus nobles pour l’écrivain, celles ou il révèle ses cotés prédateurs pour survivre et retrouve une liberté sans entrave en contact direct avec la Nature.

Le style de London est absolument limpide et parvient à faire entrer le lecteur en totale empathie avec le chien-loup passant de l’état d’esclave à maitre.

« L’appel sauvage » transporte, fait rêver à de mystérieux et lointains paysages enneigés peuplés de loups, d’ours, de saumons, d’indiens farouches et de chercheurs d’or aveuglés par l’appât du gain.

L’attraction du livre est tellement puissante qu’on peut comprendre sans peine qu’elle fasse naitre des vocations un peu à la manière de « The call of the wild » de Sean Penn.

Un chef d’œuvre.

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26 janvier 2012 4 26 /01 /janvier /2012 19:59

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Publiée en 1829, « Les chouans » est l’une des œuvres les plus connues de Honoré de Balzac et pas seulement en raison des adaptations cinématographiques d’Henri Calef (en 1947) ou plus près de nous de Philippe de Brocca (en 1988).

Prenant pour cadre la troisième guerre civile de 1800 opposant les rebelles Vendéens et Bretons fidèles au roi en exil en Angleterre aux troupes républicaines fraichement soumises à Napoléon, « Les chouans » est une grande épopée historico-romanesque narrant l’amour impossible entre le chef des rebelles, le marquis de Montauran dit le Gars et Marie de Verneuil, une aristocrate au destin compliqué chargée par le ministre de la police Fouché de séduire et de livrer le Gars aux troupes républicaines du commandant Hulot.

Mais bien entendu, comme dans tout bon roman, la belle, fragile et sentimentale Marie de Verneuil tombera sous le charme de sa proie et subira une attraction tellement puissante qu’elle balancera longuement entre son sens du devoir et les intenses passions de son cœur.

De son coté, le Gars est un jeune chef impétueux régnant sur des maquisards bretons pratiquant une sorte de guérilla sauvage et cruelle contre les soldats républicains appelés les Bleus.

Bien qu’étant un militaire émérite, Hulot ne peut avoir seul le dessus contre ces diables de chouans qui sont soutenus par une grande partie de population locale et fanatisés par les curés, indéfectibles ennemis de la révolution française.

Il accepte donc malgré sa répugnance de recevoir l’aide d’un jeune espion noble arriviste nommé Corentin qui intriguera auprès de Madame de Verneuil, pour obtenir les renseignements qui lui permettront de tuer le Gars.

Le roman oscillera donc en permanence au fil des brusques revirements d’amour-et de haine entre les deux amants, avec comme forces auxiliaires des personnages beaucoup plus froids et pragmatiques comme Corentin ou Madame du Gua, noble mue en âpre chef de guerre bretonne et ennemi mortelle de Marie.

En conclusion, « Les chouans » est un très bon roman d’aventures ayant pour mérite de mettre en lumière une période difficile de l’histoire de France, avec une guerre particulièrement sale entre rebelles bretons et troupes régulières nationales.

La complexité de cette guerre civile est soigneusement bien décrite avec un mélange du coté des Chouans de braconnage et d’authentique fanatisme religieux.

« Les chouans » recèle donc une bonne dose de violence contenue dans de durs combats militaires mais aussi des scènes de tortures ou d’odieux massacres réalisés par des paysans mus en criminels sans scrupule.

Cette dureté est cependant grandement atténué par l’intrigue amoureuse, il est vrai romantisée à l’extrême et reposant grandement sur le cliché de l’amour impossible à la Roméo et Juliette.

Même si les échauffements du Gars et de Madame de Verneuil ne m’ont pas outre mesure passionné, on reconnaitra à l’ensemble une construction solide, un grand souffle épique porté par un rythme soutenu rempli de rebondissements en chaine.

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26 novembre 2011 6 26 /11 /novembre /2011 12:51

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4

 

 

Grand amateur de mythologie et de culture hellène, mais également du film « 300 » de Zack Snyder, je suis bien entendu aller avoir « Les immortels » de l’indien Tarsem Singh sorti sur les écrans en cette fin d’année 2011.

Disons le tout de go, la mythologie grecque d’Hésiode et d’Homère est ici allégrement trafiquée, déformée, amalgamée au profit d’une histoire forte et spectaculaire.

Le roi de Crète, Hypérion (Mickey Rourke !) est un tyran sanguinaire, avide de pouvoir qui reve de retrouver le fabuleux arc d’Epire forgé par Hephaistos, seul capable de réveiller les Titans retenus prisonniers sous le Mont Tartare à la suite de leur combat perdu contre les Dieux de l’Olympe.

A la tete d’une féroce armée de guerrier masqués appelées les Heraklions, il cherche à ce que l’Oracle Phèdre (Freida Pinto) du temple des Sibylles lui révèke ou est caché l’arc mas la jeune femme reste aussi muette que ses trois sœurs protectrices.

Du coté du Mont Tartare vit Thésée (Henry Cavill) qui doit faire valoir son habilité au combat pour que son origine batarde soit respectée.

Avertis par des soldats de la progression des Heraklions dans leur direction, les villageois  partent se retrancher derriere une haute muraille prêt du Mont Tartare.

Thésée est enrolé dans l’armée en raison de ses capacités guerrieres mais les Grecs sont trahis par l’un des leurs Lysandre qui révèle à Hyperion toutes les informations dont il a besoin.

Pour le remercier, Hyperion le défigure et le chatre.

Thésée est pris de cours lors du premier face à face avec les troupes d’Hyperion.

Hyperion excécute sa mère sous ses yeux, le capture et l’envoi travailler dans les mines de sel.

Il y rencontre le voleur Stavros (Stephen Dorff) , Phèdre et ses sœurs qui leur proposent un plan d’évasion.

Phèdre lit l’avenir glorieux de Thésée et se sent attirée par lui car il est le protégé des Dieux notament Zeus qui sous les traits d’un viel homme l’a formé.

Conscient d’ailleurs de la menace du reveil des Titans, Zeus interdit pourtant à ses enfants (Apollon, Athéna, Poseidon) d’intervenir dans le cours des événements, préférant leur faire confiance pour résoudre les problèmes seuls.

Pourtant Poséidon, Apollon et Athéna violent la régle et sauvent Thésée des plusieurs guet apens tendus par les soldats d’Hyperion ce qui provoque le courroux du père des Dieux.

En enterrant sa Mère dans le temps sacré, Thésée découvre l’arc d’Epire et doit combattre le Minotaure qui dans le film est un soldat d’élite d’Hyperion.

Après une lutte farouche, Thésée triomphe de la bete et la décapite.

Il a une liaison amoureuse avec Phèdre qui accepte de perdre sa virginité et ses dons d’oracle qui lui pésent comme un trop lourd fardeau.

Mais Hyperion décidement infernal parvient à récupérer l’arc divin et lance donc toutes ses troupes à l’assaut des portes du Mont Tartare.

Thésée rejoint les insurgés et malgré la passivité du Conseil, vient les galvaniser pour faire face aux féroces soldats d’Hyperion.

Son discours est une ode typique à l’heroisme grec, ou une mort précoce mais glorieuse est préférable à une vie longue sans honneur.

L’affrontement atteint alors des sommets de violence, ce qui n’empeche pas Hyperion doté de l’arc magique de pouvoir réveiller les Titans endormis.

Ceux-ci ressemblant à des indiens sanguinaires se montrent particulièrement féroces dans un combat hors du commun face aux Dieux Olympiens venus secourir les humains.

Alors que les Olympiens chutent les uns après les autres sous les coups des Titans et que Thésée lutte de maniére acharnée contre Hyperion, Zeus choisit d’ébranler les montagnes et provoque la destruction du Mont Tartare afin de neutraliser à tout jamais les Titans.

Thésée qui vient de tuer Hyperion et de venger sa Mère meurt donc en héros ensevli sous des tonnes de pierre.

Mais son fils Asamas, né de l’union avec Phèdre, grandit sous la protection de Zeus dans la mémoire glorieuse des exploits de son pére, terrasseur du Minotaure, d’Hyperion et sauveur de l’humanité.

En conclusion, « Les immortels » est une grande fresque d’aventure valant surtout le détour pour son ampleur et l’efficacité des ses effets spéciaux décuplés par le 3-D.

Bien entendu l’aspect mythologique est un peu bafoué, la plus grande déception concernant les Titans sensés etre des Géants aussi nobles que les Dieux et non des sauvageons primitfs et sanguinaires.

Les capacités des Dieux sont également insultés, ceux-ci s’abaissant la plupart du temps à des close combats au lieu de faire valoir leurs pouvoirs divins.

A priori Arès tout comme Athéna devraient être à peu prêt invincible au combat, Zeus user de la foudre, Poseidon soulever les mers ou invoquer d’invincibles monstres marins, Hadès utiliser le casque de son invisibilité et Apollon sa puissance solaire.

Il reste tout de meme une grande maestria technique de Singh, des images d’une beauté à couper le souffle et des combats sanguinaires évoquant les  « 300 » de Zack Snyder.

Les héros sont tout à fait convainquants que ce soit Cavill en beau mec athlétique, Rourke impressionnant en chef de guerre impitoyable ou Pinto à la beauté orientale purement ensorcelante.

Aussi malgré quelques imperfections, le passionné de culture héllène que je suis ne peux qu’apprécier ce type de divertissement.



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1 novembre 2011 2 01 /11 /novembre /2011 22:04

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On reste dans le cinéma mais on change de registre avec « Bronco Billy » petit film méconnu de Clint Eastwood.

Réalisé en 1980, « Bronco Billy » raconte l’histoire d’un improbable as du pistolet Bronco Billy (Clint Eastwood) qui mène une vie de saltimbanque allant de villes en villes pour réaliser des spectacles de cirque mettant en scène avec un lui un as du lasso Leonard James (Sam Bottoms) et un indien charmeur de serpent (Dan Vadis).

Persuadé d’être un authentique cow boy, Bronco Billy mène la vie qu’il a toujours voulu mener sans se préoccuper de son extrême précarité financière.

Mais la vie va lui jouer un drôle de tour en lui mettant dans les pattes une riche héritière Antoinette Lilly (Soundra Locke) abandonnée par son futur époux John Arlington (Geoffrey Lewis).

La très distinguée Antoinette va donc se fondre dans la vie des saltimbanques, tandis que la presse alertée de sa disparition la croit assassinée par son mari.

Contre toute attente, l’idiot Arlington se laisse embobiner par l’avocat de la famille et interné en hôpital psychiatrique en plaidant la folie pour atténuer l’accusation de tentative de meurtre.

Bien entendu, Antoinette finit par tomber sous le charme de la grande brute au cœur tendre qui l’embauche comme partenaire de cirque.

Le clou du film est la révélation d’Antoinette à Bronco de sa richesse et la résolution des tous ses problèmes financiers.

En conclusion, « Bronco Billy » est la première comédie de et avec Clint Eastwood.

Le ton est assez surprenant et à mille lieues des pitreries de « Doux, dur et dingue » ou autres « Ca va cogner » de Fargo.

 

Eastwood campe ici un personnage décalé, raté, marginal, mais d’une grandeur d’âme et d’une simplicité touchantes.

C’est pour moi le principal attrait de ce petit film guère passionnant, évoluant dans le monde de l’Amérique profonde avec bières et bagarres entre camionneurs dans les bars country music.

Sympathique mais au final un tantinet candide.


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30 août 2011 2 30 /08 /août /2011 21:02

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Ayant vu avec mon père quand j’étais enfant « L’homme qui voulut être roi » de John Huston j’avais quelques vagues mais bon souvenirs de ce film réalisé en 1975 d’après un roman de Rudyard Kipling.

L’histoire située dans l'empire colonial britannique de la fin du XIX iéme siècle est celle de Daniel Dravot (Sean Connery déjà très dégarni) et Peachy Carnehan (Michael Caine) deux aventuriers anciens militaires britanniques en poste aux Indes, qui décident sur un coup de tête d’aller au Kâfiristân (pays imaginaire proche de l’Afghanistan ou nul européen n’est allé depuis Alexandre le Grand) pour prendre le pouvoir et se proclamer rois.

Intrépides, débrouillards et (sur)confiants en leurs possibilités, Daniel et Peachy vont avant de partir consulter le journaliste Rudyard Kipling (Christopher Plummer) pour établir un contrat moral les liant avec notamment l’interdiction de consommer de l’alcool ou d’avoir des relations sexuelles avant d’avoir atteint leur but.

Avec Dravot se faisant passer non sans talent pour un derviche tourneur fou, les deux hommes impressionnent leurs compagnons de voyage, et dérobent des mules à des pillards afghans.

La traversée de la passe montagneuse de Khyber entre le Pakistan et l’Afghanistan sera terrible avec des tempêtes et des avalanches de neiges qui manqueront de tuer les deux hommes.

Ayant franchi par chance cet obstacle quasi insurmontables, le duo rencontre un ghurka parlant anglais après avoir servi dans l‘armée anglaise, Billy Fish (Saeed Jaffrey) qui leur sert d’interprète pour converser avec Ootah (Doghmi Larbi) le seigneur local d’une tribu du Kâfiristân en guerre conte un autre clan.

Les deux hommes comprennent vite que Ootah est un roi faible, stupide et lâche et en tirent profit pour se faire embaucher comme conseillers militaires.

Ils forment un bataillon de soldats, leurs apprennent à tirer au fusil et utilisent cette supériorité technique pour triompher de leurs ennemis.

Au cours de l’assaut, une flèche vient se ficher dans la cartouchière de Dravot sans lui causer le moindre de mal.

Croyant au miracle et à son invulnérabilité, les indigènes le proclame dieu, Sikander fils d’Alexandre le Grand.

Malins, Dravot et Carnehan tirent profit de la situation pour assoir leur autorité sur la population.

Dravot est alors convoqué par Kafu Selim (Karroom Ben Bouih) , plus haute autorité religieuse vivant dans la ville forteresse de Sikandergul située sur un pic rocheux inexpugnable.

Sur place, la méfiance de Selim est provisoirement endormie par l’emblème des francs maçons que porte Dravot qui correspond à un symbole religieux de son peuple.

Selim lui montre alors le fabuleux trésor d’or et de pierre précieuse de la ville.

Peu à peu le pouvoir monte à la tête de Dravot et il devient fou, désirant contre l’avis des prêtres prendre pour épouse une belle autochtone appelée Roxanne (Shakira Caine la propre femme de l’acteur!).

Plus pragmatique Carnehan désire juste quitter le pays avec un peu du trésor entassé par les prêtres.

Mais la supercherie est démasquée lors du mariage de Dravot quand sa femme le mord jusqu’au sang, révélant sa mortalité aux yeux des habitants.

Traqués par la population, les anglais et leurs hommes de mains perdent leurs trésors et sont tous massacrés y compris Dravot précipité du haut dans un gouffre lors d’une scène émouvante.

Seul, Carnehan est finalement libéré après avoir été crucifié.

C’est lui qui défiguré et en haillon raconte son histoire à Kipling.

En conclusion, « L’homme qui voulut être roi » est typique d’un grand film d’aventures à l’ancienne avec des paysages montagneux extraordinaires vous apportant votre lot de dépaysement.

Les acteurs sont bons, même si assez insupportables de part leur orgueil d’homme blanc forcément supérieurs aux habitants de la région qu’ils prennent à tort en tant que sauvages superstitieux et stupides pour des proies faciles.

Huston décrit l’avidité sans borne de l’homme, sa folie pour le pouvoir, les richesses qui le mène finalement à sa perte.

A ce titre, les deux fous oublient qu’Alexandre le Grand avait accompli son exploit à l’aide d’une armée aguerrie et non à deux avec du culot et une dizaine de fusils.

Assez étrangement, malgré sa beauté, le film est assez dur avec des scènes de batailles plutôt violentes pour l’époque notamment celle assez angoissante de l’encerclement et du lynchage des usurpateurs.

« L’homme qui voulut être roi » n’est donc pas un chef d’œuvre mais un vieux film efficace et original.

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4 août 2011 4 04 /08 /août /2011 21:43

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Publié en 1924, « Bêtes, hommes et dieux » de Ferdynand Ossendowski est l’archétype même du roman d’aventures avec paysages somptueux, rencontres inopinées et grand sentiment d’évasion à ceci prêt que ces histoires sont ici enrobées dans contexte politique dramatique : la guerre civile qui déchira l’empire russe après la révolution bolchévique de 1920.

Ingénieur polonais chimiste de formation et prospecteur en Mandchourie pour l‘industrie minière russe, Ossendowski partisan du tsar et donc menacé de mort par les rafles communistes, est contraint pour survivre en 1920 de quitter la Sibérie.

Il va mettre a profit sa remarquable connaissance de cette vaste région du globe pour entamer un fou périple d’une année qui l’emmènera de la Sibérie à la Mongolie en passant par le Tibet.

En chemin, Ossendowski trouve des alliés de fortune, russes tsaristes, mongoles ou kirghiz ou tartares coalisés contre les troupes communistes qu’elles soient russes ou chinoises.

Outre l’aspect survie dans l’environnement hostile dans les terribles forets sibériennes,  les immenses fleuves gelés à la glace traitresse ou dans le désert de Gobi, l’homme va devoir jouer de ruse et de diplomatie pour ne pas tomber entre les griffes des espions rouges (comme Kanine et Gorokoff) tout en se méfiant des bandes de dangereux voyous versatiles (hounghoutzes chinois) rodant dans ces immenses régions désertiques.

Mais l’aspect le plus remarquable du récit est sans nul doute la découvertes des différentes cultures mongoles (soyottes, kalmouk) mais aussi tibétaines avec toute la complexe hiérarchie des prêtres lamaïstes.

Ossendowski décrit longuement les coutumes de ses peuples, leurs histoires et leurs croyances qu’elles soient bouddhistes ou chamanistes.

Le lecteur découvre donc un monde empli de merveilleux, de légendes et de magie et la croyance en un Roi du Monde régnant de manière sous terraine sur le monde, étant même supérieur au Dalai Lama, au Tashi Lama et du Bogdo Khan, principaux dirigeants bouddhistes.

Du coté de l’affrontement militaire blanc-rouge, les commandants tsaristes sont le colonel Kazangradi et le baron Ungern von Sternberg.

Mais la situation est en réalité beaucoup plus complexe avec des fortes dissensions entre les troupes blanches et un conflit dans le conflit entre chinois et mongoles.

Au cours des multiples péripéties générées par ces luttes imbriquées apparaissent des être sortant de l’ordinaire comme le lama vengeur et sorcier Touchegoun Lama héros des troupes mongoles ou le baron Ungern von Sternberg, descendant des templiers et corsaires autrichiens, illuminé sanguinaire désireux de fonder un état bouddhique en Russie.

De plus l’ombre exceptionnelle de Gengis Khan, plus grand conquérant de tous les temps et personnage héroïque de l’histoire de la Mongolie plane sur les traces de l’aventurier polonais.

En conclusion, classique indémodable du roman d’aventure  « Bêtes, hommes et dieux » a eu le mérité de m’instruire sur une époque (l’aspect oriental de la guerre civile russe) et une région du monde dont j’ignorais presque tout.

Malgré toute sa richesse, l’ouvrage est parfois difficile à décrypter en raison de la complexité des situations et des termes employés car pour l’essentiel issus des  cultures mongole et tibétaine.

Expérience humaine à la limite du vraisemblable, « Bêtes, hommes et dieux » se déguste comme un rêve exotique et lointain ou les bolchéviques ont le mauvais rôle, celui d’une irrépressible marée rouge prenant impitoyablement en tenaille les poches de résistances tsaristes.

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27 juillet 2011 3 27 /07 /juillet /2011 19:12

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Voici avec « Aguirre la colère de Dieu » de Werner Herzog un film véritablement envoutant et fascinant.

Réalisé en 1972, cette oeuvre atypique raconte une expédition espagnole qui au XVI iéme siècle après Jésus Christ parcourt la jungle amazonienne du coté du Pérou pour trouver le mythique pays des cités d’or appelé par les indiens Eldorado.

Mais embarrassés par leur lourd attirail (canons, armures, hallebardes, chevaux et chaises à porteur !) parfaitement inadapté à la jungle, sa dense végétation, ses marécages boueux et sa chaleur suffocante, les conquistadors se retrouvent bien vite bloqués dans leur progression.

Les soldats sont accompagnés de femmes de la noblesse, de quelques esclaves maures et d’une dizaine d’indiens considérés comme des bêtes de somme.

Le chef de l’expédition charge donc le noble Don Pedro De Ursua (Ruy Guerra) de chercher du secours par la voix fluviale.

De Ursua embarque donc avec sa femme Inez de Antinazi (Helena Rojo), son lieutenant Don Lope de Aguirre (Klaus Kinski) et sa fille Flores (Cecilia Rivera), le prêtre missionnaire Don Gaspar de Carjaval (Del Negro ) principal narrateur de l’histoire et une vingtaine d’hommes soldats et porteurs indiens.

Mais les dangers combinés du fleuve et des indiens de la foret par essence hostiles aux hommes blancs, vont s’avérer être mortels pour les soldats.

Plus grave, Aguirre homme implacable, dur et avide de pouvoir va réaliser un coup de force et destituer De Ursua de sa légitimité.

Mué en dictateur avide de richesse, Aguirre va éliminer physiquement ses opposants, nommer un empereur fantoche du nom de Don Fernando de Guzman ( Peter Berling),  et enfin contraindre De Ursua blessé par balle et sa femme à la captivité après qu‘il fut gracié par le nouvel empereur.

Même de Carjaval prend lâchement parti pour le nouveau chef et abandonne De Ursua.

La suite du film consiste en une longue progression à travers les méandres d’un fleuve mortel, dans l’attente des flèches empoisonnées des indiens anthropophages, avec l’épuisement des ressources alimentaires et les inévitables tensions apparaissant entre des hommes poussés à la limite de leurs forces.

De Guzman tué par ses hommes parce qu’il mangeait trop, Aguirre a alors tout le loisir de faire exécuter de Ursua dans une scène poignante ou le noble exténué et impuissant accepte sans broncher son sort.

Encore plus déchirant, sa femme ne supportant pas sa mort s’enfonce dans la foret pour un voyage sans retour.

Les hommes tombent donc un par un  tandis qu’Aguirre sombre dans la folie de ses rêves démesurés s’accrochant à son désir de gloire et de richesse.

Le tyran entrainera toute l’équipe vers l’anéantissement qui n‘épargnera pas non sa propre fille.

Le film se termine sur une scène d’une force inouïe ou le conquistador arpente nerveusement seul son radeau dérivant avec ses hommes morts agonisants, tandis que des hordes de singes investissent le bord.

Solitude du dictateur sanguinaire aveugle et paranoiaque …

En conclusion, « Aguirre la colère de Dieu » est un pure chef d’œuvre du cinéma, une œuvre inclassable, un délire autour de la quête d’un absolu inatteignable et de la folie des hommes se prenant pour des dieux.

Outre l’approche intéressante de la quête du pouvoir menant pour l’homme déterminé à toutes les pires exactions, le film est une vibrante critique des volontés occidentales de colonisation.

L’échec cuisant que rencontre l’expédition face à des forces naturelles qui la dépassent de beaucoup montre clairement toute la vanité de cette entreprise.

La religion est elle aussi taillée en pièce, car se rangeant toujours du coté des forts pour accroitre elle aussi son pouvoir et demandant la mise à mort d’un chef indien qui n’avait pas par ignorance reconnu une bible.

Mais plus que ces approches en elle seule captivantes, « Aguirre, la colère de Dieu » passionne par son ambiance exotique, mystique, son rythme lent, hypnotique, la beauté des images magnifiquement mise en musique par les synthétiseurs de Popol Vuh.

On soulignera enfin, la qualité impressionnante du jeu des acteurs, particulièrement émouvants, mais surtout la présence dévorante de Klaus Kinski acteur fou et génial, parfait en conquistador mégalomane.

On pourra ranger ce pur joyau de cinéma aux cotés de « Apocalypse now » de Francis Ford Coppola ou du plus récent « Valhalla Rising » de Peter Winding Refn.

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9 juillet 2011 6 09 /07 /juillet /2011 09:43

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Retour vers le film d’aventures avec « Master and commander : de l‘autre coté du monde » de Peter Weir, film doublement oscarisé en 2004.

L’histoire librement inspirée de romans de Patrick O ‘Brian,  se déroule durant les guerre napoléoniennes (1805) ou la bataille entre l’Angleterre et la France se joue également sur les toutes les mers du globe.

Jack Aubrey (Russell Crowe) est le capitaine d’une frégate anglaise puissamment armée, la HMS Surprise.

Alors qu’il navigue prêt des cotes du Brésil, il est pris par surprise par un navire français du nom d’Achéron et son navire manque d’être coulé après une féroce empoignade ou la supériorité française (coque résistante, canons à plus grande portée) est éclatante.

Cette défaite fait l’effet d’un choc pour Aubrey qui n’aura de cesse de traquer son rival pour le vaincre.

Autour de cette quête intime et presque mystique à la Moby Dick, Weir décrit la vie d’un navire de guerre anglais du XIX iéme siècle avec les relations complexes des hommes d’équipages avec le Docteur Stephen Mathurin (Paul Bettany) passionné de sciences naturelles et ami de Aubrey, le lieutenant aspirant  Hollom (Lee Ingleby) qui n’arrive pas à assoir son autorité sur ses hommes qui le persécutent puis le jeune Barett Bonden (Billy Boyd) vaillant malgré ses treize ans et son bras perdu lors de l’assaut de l’Achéron.

La vie en mer est souvent impitoyable, Hollom l’apprend à ses dépens puisqu’accusé selon une vieille superstition de marin de porter le mauvais œil à bord, le jeune homme finit par se suicider.

Quand à Mathurin, il est stupidement blessé lors d’une séance de tire et reçoit une balle dans le ventre.

S’opérant lui-même (!) avec l’aide d’Aubrey, il parvient à avoir la vie sauve.

Pourtant malgré leur respect mutuel, les deux homme s’opposent, Aubrey étant obsédé par sa vocation guerrière, et Mathurin par sa curiosité scientifique.

La traque les amènent jusqu’aux iles Galápagos ou l’Achéron a fait un carnage auprès des navires baleiniers anglais.

Incapable d’aller jusqu’au bout de l’exploration de l’ile en raison des impératifs militaire, Mathurin est une nouvelle fois frustré par Aubrey.

Fin tacticien, Aubrey prépare un plan permettant à la Surprise de prendre en défaut le navire français supérieur techniquement.

Il s’agit de se transformer en navire en détresse pour obliger l’Achéron a s’approcher dangereusement et à ainsi provoquer un abordage.

Le plan fonctionne mais l’assaut n’en est pas moins d’une violence atroce.

Les pertes sont légions des deux cotés mais Aubrey triomphe finalement de son ennemi.

En conclusion, « Master and commander : de l’autre coté du monde » est un film presque d’un autre temps, mettant en avant une aventure maritime superbe se déroulant dans des paysages exotiques à couper le souffle.

Bien sur la beauté des images et la qualité de la reconstitution historique de Peter Weir ne font pas tout.

Outre la qualité des acteurs (Russel Crow impeccable dans son personnage de chef à poigne mais néanmoins humain) mettant en avant les grands idéaux patriotiques de l’époque, l’aspect psychologique est également des plus passionnants, avec le rôle d’un chef dans la gestion des hommes au cours de situations autrement plus délicates que celles auxquelles les managers de notre époque doivent faire face.

La dualité entre mission scientifique et impératifs militaires est également des plus intéressantes.

« Master and commander : de l’autre coté du monde »  est un film de grande classe, qui vous fera rêver au rythme sensuel des grands voiliers voguant gracieusement sur les eaux et vous emportera loin de vos préoccupations quotidiennes.

Un grand et beau film donc à déguster de préférence sur grand écran.

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20 février 2011 7 20 /02 /février /2011 20:47

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Après un formidable « Master and commander » en 2003, j’attendais en 2011 avec impatience le dernier Peter Weir intitulé « Les chemins de la liberté ».

Le cinéaste australien reste ici dans le domaine du film d’aventure en réalisant l’adaptation cinématographique du roman « A marche forcée » de Slawomir Rawicz.

L’histoire se déroule en 1941 quand un polonais du nom de Janusz Pakhan (Jim Sturges) est déporté dans un goulag de Sibérie suite à une dénonciation de sa propre femme préalablement torturée.

Arrivé en Sibérie, Janusz va être confronté à l’impitoyable vie des goulags soviétiques ou le travail harassant dans un froid mortel combiné à des rations alimentaires insuffisantes ne fait pas survivre plus d’un an.

Dans la jungle des prisonniers, Janusz fait la connaissance de Khabarov (Mark Strong) ex acteur qui lui révèle une faille dans le dispositif de surveillance de leurs gardiens et fait germer en lui la possibilité d’une folle évasion.

Meme Khabarov s’avère être un pur fantasmeur incapable de passer à l’acte, Janusz relégué dans un impitoyable travail à la mine, fait équipe avec cinq autres hommes pour tenter une évasion.

L’équipe se compose de Smith (Ed Harris) ingénieur américain ayant émigré en URSS, Valka (Colin Farell) tueur ukrainien, le comique Voss (Gustaf Saskard), le dessinateur Tomascz (Alexandro Potocean) et le jeune Kazik rendu aveugle par le manque de vitamines.

Le film raconte l’incroyable périple de ces six hommes qui parcourant prêt de 6000 kilomètres à pied vont traverser la Sibérie, le lac Baikal, la Mongolie et son redoutable désert de Gobi, le Tibet avant de trouver leur salut en Inde.

Bien entendu tous n’en sortiront pas intacts,  Kazik mourra gelé dans la foret glacée et Tomascz ne supportera pas la dureté du soleil du désert de Gobi.

Au cours du voyage, une jeune fugueuse du nome d’Irena (Saoirse Ronan) se joindra au groupe avant de vivre un véritable martyr christique aux cotés de Smith.

Au final « Les chemins de la liberté » est une grande épopée aux paysages naturels magnifiques sur lesquels souffle tout l’élégance du cinéaste.

Difficile de ne pas apprécier en effet les vues splendides parsemant ce long périple.

Bien entendu dans une entreprise de survie de cette démesure, la dimension psychologique des personnages est abordée sans que celle ci soit totalement approfondie.

Tout se passe finalement trop bien durant ce voyage ou les évadés font bloc commun pour survivre, y compris le dangereux Valda au final complètement apprivoisé par l’autorité naturelle de Janusz.

L’ennemi principal n’est donc ni les hommes, ni les animaux mais bel et bien les conditions naturelles que rencontre l’équipe de fuyards.

Ce parti pris m’a quelque peu gêné et je dois avouer avoir été déçu par le film finalement relativement gentillet au regard d’un sujet aussi extrême.

Mis à part la beauté des images, il demeure donc pour moi un souffle d’incrédulité par rapport à la plausibilité d’une telle aventure.

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17 octobre 2010 7 17 /10 /octobre /2010 22:34

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Paru en 1851, « Moby Dick » d’Herman Melville est considéré comme l’un des sinon le plus grand roman d’aventures de tous les temps.

La trame de base de cette histoire largement connue du grand public, raconte par la bouche du jeune matelot Ismaël, la poursuite acharnée d’un gigantesque cachalot blanc appelé Moby Dick par Achab, capitaine d’un navire baleinier américain nommé le Péquod.

Ayant perdu sa jambe lors d’un précédent affrontement avec le cétacé, Achab a vu sa raison altérée par son atroce blessure et est obsédé par un irrationnel besoin de vengeance contre une créature à la dimension quasi mythique.

Il imprime donc un vrai régime de terreur sur son navire, effrayant son équipage composé d’hommes aguerris comme les seconds Starbuck, Stubb, Flask ou les harponneurs indigènes comme le courageux Queequeg, l’indien Tashtego et le colossal noir Dagoo.

Mais plus que cette lutte primitive entre l’homme armé de la technologie du XIX ieme siècle et un monstre à la force brute quasi illimitée, « Moby Dick » contient d’incessantes digressions ou Melville explore un vaste panel de thèmes.

Ainsi le métier de baleinier est minutieusement décrit, tout en rendant largement hommage au courage de ses hommes intrépides qui allaient au péril de leur vie harponner sur de fragiles canots des monstres de plus de cinquante tonnes.

Les aspects techniques et économiques de cette profession à hauts risques ne sont ici largement décrits avec la collecte de cette précieuse graisse si utile pour l'industrie de l'époque.

Melville déclame également longuement son amour des cétacés qu’il a étudiés de manière scientifique, confrontant son expérience de marin aux écrits trop théoriques à ses yeux des naturalistes comme Cuvier.

Il apparaît une évidente fascination pour ses titans des mers dotés d’une intelligence similaire à celle de l’homme et d’une puissance physique sans commune mesure comparée aux autres créatures vivantes, sachant que à l’instar de Rocco Siffredi toute cette puissance se retrouve essentiellement concentrée dans la queue susceptible de devenir à l’occasion une arme mortelle capable de disloquer des embarcations.

La baleine est pour l’écrivain l'ancestrale gardienne des mers et l’authentique point de liaison entre le monde des reptiles préhistoriques et notre monde.

Intelligent, combatif et pouvant atteindre un poids maximal d’une centaine de tonnes, le cachalot est pour l’écrivain l’incontestable souverain des mers.

Outre donc cet aspect historico-scientifique particulièrement développé, « Moby Dick » recèle une dimension philosophique particulièrement prononcée.

L’écrivain s’interroge sur le sens de la vie au travers de la destinée de ses hommes laissant leur vie tranquille de terriens pour s’en aller côtoyer un univers aussi envoûtant que dangereux ou l’homme réduit à finalement peu de choses se confronte aux forces insondables de l’océan.

Melville fait également preuve d’une remarquable tolérance pour les indigènes qu’il considère comme les égaux des hommes blancs.

Il respecte notamment les croyances religieuses du roi canibale Queequeg, intrépide harponneur pris en amitié par le héros Ismaël.

Mais « Moby Dick » brille surtout pour moi par sa dimension romanesque et par ses fulgurances stylistiques d’une puissance inouïe qui vous emportent dans des flots tumulteux telle la furie d’un cachalot blessé lancé à pleine vitesse.

Les références aux mythologies, à la philosophie et aux religions abondent, avec des allusions aux Stoïciens, à Platon, Aristote, au mythe de Persée ou de Jonas avalé par une baleine pour avoir négligé sa foi en son Seigneur.

En conclusion, si « Moby Dick » est un ouvrage d’une richesse exceptionnelle et peut à juste titre être considéré comme un des plus grands chefs d’œuvre du roman d’aventure, les 700 et quelques pages le constituant contiennent néanmoins des passages que le soucis du détail technique ou de la véracité scientifique rendent parfois pénibles à ingérer.

On appréciera cependant la beauté d’une langue puissante véhiculant le symbolisme prononcé de cette tragédie des mers.

L’enseignement principal que j’en tire est que malgré toute sa technologie, son intelligence et sa détermination, l’homme ne peut vaincre les forces éternelles de la Nature Divine symbolisées par un invincible cachalot blanc.

En poursuivant un leviathan divin, Achab pêche par orgueil, défie les dieux et finit par être châtié en même temps que son équipage qu’il a entraîné dans sa folie.

On peut aussi interpréter cette traque obsessionnelle comme la recherche d’un absolu,  d’un impossible idéal à atteindre aimantant la vie de l’homme de conviction jusqu’à sa mort.

Mais avec les progrès de la science, la chasse à la baleine a ensuite perdu de son romantisme, car traqués par satellites ou sonars dans des bateaux ultra modernes aux coques d’acier sur lesquelles les chasseurs ne prennaient plus aucun risque, les cétacés n’ont rapidement plus eu aucune chance et se sont ensuite régulièrement fait massacrer.

A moins qu'on se prenne à rever que d'autres leviathans encore plus monstrueux ne survivent encore, tapis dans les profondeurs sous marines d'un imaginaire encore inacessible à la science humaine.

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