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5 octobre 2013 6 05 /10 /octobre /2013 15:08

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Mark Twain toujours mais abordé ici sous un angle moins connu avec « La vie sur le Mississipi, tome un ».

Publié en 1883, « La vie sur le Mississipi, tome un » est un roman autobiographique racontant les jeunes années de l’écrivain quand au début des années 60, il s’embarqua sur le fleuve Mississipi l’esprit enfiévré par les récits d’expéditions fluviales avec dans l’idée d’aller explorer l’Amazone.

Mais arrivé sur ce qu’il appelle le grand fleuve, Twain va demeurer fasciné par la vie des pilotes des navires à vapeur transportant marchandises et passagers, sur un des plus grand cours d’eau du monde, prenant son lit au nord des Etats Unis (Minnesota) pour descendre se jeter dans le Golfe du Mexique après un long périple de plus de 3000 kilomètres, au cours duquel il est rejoint par trois principaux affluents, l’Ohio, l’Arkansas et le tumultueux Missouri.

Twain va tout d’abord rappeler l’importance géographique et historique du fleuve découvert officiellement par le français De la Salle sous Louis XIV, qui instaure la tradition d’une importante présence française dans cette vaste région.

Mais la partie la plus intéressante du récit est consiste dans tous les anecdotes glanées par Twain auprès des équipages de navires à vapeurs, avec bien un mélange de science de la navigation se transmettant par compagnonnage de pilotes en pilotes, mais aussi son lot de superstitions permettant d’expliquer les dangers d’un fleuve au tracé mouvant dont les crues et décrues peuvent s’avérer dramatiques pour les populations s’étant établies sur ses rives.

Pris en charge par le pilote Horace Bixby, Twain va s’initier au dur apprentissage de son nouveau métier, avec un intense travail de mémorisation de chaque méandre du fleuve, iles, collines, bois, rochers susceptibles de receler d’invisibles pièges pouvant s’avérer mortels pour le pilote non aguerri.

Outre l’échouage pur et simple, une autre menace demeure les multiples petites embarcations sillonnant non éclairée de nuit le fleuve en sens inverse, avec d’importants risques d’accrochages et de conflits réglés parfois à coups de fusils.

On comprend qu’à l’époque les pilotes par leurs compétences élevées étaient les maitres absolus de la navigation et leur autorité en la matière n’était contestée par personne, surtout pas le capitaine du navire.

Rapidement une association de pilote se forma afin de garantir un salaire minimum d’embauche, d’indemniser les pilotes au chômage ou les familles orphelines.

Tout d’abord moqués par les patrons, l’association acquit peut à peu une position dominante lorsque le besoin en pilotes devint plus grand en raison de l’accroissement des flux de marchandises sur le fleuve.

En liaison avec les compagnies d’assurances, elle imposa donc ses conditions aux patrons de vapeur, relevant les salaires et excluant impitoyablement les pilotes voulant rester indépendants.
Ce monopole fut finalement brisé par la Guerre de Sécession qui éclata, qui ralentit considérablement l’activité économique, mais également par l’avènement du transport par chemin de fer, plus rapide, de longs convois de barges finissant par achever de tuer le transport par navires à vapeur.

Puis le récit se poursuit par une anecdote relatant un rapport conflictuel entre Twain et un pilote nommé Brown, avec au final l’exclusion par le capitaine de cet homme brutal et stupide après qu’il en fut venu aux mains avec Twain, transformé en souffre douleur durant une trop longue traversée.

Le premier tome s’achève par la description d’un horrible accident de vapeur, avec une série de violentes explosions dans les cheminées et le propre frère de Twain, Henry finissant par mourir dans un hôpital ou étaient soignés les blessés, souvent affreusement brulés ou mutilés.

En conclusion, « La vie sur le Mississipi, tome un » est une très agréable découverte, permettant de suivre par le talent narratif de Mark Twain, tout le charme pittoresque et forcément suranné de la navigation sur ces immenses monstres à vapeur, qui sillonnaient à leur risques et périls, un des fleuves les plus puissants du monde : le mythique Mississipi.

On ne peut donc malgré l'utilsiation d'un vocabulaire maritime technique parfois aride, que vibrer à l’évocation de ce passé nostalgique, ou forcément l’auteur du haut de ses jeunes années, se voyait le maitre du monde à la barre d’un immense navire à vapeur.

Un ouvrage d’aventures de qualité donc, sentant bon le sud des Etats-Unis avec la vie rude des marins fluviaux du début du XIX ième siècle.

Bien évidemment, le lecteur avide ne peut qu’en redemander …

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19 juillet 2013 5 19 /07 /juillet /2013 23:13

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Sorti en 1962, « Les révoltés du Bounty » est un film de Lewis Milestone qui fait écho à celui oscarisé de Frank Lloyd en 1935 avec les fantastiques Clark Gable et Charles Laughton.

La version de Milestone est assez fidèle à l’original et met en scène l’expédition du HMS Bounty, frégate anglaise partie au XVIII ième siècle d’Angleterre pour aller chercher en Polynésie les précieux arbres à pain.

A la tête du navire, on retrouve le capitaine Bligh (Trevor Howard) dont la conception extrêmement autoritaire et cruelle du commandement ne va pas tarder à se heurter à celle plus équitable du lieutenant Christian (Marlon Brando) de surcroit d’origine noble.

Durant la traversée à travers l’Atlantique, les premiers incidents ne tardent pas à se manifester avec une trouble histoire de vol de fromage qui voit le matelot Mills (Richard Harris) se faire durement châtier par Bligh par vingt quatre coups de fouets.

Quand Christian comprend que l’auteur du vol est sans doute Bligh, il en conçoit une vive aigreur face à son commandant.

Plus tard, l’aspirant Young (Tim Seely) est également puni en devant se tenir plusieurs heures en vigie pour avoir osé railler la démarche arquée de Bligh.

Mais ce n’est rien comparé au moment ou Bligh décide sur un coup de tête de couper à travers le Cap Horn, réputé pour son extrême dangerosité.

Christian est cependant contraint d’obéir à Bligh qui souhaite gagner quelques jours au mépris total de la vie de ses hommes.

La traversée secoue furieusement le Bounty et les hommes meurent, tandis que Bligh, malgré tout très bon marin, conserve implacablement son idée.

Malgré les heurts, le Bounty arrive finalement à Tahiti et prend contact avec le chef polynésien Minarii (Frank Silvera) pour en échange de quelques breloques voyantes, recueillir tous les précieux arbres plantés de l’ile.

Sur place, dans des paysages idylliques, les membres de l’équipage peuvent gouter à un repos bien mérité en profitant des beautés féminines locales, étrangement désinhibées sexuellement.

Pour faire plaisir à son hôte, Bligh est contraint d’exécuter une danse indigène qui le ridiculise et ne fait qu’accroitre sa rancœur face à son équipage.

Christian fait la connaissance de Maimiti (Tarita) fille de Minarii et excellente danseuse, et rapidement une belle passion prend naissance sur l’ile.

Le botaniste Brown (Richard Haydn) ne peut que constater que les arbres plantés supportent mal la vie en pot ce qui hâte le départ pour un retour vers l’Angleterre.

Les hommes quittent leurs amantes tahitiennes à contre cœur, tout particulièrement Christian qui fait des adieux déchirants à Maimiti.

A bord, la situation devient vite explosive alors que Christian supporte de plus en plus mal les mesures radicales de Bligh qui réduit de manière drastiques les rations données à l’équipage et condamne un homme à mort parce qu’il a eu le malheur de vouloir le frapper.

L’explosion a finalement lieu lorsque Bligh refuse de donner de l’eau à un homme menacé de mort, et Christian prend alors la courageuse décision d’une rébellion.

Devenu le maitre à bord par la force, il oblige Bligh et certains de ses partisans à évacuer le navire sur une chaloupe avec quelques vivres pour rejoindre une ile.

Mais avant de partir, Bligh dont l’orgueil démesuré a été cruellement blessé de perdre la face, menace les mutins de poursuite et de finir pendus au bout d’une corde.

Christian parvient à contenir la colère de ses hommes qui voulaient régler son compte à Bligh et opère un retour vers les iles polynésiennes ou il retrouve sa chère Maimiti, qui prend la décision courageuse de le suivre partout comme une compagne attitrée malgré la probable condamnation qui plane sur lui.

A Tahiti, les marins mènent une vie de rêvé, vivant de peu dans des paysages superbes avec des femmes brunes à la beauté naturelle.

Comme il l’avait prévu, Bligh regagne l’Angleterre ou il est jugé par ses pairs, absout de toute fautes mais finalement vilipendé pour sa conception inhumaine du commandement.

A Tahiti, lorsque Christian qui sait que Bligh va revenir armé pour se venger, parle de revenir en Angleterre pour faire entendre sa voix et celle des mutins et ainsi avoir une chance de le faire condamner, Mills met le feu au Bounty pour ne pas quitter son paradis.

Gravement blessé durant l’incendie, Christian succombe à ses blessures dans les bras de Maimiti, en recevant un dernier hommage de ses hommes.

En conclusion, « Les révoltés du Bounty » est un beau grand film d’aventures à l’ancienne avec des paysages polynésiens à couper le souffle et des acteurs hyper charismatiques comme Brando, parfait dans ce rôle d’officier courageux et humaniste, finissant par faire passer sa conscience d’homme avant son devoir militaire.

Classique sans doute, mais o combien plaisant et agréable.

Et puis quand on sait que ce film fut à l’origine du coup de cœur de Brando pour Tahiti et sa femme Tarita qu’il épousa et dont il eut deux enfants.

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7 avril 2013 7 07 /04 /avril /2013 21:15

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Le monde de la bande dessinée plus traditionnelle avec « Pirates, tome 4, Paloma » de Philippe Bonifay (scénario) et Jacques Terpant (dessins).

Paru en 2005, « Pirates, tome 4, Paloma » occupe une place centrale dans la saga des pirates tenue à l’heure actuelle en cinq tomes.

Sans plus d’entrée en matière le lecteur est plongé dès les premières pages dans l’abordage sanglant d’un navire hollandais par une troupe de pirates commandée par le capitaine Wolf qui a la magnanimité de bien traiter les vaincus une fois toute résistance anéantie.

Sur l’ile d’Hispaniola (Saint Domingue), le puissant gouverneur El Gallio De Vega est préoccupé par l’arrivée d’un noble qui doit lui ravir par un mariage forcée sa maitresse, la séduisante mulâtresse Paloma.

Mais à l’arrivée du bateau, il tombe sur une de ses anciennes maitresses, une belle espagnole qui lui fait comprendre qu’il a été disgracié par des nobles à la cour d’Espagne.

Pour ne rien arranger, Paloma est jalouse de l’arrivée de la séduisante maitresse espagnole qui semble toujours très proche de son amant.

Mais les deux femmes s’arrangent avec élégance, l’ancienne maitresse cédant élégamment la place à la nouvelle.

De son coté, Wolf fait construire un nouveau navire appelé le Fenrir en raison de la tête de loup qui orne sa proue agressive.

Mieux, Wolf voit ses actions crédibilisées par le gouverneur d’une petite ile qui a besoin d’hommes armés pour lutter contre ses rivaux anglais, hollandais ou espagnols.

La chance semble tourner pour Wolf qui croise deux navire anglais puissamment armés.

Il doit alors user de ruse en se faisant passer pour des marchands gravement malades afin d’échapper aux anglais.

La ruse fonctionne tout d’abord avant que Blunchis le capitaine ne reconnaisse un des matelots et fasse demi tour pour se lancer à leur poursuite.

A Hispaniola, El Gallio n’a d’autre recours que de se faire passer pour un pirate masqué afin de ravir Paloma à son prétendant, un noble balourd et pleutre.

L’enlèvement est spectaculaire, puisque El Gallio se venge cruellement de ses ennemis en dérobant leurs bijoux et en incendiant leurs navires pour ne pas être poursuivi.

Le noble hardi embarque donc pour l’Espagne ou il espère parler directement au Roi afin de se rétablir dans ses bonnes grâces.


En chemin, El Gallio tombe sur Wolf et son navire, et contre toute attente les accueille avec le sourire et une tasse de café ce qui clôt le tome 4.

En conclusion, « Pirates, tome 4, Paloma » est une courte bande dessinée au scénario aussi mince qu’un maillot de bain caribéen.

Après quelques tâtonnements, le lecteur novice parvient à se raccrocher à l’histoire et comprend qu’elle est destinée à le porter en douceur sans chercher autre chose que le spectaculaire et le flamboyant des pirates du monde imaginaire.

Les hommes sont ici tous élancés, élégants et portent généralement les cheveux longs qui flottent au vent.

Quand aux femmes, elle sont pour la plupart de splendides morenas (brunes) ou mulatas (mulâtresse) à la peau cuivrée et aux gorges particulièrement appétissantes.

Vous l’aurez compris, plus que le scénario sans surprise de Bonifay, ce sont les superbes dessins de Terpant qui justifient pour moi l’intérêt pour ces Pirates un peu trop sophistiquées et précieux à mon gout.

La finesse du coup de crayon du dessinateur et la sensualité qui se dégage de ces atmosphères tropicales sauvent donc de la noyade ce récit par trop galvaudé de piraterie.

Divertissant donc mais pas au point de lire les quatre volumes prochainement !

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30 mars 2013 6 30 /03 /mars /2013 09:26

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Basculons à présent dans le monde des classiques avec « Le livre de la jungle » de Rudyard Kipling.

Paru en 1894, cet ouvrage recense cinq nouvelles dont la plus connue est bien sur les célèbres aventures de Mogwli brillamment adaptées au cinéma par Walt Disney en 1967.

Dans celle-ci, Kipling décrit la vie d’un enfant indien perdu dans la jungle et pris après de nombreux débats sous la protection des animaux.

La société animale est ici traitée de manière anthropomorphique avec une sorte de code civil appelé le Livre de la jungle décrivant des règles de vie au sein de cet écosystème sauvage.

Dans ce monde complexe, Mogwli a pour ennemis le tigre boiteux Shere Khan, qui en bon mangeur d’hommes a juré de le dévorer et son acolyte le chacal Tabaqui considéré à la manière d’un être sournois et lâche.

Il n’échappe à ce triste sort que part l’intervention d’un couple de loups qui le défend, influence Akela le vieux loups gris chef du clan des loups et prend sur lui son éducation.

Dans son apprentissage de la vie de la jungle, Mogwli a pour professeurs la belle et courageuse panthère noire Bagheera mais aussi le sage et placide ours Baloo qui lui apprend le langage de chaque espèce de la foret.

Tandis que Shere Khan temporairement bloqué par la décision du clan des loups, intrigue pour rallier à sa cause de jeunes loups décidés à renverser par ambition Akela, Mogwli tombe entre les mains des Bandar-log, le peuple des singes, réputé vivant en hors la loi dans la jungle.

Il est emmené d’arbres en arbres jusqu’à leur quartier général, établi dans les ruines d’une cité enfouie au cœur de la jungle pour mettre son savoir à leur profit.

Bien entendu les amis de Mogwli, Bagheera et Baloo ne restent pas inactifs et font appel au python Kaa, seule créature de la jungle réellement crainte par les singes en raison de son aptitude à monter aux arbres pour les dévorer.

Après quelques tractations, le puissant serpent accepte de donner son aide et le trio tente alors une périlleuse opération commando dans l’antre maudit des Bandar-log.

Une bataille s’engage alors mais la multitude des singes, leur vivacité et leur agressivité naturelles parviennent à submerger la redoutable Bagheera et le fort Baloo.

Seul l’intervention de Kaa parvient à semer la panique auprès des Bandar-log qui se débandent en abandonnant leur proie.

Bien que secoué, Moglwi ressort plus aguerri et sage de cette aventure et assure Kaa de toute sa gratitude.

Il entre ensuite naturellement en contact avec le monde des hommes mais son éducation animale provoque quelques heurts au sein d’une société hindoue très pieuse et traditionnelle.

Reconverti en gardien de buffles, Moglwi semble trouver son équilibre au contact des bêtes.

Il est pourtant averti que Shere Khan ayant profité d’une faiblesse physique d’Akela, a pris l’avantage au sein du clan des loups et le cherche à présent pour le dévorer.

Mogwli profite alors d’un moment favorable pour attaquer Shere Khan ou moment ou repu après un repas, il se repose dans une gorge encaissé.

Aidé par un loup fidèle, il lance ses buffles déchainés contre le tigre engourdi et le fait piétiner.

Il doit ensuite batailler fermement contre le manipulateur Buldéo, chasseur et sorcier du village qui tente de s’accaparer le trophée du tigre, et finit par prendre le dessus avec autorité.

Nanti de la peau de Shere Khan, Moglwi revient alors dans la jungle en position de force.

Il impose donc son autorité nouvelle au sein du clan des loups et parvient à faire épargner Akela, qui était destiné à être tué par ses rivaux.

Pourtant Mogwli a la sagesse de ne pas profiter pas de sa victoire pour devenir le chef du clan des loups et préfère vivre seul dans la jungle accompagné de quelques proches.

La seconde histoire « Le phoque blanc » est celle de Kotick, un phoque blanc du détroit du Béring qui pour échapper aux moissons sanglantes des chasseurs contre son peuple, se lance dans la quête d’un éden ou il pourrait se réfugier.

Après quelques échecs et rebuffades notamment des peu commodes éléphants de mer, Kotick parvient en suivant des vaches marine, animaux semblant lents et stupides à trouver une voie secrète sous marine menant vers un territoire bordé d’inexpugnables falaises.

Revenu enchanté dans son peuple de phoque, Kotick doit essuyer l’incrédulité voir les moqueries.

Il prend alors la décision de combattre pour assoir sa crédibilité et aguerri par son long voyage, montre un telle vivacité qu’il finit par faire entendre raison à ses détracteurs.

Kotick parvient donc à réussir sa mission de guide.

Après les phoques polaires, viennent les aventures d’une jeune mangouste appelée « Rikki-Tikki-Tavi » recueillie après un accident par un couple bienveillant.

Adopté par le couple, Rikki-Tikki-Tavi devient l’amie de leur fils Teddy et le protecteur du bungalow contre un couple particulièrement redoutable de cobra appelé Nag et Nagaia.

Pour survivre, Rikki-Tikki-Tavi n’a d’autres choix que de se fier à son instinct ancestral et entame alors une guerre acharnée aux serpents.

La petite mangouste tue d’abord un petit serpent brun au venin aussi toxique que le cobra, puis se lance alors dans une lutte à mort contre ses ennemis naturels.

Tout se termine bien puisque les deux cobras sont tués et le jardin pacifié.

Dans « Toomai des éléphants », Toomai un jeune dresseur des éléphants profite de la relation privilégiée avec le puissant éléphant Kala Nag, pour être le témoin privilégié d’une réunion nocturne d’éléphants sauvages et domestiques ou ceux-ci dansent de sur leurs pattes pendant des heures.

Revenu au camp des hommes, il parvient à les convaincre de la véracité des ses dires et est alors pleinement accepté par le chef des rabatteurs des éléphants Machua Appa , comme le seul humain ayant eu le privilège d’assister à ce spectacle unique.

Le recueil se termine avec « Au service de la reine » par un curieux dialogue nocturne entre un chien, des mulets, chevaux, bœufs, chameaux et éléphants du Vice roi de l’Inde, rassemblés pour parader devant celui d’Afghanistan.

Chacun y décrit la perception de son rôle au sein de l’armée et tente de démontrer à son collègues ses atouts sur un champs de bataille, soit par la rapidité (cheval), l’endurance (mulet, chameaux) ou la force (bœuf et éléphant).

En conclusion, « Le livre de la jungle » brille surtout par les aventures de Mogwli, l’histoire la plus longue, la plus créative et la plus palpitante du lot avec un charmant foisonnement animalier autour d’un jeune enfant sauvage.

La magie de Kipling s’exerce à un degré sensiblement moindre mais néanmoins agréable avec les aventures de phoques explorateurs, de mangoustes protectrices ou de pachydermes dansants.

Chaque histoire est conclue par un chant animalier, exprimé de manière poétique.

Après plus d’un siècle, « Le livre de la jungle » demeure un classique incontournable à faire lire à n’importe quel enfant avant de découvrir par la suite le film également enchanteur de Walt Disney.

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1 décembre 2012 6 01 /12 /décembre /2012 16:42

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Sorti en 1972, « Délivrance » de John Boorman est un film que j’ai vu pour la première fois à l’âge de 12 ans et qui me traumatisa par la violence de certaines scènes.

Quelques années plus tard, je revis le film et pu évacuer le traumatisme pour le considérer à tête reposée selon sa juste valeur.

Tiré d'un roman de James Dickey, « Délivrance » raconte la ballade écologique d’une bande de quatre amis citadins, désirant descendre en canoë-kayak une rivière sauvage non loin d’Atlanta.

Cette bande se compose de Lewis Medlock (Burt Reynolds) leader et aventurier né, viril et sur de sa connaissance de la nature, Ed Gentry (Jon Voight), plus effacé père de famille mais malgré tout motivé par l’aventure, Bobby Trip (Nead Beatty), agent d’assurance petit, replet et peureux et enfin Drew Ballinger (Ronny Cox) le rêveur et guitariste de l’équipe.

La rivière allant prochainement être asséchée en raison de la construction d’un barrage, le groupe se hâte de trouver auprès des autochtones des conducteurs acceptant de leurs acheminer leurs véhicules à leur point d’arrivée en bas de leur destination.

Mais le contact avec les populations locales est pour le moins délicat, les hommes dépenaillés, sales et sauvages se montrant rétifs voir agressifs.

Pourtant l’autorité naturelle de Lewis parvient à prédominer et il trouve deux frères, les Griner pour faire contre finance la tache de convoyage demandée.

Le groupe se réparti en deux embarcations et la descente commence alors sur une rivière dotée de rapides plutôt dangereux.

A l’exception de Lewis, les hommes se comportent en amateurs, Drew oublie de mettre son gilet de sauvetage, Bobby se montre arrogant et geignard, quand à Ed, malgré sa bonne volonté, il se montre incapable de maitriser ses nerfs au moment de tuer du gibier à l’aide de l’arc de Lewis.

La première journée se déroule bien et les quatre hommes philosophent le soir au coin du feu avec Lewis qui défend l’idée d’un retour prochain aux sources et à une certaine animalité une fois la civilisation effondrée sur elle-même.

Mais le lendemain, un drame survient.

Ed et Bobby rencontrent deux chasseurs autochtones dans les bois.

Edentés, sales et inquiétants, les chasseurs se montrent rapidement agressifs et menacent les deux randonneurs de leurs fusil.

Forcé de se mettre nu et d’imiter le cochon, Bobby est violé dans la foret et Ed ligoté par la gorge à un arbre s’apprête à subir le même sort, lorsque Lewis surgit de la foret et décoche une flèche dans la torse d’un des chasseurs tandis que son compagnon édenté prend la fuite.

L’homme meurt en une lente agonie et un débat passionné prend alors place au sein du groupe : alerter les autorités et faire confiance à la justice comme le veulent Ed et Drew ou bien enterrer le corps pour effacer les traces du meurtre comme le veulent Lewis et Bobby ?

Finalement, Ed se range à l’avis de l’autre camps et il est décidé d’enterrer le chasseur dans la foret avant de poursuivre la descente de la rivière.

Malheureusement, le second chasseur décide de traquer le groupe, tue Drew d’une balle dans le ventre ce qui fait chavirer les deux embarcations prises dans de violents rapides.

Abrités sous des roches, les survivants comprennent que Lewis grièvement blessé à une jambe et en état de choc, n’est également plus opérationnel.

Après un nouveau débat, Ed prend son courage à deux mains et décide de gravir la roche abrupte surplombant leur cachette afin de surprendre le tueur et de le tuer à l’aide de l’arc de Lewis.

L’ascension d’une paroi aussi vertigineuse est une épreuve quasi surhumaine, mais pourtant Ed poussé par l’adrénaline et le souvenir des siens, trouve la force de se dépasser.

Arrivé au sommet, il s’endort épuisé pour trouver quasiment dans sa ligne de mire le second chasseur édenté.

Ed arme son arc mais sa main tremble à nouveau au moment de tirer.

Il décoche sa flèche au moment ou le chasseur lui tire dessus.

En tombant, il s’empale sur une de ses proches flèches qui lui déchire le ventre.

Alors qu’on pense que le chasseur va l’achever, l’homme titube, le corps percé de la flèche décochée par Ed.

Réagissant en tueur parfait, Ed descend le corps du chasseur à l’aide d’une corde avant lui-même de descendre difficilement en rappel.

L’homme est lesté et mis au fond de l’eau tout comme le corps brisé de Drew.

Ed et Bobby mettent dans une canoë, un Lewis blême de fièvre et terminent la descente ensemble tout en se mettant d’accord sur une version commune des faits oubliant les attaques dans la foret pour se concentrer sur la mort accidentelle de Drew.

Mais la police locale se méfie, d’autant plus que l’adjoint du sheriff est un cousin d’un des chasseurs disparus en foret.

Malgré les contradictions entre les deux hommes et les mensonges évidents, le shérif préfère conserver la tranquillité de sa région avant l’arrivée du barrage et ne relâche finalement le trio de survivants non sans leur demander de ne plus jamais revenir dans cette région des Etats Unis.

En conclusion, après toutes ses années, la puissance de « Délivrance » oscarisé en 1973 demeure intacte à mes yeux.

Impressionné voir terrorisé puis fasciné dans ma jeunesse par la violence du film, notamment une scène de viol sur homme, rarissime au cinéma, rappelant l’horreur insoutenable d’un « Irréversible » de Gaspard Noe, j’ai avec le temps changé mon point de vue sur ce film pour en découvrir les multiples niveaux de lecture.

« Délivrance » est pour moi un film anti-écologique, rappelant la dureté et la sauvagerie originelle de la nature.

Cette violence se manifeste par le biais des montagnards, véritables brutes dégénérées assouvissant en toute impunité leur bas instincts sans se soucier des conséquences.

Confrontés à cette réalité brutales, nos citadins voient leurs doux rêves de nature idyllique voler en éclat et réalisent leur état d’extrême vulnérabilité dans cet environnement non protégé.

Mais là ou Boorman se montre génial, c’est que ce n’est pas Lewis, l’homme des bois surentrainé, musclé et viril qui apporte la solution, mais Ed, le gentil citadin qui trouve en lui les ressources intime lui permettant de se révéler physiquement et mentalement à la hauteur de sa survie.

Obéissant à l’implacable loi du Darwinisme, Ed évolue, s’adapte, inhibe ses peurs pour retrouver son animalité enfouie.

On peut également noter outre les deux excellents rôles principaux donnés à Voight et à Reynolds, la qualité globale des rôles secondaires.

Beatty est parfait en citadin arrogant et faible, victime désignée des sévices, quand au plus effacé Cox, son duel de banjo avec un jeune autochtone trisomique virtuose, demeure un des moments forts du film.

Pour couronner le tout, Boorman allie la forme au fond, enveloppant cette sanglante aventure d’un climat mêlant splendeur de la nature américaine et brutalité terrifiante de tueurs aussi stupides que cruels.

« Délivrance » ou sans nul doute l’une des meilleurs films d’aventure/épouvante qui soit mais également une réflexion critiques passionnante sur le mythe aujourd’hui revenu en vogue dans nos sociétés polluées ultra libérales, du retour à l’état naturel, sensé être la perfection immaculée.

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21 novembre 2012 3 21 /11 /novembre /2012 20:29

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Place à maintenant à la littérature classique française avec « Bug-Jargal » premier ouvrage de Victor Hugo publié excusez du peu à l’âge de 16 ans.

« Burg-Jargal » est un roman d’aventures se déroulant dans le cadre exotique de l’ile de Saint Domingue en 1791 ou les courants abolitionnistes commence à prendre de l’ampleur et ou les révoltes des esclaves noirs ou mulâtres surgissent.

Un capitaine nommé Léopold D’auverney raconte l’histoire de sa vie à une assemblée de militaires dont son fidèle sergent Thadée qui lui a retrouvé Rask, un gros chien qui lui rappelle des souvenirs.

L’histoire de D’auverney est celle d’un jeune militaire métropolitain envoyé en garnison à Saint Domingue auprès de son oncle propriétaire terrien possédant huit cent esclaves qu’il fait durement trimer pour faire prospérer son affaire de plantation de canne à sucre.

Sur place, D’auverney fait la connaissance de Marie, qu’il définit comme sa promise.

Mais Marie est également convoitée par un autre homme mystérieux qui lui chante la nuit de belles chansons mélancoliques en espagnol tout en l’accompagnant à la guitare.

Fou de jalousie, D’auverney intervient mais se fait rosser par l’inconnu de constitution particulièrement robuste.

Il mène ensuite son enquête pour découvrir l’identité du soupirant et finit par comprendre qu’il s’agit d’un esclave fier et athlétique nommé Pierrot appartenant à son oncle.

Mais Pierrot intervient pour sauver Marie agressée par un crocodile et sauve la vie à la jeune femme.

Reconnaissant malgré sa jalousie dévorante, D’auverney se sent redevable de cet esclave au comportement étrange qui semble avoir un ascendant quasi divin sur ses semblables.

Il intervient quand Pierrot, victime de sa fierté excessive, se rebelle contre son oncle et lève la main sur lui, sacrilège punissable de la peine capitale.

D’auverney se rend dans la cellule du malheureux esclave  et s’entretient longuement avec cet homme qui a trouvé le moyen de faire venir son chien Rask dans sa geôle.

Il apprend que son rival est en réalité le roi du Kakongo, un monarque de droit divin, commandant tous les noirs d’origine africaine.

Se sachant condamné, Pierrot accepte son destin par orgueil alors qu’il pourrait en raison de sa force colossale aisément s’évader.

D’auverney tient bon, parvient à adoucir son oncle et à épargner Pierrot qui entre temps c’est malgré tout échappé.

Les évènements se précipitent alors avec une terrible révolte des esclaves embrasant tout l’ile.

L’insurrection mené par des leaders noirs comme Boukmann et Biassou ayant pris les armes, est terriblement sanglante et abouti aux massacres des colons, comme l’oncle de D’auverney.

Mort d’inquiétude, D’auverney comprend que Marie a été enlevé par Pierrot qu’il estime donc avoir trahi son amitié.

Ivre de vengeance, il se lance alors dans une contre attaque imprudente et est capturé avec d’autres soldats blancs par les hommes de Biassou qui lui avaient tendu une embuscade habile dans une vallée encaissée.

Réduit à la captivité, D’auverney comprend le pouvoir de la superstition dans la culture africaine en subissant le pouvoir des griottes et des obi, sorciers-charlatans aux pouvoirs divinatoires ayant une véritable influence sur les chefs militaires.

L’un de ses obis, un petit homme masqué se montre particulièrement en vue auprès de Biassou, génie politique et militaire adeptes de cruelles tortures envers ses prisonniers.

Resté fier malgré sa fin inéluctable, D’auverney est par miracle secouru par Pierrot en réalité le chef de guerre Burg-Jargal qui use de son immense prestige dans le monde africain pour tenter de négocier sa liberté à Biassou.

Soumis à plus forte autorité que la sienne, le rusé Biassou fait mine de plier mais force D’auverney à donner sa parole d’honneur pour revenir à lui deux jours après car il a en réalité besoin de ses talents de scribe pour l’aider à rédiger une missive qu’il enverra à l’état français pour reconnaitre la légitimité de son pouvoir.

D’auverney accepte, suit Bug-Jargal qui lui a promis de l’aider à revoir Marie qu’il a mis en sécurité dans une grotte mais a en réalité pour but de le tuer pour étancher sa jalousie.

Mais sur place, il se montre incapable de faire du mal à un homme aussi noble que Bug-Jargal et renonce à son projet.

Tenu par sa parole d’honneur, il n’écoute ni Marie ni Bug-Jargal qui cherchent à le dissuader de retourner voir Biassou.

Face au chef des rebelles, D’auverney refuse de l’aide pour sa missive et accepte sans sourciller d’être exécuté au grand dépit de Biassou.

Il est alors conduit dans une grotte ou se trouve un gouffre vertigineux et découvre que l’obi chargé de l’exécuter est en réalité Habibrah, le nain métisse qui faisait office de bouffon à son oncle et qui désire lui faire payer cher ses années d’humiliation.

Une fois encore Bu-Jargal surgit pour aider son ami en fâcheuse posture et après une lutte acharnée, le haineux Habibrah tombe à sa place dans le gouffre mortel.

Puis les choses tournent et le héros Bug-Jargal est malencontreusement tué par Thadée qui l’avait cru par erreur responsable de la mort de son capitaine.

D’auverney conclut donc de manière émue son histoire en se remémorant la belle et puissante histoire d’amitié qu’il a vécu avec un esclave devenu son frère.

En guise d’épilogue, l’auteur conclut en annonçant la mort héroïque du capitaine avec Thadée et Rask sur un champs de bataille après qu’il ait finalement perdu les êtres les plus chers de sa vie dont Marie tuée par un incendie.

En conclusion, pour une œuvre de jeunesse, « Bug-Jargal » est déjà impressionnant de maturité artistique.

Alors adolescent, Hugo prouve qu’il sait passionner le lecteur en racontant une belle histoire d’aventures exotiques combinant drame du triangle amoureux et toile de fond historique.

Très progressiste pour son époque avec son antiracisme marqué, « Bug-Jargal » est un livre réellement étonnant prenant parti pour la révolte des esclaves noirs, présentés par l’intermédiaire du monarque déchu plein de noblesse comme des êtres humains pouvant être égaux voir supérieurs en terme de grandeur d’âme aux héros blancs.

Un roman vivant, coloré, riche en rebondissements qui fera passer un bon moment au lecteur avide d’action.

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19 août 2012 7 19 /08 /août /2012 09:39

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Corto Maltese, déjà mis à l’honneur dans ces chroniques avec « Corto Maltese : sous le signe du Capricorne » de Hugo Pratt fut adapté en film d’animation en 2002 par Pascal Morelli.

« Corto Maltese, la cour secrète des arcanes » est adapté d’une aventure de Pratt écrite en 1979 projetant l’aventurier anglais dans les remous complexes de la Révolution russe de 1919.

Le film débute pourtant en Asie, à Hong-Kong ou Maltese (voix grave et sensuelle de Richard Berry) apprend de sa vieille amie sorcière Bouche dorée la situation particulièrement agitée en Europe en raison de la Révolution communiste qui déchire la Russie des Tsars en une guerre civile.

Mais Hong-Kong reste une ville mystérieuse et dangereuse pour Maltese qui y rencontre l’énigmatique Raspoutine (voix de Patrick Bouchitey) au comportement erratique parfois menaçant, est embarqué par la police anglaise et est échappe de peu à une tentative de meurtre perpétrée par une secte asiatique.

Pourtant Cortese jouit de la protection de Bouche dorée et de celle de la secte des Lanternes rouges qui lui envoie trois messagers féminins lui proposant de mettre à contribution ses talents d’aventurier pour dérober l’or impérial rapatrié par train en Sibérie par l’amiral Koltchak afin d’échapper à la razzia communiste et d’entretenir la contre révolution blanche.

Fidèle à lui-même et malgré les dangers encourus, Cortese accepte le marché et fait équipe avec Raspoutine plus motivé bien entendu par l’appât du gain.

Ils embarquent tous les deux sur un navire pour gagner la Mandchourie et tenter d'intecepter le train mais sont agressés à bord par une secte concurrente.

La bataille à coups de couteau, pistolet et mitrailleuse est tellement féroce que le navire prend feu, laissant Corto comme seul survivant sur une plage.

Il est récupéré à Shanghai par le général Tchang Tsao Lin, membre puissant, cruel et machiavélique de la secte des Dragons noirs qui le relâche pour mieux le faire suivre afin d’être mené par lui jusqu’au train d’or.

A Shanghai, Corto réussit par l’intermédiaire d’un major américain Tippit, a prendre place dans un train dirigé par une fantasque duchesse russe, Maria Semanova (voix de Marie Trintignant) avec la ferme intention de se rendre en Sibérie.

Le premier contact est rude puisque l’avion embarquant Tippit et Maltese est abattu par les gardes du corps de la duchesse mais pourtant les deux hommes parviennent à monter à bord du Transsibérien ou règne un luxe décadent.

Bien entendu, Corto ne perd pas son temps en chemin et séduit la duchesse aux mœurs assez libérées qui la met en garde contre son ami Semenov, chef de guerre cosaque qui à la tête d’un puissant train armé de canons cherche également à récupérer l’or impérial.

En réalité la duchesse manipule Corto, le mettant dans les griffes d’un ennemi puissant tandis qu’elle va elle-même récupérer l’or impérial.

Corto est pourtant contraint de se placer sous la protection du chef militaire qui essaie rapidement de le tuer.

Habile, il échappe à ses tueurs et rencontre dans une tempête de neige, l’impayable Raspoutine, semblant comme à son habitude surgir de nulle part.

Dans cette intrigue compliquée, Maltese et Raspoutine reçoivent l’aide d’un officier russe appelé Nino, qui travaillant pour les lanternes rouges leur permet de rentrer dans le train de Semenov lancé à la poursuite de celui de la duchesse.

Quand Semenov bénéficiant de la puissance de ses canons, prend possession du train d’or, la situation se complique davantage avec l’irruption de Nino, de tueurs des Dragons noirs et de Shangai Li (voix de Barbara Schulze) espionne des lanternes rouges infiltrée comme courtisane du chef militaire.

Dans le chaos le plus total, la duchesse, Nino et Semenov sont tués et le wagon chargé d’or tombe dans le grand lac glacé des trois frontières.

Après une courte (mais mémorable !) entrevue avec le baron allemand Ungern, chef des russes blancs et contre révolutionnaire illuminé,  Corto se retrouve pris dans une guerre entre Tchang et ses hommes venu chercher l’or et le chef de guerre mongol Soukhé Bator allié des Lanternes rouges et proche de Shangai Li.

La lutte tourne au désavantage de Tchang dont le train est précipité dans le vide après l’explosion d’un pont.

Mais on ne sait pas trop comment, Corto survit au drame.

Il retrouve Shangai Li, qui lui présente son mari, qui ignorait tout de son appartenance aux Lanternes rouges.

Elle lui révèle que l’or exhumé des profondeurs du lac aura une finalité pacifique puisqu’il servira à la construction d’une centrale électrique profitant à la Chine, l’URSS et la Mongolie.

Bien que semblant déçu de trouver Shanghai Li mariée et donc peu disponible, Corto choisit de poursuivre sa destinée d’aventurier solitaire.

Au final, « Corto Maltese, la cour secrète des arcanes » est une œuvre graphiquement superbe, surpassant même en qualité le travail finalement assez sobre des bandes dessinées de Hugo Pratt.

Le réalisme de l’animation, la beauté des paysages vous transportent dans une aventures des plus exotiques aux confins de l’Asie et de la Sibérie.

Coté fond, l’histoire est certes plaisante, mais comme souvent avec Pratt, horriblement compliquée avec l’apparition de multiples personnages aux rôles assez énigmatiques.

La réalisation de Morelli reprend le rythme lent, nonchalant et parfois exaspérant de Pratt avec un style volontiers littéraire (Moore et Chateaubriand sont cités).

Un film qui reste donc fidèle pour le meilleur et le pire au style de la bande dessinée, avec pour le pire la lenteur, la complication extrême des intrigues et pour le meilleur un style unique élégant sublimé par la beauté de l’animation.

 

A voir donc comme une belle curiosité, meme si comme moi les bandes dessinées de Corto Maltese vous laissent plutot froid.

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18 juillet 2012 3 18 /07 /juillet /2012 20:09

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Je m’aventure assez rarement dans l’univers de la bande dessinée dite traditionnelle, aussi vais-je faire une exception avec « Corto Maltese : sous le signe du Capricorne » de Hugo Pratt, publié en 1970 par épisodes dans un magazine pour jeunes alors bien connu (je parle du très contesté Pif gadjet !) .


Corto Maltese est un personnage culte pour amateurs de bande dessinées.

Ce bel aventurier anglo-espagnol du début du Xx ième siècle a en effet fait rêver bon nombres de lecteurs par ses aventures maritimes mystérieuses et exotiques.

Scindé en huit chapitres, « Corto Maltese : sous le signe du Capricorne » ne déroge pas à la règle et débute par une aventure complexe en Guyane hollandaise ou en 1916, Corto en pension chez son amie Madame Java, rencontre un jeune homme appelé Tristan Bantam, qui lui demande son aide pour interpreter les cartes légués par son scientifique de père et découvrir Mu un royaume englouti situé dans le haut Brésil.

Mais au cours de la discussion, une femme noire adepte du Vaudou fait irruption pour révéler par énigmes à Tristan que sa demi sœur Morgana l’attend au Brésil.

Flanqué de son ami le professeur Steiner, ex scientifique rongé par une alcoolémie galopante, Corto accepte d’aider le jeune homme à aller au Brésil.

Avant de partir il doit pourtant faire face à la menace de deux hommes armés qui cherchent à tuer Tristan.

Sur le chemin, le trio rencontre un forçat en cavale appelé Cayenne et d’étranges indiens qui lui parlent par énigmes du continent Mu protégé par les esprits.

Cette impression de bizarre se confirme à Bahia ou au contact de sa demi sœur mystique, Tristan fait d’étranges rêves.

Après avoir neutralisé l’avocat anglais Milner, ex ami de du père de Tristan, cherchant à le déposséder de ses secrets, Corto décide de se rendre à Itapoa pour rencontrer Bouche dorée la maitresse de magie de Morgana.

Sur place, en échange de mille livres sterling, Bouche dorée propose à Corto de porter des armes et de l’argent à des guérilleros en rébellion contre les propriétaire terriens.

Corto accepte, s’enfouit dans la jungle du Sertao, permettant aux guérilleros emmenés par leur chef Tir fixe de renverser les propriétaires et leurs mercenaires mais contre attente refuse au final l’argent proposé par Bouche dorée.

De retour à Itapoa, surgit un nouveau personnage, le baron autrichien Von Manteuffel secondé par un immense colosse togolais appelé Casse Mâchoires qui met physiquement à mal Corto.

Les recherches du trio l'orientent vers l’ile de Maraja mais le font tomber sur le baron autrichien Von Manteuffel qui commande un croiseur allemand venu se ravitailler avant de poursuivre sa guerre contre l’Angleterre.

Après une lutte confuse, Casse Mâchoires révèle être comme Morgana et Bouche doré un espion à la solde des britanniques chargé d’informer les Brésiliens pour couler un bateau à l’entrée de l’estuaire de l’ile afin de bloquer le croiseur allemand.

Le plan réussit, même si Casse Mâchoires y perd sa vie.

Corto indique que le navire brésilien a été coulé sur un emplacement sensé receler le trésor de galions hollandais coulés en 1580.

L’aventure se poursuit ensuite avec un trésor caché sur une ile dont l’emplacement est donné par quatre as détenus par des aventuriers divers appelés les gentilhomme de fortune.

Détenteur d’un as, Corto entre en contact avec Miss Ambigüité de Poincy descendante d’un de ses gentilshommes et également à ce titre détentrice d’un as.

Mais il se heurte à son vieux rival le moine russe Raspoutine, détenteur lui aussi d’un as et désireux de s’emparer des autres par la force.

Arrivé sur place avec Corto, Ambigüité et ses hommes de main, Raspoutine se heurte à la farouche résistance du gardien à demi fou du trésor qui n’hésite pas à tirer sur les chercheurs d’or au canon pour se défendre.

Au cours de la fusillade, le gardien et Ambigüité sont tué mais Corto révèle à Raspoutine blessé et furieux que le trésor caché dans le canon a en réalité été détruit par l’assaut.

Le dernier volet de l’histoire a lieu une nouvelle fois sur une ile perdue du Honduras ou Corto blessé, esseulé et amnésique est pris dans une sombre histoire de règlements de compte entre descendants d’évangélistes.

En conclusion, pour une première fois, « Corto Maltese : sous le signe du Capricorne » ne m’as pas du tout convaincu.

Si le style sobre, dépouillé et gracieux de Pratt confère un certain charme aux histoires du marin aventurier, il faut reconnaitre que les histoires sont presque toutes plus emberlificotées et nébuleuses les unes que les autres et donnent l’impression de servir de prétexte aux évolutions exotiques d’un héros tout en coolitude.

Difficile d’accrocher donc à ses histoires de trésors et de magie ponctuées de quelques fusillades et de bagarre à l’ancienne ou bien entendu Corto sort toujours on ne le sait comment vainqueur.

Beau, viril, détendu, énigmatique et distant, Corto Maltese est en quelque sorte l’incarnation du fantasme masculin de l’aventurier indépendant et insaisissable.

Outre le peu d’intérêt des intrigues, j’ai été également dessus du manque d’érotisme des images mais peut être avais-je une vision quelque déformée du style de Pratt, beaucoup plus sage que je ne le pensais.

Alors « Corto Maltese : sous le signe du Capricorne » mauvaise expérience épisodiques ou signe avant coureur d’un manque d’adéquation avec mes gouts personnels ?

Sans doute un peu tôt pour le dire.

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14 juillet 2012 6 14 /07 /juillet /2012 14:55

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Avec « Les vikings » de Richard Fleischer, nous basculons au rayon des vieux classiques du cinéma américain.

Sorti en 1958, « Les vikings » est un grand film d’aventures épique qui me fit rêver longtemps lorsque j’étais enfant, aussi est-ce avec un plaisir inouï que je vais lui rendre hommage dans ces colonnes.

L’histoire raconte entre 800 et 900 après Jésus Christ, la rivalité entre une tribu scandinave peuplée de redoutables guerriers-marins capables de raids éclairs et meurtriers, et le royaume d’Angleterre désireux d’assoir sa puissance et de se préserver des ces menaces.

Au cours d’un de ses raids, le chef viking Ragnar (Ernest Borgnine disparu il y a quatre jours !) viole Enid (Maxine Audley) une princesse anglaise qui se trouve enceinte d’un enfant dont elle cache l’ascendance honteuse.

L’enfant reconnaissable à une pierre ornant son cou est envoyé loin du royaume d’Angleterre et 20 ans après, la reine mourante avoue son terrible secret.

Aella (Frank Thring), le roi actuel d’Angleterre, soupçonnant le noble Egbert (James Donald) d’être un traitre et un sympathisant à la cause viking, l’exile pour le punir.

Contraint à la fuite Egbert, est récupéré par Ragnar et rejoint la Scandinavie ou il rencontre le fier et beau Einar (Kirk Douglas) fils du roi.

Surmontant sa crainte devant ces hommes rudes et bruyants, Egbert est témoin d’un affrontement particulièrement violent entre Einar et l’esclave Eric (Tony Curtis) qui lance un faucon sur son rival pour le défigurer horriblement.

Malgré un œil en moins et le visage balafré, Einar se soumet à la loi viking en remettant le sort de son rival enchainé aux rochers aux dieux nordiques.

Contre toute attente, Eric survit et reçoit la protection d’Egbert qui prend comme esclave personnel.

Après un nouveau raid éclair, Einar capture la princesse anglaise Morgana (Janet Leigh) et la détient comme otage.

Mais la belle résiste aux avances brutales d’Einar, rendu encore plus agressif par son visage mutilé.

Elle tombe sous le charme d’Eric, qui lui permet de s’évader en barque.

Lors de la poursuite à travers les brumes du Nord, le drakkar de Ragnar percute un rocher.

Ragnar capturé est jeté aux loups par l’impitoyable Aella mais Eric bravant la colère de son hôte, donne l’occasion au vieux monarque de mourir l’épée à la main, condition obligatoire pour tout viking pour aller au Valhalla.
En représailles, Eric a le bras sectionné.

Lorsqu’il revient en Scandinavie avec Egbert, il informe Einar de la mort de son père.

Ivre de rage, le nouveau roi guidé par Egbert décide alors d’une grande offensive contre le château fortifié d’Aella pour venger son père.

L’attaque de grande ampleur est superbe, digne d’une des plus grands assauts de films de moyen âge, avec une véritable prouesse athlétique d’Einar pour ouvrir le pont levis donnant l’accès du château aux vikings.

Après une lutte féroce et la mort d’Aella jette aux loups par Eric qui prend ainsi sa revanche, Einar pénètre en force dans la chapelle ou réside la belle Morgana.

Sa déception n’en est que plus grande lorsqu’il apprend que la princesse lui préfère Eric, qui est son demi frère, et doublement de sang royal, anglais et viking.

L’affrontement entre Einar et Eric devient alors inévitable.

Il a lieu au sommet du château dans un décor somptueux.

Bien que Einar ait pris le dessus, il réalise que son combat est vain et laisse son adversaire le tuer.

Le film se termine sur des funérailles vikings grandioses avec drakkar enflammé.

En conclusion, « Les vikings » est un film exceptionnel à plus d’un titre.

La reconstitution d’époque est tout d’abord impressionnante, avec des villages nordiques et des drakkars plus vrais que natures.

Ensuite les paysages de la Scandinavie et du Nord de l’Angleterre sont grandioses avec ces fjords et ses châteaux forts médiévaux.

Gros moyens donc pour donner du réalisme à l’ensemble, mais ceci en suffirait pas sans une histoire complexe, douloureuse, de rivalité entre deux frères ennemis, le blond flamboyant et le brun sobre et tenace.

Les acteurs sont dans l’ensemble prodigieux, mais même si la superbe Leigh, le sexy Curtis et le truculent Borgnine brillent, la star est surtout Kirk Douglas, excessif, courageux puis finalement miné intérieurement au point de se laisser tuer.

Intemporel, inusable, « Les vikings » est un chef d’œuvre qu’on pourra revoir pendant des générations en rêvant encore et toujours sur ce peuple à l’histoire aussi riche que fascinante.

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24 avril 2012 2 24 /04 /avril /2012 20:05

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Autant le dire tout de suite, je ne suis pas un fan du cinéma de Luc Besson, ni du personnage que je trouve assez peu sympathique.

En 1988 sort son troisième film, « Le grand bleu » qui sera son premier succès colossal succès commercial, notamment auprès d’un public jeune, assez inexplicablement attiré par le message délivré par le film, l’attirance quasi mystique pour le monde mystérieux des abysses et par son esthétique vidéo clip.

 

Je dois à ce titre avouer que j'ai connu certains personnes de mon entourage se piquer de passion pour la plongée et l'apnée à la suite de ce film, c'est dire son impact sur une certaine jeunesse de la fin des années 80.


« Le grand bleu » raconte l’histoire de la rivalité entre deux hommes, deux apnéistes, l’un italien Enzo Molinari (Jean Reno) et l’autre français Jacques Mayol (Jean-Marc Barr), se disputant le titre de champion du monde de plongée dynamique sur une ile de Sicile.

Au premier abord, tout semble opposer les deux hommes, Enzo est grand, robuste, sur de lui, extraverti et dragueur, tandis que Jacques est petit, introverti et rêveur.

Pourtant malgré cette opposition, une relation quasi amicale lie les deux hommes depuis leur enfance en Grèce, Enzo prenant sous sa protection Jacques après la mort tragique de son père scaphandrier dans les années 60.

Entre les deux champions, va se glisser une femme, Johanna Baker (Rosanna Arquette) new yorkaise urbaine et vive, tombée sous le charme lunaire de Jacques après une rencontre fortuite au Chili.

Ce triangle amoureux va s’installer lors du championnat du monde en Sicile, ou Enzo défend son titre face à ses rivaux.

A la surprise générale, Jacques bat son ami dont l’égo a bien du mal à se remettre.

Johanna vit un flirt avec Jacques mais l’étrange comportement du jeune homme la désarçonne notamment son inexplicable attirance pour un dauphin lâché en liberté avec qui il passe des heures.

Après des allers retours orageux, les deux hommes se retrouvent pour un ultime duel.

Malgré des performances ahurissantes d’Enzo qui descend à 115m sous le niveau de la mer, Jacques le surpasse encore et descend à 120m, établissant une sorte de limite physiologique que les médecins jugent dangereuse de franchir.

Incapable d’assumer la défaite, Enzo tente de battre le record mais essuie un grave accident.

Touché par les mots de son ami qui lui demande de le descendre au fond de la mer pour y mourir, Jacques accède à sa requête.

Il reste seul avec son record amère et un problème épineux, choisir entre son attirance inexplicable pour le monde marin et Johanna qui est enceinte.

Après une courte hésitation, Jacques choisit le monde des abysses et descend en pleine nuit sous l’eau retrouver les dauphins …

En conclusion, « Le grand bleu » est un film à la fois étrange, attirant et irritant.

 

On pourra tout d'abord lui reprocher film sa longueur et son coté contemplatif.

 

Irritants sont également les personnages, taillés à la serpe, tout particulièrement Reno, caricature de l’italien extraverti et bon vivant à l’hygiène de vie assez peu réaliste quand on sait la discipline de fer à laquelle doivent s’astreindre les apnéistes pour réaliser leurs performances.

Arquette est du même acabit : citadine branchée gouvernée par ses sentiments tentant de faire fléchir un homme qu’elle ne comprend qu’au dernier moment.

Bien entendu, Barr est le personnage le plus intéressant car tiraillé entre le monde des humains et de sa passion en une composition lunaire et décalée qui fit son charme.

Du coté plus positif, Besson utilise un sujet original, assez peu traité jusqu’alors car mystérieux et envoutant.

Les images sont fort belles, exploitant la beauté des paysages méditerranéens inondés de soleil sur une la musique électronique d’Eric Serra alors très en vogue à l’époque dans la même lignée qu’un Vangelis voir d’un Jean-Michel Jarre).

 

Le résultat en fait un film long, simple et terriblement attractif pour le grand public.

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