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11 janvier 2009 7 11 /01 /janvier /2009 09:00

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Première incursion dans la littérature russe (la « grande » littérature ? ) avec « Les Cosaques » de Léon Tolstoï.

Ce livre traite du périple d’Olénine, un jeune homme appartenant à la noblesse fortunée moscovite qui s’engage dans les années 1850, comme officier dans l’armée russe pour être envoyé dans le Caucase afin d’asseoir la domination russe sur la région.

Le jeune officier fait la connaissance des détachement cosaques, ces militaires russes établis sur place qui ont la mainmise sur cette région sauvage, rurale, montagneuse.

Les Cosaques sont chargés de tenir des couloirs, des places fortes et d’écraser la rébellion des Abreks , c’est à dire des montagnards essentiellement Tchétchènes vivant de l’autre coté du fleuve Terek.

Olénine, qui vivait dans le luxe et l’oisiveté des cercles mondains de Moscou, découvre donc une vie à mille lieues de celle du citadin qu’il était.

Il est fasciné, charmé par la beauté sauvages des paysages, par les mœurs rudes des Cosaques, considérés par les Russes comme des êtres grossiers et primitifs.

Olénine rencontre Erochka, un vieux cosaque gouailleur, conteur, chasseur émérite, amateur de femmes, de vins et de bonne chaire, qui lui devient son mentor et son passeur entre les deux cultures.

Olénine occupe le plus clair de son temps libre à chasser avec ou sans Erochka, à explorer la Nature sous toute ses formes.

Il éprouve une sorte de révélation pour ce bonheur primitif, sauvage et rejette en bloc toute envie de civilisation ou de mondanité.

Mais rapidement ce renoncement presque ascétique se trouve troublé par le beauté d’une jeune femme cosaque répondant au nom de Marion.

Marion est la fille du logeur d’Olénine, un sous lieutenant cosaque.

Marion est également promise à Lucas, un soldat cosaque qui bien que pauvre est considéré comme un héros local en raison de ses exploits face aux Tchétchènes.

Olénine devient vite obsédé par Marion et souffre d’un déchirement intense car cet amour lui semble impossible.

On comprend que pour Olénine qui n’a jamais éprouvé l’amour véritable, cette « première fois » est un traumatisme majeur et une grande source de tourment.

Le roman se termine en une sorte de jeu d’échec à trois autour de Marion.

Qui choisira t elle entre le viril mais simple Lucas et le riche mais étranger Olénine ?

Bien entendu comme il s’agit d’un roman russe, la tragédie arrivera.

« Les Cosaques » a été pour moi une découverte charmante.

Il ne s’agit pas d’un roman de guerre à proprement parler, à peine plus d’un roman d’aventure mais plutôt d’un parcours initiatique d’un jeune homme déchiré intérieurement, en quête d’apaisement et de pureté.

Cet apaisement il pense le trouver dans le renoncement,  le retour à une vie ascétique, simple, proche de la nature comme le prônent certains philosophes grecs depuis fort longtemps, mais finalement l’amour lui apparaît comme une force supérieure digne de transcender son existence même si on peut penser que cette Marion à la beauté simple et virginale n’est finalement que l’incarnation humaine de cet idéal de pureté naturelle.

Pourtant le bonheur et l’équilibre ne sont jamais atteints, puisque Olénine malgré tous ses efforts ne parvient pas à se détacher totalement de ses liens avec la sophistication des officiers russes et n’est pas non plus accepté au sein de la population cosaque qui se méfie de ce officier étranger au comportement atypique.

Malgré cette quête inaboutie, le roman est une belle description du mode de vie de ces hommes rudes ayant fascinés l’écrivain.

Tolstoï se montre d’ailleurs étonnamment virulent contre ces compatriotes  russes qu’il semble accuser de tous les maux comparés aux « bons sauvages » cosaques.

Quand aux Tchétchènes bien qu’entre aperçus on comprend vite que leur mode de vie montagnard proche de celui des Cosaque les rend plus sympathiques et proches d’Olénine que les Russes eux mêmes.

« Les Cosaques » est donc un livre complexe, riche et intéressant à découvrir pour qui s’intéresse à une époque, une région donnée mais également à l’étrange fascination que peut ressentir un jeune soldat soummis au contact prolongé avec des populations quasi étrangères.

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7 janvier 2009 3 07 /01 /janvier /2009 21:20


« Typhon » de Joseph Conrad est l’archétype même du court roman d’aventure maritime.

Ce livre raconte l’histoire  au  début du XX iéme siècle du « Nan Shan » bateau à vapeur commandé par un équipage anglais sous pavillon du Siam qui doit ramener en Chine un important groupe de travailleurs chinois.

A bord de ce bateau, le capitaine Whirr, vieil homme taiseux, peu expansif a l’autorité de l’age et de l’expérience sur son équipage mais pas a priori un caractère assez marqué pour générer un fort engouement de la part de ses hommes.

Whirr écrit de fréquentes et insipides lettres à sa femme restée en Angleterre, qui n’a du reste pas franchement envie qu’il revienne trop vite vivre avec elle.

Le second du navire répondant au nom de Jukes est un jeune homme célibataire au tempérament impétueux.

Ensuite vient le chef-machine ainsi que d’autres personnages subalternes.

Le thème principal du livre est la lutte pour la survie de ce bateau face à un typhon aux proportions gigantesques qui le cueille en pleine mer de Chine.

Conrad dépeint donc avec talent et emphase les efforts de l’homme devant une force naturelle colossale contre laquelle il est bien démuni.

Lors de cette lutte, le caractère des hommes se révèle et Whirr tout renfermé qu’il est au naturel, s’avère un homme de principe, profondément humain et sur lequel on peut compter dans l’adversité.

Finalement dans ce cas de force majeure, les hommes s’unissent pour leur survie.

Mais cette survie passe avant tout par les machines, cette précieuse chaudière à vapeur qu’il faut maintenir en pression pour continuer à se mouvoir dans l’élément liquide.

L’homme doit donc faire corps avec sa machine.

Ce qui m’a choqué dans ce livre était les conditions dont étaient traitées les ouvriers chinois, enfermés dans la cale du navire, ils se retrouvent inondés d’eau et se battent entre eux pour récupérer leur argent péniblement gagné lors de travaux harassants.

Le mépris affiché des anglais pour ce type de comportement m’a paru gonflé de l’orgueil du colon.

Bref les Chinois sont à peine mieux considérés que des animaux par cet équipage, d’ailleurs un passage fait allusion au fait que les Chinois n’ont pas d’ame.

Mon sentiment final n’est pas que ce livre appartient à la catégorie des chef d’œuvres.

Bien entendu Conrad excelle dans la description maritime, des élément déchaînés, de l’union technique forcée entre homme et machine mais je pense qu’il est pratiquement impossible de décrire fidèlement un phénomène aussi puissant qu’un typhon.

Les forces en présence dépassent par trop l’entendement humain.

Alors certes on peut imaginer, fantasmer mais je ne suis pas parvenu à pleinement éprouver cette sensation de danger, d’autant plus que étonnamment malgré la violence supposée de la tempête, aucun homme n’est perdu ou tué lors du récit, ce qui atténue fortement l’effet ressenti.

D’autre part la psychologie des personnages m’a paru relativement superficielle.

Un Conrad qui bien que non déplaisant ne me laissera pas un souvenir inoubliable.

Dans un genre similaire, « Une descente dans le maelström » d’Edgar Poe m’a plus séduit, sans doute pour sa dimension plus fantastique et horrifique.

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2 janvier 2009 5 02 /01 /janvier /2009 10:21



« Au cœur des ténèbres » de Joseph Conrad est le type même de roman éclipsé par un film, celui de Francis Ford Coppola en l’occurrence, « Apocalypse now ».

Il était évident compte tenu de mon admiration pour ce film que je lise le livre dont il est issu même si l’adaptation de Coppola transpose l’histoire en Asie alors qu’initialement elle a lieu en Afrique.

Dés les premières pages d’« Au cœur des ténèbres » le lecteur est accroché par le ton particulier du roman, mystérieux et onirique.

Le livre raconte l’histoire au XIX iéme siècle , d’un anglais qui s’engage comme capitaine sur une compagnie de marine marchande française ou belge ( ?) pour récupérer de l’ivoire sur le fleuve Congo.

Le capitaine doit faire la liaison avec les postes avancés de la compagnie dans les terres et notamment avec un certain Kurtz, directeur d’un de ces centres.

Ce voyage va devenir une sorte de parcours initiatique, de cauchemar éveillé, d’enfer vert avec un retour aux premières sensations humaines.

A bord de son navire, un vieux bateau à vapeur brinquebalant, le capitaine va découvrir le continent africain, ses mystères, ses dangers également.

La foret et le fleuve sont systématiquement décrits comme oppressants, générateurs d’un puissant malaise.

Le narrateur-capitaine découvre des Blancs obsédés par le profit et les pillages, bien loin de leurs idéaux progressistes à l’égard des populations noires qui sont le plus souvent exploitées et réquisitionnées comme main d’œuvre.

Rapidement il entend parler de Kurtz, l’homme mystérieux qu’il doit rencontrer.

Les termes sont étranges, il est d’abord loué comme un homme extraordinairement compétent puis les avis divergent, on raconte qu’il a volé la compagnie, que l’ivoire n’arrive plus et que cet homme gravement malade doit être rapatrié.

La deuxième partie du roman est donc la quête de cet homme insaisissable et pratiquement mythique.

Une fois sur place, l’équipage se fait attaquer par des tribus guerrières.

Le narrateur apprend que ses tribus sont commandées par Kurtz qui est devenu une sorte de gourou, de demi-dieu de la foret.

Kurtz a apparemment fasciné aussi bien les noirs que les blancs et tous se revendiquent comme ses disciples.

Le capitaine devient lui même fasciné par ses histoires et  finit par rencontrer Kurtz qui est mourrant dans la jungle.

Il récupère une partie de ses écrits, la plupart se trouvant être non liés à son métier mais des manuels pour la manière de traiter les sauvages afin de leur apporter le progrès.

Kurtz meurt dans les bras du capitaine qui demeurera complètement hanté et fasciné par cet homme mystique.

« Au cœur des ténèbres » est plus qu’un extraordinaire roman d’aventure.

Il peut être vu comme un refus du matérialisme, une expérience mystique, nihiliste, quasi philosophique, une réflexion sur la mort, le sens de la vie, un retour aux cotés les plus primitifs et enfouis de l’homme.

La langue est exceptionnelle, les descriptions maritimes ou fluviales écrasantes de beauté.

La nature inquiétante et toute puissante ramène l’homme à sa juste place, celle d’un moucheron.

Le lecteur a lui aussi l’impression d’être happé dans un rêve enfiévré, ballotté par le rythme languissant de cette interminable remontée du fleuve ou les hommes blancs perdent  leur raison, le fragile verni de leur civilisation pour se révéler à eux mêmes.

Un livre culte, hypnotisant, troublant, tout le génie de Conrad.

      Et à peine 115 pages ...     
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25 décembre 2008 4 25 /12 /décembre /2008 18:34


« Le Frère-de-la-Côte  » est mon premier Joseph Conrad.

Cela faisait pourtant longtemps que j’avais envie de m’initier à cet immense auteur et le choix de ce roman relève du hasard le plus fortuit.

L’histoire se déroule à Toulon pendant une période troublée et sanglante s’étalant de la Convention au Premier empire de Bonaparte aux alentours de 1800 donc.

Durant cette période les Anglais demeurent extremment menaçants dans le domaine maritime et exercent toujours une pression importante sur le port militaire de Toulon.

Le héros du roman est un vieux marin du nom de Michel Peyrol, ex flibustier, écumeur des mers appartenant à la fraternité des Fréres-de-la-Cote,  rallié à la Marine française au fil des évènements ayant amenés la France à la République puis au Premier Empire.

Peyrol après une vie d’aventure en mer se sent usé, fatigué.

Il revient dans sa région natale pour y mener une petite vie tranquille de terrien à l’aide d’un trésor qu’il a amassé au cours de ses anciennes rapines.

Peyrol s’établit dans une ferme ou ses logeurs s’avèrent quelque peu excentriques, Catherine une vielle fille aigrie, Arlette une jeune fille séduisante mais troublée par le massacre de ses parents et Scevola un ancien « sans culotte »  fanatique ayant participé aux massacres des habitants ayant pactisé avec les Anglais lors du blocus du port en 1793.

Mais la quiétude de Peyrol est troublée par l’arrivée subite à la ferme d’un jeune officier de la Marine française répondant au nom de Real.

Avec le temps, Peyrol apprend que cet officier est en service commandé et chargé d’une mission à hauts risques consistant à divulguer des lettres contenant de fausses informations aux Anglais patrouillant dans le secteur.

Tout oppose Real jeune homme austère, rigide, torturé, patriote à l’excès et Peyrol vieux marin méfiant, cynique et lassé de grandes entreprises, pourtant les circonstances les amèneront à collaborer pour réaliser la mission de l’officier.

« Le Frère de la Côte » n’est pas uniquement roman d’aventure mais un roman qui analyse en profondeur la psychologie des personnages et qui recèle de nombreuses surprises.

Le dénouement final est terriblement émouvant avec le vieux marin qui reprend du courage et se sacrifie pour une dernière aventure permettant au jeune officier de vivre son amour avec la jeune paysanne.

Je l’ai appris plus tard, ce livre est le dernier achevé par Conrad.

Il y a donc beaucoup de lui dans le personnage vieillissant de Peyrol.

Pas de mélancolie trop prononcée mais une lassitude, l’envie d’un retour aux racines terrestres et natales mais en même temps la noblesse des sentiments, la générosité, le sacrifice pour une cause et l’appel de la mer, de l’aventure demeurant toujours vivace malgré le poids des années.

Ce roman est donc touchant, en revanche je pense qu’il n’est pas bon de commencer l’œuvre d’un auteur par son dernier livre, en effet avec Conrad je m’attendais à trouver plus de dynamisme, d’exotisme dans ses pages et ai été quelque peu déçu de ne pas trouver cela, la totalité de l’intrigue consistant à une attente dans la campagne toulonnaise.

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4 octobre 2008 6 04 /10 /octobre /2008 22:48


Les déplacements professionnels peuvent être à mon sens formidables lorsque vous voyagez avec un livre qui vous captive.
Cela a été mon cas récemment avec "Le club du suicide".

Voyager avec Stevenson est un peu pour moi comme prendre des leçons de natation avec Michael Phelps tant cet écrivain me subjugue. 

Le grand public le connaît surtout par ses romans d’aventure dont l’impérissable chef d’œuvre «  Ile au Trésor » (non ce n’est pas un livre tiré du téléfilm ou on voit Gérard Jugnot en « effrayant » pirate ) mais le génie de cet écrivain est en réalité universel et capable de s’exprimer dans plusieurs genres.

« Le club du suicide » appartient donc à la veine « non exotique » de Stevenson.

Il n’en est pas moins passionnant, s’inscrivant dans une thématique plus sombre flirtant avec l’étrange.

D’entrée le titre m’a accroché et ce malgré une couverture il faut bien le dire franchement minable en regard de la qualité de l’ouvrage

(A cela Folio pourrait répondre que les 2 euros que j’ai payés pour ce livre de poche justifient la platitude de la présentation. )

A mes yeux toute la force du roman repose sur l’idée de départ.

A Londres au XIX ieme siècle existe une société secrète, un club privé réunissant chaque soir des membres las de l’existence dont le but est de mourir mais qui n’ont pas assez de courage pour mettre leur projet à exécution.

Le président de ce club du suicide est le seul à ne pas mettre sa vie en jeu.

Il demande 40 livres d’adhésion et exploite en quelque sorte le détresse humaine de gens soit criblés de dettes, soit malades, soit déshonorés ou en passe de l’être soit sous le coup d’un désespoir amoureux

Le principe est simple, un jeu de cartes, celui qui tire l’as de pique mourra le soir même, celui qui tire l’as de trèfle sera l’exécuteur.

Les personnages principaux sont le Prince de Bohème et son fidèle écuyer le colonel Géraldine.

Le Prince est un aristocrate excentrique en permanence en recherche d’aventures extraordinaires.

Ces personnages hors nomes, assez décalés et peu réalistes sont pour moi de complets aventuriers, à l’instar des Phileas Fogg et Passe Partout voir des Sherlock Holmes et Watson pour le coté plus british.

Leur quête les méne à entrer en contact avec ce club et à y pénétrer en se faisant passer pour des candidats au suicide.

Le Prince et son écuyer découvrent donc les terrifiantes pratiques de ces jeux morbides.

Désigné pour mourir le deuxième soir, le Prince est sauvé par ses serviteurs et décide d’arrêter les agissements de ce club.

Il rembourse les dettes des malheureux et décide en parfait gentilhomme que le président doit mourir en duel honorable, tué par le jeune frère de Géraldine.

Il reporte ce duel le temps de trouver le frère et laisse partir le président en disposant deux espions pour surveiller ces faits et gestes.

Mais les président est habile, retors et échappe à ses gardiens.

La deuxième partie du roman, se présente en apparence complètement dé corrélée de la première avec l’apparition de Saratoga, jeune américain vivant à Paris victime d’un inquiétant coup monté visant à le faire accuser d’un crime qu’il n’a pas commis en déposant le corps d’un homme dans sa chambre.

Puis les fils se relient entre eux, on découvre que le corps en question est celui du frère de Géraldine, qu’il a été exécuté par le président du club du Suicide pour échapper au duel.

Victime innocente, bouc émissaire promis au sacrifice, Saratoga sera soutenu par le Prince qui lui permettra de ce débarrasser du corps en le transportant dans une malle jusqu’en Angleterre.

Dernière partie de ce livre à l’intrigue surprenante, l’affrontement final entre le prince et le président du club constitue peut être la partie la moins intéressante du roman.

Roman sans doute mineur  de Stevenson, « Le club du suicide » constitue néanmoins un délicieux divertissement reposant sur les surprises que nous distille savamment l’écrivain dans une atmosphère d’aventure et de mystère.

On pourra certes objecter quelques invraisemblances dans les liaisons des parties constitutives entre elles mais celles ci sont pour moi balayées par la richesse, la beauté de la langue et par la force émotionnelle de la première partie relatant le processus de ce jeu de la mort.

Stevenson dans un registre ou il m’était peu connu, parvient à me surprendre et à me séduire encore une fois.

La marque d’un immense écrivain parfaitement maître de son art.

 

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