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25 mai 2014 7 25 /05 /mai /2014 23:00
Rome, saison un, épisodes un à trois (John Milius, Bruno Heller, William Mc Donald)

Une fois n’est pas coutume, une série télévisée est ici à l’honneur avec « Rome, saison 1, épisodes 1 à 3 ».

Cette série historique Co-crée par le cinéaste légendaire John Milius, Bruno Heller et William Mc Donald s’établit en 2005-2007 et reconnu un joli succès avant de connaitre un arrêt soudain en raison de difficultés budgétaires.

Les premiers épisodes nous propulsent en -52 av JC ou Jules César (Ciaran Hinds) vient de triompher du chef Gaulois Vercingétorix qui se soumet après la bataille d’Alésia, comme tout la Gaulle et place César, alors proconsul, en position d’homme fort.

Face à lui, Pompée (Kenneth Cranham) second consul régentant Rome, s’inquiète des victoires successives de celui qu’il estime être un dangereux rival devenant par les multiples cadeaux qu’il envoie au peuple, de plus en plus populaire.

La mort en couches de Julia, la fille de César accordée à Pompée pour sceller leur alliance, allume la mèche d’un conflit qui semble à terme inévitable, tant l’ambition de César parait insatiable.

Proche du Sénat et des cercles du pouvoir, Pompée manœuvre auprès des Patriciens et du redoutable orateur Caton (Karl Johnson) tous hostiles à César.

Brutus (Tobias Menzies) le fils adoptif de César, joue lui un rôle des plus ambigüe et se montre tout aussi proche de Pompée que de son père de substitution.

De son coté, César peut compter sur l’habileté de sa nièce la sexy Atia (Polly Walker), qui lui envoie son fils Octave (Max Pirkis) lui apporter un magnifique cheval blanc destiné à Pompée mais malgré son escorte, le jeune homme est fait prisonnier par des brigands gaulois au cours du trajet.

Prodigieusement irrité par le détournement de son cadeau, Pompée décide en représailles de faire dérober l’aigle impérial de César en Gaulle afin de provoquer un présage néfaste des Dieux concernant son aptitude à réussir son entreprise de conquête du pouvoir.

Quand César découvre le vol, il demande à son général Marc Antoine (James Purefoy) de monter une équipe pour retrouver le fameux aigle dérobé par des guerriers gaulois manipulés par les hommes de Pompée.

Le rustaud Marc Antoine ordonne alors au centurion Lucius Vorenus (Kevin Mc Kidd) de prendre avec lui un légionnaire buveur condamné pour indiscipline au combat, Titus Pullo (Ray Stevenson).

Le très discipliné et martial Vorenus doit donc faire équipe à contre cœur avec la brute à grande gueule mais contre toute attente, le duo tombe sur les gaulois ravisseurs d’Octave, les tuent et trouvent par hasard le fameux aigle ainsi qu’un serviteur de Pompée ce qui l’incrimine directement.

Couverts de gloire, les deux hommes gagnent le droit de rentrer chez eux tandis que César, conscient de la menace de destitution du Sénat, prépare soigneusement ses troupes fatiguées et démoralisées à entrer en armes pour prendre Rome par la force.
Dans la capitale romaine, la sulfureuse Atia utilise à merveille les attraits féminins pour proposer à Pompée sa fille Octavia (Kerry Condon) comme nouvelle femme de Pompée.

Homme d’âge mur, le proconsul honore la jeune femme mais lui préfère néanmoins pour des raisons politiques évidentes la plus âgée et réservée Cornelia Metella.

Ce refus arrange du reste fort bien la jeune rebelle Octavia qui peut ainsi retrouver son mari Gaius Marcellus Minor dont elle est folle amoureuse.

Arrivés à Rome, Vorenus et Pullo sont invités à manger par Atia en remerciement du sauvetage de son fils mais se disputent lorsqu’ils parlent politique, Vorenus restant par principe fidèle aux lois du Sénat et Pullo soutenant aveuglément César comme seul homme providentiel, puis finissent par se séparer pour retrouver chacun leurs centres d’intérêts respectifs.

Tandis que Pullo se rend dans les lupanars de Rome ou il se bat suite à un différent aux jeux et est grièvement à la tête, Vorenus retrouve lui sa famille et découvre avec stupeur que sa femme Niobé (Indira Varma) le croyait au bout de huit ans mort et que sa jeune fille Vorena (Coral Amiga) âgée de treize ans a eu un enfant avec le fils d’un bouvier.

Le retour de Vorenus à la maison est difficile, le centurion se montrant brutal et austère, tandis que Niobé lui tient tête, parfois effrontément.

En réalité, Vorenus ignore que l’enfant est en réalité celui de Niobé qui a eu un amant pendant qu’il guerroyait en Gaule aux cotés de César.

Le quotidien difficile du couple est changé lorsque Pullo grièvement blessé à la tête se réfugie chez Vorenus, qui paie un médecin pour le soigner.

Peu à peu, le généreux et vivant Pullo parvient à gagner la sympathie de Niobé et même de Vorenus …

Lorsque Marc Antoine nommé tribun à Rome est empêché au Sénat par un vis de forme d’exercer son droit de véto à un ultimatum lancé par la République contre César, les deux hommes sont enrôlés pour sa protection mais participent à une sévère bagarre de rue se soldant par de nombreux morts du coté des hommes de Pompée.

C’est donc en catastrophe que Marc Antoine, Vorenus et Pullo rejoignent le camps de César qui passe alors à l’offensive, passant le fameux fleuve Rubicon pour entrer en Italie.

Contre toute attente, Pompée qui estime ses légions insuffisamment formées pour tenir tête aux vétérans de la 13 ième légion de César, opère un repli stratégique laissant César s’avancer rapidement pour prendre possession de Rome.

Brutus et Caton suivent logiquement Pompée tandis que Atia sent le vent tourner, évite de peu le lynchage par les partisans de Pompée et reste fidèle à son oncle qui s’apprête à rentrer victorieux dans Rome.

Vorenus doit surmonter sa répugnance à violer les lois de la République et servir aux coté de Pullo dans les troupes de César face à celles en repli de Pompée.

Les deux hommes se rapprochent et Pullo dispense des conseils à Vorenus, pour régler ses problèmes de couple tandis que le légionnaire forte tête, sauve une jeune esclave Eirene (Chiara Mastalli), détenue prisonnière des hommes de Pompée.

On devine que la guerre entre Pompée et César ne fait que commencer …

En conclusion, « Rome, saison 1, épisodes 1 à 3 » est une œuvre intelligente et bien construite permettant au spectateur de s’immerger dans le monde complexe, fascinant, cruel et violent des intrigues du pouvoir romain.

Outre les luttes d’influences entre un dictateur usant de la force et une République menacée mais soutenue par un autre certes vieillissant mais toujours fort, le choix d’exposer le destin d’hommes plus modestes comme un centurion à la morale austère mal dans sa peau à son retour de guerre et un légionnaire indiscipliné, buveur, coureur et querelleur permet de donner un caractère plus humain au récit.

La reconstitution dans les paysages de la familière Europe (Italie) est de qualité, la violence et le sexe n’étant que au final plutôt relatives comparées aux excès de démence des principaux empereurs romains.

C’est d’ailleurs peut être le principal reproche qu’on pourrait faire à la série, une certaine sagesse alors qu’on pourrait s’attendre à une plus grande démesure.

A ce stade, les ingrédients semblent se mettre en place …

Rome, saison un, épisodes un à trois (John Milius, Bruno Heller, William Mc Donald)
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25 mai 2014 7 25 /05 /mai /2014 09:50
Au Bonheur des Dames (Emile Zola)

Lire du Emile Zola constituant un grand bonheur, je me suis attelé cette semaine « Au bonheur des dames » paru en 1883.

Suite logique de la série des Rougon-Macquart, « Au bonheur des dames » est un roman contant à la fin du XIX ième siècle dans un Paris en pleine mutation en raison des travaux dirigé par le baron Hausmann, l’ascension des grands magasins au détriment des petits commerces de quartier.

Certains de ces grands magasins sont encore connus aujourd’hui : les galeries Lafayette, le Bon marché, le Printemps ou un peu plus loin de nous la Samaritaine, véritables temples de la grande distribution.

Le personnage principal est ici Denis Baudu, jeune provinciale venue de Valognes (Normandie) avec ces deux frères, Jean jeune homme volage et inconséquent et Pépé, alors petit garçon.

Dans une situation précaire depuis la mort de son père, Denis est venue à Paris chez son oncle Baudu propriétaire d’un magasin appelé le Viel Elbeuf.

Mais l’accueil réservé par le vieil homme n’est pas à la hauteur des espérances de Denise et si il trouve un hébergement pour les deux frères, il n’est compte tenu de la mauvaise situation de ses affaires pas capable de fournir une place de vendeuse à Denise.

Ayant un besoin aigu de travailler pour subvenir aux besoins de la famille, Denise tente alors de se faire embaucher au Bonheur des dames, grand magasin du centre de Paris (Place Gaillon) tenu par le provençal Octave Mouret dont la réussite fulgurante fait plus qu’inquiéter les commerces plus modestes aux alentours.

Malgré sa timidité et son manque d’expérience, Denise parvient à se faire embaucher comme vendeuse et découvre alors de l’intérieur la redoutable machinerie du magasin.

La réussite de Mouret s’explique par une politique commerciale extrêmement agressive, avec une variété quasiment infinie d’articles et des prix volontairement bas afin d’attirer la clientèle et de la pousser à acheter beaucoup et souvent.

Utilisant la publicité au moyen de voitures sillonnant la ville, Mouret se montre redoutable psychologue dont le but est de générer une certaine addiction chez les femmes en flattant leur propension à la coquetterie et si besoin à utiliser la faiblesse de leur fibre maternelle en proposant également de nombreux articles pour enfants.

Ambitieux, l’homme est également introduit dans les cercles bourgeois par sa maitresse Henriette Desforges, plus âgée et folle amoureuse de lui, qui lui permet d’approcher le fameux baron Hartmann responsable des grands travaux de rénovation de Paris dans le but d’agrandir toujours plus son établissement.

Cette volonté d’expansion est la source principale des affrontements avec les autres commerces plus traditionnels de quartier comme ceux des Baudu ou Bourras, vieux fabricant de cannes à la boutique mitoyenne au Bonheur des dames, qui a fait vœux de lutter jusqu’à la mort pour ne pas céder son commerce.
Denise découvre un monde très concurrentiel et hiérarchisé, une pyramide de vendeuses ou l’ancienneté prime et ou il est difficile de faire sa place lorsqu’on est chétive, timide et provinciale.

Prise en grippe par les autres vendeuses, Denise devient le souffre douleur du magasin qui lui soufflent les bonnes clientes et doit de surcroit vivre dans un grand dénuement dans une petite chambre de bonne sans chauffage.

Surmontant sa douleur et son humiliation, Denise tient bon notamment grâce à Pauline Cugnot, une autre vendeuse qui la soutient moralement.

Si la concurrence est présente chez les vendeuses du Bonheur, elle l’est également chez les vendeurs, avec de véritables luttes de pouvoir pour les meilleurs places aboutissant parfois à la disgrâce et au licenciement de cadres comme le chef de rayon Robineau, miné par un complot de l’intérieur fomenté par deux vendeurs arrivistes Hutin et Favier.

La sexualité est également présente au Bonheur, les cadres piochant allégrement dans le vivier des vendeuses pour assouvir leurs envies sexuelles.

Il est également courant que les vendeuses vivant sans cesse dans la peur du licenciement aient des amants qu’elles voient le weekend end afin d’améliorer leur train de vie.

Malgré les sollicitations de Pauline, la pure et naïve Denise tient bon, résiste à la tentation et repousse les avances de prétendants comme Deloche, vendeur embauché en même temps qu’elle.

Se sentant troublé par Mouret, Denise se trouve néanmoins écartelée entre la lutte commerciale entre Baudu et Mouret autour de la baisse continuelle des prix.

Cependant le courage voir l’entêtement de Baudu ainsi que ses quelques alliés dans le métier ne suffisent pas pour tenir la distance avec un magasin aussi grand et puissant que le Bonheur des dames et peu à peu le vieil homme s’épuise, s’endette, mettant dangereusement en péril son propre commerce.

Impossible en effet de lutter face à un génie commercial comme Mouret dont les méthodes en avance sur son temps dévastent le petit commerce et dont les appuis politico-financiers permettent de dévorer peu à peu le territoire autour de lui.

Cette lutte laisse des traces, les hommes s’usant la santé dans ces querelles d’affaires.

La mort de Geneviève Baudu amoureuse d’un homme qui ne l’aimait pas puis de sa mère, finit de faire péricliter l’affaire de la famille Baudu, déjà par ailleurs contrainte de vendre sa belle propriété de Rambouillet à une famille de vendeurs … du Bonheur des dames et même le vieux Bourras finit par voir sa maison détruite après avoir obstinément refusé de la vendre à prix d’or à Mouret.

Parmi les concurrents de Mouret, Robineau mort la poussière, se trouve ruiné et tente de suicider en se jetant sous un fiacre, tandis que Bouthemont plus avisé parvient à établir durablement ses Quatre Saisons malgré quelques coups durs comme l’incendie de son magasin.

Denise qui a connu la disgrâce du licenciement pour avoir refusé les avances du pervers Jouve le responsable de la sécurité, survivant un temps chez Bourras, est finalement reprise par Mouret, secrètement amoureux d’elle.

Malgré son attachement amical et familial aux gens du petit commerce, elle adhère aux valeurs de progrès véhiculés par le Bonheur des dames, capable de diffuser des produits de masse à bas cout à la population.

Sans le savoir, Denise va en se refusant sexuellement à Mouret qu’elle aime aussi au fond d’elle-même, prendre peu à peu l’ascendant sur son patron, devenu fou d’amour pour elle.

Mouret va favoriser son ascension, ce qui va lui permettre d’exercer sa finesse de jugement, son sens aigu du commerce et de mettre en place des mesures permettant d’améliorer les conditions de vie des employés.

Denise va même déboulonner Madame Desforges, vieille maitresse ivre de jalousie après un face à face terrible ou cette dernière cherchera à l’humilier et à la faire chasser par Mouret.

Elle gagnera peu à peu le respect des autres cadres, comme Madame Aurélie, austère première vendeuse et Boudoncle le bras droit de Mouret, qui malgré sa forte animosité finira par se ranger à la supériorité de la favorite du patron.

Après de multiples rebondissements dans cet amour inassouvi, Denise finira par céder à Mouret et à accepter de l’épouser, ce qui conduira à une sorte d’happy end.

En conclusion, « Au bonheur des dames » n’est curieusement pas le roman de Zola que j’ai préféré et constitue même une relative déception.

Bien entendu, le style de Zola est toujours présent et celui-ci s’exprime dans des descriptions pléthoriques des étalages des grands magasins afin de démontrer leur puissance souveraine mais finit par lasser par une certaine répétitivité.

On appréciera l’analyse fine des rouages du commerce de masse, de l’extrême précarité de la vie des vendeurs mais aussi de la violence de la concurrence externe avec comme armes la baisse des prix et le marketing (avant l’heure !) qui préfigurent ce qu’est devenu aujourd’hui la grande distribution actuelle, étranglant impitoyablement ce qu’on appelle le petit commerce spécialisé, de meilleur qualité mais aussi plus cher et avec moins d’éventail de choix.

J’ai moins apprécié la partie la plus fleur bleue du roman avec cette histoire d’amour assez improbable entre la jeune, fine, pure provinciale et l’homme d’affaires parvenu, trouvant qu’elle trainait trop en longueur et en sentimentalisme exacerbé.

Donc bien sur, « Au bonheur des dames » est un livre intéressant et bien écrit, mais n’est pas à mettre au même niveau que les plus grands chefs d’œuvres de Zola.

Au Bonheur des Dames (Emile Zola)
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24 mai 2014 6 24 /05 /mai /2014 09:34
Dépression et des potes (Arnaud Lemort)

On change radicalement de registre avec une comédie française légère, « Dépression et des potes » de Arnaud Lemort.

Sorti en 2012, « Dépression et des potes » raconte la vie de Franck (Fred Testot), jeune parisien travaillant dans le monde du doublage de dessins animés, qui se trouve soudain atteint de dépression.

Mal dans sa peau, le jeune homme gâche un séjour à l’Ile Maurice avec Talia (Gyselle Soares) une jolie danseuse brésilienne qui le quitte dans la foulée.

La maladie le frappe alors de plein fouet avec un dégout de tout et une envie de rien.

Heureusement, Franck a pour l’aider ses trois meilleurs amis, Benoit (Arié Elmaleh) qui vient d’avoir son deuxième enfant, William (Jonathan Lambert) avocat fiscaliste et Romain (Ary Abitan), grand blagueur.

Alors que Benoit et Romain tente de minimiser ou de se défiler, William se montre le plus touché par la maladie de Franck et entreprend de l’aider en l’accompagnant à son appartement.

La cohabitation est en réalité des plus difficile car William se débat également dans une relation compliquée avec Isabelle (Charlie Bruneau) d’une jalousie maladive et qui le laisse plus que frustré sexuellement.

Un moment inquiété par la présence d’une arme à feu heureusement factice, William finit par dormir sur place et est réveillé par le retour de Talia venue chercher ses affaires.

Au travail, Franck s’enfonce dans un comportement agressif et cynique, évinçant les comédiens se présentant aux essais et se montrant insupportable avec son collègue Serge (Joseph Malerba).

Pourtant du coté de ses autres amies les choses ne sont guère plus brillantes, Benoit étant en réalité malheureux car un musicien frustré ayant renoncé à sa carrière pour sa vie de famille et venant de se faire virer de son job dans la publicité.

Quand à Romain, il vit une histoire complètement folle avec Laura (Laurence Arné) une belle aveugle qui provoque une crise cardiaque à son père (Eric Godon) au cours d’une partie de ping pong pendant le shabbat.

Perdu, Franck tente de se prendre en main, mais ni l’acuponcture, ni les tatouages, ni le yoga, ni la samba, ni les cours de portugais pour débutant ne parviennent à lui faire oublier sa chère Talia.

Après une soirée arrosée le quatuor se retrouve au poste de police mais cette expérience leur permet de prendre conscience de leur maladie commune : la dépression, ce qui ne fait qu’accroitre leur solidarité.

Chacun tente alors de se prendre en main avec plus ou moins de bonheur et (beaucoup de rires pour le spectateur).

Benoit rencontre Marc (Emmanuel Reichenbach) un chanteur québécois dans un bar gay ou il traine ses amis et décide de s’associer à lui pour se (re)lancer dans la musique tandis que Romain rencontre Ruth (Ginnie Watson) une imprésario américaine qui croit en son talent de scénariste/écrivain et lui propose après une folle nuit d’amour de partir avec elle tenter sa chance aux Etats-Unis.

La rupture avec Laura est inévitable et les présentations avec les amis puis les parents plutôt expéditives tant la décision de Romain parait inébranlable.

Peu à peu, la farouche Talia assouplit sa position et finit devant l’insistance de Franck et ses excuses sincères par accepter de le revoir.

Après une folle course poursuite avec des travestis et des policiers au Bois de Boulogne, les amis finissent par se retrouver à l’aéroport de Roissy ou William et Isabelle attendent un petit brésilien pour une adoption émouvante, Franck renonce à partir, retrouve Laura mais expédie ses parents à New-York pour vivre leur rêve d’intégration à la communauté juive et Benoit décide enfin de partir tenter sa chance comme musicien aux cotés de Marc tout en emmenant avec lui sa famille étrangement conciliante.

Franck en apparence guéri par le soutien de ses amis et la présence de à ses cotés de la belle Talia, est présent pour la photo de groupe finale …

En conclusion, « Dépression et des potes » est un joli petit film français servi surtout par des acteurs comiques de haut niveau.

Fred Testot, le second couteau d’Omar Sy, se montre particulièrement convaincant dans un rôle tout en retenue et en intériorité ou il dévoile une part de fragilité, de doute et de mal être que la majorité des gens se refuse à voir.

A ses cotés, tout le monde joue juste avec une galerie séduisante de trentenaires paumés mal à leur aise dans leurs aspirations artistiques frustrées : musique ou écriture avec la petite touche israélite en plus pour Ary « Monsieur too much » Abitan.

Les clichés certes abondent, notamment sur les Brésiliennes (jolies filles, danse, travestis) mais toujours dans un esprit de bonne humeur.

Lemort réussit donc son pari, aborder avec tact et légèreté un sujet apparemment délicat et éprouvant : la dépression nerveuse en proposant de vrais axes de réflexion autour de l’amitié comme socle de résistance face à l’isolement de l’individu dans la société moderne.

« Dépression et des potes » est donc à chaudement recommander … pour remonter le moral !

Dépression et des potes (Arnaud Lemort)
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24 mai 2014 6 24 /05 /mai /2014 08:24
Kiss of death (Motorhead)

Nous restons dans le domaine des dinosaures du hard rock avec « Kiss of death » de Motorhead.

Sorti en 2006, « Kiss of death » continue d’entretenir la flamme du trio anglais le plus féroce qui soit, capable à 60 ans de produire un album tous les deux ans.

Avec sa pochette bio-organique agressive à la H.R. Giger, « Kiss of death » commence par « Sucker » titre rapide, nerveux aux refrains efficaces.

On rétrograde de vitesse et de punch sur « One night stand » avec un Lemmy Kilmister comme souvent plus à la peine sur ses parties de chant.

Ce brave Lemmy s’échine sur le mid tempo sympathique mais sans éclat « Devil I know » semblable à des centaines de morceaux déjà composé par la tête de moteur qui se fait franchement laborieuse sur le mollasson « Trigger ».

Les roues patinent et s’embourbent sur « Under the gun » aussi faible que les autres et il faut attendre la power belle ballade semi acoustique « God was never on your side » pour trouver un Motorhead plus touchant.

Le son de la guitare de Phil Campbell s’épaissit sur « Living in the past » mais ceci ne suffit pas à dynamiser ce titre trop convenu.

Petit feeling rock ‘n’ roll bien insuffisant et chant catastrophique sur « Christine » avant une timide tentative de montée en régime sur « Sword of glory » enchainé du lourd « Be my baby ».

Le trio finit par conclure ce long album pénible par « Kingdom of the worm » lent, plat, monolithique et « Going down » enfin plus animé.

En conclusion, sous produit et faiblement interprété, « Kiss of death » donne la même impression que son successeur « Motorizer », celle d’un groupe fatigué tentant un peu vainement de souffler sur les braises à demi éteintes de sa flamme d’antan.

Semblant souffrir dans sa mécanique usée, Motorhead délivre une performance atone, sans souffle et inspiration, ce qui logiquement amène la question de la retraite bien légitime après toutes ces années.

Je ne peux donc que recommander de passer sa route sur cet album sans consistance et dénué de tout intérêt.

Kiss of death (Motorhead)
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23 mai 2014 5 23 /05 /mai /2014 20:27
Lex hives (The hives)

En 2012, The hives sortent leur sixième album « Lex hives ».

La performance est l’air de rien remarquable et le groupe de garage rock peut se targuer d’une belle longévité s’étalant sur 13 ans, avec une stabilité qui ferait envie à bon nombres de formations autrement plus célèbres.

Toujours smarts sur les pochettes, les Suédois reprennent leurs habitudes de morceaux introductifs coups de poing comme le simple, court et punchy « Come on » idéal pour ouvrir un concert en chauffant à blanc une foule.

La suite ne déçoit pas et « Go right ahead » et ses refrains ultra convaincants contient toutes les caractéristiques du tube garage rock.

Vivacité et puissance animent « 1000 answers » dans la parfaite veine des titres si efficaces du groupe mais ceci n’est rien face à l’audace créatrice de « I want more » qui mélange refrains à la Ac/Dc-Joan Jett et grandes envolées vikings.

Encore sonné par ce coup qu’il n’avait pas vu venir, l’auditeur se laisse mener par la rengaine de « Wait a minute » et secouer par la rage maitrisée de « Patrolling days ».

The hives frappent toujours fort et juste sur «Take the back the toys » puis calment le jeu sur « Without the money » atroce erzatz de ballade.

Impossible de stopper « These spectacles reveal the nostalgics » expédié telle une fusée dans la stratosphère à l’aide d’un mur de guitare édifié par Niklas Almqvist.

La fin de l’album se profile alors avec « My time is coming » punk braillard après des débuts en douceur, « If I had a cent » ultra cadencé avant l’ultime « Midnight shifter » aux excellentes influences rock ‘n’ roll old school.

En conclusion, « Lex hives » un très bon album de garage/punk rock pur et dur, impressionnant par sa puissance et son efficacité.

The hives semble se bonifier avec l’âge, maitrisant toujours davantage son rock nerveux et basique aussi « Lex hives » tourne à la démonstration en proposant une musique certes bien balisée mais fraiche, dynamisante et parfaitement réjouissante ce qui demeure à ce point parfaitement estimable !

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23 mai 2014 5 23 /05 /mai /2014 19:03
The black and white album (The hives)

Nous sommes à présent en 2007 et les hives continuent bravement leur petit bonhomme de chemin en sortant « The black and white album » avec un titre référence aux Beatles/Metallica et un nouveau trait d’humour dont ils sont si coutumiers.

Avec sa pochette terne et peu attractive, « The black and white album » débute par une petite bombe « Tick tick boom » avec refrains ultra accrocheurs.

The hives annoncent la couleur, il est ici question de rock garage, de rythme soutenu et de riffs électrifiant comme « Try it again » et ses chœurs féminins en soutien qui n’échappent pas à cette sacro sainte règle.

Difficile de ne pas être impressionné par la force tourbillonnante de « You got it all wrong » tandis que les quelques délires de piano et de crooner de « Well all right » apportent des ingrédients imprévus non déplaisants à l’oreille.

L’auditeur continue d’être surpris par les sonorités de « Hey little world » et découvre ensuite un petit instrumental sans guitare « A stroll through hive manor corridors ».

Cette petite touche électronique d’accompagnement continue de faire mouche sur « Won’t be along » parfait hymne à la jeunesse dansante du monde entier et c’est avec stupeur qu’on découvre une influence funk massive sur « T.H.E.H.I.V.E.S » carrément dépareillé par rapport au style habituel du groupe.

On trouvera le groupe un peu trop facile sur les gros refrains lourdingues de « Return the favour » et complètement allumé sur « Giddy up ! » qu’on laisse s’envoler seul dans l’espace.

The hives se font plus traditionnels sur « Square one here I come » au rythme ravageur, « You dress up for Armageddon » qui sonne comme du Green day avant de ressortir la boite à surprise sur « Puppet on a string » ou Almqvist croone de manière particulièrement agaçante.

On termine tout de même déboussolé sur « Bigger hole to fill » rock musclé aux refrains efficaces.

En conclusion, « The black and white album » montre non sans plaisir l’évolution de The Hives qui font ici preuve d’innovation en sophistiquant leur musique pour explorer de nouveaux territoires.

L’aventure ne se fait pas sans surprise ni sans casse par instant, tant les Suédois poussent parfois le bouchon un peu loin en donnant à court à leur folie créatrice.

Tout en restant foncièrement garage rock dans sa première partie particulièrement réussie et dévastatrice, « The black and white album » prend plus de risques dans sa seconde, beaucoup plus expérimentales et pour moi décousue.

Tout en saluant la courageuse initiative de The hives de ne pas stagner, on ne pourra que rester plus circonspect sur le résultat de cet album intéressant, novateur mais aussi parfois raté.

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23 mai 2014 5 23 /05 /mai /2014 18:14
Veni, vidi, vicious (The hives)

Nous poursuivons dans la veine du garage-rock avec les sympathiques Suédois de The hives.

En 1999 sort leur second album, « Veni, vidi, vicious » introduisant leur tendance au jeu de mots et à l’autodérision.

On introduit les débats avec « The hives-déclare guerre nucléaire » hymne braillard symbolisant la déclaration de guerre sonore des Suédois au monde et c’est réellement sur « Die, all right ! » que leur fraicheur et leur énergie dévastatrice se fait réellement sentir.

Tempo rapide imprimé par Mattias Bernvall, riffs percutants de Niklas Almqvist et chant éraillé de son frère Per composent en effet la base de la musique de The hives.

Certes, « A get together to tear it appart » n’est pas particulièrement technique ou novateur mais déferle avec vitesse et enthousiasme, lançant le mini hymne punk « Main offender » et son rythme entrainant.

On remarque encore le punch et la dextérité de Bernvall sur « Outsmarted » qui fonce dans le tas sans se poser de question et s’ébaudit sur les qualités accrocheuses de l‘excellent « Hate to say I told you » véritable perle de rock plus posé et mélodique.

Nouvelle poilade alliant tonicité et efficacité, « The hives-introduce the metric system in time » avant le ralentissement bien compréhensible de « Find another girl ».

Les hives demeurent cependant plus à l’aise dans le registre garage punk comme le prouve la triplette « Statecontrol » « Inspection Wise 1999 » « Knock knock » qui permet d’arriver sur le final « Supply and demand » plus cadré et original.

En conclusion, avec ce second album « Veni, vidi, vicious », The hives augmente encore une fois son audience et confirme la belle qualité de cette nouvelle scène suédoise adepte d’un renouveau du garage rock avec un état d’esprit vivifiant.

Attention, « Veni, vidi, vicious » est très limité musicalement et officie sur une bande étroite avec un peu de variations mais en cette fin de millénaire, saluons la belle démarche de ce jeune groupe suédois qui perpétue avec envie et talent une certaine tradition du rock fun et instinctif.

Veni, vidi, vicious (The hives)
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20 mai 2014 2 20 /05 /mai /2014 21:30
Alive II (Kiss)

Le moins que l’on puisse dire c’est que Kiss a très tôt compris que en bonne bête de scène il se devait de rentabiliser ses performances live en sortant dès 1977, « Alive II » sorti seulement deux ans après le premier live.

Issu comme on pourrait s’en douter d’une méga tournée américaine mais également japonaise, ce double album débute par l’incontournable « Detroit rock city », fantastique tube prenant encore une dimension supérieure interprété devant une foule chauffée à blanc.

Sur cette belle lancée, on enquille « King of the night time world » et « Ladies room » titres à la base quelconque transcendés par le live et c’est un Kiss déchainé qui pousse le bouchon encore plus loin sur le très ouvertement sexuel « Makin love ».

Devant un public porté à incandescence, on change alors de braquet et enclenche alors la machine à tubes de « Love gun », « Calling Dr Love » et leurs grands chœurs entrainants.

Les performers restent chauds comme la b(r)aise avec le sexy « Christine sixteen » et il faut attendre « Shock me » pour enfin redescendre sur un morceau plus anecdotique.

Une magnifique ballade, « Hard luck woman » plus loin et on arrive sur le dernier titre « Tommorrow and tonight » qui conclut gentiment cette première galette d’exception.

C’est donc le cœur d’envie qu’on se rue sur la seconde, qui débute en fanfare par « I stole your love » à la mécanique parfaitement huilée.

Les briquets sont de sortie sur la ballade « Beth » tout en douceur et en finesse, ce qui contraste avec la violence ténébreuse du mythique « God of thunder ».

Kiss se montre toujours terriblement efficace sur « I want you » et ses refrains ultra convaincants enchainés du très festif « Shout it loud ».

On reste solide à défaut d’être très subtil sur « All american man » et le bien nommé « Rockin in the USA ».

Avouons le, le mollasson « Larger than life » fait grandement chuter l’intensité et malgré les efforts du groovy « Rocket ride » et du festif « Anyway you want it » la fin de l’album s’avère beaucoup plus faible.

En conclusion, contrairement à son prédécesseur « Alive II » fait forte impression et s’inscrit dans la lignée des albums live les plus enthousiasmants qui soient.

Si on excepte l’inexplicable baisse de régime dans la dernière partie du second disque, on pourrait penser tenir un double best of de Kiss avec des titres hard rock simples mais diablement efficaces car sublimés par une ambiance survoltée.

Valeur sure des grands albums scéniques, « Alive II » est un excellent disque montrant un groupe jeune, dynamique, aiguisé et performant à l’aube de sa carrière …

Alive II (Kiss)
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19 mai 2014 1 19 /05 /mai /2014 21:53
Electra glide in blue (James William Guercio)

Sorti en 1973, « Electra glide in blue » est l’unique film de James William Guercio plus connu habituellement pour ses talents de compositeur-producteur de musique de rock.

Ce film d’auteur atypique nous plonge dans l’univers des highway patrols, composées de motards solitaires ou en duo arpentant les longues autoroutes américaines s’étalant à perte de vue dans des paysages grandioses.

Le personnage principal est John Wintergreen (Donald Blake célèbre flic "Baretta" ) motard râblé qui compense sa petite taille par une musculature et une autorité travaillées pour exercer ses fonctions de flic des routes en bordure de Monument valley (Arizona).

Mais à vrai dire, flanqué de son collègue le paresseux Zipper (Billy Green Bush), le travail de Wintergreen n’est guère palpitant et consiste surtout à draguer les filles légères de passage et à harceler les hippies attirés par les étranges monolithes pour établir leurs communautés.

Un jour la mort d’un vieil homme va venir bouleverser le quotidien du motard qui va y voir un signe du destin pour passer du coté de la police criminelle, porter un costume et conduire une voiture.

Malgré l’hostilité du médecin légiste (Royal Dano) qui voudrait conclure à un suicide commode, Wintergreen tient bravement tête et reçoit l’appui du lieutenant Harve Pool (Mitchell Pool) inspecteur aux allures de cow-boy costaud.

Pool le récompense de son intuition en faisant de lui son chauffeur et adjoint pour mener l’enquête.

Cependant les méthodes de Pool s’avèrent brutales et le lieutenant ne trouve rien de mieux à faire que de tabasser des hippies pour obtenir des informations sur Bob Zemko (Peter Cetera) suspecté du meurtre du vieux tandis que Wintergreen impressionné par le nombre des marginaux reste pétrifié et sans réaction.

L’emprise de Pool sur Wintergreen s’étiole pourtant lorsqu’il découvre que sa compagne Jolene (Jeannine Riley) une sculpturale blonde barmaid est également la maitresse de son subordonné lors d’une pénible scène de bar prolixe en confidences.

Zemko est finalement retrouvé par Zipper et Wintergreen et finalement capturé après une folle course poursuite à moto se soldant par de nombreuses morts.

Même si Zemko est copieusement tabassé par Pool pour obtenir des aveux, ceci ne suffit pas à constituer un dossier suffisamment solide pour l’incriminer.

Finalement Wintergreen trouve presque par hasard que son collègue Zipper qui s’est payé une nouvelle superbe moto en volant l’argent du vieux est l’auteur du meurtre.

Dévoré par le remord certes tardif, Zipper est incapable de maitriser ses nerfs et ouvre le feu au hasard ce qui force Wintergreen à l’abattre.

Une fois l’affaire résolue, le teigneux petit flic ne se gêne par pour dire tout son dégout pour Pool et renonce de fait à une promotion à la crim.

Pourtant, Wintergreen ne pourra pas profiter longtemps de sa vie de motard solitaire puisqu’après avoir épargné un des hippies harcelés par Zipper, il est abattu en pleine route par un ami de celui-ci.

Le film se termine sur son corps sanguinolent recroquevillé sur le bitume.

En conclusion, « Electra glide in blue » est un film singulier, original, lent, contemplatif qui se distingue surtout par la splendeur de ses paysages grandioses de l’Ouest américain.

Véritable réponse au « Easy rider » de Dennis Hooper qui faisait la part belle aux marginaux pacifistes contestataires épris de liberté, « Electra glide in blue » se place ici du coté d’un petit flic de la route plutôt intègre qui voit ses rêves d’ascension sociale réduits à néant face à la bêtise de ses supérieurs et collègues.

Même si le petit flic courageux et au final plutôt sympathique n’est finalement pas récompensé de son honnêteté et termine comme victime des hippies, son courage et son intégrité forcent au final l’admiration.

Pour autant malgré son originalité, « Electra glide in blue » souffre de sa lenteur et de de ses longs monologues qui font s’étirer le temps et glisser vers un ennui progressif.

Malgré cela, cette œuvre singulière reste à voir pour ton décalé, sa musique de qualité et ses paysages exploitant au maximum le mysticisme de Monument valley.

Electra glide in blue (James William Guercio)
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19 mai 2014 1 19 /05 /mai /2014 20:33
Destroyer (Kiss)

Il était bien évident que je n’allais pas en rester là avec Kiss, voici donc « Destroyer » célébrissime album sorti en 1976.

A cette époque les américains sont en pleine ascension et sortent un voir deux albums par an, une cadence qui laisse aujourd’hui plus que rêveur !

Et on commence par un tube incontournable, « Detroit rock city » et son riff anthologique prompte à faire chavirer des foules entières captivées par l’un des morceaux les plus rock ‘n’ roll jamais écrit.

Après une telle déferlante de bonheur on redescend de plusieurs niveaux sur le plancher des vaches avec « King of the night time world » au rythme beaucoup plus heurté.

Mais Kiss en appelle via son sorcier Gene Simmons aux forces des ténèbres et produit avec « God of thunder » un des titres les plus lourds et menaçant de sa discographie.

La transition avec la très gentillette ballade « Great expectations » est incroyablement abrupte et montre toute la versatilité du groupe naviguant entre gros hard qui tache et rock plus calibré FM.

On reste dans du rock ‘n’ roll léger et efficace sur « Flaming youth » et plus terne sur « Sweet pain » qu’on pourrait qualifier de ventre mou du disque avant de subir la terrible accélération terminale composé de trois grands classiques : « Shout it loud » fantastique tube aux refrains propre à enflammer les stades, « Beth » ultime ballade déchirante interprété à merveille par Stanley avant l’ultime coup de grâce « Do you love me ? » qui derrière une chanson festive et entrainante cache une plaisante réflexion sur la relation groupie-rockstar.

En conclusion, « Destroyer » fait aujourd’hui certes son âge et ne détruirait sans doute pas grand-chose vis-à-vis des standards modernes mais si sa puissance aujourd’hui bien relative prête à sourire, la belle galerie de tubes qu’il recèle, serait pour moi en passe d’en faire le meilleur album de Kiss.

Comme souvent, derrière les tubes, Kiss se fait plus inégal voir quelconque et « Destroyer » contient bien une bonne moitié de titres parfaitement dispensables qui ne pèseront au final pas bien lourd face aux véritables éclairantes de l’autre moitié.

Groovy, rock n’ roll, festif et accrocheur, « Destroyer » sonne en effet comme le meilleur de ce qu’a pu produire Kiss !

Destroyer (Kiss)
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