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1 juillet 2014 2 01 /07 /juillet /2014 20:37
Moment of glory (Scorpions)

Cédant à une mode assez en vogue au début des années 2000 (Metallica et Kiss entre autres), les Scorpions s’offre ni plus ni moins que l’orchestre philarmonique de Berlin pour un grand concert présentant une réinterprétation néoclassique de leurs plus grands hits.

Sorti en 2000, l’objet en question se nomme « Moment of glory » et affiche une pochette décalée assez savoureuse.

L’auditeur a bel et bien droit à une introduction intense, grandiloquente toute en cordes et cuivre pour voir débouler « Hurricane 2000 » et dès disons le franchement, l’apport de cette pléiade d’instruments classiques ne fait que détériorer un titre précédemment parfait.

On bascule immédiatement dans le registre ballade sirupeuse avec « Moment of glory » aussi massif qu’inutile.

L’auditeur qui a l’impression de se trouver dans la bande originale d’une super production hollywoodienne, déguste « Send me an angel » impeccablement chanté par un Klaus Meine et Zucchero, qui font immédiatement grimper le titre au firmament des cieux.

Le filon des ballades est exploité jusqu’à plus soif avec « Wind of change » qui tout en retenue et en sifflement passe bien.

Viennent ensuite le tour des instrumentaux réadapté pour faire corps avec l’orchestre, « Crossfire » et « Deadly sting suite » , intenses et lourds.

Les Scorpions optent volontiers pour les ballades à grosses ficelles, comme le ridicule « Here in my heart » ou le célébrissime « Still loving you » surjoué et usé jusqu’à la corde malgré l’interprétation toujours de qualité de Meine et la discrétion de l’orchestre.

Un peu de (hard) rock pour finir, « Big city lights » qui malgré l’apport de Ray Wilson, le chanteur de Génésis s’empêtre dans l’enchevêtrement des sons de l’orchestre et une ultime ballade assommante pour conclure « Lady starlight ».

En conclusion, comme beaucoup de groupes atteints par la folie des grandeurs, les Scorpions cèdent aux sirènes du gigantisme et du ronflant pour gonfler leur musique d’influences néoclassiques qui n’apportent quasiment rien à leur œuvre par essence rock.

« Moment of glory » pèche par son orgueil, massacre ses rares titres rapides et ne fait rien d’autres qu’affadir les innombrables ballades qu’il propose.

On sent donc les Scorpions complètement perdus artistiquement dans les années 2000 et partant dans plusieurs directions pour un résultat toujours plus décevant.

Dans un registre tout aussi casse gueule, le « S&M » de Metallica se montre plus convainquant car tablant sur la puissance de feu toujours supérieure des américains.
A jeter donc ou pas loin de mon coté pour tout amateur de rock un tant soit peu viril ..

Moment of glory (Scorpions)
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30 juin 2014 1 30 /06 /juin /2014 21:12
Peur sur la ville (Henri Verneuil)

J’ai vu un nombre incalculable de fois « Peur sur la ville » d’Henri Verneuil, qui dans mon enfance me terrorisait par son ambiance inquiétante.

Sorti en 1975, « Peur sur la ville », commence par la mort d’une jeune femme Nora Elmer (Laura Massari), qui traumatisée par une série de coups de téléphones anonymes, fait une crise cardiaque dans une tour de la région parisienne et chute de sa fenêtre.

Cette mort spectaculaire pousse la police à mettre le commissaire Letellier (Jean-Paul Belmondo) et son adjoint Moissac (Jean-Charles Denner) sur l’affaire.

Letellier est un flic athlétique et fort en gueule, ancien de l’antigang muté après un sanglant hold-up à Asnières ou le truand Marucci (Giovanni Cianfriglia) lui a échappé.

Nourri par une vieille revanche contre Marucci, il accepte l’affaire Elmer à contrecœur, mais prend néanmoins contact avec une liste de femmes menacées par des maniaques comme l’infirmière Hélène Grammont (Catherine Morin).

En parallèle, le maniaque se manifeste par téléphone, se proclamant comme Minos, en référence à la Comédie de Dante, et devant à ce titre juger et condamner les femmes de mœurs légères.

Minos lance un curieux défi à la police, annonçant envoyer des photos des parties de son corps à chaque victime exécutée et n’hésitant pas à prendre contact avec la presse.

Désorienté par cette approche psychopathique, Letellier tombe par hasard sur une des victimes de Minos, Germaine Doizon (Rosy Varte), femme d’âge mur que Minos aborde en se faisant passer pour un policer, pour mieux la prendre par surprise.

Une haletante course poursuite s’engage alors sur les toits de Paris, dans la zone des galeries Lafayette, avec échanges de coups de feu et prouesses physiques de notre Bebel national, qui s’escrime à ne pas chuter sur les pentes escarpées.

Minos s’échappe à moto mais perd dans la lutte son œil de verre récupéré par Letellier.

Pris en chasse par le commissaire et Moissac, il est finalement laissé tranquille lorsque Letellier apprend que Carucci a été localisé non loin des Champs Elysées.

La poursuite de Carucci entraine Letellier dans le métro parisien et l’athlétique commissaire finit par tuer son adversaire après avoir crapahuté sur le toit des rames.

De retour au calme, Letellier subit les foudres de sa hiérarchie car Minos en réalité l’ambulancier Valdec (Adalberto Maria Merli), le nargue dans la presse.

Letellier est donc affecté en bougonnant à la surveillance rapprochée d’Hélène Grammont, également soumise au harcèlement de Minos.

Dans l’appartement de la jeune femme une relation de répulsion-séduction se met en marche, malheureusement gâchée par un appel téléphonique d’urgence émanant de l’hôpital, auquel Hélène ne peut se soustraire.

En réalité, Minos tend un piège à Hélène et la tue à l’hôpital.

Ebranlé, Letellier laisse ses muscles au placard et fait marcher sa cervelle, isolant un bruit de fête foraine dans les communications avec Minos, ce qui ne donne malgré tout pas de pistes tangibles.

Un coup du sort vient pourtant aider Boissac et Letellier, lorsque Valdec se présente par bravade au commissariat et trahit une insensibilité à la flamme d’un briquet, révélant ainsi la présence d’un œil de verre.

Se sachant traqué, Minos bascule alors dans l’ultra violence, lançant une grenade sur la devanture d’un cinéma porno et prenant en otage l’actrice principale, Pamela Sweet (Germana Carnacina) ainsi que sa famille dans une tour de Beaugrenelle dans le quinzième arrondissement de Paris.

Après une négociation fantaisiste, Letellier obtient un délai de la part de Minos qui souhaite faire exploser l’appartement et intervient de manière musclée en se faisant hélitreuiller par un hélicoptère, pour fracasser la fenêtre de l’appart et s’engager dans un mano à mano avec le preneur d’otages qu’il finit par gagner non sans lui avoir flanqué une sévère raclée.

En conclusion, « Peur sur la ville » est un film taillé sur mesure à la gloire de Jean-Paul Belmondo qui demeure à la quarantaine fringante tel qu’en lui-même, gouailleur, viril, macho, bagarreur et casse cou.

En dehors des exploits de notre monte en l’air national, « Peur sur la ville » brille par son ambiance de polar inquiétant et urbain dans le Paris des tours des années 70 : La Défense, Beaugrenelle ou du treizième arrondissement.

Relativement méconnu, Maria Merli s’avère fascinant de froide beauté et incarne un des tueurs en série les plus convaincants de l’histoire du cinéma français.

Derrière la star, une pléiade de seconds rôles dont le remarquable Charles Denner tient solidement la baraque …

Plus qu’un polar efficace et musclé, « Peur sur la ville » recèle encore 40 ans après un charme suranné ou plane la musique obsédante d’Enio Morricone.

Tout ceci contribue à faire de ce film un classique du cinéma français.

Peur sur la ville (Henri Verneuil)
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29 juin 2014 7 29 /06 /juin /2014 14:42
World wide live (Scorpions)

Sorti en 1985, « World wide live » est sans doute le live parfait correspondant à la période la plus fastueuse de la carrière des Scorpions, avec un répertoire musical quasiment sans tache et un succès commercial phénoménal les autorisant à déployer des shows internationaux démesurés.

Enregistré principalement à Los Angeles, Cologne et Paris, « World wide live » et ses dix neufs titres incandescents débute par l’introductif « Countdown » qui lance le nerveux et puisant « Coming home » faisant la part belle aux guitares hurlantes de la paire Rudolf Schenker/Matthias Jabbs.

C’est dans une ambiance chauffée à blanc que sortent du chapeau de pures fusées hard rock comme l’intense « Blackout » ou le plus posé « Bad boys running wild ».

Moins de tranchant sur « Loving you sunday morning » et « Make it real » malgré des guitares toujours flamboyantes mais ce léger ralentissement est de courte durée puisque les Scorpions ressortent l’artillerie lourde avec « Big city nights » tube festif taillé pour la scène puis « Coast to coast » superbe instrumental fin et racé.

Mais il ne faudrait pas oublier que c’est avec leurs ballades imparables que les Scorpions ont conquis le monde, c’est pourquoi « Holiday » et « Still loving you » font à juste titre chavirer le stade.

Pourtant il parait impossible de survivre à l’impact de « Rock you like hurricane », meilleur titre du répertoire des Scorpions sublimé dans sa version live.

La fête bat son plein et « Can’t live without you » et « Another peace of meat » surgissent tels des diables de leur boite pour déployer leur rythme d’implacables machines heavy metal.

L’auditeur est emporté par le souffle de la formidable déflagration de « Dynamite » et même dans le registre plus posé de « The zoo » ou plus mélodique de « No one like you », les Scorpions continuent de toucher au but et de mettre le public à genoux.

La fin du disque s’écoule en deux parties, « Can’t get enough » scindé en deux par un grand solo explosif de Jabbs impérial sur « Six strings sing ».

En conclusion, «World wide live » est une déferlante sonore non stop, une orgie de décibels, un superbe témoignage scénique d’un groupe en pleine jeunesse alors au sommet de son art, faisant figure à son époque d’un des plus grands fleurons du heavy metal mélodique.

Très complet, vivant, énergique, servi par une grande puissance de feu, « World wide live » fait la part belle à la partie la plus hard des Scorpions, mais n’oublie pas pour autant les ballades parmi les plus belles jamais composées.

Difficile donc de faire la fine bouche ou de bouder son plaisir devant ce live culte, réjouissant, faisant formidablement honneur au heavy des 80’s !

Une chose est sure, les Scorpions semblent imprenables en ce milieu des années 80 et pourraient sans difficulté revendiquer leur place sur le podium des meilleurs groupes live de l’époque.

World wide live (Scorpions)
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28 juin 2014 6 28 /06 /juin /2014 14:19
A deriva (Heitor Dhalia)

Changement radical d’ambiance avec « A deriva » film brésilien de Heitor Dhalia qui en 2009 connut un certain succès d’estime en raison de la présence de la star française, Vincent Cassel.

L’histoire se déroule dans les années 80 sur l’ile paradisiaque de Buzios, près de Rio de Janeiro, ou vit un couple franco-brésilien formé de Matias (Vincent Cassel) écrivain, sa femme Clarice (Debora Bloch) ainsi que leurs enfants Filipa (Laura Neiva) et Antonio (Max Auzar).

Mais Filipa, âgée de quatorze ans est perturbée par la crise du couple de ses parents, qui derrière les soirées et la belle vie à la plage, se déchire.

En réalité, Matias et Clarice ne sont d’accord sur rien, le premier refusant de vendre les droits de ses livres malgré les dettes criblant le ménage mais plus grave, possédant une maitresse, une jeune américaine Angela (Camilla Belle) séjournant sur l’ile.

Filipa découvre la liaison de son père, le suit et va jusqu’à l’espionner dans ses ébats amoureux.

En parallèle, excédée par les non dits et la crise qui couvent, Filipa se rebelle de plus en plus ouvertement contre ses parents, contre son peur dont elle fuit le contact physique et sa mère dont elle défie l’autorité.

Matias détecte cette crise mais pris dans ses problèmes conjugaux et la séparation imminente avec Clarice se montre incapable d’en comprendre l’origine.

L’ambiance à Buzios devient de plus en plus pesante, Clarice se refugiant dans l’alcool tandis que Matias attise sa colère en annonçant dans une soirée écrire un livre sur l’adultère d’une femme professeur avec un de ses élèves plus jeune.

Plus qu’une fiction, Clarice a bel et bien en réalité un de ses élèves comme amant.

Après une ultime manœuvre consistant à avouer à Matias la connaissance de sa liaison avec Angela qui le trompe également avec beau barman (Caua Raymond), Filipa comprend qu’elle n’arrivera pas à conserver l’union de ses parents et décide de fuir avec le barman qu’elle a au préalablement séduit.

C’est un Matias mort d’inquiétude qui retrouve sa fille, miraculeusement indemne après un accident de voiture.

Le père et la fille se retrouvent alors enfin apaisés …

En conclusion, « A deriva » est un joli film d’auteur porté par de bons acteurs, Cassel bien sur qui parle un portugais brésilien de bon niveau mais surtout Laura Neiva, dont le beau visage grave de nymphette énigmatique crève l’écran.

Le sujet délicat, la séparation vue du point de vue d’un adolescent qui n’y voit que trahison, hypocrisie et sent ses repères vaciller dangereusement est abordé avec tact et talent.
Comme bonus, les paysages à couper le souffle de Buzios viennent plonger le spectateur dans un océan de splendeurs naturelles …

Petit reproche, le film aurait sans doute gagné en excitation en exploitant la sensualité de l’ambiance tropicale pour développer des scènes plus érotiques … mais « A vida » demeure une respiration agréable et intelligente … bien loin des blockbusters américains et des clichés sur le Brésil.

A deriva (Heitor Dhalia)
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28 juin 2014 6 28 /06 /juin /2014 12:43
Unbreakable (Scorpions)

Au premier abord, « Unbreakable » apparait mal placé dans une série de disques des Scorpions d’intérêt plus que douteux avec un come back assez pathétique des années 2000 mais sa pochette en apparence blindée laisse le bénéfice du doute et encore assez de curiosité pour aller à sa rencontre.

Avec Pavel Maciwoda (batterie) et Chris Kolonovits (claviers), nos vieux Scorpions à la peau dure entame 2004 avec « New generation » ballade lourdingue pétrie de bons sentiments avec voix d’enfants à l’appui.

Le moins que l’on puisse dire est que le choses commencent mal et après six minutes d’ennui profond, « Lov ‘em or leave ‘em » qui bâti sur des riffs d’une grande lourdeur tente d’insuffler maladroitement un peu de dynamisme.

L’orientation du son de guitares volontairement sous accordées laisse à penser à une approche moderne mais « Deep and dark » parvient à insuffler avec habileté, le flux d’émotion de sensibilité si indispensable au succès des Scorpions.

On ressort les souliers de plombs et se prend les pieds dans le tapis avec « Borderline » avant un nouveau sursaut sur « Blood too hot » qui rock véritablement avec une ambiance sauvage et électrique.

Ballade à piano et grosses ficelles sur « Maybe I maybe you », puis un nouveau titre « Someday is now » certes appuyé mais sans aucun relief ni saveur.

On se dirige vers du rock pop sans consistance, « My city, my town », une nouvelle power ballade « Through my eyes » bien léchée mais sans originalité avant une incursion vers le hard fm le plus éhonté, « Can you feel it » que n’aurait pas renié un Bon Jovi.

C’est donc à la hâte qu’on accélère vers la fin du disque, « This time » dont les riffs lourds ne sauraient masquer le manque de rythme et d’inspiration, « She said » énième ballade kleenex avant un ultime « Remember the good times » exploitant le glorieux passé du groupe ou il était encore capable de composer des hits.

En conclusion, malgré son titre et sa posture, « Unbreakable » voit sa carapace se fissurer assez vite et ne peut en dehors de quelques titres épars, pas faire illusion bien longtemps.

Copieux, surgonflé en production afin de masquer son contenu médiocre, « Unbreakable » ne fait que confirmer la décadence des Scorpions dans les années 2000 et se hisse à peine plus haut que les catastrophiques « Eye to eye » ou autre « Humanity, hour 1 » l’encadrant.

Avec un âge d’or situé dans les années 80, des années 90 pâlichonnes, des années 2000 abominables, restent les années 70 à explorer pour aborder le registre plus progressif et expérimental des Allemands.

Unbreakable (Scorpions)
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28 juin 2014 6 28 /06 /juin /2014 11:41
Love at first sting (Scorpions)

Il manquait sans doute dans la discographie des Scorpions chroniquée en ces colonnes un énorme chainon manquant avec l’indispensable « Love at first sting ».

Sorti en 1984, « Love at first sting » est une déflagration, que dis je un raz de marée, qui fit des Allemands des supers stars planétaires dominant les charts.

Nous partons donc pour l’ascension du monument illustré par une des pochettes sexy-glam les plus réussies du groupe et découvrons « Bad boys running wild » mid tempo certes un peu cliché mais bien amené et faisant figure de bonne entrée en matière.

Ceci n’est pourtant rien en comparaison de « Rock you like a hurricane » chef d’œuvre de heavy metal, meilleur titre des Scorpions pour moi, combinant superbe harmonie des guitares de Rudolf Schenker et Matthias Jabbs.

L’enchantement se poursuit avec « I’m leaving you » qui glisse tout en fluidité et souplesse puis « Coming home » qui après un début laissant augurer une ballade accélère le tempo pour proposer un titre rapide, sec et parfaitement maitrisé.

« The same thrill » se détache ensuite car plus bruyant et féroce mais est rapidement effacé par l’incroyablement festif et emballant « Big city nights ».

Le plaisir est toujours présent avec « As soon as the good times roll » plus lent mais mettant en avant la voix mélodique de Klaus Meine.

La fin de l’album donc se présente sur la forme d’un duo fantastique, « Crossfire » superbe ballade sur fond d’antimilitarisme certes facile et « Still loving you » phénoménal slow, peut être le plus connu de l’histoire du hard rock, qui fit entrer les Scorpions dans un autre monde, plus grand public et se former les couples du monde entier dans les boums/surprises parties des années 80 !

En conclusion, si « Blackout » m’avait déjà séduit par sa puissance et sa vélocité estampillée heavy metal, « Love at first sting » réussit aussi improbablement que cela puisse paraitre le tour de force de le surclasser.

Incroyablement abouti et maitrisé, « Love at first sting » ne contient que des tubes ou des classiques dans un flot continu mêlant belle présence (prestance !) des guitares, mélodies enivrantes et voix toute en justesse de Meine.

Avec ce disque culte, les Scorpions établissent leur œuvre maitresse, chef d’œuvre impérissable illuminant le monde du rock jusqu’à l’éternité.

Les mauvaises langues pourront ensuite ne voir dans la carrière du groupe qu’une longue dégringolade, ceci est sans doute soumis à discussions, mais toujours est il que jamais plus les Scorpions ne produisent un album d’un tel niveau !

Raison de plus pour l’apprécier …

Love at first sting (Scorpions)
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26 juin 2014 4 26 /06 /juin /2014 21:54
Ce que le jour doit à la nuit (Yasmina Khadra)

Grand fan de Yasmina Khadra, cela faisait plusieurs années que je souhaitais lire « Ce que le jour doit à la nuit ».

Paru en 2008, ce livre fleuve s’écarte du style traditionnel plutôt policier et terroriste de Khadra pour embrasser à travers le roman l’histoire de son pays, l’Algérie.

L’histoire est celle de Younes, petit algérien né dans les années 1930, dans un milieu pauvre et rural, dont la famille se trouve ruinée après qu’elle ait vu ses champs incendiés parce qu’elle refusait de se plier à l’autorité d’un caïd local.

Le père, Issa, chef de famille, homme travailleur, dur et fier, n’a pas d’autre choix que l’exil familial à Oran, la grande ville la plus proche, même si s’arracher aux terres possédées de générations en générations s’avère un véritable crève cœur.

Younes suit donc comme tout le monde le mouvement migratoire vers Oran ou vit son oncle, pharmacien marié à une française, Germaine.

Par fierté, Issa refuse l’aide matérielle de son frère, ce qui fait échouer toute la famille à Jenane Jato, horrible quartier de bric et de broc ou s’entassent les miséreux de la ville pour vivre dans des conditions épouvantables.

Terrifié, le jeune Younes découvre la misère urbaine et la faune qui y prolifère entre véritables bandes de voyous, violences conjugales et commerces miteux.

Issa qui ne compte que sur son courage, s’absente de plus en plus souvent du domicile pour chercher des petits boulots harassants et mal payés près des docks.

La situation ne tarde pas à empirer lorsque Issa se fait berner par un escroc qui lui propose d’investir son argent dans une affaire prometteuse et agresser pour tout se faire dérober.

Battu et humilié, il disparait pour diluer sa vie dans l’alcool.

La chance sourit alors à Younes qui est placé chez son oncle dans la partie bourgeoise de la ville et reçoit une éducation française à laquelle il n’aura jamais eu accès sans cela.

Younes rebaptisé Jonas pour l’occasion demeure influencé par son oncle, un érudit sensible aux idées nationalistes algériennes mais hostile par principe à la lutte armée, ce qui lui vaut un emprisonnement de courte durée mais traumatisant pour cet homme délicat et le pousse à déménager dans une bourgade bourgeoise située à soixante kilomètres de la ville, Rio Salado.

La bas, Younes vit en pleine Seconde guerre mondiale, une jeunesse dorée, se lie d’amitié avec une bande de français, Jean-Christophe Lamy, Simon Benyamin, André Scaramoni et les frères Sosa José et André, fils d’un grand propriétaire terrien Jaime Sosa qui martyrise son employé arabe Jelloul.

Il devient pharmacien et travaille dans la pharmacie de son oncle ou il tombe sous le charme d’Emilie Cazenave, la fille d’une belle femme mystérieuse et esseulée, Madame Cazenave.

Younes obtient un temps les faveurs d’Isabelle Rucillio, le fils de José, principal producteur viticole de la Rio Salado, mais celle-ci le renie lorsqu’elle découvre son origine arabe, et jette son dévolu sur l’athlétique Jean-Christophe qui s’engage sans le savoir dans une relation tumultueuse avec l’ombrageuse jeune femme.

La guerre s’achève, les Américains présent en Algérie diffusent leur culture provoquant la fascination d’André qui décide d’ouvrir un bar-billard inspiré du style de l’Oncle Sam.

De son coté, à sa grande surprise, Younes ne peut se résoudre à avoir sa première expérience sexuelle dans un infâme bordel d’Oran ou il retrouve une des ses voisines de Jenane Jato, la belle Hadda, vit une aventure avec la belle et mystérieuse Madame Cazenave dans sa belle propriété.

Éperdu d’amour, il chute de son nuage en découvrant qu’il n’était qu’un amusement sans lendemain.

Mais l’après guerre s’avère plus douloureux que prévu et l’Algérie qui aspire à des velléités d’indépendance est soumise à une atroce répression de l’armée française.

Rio Salado semble dans un premier temps épargné par les tensions communautaires et le début de guerre civile qui déchire le pays et les histoires sentimentales vont bon train autour d’Émilie, amoureuse de Younes qui se refuse à lui céder en raison des menaces de sa mère, mais convoitée par le sentimental Fabrice aux aspirations littéraires avec Jean-Christophe en embuscade.

Ces jeux provoquent l’explosion du groupe, lorsque Fabrice comprend que Emilie se rapproche de Jean-Christophe pour rendre jaloux Younes, avant que celui n’apparaissent aux yeux de tous comme le seul favori de la belle.

Le fougueux Jean-Christophe quitte sur un coup de tête ses amis et s’engage sans explication dans l’armée, tandis que Fabrice se marie et que Emilie est livrée par sa mère à Simon qui ne demandait rien à personne.

Très ébranlé par le mariage d’Émilie, Younes en plein questionnement prend également ses distances et se rapproche de sa communauté d’origine.

Il accompagne son oncle pour un émouvant pèlerinage à Tlemcen ou repose ses ancêtres, un peu avant qu’il ne meure.

Les années 50 voient le début de la guerre civile avec son cortège d’atrocités : massacres et attentats.

Les colons français sont touchés par les maquisards du FLN et José assassiné au bar de son frère André, qui fait arrêter Jelloul en raison de son profil de parfait coupable.

Etant parvenu à se libérer sur un coup du sort, Jelloul devient un ardent partisan du FLN.

L’année 1957 voit finalement le retour de Jean-Christophe qui épouse Isabelle Rucillio mais l’épisode de l’armée le pousse à prendre ses distance avec son ami Younes dont le tort principal est d’appartenir à l’autre camp, bien qu’il soit aussi bouleversé et désemparé que les autres face à l’horreur des attentats.

La maison des Cazenave est touchée, Simon tué et Krimo le chauffeur de la famille force Younes à quitter les lieux avec interdiction formelle d’approcher Emilie qui part se réfugier à Oran.

Une nouveau traumatisme frappe Younes et Germaine, obligé sous le menace des armes de Jelloul de soigner un commandant des fellaghas blessé par balle.

Younes se sort miraculeusement indemnes de cette terrible épreuve non sans avoir subi le terrible mépris de Jelloul, mué en farouche chef de guerre, puis une arrestation accompagnée de torture de Krimo devenu lui un redoutable harki pourfendeur de rebelles.

Seule l’intervention du puissant Pépé Rucillio permet à Younes de sortir vivant des griffes de Krimo.

Mais 1962 vient tout changer et l’Algérie devient indépendante, provoquant l’exode massif des colons français appelés plus tard pieds noirs, français déracinés et à jamais nostalgiques de leur Algérie natale.

Devenu le roi de la casbah, Jelloul se fait grand seigneur et magnanime avec Younes et Jean-Christophe membre de l’OAS, finalement libéré après avoir été atrocement torturé.

L'ancien domestique devenu colonel de l'armée régulière finira pourtant assassiné.

40 années passent et Younes devenu un vieil homme se rend à Aix-en-Provence pour renouer avec Michel, le fils d’ Emilienne morte la bas.

Le recueillement sur la tombe d’Emilienne est un pur moment d’émotion que l’arrivée toujours revendicative de Krimo, ne parvient pas à gâcher.

Les retrouvailles ne sont pas pour autant terminées et Younes retrouve une partie de ses amis devenus aussi des vieillards branlant, José, André, Fabrice et même Jean-Christophe établi à Paris.

Après avoir lu une ultime lettre de pardon qu’avait laissé Emilie pour lui, Younes éprouve un grand sentiment d’apaisement et repart ému et heureux vers son Algérie.

En conclusion, après une entrée en matière longue et d’un intérêt parfois relatif, « Ce que le jour doit à la nuit » révèle ensuite sa véritable nature, celle d’une grande fresque romanesque sur fond de ni plus ni mois que l’histoire de l’Algérie de ces 80 dernières années.

Dans sa langue si belle et riche, Yasmina Khadra y décrit une adolescence miraculée hors d‘une vie de misère, proche des colons français avec le sentiment parfois troublant de ne pas être tout à fait à sa place dans une communauté qui ne peut l’accepter totalement.

L’amitié tient une place fondamentale dans le roman, mais encore moins que l’amour, forcément romantique car impossible pour une jeune française.

Pris dans ce piège infernal, mêlant communautarisme et malaise psychologique à propos d’un curieux traumatisme quasi œdipien, le héros ne peut que se débattre et subir des évènements tragiques faisant parti de l’histoire la plus délicate et sombre de la France.

Plus que l’intrigue sentimentale certes plaisante, c’est donc par le courage d’aborder le sujet sensible de la guerre d’Algérie en ne prenant aucun parti décisif entre colons et colonisés que se distingue « Ce que le jour doit à la nuit ».

Considéré comme le roman le plus abouti et ambitieux de Khadra, « Ce que le jour doit à la nuit » demeure malgré quelques longueurs, tout à fait digne de respect par sa grande puissance narrative, en attendant de voir peut être un jour le film d’Alexandre Arcady.

Ce que le jour doit à la nuit (Yasmina Khadra)
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23 juin 2014 1 23 /06 /juin /2014 20:25
Red (King crimson)

Nous restons dans le plus pur style rock progressif avec une nouvelle légende du genre, les anglais de King crimson, avec une carrière fort remarquée dans les années 70 et une intense production de sept disques ayant contribué à former leur réputation de fines lames du genre.

Sorti en 1974, « Red » marque justement la fin de cette ère et le gel des activités de King crimson jusqu’au début des années 80.

On débute ce mini album par « Red », long instrumental dont la structure finit par devenir répétitive sur plus de six minutes.

Il faut donc attendre le second titre, « Fallen angel » pour attendre la voix de John Wetton, assez posée au premier abord avant de suivre l’évolution naturelle du morceau vers une montée en puissance terminale.

Les choses s’animent davantage sur « One more red nightmare » à la rythmique plus soutenue tout se mariant avec des sonorités rêches assez irritantes.

La dernière partie du disque voir King crimson s’enfoncer dans un expérimental abscons à réserver aux bacs +10 en musicologie, « Providence » puis « Starless » titre à tiroir horriblement aride et statique avant une dernière ligne droite brusquement plus animée.

En conclusion, pour une découverte « Red » se présente comme un album froid, pénible et horriblement difficile d’accès.

Incapable sans doute par manque d’éducation musicale d’en apprécier les subtilités et les innovations, il ne peut que me plonger dans un océan d’ennui voir de rejet devant tant de prétention intellectuelle.

Déception également sur la voix de Wetton, tout à fait banale et véhiculant que très peu d’émotion.

Incapable de se mettre à mon niveau et de me tendre la main, « Red » a donc été impitoyable avec moi, m’empêchant de trouver mes marques et me laissant aussi pauvre et perdu après qu’avant son écoute.

Red (King crimson)
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22 juin 2014 7 22 /06 /juin /2014 17:42
Before I forget (Jon Lord)

Hommage à un grand monsieur du rock et de la musique tout court, Jon Lord, claviériste mythique de Deep purple et Whitesnake, mort en 2012.

En sus des précédents travaux, l’homme nous laisse une œuvre solo de huit album étalés entre 1970 et 2012.

Sorti en 1982, « Before I forget » et sa pochette éléphantesque, voient le claviériste s’entourer d’une pléiade de musiciens, qu’ils soient chanteurs (Tony Ashton, Elmer Gantry, Vicky Brown), batteurs (Ian Paice, Cozy Powell, Simon Philipps) ou plus rarement guitaristes (Bernie Mardsen, Mick Ralphs) et bassistes (Boz Burell, Neil Murray).

Notre moustachu de gala débute avec « Chance on a feeling » rock classique entrainant parcouru de refrains hauts en couleur.

On laisse la bride au claviériste qui donne toute sa mesure sur l‘instrumental « Tender babes », puis « Hollywood rock and roll » fait de nouveau appel aux chœurs féminin pour délivrer un mid tempo encore une fois bien classique mais toujours entrainant.

Hommage appuyé au maitre, Johann Sebastian Bach avec « Bach onto this » qui au milieu d’un instrumental enlevé de plus de huit minutes, reprend des parties des morceaux les plus célèbres du compositeur classique.

Superbe ambiance douce et apaisée sur « Before I forget » également influencé par la musique classique et forte présence vocale de Vicky Brown sur la ballade « Say it’s all right ».

On se dirige tout en douceur sur la fin de l’album avec « Burntwood » et « Where are you ? » ou le registre bluesy et rocailleux de Gantry fait son effet.

En conclusion, « Before I forget » n’est sans doute pas un album bouleversant de rock mais une œuvre particulièrement rafraichissante et maitrisée par un vieux routier de la musique qui fait jouer son carnet d’adresses pour se et nous faire plaisir.

Jouant moins sur la volonté d’épate, Jon Lord crée une oeuvre mature ou chacun des éléments (vocaux, guitares) s’intègre avec ses compositions de claviers.

Mineur sans doute pour le plus grand nombre, majeur pour les fans du Lord, mais tout simplement élégante et plaisante pour moi.

Before I forget (Jon Lord)
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21 juin 2014 6 21 /06 /juin /2014 09:10
Blood pressures (The kills)

The kills toujours avec « Blood pressures ».

Sorti en 2011, « Blood pressures » est déjà le quatrième album d’un groupe poursuivant une carrière en progression constante.

Il débute de manière assez calme par « Future starts now » qui impose d’emblée sa sérénité majestueuse.

La suite semble également partir dans la même direction avec « Satellite » au rythme disons le un peu trop plan-plan pour quatre minutes.

On tape gentiment du pied sur « Heart is a beating drum » mignonnet mais guère bouleversant et le plus soutenu « Nail in my coffin » sombre corps et âme, plombé par des refrains atroces.

Intermède cotonneux et inutile chanté par Jamie Hince (« Wild charms ») et rien ne bouge franchement sur « DNA » transparent jusqu’à l’oubli.

L’auditeur suit donc sans conviction la litanie d’un « Baby says » édulcoré à l’extrême, « The last goodbye » ballade déprimo-classieuse et « Damned if she do » aux chœurs aériens agréables.

La fin du disque donc, composée de « You don’t own the road » mid tempo assommant et « Post and pans » acoustique bluesy soporifique en diable.

En conclusion, « Blood pressures » est un véritable grand écart avec le premier album « Keep your mean side » et montre toute l’évolution que peu subir un jeune groupe débutant généralement par des œuvres directes et sans concession, puis bifurquant vers la suite vers un style plus polissé, fade et sans grand intérêt.

« Blood pressures » montre cette évolution parcourue en seulement huit ans et ce pour mon plus grand déplaisir.

Exit donc le garage rock basique mais instinctif et sauvage et place au rock embourgeoisé statique et rogné de toute velléité créative.

Alors certes « Blood pressures » n’est sans doute pas un disque catastrophique mais si on excepte une ou deux étincelles de ci de là, s’avère globalement complètement dénué d’intérêt.

Blood pressures (The kills)
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