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23 mai 2014 5 23 /05 /mai /2014 18:14
Veni, vidi, vicious (The hives)

Nous poursuivons dans la veine du garage-rock avec les sympathiques Suédois de The hives.

En 1999 sort leur second album, « Veni, vidi, vicious » introduisant leur tendance au jeu de mots et à l’autodérision.

On introduit les débats avec « The hives-déclare guerre nucléaire » hymne braillard symbolisant la déclaration de guerre sonore des Suédois au monde et c’est réellement sur « Die, all right ! » que leur fraicheur et leur énergie dévastatrice se fait réellement sentir.

Tempo rapide imprimé par Mattias Bernvall, riffs percutants de Niklas Almqvist et chant éraillé de son frère Per composent en effet la base de la musique de The hives.

Certes, « A get together to tear it appart » n’est pas particulièrement technique ou novateur mais déferle avec vitesse et enthousiasme, lançant le mini hymne punk « Main offender » et son rythme entrainant.

On remarque encore le punch et la dextérité de Bernvall sur « Outsmarted » qui fonce dans le tas sans se poser de question et s’ébaudit sur les qualités accrocheuses de l‘excellent « Hate to say I told you » véritable perle de rock plus posé et mélodique.

Nouvelle poilade alliant tonicité et efficacité, « The hives-introduce the metric system in time » avant le ralentissement bien compréhensible de « Find another girl ».

Les hives demeurent cependant plus à l’aise dans le registre garage punk comme le prouve la triplette « Statecontrol » « Inspection Wise 1999 » « Knock knock » qui permet d’arriver sur le final « Supply and demand » plus cadré et original.

En conclusion, avec ce second album « Veni, vidi, vicious », The hives augmente encore une fois son audience et confirme la belle qualité de cette nouvelle scène suédoise adepte d’un renouveau du garage rock avec un état d’esprit vivifiant.

Attention, « Veni, vidi, vicious » est très limité musicalement et officie sur une bande étroite avec un peu de variations mais en cette fin de millénaire, saluons la belle démarche de ce jeune groupe suédois qui perpétue avec envie et talent une certaine tradition du rock fun et instinctif.

Veni, vidi, vicious (The hives)
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20 mai 2014 2 20 /05 /mai /2014 21:30
Alive II (Kiss)

Le moins que l’on puisse dire c’est que Kiss a très tôt compris que en bonne bête de scène il se devait de rentabiliser ses performances live en sortant dès 1977, « Alive II » sorti seulement deux ans après le premier live.

Issu comme on pourrait s’en douter d’une méga tournée américaine mais également japonaise, ce double album débute par l’incontournable « Detroit rock city », fantastique tube prenant encore une dimension supérieure interprété devant une foule chauffée à blanc.

Sur cette belle lancée, on enquille « King of the night time world » et « Ladies room » titres à la base quelconque transcendés par le live et c’est un Kiss déchainé qui pousse le bouchon encore plus loin sur le très ouvertement sexuel « Makin love ».

Devant un public porté à incandescence, on change alors de braquet et enclenche alors la machine à tubes de « Love gun », « Calling Dr Love » et leurs grands chœurs entrainants.

Les performers restent chauds comme la b(r)aise avec le sexy « Christine sixteen » et il faut attendre « Shock me » pour enfin redescendre sur un morceau plus anecdotique.

Une magnifique ballade, « Hard luck woman » plus loin et on arrive sur le dernier titre « Tommorrow and tonight » qui conclut gentiment cette première galette d’exception.

C’est donc le cœur d’envie qu’on se rue sur la seconde, qui débute en fanfare par « I stole your love » à la mécanique parfaitement huilée.

Les briquets sont de sortie sur la ballade « Beth » tout en douceur et en finesse, ce qui contraste avec la violence ténébreuse du mythique « God of thunder ».

Kiss se montre toujours terriblement efficace sur « I want you » et ses refrains ultra convaincants enchainés du très festif « Shout it loud ».

On reste solide à défaut d’être très subtil sur « All american man » et le bien nommé « Rockin in the USA ».

Avouons le, le mollasson « Larger than life » fait grandement chuter l’intensité et malgré les efforts du groovy « Rocket ride » et du festif « Anyway you want it » la fin de l’album s’avère beaucoup plus faible.

En conclusion, contrairement à son prédécesseur « Alive II » fait forte impression et s’inscrit dans la lignée des albums live les plus enthousiasmants qui soient.

Si on excepte l’inexplicable baisse de régime dans la dernière partie du second disque, on pourrait penser tenir un double best of de Kiss avec des titres hard rock simples mais diablement efficaces car sublimés par une ambiance survoltée.

Valeur sure des grands albums scéniques, « Alive II » est un excellent disque montrant un groupe jeune, dynamique, aiguisé et performant à l’aube de sa carrière …

Alive II (Kiss)
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19 mai 2014 1 19 /05 /mai /2014 21:53
Electra glide in blue (James William Guercio)

Sorti en 1973, « Electra glide in blue » est l’unique film de James William Guercio plus connu habituellement pour ses talents de compositeur-producteur de musique de rock.

Ce film d’auteur atypique nous plonge dans l’univers des highway patrols, composées de motards solitaires ou en duo arpentant les longues autoroutes américaines s’étalant à perte de vue dans des paysages grandioses.

Le personnage principal est John Wintergreen (Donald Blake célèbre flic "Baretta" ) motard râblé qui compense sa petite taille par une musculature et une autorité travaillées pour exercer ses fonctions de flic des routes en bordure de Monument valley (Arizona).

Mais à vrai dire, flanqué de son collègue le paresseux Zipper (Billy Green Bush), le travail de Wintergreen n’est guère palpitant et consiste surtout à draguer les filles légères de passage et à harceler les hippies attirés par les étranges monolithes pour établir leurs communautés.

Un jour la mort d’un vieil homme va venir bouleverser le quotidien du motard qui va y voir un signe du destin pour passer du coté de la police criminelle, porter un costume et conduire une voiture.

Malgré l’hostilité du médecin légiste (Royal Dano) qui voudrait conclure à un suicide commode, Wintergreen tient bravement tête et reçoit l’appui du lieutenant Harve Pool (Mitchell Pool) inspecteur aux allures de cow-boy costaud.

Pool le récompense de son intuition en faisant de lui son chauffeur et adjoint pour mener l’enquête.

Cependant les méthodes de Pool s’avèrent brutales et le lieutenant ne trouve rien de mieux à faire que de tabasser des hippies pour obtenir des informations sur Bob Zemko (Peter Cetera) suspecté du meurtre du vieux tandis que Wintergreen impressionné par le nombre des marginaux reste pétrifié et sans réaction.

L’emprise de Pool sur Wintergreen s’étiole pourtant lorsqu’il découvre que sa compagne Jolene (Jeannine Riley) une sculpturale blonde barmaid est également la maitresse de son subordonné lors d’une pénible scène de bar prolixe en confidences.

Zemko est finalement retrouvé par Zipper et Wintergreen et finalement capturé après une folle course poursuite à moto se soldant par de nombreuses morts.

Même si Zemko est copieusement tabassé par Pool pour obtenir des aveux, ceci ne suffit pas à constituer un dossier suffisamment solide pour l’incriminer.

Finalement Wintergreen trouve presque par hasard que son collègue Zipper qui s’est payé une nouvelle superbe moto en volant l’argent du vieux est l’auteur du meurtre.

Dévoré par le remord certes tardif, Zipper est incapable de maitriser ses nerfs et ouvre le feu au hasard ce qui force Wintergreen à l’abattre.

Une fois l’affaire résolue, le teigneux petit flic ne se gêne par pour dire tout son dégout pour Pool et renonce de fait à une promotion à la crim.

Pourtant, Wintergreen ne pourra pas profiter longtemps de sa vie de motard solitaire puisqu’après avoir épargné un des hippies harcelés par Zipper, il est abattu en pleine route par un ami de celui-ci.

Le film se termine sur son corps sanguinolent recroquevillé sur le bitume.

En conclusion, « Electra glide in blue » est un film singulier, original, lent, contemplatif qui se distingue surtout par la splendeur de ses paysages grandioses de l’Ouest américain.

Véritable réponse au « Easy rider » de Dennis Hooper qui faisait la part belle aux marginaux pacifistes contestataires épris de liberté, « Electra glide in blue » se place ici du coté d’un petit flic de la route plutôt intègre qui voit ses rêves d’ascension sociale réduits à néant face à la bêtise de ses supérieurs et collègues.

Même si le petit flic courageux et au final plutôt sympathique n’est finalement pas récompensé de son honnêteté et termine comme victime des hippies, son courage et son intégrité forcent au final l’admiration.

Pour autant malgré son originalité, « Electra glide in blue » souffre de sa lenteur et de de ses longs monologues qui font s’étirer le temps et glisser vers un ennui progressif.

Malgré cela, cette œuvre singulière reste à voir pour ton décalé, sa musique de qualité et ses paysages exploitant au maximum le mysticisme de Monument valley.

Electra glide in blue (James William Guercio)
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19 mai 2014 1 19 /05 /mai /2014 20:33
Destroyer (Kiss)

Il était bien évident que je n’allais pas en rester là avec Kiss, voici donc « Destroyer » célébrissime album sorti en 1976.

A cette époque les américains sont en pleine ascension et sortent un voir deux albums par an, une cadence qui laisse aujourd’hui plus que rêveur !

Et on commence par un tube incontournable, « Detroit rock city » et son riff anthologique prompte à faire chavirer des foules entières captivées par l’un des morceaux les plus rock ‘n’ roll jamais écrit.

Après une telle déferlante de bonheur on redescend de plusieurs niveaux sur le plancher des vaches avec « King of the night time world » au rythme beaucoup plus heurté.

Mais Kiss en appelle via son sorcier Gene Simmons aux forces des ténèbres et produit avec « God of thunder » un des titres les plus lourds et menaçant de sa discographie.

La transition avec la très gentillette ballade « Great expectations » est incroyablement abrupte et montre toute la versatilité du groupe naviguant entre gros hard qui tache et rock plus calibré FM.

On reste dans du rock ‘n’ roll léger et efficace sur « Flaming youth » et plus terne sur « Sweet pain » qu’on pourrait qualifier de ventre mou du disque avant de subir la terrible accélération terminale composé de trois grands classiques : « Shout it loud » fantastique tube aux refrains propre à enflammer les stades, « Beth » ultime ballade déchirante interprété à merveille par Stanley avant l’ultime coup de grâce « Do you love me ? » qui derrière une chanson festive et entrainante cache une plaisante réflexion sur la relation groupie-rockstar.

En conclusion, « Destroyer » fait aujourd’hui certes son âge et ne détruirait sans doute pas grand-chose vis-à-vis des standards modernes mais si sa puissance aujourd’hui bien relative prête à sourire, la belle galerie de tubes qu’il recèle, serait pour moi en passe d’en faire le meilleur album de Kiss.

Comme souvent, derrière les tubes, Kiss se fait plus inégal voir quelconque et « Destroyer » contient bien une bonne moitié de titres parfaitement dispensables qui ne pèseront au final pas bien lourd face aux véritables éclairantes de l’autre moitié.

Groovy, rock n’ roll, festif et accrocheur, « Destroyer » sonne en effet comme le meilleur de ce qu’a pu produire Kiss !

Destroyer (Kiss)
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17 mai 2014 6 17 /05 /mai /2014 10:33
Monster (Kiss)

Malgré le temps qui passe et qui inexorablement érode les esprits et les corps, les vétérans de Kiss continuent à s’échiner à sortir de nouveaux albums tel ce « Monster » fraichement sorti en 2012.

On reprend donc les mêmes ou quasiment que sur le déjà contestable « Sonic boom » et avec une pochette minimaliste embraye sur « Hell or hallelujah » dont les riffs et le rythme échevelé très rock ‘n’ roll s’avèrent idéaux pour réveiller un auditoire.

Kiss semble avoir fait le plein de décibels et « Wall of sound » s’impose par sa puissance brute et même si sa cadence s’avère plus faible, « Freak » ne déroge pas à cette règle de base en faisant la part belle aux gros refrains massifs et aux guitares de Tommy Thayer/Paul Stanley.

Le train de l’enfer continue sa marche en avant à pleine vapeur avec « Back to the stone age » très lourd et efficace à défaut d’être spécialement inspiré.

Un soin particulier semble être apporté à la mélodie de « Show mercy » qui permet enfin à la voix si agréable de Stanley de percer dans ce torrent de sons, tout comme à un degré moindre « Long way down ».

On ne peut pas dire non plus que le très linéaire « Eat your heart out » s’écarte franchement de la facilité et ce n’est pas le très foutraque « The devil is me » qui viendra effacer ce sentiment de pilotage automatique.

Rien à reprocher au juste à « Outta this world » qui trace fermement sa route sans émouvoir ou charmer outre mesure et on trouve le temps bien long sur « All for the love of Rock & roll ».

On en vient donc à souhaiter vivement la fin du disque qui arrive avec « Take me down below » et ses gros sabots lourdingues enchainé de « Last chance » aux refrains plus convainquants.

En conclusion, assez difficile de porter un jugement parfaitement tranché et définitif sur « Monster » car ce disque montre en première approche Kiss sonnant de manière très puissante avec une production impressionnante visant à le doter de la force de frappe d’un porte-avions.

Les guitares sont donc ici très mises en avant et écrasent à vrai dire tout sur leur passage, ne laissant pas grand-chose au reste, notamment les lignes vocales de Stanley qui représentent pour moi une part essentielle du charme de Kiss notamment sur les titres plus mélodiques comme les ballades étrangement absentes ici.

Difficile donc de retenir un hit mémorable de ce disque qui contient toutes les caractéristiques d’un bloc d’acier homogène, lisse et sans aspérité à laquelle se raccrocher.

Alors les fans de Kiss, aveuglés d’amour trouveront sans doute (non sans raison) formidable que leurs idoles continuent à plus de 60 sans à sortir des disques aussi vigoureux et métalliques que « Monster » avec une batterie de nouvelles compositions parfaitement calibrées pour faire danser dans les méga-stades, mais les fans plus mesurés de musique trouveront finalement l’exercice sans doute vain.

Derrière le spectaculaire et la débauche d’effets comme une production titanesque, ce « Monster » sonne finalement pour moi finalement assez creux et tel un athlète vieillissant dopé aux stéroïdes peine à tenir la distance d’un marathon.

Je suis à l’heure actuelle toujours dans l’attente d’un disque culte de Kiss, mais suis loin d’avoir exploré la totalité de sa longue discographie.

Monster (Kiss)
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16 mai 2014 5 16 /05 /mai /2014 22:04
La dolce vita (Frédérico Fellini)

Festival de Cannes, je me suis intéressé à « La dolce vita » classique du cinéma italien de Frédérico Fellini.

Sorti en 1960 et auréolé d’une palme d’or à Cannes, « La dolce vita » suit les pérégrinations d’un journaliste de la presse à scandales Marcello Rubin (Marcello Mastroianni), dandy évoluant dans les cercles artistico-intellectuels de Rome.

Marcello est tout d’abord entrainé par sa maitresse la scandaleuse Maddalena (Anouk Aimée) qui l’incite à embarquer une prostituée dans sa belle décapotable pour la ramener chez elle.

Excitée par ce contact avec les quartiers pauvres de la ville et ses H.L.M insalubres, Maddalena demande à Marcello de coucher avec lui dans l’appartement de la fille, ravie de cette incartade à son quotidien monotone et sordide.

Le lendemain Marcello retrouve sa fiancée Emma (Yvonne Furneaux) habitée d’une jalousie et d’une possessivité maladives.

Son travail le conduit à couvrir l’arrivée en Italie de l’actrice suédoise Sylvia (Anita Ekberg) venue à Rome pour tourner un film.

Atomique blonde au physique plantureux, l’excentrique Sylvia ne tarde pas à se faire remarquer par son appétit de vie, entrainant tout autour d’elle dans un tourbillon de musique et de danse.

Devant le comportement de son compagnon Robert (Lex Barker), ivre et odieux, Sylvia embarque Marcello dans une virée nocturne ou le couple termine tout habillé dans la fontaine de Trévi avant d’errer dans les rues de la ville à la recherche d’un peu de lait pour un chat rencontré en passage.

En état de choc après une pareille nuit, Marcello subit sans réagir la jalousie de Robert avant d’être à nouveau appelé dans le cadre de son travail à couvrir un prétendu miracle ou deux enfants des quartiers pauvres disent voir régulièrement apparaitre la Sainte Vierge.

Face à une foule hystérique croyant à un miracle et une presse avide de sensations fortes, la démonstration des enfants tourne au drame et ils sont piétinés lors d’une bousculade sous un orage.

Choqué, Marcello se rend en compagnie d’Emma à une soirée chez Steiner (Alain Cuny le nom préféré de ces dames ?) un intellectuel écrivain et musicien qui fait figure pour lui de mentor.

Après une soirée verbeuse ou Steiner expose de vagues théories philosophico-nihilistes, Marcello réalise son manque d’ambition intellectuelle et entreprend sans grande réussite de se remettre à écrire autre chose que des article pour la presse à scandale.

On bascule ensuite sur une nouvelle soirée avec le père de Marcello (Annibale Ninchi) qui sentant revivre sa jeunesse perdu entreprend de séduire Fanny (Magali Noel) une danseuse avant de faire un malaise au moment de coucher avec elle.

Au fil des rencontres, Marcello suit Nico (Nico), ex mannequin oisive dans une nouvelle soirée ou son groupe d’ami investit une belle maison de campagne romaine pour utiliser le prétexte du divorce de Nadia (Nadia Gray) pour se livrer à une nuit de débauche ou se mêlent alcool, sexe et travestis.

Après s’être de nouveau fâché avec l’orageuse Emma dont il ne supporte pas la possessivité, Marcello rejoint Maddalena et échoue à renouer avec elle.

Le film bascule avec la mort de Steiner qui a tué sa famille avant de se suicider dans un geste suprême de nihilisme désespéré.

Choqué, Marcello se rapproche de la police et finit à nouveau dans un château ou les invités se livrent à des jeux stupides mêlant masques, fantômes et séance de spiritisme.

Au petit matin, le journaliste suit les convives sur une plage ou est échoué un monstre marin.

Il observe de loin une jeune fille qu’il avait déjà croisé mais sans parvenir à la comprendre.

En conclusion, « La dolce vita » est malgré ses hautes prétentions intellectuelles et son fort symbolisme un film prodigieusement irritant par son manque de structure et le désœuvrement assumé de ses acteurs.

Le paumé Mastroianni se débat dans ce monde d’autres riches paumés meublant leur vide par des soirées décadentes ou règne la stupidité absolue.

L’hyper sexualité incarnée par Ekberg est irritante car elle réduit cette femme facile et rieuse en permanence au statut d’objet.

Si on ajoute à ce vide les 2h46 de la durée du film, « La dolce vita » devient un gros monument boursouflé sans queue ni tête, évoquant la nullité de la jeunesse dorée italienne de la fin des années 50 et laminant le téléspectateur par sa vanité intellectuelle.

Snob, intello et prodigieusement ennuyeuse, cette « Dolce vita » est sans doute réservée à une élite de cinéphiles auxquels je n’appartiens visiblement pas.

La dolce vita (Frédérico Fellini)
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16 mai 2014 5 16 /05 /mai /2014 19:56
Roots to branches (Jethro tull)

Par la magie du numérique, nous sautons les époques et nous retrouvons donc toujours ave Jethro tull mais en 1995 soit un gouffre de 25 ans après « Benefit » pour découvrir « Roots to branches » à la sobre pochette mystico-écologique.

L’entrée en matière de « Roots to branches » est une merveille de beauté mélodique envoutante, mariant parfaitement le chant/flute de Ian Anderson, les effets de claviers de Andrew Giddings et la guitare discrète mais essentielle par son feeling de Martin Barre.

C’est en l’esprit apaisé et le corps en lévitation qu’on découvre ensuite avec ravissement « Rare and precious chain » aux influences orientales délicieusement planantes rappelant par instant le travail en solo de Robert Plant.

Plus traditionnel et communément rock vient ensuite « Out of the noise », avant un nouveau somptueux décollage sur « This free will » et ses orchestrations majestueuses.

Impossible de ne pas succomber au charme dépouillé de « Valley » long morceau semi acoustique digne des meilleurs ballades Led zeppelin.

Tout en restant splendidement aérien et envoutant, Jethro tull muscle un peu l’affaire de « Dangerous veils » qui achève de fasciner par ses multiples variations étalées sur plus de cinq minutes.

Le voyage spatio-temporel continue avec « Beside myself » puis le long « Wounded, old and tracherous » : chant mesuré, flute hypnotique, claviers enveloppant et guitares discrètes mais lumineuses.

Construit sur le même registre, la ballade « At last forever » et ses grandes orchestrations majestueuses traine un peu en longueur sur ses huit minutes et introduit la dernière longue ligne droite du disque composée de nouvelles ballades folk « Stuck in the august rain » et « Another Harry’s bar ».

En conclusion, même si « Roots to branches » s’écarte fortement du style rock/heavy metal que je suis sensé affectionner au plus haut point, il constitue assurément l’un des objets musicaux se rapprochant le plus de la définition de grâce et de beauté absolue.

Tout est ici lent et beau mais pas d’une beauté évolutive végétale, vivante, s’épanouissant dans le calme et la sérénité.

Véritable œuvre d’art appelant à la relaxation zen, « Roots to branches » est pour moi le disque idéal pour créer une atmosphère d’apaisement, de relaxation et méditation.

Bien entendu, tout éclat ou envolée énergétique semble ici quelque peu hors de propos, mais cette parcelle de ma personnalité ne peut que relever ce (léger) manque à une œuvre par ailleurs virtuellement inattaquable sur le plan artistique.

Roots to branches (Jethro tull)
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16 mai 2014 5 16 /05 /mai /2014 18:51
Benefit (Jethro tull)

Ayant gouté depuis peu à la musique de Jethro tull, je me suis alors empressé de découvrir les premiers albums du groupe de rock progressif britannique.

Sorti en 1970, « Benefit » et sa pochette hippie ultra vintage est déjà le troisième album de Jethro tull et débute par « With you there to help me » qui malgré un rythme relativement lent et mesuré, laisse suffisamment entrevoir une part assez importante du charme mystérieux du groupe pour donner envie de continuer plus en avant.

On s’ouvre progressivement sur « Nothing to say » surtout remarquable en raison de la belle voix apaisante de Ian Anderson et de la finesse/richesse mélodique de Martin Barre.

C’est toujours dans le calme que l’on aborde « Alive and well and living in » au format plus accessible, tandis que « Son » se montre un tantinet plus dynamique.

Jethro tull nous ramène ensuite bien vite dans le royaume des ballade avec « For Michael Collins, Jeffrey an Me » enchainé de l‘original « To cry a song » qui malgré de beaux effets vocaux et ses parties de guitares soignées, peine à soutenir l’attention sur ses plus de six minutes.

On goute la belle mélodie de « A time for everything » et de « Inside » ou la flute de Anderson se montre plus présente.

Arrive enfin la dernière partie du disque composée de « Play in time » séduisant par son rythme appuyé venant soutenir ses diverses palettes musicales et « Society : you’re a woman », beaucoup plus calme mais doté de superbes plages acoustiques tout en subtilité.

En conclusion, « Benefit » est une belle pièce raffinée, finement ciselée et polie mais manquant un peu de lustre et d’éclat pour moi par rapports aux merveilles de créativité folle qui émergeaient dans le même temps à la même époque.

Tout y est en effet bien rangé, élégant, agréable mais on a souvent envie de secouer les anglais, de monter le son, d’accélérer le rythme de la batterie et de pousser plus les guitares.

Jolie petit bijou auditif, « Benefit » permet donc d’entrevoir clairement le grand talent d’esthète et de magicien du son de Jethro tull mais aurait pour moi gagné a plus de folie, d’audace ou tout simplement de puissance pour pleinement décoller.

Benefit (Jethro tull)
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14 mai 2014 3 14 /05 /mai /2014 19:20
Spider-man n°88, l'anneau de la liberté (John Michael Straczynski, Roberto Aguirre-Sacasa, Robert Kirkman, Peter David, Ron Garney, Clayton Crain, Andy Kuhn, Mike Wieringo)

Une fois n’est pas coutume, voici « Spider-man n°88, l’anneau de la liberté ».

Nous sommes ici en 2007 en pleine période Civil war, la passionnante saga de Mark Millar et John Michael Straczynski (scénario) travaille ici avec Ron Garney (dessins) pour nous montrer un Spider-man ayant rejoint après avoir fait état de son identité civile de Peter Parker le camps des super héros soumis aux Gouvernement américain.

Toujours mal à l’aise face au conflit entre super héros, Spider-man accepte tout de même la mission de sentinelle que lui confie Spider-man afin de détecter à l’aide se son super sens d’araignée les éventuelles menaces contre un convoi transportant des super héros vaincus.

Malgré sa défiance contre le nouveau costume que lui a crée sur mesure Tony Stark, Spider-man s’acquitte fort bien de se tache face à une foule souvent hostile et permet de faire détruire ou de détruire lui-même des missiles braqués sur le convoi.

L’attaque des super héros rebelles (Captain américa, Daredevil, Power-man, la Cape et l’Epée, la Chose) a pourtant finalement lieu et Spider-man se trouve face à face avec Captain américa, la légende vivante.

Le combat est fantastique, Captain montrant une science supérieure du combat au corps à corps, mais ne peut surclasser les capacité surhumaines de Spider-man qui parvient à entoiler son fameux bouclier et à le blesser à l’aide des pattes robotiques greffées sur son costume par le génie de Stark.

Le matche se traduit cependant par un honorable match nul et Spider-man plein de respect pour un adversaire qu’il admire, laisse finalement Captain partir puis récupérer son bouclier.

Changement d’ambiance avec Roberto Aguirre-Sacasa (scénario) et Clayton Crain (dessins) qui montre l’évolution de Spider-man à travers les yeux d’un jeune étudiant New-yorkais, Jordan Harrison qui découvre via la presse, que le professeur de biologie et physique qu’il adore, Parker est en réalité Spider-man.

Loin d’être perturbé par cette révélation Jordan aidée de son amie Madison, aide Spider-man en fâcheuse posture face à un Docteur Octopus rendu enragé par cette révélation publique et lui permet même de le mettre KO.

L’histoire se termine par un happy end, l’admission de Jordan à l’université de Miami pour vivre son rêve et étudier les pieuvres.

Beaucoup plus délicat à appréhender est le Spider-man de Peter David (scénario) et Mike Wieringo (dessins) qui doit faire face à une Super-bouffonne luttant avec un double de lui-même tous deux venant de 2211 !

Le combat avec cette adversaire au psychisme perturbé est particulièrement confus et se solde par sa mort tandis que le Spider-man du futur est lui-même tué par l’Oncle Benjamin Parker revenu lui aussi d’entre les morts pour tenter de modifier son destin.

On termine par un autre héros bouleversé par un futur alternatif, Iron-man de Robert Kirkman (scénario) et Andy Kuhn (dessins) devenu incontrôlable, agressant le S.H.I.E.L.D pour s’approprier la copie androïde de Diamondback la détourner pour se créer une nouvelle armure encore plus High-tech et ainsi sous le nom ridicule de Iron-man maniac tenir tête aux Vengeurs eux même en format certes réduit (Captain-américa, Power-man, Spider-Woman).

En conclusion, « Spider-man n°88, l’anneau de la liberté » tient solidement la route avec un héros au look complètement modernisé par la technologie de Tony Stark.

Suivre les déchirements intérieurs de Parker est toujours un régal et le combat contre Captain américa est digne de figurer parmi les classiques du genre avec une retraite honorable du Vengeur étoilé.

Malgré sa dimension moindre, on goute le coté intimiste voulu par Aguirre-Sacasa notamment par la belle influence que peut avoir un professeur/héros sur la vie d’un jeune homme, tout en appréciant également le style plus sombre et réaliste de Crain.

La seconde partie est franchement plus discutable avec des scénario futuristes bâclées et des dessins grossiers qui font particulièrement honte au talent des ténors de chez Marvel.

Nonobstant ses critiques majeures, « Spider-man n°88, l’anneau de la liberté » tient suffisamment en haleine pour donner envie de connaitre la suite !

Spider-man n°88, l'anneau de la liberté (John Michael Straczynski, Roberto Aguirre-Sacasa, Robert Kirkman, Peter David, Ron Garney, Clayton Crain, Andy Kuhn, Mike Wieringo)
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12 mai 2014 1 12 /05 /mai /2014 21:56
Unsual heat (Foreigner)

Quatre ans après « Inside information », Foreigner sort « Unsual heat » à la pochette encore une fois particulièrement terne.

Nous sommes en 1991 et le hard rock mélodique marque le pas derrière la vague Grunge ou celle plus metal de Metallica ou Gun ’n’ roses.

Faisant fi de ce contexte difficile, « Only heaven knows » attaque en souplesse et en fluidité avec quelques éclats de la voix toujours rock de Lou Gramm.

Sur « Lowdown and dirty », on se régale franchement du mélange entre cette voix si flamboyante et la guitare finalement plutôt lourde de Mick Jones.

Même si on pourrait penser les ficelles usées jusqu’à la corde, difficile de faire la fine bouche sur l’excellente power ballade « I’ll fight for you » exécutée par des maitres du genre.

Les américains restent solides sur le mid tempo « Moment of truth » d’une efficacité assez irréprochable et font juste ce qu’il faut rendre un minimum plaisant le très convenu « Moutain of love ».

Difficile d’écouter un album de Foreigner sans penser à ballade, aussi « Ready for the rain » et « When the night comes down » viennent elles remplir cet office, avec maitrise mais sans génie.

Pour être franc, on commence à trouver le temps long lorsque Foreigner continue sur cette voie avec « Safe in my heart » et apprécie le retour à un rock plus dynamique sur « No hiding place » surtout remarquable à ces gros refrains puissants.

C’est donc bien tardivement en reprenant (un peu) de poil de la bête sur « Flesh wounds » et « Unsual heat » que le disque se termine.

En conclusion, sans être particulièrement mauvais ou bâclé, « Unsual heat » est clairement en dessous de ses prédécesseurs.

La raison principale est le recours massif à de nombreuses ballades la plupart d’entre elles sans grande originalité ou frisson.

Malgré quelques titres encore efficaces principalement placés en début du disque et une interprétation toujours de haut niveau des musiciens, Foreigner perd donc en dynamisme et en variété.

Enorme échec aux Etats-Unis, pourtant dernier sanctuaire des américains après l‘écroulement de leurs ventes au Royaume-Uni dernier pays européen à les soutenir, « Unsual heat » n’est pas un album détestable mais apparait trop terne et émoussé pour permettre à Foreigner de défendre sa place face à l’agressive concurrence.

Foreigner apparait donc comme un très bon groupe de la fin des années 70 qui eut son heure de gloire commerciale dans les années 80 avant de basculer dans la seconde division du rock ensuite.

Il n’en demeure pas moins tout à fait agréable et respectable.

Unsual heat (Foreigner)
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