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8 juillet 2014 2 08 /07 /juillet /2014 21:54
Rio (Carlos Saldanha)

Coupe du monde oblige, le Brésil est particulièrement à l’honneur en ce moment.

Aussi Est-ce avec un réel bonheur que va être chroniqué le dessin animé « Rio » de Carlos Saldanha, brésilien qu’on ne présente plus depuis les immenses succès planétaires de « L’âge de glace ».

Nous sommes en 2011 et Saldanha qui éprouve sans doute l’envie de se rapprocher de ses racines et de sa ville d’origine, raconte l’histoire d’un perroquet du Brésil appelé Blu (voix Jesse Eisenberg) enlevé de l’Amazonie par des braconniers pour être ensuite secouru par une jeune et douce libraire du Minnesota, Linda (Leslie Mann).

Devenu un oiseau domestique, Blu coule des jours heureux dans son environnement douillet de Minnesota, ou il vit aimé par sa maitresse.

Le quotidien du petit couple va pourtant être chamboulé lorsque Tulio (voix Rodrigo Santoro) un scientifique brésilien lui rend visite pour requérir la présence de Blu dans son pays d’origine afin de participer au renouvellement de son espèce d’oiseau rare avec la dernière femelle encore en vie.

Malgré une forte réticence à quitter son environnement surprotégé, Linda finit par se laisser convaincre et se rend avec son oiseau à Rio de Janeiro ou se situe le laboratoire de Tulio.

Après avoir croisé Nico (Christophe Peyroux) et Pedro (Jean-Pierre Chandler) deux sympathiques oiseaux des rues de Rio, Blu fait la connaissance de Jewell (voix Anne Hathaway) son homologue féminine qui à sa différence vit très mal sa captivité.

Le contact passe mal avec Blu, trop domestiqué, instruit et de surcroit incapable de voler.

Mais le pire reste à venir lorsque Blu et Jewel sont kidnappés par une bande de trafiquants de favelas, qui travaillent avec la complicité d’un énorme cacatoès, Hector (Bruno Magne) et d’un jeune garçon pauvre Fernando (Valentin Maupin).

Le chef des trafiquants, Marcel (Boris Rehlinger) tirer de la vente des oiseaux rares une somme conséquente et se désintéresse complètement de leur sort.

Tandis que Linda et Tulio, cherchent désespérément les oiseaux, Blu utilise ses capacités d’adaptions pour ouvrir la cage qui les retient prisonniers mais ne peut faire mieux que marcher avec Jewel à qui il a été enchainé.

Le couple de fortune échappe avec grande difficulté aux hommes de mains de Marcel, du reste passablement stupides, Tipa (Raphael Cohen) et Armando (Mohamed Sanou).

Ils se réfugient dans la jungle et sont pris en main par le père de famille toucan Rafael (Michel Mella) qui accepte de les conduire en ville pour trouver le dénommé Luiz (Frantz Confiac) afin de briser la chaine qui les retient.

Contraints de revenir dans un Rio en pleine effervescence à cause du carnaval, Blue et Jewel ignore que l’abominable Hector a contacté une affreuse bande de singes commandé par Mauro (Guillaume Lebon) pour les retrouver.

C’est en plein bal funk que s’effectue le choc entre singes et oiseaux qui se termine par une bagarre générale, à laquelle Blue et Jewel parviennent avec la complicité d’un flamand rose à s’échapper.

Juché sur le bondé de Rio de Janeiro, célèbre tramway de la ville, le trio arrive à Santa Teresa ou réside le fameux mécanicien Luiz, un sympathique bouledogue bavant.

Après quelques péripéties, Luiz brise la chaine du couple mais Hector surgit à nouveau, enlevant Jewel.

Désespéré, Blu n’a d’autre choix que de se faire aider de Rafael et Luiz pour tenter de la libérer en plein carnaval dans un char de pacotille crée par les trafiquants pour passer inaperçu.

Le trio de choc retrouve sur place Linda, Tulio qui ont été aidés par le jeune Fernando, finalement pris de remords.

Dans le tumulte et la frénésie carioca, l’action devient confuse et le duo Linda/Tulio ne peut empêcher les trafiquants d’embarquer les oiseaux dans un avion spécialement affrété.

Heureusement, Blu révèle encore ses talents d’ingéniosité et leur permet de s’échapper, tandis que les trafiquants sont contraints de sauter en parachute et que l’affreux Hector est taillé en pièce par une des hélices.

C’est dans un saut dans le vide que Blu se voit contraint pour sauver Jewel blessée de retrouver l’instinct naturel lui permettant de voler.

Au final, Blu et Jewel finalement amoureux s’établissent ensemble à Rio de Janeiro et constituent une belle progéniture, tandis que Linda et Tulio se rapprochent également.

En conclusion, « Rio » est un très beau divertissement porté par un graphisme haut de gamme rendant hommage à la beauté et aux couleurs de Rio de Janeiro.

Bien que principalement dédié au jeune public, « Rio » fait preuve d’habileté, de créativité pour atteindre son objectif, donner du plaisir tout en mettant en valeur les superbes particularités d’une des plus belles villes du monde, si ce n’est la plus belle.

Tout ceci est certes léger, un peu facile peut être mais surtout amusant, habile et agréable.

On saluera donc plus pour la forme que le fond ce bel objet cinématographique qu’on ne peut que recommander pour le plus grand plaisir de vos enfants !

Rio (Carlos Saldanha)
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8 juillet 2014 2 08 /07 /juillet /2014 20:21
Badmotorfinger (Soundgarden)

Il manquait aux cotés de Nirvana et Alice in chains, l’un des grands du mouvement grunge, Soundgarden, qui explosa comme les premiers cités à l’orée des années 90 avec « Badmotorfinger ».

Sorti en 1991, en pleine année culte pour le métal et donc le grunge, « Badmotorfinger » est le troisième album du groupe de Seattle emmené par Chris Cornell (guitare/chant), Kim Thayil (guitare), Ben Shepherd (basse) et Matt Cameron (batterie).

Cet disque au titre provocateur et à la pochette ésotérique débute en trombe par « Rusty cage » qui avec son riff central fantastique en mouvement permanent et ses refrains détonants, avale tout sur son passage.

Le tempo frénétique se pose davantage sur « Outshined » pour proposer un excellent mid tempo porté par un son de guitare ultra charnel et par la voix puissante et sensuelle de Cornell.

Derrière ce titre sous acide, « Slaves & bulldozer » se cache un morceau lent, sinueux porté à bout de cordes vocales par un Cornell au style plus heurté que d’habitude.

Mais les petits gars de Seattle frappent encore un grand coup avec « Jesus Christ pose » rapide, violent et torturé dont la vidéo volontairement choquante causa beaucoup de désagréments à l’époque aux Etats-Unis et dans les principaux pays chrétiens.

Indépendamment de la polémique, « Jesus Christ pose » demeure un titre d’un impact hors normes.

On ne peut pas dire que les choses mollissent avec « Face pollution » qui continue de frapper fort et à la face et il faut attendre « Somewhere » pour rencontrer un titre plus posé bien que solide.

Soundgarden délivre une face plus planante et délicieusement psychédélique avec « Searching with my good eye closed » et c’est avec un son metal incandescent que se retrouve illuminé l’excellente power ballade « Room for a thousand years wide ».

S’ensuivent « Mind riot » habité et hypnotique, « Drawing flies » rageur mais un brin conventionnel, « Holy water » mid tempo racé et flamboyant avant un « New damage » conclusif.

En conclusion, « Badmotorfinger » est grand album, puissant et flamboyant, méritant largement ses lettres de noblesse.

Très influencé par le gros son metal, Soundgarden se montre avec son chanteur au timbre conquérant réellement impressionnant et produit un grand effet.

Peu de réelles faiblesses, quelques purs standards metal, un parfum de scandale, un chant de première catégorie : tous les ingrédients sont réunis pour produire une véritable bombe qui ouvrira aux jeunes américains la voie du succès !

Badmotorfinger (Soundgarden)
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8 juillet 2014 2 08 /07 /juillet /2014 18:42
Duel au soleil (King Vidor)

Nous revenons à grandes enjambées dans le monde des classiques du cinéma américains avec « Duel au soleil » de King Vidor.

Sorti en 1946 ce qui ne nous rajeunit pas, « Duel au soleil » est un western partant d’une tragédie, la mort d’un homme Scott Chavez (Herbert Marshall) coupable d’un crime passionnel en assassinant sa femme Ehefrau (Tilly Losch), une superbe danseuse indienne et son amant.

Avant d’accepter son châtiment par pendaison, Chavez confie sa jeune fille métisse Pearl (Jennifer Jones) à son ancienne amie Laura Mc Canless (Lillian Gish) femme d’un riche propriétaire terrien texan.

Après avoir séché ses larmes, Pearl se rend donc chez les Mc Canless et découvre en Laura une femme sérieuse et douce, tandis que son mari le sénateur Mc Canless (Lionel Barrymore) paralysé des jambes après un accident se montre beaucoup moins tolérant face à sa couleur de peau et ses origines métissées.

Mais le véritable enjeu de la vie au ranch apparait vite, la lutte à distance pour séduire Pearl entre les deux fils Mc Canless, Jess (Joseph Cotten) aussi calme et réfléchi que Lewt (Gregory Peck) est impétueux et arrogant.

Bien qu’étant sensible à la douceur et à la tolérance de Jess, Pearl est rapidement emportée par le tempérament de bad boy de Lewt, qui la provoque ouvertement en lui proposant de folles courses à cheval, en lui jouant de la guitare ou en allant la voir se baigner nue dans une mare.

En toile de fond de cette passion naissante, Mc Canless doit faire face à l’arrivée du chemin de fer qui vient bouleverser l’organisation de ses terres.

En opposition avec le progressiste Jess, Mc Canless n’hésite pas à prendre les armes avec les autres propriétaires pour s’opposer physiquement au l’avancée du chemin de fer.

Même si Len Smoot (Harry Carrey) représentant la compagnie est un ex camarade d’arme de Mc Canless, il n’hésite pas à faire appel à la cavalerie américaine pour déloger le belliqueux sénateur, qui se trouvant désarçonné et humilié de son cheval, décide de renier Jess qui a eu l’audace de prendre le parti adverse.

C’est donc la mort de l’âme que le sage Jess quitte le ranch familial après des adieux un peu froids à la bouillante Pearl, qui ne peut donc que succomber au charme du sulfureux Lewt.

Malgré sa passion dévorante, Lewt se refuse à épouser une métisse ce qui ulcère Pearl à tel point qu’elle accepte par dépit d’épouser un vieux garçon du ranch, Sam Pierce (Charles Bickford).

Lorsque Lewt apprend l’imminence de ce mariage, il perd la tête, provoque Pierce et le tue dans un bar.

Devenu un hors la loi, Lewt vit dans la clandestinité et œuvre ouvertement dans des actes de sabotage contre le chemin de fer.

Malgré l’horreur de ce meurtre, les sentiments de Pearl pour Lewt restent confus et ce n’est pas le retour de Jess, venu pour assister à l’enterrement de sa mère Laura, qui vient arranger les choses.

Devenu incontrôlable, Lewt s’en prend également à Jess qu’il prend pour un obstacle vis-à-vis de Pearl et le blesse grièvement alors qu’il était désarmé.

Pearl se rend à son chevet ou elle retrouve sa fiancée Helen Langford (Joan Tetzel).

Lorsque Lewt refuse de l’emmener avec lui en cavale au Mexique, Pearl prend une décision sans appel, se rend dans le désert et lui tire dessus.

Lewt se défend néanmoins, blessant à son tour Pearl et les deux amants meurent dans les bras l’un de l’autre dans une tragédie passionnelle de plus …

En conclusion, bien que trop long et souffrant d’un manque de rythme, « Duel au soleil » mérite amplement son statut d’œuvre culte, avec un ton incroyablement audacieux pour l’époque.

Outre le triangle amoureux parfait avec une belle femme au milieu de deux hommes dissemblables même si le mauvais garçon semble l’emporter sur l’intellectuel raisonnable, « Duel au soleil » est un incroyable ode à la liberté des femmes, doublé d’un grand message de tolérance à l’égard des populations métissées.

Si on ajoute à cela une interprétation de haut niveau avec un trio d’acteur légendaire avec une mention spéciale pour la beauté envoutante de la superbe Jennifer Jones et ses yeux bleus ciels, on comprendra aisément que « Duel au soleil » demeure malgré son âge vénérable, à voir au moins une fois dans sa vie pour tout amateur du septième art.

Duel au soleil (King Vidor)
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6 juillet 2014 7 06 /07 /juillet /2014 14:46
Rome, saison un, épisodes sept et huit (Bruno Heller, John Milius)

Poursuite de la première saison de la série Rome avec « Rome, saison 1, épisodes 7 à 8 ».

Dans l’épisode 7 réalisé par Tim Van Patten sur un scénario de David Frankel, le combat en Grèce entre Pompée (Kenneth Cranham) et César (Ciaran Hinds) pourtant en infériorité numérique tourne finalement assez rapidement en faveur de ce dernier, et contraint le proconsul de Rome à envisager une retraite vers l’Egypte pour reconstituer ses forces.

Mais Pompée vieillissant et vaincu est lâché par ses soutiens, notamment Brutus le fils adoptif de César qui entrevoit de se livrer au futur maitre de Rome.

Seul, le fanatique Caton (Karl Johnson) semble exiger la poursuite de la lutte à mort pour sauvegarder la République.

C’est donc esseulé et affaibli qu’il entreprend une marche désespéré vers le port d’Aménophis afin de gagner l’Egypte.

En chemin, Pompée et ses hommes font l’étrange découverte du duo Lucius Vorenus (Kevin Mc Kidd) et du légionnaire Titus Pullo (Ray Stevenson) tous deux miraculeusement rescapé du naufrage de leurs navires de guerre emportés par une tempête.

Affaiblis par le manque de nourriture et d’eau, les deux hommes n’ont du leur salut qu’à un radeau de fortune constitué des cadavres de leur compagnons et à la divine Providence qui les a fait recueillir par Pompée.

Une fois rétablis, ils comprennent assez vite à qui ils ont affaires, mais le fier Vorenus refuse de livrer le proconsul à César, tuant le guide qui lui propose de le capturer et préférant non sans obéir à ses inclinaisons républicaines, lui laisser sa liberté.

Du coté de Rome, l’insatiable Atia (Polly Walker) soupçonnant la défaite imminente d’un César malmené par son rival, manœuvre à présent pour faire intervenir sa fille Octavia (Kerry Condon) afin d’amadouer Servillia (Lindsay Duncan) et d’obtenir sa protection.

Le stratagème fonctionne au-delà de toute espérance puisque Servillia pourtant d’âge mur devient la maitresse d’Octavia.

Mais toutes ces manœuvres finissent par tourner court puisque Pompée est finalement trahi par ses alliés égyptiens et poignardé devant les siens sur la plage sur laquelle il venait d’accoster.

La mort du grand rival de César vient donc en principe clore la lutte pour le contrôle de Rome.

L’épisode 8 réalise par Steve Hill sur un scénario de William Mc Donald, prend place majoritairement en Egypte ou César se rue à la poursuite de son rival et apprend avec stupéfaction son assassinat qu’il estime indigne d’un consul.

César fait pression sur le pharaon Ptolémée XIII en réalité un simple enfant auquel est fallacieusement attribué des pouvoirs divins pour obtenir l’arrestation de sa sœur (t épouse) Cléopâtre (Lyndsay Marshal) qui prétend lever des troupes pour prendre la tête de l’Egypte.

Le but de César est double, tandis qu’à Rome, Marc Antoine contrôle la situation en surveillant les repentis Brutus et Cicéron (Davis Bamber), s’assurer de la mort de son rival et également de la stabilité de l’Egypte principale pourvoyeuse en grain de Rome.

Ptolémée et ses nobles jouent en réalité double jeu, faisant mine d’accepter la domination romaine mais refusant de livrer à César Cléopâtre qu’ils détiennent prisonniers dans le désert mais également le meurtrier de Pompée dont César veut pour le principe avoir la tête.

Flairant le piège, le consul envoie Vorenus qui a de peu échappé à la mort en raison de son laxisme envers Pompée et Pullo dans le désert pour retrouver Cléopâtre et prendre de vitesse les tueurs de Ptolémée fermement décidé à présent à éliminer l’encombrante aspirante au trône.

A ce jeu, Vorenus et Pullo se montrent plus habiles, liquidant les trois hommes envoyées pour tuer Cléopâtre et la ramenant par force à César.

En chemin la princesse lascive soumise à une intense consommation de drogue exige les faveurs sexuels de l’austère Vorenus qui refuse, laissant la place à l’extravagant Pullo.

Le but de Cléopâtre est en réalité plus politique, séduire César et lui donner un fils afin de s’assurer de la protection du nouveau maitre de Rome.

De son coté, César vient finalement à bout de l’armée pourtant nombreuse de Ptolémée, liquidant le petit pharaon, son encombrante cours et le romain meurtrier de Pompée qui lui a été lâchement livré afin de l’apaiser, en vain.

Taraudé par l’absence de progéniture mâle, César accepte l’offre de Cléopâtre, s’unit à elle et obtient un fils, peut être également de Pullo …

En conclusion, Jules César apparait comme le grand vainqueur de « Rome, saison 1, épisodes 7 à 8 », avec le triomphe sur Pompée, un ennemi légitime et encore redoutable bien que vieillissant.

Le nouveau maitre de Rome n’a pourtant pas l’occasion de jouir longtemps de son triomphe et transporte rapidement l’action en Egypte pour faire la connaissance de puissances locales qu’il parvient par un mélange de force et de ruse à maitriser.

Malgré ce background historique passionnant, la série continue de décevoir par son manque flagrant de moyens.

Ainsi la bataille pourtant légendaire entre Pompée et César est à peine reconstituée par quelques chocs d’une dizaine de figurants, et l’Egypte berceau du luxe et de la démesure, n’est ici que chichement représentée.

On est touché par la mort de Pompée, vieux général lâché de tous et donc soumis à la traitrise des lâches et peu séduit par le choix de Cléopâtre, mince jeune femme au look de garçonne qui ne parvient pas à rendre désirable ou voluptueux un personnage pourtant si riche en fantasmes …

Malgré ces défauts majeurs, l’intérêt suscité par la série justifie encore de découvrir les prochains épisodes qu’on imagine encore plus sensuels et exotiques …

Rome, saison un, épisodes sept et huit (Bruno Heller, John Milius)
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6 juillet 2014 7 06 /07 /juillet /2014 12:52
Froid dans le dos (John Sandford)

Nous sommes toujours au début des années 90, 1992 pour être plus précis, et le prolifique John Sandford sort « Froid dans le dos » suite logique de « Froid aux yeux » sorti seulement une année auparavant.

Empruntant au même synchronisme, j’enchaine à la fin du dernier millénaire les deux romans et me plonge dans l’intrigue assez dense de « Froid dans le dos ».

Ici Lucas Davenport, l’ex policier de Minneapolis, licencié par son supérieur suite à la ténébreuse affaire Michael Bekker, s’est reconverti dans sa seconde passion de concepteur de jeux vidéos, ce qui lui assure une vie confortable.

Mais suite à l’évasion du célèbre chirurgien tueur lors de son procès à New-York, Davenport est contacté par son amie Lily Rothenburg, policière au sein de la capitale économique des Etats-Unis afin de lui apporter son aide pour coincer le danger public que représente Bekker dont les obsessions pour la mort n’ont pas été atténuées par son séjour en prison.

A New-York, Davenport découvre un autre environnement, plus tumultueux, urbain et agressif que celui de sa bonne « petite » ville de Minneapolis.

Il est briffé par les supérieurs de Lily, Kennett un vieux policier affaibli par une récente crise cardiaque et le ventripotent O’Dell l’un des plus hauts gradé du NYPD pour enquêter sur la mort de Walter Petty, un spécialiste de l’informatique assassiné parce qu’il enquêtait lui-même à l’intérieur de la police sur une série de meurtres de malfrats tués par une équipe en apparence parfaitement rodée à l’assassinat ciblé.

Davenport se retrouve avec deux affaires épineuses sur les bras, avec d’un coté son vieil ennemi lâché dans la nature pour une série de meurtres sauvages et de l’autre tout ce qui ressemble à une sordide affaire interne policière.

Son déplaisir s’accroit lorsqu’il apprend que Lily avec qui il a entretenu une brève liaison est avec Kennett le directeur de l‘enquête Bekker, même si au final les deux hommes finissent par mettre de coté leur jalousie pour observer un prudent respect.

Comme on pouvait s’y attendre, le redoutable Dr Bekker traumatisé par la sauvage agression que lui a infligé Davenport en raison des horribles cicatrices laissées sur son visage, reprend sa série de meurtres, en traquant des femmes ou des hommes de petit gabarit car plus faciles à transporter, pour les emmener dans une vieille cave du quartier de Soho réaménagée en salle d’horribles expérimentations sur la mort.

Toujours obsédé par les yeux, Bekker cherche malsainement à observer le moment du basculement vers l’au-delà cherchant à y déceler une part d’infini ou de grâce divine.

Il utilise pour cela la maison de Madame Lacey, vieille dame dépendante à la drogue (notamment marijuana) que Bekker lui fournit complaisamment pour atténuer ses souffrances en échange de l’usage d’une partie de sa maison.

Habile, le chirurgien tueur utilise la carte bancaire de la vieille dame pour effectuer des retraits et se pourvoir en matériel médical pour ses expériences mais également en quantités importantes de drogues, notamment le PCP, qu’il consomme toujours en fortes doses.

Au fur et à mesure des horribles meurtres de femmes prises au hasard dans les parkings, Bekker fait parler de lui dans les médias ce qui renforce la pression sur la police.

Le tueur qui demeure insaisissable, surprend néanmoins la police en lui adressant une lettre ou il se déclare témoin d’un meurtre, en réalité une nouvelle action des tueurs de la police, surnommé par Davenport et Lily, les Robins des bois.

Flanqué de sa partenaire Barbara Fell que O‘Dell soupçonne de faire partie des Robins des bois, Davenport utilise les bonnes vieilles méthodes du flic de terrain mêlant enquête de voisinage et menace de revendeurs comme Jackie Smith, pour tenter de débusquer Bekker.

Ce qui devait arriver arriva et l’athlétique quadragénaire noue une relation avec la séduisante Fell, tout en profitant d’une de ses absences pour fouiller son appartement.

Davenport n’a pourtant pas trop l’occasion de pousser plus loin ses investigations puisqu’il est sauvagement passé à tabac par deux Robins des bois.

Il réussit à casser le bras d’un deux et ne doit la vie sauve qu’à l’intervention de Lily qui pistolet à la main, les met en fuite.

L’agression de Lucas n’est malgré tout pas suffisante pour le faire renoncer à ses recherches ce qui lui permet d’approcher Whitechurch, un des dealers de Bekker, qui travaille dans un hôpital.

La mort de Whitechurch, tué parce qu’il avait reconnu l’identité de son principal client, met Davenport sur la piste encore chaude du médecin, qui a conservé l’horrible manie de découper les paupières de ses victimes.

Davenport a alors comme idée d’attirer Bekker en flattant son gout pour la reconnaissance scientifique en organisant une conférence sur les travaux du nazi Mengélé, coupable d’horribles expériences sur les prisonniers durant la Second guerre mondiale.

Incapable de résister à ses pulsions, Bekker se rend à la conférence, mais flaire le piège et s’en extrait avec un aplomb et une férocité incroyable après avoir tué avec un pupitre en métal un policier de faction.

Lucas a néanmoins le déclic capital lorsqu’il comprend la nouvelle technique de Bekker, se déguiser en femme, séduisante blonde, en ayant observé les techniques d’un codétenu travesti en prison.

En parallèle, Lucas qui ne fait confiance qu’à Lily (et encore !), se met à soupçonner O’Dell lui-même dans le meurtre de Petty, lorsqu’il apprend que l’ex toxicomane d’Atlanta, Cornell Reed, débusqué par Petty, a bénéficié de sa protection pour se taire en tant que témoin d’un des meurtres des Robins des bois juste avant l’assassinat de l’informaticien.

Le rythme s’accélère, les affaires se rejoignent lorsque Bekker est localisé dans sa maison de Soho après qu’on ait pu à partir des billets retrouvé sur le corps de Whitechurch, remonter jusqu’à la carte de crédit de et identifier sur les caméras de surveillance le chirurgien travesti.

Davenport contacte O’Dell qui envoie deux tueurs pour éliminer Bekker devenu à son tour un témoin gênant, mais les deux homme sont confondus sur place par le flic de Minneapolis qui reconnait ses deux agresseurs.

Fell et Davenport pénètre dans la maison obscure, traquant le tueur finalement retranché dans la cave après avoir tenté d’éliminer une Bridget Land amie devenue embarrassante de Madame Lacey elle-même assassinée pour l’avoir reconnu à la télévision.

Comme souvent, Bekker shooté à mort, perd les pédales, refuse de se rendre et se fait tuer par Fell.

La menace Bekker éliminée, vient l’heure de régler ses comptes avec la hiérarchie de la police.

Bien que O’Dell soit mouillé jusqu’au coup dans l’affaire des Robins des bois, il s’avère en réalité que c’était Kennett qui recrutait les tueurs parmi les policiers et organisait les raids punitifs dans le but pensait t il d’assainir New-York des délinquants échappant aux mailles de la justice.

Lily est choquée d’apprendre que son amant a demandé l’exécution de Petty, qui était fou amoureux d’elle et pour qui elle avait une tendresse quasi maternelle.

Elle provoque une violente dispute qui se solde par la mort du vieux flic cardiaque.

De son coté, Davenport comprend également dépité que Fell est elle-même un membre des Robins des bois auxquels appartient son père.

Pire, Fell semble avoir elle-même tué le pauvre Petty dont les talents d’informaticiens avaient mis toute l’organisation en péril.

Cette révélation est insupportable pour Davenport qui rompt sur le champs tout projet de vie commune avec la femme policière et rentre ébranlé mais heureux du devoir accompli dans sa chère ville de Minneapolis.

En conclusion, « Froid dans le dos » est encore une fois un excellent polar à l’intrigue un chouia trop complexe mais particulièrement agréable à suivre.

Sandford change ici de braquet, transportant son personnage fétiche dans les inextricables méandres du New-York du début des années 90 à l’époque non encore pacifié par le maire Giuliani.
Davenport retrouve encore son ennemi le redoutable Bekker, personnage diabolique réellement effrayant, qui a eu cette fois l’idée géniale de devenir une femme pour mieux tromper son monde et commettre des meurtres d’une violence terrorisante.

L’intrigue déjà passionnante autour de Bekker, véritable caméléon urbain accro à la drogue et la mort, s’étoffe également autour d’un histoire de réseau de flics exécuteurs qui insuffle un fort vent de paranoïa.

Seul contre tous, Davenport doit donc jouer des coudes pour s’extraire de cette jungle d’asphalte et mener à bien ses deux missions externes et internes, particulièrement délicates.

Avec « Froid dans le dos », Sandford réussit le tour de force de surpasser le déjà excellent « Froid aux yeux » et on ne peut que regretter la mort du criminel pour la suite des aventures de Davenport …

Etonnant donc vu les qualités d’écriture de Sandford, que ses romans n’aient pas bénéficié de plus d’exposition médiatique … car le tandem Davenport-Bekker recèle son lot de moments culte à vous en faire perdre le sommeil !

Froid dans le dos (John Sandford)
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3 juillet 2014 4 03 /07 /juillet /2014 21:52
Diesel and dust (Midnight oil)

Nous passons maintenant à une version plus conventionnelle du rock avec Midnight oïl, groupe australien formé à Sydney à la fin des années 70 et dont l’heure de gloire culmina en 1987 avec « Diesel and dust ».

Militants écologiques emmenés par le charismatique chanteur chauve Peter Garrett, les membres de Midnight oïl trouvent en effet avec ce septième album la clé d’une infernale machine à tubes qui viendront inonder la planète.

Le premier d’entre eux justement est « Beds are burning », parfait hit radio au rythme soutenu mais maitrisé porté par des refrains fédérateurs au fort contenu politique.

Difficile de résister au chant heurté et habité de Garett sur « Put down that weapon » incroyable tube donnant la chair de poule et surpassant pour moi de la tête et des épaules son pourtant glorieux prédécesseur.

C’est donc passablement ébranlé que l’auditeur revient sur terre avec « Dreamland » beaucoup plus doux linéaire et terne avant sombrer dans la douce torpeur de la ballade « Artic world ».

Le groupe reprend modestement de la vitesse avec « Warakurna » qui passe tout à fait inaperçu en comparaison de « The dead heart » nouveau tube aux refrains balayant tout sur leur passage.

Nouvelle semi ballade mélancolique et assez réussie du reste, « Whoah » avant un nouveau hit sous tension dont le groupe semble avoir le secret, « Bullroarer ».

Midnight oïl glisse non sans fluidité et habileté sur « Sell my soul », ennuie ferme avec « Sometimes » pour conclure avec un « Gunbarrel highway » plutôt agréable.

En conclusion, pour les gens de ma génération, « Diesel and dust » évoque peut être quelques souvenirs, deux ou trois tubes passant à la télévision ou à la radio avec un chanteur au physique impressionnant et un groupe évoluant dans l’univers assez exotique du bush australien, bref une attraction plaisante sans qu’on adhère un seul instant au contenu politique de son message.

Malgré quelques creux notables, « Diesel and dust » demeure même passé l’épreuve du temps un album étonnant, très maitrisé oscillant entre influences pop et réminiscences de rock musclé, avant de révéler une poignée d’armes maitresses constituées de tubes puissant et audacieux.

Ceci ne suffit pas à faire de lui un authentique chef d’œuvre mais lui permet d’arracher un certain respect, celui d’une efficacité notable que le groupe aura toutes les peines à conserver par la suite.

Diesel and dust (Midnight oil)
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3 juillet 2014 4 03 /07 /juillet /2014 19:53
Saints of Los Angeles (Motley crue)

Après avoir abordé un best of de Motley crue assez inégal et décevant sur la période plus moderne des californiens, c’est avec une certaine défiance que j’ai écouté « Saints of Los Angeles » sorti en 2008 soit huit longues années après un « New tatoo » synonyme de plantage artistique et commercial.

Passé le sympathique choc visuel de sa belle pochette sexy-chic, « Saints of Los Angeles » débute par une courte introduction spectaculaire « LAMF » qui lance « Face down in the dirt » titre musclé et entrainant laissant augurer du meilleur.

Sur sa lancée, « What’s it gonna take » balance furieusement et « Down at the whisky » entretient un bel enthousiasme malgré un niveau sensiblement plus faible.

Motley crue ronronne gentiment sur « Saints of Los Angeles » titre central de facture somme toute quelconque malgré des refrains plus appuyés.

C’est bien avec ce style lourd et emprunté que nos vétérans s’échinent sur « Motherfucker of the year » à courir après leur jeunesse et le fait de ralentir le tempo sur « The animal in me » ne change pas beaucoup la donne.

On appuie sur le turbo avec « Welcome to the machine » qui voit Mick Mars durcir les riffs et Tommy Lee s’activer derrière sa batterie mais ceci ne saurait « Just another psycho » instaurer un inéluctable ennui.

Armé d’un gros son bien encombrant, le Crue enchaine les titres passe partout, « Chicks=trouble » peu recherché, « This ain’t love song » bruyant et bordélique et c’est tout benoitement qu’on se retrouve sans même y prêter attention à la fin de l’album composé de deux titres de qualité « White trash circus » et « Goin’ out swingin » car puissants et directs.

En conclusion, « Saints of Los Angeles » n’est pas en dépit de sa grosse production et sa frappe lourde, un album de qualité.

Motley crue tente certes de coller au gout du jour en modernisant le son mais perd en légèreté et en intensité ce qu’il gagne en lourdeur.

Ensemble homogène taillé dans un seul bloc de fer, « Saints of Los Angeles » ne recèle aucun mauvais titre mais au final très peu de titres majeurs.

Formé de quinquagénaires aujourd’hui bien amorti, Motley crue a perdu ce qui faisait son charme : le coté voyou, fêtard et fun qui lui permettait de sortir quelques tubes incontournables propres à enflammer les parties des années 80.

A réserver donc aux fans indécrottable du gang de LA.

Saints of Los Angeles (Motley crue)
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1 juillet 2014 2 01 /07 /juillet /2014 20:37
Moment of glory (Scorpions)

Cédant à une mode assez en vogue au début des années 2000 (Metallica et Kiss entre autres), les Scorpions s’offre ni plus ni moins que l’orchestre philarmonique de Berlin pour un grand concert présentant une réinterprétation néoclassique de leurs plus grands hits.

Sorti en 2000, l’objet en question se nomme « Moment of glory » et affiche une pochette décalée assez savoureuse.

L’auditeur a bel et bien droit à une introduction intense, grandiloquente toute en cordes et cuivre pour voir débouler « Hurricane 2000 » et dès disons le franchement, l’apport de cette pléiade d’instruments classiques ne fait que détériorer un titre précédemment parfait.

On bascule immédiatement dans le registre ballade sirupeuse avec « Moment of glory » aussi massif qu’inutile.

L’auditeur qui a l’impression de se trouver dans la bande originale d’une super production hollywoodienne, déguste « Send me an angel » impeccablement chanté par un Klaus Meine et Zucchero, qui font immédiatement grimper le titre au firmament des cieux.

Le filon des ballades est exploité jusqu’à plus soif avec « Wind of change » qui tout en retenue et en sifflement passe bien.

Viennent ensuite le tour des instrumentaux réadapté pour faire corps avec l’orchestre, « Crossfire » et « Deadly sting suite » , intenses et lourds.

Les Scorpions optent volontiers pour les ballades à grosses ficelles, comme le ridicule « Here in my heart » ou le célébrissime « Still loving you » surjoué et usé jusqu’à la corde malgré l’interprétation toujours de qualité de Meine et la discrétion de l’orchestre.

Un peu de (hard) rock pour finir, « Big city lights » qui malgré l’apport de Ray Wilson, le chanteur de Génésis s’empêtre dans l’enchevêtrement des sons de l’orchestre et une ultime ballade assommante pour conclure « Lady starlight ».

En conclusion, comme beaucoup de groupes atteints par la folie des grandeurs, les Scorpions cèdent aux sirènes du gigantisme et du ronflant pour gonfler leur musique d’influences néoclassiques qui n’apportent quasiment rien à leur œuvre par essence rock.

« Moment of glory » pèche par son orgueil, massacre ses rares titres rapides et ne fait rien d’autres qu’affadir les innombrables ballades qu’il propose.

On sent donc les Scorpions complètement perdus artistiquement dans les années 2000 et partant dans plusieurs directions pour un résultat toujours plus décevant.

Dans un registre tout aussi casse gueule, le « S&M » de Metallica se montre plus convainquant car tablant sur la puissance de feu toujours supérieure des américains.
A jeter donc ou pas loin de mon coté pour tout amateur de rock un tant soit peu viril ..

Moment of glory (Scorpions)
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30 juin 2014 1 30 /06 /juin /2014 21:12
Peur sur la ville (Henri Verneuil)

J’ai vu un nombre incalculable de fois « Peur sur la ville » d’Henri Verneuil, qui dans mon enfance me terrorisait par son ambiance inquiétante.

Sorti en 1975, « Peur sur la ville », commence par la mort d’une jeune femme Nora Elmer (Laura Massari), qui traumatisée par une série de coups de téléphones anonymes, fait une crise cardiaque dans une tour de la région parisienne et chute de sa fenêtre.

Cette mort spectaculaire pousse la police à mettre le commissaire Letellier (Jean-Paul Belmondo) et son adjoint Moissac (Jean-Charles Denner) sur l’affaire.

Letellier est un flic athlétique et fort en gueule, ancien de l’antigang muté après un sanglant hold-up à Asnières ou le truand Marucci (Giovanni Cianfriglia) lui a échappé.

Nourri par une vieille revanche contre Marucci, il accepte l’affaire Elmer à contrecœur, mais prend néanmoins contact avec une liste de femmes menacées par des maniaques comme l’infirmière Hélène Grammont (Catherine Morin).

En parallèle, le maniaque se manifeste par téléphone, se proclamant comme Minos, en référence à la Comédie de Dante, et devant à ce titre juger et condamner les femmes de mœurs légères.

Minos lance un curieux défi à la police, annonçant envoyer des photos des parties de son corps à chaque victime exécutée et n’hésitant pas à prendre contact avec la presse.

Désorienté par cette approche psychopathique, Letellier tombe par hasard sur une des victimes de Minos, Germaine Doizon (Rosy Varte), femme d’âge mur que Minos aborde en se faisant passer pour un policer, pour mieux la prendre par surprise.

Une haletante course poursuite s’engage alors sur les toits de Paris, dans la zone des galeries Lafayette, avec échanges de coups de feu et prouesses physiques de notre Bebel national, qui s’escrime à ne pas chuter sur les pentes escarpées.

Minos s’échappe à moto mais perd dans la lutte son œil de verre récupéré par Letellier.

Pris en chasse par le commissaire et Moissac, il est finalement laissé tranquille lorsque Letellier apprend que Carucci a été localisé non loin des Champs Elysées.

La poursuite de Carucci entraine Letellier dans le métro parisien et l’athlétique commissaire finit par tuer son adversaire après avoir crapahuté sur le toit des rames.

De retour au calme, Letellier subit les foudres de sa hiérarchie car Minos en réalité l’ambulancier Valdec (Adalberto Maria Merli), le nargue dans la presse.

Letellier est donc affecté en bougonnant à la surveillance rapprochée d’Hélène Grammont, également soumise au harcèlement de Minos.

Dans l’appartement de la jeune femme une relation de répulsion-séduction se met en marche, malheureusement gâchée par un appel téléphonique d’urgence émanant de l’hôpital, auquel Hélène ne peut se soustraire.

En réalité, Minos tend un piège à Hélène et la tue à l’hôpital.

Ebranlé, Letellier laisse ses muscles au placard et fait marcher sa cervelle, isolant un bruit de fête foraine dans les communications avec Minos, ce qui ne donne malgré tout pas de pistes tangibles.

Un coup du sort vient pourtant aider Boissac et Letellier, lorsque Valdec se présente par bravade au commissariat et trahit une insensibilité à la flamme d’un briquet, révélant ainsi la présence d’un œil de verre.

Se sachant traqué, Minos bascule alors dans l’ultra violence, lançant une grenade sur la devanture d’un cinéma porno et prenant en otage l’actrice principale, Pamela Sweet (Germana Carnacina) ainsi que sa famille dans une tour de Beaugrenelle dans le quinzième arrondissement de Paris.

Après une négociation fantaisiste, Letellier obtient un délai de la part de Minos qui souhaite faire exploser l’appartement et intervient de manière musclée en se faisant hélitreuiller par un hélicoptère, pour fracasser la fenêtre de l’appart et s’engager dans un mano à mano avec le preneur d’otages qu’il finit par gagner non sans lui avoir flanqué une sévère raclée.

En conclusion, « Peur sur la ville » est un film taillé sur mesure à la gloire de Jean-Paul Belmondo qui demeure à la quarantaine fringante tel qu’en lui-même, gouailleur, viril, macho, bagarreur et casse cou.

En dehors des exploits de notre monte en l’air national, « Peur sur la ville » brille par son ambiance de polar inquiétant et urbain dans le Paris des tours des années 70 : La Défense, Beaugrenelle ou du treizième arrondissement.

Relativement méconnu, Maria Merli s’avère fascinant de froide beauté et incarne un des tueurs en série les plus convaincants de l’histoire du cinéma français.

Derrière la star, une pléiade de seconds rôles dont le remarquable Charles Denner tient solidement la baraque …

Plus qu’un polar efficace et musclé, « Peur sur la ville » recèle encore 40 ans après un charme suranné ou plane la musique obsédante d’Enio Morricone.

Tout ceci contribue à faire de ce film un classique du cinéma français.

Peur sur la ville (Henri Verneuil)
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29 juin 2014 7 29 /06 /juin /2014 14:42
World wide live (Scorpions)

Sorti en 1985, « World wide live » est sans doute le live parfait correspondant à la période la plus fastueuse de la carrière des Scorpions, avec un répertoire musical quasiment sans tache et un succès commercial phénoménal les autorisant à déployer des shows internationaux démesurés.

Enregistré principalement à Los Angeles, Cologne et Paris, « World wide live » et ses dix neufs titres incandescents débute par l’introductif « Countdown » qui lance le nerveux et puisant « Coming home » faisant la part belle aux guitares hurlantes de la paire Rudolf Schenker/Matthias Jabbs.

C’est dans une ambiance chauffée à blanc que sortent du chapeau de pures fusées hard rock comme l’intense « Blackout » ou le plus posé « Bad boys running wild ».

Moins de tranchant sur « Loving you sunday morning » et « Make it real » malgré des guitares toujours flamboyantes mais ce léger ralentissement est de courte durée puisque les Scorpions ressortent l’artillerie lourde avec « Big city nights » tube festif taillé pour la scène puis « Coast to coast » superbe instrumental fin et racé.

Mais il ne faudrait pas oublier que c’est avec leurs ballades imparables que les Scorpions ont conquis le monde, c’est pourquoi « Holiday » et « Still loving you » font à juste titre chavirer le stade.

Pourtant il parait impossible de survivre à l’impact de « Rock you like hurricane », meilleur titre du répertoire des Scorpions sublimé dans sa version live.

La fête bat son plein et « Can’t live without you » et « Another peace of meat » surgissent tels des diables de leur boite pour déployer leur rythme d’implacables machines heavy metal.

L’auditeur est emporté par le souffle de la formidable déflagration de « Dynamite » et même dans le registre plus posé de « The zoo » ou plus mélodique de « No one like you », les Scorpions continuent de toucher au but et de mettre le public à genoux.

La fin du disque s’écoule en deux parties, « Can’t get enough » scindé en deux par un grand solo explosif de Jabbs impérial sur « Six strings sing ».

En conclusion, «World wide live » est une déferlante sonore non stop, une orgie de décibels, un superbe témoignage scénique d’un groupe en pleine jeunesse alors au sommet de son art, faisant figure à son époque d’un des plus grands fleurons du heavy metal mélodique.

Très complet, vivant, énergique, servi par une grande puissance de feu, « World wide live » fait la part belle à la partie la plus hard des Scorpions, mais n’oublie pas pour autant les ballades parmi les plus belles jamais composées.

Difficile donc de faire la fine bouche ou de bouder son plaisir devant ce live culte, réjouissant, faisant formidablement honneur au heavy des 80’s !

Une chose est sure, les Scorpions semblent imprenables en ce milieu des années 80 et pourraient sans difficulté revendiquer leur place sur le podium des meilleurs groupes live de l’époque.

World wide live (Scorpions)
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