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15 juin 2014 7 15 /06 /juin /2014 09:56
Octahedron (The mars volta)

Nous restons dans le domaine de la musique pour aborder « Octahedron » avant dernier album de The mars volta, groupe de rock progressif apparu au début des années 2000 avant d’éclater en 2013 en laissant une poignée d’albums références.

Comme l’indique sa pochette artistique surréaliste, « Octahedron » s’inscrit dans la lignée d’un style musical réputé pour son coté cérébral et souvent élitiste de rock ayant des ambitions intellectuelles.

On débute en pente douce par « Since we’ve been wrong » qui ne débute qu’au bout de huit minutes avec la voix douce quasi féminine de Cedric Bixler-Zavala rappelant fortement celle de Geddy Lee des canadiens de Rush.

Doux, gracieux, fragile et intimiste, « Since we’ve been wrong » fait figure de belle respiration apaisante montrant toute la subtilité des musiciens.

C’est dans un registre toujours calme mais plus tortueux et expérimental que s’avance « Teflon » beaucoup moins fluide à l’écoute tandis que le trop plat et statique « Halo of nembutals » ne peut que laisser de marbre.

The mars volta pousse l’exercice encore plus loin, emmenant l’auditeur dans une longue méditation hypnotique de prêt de huit minutes sur « With twilight as my guide ».

L’exercice est d’une telle beauté épurée qu’il évoque les chants religieux tendant vers l’ascendance céleste.

A ce stade, les américains semblent se rappeler qu’ils sont aussi un groupe de rock et produisent avec « Cotopaxi » le premier titre rapide bruyant et incisif, enchainé de « Desperate graves » qui après un début tiède se construit plus en force.

La fin du disque se profile enfin avec « Copernicus » nouvelle ballade en lévitation dépassant allégrement les sept minutes et « Luciforms » d’une longueur également excessive malgré quelques élévations de température.

En conclusion, « Octahedron » recèle pour moi toutes les caractéristiques d’un album beau, racé mais aussi fragile et parfois ennuyeux dans ses longues plages d’apesanteur pure.

Son coté cérébral, épuré, léché et statique peut finir par déplaire à l’amateur de rock instinctif et sauvage que je suis, quitte à ce que le niveau technique soit largement moins haut.

Tout en reconnaissant certaines qualités notamment mélodique et vocale à cette œuvre, je ne peux donc pas décemment proclamer que l’écoute de « Octahedron » provoque en mois un océan de félicité !

A réserver donc aux fans forcenés de rock-prog ?

Octahedron (The mars volta)
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14 juin 2014 6 14 /06 /juin /2014 10:25
Humanity-hour 1 (Scorpions)

Après un gros passage à vide dans les années 90, les Scorpions qu’on pensait rangés des bacs à sables le dard bien émoussé, font un come back au milieu des années 2000.

Nous sommes en 2007, le bassiste Pavel Maciwoda a rejoint l’aventure tout comme James Kottak qui a retrouvé son poste à la batterie.

Avec sa pochette apocalyptico-gothique, « Humanity-hour 1 » débute par « Hour 1 », bonne surprise avec sa tonalité heavy metal sombre et puissant.

Le son de guitare imposant de la paire Rudolf Schenker/Matthias Jabs fait également mouche sur « Game of life » avec en prime la délicieuse touche accrocheuse de refrains mélodiques chanté de voix de maitre par Klaus Meine.

Dans une registre tout aussi calme mais plus convenu, « We were born to fly » se déplie avec souplesse.

Les Scorpions jouent alors la carte de la power ballade ambitieuse et chargent « The future never dies » d’une recrudescence d’effets grandiloquents et c’est avec une grande efficacité qu’est mené « You’re loving me to death » aux refrains entrainants.

La lourdeur des riffs continue de surprendre sur « 321 » tentative semi avortée de retrouver un esprit rock ‘n’ roll festif.

L’insatiable machine à ballades revient en force sur « Love will keep us alive again » et la plus appuyée « We will rise again » aussitôt écoutées/aussitôt oubliées.

On touche à vrai dire le fond sur « Your last song » et « Love is war » qui tirent fortement sur la corde à grand coup d’effets guimauve.

La fin du disque se profile enfin avec tentative d’injection de puissance sur « The cross » plutôt poussif et « Humanity » ballade boursouflée et aussi indigeste qu’un cassoulet un jour de canicule.

En conclusion, « Humanity-hour 1 » a tout du soufflet s’écroulant sur lui-même et ne parvient pas réellement à convaincre passer l’effet de surprise et les gros riffs à l’esbroufe à la Black label society.

Les Scorpions finissent assez rapidement par révéler leur véritable visage et déploient inévitablement les même longues ballades usées jusqu’à la corde.

Englués dans leur tentative de metal mélodique (qui a dit Evanescence ?), les Scorpions ne parviennent pas à retrouver leur fraicheur, leur vivacité et le punch des premiers jours et alignent une douzaine de titres plus que laborieux qui ne convainquent personne.

S’il est sans doute moins pire que le catastrophique « Eye to eye », « Humanity-hour 1 » demeure fermement à déconseiller et ne fait que confirmer la difficulté à survivre pour les vieilles gloires du rock des années 70/80.

Humanity-hour 1 (Scorpions)
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12 juin 2014 4 12 /06 /juin /2014 19:11
Eye to eye (Scorpions)

Disons le tout de go les années 90 s’avèrent purement catastrophiques pour les Scorpions en panne de repères et de créativité comme le montre le très décrié « Eye to eye ».

Sorti en 1999 avec James Kottak à la batterie, « Eye to eye » et sa pochette minable débutent par « Mysterious » qui introduit déjà un beat électro des plus artificiels et suspects.

Klaus Meine a beau s’échiner à chanter du mieux qu‘il peut, la sauce ne prend guère en raison du rythme plat et froid et de la mise très en retrait des guitares de la paire Rudolf Schenker/Matthias Jabs.

Les dance floors semblent clairement la cible de « To be n°1 » qui évolue tout en légèreté pop avec toute de même l’appui des guitares sur les refrains.

Les ballades vous manquait déjà ? Voici « Obsession » et « 10 light years away » qui déboulent avec de la guimauve alignée au kilomètre et c’est sur des riffs bien timidement déployés que s’entremêle le laborieux « Mind like a tree ».

Nouveau tartinage de ballades transparentes sur « Eye to eye » et « What U give U gave back » qui viennent vous bercer sur chacune cinq longues minutes environ.

La galère vogue toujours en douceur vers le néant au rythme de « Skywritter » et on lève timidement un sourcil sur « Yellow butterfly » un tantinet plus lourd et intéressant.

Retour des grosses machines électro tournant à vide sur « Freshly squeezed », tentative d’un peu d’animation sur le pop « Priscilla ».

Rien ne nous semble épargner avec du rap (!) sur « Du bist so schmutzig » sans doute idéal pour une fête de la bière à Munich et à vrai dire on est pas fâché d’arriver à la fin de ce douloureux marathon formé de « Aleyah » aux gros riffs paresseux/refrains lourdingues et je vous le donne en mille une énième ballade torchon « A moment in a million »

En conclusion, « Eye to eye » est une catastrophe, un reniement absolu du passé des Scorpions qui évoluait dans les années 70 dans un hard progressif particulièrement ambitieux avant de s’orienter vers un heavy metal mélodique mais viril diablement efficace dans les années 80.

En toute honnêteté on ne sait pas très bien ce que cherchent les Allemands avec ce disque, coller à plus de modernité en incorporant un son plus dance ? Séduire un plus large public en versant dans de la pop doucereuse à outrance ? En tout cas les guitares semblent bien mises sous l’éteignoir, tout comme la fibre créatrice et folle du groupe pour proposer un ersatz d’album boursouflé et sans âme.

C’est donc un vieux groupe fatigué semblant à bout d’idées et se raccrocher à la première mauvaise idée foireuse qui lui tombe sous la main qui semble aborder le début du XXI ième siècle.

Rien à retirer donc de ce disque qui fut un échec monumental bien mérité et mit un vrai coup d’arrêt de cinq ans à la carrière des Scorpions ! Et pan !

Eye to eye (Scorpions)
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11 juin 2014 3 11 /06 /juin /2014 23:27
Coup de tête (Jean-Jacques Annaud)

Nous restons en 1979 avec « Coup de tête » de Jean-Jacques Annaud, et l’autre partenaire de Miou-Miou dans les valseuses, Patrick Dewaere qui tient ici le rôle principal d’un joueur de football François Perrin d’une petit ville de province, Trincamp.

Après un accrochage à l’entrainement avec le joueur vedette de l’équipe, Berthier (Patrick Floersheim) qui se blesse avant un match capital, Perrin est renvoyé de l’équipe et de l’usine ou il travaille pour le compte de Sivardière (Jean Bouise) président du club et industriel principal de la région.

Livré à lui-même après une sortie spectaculaire en slip, il provoque une bagarre générale au bar du Pénalty tenu par Berri (Maurice Barnier) ou se retrouvent les supporters de foot et décide avant de quitter la ville, de rejoindre sa maitresse Marie (Dorothée Jemma) en ignorant que son mari Lucien dit la Bête, (Bernard Pierre Donnadieu) est présent.

La personnalité flamboyante de Perrin se manifeste lorsqu’il grimpe au mépris du danger sur un échafaudage, pour tenter d’abuser de Marie, terrifiée par la présence toute proche de son mari.

Tout bascule au sens propre et Perrin doit une nouvelle fois fuir et marcher en pleine rue comme le proscrit de la ville qu’il est.

Malheureusement pour lui, il est pris pour un violeur et arrêté par l’inspecteur de la ville (Gérard Hernandez).

Reconnu par deux notables, Brochard (Michel Aumont) le vendeur de voitures et Lozerand (Paul le Person) le marchand de meubles mais plus grave par la victime Stéphanie (France Dougnac) influencée par la police, Perrin qui a le profil du coupable de part sa condition de marginal est finalement incarcéré.

Mais un accident de bus de l’équipe de Trincamp va changer la donne, et Sivardière faire jouer ses relation pour faire sortir de prison le temps d’un match Perrin afin de jouer pour l’honneur de la ville.

Malin comme un singe, Perrin fausse compagnie à ses gardiens pour aller chez Stéphanie dans la ferme intention de la violer pour de bon, avant finalement de se raviser ce qui touche la jeune femme émue par tant de sincérité.

Participant finalement au match, Perrin se distingue et marque deux buts, devenant le héros local de Tincamp qui triomphe de son adversaire.

Toute la population change alors d’avis sur Perrin qui est porté au nues.

Invités par les mêmes notables qui le dénigraient, Perrin se laisse porter par cette vague irrépressible avant de par défit demander à revenir en prison.

A sa grande surprise, le directeur de la prison, influencé par les relations de Sivardière refuse de le reprendre et Perrin finit lavé de tout crime.

Le jeune homme finit par prendre une revanche éclatante au cours d’un grand diner provoqué en son honneur, n’hésitant pas à dire son fait aux notables, secouer les policiers l’ayant molesté et enlevant la femme de Sivardière (Corinne Marchand) dans l’intention de la violer avant finalement de se raviser encore un fois et de la laisser rentrer seule à pied en pleine nuit.

Mais Perrin renonce finalement à mettre à exécution ses menaces et retrouve Stéphanie tombée sous son charme de gentil rebelle incompris.

En conclusion, « Coupe de tête » est un film étrange et une vraie charge virulente contre la bêtise du monde du football entre supporters débiles et notables, politiciens compris utilisant son image populaire pour cimenter leurs avantages.

Dewaere y trouve un rôle taillé sur mesure pour lui, de rebelle, marginal, faux voyou charmant sensible et attachant.

Autour de lui une galerie d’acteurs de haut niveau font leur office mais le tout ne dépasse pas le stade de la curiosité franchouillarde autour d’un sujet qui à la base ne me passionne pas.

On préféra Annaud dans ses films d’aventures, plus audacieux et moins ancré dans un réalité sociale que j’estime assez peu intéressante.

Coup de tête (Jean-Jacques Annaud)
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11 juin 2014 3 11 /06 /juin /2014 22:49
La dérobade (Daniel Duval)

Détour vers un film français relativement méconnu, « La dérobade » de Daniel Duval.

Sorti en 1979, « La dérobade » adapté du roman éponyme de Jeanne Cordelier, traite d’un sujet difficile au travers de son héroïne Marie (Miou-Miou) jeune femme issue d’un milieu modeste qui tombe sous le charme de Gérard (Daniel Duval), un bel homme en réalité proxénète.

Séduite par la prestance de Gérard, Marie suit l’exemple de sa sœur, abandonne son métier de vendeuse de chaussure pour devenir prostituée tout d’abord dans une maison close.

Marie surmonte son dégout pour ce métier par amour pour Gérard qui devient son maquereau attitré, prélevant régulièrement l’argent de ses passes.

Après une descente de police, le maison close ferme et Marie qui vient d’être fichée par la brigade mondaine, travaille à présent dans un bar à hôtesse chez Madame Pedro (Martine Ferrière) ou elle fait la connaissance de Maloup (Maria Schneider) une collègue de travail.

Les hommes défilent, se répandant après des actes sexuels vite expédiés en confidences sur leurs problèmes personnels qu’elle doit écouter placidement, comme ce père de famille se vengeant de l’adultère de sa femme en allant voir les prostituées.

La violence est présente, notamment lorsqu’une bande de marseillais montés à Paris les enlèvent, les violent et les frappent.

Les représailles de Gérard sont terribles, les deux violeurs sont à leur tour enlevés, frappés, obligés de se sucer dans une cave, avant un avenir qu’on devine bien incertain.

Désireuses après cet incident d’avoir leur indépendance, Marie et Maloup quittent Madame Pedro pout tenter leur chance en duo mais ceci ne plait pas du tout à Gérard qui paie un homme de main, André (Niels Aristrup) pour se faire passer pour un client et coller une sévère raclée aux deux filles.

Le maquereau voit donc l’occasion d’assoir son autorité sur sa protégée qui travaille avec Maloup à présent dans une des rues sordides de Paris.

Pourtant, Gérard trouve plus fort que lui en la personne d’un gangster de plus haut rang (Jean Claude Dreyfus) qui l’enlève et le séquestre en vertu d’une ancienne dette à rembourser.

Marie se voit donc contrainte de trouver une énorme somme d’argent pour sauver son mac, en accumulant les passes et en menaçant son client père de famille de tout révéler à sa femme si il ne lui verse pas un fort montant.

Elle le récupère alors en piteux état et le couve le temps qu’il se remette.

Une nouvelle rencontre étrange se produit lorsque François (Régis Porte) un beau jeune homme, tente de la séduire par la gentillesse, avant de révéler de curieux penchant pour le travestissement.

Un malaise semble s’installer de manière profonde chez Marie, qui se blesse volontairement à la tête et fugue pour échapper à Gérard.

Privé de son gagne pain, le maquereau devient fou, effectuant des raids auprès de la famille de Marie pour la débusquer.

Tour à tour enjôleur ou menaçant, il parvient finalement à la pousser à le revoir et lui colle une énième raclée qui ne suffit pas à fléchir la volonté de Marie de raccrocher.

Un conseil de truands auquel appartient Jean-Jean (Jean Benguigui) décide que Marie doit encore tapiner une année pour rembourser Gérard de la sa perte financière.

Marie encaisse bravement la décision, enchaine mécaniquement les passes et finit par se rendre à la police pour déclarer officiellement renoncer à exercer la prostitution.

En conclusion, « La dérobade » est un film particulièrement glauque mettant en avant les mécanismes sordides de la prostitution dans les années 70, métier exercé à l’époque par une majorité de françaises alors qu’aujourd’hui ce sont plutôt des étrangères qui l’exercent.

Miou-Miou incarne avec son talent habituel pour les rôles extrêmes, une jeune femme déboussolée, issue d’un milieu pauvre, manipulée par un habile proxénète, qui la séduit pour la faire travailler à son compte avant de trouver en elle les ressources pour sortir de cet enfer.

Peu de choses nous sont épargnées : la violence et la cupidité du mac, son absence absolue de scrupules, le coté mécanique et déprimant de l’acte sexuel à répétition avec des hommes âgés parfois vicieux, la rivalité acharnée entre filles façonnées par la dureté de la rue et l’univers des voyous avec leurs codes brutaux basés sur la loi du plus fort et le profit.

Pas évident donc de surnager au milieu de ce cloaque putride et on se dit que si au final, une jeune fille parvient à s’extraire de ce piège infernal, ceci ne peut qu’appartenir qu’au domaine de l’exceptionnel.

Un film réaliste anti glamour à déconseiller aux âmes sensibles …

La dérobade (Daniel Duval)
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9 juin 2014 1 09 /06 /juin /2014 18:07
Face the heat (Scorpions)

Nouveau petit saut dans le temps avec « Face the heat » nouvel album des Scorpions sorti en 1993, période o combien difficile pour les dinosaures du hard rock traditionnel grignotés par la nouvelle vague, certes éphémère du grunge.

Beaucoup de changements au sein même de la formation, avec le remplacement du bassiste de toujours Francis Buschholtz par Ralph Rickermann et l’arrivée du clavier John Webster.

Avec sa pochette passe partout à faible impact, « Face the heat » débute par « Alien nation » mid tempo aux refrains puissants et racés particulièrement incisifs.

Plus de difficultés sur « No pain no gain » autre mid tempo massif mais beaucoup moins inspiré.

Les Scorpions insufflent enfin une bonne dynamique avec « Someone to touch » rapide, frais et fun qui vient réveiller l’auditeur un peu écrasé par la lourdeur des premiers titres.

Vient ensuite le tour d’une énième ballade « Under the same sun » gentillette et emplie de bons sentiments suivie de « Unholy alliance » long morceau tournant carrément à vide.

Première surprise du disque, « Women » excellente ballade sombre et bluesy sur laquelle la voix de Klaus Meine accomplit des miracles.

L’embellie est de courte durée et les allemands paraissent bien à la lutte sur « Hate to be nice » bien heurté, poussif et peu agréable.

On trouve également le temps long sur « Taxman woman » particulièrement plat et peu inventif avant de recommencer à bouger un peu au rythme plu soutenu de « Ship of fools ».

La fin du disque enfin avec « Nightmare avenue » puissant, direct et conquérant et comme on pourrait s’y attendre une ballade destinée à faire pleurer dans les chaumières « Lonely nights », joliment troussée.

En conclusion, sans etre bon à jetter aux orties, « Face the heat » n’est pas un album tout à fait au niveau du standing d’un groupe du calibre des Scorpions et victime d’une concurrence particulièrement rude se fit étriller à sa sortie.

Certes un peu long et guère passionnant avec son orientation plus lente et mélodique, « Face the heat » déroule un hard rock extrêmement balisé sans grande surprise qui plonge l’auditeur dans une longue torpeur.

En dix ans, les Scorpions semblent avoir pris un coup de vieux, et leurs compositions manquent de la folie, de l’inspiration et de la nervosité du début des années 80.

Malgré ce (triste) constat, « Face the heat » contient une petite poignée de titres encore de qualité suffisante pour que artistiquement il ne prenne pas tout à fait l’eau.

Face the heat (Scorpions)
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9 juin 2014 1 09 /06 /juin /2014 11:39
Savage amusement (Scorpions)

Nous sautons quelques années et nous retrouvons à présent en 1988 avec « Savage amusement » des Scorpions.

En 1984, l’album précédent « Love at first sting » a donné un terrible coup d’accélérateur à la carrière des Allemands à la faveur de la ballade ultime « Still loving you » slow qui rapprochait les adolescents du monde entier dans les « boums » de l’époque.

Devenus des popstars interplanétaires, les Scorpions sont maintenant attendus au tournant.

Avec sa pochette sexy-glam, « Savage amusement » commence par le bien nommé « Don’t stop at the top » qui combine habilement les ingrédients du succès des Scorpions avec un mélange de guitares démonstratives et de refrains fédérateurs.

Reconnaissons l’exceptionnelle efficacité de « Rythm of love » tube dont les refrains emportent tout sur leur passage et si « Passion rule the game » ne contient pas le même impact, il n’en demeure pas moins tout à fait correct.

Le hard rock solidement charpenté mais sans réelle originalité de « Media overkill » passe comme une ombre, tandis malgré des refrains fédérateurs « Walking on the edge » peine à tenir la distance.

Les Scorpions appuient donc sur l’accélérateur, laissant les guitares de Michael Schenker/Matthias Jabs durcir le ton sur « We let it rock … you let it roll » au heavy metal lourd et emprunté.

On déroule « Every minute, every day » titre passe partout bien exécuté mais sans aucune surprise ni prise de risques, prend de la vitesse sur « Love on the run » et son heavy metal supersonique qui déboule toutes guitares hurlantes afin de finir par « Believe in love » nouvelle ballade obligatoire, mignonnette mais d’une très grande platitude comparée aux grands standards écrits par le groupe.

En conclusion, sans atteindre l’immense succès de son prédécesseur et proposer une pléiade de tubes, « Savage amusement » fait figure de solide album de hard rock mélodique dans lequel les Scorpions démontrent toute leur maitrise.

Mis à part « Rythm of love », aucun titre majeure ne figure en effet sur ce disque qui ne provoque que peu d’innovations ou de prises de risques.

Frileux, « Savage amusement » se contente de capitaliser prudemment sur le succès du précédent disque.

Il sera sans doute suffisant pour confirmer le succès des Allemands, mais ne parviendra pas à leur faire élargir leur base de fans.

A réserver donc aux inconditionnels du groupe, les autres pourront passer leur chemin en haussant les épaules devant l’intérêt relatif de l’œuvre.

Savage amusement (Scorpions)
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9 juin 2014 1 09 /06 /juin /2014 10:18
Blackout (Scorpions)

Poursuite de l’exploration de la longue carrière de hard rockers des Scorpions avec « Blackout » l’un de leurs albums phares.

Sorti en 1982, « Blackout » affiche d’entrée une pochette agressive tranchant avec celles des albums précédents.

La tonalité est en effet rapidement donnée sur « Blackout » rapide et tonique avec déjà des riffs de guitare très punchy de la paire Rudolf Schenker/Matthias Jabbs.

On enchaine sans coup férir sur « Can’t live without you » construit sur le même moule mais aux refrains encore légèrement supérieurs avant d’aboutir sur un réel tube, « No one like you » poussant le sens de la mélodie encore plus loin avec la richesse du timbre de Klaus Meine et le superbe feeling des riffs de guitare rappelant le meilleur de Judas priest.

Le ravissement ne cesse pas et la face mélodique des Scorpions prend alors progressivement le dessus sur le très propre « You give me all I need ».

L’électricité du hard ‘n’ roll revient sur « Now ! » vif, teigneux en diable puis « Dynamite » authentique hymne puissant et dynamique sur lequel les guitares se déchainent en toute vélocité.

On revient à plus de calme sur le pépère « Arizona » et le long pseudo atmosphérique « China white » qui se montrent presque transparents en comparaison des flèches incandescentes décochées jusqu’à présent.

L’album se clôt sur une ballade, comme souvent sublime avec les Scorpions au meilleur de leur forme, « When the smoke is going down » avec une importante touche de mélancolie charriée par la voix douce de Meine.

En conclusion, « Blackout » est un excellent album de hard rock lorgnant fortement vers le heavy metal mélodique.

Les Scorpions musclent leur musique et font preuve d’une belle puissant de feu avec une pléiade de titres dynamiques sur lesquels la haute technicité des guitaristes fait figure d’arme maitresse.

A cette force s’ajoute la touche mélodique du groupe, toujours présente et garante d’une plus grande efficacité notamment par l’approche de radios.

Comme fer de lance de cette approche, on retrouve sans surprise Klaus Meine, dont la voix haut perchée si particulière appartient pour toujours à l’identité du groupe.

Rien à jeter donc sur ce « Blackout » qui à vrai dire pourrait tout à fait concourir pour le titre du meilleur disque des Scorpions, avec un excellent compromis puissance/mélodie le tout enrobé d’une efficacité à toute épreuve.

Blackout (Scorpions)
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8 juin 2014 7 08 /06 /juin /2014 17:45
X-men, days of future past (Bryan Singer)

Nous nous plongeons bien évidemment dans le « X-men, days of future past » de 2014 qui marque le retour dans la franchise de Bryan Singer.

Le scénario choisi est cette fois autrement plus audacieux et alambiqué que précédemment avec pour empêcher la destruction des mutants de le futur proche par un programme militaire haute technologie de robots Sentinelles capables de s’adapter à tous les pouvoirs mutants pour les contrer, l’arrivée de Shadowcat/Kitty Pride (Ellen Page) et Bishop (Omar « Intouchable » Sy) dans le présent afin d’avertir les leaders des X-men, le Professeur-X (Patrick Stewart) et Magneto (Ian Mc Kellen).

Comprenant l’urgence de la situation, Xavier et Magnéto choisissent d’envoyer Wolverine (Hugh Jackman) dans le passé afin d’empêcher la réalisation de l’assassinat de Bolivar Trask (Peter Dincklage) le concepteur des Sentinelles par Mystique/Raven (Jennifer Lawrence), évènement déclencheur de l’éradication mutante.

Etant choisi en raison de ses facultés régénératrices, Wolverine accepte non sans inquiétude un retour de son esprit en 1973, tandis que son corps restera en 2014, protégé par les X-men dans monastère montagneux reculé de tout.

C’est donc back in the 70’s qu’un Wolverine sans squelette/griffes d’adamantium tente d’approcher le Charles Xavier (James Mc Avoy) de l’époque, un jeune homme fragile s’injectant des doses massives de drogues pour contenir son pouvoir télépathique qui l’effraye.

Sans but, Xavier vit seul avec Hank Mc Coy/le Fauve (Nicholas Hoult) dans un grand manoir New-Yorkais en ruminant ses échecs passés et sa haine contre Magnéto (Michael Fassbender) incarcéré pour l’assassinat de John Fitzgerald Kennedy.

Un peu dépité par cet accueil glacial, Wolverine parvient à convaincre les deux hommes de l’aider à libérer Magnéto pour retrouver Mystique, livrée à elle-même et avec le ferme intention de pénétrer les secrets de Trask, brillant ingénieur nain désireux de vendre ses robots anti mutants au gouvernement américain.

Les facultés déplacement à haute vitesse de Peter Maximoff/Vif argent (Evan Peters) sont une aide précieuse pour pénétrer la prison de haute sécurité du Pentagone dépourvue de toute partie métallique ou est détenu Magnéto.

Le jeune homme désinvolte et sympathique, déjoue toutes les sécurités pour permettre à Magnéto de sortir de sa cellule tandis que le brillant Fauve pirate le système de surveillance vidéo du bâtiment.

Vif argent est également crucial pour échapper aux balles non métalliques des gardes, permettant de le sauver ainsi que Wolverine et Xavier.

Xavier parvient à surmonter son ressentiment contre Magnéto et les deux hommes se mettent en quête de Mystique pour empêcher le fameux assassinat mais si Xavier espère la raisonner par dialogue télépathique, Magnéto souhaite lui l’assassiner.

C’est à Paris, au moment de signer l’armistice de la guerre du Viet Nam que l’occasion se présente car Trask tente d’y vendre ses Sentinelles aux belligérants.

Mystique comme toujours parfaite transformiste, prend l’apparence d’un général Viet cong pour s’inviter à la table des négociations mais est détectée par un appareil de Trask.

Wolverine et Magneto interviennent, empêchant l’assassinat mais pas Mystique blessée à la jambe de répandre son sang dans la rue au vue de parisiens terrifiés.

Le Fauve intervient pour empêcher Magneto de tuer Mystique et lui permet de s’échapper péniblement dans la rue en se fondant dans la foule.

Il est bloqué dans une fontaine, laissant les passants prendre peur face à son apparence bestiale.

Tétanisé par la vue de Stryker (Josh Helman), le militaire qui le torturera plus tard dans le cadre du projet X, Wolverine perd les pédales, son corps du futur griffant sauvagement la pauvre Kitty puis parvient à se calmer difficilement.

De retour aux Etats-Unis, Trask parvient à convaincre Nixon (Mark Camacho) d’organiser devant la Maison Blanche à Washington un show de démonstration des Sentinelles afin de prouver au monde qu’il existe une protection efficace contre ces mutants.

C’est à cette occasion que Mystique, remise de sa blessure, décide d’assassiner le dangereux ingénieur.

Tout le monde se retrouve donc à cette fameuse journée de démonstration, mais Magnéto s’apprête à prendre les choses en main en injectant du métal dans les Sentinelles afin de pouvoir contrôler leurs organes terminaux et de manière encore plus impressionnante, faire léviter l’arène d’un stade pour isoler la Maison Blanche du reste du monde.

Même si Nixon est évacué dans une pièce secrète blindée dans laquelle Mystique s’est introduite transformée en agent de sécurité, Magnéto qui domine la situation n’a aucun mal à bloquer le Fauve, Wolverine et Xavier en résistant aux pouvoirs télépathiques de ce dernier grâce à son casque, tout en tenant en respect les policiers avec ses Sentinelles, n’a aucun mal à l’en extraire.

Pire que cela, Wolverine dont le corps a été percé de barres de métal par Magnéto, est éjecté dans le fleuve pour une mort par noyade sans remords ce qui provoque l’agitation de son corps de 2014.

La situation n’est guère plus fameuse dans le futur car les Sentinelles génétiquement modifiées et donc quasiment invincibles, attaquent la retraite des X-men.

Le défense est alors acharnée, Tornade (Halle Berry) détruisant leurs vaisseaux porteurs dans une tempête, chargeant à bloc d’éclairs Bishop pour lui permettre de tirer sur les assaillants mais cela ne suffit pas et les X-men tombent courageusement mais un à un, tels Iceberg (Shawn Ashmore), Solar (Adan Canto), Colossus (Daniel Cudmore) surclassés par des parades à leurs pouvoirs de glace, feu et armure blindée.

Le courageux Warpath (Booboo Stewart) et le téléporteuse Blink (Fan Bingbing) sont également balayés.

Dans le passé, Mystique qui a réussi à blesser Magneto à la gorge par une balle en plastique tient en joue Trask mais est finalement raisonnée par Xavier et renonce à son projet d’exécution ce qui met fin in extremis à l’attaque mortelle des Sentinelles du futur.

Tout semble revenir à la normale en 2014 avec un Wolverine un peu sonné mais heureux de voir ses amis dont Cyclope (James Mardsen) et Jean Grey (Famke Janssen) s’épanouir à l’Institut Xavier même si dans le passé son corps inanimé est repêchée par l’abominable Stryker dans le but des fameuses expériences canadiennes …

Pour finir, un dernier clin d’œil est adressé a une future histoire mettant probablement en scène Apocalypse, le mutant immortel qui se dit dieu d’Egypte.

En conclusion,« X-men, days of future past » est construit sur un scénario diablement complexe et assez difficile d’approche qui peut parfois irriter par sa construction assez lente.

L’idée de faire plonger l’histoire dans les années 70 est habile avec une jolie reconstitution de l’époque sans toute la micro-informatique connue de nos jours.

Dans ce contexte le trio Wolverine/Mystique/Magnéto tient le haut de l’affiche, avec des acteurs hyper charismatiques dont Jackman qui devrait à mon sens se calmer à son âge sur les stéroïdes, Connelly aussi sexy que déterminée et Fassbinder ambitieux et froid.

Même si les Sentinelles constituent à elle seule un beau sujet, on regrettera l’absence de nouveaux héros/criminels de belle envergure et l’aspect faire valoir de Bishop, Colossus et Solar, Xavier et le Fauve s’en sortant de leur coté avec beaucoup plus de chance.

Autre critique, des scènes d’action quelques peu timorées, à l’exception du très vivifiant Vif argent, avant un final certes beaucoup plus impressionnant et dramatique.

Respect donc pour ce scénario audacieux et habile, mais petit déception donc quand au manque de renouvellement des personnages.

Singer signe donc une œuvre maitrisée et intelligente, qui aurait à mon sens gagnée à un peu de nouveauté.

Enfin, qui a dit qu’on s’attendait à voir Omar Sy promener le Professeur-X en fauteuil ?

X-men, days of future past (Bryan Singer)
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8 juin 2014 7 08 /06 /juin /2014 15:28
Tyson (James Toback)

Le noble art a toujours eu sa place dans ces colonnes aussi est-ce avec un grand plaisir que sera chroniqué le documentaire de James Toback intitulé « Tyson » consacré en 2008 au plus grand champion du monde poids lourd de ces trente dernières années, Mike Tyson.

En une heure et demi seulement, Mike Tyson accepte de se livrer comme jamais devant une caméra, parlant de son enfance dans le quartier défavorisé de Brownsville à Brooklyn avec un père inconnu et toute une flopée de beau pères se succédant au gré des liaisons de sa mère.

Jeune, Mike apprend la dure loi de la rue et bien que répugnant à se battre, doit faire usage de sa force déjà importante après qu’on ait massacré les pigeons qu’il élevait sur les toits de son quartier.

Sans repère, fasciné par les petits truands noirs de Brooklyn à la richesse tapageuse, Tyson rejoint une bande et commet des braquages avant de se faire coffrer par la police à seulement 13 ans.

En prison, Tyson découvre la boxe par l’ancien boxeur Bobby Irish Stewart, qui le stupéfait après un coup du foie qui le cloue au sol.

Ayant détecté les immenses capacités physiques de l’adolescent mais aussi sa grande fragilité vis-à-vis du monde du dehors, Stewart oriente Tyson vers l’entraineur Cus d’Amato, entraineur réputé de New-York.

On comprend très vite que la rencontre avec Amato est cruciale dans la vie de Tyson.

Comme dans les films, Amato va exercer sur le jeune homme le rôle de père qui lui a toujours manqué, forgeant son corps et son mental pour faire de lui un futur champion de boxe.

Complètement intégré au sein de la famille Amato, Tyson va prendre progressivement confiance en lui, comprenant qu’il peut faire autre chose de sa vie que d’être un délinquant.

Sur le ring, la combinaison Tyson-Amato fait des ravages et le jeune boxeur accumule les succès grâce à une vitesse et un punch phénoménaux.

Malgré quelques déconvenues pour les sélections des jeux olympiques de 1984, Tyson passe professionnel en 1985 avec Jim Jacobs et Bill Cayton comme managers.

La mort de Amato est une tragédie pour Tyson qui perd son père spirituel à seulement 19 ans.

Mais la machine crée par Amato est lancée et Tyson devient le plus jeune champion du monde des lourds en 1986 à seulement 20 ans.

Le monde découvre alors fasciné et terrifié, un boxeur petit mais ultra rapide et puissant, capable de ridiculiser des adversaires plus grands et lourds qu’il surclasse en vitesse et punch.

Ces années sont les meilleurs pour le boxeur, qui accumule les exploits sportifs et devient une star, propulsé en cela par son nouveau et sulfureux manager Don King, lui-même ancien repris de justice qui aura une influence néfaste sur son poulain.

Tyson change de vie, est adulé dans le monde entier, sort, côtoie beaucoup de femmes et épouse sur un coup de tête l’actrice Robin Givens âgée sensiblement du même âge.

Ce mariage est un naufrage, Givens demande huit mois plus tard le divorce et se répand dans la presse sur la personnalité dépressive voir violente de son ex-mari.

Profondément affecté par cette rupture, Tyson dérive, boit, se drogue, perd son assiduité à l’entrainement et se fait surprendre à la surprise générale en 1990 à Tokyo par le modeste James Douglas dans l’une des plus grandes surprises de l’histoire de la boxe.

Cette dérive s’accélère lorsqu’en 1992, Tyson est incarcéré pour un viol commis sur une candidate au concours de Miss Black America.

Il purge sa peine avec interdiction de s’entrainer, rase les murs, lit, se convertit à l’Islam par rejet de la société américaine.

Ce qu’il raconte sur la dureté de la vie en prison se montre effrayant avec des détenus de longues durée à tendances psychotiques lançant leurs excréments, mettant le feu aux lits, les viols, les révoltes et les cellules d’isolement ou il peut cultiver son penchant pour la solitude.

Sorti en 1995, Tyson n’est plus le même, ayant beaucoup perdu physiquement et mentalement en prison.

Il épouse sa psychologue la belle Monica Turner, avec qui il restera marié 7 ans et aura trois beaux enfants, mais qui finira par le quitter en raison de ses éternelles infidélités.

Après quelques matchs de rodage viennent les choses sérieuses avec le combat contre Evander Holyfield, vieux boxeur extrêmement résistant et courageux, qui ne se montra pas impressionné par l’aura bestiale de Tyson.

Holyfield le bat une première fois en 1996 à Las Vegas dans un match dur ou Tyson se plaint de coups de tête.

La revanche en 1997 tourne au psychodrame, Tyson perdant la tête, mordant à deux reprises son adversaire à qui il arrache un morceau d’oreille, se faisant disqualifier et suspendre après une bagarre générale sur le ring.

La violence et la provocation seront également au rendez vous face à l’imposant anglais Lennox Lewis, qui sera le dernier champion à le battre en 2002 avant une retraite définitive en 2005 face au modeste Kevin Mc Bride, Tyson ayant perdu le gout de combattre et ne s’estimant plus assez compétitif pour les grands titres.
En traçant le bilan de ses dernières années, Tyson exprime son amertume face à ses anciens managers requins, les Jacobs, Layton mais surtout l’affreux Don King qui l’escroquèrent en ne lui laissant que les miettes de l’immense fortune amassée sur les rings.

Le boxeur ne mâche pas ses mots sur King, le traitre qu’il est allé piétiner dans un hôtel de Beverly Hills avant de ne récupérer que à peine 10% de ces gains par la voie légale.

Il évoque également sa passion des femmes, son instabilité amoureuse, ses innombrables conquêtes attirées par sa célébrité, sa réputation d’athlète brutal et son argent.

Etonné d’être encore en vie à 40 ans, Tyson n’avait rien prévu et va devoir se chercher une nouvelle vie, loin de la boxe mais en relation avec ses enfants dont il semble fier.

En conclusion, « Tyson » est un documentaire à l’image de son sujet, âpre, intense, captivant et constituerait sans problème le biopic d’un film hollywoodien.

Derrière la brute bodybuildée, se dessine un homme fragile, en proie à de grandes difficultés et angoisses existentielles qu’il masque à travers une agressivité et un mode de vie extravertie.

Personnage sans limite, extrême dans son rapport au sexe et à l’argent, Tyson semble vivre toujours en cherchant à se bruler les ailes.

On demeure également abasourdi de voir l’influence de son premier coach Cus Amato, sorte de Mickey des Rocky, qui le tira vraisemblablement de la rue et d’une mort précoce dans l’anonymat, la violence et la misère.

Bien entendu, j’ai adoré voir ce champion mythique ouvrir son cœur mais ai également gouté les analyses techniques, notamment de boxeurs français (Fabrice Benichou, Souleymane M’Baye, Thierry Jacob, John Dovi, Dominique Nato …), louant la technique simpliste du boxeur en basant tout sur la vitesse et le punch pour faire la différence, mais également le terrible ascendant psychologique qu’il exerçait sur ses adversaires qui perdaient leur moyens face à lui.

Au-delà du témoignage, on restera sans voix sur les vidéos du Tyson du début des années 80, ce félin musclé, rapide et féroce, broyant de la puissance de ses coups surnaturels les corps martyrisés de ses adversaires.

Monumental donc, avant de découvrir le livre " La vérité et rien d'autre" sorti en 2013 ?

Tyson (James Toback)
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