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9 septembre 2014 2 09 /09 /septembre /2014 20:42
After the war (Gary Moore)

En 1989, « After the war » de Gary Moore voit le jour poursuivant la production régulière de disques de l’Irlandais durant les années 80.

Avec Cozy Powell à la batterie en sus de son habituelle armée de batteurs : Charlie Morgan, Simon Philipps ou Brian Downey son compère de Thin Lizzy, Moore présente une pochette d’un grande force épurée.

Un court instrumental « Dunluce (part 1) » en guise d’apéritif et l’album démarre véritablement avec « After the war » mid tempo pesant et un peu pompeux qui aurait pu coller au répertoire d’un Yngwie Malmsteen.

On est surpris par le registre franchement heavy metal de « Speak for yourself » aux refrains du reste plutôt agréables qui contraste avec le très soft « Livin’ on dreams ».

Ozzy Osbourne vient prêter main forte au guitariste sur « Led clones » pour un résultat fortement inspiré par le « Kashmir » de Led Zeppelin pas nécessairement des plus réussis.

Moore rend hommage à ses premiers amours, le blues avec « The messiah will come again » reprise instrumentale de Roy Buchanan étalée sur plus de sept minutes puis retrouve une belle inspiration personnelle pour glisser un « Running for the storm » certes peu original mais incroyablement fluide et agréable

Le rock ‘n’ roll vitaminé n’est pas non plus oublié et trouve sa place sur « This thing called love » qui groove comme du Van Halen enchainé de « Ready for love » du même acabit bien que moins réussi.

Le tempo se ralentit pour la fin du disque et « Blood of emeralds » posé sur ses huit minutes trente, évoque les morceaux les plus progressif d’un Iron maiden assagi avant que ne survienne « Dunluce part 2 » instrumental conclusif faisant écho à son frère jumeau de l’ouverture.

En conclusion, bien que moins tranchant et inspiré que « Run for cover », « After the war » n’en est pas moins un album surprenant, majoritairement influencé par le hard rock et le heavy metal.

On comprend mieux à présent l’évolution de Gary Moore, qui sortait dans les années 80 des albums plus durs avant d’évoluer à partir des années 90 vers une orientation beaucoup plus bluesy.

Gary Moore livre donc ici une prestation musclée et sans fioriture en allant lorgner du cotés des spécialistes du rock lourd (Led Zep, Van Halen, Ozzy Osbourne voir Iron maiden), registre dans lequel il demeure tout à fait efficace à défaut d’être particulièrement génial ou novateur.

After the war (Gary Moore)
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7 septembre 2014 7 07 /09 /septembre /2014 23:09
Run for cover (Gary Moore)

C’est avec un plaisir évident que je vais continuer à explorer la carrière solo de Gary Moore avec « Run for cover » qui en 1985 contribua à sa première percée hors de l’ombre parfois envahissante de Thin Lizzy.

Entouré d’une pléiade de stars du milieu notamment Glenn Hughes de Deep Purple, Bob Daisley ou son compère Phil Lynott à la basse, Neil Carter de UFO en soutien vocal, de Don Airey aux claviers et d’une petite armée de batteurs Charlie Morgan, James Barton et Paul Thomson.

Posant avec fière allure en redingote, Gary Moore débute par un beau « Run for cover » doté de refrains musclées et diablement efficaces.

Alléché par cette entrée en matière, l’auditeur déguste « Reach for the sky » délicieux mid tempo bien ajusté contenant juste ce qu’il faut de clavier vintage des années 80 se mariant fort bien avec le chant plus mélodique du chanteur.

L’apport de Lynott se fait sentir sur le très bon « Military man » sur lequel le bassiste place un chant soutenu contrastant avec le sublime break aérien central.

Le duo renouvèlera l’exploit en le surpassant de toute la classe de « Out in the fields » véritable tube irrésistible chanté à deux voix sur fond de guerre en Irlande du nord.

Entre ses deux titres majeurs, se glisse pourtant une ballade classieuse « Empty room » et « Out my system » mid tempo plus quelconque si on fait abstraction du toucher toujours aussi joli de Moore.

L’Irlandais mène toujours correctement sa barque avec « Nothing to loose » rugueux mais manquant un peu de fluidité, puis passe plus en souplesse à l’aide de « Once in a lifetime » qui lorgne plus vers le rock/hard FM de qualité.

Il est à présent d’aborder la fin de l’album qui se matérialise avec « All messed up » puissant et trapu, avant un « Listen to your heartbeat » également très orienté rock mélodique élégant.

En conclusion, à son écoute on comprend que « Run for cover » permit à la carrière solo de Gary Moore de décoller tant ce disque puissant et emballant est truffé de pépites hard rock ou soft rock.

Très bien entouré et sans trop en faire dans la surenchère guitaristique, Gary Moore bâtit un album intelligent, équilibré et particulièrement plaisant.

Moins orienté blues mélancolique que la suite de la carrière de l’Irlandais, « Run for cover » culmine dans ses deux duos avec Thin Lynott, qui crèvent l’écran, confirmant les résultats impressionnants produits lorsque ses deux génies un peu méconnus de la musique s’associaient.

Je ne peux donc que conseiller cette plongée dans le meilleur des années 80 aux plus férus de rock à guitare(s) d’entre vous !

Run for cover (Gary Moore)
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7 septembre 2014 7 07 /09 /septembre /2014 09:53
Rome, saison deux, épisodes un et deux (Bruno Heller)

Il était complètement logique que compte tenu de la qualité de la fin de la première saison de la série « Rome », je me rue sur la seconde saison, parue en 2007.

Dans l’épisode 1 réalisé par Tim Van Patten sur un scénario de Bruno Heller, le corps de César (Ciaran Hinds) est encore chaud et ensanglanté au Sénat, lorsque le consul Marc Antoine (James Purefoy) parvient in extremis à sauver sa propre vie en échappant à des hommes de main envoyés par les sénateurs conjurés contre l’avis de Brutus (Tobias Menzies).

Le fils de César a bien du mal à surmonter l’immense émotion engendrée par son parricide et vacille malgré l’aide de sa mère Servilia (Lindsay Duncan) considérée comme l’un des principaux organisateurs de l’attentat.

De son coté, Lucius Vorenus (Kevin Mc Kidd) nage également en plein drame après le suicide de sa femme Niobé et la malédiction qu’il voue à ses propres enfants.

Quittant sa maison, il erre seul et égaré dans les rues mal famées de l‘Aventin, avant de se faire agresser et dépouiller.

Mais le pouvoir à Rome ne saurait rester longtemps vacant et Marc Antoine ragaillardi après le choc de la mort de César, propose une alliance aux conjurés en échange de sa neutralité.

Il se montre très ferme voir menaçant dans les négociations, arrachant un accord forcé à Brutus contre l’avis de Cassius (Guy Henry) et Cicéron (David Bamber) qui souhaitent eux la mort du consul, jugé peu fiable et extrêmement dangereux.

Mais Brutus ne peut se résoudre à un deuxième assassinat et laisse prospérer l’ancien consul qui prend de plus en plus confiance au point de tuer un des hommes ayant cherché à l’assassiné au Sénat.

Il semble pourtant que le jeune Octave (Max Pirkis) responsable indirectement de la mort de César et devenu par la foi du testament de l’empereur, son héritier officiel, soit le principal et logique opposant à Marc Antoine qui bien entendu n’entend pas respecter les dernières volontés de César.

Conscient de la force ce Marc Antoine et de sa proximité avec sa mère Attia (Polly Walker) obligée de se chercher un nouveau protecteur dans le chaos prévisible consécutif à la disparition de César, Octave choisit la voie de la diplomatie pour faire valoir ses droits, sans grand succès dans un premier temps.

Les funérailles de César et Niobé ont lieu quasiment au même moment, la première se traduisant par une lutte à distance pour le pouvoir dans laquelle Marc Antoine plus habile que Brutus à séduire la plèbe par des images fortes et simples sort largement vainqueur, la seconde dans l’inimité et la douleur d’un Vorenus tiraillé par ses tourments intérieurs depuis que ses enfants ont disparu, enlevés par son vieil ennemi Erastes Fulmen (Lorcan Cranitch), principal chef de gang de l’Aventin.

Dans l’épisode 2, Allen Coulter passe à la réalisation sous le contrôle de Bruno Heller.
Titus Pullo (Ray Stevenson) qui coulait de jours heureux à la campagne avec sa nouvelle femme l’ex esclave Eiren (Chiara Mastalli), revient à Rome en apprenant la mort de César et découvre la situation critique dans laquelle son ami Vorenus se trouve.

Tentant de la raisonner, il accepte pourtant de l’accompagner dans une expédition punitive à haut risque contre Fulmen qui a enlevé les enfants de Vorenus.

Le duo ivre de sang ne fait pas dans la demi mesure et liquide la garde rapprochée du chef de gang, qui est surpris aux bains.

Après un interrogatoire musclé, Fulmen lâche finalement que les enfants de son ennemi ont été violés et tués, avant de mourir décapité d’un coup de glaive.

Dans les hautes sphères de Rome, Marc Antoine a clairement pris les reines du pouvoir et contraint Brutus à l’exil.

Servilia résiste et échappe à la mort voulue par son ennemie Attia uniquement par l’intervention d’Octave qui se heurte de plus en plus fréquemment à Marc Antoine au sujet de son héritage.

Une nouvelle donne entre en compte avec l’arrivée à Rome de Cléopâtre (Lindsay Marshal), reine d’Egypte, venue sceller un accord commercial et militaire avec Marc Antoine mais également faire reconnaitre son fils Césarion, né de ses amours avec César, par le nouveau maitre de Rome.

Aiguillonné par la jalousie d’Attia, Marc Antoine refuse tout net la demande de Cléopâtre mais l’invite tout de même à diner.

Participant à la soirée, Attia voue une haine mortelle à cette femme intelligente et séductrice qui tente de manœuvrer pour s’attacher à elle le puissant consul.

Après que la reine se soit retiré, Marc Antoine qui répugne à gouverner et laisse le chaos s’installer dans le quartier de l’Aventin, privé de son chef de gang emblématique, se montre sensible à la requête de Pullo, venu l’aider à remettre sur pied Vorenus, qui se laisse dépérir depuis son raid mortel.

Il se déplace en personne pour secouer Vorenus et faire de lui son représentant dans l’Aventin comme chef des bandes armées qui s’entre déchirent.

Marc Antoine a pourtant fort à faire avec Octave qui lassé d’entendre des vagues promesses, contracte un emprunt sur son nom pour distribuer de larges sommes au peuple et entrer ainsi dans la vie politique.

Une violente dispute éclate donc dans les appartements d’Attia, et Octave frappé par Marc Antoine doit donc quitter Rome et sa mère, qui continue de soutenir son amant.

Légitime et à présent populaire, le jeune homme peut lever une légion et se pose comme principal opposant militaire à Marc Antoine.

Dans la dernière partie de l’épisode, Vorenus requinqué par la venue du consul, réussit avec Pullo à provoquer une réunion des principaux chef de bande et leur impose en usant de promesses de rétribution et de menaces physiques une soumission au forceps.

Mais l’attitude de Vorenus devenu de plus en plus violent et se définissant comme le fils d’Hadès et donc insensible aux autres dieux, déplait à son ami, le brave Pullo qui le soutient néanmoins.

Il ignore que ses enfants n’ont pas été comme l’a dit Fulmen tués, mais simplement vendus comme esclaves …

Devenu puissant et respecté comme le chef de l’Aventin, Vorenus reçoit l’aide de deux précieuses recrues, son ex collègue vétéran de la légendaire 13 ième légion, Mascius (Michael Nardonne) et Gaia (Zuleikha Robinson), ancienne tenancière de bordel aussi belle qu’intelligente.

En conclusion, « Rome saison 2, épisodes un et deux » continue sur sa passionnante lancée.

Après un épisode de transition au cours duquel les principaux protagonistes se remettent des deuils de leurs proches, les forces en présence reprennent leur activité normale, Vorenus se dissolvant dans une quête destructrice de violence aveugle qui l’amène quelque peu miraculeusement à devenir un homme de main de Marc Antoine et surtout le chef de gang numéro un de l’Avenant, tandis que le bras droit de César, homme fort et sans scrupules, prend logiquement le dessus sur des sénateurs divisés, faibles et irrésolus.

Deux données importantes sont ici introduites, l’entrée dans le jeu de Cléopâtre dont les revendications pèsent un certain poids et la montée en puissance du jeune Octave, intelligent et ambitieux, qui enhardi par l’adoubement posthume de César, prend finalement la décision de défier sa mère et Marc Antoine.

Toujours formidablement bien construit sur deux niveaux haut/bas des classes sociales romaines reliées entre elles, « Rome saison 2, épisodes un et deux » continue de séduire, servi en cela par des acteurs incroyablement charismatique, mention spéciale accordée à James Purefoy, parfait de virilité brutale à la Marlon Brando.

Rome, saison deux, épisodes un et deux (Bruno Heller)
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6 septembre 2014 6 06 /09 /septembre /2014 11:26
Blackthorn (Mateo Gil)

Sorti en 2011, « Blackthorn » est un western atypique de l’espagnol Mateo Gil.

Exploitant une nouvelle fois la légende du bandit américain Robert Leroy Parker plus connu sous le nom de Butch Cassidy qui fut célèbre à la fin du XIX ième siècle pour ses pillages de banques, Gil dresse cependant le portrait d’un homme vieilli, réfugié dans les montagnes Bolivie ou il mène une existence retirée sous le nom de Blackthorn (Sam Shepard).

Un jour pourtant Blackthorn annonce à son compagne bolivienne Yana (Magali Solier) qu’il va rentrer aux Etats-Unis avec toutes ses économies et celle-ci accepte avec résignation la nouvelle.

Malheureusement, en chemin, Blackthorn est attaqué par un tireur solitaire, qui met en fuite son propre cheval, sur lequel étaient toutes ses économies.

Furieux, il prend à revers l’intrus et découvre un jeune espagnol, Eduardo Apodaca (Eduardo Noriega), qui se dit ingénieur des mines et poursuivi par une bande armée après qu’il leur ait volé l’argent de l’exploitation de la mine qu’ils possédaient.

Malgré sa rancœur, Blackthorn accepte de le laisser en vie contre la promesse d’un remboursement de sa perte.

Le duo improvisé fait alors route vers la mine avec à ses trousses une bande de boliviens armés et déterminés.

En parallèle, des flashbacks se concentrent sur la jeunesse de Cassidy (acteur Nicolaj Coster Waldau) et le trio qu’il formait avec le Kid (Padraic Delaney) et la charmante Etta Place (Dominique Mc Elligott).

Vivant sans arrêt sous la menace d’une arrestation, le trio tente d’échapper au détective Pinkerton (Stephen Rea) et ses hommes qui les traque dans tous les Etats-Unis.

Cette partie du récit se déroule en pointillés, poussant le trio à se séparer une fois Etta Place enceinte du Kid, avant que celui-ci ne décède des suites d’une blessure par balle en tenant de fuir à travers les montagnes de la cordillère des Andes pour passer en Bolivie.

Dans le présent, Blackthorn et Apodaca parviennent à récupérer les titres des mineurs volés et cachés au fin fond d’une mine désaffectée, non sans échapper in extremis à leurs poursuivants qui les pourchassent dans les galeries.

Avec de pareils ennemis aux trousses, aucun lieu ne semble sur et le repli stratégique opéré dans la ferme de Blackthorn s’avère insuffisant, lorsque la bande armée envoie deux femmes pour tuer les voleurs.

Les tueuses sont éliminées, mais Yana perd la vie et Blackthorn reçoit un balle dans l’épaule qui l’affaiblit.

Contraint une nouvelle fois à la fuite, le duo n’a pas d’autres solutions que de traverser le désert de sel d’Uyuni ou leurs chevaux perdent rapidement leurs forces.

Blackthorn demande à Apodaca de se séparer pour troubler leurs ennemis mais les deux hommes se retrouvent rapidement contraint chacun de leur coté à combattre face aux tueurs boliviens.

Chacun d’entre eux parvient à s’en sortir vivant mais Blackthorn très affaibli est retrouvé comme mort par son vieil ennemi Pinkerton devenu depuis le consul honoraire des Etats Unis en Bolivie Mc Kinley.

Remis miraculeusement sur pied, le vieux bandit est épargné par Mc Kinley qui le laisse partir, et rejoint Apodaca.

Mais entre temps, Blackthorn a appris que Apodaca a en réalité volé les mineurs qui étaient devenus propriétaires de leur propre mine après un intense bras de fer face à leur patron.

Incapable de supporter cette trahison, il tire dans la jambe de son ancien allié et le laisse gisant dans les montagnes de la cordillère des Andes, face à Mc Kinley et l’armée bolivienne, bien décidée à faire valoir le droit des mineurs.

Apodaca meurt donc tandis que Blackthorn s’évapore une nouvelle fois dans les infranchissables montagnes des Andes.

En conclusion, « Blackthorn » est un western de facture classique, utilisant comme « Impitoyable » de Eastwood, la thématique du vieux bandit usé accomplissant un dernier baroud d’honneur mais se distinguant par une belle réalisation surfant sur les liens entre le passé et le présent.

Construit sur un rythme lent pas toujours des plus excitant, « Blackthorn » a pour principal intérêt/originalité de montrer la splendeur des paysages boliviens, que ce soit le désert de sable d’Uyuni ou les hautes montagnes de la cordillère des Andes, ce qui lui confère une atmosphère plutôt envoutante.

Ceci ne suffit pas à en faire un immense classique du genre, mais au moins à le distinguer de la masse de ce type de de productions se voulant plus modernes.

Blackthorn (Mateo Gil)
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2 septembre 2014 2 02 /09 /septembre /2014 23:09
Les miroirs de l'esprit (Norman Spinrad)

Comme lecture de plage cette année, « Les miroirs de l’esprit » de Norman Spinrad m’est tombé entre les mains.

Sorti en 1980, « Les miroirs de l’esprit » est une œuvre volumineuse d’un écrivain américain connu depuis les années 60 pour ses écrits de science fiction contestataires.

L’histoire se déroule dans le milieu du cinéma à Los Angeles, ou Jack Weller, jeune réalisateur de second plan, se rêve d’un avenir meilleur tandis qu’il cachetonne pour un sitcom enfantin débile mais diffusé sur une grande chaine à une heure de grande écoute.

Sous les conseils de son ami Bob Shumway également dans le milieu des médias, Jack se rend avec sa femme Annie, actrice également dans l’attente d’un rôle majeur, à une soirée promotionnelle organisée par une des nombreuses sectes de la région, le Transformalisme.

Désireux de nouer des précieux contacts professionnels, Jack se déplace à contre cœur, fermant volontairement son esprit à la propagande discrète mais belle et bien réelle du mouvement symbolisé par son charismatique leader, un dénommé John Steinhardt.

La soirée ne tient pas tout à fait ses promesses sur le plan professionnel pour Jack, mais à sa grande surprise, Annie est plus réceptive au discours transformaliste et décide en toute autonomie de se rendre à des formations ou elle peut à loisir s’imprégner du message diffusé par les disciples de Steinhardt.

Les absences d’Annie se font de plus en plus fréquentes et sa mentalité change progressivement avec un discours de plus en plus calqué sur la pensée transformaliste sensé lui apporter bien être et sérénité.

Sentant le danger, Jack réagit de manière instinctive et cherche à protéger sa femme en la tirant des griffes des instructeurs de la secte mais Annie résiste farouchement et n’hésite pas à tenir tête à son mari.

Sa disparition soudaine le plonge dans un profond désarroi et met son esprit combattif en pleine ébullition.

Privilégiant une approche directe et menaçante, Weller parvient à entrer en contact avec un des responsables du Transformalisme, un dénommé Benson Allen qui reste imperméable à ses menaces et refuse de lui dire ou se trouve sa femme.

Poliment mais fermement éconduit, Weller comprend qu’il s’est attaqué à une organisation puissante, possédant beaucoup d’argent, un service juridique redoutable et surtout de précieuses relations qui rendent l’aide de la police et même des média parfaitement inefficace.

Désespéré, Weller entre en contact avec Garry Bailor, un consultant indépendant spécialisé dans l’aide aux particuliers pris dans des sectes.

Mais tout en l’aidant, Bailor lui propose d’intégrer lui-même la secte afin de découvrir ou se trouve Annie.

Personnage cynique et ambigu, Bailor n’inspire pas grande confiance à Weller d’autant plus que ses conseils se paient contre de fortes sommes mais n’ayant pas d’autres solutions, il finit par opter pour ce choix risqué.

Weller revient donc vers le Transformalisme dans le but de leurrer les instructeurs sur ses intentions mais le jeu est très serré avec un ensemble de tests en forme de jeux de rôles visant à mettre à l’épreuve sa sincérité.

Le mari éperdu comprend qu’il ne ressortira pas intact de l’épreuve qui met à nu ses faiblesses, notamment son terrible sentiment d’échec professionnel.

En parallèle des fortes dépenses engagées pour suivre la formation et payer Bailor, Weller se coupe progressivement de toute vie sociale et supporte de plus en plus mal son travail de réalisateur en le bâclant et se montrant incroyablement irascible.

Licencié et aux abois, Weller retourne voir Allen, qui en position de force, lui propose de travailler pour la secte en réalisation des films de propagande en échange d’avoir peut être un jour le privilège de revoir Annie.

Weller accepte, rencontre Harry Lazlo, un puissant producteur transformaliste qui lui révèle l’étendu des ramifications de la secte, qui possède une multitude de société des médias plus grand public servant à augmenter les profits, brouiller les cartes et à diffuser sournoisement son message.

Séduit par cet homme pragmatique appartenant au même monde que lui, Weller comprend que Lazlo est le principal organisateur de la structure du Transformalisme, tandis que Steinhardt n’était qu’un minable écrivain se science fiction illuminé mais incapable de gérer une organisation aussi complexe.

Mais lorsque affecté à un modeste emploi de cameraman, il découvre les hangars minables qui servent de locaux de production, Weller est atterré par la médiocrité du personnel technique, certes fanatisé par sa tache mais incapable de produire quelque chose de correct.

Si Weller prend en sympathie l’équipe de réalisateur, Georgie Prinz et Sara English, une ex star du porno au physique sculptural, elle aussi puissamment endoctrinée par le baratin de Steinhardt, il doit en parallèle continuer sa formation afin de prouver la sincérité de sa démarche, démarche soigneusement entretenue par l’envoi des lettres d’Annie.

Pour ceci, il est finalement soumis à un interrogatoire serré de Gomez, appartenant à la caste des moniteurs, sorte de police politique chargée de surveiller les adeptes tout en assurant la sécurité interne du mouvement.

Le match avec un homme à l’intelligence aussi acérée que Gomez est indécis et contre toute attente, Weller prend plaisir à ces joutes avec le moniteur, qu’il finit par respecter et admirer.

Profitant d’une inattention du moniteur, Weller parvient à photocopier une liste des contacts du Transformalisme placés dans différentes grandes sociétés ou administrations californiennes.

Nanti de cette monnaie d’échange, Weller envoie des copies de la liste à des hommes de confiance, comme son agent, son oncle et son ami Bob.

Parvenu à franchir l’obstacle Gomez, Weller se voit donc attribué le droit de réaliser des films pour le Transformalisme mais doit en parallèle subir une mesure extrêmement rigoureuse le contraignant à résider dans un centre de la secte afin de prouver une nouvelle fois sa loyauté.

Lâché par Bailor mystérieusement disparu car la situation devenait trop risquée pour un indépendant comme lui, Weller, une nouvelle fois pris à la gorge par cette implacable machinerie, s’enfonce encore plus profondément dans les arcanes du Transformalisme, trouvant plaisir aux changements ressentis dans sa personnalité et perdant toujours davantage de vue les retrouvailles avec Annie.

Il découvre un centre austère ressemblant à une prison ou il côtoie les adeptes les plus fauchés de la secte, devant accomplir des taches élémentaires pour payer les montants élevés de leur formation.

Mais Weller reçoit une opportunité inespérée lorsqu’il se trouve invité à une soirée de Maria Steinhardt, la femme du gourou.

Profitant des conseils avisés de Lazlo qui joue en quelque sorte office de protecteur, Weller séduit Maria, femme mure esseulée adorant croquer les hommes plus jeunes pour assouvir ses besoins sexuels.

Dopé par l’enjeu, Weller se montre un amant incroyable, dominant et baisant Maria qui s’entiche immédiatement de lui.

Assez détachée des activités de son mari, Maria va devenir une alliée précieuse, lui indiquant qu’Annie était retenue dans le centre de recherche new yorkais hyper sécurisé de la secte et appuyant sa demande de réaliser des films pour Steinhardt en personne afin d’approcher sa femme au plus près.

Malgré cette protection, la réaction du chef des moniteurs est cependant terrible, aboutissant au kidnapping de Weller alors qu’il était entré en contact avec Rich Golden, un ex journaliste rendu fou par la secte alors qu’il avait osé s’en prendre à elle frontalement.

Malmené par les gorilles de Torrez, Weller parvient à manœuvrer suffisamment Torrez pour obtenir son transfert à New-York afin de rencontrer après avoir été au préalable copieusement drogué, Steinhardt.

A New-York, Weller se réveille dans une résidence confortable mais hautement sécurisée, fermée sur l’extérieur par des miradors et des fils barbelés, et découvre par Bernstein, un chimiste menant des expériences scientifiques pour le compte de Steinhardt, afin de créer une mixture permettant aux hommes d’atteindre le maximum de leur niveau de confiance.

Cette substance liquide appelée éptifiant, produit des effets bénéfiques sur Weller qui a considère Bernstein comme un scientifique dévoré d’ambition et peu regardant sur l’origine de ses financements.

Mais Bernstein ne constitue qu’une étape intermédiaire avant la vraie rencontre avec Steinhardt, le gourou suprême.

L’homme se révèle sous des dehors d’alcoolique désinvolte, un esprit redoutablement intelligent, cynique et manipulateur.

Apparemment insensible à l’adultère de sa femme, Steinhardt sympathise avec Weller qu’il estime et lui propose d’enregistrer son testament filmé afin de conserver son aura de gourou mystique face aux prédateurs qui après sa mort détourneront à leur profit son mouvement.

Weller qui a entre temps retrouvé sa femme complétement dévouée à la cause du Transformalisme et considère l’avoir perdue à tout jamais, opère au dernier moment un volte face inattendu, menaçant Steinhardt de divulguer la liste de contacts à l’extérieur si il ne le laissait pas partir.

Après une lutte intense face à Torrez, Weller parvient à convaincre Steinhardt de le laisser partir en le mettant sous surveillance périodique afin de jauger de sa dangerosité.

Mieux, il s’engage à favoriser sa carrière professionnelle afin de réparer la perte d’Annie, mais le menace de mort en cas de fuites concernant la secte.

Weller peut ainsi retrouver une vie normale, jouir d’une carrière largement favorisée avec l’obtention d’émissions variées sur des grosses chaines, même si l’ombre de Steinhardt plane toujours de temps à autre sur lui, notamment par les propos étonnamment ambigus de son ami Bob.

En conclusion, « Les miroirs de l’esprit » est un roman 110% californien particulièrement fort, proposant une plongée dans les rouages d’une puissante secte américaine.

On pense évidemment très fort à la Scientologie qui a bien sur capter certaines stars hollywoodiennes, avec une organisation puissamment structurée, reposant sur un processus de conditionnement mental visant à trouver les failles potentielles chez le sujet, à s’y engouffrer pour le déstabiliser afin d’assoir son emprise.

Une fois la victime accrochée, la seconde phase est de provoquer un isolement avec toute personne (amis, famille) capable d’interférer.

Désociabilisé et fragilisé, le nouvel adepte devient donc une proie facile dont toutes les ressources financières sont absorbées, avant qu’il n’accepte de se dévouer corps et âme au mouvement.

Même si l’intrigue de base reste fragile (un homme têtu lutte seul pour retrouver sa femme déjà fortement endoctrinée), la dense construction du roman, les multiples rebondissements et le style clair et puissant de Spinrad font que sa lecture demeure malgré sa durée, tout au long très plaisante.

Par son efficacité, son suspens et son habileté, « Les miroirs de l’esprit » porte en lui marque d’un écrivain reconnu, au talent solide qui sait pertinemment comment mener sa barque et ou emmener le lecteur.

Les miroirs de l'esprit (Norman Spinrad)
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2 septembre 2014 2 02 /09 /septembre /2014 18:01
Les gardiens de la galaxie (James Gunn)

Vacances obligent, voici « Les gardiens de la galaxie » gros blockbuster de James Gunn qu’on a connu dans des registres plus modestes comme « Super » chroniqué dans ces même colonnes.

Sorti en ce bel été 2014, « Les gardiens de la galaxie » s’inspirent de personnages de comics Marvel crées à la fin des années 60 puis sérieusement remaniés à la fin des années 2000.

Le résultat prend forme autour du personnage de Star-lord (Chris Pratt) alias Peter Quill, jeune terrien qui après la mort de sa mère d’un cancer dans les années 80, est recueilli par une race d’extra terrestre à laquelle semble appartenir son père.

Devenu un Ravageur, c’est-à-dire un mercenaire de l’espace, Star-lord utilise un équipement ultra sophistiqué comprenant vaisseau spatial, casque et combinaison de combat, pistolet et grenades à énergie, pour accomplir une périlleuse mission l’amenant à dérober un mystérieux globe âprement défendu par les gardes krees commandés par Korat (Djimon Hounsou) et à se rendre sur la planète Xandar ou se trouve son commanditaire, un certain courtier (Christopher Fairbank).

Mais Star-lord ignore l’importance que revêt le globe pour Ronan l’accusateur (Lee Pace), le chef des krees qui désire le récupérer afin de le livrer à son maitre le puissant Thanos (Josh Brolin), en échange de la destruction de ses ennemis jurés, les Xandariens.

Malgré la tension entre Ronan et Thanos, Ronan consent à envoyer Gamora (Zoe Saldana) la fille adoptive de Thanos pour récupérer le globe en lieu et place de Nébula (Karen Gillan) qui est elle la véritable fille du titan fou.

Lorsqu’en plus Star-lord tente de doubler son associé et protecteur Yondu (Michael Rooker) capable de commander par sifflement une flèche magique, en gardant pour lui les bénéfices du vol du globe, les choses ne tardent pas à sa gâter sur Xandar.

Après le refus du courtier de prendre le globe en raison de la peur inspirée par Ronan, Star-lord est conjointement attaqué par Gamora et deux chasseurs de primes, Rocket Racoon (Bradley Cooper) et Groot (Vin Diesel), un raton laveur agressif surarmé et son garde du corps, un colosse d’aspect végétal au vocabulaire se réduisant à une seule phrase « Je suis Groot ».

Suite à une lutte confuse, l’improbable quatuor est ensuite capturé par les troupes régulières Xandarienes et enfermé dans une prison spatiale hautement sécurisée.

La réputation sulfureuse de Gamora, fille de Thanos, ne tarde pas à lui valoir la haine des autres détenus et un assassinat programmé auquel elle échappe à l’aide d’un prisonnier à l’aspect colossal, Drax le destructeur (David Bautista).

Raisonné par Star-lord qui garde en souvenir de sa mère un vieux walkman des années 80 sur lequel il écoute des standards de la pop music américaine, Drax parvient à garder en vie Gamora pour attirer jusqu’à lui Ronan et ainsi le tuer pour se venger du meurtre de sa famille tuée par l’accusateur.

A cinq et malgré leurs divergences manifestes, les improbables héros échafaudent un plan d’évasion qu’ils mettent presque par hasard en marche, en s’appuyant sur les capacités d’extension physique de Groot, l’acuité de l’intelligence de Rocket, la puissance bute de Drax et les talents de tueuse de Gamora.

Ils parviennent à échapper aux gardiens humains et robotisés, semant une panique sans nom dans la prison et partent à bord du vaisseau de Star-lord après que celui-ci ait pris des risques considérables pour récupérer son précieux walkman vintage.

Ayant trouvé refuge sur la planète Nowhere, les héros tentent de vendre le globe au Collectionneur (Benicio del Toro) , un des doyens de l’univers, qui leur révèle l’importance du joyau qu’il contient avec l’accès à un pouvoir quasi illimité.

Malheureusement, la trahison d’une des esclaves du Collectionneur provoque le déchainement des pouvoirs du joyau qui détruit son antre.

De plus, Ronan ne tarde pas arriver à son tour sur Knowhere, grandement aidé en cela par Drax qui souhaite en découdre dans un combat singulier.

Pourtant malgré sa force, Drax ne pèse pas lourd face à la puissance quasi divine de Ronan, et est laissé pour mort dans une cuve de liquide avant d’être ranimé par les facultés guérisseuses de Groot.

Malgré une tentative désespérée de fuite en utilisant des petits véhicules spatiaux particulièrement résistants, les gardiens de la galaxie sont surclassés par les krees, l’astronef de Gamora étant pulvérisé par la hargneuse Nébula, ce qui oblige Star-lord, secrètement amoureux de la belle, à se jeter dans l’espace pour la secourir.

Au final, l’échec est complet, car Nébula récupère le globe et Star-lord capturé inconscient par un Yondu ivre de revanche.

Pourtant le bagout de Star-lord parvient à convaincre Yondu et ses hommes de s’allier contre Ronan, dans le but de récupérer le globe pour eux seuls.

Ils ne tardent pas à être rejoints par les autres gardiens notamment Rocket, prêt à tuer pour sauver son ami.

Mais ils ignorent que Ronan, grisé par la puissance de la joyau, s’est affranchi du pouvoir de Thanos, désire à présent détruire seul Xandar avant de régler son compte à son ancien maitre.

Les krees se lancent alors dans une attaque d’envergure contre Xandar, défendue par les Gardiens de la galaxie et les cohortes combattantes dirigées par Nova Prime Irani Rael (Glenn Close) et Rhomann Dhey (John C Reilly).

Le combat spatial pour défendre Xandar est d’envergure, et si l’avancée de krees dopés par la puissance de la joyau, semblent inexorable, les gardiens de la galaxie parviennent à force de courage et d’habileté à s’introduire dans le Nécrotech, le vaisseau principal de Ronan

A l’intérieur, Drax se débarrasse de Korath, Gamora vainc sa doublure Nébula en combat singulier et lève le blindage protégeant Ronan qui résiste au tir d’une puissante arme d’assaut concoctée par Rocket.

Même si le Nécrotech s’écrase au sol, les gardiens survivent à l’impact grâce au sacrifice de Groot qui fait de son corps végétal une protection amortissant les choc.

Ronan survit également et alors qu’il s’apprête à détruire Xandar est pris en défaut par Star-lord qui agrippe le joyau et parvient à ne pas être détruit par sa puissance pure.

Les autres gardiens de la galaxie s’unissent alors pour canaliser la puissance du joyau et détruisent sans difficulté un Ronan subitement déchu.

Une fois Yondu contenté avec la remise d’un faux globe contenant le joyau, les gardiens sont remerciés pour leur courage par Nova Prime, leurs délits étant également effacés.

Promu chef de l’équipe, Star-lord enfin apaisé avec la perte de sa mère, et sa proximité amoureuse avec Gamora, fait prêter serment à ses nouveaux camarades, le torturé Rocket complexé par son apparence animale, le brutal Drax semble s’être un peu adouci au contact de ses amis tout en conservant une haine contre Thanos et un Groot se régénérant peu à peu sous la forme d’une brindille.

En conclusion, « Les gardiens de la galaxie » est un film de super héros sortant des sentiers battus, offrant un formidable divertissement et un joli vent de fraicheur inespéré.

Comme arme principale, on retrouve l’humour, notamment autour du personnage de Pratt, doublure d’Harrison Ford de Star wars, avec un coté hâbleur, dragueur, voyou charmant permettant de masquer un déchirement intérieur, la mort de sa mère et le déracinement provoqué par le départ hors de la Terre.

Autour de lui se trouve la sexy Saldana habituée depuis « Avatar » aux rôles peinturlurés, l’ambigu Rocket, sorte de petit animal hargneux, et coté muscles, la force tranquille du profond Groot et la brutalité très premier degré de Drax.

Coté méchant on se régale également avec Peace parfait en méchant charismatique rivalisant d’ambition avec un Thanos brièvement aperçu mais ultra impressionnant.

Visuellement le film tient toutes ses promesses, avec un festival d’effets spéciaux et de combats virevoltants approchant par instant la maestria d’un Star wars.

Coté bande son, on appréciera également les claires références aux années 80 et à ce objet devenu culte chez les 30-40 ans, le walkman, plus communément appelé baladeur sur lesquels figurèrent jusqu’à la fin des années 90, les compilations de musique de l’époque.

Sans star ni tête d’affiche ultra populaire, « Les Gardiens de la galaxie » réussit donc à surprendre par sa créativité et son charme.

A gouter donc sans modération pour un été rafraichissant !

Les gardiens de la galaxie (James Gunn)
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31 août 2014 7 31 /08 /août /2014 23:05
Album of the year (Faith no more)

Creusant lui-même son sillon, Faith no more sort en 1997 « Album of the year » la quatrième et dernier album d’une courte carrière d’à peine dix ans.

Le guitariste John Hudson prend la place de Trey Suprane pour cet album au titre profondément immodeste et à la pochette insipide et on débute par « Collision » un mid tempo alternant avec bonheur refrains surpuissants et couplets posés.

Cette belle entrée en matière se confirme avec « Stripsearch » superbe ballade planante ou la voix de Mike Patton atteint des sommets de relaxation absolue.

L’auditeur poursuit ce voyage amollissant avec « Last cup of sorrow » puis reçoit un grand coup de pied aux fesses avec « Naked in the front of the computer » qui réactive sur un tempo frénétique la machine à fusion.

On calme le jeu avec « Helpless » assez soporifique malgré le toujours joli numéro vocal de Patton et la fusion originale et rugueuse de « Mouth to mouth » ne parvient pas à réellement recréer un regain d’intérêt.

Mais Faith no more se montre encore capable de surprendre et frappe très fort avec « Ashes to ashes » superbe power ballade mêlant mélodies déchirantes et grandes montée en puissance sur les refrains.

Très inspirés, les californiens placent ensuite une ballade élégante et légère, « She love me not », explosent dans le torrent métallique ultra rapide et nerveux de « Got that feeling ».

Toujours dans ce registre alternant chaud et froid, l’ambiance se fait rampante sur « Paths of glory » avec un Patton en état de grâce.

La fin du disque se profile alors en pente douce avec « Home sick home » qui rue malgré tout dans les brancards dans sa phase terminale et « Pristina » ballade planante à très haute altitude.

En conclusion, « Album of the year » est o surprise mon album préféré de Faith no more.

Moins expérimental, plus équilibré et structuré, il déroule cependant une musique toujours créative, surprenante capable d’asséner violemment une grêle de coups à l’auditeur sonné dans les cordes ou de lui arracher des larmes d’émotion pure en charmant son psychisme par des mélodies d’une classe folle.

Avec sa belle homogénéité et deux titres hors classe (« Stripsearch » et « Ashes to ashes »), « Album of the year » porte fort bien son nom et offre une sortie en beauté à un group décidément jusqu’au bout inclassable, profond, versatile et torturé.

Un grand coup de chapeau également à Mike Patton, chanteur de première catégorie et assurément l’une des plus belles voix du métal moderne.

Album of the year (Faith no more)
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29 août 2014 5 29 /08 /août /2014 23:19
King for a day ... fool for a lifetime (Faith no more)

Poursuivant sur son rythme de croisière, Faith no more sort en 1995 « King for a day … fool for a lifetime » à l’affreuse pochette évoquant un graphisme de bande dessinée baclé.

Le guitariste des débuts, Jim Martin a laissé la place à Trey Struance, qui aura lui aussi une vie des plus éphémère au sein du groupe et on débute par « Get out » âpre et rapide qui contraste avec le mid tempo mélodique mais solide « Ricochet ».

C’est tout en souplesse qu’on se dirige vers « Evidence » ballade apaisée aux chœurs éthérés s’étalent sur près de cinq minutes.

Les sons plus métalliques reviennent à la charge avec « The gentle art of makin ennemies » sorte d’ancêtre du System of a down en raison de l’extrême versatilité du chant de Patton puis s’efface aussi subitement devant « Star A.D » qui groove comme un titre de Jamiroquai.

Comme souvent, Faith no more réussit donc à déstabiliser l’auditeur, bandant ses muscles sur l’extrême « Cuckoo for caca » véritable symphonie de hurlements barbares, retombe dans l’easy listening la plus insignifiante avec « Caralho voador ».

Le violent, chaotique et déstructuré « Ugly in the morning » n’augure rien de bon mais pourtant c’est à cet instant que les californiens placent l’un de leurs meilleurs tubes, « Digging the grave » rapide, puissant et entrainant avec un Mike Patton cadrant pour une fois parfaitement son talent.

Les choses semblent s’apaiser avec « Take this bottle », jolie ballade countrysante et « King for a day » lui aussi souple et fluide.

La dernière partie du disque se présente ensuite avec « Just a man » mid tempo étrange et assez déroutant, « The last to know » qui tourne au ralenti malgré les jolies prouesses vocales de Patton et enfin « Just a man » ballade glissée.

En conclusion, avec « King for a day … fool for a lifetime », Faith no more corrige les excès de « Angel dust » délivrant un album toujours aventureux, difficile à suivre mais œuvrant plus dans une veine calme et mélodique, ce qui permet sans doute de mieux faire passer la pilule notamment auprès d’un plus large public.

Malgré cette évolution, quelques jolies ballades et le tube MTV de rigueur (« Digging the grave »), « King for a day … fool for a lifetime » délivre une musique toujours trop barrée, inclassable et éclatée à mon gout, ce qui m’irrite plus que me charme.

Ceci n’enlève rien aux qualités de Faith no more et tout particulièrement à celles de son chanteur/compositeur principal, Mike Patton.

King for a day ... fool for a lifetime (Faith no more)
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28 août 2014 4 28 /08 /août /2014 23:49
Angel dust (Faith no more)

En 1992, fort du succès de la recette trouvée, Faith no more sort son second album intitulé « Angel dust » à la pochette animale bien peu attractive.

On débute par « Land of sandeshine » mid tempo puissant, frais et agréable.

L’originalité, l’audace et une certaine puissance brutale sont toujours de mise sur « Caffeine » sur lequel Mike Patton apporte la preuve de son étonnante couverture vocale.

On change encore de braquet avec l’excellent « Midlife crisis » véritable tube aux refrains incroyablement accrocheurs et c’est tout en douceur que l’on goute ensuite l’accalmie coulante de « RV ».

Faith no more continue d’explorer à sa guise les divers sentiers musicaux et livre avec « Smaller and smaller » un titre lent, sombre et extrêmement torturé.

Ceci laisse toutefois le temps s’écouler bien lentement, à l’image d’un « Everything is ruined » long, plat et peu palpitant.

Le contraste avec les hurlements sataniques de « Malpractice » est alors saisissant, et on préfère Mike Patton donnant plus dans les amples mélodies de « Kindergarten ».

Doté de chœurs féminins un peu ringards « Be agressiv » sonne de manière décalée, tandis que « A small victory » glisse mollement sur ses presque cinq minutes bien linéaires.

Derrière le titre ultra provocateur « Crack Hitler » se cache un morceau quasi expérimental particulièrement indigeste et l’auditeur se plait à espérer atteindre rapidement la fin du disque pour abréger la punition.

Cette fin se matérialise par « Jizzlober » long cheminement violent, chaotique et déstructure puis « Midnight cowboy » instrumental aussi pompeux qu’assommant.

En conclusion, « Angel dust » est selon moi un album beaucoup trop expérimental et décousu pour mériter une attention prolongée.

Les qualités belles et bien réelles de Faith no more n’apparaissent que par éclipses (« Midlife crisis », « Kindergarten ») mais ne suffisent pas à assurer la cohérence suffisante à une œuvre la plupart du temps aussi pénible qu’indigeste.

A vouloir ostensiblement se détacher de toute influence clairement indentifiable et à chercher à tout crin l’expérimentation, Faith no more se replie dans un bastion réservé à un petit groupe d’initiés convaincus de détenir une parcelle du bon gout.

Difficile donc de prédire un avenir un groupe aussi imprévisible et barré que Faith no more …

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25 août 2014 1 25 /08 /août /2014 19:01
The real thing (Faith no more)

La musique n’est jamais vraiment loin dans ces colonnes, aussi vais-je revenir vers un genre assez peu représenté ici la fusion, avec un des plus fiers représentants du mouvement, les californiens de Faith no more.

Formé à San Francisco à la fin des années 80, Faith no more éclot en 1989 avec l’arrivée de son chanteur le plus charismatique, Mike Patton qui vient renforcer Jim Martin (guitare), Mike Bordin (batterie), Bill Gould (basse) et Roddy Bottum (claviers).

Avec sa pochette passe partout on ne peut plus cheap, « The real thing » débute par « From out of nowhere » fluide et accrocheur notamment par ses parties de claviers et le chant maitrisé du nouveau chanteur détrônant Chuck Mosely qui n’aura donc officié que sur un seul album, le premier du groupe.

Après avoir pris ses marques, le groupe se lance et place un premier tube relativement novateur pour l’époque, « Epic » mêlant phrasé rap, bonnes envolées sur les refrains et riffs métalliques judicieusement placés.

Multi diffusé sur une MTV alors balbutiante, le clip connut malgré les ridicules gants de boxe de Patton, contribua pour beaucoup dans la notoriété alors naissante des petits gars.

On revient à plus de classicisme avec « Falling to pieces » qui manque par comparaison presque de personnalité avant que les racines métalliques du groupe ne fassent leur apparition sur « Surprise your’re dead » qui fricote allégrement avec la férocité du thrash.

Le terme montagne russe semble parfaitement adapté lorsqu’on bascule dans l’ambiance détachée et apaisante de « Zombie eaters » superbe ballade montant graduellement en puissance ce qui donne l’occasion à Patton de révéler toute sa désormais légendaire versatilité vocale.

C’est dans le tempo lent que s’installe ensuite Faith no more, avec « The real thing » qui déroule huit minutes remplies de variations diverses alternant mélodies suaves et harangues hip hop.

Pas encore bien remis de l’épreuve, on glisse sans trop d’efforts vers « Underwater love » bien trop rangé et lisse, et si « The morning after » secoue et surprend un peu plus, le résultat reste insuffisant pour stimuler l’attention.

La fin du disque donne alors un grand sentiment de décousu, entre un instrumental barré au titre improbable « Woodepecker from Mars », une magnifique reprise de Black sabbath « War pigs » et une ballade jazzy nasillarde « Edge for the world » pour conclure.

En conclusion, « The real thing » est un vrai fourre tout pour ne pas dire bordel musical, qui rend difficile son appréhension.

Refusant de coller aux étiquettes, Faith no more pratique une musique à base de rock lourd mais incorporant diverses influences (thrash, heavy metal, hip-hop voir jazz) qui la rend insaisissable et imprévisible.

On pourra sans doute crier au génie devant pareille créativité et exploration musicale, ou rester plus circonspect devant le résultat final, manquant selon moi de cohésion et de direction clairement établie.

Remarquons également que derrière une petite poignée de titres forts, « The real thing » contient majoritairement des morceaux plus expérimentaux ou tout simplement transparents ou le groupe semble évoluer en roue libre.

Néanmoins, forte de sa (réelle) originalité et de l’impact de « Epic » auprès du grand public, la machine est en 1989 bel et bien lancée, préparant le terrain à la poussée fusion rap-metal du début des années 90.

The real thing (Faith no more)
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