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19 janvier 2015 1 19 /01 /janvier /2015 21:09
Trilogie sale de la Havane (Pedro Juan Gutierrez)

Poursuite de la découverte de la littérature cubaine avec « Trilogie sale de la Havane » premier roman de Pedro Juan Gutierrez.

Sorti en 2000, « Trilogie sale de la Havane » est en réalité une succession de courtes chroniques interchangeables vaguement découpées en trois parties d’un peu plus de cent pages.

Ancien journaliste international tombé dans la déchéance après avoir perdu son emploi, Gutierrez y décrit le quotidien de la Havane des années 90 avec les terribles conditions de vie imposées par l’embargo américain.

Dans son style court, direct et explosif, Gutierrez évoque des tranches de sa propre vie ou de la vie de personnages de son entourage cherchant à survivre près du Malecon, le grand boulevard près de la mer, lieu de toutes les rencontres et trafics en tout genre.

L’homme décrit la vie dans un immeuble croulant sous le manque d’entretien, les toilettes collectives, les odeurs pestilentielles, les coupures d’eau, la saleté des occupants s’entassant par dizaines dans des lieux exigus ou élevant des animaux dans leurs appartements pour tenter d’améliorer leur quotidien.

Fauché, Pedro vit de petits boulots harassants et mal payés dans des usines ou dégradants de vendeur de rue avec la crainte permanente des rafles des policiers.

Pour tuer le temps et oublier le quotidien, il y a le rhum et le haschisch qu’il consomme comme la plupart des pauvres mais l’activité principale de Pedro reste le sexe, qui confine chez lui à l’obsession.

Cubain blanc et pauvre, Pedro vit dans un monde composé majoritairement de Noires et de Mulâtresses, dont il goute particulièrement les corps fermement sculptés.

Ses aventures sont innombrables, l’homme se refusant à tomber amoureux pour ne pas souffrir.

Mais la plupart de ces Cubaines pauvres, jeunes et jolies préfèrent chasser le touriste sur le Malecon, pour facilement vivre de leurs charmes ou simplement améliorer leur quotidien.

Pedro sait d’instinct qu’il ne peut lutter contre le pouvoir souverain du dollar et accepte de composer avec cette réalité sordide.

Les descriptions des actes sexuels sont particulièrement crues voir dégoutantes, l’écrivain y injectant une bonne dose de ses fantasmes, qui donnent l’impression que les Cubaines sont des filles faciles, volages et de véritables nymphomanes une fois au lit.

Témoins de cette exacerbation des désirs : les sexes de Noirs, atteignant souvent des proportions gigantesques et comblant de plaisir des femmes prises souvent directement à la faveur d’une zone obscure du Malecon.

L’homosexualité qu’elle soit féminine ou masculine n’est pas évacuée, mais constitue pour Pedro malgré sa détresse une limite infranchissable, le fier et machiste Cubain préférant faire le gigolo pour les vieilles et riches touristes de passage.

Inévitablement, Pedro effectue de courts séjours en prison pour ces menues incartades dans le domaine hors la loi.

Dans cet univers de pauvreté absolue, la violence est bien entendu présente et s’exprime souvent par le biais d’hommes noirs ou mulâtres colossaux résolvant leurs différents à coups de poings ou de couteaux.

Certaine scènes sont d’une brutalité insoutenable, comme le viol d’une femme ou l’agression d’un vieil homosexuel par des bandes de voyous noirs prêts à tout pour satisfaire leurs bas instincts.

En conclusion, « Trilogie sale de la Havane » constitue ce qu’on pourrait appeler un livre coup de poing qui peut choquer ou rebuter par son extrême crudité.

Gutierrez prend le parti d’une littérature sans filtre ou mensonge pour décrire le quotidien des couches sociales les plus basses de la Havane, ravagées par la misère, la violence et la dureté de la répression policière.

Incapable de sortir de sa déchéance, l’écrivain semble expier ses péchés dans cet univers reléguant les êtres humains au rang d’animaux mus par leur instinct de survie.

Excessif, brutal, écœurant par sa répététivité, « Trilogie sale de la Havane » n’en est pas moins une œuvre puissante qui bousculera un lecteur ravi de gouter au monde sous terrain de la Havane des années 90.

Trilogie sale de la Havane (Pedro Juan Gutierrez)
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18 janvier 2015 7 18 /01 /janvier /2015 10:27
Twilight, tome 3, hésitation (David Slade)

La saga (adolescente) Twilight avec « Twilight tome 3, hésitation » de David Slade.

Sorti en 2010, cette troisième adaptation des romans à succès de Stéphanie Meyer, montre l’amour plus fort que jamais entre Bella Swan (Kristen Stewart) désirant se faire mordre et transformer en vampire et Edward Cullen (Robert Pattinson) qui préfère l’épouser symboliquement avant de la faire basculer de l’autre coté.

Les deux tourtereaux roucoulent mais observent rapidement l’émergence d’une double menace, la résurgence de Victoria (Bryce Dallas Howard) la redoutable vampire rousse désireuse de se venger sur Bella de la mort de son bien-aimé puis plus grave encore la multiplication d’attaques de jeunes vampires appelés « Nouveaux nés » venus de Seattle et emmenés par leur leader Riley Biers (Xavier Samuel).

Les incursions de Victoria ne tardent pas à raviver les tensions entre vampires et loups garous, et Jacob Black (Taylor Lautner) en profite pour exprimer son amour à Bella jusqu’à lui insuffler le doute quand à ses sentiments.

Devenue le centre de toutes les attentions, Bella doit être protégée, aussi loup garous et vampires de la famille Cullen acceptent ils une alliance exceptionnelle et contre nature afin de faire face à l’attaque imminente des Nouveaux nés.

Jasper (Jackson Rathbone) qui a déjà connu dans le passé ce type d’affrontement en élevant une armée de Nouveaux nés pendant la Guerre de Sécession, s’impose comme expert en la matière et dispense ses conseils pour le combat.

Bella qui a intérieurement coupé le contact avec sa Mère restée en Floride et son Père en Alaska, accepte de jouer les appâts portée par Jacob afin d’attirer leurs ennemis dans un piège.

Son cœur est toujours partagé entre Jacob et Edward, parfaits rivaux et opposés en tout.

Lorsque l’attaque survient, on comprend que Victoria manipule Riley qui a crée une armée de Nouveaux nés certes puissants mais difficilement contrôlables.

Le combat dans les épaisses forets du grand Nord américain est intense mais les Cullen et les loups garous prennent le dessus sur leurs adversaires.

Restée seul avec Edward, Bella est agressée par Riley et Victoria.

Un jeune loup garou distrait le vampire male tandis que Edward provoque Victoria en combat singulier pour en finir.

Mal embarqué, Edward est sauvé par Bella qui s’ouvre les veines pour perturber les vampires adverses par la vue du sang, ce qui permet à son protecteur de les tuer.

Malheureusement dans les derniers soubresauts du combat, Jacob est grièvement blessé au dos en voulant protéger sa belle et doit être évacué par les loups garous.

Restés seuls, les Cullen prennent contact avec les véritables commanditaires de l’attaque, les vampires italiens Volturi qui tout en restant circonspect devant leur réussite face à une telle attaque, exigent conformément à leur accord que Bella soit transformée en vampire par Edward.

Les deux amants acquiescent et Edward, demande Bella en mariage tandis que Jacob blessé par le combat récupère de ses blessures auprès de son clan.

En conclusion, « Twilight tome 3, hésitation » poursuit sans grande surprise sur la lignée des opus précédents.

La triangle amoureux bat son plein et les jalousies adolescentes s’exacerbent autour de Bella, à mesure des tentatives désespérées de Jacob pour ne pas la perdre.

Cet petit jeu trainant en longueur, une nouvelle menace de vampires est mise sur pied avec comme principal effet de forcer loup garous et « gentils » vampires à coordonner leurs efforts.

Au final, Edward continue de prendre une longueur d’avance sur son rival, même si en toute honnêteté la situation n’évolue guère par rapport au film précédent.

Restent l’atmosphère du film tourné dans les montagnes et forets du Grand Nord américains, certains effets spéciaux et scènes de combat.

Tout ceci ne suffira pas à sauver de l’insipide et de l’inutile ce troisième volet marqué par son incroyable manque d'inspiration.

Twilight, tome 3, hésitation (David Slade)
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18 janvier 2015 7 18 /01 /janvier /2015 09:40
Mon nom est Personne (Tonino Valeri)

Pour ceux qui connurent les années 80, Terence Hill et son compère Bud Spencer furent des stars de films débiles parodiques, à base de western et de bonnes grosses bastons dans les bars.

Pourtant en 1973, Terence Hill joua sans son ami dans « Mon nom est personne » de Tonino Valeri avec comme suprême honneur l’ombre du maitre Sergio Léone planant sur le scénario.

Western original et décalé, « Mon nom est Personne » raconte dans les Etats Unis de la fin du XIX ième siècle, l’histoire d’un jeune cow boy facétieux se faisant appeler Personne (Terence Hill) qui suit pas à pas les exploits de son idole, le justicier Jack Beauregard (Henry Fonda).

Beauregard est un as de la gâchette à la réputation légendaire, cherchant à venger son frère Nevada abattu par son associé Sullivan (Jean Martin), pour exploiter seul une mine servant de couverture au recyclage de l’or volé par un groupe de bandits appelé la horde sauvage.

Le vieux cow boy endurci est tout d’abord agacé par cet encombrant admirateur et se méfie de lui, cherchant même à l’intimider en tirant à plusieurs reprise sur son chapeau dans le cimetière ou repose Nevada.

Mais rien n’y fait, Personne persévère, nourrissant dans son fantasme, l’idée folle d’un duel entre Beauregard et les 150 pistoleros de la horde afin de faire entrer la scène dans les livres d’histoire.

Personne est en réalité lui aussi un expert en arme à feu et dispose d’une rapidité exceptionnelle qui s’exprime lors de défis stupides dans les bars ou il ridiculise les meilleurs tireurs par son adresse à toucher des verres d’alcool en plein vol ou à gifler ses opposants avant même qu’ils ne puissent dégainer leurs armes.

Recherché par les hommes de Sullivan qui cherche à l’éliminer, Beauregard finit par accepter cette aide providentielle et ensemble les deux hommes tuent un groupe de tueurs en profitant du décor d’une fête foraine.

Beauregard finit par retrouver Sullivan et contre toute attente accepte de se faire acheter au lieu de venger son frère.

L’homme d’âge mur est en réalité las de cette vie de violence et ne rêve que de finir ses jours en Europe.

Profondément déçu par ce revirement, Personne manœuvre pour dérober le train que devait prendre son ami et s’arrange pour que la horde sauvage le retrouve afin d’engager le duel de ses rêves : Beauregard seul contre une multitude.

En réalité son idole est aidé par les explosifs dissimulés sous les selles des bandits, qui explosent à chaque tir de fusil, équilibrant de fait un peu plus les forces en présence.


Personne finit par faire monter Beauregard dans le train afin d’échapper aux pistoleros et lui annonce que sa vie finira dans un duel contre lui à la Nouvelle-Orléans.

Fidèle à sa réputation d’homme dur, Beauregard accepte le match typique des duels de western et est tué par Personne, le seul tireur plus rapide que lui.

La scène immortalisée par les photographes, fait immédiatement entrer Beauregard à la postérité mais contre toute attente, le vieux cow boy a été épargné par ce duel factice et peut en toute anonymat prendre un navire à vapeur pour gagner l’Europe.

En voix off, Beauregard conseille son ami Personne devenu en quelque sorte son héritier et soumis de fait aux mêmes tracas que lui avec les hommes de la horde à ses trousses afin de l’éliminer.

En conclusion, « Mon nom est Personne » est un western spaghetti atypique, qui sous des airs de parodies avec quelques gags purement hilarants, rend un hommage respectueux aux classicisme de ses années : les westerns américains.

Meilleur (seul ?) film de Terence Hill, « Mon nom est Personne » joue à merveille la complémentarité entre la fraicheur et l’insouciance du blond italien aux yeux bleus et la rudesse vieillissante d’un Henry Fonda toujours empli de prestance.

Lorsqu’en plus d’un scénario original et d’acteurs excellents, on réunit la splendeur des grands espaces des montagnes espagnoles et la musique fantastique d’un Ennio Morricone très inspiré, on obtient un magnifique divertissement à ranger parmi les westerns les plus rafraichissants qui soient.

A déguster donc de générations en générations !

Mon nom est Personne (Tonino Valeri)
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15 janvier 2015 4 15 /01 /janvier /2015 21:59
Lost saison 2, épisodes 23 et 24 (Jeffrey Jacobs Abrams)

« Lost saison 2, épisodes 23 et 24 ».

Dans l’épisode 23 réalisé par Jack Bender sur un scénario de Carlton Cuse et Damon Lindelof, Desmond Hume (Henry Ian Cusick) qu’on avait largement oublié, refait son apparition sur un voilier à la dérive.

Déprimé par l’échec de sa tentative de fuite, Desmond boit sans discontinuer et retrouve son successeur Locke (Terry O’Quinn) qui lui fait part de son fort scepticisme sur l’intérêt du travail de relève dans le bunker.

Habité par sa vérité, Locke convainc Desmond de l’aider à sortir Ecko de la salle de contrôle et ainsi pouvoir interrompre l’infernal cycle du compte à rebours et des numéros à taper sur le clavier de l'ordinateur.

Le flash back se centre sur cet énigmatique personnage, son échec dans l’armée écossaise pour indiscipline, la perte de sa fiancée Penny Walger (Sonya Walger) en raison de l’opposition de son père Charles (Alan Dale) à leur union.

Pour regagner Penny, Desmond se lance dans une course en voilier et croise par hasard dans un snack Libby (Cynthia Watros) qui accepte l’aider en lui donnant le bateau de son mari.

De retour sur l’ile, l’attitude étrange de Michael (Harold Perrineau Jr) finit par éveiller les soupçons de Sayid (Naveen Andrews) qui conclut un pacte avec Jake (Matthew Fox), gagner l’ile par la mer tandis qu’une équipe de quatre personnes s’aventure dans la jungle à la recherche de Walt (Malcom David Kelley).

Pour naviguer, Sayid utilise les compétences du pécheur Jin (Daniel Dae Kim) et Yunjin (Sun Hwa Kwon) capable de servir d’interprète avec le Coréen.

Le groupe des cinq progresse avec une grande tension dans la jungle et abat un des Autres qui les suivait.

Mis sous pression, Michael est alors contraint par Jake d’avouer sa trahison.

L’épisode 24, la même équipe de réalisateur montre la capture du groupe de quatre par les Autres au moyen de fléchettes anesthésiantes.

Amenés de force sur un ponton, les quatre sont tenus en respect par Henry Gale (Sam Anderson), en réalité le chef des Autres.

Gale révèle l’étendue de sa puissance et honore en apparence son marché avec Michael en lui permettant de retrouver Walt et de quitter l’ile dans un petit bateau de pêche, ce qui parachève complètement sa trahison.

Hurley (Jorge Garcia) est finalement épargné et relâché à titre d’exemple, laissant les trois personnalités marquantes de l’ile, Jake, Kate (Evangeline Lilly) et Sawyer (Josh Holloway) à la merci de Gale et ses troupes.

Les détenus dépendent donc de Sayid, Jin et Kim débarqués sur l’ile après avoir vu un pied d’une gigantesque statue de pierre et compris que le village des Autres décrit par Michael n’était qu’un décor de théâtre.

La situation dans le bunker n’est guère plus stable, en effet, le tenace Ecko contraint Charlie (Dominic Monaghan) à le conduire à une cache de dynamite pour faire sauter les portes blindées isolant Locke et Desmond.

Le résultat est un échec laissant Ecko et Charlie blessés, sonnés.

Cependant, Locke qui a interrompu le compte à rebours final, comprend son erreur lorsque le bunker puis l’ile se mettent à trembler de manière inquiétante.

Paniqué, Desmond qui a déjà connu une défaillance du système lorsque le vol 815 s’est écrasé, finit par se ruer sur une vanne de sécurité afin d’arrêter le processus de destruction de l’ile.

Le flash back est consacré encore une fois au navigateur écossais, à son échouage sur l’ile et à la difficile cohabitation avec Kelvin Inman (Clancy Brown), son prédécesseur dans la garde du bunker, qui lui apprend toutes les ficelles du métier avant de vouloir s’enfuir et d’être finalement tué lorsque Desmond comprend qu’il l’a manipulé.

En conclusion, comme pour la saison 1, « Lost saison 2, épisodes 23 et 24 » conclue en beauté la saison 2 avec un double suspens haletant : le découverte de l’importance vitale du travail de relève pour entrer les fameux chiffres permettant de préserver l’ile et la capture de trois des personnages les plus importants par les redoutables, mystérieux et pervers Autres.

Sans apporter de réponses décisives, la saison 2 a permis d’introduire de nouveaux éléments complexifiant l’histoire avec la présence d’autres passagers survivants du vol 815 et la montée en puissance des fameux Autres, mais également de perdre certains personnages devenus sympathiques comme Ana Lucia, Libby ou même Shannon.

Tout concourt donc à nous propulser avec intérêt vers la saison 3 !

Lost saison 2, épisodes 23 et 24 (Jeffrey Jacobs Abrams)
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15 janvier 2015 4 15 /01 /janvier /2015 20:56
Lost saison 2, épisodes 21 et 22 (Jeffrey Jacobs Abrams)

« Lost saison 2, épisodes 21 et 22 ».

Dans l’épisode 21 réalisé par Deran Sarafian sur un scénario de Carlton Cuse et Damon Lindelof, Mr Ecko (Adewale Akinnuoye-Agbaje) erre sur l’ile comme en état de transe, habité par d’obscures rêveries ou son frère mort au Nigéria lui indique que Locke (Terry O’Quinn) doit le mener dans un lieu en forme de point d’interrogation.

Ecko est également torturé par de puissants flash-back le poussant à enquêter en tant que prêtre en Australie sur la résurrection d’une jeune noyée que lui indique avoir été en communication dans l’au-delà avec son frère.

Le robuste Nigérian contraint par la force Locke à le mener à l’endroit indiqué et les deux hommes découvrent une nouvelle trappe menant à une autre station d’observation sous terraine.

Celle-ci semble dédiée à l’observation de la première station, ce qui laisserait à penser que le groupe Dharma initiative a juste monté une expérience avec des cobayes humains devant entrer périodiquement des séquences de chiffres afin d’étudier leurs réactions consignées dans des rapports transmis par des tuyaux pneumatiques à la surface.

Cette découverte est un choc pour Locke qui décide immédiatement de se rendre dans la première station pour arrêter le cycle infernal des relèves tandis que Ecko a pour lui l’intuition de continuer sous peine de grande catastrophe.

Du coté du premier bunker, Libby (Cynthia Watros) survit un moment à la blessure par balle que lui a infligé Michael (Harold Perrineau Jr) puis meurt sans avoir pu le dénoncer.

Ses funérailles ainsi que celles de Ania Lucia (Michelle Rodriguez) sont déchirantes d’émotions et même le rude Sawyer (Josh Holloway) semble ébranlé.

Le temps est au recueillement …

Dans l’épisode 22 réalisé par Stephen Williams sur un scénario de Edward Kitsis et Adam Horowitz, Michael continue son attitude étrange après le drame et pousse en effet absolument à ce que quatre personnes l’accompagnent pour chercher son fils chez les Autres et demeure inflexible sur le choix de celles-ci : Jake (Matthew Fox), Kate (Evangeline Lilly), Sawyer et le pauvre Hurley (Jorge Garcia) traumatisé par la mort de sa chère Libby.

Les flash backs se centrent sur sa rencontre avec les Autres, qui le capturent malgré ses armes, l’emmènent dans leur camp composé de huttes rudimentaires, lui montrent son fils Walt (Malcom David Kelley) ) et lui imposent un marché insupportable : livrer quatre survivant pour revoir Walt et pouvoir partir avec lui de l’ile.

De son coté, toujours hanté par ses instincts, Ecko abandonne Charlie (Dominic Monaghan) avec qui il construisait pourtant une église et s’installe fasciné dans le premier bunker pour entrer les suites de chiffres.
En conclusion, « Lost saison 2, épisodes 21 et 22 » est incroyablement irritant dans sa première partie, en raison des délires mystiques incompréhensibles d’Ecko, de son caractère obsessionnel et de la brutalité physique dont il peut faire l’objet lorsque les choses ne tournent pas selon ses désirs.

La seconde permet de mieux comprendre les motivations de Michael, et de sa trahison choquante vis-à-vis de ses camarades d’infortune avec à la clé deux horribles meurtres et la livraison de quatre d’entre eux en échange de la vague promesse de revoir son fils.

Irritants, étouffants et éprouvants, ces épisodes donnent néanmoins envie de se ruer vers la fin de la saison 2 !

Lost saison 2, épisodes 21 et 22 (Jeffrey Jacobs Abrams)
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11 janvier 2015 7 11 /01 /janvier /2015 10:21
Lost saison 2, épisodes 19 et 20 (Jeffrey Jacobs Abrams)

« Lost saison 2 , épisodes 19 et 20 ».

Dans l’épisode 19 réalisé par Eric Laneuville sur un scénario de Steven Maeda et Leonard Dick, le point de vue est modifié avec une initiative de Bernard (Sam Anderson) qui s’échine à faire écrire un SOS en lettre de pierre sur la plage mais finit pas se heurter par son attitude autoritaire au refus des autres survivants.

La relation entre Bernard et Rose (L Scott Caldwell) est développée, avec leur charmante rencontre dans une rue enneigée puis la douloureuse révélation du cancer de cette dernière alors qu’à plus de cinquante ans, elle était demandée en mariage.

La maladie de Rose et son peu d’espérance de vie ne découragent pas Bernard et lui permet d’obtenir son accord pour l’épouser.

Refusant l’inévitable, Bernard la traine jusqu’en Australie pour rencontrer un guérisseur du bush, qui tout en se montrant impuissant, lui fait savoir qu’il existe d’autres lieux et d’autres énergies capables de l’aider.

Ceci semble se vérifier sur l’ile, puisque Rose miraculeusement guérie comme Locke (Terry O’Quinn), parvient à faire à comprendre à son mari qu’elle préfère rester qu’être secourue.

Du coté du bunker, les choses évoluent, Jake (Matthew Fox) et Kate (Evangeline Lilly) partant dans la jungle pour demander d’échanger Henry Gale (Michael Emerson) contre Walt (Malcom David Kelley) mais retrouvent à sa place Michael (Harold Perrineau Jr), salement amoché.

Dans l’épisode 20 réalisé par Paul Edwards sur un scénario de Christina M. Kim et Elizabeth Sarnoff, Michael est ramené inconscient au bunker pour recevoir des soins.

Henry se rebelle, se mue dans la silence et entame une grève de la faim.

Ana Lucia (Michelle Rodriguez) qui tente de communiquer avec lui est agressée et s’en sort par une intervention de Locke qui assomme le prisonnier.

Locke demeure ébranlé par la personnalité complexe et sinueuse de Gale, qui continue de le manipuler pour effriter sa détermination.

Ana Lucia cherche à obtenir auprès de Sawyer (Josh Holloway) une arme afin de tuer Gale et après une courte lutte a un court mais intense rapport sexuel dans la jungle.

L’exposition de son passé la montre démissionner de la police après que sa propre mère Teresa (Rachel Ticotin) la soupçonne d’avoir tué son agresseur à la sortie d’un bar, se reconvertir dans un service de contrôle des aéroports avant de rencontrer Christian Shepard (John Terry) et d’accepter de le suivre en Australie pour rencontrer son ex femme avec qui il noue a des relations conflictuelles.

Michael qui a repris ses esprits livre des informations sur les autres vivants en haillons dans la jungle mais prend tout le monde de court en tuant Ana Lucia, en tirant sur Libby (Cynthia Watros) et en se tirant dans l’épaule pour se fournir un alibi.

Libby revenait d’un pic nic organisé sur une plage par Hurley (Jorge Garcia) pour la charmer.

En conclusion, « Lost saison 2 , épisodes 19 et 20 » marque un tournant dans la série avec la mort de Libby mais surtout celle d’Ana Lucia personnage des plus charismatiques sur l’ile en raison de son tempérament fougueux et d’un profil similaire par instant à Sayid (Naveen Andrews).

Le coté vénéneux de Gale continue de s’exprimer et de faire tourner la tête du fragile Locke miné par sa rivalité de leadership avec Jake.

Michael qui n’a pas pour moi une grande utilité dans l’histoire est ici utilisé de manière surprenante car complètement retourné pour devenir un allié apparent des Autres.

En second ordre, l’épisode consacré à Rose et Bernard couple racial mixte d’un certain âge découvrant l’amour sur le tard, malheureusement gâché par le spectre du cancer et de la mort imminente, est également très émouvante.

Tout concourt donc à donner envie de découvrir la suite (et fin) de la seconde saison.

Lost saison 2, épisodes 19 et 20 (Jeffrey Jacobs Abrams)
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10 janvier 2015 6 10 /01 /janvier /2015 09:23
Dune (David Lynch)

Sorti en 1984, « Dune » de David Lynch est une adaptation audacieuse de l’œuvre de 1970 de l’écrivain Frank Herbert.

Le spectateur est ici rapidement plongé dans un univers de pure Science fiction gouverné par une organisation ultra puissante appelé la Guilde, qui somme via un émissaire d’aspect monstrueux l’Empereur Padishah Shaddam IV (José Ferrer) d’intervenir sur la planète Arrakis ou Dune, stratégique en raison de sa production d’une substance appelée Epice permettant de voyager dans l’espace et d’améliorer les capacités physiques ou mentales.

L’Empereur doit provoquer une attaque des Harkonnens les rivaux des Atreides qui contrôlent actuellement Dune pour rétablir son contrôle et ainsi alimenter la Guilde en Epice.

L’émissaire de la Guilde demande également à l’Empereur de tuer Paul Atreides (Kyle Mac Lachlan), le jeune fils du Duc Leto (Jürgen Prochnow) qui s’entraine sur la planète Caladan pour développer des techniques de combat rapproché avec l’usage d’un bouclier défensif constitué d’un écran d’énergie pure face à un adversaire réel ou un robot offensif.

Paul semble plus que doué et disposer de capacités extrasensorielles qui font de lui un potentiel messie appelé le Kwisatz Haderach et est encadré en cela par la révérend mère Gaia Helen Moham (Sian Philipps) autorité religieuse suprême de l’ordre de Bene Gesserit des Atreides.

Se sachant prêt, Paul suit son père et sa mère Lady Jessica (Francesca Annis) pour rencontrer la colonie Atreides de Dune, qui exploite l’Epice dans des conditions difficiles sur un monde de sables ou vivent d’énormes vers attaquant périodiquement les centres de production.

Il ignore les plans de conquête du Baron Vladimir Harkonnen (Kenneth Mc Millan), obèse atteint de maladie de peau, obligeant par sadisme ses sujets à porter des ventouses reliées à leur système sanguin pour les tuer selon son bon plaisir.

Homosexuel pervers, le Baron se déplace à l’aide d’un système de lévitation pneumatique et charge ses deux tueurs, Feyd-Rautha (Sting) et son neveu Rabban (Paul Smith) de le seconder.

Soutenus par les troupes d’assaut Sardukar de l’Empereur, les Harkonnen attaquent Dune, prenant le dessus sur les Atreides dont la résistance héroïque ne peut compenser l’infériorité numérique et technique.

Guidé par le Docteur Wellington Yueh (Dean Stockwell), qui trahit les Atreides dans le fol espoir de retrouver sa femme, les Harkonnen prennent possession de la planète, capturant Jessica, Paul et Leto qui dispose cependant d’une capsule de gaz mortel enfiché dans sa mâchoire.

Leto tente crânement sa chance mais ne peut tuer que Piter De Vries (Brad Dourif) bras droit du Baron et meurt à son tour.

Alors qu’il s’apprêtent à être jetés dans le désert Paul utilise les techniques vocales enseignés par sa mère pour prendre le contrôle des pilotes du vaisseau.

Une fois débarrassés d’eux, ils ne peuvent empêcher le crash en plein désert et après être pourchassé par un immense ver de sable, se réfugient dans une grotte ou ils font la connaissance des Fremen, le peuple autochtones de Dune.

Après quelques tensions, les Fremen, impressionnés par les techniques de combat surnaturel de Jessica et Paul, les acceptent parmi eux en échange d’un apprentissage.

Jessica reçoit en transfert les pouvoirs de Ramallo, (Silvana Mangano), révérend Mère des Fremen.

Considéré comme un Messie, Paul forme donc une véritable armée Fremen capable en utilisant les capacités de l’esprit et de la voix, de propulser des ondes de choc surpuissantes canalisées par un appareillage portatif, capable de briser les pierres les plus solides.

Il connait également l’amour avec Chani (Sean Young), princesse Fremen.

Après avoir éliminé Wellington et asservi cruellement l‘Atreides Thufir Hawat (Freddie Jones), le Baron laisse son neveu stupide et brutal Raban administrer Dune mais rapidement les exactions des Fremen contre les centres de production d’Epices poussent la Guilde à menacer un nouvelle fois l’Empereur qui convoque le Baron pour lui signifier une intervention massive de ses troupes.

Après avoir bu l’eau de la vie, liquide mystique jalousement caché par les Fremen dans leur grottes, Paul se révèle comme l’authentique Messie capable de voir le futur et de contrôler les immenses vers de sable et de les domestiquer pour les mener à l’attaque.

La charge des vers contre les Sardukar est impressionnante.

Dotés de leurs nouveaux pouvoirs, les Fremen font également de gros dégâts, prenant le dessus sur les troupes de l’Empereur venu pourtant personnellement superviser les opérations.

Menacé par la jeune sœur de Paul, Alia (Alicia Witt), déjà dotée de pouvoirs extrasensoriels, le Baron est finalement propulsé dans le désert ou il connait une mort atroce dévoré par l’immense gueule d’un vers des sables.

Dans l’ultime face à face, l’Empereur lâche Feyd-Rautha pour un combat au couteau face à Paul, finalement remporté par ce dernier qui déchaine une immense pluie sur Dune, prouvant ainsi sa qualité de Messie.

En conclusion, malgré un coté un peu daté et son statut de cuisant échec commercial, « Dune » est une œuvre singulière, parfois fascinante, marchant dans les traces de « Star wars » de Georges Lucas.

Puisant à loisir dans les romans d’Herbert, l’univers décrit est riche, complexe, foisonnant emportant le spectateur dans un monde virtuel passionnant.

Malgré l’époque, les costumes et effets spéciaux fonctionnent, notamment dans l’animation des horribles vers géants, sorte de forces de la nature emportant tout sur leur passage.

La dimension mystique/religieuse est intéressante avec le développement de capacités psychiques surhumaines pour qui se donne les moyens de marcher dans les traces du Messie.

Solidement interprété avec notamment Sting étonnant dans un rôle d’éphèbe-tueur, « Dune » mérite même plus de trente ans après le coup d’œil et assoit pour moi la réputation de réalisateur ambitieux et barré de David Lynch.

Dune (David Lynch)
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8 janvier 2015 4 08 /01 /janvier /2015 14:37
La guerre dans la BD (Mike Conroy)

Alors que la France vit actuellement des heures difficiles avec une situation similaire à une guerre, je trouvais intéressant d’évoquer « La guerre dans la BD » de Mike Conroy.

Sorti en 2011, « La guerre dans la BD » est un imposant ouvrage proposant comme son nom l’indique de retracer le traitement de cette tragédie de l’histoire de l’Humanité, par les artistes de bandes dessinées majoritairement anglo-saxons … mais pas seulement.

Soigneusement découpé en sept chapitres, « La guerre dans la BD », est articulé chronologiquement et commence par les guerres de l’Antiquité et du Moyen-âge, en réalité largement sous représentées mis à part quelques exceptions notables comme le succès de « 300 » de Frank Miller mettant en exergue la bravoure des soldats grecs face aux armées perses.

Les histoires de Vikings, de Chevaliers et Pirates attirent cependant toujours un certain lectorat passionné d’Histoire.

Grands amateurs de comics, les Américains puisent dans leur courte histoire personnelle et s’inspirent des Guerres indiennes, de Sécession ou de leur Indépendance avec des histoires et héros caricaturaux comme « Tomahawk » ersatz de Davy Crockett popularisé par DC comics dans le magazine Star spangled comics.

Les cow-boys ne sont pas en reste, les plus connus d’entre eux étant « Two-guns kid » de chez Marvel et « Lone ranger » de chez Dynamite, ce dernier décrochant sans nul doute la palme de la longévité avec une naissance dans les années 30 et de courtes apparitions jusque dans les années 2000.

Il faudra attendre de nombreuses années avant de corriger la vision caricaturale et insultante des Indiens, représentés comme des sauvages sanguinaires jusque dans les années 70.

Sans surprise les guerres mondiales trustent le monopole de la production de comics avec dès 1915, l’apparition de bandes dessinées de propagande caricaturant les Allemands comme des primates.

La plus emblématique des maisons d’édition est EC Comics qui via le dessinateur Harvey Kurtzman va instaurer via des revues comme « Two fisted tales » ou « Frontlines combat » dans les années 50 les premiers numéros de comics de qualité montrant une vision non monolithique des conflits.

Tout y passe, la bravoure des pilotes de chasse avec « Aces high » ou « Phantom eagle » de Marvel ou celle des Marins dans « The Victor ».

Plus tard les mentalités évoluent, la bravoure et la souffrance des soldats sont mises en exergue par exemple dans « Charley’s war » dans les années 70 de Pat Mills et Joe Colquhoun ou dans le personnage plus controversé mais également fascinant de l’aviateur allemand le Baron rouge dans « Ennemy ace ».

Des œuvres plus contemporaines comme « La mort blanche » de Charlie Adlard en 1998, continuent d’exploiter ce filon inépuisable avec une lutte à mort entre Italiens et Autrichiens dans une zone montagneuse du Nord de l’Italie.

Plus près de nous, le français Jacques Tardi cité par son célèbre « C’était la guerre des tranchées » en 1993 appartient à cette veine moderne présentant via son style particulier l’horreur de la Première guerre mondiale.

Dans les années 40, la Seconde Guerre Mondiale se taille la part du lion dans cette surreprésentation avec les traditionnels comics de propagande montrant des super héros comme « Wonder-woman » « Superman » ou « Captain america » mettre au tapis les Nazis et les Japonais caricaturés en brutes simiesques ou rats.

Derrière ces personnages emblématiques encore connus aujourd’hui se trouvent des héros plus éphémères aux noms évocateurs « Fighting yank », « US Jones » ou « Young allies » puis les soldats plus traditionnels de l’aviation, la marine ou l’armée de terre dont la bravoure est elle aussi mise à l’honneur dans des revues comme « Medal of honor » « Fighting marines » , « Howling commandos » de Marvel, ou le très populaire « Sergent Rock » de Bob Kanigher et Joe Kubert qui perdurera jusque à la fin des années 80.

La face la plus sombre du conflit sera dévoilée par la suite, notamment les camps de concentration de « Maus » de Art Spiegelman distingué par un prix Pulitzer en 1992 ou la catastrophe d’Hiroshima de « Gen d’Hiroshima » de Keiji Nakazawa en 2007.

Un chapitre est dédié aux Anglais qui eux aussi exaltent la bravoure de leurs troupes comme dans la revue « Warlord », « Braddock », « Battle » ou « Commando » toujours active dans les années 2000.

On notera plus tard la traditionnelle touche d’humour british avec « Captain hurricane » cousin militaire de Hulk crée par Charles Royance en 1962 ou le stupide trouffion « Trooper Bo-Peep » crée en 1970, mais aussi la controverse de « Hellman of Hammer force » ou « Panzer G Man » montrant des militaires allemands combattants des Russes.

Après le choc de la Seconde guerre mondiale, les autres guerres de l’Amérique sont-elles aussi passées en revue, avec la Corée (« Battle Brady« de Hank Chapman en 1952, « Combat Kelly » de Martin Goodman en 1953, « Sergent Fury and Howling Commandos » en 1965) et le Viêt-Nam (« Blazing combat« de Jim Warren en 1965, « The Nam » de Doug Murray en 1986, « Viêt-Nam journal« de Don Lomax en 1987, guerres plus controversées mitigeant la traditionnelle haine du communiste avec une vision plus contestataire tout particulièrement pour le Viêt-Nam guerre très couteuse en hommes et défaite politique.

Difficile également d’oublier le 11 Septembre, traité avec sobriété par Alex Ross dans « 9-11 », puis les conflits les plus récents Irak ou Afghanistan, traités de manière encore marginale mais donnant lieu à des œuvres singulières comme « The long road home « de Gary Trudeau s’intéressant à la situation d’un vétéran revenant amputé au pays qui vaudra à son auteur un prix Pulitzer en 2005, « Pride of Baghdad » de Brian K Vaughan en 2006 vision du conflit irakien via des lions échappés d‘un zoo après un bombardement, « 303 » de Garth Ennis en 2005 montrant un vétéran russe enquêtant en Afghanistan ou le travail de Joe Sacco s’aventurant sur les terrains délicats de la guerre de Bosnie « Gorazde : la guerre en Bosnie orientale » en 2004.

En conclusion, « La guerre dans la BD » est un magnifique ouvrage brillant, riche, dense traitant de manière exhaustive son sujet.

On sera estomaqué devant la stupidité naïve des dessins patriotiques montrant des soldats blancs à la mâchoire carrée démolir à eux seuls des dizaines d’ennemis grossièrement caricaturés, même si il est délicat voir impossible de juger après coup d’une époque ou toutes les forces d’une nation étaient bandées dans un même effort pour combattre un ennemi mettant en danger le monde entier.

Passé le temps de l’affrontement, la réflexion, la subtilité et la créativité sont venues apporter une lecture plus intéressante des conflits, en montrant la souffrance des hommes engagés et en alternant les points de vues allant jusqu’à adopter ceux de soldats des camps ennemis ou des populations civiles.

Le résultat de tant d’intelligence est impressionnant, enthousiasmant et offre une passionnante grille de lecture pour découvrir plusieurs œuvres qu’on peut considérer comme majeures.

Seul bémol à ce travail, le quasi monopole des auteurs anglo-saxons, américains en tête, ils est vrai leaders incontestés du monde du comics, qui n’offre qu’un vision trop réduite du monde global de la bande dessinée.

La guerre dans la BD (Mike Conroy)
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7 janvier 2015 3 07 /01 /janvier /2015 13:15
Delivering the black (Primal fear)

Fort du succès de « Unbreakable » je me suis logiquement rué sur « Delivering the black » de Primal fear, sorti en 2014 avec une formation identique à 2012 notamment vis à vis de la pair de guitaristes Magnus Karlsson/Alex Beyrodt aux cotés des habituels piliers du groupe de Matt Sinner.

Comme à leur habitude, nos Allemands ne se foulent pas beaucoup sur la pochette, un nouvel aigle métallique dans une ambiance cette fois infernale d’une grande pauvreté.

On débute par « King for a day » mid tempo heavy metal sans une once d’originalité mais obéissant à la traditionnelle efficacité du groupe avec riffs solides, solo de rigueur et refrains de bonne facture.

Plus travaillé vient ensuite « Rebel faction » à l’ambiance nerveuse et aux refrains grandioses sur lesquels Ralf Scheepers donne toute l’étendue de ses incroyables capacités vocales.

Primal fear ralentit la cadence et verse à présent dans la power ballade mélodique avec un certain savoir faire sur « When death comes knocking » qui s’étale tout de même sur près de sept minutes.

Retour aux muscles sur « Alive & on fire » mid tempo puissant et agréable à défaut d’être parfaitement inoubliable.

De manière plus étonnante, « Delivering the black » sensé être l’un des plus marquants, se montre sans éclat et réellement passe partout.

Cet état de faiblesse se poursuit sur « Road to asylum » lourd et sans âme, qui plonge l’auditeur dans un état d’inquiétude à présent.

Il faut donc attendre le dernier tiers de l’album pour rencontrer le premier authentique chef d’œuvre avec « One night to december » magnifique pièce épique de plus de neuf minutes sur laquelle riffs, orchestrations, solo et chant émotionnellement habité Scheepers se transcendent littéralement.

On revient en régime de croisière sur « Never pray for justice » qui déroule son heavy puissant et sans génie avant de trouver (enfin !) la ballade du disque « Born with a broken heart » sur laquelle la voix toujours impressionnante de Scheepers parvient encore à nous emmener en voyage.

Un final « Inseminoid » remet le coup de gaz conclusif sans que les quelques belles poussées vocales du chanteur ne parviennent à masquer l’ennui qu’il véhicule.

En conclusion, « Delivering the black » est une grande déception pour moi.

Album enchainé trop vite, aligné à la file avec le précédent, « Delivering the black » se repose trop sur les importants acquis des Allemands et ne montre aucune prise de risques ni originalité.

Le boulot est certes toujours correctement fait et l’auditeur amateur de heavy puissant et mélodique « à voix » en aura pour sa ration habituelle, mais à part « One night in december » rien ne viendra l’emporter, le faire vibrer comme sur les meilleurs compositions auxquelles nous avait habitué Primal fear.

Décevant donc, pour un groupe que j’apprécie et suis avec ferveur depuis la fin des années 90.

Delivering the black (Primal fear)
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7 janvier 2015 3 07 /01 /janvier /2015 10:47
X-men hors série n°26, Colossus (David Hine, Jorg Lucas)

Les comic books ont été semble-t-il mis en sommeil durant ces derniers mois, c’est pourquoi cette chronique va concerner « X-men hors série n°26, Colossus ».

Sorti en 2006 sous un scénario de David Hine et des dessins de Jorge Lucas, « X-men hors série n°26, Colossus » se focalise entièrement sur le plus imposant des X-men, le russe Peter Raspoutine, plus connu sous son nom de guerre, Colossus, en raison de la carapace de métal que peut revêtir son corps et qui le place parmi les héros les plus puissants physiquement de l’univers Marvel.

Dans cet épisode, Peter taraudé intérieurement par un mal mystérieux, décide de quitter ses collègues X-men des États-Unis pour se rendre en Russie afin de régler un problème familial.

Il rencontre à Saint Saint-Pétersbourg sa cousine Larisa courageuse journaliste indépendante combattant au péril de sa vie la corruption de son pays et qui se sentant menacée par des forces encore plus redoutables que les services secrets russes, a fait appel à lui.

En explorant les longues ramifications de la famille Raspoutine, Peter comprend que leur arrière grand-mère Elena était une sorcière qui a eu une liaison avec Raspoutine, le célèbre mage de l’ancienne Russie qui parvenu aux plus hautes sphères du pouvoir, aurait eu comme but de fonder une lignée d’hommes supérieurs assimilés à de nouveaux Jésus-Christ.

Prenant en compte la mort d’Illyana et de Mikhaïl sœur et frère issus de la même famille, Peter et Larisa se lancent ensuite à la recherche de leur oncle Vladimir l’un des derniers représentants vivant de la lignée Raspoutine qui vit en ermite en Sibérie près du lac Baïkal.

Mais ils ignorent que deux mystérieux hommes masqués sont également sur ses traces après avoir déjà éliminé Yuri Raspoutine, un guérisseur de la famille établi près de Tomsk.

La réunion de famille se fait chez Vladimir et révèle que les deux hommes masqués sont Sinistre l’ex bras droit d’Apocalypse et Mikhaïl le propre frère de Peter revenu d’une dimension parallèle appelé la zone noire.

Sinistre explique son passé de scientifique anglais passionné par la recherche d’une création de surhommes dont les facultés ont été démultipliées par un traitement du puissant mutant Apocalypse.

Devenu lui-même un mutant, Sinistre a cherché toute sa vie des sujets supérieurs, avant d’identifier Raspoutine en Russie et de le pousser à enfanter avec Elena, dont les gênes mutants concordaient avec ses plans.

Mais l’encombrant Raspoutine dérangeait au sein de la cour des tsars et fut tué après la trahison d’Ivan, le frère jumeaux d’Elena jaloux de leur amour.

Avant de mourir, le mage-mutant transféra sa conscience dans ses descendants, ce qui fait qu’une fois tous les descendants tués, un seul subsistera en provoquant sa propre résurrection.

De manière imprévue, Vladimir semble adhérer à ce schéma et s’immole par le feu, tandis que Larisa est assassinée par Sinistre.

Ivre de rage, Colossus est obligé d’affronter son frère pour empêcher qu’il ne redevienne Raspoutine et satisfasse aux plans de Sinistre.

Mais Mikhaïl choisit de ruser, téléportant Colossus dans une dimension parallèle afin de le laisser mourir de faim sans même l’affronter directement.

Pourtant contrairement aux apparences, Mikhaïl éprouve du remords à la mort de Larisa et revient dans la zone ou il a laissé Colossus pour s’unir à lui afin de mettre à mal Sinistre.

Affaibli, Sinistre ne pèse pas lourd face aux pouvoirs unifiés des deux frères et bat rapidement en retraite en proférant de vagues menaces.

Mikhaïl explique alors la malédiction des Raspoutine, la folie qui habite leur psychisme et préfère se retirer à tout jamais dans la zone noire après d’émouvants adieux à son frère et au corps de Larisa.

Colossus revient donc aux Etats-Unis l’esprit profondément perturbé et se demandant si il saura un jour dominer la folie qui inconsciemment l’habite.

En conclusion, « X-men hors série n°26, Colossus » est un comic sombre et douloureux qui permet d’explorer toute la richesse des origines de Colossus, en révélant l’ascendance quasi mystique alors qu’on aurait pu penser qu’il n’était qu’un simple paysan sibérien au physique particulièrement robuste.

Comic évoquant des liens de famille douloureux et torturés, « X-men hors série n°26, Colossus » contient tous les ingrédients d’une œuvre mature au scénario élaboré mélangeant sources historiques, surnaturelles avec monde des super héros.

Principaux bémols à l’affaire, le style un peu gras et lourd de Lucas et des scènes de combat plutôt minimalistes, avec un faux combat entre Colossus et Mikhaïl ainsi qu’une déroute rapide d’un Sinistre s’écroulant au final comme un tigre de papier au moment de défendre ses ambitieuses idées.

Belle et respectable curiosité d’hiver donc.

X-men hors série n°26, Colossus (David Hine, Jorg Lucas)
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