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6 juin 2015 6 06 /06 /juin /2015 10:42
Brooklyn (Colm Toibin)

Née d’un voyage récent à New-York, ma fascination pour les Etats-Unis perdure actuellement, aussi Est-ce avec grand plaisir que je me suis attelé à « Brooklyn » de l’écrivain irlandais Colm Toibin.

Sorti en 2009, « Brooklyn » a pour personnage principale Eilis Lacey, qui dans les années 50, quitte sa famille et son Irlande natale pour chercher de meilleure opportunités de vie à New-York.

Modeste vendeuse auprès d’une commerçante marâtre, Mrs Kelly, Eilis est en réalité poussée par sa mère et sa sœur ainée Rose, encore célibataire, à quitter le foyer familial qui peine à joindre les deux bouts.

Un prêtre catholique irlandais du nom de Flood, sert d’intermédiaire dans l’affaire et trouve une place à Eilis à New-York dans un magasin de vêtements tenu par des italiens, les Bartocci.

Sans réelles attaches si ce n’est affectives à Dublin, Eilis accepte de partir pour ce long voyage dans cette terre lointaine et exotique à l’époque : les Etats-Unis.

Après avoir dit au revoir à son frère Jack lui aussi émigré mais en Angleterre, Eilis s’embarque dans un gigantesque paquebot transocéanique.

Le voyage en troisième classe est cauchemardesque en raison des mauvaises conditions de mer et Eilis est sévèrement malade, comme d’ailleurs la plupart des passagers.

Georgina, sa voisine de cabine, plus affirmée, lui donne de précieux conseils pour se présenter sous son meilleur jour face aux rudes services d’immigration.

Après trois semaines difficiles en mer, Eilis arrive enfin à New-York et emménage dans une pension de famille tenue par une Irlandaise, Madame Kehoe.

Eilis se voit attribuée une chambre et partage le reste des commodités avec d’autres jeunes femmes également Irlandaises du quartier.

Au magasin, elle est sous les ordres de Madame Fortini et donne déjà par son sérieux de bonnes satisfactions à ses employeurs.

A Brooklyn, Eilis découvre la foule, l’agitation et la proximité des deux autres communautés les plus importantes de l’époque : les Italiens et les Juifs.

Des tensions existent inévitablement entre Irlandais et Italiens, qui sont finalement rivaux en tant qu’émigrés.

Flood veille sur Eilis de manière paternelle, remplaçant un peu son père trop tôt décédé, la soutient lorsqu’elle a énorme coup de cafard provoqué par le mal du pays, en arrondissant les angles avec l’exigeante Madame Fortini.

Pour maintenir le contact avec ses racines, Eilis écrit beaucoup à sa famille et entretient une correspondance à plusieurs niveaux suivant les sujets avec sa mère, Rose et Jack.

Ce lien semble vital pour la jeune femme.

Avec l’arrivée de l’hiver, Eilis découvre l’incroyable froid New-Yorkais et fait comme tout le monde : souffre même si elle apprécie le confort des maisons américaines toujours bien chauffées.

Le magasin connait également une petite révolution lorsque des clientes afro-américaines commencent à le fréquenter.

Le malaise est palpable des deux cotés, mais Madame Fortini se montre intelligente en comprenant l’intérêt financier qu’elle peut tirer de cette nouvelle clientèle de Brooklyn.

Le père Flood intervient une nouvelle fois en proposant à Eilis de suivre des cours du soir afin de décrocher un diplôme de comptable et d’atteindre le statut d’employé de bureau, symbole de réussite sociale.

Eilis se montre une étudiante intelligente et sérieuse, appréciant tout particulièrement son professeur de droit, le brillant Mr Rosenblum.

Entre les journées parfois harassantes au magasin et les cours du soir, Eilis trouve finalement le temps de quelques distractions le week-end et rencontre à un bal irlandais un Italien du nom de Tony.

Au départ, Tony qui est plutôt petit et blond, parvient à lui cacher ses origines italiennes mais finit par lui avouer la vérité.

Plombier à Brooklyn, Tony est un homme sensible, doux et amusant qui fait rire Eilis par ses imitations et blagues.

Tout en dissimulant les origines italiennes de Tony aux autres pensionnaires plutôt xénophobes, Eilis débute une relation, se rendant au cinéma avec lui.

Nerveuse et peu au fait de la sexualité, Eilis se montre prudente, n’hésitant pas à rembarrer le plombier lorsqu’il se montre trop entreprenant.

Elle rencontre néanmoins sa famille, une grande fratrie d’Italiens de Brooklyn vivant à plusieurs dans un petit espace.

Eilis est plutôt bien acceptée et consent même à se rendre à un match de base ball, sport auquel elle ne comprend rien, pour faire plaisir à Tony, ardent supporter des Dodgers.

Avec l’été, la chaleur devient suffocante dans la ville et une invitation de Tony à la plage de Coney island, provoque une véritable embarras chez Eilis qui ne connait pas les codes en vigueur sur les plages américaines.

Sous les conseils de Madame Kehoe elle entreprend un régime et choisit avec soin un maillot de bain avec Madame Fortini, malgré sa gêne de se montrer nue face à elle et quelques troublants attouchements de sa patronne.

Sur les plages surpeuplées de Coney island, Eilis se rapproche de Tony.

Le couple finit par coucher ensemble même si la première fois d’Eilis est plus douloureuse qu’agréable et entraine une confession honteuse auprès de Flood, qui en bon prêtre catholique des années 50, réprouve les relations sexuelles hors mariage.

Après deux ans d’efforts, Eilis décroche son diplôme de comptable mais se trouve dévastée lorsqu’elle apprend la mort subite de sa sœur Rose, terrassée par une crise cardiaque.

Mal à l’aise loin des siens, Eilis éprouve un impérieux désire de revenir en Irlande.

Elle consent néanmoins à épouser avant de partir Tony et lui promet pour apaiser son angoisse à l’idée de la voir repartir pour quelques semaines en Europe, de revenir pour s’établir avec lui à Coney island, sur un terrain que sa famille a acheté.

Le mariage se fait dans la plus grande discrétion et Eilis revient transformée chez elle.

Sa peau est bronzée, ses vêtements et ses manières ont changé, lui conférant plus d’assurance… et de sex appeal !

Les retrouvailles familiales sont émouvantes et Eilis qui ne passe pas inaperçue se trouve courtisée par Jim Farrell, un jeune homme qui la dédaignait lors des bals irlandais.

Patron de bar, Farrell entreprend un jeu de séduction auquel Eilis ne reste pas insensible.

La cours de Farrell, la pression de sa Mère restée seule, ajoutées à une proposition d’embauche comme comptable dans un magasin de la ville, font vaciller la détermination de Eilis à rentrer à New-York.

Mais lorsqu’elle apprend que Mrs Kelly est au courant de son mariage la bas, elle prend la décision pour éviter le scandale de revenir aux Etats-Unis.

En conclusion, malgré un rythme général plutôt lent tour particulièrement dans son démarrage irlandais assez ennuyeux, « Brooklyn » est un beau roman, très bien écrit qui se laisse lire d’une traite avec un vif plaisir.

Toibin traite à merveille le sujet de l’exil, montrant l’ascension à force d’abnégation d’une jeune vendeuse irlandaise vers les classes moyennes avec en prime la vie d’un quartier emblématique de la ville de New-York.

Bien qu’abordée de manière discrète, la sexualité est également présente et offre également matière à un nouvel écartèlement entre l’ouverture cosmopolite avec un italo-américain et la tranquille tradition irlandaise.

Transformée favorablement à son retour des Etats-Unis ou elle revient diplômée et mariée, Eilis penche un moment vers un retour sur terre d’origine pour des raisons mêlant besoin des racines familiales et opportunités professionnelles, mais choisit après quelques rebondissement de revenir dans la ville ou elle s’est finalement construite et épanouie.

Avec « Brooklyn », Toibin prouve qu’on peut écrire un grand roman sans avoir recours aux procédés racoleurs de violence et de sexe.

Je ne peux donc que recommander la lecture de cette œuvre parfaitement maitrisée !

Brooklyn (Colm Toibin)
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2 juin 2015 2 02 /06 /juin /2015 20:43
2 (Mallory)

Après un break des plus compréhensibles, la musique reprend ses droits dans ces colonnes par l’intermédiaire d’un coup de pouce donné à un proche, membre du groupe de rock Mallory.

Formé en 2013, Mallory est un groupe amateur parisien formé de Phil au chant, Jé à la guitare, Mat à la basse et Twist à la batterie.

Mallory s’articule autour d’un concept, la cavale d’une femme mal mariée à travers le Sud-ouest des États-Unis, dans un voyage qu’on devine sans peine environné de grands espaces, de lumière, de chaleur, de poussière mais aussi d’abus en tout genre selon le traditionnel saint triptyque sex, drugs and rock ‘n’ roll.

En 2014 sort « 2 » le second album de la formation.

Articulé en neuf titres racontant à chaque fois une nouvelle péripétie dans les aventures de cette héroïne femme fatale, « 2 » débute par « Awake » un mid tempo qui place assez rapidement de solides riff stoner rock et se démarque par le chant tour à tour mélodique ou rageur de Phil.

Se dessine alors immédiatement l’empreinte musicale de Mallory à la croisée entre rock, blues et métal lourd.

Le coté agressif et pesant du groupe surgit comme un crotale dérangé dans sa sieste en plein désert sur « Big nails » qui fait preuve d’une puissante dynamique métallique.

Avec le plus vaporeux « Ready », l’auditeur est ensuite attiré en douceur dans l’atmosphère hypnotique de ce road trip et peut à loisir au gré du long solo planant de Jé laisser voguer son esprit à travers des paysages désolés.

Mallory continue sur ce faux rythme faussement rassurant en déroulant un « Bad monkeys » étrangement mis en sourdine puis s’accorde une halte rafraichissante sur « Somewhere » court instrumental acoustique.

On ouvre un peu plus la manette des gaz avec « Summer rain » curieuse bête hybride mélangeant couplets en Français aux forts relents de Noir désir et refrains US plus musclés puis retrouve une carburation plus classique sur « Heavy » aux hurlements un tantinet stéréotypés.

La frontière mexicaine semblant se dessiner au lointain, aussi le groupe se densifie-t-il en un « Running » nerveux avant de plonger dans une conclusion apaisée sur la ballade acoustique « Something » un peu trop statique et bluesy à mon gout.

En conclusion, compte tenu du caractère non professionnel de Mallory, « 2 » est un album de haute qualité, parfaitement cohérent dans sa structure et son concept forcément visuel car déjà très référencé cinématographiquement parlant.

Album atmosphérique proposant un rock sableux, tour à tour poisseux ou chauffé à blanc, « 2 » brille par la puissance charismatique du chant de Phil, son large éventail l’autorisant à se risquer jusqu’aux rivages du chant en Français alors que les influences du groupe sont très largement américaines mais également par la richesse du jeu de guitare subtil et varié de Jay.

Mallory écume régulièrement les salles parisiennes, ne les manquez pas sur scène si vous aimez le rock lourd et fiévreux, car il y a fort parier que sa persévérance finira par lui ouvrir des portes…

2 (Mallory)
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Published by Seth - dans Rock Stoner
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31 mai 2015 7 31 /05 /mai /2015 09:31
Two lovers (James Gray)

Grande envie de découvrir le cinéma de James Gray après l’extraordinaire « Little Odessa » aussi est-ce avec un intense plaisir que je me suis rué sur « Two lovers ».

Sorti en 2008, « Two lovers » a pour cadre encore une fois New-York et en particulier le quartier de Brighton beach qui semble hanter le cinéaste.

Leonard Kraditor (Joaquin Phoenix) est un trentenaire vivant encore dans l’appartement de ses parents.

Dépressif et fragile, il végète comme employé dans la buanderie familiale et cultive un vague passe temps pour la photographie.

Ses parents décident de prendre sa vie en main et lui arrangent une rencontre avec Sandra Cohen (Vanessa Shaw) fille de l’homme qui va racheter leur entreprise.

Bien qu’agréable et issue de la communauté juive, Sandra n’attire que peu l’attention du fantasque Joaquin qui lui préfère une voisine rencontrée par hasard, Michelle Rausch (Gwyneth Paltrow).

Fasciné par cette blonde longiligne, Leonard la suit dans la rue, dans le métro et devient celui qu’elle appelle son nouveau meilleur ami.

Leonard sort avec elle, s’amuse en boite de nuit mais découvre la face sombre de la jeune femme, engoncée dans une relation compliquée avec un homme marié et riche, Ronald Battle (Elias Koteas) qui se refuse à quitter sa femme et la fait souffrir.

La soirée en boite est écourtée et les deux amis dialoguent longuement au petit matin en cachette…

Leonard accepte l’idée stupide d’assister à un diner à trois pour se faire une idée de la relation entre Ronald et Michelle.

Tout en temporisant avec ses parents et Sandra très attirée par lui, Leonard se rend au diner dans un restaurant chic de Manhattan avant de laisser le couple partir à l’Opéra.

A son retour, il a couche avec Sandra sans réfléchir et se rue ensuite sur son téléphone pour répondre à Michelle qui lui donne rendez vous sur le toit de leur immeuble pour débriefer sur le diner.

Leonard se montre très direct, casant Ronald pour faire une déclaration d’amour à laquelle Michelle ne peut adhérer.

Blessé et fou de rage, il quitte le toit et se rend à la barmizha du fils Cohen, prenant des photographies pour faire plaisir à la famille.

Alors qu’il donne encore une fois le change, Leonard est appelé par Michelle qui se dit en grande difficulté.

Il plaque tout et l’emmène aux urgences pour découvrir qu’elle a fait une fausse couche.

Ronald arrive le soir, s’excuse mais Michelle l’éconduit sans lui dire la vérité.

Poussée par Leonard, elle finit par mettre un terme à leur relation et a un rapport sexuel intense sur le toit de l’immeuble avec un Leonard transi d’amour.

Privée des revenus de Ronald qui payait une partie de son appartement, Michelle souhaite aller vivre à San Francisco dans un appartement prêtée par une amie, et monte le projet d’aller y vivre avec Leonard, prêt à tout plaquer pour elle, mariage avec Sandra compris.

En catimini, Leonard achète sur Internet deux billets d’avions tout en faisant mine devant ses parents et son beau père, d’accepter d’épouser Sandra et de s’investir dans le réseau de buanderies que les deux familles unifiées souhaitent monter à New-York.

Le soir de Thanksgiving, Leonard donne le change dans un état d’extrême nervosité et se prépare à s’envoler avec sa belle.

Après avoir dit au revoir à sa mère, Ruth (Isabelle Rossellini), qui se doutait de tout, Leonard descend dans la cour de l’immeuble pour se faire planter par Michelle qui renonce in extremis après un volte face de Ronald, qui a quitté femme et enfants pour elle !

Le cœur brisé, Leonard se rend seul sur la plage de Brighton en plein réveillon, jette de rage le diamant qu’il comptait offrir à Michelle, avant une fois l’esprit revenu à froid de se raviser.

Penaud, il revient à la soirée de Thanksgiving avec la bague qu’il compte offrir à Sandra pour leurs fiançailles…

En conclusion, inspiré par Dostoïevski, « Two lovers » est une variation intense et émouvant du triangle amoureux dans lequel se débat un homme perdu et fragile dans le grand New-York.

Pris entre la pression familiale communautaire et un désir personnel fou d‘attirance vers une personne aussi perdue que lui, le personnage principal se trouve écartelé dans une situation en apparence sans issue sinon le drame.

La réalisation sombre, froide est élégante, les acteurs formidables avec en numéro 1, un extraordinaire Joaquin Phoenix, parfait dans son personnage de looser que n’aiment généralement pas voir les américains.

James Gray tient en haleine et emballe à merveille le film, montrant une nouvelle fois l’étendue de son talent.

Two lovers (James Gray)
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30 mai 2015 6 30 /05 /mai /2015 16:09
Jack Kirby, anthologie (Jack Kirby)

Avis à tous les amateurs de comics, « Jack Kirby, anthologie » parue en 2012 chez DC comics est un volumineux hommage graphique rendu au King, qui avec Stan Lee, créa dans les années 60 l’essentiel du panthéon Marvel.

Mais éditeur DC oblige, « Jack Kirby, anthologie » traite principalement des premières œuvres du maitre, juif New-Yorkais né Jacob Kurtzberg en 1917 de parents pauvres émigrés d’Europe de l’Est.

Situées dans les lointaines années 40, les premières heures se déroulent avec le scénariste Joe Simon, avec en quelque sorte la préhistoire des super héros ou on retrouve l’archétype du héros modèle figure paternelle flanqué d’un sidekick adolescent destiné à capter le jeune public.

Sandman et le mioche Sandy affrontent donc en 1942 un criminel chimiste usant de gadgets sophistiqués pour se faisant passer pour Thor et braquer des banques.

Cette aventure surréaliste donne lieu à de belles scènes de bagarres avec des faux Vikings en plein cœur de New-York !

Puis viennent des associations de kids (La légion des petits rapporteurs, Le commando des juniors), qui dans des aventures touchantes de naïveté, luttent aux cotés de la police ou de héros adultes comme le Gardien, contre le crime qui gangrène leurs quartiers ou contre d’affreux soldats nazis en pleine Seconde guerre mondiale.

Après la fin de la Seconde guerre mondiale à laquelle Kirby participe en tant que soldat envoyé en France, le dessinateur exprime son gout pour le Fantastique et de la Science fiction dans des histoires d’actrices au visage prématurément vieilli ou d’invasions extra-terrestres finalement repoussée par la roublardise d’un réalisateur de film.

En ce sens les années 50 préfigurent l’explosion des années 60 comme le montent les étranges Challengers de l’inconnu, groupes de quatre aventuriers (un professeur, un pilote, un cascadeur et un lutteur) qui préfigurant les 4 Fantastiques, voyagent dans le temps de la Grèce et de l’Egypte antique à la recherche d’un scientifique ivre de pouvoir, Darius Tiko.

Le folle traque s’achève dans le futur dans l’an 3000 ou héros et savant fou sont capturés puis jugés par une machine avant d’être finalement purement et simplement relaxés puis ramenés dans le présent pour un jugement plus moral.

On découvre ensuite les origines de Green Arrow en 1959 avec Oliver Queen, play boy échoué sur une ile déserte du Pacifique développant pour survivre ses capacités d’archer et tout son arsenal de flèches avant de devenir le super héros emblématique de DC.

Mais l’œuvre majeure de Kirby pour DC est sans conteste les New gods, qui au début des années 70 marquèrent les esprits en créant un monde fictif ou deux races extra terrestres s’affrontent sur deux planètes rivales, l’évoluée et progressiste Néo-génésis et la sombre et violente Apokolips.

Dans un pur univers de SF, le lecteur suit donc les aventures d’Orion, héros de Néo-génésis doté de l’astro force, puissance cosmique explosive lui permettant de se tirer des situations les plus désespérées, qui affronte les terribles sbires de Darkseid, sombre empereur d’Apokolips, qui vise à attaquer la terre pour établir l’équation de l’anti-vie.

Dans son combat, Orion reçoit une aide de Metron, sorte d’observateur neutre du conflit qui bloque Kalibak, un redoutable gardien de Darkseid, l’informe des plans du monarque et lui permet de libérer quatre terriens innocents détenus sur Apokolips.

Avant de réexpédier les terriens d’où ils viennent, Orion prend le dessus sur Kalibak en usant de son astro force pour contrer les rayons lancés par son étrange massue.

Autour des New gods gravite le personnage secondaire de Mister miracle, sorte d’Houdini futuriste capable de se défaire de n’importe quel piège aussi vicieux et sophistiqué soit il ou Big Barda sculpturale brune ayant trahi Darkseid et véritable incarnation du féminisme des années 70 avec des évidents points communs avec Miss Hulk dont elle partage le courage et la force surhumaine.

Plus curieuse figure l’idée de faire de Jimmy Olsen, l’ami de Superman, un etre rappelant Mister Hyde après avoir subi un traitement par deux scientifiques d’Apokolips, Syman et Mokkari.

Ce n’est pas Superman qui intervient pour le libérer mais les membres de la Légion des petits rapporteurs qui utilisent un tunnel de voyage temporel pour perturber les plans des deux scientifiques et accorder leur liberté à toute un ménagerie de créatures génétiquement modifiées dont la révolte est dirigée par Olsen finalement éjecté sur terre après avoir échappé à ses monstrueux créateurs.

Impossible de passer à coté d’Arin, sosie du Surfer d’argent, tout comme les Immortels groupe de jeunes super héros : le colosse Grande ourse, l’illusioniste Belle réveuse, un cow boy truffé de gadgets appelé Serifan, Moonrider capable de projeter des rafales d’énergie et leur chef Vykin, fugueurs de Néo-génésis poursuivi par Devilance, surpuissante créature à la solde de Darkseid dont la lance semble receler d’inépuisables pouvoirs.

Incapables de se défaire d’un ennemi aussi coriace que rien ne semble abattre durablement, les Immortels reçoivent finalement l’aide d’Infinit man, qui fait jeu égal avec Devilance au point de les faire exploser tous les deux.

On sera plus moins emballé par les histoires de possession spirite ou de Démon alias Jason Blood, enquêteur paranormal se rendant dans un pays d’Europe de l’Est évoquant la Lavtérie pour mettre hors d’état de nuire un puissant loup garou.

Capable de se transformer en Démon des temps de Merlin l‘enchanteur, Blood est contraint d’utiliser les flammes de l’enfer pour contrer la férocité de son adversaire qui le poursuit jusqu’aux Etats-Unis ou il trouve finalement la mort.

Si Demon évoque étrangement le Docteur strange ou Hellrider, Kamandi est lui-meme le sosie du sauvage Ka-zar en empruntant fortement à l’univers de « La planète des singes » avec une vision futuriste ou les félins (puma, lions) ont pris le dessus intellectuellement sur les hommes rabaissés au rang de betes.

Mystère également avec le Sandman de l’année 1974, héros étrange faisant la chasse aux cauchemars crée par son curieux ennemi le Général électric, criminel scientifique aux traits grossièrement asiatiques.

L’atmosphère de Omac parait plus terre à terre et virile avec un modeste employé de laboratoire se métamorphosant en super héros rappelant le Gladiator de Marvel en raison de sa super force et sa spectaculaire crete d’iroquois.

La dernière aventure fait la part belle aux sans grades de l’armée US, Rumpkin modeste bidasse passionné de Science fiction qui part un astucieux leurre fait croire aux Nazis que l’armée américaine disposent d’un tank ultra puissant capable de concurrencer leur propre canon.

En conclusion, « Jack Kirby, anthologie » est un ouvrage magnifique, surprenant, qui permettra aux fans de comics de prendre toute la mesure de la créativité de Jack Kirby, dessinateur dont j’ai par le passé assez souvent critique le style peu fin, mais qui replacé dans le contexte des années 40-70, se révèle visionnaire.

Impossible de ne pas etre emporté par les fourmillantes aventures des New gods, œuvre maitresse de Kirby et leur univers de rivalité cosmique ou plane l’ombre envahissante de Darkseid, le frère jumeau du Thanos de Marvel ou de Métron, symétrique du Gardien.

On se régale donc sans dédaigner les prémisses de Green Arrow, des 4 Fantastiques, du Surfer d’argent, de Ka-zar, des personnages uniques comme Demon ou Omac et les aventures plus terre à terre de gosses des bas quartiers de New-York, qui apportent leur pierre à la lutte contre le crime ou les ennemis nazi.

Massive, exhaustive, luxueuse, cette anthologie est une pièce unique permettant de rendre hommage au génie de Kirby dont le style et l’imagination influenceront des centaines d’autres artistes après lui !

Jack Kirby, anthologie (Jack Kirby)
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30 mai 2015 6 30 /05 /mai /2015 12:33
Little Odessa (James Gray)

Réalisateur très coté mais qualifié plutôt d’intello, James Gray a réalisé son premier film en 1994 « Little Odessa ».

« Little Odessa » raconte l’histoire d’un gangster de New-York, Joshua Shapira (Tim Roth), qui est contraint de revenir à Brooklyn dans son quartier d’origine Brighton beach (Brooklyn), connu pour être le lieu de la communauté russe.

Juif d’origine russe, Joshua doit éliminer Pahlevi (Mohammed Ghaffari) un indicateur arabe de Brooklyn mais doit également éviter de se faire remarquer par le parrain local, Boris Volkoff (Paul Guilfoyle) qui a mis un contrat sur sa tête après qu’il ait tué son fils.

Joshua se fait donc discret mais malgré tout approché par son jeune frère Reuben (Edward Furlong), reprend peu à peu contact avec sa famille, dévastée par la maladie de leur mère, Irina (Vanessa Redgrave) atteinte d’une tumeur en phase terminale.

Mais il se heurte à son père Arkady (Maximilian Schell), homme dur et violent, qui l’a rejeté depuis qu’il a quitté la maison pour rejoindre le monde de la criminalité.

Après des échanges de coups et de menaces, Joshua recule finalement sans voir sa mère mais après avoir surpris Natascha (Natalya Andrejchenko) la maitresse de son père, une jeune femme, utilise cette information pour négocier avec lui une trêve et le laisser parler à Irina pour des adieux d’une sobriété déchirante.

En parallèle de ses échanges familiaux délicats, Joshua poursuit ses recherches pour sa mission, prenant contact avec une petite bande locale qu’il connait déjà, notamment Sascha (David Vadim) et qu’il contraint à lui prêter assistance.

Il n’hésite pas à éliminer un homme de Volkoff qui l’avait repéré et retrouve Alla Shustervitch (Moira Kelly) une ex petite amie avec qui il souhaite renouer.

Malgré ses réticences, Alla finit par accepter de le fréquenter à nouveau.

Le point central de l’histoire reste la relation entre Reuben et Joshua, ce dernier essayant de ne pas glorifier son rôle de gangster afin de ne pas entrainer Reuben sur une mauvaise pente.

Le jeune homme parait en effet fragilisé, entre un père brutal qui le frappe au ceinturon et les longues heures passées au chevet de sa mère.

Pistant comme une ombre son frère, il suit son expédition contre Pahlevi, son enlèvement à son domicile, son exécution dans une décharge publique avant de bruler son corps pour ne pas laisser de trace.

A son retour, Joshua apprend la mort d’Irina, qui expire pratiquement dans les bras de Reuben après un malaise dans sa cuisine.

Il conserve son apparence de dureté mais se trouve profondément affecté par cette perte.

Lorsqu’il comprend que Arkady a frappé une nouvelle fois Reuben, Joshua prend une décision radicale, enlève son père et le conduit dans un terrain vague prêt d’une rivière pour l’exécuter.

Il renonce pourtant in extremis à son projet après l’avoir fait déshabiller dans la neige.

En apparence impassible, Arkady réplique alors en balançant son fils à Volkoff qui envoie deux tueur le liquider chez Alla.

Le dénouement a lieu chez la jeune femme, qui est tuée après une nuit avec son amant.

Une fusillade éclate alors avec Reuben qui a récupéré l’arme de son frère dans la décharge et abat un des deux tueurs avant d’être lui-même tué par méprise par Sasha qui s’apercevant de son erreur, prend immédiatement la fuite.

Lorsque Joshua émerge l’arme au poing, il réalise le carnage.

Resté seul dans sa voiture au moment de quitter Brooklyn à tout jamais, il revoit en pensée sa mère et son frère…

En conclusion, « Little Odessa » est une merveille couronnée en son temps par de multiples prix à Venise et Deauville.

Plus qu’un film glorifiant la vie brutale et stupide des gangsters, « Little Odessa » est un film intimiste magnifiquement triste portée par l’atmosphère glacée d’un New-York enseveli sous la neige.

Gray y explore des relations familiales complexes qui ont trouvé un puissant écho chez moi : maladie d’une mère, conflit avec un père seule figure d’autorité paternelle et réflexion sur la notion de modèle entre frères.

Servi par d’excellents acteurs, une musique de chœurs religieux sobre et pénétrante, « Little Odessa » est un chef d’œuvre de film noir traitant de relations familiales, sur fond de mafia russo New-Yorkaise.

A voir absolument !!

Little Odessa (James Gray)
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27 mai 2015 3 27 /05 /mai /2015 20:28
Lost saison 4, épisodes 13 et 14 (Jeffrey Jacobs Abrams)

La fin de la saison 4 arrive enfin avec « Lost saison 4, épisodes 13 et 14 ».

La dream team Jack Bender-Damon Lindelof-Carlton Cuse reprend les rênes pour le final dans lequel, les Autres menés par Richard (Nestor Carbonell) volent au secours de Benjamin (Michael Emerson) en passe d’être emmené par l’affreux Keamy (Kevin Durand) et ses mercenaires.

Assez étrangement les mercenaires surentrainés et surmusclés sont décimés sans effort par les Autres à coup de guet apens et seul Keamy lutte âprement au corps à corps face à Sayid (Naveen Andrews) avant de s’écrouler, quelques balles enfichées dans son large dos.

Bon prince, Benjamin autorise les rescapés à quitter l’ile à bord de l’hélicoptère en guise de remerciement pour l’avoir aidé à s’échapper.

Jack (Matthew Fox), Sawyer (Josh Holloway), Kate (Evangeline Lilly) et Hurley (Jorge Garcia) profite alors de l’aubaine et s’envolent avec Lapidus (Jeff Fahey).

Mais l’hélico endommagé par les tirs bat de l’aile, conduisant Sawyer à sauter en vol pour l’alléger pour permettre aux rescapés d’atteindre le navire.

A l’intérieur de celui-ci c’est l’enfer pour Michael (Harold Perrineau), Desmond (Henry Ian Cusick) et Jin (Daniel Dae Kim) qui se retrouvent face à une énorme quantité d’explosifs reliés à un complexe système de mise à feu.

Malgré son expérience militaire, Desmond se montre incapable de percer le mécanisme et Michael a alors comme idée d’utiliser une bombonne d’azote pour réfrigérer la batterie et ainsi bloquer la mise à feu.

Sur l’ile, Benjamin ne perd pas de temps et se rue avec Locke (Terry O ‘Quinn) vers la station Orchidée pour mettre à exécution son plan de déplacer l’ile.

Une fois dans une fosse très profonde, Benjamin livre une vieille VHS à Locke pour satisfaire sa curiosité et entreprend d’entreposer du matériel métallique dans une pièce.

Mais comme tout bon méchant, Keamy ressurgit du royaume des morts, protégé par son gilet pare balles.

Bien que blessé, il descend dans la fosse avec la ferme intention de tuer Benjamin.

L’homme a de plus un atout dans sa manche, un dispositif électronique qui à l’arrêt de son cœur mettra à feu une bombe sur le navire.

Ceci ne suffit pas à arrêter la vengeance aveugle de Benjamin qui se rue sur lui et le tue à coups de couteaux dans la gorge.

Keamy expire dans les bras d’un Locke navré, mettant ainsi en danger de mort les membres du navire.
Dans les flash backs, on assiste à un dialogue décousu entre Jack et Kate à propos de la mort d’un mystérieux Jeremy Bentham, qui s’avère être en réalité… Locke lui-même.

Instable et dépressif, Jack apparait plus brisé et perturbé que jamais tandis que Hurley semble complètement enfermé dans sa folie en hôpital psychiatrique malgré la visite de Walt (Malcom David Kelley) qui le questionne sur ses mensonges…

Le dernier épisode montre la panique dans le navire après la mort de Keamy avec le déclenchement de la mise à feu de la bombe.

Finalement Michael accepte de rester à bord en vidant les derniers litres de sa bonbonne pour retarder l’explosion fatale et laisser aux survivants le temps de regagner l’hélicoptère de Lapidus pour quitter le navire.

L’opération réussie même si Jin manque sa chance de peu et explose avec le navire et Michael, laissant une Sun (Yunjin Kim) dévorée de chagrin.

Dans l’ile, Benjamin revêtu d’un équipement polaire descend dans les tréfonds de la fosse et actionne avec difficultés un mécanisme complexe visant à déplacer géographiquement l’ile.

Il informe Locke que l’opération est sans retour pour lui et que c’est à lui de reprendre la direction de l’ile en lui succédant en tant que leader.

L’opération réussie et l’ile se trouve effacée, laissant les rescapés de l’hélicoptère pantois.

Finalement à cours de carburant, Lapidus parvient à amerrir sans tuer personne et le groupe bénéficie d’une belle chance en étant secouru par le navire de recherche dirigé par Penny Widmore (Sonya Walger).

Pour des raisons évidentes, Desmond reste à bord avec l’amour de sa vie, tandis que les fameux six rescapés Sayid, Hurley, Jack, Kate, Aaron et Sun gagnent l’ile la plus proche en ayant sciemment décidé d’échafauder un mensonge pour protéger l’existence de l’ile.

Mais le retour sur terre s’avère particulièrement déroutant avec un Sayid devenu un tueur messager de Benjamin, un Hurley dévoré par ses visions de morts, une Kate qui voit à son tour Claire (Emilie de Ravin) revenir d’entre les morts et un Jake brisé qui retrouve Benjamin devant la dépouille de Locke et comprend qu’ils leur faudra tous revenir sur l’ile…

En conclusion, « Lost saison 4, épisodes 13 et 14 » est une conclusion digne de cette saison 4 de très haut niveau qui égale voir surpasse en qualité et en rythme la pourtant déjà très bonne saison 3.

Les survivants parviennent enfin à quitter cette ile maudite, en sacrifiant malgré tout des personnages historiques de la saison 1 comme Michael, Jin, Claire, Locke et Sawyer.

Le dénouement met donc finalement hors de nuire les mercenaires de Widmore, (Alan Dale) permettant non seulement de sauver l’increvable génie du mal Benjamin mais également par un concours de circonstance de permettre l’évasion des personnages principaux.

On comprend donc pourtant que la réinsertion dans la vie normale des rescapés est un cuisant échec, Sayid se muant en tueur implacable après la mort de sa femme Nadia, le fragile Hurley sombrant dans la folie pure et dure, tandis que Jack et Kate, échouant lamentablement dans leur relation de couple, principalement à cause des problèmes psychiques de Jack, victime de visions et sombrant dans la drogue puis l’autodestruction.

Une fois de plus, l’issue viendra de Benjamin avec la nécessité d’un retour sur l’ile qui a pourtant été déplacée pour sa protection…

Jouant sur le présent, le passé, le futur et sur différents points de vue : le camp de Locke, celui de Jack, le mercenaires du navire, le reste des Autres dirigé par Benjamin, cette saison 4 fait preuve d’une fantastique maestria de réalisation et révèle des acteurs fantastiques, avec en premier rang Matthew Fox et Michael Emerson !

Lost saison 4, épisodes 13 et 14 (Jeffrey Jacobs Abrams)
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25 mai 2015 1 25 /05 /mai /2015 20:00
Avengers 2, l'ère d'Ultron (Joss Whedon)

Très attendu après le succès phénoménal du premier opus, voici « Avengers 2, l’ère d’Ultron » de Joss Whedon.

Sorti en ce printemps 2015, « Avengers 2, l’ère d’Ultron », débute par un assaut dantesque des Vengeurs sur un château fortifié de l’abominable Von Strucker patron de l’Hydra et détenteur du sceptre de Loki.

Le combat a lieu dans une foret de Sokovie un pays d’Europe de l’Est et les super héros triomphent de gardes pourtant lourdement armés.

Pourtant même si ses hommes tombent comme des mouches, Strucker (Thomas Kretschmann) a quelques atouts dans sa manches et lâche ses deux jumeaux, Pietro (Aaron Taylor Johnson) et Wanda Maximoff (Elisabeth Olsen), qualifiés d’optimisés l’un pour sa vitesse surnaturelle, l’autre pour ses pouvoirs télépathiques et télékinséiques.

Pietro choque Captain america (Chris Evans) et blesse grièvement Œil de Faucon (Jeremy Renner).

Iron-man (Rober Downey Jr) perce le champ de force du château et pénètre dans la salle de contrôle de Strucker ou il collecte les données restantes.

Il est désorienté par les pouvoirs de Wanda, ce qui laisse le temps à Strucker de s’enfuir à l’aide de ses deux protégés.

Malgré ce contre temps, les Vengeurs récupèrent le sceptre et mettent la main sur un matériel ultra sophistiqué fruit des recherches de Strucker.

Après que la Veuve noire (Scarlett Johansson) ait calmé Hulk (Mark Ruffalo) pour le faire redevenir le placide Banner, Œil de Faucon est évacué et soigné par le docteur Cho (Claudia Kim) qui a mis au point un procédé révolutionnaire de régénération des cellules.

De retour à leur base dans le building de Tony Stark, durant la petite fête organisée en l’honneur de leur victoire, Tony Stark ne peut s’empêcher d’analyser les données de Strucker et découvre un noyau d’intelligence artificielle.

Convaincu de l’intérêt de créer un robot parfait défenseur de la Terre, Stark obtient le support de Banner et ensemble les deux hommes travaillent d’arrache pied pour interfacer le noyau avec Jarvis l’ordinateur de Stark.

Jarvis termine le travail seul mais est dépassé par son sujet, qui développant une intelligence propre le déconnecte et investit les corps de l’Iron force, les robots défensifs de Stark.

Devenu Ultron (James Spader), le robot fou fait irruption dans la soirée et après avoir déclamé que la survie de l’espèce humaine par son extinction, agresse les invités.

Même si la plupart des robots sont détruits, l’un d’entre eux parvient à s’échapper en volant le spectre de Loki tandis que Ultron injecte sa conscience dans Internet.

Bloqué dans sa tentative d’accéder aux codes nucléaires, Ultron change de tactique, rallie à lui les jumeaux Maximoff après avoir liquidé Strucker et décide d’attaquer une réserve de vibranium, un metal ultra résistant présent en Afrique.

Doté d’un corps beaucoup plus imposant, il prend contact avec Ulysses Klau (Andy Serkis) un trafiquant d’armes travaillant dans les chantiers de déconstruction navals et récupère contre de fortes sommes d’argent le précieux métal qui compose entre autre le bouclier de Captain america.

La personnalité brutale de Ultron s’accommode mal de contrariété et il arrache pourtant le bras de Klau.

Attaqué par les Vengeurs, Ultron réagit, déployant ses robots et ses deux précieux « optimisés ».

Le combat fait rage dans un vieux navire en chantier, Iron-man se faisant un devoir d’affronter sa création dans un difficile combat aérien, tandis que Thor (Chris Hemsworth), Captain et la Veuve noire, bien que surclassant aisément robots mercenaires et même Pietro, sont complètement désorientés par l’étrange pouvoir de Wanda, qui les plongent dans des visions cauchemardesques de leur existence, Thor voyant la fin d’Asgard par sa faute, Captain l’horreur de la Seconde guerre mondiale et la Veuve noire son difficile entrainement de tueuse de la Russie.

Et même Banner est pris par le pouvoir de Wanda, devenant un Hulk incontrôlable qui sème le chaos dans l’agglomération la plus proche.

Privé de son équipe, Iron-man lâche Ultron et se concentre sur Hulk après avoir endossé une armure spécifique ultra renforcée, lui permettant de rivaliser en force avec le colosse vert.

Le combat entre Hulk et Iron-man dans une mégalopole africaine est légendaire, d’une violence et d’une intensité exceptionnelles.

Finalement, Iron-man triomphe après avoir flanqué une tour sur son adversaire et l’assomme.

Mais les dégâts causés par l’attaque de Hulk conduisent les Vengeurs a se faire discrets.

Protégés par le commandant Maria Hill (Cobie Smulders), bras droit de Fury (Samuel L Jackson) à la tête du S.H.I.E.L.D, les Vengeurs se mettent au vert dans la ferme de Œil de Faucon, qui vit une vie paisible avec sa femme et ses enfants.

Thor prend le large, Banner et Romanov flirtent ouvertement, et le groupe se ressource dans un calme relatif.

Les projets d’Ultron sont finalement mis à jour par Fury, le robot fou chercher à couvrir son corps de vibranium en réalisant la synthèse parfaite grâce à la science de Cho et au pouvoir du spectre de Loki qui contient en réalité un des joyau de l’infini.

Mais une nouvelle intervention des Vengeurs et le retournement de Wanda contre son maitre, met un terme au projet du robot, qui parvient tout de même à prendre la fuite avec le vibranium en laissant derrière lui le cadavre de la scientifique coréenne.

Stark récupère le corps synthétique crée par Cho et continue dans ses désirs/délires de créer le robot parfait en utilisant cette fois la conscience de Jarvis, encore vivant et capable de bloquer les tentatives d’Ultron sur Internet.

Pourtant cette fois l’intervention du marteau de Thor donne naissance à un nouveau robot à l’allure androïde, la Vision, réplique pacifiste de son père de métal avec à son front le fameux joyau de l’esprit.

Extrêmement fort, capable de voler ou de se rendre intangible, la Vision devient un allié des Vengeurs après qu’il ait réussi à la stupéfaction générale à soulever le marteau de Thor, ce qui prouve sa noblesse d’âme.

Le dénouement a lieu en Sokovie ou Ultron a investi le château de Strucker pour créer une infernale machine de Vibranium capable de soulever une ville dans les air et de la faire s’abattre sur Terre afin de provoquer un cataclysme fatal.

Les Vengeurs se ruent sur place et ont pour mission première d’évacuer les civils en dangers de mort.

Le S.H.I.E.L.D déploie son porte avion volant pour faciliter la manœuvre et War machine (Don Cheadle) vient en secours aider Iron-man.

Le combat sur une ville en suspension dans les airs, est une nouvelle fois épique lorsque Ultron déploie tous ses robots qui affrontent les super héros.

Les assauts conjugués de Vision, Thor et Iron-man endommagent gravement Ultron, Wanda lui portant le coup de grâce en représailles de la mort de Pietro, tué en aidant un civil.

Une nouvelle fois le pouvoir divin de Thor secondé par Iron-man permet de détruire la ville en l’air une fois les civils évacués.

Le dernier robot portant la conscience d’Ultron est tué après un ultime face à face devant son double, Vision qui opte lui pour une approche plus coopérative et pacifique vis-à-vis de l’humanité.

Après le dénouement, les Vengeurs se séparent, Thor préférant enquêter à Asgard sur les joyaux de l’âme, Hulk se perdant volontairement dans les iles du Pacifique, Œil de Faucon revenant à sa vie de famille et même Stark, l’âme des Vengeurs optant curieusement pour une vie plus rangée.

Seul reste Captain america qui compte cependant rebâtir une équipe avec de nouveaux éléments de valeur : Vision, Wanda, War machine, la Veuve noire et son vieil ami le Faucon.

Pourtant, dans les confins de l’espace, Thanos prend acte de la défaite d’Ultron et promet de régler le problème de l’humanité lui-même.

En conclusion, malgré sa longueur et son coté hyper spectaculaire, « Avengers 2, l’ère d’Ultron » m’a un peu déçu car ressemblant trop comme un copier/coller au premier opus.

Cette fois les extra terrestres sont remplacés par des robots et le dieu asgardien du mal, Loki par un robot psychopathe doté d’une intelligence artificielle aboutissant à la nécessité de détruire l’homme pour améliorer l’espèce.

Bien entendu, Ultron est une figure des Vengeurs, un de leur plus grand ennemi et un personnage fascinant, en raison de son intelligence, son obstination et surtout de ses multiples capacités d’infiltration/résurrection, qui le rendent pratiquement immortel.

L’ennemi trouvé ici est donc à la mesure de l’enjeu, même si le propos reste finalement assez simple, le moyen d’y arriver est très tortueux pour aboutir à la création de la Vision, fils d’Ultron, qui deviendra l’un des piliers les plus fascinant du groupe.

L’histoire tarabustée, un humour moins percutant, la mise en retrait de Hulk englué dans une improbable histoire d’amour avec la Veuve noire, contribuent sans doute à cet effritement.

Du coté plus positif, l’action et les effet spéciaux sont toujours au rendez vous avec des combats à l’animation fantastique, tout particulièrement les mouvements parfaits de Captain america ou le chef d’œuvre de violence épique entre Hulk et Iron-man.

La barre est tenue, mais on attend sans doute mieux de la saga Thanos qui se profile !

Avengers 2, l'ère d'Ultron (Joss Whedon)
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25 mai 2015 1 25 /05 /mai /2015 10:26
Lost saison 4, épisodes 11 et 12 (Jeffrey Jacobs Abrams)

Lost toujours avec « Lost saison 4, épisodes 11 et 12 ».

Dans l’épisode 11 réalisé par Paul Edwards sur un scénario de Elisabeth Sarnoff et Kyle Pennigton, l’idée folle de Benjamin (Michael Emerson) de déplacer l’ile pour se débarrasser des hommes de Widmore (Alan Dale) contamine Locke (Terry O’ Quinn) qui dialogue avec Horace Goodspeed (Doug Hutchison) un des membres du projet Dharma mort pourtant il y a douze ans.

Locke traine Benjamin et Hurley (Jorge Garcia) jusqu’au charnier des membre de Dharma et découvre sur le corps d’Horace un plan indiquant la cabane.

L’entretien avec Jacob se déroule seul, mais c’est Christian Shephard (John Terry) accompagné de Claire (Emilie Davin) qui de manière surprenante se fait le porte parole de cet homme mystérieux.

Sur le navire, Keamy (Kevin Durand) revient avec ses hommes mal en point et en déroute.

Hyper agressif, le chef des mercenaires prend le dessus sur le capitaine Gault (Grant Bowler) et ne tue pas Michael (Harold Perrineau) que parce qu’il est le seul à pouvoir réparer les machines endommagées.

Keamy souhaite revenir sur l’ile lourdement armé pour prendre sa revanche et étale face à Gault ses réelles intentions que ne partage pas le capitaine.

Enragé, il force Lapidus (Jeff Fahey) à le ramener sur l’ile et tue le médecin (Marc Vann) puis Gault qui se mettait en travers de sa route.

Avant de mourir, le capitaine a pourtant permis à Sayid (Naveen Andrews) de prendre un petit canot pneumatique pour rejoindre l’ile et évacuer les rescapés.

Sayid touche l’ile, informe les rescapés et commence l’évacuation avec Daniel (Jeremy Davies) en faisant passer Sun (Yunjin Kim) enceinte dans les premiers.

Mais Jack (Matthew Fox) à peine remis de son opération a d’hors et déjà décidé de suivre le chemin des hélicoptères de Keamy en exploitant un téléphone balise qu’à laissé tombé Lapidus pour les aider.

Sans hésiter, Sayid et Kate se lancent à sa poursuite dans la jungle tandis que l’évacuation continue…

Dans un flash back dérangeant, on suit de manière plus détaillée l’histoire de Locke, enfant non reconnu né après un accident de voiture, testé dès son plus jeune âge par le mystérieux Richard Alpert (Nestor Carbonell) puis devenu adolescent devenu brillant scientifique une nouvelle fois approché par le directeur de Mittelos technologie.

Enfin après l’agression qui lui a couté ses jambes, Locke est encore une fois approché par Matthew Abbadon (Lance Reddick) qui le pousse malgré son handicap à faire un voyage de survie en Australie.
L’épisode 12 du trio magique Damon Lindelof/Carlton Cuse (scénario) et Stephen Williams (réalisation), l’action se tend vers un lieu appelée l’Orchidée dans lequel Benjamin espère déplacer l’ile.

Mais Keamy et ses hommes prennent de vitesse Benjamin, Locke et Hurley et investissent les lieux.

Le leader des Autres révèle ses incroyables facultés en faisant appel à une autre partie de son effectif, dirigé par Richard Alpert.

Alpert intervient dans la jungle ou il capture Sayid, Kate et Jack à l’aide d’hommes plus nombreux et surarmés.

Benjamin commande à Locke de pénétrer dans l’enceinte de l’Orchidée tandis qu’il se charge des mercenaires.

Dans le flash back, les survivants du vol 815 : Jack, Sayid, Hurley, Sun, Kate et Aaron sont briefés par la Transoceanic pour tenir un discours convenu et mensonger face aux questions de la presse.

Le retour à la vie réelle est difficile, Sayid retrouve Nadia (Andrea Gabriel), Sun prend le contrôle de la société de son père, le mafieux Paik (Byron Chung) et s’affirme ainsi en leader, Hurley panique lorsque son père David (Cheech Marin) croyant lui faire plaisir lui montre sa voiture fétiche réparée mais indiquant les chiffres de la catastrophe et enfin Jack craque dans une émouvante cérémonie d’enterrement de son père, lorsque Carole Littleton (Susan Duerden)lui apprend que Claire est sa demi sœur.

En conclusion, « Lost saison 4, épisodes 11 et 12 » est une excellente cuvée, accélérant encore davantage l’action avec le retour de l’abominable Keamy et ses hommes, qui représentent la véritable menace contre les habitants de l’ile, même si une partie de l’équipage représentée par Gault, était en réalité fermement déterminée à secourir les rescapés.

On se régale avec les projections dans le futur notamment les puissantes révélations durant l’enterrement symbolique du père Jack mais également avec l’exploration du passé notamment de Locke, enfant à l’adolescence brisée laissé à des parents adoptifs.

Cette saison 4 explose donc de maestria spatiale et temporelle avec des acteurs attachants véritablement excellent, la palme revenant pour moi à Matthew Fox !

Lost saison 4, épisodes 11 et 12 (Jeffrey Jacobs Abrams)
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24 mai 2015 7 24 /05 /mai /2015 10:58
Lost saison 4, épisodes 9 et 10 (Jeffrey Jacobs Abrams)

La fin de la saison 4 de Lost se rapproche avec « Lost saison 4, épisodes 9 et 10 ».

Dans l’épisode 9 réalisé par Jack Bender sur un scénario de Brian K Vaughan et Drew Goddard, l’action se tend fortement avec l’assaut des mercenaires lourdement armés commandés par Martin Keamy (Kevin Durand) sur le camp des Autres après que Alex (Tania Raymonde) ait été forcée de désactiver le champs de force protecteur.

Prévenu par un coup de téléphone codé, Benjamin (Michael Emerson) comprend tout de suite l’importance de la menace et met en place la défense du camp, redevenant de fait le chef opérationnel de Locke (Terry O ‘Quinn) et Hurley (Jorge Garcia).

Durant l’assaut, Sawyer (Josh Holloway) se montre héroïque, prenant de gros risques pour sauver Claire (Emilie de Ravin) et son bébé Aaron.

Miles (Ken Leung) rejoint également les assiégés et se fait porteur d’un message, Keamy veut établir le contact et exige que Benjamin se rende sinon il exécute Alex.

Après un intense bras de fer psychologique, Benjamin refuse de céder au chantage et Keamy met sa menace à exécution, tuant Alex.

Le riposte de Benjamin est terrible : par un mécanisme secret il lâche le monstre de l’ile sur les mercenaires qui se retrouvent agressés et tués par une impitoyable colonne de fumée.

Pour les Autres, seule reste la fuite à toutes jambes pour échapper au monstre.

Du coté de la plage, alors que Daniel (Jeremy Davies) se trahit en communiquant en morse avec le navire en ignorant que Bernard (Sam Anderson) le comprend, les rescapés lui font avouer que l’équipe de secours n’a en réalité aucune envie de les aider.

Alors que Jack (Matthew Fox) s’apprête à donner de nouveaux ordres, il s’écroule victime de violentes douleurs au ventre.

Dans un étrange flash back du futur, Benjamin se réveille en plein Sahara, tue deux cavaliers arabes et parvient via la Tunisie à rejoindre l’Irak ou il assiste aux funérailles de Nadia, la femme de Sayid (Naveen Andrews).

Après une explication musclée, Benjamin parvient à convaincre Sayid que l’assassin de sa femme se nomme Ishmael Bakir (Faran Tahir).

Sayid exécute l’homme sans remord, entrant au service de l’ancien gourou des Autres qui attribue la mort de Nadia aux agissement de Charles Widmore (Alan Dale).

A Londres, Benjamin s’introduit chez son rival et menace de tuer sa fille en représailles à la mort de la sienne sur l’ile.

Dans l’épisode 10 réalisé par Stephen Williams sur un scénario de Edward Kitsis et Adam Horowitz, les douleurs de Jack sont attribués à une crise d’appendicite.
En danger de mort si il n’est pas opéré en urgence, Jack est finalement opéré sur la plage par Juliet (Elisabeth Mitchell) non sans avoir tenter de superviser sa propre opération.

Lors d’une mission pour trouver des instruments médicaux, Jin (Daniel Dae Kim) comprend que Charlotte (Rebecca Mader) connait le coréen et la menace pour qu’elle évacue sa femme en priorité de l’ile.

Dans la jungle, le groupe de Locke se sépare, Locke réquisitionnant Hurley pour trouver avec Benjamin la cabane de Jacob, l’esprit de l’ile afin de trouver un moyen de se débarrasser de la menace pesant sur elle.

Miles, Claire et son bébé tentent sous la protection de Sawyer de rejoindre la plage mais tombent sur Frank Lapidus (Jeff Fahey), qui les prévient du passage de Keamy et de ses hommes qui ont survécu à l’attaque du monstre et évacuent en catastrophe.

Mais durant la nuit, Claire disparait suivant une vision de Christian Shephard (John Terry) dans la foret.

Sawyer récupère son bébé pleurant seul dans la jungle.

Dans les flash back, Jack vit en couple avec Kate (Evangeline Lilly) et la demande en mariage mais est victime d’horribles visions de son père, qui le torturent.

Perturbé par la folie de Hurley, détenu en hôpital psychiatrique et lui aussi victime de visions dérangeante, Jack craque et se fait prescrire des médicaments par sa collègue,

C’est le début d’un engrenage d’addictions…

En conclusion, « Lost saison 4, épisodes 9 et 10 », contient son lot d’action avec une fusillade particulièrement corsée ou tombent des figures de l’ile notamment Alex et Danielle, qui tenait jusque là un rôle majeur depuis les premiers instants.

L’aspect hostile des sauveteurs se dessinent à présent clairement notamment par la présence de l’affreuse brute Keamy.

Plus torturé que jamais, Jack échappe de peu à une mort stupide et vit un véritable calvaire dans le futur, avec comme Hurley d’envahissantes visions de proches morts, qui perturbent son psychisme et le conduisent vers une accoutumance aux drogues…

Le haut niveau reste ici de mise avec un savant mélange de surnaturel, de psychologie et d’action…

Lost saison 4, épisodes 9 et 10 (Jeffrey Jacobs Abrams)
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23 mai 2015 6 23 /05 /mai /2015 15:58
Le sucesseur de pierre (Jean-Michel Truong)

Philosophe et psychologue investi dans les recherches sur l’intelligence artificielle, Jean-Michel Truong est aussi écrivain de Science fiction comme en témoigne « Le successeur de pierre » publié en 1999 et sans doute l’un de des romans les plus célèbres.

Vaste ouvrage de plus de six cent pages, « Le successeur de pierre », se déroule majoritairement dans le futur proche (2032) ou à la suite d’une grande épidémie de peste, les populations des pays occidentaux ont décidé de s’enterrer dans d’immenses pyramides les isolant du monde extérieur.

Ces pyramides sont autonomes et reliées en réseau par le biais du Web, devenu le seul moyen de communication moderne, les nouvelles lois interdisent tout contact physique entre les êtres humains qui vivent isolés dans des cocons, avec pour seuls loisirs des séances de home trainer ou de sexe par avatars informatiques.

Les pays comme la Chine ayant refusé de se soumettre à ce réseau mondial contrôlé par les États-Unis qui demeurent la plus grande puissance économique et militaire mondiale, sont vus comme des ennemis potentiels refusant le Pacte de Davos favorisant les échanges mondiaux.

Seule la caste dirigeante appelée composée des Imbus vit dans une pyramide séparée à Aspen (Colorado) ou elle bénéficie d’une totale liberté tandis que le reste de la population appelée les Larves subsiste de manière totalement assistée par des machines, les rebelles terroristes vivant hors des pyramides étant composés des NoPlugs.

Dans l’univers totalement automatisé et aseptisé d’une de ses pyramides vit un jeune homme appelé Calvin qui n’ a pour seul contact social que des rendez vous périodiques avec un groupe d’amis avec lesquels il dialogue par avatars informatiques interposés : Thomas son beau père, Rembrandt le vieux français amateur d‘art, Chen le mystérieux chinois, l'exalté Nitchy et Maud sa petite amie journaliste virtuelle.

Après avoir échappé de peu à une mystérieuse tentative d‘assassinat, Calvin apprend que sa mère, Ada s’est suicidée.

Brillante chercheuse en informatique, Ada avait transmis à son fils son habileté dans la conception de programmes, aussi Calvin qui a du mal à digérer cette disparition, va-t-il mettre en pratique ses compétences pour lancer sur le Web des programmes appelés Saumons, pour trouver des informations sur ces amis dont l’attitude lui semble suspecte.

Tandis que les Saumons, utilisant des algorithmes d’intelligence artificielle pour s’améliorer et devenir de plus en plus performants dans la collecte de données, Calvin commence à se poser des questions sur la véritable identité des gens avec qui il discute depuis toutes ses années.

Il parvient à réaliser que Ada a en réalité réalisé le coup du siècle en dérobant le nouveau jeu confidentiel de la société américaine WonderWorld et en le diffusant sur le Web, ce qui a causé une énorme crise diplomatique entre les États-Unis et la Chine, accusée d’avoir effectué ce piratage.

La conséquence pour la Chine est un raffermissement de la cohésion nationale autour de la menace étrangère et de la remise sur le devant de la scène d’un vieux dirigeant centenaire maintenu en vie par un complexe système de machines, Wang Luoxun.

Aux États-Unis, le débat prend un tour politique et met en péril la position de Kleinkopf, le président qui affronte par le biais d’avatars informatiques animés son rival le sénateur Branniff, dans de médiatiques débats télévisés.

Mais Branniff, qui a commandité le vol pour déstabiliser son rival et obtenir les financement d’un couteux programme anti missiles balistiques aux cotés la société General Avionics, est finalement confondu par le travail d'investigation de Maud.

Les masques tombent, Thomas agent du gouvernement américain chargé de retrouver sans succès des milliards précédemment dérobés par Ada, Chen amant d'Ada mais surtout agent chinois finalement éliminé après avoir réussi sa mission principale de resserrement de la nation autour des valeurs traditionnelles chinoises Maud journaliste à la solde de Kleinkopf et même Rembrandt l’idole de Calvin, menteur pathologique sur son passé, finalement effacé comme bon nombre de Larves par des programmes informatiques.

Nitchy en réalité révérend, lui révèle directement les derniers secrets de cette terrible mécanique : obsédés par un désir sans cesse croissant de pouvoir et de richesse, les Imbus ont décidé de réduire progressivement la population des pyramides.

Cette tache a été confiée à des programmes informatiques agissant de manière autonomes à base de conditions logiques.

Une fois désignée par d’obscures conditions dans lesquelles rentrent l’âge, la victime est radiée de Webjob pour n’avoir plus aucun revenu et reçoit des lettres de plus en plus insistantes d’une compagnie chargée d’accompagner les Larves déclarées improductives car trop vieilles ou malades.

En parallèle les coupures d’électricité ou de ventilation déclenchée aléatoirement viennent pressuriser la victime, tout comme la réduction de la valeur nutritive de ses rations alimentaires.

Soumis à pareilles pressions psychologique, Rembrandt cède peu à peu du terrain et finit par se laisser aller malgré la volonté désespérée de Calvin de lui porter secours.

Sa mort bouleversante est un électrochoc pour Calvin qui se découvre lui aussi menacer par les impitoyables programmes informatiques.

Le jeune homme pénètre alors dans un secret encore plus profondément enfoui, l’asservissement des hommes à une entité appelée la Créature, incarnation d’une forme d’intelligence divine qui utilise l’informatique pour progressivement se détacher des hommes pour se transférer dans l’aspect minéral des composants électroniques.

Truong boucle alors son roman avec l’autre aspect historico-religieux du récit, la quête au fil des siècle d’un mystérieux manuscrit appelé la Bulle de Pierre, qui viendrait contredire les Evangiles qui ont fondé le pouvoir de l’église catholique sur le fait que Jésus était le fils de Dieu, ce qui de fait rapproche l’homme du divin.

Les disciples du patriarche orthodoxe Nestorius qui popularisa ce courant religieux au Moyen-Orient ou il fut exilé, furent considérés comme des ennemi des Papes, qui employèrent toute leur énergie pour récupérer le mystérieux manuscrit afin de le faire disparaitre.

Charles Darwin, Sigmund Freud et surtout le père Teilhard de Chardin, furent considérés par leurs travaux scientifiques et philosophiques comme des vecteurs de cette profonde vérité trouvant sa réalité dans l’avènement de la Créature, ayant pris complètement le contrôle de la société humaine pour préparer le transfert de son intelligence dans une autre enveloppe matérielle.

Calvin comprend que sa mère avait compris ce danger et que le casse du WonderWorld n’a été que le prétexte pour propager des programmes informatiques, les Gnomes, capables de modifier l’aspect destructeur de la Créature en lui inculquant des valeurs de coopération, de réciprocité et de pardon vis-à-vis de la race humaine.

Devenu à présent le seul capable de continuer son œuvre, il se sait menacé par les Imbus et décide de sortir de sa pyramide pour tenter de rejoindre le mouvement des NoPlugs vivant en marge du monde informatisé.

Il prend alors contact avec Tash, lui aussi destiné à changer le monde…

En conclusion, « Le successeur de pierre » est un roman d’une incroyable densité, érudition et complexité, qui le rend difficile d’accès.

Difficile aussi à a été de suivre en parallèle deux histoires en apparence incohérente, la quête dans le passé à la recherche d’un texte capable d’ébranler la religion catholique et les méandres d’une enquête cybernétique dans un futur proche.

Néanmoins, Truong réussit son coup avec un final particulièrement fort ou tout finit par s’assembler pour former un tout admirablement cohérent, reléguant l’homme à l’échelle de vecteur temporaire dans la transmission de l’intelligence décrétée par Dieu.

La recherche du pouvoir et de la richesse sans limite relayées par des systèmes informatiques devenus progressivement omnipotents provoqueront ils la fin de notre monde ?

Le thème est passionnant et l’auteur spécialiste de l’intelligence artificielle, y apporte une intéressante pierre à l’édifice.

D’un très haut niveau sur le fond, « Le successeur de pierre » aurait je pense gagné en rythme en adoptant une forme plus concise privilégiant l’action à l’exposition de longues thèses historico-philosophico-religieuses.


A réserver donc aux cérébraux passionnés de Science fiction…

Le sucesseur de pierre (Jean-Michel Truong)
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