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19 septembre 2015 6 19 /09 /septembre /2015 23:52
Tereza Batista (Jorge Amado)

Rien de tel qu’un roman de Jorge Amado pour parachever trois semaines de vacances au Brésil, aussi est-ce avec un réel plaisir que « Teresa Batista » a occupé mes dernières lectures.

Publié en 1972, « Tereza Batista » s’inscrit dans la longue tradition des romans d’Amado, avec l’histoire d’une orpheline du Sergipe, cette région désertique et pauvre du Nord Est du Brésil.

Mais Amado débute son roman par une histoire d’amour, celle de Tereza Batista, alors danseuse de samba dans un cabaret d'Aracaju, qui prenant part à une rixe pour défendre une femme battue par son amant, Liborio, un voyou de la pire espèce, provoque une bagarre générale et se voit secourue par un marin noir et athlétique répondant au nom de Januario Gereba.

Tereza qui suite à un mauvais coup s’est fait posée une dent en or par un admirateur dentiste, tombe instantanément sous le charme de ce marin tendre et protecteur qui la fait rêver par ses récits emplis de poésie marine.

La belle Tereza a pourtant besoin de tout l’appui de ses admirateurs, notamment l’avocat infirme au grand cœur protecteur des pauvres Lulu Santos, car Liborio utilise ses relations dans la police pour faire traquer et enfermer Januario.

Lulu Santos fait libérer Januario et profite de l’occasion pour régler ses comptes avec Liborio qui lui a souvent échappé dans les tribunaux dans des affaires d’escroqueries et le voyou est finalement condamné après que Tereza ait appris à écrire à une pauvre veuve analphabète manipulée par l’escroc.

Malgré ce succès, Januario se refuse à Tereza en lui révélant que son coeur n’est pas libre, car pris par sa femme malade qu’il ne peut se résoudre à tromper.

La détermination de Tereza pousse tout de même le marin à flirter avec elle la nuit tombée et lorsqu’il reprend inévitablement la mer, la jeune femme fait le serment d’attendre le retour de son amour impossible.

Puis Amado fait basculer le récit autour de l’enfance de Tereza Batista, recueillie enfant par sa tante Filipa, puis remarquée par Justiniano Duarte Da Rosa dit le Capitão, un puissant fazendeiro de l’état de Bahia qui par ses relations et ses hommes de mains dévoués, parvient à assouvir ses sombres penchants pour les jeunes filles.

Avec sa réputation de dur et son argent, le Capitão n’a aucune peine à acheter Tereza à sa vénale tante au grand dam de son oncle Rosalvo, qui avait lui-même des vues sur elle et projetait de la déflorer une fois pubère tout en nourrissant des puissants fantasmes de meurtre à l’égard de sa femme.

Le fazendeiro emmène avec lui dans son domaine de Cazajeiras-du-Nord, une adolescente de moins de quinze ans en comptant la briser comme les autres, jouissant sexuellement de la terreur que sa cruauté et sa violence imposent à ses jeunes proies.
Farouche, Tereza résiste plus que les autres, rendant les coups, se refusant à son bourreau, fuguant avant de devoir céder face à la brutalité animale du Capitão qui menace de la marquer au fer à amidonner.
Chez le Capitão, Tereza apprend la soumission et devient l’esclave dévouée de son nouveau maitre, accomplissant les plus basses besognes domestiques tout en assouvissant ses désirs pervers avec le zèle demandé.
La relation d’avilissement de Tereza est longuement voir complaisamment décrite dans de nombreuses pages ou on découvre les raffinements pervers du Capitão ainsi que ses recherches obsessionnelles dans les bordels des villes avoisinantes pour trouver sans cesse de nouvelles pucelles à maltraiter.
Par sa beauté et sa sensualité, Tereza bat des records de longévité au coté du Capitão devenant sa compagne non officielle derrière Doris Curvelo, une jeune épouse laide et malade, fille de bonne famille déchue après la mort d’un père préfet, qui s’était dévouée avec une docilité maladive avant de trépasser prématurément, laissant sa mère Dona Brigida, sous la coupe financière de son mari.
Mais l’arrivée à Cazajeiras-du-Nord de Daniel Gomes Neto, fils d’un juge de Salvador de Bahia, va changer le destin sombre de la jeune fille.
Véritable Don Juan du haut de ses vingt ans, Daniel tombe sous le charme de Tereza et entreprend un jeu subtil le poussant à courtiser quatre vieilles filles voisines de la maison du Capitão pour tromper la vigilance de la brute.
Expert en séduction et en dissimulation, le beau jeune homme n’a aucun mal à ravir le cœur ensglanté de la malheureuse en lui promettant de la libérer et parvient à ses fins en profitant d’une absence du Capitão pour coucher avec elle et lui faire connaitre le véritable plaisir sexuel.
Lorsque le jeune homme devient trop audacieux dans ses visites, il se fait dénoncer par une des vieilles filles trahies et se retrouve nez à nez avec la fureur du Capitão qui le surprend en pleine action avec son jouet préféré.
Face au danger, le séducteur se dégonfle et tremblant, montrant sa vraie nature.
Alors que le Capitão lui demande de le sucer pour l’humilier, Tereza saisit l’occasion et tue son bourreau d’un coup de couteau, mettant ainsi fin à son calvaire.
L’intervention de Lulu Santos au procès lui permet d’amoindrir la peine et d’être placé dans un couvent duquel elle s’échappe facilement pour devenir une prostituée.
Dans la troisième partie du roman, Amado décrit la lutte héroïque de Tereza aux cotés des prostituées de la ville de Buquim pour libérer la population d’une épidémie de peste noire.
Face à un pouvoir corrompu, le docteur Otto Espinheira amant de Tereza et Juraci une infirmière de bonne famille plus enclins à quitter la ville pour sauver leur vie qu’à faire face à l’horrible maladie défigurant les corps couverts de pustules avant de contaminer les autres habitants, Tereza devient après la mort d’un vieux médecin courageux Mascarenhas, la seule personne acceptant de soigner les malades mis en quarantaine, de désinfecter leurs plaies, d’utiliser des techniques rudimentaires (bouses de vaches, feuilles de bananier) pour réduire la pandémie en attendant des vaccins en quantité insuffisante pour soigner un Nord Est misérable laissant le pouvoir de la capitale indifférent.
Le destin semble ensuite sourire à Tereza qui redevenue danseuse et putain, séduit Emilio Guedes, l’un des plus puissants industriels de l’état de Bahia, qui l’avait déjà remarqué lorsqu’elle appartenait au Capitão.
Dans la ville d’Estancia, Tereza vit une histoire d’amour avec cet homme de soixante ans, qui dans l’intimité tombe son masque de colonel craint et respecté, se révélant un amant tendre et passionné.
L’idylle dure six ans avec au milieu un avortement commis par amour pour le vieux maitre et la découverte des livres.
Malheureusement le puissant seigneur décède en plein acte ce qui jette un voile de malédiction sur la réputation déjà sulfureuse de Tereza.
Surpassant son chagrin, Tereza s’établit dans la capitale de l'état de Bahia, à Salvador ou du fait de son statut de danseuse et de femme éduquée, elle devient une prostituée de luxe dans un établissement du quartier du Pelourinho, ne rencontrant qu’une clientèle triée sur le volet.
Après avoir repoussé au nom de son amour toujours vivace pour Januario qu‘elle cherche vainement de quai en quai, une demande en mariage d’un gentil boulanger du nom d’Almério das Neves, elle se met à entretenir avec lui une étrange relation d’amitié.
Lorsque le gouverneur prend la décision de délocaliser tous les bordels du Pelourinho dans la ville Basse pour y construire des complexes touristiques flambant neufs et satisfaire également l’appétit de Sardine l’industriel titulaire du marché, Tereza prend la tête d’une révolte des prostituées, refusant de se rendre dans un quartier insalubre.
Par son influence auprès de Dona Paulina de Souza et Vava, principaux proxénètes de la ville qui constatent que les Orishas la soutiennent, Tereza provoque une grève générale des prostituées de la ville et tient tête aux principaux policiers corrompus, qui tablaient sur la venue de trois navires de guerre américains pour vendre préservatifs, aphrodisiaques et drogues aux 3000 marins fraichement débarqués.
Les principaux concernés, le commissaire Lobão, les inspecteurs Nicolau Ramada Junior dit le Requin et Dalmo Coca, toxicomane notoire prennent la tête d’une descente en masse de la police pour faire ouvrir de force les bordels, ce qui provoque des gigantesques bagarres de rues avec barricades et mêlées sanglantes.
La révolte acharnée des prostituées protégées par les Orishas, couplée à un énorme incendie, pousse les marins à regagner leurs navires et le Gouverneur charge son conseiller Reginaldo Pavão son Conseiller d’intervenir pour rétablir la paix sociale.
Il ordonne à tous les échelons de la police, notamment l’ambitieux commissaire en chef Hélio Cotas mariée à une Sardine, de laisser les prostituées tranquilles au Pelourinho, ruinant ainsi le juteux business des flics ripoux.
Tereza qui a payé cher son statu de meneuse en se faisant arrêter et copieusement tabassé par le Requin et ses hommes est libérée par l’intervention de l’influent Vava qui graisse les pattes de la fonctionnaires pour obtenir gain de cause.
Après avoir appris le naufrage du navire de Januario au Chili, Tereza résignée à la perte de son cher marin accepte d’épouser das Neves avant l’apparition surprise de Januario revenu d’entre les morts pour retrouver sa belle.
Devenu veuf, Januario a à présent son cœur libéré et peut donc emmener son amour devant le futur mari finalement (un peu trop) conciliant.
Après toutes ses années et aventures, Tereza peut à présent gouter à la félicité auprès de son premier amour tant attendu.
En conclusion, « Tereza Batista » est une nouvelle et colossale grande fresque du Maitre Brésilien qui nous enchante de bout en bout en décrivant le destin d’une femme hors du commun, représentant les plus basses couches sociales de son Nordeste tant aimé.
On se régale donc sous la plume sans pareille d’Amado, parfait conteur d’histoires, narrant à merveille le parcours de la jolie métisse à travers les rouages des seigneurs locaux du Nordeste, politiciens, fonctionnaires, policiers, propriétaires terriens ou industriels attirés comme la plupart de leurs semblables par le pouvoir, l’argent et le sexe.
Femme de ménage, danseuse et prostituée, Tereza traverse toutes les épreuves pour arriver au bonheur sous la forme d‘un amour idéalisé avec un beau marin, supportant même l’horrible brutalité du Capitão dans le passage le plus embarrassant et pénible du livre en raison des scènes que j’attribue à de la pédophilie sadique digne d’un psychopathe.
Ces longs passages à la « gloire » du Capitão constituent pour moi le seul point noir d’un livre globalement passionnant, qui confirme le statut de génie de la littérature de Jorge Amado.

Tereza Batista (Jorge Amado)
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18 septembre 2015 5 18 /09 /septembre /2015 21:50
Mad Max 4, Fury road (George Miller)

Après la série des Mad Max dans les années 80, George Miller, créateur du genre, réalise une suite inattendue trente ans après en 2015, « Mad Max 4, fury road ».

Ici, nous sommes toujours dans un futur apocalyptique aux origines identiques à celle des années 80, une bonne vieille guerre thermo nucléaire rapidement esquissée responsable d’avoir laissé un monde désertique et hostile.

Max Rockatansky (Tom Hardy) est un ancien policier solitaire torturé par la voix de sa petite fille tuée, écumant les routes sur une Ford Falcon XB351 aux capacités surboostées.

Pris en chasse par un gang de prédateurs des sables appelé les War boys, Max est capturé et emmené dans une citadelle construite dans une paroi rocheuse ou règne le leader incontesté du groupe, Immortan Joe (Hugh Keays Byrne), homme monstrueux masquant son visage et son corps défiguré par une sorte d’armure métallique.

Outre ses War boys, conditionnés depuis leur plus jeune âge en guerriers dans le culte du sacrifice ultime pour accéder au Walhalla, Immortan Joe utilise un complexe mécanisme de poulies mécaniques entrainées par la force humaine pour alimenter avec parcimonie un peuple assoiffé et ainsi les tenir sous sa coupe.

Malgré une courageuse tentative de fuite, Max est rattrapé in extremis par les gardes et désigné comme « poche de sang » de Nux (Nicholas Hoult) fragile War boy désireux de prouver sa valeur au combat.

Nux obtient une occasion rêvée de servir les dessins de son maitre, car alerté par la trahison d’Imperator Furiosa (Charlize Theron), qui a détourné un camion de livraison d’une précieuse cargaison vers une centrale de carburant, le gourou suprême met sur le pied de guerre ses meilleurs éléments.

Max se trouve donc attaché et perfusé de force sur le bolide conduit par Nux pour retrouver et arraisonner le convoi dirigé par Furiosa.

Mais Furiosa se retrouve être une redoutable conductrice capable d’exploiter à merveille les capacités défensives de son camion de guerre pour résister aux War boys.

Après une course poursuite haletante, Furiosa trouve refuge dans une tempête de sables pour semer ses poursuivants.

Incapable de contrôler son véhicule, Nux a un terrible accident de voiture auquel Max survit miraculeusement.

Se trainant jusqu’au camion, Max découvre la présence des cinq jeunes femmes d’Immortan Joe, enlevées par Furiosa et réelle source de la volonté du tyran de les lancer toutes ses forces à leur poursuite.

Toujours handicapé par ses chaines, Max accepte à contre cœur de seconder Furiosa seule capable de conduire le terrible camion.

Malgré son appartenance aux War boys, Nux est épargné et pris en sympathie par Capable (Riley Keough), une des jeunes femmes qui prend sa fragilité physique et mentale en pitié.

Lorsque Joe arrive personnellement sur le terrain flanqué de son fils, le colossal Rictus Erectus (Nathan Jones), la poursuite reprend de plus belle dans un tonnerre de mécaniques en action.

Un gang de motards des sables se joint au combat dans une confusion extrême dans laquelle motos, véhicules hérissés de pointes, camions blindés emportant des guerriers dotés d’armes offensives s’entremêlent.

Récupéré par les War boys Nux est poussé par Joe à tenter une mission suicide sur le camion mais échoue de nouveau à prouver sa valeur guerrière.

Mais la poursuite aboutie à la mort de Splendid Angharad (Rosie Huntington Whiteley), l’une des épouses enceinte de Joe qui perd un enfant des plus prometteurs.

Plus enragé que jamais malgré la présence d’un désert de sables dans lequel les véhicules sont ralentis, le gourou lance le Fermier (Richard Carter) un de ses meilleurs tueurs pour retrouver le camion lui aussi immobilisé dans cette immensité.

Furiosa démontre encore une fois ses capacités de combattante en aveuglant le Fermier à l’aide d’un fusil à tir à longue portée ce qui n’empêche pas ce tueur fanatique de foncer en tirant au hasard sur sa cible présumée.

On devine que Max termine le travail en tuant le Fermier et ses hommes, en récupérant des armes et un volant pour reprendre le contrôle du camion mais la surprise provient de Nux qui change cette fois radicalement de camps en proposant ses services pour dégager le camion des sables.

Ayant une nouvelle fois échappé temporairement aux War boys, Furiosa retrouve son clan d’origine composé de femmes les Vuvalini dans l’espoir d’atteindre une oasis paisible pour s’y établir.

Mais elle comprend pourtant que cette région est le désert qu’elle vient de traverser et que la meilleure solution est de retourner dans la citadelle qui dispose d’importantes ressources d’eau.

Aidée par Max et les guerrières de son clan, Furiosa lance alors son camion dans un ultime raid pour atteindre la citadelle et prendre à revers les troupes d’Immortan.

L’action se dénoue sur la route ou Joe déploie ses meilleurs éléments encouragés par un guitariste (iOTA) perché sur un camion crachant des décibels de son instrument lance flammes.

Tandis que Nux entretient la mécanique du camion aux pris d’audacieuses réparation, Max le défend avec toute sa détermination, repoussant les guerriers armés jusqu’aux dents, de pieux, haches, couteaux et même tronçonneuses.

Furiosa est grièvement blessée par un coup de couteau mais elle peut dans un ultime sursaut tuer Joe en lui arrachant son équipement vital pour sa survie en sacrifiant la prothèse de son bras mécanique.

Seul reste Rictus qui lutte contre Max jusqu’aux derniers instants dans lesquels Nux se sacrifie en couchant un camion pour bloquer l’accès à la citadelle et permettre ainsi à ses amis d’y pénétrer.

Lorsque la dépouille de Joe est exhibée, les gardes perdent de leur superbe et laissent l’accès au peuple aux précieuses ressources.

Sauvée par Max, Furiosa survit à ses blessures pour voir cet heureux évènement et laisse le guerrier solitaire s’éclipser dans la foule.

En conclusion, avec ce quatrième volet, « Mad Max 4, fury road » utilise les ingrédients qui ont sa renommée: histoire simple, voir simpliste compensée par des scènes d’actions ultra spectaculaires et violentes servies par une esthétique puissante mêlant idolâtrie pour les grosses mécaniques, les cuir et chaines et le heavy metal le plus bruyant qui soit.

Mais en 2015, l’effet de surprise et l’originalité ont disparu au profit d’une efficacité éprouvée.

Autre différence de taille due sans doute à l‘époque, le rôle secondaire porté par Max au profit d’une femme, Furiosa, qui est à mes yeux la réelle héroïne du film.

Sans le charisme étrange, fragile et presque malsain de Mel Gibson, Tom Hardy se montre vraiment trop effacé face à Charlize Theron qui conduit et tire mieux que lui, devenant en quelque sorte presque accessoire dans l’histoire au même titre que Nux.

Avec une fraicheur perdue et une relégation à l’arrière plan du personnage le plus emblématique, « Mad Max 4, fury road » garde pour lui ses impressionnantes scènes d’actions filmées dans le désert de Namibie dans lesquels des néo punks futuristes s’affrontent à coup de vieilles mécaniques hurlantes…

Suffisant donc pour valoir le coup d’œil mais pour acquérir le statut de film culte.

Mad Max 4, Fury road (George Miller)
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9 septembre 2015 3 09 /09 /septembre /2015 20:08
Macunaima (Joaquin Pedro de Andrade)

Plongée dans les vieux films d’auteur Brésiliens avec « Macunaima » de Joaquim Pedro de Andrade.

Adapté en 1970 d‘un roman de Mario de Andrade, « Macunaima » se présente sous la forme d’un conte fantastique dans lequel, Macunaima (Grande Otelo) nait noir dans la foret d’une mère blanche (Paulo José), vivant comme les Indiens de chasse, pêche et cueillette.

Désinvolte et farceur, il fricote très jeune avec Sofara ( Joana Fomm) compagne de son frère Jigue (Milton Gonçalves) et se montre capable de se transformer en Blanc pour la séduire dans la foret.

Lorsque Jigue découvre cette liaison il chasse avec brutalité sa compagne et en prend une nouvelle, plus timide Iquiri (Maria de Rosario Nascimento e Silva).

Une brusque montée du niveau des eaux provoque la disparition du camp et une famine mais Macunaima se montre plus malin que les autres membres de sa famille en cachant des fruits pour survivre.

Après la mort de sa mère, Macunaima devenu blanc pour de bon également sous les traits de Paulo José, décide de se rendre à la ville la plus proche accompagné de Jigue et Maanape (Adolfo Arena).

En chemin des péripéties surviennent comme une rencontre avec le Curupira, créature mythique rousse tentant de dévorer Macunaima après lui avoir fait ingérer une partie de sa jambe capable de parole.

Macunaima arrive finalement à destination à Rio de Janeiro et rencontre Ci (Dina Sfat) une révolutionnaire qui le séduit par son tempérament de guerrière farouche.

Le couple emménage dans un appartement confortable, a un enfant avant que les actions violentes de Ci aboutissent à sa mort et à celle de l’enfant dans l’explosion d’une bombe.

Dévoré par le chagrin, Macunaima décide de s’exiler sur une ile déserte avec le médaillon porte bonheur que lui a donné Ci.

Il se fait abuser par des femmes vénales, qui le ramène à Rio et lui volent son médaillon.

Macunaima est alors pis en charge par Jigue, Manaape et une énorme femme blonde (Wilza Carla) qui le materne.

Lorsqu’il comprend que son médaillon a été récupéré par Wencelsau Pietro Pietra (Jardel Filho), le plus puissant industriel de Rio, un homme énorme et détestable, il décide de consacrer toute son énergie à le récupérer.

Macunaima tente tout pour arriver à ses fins, l’approche directe, le déguisement en veuve mais échoue à chaque fois par maladresse ou par peur.

Après s’être vengé de Wencelsau en le frappant à travers une cérémonie de magie noire macumba, Macunaima profite de l’absence de l’industriel en voyage en Europe pour pénétrer dans sa maison mais se heurte à la folie de sa femme (Myriam Muniz), une matrone cannibale qui manque de le dévorer sur place.

Il s’extirpe de cette situation périlleuse, échappe de peu à un lynchage après avoir exprimé tout haut des opinions de gauche dans une ville étroitement contrôlée par la dictature militaire, échoue à aller en Europe, couche avec Suzy, la petite amie de Jigue en usant d’un stratagème grossier.

Au retour de Wencelsau, Macunaima est capturé et se retrouve dans une des immenses fêtes de l’industriel dont le curieux passe temps consiste à tirer au sort ses invités pour les jeter dans un bassin rempli de créatures voraces les dévorant sur place.

Dans une atmosphère digne des délires des plus corrompus des empereurs de l’Antiquité, Macunaima échappe de justesse à une mort horrible et jette Wencelsau dans le bassin qui se fait manger par ses propres créatures.

Ayant récupéré le précieux médaillon, Macunaima revient dans la foret avec ses deux amis, menant une vie de bohème…avant de trouver la mort, dévoré par Iara (Maria Lucia Dahl) une déesse des ruisseau à l’apparence d’une superbe jeune femme.

En conclusion, « Macunaima » est un fable satirique féroce, remplie d’outrances, de délires et de situations ubuesques dans lequel le héros explore toutes les facettes de la société brésilienne du début des années 70 : mélange des races, liberté de mœurs, dictature militaire, arrogance des grands patrons, le tout enrobé de légendes du folklore indien.

Le résultat amuse bien entendu la plupart du temps ou déroute par sa folie, mais quelle que soit son opinion, on ne peut nier la créativité et l’audace de Pedro de Andrade qui cadre bien avec celle de son époque ou d’un certain Pier Paolo Pasolini.

A réserver cependant aux spectateurs les plus curieux et ouverts d’esprit…

Macunaima (Joaquin Pedro de Andrade)
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8 septembre 2015 2 08 /09 /septembre /2015 16:07
Los bastardos (Amat Escalante)

Changement de cadre avec « Los bastardos » film mexicain d’Amat Escalante.

Sorti en 2009, « Los bastardos » montre le vie de deux émigrés mexicains de Los Angeles, Jesus (Jesus Moises Rodriguez) et Fausto (Ruben Sosa) qui chaque matin attendent avec des dizaines de leurs collègues pour qu’une entreprise les embauche pour un travail payé à l’heure.

Sous un soleil de plomb, les hommes parlent pendant plusieurs heures pour tromper leur ennui, racontant leurs infortunes avant qu’un entrepreneur (Kenny Johnston) ne passe pour prendre six ouvriers pour des travaux de terrassement.

Le travail consiste à déblayer un terrain et à creuser une tranchée pour dix dollars de l’heure.

Après avoir été payés, l’entrepreneur refuse de raccompagner les ouvriers comme il s’était engagé, ce qui fait monter la tension.

Les hommes sont finalement ramenés dans le centre ville, puis Jesus et Fausto qui se rendent dans un parc sont pris pour cible de blagues racistes par des jeunes américains.

Jesus raisonne son ami plus jeune qui cherche à en découdre puis récupère avec lui un fusil à pompe.

Les deux Mexicains reviennent ensuite et entourent de manière menaçante un des jeunes américains resté ivre dormir sur un banc.

Après une coupure, l’histoire bascule sur Karen (Nina Zavarin), une quadragénaire fatiguée en proie à des difficultés avec son jeune fils Trevor (Trevor Glen Campbell), qui s’entoure de mutisme et de musique techno.

On devine une séparation douloureuse avec le père, John, sans toutefois en comprendre l’origine.

Alors que Karen fume de la drogue pour oublier son mal être, Jesus et Fausto pénètrent chez elle pour la cambrioler.

Il la trouve assoupie devant la télévision, la braquent et s’installent chez elle, l’obligeant à leur faire à manger, à nager dans la piscine et à avoir des rapports sexuels sans pénétration.

Karen sait qu’elle va mourir et pensant que John les envoie, leur propose plus d’argent pour sauver sa vie.

Elle se heurte en retour au silence butée des deux hommes qui se droguent avec elle pour rendre l’attente plus supportable.

Après que Karen ait tenté maladroitement de saisir le fusil laissé sur la table, elle est tuée par Fausto qui lui fait exploser le visage.

Lorsque les deux homme se lavent dans la salle de bain pour effacer le sang, ils sont surpris par Trevor qui de rage, saisit l’arme et tue Jesus.

Lorsque l’arme s’enraye, Fausto parvient à s’échapper en courant et reprend sa vie d’ouvrier travaillant dans de durs labeurs agricoles.

En conclusion, « Los bastardos » est un film court mais pesant et d’une lenteur éprouvante.

On suit la dérive des deux ouvriers tout en comprenant que le réalisateur justifie leur basculement dans la violence par leur situation économique fragile et les quelques vexations qu’ils subissent de la part des américains.

Cette revanche s’exercera donc sur la classe moyenne blanche, qui semble cristalliser avec toute son opulence (pavillon, jardinet, piscine) tout qui oppresserait les malheureux immigrés.

Même si Escalante nuance son propos en montrant que la femme appartenant à cette classe, une mère célibataire semble particulièrement malheureuse et si le résultat de l’acte criminel aboutit à la mort ou à une régression encore pire pour le survivant, le propose reste à proprement parler particulièrement nauséabond.

Expliquer sans justifier, tel semble avoir été l’exercice délicat tenté par Escalante avec un résultat ambigu et prêtant à confusion.

Outre le propos sensible actuellement avec la crise des migrants se ruant vers les pays développé pour fuir la guerre et la misère, et sans doute retrouver une autre forme de misère et d’ostracisme, « Los bastardos » épuise par sa mise en scène sous tranquillisants, la lourdeur de son climat et le hiératisme des acteurs.

A éviter donc pour moi aussi bien sur le fond que la forme quoi qu’en disent les critiques !

Los bastardos (Amat Escalante)
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4 septembre 2015 5 04 /09 /septembre /2015 15:50
L'avocat (Cédric Anger)

Déjà honoré en ces colonnes, Cédric Anger revient en 2011 avec « L’avocat ».

Ici on suit à Montpellier la carrière d’un jeune avocat ambitieux, Léo Demarsan (Benoit Magimel), qui après des débuts peu satisfaisants dans le milieu, rencontre par hasard un homme accusé de braquage d’un camion de collecte des déchets.

L’homme en question, Richard Lauro (Olivier Loustau), travaille en réalité pour la société Arès, dirigée par le controversé Paul Vanoni (Gilbert Melki), déjà condamné pour des activités criminelles.

Après avoir défendu avec succès Lauro, Léo est remarqué par Vanoni qui lui confie sa défense personnelle dans une affaire de fraude à la fabrication de cigarette.

Léo hésite, embarrassé par la réputation sulfureuse du truand, mais obtient l’accord de sa hiérarchie, Jacques Meco (Barbet Schroeder), ce qui le décide à accepter l’offre.

Une nouvelle fois victorieux au tribunal après que le principal témoin ait endossé la culpabilité de la faute à la place de Vanoni, Léo est embauché à plein temps contre très forte rémunération par le PDG et découvre un monde de luxe tapageur.

En mettant le nez dans les comptes de la société Arès, Léo comprend les magouilles de Vanoni, qui décroche des marchés de traitement des déchets de la ville en cassant les prix, intimidant les concurrents par ses hommes de mains et en enfouissant les déchets dans des décharges sauvages qu’il finit par bruler ou évacuer clandestinement sur des navires qu’il coule au large de l’Afrique pour toucher de surcroit l’assurance.

Léo côtoie également des voyous comme Ben (Samir Guesmi), bras droit de Vanoni qui n’hésite pas à tuer un ouvrier contaminé par des produits toxiques.

Il masque cette réalité dangereuse à Eve (Aissa Maiga) sa femme, qui attend un enfant de lui et est flattée par cette réussite.

Peu à peu, le jeune avocat perd pied et se laisse entrainer dans un monde ténébreux dans lequel Vanoni prospère, corrompant, intimidant ou éliminant ceux qui s’oppose à lui comme pour obtenir un gros marché de traitement des déchets hospitaliers.

Le malaise de Léo croit lorsqu’il est contacté par un inspecteur des douanes (Eric Caravaca), qui lui met sous les nez des photos compromettantes et le force à collaborer pour faire tomber Vanoni.

Après de nombreuses hésitations, Léo accepte, comprenant qu’il n’a pas le choix et que de toute façon soit Vanoni le tuera soit il tombera avec lui.

Il donne des indications aux douanes ce qui éveille la méfiance de Vanoni.

Lauro est chargé d’intimider Eve en égorgeant un canard dans sa maison et Léo lui-même est mis sous pression alors qu’on lui demande de poignarder un corps dans une voiture, qui s’avère en réalité un mouton.

Plus déterminé que jamais, il temporise face à Vanoni et permet ensuite son arrestation après avoir saoulé à mort Ben dans une boite de nuit.

Le mafieux tombe ainsi que tout son réseau.

Léo est arrêté pour faire bonne mesure puis libéré.

Ne se doutant de rien, Vanoni le libère de ses services mais Ben plus méfiant l’attend à son cabinet pour lui tirer dessus.

Léo survit par miracle et va devoir se cacher toute sa vie pour vivre en sécurité avec Eve et son fils…

En conclusion, « L’avocat » est un film efficace mais sans grande originalité montrant la dérive d’un jeune homme ambitieux pris dans le monde terriblement puissant des grands criminels.

L’histoire rappelle celle de l’avocat Karim Achoui ou de bien d’autres hommes incapables de résister à une fascination irrépressible pour le monde de l’argent et de la violence.

La qualité des acteurs pousse à l’atteinte d’un résultat satisfaisant mais la réalisation trop froide et sobre, nuit pour moi grandement à l’impact du film, qui ne peut rivaliser avec les meilleurs produits d’un genre déjà largement (sur) exploité.

L'avocat (Cédric Anger)
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2 septembre 2015 3 02 /09 /septembre /2015 21:59
Nord et Sud, saison 3, épisode 3 (Larry Peerce)

Voici donc venu le moment de terminer la saga « Nord et Sud, saison 3, épisode 3 » de Larry Peerce et finir de rendre cet hommage à une série que je regardais durant mon enfance avec ma grand-mère décédée en début d’année 2015.

Toutes les chroniques de « Nord et Sud » de ce blog lui sont donc dédiées avec grand plaisir.

Dans le dernier épisode, George Hazard (James Read) décide d’entrer en action pour secourir Madeleine et fait preuve d’une efficacité redoutable.

Tout d’abord il fait pression sur son frère Stanley (Jonathan Frakes) devenu un politicien en vue en Pennsylvanie, pour que sa femme vénale Isabel (Deborah Rush) lui restitue pour rien ses parts dans la société de mines de phosphate dans laquelle elle a investi.

Redevenu l’actionnaire majoritaire, George descend à Mont Royal reprendre le contrôle de la mine à Cooper Main (Richard Wagner) qui conserve néanmoins l’hypothèque du terrain.

Son charisme et son argent mettent également en difficulté Gettys Lamotte (Cliff de Young) et ses hommes, qui sabotaient l’exploitation de Madeleine (Lesley Ann Down) pour la pousser à la ruine.

George met fin aux contrats étranglant les Noirs illettrés et leur assure des conditions de travail équivalentes à celles des Blancs.

La situation se rétablit alors, permettant à George et Madeleine de devenir amants.

Mais lorsque George apprend que Elkanah Bent (Philip Casnoff) a été repéré dans le Sud après avoir enlevé Gus (Cameron Finley) le fils de Charles Main (Kyle Chandler), il décide de se rendre à sa recherche en compagnie du caporal Magee (Steve Harris), trouvant un ex éclaireur en piteux état après finalement sauvé la vie de son ennemi indien Cicatrice (Gregory Zaragoza) incapable pour cause de blessure de se défendre en combat singulier.

Charles se ressaisit pour sauver la vie de son fils et les trois hommes se lancent à la recherche de Bent qui souhaite les attirer dans un guet append en plein territoire indien.

Impitoyable, Bent tue un aubergiste pour prendre sa place et attendre de pied ferme ses ennemis pour un ultime face à face.

Le trio est aidé par Cicatrice qui les aide à localiser Bent et propose son aide, gracieusement refusée par Charles, devenu ami du fier Indien après leur combat.

A l’aide d’une ruse de Magee, ils approchent de Bent suffisamment pour sauver Gus et neutraliser le tueur, qui finit pendu, non sans avoir encore proféré d’inintelligibles rêves de grandeur militaire.

Ashton (Terri Garber) obsédée par prendre le contrôle de Mont Royal, tente une nouvelle manœuvre pour racheter l’hypothèque à Cooper mais son mari, pourtant riche, le fabricant de piano Fenway (Tom Noonan) refuse in extremis de payer pour une ruine.

Lorsqu’Ashton réalise ce nouvel échec, elle reste prostrée et humiliée à genoux devant les restes du beau domaine qu’elle convoitait.

Bent et Ashton écartés, la dernière menace la plus sérieuse reste Gettys qui parvient à convaincre le lâche Cooper d’une action armée du Klux Klux Klan pour faire exploser Mont Royal et éliminer Madeleine qui contre carre depuis trop longtemps leurs plans idéologiques et économiques.

Prévenue par Judith Main (Cathy Lee Crosby) la femme de Cooper qui n‘approuve pas ses engagements violents, Madeleine peut néanmoins organiser la défense de Mont Royal à l’aide des esclaves et prendre au piège les hommes du KKK.

Une intense fusillade éclate alors, aboutissant à la mort des hommes du KKK et à l’enlèvement de Madeleine par Copper et Gettys avant que George aidé de Charles ne la sauve en tuant leurs ennemis dans une rivière.

Au final, Charles retourne vivre avec Willa (Rya Kihlstedt) et Gus, tandis que George reste avec Madeleine à Charleston pour reconstruire Mont Royale ensemble.

En conclusion, « Nord et Sud, saison 3, épisode 3 » clôt en beauté la fin de la série mais laisse néanmoins un gout d’inachevé avec la mort de Bent, celle de Cooper et l’échec d’Ashton…

Sympathique et bien ficelée, notamment avec la lutte des esclaves pour acquérir à un statut de citoyen décent dans le Sud et la montée des groupements extrémistes du Klux Klux Klan, cette saison 3 ne parvient pas toutefois à compenser le relatif manque de charisme des nouveaux acteurs par la beauté des grands espaces américains.

Avec ce relatif échec commercial, l‘adaptation de John Jakes « Nord et Sud » ne se termine donc pas en apothéose mais de manière néanmoins élégante.

J’invite néanmoins les amateurs de grandes et belles fresques historiques à la revoir, notamment pour ces deux premières remarquables saisons et pour aussi un peu de nostalgie sans doute…

Nord et Sud, saison 3, épisode 3 (Larry Peerce)
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1 septembre 2015 2 01 /09 /septembre /2015 18:21
Nord et Sud, saison 3, épisodes 1 et 2 (Larry Peerce)

C’est seulement en 1994 soit après six longues années que « Nord et Sud, saison 3, épisodes 1 et 2 » voit le jour sous la férule du réalisateur Larry Peerce.

Dans l’épisode 1, la fin de la guerre entraine une période d’instabilité pour les Etats-Unis et tout particulièrement dans le camp des vaincus du Sud qui se doit de changer par force ses mentalités et son modèle économique.

Ayant survécu on ne sait par quel miracle à l’explosion de son dépôt de munitions, Elkanah Bent (Philip Casnoff) ne peut se résoudre à écouter les manœuvres sournoise d’Ashley (Terry Garber) pour récupérer sa part d’héritage des Main et tue dès le début le malheureux Orry Main (Patrick Swayze) dont on devine la silhouette dans une nuit brumeuse.

Ashley qui vient une nouvelle fois de menacer Madeleine (Lesley Ann Down) de révéler ses origines noires, ne supporte pas cet acte et jette son ancien amant du haut d’une cascade.

Comme on pouvait s’y attendre, ceci n’est pas suffisant pour tuer l’ex capitaine qui survit et se fait embaucher au culot dans un poste de transmission tandis qu’Ashley livrée à elle-même sans la protection d’hommes puissants, est contrainte de se prostituer dans un bordel minable de Santa Fé.

Après la mort d’Orry, la vie demeure extrêmement difficile pour Madeleine qui tente contre vents et marées de faire revivre la prospérité de Mont Royal à l’aide d’une poignée d’esclaves affranchis dont Isaac (Stan Shaw) et Jane (Sharon Washington).

Sous la coupe d’une hypothèque possédée par Cooper Main (Robert Wagner) le frère ainé d‘Orry, Madeleine sait qu’elle n’a pas le droit à l’erreur mais reçoit l’aide inattendu de George Hazard (James Read), l’éternel ami de son mari, qui accepte d’investir massivement à l’aide de ses puissantes machines à vapeur pour aider le domaine à redévelopper son activité.

Malheureusement les positions très libérales de Madeleine à l’encontre de ses anciens esclaves gênent Gettys LaMotte (Cliff de Young) le leader du mouvement naissant du Klux Klux Klan, qui n’accepte pas la libération des esclaves et prône une lutte armée clandestine.

Chassée de l’église officielle sous la pression du KKK, Madeleine doit se rabattre une église construite par les Noirs sur son domaine.

Cooper qui tente un moment de la protéger, finit lui aussi par rejoindre le KKK par intérêt et participe à une action violente à son encontre aboutissant à l’incendie de l’église.

Du coté des nouveaux personnages, Charles Main (Kyle Chandler) promu Sergent, connait l’amour avec une jeune actrice Willa Parker (Rya Kihlstedt) mais poursuivi par la vindicte de Venable (Keith Szarabajka) un Capitaine revanchard, est sauvé in extremis d’un guet append mortel par l’intervention d’un marchand itinérant Adolphe Jackson (Rip Torn) et Jim (Chris Burke) un jeune handicapé.
Charles est pris comme associé par le truculent Jackson et le trio improvisé échappe par miracle à une attaque d’un chef indien particulièrement agressif appelé Cicatrice (Gregory Zaragoza) contre l’avis du vieux chef Loup Rampant (Ted Thin Elk) qui tient lui à entretenir des relations cordiales avec le marchand.

De leurs cotés, Ashton et Bent ne sont pas en reste, la première tuant le patron de son bordel après avoir trouvé la protection d’un vendeur de piano Will Fenway (Tom Noonan), le second parvenant à tuer la malheureuse Constance (Wendy Kilbourne) quelques minutes seulement avant le retour de Charles.

Cruel, Bent signe son crime dans le sang…appelant la vengeance de George.

Dans l’épisode 2, Madeleine lutte courageusement pour ne pas céder à la pression des anciens propriétaires terrien du Sud, qui comme Cooper guettent le moindre faux pas pour rétablir leurs privilèges.

Elle a fort à faire puisque Cooper reçoit l’aide d’Isabel Hazard (Deborah Rush), qui s’allie avec lui pour faire signer des contrats largement défavorables aux Noirs visant à les maintenir dans une situation de pauvreté et de dépendance totale face aux riches propriétaires blancs.

Ensemble Cooper et Isabel envisagent d’exploiter une mine de phosphore à Mont Royal et poussent au départ de Madeleine.

De son coté, George, fou de rage après l’enterrement de Constance, charge Jack Quilan (Woody Watson) de gérer son entreprise, jure de poursuivre Bent partout afin de le tuer mais le criminel semble posséder une longueur d’avance sur lui et viser à présent Gus (Cameron Finley) le fils de Charles, qu’il enlève dans la maison du général de brigade Duncan.

Recherché, traqué comme un animal sauvage, Bent semble plus cruel et dangereux que jamais.

Son double féminin, Ashton pousse Fenway à des investissements hasardeux pour développer un nouveau modèle de piano dans l’espoir de redevenir riche et de racheter Mont Royal mais le style tapageur de la vénéneuse brune incommode l’austère marchand qui ne se gène pas pour la rappeler à l’ordre.

Attaqué par des Cheyennes, Charles échappe de peu à la mort et perd ses deux amis Adolphe et Jim.

Il se fait embaucher comme éclaireur dans l’armée dans l’espoir de venger la mort de ses amis en retrouvant Cicatrice l’auteur du massacre.

Dans sa quête Charles sympathise avec Magee (Steve Harris) un soldat noir presditigateur à ses heures perdues et retrouve la jolie Willa solidement établie comme actrice.

Son intervention dans l’attaque d’un convoi par des Indiens lui attire les foudres de Venable qui mène un raid meurtrier sur le camp du pacifique Loup rampant, massacrant femmes et enfants sans hésitation.

Outré, Charles se retient in extremis de tuer le brutal Capitaine et continue sa traque contre Cicatrice.

Dans le Sud, les Noirs s’émancipent de plus en plus, mais Sam perd de sa vie son engagement politique, pendu par les brutes du KKK, malgré l’intervention désespérée de Madeleine.

Également prise à la gorge par le sabotage de ses machines et ses dettes, Madeleine met sa fierté de coté et va trouver George qui accepte une nouvelle fois de lui venir en aide, initiant un mouvement de rapprochement entre les deux veufs.

En conclusion, malgré l‘absence criante de Patrick Swayze liquidé dès les premières minutes, « Nord et Sud, saison 3, épisodes 1 et 2 » parvient à relancer la machine en montrant l’après guerre et la période difficile ou le Sud bien que vaincu, tente de conserver ses privilèges en asphyxiant économiquement les esclaves fraichement affranchis et en développant un inquiétant mouvement illégal, le Klux Klux Klan, qui avec ses hommes cagoulés, sème la terreur parmi les Noirs.

On peut être perturbé par l’absence d’acteurs attachants comme Swayze ou Lewis Smith, trouver que les génies du mal comme Ashton ou Bent peinent à retrouver leur lustre d’antan mais l’arrivée du charismatique Richard Wagner vient apporter un vent de renouveau appréciable pour renforcer cette saison 3 marquée également par la lutte des Noirs pour leur survie économique et les relations complexes avec les dernières tribus indiennes rebelles.

Nord et Sud, saison 3, épisodes 1 et 2 (Larry Peerce)
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28 août 2015 5 28 /08 /août /2015 13:52
The social network (David Fincher)

Sorti en 2010, « The social network » est un film de David Fincher récompensé par trois oscars et méritait donc à ce titre un minimum d’intérêt.

« The social network » explore la naissance du plus puissant réseau social, Facebook, crée par Mark Zuckerberg (Jesse Eisenberg) au début des années 2000.

Alors étudiant à Harvard, Zuckerberg qui contient tous les attributs d’un geek féru d’informatique, décide après s’être fait éconduire par sa petite amie Erica Albright (Rooney Mara) qui le trouve arrogant et grossier, de pirater les serveurs de son université pour organiser un jeu ou les garçons peuvent voter pour les étudiantes les plus jolies.

Le site intitulé mash.com fait un tabac dans les milieux d’Harvard, à tel point que le nombre trop élevé de connections fait planter le serveur de l’université.

Zuckerberg qui s’est de surcroit fendu de propos peu amènes à l’égard de son ex petite amie est convoqué par un conseil de discipline et écope d’une peine avec sursis.

Son exploit attire l’attention de deux frères champions d’aviron, Cameron et Tyler Winklevoss (Armie Hammer et Josh Pence) qui brillants étudiants à Harvard et bénéficiant de plus d’importants moyens financiers dus à leur riche famille, contactent Zuckerberg pour lui demander de développer avec eux un site de mise en relation.

Désireux de rentrer dans les prestigieux clubs fermés de Harvard, Zuckerberg fait mine d’accepter l’offre mais travaille en réalité en secret avec son ami Eduardo Saverin (Andrew Garfield) à développer un autre projet de réseau social permettant à n’importe qui d’être mis en relation avec une autre personne.

Travaillant avec acharnement jour et nuit, les deux amis créent The Facebook qui ne tarde pas à devenir très populaire dans les milieux universitaires.

Devenu populaire, le duo a maintenant des groupies, ce qui permet à Saverin de se trouver une petite amie asiatique, Christy (Brenda Song).

Cette notoriété attire Sean Parker (Justin Timberlake) le créateur de Napster, qui entre en relation avec eux, jouant de son bagout et de son expérience pour devenir le conseiller spécial voir le mentor de Zuckerberg.

Devenu directeur financier, Saverin ne goute guère les manières et l’ambition de Parker pour qui trouver des investisseurs semble aisé alors que lui-même se démène comme un beau diable à New-York.

Parker parvient à convaincre Zuckerberg de déménager en Californie (Stanford) pour bénéficier de l’effervescence locale en matière de nouvelles technologies.

Avec le talent de quelques développeurs doués, l’entreprise croit en laissant Saverin sur le bas coté.

Fou de rage par la main mise de Parker, Saverin décide de bloquer les comptes de l’entreprise et force Parker et Zuckerberg a un accord avec leur nouvel actionnaire, le puissant Peter Thiel (Wallace Langham).

Mais Saverin se fait berner et croyant signer un accord lui octroyant 30% de la société, ignore que ses parts peuvent être diluées en cas de venues de nouveaux actionnaires.

Lorsqu’il le découvre il est furieux et tente une action en justice qui se déroule en parallèle de celle des frères Winklevoss, qui avec Divya Navenda (Max Minghella) estiment avoir été volés de leur idée par Zuckerberg.

Pris dans un étau de justice face à deux adversaires, Zuckerberg doit donc se défendre, arguant de sa propriété intellectuelle sur Facebook qui pèse déjà des millions de dollars.

Après des face à face nerveux entre les anciens associés/amis, Alice (Malese Jow) une avocate stagiaire, lui conseille de dédommager Saverin et les Winklevoss de quelques millions de dollars, ce qui représente une goutte d’eau dans l’état actuel des finances de son entreprise.

L’arrogant Zuckerberg accepte finalement le deal, restant le plus jeune milliardaire de la planète…

En conclusion, même si le sujet de « The social network » devait me laisser complètement de marbre, le film de Fincher est bien réalisé et maintient pendant plus de deux heures un suspens efficace principalement en raison de la terrible bagarre financière entre les ambitieux jeunes hommes.

Dans ce monde ou les requins ont des abords de nerds débraillés, Zuckerberg est présenté comme un type certes intelligent mais parfaitement antipathique voir détestable sur le plan des relations humaines.

Arriviste, froid, irrespectueux et arrogant, le personnage repousse et force à relativiser son prétendu « génie » consistant à avoir su générer de la richesse sans créer autre chose que des services informatiques, certes performants mais inutiles voir nuisibles au développement de l’homme en raison des multiples dérives qui peuvent en découler (addiction, harcèlement, propagande douteuse).

Difficile donc malgré l’efficacité du scénario et la qualité des acteurs, de crier au génie pour ce film néanmoins intéressant pour en savoir plus sur la Facebook story.

Et au final, likez vous cette chronique ?

The social network (David Fincher)
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28 août 2015 5 28 /08 /août /2015 09:59
Fire and water (Free)

Le rock des années 70 avec « Fire and water » troisième album des britanniques de Free.

Formé à Londres la fin des années 60 durant la pleine explosion du rock british, Free est composé de Paul Rodgers (chant), Paul Kossof (guitare), Andy Fraser (basse) et Simon Kirke (batterie).

Avec trois albums en deux ans, les prolifiques Anglais sortent en 1970 « Fire and water » à la pochette simplissime à souhait montrant les quatre jeunes chevelus de l’époque.

On entame avec « Fire and water » qui déroule mid tempo blues-rock solide mais sans folle inventivité ou génie.

Le feeling est identique sur « Oh I wept » blues encore sans doute plus calme que le titre précédent.

La léthargie s’installe profondément sur « Remember » qui persévère dans le même filon absolument soporifique et quitte à aller dans la douceur la plus prononcée, la ballade « Heavy load » s’en sort plus honorablement en raison principalement du grain de voix sensuel de Rodgers.

Ce même Rodgers pousse un tantinet davantage sur ses cordes vocales en un « Mr Big » qui peine toutefois à s’extraire de ses pesantes racines bluesy.

Ce bref regain est toutefois immédiatement annihilé par une langoureuse ballade « Don’t say you love me » dégoulinante de mièvrerie sur six longues minutes insupportables et il faut attendre le dernier titre, « All right now » pour trouver un titre un peu plus enlevé et rock bien que tout ceci reste fort timide.

En conclusion, malgré tout le respect qu‘on peut avoir pour un groupe de pionniers cités comme référence par Ac/Dc en raison de leur son similaire, « Fire and water » est un album fort décevant, ne parvenant jamais à se démarquer de ses racines blues.

Alors certes, les musiciens se montrent plutôt maitres de leur style et Rodgers chanteur de grande renommée au style tout de même très marqué par son époque, est plutôt agréable à l’écoute, mais aucune innovation ou prise de risque majeure ne vient pour moi justifier d’un intérêt particulier pour « Fire and water ».

A réserver donc pour les amateurs de vieux son bluesy…les autres comme votre serviteur passeront allégrement leur chemin !

Fire and water (Free)
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27 août 2015 4 27 /08 /août /2015 11:49
In the court of the King crimson (King crimson)

Plongée dans un courant musical que je ne goute généralement que du bout des oreilles, le rock progressif de King crimson, qui avec son premier album « In the court of the crimson king » marqua son époque avec un disque novateur.

Nous sommes ici en 1969 et cinq Londoniens ont alors l’idée de former un groupe avec le guitariste Robert Fripp, le multi instrumentistes Ian Mc Donald, le bassiste-chanteur Greg Lake, le batteur Michael Giles et le parolier Peter Sinfield.

Nanti d’une pochette particulièrement expressive évoquant la folie, « In the court of the crimson king » débute par le bien nommé « 21th century schizoid man/mirrors » qui pose immédiatement l’empreinte musicale du groupe : titre long (plus de sept minutes), riff central puissant et entêtant, voix saturée plutôt discrète mais surtout longues plage instrumental de plusieurs minutes dans lequel l’influence d’un jazz-rock vif et délié se fait sentir.

Bien accroché par ce premier titre, l’auditeur enchaine ensuite avec « I talk to the wind » qui fait immédiatement retomber le soufflet en proposant une ballade lente et éthérée à l’effet plutôt soporifique.

On poursuit sur le même thème avec « Epitaph/March for no reason/Tomorrow and tomorrow » qui déploie en près de neuf minutes, un morceau à tiroirs, beau, élégant, riche musicalement mais aussi très calme, tristounet et relativement peu exaltant.

Avec ses douze minutes au compteur, « Moonchild/The dream/The illusion » propose un réel voyage auditif en jouant sur la superposition de multiples couches musicales, avec une large part d’expérimentation jazzy plutôt difficile à endurer.

On termine cet album à cinq titres avec « The court of the crimson king/ the return of the fire witch/dance of the puppets » dont le thème principal, soutenu par des chœurs aériens splendides assure un final mémorable.

En conclusion, « In the court of the crimson king » est un premier album atypique et novateur, brisant les codes de la pop-music en vigueur à la fin des années 60 pour proposer une musique à tiroirs, incorporant des influences du jazz et du classique à la simplicité supposée du rock.

Le résultat, très cérébral et froid, pourra laisser perplexe les amateurs de rock nerveux et intense, mais même sans gouter ce genre particulier, l’auditeur sera forcé de reconnaitre les belles qualités musicales de l’ensemble et la voix parfaite dans ce registre de Lake.

Bien que globalement assez peu réceptif à ce style auquel il manque pour moi un zeste de dynamisme, « In the court of the crimson king » demeure à mes yeux digne d’intérêt au moins pour ses morceaux d’introduction et de sortie, réellement mémorables par leur puissance, leur musicalité et leur audace.

Ayant traversé quatre décades, King crimson est un groupe devenu culte, toujours en activité et se produisant encore régulièrement sur les scènes du monde entier.

In the court of the King crimson (King crimson)
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