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16 mai 2016 1 16 /05 /mai /2016 10:43
The raid (Gareth Evans)

Pour le 4500 ième article de ce blog, voici « The raid » film indonésien de Gareth Evans sorti en 2011.

Auréolé d’une réputation d’enfer dans le milieu des films d’action/arts martiaux, « The raid » raconte l’histoire d’une unité de la police, menée par le lieutenant Wahyu (Pierre Gruno) pour éliminer Tama (Ray Sahetapy) un baron de la drogue qui vit retranché dans un immeuble ultra sécurisé de Jakarta.

Mais alors qu’ils foncent tètes baissées dans l’immeuble, les policiers se font surprendre car les trafiquants les attendaient.

De chasseurs, ils deviennent chassés et se font décimés par des tireurs d’élites positionnés stratégiquement.

Les pertes sont énormes et leur moyen de fuite via un véhicule posté dehors éliminé en même temps que les deux chauffeurs.

Dès lors, une poignée de survivants dirigée par Wahyu, le sergent Jaka (Joe Taslim) et Rama (Iko Uwais) tente de sauver leur peau en se cachant dans les appartements de curieux locataires toxicomanes ou trafiquants eux-mêmes et donc soumis aux ordres de Tama.

Le chef qui supervise la situation au travers son réseau de caméras de surveillance, charge ses deux lieutenants Andi (Doni Alamsyah) et Mad dog (Yahian Ruhian), un expert en arts martiaux de retrouver et de tuer la poignée de policiers retranchée dans l’immeuble.

Les policiers vendent chèrement leur peau, progressant pas à pas dans chaque pièce de chaque niveau en affrontant et tuant des trafiquants par armes à feu mais également par armes blanches ou à mains nues dans de spectaculaires corps à corps.

Déchainé, Jaka projette ses adversaires par les fenêtres ou n’hésite pas à faire exploser une bonbonne de gaz dans un frigo pour leur infliger un maximum de pertes.

Blessé et traqué par le cruel Mad dog, Rama est miraculeusement sauvé par Andi, qui est en réalité son frère.

Rama qui va bientôt être père tente de convaincre Andi de quitter l’immeuble avec lui mais celui-ci refuse, invitant seulement son frère de partir maintenant pour échapper à la mort qu’il estime certaine pour les policiers.

Jaka finit par trouver plus fort que lui face à Mad dog, qui le tue après un combat à mains nues d’une violence et d’une explosivité hors normes.

Le petit tueur traine le corps du sergent jusqu’à son maitre et provoque Andi rentré bredouille.

Furieux, Tama plante un couteau dans la main d’Andi car il l’a vu grâce à ses caméras aider Rama.
De son coté Rama qui suspecte Wahyu d’avoir envoyé son équipe au casse pipe exige des explications de son supérieur, dont les dénégations font figure d’aveux.

Le duo décide cependant de monter chez Tama pour le prendre en otage et s’en servir comme bouclier pour quitter vivants l’immeuble de la mort.

Wahyu réussit sa manœuvre mais l’arrogant trafiquant lui annonce qu’il a négocié avec ses supérieurs pour le faire tuer à la sortie.

Furieux, Wahyu le tue et tente de se supprimer sans succès.

De son coté Rama désire sauver Andi torturé par le cruel Mad dog.

Il provoque en duel le tueur et aidé par son frère pourtant blessé à la main, parvient à tuer l’invincible petit guerrier après un combat complètement fou.

Braquant Wahyu le pourri pour le livrer à la justice, Rama parvient à sortir protégé par Andi qui lui ouvre les portes de la forteresse.

Les deux frères se séparent, chacun campant sur ses propres convictions.

En conclusion, malgré son colossal succès, « The raid » est un film assez insupportable par son extrême violence et par la vacuité de son scénario.

150% action et 0% réflexion, tel est le dosage de ce film bas du front accumulant les cadavres (policiers, trafiquants) avec une cadence purement écœurante.

Evans en donne pour son argent à ses spectateurs en faisant la part belle aux combats de Penchak Silat, cet art martial indonésien proche du kung fu, certes spectaculaire mais sans une once de réalisme avec des adversaires se relevant à peine estourbis de coups de coude ou de genoux au visage.

Brutal, sadique, débile comme le plus débile des jeux vidéos, « The raid » recèle un fort gout de plaisir malsain en banalisant la violence comme peut le faire les images continues d’actes terroristes dont on nous abreuve chaque jour.

A vivement déconseiller, sauf pour les plus fanatiques de films d’arts martiaux…

The raid (Gareth Evans)
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15 mai 2016 7 15 /05 /mai /2016 08:37
Sons of anarchy, saison 6, épisode 13 (Kurt Sutter)

« Sons of anarchy, saison 6, épisode 13 », est donc le dernier numéro de la saga de la saison 6.

Ivre de rage après le départ de Tara (Maggie Stiff), Jax (Charlie Hunnam) demande à Bobby (Mark Boone Jr) de filer son avocat qui ayant rendez vous avec elle dans un parc public pour finaliser signer l’accord avec l’ATF les met logiquement sur la piste de la fuyarde.

Jax accepte ensuite de rencontrer Marcus Alvarez (Emilio Rivera) logiquement inquiet pour l’équilibre entre les gangs d’Oakland après le retrait des Sons du trafic d’armes et surtout la prise de position qu’il estime dominante des One Niners avec la prise de direction d’August Marks (Billy Brown).

Même si Jax lui assure de la neutralité de Marks dans l’affaire, la destruction du gang de Lin met Alvarez sur ses gardes.

Le chef des Mayans double les Niners après une transaction d’armes, tuant un des lieutenants de Tyler Yost (Mo Mac Rae) et empochant la marchandise.

De son coté, Néro Padilla (Jimmy Smits) demande un entretien avec Jax et l’informe de la trahison à son égard de par le meurtre de Darvina Jenkins (Samaire Armstrong) qu’il estimait une victime innocente.

Jax ne peut nier l’évidence et la réaction de Padilla est alors radicale, il se retire de son association avec les Sons, et quitte Gemma (Katey Sagal) déjà traumatisée par le départ de Tara et des enfants.

Padilla écoute alors les conseils de son lieutenant Fiasco (Rey Gallegos) et redevient le chef de gang des Byz Lat, pour entrer dans une alliance avec Alvarez et Henry Lin (Kenneth Choi), ivre de vengeance après l’assassinant de son oncle par les One Niners et les Sons.

Tara est finalement retrouvée et bloquée dans le parc par les Sons.

Tara s’attend à être tuée par Jax mais après une longue discussion à cœur ouvert, le leader des Sons lui assure vouloir le bien des enfants en les éloignant de l’enfer de la vie dans les gangs.

Contre toute attente, Jax pardonne Tara et accepte de se livrer à Pounder (Tyne Patterson) comme seul responsable de la tuerie de Matthew Jenkins (Tate Berney)

Il compte prendre environ 25 ans de prison mais espère que Tara et les enfants soient mis en sécurité.

Le commandement du club sera confié à Bobby (Mark Boone Jr) avec Chibs (Tommy Flanagan) en vice président avec comme consignes de rester dans la légalité loin du trafic d'armes et de drogues.

Interloquée, Poudner accepte finalement l’offre.

Comme on peut s’y attendre, Gemma réagit à la rupture d’avec Nero par la violence, boit et fume plus que de raison pour évacuer son mal être.

Unser (Dayton Callie) tente de la réconforter mais elle lui pique les clés de son pickup.

Gemma se cache chez Tara et la tue ainsi que Eli Roosevelt (Rockmond Dunbar) venu l’escorter.

Juice (Theo Rossi) qui sait qu’il a trahi Jax en parlant à Padilla, vient en aide à Gemma couverte de sang tandis que Jax arrivé sur les lieux du crime et en larmes après la mort de Tara est trouvé gisant dans une flaque de sang…

En conclusion, « Sons of anarchy, saison 6, épisode 13 » termine la saison 6 par un drame grandiose : la mort de Tara, tuée de manière ultra violente par Gemma et l’accusation probable de Jax qui avait pourtant pardonné dans l’espoir de donner finalement une vie meilleure à ses enfants, Abel et Thomas.

Corrompu par le pouvoir et la violence, Jax était devenu après la mort de Opie (Ryan Hurst), similaire à Clay qu’il a d’ailleurs fini par éliminer mais avait fini par retrouver en lui une once de lucidité face au flot de remords le submergeant intérieurement.

Malheureusement la rage et la jalousie de Gemma sont venus tout gâcher…

Cette saison 6 met donc sur la place des évènements majeurs : la mort de Clay, de Tara et d’Otto, personnages légendaires des premiers épisodes et faisant en quelque sorte partie des fondations de la série.

Si Juice conserve en lui son ambigüité et sa souffrance intérieure, cette sixième saison de haut niveau est l’occasion de voir émerger Nero Padilla dont le personnage de gangster aspirant à la repentance ne cesse de gagner en épaisseur.

Une fin de saison 6 en apothéose donc même si les forces de police apparaissent au final bien en retrait par rapport aux gangsters, à l’exception de l’ex marshal Toric.

Sons of anarchy, saison 6, épisode 13 (Kurt Sutter)
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15 mai 2016 7 15 /05 /mai /2016 08:09
Sons of anarchy, saison 6, épisode 12 (Kurt Sutter)

Dans « Sons of anarchy, saison 6, épisode 12 », Jax (Charlie Hunnam) tente de présenter la situation sous un jour favorable au procureur Pounder (Tyne Patterson) pour qu’elle arrête net ses investigations sur les Sons.

Il ignore que Tara (Maggie Stiff) s’apprête à prendre l’une des décisions les plus radicales de sa vie, trahir les Sons en les livrant à la police afin d’obtenir une protection dans sa fuite avec ses enfants.

Le leader des Sons tue encore deux Irlandais de la bande à Connor Malone (Scott Anderson) pour amadouer Bohai Lin (Keone Young) le leader du gang asiatique d’Oakland, mais le vieux mafieux demeure inflexible, préférant qu’on lui livre Malone en personne pour assouvir personnellement sa soif de vengeance.

Pour assoir ses exigences, Lin exhibe Happy (David Labrava) toujours prisonnier et met sa vie en jeu.

Machiavélique, Jax fait croire à Malone que les Asiatiques ont tué ses hommes et qu’il a tout intérêt à se rapprocher urgemment d’August Marks (Billy Brown), en parvenant à surmonter la répugnance de l’IRA pour les gens de couleur et à conclure un nouveau deal pour le trafic d’armes.

Pris au piège, Malone accepte de convaincre ses chefs irlandais de tenter une vente d’essais et croyant se rendre à un rendez vous avec Marks tombe dans un guet apens ou surgissent Lin et ses hommes.

Tout en faisant mine de livrer Malone à Lin pour avoir en échange Happy, Jax demande à Tyler Yost (Mo Mac Rae) le nouveau chef des Niners de liquider les asiatiques, laissant Happy porter le coup de grâce à Lin

Malone comprend que sa vie n’a tenu qu’à un fil et accepte le deal avec Marks qui livre un demi million de dollars en avance et lui promet d’irriguer une zone plus large sur la Cote Ouest avec le trafic d’armes.

Affaire conclue.

De son coté, vivant mal la mort de Clay (Ron Perlman), Juice (Theo Rossi) fait une surdose de médicament chez Diosa et tombe inanimé alors qu’il est au lit avec une prostituée.

Appelé à la rescousse par Lyla (Winter Ave Zolle), Nero (Jimmy Smits) parvient à sauver la vie de Juice mais apprend une surprenante confidence : il a tué Darvina Jenkins (Samaire Armstrong), une mère de famille innocente sur ordre de Jax, qui lui a assuré le contraire les yeux dans les yeux.

Ce choc oblige Nero à reconsidérer sa relation avec celui qu’il considérait comme un ami, d’autant plus que Marcus Alvarez (Emilio Rivera) le chef de Mayans, est venu le voir pour lui proposer une alliance avec ses Byz lat, en prévision de la lutte pour le trafic d’armes qui allait survenir à Oakland après le retrait prévu des Sons.

Tara va jusqu’au bout de sa logique et demande que Pounder faxe les conditions de sa protection à son avocat.

Ce délai accepté de mauvaise grâce par la procureur, lui permet d’emmener ses enfants en distrayant l’attention de Gemma en prétextant un malaise de Bobby (Mark Boone Jr) et en menaçant Unser (Dayton Callie) et Wendy (Drea de Matteo) chargé de la garde.

Mais au lieu de revenir vers les fédéraux, Tara va se cacher dans un motel des environs.

La joie de Jax après avoir conclu le deal avec Marks et l’IRA est donc de courte durée et le leader des Sons entre dans une rage folle en découvrant la fuite et sans doute la trahison de Gemma…

En conclusion, « Sons of anarchy, saison 6, épisode 12 » tient toutes ses promesses en densifiant l’action et le rythme des évènements à l’approche de la fin de la saison 6.

Jax se montre plus impitoyable et calculateur que jamais et même si ses manœuvres brillantes et violentes réussissent à merveille aves les gangs, il ne peut empêcher la défaillances de Juice et la trahison de Tara, qui devient du coup le personnage clé des derniers épisodes.

Le dénouement vite ?

Sons of anarchy, saison 6, épisode 12 (Kurt Sutter)
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14 mai 2016 6 14 /05 /mai /2016 08:19
Paranoid park (Gus Van Sant)

Festival de Cannes oblige, focus sur un cinéma plus « intello » avec « Paranoid park » de Gus Van Sant.

Après la palme d’or de « Elephant » en 2003, le réalisateur adapte un roman de Blake Neslon en 2007.

Alex (Gabe Nevins) un jeune skater de Portland voit son quotidien bouleversé lorsque Richard Lu (Daniel Liu) un détective de police vient enquêter à son collège pour le meurtre d’un agent de sécurité (John Michael Burrows) écrasé par un train.

Lu oriente son enquête sur le milieu des skaters fréquentant un spot mal famé appelé Paranoid park, car le vigile a été blessé avant sa mort horrible part un coup de planche de skateboard.

Mal à l’aise, Alex répond au policier et retrace maladroitement son emploi du temps de la veille que le spectateur découvre au fil du film.

On découvre un ado paumé avec des parents divorcés, trouvant dans la communauté des skaters une famille d’adoption.

Alex se fait entrainer par Scratch (Scott Patrick Green) un des types trainant sur le park dans l’exploration nocturne d’une voie ferrée et après avoir voulu grimper clandestinement dans un train, l’accident avec le vieux vigile se produit avec la mort de l’homme tombé accidentellement sur la voie après une lutte confuse.

Paniqué, Alex se débarrasse du skate dans le fleuve et rentre dans la maison de son ami Jared (Jake Miller) laissée vide pour le laisser conclure sexuellement avec sa petite amie du moment Jennifer (Taylor Momsen).

Dès lors il devient de plus en plus difficile pour Alex de porter ce lourd secret et de mentir à la police mais aussi à ses amis.

Son comportement change, déroutant Macy (Lauren Mc Kinney) une fille au look grunge lui tournant autour.

Peu après, Alex cède finalement à contre cœur à Jennifer et a son premier rapport sexuel.

Toute heureuse de son expérience, la jeune fille ne comprend pas la froideur de son amant qui vit encore rongé par son crime.

Sous les conseils de Macy, Alex couche sur un petit carnet ses pensées profondes et finit par bruler les papiers pour exorciser son mal…

En conclusion, « Paranoid park » est un petit film tout simple au scénario rachitique, surtout remarquable pour la qualité de la réalisation, assez virtuose de Van Sant.

Les images sont superbes et l’adolescence, cette période de fragilité de toutes les expériences même les plus stupides ou dangereuses magnifiquement évoquée.

Intéressant donc pas sa beauté formelle et intimiste, mais de là à se prosterner et à crier au génie…

Paranoid park (Gus Van Sant)
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13 mai 2016 5 13 /05 /mai /2016 20:41
Sexe, drogue et natation, un nageur brise l'omerta (Amaury Leveaux)

Les habitués de ces colonnes connaissent mon gout pour le sport, aussi est-ce avec un grand intérêt que j’ai lu « Sexe, drogue et natation, un nageur brise l’omerta » de l’ancien nageur Amaury Leveaux.

Retraité des compétitions en 2013, Leveaux dont on se rappelle la grande carcasse et le tempérament gentiment excentrique, sort en 2015 ce livre au titre choc, sinon racoleur.

Écrit de manière simple (pour que cela reste crédible), « Sexe, drogue et natation » débute par ses origines dans une cité de Delle, petite ville de Franche Comté dans laquelle grandit un adolescent dont la mère quittée par son mari assez porté sur la bouteille, enchaine les petits boulots (ménage, serveuse) pour joindre les deux bouts et élever ses trois enfants.

La chance ou le destin sourit au jeune homme lorsqu’un petit boulot à la piscine municipale le fait repérer par Vincent Léchine un entraineur à l’œil avisé.

Mis à l’essai dans ce petit club, Leveaux montre du haut de ses treize ans des prédispositions évidentes pour le sprint (50m, 100m voir 200m) et se rue sur l’occasion de sortir d’un avenir de prolétaire que ses origines et ses médiocres résultats scolaires lui dessinaient.

Il atterrit ensuite à Mulhouse après un court passage à Besançon et rencontre Lionel Horter qui le mènera vers le professionnalisme apprenant au gamin fantasque et occasionnellement bringueur la discipline.

Leveaux décrit l’envers du décor de la vie de nageur de haut niveau, l’extrême rigueur des entrainements consistant à se lever aux aurores pour enchainer des longueurs dans des piscines en plein air ou règne un froid glacial en hiver, sans compter le travail complémentaire de musculation et de footing, la diététique et les siestes de récupération, l’odeur persistante du chlore qui imprègne la peau et les bronches, les envies pressantes soulagées dans les bassins et surtout l’insensé kilométrage que s’infligent ses athlètes dans le but de briller lors des quelques rendez vous internationaux, principalement des championnats (France/Europe/Monde) et surtout les Jeux olympiques tous les 4 ans.

Les relations avec l’autoritaire Horter sont parfois explosives et tout en reconnaissant les mérites de l’entraineur, Leveaux estime clairement s’être fait abusé financièrement par le club qui encaissait tout ou partie de ses primes.

De manière plus générales, même les primes avancées par la Fédération en cas de victoires aussi prestigieuses que des Jeux ou des Championnats du Monde paraissent à vrai dire bien ridicules par rapport aux salaires des meilleurs footballeurs.

Outre les plaintes, à mon sens justifiées de Leveaux pour le manque à gagner des nageurs comparés aux sacrifices consentis, l’ex athlète ayant raflé les plus hautes médailles de sa discipline, apporte une analyse intéressante sur la préparation mentale qui fait selon lui la différence entre les compétiteurs dans le très haut niveau.
Cet aspect délicat car intangible du sport est mis en lumière par l’importance des rituels maniaques d’avant course, la nécessité de s’immerger dans une bulle isolante vis-à-vis du monde extérieur et la visualisation obsessionnelle des compétitions afin de s’auto conditionner vers la victoire.

Mais Leveaux aborde aussi la face sombre du sport, le dopage et si il marche sur des œufs vis-à-vis de son coéquipier le musculeux Fréderic Bousquet, pris pour sombre histoire de produits pour soigner des hémorroïdes (!) se montre plus agressiff vis-à-vis du Brésilien César Cielo, sorti pour lui de nulle part et innocenté malgré un contrôles positif.

Le nageur est en revanche plus bavard sur les excès de soirées festives ou selon lui l’alcool et la cocaïne seraient monnaie courante.

Bon vivant, Leveaux confie ses écarts avec l’image lisse des nageurs beaux, sains et musclés et ne pas avoir réellement d’hygiène de vie alimentaire, aimer l’alcool (rosé, vodka), fumer de manière régulière… et enfin avoir également tâté de la coke même si l’expérience ne l’a pas enchanté.

Ces aveux courageux s’expliquent selon lui par le besoin des nageurs de décompresser par rapport aux attentes qui pèsent sur eux et surtout à l’ascèse des entrainements parfois inhumains.

Le sexe va pour lui de paire avec la notoriété que confère une grande performance aux Jeux olympiques, ce qui outre de nombreuses conquêtes faciles, lui a offert l’accès à un monde de jet setters branchés menant grand train et enfin de juteux contrats auprès de grandes marques comme le géant Lagardère attirés par son image de français qui gagne.

Après avoir été grisé par ce monde qui lui faisait oublier ses origines modestes, Leveaux assure être revenu les pieds sur terre.

Il allume la Fédération responsable selon lui de propager une image veillotte et peu attractive de son sport, monde des médias accusés selon lui de peser sur la logique sportive en inversant l’ordre des relais en finale des JO à Pékin, ce qui selon lui couta la victoire face aux Américains.

Dans le registre privée, sa rancune se dessine contre Yannick Agnel pour lui « faux intello » de la natation, Alain Bernard jugé trop lisse ou les ex petits amis de Laure Manaudou (Fréderic Bousquet, Benjamin Stasilius) dont il avoue être secrètement amoureux depuis des années.

Grande gueule médiatique de la natation française, Philippe Lucas s’en tire plutôt bien malgré des entrainements à la limite de l’inhumain, des multiples altercations parfois physiques entre eux, mais avec d’insoupçonnées qualités de pédagogues pour l’un des gourous du sport français.

Enfin après le succès du relais français aux Jeux de Londres en 2012, Leveaux perd peu à peu sa motivation et le gout des sacrifices quotidiens à l’entrainement.

La décision d’arrêter s’impose logiquement à lui avec une reconversion comme consultant chez Beinsport, en management sportif…

Leveaux n’avoue n’être jamais retourné nager une seule fois et que son sport ne lui manque pas.

On termine le livre sur une note optimiste, avec sa nouvelle relation et la naissance d’un enfant à venir.

En conclusion, « Sexe, drogue et natation, un nageur brise l’omerta » est livre détonant au sein du petit milieu du sport français ou les discours stéréotypés pré formaté par les attachés de presse verrouillent toute volonté de sincérité de peur de briser la sacro sainte « image » du sportif responsable d’une bonne partie de ses revenus.

Les mauvaises langues diront que Leveaux crache dans la soupe mais j’ai pour ma part aimé sa sincérité brut de décoffrage montrant clairement les rivalités entre nageurs, les coups tordus des journalistes, de la fédération, des clubs…

J’ai eu aussi ma ration de description de la dureté des entrainements de natation, l’ascèse demandé par les coach gourous, la souffrance inhumaine supportée par la motivation de réussir à atteindre ses objectifs, chose si exceptionnelles que l’on ne peut que respecter ou admirer.

Les plus punks d’entre vous aimeront aussi les digressions de l’athlète : grand viveur aimant le sexe, l’alcool, la bonne chère et quelques plaisirs interdits…

Sexe, drogue et natation, un nageur brise l'omerta (Amaury Leveaux)
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9 mai 2016 1 09 /05 /mai /2016 22:20
Sons of anarchy, saison 6, épisode 11 (Kurt Sutter)

Dans « Sons of anarchy, saison 6, épisode 11 », Connor Malone (Scott Anderson) ficèle les derniers détails de l’attaque du fourgon qui provoquera l’évasion de Clay (Ron Perlman).

L’attaque se fait avec une majorité de Sons, Jax (Charlie Hunnam), Tig (Kim Coates), Chibs (Tommy Flanagan), Bobby (Mark Boone Jr) et Juice (Théo Rossi) face à des effectifs de police étonnamment dégarnis.

Clay est libéré mais Bobby blessé à l’épaule par un tir doit être évacué en urgence.

En planque avec Eli Roosevelt (Rockmond Dunbar) et une quarantaine d’hommes à coté d‘un entrepôt vide, Pounder (Tyne Patterson) comprend que l’a berné pour dégager la voie pour la libération de Clay.

Folle de rage, la procureur se rabat sur Tara (Maggie Stiff) elle-même sollicitée par Gemma (Katey Sagal) pour sauver la vie de Bobby mal en point après l’attaque.

Dans un hangar discret d’un aéroport privé, Clay retrouve Galen O’Shay (Timothy V Murphy) et pense être évacué avec l’Irlande pour gérer à distance le business d’armes.

Mais Jax, Chibs et Tig surprennent tout le monde en tuant froidement O’Shay et ses hommes…puis après un temps d’arrêt Clay lui-même, ce qui ne laisse pas Gemma venue avec Nero Padilla (Jimmy Smits) totalement indifférente.

Jax attend ensuite l’arrivée de Maone, le met devant le fait accompli de la mort de son supérieur et le contraint à accréditer sa version d’une fusillade entre Clay et O’Shay pour prendre la place de ce dernier au sein de l’IRA qui devra se contenter de continuer le trafic avec August Marks (Billy Brown) sous peine de le perdre au profit du gang asiatique des Lin.

Tara reste insensible à la mort de Clay qui avait tenté lui-même de la faire assassiner froidement.

La police est appelé sur les lieux du crime avec des armes judicieusement laissées par Jax pour impliquer l’IRA dans la tuerie de Jenkins, ce qui ne satisfait pas complètement la revancharde Pounder.

Tara rencontre la procureur à l’hôpital qui lui propose l’immunité pour le meurtre des Toric et une protection policière pour elle et ses enfants, en échange d’une preuve irréfutable de l’implication des Sons dans le trafic d’armes et la tuerie de Jenkins.

Après avoir soigné Bobby, Tara récupère la balle avec son ADN.

Tara reste seule avec la balle, alors que Jax pense en avoir fini avec l’IRA et le trafic d’armes, pour se concentrer sur son business d’escort girls avec Padilla.

En conclusion, « Sons of anarchy, saison 6, épisode 11 » contient un moment clé dans la série, la mort de Clay Morrow, personnage central et membre de la Sainte Trinité de la série aux cotés de Jax et Gemma.

Cette mort tout comme la trop facile attaque du fourgon, apparait surprenante et presque décevante, tant Clay faisait figure de figure tutélaire et légendaire depuis les tous premiers épisodes.

Alors certes, un zeste de suspens reste de mise avec les états d’âmes de Tara avec le spectre d’une trahison au profit de la lutte à distance avec la tenace procureur Pounder…

Mais cela sera-t-il suffisant pour terminer en force la saison 6 ? On peut en douter !

So long Clay…

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8 mai 2016 7 08 /05 /mai /2016 20:40
Virtuel mon amour, penser, aimer souffrir à l'ère des nouvelles technologies (Serge Tisseron)

Sorti en 2008, « Virtuel mon amour, penser, aimer, souffrir à l'ère des nouvelles technologies » est un ouvrage du psychiatre Serge Tisseron.

Ce court ouvrage construit en quatre parties débute par un récapitulatif de l’intégration progressive du virtuel dans nos vies, en commençant pas la l’apparition du téléphone fixe et de la télévsiion dans les années 60 créateur de nouvelles attentes s’affranchissant de la distance, puis du téléphone portable dans les années 90, permettant de créer l’illusion d’un contact permanent (voir dans certain d’un contrôle permanent) d’avec nos proches.

Les mondes virtuels crées par l’informatique répondent à un désir de recherche d’identité notamment par le biais des blogs, puis par l’invention de personnages produits de nos fantasmes par celui des jeux vidéos.

C’est ainsi que Second life et World of warcraft font servir de support quasi permanents au propos de l’ouvrage et à un degré moindre Ebay et le principe de ses enchères numériques sur des objets dématérialisées.

L’arrivée du virtuel a aussi changé le mode opératoire des rencontres amoureuses, avec Meetic le site le plus emblématique de relations via à Internet, site aujourd’hui férocement concurrencé.

Le piège de ses technologies est bien entendu de se complaire dans ses espaces quasi infinis au motif que la réalité sera fatalement plus décevante et de rester scotché dans le cyber monde en se coupant du réel.

On peut donc développer à loisir de multiples relations (amicales ou amoureuses) à distance en bénéficiant de facultés d’une richesse démultipliée et d’un sentiment d’appartenance à des communautés censées nous représenter.

L’autre conséquence majeure de l’irruption du virtuel est la modification des rapports au temps et à l’espace avec l’impression d’une connaissance globale mais superficielle applicable sur tous les sujets.

Bien entendu les adolescents sont les plus amènes de s’immerger complètement dans ces univers surtout lorsqu’il s’agit de combler des difficultés familiales ou relationnelles.

La notion de cellule familiale traditionnelle disparait donc peu à peu au profit d’un « famille virtuelle » plus vaste ou les maitres des jeux peuvent remplacer les parents.

Le psychiatre prend ensuite le relai pour dispenser ses conseils aux parents en leur demandant de ne pas mépriser ou ignorer les jeux vidéos dans lesquelles se plongent leurs enfants mais de s’y intéresser afin d’en comprendre les subtilités et ainsi de maintenir une communication qui peut s’avérer essentielle dans la construction de leur relation.

Ce lien peut ainsi par exemple permettre de comprendre les angoisses d’un adolescent passant tout son temps derrière un ordinateur et se désocialisant peu à peu.

Loin de fustiger les jeux vidéos, Tisserand en souligne la créativité et le coté incroyablement séducteur notamment par le biais d’avatars pouvant donner une image plus valorisante voir idéalisée de soi-même.

Ainsi donc la présentation de l’analyse de plusieurs exemples de créations d’avatars permet de mieux comprendre les souffrances de certaines personnes par exemple touchées par des d’abandons, des deuils ou des viols.

En conclusion, « Virtuel mon amour, penser, aimer, souffrir à l'ère des nouvelles technologies » est un ouvrage louable d’un point de vue pédagogique mais assez ennuyeux dans son message de tolérance face à l’irruption massive du monde virtuel (ordinateur et maintenant téléphones) dans nos vies.

Semblant séduit par la créativité et la richesse des jeux vidéos les plus aboutis, Tisseron tente de briser la vision plus négative que peuvent avoir les adultes et les encourage à s’y intéresser pour ne pas perdre le contact avec leurs enfants et également mieux comprendre des dérives comportementales.

On ressort de ce livre en ayant le sentiment que le pouvoir terriblement additif des nouvelles technologies n’est pas suffisamment pris en compte mais on peut également penser que depuis 2008 la situation s’est encore grandement détériorée par le fait que la plupart des habitants des pays occidentaux sont déjà complètement asservis à leurs téléphones portables et que les sites de propagandes islamistes utilisent de manière massive les réseaux sociaux pour diffuser leurs messages et recruter…

Pour ma part je reste fidèle au principe suivant que la technologie n’est utile à l’homme que si elle est à son service… et non l’inverse, principe qui semble t il à de moins en moins court aujourd’hui d’où la dangerosité des addictions !

Virtuel mon amour, penser, aimer souffrir à l'ère des nouvelles technologies (Serge Tisseron)
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4 mai 2016 3 04 /05 /mai /2016 20:41
Gone baby gone (Ben Affleck)

Cycle Ben Affleck avec « Gone baby gone » première de ses réalisations sortie en 2007.

Adapté d’un difficile roman de Denis Lehane qui avait déjà inspiré Clint Eastwood pour traiter d’un sujet similaire pour « Mystic river », « Gone baby gone » se déroule à Boston ou une enfant nommé Amanda Mc Cready (Madeline O‘Brien) est enlevée.

Lionel (Titus Welliver) et Béatrice Mc Cready (Amy Madigan), l’oncle et la tante de l‘enfant, décident pour maximiser les chances de la retrouver font appel à un couple de détectives privés de la ville, Patrick Mac Kenzie (Casey Affleck) et Annie Gennaro (Michelle Monaghan) en espérant que leurs contacts dans les quartiers mal famés de la ville pourront les aider à faire avancer l’enquête.

Le couple hésite en découvrant Helen Mc Cready (Amy Ryan) la mère de l’enfant, une femme agressive ne supportant pas l’initiative de son frère mais accepte finalement cette lourde responsabilité.

Avec un certain culot, ils se rendent dans un bar ou Helen a ses habitudes et recueillent les confidences d‘un habitué Lenny (Brian Scannel), qui leur confirme la toxicomanie et l’irresponsabilité d’Helen et de son petit ami un certain Ray.

Patrick est obligé de sortir une arme pour sortir du bar et échapper aux clients de plus en plus menaçants vis-à-vis de leurs questions.

Il fait alors jouer ses contacts, notamment Bubba Rogoski (Slaine) un dealer de la ville qui le met sur la piste d’un rival haïtien nommé Cheese (Edi Gathegi) principal fournisseur d’Helen à qui elle aurait volé de l’argent avec son petit ami Ray Likanski (Sean Malone).

Ces informations transmises à la police font accepter le couple aux enquêteurs le sergent Remy Bressant (Ed Harris) et son associé Nick Pole (John Ashton) travaillant tous les deux sous les ordres du capitaine Angie Gennaro (Morgan Freeman).

Suspectant Cheese d’avoir tué Ray et fait enlever Amanda pour avoir son argent, Patrick et Annie tentent de parlementer avec lui mais se heurtent à un mur de surcroit particulièrement menaçant.

Malgré ses bravades, le dealer accepte de rendre l’enfant si on lui rend son argent et donne rendez vous au couple dans une carrière désaffectée partiellement inondée.

Mais malgré la présence de la police, l’échange tourne mal, Cheese est abattu et le corps d’Amanda jeté dans l’eau non retrouvé.

Déçu, Gennaro annonce la clôture de l’enquête et par la même occasion sa démission de la police.

Lorsqu’un nouvel enfant est enlevé, Patrick aidé par Rogoski trouve la piste d’un trio de pédophiles les Trett, Roberta (Trudi Goodman), Léon (Marl Margolis) et Corwin Earl (Matthew Maher) et donne une information cruciale à Remy et Nick pour intervenir.

Malheureusement l’intervention tourne court, Nick est mortellement blessé et Patrick doit alors lui-même entrer dans la baraque pour découvrir l’enfant tué.

Pris de rage, il abat le tueur-violeur Earl mais est finalement considéré comme un héros pour cet acte, recevant au passages les félicitations et certaines confidences embarrassantes de Remy.

Après l’enterrement de Nick, Patrick interroge le policier Devin (Kevin K Williams), qui confirme ses doute sur la position ambigüe de Remy dans cette affaire.

En creusant la question Patrick découvre que Remy connaissait Ray qui était un indicateur de la police.

Son enquête lui permet de trouver le maillon faible de l’histoire, Lionel qui ayant une dette auprès de Remy après une vilaine bagarre, avoue avoir enlevé Amanda avec sa complicité pour récupérer l’argent volé par Helene et Ray.

Le coté bon garçon de Lionel se fissurant, Remy fait irruption armé dans un bar afin de le tuer mais est mortellement blessé par un tir de défense du barman.

Patrick le poursuit sur les toits et assiste à son agonie…

Plus tard son instinct le pousse à rendre visite à Gennaro et à constater que l’ex flic élève Amanda que Remy lui avait confié pour lui offrir un avenir meilleur.

Après un débat philosophique sur l’avenir de la gamine, Patrick se montre inflexible et livre Gennaro à la police pour l’enlèvement avec complicité de Lionel.

Annie qui était plutôt d’avis de laisser Amanda à Gennaro pour qu’il l’élève loin des histoires de toxicomanes, quitte en retour Patrick qui se retrouve à prendre soin d’elle aux cotés d’Hélène apparemment remise en selle par cette aventure…

En conclusion, accueilli par une pluie de récompenses, « Gone baby gone » est un film incroyablement tordu au scénario plus que bancal surfant de surcroit sur un thème particulièrement abject : l’enlèvement et le viol d’enfants.

Sorti ce défaut majeur, « Gone baby gone » offre le premier rôle à Casey Affleck, un acteur au physique de boys band assez peu crédible pour un enquêteur proche des bas fonds de Boston et montre un Titus Welliver affublé d’une énorme et ridicule moustache devant laquelle il est difficile de ne pas rire.

Les autres personnages sont caricaturaux en diable entre dealers roulant des mécaniques, affreux pédophiles vivant comme des porcs et la gentille petite copine-potiche que le héros trimballe partout.

Et ce ne sont pas les vieux routiers de Freeman et Harris qui parviendront à sauver la mise de ce film malsain et plus que poussif.
A fuir donc pour moi…

Gone baby gone (Ben Affleck)
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3 mai 2016 2 03 /05 /mai /2016 22:02
Super-héros, une histoire française (Xavier Fournier)

Sorti en 2014, « Super-héros, une histoire française » est un colossal ouvrage du spécialiste Xavier Fournier.

Le point de vue adopté ici est de montrer les particularités françaises d’un genre généralement dévolu aux Américains, considérés à juste titre comme les maitres du genre.

Se déroulant de manière chronologique, « Super-héros, une histoire française » traite tout d’abord des personnages atypiques du XIX ième siècle comme François Picaud ou Eugène François Vidocq, qui s’inventèrent plusieurs identités pour assouvir un besoin compulsif de revanche sociale voir de vengeance sur leurs ennemis.

Mais si Eugène Sue et ses « Mystère de Paris » sont également cités, le précurseur en la matière demeure le Comte de Monte-Cristo, créature maudite des romans d’Honoré de Balzac qui fascine depuis des années les lecteurs français avec son masque de fer et ses trépidantes aventures.

Moins connu est Rocambole personnage lui aussi ambigu adeptes des déguisements tel un Arsène Lupin plus sombre crée par Pierre Alexis Ponson du Terrail, qui laissera malgré tout un adjectif dans la langue française.

Victor Hugo avec « L’homme qui rit », son Jean Valjean des « Misérables ou meme Jules Verne avec le Capitaine Némo de « Vingt mille lieues sous les mers » et « Robur le conquérant » rentrent aussi au chausse pied dans la catégorie des créateurs de surhommes…

Pour accréditer sa thèse, Fournier exhume plusieurs faits divers de personnages masqués du XIX ième siècle : amazones du Bois de Boulogne, baigneuses ou catcheur qui fascinèrent les opinions publiques et les journalistes.

L’inquiétant Fantomas crée par Pierre Souvestre et Marcel Alain en 1911 est en réalité à mille lieues de l’incarnation comique des films d’André Hunebelle dans les années 60 mais un authentique génie du mal opposé à un commissaire (Juve) aux capacités dignes de Sherlock Holmes.

Fort de son immense succès, Fantomas sera souvent imité notamment par son jumeau justicier Judex d’Arthur Bénède.

L’intérêt pour le surnaturel de Jean de la Hire aboutit à la création de galeries de super héros avant l’heure dont le plus connu est le Nyctalope, sorte de précurseur français de Batman tout comme l’Homme truqué de Jean Lebris peut être considéré comme un ancêtre de 1918 de Daredevil.

En 1940, Seconde guerre mondiale oblige, la production se fait moins subtile et avec de mauvaises copies des super héros américains comme François Imbattable, minable doublure de Superman ou un virage collaborationniste du Nyctalope en raison des sympathies pétainistes de son auteur.

Le grand héros de l’après guerre est Fantax musculeux et ambigu athlète aux faux airs de Batman crée par Marcel Navarro et Pierre Mouchot créateurs de la maison d‘édition S.A.G.E, qui comptera un nombre important de fans avant de sombrer dans l’oubli à la fin des années 50.

L’influence des western se fait sentir sur Big Bill le Casseur, celui des surhommes sur Salvator, Satanax avant un virage plus politiquement correct pour plaire à la censure en présentant des héros non masqués aux actions dénuées d’ambigüités : Mister X, le Chat (Michel Denys) ou Fulguros (Brantonne/Claude Ascain).

Dans les années 60, la science fiction tire son épingle du jeu avec Atome kid, Super boy (Robert Bagage), Tenax et Lord justice (Roger Lecureux).

Si le coté frondeur des Français s’exprimera dans les années 70 avec Superdupont parodie franchouillarde de Superman/Captain america de Jacques Lob et Marcel Gotlib, les maisons d’éditions Arédit-Artima et Lug contribuèrent dans les années 80 à diffuser en parallèle des comics américains aujourd’hui mondialement connus, d’autres super héros « made in France » comme le super trio microscopique de Mirkos (Jean-Yves Mitton), le maitre de la lumière Photonik (Arnt Cyrus Tota) ou le moins connu indien Ozark au travers de revues comme Futura, Fantask, Mustang ou Titans.

Plus proches de nous dans les années 2000-2010, certains auteurs tentèrent de belles réappropriations comme la série des héros de 1914-1918 des Sentinelles (Serge Lehman/Fabrice Colin/Gess), l’amazone Hoplitea (Roncevaux/Marti), le cosmonaute Patrouilleur (Pierre Minne) ou le plus étonnant car patriotique Garde républicain (Thierry Mornet), bien loin du semi-parodique Hero corp de Simon Astier et Alban Lenoir.

En conclusion, hyper complet et passionnant, « Super-héros, une histoire française » est une véritable anthologie qui m’a appris beaucoup de choses, notamment que les États-Unis n’avaient pas le monopole de la créativité dans le monde des comic books.

Ayant surtout une valeur historique autour de personnages aujourd’hui oubliés mais parfois encore présents dans notre inconscient collectif (voir Fantomas), « Super-héros, une histoire française » a également pour principale vertu de mettre en valeur des auteurs et maisons d’éditions courageuses qui jouant avec les codes de la censure les publièrent en leur temps.

Rien que pour rendre hommage à la S.A.G.E, Arédit-Artima ou Lug… je ne peux que recommander la lecture de cet ouvrage magnifique qui ne pourra que plaire aux passionnés de bandes dessinées !

Super-héros, une histoire française (Xavier Fournier)
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3 mai 2016 2 03 /05 /mai /2016 13:01
The machinist (Brad Anderson)

Grand acteur, Christian Bale tourne en 2005 « The machinist » pour Brad Anderson.

Dans ce film atypique, Trevor Reznik (Christian Bale) est un ouvrier mécanicien travaillant dans une usine près de Los Angeles.

Terriblement amaigri depuis quelques mois, il est l’objet d’inquiétude de ses collègues chambreurs notamment Jones (Reg E Cathey) et de sa hiérarchie, le teigneux contremaitre Furman (Robert Long) et le directeur de l‘usine Gonzalez (Ferran Lahoz), qui le croient malade ou toxicomane.

Mais Trevor nie être en mauvaise santé et mène une vie solitaire dans son minable appartement, uniquement égayée par les visites à la prostituée Stevie (Jennifer Jason Leigh) avec qui il entretient une relation suivie et Maria (Aitana Sanchez-Gijon), une serveuse de l’aéroport chez qui il va diner tous les soirs.

Un jour un terrible accident éclate sur la chaine, causant la perte du bras de son collègue Miller (Michael Ironside) principalement à cause d’une négligence de Trevor qui devait surveiller la machine en cours de réglage.

Lors de son audition, Trevor indique la présence d’un autre ouvrier fondeur Ivan (John Sharian) alors que l’homme, un costaud au crane chauve est inconnu des membres du personnel.

Dès lors, vivant sous la pression de ses collègues méfiants à son égard, Trevor est progressivement mis à l’écart ou sur la défensive.

Ivan continue de hanter sa vie, laissant de petits rébus de papier sur son réfrigérateur en son absence ou le narguant dans sa voiture de sport rouge.

Le fait de sortir avec Maria n’arrange pas les choses, puisqu’en amenant son fils à la fête foraine, le jeune garçon épileptique fait une crise dans un train fantôme particulièrement macabre.

Insomniaque et paranoïaque, Trevor va peu à peu se mettre à soupçonner tout le monde, notamment son collègue le ventripotent Tucker (Craig Stevenson) qu’il croit voir sur une photo de retour de pêche avec Ivan.

Un nouvel incident éclate dans l’usine après que Trevor une nouvelle fois négligent manque lui aussi de perdre un bras.

Soupçonneux, Trevor provoque ensuite une bagarre avec Jones et finit par se faire licencier par Furman, excédé par son conduite.

Il se rend ensuite chez Miller, qui bien que non rancunier par rapport à l’accident finit par le jeter dehors lorsqu’il commence à faire des allusions folle sur un éventuel complot avec Ivan.

L’avenir s’assombrit grandement pour Trevor qui finit par se faire exclure de chez Stevie qui avait pourtant comme projet d’arrêter la prostitution pour se mettre en ménage avec lui.

Obsédé par Ivan, il le course dans son vieux pickup et lorsqu’il porte plainte contre lui pour s’être fait renverser, découvre que la voiture de son persécuteur est sa propre voiture !

La situation s’empire lorsque Trevor fuyant la police, finit par égorger Ivan dans sa salle de bain, puis découvre que son frigo suinte le sang… de restes de poisson !

Voulant se débarrasser du corps dans la mer, Trevor s’aperçoit qu’il n’a tué personne, que Maria n’existe pas…

Il prend alors la décision subite de quitter son logement pour quitter la ville via l’aéroport mais bifurque finalement au dernier moment pour se rendre à la police qui l’interne dans un état critique…

En conclusion, « The machinist » est une œuvre atypique, complètement folle et dérangeante offrant à Christian Bale le meilleur rôle de sa carrière ou en tout cas le plus impressionnant, tant l’acteur plutôt musculeux notamment dans les Batman présente ici un aspect décharné le faisant ressembler à un malade en phase terminale ou un rescapé d’un camp de concentration.

Faisant penser à du David Lynch au meilleur de sa forme par l’usage de flash back et l’enchevêtrement de rêves/hallucinations schizophréniques avec réalité, « The machinist » ne traite ni plus ni moins pour moi que de la folie, de la maladie, qui isole et asphyxie progressivement jusqu’à la mort.

Ce film sombre et étouffant est donc particulièrement déconseillés aux âmes sensibles !

The machinist (Brad Anderson)
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