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2 octobre 2016 7 02 /10 /octobre /2016 21:50
Two days in New-York (Julie Delpy)

Univers plus léger et féminin avec « Two days in New-York » de Julie Delpy.

Sorti en 2012, « Two days in New-York » raconte le bouleversement du couple moderne formé de Marion (Julie Delpy) et Mingus (Chris Carter) avec l’arrivée de la famille française de la première.

Quasi quadragénaires, séparés et avec enfants, Marion et Mingus sont également de pays et de couleurs différents : l’une est française et blanche, l’autre américain et noir.

Mingus découvre avec stupéfaction l’ouragan qui s’abat sur leur petit appartement new-yorkais avec l’arrivée de Jeannot (Albert Delpy) le père fraichement veuf, un vieil ours sans gène adepte de pinard, sexe et saucisson, Rose (Alexia Landeau) la sœur vicieuse et méchante, son boy friend Manu (Alex Nahon) un paumé de première catégorie venu s’incruster…

La guerre éclate rapidement avec Rose, qui jalouse sa sœur, provoque Mingus en se baladant dévêtue dans l’appartement.

Jeannot lui est ingérable quant à Manu, non content d’accumuler tous les clichés possibles sur les noirs américains, il ne trouve rien de mieux à faire que de faire venir un dealer lui livrer son herbe devant les enfants médusés.

Le couple Manu-Rose demeure malgré les remontrances de Mingus rapidement à bout, aussi ingérable que le reste de la bande… et provoque un conflit avec Bella (Kate Burton) une voisine après avoir fumé des joints dans l’ascenseur.

A cran, Marion invente une histoire de cancer pour attendrir l’acariâtre voisine qui les menace d’expulsion.

Cette histoire se retourne contre elle lorsque Ron (Dylan Baker) le mari médecin de Bella vient à son chevet pour l’aider à trouver un meilleur traitement.

Soumis à pareille pression à manque d‘intimité, le couple a du mal à faire face d’autant plus que Marion est effectivement soumises à de nombreux malaises.

Mingus évacue la tension à l’aide de son émission radio qu’il anime avec talent et avec des monologues avec une réplique de Barrack Obama, son idole/modèle.

Fort heureusement Manu est expulsé par la police pour avoir voulu acheter de la drogue près d’un commissariat et Marion peut se concentrer sur son exposition photo cruciale pour sa carrière artistique et financière.

Malheureusement l’exposition est échec, mis à part la vente symbolique de son âme achetée par un anonyme.

Mais contre toute attente, le coté morbide de la situation de santé Marion séduit au final les acheteurs qui la croient condamnée à mort.

Après une dispute surréaliste avec l’acheteur de son âme, l'acteur Vincent Gallo lui-même, Marion, commet un acte fou en grimpant sur le toit d’un château de Central park afin d’aider un pigeon à s’envoler.

Mingus qui a découvert qu’elle était en réalité enceinte de lui, court à sa poursuite et la sauve in extremis d’une chute mortelle…

Tout se termine alors en happy end avec une nouvelle naissance dans la famille et Rose qui découvre l’amour avec un policier américain…

En conclusion, « Two days in New-York » est un film léger et rythmé mais aussi incroyablement exagéré jouant à fond la carte des clichés sur les français, représentés de manière bien peu flatteuse : malpolis, beaufs, râleurs, arrogants, sales et trop libérés sexuellement.

La bonne surprise du film reste Chris Tucker véritablement excellent de justesse en mari tolérant soumis à rude épreuve…

Certains trouveront peut être cela too much avec ce couple mixte urbain vivant parfaitement ses importantes différences raciales et culturelles pour déboucher sur un happy end… mais le film de Delpy a pour lui son rythme enlevé, une certaine fraicheur et le cadre toujours plaisant de New-York, ce qui suffit pour moi à lui accorder une moyenne honorable...pour une comédie française.

Two days in New-York (Julie Delpy)
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2 octobre 2016 7 02 /10 /octobre /2016 08:47
Daredevil, saison 1, épisode 9 (Steven S Deknight, Drew Goddard)

« Daredevil, saison 1, épisode 9 » commence par un violent affrontement entre Daredevil (Charlie Cox) et un ninja armé d’une chaine.

Après ceci, le quatuor infernal Murdock-Nelson (Elden Henson)-Page (Deborah Ann Woll) -Urich (Vondie Curtis Hall) réfléchit au meilleur moyen de trouver une faille dans le système mis en place par Wilson Fisk (Vincent D’Onofrio).

Mais le puissant mafieux semble à chaque fois avoir pris ses précautions, utilisant de multiples sociétés écrans dirigés par des intermédiaires intouchables comme Osley (Bob Gunton), Wesley (Toby Leonard Moore) ou Tilly.

En désespoir de cause, Murdock décide de trouver Vanessa Marianna (Ayelet Zurer) la femme étant apparue à ses cotés au cours de son intervention publique

Il se fait passer pour un acheteur potentiel d’une des couteuses toiles de la marchande d’art mais ce stratagème fondé sur la séduction ne fait pas long feu lorsque Fisk surgit et entame un dialogue frontal avec ce petit avocat qui se dresse contre lui dans l’affaire de l’expropriation d’Elena Cardenas (Judith Delgado).

Murdock bat alors en retraite et prend conseil auprès du père Lantom (Peter Mc Robbie) son confident de toujours qui connaissait si bien son père, Battlin Jack (John Patrick Hayden).

Murdock sait que l’unique espoir d’atteindre Fisk est alors d’utiliser Daredevil mais assassiner un homme lui pose un cas de conscience délicat.

Le meurtre brutal de Cardenas change pourtant la donne et le force à traquer impitoyablement le meurtrier un minable junky payé par Fisk.

Remontant la piste, Daredevil tombe alors sur le ninja, en réalité, Nobu (Peter Shinkoda) en personne qui se révèle un redoutable expert en arts martiaux.

Le chef de la mafia japonaise a en effet passé un accord avec Fisk pour éliminer lui-même Daredevil en échange d’une part importante du programme immobilier d’Union allied une fois les embarrassants locataires expulsés.

Le combat entre les deux surhommes est terrible.

Surclassé par ce tueur maniant à merveille une chaine destructrice, Daredevil réussit malgré de sévère blessures à enflammer la pièce et à bruler sévèrement son adversaire.

Fisk et Wesley apparaissent alors pour l’achever mais le héros parvient à s’échapper en un sursaut qui le fait plonger dans une rivière.

Fisk laisse Nobu, son exigeant associé bruler tandis que Wesley tente de le rassurer sur la maitrise de la situation avec toutes les forces de police contre Daredevil et la traque d’Hoffman (Daryl Edwards), le flic ripoux en fuite après son faux témoignage pour le meurtre de Blake (Chris Tardio).

En pleine nuit, Foggy inquiet de ne pas pouvoir joindre Murdock pénètre dans son appartement et trouve Daredevil blessé et inconscient à terre.

Il fait le lien entre les deux hommes…

En conclusion, « Daredevil, saison 1, épisode 9 » monte d’un cran avec cette fois un affrontement direct entre Daredevil et le Caïd, en nette défaveur du justicier qui si il triomphe du ninja Nobu en paye le prix fort et perd de surcroit sa double identité auprès de son ami Foggy.

Le Caïd apparait encore une fois largement dominant dans le jeu avec son système quasi inattaquable et ses stratégies à tiroirs jouant sur les faiblesses de ses ennemis, comme la sensibilité de Daredevil auprès des faibles pour les abattre.

Un neuvième épisode intense donc avec un justicier solitaire plus démuni que jamais face à la puissance de l’argent et du crime !

Daredevil, saison 1, épisode 9 (Steven S Deknight, Drew Goddard)
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1 octobre 2016 6 01 /10 /octobre /2016 20:09
Furtif (Rob Cohen)

En 2005, Rob Cohen spécialiste des films d’actions purs et durs sort « Furtif ».

Dans un futur proche, 2020, l’armée américaine décide d’utiliser un prototype d’avion de combat automatisé dans une escadrille de trois pilotes d’élite de l’aéronavale : Ben Gannon (Josh Lucas), Kara Wade (Jessica Biel) et Henry Purcell (Jamie Foxx).

Tout d’abord étonnés, les trois pilotes de chasseurs F/A-37 acceptent de faire équipe avec l’Extreme Deep Invader, projet mené par le capitaine George Cummings (Sam Sheppard) en utilisant le porte avion Abraham Lincoln commandé par le capitaine Dick Marshield (Joe Morton).

Doué de parole et d’une intelligence artificielle lui faisant mémoriser les manœuvres aériennes de ses copilotes, EDI fait des miracles dans la première mission qui lui est assignée en utilisant une manœuvre audacieuse aboutissant à la destruction d’un immeuble blindé à Rangoon ou se terrait des terroristes.

Au retour de la mission, l’escadrille est frappée par la foudre qui altère les programmes du drone.

Dès lors son comportement se montre inquiétant puis déviant lors d’une seconde mission à haut risque au Tadjikistan pour détruire des têtes nucléaires potentiellement pointées sur les Etats-Unis.

Malgré les réserves de Gannon, qui refuse de bombarder une zone proche d’un village, EDI fonce et attaque seul la forteresse ou sont entreposés les missiles.

Il fait un carnage et oblige les autres avions à y participer puis prend la fuite.

Pris en chasse, EDI manœuvre pour faire tuer Henry qui cherchait simplement à le raisonner plutôt qu’à l’abattre.

Touchée également, Kara voit son avion se disloquer dangereusement et doit s’éjecter au dessus de la Corée du nord.

Après une chute libre vertigineuse, elle tombe en plein territoire ennemi.

Cummings voit ses plans se compliquer et une menace de grave crise diplomatique avec la Russie se profiler puisqu’EDI fonce vers une base fictive de Sibérie qu’il croit devoir détruire.

Il fait alors appel au concepteur de l’intelligence d’EDI, le scientifique Keith Orbit (Richard Roxburgh) pour qu’il vienne reprogrammer sa création.

Alors que Kara blessée lutte pour sa survie en Corée face à des militaires à ses trousses, Ben se lance à la poursuite d’EDI et se heurte à deux chasseurs russes.

A sa grande surprise, EDI l’aide à détruire les deux chasseurs russes mais endommagé durant le combat accepte d’écouter les ordres de repli que lui donne son leader.

Après un survol du lac Baïkal, les deux avions se posent en Alaska ou ils sont accueillis par une équipe de mercenaires à la solde de Cummings.

Blessé et méfiant, Ben repousse une piqure fatale d’un médecin et prend une arme pour combattre les mercenaires.

Il libère Orbit mal embarqué après avoir reconnu ne pas pouvoir reprogrammer EDI et effacer ses données de missions.

Après une énorme fusillade, Ben monte dans EDI et liquide avec la puissance de feu du chasseur les tueurs.

A bord du drone, il prend la décision de secourir Kara et la repêche in extremis près de la frontière avec la Corée du sud alors que les militaires nord coréens se massent autour d’elle.

Avant de plonger vers cette mission risquée, il transmet les données d’EDI au capitaine Marshield.

Se sachant condamné, Cummings préfère alors se suicider.

Au sol, pris sous le feu de l’ennemi, Ben et Kara sont de manière surprenante, secourus par EDI qui se s’autodétruit pour éliminer un hélicoptère nord coréen menaçant.

Au final, Henry est enterré avec les honneurs militaires de la Navy et Ben/Kara peuvent donner libre cours à la leur amour.

En conclusion, « Furtif » est un film de science fiction avant-gardiste qui brille surtout par ses scènes de combats aériens ultra spectaculaires…

On pourra lui objecter son scénario simple et ses personnages superficiels mais ceci au final n’est pas rédhibitoire compte tenu de ses qualités intrinsèques de films d’action.

Plus que par ses scènes d’actions ultra efficaces, « Furtif » reste aujourd’hui une référence en raison de son approche original des drones de combat échappant à tout contrôle pour se retourner contre leurs créateurs, un réflexion aujourd’hui toujours d’actualité puisqu’actuellement aucun drone militaire n’est encore complètement automatisé !

Furtif (Rob Cohen)
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27 septembre 2016 2 27 /09 /septembre /2016 20:20
Soumission (Michel Houellebecq)

En janvier 2015 en pleine vague d’attentats Charlie hebdo/Hyper casher qui sort la France de sa torpeur, sort « Soumission », Michel Houellebecq qui annule dans la foulée sa tournée promotionnelle.

Plus d’un an après dans contexte toujours aussi crispé autour de l’intégration de l’Islam et des attentats en France, j’ai eu l’envie de lire cet ouvrage qui fit tant parler…et vendre.

Nous sommes en France en 2022 et François un professeur de lettres à la Sorbonne vieillissant dont l’unique moment de joie semble avoir été la publication d’une thèse universitaire appréciée sur l’écrivain Joris-Karl Huysmans se laisse glisser dans une vie de célibataire seulement égayée par quelques conquêtes étudiantes renouvelées chaque année, dont Myriam dernière jeune maitresse en date.

Malgré son détachement et un profond nihilisme, il s’intéresse à l’élection présidentielle qui se prépare sous un climat de haute tension entre militants identitaires de l’extrême droite et musulmans dont l’influence va grandissante.

Assez curieusement alors que des affrontements entre bandes armées ont lieu en plein cœur de Paris, les médias traditionnels n’en parlent pas préférant se centrer sur le débat politique âpre entre les candidats.

Mohamed Ben Abbes leader d’un parti musulman modéré appelé la Fraternité musulmane, ressort vainqueur du clivage droite-gauche classique entre une UMP de François Coppé dépassée et un PS de Manuel Valls rongé de l’intérieur pour affronter Marine Lepen ultime représentante de valeur chrétiennes et nationalistes.

Malgré sa position dite neutre en plein cœur de 13 ieme arrondissement, quartier asiatique imperméable aux influences islamiques, François prend la fuite en 4x4 vers le sud ouest ou il contemple à Rocamadour les merveilles passés de la civilisation chrétienne, médite fugacement sur Charles Martel avant de se laisser convaincre par le mari d’une collègue travaillant à la DGSI que le déclin de l’Occident au profit de l’Islam est inéluctable.

Le résultat montre en effet, l’habile Ben Abbes sortir vainqueur au second tour en s’alliant avec le PS et des parties centristes en perte de vitesse comme le Modem de François Bayrou.

Dès lors la France devient par la voie des urnes un pays musulman.

Les réformes de l’éducation deviennent une priorité, les études supérieures sont interdites aux femmes et la Sorbonne devient une université islamique dirigée par Robert Rédiger, fraichement converti à l’Islam après un passage à l’extrême droite.

François convaincu par le discours de l’ex de la DGSI que l‘arrivée d‘un Islam modéré est la meilleur chose qui puisse arriver à la France décadente, revient finalement piteusement à Chinatown, pour découvrir qu’il est mis précocement à la retraite en touchant une solde suffisante pour vivre confortablement sans travailler.

Il refuse de suivre Myriam, qui juive va suivre ses parents en Israël et met ainsi de fait fin à leur relation emplie de tendresse.

Après quelques errances sexuelles avec des escortes rencontrées sur Internet, de sombres considérations sur le sujet de sa thèse et la vacuité de son existence, François se laisse doucement glisser dans son nihilisme.

Ben Abbes qui a nommé l’opportuniste et stupide Bayrou comme premier ministre, se montre un habile réformateur ayant en apparence miraculeusement résolu tous les problèmes de la France : disparition du chômage par la sortie des femmes de la vie active, sécurité dans les banlieues et surtout grand projet impérial en faisant entrée des pays arabes au sein de l’Europe afin d’en élargir la puissance.

Les capitaux venant des pétromonarchies du Moyen-Orient finissent de parachever le tableau pour financer les réformes et obtenir progressivement une conversion à l’Islam de la population.

Alors qu’il se dirige vers un potentiel suicide, François est contacté par Rédiger qui lui propose d’éditer Huysmans dans la collection de la pléiade.

Flatté dans son orgueil, le vieux professeur se laisse approcher puis peu à peu séduire par la fièvre de Rédiger, extatique devant les vertus de l’Islam.

Il va basculer non pas en raison d’une révélation spirituelle, ou d’un poste confortable à l’Université que lui fait miroiter Rédiger mais après avoir compris qu’en vertu de l’application des lois sur la polygamie il pourrait avoir trois épouses soumises et jeunes à sa disposition.

Dès lors sa conversion, tout comme celle de son modèle Huysmans au catholicisme en son temps est inéluctable et lui apporte paix et bonheur.

En conclusion, jouant sur un sujet de société ultra polémique, Houellebecq signe avec « Soumission » un roman étrange dont on ne sait si il est parcouru de sincères convictions, basé sur un second degré provocateur assez malsain ou tout simplement sur un fantasme de décadence tout aussi malsain mais assez récurrent dans tous ses livres.

La thèse principale repose en effet sur une énormité : un basculement rapide mais bien accepté car en douceur de la France, pays laïc et républicain dans un régime islamique dit modéré.

L’anesthésie des classes politiques, des médias, la faiblesse de toute opposition, notamment d’une révolte populaire ou des castes militaires détentrices de la force armée sont tout bonnement ahurissantes et en réalité peu crédibles.

Face au principe de réalité sanglante, on le voit bien avec la violence des attentats de Daesch à coté duquel l’auteur passe complètement a coté, l’auteur préfère se réfugier dans ce qu’il préfère l’exposé de théories intellectuelles fumeuses et orientées visant à justifier sa vision personnelle et tronquée du monde occidental centré sur la décadence provenant de la perte de repères spirituels et la destruction du modèle patriarcal familial.

Les fans de Houellebecq y trouveront le ton habituel de « looser » de l’auteur, son dégout pour lui-même, sa peur des femmes et sa fascination pour le sexe, seule raison valable de l’existence selon lui.

Difficile donc d’adhérer à un livre aussi défaitiste et minable sur le fond, minable comme un homme qui se soumet aux évènements sans combattre ou même essayer et qui sur la forme s’étend péniblement sur l’écrivain Huysmans, grand maitre du naturaliste beaucoup moins connu que Zola et Maupassant, qui comme l’auteur finit par se convertir à la religion dominante de son époque.

Un très mauvais Houellebecq donc racoleur en diable parfait pour filer le cafard en cette période de rentrée !

Soumission (Michel Houellebecq)
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25 septembre 2016 7 25 /09 /septembre /2016 20:42
Coluche, l'histoire d'un mec (Antoine de Caunes)

Coluche comme Louis de Funès est l’un des comiques français les plus populaires de l’histoire, aussi « Coluche, l’histoire d’un mec » d’Antoine de Caunes était très attendu en 2008.

Le réalisateur se focalise sur une période bien précise de la vie de l’humoriste à la veille des élections de 1981 ou Coluche (François-Xavier Demaison) qui fait salle comble chaque soir au théâtre du gymnase, se sent des velléités de candidats apolitique représentant les couches les plus pauvres de la population.

Soutenu par son manager Jacques Betruger (Olivier Gourmet) et par la bande d’amis avec laquelle il vit 24h/24 dans sa maison près du Parc Montsouris, Coluche décide finalement de jouer les troubles fêtes face aux poids lourds institutionnels de la gauche François Mitterrand et de la droite, Valery Giscard D’Estaing.

Rapidement sa gouaille et ses provocations séduisent les déçus de la politique et Coluche obtient les signatures des maires lui permettant de se présenter officiellement.

En dépit du soutien de ses copains motards qui forment une garde rapprochée autour de lui, la pression est énorme et derrière la carapace du comique commence à se fissurer.

Les dissensions éclatent certains, qui déçus de son alliance avec un mouvement de droite, le quittent mais aussi avec Véronique (Léa Drucker) sa femme qui prend également ses distances.

Placé sous protection policière après des menaces de mort d’un mouvement d’extrême droite et la mort par balles de son régisseur René (Albert Dray), Coluche est approché par Jacques Attali (Denis Podalydès) le conseiller de Mitterrand qui cherche à le rallier au Parti Socialiste.

Malgré les motos, les fêtes et le rock ‘n’ roll, Coluche sent que la situation lui échappe peu à peu lorsqu’il atteint les 17% de popularité et que tous les médias le blacklistent visiblement sous la pression des réseaux politiques de ses adversaires.

Pour protester il entame une grève de la faim en réalité factice et se plonge dans la cocaïne.

Furieux Betruger le pousse alors à se retirer et à assister en spectateur à la victoire historique de François Mitterrand aux élections de 1981.

Amer, le comique a un choc lorsqu’il observe un SDF chercher de la nourriture dans le parc…et décide ensuite de créer l’association des restaurants du cœur.

En conclusion, « Coluche, l’histoire d’un mec » est un film décevant montrant la vacuité d’une entreprise insensée ayant fini par dépasser son créateur.

Concentré sur la partie la plus politisée de la carrière de Coluche, « Coluche, l’histoire d’un mec » laisse de coté les origines, le passé et même le coté le plus intéressant pour moi artistique de Coluche comique inclassable, acteur populaire ou homme plus complexe, fragile et torturé ayant sombré dans la dépression et la drogue…

Peu d’intérêt donc au final pour ce film faible malgré la performance de François- Xavier Demaison métamorphosé pour le rôle…

Coluche, l'histoire d'un mec (Antoine de Caunes)
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24 septembre 2016 6 24 /09 /septembre /2016 09:13
Daredevil, saison 1, épisode 8 (Steven S Deknight, Drew Goddard)

« Daredevil, saison 1, épisode 8 » se concentre sur le passé de Wilson Fisk (Vincent D’Onofrio), qui enfant rondouillard a été soumis à la violence d’un père tyrannique et ambitieux Bill Fisk (Dominic Lombardozzi) qui n’hésitait pas à cogner ses opposants à sa candidature à la mairie ou se propre femme Marlene (Angela Reed), qu’il accusait de ses propres échecs.

Tiraillé par ses souvenirs déplaisants, Fisk doit également faire face au courroux de Nobu (Peter Shinkoda) furieux de la perte de l’enfant appelé Black sky.

Malmené, le caïd grassouillet fait profil bas à la grande surprise de son conseiller James Wesley (Toby Leonard Moore),

Madame Gao (Wai Ching Ho) l’autre grande figure du trafic de drogue New-Yorkais croit alors bon de le mettre en garde contre les dérives de son organisation qui lui déplaisent fortement et menace de l’écarter du jeu au profit de son comptable Leland Osley (Bob Gunton) lui aussi fraichement agressé par Daredevil (Charlie Cox)

Fisk a alors du mal à canaliser sa rage d’autant plus que le réveil de l’inspecteur Blake (Chris Tardio) finalement vivant après qu’il ait essayé de le tuer met potentiellement en péril sa structure.

Sous les conseils de Wesley, Fisk fait alors pression sur Hoffman (Daryl Edwards), le coéquipier de Blake pour déjouer la protection policière et le tuer à l’hôpital.

Malgré une vieille amitié, la peur et l’appât du gain sont plus forts pour Hoffman qui accepte finalement cette mission à haut risques.

Il se heurte pourtant à Daredevil qui ne pouvant empêcher la mort de Blake tente maladroitement de lui arracher des aveux sur l’implication de Fisk dans le crime organisé à New-York.

Sans preuves matérielles tangibles, Ben Urich (Vondie Curtis Hall) rechigne à écrire un article sur Fisk dans le Daily Bugle, et alors qu’il change d’avis derrière son ordinateur, il constate tout comme Daredevil et Page (Deborah Ann Woll), que le Caïd les a pris de vitesse en choisissant de se présenter à l’opinion publique comme un défenseur de Hell’s kitchen face à la menace d’un psychopathe masqué ayant assassiné le policier Blake.

L’épisode se termine sur la fin des révélations sur la vie privée de Fisk, ses terribles aveux à Vanessa (Ayelet Zurer) qui se rapproche de plus en plus de lui acceptant tacitement ses activités criminelles et surtout l’assassinat de son père et la découpe de son corps aidé de sa mère…

En conclusion, « Daredevil, saison 1, épisode 8 » se montre plus intéressant en creusant le passé du Caïd pour expliquer les raisons de ce basculement criminel.

Homme puissant mais en proie au doute, Fisk doit rendre des comptes à ses associés japonais et chinois et éliminer des témoins gênants comme des policiers ripoux susceptibles de trop parler.

Animé de passion envers Vanessa, le super criminel se taille donc dans cet épisode la part du lion, reléguant Daredevil au rôle de figurant emprunté.

Daredevil, saison 1, épisode 8 (Steven S Deknight, Drew Goddard)
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23 septembre 2016 5 23 /09 /septembre /2016 21:00
Au-delà d’un destin (Jean-Marc Dhainaut)

Fraîchement sorti en 2016 , « Au-delà d’un destin » est le premier roman amateur de Jean-Marc Dhainaut publié chez Edilivre.

ATTENTION POTENTIEL SPOILER

L’histoire se déroule en 2013, dans l’Artois (Nord de la France aujourd’hui‘hui), où Maxime Delcote un modeste ouvrier se rendant un matin à son travail est victime d’un terrible accident de voiture qui le catapulte en 1214.

Sous le traits de son ancêtre, un certain Jean, Maxime se retrouve donc dans le village qu’il connait si bien mais en plein Moyen-âge avec la menace d’une double invasion venue d’Angleterre et de Germanie.

Hébété et incapable de réagir aux ordres de sa hiérarchie militaire, Jean pourtant réputé à la base vaillant soldat, est déclaré fou et brutalement éjecté du château du seigneur local messire Guillaume, qu’il était censé garder.

Heureusement pour lui, il est pris en charge par Bertrand et Élise, un couple de modestes fermiers qui va faire preuve à son égard d’une très grande patience en lui laissant le temps de s’acclimater à cette nouvelle vie.

Le lecteur découvre donc avec le héros la vie à la campagne au Moyen-âge avec le réapprentissage des gestes et tâches les plus élémentaires comme manger, se laver, se vêtir ou aller aux toilettes.

Guidé par les apparitions soudaines d’un petit homme mystérieux et protégé par la famille de Bertrand, Maxime se découvre peu à peu amoureux de sa fille Adeline, une jeune femme simple et fraiche qui atténue les déboires de sa vie personnelle d’homme moderne avec l’abandon précoce d’un père polonais inconnue, une séparation conjugale douloureuse et la maladie de sa fille Sophie, que seul un coûteux traitement à l’étranger pourrait sauver mais qu’il n’est malheureusement pas capable de lui payer.

Mais comme chacun le sait la vie au Moyen-âge n’avait rien d’idyllique et les dangers sont donc nombreux entre les loups, les armées ennemies qui menacent le village et William, le chef des gardes, qui en veut personnellement à Jean et a décidé de s’en prendre à Adeline.

Un tournant a lieu lorsque le héros décide d’aller assister à un tournoi de chevaliers dans un autre village situé à une dizaine de kilomètres.

Il y fait la connaissance d’un forgeron appelé Gauthier qui devient son ami après qu’il eût porté secours à Clément d‘Ardenne, un chevalier participant au tournoi, dont il répare in extremis l’armure, le sauvant ainsi d’une blessure qui aurait pu lui être fatale.

Malheureusement le retour chez Bertrand s’avère douloureux avec la découverte du corps inanimé d’Adeline, finalement tuée par William véritable serial killer de son époque.

La perte est alors immense pour Jean qui jure de se venger en tuant William.

Retrouvant finalement la maîtrise des armes et de l’embuscade, Jean obtient sa vengeance et enterre le corps de son ennemi sous un chêne qui deviendra légendaire.

Mais l’Histoire s’accélère et l’invasion ennemie finit par atteindre le village semant la panique parmi les villageois que Guillaume reclus dans son château, refuse de protéger, violant ainsi les devoirs d’un seigneur envers ses serfs.

Guillaume n’arrive pourtant pas à ses fins puisque Clément également présent dans la bataille le tue.

Le tournant décisif a finalement lieu lorsque Clément fait de Gauthier un chevalier.

L’homme mystérieux fait alors son apparition faisant le lien entre l’accident de Jean en 2013 et la raison de son aventure en 1214 conduisant à une issue tout aussi tragique.

Le dénouement arrive donc comme un soulagement pour le jeune ouvrier/soldat avec la résolution de ses difficultés en ayant influé sur la destinée d’un de ses ancêtres.

Le principal est alors obtenu : le sauvetage de Sophie avec en toile de fond le souvenir éternel d’Adeline.

En conclusion, bien que à l’origine peu attiré à la base par les romans historiques, j‘ai été surpris et finalement séduit par « Au-delà d’un destin ».

Si j’ai assez peu goûté les minutieuses descriptions de la vie quotidienne au Moyen-âge et trouvé que l’auteur chargeait plus que de raison la mule d’un point de vue du pathos familial du héros, j’ai en revanche apprécié la construction habile du roman, et son idée centrale particulièrement séduisante consistant à imaginer qu’on pouvait peut être racheter sa vie en modifiant par ses actes le cours de son passé.

Mais plus que par son style, sa thématique, sa construction ou la passion forte de l’auteur pour le médiéval, « Au-delà d’un destin » m’a séduit en raison de la puissance de la charge émotionnelle qu’il délivre en une ultime déflagration en pleine face du lecteur.

Si Jean-Marc Dhainaut est parvenu à séduire un lecteur dont les goûts sont aussi éloignés en apparence de son univers, c’est que son talent d’écrivain est bel et bien réel et qu’une seconde carrière risque de s’ouvrir à lui s’il persévère dans cette voie !

Au-delà d’un destin (Jean-Marc Dhainaut)
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23 septembre 2016 5 23 /09 /septembre /2016 19:02
Daredevil, saison 1, épisode 7 (Steven S Deknight, Drew Goddard)

« Daredevil, saison 1, épisode 7 » montre une évolution majeure avec l’apparition de Stick (Scott Glenn), le mentor aveugle de Daredevil (Charlie Cox) qui lui apprit alors enfant, orphelin et aveugle à maitriser les étonnantes capacités que l’accident de camion lui avait conféré.

Vieux maitre dur et acariâtre, Stick disparut une fois la formation de son protégé achevée pour réapparaitre vingt ans après afin de lui confier une étrange mission : détruire une arme mystérieuse appelée Black sky devant être livrée sur les quais de New-York à Nobu (Peter Shinkoda) chef d’une branche mafieuse japonaise.

De son coté, Karen Page (Deborah Ann Woll) continue sa quête effrénée et dangereuse de la vérité sur son ancien employeur Union allied, en acceptant sur les conseils du vieux journaliste prudent Ben Urich (Vondie Curtis Hall), d’établir un lien avec pressions immobilières de Tulley pour évacuer les locataires tenace comme Elena Cadenas (Judith Delgado).

Mais en sortant de l’appartement de la vieille dame latina, Karen est agressée par deux hommes de main et ne doit son salut qu’à Foggy (Elden Henson) qui l’aide à se dégager à coups de batte de base ball.

Sur les docks sombres de la ville, Daredevil accepte de distraite les hommes de Nobu armés de fusil mitrailleurs, tandis que Stick s’apprête à liquider Black sky, en réalité un enfant entravé par des chaines.

En un sursaut, Daredevil intercepte la flèche tueuse de son ancien maitre et met un terme à l’opération.

De retour dans son appartement, Stick lui avoue avoir ensuite rattrapé le camion et tué Black sky.

S’ensuit une lutte farouche entre les deux hommes.

Finalement vaincu, Stick retourne d’où il est venu au Japon sur un ton amer et rend compte à un homme mystérieux le dos couturé de cicatrices.

En conclusion, « Daredevil, saison 1, épisode 7 » se démarque par l’entrée en scène de Stick, personnage trouble et solitaire, reprochant le mode de vie amolli de son ancien élève et se montrant prêt à exécuter sans état d’âmes un enfant pour le compte d’un mystérieux commanditaire japonais.

L’histoire avance donc pas à pas sur fond de relation obscure maitre-disciple et de close combat… tandis que sur le front de l’enquête tout piétine allégrement.

On attend avec impatience une accélération dans la seconde partie de la première saison !

Daredevil, saison 1, épisode 7 (Steven S Deknight, Drew Goddard)
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19 septembre 2016 1 19 /09 /septembre /2016 20:06
Elysium (Neil Blomkamp)

Déjà remarqué en 2009 par l’audacieux « District 9 » le sud africain Neil Blomkamp récidive en 2013 avec « Elysium ».

L’histoire se déroule dans un futur proche en 2154 ou les humains les plus fortunés ont quitté la Terre trop polluée pour y vivre sans risque sanitaire afin de s’établir sur Elysium, une station orbitale offrant toutes le confort et la sécurité nécessaires.

Les quelques téméraires qui se risquent dans des vaisseaux clandestins à atteindre Elysium sont sévèrement éliminés ou expulsée par Delcourt (Jodie Foster), l’inflexible secrétaire de la défense qui n’hésite pas à employer de peu recommandables mercenaires humains opérant sur Terre comme Kruger (Shartlo Copley).

Dans un Los Angeles hispanisé réduit à un enchevêtrement de favelas, Max Da Costa (Matt Damon), un ancien taulard en période probatoire travaille à la chaine chez Armadyn, la principale société fournisseur de robots qui font office de policiers.

Après un accident qui le condamne à une mort proche par irradiation nucléaire, Max décide de prendre tous les risques pour aller se soigner sur Elysium.

Aidé de son ami Julio (Diego Luna) il contacte Spider (Wagner Moura) le chef d’un mouvement clandestin expédiant les gens sur Elysium et se met à son service pour un voyage vers l’au-delà.

Spider saute sur l’occasion et lui demande de braquer les données cérébrales d’un directeur, que Max choisit comme John Carlyle (William Ficthner) le PDG de Armandyn qu’il estime responsable de son sort.

Spider confie donc Max à ses chirurgiens roboticiens qui le transforment en cyborg en lui implantant un exosquelette le dotant d’une force surhumaine et d’un implant permettant de télécharger dans son cerveau les données de Carlyle.

Max fait le braquage avec Julio, l’informaticien Sandro (José Pablo Cantillo) et le costaud Manuel (Adrian Holmes) qui lui confie des fusils surpuissants à balles explosives capables de détruire les robots escorteurs de Carlyle.

Mais l’équipe ignore que Carlyle avait passé un marché avec Delcourt, qui en échange de mirifiques contrats de défense d’Elysium lui avait demandé de lui fournir un programme capable de rebooter Elysium et de la désigner comme nouvelle président en lieu et place de l’actuel, Patel (Faran Tahir) avec qui elle demeure en conflit.

Furieuse de voir son contact lui échapper, Delcourt envoie Kruger et deux associés, Drake (Brandon Auret) et Crowe (Josh Blacker) dans un vaisseau de combat Raven pour intercepter les braqueurs.

Alors que Max qui s’est défait des deux robots escorteurs grâce à ses flingues et son exosquelette télécharge avec Sandro le programme de Carlyle, les mercenaires surgissent.

Sandro qui a pris peur en constatant que Carlyle avait crypté son programme en secret défense est abattu tout comme Diego malgré une résistance farouche qui permet à Max de s’enfuir.

Blessé le braqueur se fait un instant soigner par son amie d’enfance Frey Santiago (Alice Braga) et lui promet de l’emmener à Elysium pour soigner sa fille Matilda (Emma Tremblay) atteinte de leucémie.

Mais lorsqu’il revient voir Spider, Max constate que Delcourt a bloqué toutes les communications vers Elysium rendant ainsi impossible son évacuation.

Le rusé trafiquant a compris l’importance du programme que Max détient dans son esprit et lui suggère d’en tirer avantage.

Max revient alors vers la maison de Frey qui a été enlevée avec Matilda par l’affreux Kruger et ses hommes comme monnaie d’échange.

Il se livre alors aux repérages des drones du Raven et tout en menaçant de se faire exploser une grenade, se fait embarquer par les mercenaires pour aller à Elysium.

Bien entendu, Kruger tente de lui arracher la grenade avant d’arriver sur place mais explose après une lutte farouche.

Sonné mais intact grâce à son exosquelette, Max libère Frey et Matilda mais tous se font neutraliser par les sécurités d’Elysium avant d’avoir pu soigner l’enfant.

Delcourt donne ses directives, demandant à ce qu’on récupère le code de Max quitte à le laisser mourir ensuite tandis que les deux femmes sont laissés au bon vouloir des mercenaires survivants.

Mais Kruger est miraculeusement soigné par la science d’Elysium et reprend du service avec un exosquelette et une haine encore plus forte.

Ingérable, il assassine Delcourt pour devenir le nouveau président…tandis que Max parvient à s’échapper de son siège de torture.

Soutenu par Spider et Manuel arrivés sur Elysium armés jusqu’aux dents, Max combat les mercenaires et parvient à tuer Kruger après une lutte dantesque.

Conscient de son sort, il accepte de se sacrifier pour rebooter Elysium.

Spider en profite pour changer les directives, faisant de tous les citoyens des égaux amène de bénéficier des unités de soins high tech de la station orbitale.

Le sacrifice de Max n’aura pas été vain puisque Matilda peut ainsi comme beaucoup de terriens être soignée…

En conclusion, tout comme l’excitant « District 9 », « Elysium » est un film bluffant présentant conciliant science fiction et engagement politique.
Blomkamp excelle dans la réalisation créant de toutes pièces un monde futuriste inégalitaire ou les pauvres meurent dans la saleté et la violence de machines de combat, tandis que les riches se créent un éden soigneusement préservé à distance respectueuse d’une planète Terre souillée de pollution.

Stylisé et brillant, « Elysium » pèche cependant dans sa fin bâclée et sa morale gnangnan qui l’empêche d’accéder au statut de chef d’œuvre.

Dommage… car le talent de Blomkamp existe bel et bien !

Elysium (Neil Blomkamp)
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18 septembre 2016 7 18 /09 /septembre /2016 17:48
De l'Asie mineure à la Turquie, minorités, homogénéisation ethno-nationale, diasporas (Michel Bruneau)

Géographe renommé du CNRS auteur de nombreux livres sur l’Asie, Michel Bruneau publie en 2015 « De l’Asie mineure à la Turquie, minorités, homogénéisation ethno-nationale, diasporas ».

Dans ce volumineux ouvrage, l’auteur débute par une justification des concepts employés pour son analyse dans une région stratégique car représentant un tampon entre l’Europe et le Moyen-Orient.

Est présentée une approche basée sur les influences prédominantes des peuples de la région au travers de leur longue histoire : Grecs, Turcs, Iraniens.

Rapidement se dégagent également plusieurs ethnies clés ballotées voir sacrifiées par ses grandes puissances : Kurdes, Arméniens, Grecs ottomans, Juifs et moins connus les Assyro-Chaldéens.

Dès l’Antiquité, les Grecs furent les premiers a coloniser l’Asie mineure au travers de villes côtières de l’Ionie qu’il défendirent âprement face aux Perses lors des célèbres guerres médiques au V ième siècle avant Jésus Christ.

Unies par des dieux, des coutumes, une littérature et une langue communs, les cités grecques par ailleurs rivales, imposèrent leur culture et hellénisèrent l’Anatolie.

Durant sa conquête (-356 à -323 av JC), Alexandre le Grand exporta le modèle jusqu’au Moyen-Orient en reprenant le modèle des satrapes, ces régions autonomes mais dépendant administrativement d’un pouvoir central à qui elles devaient impôts et fourniture de moyens militaires.

Ses successeurs, les Séleucides en Syrie, Iran et les Attalides en Asie mineure prolongèrent cette organisation qui développa l’implantation de colons grecs en Anatolie.

Même après la fin de l’âge d’or de la Grèce antique et des conquérants macédoniens, l’hellénisme perdura au travers la puissance de l’Empire romain, qui nourrissait à son égard un complexe culturel évident.

Le long déclin de l’empire romain d’Orient, contribua à travers le rayonnement de Byzance devenue capitale des chrétiens orthodoxes grecs à la poursuite de l’influence culturelle et religieuse grecque dans la région.

Cette influence se poursuivit même lorsque Byzance tomba pour passer sous domination des Trucs ottomans, puisque le sultan Mehmet II conféra une grande autonomie au patriarche de l’église grecque orthodoxe.

Après la date clé de 1453, la région passa sous domination des Turcs, peuple multi ethnique duquel émergea les Ottomans issus des Oghouz.

Peuple de nomades continentaux soudés par la religion islamique importée de Perse par les Seldjoukides, les Turcs chassés de leur territoire par les invasions des Mongols, prennent le dessus sur un empire byzantin à bout de souffle et conquièrent toute l’Anatolie entre le XIII et le XV ième siècle.
Au XVI ième siècle après JC, les sultans font de la Turquie le pole dominant de l’Islam sunnite en soumettant les puissances arabes à Bagdad, Damas et au Caire.

L’empire byzantin est alors absorbé dans un processus de turcisation visant à imposer la langue turque et la religion islamique aux populations.

Impossible de ne pas parler de l’influence iranienne, immense au titre du peuple Perse, dont les empires achéménide puis sassanide puissamment structurés, laissèrent une culture et des structures pérennes qu’aucune autre domination ni grecque, romaine, turque ou arabe ne put faire disparaitre.

Islamisés par la conquête arabe, les Iraniens adoptèrent cependant via Chah Ismail en 1502 le chiisme comme religion d’état contrairement à l’écrasante majorité des autres pays musulmans.

Après une période de réformes sous influences des puissances occidentales russes et anglaises au XX ième siècle, l’Iran réopèra un virage nationaliste et islamique avec l’arrivée de l’ayatollah Khomeini au pouvoir en 1979.

Aujourd’hui l’Iran continue de peser sur l’Asie mineure par le lien avec les populations chiites azéri ou plus complexes alévis peuplant la Turquie.

Derrière les trois premières puissances ayant contribué à modeler l’Asie mineure, Bruneau choisit ensuite de parler de deux autres peuples incontournables de la zone : les Arméniens et les Kurdes.

Présents depuis le VI ième siècle avant JC, les Arméniens ont longtemps revendiqué leur indépendance construite sur un christianisme détaché de toute racine latine et grecque.

Artisans et commerçants, les Arméniens s’implantèrent au fil des siècles en Turquie tout comme en Europe ou Asie.

Ils bénéficièrent de l’aide de la politique expansionniste de la Russie du XIX et XX ième siècle dans le Caucase pour consolider leur territoire mais furent perçus comme une menace intérieure par la Turquie qui entreprit un plan d’éradication concrétisé par le génocide de 1914-1915.

Tout aussi anciens mais encore plus complexes avec leurs ascendances mèdes mystérieuses, les Kurdes se répartissent sur quatre pays : Turquie, Irak, Iran et Syrie.

Hétérogène et divisé en structures tribales, le peuple Kurde représentent néanmoins 20 à 30% de la population turque et une diaspora importante en Europe principalement en Allemagne.

Bien que musulmans sunnites, ils sont en révolte contre l’état turc qui les a également perçu comme une menace à la grande politique d’homogénéisation du territoire.

La grande force de cet ouvrage est ensuite de se focaliser sur les effet de cette politique sobrement intitulée « ingénierie démographique » qui cacha au XX ième siècle, un plan de répression et d’élimination des cadres turcs vis-à-vis des peuples jugés étrangers comme les Grecs et les Arméniens.

Moins connu que le génocide arménien car plus étalé dans le temps entre 1913 et 1923, le traitement dont furent victime les Grecs de Turquie fut pourtant comparable : menaces, enlèvements, assassinats, déportations et assimilations forcées aboutirent au départ d’un nombre considérable de Grecs vers leur patrie d’origine.

La Turquie se vida progressivement de ses influences hellènes principalement présente en Thrace, sur sa cote occidentales, dans ses grandes villes et dans la région du Pont (Mer noire).

Le Comité d’Union et Progrès fut l’organe principal de cette purification ethnique dont le rationalisme morbide fut influencé par l’Allemagne.

La brutalité du nationalisme turc se manifesta à l’égard des Arméniens dont la population fut en l’espace d’un an pratiquement divisée par deux sur le territoire turc et les biens purement spoliés.

Bien entendu, même si ils étaient jugés plus « assimilables » en raison de leur religion musulmanes, les Kurdes furent également victimes de cette même politique et perdirent plus d’un millions et demi des leurs déportés ou exécutés jusqu’en 1950 et créèrent le PKK, dont la branche armé est entrée en lutte contre l’état turc.

Les Juifs auraient pu subir un sort similaires si des pressions internationales notamment de l’Angleterre n’avaient pas donné un coup d’arrêt à ce processus.

Les deux génocides grecs et arméniens, aboutirent à la création de deux grandes diasporas mondiales, à l’entretien d’un devoir de mémoire et à de fortes revendications vis-à-vis de l’état turc qui s’arcboute toujours malgré les preuves révélées au fil du temps sur une attitude négationniste embarrassante.

Des cas particuliers sont ensuite développés : la région du Pont avec la forte influence russe seule capable de bloquer les visées expansionnistes et nationalistes turcs, la Thrace interface avec les peuples des Balkans, notamment les Bulgares, Serbes et Grecs, Istanbul capitale et carrefour économique de l’Asie mineure ainsi que les iles de la mer Égée.

Difficile également de ne pas évoquer le cas des Assyro-Chaldéens, ces chrétiens d’orient persécutés en Asie mineure et au Moyen-orient qui survivent auprès des multiples associations les représentants dans le monde entier.

En conclusion, « De l’Asie mineure à la Turquie, minorités, homogénéisation ethno-nationale, diasporas » est un livre dense, complexe et passionnant permettant de mieux comprendre à travers l’histoire et la géographie les principaux enjeux d’une région clé entre l’Europe et le Moyen-Orient.

Aujourd’hui toujours sous les feux de l’actualité en raison de la guerre contre Daesh, l’Asie mineure a été le siège de multiples luttes d’influences entre Grecs, Perses puis Romains d’Orient avant de céder la place aux Turcs dont la politique de purification ethnique et religieuse au XX ième siècle demeure à mes yeux trop méconnue du grand public.

Incroyable en effet de prendre conscience de la violence des méthodes d’éradication vis-à-vis des minorités grecques, arméniennes et kurdes de son territoire.

Le regard porté sur la Turquie, qui prétend depuis plusieurs années rentrer dans l’Europe en étant une zone tampon entre le Moyen-Orient islamiste et l’Occident laïc, ne peut qu’être altéré quand on prend conscience de la barbarie scientifique des procédés employés accompagnée d’un négationnisme prononcé.

Dans le monde troublé et mouvant dans lequel nous vivons actuellement, je ne peux que recommander la lecture de cet ouvrage de haute volée, précis, documenté et analytique dont le seul défaut est sans doute une certaine redondance dans le propos qui en alourdit parfois la lecture.

De l'Asie mineure à la Turquie, minorités, homogénéisation ethno-nationale, diasporas (Michel Bruneau)
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Published by Seth - dans Histoire
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