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4 septembre 2008 4 04 /09 /septembre /2008 13:04


Ayant bien apprécié le premier livre de Max Gallo que j'ai lu je poursuis sa série sur les Romains.

Chronologiquement  "Spartacus, la révolte des esclaves" est le premier de la série.

L'action raconte en -73 av JC la troisième (et plus connue ) des guerres serviles avec la révolte des esclaves contre Rome.

Max Gallo adopte son mode le même mode de narration que pour  son "Néron" c'est à dire une narration par un témoin oculaire des événements sur le mode du "je".

La différence majeure est qu'ici ce "je" est successivement plusieurs personnes différentes :  Jair un juif guérisseur,  Possidionos un rhéteur grec affranchi mais également  Curitus un maître d'arme des gladiateurs et Fucscus Salinator un légat romain.

Ceci pourrait donc en théorie permettre de recueillir plusieurs points de vue différents mais en réalité mis à part pour Jair qui marque clairement sa différence , les récits ne différent que faiblement d'un narrateur à l'autre.

La multitude des narrations n'est donc pas selon moi pleinement exploitée.

Dans le roman on apprend que Spartacus était un roi de Thrace, région partagée entre la Grèce, la  Turquie et la Bulgarie d'aujourd'hui, connue pour ses forets et sa rudesse.

Capturé par les Romains, il est en raison de sa forte constitution envoyé à Capoue pour devenir gladiateur.

L'accompagnent Apollonia, prêtresse Thrace qui est également sa concubine et Jair le guérisseur rencontré en chemin.

Au camp de laniste de Capoue, Spartacus découvre la vie de gladiateur et a bien du mal à se plier à cette discipline.

Les gladiateurs sont mieux traités que des esclaves, formés aux armes, il leur est théoriquement possible  d'être affranchis si ils se couvrent de gloire dans l'aréne.

Ils fascinent aussi les femmes et il n'est pas rare que de riches Romaines leur rendent visite, excitées par leur imposante musculature et l'imminence de leur mort.

Mais en réalité leurs chances de survie sont infimes et ils finissent souvent dévorés par les fauves.

Lors d'un combat, Spartacus est épargné par un colosse Dace qui préfère s'empaler sur les lances des soldats plutôt que de l'achever.

Cette épisode le traumatise et le décide à répandre un sentiment de révolte auprès de ses frères d'armes.

Ceux ci s'échappent donc une nuit et avec eux naîtra une des plus célèbre révolte contre Rome.

Rapidement beaucoup d'hommes se joignent à eux, d'autres esclaves des champs, des gens de la plèbe très pauvre, d'anciens gladiateur comme Curitus, des Gaulois, des Germains, des Celtes, des Phrygiens ...

A cette époque Rome a besoin de beaucoup d'esclaves, ils travaillent très dur dans les champs ou les mines, sont considérés comme des animaux.

Spartacus, intelligent, fin stratège trouve donc une puissante caisse de résonance.

Pareils à des sauterelles, l'armée d'esclaves ravage les province romaines, pillant les précieux champs de blé et humiliant les premiers magistrats, trop sur d’eux, venus mater la rébellion.

A cette occasion Spartacus révèle toute son habilité, il évite les affrontement directs avec les légions mieux entraînées et mieux armées et les prend par surprise en simulant des retraites ou en profitant des conditions naturelles comme sur le Mont Vésuve ou acculé par les légionnaires , il fait descendre des cordes la nuit venu et massacre le soldats pendant leur sommeil.

A son apogée, son armée atteindra les 100 000 hommes.

Rome prend conscience de la menace et de la sous estimation de celle ci.

Licinius Crassus, proconsul dévoré d'ambition, reçoit les plein pouvoirs et lève 10 légions pour écraser Spartacus.
Il est appuyé par un tribun militaire, un certain Jules César.

Accusant ses légionnaire de couardise, il instaure la loi de la décimation pour ceux qui reculent ( exécution d'un homme sur 10 pris au hasard ) et nomme le légat Fucscus Salinator responsable des opérations.

Salinator, qui sera capturé deux fois par Spartacus, sera relâché en échange d'épargner ses plus fidèles compagnons (Possidionos, Jair, Curitus et Apollonia ).

Gallo nous présente Salinator comme celui qui racontera l'histoire de cette guerre.

Conscient qu'il ne pourra tenir tête éternellement, Spartacus ne commet pas l'erreur de marcher sur Rome et tente de fuir par la mer jusqu'en Sicile , lieu de la première guerre servile.

Utopiste, il compte fonder un régime sans esclave sur cette île.

Mais Spartacus est berné par les pirates qui devaient le faire prendre la mer.

Acculé à Bruttium, il doit faire face à des dissensions auprès de ses propres compagnons qui ne veulent pas entendre parler de discipline.

Le groupe se scinde en plusieurs et ils sont alors tous massacrés.

En guise de représailles et pour marquer les esprits rebelles (célèbre film avec Michelle Pfeiffer et l'inénarrable Coolio ) , Crassus fait crucifier les derniers survivant sur la voie Appia entre Rome et Capoue.

Ce sont donc 6000 croix macabres qui viennent clore le chapitre de la rébellion.

Spartacus reste donc un symbole, celui qui pendant 2 ans aura défié Rome et mis à mal ses légions, montrant donc que son invincibilité n'était qu'un mythe.

Certains esprits hardi y voient même le symbole de la première révolte populaire, une sorte de Lénine avant l'heure.

Il me parait difficile de comparer les époques et peu probable que Spartacus ait été un théoricien ou même un humaniste.

Cependant sa position intenable et son combat perdu d'avance avec son armée de gueux contre la plus puissante armée de l'époque confère un certain romantisme à son destin tel un David défiant Goliath.

Alors à quand le remplacement des tee shirt Che Guevara de l'extrême gauche par des tee shirt Spartacus ?

D'un point de vue historique, la fin de la révolte de Spartacus marque l'accession au pouvoir de Crassus et Pompée avec Jules César tapi dans l'ombre attendant son heure ...glorieuse.

Ultime question que je me pose , Spartacus a t il servi d'inspiration au film Gladiator de Ridley Scott ?

Possibilité non nulle selon moi.

  En tout cas bien qu’ayant moins apprécié ces récits  que les intrigues de cour de Néron ou Caligula, force est de   constater que le destin inhabituel de cet homme est une nouvelle fois admirablement bien raconté par Max Gallo et  vous emporte complètement dans le monde incertain des guerre antiques.




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Published by Seth - dans Histoire
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26 août 2008 2 26 /08 /août /2008 15:21


Pris au gré de mes envies, une biographie de Jack London : « Jack London » écrite par Jennifer Lesieur.

 

London correspond pour moi à mes premières lectures d’enfance, « l’Appel de la foret » et « Croc Blanc » étant des classiques qu’on donne à lire aux enfants.

 

Mon grand père aimait beaucoup Jack London et il avait un livre de photos illustrées le représentant cherchant de l’or dans le Grand Nord.

 

Dans notre maison à la montagne prêt d’une grande foret, ces lectures trouvaient immédiatement un écho chez moi et me faisaient rêver.

 

Plus proche de nous, l’écho surprenant qu’a trouvé le film « Call of the wild » de Sean Penn va à mon avis sûrement remettre à la mode les ouvrages de Jack London.

 

Pourtant qui sait vraiment au fond qui était cet homme qu’on présente comme le chantre de la vie au grand air ?

 

Le livre répond de manière plutôt exhaustive à la question, à savoir que London était un être complexe multi facettes certes amoureux de la Nature (mer, montagne) mais également militant socialiste et amateur de boxe.

 

Jack London est né à la fin du XIXiéme siècle, d’une famille très modeste prêt de San Fransico.

 

Il n’a jamais connu son père, un homme instable et rétif à toute forme d’autorité.

 

La première partie de sa vie colle bien avec l’image que l’on se fait de lui.

 

Il commence d’abord par être ouvrier mais s’aperçoit que cette vie n’est pas faite pour lui.

 

Il faut dire que les droits des ouvriers sont quasiment inexistants à l’époque, ils sont considérés comme des bêtes de sommes et travaillent jusqu’à en tomber malade.

 

Fasciné par la littérature, Jack London rêve de s’élever de changer de vie.

 

Il se sent d’abord attiré par la mer et se fait voleur d’huître, métier clandestin à hauts risques ou il cotoie la mort.

 

Logiquement son intérêt pour le grand large prenant de l’ampleur, il embarque ensuite  sur un bateau chassant le phoque au Japon et en Sibérie.

 

Ce qu’il vécut en mer durant ces expériences maritimes le marquera à jamais.

 

De retour dans sa ville d'Oakland, il apprend que de l’or a été découvert au Yukon région située en Alaska.

Il décide donc de tenter sa chance et se rend la bas.

 

Le voyage sur le fleuve Yukon est épique et jalonné de morts.

 

La bas il découvre la rudesse de la vie au Grand Nord avec les hivers interminables, l’acheminement difficile des vivres dans une région gelée et la dangerosité des hommes attirés par le gain.

 

Son expérience de chercheur d’or n’est pas couronnée de succès.

L’hiver est tellement rude qu’il tombe malade et attrape le scorbut.

 

Rapatrié à Oakland, il a de la même manière que pour ces expériences maritimes engrangé un vécu précieux qu’il va  par la suite faire fructifier avec sa plume et son imagination.

 

C’est alors qu’il se décide de se lancer dans l’écriture.

 

Ces premiers récits sont médiocres, il essaie de copier les auteurs à succès de l’époque et son style n’est pas encore affirmé mais il travaille sans relâche ne dormant que 5h par jour.

 

London se nourrit d’influences diverses, il a comme maîtres Kipling, Melville et Stevenson pour les romans d’aventures, Edgar Poe pour son goût de l’étrange mais également des philosophes comme Marx, Nietzsche, Kant ou Hobbes.

 

London connaît ses premiers succès en relatant ses aventures du Grand Nord, plusieurs magazines de la cote Est  les publient mais son premier best seller est véritablement « l’Appel sauvage ».

 

A l’origine ce roman est âpre, violent, traduisant la lutte pour la survie dans un monde hostile.

 

Il faut savoir que les versions françaises pour enfants furent censurées pendant des années.

 

Avec « Croc Blanc » il devient un auteur internationalement connu.

 

Il se diversifie remarquablement avec des ouvrages sur le monde de la mer comme le «  Loup des mers »  ou sur le monde de la boxe qu’il pratique et qui le fascine  ( «  La brute » ).

 

Ce que je savais  moins c’est que London était un socialiste convaincu.

 

Il était membre du parti socialiste, croyait en la révolution, donnait des conférences ou il enjoignait les étudiants à se rebeller.

 

Il se rend même à Londres pour vivres avec les nécessiteux, il en sort un pamphlet explosif traduisant la vie des pauvres.

 

Mais ce que je savais encore moins et que le livre m’a appris c’est que Jack London était raciste.

Il était convaincu de la supériorité de la race blanche, et surtout de la plus pure à ses yeux :
l’Anglo-Saxonne.

 

Ceci transparaît dans certains de ses écrits, notamment une haine farouche du métissage.

 

Ceci peut paraître étonnant, que lui qui donnait la part belle aux Indiens dans ses récits, qui soutenait la cause des femmes, parlait de la fraternité des peuples opprimés soit raciste et pourtant nul doute la dessus.

 

Jack London suit en fait l’opinion la plus répandue à son époque, qui est de croire l’Homme Blanc supérieur.

 

A prêt de 30 ans devenu riche par ses succès littéraires, London accède à un certain statut social, achète un ranch en Californie et part faire un tour du monde avec sa femme sur un bateau.

 

Marchant sur les traces de Stevenson, il découvre la Polynésie et la Mélanésie.

Hawaï, Iles Salomon, Marquises ,Samoa …

 

Dans son bateau il écrit sans relâche, se nourrissant de ses expériences avec les peuples rencontrés.

Mais il finit par tomber malade sous les tropiques et très affaibli est rapatrié en Australie ou il est opéré.

 

Son tour du monde s’arrête donc brutalement.

A 30 passés London est très malade, il boit et fume beaucoup trop se soigne en s’administrant morphine et arsenic.

 

Il finit ses jours en Californie et meurt à 40 ans en plein milieu de la guerre de 14-18.

 

Curieusement ses œuvres furent dénigrées aux Etats Unis, et ce sont les Européens (Français surtout ) qui les remirent au goût du jour.

 

Cette biographie permet de prendre conscience de la richesse de l’écrivain qui dépasse de très loin le roman d’aventure et écrivit même un roman de science fiction politique à la Orwell « le Talon de Fer »  livre qui fut salué par Trostky lui même (! ) ainsi qu’un de ses chef d’œuvre « Martin Heden » , réflexion sur le métier d’écrivain.

 

Cette bio met aussi en  lumière les contrastes jalonnant la vie d’un homme.

 

Jack London prit apparemment le parti de vivre fort et intensément, de brûler la vie par les deux bouts.

 

Cela se traduisit par ses engagements politiques, sa curiosité  son goût de l’aventure.

 

La partie plus trouble de sa personnalité notamment son racisme, montre que l’être humain est souvent multiples avec plusieurs facettes quelques fois contradictoires.

 

Il me paraît également difficile de juger moralement un homme de la fin du XIX iéme siècle avec les yeux d’un homme du XXI iéme siècle.

 

Un biographie très complète qui donne envie à la fois de relire les classiques mais également de découvrire les autres œuvres moins connues mais tout aussi intéressantes d’un des écrivains les plus lus dans le monde, et ce avec raison.

 

 Votre Serviteur ..

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Published by Seth - dans Biographie
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19 août 2008 2 19 /08 /août /2008 21:47


Aiguillonné par mes récentes lectures, je poursuis me lectures dans une veine historique.

Après les passionnantes turpitudes de l'Empire romain j'ai donc lu un ouvrage sur les Vikings.

Il s'agit de "Les Conquérants de la Terre verte" de Daniel Lacotte.

Ce livre raconte de façon romanesque l'épopée d'Eric Le Rouge qui découvrit le Groenland au X ieme siècle après Jésus Christ.

Ayant gardé depuis mon plus jeune age une tendresse particulière pour les romans d'aventures je me suis dit que ce type de saga nordique allait me plaire.

L'histoire racontée est celle d'Eric dit  Tête Rouge en raison de sa chevelure rousse, chef  de clan Norvégien banni en deux temps de la Norvège puis de l'Islande après un double meurtre suite à une rixe entre clans.

Eric ,embarque donc sur un knorr (drakkar) avec une cinquantaine de ses fidèles (dont sa femme Thornhild ) et ses fils avec pour but de trouver une nouvelle terre.

Après plusieurs jours de navigation d'un périple  hasardeux au milieu des glaces et des tempêtes le navigateur trouve une terre inconnue qu'il nomme terre verte (Groenland) en raison de sa verdeur.

Il s'établit donc et devient le roi d'un nouveau monde.

La colonie prospère ,exploitant au mieux les ressources de cette île 20 fois plus grande que l'Islande.

Eric revient en Islande convaincre d'autres Vikings d'embarquer et plusieurs vagues de colonisation suivirent.

J'ai trouvé le récit agréable, la langue riche et belle, on sent que l'auteur (spécialiste de la Normandie ) était véritablement passionné par son sujet.

Les récits des voyages en mer couplés aux légendes nordiques sont des plus emballant.

Les mœurs des Vikings sont également décrites.

J'ai été frappé par leur attachement aux forces de la Nature, de la relative tolérance de leurs mœurs, de la place très importante donnée aux femmes considérées pratiquement au même rang que les hommes.

Je me dis qu'on doit retrouver aujourd'hui cette mentalité dans les pays Scandinaves réputés les plus progressistes au Monde.

Leur mythologie semblait également être un puissant moteur, en effet Odin et Thor les dieux principaux étaient réputés sourire aux audacieux qui mourraient soit au combat soit en mer.

Deux aspects très intéressants sont développés dans le livre :

- La découverte de l'Amérique du Nord par Leif le fils d'Erik le Rouge qui y accosta vers 980.
Il nomma cette terre le Vinland en raison des vignes qu'il y trouva.

Aujourd'hui on a situé cette zone au niveau de Terre Neuve.

Ce fait démontré historiquement prouve que les Vikings étaient sans doute les plus incroyables navigateurs qui aient jamais existé.

-  L'irrésistible montée du Christianisme gagnant comme une traînée de poudre les pays du Nord suite à la conversion du roi de Norvège, Olav.

Cet aspect est abordé par le retour de Leif au Groenland après sa conversion au Christianisme.

Ainsi les Vikings abandonnèrent progressivement leur dieux forts et inspirants pour la religion chrétienne plus calme et passive.

J'ai trouvé ses aspects instructif néanmoins les Vikings tels que présentés dans le livre m'ont paru totalement idéalisées et "clichesques".

Ils sont tous grands, de force surhumaine, méprisent la mort et aiment faire d'énormes fêtes.

Quand à Eric le Rouge il est présenté comme un demi dieu digne d'Hercule , guerrier invincible, stratège parfait ,roi juste et navigateur infaillible.

On déplorera  donc  la peinture simpliste des personnages principaux.

C'est certainement de cette manière idéalisée qu'a du être dépeint Eric le Rouge dans les sagas nordiques qui sont parvenues jusqu'à nous mais je pense qu'une vision plus humaine et réalise des personnages aurait donné plus d’intérêt au récit.

Mais finalement on trouve ce que recherche dans ce livre , à savoir  la porte d’entrée  vers des voyages périlleux aux milieux des flots déchaînés ou l’homme écrit sa propre légende en s’inspirant de personnages mythologiques …


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19 août 2008 2 19 /08 /août /2008 21:43

L'été arrivant je me suis retrouvé saisi de toutes les audaces comme par exemple celle de me plonger dans l'Histoire.

J'ai donc pris mon premier livre de Max Gallo.

Max Gallo on connaît tous au moins de nom mais j'ai découvert à cette occasion qu'il avait écrit un nombre de livres à donner le vertige à un alpiniste népalais.

Homme de gauche, académicien il a aujourd'hui comme beaucoup viré de bord et succombé aux sirènes du Sarkozysme.

Le sujet qui m'intéresse : les Romains : 5 tomes racontant d'histoires romancées racontant les grandes étapes de l'Empire depuis Spartacus jusqu'à Constantin le Grand.

Tome 2 pris : Néron, le règne de l'Antéchrist.

A ma grande surprise ce livre est écrit de manière simple, directe et limpide.

Comme les faits sont généralement prenant, il se dévore donc comme un chrétien par un fauve affamé.

L'histoire prend place à la fin du règne de Caligula vers -40 av JC.

Elle est racontée par Sérenus un disciple de Sénèque qui emploie une narration à la première personne du singulier.

Après le règne sanglant de Caligula les Romains pensaient trouver une période d'accalmie mais ce fut le contraire qui se produisit.


Néron est née d'Agrippine, sœur de Caligula, femme extremment dominatrice, impitoyable et avide de pouvoir.

Le père est officiellement un général romain mais Agrippine ayant eu des relations sexuelles avec son frère, il est également possible que Néron soit le fils de Caligula.

Dés son plus jeune age, Néron est dressé pour régner et réaliser ainsi les fantasmes de sa Mère qui rêve ainsi de régner sur l'Empire romain.

Claude succédant à Caligula en -41 av JC est un empereur faible, bègue, corrompu et dépravé.

Il est manipulé par Agrippine qui l'épouse et le force à adopter Néron.

Agrippine nomme Sénèque parmi les préteurs de son fils.

Il est chargé de lui apprendre l'art de la rhétorique mais non la philosophie dont elle se méfie comme de la peste.

Sénèque le philosophe stoïcien est également un richissime avocat  proche de la cour, influent, puissant et disposant de superbes propriétés.

On suit donc pendant prêt de 500 pages l'inexorable ascension de Néron dans les méandres des luttes pour le pouvoir entre complots, délires paranoïaques et trahisons.

Néron règne à 20 ans à peine, il est très influencé par la personnalité de sa mère avec laquelle il entretient des relations incestueuses.

Avec lui le pouvoir impérial parvient à des excès encore jamais atteints.

Paranoïaque, mégalomane, cruel, dépravé mais également fin stratège et acteur, Néron organise le culte de sa propre personnalité.

Il se proclame fils d'Apollon, aime roder déguisé la nuit pour assouvir ses pires penchants en tuant ou violant des passants pris au hasard, est persuadé d'être un grand artiste, le meilleur conducteur de char, le meilleur poète et le meilleur musicien.

Il flatte les plus lâches ou les plus corrompus, dépouille les nobles de leurs biens, pille les ressources de l'Etat pour son compte personnel.

Il fait régner aussi un mélange de terreur et de séduction sur la plèbe, alternant massacres et jeux du cirque cruels pour distraire la foule.

Néron est connu pour avoir incendié Rome et avoir joué de la lyre en regardant la ville brûler.

A sa place il voulait fonder Néropolis ...

Il accusera les Chrétiens à sa place et les fera supplicier avant d'embraser leurs corps crucifiés afin d'éclairer ses jardins privés.

Néron n'hésitera pas à faire assassiner sa propre mère ainsi que ses propres épouses.

L'intérêt du livre outre l'aspect historique réside pour moi dans le rôle que joue Sénèque.

Comment en effet le philosophe peut il cautionner l'un des pires régimes de l'Histoire ?

Son rôle apparaît quelques fois ambigu voir complaisant puis on comprend ...

En réalité Sénèque essaiera de toutes ses forces par l'éducation qu'il donnera à Néron de lui inculquer l'équilibre et la clémence.

Mais il s'apercevra peu à peu de son échec et que nul ne peut contrarier un empereur fou.

Néron lui ordonnera de se suicider ce qu'il fit comme un stoïcien c'est à dire sereinement en s'ouvrant les veines dans un bain chaud.

Ce qui me marquera dans cette terrible épopée historico-nihiliste sera donc encore une fois les puissantes citations du philosophes émaillant l'ouvrage comme celles ci  :

"Médite chaque jour au moyen de quitter cette vie à laquelle beaucoup d'hommes s'accrochent et se retiennent comme ceux emportés par les flots d'un torrent s'agrippant aux ronces et aux rochers.

La plupart des hommes sont lamentablement ballottés entre la crainte de la mort et les tourments de la vie,  se refusant à vivre et ne sachant pas mourir.

Aucun bien ne satisfait celui qui le possède si de lui meme il n'est pas prêt à le perdre."

Ou encore le dernière lettre écrite à Sérénus :

"Tout ce que nous laissons derrière nous de notre existence appartient à la mort hormis notre pensée

Et ce que nous avons pu écrire sur nos tablettes ou nos papyrus renaît sitôt qu'un lecteur le lit.

Songe-y Sérenus, la connaissance est toujours naissance

Je te donne le baiser de l'amitié " .

Je ne sais donc pas si comme l'a écrit le très excessif Claude Allègre, Max Gallo est l'Alexandre Dumas de notre temps mais en tout cas je lui trouve un formidable talent de vulgarisateur !



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19 août 2008 2 19 /08 /août /2008 21:32


Second livre coup sur coup lu sur l'Histoire romaine : un roman historique consacré à Caligula.

Ce n'est pas un Max Gallo mais le fruit d'une collaboration entre un universitaire Pierre Lunel et Paul Jean Franseschini ex directeur des pages littéraires de l'Express.

Caligula, ce nom résonne encore maintenant tant cet empereur aura marqué son temps.

Il inspirera des pièces de théâtre, des ballets et sans doute l'un des meilleurs films X de l'histoire : Caligula de Tinto Brass.

Pourtant le régne de Caligula fut très bref, 4 ans contre 14 par exemple pour Néron.

Caius Caligula est fils de Germanicus, l'un des plus illustres généraux romains.

Il a donc entière légitimité de par le sang pour prendre la succession de Tibère.

Caligula signifie "petite botte" en latin, surnom qui lui a été donné alors qu'enfant il avait été élevé dans les camps militaires du Rhin ou vivait son Père.

Grand et maigre, blond affublé d'une calvitie précoce il est très complexé par son physique.

En revanche c'est un esprit vif, un fin lettré et un amoureux de théâtre

Son adolescence est marquée par un inceste avec sa sœur Drusilla qu'il aima passionnément.

Pour le punir, il est exilé à Capri, ou Tibère en personne le surveille.

Tibère, vieux et malade est usé par le pouvoir.

Pourtant il décèle quelque chose d'anormal chez le jeune Caius et tente d'établir si oui ou non il est fou.

Mais Caius qui étudie le théâtre donne le change et Tibère ne perce pas le secret.

Craignant d'être assassiné avant de régner, Caligula prend les devants et étouffe Tibère dans son sommeil alors qu'il était déjà très malade.

Le régne du nouvel empereur peut donc commencer.

Celui ci sera marqué dans un premier temps par a clémence et la générosité.

Mais la mort de sa soeur Drusilla provoque un déclic qui enclenchera un engrenage fatal.

Caligula sombre alors dans la folie.

Il déifie sa propre soeur et exige qu'on lui érige des temples.

Il se prend pour un dieu, se déguise avec des tenues extravagantes et déclare que rien ne doit lui être impossible du fait de sa divinité.

Il fait jouer de mauvaises pièces de théâtre ou ceux qui n'apprécient pas sont condamnés à mort.
 
Il adore humilier les riches romains et se fait beaucoup d'ennemis parmi les nobles et les sénateurs.

Caligula aime aussi mettre en scène des jeux pervers ou sa cousine la sulfureuse Messaline s'accouple avec plusieurs gladiateurs ou militaires lors de "gang bangs" antiques.

Mégalomane, il décide d'aller  en Gaule à Lyon marcher sur les traces de Jules César.

Il en profite pour faire exécuter Getulicus l'un de ses plus brillants généraux commandant les armées du Rhin et suspecté de complot.

L'exécution de ce général populaire et respecté provoque un vif émoi parmi les militaires.

Caligula a pour projet de raser les montagnes ou de détourner les fleuves ...

Il demande à ce qu'on lui construise un pont depuis la Gaule jusqu'à la Grande-Bretagne.

Lorsqu'on lui explique que cela prendra des mois il change d'avis et fait ramasser des galets à ses soldats pour construire des pyramides sur la plage ...

Les militaires vivent mal cette humiliation et la colère gronde au sein de l'armée.

D'autre part, Rome se trouve rapidement ruinée.

Caligula a alors l'idée de faire se prostituer les femmes des sénateurs en les offrant à la plèbe dans un gigantesque bateau qu'il aura fait venir dans ses jardins.

(C'est la scène de partouze dans le film de Tinto Brass )

Cette fois s'en est trop

Chaera un militaire de sa garde, humilié par l'Empereur en raison de sa voix fluette  décide de participer à une conjuration.

Caligula est assassiné par sa propre garde prétorienne.

Lardé de coups de glaives, il ne comprendra pas comment lui un dieu pouvait mourir ..

Son oncle Claude, bègue, boiteux et faible sera nommé presque à son corps défendant assurant l'intérim en Caligula et le petit Néron grognant déjà dans ses langes.

J'ai trouvé le livre moins prenant que celui de Max Gallo, l'écriture de qualité mais moins fluide.

Les anecdotes du règne du Terrible me sont presque parues atténuées par instant.

Il y a des nombreuses allusions à la montée du Christianisme, Caligula reçoit en effet Pierre  et Agrippa le prince juif marié à Salomé joue un rôle mineur dont on ne comprend trop l'intérêt.

Au final si Néron semble avoir été traumatisé par sa mère, Caligula semble avoir subi un terrible choc par la perte de sa soeur.

Privé d'un Sénèque à ses cotés pour tenter de le canaliser,  il semble avoir été plus malade et moins habile que Néron , perdant rapidement l'appui des militaires et de la plèbe

Resteront bien évidemment les fantasmes autour de sa personne ...

De manière générale, je pense que les hommes seront toujours fascinés par ceux ayant voulu se prendre pour des Dieux.

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27 juillet 2008 7 27 /07 /juillet /2008 10:26

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Petit crochet vers la Science-Fiction, genre que je prisais il y a quelques années.

 

Retrouvailles avec Robert Silverberg dont j’avais lu « Le grand silence » en 2000, variation honnête sur le thème des extra terrestres envahissant notre bonne vieille planète bleue.

 

Silverberg est considéré comme l’un des meilleurs auteur de SF de l’Histoire, je ne pense donc pas avoir eu de chance à chaque fois que j’ai lu ces livres car ils ne m’ont jamais bouleversés.

 

Cette fois j’ai lu « Time Opera » recueil regroupant deux variations sur le thème du temps :

« Les déserteurs temporels » (1967 ) et « Les temps parallèles (1969) ».

 

« Les déserteurs temporels » est une courte nouvelle (150 pages ) décrivant une société futuriste découpées en une vingtaine de classes hiérarchiques.

 

Les villes sont surpeuplées, l’oxygène rare et les conditions de vie difficiles pour les couches basses vivant dans la misère, la violence et le chômage.

 

Le personnage principal du roman, Quellen est un fonctionnaire de  7ieme rang travaillant au Secrétariat Criminel ou il est chargé d’activités policiéres.

 

Sa particularité est d’avoir fraudé le système pour s’être fait construire une villa en Afrique dans laquelle il se rend par un procédé de téléportation.

Il vit dans l’angoisse quasi permanente d’être découvert et porte ce secret comme un terrible fardeau.

 

La classe Dirigeante constate un jour que des gens disparaissent, ils prennent la fuite dans le temps pour échapper aux conditions difficiles du présent.

 

Certains se font quelques fois capturer dans des époques anciennes, ce qui donne lieu à des rapports apparaissant dans les archives du présent.

 

Quellen est chargé de trouver l’homme ou la société clandestine organisant ses sauts temporels pour y mettre fin.

 

En réalité la classe Dirigeante cherche également à récupérer le procédé pour organiser des déportations et ainsi éliminer le problème du chômage ...

 

Quellen remonte cependant la piste des déserteur temporel et tombe sur l’homme défiant le système.

 

Cependant Quellen va se retrouver lui même pris dans un terrible engrenage l’obligeant  à braver la classe Dirigeante.


Il va également découvrir qui se cache derriere les hautes strates du pouvoir ...
 

Dans les déserteurs temporels on y retrouve beaucoup de points communs avec une de œuvres précédentes de Silverberg  : « Les Monade urbaines » .

 

Le système stratifié, les villes tentaculaires, l’élimination des gens inutiles, l’homme échappant aux règles et venant gripper la belle machine 

 

On retrouve également des éléments faisant penser au « Total Recall » de Philipp K Dick.

 

Le récit ne m’a donc pas ébloui.

 

 

 

Le deuxième livre  «  Les temps parallèles » est à mon sens plus intéressant :

 

Nous sommes toujours dans le futur (en 2059 ) et la technologie est maintenant suffisante pour remonter le temps.

 

L’homme étant ce qu’il est, des agences de tourisme ont été crées pour proposer donc des voyages temporels.

 

Le personnage principal Judd Elliot est un jeune étudiant passionné d’histoire Byzantine qui décide de s’engager comme guide.

 

Son apprentissage est donc le moyen pour Silverberg de décrire sa vision des sauts dans le temps.

 

Quelques règles sont donc expliquées plus ou moins clairement  :

 

Impossibilité de changer le passé sous peine de condamnation.

 

Le risque de changer le  cours de l’Histoire en empêchant le déroulement d’un événement majeur existe en effet et les conséquences pourraient être l’effacement d’une partie du présent et des gens vivants.

 

Les voyageurs temporels doivent donc se faire discrets et limiter leurs contacts avec les populations visitées.

 

Bien entendu comme plusieurs sauts temporels sont possibles à différentes époques, plusieurs doubles d’une même personnes peuvent se retrouver au même endroit en train d’assister à la même scène.

 

Le respect des règles est assurée par des Patrouilleurs Temporels, sorte de police du temps.

 

Le récit historique se concentre essentiellement sur la période Byzantine après la naissance de l’Empire Romain d’Orient (395).

 

Par les promenades de son guide, Silverberg nous rend spectateur des grands événements historique de Byzance : le règne d’Arcadius, celui de Constantin, Justinien, les Croisades, la prise de la ville par les Turcs …

 

Mais en réalité il ne fait que les effleurer et les descriptions d’époque très superficielles tiennent en 2 pages maximum.

 

Par contre les obsessions sexuelles du guide sont très longuement expliquées.

 

Cela m’a toujours frappé chez Silverberg, ce goût pour le sexe.

 

Judd Eliott multiplie les conquêtes temporelles, couche avec l’impératrice nymphomane Théodora qu’il honore quatre heures durant.

 

On sent que ce livre a été écrit dans les années 60 dans une atmosphère de libération sexuelle.

 

Les femmes sont presque toujours consentantes et cèdent immédiatement au charme du guide qui bien entendu est un étalon infatigable.

 

Silverberg semble faire preuve sur ce plan d’un narcissique et d’une auto complaisance assez pénibles à supporter.

 

Bien entendu ce qui devait arriver arriva : Eliott tombe sous le charme de sa multi arrière grand mère (de 17 ans ) et multiplie les sauts pour la revoir.

 

Mais on ne croit pas un instant à cette histoire d’amour s’apparentant plus à une passion physique dont la transgression démultiplie le caractère excitant.

 

Obnubilé par sa passion Eliott délaisse les touristes sous sa responsabilité et commet une faute grave provoquant une altération importante du passé.

 

Sa tentative de correction aboutit à son dédoublement temporel et ne fait qu’empirer les choses.

 

Recherché par la Patrouille du Temps, il n’a pas d’autre choix que de s’enfuir en s’enfonçant le plus loin possible dans le passé, ce qu’il fait en se réfugiant dans une époque de l’Empire Hittite (-3060 AV JC ).

 

Ecrit dans les années 60, ce livre ne m’aura guère séduit.

 

L’aspect historique est peu fouillé, à peine esquissé, le ton new age de libération sexuelle semblant complètement suranné en 2008 à l’époque du Sida.

 

Une œuvre dont la portée temporelle me sera paradoxalement assez restreinte.

 

Sur le thème du temps je recommande « Le jeune homme, la mort et le temps » de Richard Matheson infiniment plus profond et poignant.

 

Rencontre encore ratée avec Silverberg donc.

 

 

 

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6 juillet 2008 7 06 /07 /juillet /2008 20:44

  cote_512.jpg


Dernièrement  peut être en raison de l’été approchant j’ai eu envie de revenir à des lectures plus accessibles.

J’ai donc opté pour un roman policier : « La cote 512 » de Thierry Bourcy.

L’originalité de ce roman est de proposer une enquête policiere en plein milieu des tranchées de la guerre de 1914-1918.

Je dois avouer que ce choix n’était pas si anodin car je suis depuis quelques temps fasciné par cette guerre dont les derniers survivants se sont éteints récemment et dont le souvenir commence déjà à se ternir dans les limbes de la (in)conscience collective.

La guerre de 14-18 redevient donc mystérieuse et attirante à mes yeux contrairement à sa sœur celle de 39-45 plus largement couverte médiatiquement parlant.

« You cant judge a book by this cover » chantait le bluesman Bo Diddley cependant celle de « La cote 512 » représentant un poilu français foudroyé en plein milieu d’un assaut est particulièrement saisissante et donne une terrible envie de lire le livre.

L’histoire est centrée autour du personnage de Célestin Louise qui est policier à Paris lorsque le conflit entre l’Allemagne et le France éclate.

Sentant que continuer son travail dans un pays soumis à la pression d’un envahisseur serait quelque peu inutile Louise se porte volontaire pour aller au front.

Dans le train l’amenant à sa garnison il fait alors la connaissance d’un jeune lieutenant avec qui il se lie d’amitié.

Au cours d’un assaut ce lieutenant est tué mais Louise sent que cette mort n’est pas due au conflit lui même mais est en réalité un assassinat déguisé.

S’appuyant sur ce postulat quelque peu hardi, la suite du roman est le déroulement de l’enquête en plein milieu d’un pays en état  de siége.

A force de ténacité et de hardiesse Louise  parviendra à dénouer les fils de ce problème complexe et remontera la piste du meurtrier.

Mon sentiment premier est que l’intrigue me paraît quelque peu tirée par les cheveux.

On a du mal à croire en effet que dans la chaos le plus complet d’un champs de bataille une enquête non officielle basée sur l’initiative d’un simple soldat faisant uniquement confiance à son intuition puisse être menée à son terme.

Par contre au cours du récit l’atmosphère de l’époque est superbement bien rendue.

Les jours précédant la mobilisation générale sont criant de vérité.

On sent l’angoisse et la peur de l’inconnu grandir chez les soldats.

La description de la vie dans les tranchées est également d’un réalisme stupéfiant.

Violence aveugle, chaos anarchique, ordres émanant de chefs incompétents et fanatisés, monstruosité de l’arsenal technique déployé, hasard cruel jouant avec la destinée des hommes dans ce carnage à l’échelle industrielle…tout y est et l’on vibre de tout son être la peur au ventre au rythme des assauts des « Poilus ».

En résumé un livre agréable, captivant dans sa reconstitution historique  et dans son humanisme touchant qui font oublier une intrigue policiére somme toute assez mince.

Suffisant néanmoins pour s’évader quelques heures dans un train ou un avion.

Pour ceux désirant creuser davantage, il existe toute une série d’enquêtes du policier Célestin Louise ayant toutes pour cadre le fameux conflit.

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Published by Seth - dans Policier
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6 juillet 2008 7 06 /07 /juillet /2008 10:07

Profondeurs.jpg


Je n'avais jamais lu de roman d'Henning Mankell.

Je savais juste qu'il écrivait des romans policiers qui trustaient les sommets de ventes ,ce qui ne m'interessait à priori pas nécessairement.

La couverture de "Profondeurs" m'a pourtant attirée ,belle page de papier glacé avec une barque échouée sur un fond de mer nuageux vert pale.

Une impression de solitude et de calme nordique intrigante.

Le résumé au dos du livre m'a finalement décidé à tenter l'expérience.

"Profondeurs" n'est pas un roman policier , c'est un livre difficilement classable qu'on pourrait qualifier de roman-fiction introspectif et psychologique.

L'histoire se déroule  aux prémices de la guerre de 14-18.

Tobiasson-Svartman est un capitaine de la marine suédoise qui reçoit l'ordre de cartographier les fonds marins de la mer Baltique en vue de trouver de nouvelles routes secrètes pour les navires suédois.

Hydrographe de formation, Tobiasson est un homme d'apparence sérieuse, froide et méthodique.

Son obsession est de tout mesurer et de tout contrôler dans sa vie.

Pourtant ceci n'est qu'un masque, au fond de lui il est très torturé ,mal à l'aise dans sa vie de couple et hanté par la recherche de son moi profond ,de l'atteinte de ses profondeurs intérieures.

Au cours d'une expédition Tobiasson découvre une île abandonnée ou vit une femme seule Sara.

Il va tomber amoureux de cette femme et mener une double vie entre son épouse légitime à Stockholm  Kristina et ses visites secrètes sur l'île déserte.

S'enfermant dans un réseau inextricable de mensonges ,négligeant ses activités militaires au profit de son obsession, Tobiasson va peu à peu s'enfoncer dans les abimes de la folie menant aux actes les plus dramatiques.

"Profondeurs" est un livre relatant donc la quete auto destructrice d'un homme hanté.

Le parallèle entre l'étude des profondeurs abyssales des fonds marins et les propres profondeurs intérieures du personnage principal est constant ,pesant ,appuyant sur la poitrine du lecteur comme si il se trouvait soumis aux pressions des grands fonds.

Tout autour du récit sobre ,glacé et douloureux plane égalemment le spectre de la mort.

La guerre toute proche ne joue finalement qu'un rôle secondaire et on se retrouve fasciné ,entraîné à son corps défendant par une lourde pierre dans cette descente sans retour.

J'ai beaucoup aimé l'idée d'un homme à multiples facettes ,cachant ses troubles intérieurs et sa folie par une apparence sécurisante de contrôle et de normalité.

Peut être parce que je me reconnais un peu par certains endroits de part du role dans la comédie sociale que nous devons chaque jour jouer.

La notion de
contrôle est égalemment importante dans mon travail.

Un roman intéressant ,introspectif et sombre qui  emmènera le lecteur au bout de lui même
et au bord de ses propres frontiéres personnelles si bien entendu il prêt accepter ce voyage dérangeant ...


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Published by Seth - dans Psychologie
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