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16 août 2009 7 16 /08 /août /2009 23:03


D’ordinaire je ne suis pas trop client des films d’horreur mais « Freddy, les griffes de la nuit » de Wes Craven, sorti en 1984 fait indéniablement parti des classiques du genre.

Les années 80 de mon enfance, toute une époque à présent en voie de kistchisation avancée, marquèrent quelques uns des plus beaux succès du cinéma d’épouvante avec des réalisateurs talentueux comme Wes Craven, John Carpenter, Tobe Hopper ou Sam Raimi ou George Romero.

Généralement il s’agissait de films à petit budget, assez fauchés et donc sympathiques enfin tout du moins pour des films d’horreur !

« Freddy » contient toutes ces caractéristiques.

L’histoire se passe dans une de ces innombrables banlieues américaines bien proprette avec de jeunes adolescents blancs issus des classes moyennes.

Ces adolescents sont tous simultanément victimes d’étranges cauchemars ou une sorte de croque mitaine (Robert Englund ) aussi hideux qu’agressif les poursuit pour les assassiner à l’aide de lames de couteaux enfichées sur sa main droite.

Bien vite le rêve devient réalité et une jeune fille est assassinée lors d’une « party » regroupant Nancy (Heather Langenkamp), son petit ami Glen (un Johnny Depp juvénile méconnaissable dans son premier rôle au cinéma) et Rod (Jsu Garcia) qui devient le principal suspect du meurtre.

Nancy paraît être le personnage principal du film, celle qui raisonne le plus.

Elle découvre que le monstre appelé Freddy Krueger, est un ancien tueur d’enfant qui a été brûlé dans la chaudière de sa propre maison.

Elle comprend également qu’il n’attaque que pendant le sommeil et tente donc par tous les moyens de lutter contre l’endormissement.

La suite du film n’est qu’une succession de scènes choc ou l’abominable Freddy traque un par un les adolescents au nez et à la barbe d’une police impuissante à combattre une créature imaginaire.

Bien entendu le film culmine lors d’un affrontement final entre Freddy et la courageuse Nancy.

« Freddy, les griffes de la nuit » est un film d’épouvante bien construit et efficace.

Les scènes d’attaque du tueur sont terriblement réussies, mettant en avant des peurs profondes tapies chez tout un chacun, comme lors d’une scène de noyade dans une baignoire particulièrement impressionnante.

Craven crée habilement un personnage quasi mythique, menaçant et vulgaire, évoluant dans un monde mystérieux, celui de l’imaginaire et des rêves.

Le film m’a quelques fois fait pensé à l’ « Exorciste » de William Friedkin avec ses jeunes femmes possédées, ses effusions gores, et ses montées au plafond.

J’ai aussi beaucoup souri avec nostalgie en voyant les look de l’époque, les ridicules coupes de cheveux permanentées, les walkmans, les tourne disques et les premiers balbutiements de l’électronique grand public.

Bien sur ce type de film reste un simple divertissement, idéal pour se changer les idées ou se défouler, mais « Freddy, les griffes de la nuit » est l’archétype même du bon produit dit « slasher ».

A noter dans le bonus Dvd, des interviews intéressantes de Wes Craven, de Robert Englund et de Heather Langenkamp montrant tout le travail de réflexion et persévérance nécessaires pour à partir d’un fait divers lu dans le « LA Times » et  de souvenirs d'enfance de Craven parvenir contre vents et marée à monter ce type de film.

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15 août 2009 6 15 /08 /août /2009 21:36


Profitant du fort succès de leur album « Jailbreak », les quatre mousquetaires de Thin Lizzy décident de battre le fer tant quand il est encore chaud et sortent « Johnny the fox » la même et donc divine année 1976.

Si j’avais été dithyrambique sur un« Fighting » inspiré, plus mesuré sur « Jailbreak » plus calibré , force est de constater que « Johnny the fox » est sans doute à placer entre les deux.

On notera tout d’abord la magnifique pochette mystérieuse et ésotérique, avec son inspiration tirée de légendes celtes.

Le morceau d’ouverture « Johnny » représente pour moi la plus parfaite expression du hard rock, tempo vif et enlevé, rythmique en acier, voix grondante mais maîtrisée, guitares effilées, menaçantes, tranchantes comme des lames de rasoirs viennent prouver que Thin Lizzy appartient à la race des Saigneurs du son.

Bien que moins intense que son cousin, « Rocky » est un titre au rock pugnace plombé de solo de grande envergure de la paire magique Gorham/Robertson.

Le groupe quitte son mode mauvais garçon pour accoucher de « Borderline », une langoureuse ballade aux forts accents de country-folk.

Que dire de « Dont believe a world » si ce n’est que ce morceau possède la séduction immédiate des chef d’œuvres, avec son rock racé, mélodique combiné à une fluidité dépassant l’entendement.

Bien que très doux et calme, « Fools good » est néanmoins rendu agréable par la voix toujours émouvante de Lynott.

« Johnny the fox meets Jimmy the weed » est un titre fantastique, d’une originalité incroyable, avec une rythmique très funky et un phrasé quasi parlé de ce diable de conteur irlandais.

Moins original « Old flamme » renoue avec les ballades un peu trop cotonneuses à mon goût.

Sur « Massacre » , le groupe retrouve son inspiration pour créer un morceau intense porté par un chant à la fois éthéré et mélancolique.

Thin Lizzy poursuit sa politique d’alternance avec une nouvelle ballade « Sweet Marie » encore une fois trop étirée et larmoyante pour moi.

Fort heureusement plus rythmé, « Boogie woogie dance » vient clôturer cet album de manière festive avec un Lynott au charisme quasi sexuel de grand fauve insatiable.

En conclusion « Johnny the fox » aurait pu être un chef d’œuvre tant il contient certaines de plus belles réussites du groupe, véritables merveilles du genre mais  Thin Lizzy cède à mon sens trop systématiquement à son péché mignon : le slow qui tue avec ces très longues ballades ici franchement moyennes qui viennent plomber un album souvent par ailleurs grandiose.

On oublie alors un peu trop vite à mon goût les délicieux frissons de la rue que savent si bien créer Lynott et sa bande pour trop sagement rentrer chez soi déguster de bonnes grosse tisanes au coin du feu.

Dommage donc pour un album tout de même globalement remarquable.

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15 août 2009 6 15 /08 /août /2009 13:17


Nous venons de passer 1975, les années 70 très créatives sur le plan artistique se suivent et Thin Lizzy enchaîne les albums de qualité à une cadence impressionnante.

En 1976, le groupe irlandais explose en sortant « Jailbreak » sans doute son plus gros succès commercial.

On appréciera au passage la belle pochette, fortement inspirée par l’imagerie des comic books.

Le personnel est le même que sur l’album précédent, à savoir la rythmique infernale Phi Lynott/Brian Downey, et l’une des paires de guitaristes les plus influentes de l’histoire du rock, Scott Gorham/Brian Robertson.

« Jailbreak » ouvre l’album, il s’agit d’un véritable tube à grande compacité, doté d’un riff typiquement hard rock aussi célèbre que percutant, et d’un refrain faisant figure d’hymne ayant pour beaucoup contribué à sa renommée mondiale.

Le morceau est direct, impeccable, peut être trop du reste à mon modeste avis, Thin Lizzy mettant de coté ses mélodies racées pour gagner un temps en puissance et en efficacité.

« Angel from the coast » en comparaison fait presque figure de poids plume, manquant de punch sans parvenir à renouer avec la richesse mélodique des débuts.

Bien que plus réussi, « Running back » ne peut être considéré autrement que comme un titre anecdotique à peine moyen.

Le groupe continue dans une veine rock avec « Romeo and the lonely girl » dont les belles qualités mélodiques transcendées par la voix aérienne de Lynott font passer un agréable moment.

« Warriors » malgré un coté insatisfaisant, brille par son atmosphère épique et par ses solo lumineux.

« The boys are back in down » est le deuxième tube de ce disque et sans doute la chanson la plus connue du répertoire de Thin Lizzy.

Plus douce que « Jailbreak », cette chanson doit son coté « hymne » autant à  ses qualités mélodiques qu’ à son refrain irrésistible portée par la voix magique de Phil Lynott.

Ce morceau mythique prendra définitivement part à la culture américaine et sera souvent utilisé au cours de cérémonies militaires ou sportives ce qui en dit long sur son coté grand public.

« Fight for all » est malgré son titre accrocheur une très belle ballade gorgée de blues ou transparaît toute la classe du groupe.

« Cowboy song » en revanche prend pied dans un rock calme teinté de country ce qui n’est pas le style que je préfère.

L’album termine par « Emerald » l’un des morceaux de Thin Lizzy les plus inspirés en raison de son coté épique, de ses incessants et prodigieux duels de guitares aussi puissantes que mélodiques.

Au final, j’ai un avis quelque peu partagé sur « Jailbreak ».

Loin de considérer cet album comme un classique et le meilleur de Thin Lizzy, je lui trouve un coté inégal que ses gros tubes et ses moments forts ne parviennent pas à compenser.

Comme souvent, pour toucher un public plus large et en quelque sorte écrire son "Highway to hell" , le groupe a compacté ses morceaux, leur donnant plus d’efficacité mais leur enlevant un peu de leur charme d’antan.

Néanmoins « Jailbreak » contient deux énormes tubes, un morceau estampillé culte (« Emerald ») ,  ce qui suffit à lui assurer un intérêt respectueux de ma part.

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15 août 2009 6 15 /08 /août /2009 11:38


Je tenais à rendre hommage à Thin Lizzy, légendaire groupe de hard rock des années 70 qui a été injustement oublié dans l’histoire de la musique comparativement à son énorme talent et influence.

Thin Lizzy est un groupe irlandais de Dublin qui à ses débuts pratiquait un rock matiné de blues et de country/folk avant de s’orienter vers le milieu des années 70 vers une musique plus musclée lorgnant vers un hard rock inspiré d’une prodigieuse richesse mélodique.

Après avoir commencé à faire parler de lui en reprenant « Whiskey in the jar » de Bob Seger en 1973, le groupe aspire à s’imposer par ses propres compositions et donne naissance à partir de leur album « Nightlife » à une succession de disques qui va le faire exploser au niveau international.

« Fighting » sorti en 1975 est donc le deuxième album issu de cette éclosion d’un talent brut dévoilé à la face du monde.

Le guitare héros Gary Moore ayant quitté le vaisseau après «Nightlife », le groupe stabilise son personnel avec Brian Downey à la batterie, le génial duo de guitares Scott Gorham/Brian Robertson et bien sur l’homme sans qui Thin Lizzy n’aurait jamais sans doute eu autant  d’ame, l’exceptionnel chanteur, bassiste, compositeur Phil Lynott.

« Fighting » débute (encore une fois ! ) par une reprise de Bob Seger, « Rosalie » qui n’a rien à voir avec le classique du regretté pachyderme Carlos, mais qui montre tout de suite le formidable potentiel du groupe.

Porté par une mélodie rock fraîche, fluide, agréable et presque « facile », « Rosalie » est le genre de morceau qu’on se surprendrait un jour à fredonner sans s’en rendre compte dix ans aprés l'avoir écouté tant il est au final prodigieux.

Il faut dire que la voix magique, chaude et sensuelle de Lynott y est pour beaucoup.

« For those who love to live » est typique de Thin Lizzy, guitares aériennes se chevauchant en un déluge de riffs de grande classe, basse-batterie insufflant un groove irrésistible, voix soul magnétique, l’ensemble formant un régal de subtilité ...

« Suicide » est le premier morceau véritablement hard rock du disque, les riffs sont puissants, les solo fantastiques d’intensité, le chant de Lynott plus dur avec un refrain d’une grande efficacité.

« Suicide » est un classique de Thin Lizzy qui étire ses griffes comme un gros félin puissant et gracieux sur plus de 5 minutes d’enchantement.

Tutoyant les anges, « Wild one » montre toute la finesse et l’émotion que pouvait générer ce groupe doté d’un chanteur au feeling prodigieux.

Autre morceau plus rugueux, « Fighting my way back » passe formidablement bien avec son refrain puissamment martelé.

Plus tranquille et doté d’une structure alambiquée hachant son rythme, « King’s vengeance » est peut être le premier morceau au dessous du lot de l’album.

Lui succédant, « Spirit slip away » est une ballade d’une classe et d’une beauté exceptionnelles, réussissant le tour de force de surpasser le pourtant excellent « Wild one ».

Classe folle toujours, car avec sa basse omniprésente et son rythme lent légèrement reggae, « Silver dollar » est rendu irrésistible par les divines envolées aériennes de la voix de Lynott.

« Freedom song » est un titre rock sympathique mais qui fait pale figure comparé aux merveilles garnissant cette précieuse galette.

Avec son rythme syncopée et puissant, ses guitares emphatiques et toute la verve de conteur de rue de son interprète, « Ballad of a hard man » conclut de manière terriblement convaincante ce disque fantastique.

« Fighting » appartient pour moi aux disques de grande classe, aux chefs d’œuvre du hard rock des années 70.

On y retrouve en effet tout le charme redoutable de Thin Lizzy, à savoir ce son de guitare si particulier (les connaisseurs parleront de ces accords à la tierce si caractéristiques ), ce coté à la fois direct et sophistiqué, gentleman séducteur et bagarreur de rue, ce mélange de puissance et de mélodie noyé dans un feeling sonnant irrésistiblement rock.

Pour moi le rock et son cousin le hard rock n’ont  jamais été aussi bon que lorsqu’ils se sont enrichis d’autres influences tout en parvenant à garder leurs fondamentaux.

C’est ce que Thin Lizzy est parvenu à faire dans les années 70 synthétisant une forme supérieurement novatrice de hard rock.

Ce groupe est pour moi à l’image de son regretté chanteur, métisse Afro-Brésilien et Irlandais capable d’intégrer aussi bien la culture noire que la culture celtique dans sa musique.

Comme sans doute son modèle Jimmy Hendrix, Phil Lynott synthétisait donc inconsciemment les cultures africaine et européenne ce qui donna à son hard rock ce son si particulier et envoûtant.

Il est pour moi toujours gênant de constater combien ce groupe est tombé dans l’oubli aujourd’hui.

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14 août 2009 5 14 /08 /août /2009 18:25


Ne connaissant quasiment rien de la philosophie chinoise j’ai lu « Confucius » d’un auteur français spécialiste de l’Orient, Jean Levi.

Ce livre extrêmement dense se propose de brosser en trois parties distinctes un portrait de la vie, de la pensée et de l’héritage du plus célèbre philosophe chinois.

Pour quelqu’un de relativement peu familier d’histoire chinoise et de culture asiatique, la première partie traitant de la Chine au VI iéme siècle av JC a été plutôt difficile d’approche.

L’auteur dans un style dense et parfois lourd, fait état d’une Chine troublée, instable, gouvernée en provinces belliqueuses et ayant du mal à retrouver l’essence des traditions des anciens souverains plus éclairés comme Fou-Hsi, Chen-Nong, Yao et Chouen ou même des Hsia et ses Tcheou.

Confucius eut  très tôt le goût l’étude et devint précepteur puis fit l’acquisition de responsabilités administratives et politiques pour devenir premier ministre de Lu.

Mais déçu du peu d’écoute du souverain il quitta son poste pour mener une vie d’errance à travers la Chine.

Durant cette vie, Confucius chercha a étoffer sa philosophie au fil des rencontres qu’il faisait, même si son but final était de rencontrer des aristocrates gouvernants afin de les amener à suivre la Voie de la Vertu pour ensuite mieux diriger leurs peuples.

Sa renommée allant en grandissant, il eut de nombreux disciples qui le suivirent.

Apparemment le Maître ne refusait personne y compris les pauvres, les brigands ou les gens difformes.

Levi explique le mode de pensée du Confucianisme comme une philosophie non dogmatique, prenant appui sur le respect de la Nature divinisée et sur l’application de rites anciens pour faire atteindre au disciple une harmonie intérieure.

L’enseignement  des rites se faisait par la récitation de poèmes, de canons puis par l’exécution de danses et enfin par l’usage de la musique que le Maître plaçait en plus haut point.

Etaient également très prisés l’enseignement du tir à l’arc et de la conduite de char, en raison des analogies que voyait Confucius avec la manière de mener sa propre vie, le tireur à l’arc ne devant compter que sur lui même pour atteindre sa cible (de Vertu) et le conducteur de char devant être en harmonie avec son attelage afin de le bien conduire.

Levi fait état d’un enseignement écrit inexistant, d’un usage parfaitement limitée de paroles souvent énigmatiques mais plutôt d’un comportement général, d’une éthique, d’un goût pour l’esthétique du geste s’inscrivant dans des rituels destinés à recréer la cohésion dans la société chinoise.

Le rite créateur de cohésion sociale, hiérarchise aussi beaucoup les rapports entre les gens.

Il est à noter que les questions sur  la femme sont complètement inexistantes dans la philosophie de Confucius, ce qui confirme le rôle subalterne qui leur était assigné à cette époque.

Les anecdotes massivement tirées des « Entretiens » de Confucius, illustrent assez bien la subtilité et la souplesse de la philosophie du Maître dont les réponses pouvaient varier du tout au tout selon les circonstances (un deuil par exemple) ou la psychologie de la personne qui venait lui demander conseil quitte à dérouter ces disciples.

Les relations avec ces derniers furent quelques fois très fortes, et notamment quasi filiales avec trois d’entre eux qui sortaient du lot, Yen Houei et Tsé-Lou et Tsé-Kong.

Houei le taciturne, visait le dénuement extrême et l’accomplissement de soi, Tsé-Lou le bouillant, plutôt l’héroïsme et Tsé-Kong brillant orateur, une application plus pragmatique de la philosophie en l’inscrivant dans l’art politique.

Malgré sa renommée et le nombre croissant de ces disciples, Confucius ne fut jamais en position pour peser sur la vie politique d’un royaume, car bien souvent les souverains qui le recevaient voir qui l’embauchaient ne souhaitaient ou ne pouvaient pas suivre ses conseils.

Aussi le philosophe repartait il souvent déçu de ces expériences.

La dernière partie du livre insiste sur la portée de l’héritage de Confucius dont les divers courants instaurés par de brillants disciples comme Mencius ou Hsiun tse qui déformèrent sa philosophie pendant plusieurs siècles.

Levi affirme que l’influence du Confucianisme en Asie est comparable à celle de Jésus Christ et Socrate en Occident, n’hésitant pas à le comparer au Taoïsme et au Bouddhisme.

Ses rares écrits faillirent apparemment plusieurs fois disparaître au fil des revirements politiques suivant que le Maître était ou non appréciés des souverains.

Comme toute philosophie le Confucianisme fut par la suite souvent attaqué et critiqué, et ce fut finalement la révolution communiste qui marqua le grand coup d’arrêt à son influence en Chine.

Au final, si ce livre est parvenu à m’intéresser, à me faire prendre conscience du personnage et à me donner envie de découvrir ses écrits, je n’ai pas beaucoup apprécié le style d’écriture de Jean Levi.

La division en trois partie extrêmement denses, avec peu de chapitres rend difficile l’approche première de l’ouvrage, notamment lors des deux premières ou des éléments de la pensée du Maître se mélangent au contexte biographique, historique et politique de l’époque.

J’ai également trouvé le style de Jean Lévi très souvent lourd et ampoulé comme le montre le passage suivant « cette subversion de la fonction classificatoire du langage au profit de son rôle performatif »  tout compte fait assez ironiquement très éloigné de la grâce, de la simplicité  et de la beauté limpide d’un  bon mot de Confucius.

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9 août 2009 7 09 /08 /août /2009 21:50


« Midnight meat train » de Ryuhei Kitamura est un film d'épouvante sorti en 2009.

D’ordinaire je suis assez peu client de ce style de film mais le fait que ce film soit une adaptation d’un livre de Clive Barker l’auteur et réalisateur de « Candyman » sans doute l’un des films d’horreur les plus réussis de tous les temps, m’a donné envie de consacrer un peu de temps à son visionnage.

L’histoire se déroule dans une grande ville (anonyme) des Etats Unis.

Léon Kauffman (Bradley Cooper) est un artiste photographe trentenaire qui traîne la nuit dans les lieux sombres de la ville dans l’espoir de faire des clichés intenses susceptibles de lui ouvrir le monde des prestigieuses galeries d’art de la ville.

Un soir que Léon traîne dans le métro il assiste à une agression, trois voyous tentant en effet de violer une belle asiatique.

Léon prend des photo puis intervient au péril de sa vie.

La jeune femme échappe à son triste sort, le remercie, s’engouffre dans le métro mais disparaît dans la nuit.

Léon devient vite obsédé par cette affaire et néglige le potentiel contrat qu’une riche mécène (Brooke Shields) lui fait miroiter en échange d’autres clichés accrocheurs.

Il se confie à sa femme Maya Jones (Leslie Bibbs) une serveuse de restaurant au physique de faire valoir grande/blonde/maigre à la Flavie Flament typique des films américains mais rien ne parvient à le raisonner de son obsession.

En traînant dans le métro il finit par tomber sur un type louche qu’il suit pour découvrir que le type est boucher.

En réalité ce boucher, incarné par le colossal ex footballeur Vinnie Jones, est un tueur en série qui assassine des gens dans les derniers métro avant de les découper en morceaux dans une station désaffectée.

Le couple décide de filer le boucher tueur qui bien entendu s’aperçoit du manége ce qui entraîne une succession de scènes haletantes quelques fois bien gore.

Alors qu’on s’attend à un dénouement pépère à savoir l’élimination du tueur après une lutte sanglante avec le couple, le film bascule brutalement dans le fantastique et révèle un deuxième niveau de lecture franchement plus retors et vicieux.

On comprend alors mieux le fond de l’histoire et on est tout d’un coup frappé par la puissance machiavélique de la fin du film.

« Midnight met train » recèle de nombreux points communs avec l’univers de Barker, développé dans « Candyman » : un environnement urbain glauque, oppressant , dangereux ou évolue un tueur impitoyable armé d’un marteau et d’un croc de boucher.

Le personnage de Léon, photographe voyeur est assez intéressant même si ce thème a déjà été utilisé avec un talent insurpassable par Hitchcock et De Palma.

J’ai trouvé le film relativement peu excitant jusqu’au dernier tiers, qui a lui seul par son brusque revirement justifie l’engouement du public du festival de Gérardmer qui a décerné à « Midnight meat train » un prix en 2009.

Au final pas le film du siècle mais tout à fait acceptable dans le genre horrifique.

A noter pour les fans d’Ultimate Fighting, le petite rôle de Quinton « Rampage » Jackson qui pour une victime supposée, donnera bien du fil à retorde à cette grosse brute épaisse de Vinnie Jones !
Mais au fait que pense la RATP de ce film ?

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9 août 2009 7 09 /08 /août /2009 20:42


Ces derniers mois en lisant beaucoup de philosophes grecs j’ai constaté qu’une partie de leur savoir était héritée de l’Egypte ancienne, l’exemple le plus marquant étant Pythagore qui y séjourna plusieurs décennies pour s’instruire avant de développer sa propre philosophie très influencée par la culture égyptienne.

« Initiation à la sagesse égyptienne » de Naomi Ozaniec se veut donc une porte d’entrée pour mieux appréhender cette culture nimbée de mystères et de fantasmes.

Dans ce livre Ozaniec remet en cause le mode de pensée moderne basé sur des principes de rationalité, d’utilité et de segmentation des choses qui constituent à ses yeux autant d’obstacles pour comprendre le mode de pensée des anciens Egyptiens.

On apprend donc que les Egyptiens, fascinés par les phénomènes célestes, ont calqué leur culture autour de symboles évoquant l’origine du monde et le sens de celui ci.

Ces symboles s’expriment tout d’abord par l'adoption d'une mythologie extrêmement complexe avec les places prépondérantes d’Osiris, Isis, Horus, Seth et Thot puis Anubis et Maat mais aussi par la création d'un système d’écriture unique au monde : les hiéroglyphes.

Ozaniec insiste sur le rôle prépondérant des prêtres scribes dans l’organisation de la société égyptienne antique.

Ces scribes étaient les vecteurs du savoir de l’époque et en plus d’embrasser tout un ensemble de savoirs concernant l’astronomie, les mathématiques, l’architecture, la musique, la philosophie, la musique, la médecine… ils devaient également assurer un rôle religieux.

On comprend alors mieux l’importance du rôle de Thot, dieu de la sagesse et de l’écriture.

La conjonction du divin et de l’homme s’incarnait dans le rôle du pharaon qui plus qu’un roi ou qu’un empereur était considéré comme un dieu.

La dernière partie du livre est consacrée aux Mystères, ces rites initiatiques réputés secrets, auxquels accédaient certains initiés.

Ozaniec démystifie quelque peu le rôle de ces rites en montrant l’existence d’une partie simplifié accessible au peuple lors de grands festivals très théâtralisés, mais aussi d'une partie effectivement réservée à certains élus passant par des étapes d’identification et d’assimilation de personnalités représentant principalement les divinités Isis et Osiris.

Ainsi l’errance d’Isis pour retrouver le corps de son mari était sensée représenter la quête de l’homme pour la sagesse, son questionnement, avant que la résurrection du corps d’Osiris ne soit vue comme le point culminant du rituel.

« Initiation à la sagesse égyptienne » est un petit  livre original, intéressant mais parfois un peu déroutant dans sa structure avec l’incorporation de passages ou l’auteur nous propose ni plus ni moins que de rentrer en méditation afin de mieux ressentir les rituels de l’Egypte antique !

J’ai noté aussi une approche assez critique, voir trop critique de notre monde sans doute jugé trop technologique et froidement rationnel en comparaison avec la richesse du symbolisme égyptien et de sa puissante imagination amenant le divin au plus prêt de l’homme.

Ces réflexions atteignent pourtant souvent leur but, notamment lorsque l’auteur compare l’extrême sophistication des rites funéraires égyptiens, l’embaumement, l’édification de somptueux tombeau-pyramides sensés traduire leur respect de la vie et de la mort, avec nos rites modernes sommaires traduisant un éloignement autour de ces valeurs pourtant fondamentales à nos existences humaines.

Donc si pour l’instant donc je n’envisage pas de me mettre à la méditation, en revanche je partage le point de vue de Ozaniec sur le fait que les sagesses anciennes de civilisations aussi brillantes et complexes que celles de l’Egypte antique ont encore beaucoup à nous apprendre.

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8 août 2009 6 08 /08 /août /2009 21:45


Alice in Chains est sans nul doute l’un des mes groupes cultes.

Impossible pour moi de ne pas être touché par la beauté, la noirceur et quelques fois la violence désespérée de leur musique, tout comme il m’est impossible de ne pas voir dans les textes de Layne Staley de sombres prémonitions quand à sa tragique destinée finale.

Le « Unplugged » d’Alice in Chains sorti 1996 peut être considéré de la même manière que celui de Nirvana en 1994, comme le chant du cygne d’un groupe phare des années 90, marquant la fin d’une époque et la fin d’un mouvement musical né du malaise adolescent : le Grunge.

Ma mère me l’avait offert à sa sortie dans les bacs et à l’époque trop jeune sans doute, j’avais peu apprécié le coté trop calme et acoustique de l’œuvre.

Aujourd’hui je suis plus amène d’apprécier.

En avril 1996, le groupe de Seattle se retrouve à la Brooklyn Academy pour l’enregistrement d’un live acoustique sous le (saint ?) patronat de la chaîne de télévision musicale MTV.

A cette époque, le chanteur Staley était déjà malade, il apparaît pour une des ces dernières prestations publiques amaigri et très affaibli.

Son partenaire et ami, Jerry Cantrell l’autre ame créatrice d’Alice in Chains, le soutiendra vocalement activement pendant toute la durée du concert, ce qui conduira à la présence d’un guitariste supplémentaire Scott Olson.

Le disque débute par un « Nutshell » ballade détachée toute en douceur et en subtilité.

La voix traînante, planante, magique de Layne prend tout de suite à la gorge et au cœur, l’émotion submerge déjà l’auditeur.

Encore plus lent et aérien, « Brother » brille surtout par ses superbes harmonies vocales qui s’étirent (peu être un peu trop complaisamment) sur plus de cinq minutes.

Plus concis et direct, « No excuses » dévoile la face la plus accessible du groupe avec un refrain séduisant facilement mémorisable.

Inversement « Sludge factory » tortueux et glauque à souhait, plonge l’auditeur dans les sombres marécages des pensées d’un homme malade et vacillant.

Mais le diamant pur de ce disque est sans nul doute « Down in a hole », dont la version acoustique mariant à merveille les deux voix de Cantrell et de Staley propulse ce titre dans une dimension supérieure de pure grâce aérienne et fragile.

« Angry chair » que j’ai toujours adoré pour son coté inquiétant et rampant, est également magnifié par son interprétation à la guitare sèche.

Cette fabuleuse trilogie s’achève avec un « Rooster » fantastique, marqué au fer rouge par les variations magiques de la belle voix nasillarde, chaude et puissante du chanteur blond.

Pourtant le groupe semble décider à rester dans le sublime, tant ce « Got me wrong » presque léger et frais (tout est relatif !) vient apporter un peu d’air régénéré dans cette pièce saturée de lourdes émanations.

 « Heaven beside you » légèrement bluesy et morceau réputé « accessible » du groupe est interprété tout en émotion et en classe.

Alice in Chains joue ensuite son tube « Would ? » , tellement parfait, qu’il rayonne royalement même dépouillé de son habituel manteau de puissance électrique brute.

« Frogs » qui lui succède est son antithèse parfaite, sans refrain évident, sinueux, interminable, complexe mais porté par cette voix lumineuse, vibrante qui arrache les tripes et le cerveau.

Conséquence logique de ce requiem glacé, « Over Now » est un enterrement de première classe respirant paradoxalement plus la vie qu’on pourrait le supposer.

Les paroles cependant ne laissent présager aucune doute quand à l’issue finale.

Seule légère et infime faute de goût, l’inédit « Killer is me » que je trouve en dessous de l’ensemble.

Vous l’aurez compris, si j’avais émis quelques réserves sur le « unplugged » de Nirvana, il m’est impossible de ne pas considérer celui d’Alice in Chains comme un chef d’œuvre.

Bien sur il y a la qualité des morceaux, mais la valeur de ce disque provient surtout de  la double interprétation Cantrell/Staley et de l’émotion directe, intense, sans artifice, ni théâtralité de ce dernier qui était de toute façon au bout du rouleau à ce moment la.

Ce concert appartient donc à la catégorie des disques à écouter chez soi le soir, toutes lumière éteintes, la gorge serrée, les yeux humides parfois, en méditant sur le coté cruel de la vie qui arracha au monde un talent tel que celui de Layne Staley.

Il est étonnant de constater que souvent les plus grands artistes sont souvent des gens torturés, fragiles, très mal dans leur peau à la vie généralement brève et à la destinée tragique.

Comme il est dit dans « Over Now », « We pay our debts sometimes » .

Layne a payé les siennes, beaucoup trop cher à mon goût.

Resteront des disques cultes comme celui ci pour ne jamais l’oublier totalement.

Salut l’artiste et merci.

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8 août 2009 6 08 /08 /août /2009 18:35



Poursuite (voir fin) des quelques écrits consacrés à Nirvana dans ces colonnes avec le dernier album du groupe « Unplugged in New York » sorti en 1994. 

A l’époque peu de gens se doutaient que le concert enregistré en petit comité dans une atmosphère acoustique intimiste des locaux d’MTV au mois de Novembre 1993 à New York serait l’ultime effort du légendaire trio de Seattle. 

Pour ce disque d’adieu, Nirvana en délaissant sa rage habituelle et la puissance des guitares électriques va présenter un visage surprenant, plus doux, intime et touchant que jamais.  

Le concert s’ouvre sur « About a girl » son de guitare clair et chaleureux, mélodie  mélancolique pénétrante, belle voix cassée de Kurt Cobain créent tout de suite un étrange sentiment de proximité avec les artistes.  

Habituellement j’aime beaucoup « Come as you are » cette simplicité, cette mélodie somptueuse qui fait mouche sans coup férir mais ici sans passages appuyés, la version acoustique prend une dimension étonnamment dépouillée qui me vrille l’estomac.  

Reprise d’un groupe nommé The Vaselines ( !) « Jesus doesnt want me for a sunbeam » est une belle ballade aussi triste que magnifiquement teintée de folk celtique.  

Autre ballade, « The man who sold the world », originellement de David Bowie, fut sans doute le tube le plus marquant du disque.  

« Pennyroyal tea » issu du dernier album studio paraît en comparaison légèrement en dessous avec ses refrains répétitifs.  

Retour à la grâce exquise avec « Dumb » rehaussé par une superbe mélodie de violoncelle.  

« Polly » on le sait est un tube dont la version acoustique accroît la douceur.  

Ensuite on arrive aux passages les plus faibles de l’album.  

 « On a plain » et le trop soporifique « Something in the way »  paraissent en effet moins relevés que les morceaux du début.  

Puis Nirvana enchaîne trois reprises des Meat Puppets, avec les frères Kirkwoods présents ce soir la.

  « Plateau » assez country est une belle chanson sans être fantastique, « Oh me » manquant de rythme fait l’effet d’un bœuf entre potes ne jouant que pour eux dans un salon, « Lake of fire » est plus dynamique et intense.

  Le concert finit cependant sur deux titres forts, la lancinante ballade « All apologies » un tantinet trop plaintive à mes yeux et l’exceptionnelle reprise du bluesman des années 40, Leadbelly « Where did you sleep last night », vibrante et déchirante d’émotion, sans doute dédiée à cette garce de Courtney Love.

 

En conclusion, si pour beaucoup le « Unplugged in New York » de Nirvana est sans nul doute l’un des meilleurs concerts jamais enregistrés, je n’irais pas jusqu’à partager cet enthousiasme.  

Si en effet le début de l’album atteint des sommets de grâce et d’émotions, son milieu se fait plus quelconque avec notamment ces reprises pas franchement divines des Meat Puppets.  

Néanmoins ce disque possède une indéniable aura, un charme particulier, une charge émotionnelle proprement hors du commun inhérente à la personnalité de Kurt Cobain et à sa manière de porter ses morceaux au bout de sa voix chaude, touchante, fatiguée, déchirée.  

On sent donc toute la souffrance et la sensibilité du chanteur mais en jouant sur un disque entier dans ce registre ceci peut quelques fois lasser.  

« Unplugged in New York » restera pour moi comme un étonnant testament folkeux, très digne et élégant, de la part d’un grand groupe qui aura marqué son époque..

 

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8 août 2009 6 08 /08 /août /2009 16:56


En cette période de commémoration des premiers pas de l’homme sur la Lune, j’ai pensé que lire « Gagarine ou le rêve russe de l’espace » d’Yves Gauthier pouvait être intéressant pour capter l’atmosphère d’une époque de Guerre Froide ou deux super puissances s’affrontaient par le biais de cette course à la conquête spatiale.

En réalité, le livre de Gauthier est une minutieuse biographie de la vie du premier homme dans l’espace en s’appuyant sur un travail d’enquête de fond menée en Russie à partir d’interviews, de biographies, d’archives de l’époque, la Perestroïka des années post Gorbatchev ayant grandement contribuée à leur accessibilité au niveau mondial.

Le lecteur suit donc de manière chronologique la vie de Youri Gagarine, né en 1934 à Klouchino, fils de paysans russes aussi pauvres que travailleurs se tuant à la tache pour cultiver une nature sauvage avec des techniques agricoles non encore mécanisées.

Enfant, Gagarine subit la seconde guerre mondiale, l’occupation allemande, est fasciné par les combats aériens auquel il assiste et les exploits des aviateurs russes magnifiés il est vrai par la puissante propagande Stalinienne.

Après la guerre, afin de fuir la misère des campagnes et de nourrir sa famille, Gagarine se rend à Moscou pour suivre des études de fondeur.

A cette époque dans le pays de la faucille et du marteau, les métiers de l’industrie surtout si ils sont manuels sont très valorisés et considérés comme une ascension sociale.

Pendant ses études, le jeune homme malgré son origine modeste montre tout de même d’étonnantes aptitudes intellectuelles dans les matières scientifique et techniques.

En parallèle de la fin de ses études de fondeur, Gagarine s’inscrit dans un aéroclub à Saratov et découvre les écrits de Tsiolkovski, extravaguant savant, génial bricoleur à l’imagination débridée et père spirituel de toute l’aérospatiale russe.

Cette découverte est un choc pour le jeune homme et il découvre alors sa véritable vocation : devenir pilote de chasse.

Il y parvient et intègre à Tchakalov une école de formation à l’armée de l’air.

Mais Gauthier insistera longuement sur le rôle crucial que jouera un autre homme dans la réussite de l’aérospatiale russe, le brillant ingénieur Sergueï Korolev, lui aussi fils spirituel de Tsiolkovski, qui nouera avec Gagarine une relation quasi filiale.

Pourtant malgré son génie, la vie de Korolev fut atrocement mouvementée : arrêté comme beaucoup d’intellectuels lors des purges Stalinienne, il fut torturé et envoyé au goulag avant d’être extrait par Beria en raison du besoin de cerveaux qu’avait l’URSS pour son programme de conquête spatiale.

Korolev libéré mais étroitement surveillé par la police se voit en raison de ses grandes compétences chargé du programme spatial russe.

Le génial ingénieur fabriqua les premiers engins spatiaux comme les fusées R7 et R2 qui emportera la chienne Laika, le  satellite Spoutnik, et finalement le Vostok dans lequel embarquera Gagarine.

De son coté, Gagarine devenu pilote de chasse et basé au pole nord, est sélectionné avec une vingtaine d’autres excellents pilotes pour participer au programme spatial.

Tous sont volontaires, attirés par une inextinguible soif d’aventure.

Les vingt hommes, vivant en reclus dans la Cité des Etoiles à quarante kilomètres de Moscou, vont passer de longs mois de tests physiques et psychologiques pour déterminer leurs aptitudes à devenir le premier cosmonaute de l’Histoire.

Ce passage m’a le plus intéressé, car il révèle les incroyables qualités physiques mais aussi humaines de Gagarine.

Gagarine n’est le meilleur nulle part mais il est le plus polyvalent avec de grandes capacités d’endurance physique et de résistance au stress.

Sa stabilité nerveuse et mentale est excellente, son intelligence analytique remarquable.

Les rapports montrent un homme travailleur, intelligent, curieux mais également très sociable, doté d’un charisme naturel lui permettant de très bien gérer les relations humaines.

Son sens de l’humour et son éternel sourire dans l’adversité sont également noté comme signe de son esprit combatif et positif.

Gagarine devient le favori de Korolev qui appuie sa candidature mais c’est le Kremlin de Khrouchtchev qui prend la décision finale de la choisir en raison de son origine modeste et rurale, de son parcours modèle sensé représenter parfaitement l’image de l’homme soviétique des années 60.

Le 12 avril 1961, Gagarine devient le premier homme à aller dans l’espace au nez et à la barbe des américains.

Pendant le vol, certains dispositifs et systèmes ne fonctionnent pas mais Gagarine s’en sort sans s’affoler et livre un rapport détaillé de ses impressions.

Des probabilités réalisés après coup montrent qu’il n’avait que 46% d’en revenir vivant.

Alors commence la seconde vie de Gagarine, sans nulle doute plus compliquée.

L’homme simple devient un demi dieu universel et est réclamé dans le monde entier.

Gagarine fait le tour du monde et est utilisé comme un instrument de propagande soviétique.

Gagarine devient un héros dans son propre pays, des foules en liesse se déplacent pour le voir, des statues de lui sont moulées en bronze, sa ville natale est rebaptisée.

Il paraît dans un premier temps bien résister à cette notoriété disproportionnée en essayant d’aider les gens qui le contactent mais il s’aperçoit assez rapidement qu’il n’est qu’une marionnette, que les dirigeants de l’URSS cherche à le placardiser et à l’empêcher de voler de nouveau.

Gagarine, fidèle aux visions de Tsiolkovski, lui ne rêve que de vols sur la Lune, Mars ou Venus.

Bien sur poussé par Korolev, Gagarine va entrer à l’Académie des Science et réussir de brillante études d’ingénieurs.

Il va également participer à terre aux vols de ses successeurs, mais de cette mise à l’écart va sans doute naître un déchirement intérieur et un mal être, mal être aggravé par la mort subite de Korolev qui sera vraisemblablement  pour beaucoup dans l’échec de la conquête de la Lune par l’URSS.

Ayant obtenu de nouveau l’autorisation de voler sur un avion de chasse, Gagarine se tuera avec son instructeur sur un MIG-15 le 27 mars 1968.

Les circonstances de ce drame resteront mystérieuses et feront naître les plus grands fantasmes pendant des années avec des rumeurs de suicide, d’alcoolisme ou d’internement secret en hôpital psychiatrique.

Gauthier parvient pourtant de manière assez analytique et dépassionnée à montrer que la vétusté de l’appareil, ses dysfonctionnements, et la piètre qualité des services météorologique russes de l’époque semblent avoir abouti à une conjonction de facteurs ayant amené à l’accident.

Bien que non passionné de conquête spatiale, « Gagarine ou le rêve russe de l’espace » m’a vivement intéressé.

Le livre insiste derrière la dimension historique et universelle de l’exploit, sur les rouages humains et politiques de l’envers du décor.

J’ai particulièrement apprécié les descriptions de la personnalité de Youri Gagarine qui semblait à vrai dire être un homme formidablement attachant à la fois intelligent, généreux, sympathique, idéaliste ce qui outre la fierté patriotique reste peut être la raison principale de son immense popularité en Russie même encore à notre époque.

Et puis, selon vous ce sourire étincelant sur la photo de la couverture, ce sourire qui nous frappe encore prêt de cinquante ans après, pourrait il nous mentir ?

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