Overblog Suivre ce blog
Administration Créer mon blog
30 août 2009 7 30 /08 /août /2009 21:04


En 1988, après un « Blah-Blah-Blah » trop commercial et édulcoré,  Iggy Pop le caméléon, revient brutalement au rock et même au rock dur.

La pochette le montre clairement, Iggy n’a plus son look de gendre idéal de  l’album précédent mais aborde un retour aux cheveux longs, aux grosses chaines, au cuir et à un logo baignant dans l’acier chromé.

Exit la collaboration avec David Bowie, il s’entoure ici d’une vraie équipe de rockers avec le guitariste Steve Jones qui lui avait écrit son meilleur titre sur « Blah-Blah-Blah », de Seamus Beachen aux claviers, de Leich Foxx à la basse et de Paul Caristo à la batterie.

Le premier titre « Cold metal » annonce la couleur avec du hard rock, lourd, puissant, ou Iggy Pop déploie une voix d’une froide efficacité sur un refrain assassin broyant tout sur son passage.

L’album ne déviera jamais de cette ligne directrice forte.

« High on you » devenue l’un des classiques du répertoire de l’Iguane est une éclatante réussite alliant puissance des guitares et mélodie vocale mélancolique en une combinaison parfaitement fatale.

« Strong girl » est efficace, porté par la voix rauque d’Iggy sur une rythmique pesante ou Steve Jones place un superbe solo typiquement heavy metal.

Plus linéaire « Tom Tom » poursuit dans la même direction, avec un refrain original apportant un peu de fraîcheur dans ce monde saturé en acier trempé.

Emblématique et inspiré, « Easy rider », avec un rythme rapide et un refrain irrésistible, est le deuxième classique de ce disque.

Avec ses riffs puissants et son refrain efficace « Power and freedom » à défaut de proposer du génie, tient fermement la route.

« Lowdown » chanté d’une voix grave magnifiquement mélancolique, dévoile  l’autre facette plus sensible de l’Iguane.

Dopé par un riff terrible et un refrain prodigieux divinement accompagné aux claviers, « Instinct » est assurément l’une des plus belles réussites de ce disque.

« Tuff baby » sur lequel la voix d’Iggy répond habilement à la guitare de Steve Jones, continue sur la voie de l’excellence.

« Squarehead » parachève ce disque de manière particulièrement agressive.

En conclusion avec « Instinct » Iggy Pop se frotte avec bonheur au son lourd et puissant du heavy metal en parvenant à couler sa superbe voix dans un ensemble massif, cohérent et robuste.

Le résultat peut paraître par instants un peu trop linéaire et froid mais demeure globalement d’une efficacité et d’une maîtrise absolument imparables.

Aucune faiblesse n’est donc à déplorer sur ce disque puissant, sans concession et même si d’aucuns penseront que le style d’Iggy Pop se doit d’être plus varié et riche qu’un heavy metal froid et efficace, « Instinct » à le mérite après un « Blah-Blah-Blah » cauchemardesque de remettre l’Iguane sur une orbite plus salutaire pour sa carrière.

L’album suivant « Brick by brick » adoucira le ton en essayant avec plus ou moins de réussite de combiner mélodies intimistes et hard rock musclé.

Repost 0
Published by Seth - dans Rock
commenter cet article
30 août 2009 7 30 /08 /août /2009 20:04


En 1986 et en pleine période new wave, Iggy Pop alors en grosse perte de vitesse s’acoquine de nouveau avec son vieux compère David Bowie pour sortir « Blah- Blah-Blah ».

L’Iguane s’est ici associé avec un personnel réduit composé de Kevin Armstrong à la guitare et de Erdal Kizilcay, véritable homme orchestre qui assure rien que moins que la basse, les synthétiseurs, la batterie et même les chœurs !

Ce qui frappe tout de suite sur la pochette c’est le look très propret limite gendre idéal d’Iggy Pop, cheveux courts, blue jean et tee shirt d’une sobriété plus que surprenante.

L’album débute avec « Real wild child » au rythme plaisant et au refrain très efficace.

Ensuite les choses se gâtent, en effet on comprend que « Blah- Blah-Blah » ne sera pas un album de guitares rock et qu’un affreux son de synthétiseur régnera en maître sur toute la durée du disque.

«Baby, it can’t fall »  lent et pénible, illustre fort bien le style froid et synthétique adopté par le tandem Pop/Bowie sur ce disque.

Meme si Iggy use de sa belle voix de crooner sur « Shades » , cela ne suffit pas à sauver ce morceau globalement plus que poussif.

La même réflexion reste valable sur « Fire girl » : très belle performance vocale d’Iggy Pop sur une mélodie moelleuse, une batterie robotisée et d’atroces sons de synthétiseurs.

Le mode somnifère se poursuit sur « Isolation » encore plus insipide.

Arrive le seul morceau de bon niveau de ce disque, « Cry for love »  avec Steve Jones à la guitare, brillant par un refrain de toute beauté.

Mais la relative accalmie est de courte durée tant « Blah-Blah-Bah »  est une véritable catastrophe ressemblant à un jingle de générique de jeux télévisé ringard des années 80.

Sur « Hideaway »  et « Winners and losers » l’auditeur continue d’endurer sa punition tel un malade mental shootés à mort aux tranquillisants.

Dans son délire narcoleptique, il croit entendre le son timide d’une guitare électrique sur « Little miss emperor » mais ce doux rêve se transforme rapidement en hideux cauchemar hallucinatoire.

En conclusion, « Blah-Blah-Bah »  est un naufrage, une horreur kitsch et fadasse, une monstruosité, une aberration dans la carrière d’Iggy Punk.

Le duo Pop/Bowie semble ici totalement victime de son époque et proposer un produit édulcoré expurgé de toute velléité rock and roll et truffé de bidouillages électroniques sans ame.

Ce disque laisse une impression triste de déchéance, comme celle de voir un vieux lion enfermé dans une cage exiguë, un fauve au pelage terni, aux dents cassées, aux griffes usées attendant docilement que son gardien lui donne sa pitance chaque jour et faisant rire les visiteurs qui se moquent de sa faiblesse derrière les barreaux de sa captivité.

Avec ce disque Iggy Pop semble avoir perdu son instinct de prédateur sauvage et le sentiment qui en ressort est à vrai dire plutôt attristant.

Heureusement le vieux lion montrera par la suite qu’il a encore de la ressource ...

Repost 0
Published by Seth - dans Rock
commenter cet article
30 août 2009 7 30 /08 /août /2009 17:39


« Daredevil : A chacun son du » est une série 100% Marvel en cinq épisodes.

J’ai lu la quatrième partie de cette saga scénarisée par Ed Brubaker et dessinée par le duo Michael Lark-Stephano Gaudino avec une première partie signée Lee Weeks.

Dans la première partie justement on retrouve les états d’ames de Milla Donovan, la femme de Matt Murdock qu’il a épousée peu après le décès brutal de Karen Page.

Milla, également aveugle raconte les difficultés de vivre avec un justicier, ses angoisses incoercibles lors de ses mystérieuses escapades nocturnes et sa peur de le voir mourir un jour.

Ce passage est l’occasion de comprendre les épisodes précédents, la mise à nue publique de la double identité de Murdock puis son arrestation, son incarcération et son évasion de la prison de Ryker’s island.

Après ce long monologue, l’histoire démarre véritablement avec Melvin Potter dit le Gladiateur, ennemi célèbre de Daredevil, qui lui même incarcéré à Ryker’s Island est soupçonné d’avoir tué deux de ses détenus.

Malgré quelques hésitations Murdock accepte de défendre son vieil ennemi qu’il croit innocent et son alter ego Daredevil constate dans le même temps une recrudescence des crimes dans son quartier de Hell’s kitchen ou des commerçants sont sauvagement assassinés sans raison apparente.

Mais l’interrogatoire de Potter ne mène à rien de probant et une mystérieuse équipe organise son évasion lors d’un transfert afin de déchaîner à nouveau le Gladiateur.

Potter, schizophrène notoire, retrouve en effet ses vieux démons et réendosse le costume du Gladiateur, composé d’une armure, d’un casque, de lames circulaires et de couteaux, complétant sa prodigieuse force physique.

Alors que les meurtres sanglants s’accumulent, Daredevil met tout en œuvre pour arrêter Potter qu’il veut néanmoins aider.

Mais celui ci s’en prend à Milla et manque de la tuer.

Daredevil finit par venir à bout du Gladiateur qui semble complètement perturbé mentalement au point de vouloir se suicider.

L’énigme des assassinats n’étant pas résolue, Daredevil trouve la piste de trafiquants ayant mis sur le marché une drogue d’une puissance inouïe donnant aux criminels un surplus de courage et des tendances suicidaires.

Mais il tombe dans un guet append et gazé se retrouve aux mains d’un inquiétant personnage nommé Larry Cranston alias Mister Fear, dont la peau sécrète une substance toxique générant panique, effroi et anxiété chez ses victimes.

L’album se termine sur une menace de Cranston qui apprend à un Daredevil réduit à sa merci qu’il est parvenu à approcher Milla en se faisant passer pour un psychiatre…

La partie 4 de « Daredevil : a chacun son du » présente une intrigue complexe, dense et sombre avec l’instrumentation par un maître stratège d’une force de la nature, le Gladiateur dans un but inconnu.

Cependant je n’ai pas été séduit par le style fin de Lark et n’ai jamais trouvé que le Gladiateur, ennemi finalement assez simplet aux armes primitives était un adversaire à la hauteur de Daredevil.

J’ai donc éprouvé quelques difficultés pour me passionner pour l’intrigue.

Coté cœur, les problèmes conjugaux de DD, me sont apparus également un peu « bateaux » tant on pouvait se douter sans peine des difficultés à vivre avec un justicier menant une double vie.

La cinquième partie sera sans à mon avis plus intéressante avec l'entrée en lice de Mister Fear, ennemi beaucoup plus retors et difficile à combattre qu’une brute épaisse et limitée comme le Gladiateur.

Repost 0
Published by Seth - dans Comics
commenter cet article
29 août 2009 6 29 /08 /août /2009 22:13


Riche idée qu’a eu Marvel de rééditer sous forme de collections intégrales les classiques des épisodes des super héros phares des années 60 comme Spider Man, Iron Man ,Daredevil, Hulk, les Quatre Fantastiques ou bien les X-Men.

Concernant Daredevil, le summum des aventures du justicier aveugle a été pour moi atteint sous la plume de Frank Miller dans les années 80.

Aussi ai je lu avec délectation « Daredevil : l’intégrale de 1982 ».

Cette compilation massive recèle une partie de l’age d’or de l’homme sans peur avec le génial Frank Miller au scénario, dessin et encrage.

Dans le premier épisode, les élections battent leur plein à New York et un scandale est alors révélé par Sheldon, un jeune journaliste du Daily Bugle.

En effet Cherryh, sérieux candidat au poste de maire est soupçonné d’avoir passé un marché avec Wilson Fisk alias le Caïd, le colossal chef de la pègre New Yokaise pour lui livrer la ville en échange de fonds.

Mis en accusation pour diffamation par Cherryh, le journal se voit défendu par l’avocat Matt Murdock.

Commence alors un jeu complexe entre manœuvres de corruption et d’intimidations politico maffieuses pour faire renoncer le journaliste et tentative de chantage de ce dernier qui a un terrible besoin d’argent.

Daredevil appuyé pour l’occasion par le tandem Iron Fist-Power Man, protége le jeune journaliste des griffes de la pègre et Ben Urich, autre journaliste plus chevronné du Daily Bugle, prend les choses en main avec la ferme décision d’établir les preuves de la collusion Cherryh-Fisk.

Urich, seul à connaître la véritable identité de DD, est un personnage très attachant avec son intégrité, sa ténacité, son vieil impair, ses grosses lunettes et ses éternelles cigarettes.

Pour résoudre ses problèmes, le Caïd décide de recruter un nouveau tueur et jette son dévolu sur Elektra, l’ex petite amie de Daredevil.

Elektra neutralise son ancien amant, manque de tuer Urich qui refroidi, finit par renoncer.

Alors que tout semble perdu, Murdock exploite une piste mystérieuse sur la base d’un cliché d’une femme clocharde pris prêt du domicile du Caïd.

Après une incursion mouvementée dans les égouts, Urich et Daredevil retrouvent la trace de Vanessa l’ex femme du Caïd devenue clocharde, qui constitue son seul et unique point faible.

Daredevil arrache Vanessa au monde sous terrain des marginaux et fait un chantage à Fisk pour revoir sa femme.

Forcé de reculer, le Caïd lâche Cherryh qui finit par se livrer.

Daredevil remporte le premier match dans son duel face au Caïd.

Dans la deuxième partie, on assiste au retour de Bullseye alias le Tireur dans la vie de Daredevil.

Ennemi  redoutable et charismatique, le Tireur est le double maléfique de DD, le révélateur sans lequel sa mission n’aurait pas la même saveur.

Le Tireur emprisonné et atteint de troubles mentaux, ne vit que pour son obsession de tuer son pire ennemi.

Utilisant ses dons de transformer tout objet en arme morelle, il s’évade et tue Elektra lors d’un duel épique afin de redevenir le tueur numéro un du Caïd.

Murdock dévasté par la douleur vit les heures les plus sombres de son existence.

Etrangement, le Tireur, « sent » instinctivement que Murdock et Daredevil ne font qu’un, il fait part de sa théorie au Caïd qui la juge heureusement extravagante.

Daredevil préserve in extremis son secret et son affrontement crépusculaire contre le Tireur s’avère un des sommets de la série.

Victime d’une chute terrible, le Tireur termine paralysé dans un lit d’hôpital mais son obsession de vengeance reste elle intacte.

La troisième partie consacrée à un crossover entre Daredevil et le Punisher autour d’une enquête alambiquée contre un trafic de drogue décimant les enfants a été pour moi d’une intensité moindre, même si le Punisher, héros sombre et torturé colle très bien à l’univers de l’homme sans peur.

L’album termine sur deux « Et si », avec pour le premier le thème assez décevant que DD soit devenu un agent du Shield ou pour le deuxième beaucoup plus émouvant le fait que Elektra n’ait pas été tuée par le Tireur.

En bonus et sans les dessins de Miller, on retrouvera une alliance hautement improbable entre Spider Man, Moon Knight, Iron Fist, Power Man et Daredevil pour contrer l’Homme Pourpre piloté par le Caïd.

En conclusion, cette intégrale brille surtout par l’enchaînement des deux premiers épisodes mêlant le quatuor mythique, Daredevil, Elektra, Bullseye et le Caïd.

Dans l’univers glauque et oppressant des bas quartiers du New York des années 80, Frank Miller imprime une atmosphère crépusculaire, étouffante et d’une noirceur sans nom à cette tragédie moderne ou chacun des protagonistes montre des fêlures d’une complexité exceptionnelle.

Une tueuse prises de remords et hantée par son amour passé, un justicier friable, fidèle en amitié et en amour, un impitoyable caïd de la pègre capable de plier dans l’espoir de revoir sa femme transformée en clocharde et un tueur malade, instable, instinctif, aussi mortel que génial composent donc le formidable univers imaginé par Miller.

La partie avec le Punisher est également d’un bon niveau, Murdock étant véritablement déchirant dans son refus de la mort d’Elektra.

On recommandera aussi le « Et si …Elektra n’était pas morte », nerveux et émouvant, créant pour une fois une belle happy end entre DD et Elektra.

En résumé, pour ces quelques raisons « Daredevil : l’intégrale 1982 » est un album culte, totalement, indispensable pour le fan de bande dessiné moderne, amateur d’univers sombres et de personnages aussi complexes que torturés.

Repost 0
Published by Seth - dans Comics
commenter cet article
29 août 2009 6 29 /08 /août /2009 20:40


Retour à la bande dessinée et plus précisément aux comics avec « Wolverine : Logan » du dessinateur argentin Eduardo Risso et du talentueux scénariste de la série « Lost » :  Brian K Vaughan.

Ce court  « graphic novel » comme appelé sur la couverture traite une nouvelle fois du passé de Wolverine et tout particulièrement des liens mystérieux qui l’unissent au Japon.

Le mutant canadien revient ici au pays du soleil levant  pour régler des comptes avec un ennemi effrayant, sorte de monstrueux squelette enflammé qui le met dangereusement à mal.

Après cette introduction aussi musclée que difficilement compréhensible, le lecteur plonge dans le passé de Wolverine alors que, soldat canadien pendant la seconde guerre mondiale, il est capturé par l’armée japonaise.

Durant sa détention, Logan rencontre un autre prisonnier, Warren Ethan, lieutenant  seul rescapé d’un navire américain coulé par les Japonais.

Les deux hommes s’entraident pour s’évader de leur prison et au cours de leur cavale, Wolverine empêche Ethan de tuer une femme civile japonaise croisée par hasard.

Wolverine refuse en effet de céder à la haine et au racisme aveugles d’Ethan.

Recueilli par la jeune femme Astuko, Logan découvre son premier vrai amour et vit quelques heures aussi délicieuses qu’ inoubliables.

Atsuko révèle le nom de l’endroit ou elle vit : Hiroshima.

Mais ivre de vengeance, Ethan revient et tue Astuko sous les yeux de Logan.

Wolverine découvre qu’Ethan est un mutant comme lui, insensible à la douleur et pratiquement immortel.

Alors que les deux hommes sont engagés dans une lutte à mort, un avion de l’US air force largue la fameuse bombe atomique « Little Boy » qui dévaste toute la ville tuant des millions de personnes.

De manière assez stupéfiante, Wolverine brûlé et défiguré survit, protégé par son pouvoir auto guérisseur.

Assez similairement Ethan survit sous la forme d’un fantôme revêtant l’apparence d’un squelette enflammé.

On comprend alors que Wolverine est revenu à Hiroshima afin de retrouver l’assassin d’Astuko et venger son ame defunte.

Après une lutte acharnée, il parvient à ses fins et à tuer Ethan, réglant ainsi ses comptes avec un passé qui le tiraillait.

La fin du récit se déroule sous la forme d’un rêve ou Logan retrouve l’espace d’un instant son amour perdu.

Bien que mineure dans la longue et riche carrière du mutant griffu, « Wolverine : Logan » est une courte histoire bien construite, ou règnent un certain désenchantement, une forte mélancolie et un  romantisme poignant.

Wolverine montre ainsi les seules blessures auxquelles il ne guérit jamais vraiment : celles infligées par ses liaisons tragiques avec les quelques femmes qu’il a aimées au cours de sa vie tumultueuse.

Inscrit dans le cadre historique et tragique de la bombe d’Hiroshima, « Wolverine : Logan » permet donc de découvrir le coté le plus humain d’un personnage tiraillé sans relache par son passé.

Au niveau des critiques :  j ’ai trouvé le personnage du méchant Warren Ethan peu original, le graphisme de Risso assez particulier, beau, dépouillé et sombre mais manquant de finesse dans le dessin des personnages notamment dans les traits des visages.

Belle citation pour finir «  Aucune vie n’est épargnée par les bombes, échec, malheur, rupture, mais même le pékin lambda peut survivre à une ou deux explosions. Ce qui nous tue c’est ce qui vient après : les retombées.
La longue chute de toutes les conséquences de nos erreurs.

Elles pleuvent sur nous sans qu’on les voie et quand on remarque enfin le poison qui s’accumule, on s’est déjà noyé dedans ».

A méditer.

Repost 0
Published by Seth - dans Comics
commenter cet article
28 août 2009 5 28 /08 /août /2009 15:22


J’avais peu goûté la prose d’Oscar Wilde dans « De profundis »  et dans « La ballade de  la geôle de Reading » aussi me suis je dis que je ne pouvais en rester la.

C'est pourquoi ai je lu « Le portrait de Dorian Gray » qui demeure incontestablement un classique de la littérature fantastique anglo saxonne.

L’histoire se déroule à Londres, au XIX ième siècle dans les milieux aristocrates des gentilshommes anglais.

Basil Hallward est un peintre de talent, qui avoue lors d’une discussion avec son ami Lord Henry être fasciné par un jeune modèle qu’il vient de peindre, Dorian Gray.

Hallward a trouvé en Gray son idéal esthétique et a dit il mis toute son ame dans un portrait du jeune homme qu’il vient de réaliser.

Intrigué Lord Henry manifeste son désir de rencontrer Gray et il découvre un jeune homme d’une beauté exceptionnelle aussi pure que juvénile.

Lord Henry discute avec Gray et ses idées brillantes, cyniques, amorales, vont rapidement perturber puis influencer le jeune homme.

Henry parvient à lui faire comprendre que sa beauté se fanera vite et qu’ensuite il souffrira en se souvenant de son éclat passé.

Choqué, Gray émet le souhait de ne jamais vieillir et de rester pareil à son portrait.

Il ignore que ce souhait sera exaucé par quelque forces maléfiques.

Par la suite les trois hommes se fréquentent assidûment, allant de réceptions en dîners mondains.

Gray tombe amoureux d’une jeune actrice de seconde zone Sibyl Vane mais leur idylle tourne court, le jeune homme terriblement dur et cruel allant jusqu’à provoquer la mort de l’actrice par désespoir.

Son frère engagé dans la Marine jure alors de la venger.

Gray finit par éprouver des remords mais il est trop tard, son portrait s’altère alors d’un rictus cruel.

Le jeune homme prend peur et décide de cacher dans une pièce secrète aux yeux de tous ce portrait qui reflète la vraie nature de son ame.

Obsédé par ce portrait qui le hante, Gray mène pendant prêt de vingt ans une vie de mystères, s’intéressant à l’hédonisme que lui souffle Lord Henry, cultivant un goût pour l’esthétisme des sciences occultes, des drames sanglants de l’histoire, pour les fumeries d’opium et provoquant souvent par son influence la mort ou la ruine de ses fréquentations.

Sa réputation se ternit alors sensiblement dans les cercles des nobles anglais.

Détail troublant : Gray ne vieillit pas, il conserve son physique de jeune homme mais à chaque mauvaise action, son portrait se dénature un peu plus devenant de plus en plus hideux.

Un jour que Hallward désire voir le portrait caché, Gray devient fou et dans un accès de haine aveugle le tue.

Pourchassé par le frère de Sibyl Vane, il échappe de peu à la mort.

Tourmenté par ses crimes, acculé à une situation des plus intolérables, Gray finit par poignarder son propre portrait et transformé en vieillard décati meurt instantanément.

« Le portrait de Dorian Gray » est une œuvre subversive et terriblement amorale.

Le thème de l’homosexualité cachée est pour moi clairement abordé à travers la fascination qu’exerce ce beau jeune homme sur Hallward.

Lord Henry le mentor de Gray incarne parfaitement les théorie de Wilde sur un retour à l’hédonisme, à l’abandon des sens, au goût pour l’art, l’esthétisme, s’exprimant par la poursuite de la jeunesse et du plaisir éternels pour combattre un mal de vivre permanent.

Ce roman n’est donc pas que fantastique et sulfureux, il développe aussi une philosophie de la vie jugée amorale à l’époque de la très Victorienne Angleterre.

La langue de Wilde est généralement puissante, très riche et sophistiquée, sans doute trop par instant pour moi comme en témoignent les interminables tirades ou les réparties cinglantes de Lord Henry.

Par instant « Le portrait de Dorian Gray » m’a fait penser à une pièce de théâtre tant les dialogues enlevés, vifs, pleins d’esprits s’avèrent percutants.

Les citations corrosives de Wilde sont en effet innombrables dans ce roman, les femmes et le mariage en étant le plus souvent la cible.

Ce coté « machine à phrase définitives » emportant tout sur son passage par quelques bon mots bien placés m’a agacé quelques fois.

Le style trop maniéré de Wilde et cet univers de dandys hédonistes riches et oisifs ne m’ont pas non plus touché.

En conclusion malgré ses qualités littéraires, je ne pense pas qu’Oscar Wilde soit un jour un écrivain culte pour moi.

Repost 0
Published by Seth - dans Fantastique
commenter cet article
27 août 2009 4 27 /08 /août /2009 13:38


« Phantom of the paradise » de Brian de Palma, sorti en 1974 et récompensé au festival d' Avoriaz en 1975 est considéré par beaucoup comme un film culte.

Il est vrai que ce film, transposition originale d’un livre de Gaston Leroux, possède une atmosphère unique mélangeant comédie musicale rock et épouvante.

L’histoire est assez étonnante, Swan (Paul Williams) est un producteur sans scrupule, pilleur de talent, désirant ouvrir une boite de nuit à succès qu’il a choisi d’appeler le « Paradise ».

Petit, blond, grassouillet, tyrannique, l’homme fait et défait les carrières d'artistes manipulés comme des marionnettes et fait l’objet d’une véritable dévotion que génèrent son immense fortune et son pouvoir dans l’industrie du disque.

Un jour  qu’il auditionne Winslow Leach (William Finley) un anonyme compositeur interprète,  Swan décèle le formidable potentiel de la musique de Leach et lui dérobe ses partitions.

La musique de Leach est un opera rock ayant pour thème le mythe de Faust.

Alors que Leach cherche toujours à faire reconnaître son œuvre il fait la connaissance de Phœnix (Jessica Harper) jeune chanteuse auditionnant également pour Swan.

Leach tombe amoureux mais découvre peu après que Swan l’a roulé.

Alors commence son calvaire, Leach est battu, fait mettre en prison par Swan.

En prison on lui arrache les dents pour les remplacer par du métal et une tentative d’évasion lui défigure la moitié du visage, le laissant dans un état de santé physique et mental plus que précaire.

Entre temps, Swan ouvre sa boite et engage un chanteur et choristes pour interpréter la musique de Leach.

Devenu un monstre difforme ivre de souffrance et de vengeance, Leach hante le paradise en portant un déguisement de théâtre qui cache une partie de son visage défiguré.

Les incidents se multiplient au Paradise et Swan voulant préserver ses affaires tente de nouveau d’embobiner Leach en lui faisant signer un contrat avec son propre sang pour produire sa musique.

Leach découvre une nouvelle fois la supercherie et assassine l’interprète du rôle principal, en échange il obtient que seule Phœnix puisse chanter sa musique.

Swan fait mine de céder mais séduit Phœnix et lui promettant monts et merveilles et notamment un mariage sur scène à la fin de la première de « Faust ».

A la trahison artistique s’ajoute à présent la torture de la trahison amoureuse.

Leach ne pouvant en supporter plus tente de se suicider mais Swan lui révèle qu’il a signé un contrat le liant directement à sa destinée, elle même liée au Diable.

Leach découvre que Swan a passé en effet un pacte avec le Diable en échange de la jeunesse éternelle.

Lors du concert-mariage au Paradise tout s’enchaîne, et Leach parvient à tuer Swan qui s’apprêtait lui même à assassiner en direct Phœnix pour créer plus de spectacle.

Le compositeur maudit meurt donc à son tour et se traîne agonisant aux pieds de sa bien aimée.

« Phantom of the paradise » est un film complètement fou, doté d’un visuel hallucinant, baroque et décalé comme seules les années 70  et leur desinhibition semblaient pouvoir autoriser la création.

Derrière les mythes de Faust ou de Dorian Gray, la métaphore sur l’artiste maudit possédé par un producteur diabolique est intéressante.

Le personnage de Swan, demi dieu omnipotent régnant sur un harem de jeunes femmes soumises et d’employés larbins prêt à tout est également des plus saisissants.

Cependant mon problème est que les trois quarts du films sont chantés et que je n’ai absolument pas accroché à la musique proposée, rock assez ringard d’ou ma gêne globale pour apprécier ce film qui ne dépassera donc pas le cadre de celui d’un ovni des années 70.

Repost 0
Published by Seth - dans Fantastique
commenter cet article
26 août 2009 3 26 /08 /août /2009 16:41


 « Poids léger » de Jean-Pierre Arméris est un film franco-belge sorti en 2004 d’après le roman éponyme de Olivier Adam.

Ce petit film aux allures de téléfilm de France télévision m’a en réalité beaucoup touché.

Le personnage principal est Antoine (Nicolas Duvauchelle) partageant une vie frustre entre sa carrière de jeune boxeur amateur et son métier de croque mort.

Antoine passe bien entendu beaucoup de temps à la salle de boxe ou Chef (Bernard Campan) son entraîneur le couve comme un fils.

Tout semble se dérouler pour le mieux du monde puisqu’il fait même la connaissance de Sue (Mai Anh Lee) , une jeune et belle asiatique étudiante en stylisme.

Mais pourtant derrière ce masque de guerrier, le jeune homme semble torturé, comme rongé par un mal sournois qui le mine de l’intérieur.

On comprend assez vite la nature du mal qui ronge Antoine, le jeune homme a perdu récemment ses deux parents et la souffrance du deuil le détruit progressivement.

Antoine partage son fardeau avec sa sœur Claire (Sophie Quinton) mais cette dernière semble avoir une attitude en apparence plus positive que celle de son frère.

Lentement le spectateur assiste à la dégradation de l’équilibre psychique d’Antoine, à sa violente souffrance qui se manifeste par des insomnies, des crises de violence et d’auto destruction.

Arméris distille habilement de terribles flash backs que vit Antoine autour de souvenirs de son enfance avec sa sœur et ses parents, le plus dévastateur d’entre eux étant celui ou Claire et Antoine se rendent une dernière fois dans la maison vide de leurs parents et revivent leurs souvenirs communs sous forme de lettres, musiques, odeurs, sons ..

Antoine part donc  à la dérive, il boit beaucoup, fume, se bat, perd ses combats, quitte son emploi rendu insupportable par la vision de la douleur des autres, se brouille avec Sue, gâche le mariage de Claire en frappant son mari …

Seul Chef semble le soutenir encore mais son déménagement dans le Sud n’arrange pas les choses.

Finalement, Antoine parvient à se ressaisir, Sue le rejoint et lui apprend qu’elle est enceinte.

Le film se termine sur la naissance du fils d’Antoine sensé lui apporter le réconfort nécessaire pour affronter la vie.

Film psychologique très sombre, doté de scènes terriblement émouvantes « Poids léger » est un très bon film français ou le jeu d’acteur de Duvauchelle permet de rentrer totalement en empathie avec la souffrance d’un jeune homme en deuil.

Aussi brillant que dans « Le petit voleur » , il montre que son talent, sa belle gueule et son physique de voyou fragile font de lui un des meilleurs jeunes acteurs des années 2000.

J’ai trouvé la différence d’approche du deuil très bien vue, entre Antoine pris dans une spirale de destruction et Claire dans la négation et le bonheur forcé comme le résume son mariage en carton pâte avec un informaticien.

Seul bémol à ce film, Bernard Campan aussi crédible en entraîneur de boxe que Stallone en comique et dont chacune des répliques déclenche des torrents de clichés entre ses problèmes conjugaux bidons, sa gentillesse paternelle dégoulinante et ses aspirations de parigot désirant s’acheter son cabanon dans le Sud en pensant que cela améliorera sa vie.

Une seule scène résume tout pour moi : Campan parle à Antoine dans le restaurant asiatique ou travaille Sue, et personne n’écoute ce qu’il raconte.

Je recommande néanmoins ce film profond, douloureux, introspectif et sombre.

Repost 0
Published by Seth - dans Psychologie
commenter cet article
25 août 2009 2 25 /08 /août /2009 11:18


« César Cascabel » est un roman d’aventure de Jules Verne relativement méconnu comparé aux plus grand succès du romancier français.

L’histoire ne manque pourtant pas de piquant.

César Cascabel est un forain français ayant émigré au XIX iéme siécle avec sa  famille en Californie ou il a plutôt bien réussi, acquièrant renommée et argent par ses représentations dans les villes et villages des Etats Unis d'Amérique.
Ayant accumulé assez d’argent pour revenir en France, il décide de regagner sa région natale, la Normandie en cheminant à bord de sa roulotte tirée par deux chevaux pour prendre un bateau à vapeur à New York.

Mais au cours de la remontée de la Sierra Nevada, la famille Cascabel est victime d’un vol et tout son argent amassé au fil des ans se voit dérobé.

Privés de moyens de retour classiques, les Cascabel vont avoir l’idée folle de rejoindre la France en passant le détroit de Behring gelé en hiver créant ainsi un pont de glace naturel entre l’Asie et l’Amérique.

Ce voyage insensé menant de la Californie à la France en passant par la Colombie Britannique, l’Alaska et la Russie sera l’occasion pour Jules Verne d’écrire une incroyable épopée autour de cette attachante famille de forains.

César tout d’abord est le patriarche, expert en tour de force et en ventriloquie.

Puis viennent sa femme Célesta, championne de lutte et leurs enfants, Napoléonne l’équilibriste, Sandre le contorsionniste, Jean le jongleur que viennent compléter le clown britannique Clou de Girofle ainsi qu’une sympathique ménagerie composée d’un singe, d’un perroquet et de deux chiens.

Au cours de cet incroyable voyage, les Cascabel vont recueillir deux personnages ayant été agressés par des bandits : Kayette une jeune indienne orpheline et Monsieur Serge, géographe russe gravement blessé au couteau qui s’avérera par la suite etre le  comte Narkine exilé politique en cavale.

Ainsi armés de leur courage, de leur optimisme, de leur inépuisable énergie, de leur bon cœur et de leur débrouillardise, les Cascabel vont braver tous les dangers, phoques, ours, loups affamés, brigands, indiens et militaires anglais ou russes pour arriver au bout de leur incroyable but.

Le point culminant du récit est pour moi la traversée du détroit de Behring, avec la glace qui se détache et la famille qui se retrouve à dériver le long des cotes siberiennes s’en remettant à un sort des plus incertains avant de terminer captifs de sauvages indiens des îles Liakhoff.

Mais à chaque fois Jules Verne fait triompher ces courageux forains français de l’adversité, et fait même naître une histoire d’amour entre la belle Kayette et le jeune Jean.

L’histoire se termine bien, la famille finissant même par confondre les brigands russes qui s’étaient attaqués à Narkine.

Roman d’aventure d’une dimension exceptionnelle, « César Cascabel » mérite assurément le détour.

Le monde forain est ici dépeint avec tendresse et sympathie par Jules Verne, avec des personnages attachés même dans l’adversité la plus extrême,  à de hautes valeurs morales comme le courage, l’honnêteté , la fidélité, le sens de l’entraide et de la famille.

On pourra néanmoins être quelques fois choqué par certains passages qu’on pourrait aujourd’hui qualifier de racistes ou xénophobes, notamment par rapport aux indiens qualifiés de singes ou d’anglais copieusement hais par la famille Cascabel mais replacés dans leur époque on pourra montrer également quelques indulgence avec l’auteur.

Etrangement peu connu, ce roman d’aventure d’une audace et d'une imagination exceptionnelles m’a charmé par ces descriptions des paysages nord américains toujours source de fantasmes pour un jeune homme ayant lu plus jeune avec ravissement un certain Jack London.

Repost 0
Published by Seth - dans Aventure
commenter cet article
25 août 2009 2 25 /08 /août /2009 10:07


Si je connaissais les ouvres les plus connus de Jules Verne, je n’avais en revanche jamais lu « Les tribulations d’un chinois en Chine » tout juste avais je en mémoire un vieux film français avec Jean Paul Belmondo adapté de cette œuvre.

La lecture de ces tribulations s’est avérée en définitif absolument délicieuse.

Kin-Fo est un jeune Chinois de Shanghai, qui a hérité d’une fortune considérable de la part de son père Tchoung-Héou homme d’affaire ayant fait fortune dans le commerce de rapatriement de cercueils des travailleurs chinois immigrés aux Etats Unis.

Il vit avec un ami et conseiller Wang, ancien membre des Tai-Ping, bande de rebelles sanguinaires, s’étant converti à la philosophie de Confucius et son valet Soun, personnage stupide, maladroit et comique du récit.

Jeune, beau, intelligent, riche, allant se marier une jeune veuve la belle Lé-ou, Kin-Fo a tout pour être heureux mais s’ennuie à en mourir car sa vie n’a aucune saveur à ses yeux.

Apprenant par une lettre provenant de sa banque américaine qu’il a été ruiné, Kin-Fo décide donc le plus simplement du monde de mettre fin à ses jours.

Son but est tout d’abord de se suicider et d’éprouver enfin quelques émotions au moment de mourir.

Il se rend tout d’abord dans une compagnie d’assurance américaine et place en deux fois une somme importante en assurance vie, laquelle à sa mort sera partagée entre Lé-ou et Wang.

La compagnie d’assurance dépêche deux de ses agents Craig et Fry, véritable duo comique façon Dupont et Dupond de chez Hergé, pour suivre Kin-Fo et s’assurer de sa sécurité jusqu’à ce que la somme totale soit versée à l’assurance, soit environ deux mois après la signature du contrat.

Puis s’apercevant qu’il ne peut se suicider, par un jeu pervers il écrit une lettre à  Wang pour lui demander de le tuer sous un délais de deux mois.

Par ce procédé il pense ainsi dédouaner son ami d’une accusation de meurtre.

Mais Wang a du mal à accomplir sa tache, il tergiverse et disparaît.

Entre temps, Kin-Fo apprend que la banque a commis une erreur et que sa fortune est intacte.

Il revient donc sur sa décision de mourir et se lance à la poursuite de Wang à travers tout la Chine en allant de Shanghai à Pékin en passant par Nan-king.

Entre temps, Wang, que l’on croit mort noyé,  s’est finalement désisté et a chargé une ancienne connaissance à lui, Lao-Shen cruel chef de bande Tai-Ping d’éliminer Kin-Fo.

Kin-Fo va donc parcourir toute la Chine avec Soun, Craig-Fry, en tentant à la fois paradoxalement de retrouver Wang, Lao-Shen tout en échappant à leurs tueurs !

Le point culminant du récit est pour moi l’incroyable évasion de Kin-Fo et de ses amis d’une jonque chinoise, en se jetant à la mer pour échapper à des tueurs cachés dans des cercueils.

Détail technologique intéressant, la survie de Kin-Fo et de ses amis est assurée par des combinaisons de survie en caoutchouc assez avant gardistes pour l’époque.

Après avoir bravé la mort en mer et une fois le délais de l’assurance passé,  Kin Fo est lâchement livré par Craig-Fry à la bande des Tai-Ping qui vit sous la Grande Muraille.

Lao Shen, inflexible aux supplication de Kin-Fo parait déterminé à remplir son contrat.

Au moment de l’exécution, la surprise intervient et Kin Fo s’aperçoit que Wang a voulu lui donner une leçon en lui apprenant le caractère précieux de l’existence.

Ainsi ayant connu la peur, l’espoir, la souffrance, Kin-Fo découvre la valeur de sa propre vie et épouse la belle et sympathique Lé-ou.

En conclusion « Les tribulations d’un chinois en Chine » est une merveille dépassant allégrement le cadre du roman d’aventure pour aborder brillamment le thème du conte philosophique.

Le détachement, le dégoût de Kin-Fo pour la vie provient du fait qu’il a toujours tout obtenu trop facilement et que sa perception de l’effort, du mérite a été atténuée par ces conditions initiales exceptionnelles.

Confronté au cours de son périple à de grands dangers ou à des situations qui lui échappent, Kin-Fo découvre en lui ses émotions profondes, vient puiser dans sa volonté, dans ses ressources, développe son instinct de survie et apprend lui aussi à goûter au plaisir simple d’être en vie.

« Les tribulations d’un chinois en Chine » est donc le parcours initiatique d’un jeune homme aisé de la bourgeoisie qu’éduque son maître à travers le voyage.

Il est à noter le style remarquable, extrêmement documenté sur les provinces chinoises et leur gouvernance complexe au XIXieme siècle, ainsi que l’humour (souvent noir !) souvent présent dans ce livre, aussi bien dans les dialogues entre les représentants de la compagnie d’assurance et Kin-Fo, que avec les pitreries de Soun.

Ainsi, profond d’un point de vue philosophique (un homme cherche la mort pour trouver le sens de la vie) , riche en aventure et très plaisant à sa lecture, « Les tribulations d’un chinois en Chine » demeure un fantastique roman.

Repost 0
Published by Seth - dans Aventure
commenter cet article

Présentation

  • : Le blog de Seth
  • : Articles/Chroniques pour un partage de voyages interieurs majoritairement littéraires
  • Contact

Recherche

Pages

Liens