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13 juin 2009 6 13 /06 /juin /2009 16:15


Pour beaucoup « Matrix » des frères Wachowski, sorti en 1999 est un film culte, voir sans doute l’un des meilleurs films de Science Fiction de tous les temps à l’égal de la Guerre des Etoiles.

Pour ma part j’avais vu le film à sa sorti en salle, je n’avais pas spécialement accroché, j’avais par acquis de conscience vu le second avant devant mon insatisfaction croissante de tout  laisser brutalement tomber.

J’ai donc revu 10 ans après le premier volet avec je l’espère un œil neuf, plus mature.

Le résultat est que « Matrix » est un bon film de Science Fiction mélangeant habilement action, technologie et philosophie.

La force du premier Matrix réside pour moi dans son scénario, complexe, ambitieux et très abouti.

L’histoire est il est vrai dense, assez paranoiaque, truffée de personnages et de rebondissements.

Elle marque aussi une progression pour le spectateur dans la compréhension du récit.

Finalement le héros, Thomas Anderson (Keanu Reeves) ce cadre dans une multi nationale high tech aseptisée, hacker informatique la nuit qui se retrouve happé par des événements qui le dépassent, pourrait être beaucoup de gens dans la société moderne compte tenu du nombre croissant de « geeks »  ingénieurs informaticiens dans notre société.

Bon évidemment la sédentarité et le régime coca-pizza ne garantissent pas forcément le physique musclé et athlétique de Keanu Reeves mais le cinéma n’est il pas fait pour rêver après tout ?

Dans le film, Anderson alias « Mister Nobody » est donc contacté par une organisation mystérieuse présidée par un certain Morpheus (Laurence Fishburne).

Morpheus lui révèle que le monde dans lequel il vit n’est pas la réalité mais un monde virtuel et factice appelé Matrice contrôlé par des Intelligences Artificielles.

Ces I.A ont combattu et vaincu les hommes lors d’une guerre nucléaire et ceux ci sont à présent réduit à l’état d’élevage, fournissant le combustible énergétique pour faire tourner le mondes des machines.

Les humains croient donc vivre leur vie dans la Matrice alors qu’ils sont en réalité maintenu dans des cocons, inconscients et nourris artificiellement.

Meme leur reproduction est assurée par les I.A.

Seuls quelques humains « survivants » comme le groupe de Morpheus luttent encore et se cachant dans les repli sous terrains du monde réels.

Ces survivants mènent des actions commando en pénétrant dans la Matrice via les connections téléphoniques.  

Ils sont pourchassés par les I.A qui leurs envoient des virus logiciel comme l’Agent Smith (Hugo Weaving ) ou des pieuvres traquant dans le monde réel leurs vaisseaux.

Selon un Oracle, Anderson a été annoncé comme étant Néo, l’Elu qui libérerait l’humanité de l’emprise de la Matrice.

Anderson voit donc toute sa réalité s’écrouler et doit combattre son incrédulité devant ce qu’il découvre.

Morpheus lui sert de mentor, il l’entraîne, enfin il lui apprend surtout tous les arts martiaux et le maniement des armes à feu plutôt que de passer du temps au développement de ses capacité intellectuelles.

Mais malgré cela, le doute plane, Anderson est il vraiment l’Elu ?  Sera t il à la hauteur de cette tache quasi christique ?

C’est tout l’enjeu du premier film pour moi, la consolidation des capacités d’Anderson a accomplir la prophétie de l’Oracle.

Bien, voilà donc pour les cotés plaisants.

Ce que j’aime moins dans Matrice se situe dans l’esthétique, avec ce mélange de neo gothique sado maso branché, de technologie et de vague philosophie martiale.

Ce mélange s’avère globalement peu crédible et assez indigeste.

Je suis également toujours surpris que pour un film sensé se passer dans un futur évolué et hyper technologique, les combats se passent encore à base d’arts martiaux et de fusillades à l’arme à feu !

Les combats justement, certes il y a l’utilisation de procédés techniques révolutionnaires pour « figer » les personnages en l’air, de leur faire esquiver les balles et grimper aux murs mais la majeur partie d’entre eux restent très basiques avec un déluge de balles à la limite du ridicule dans la scène ou Néo vient délivrer Morpheus capturé par l’Agent Smith.

L’Agent Smith peu impressionnant physiquement n’est pas aussi pour moi pas un « ennemi » crédible, avec son costume et son look de cadre supérieur trop propre sur lui.

Quand à la pseudo histoire d’amour avec Trinity alias Carrie Anne Moss (dont l’un des mes amis était amoureux à l’époque !)  je n’y ai pas cru non plus …

En conclusion, Matrix repose sur une bonne idée à base dans la grande tradition de la Science Fiction à la Philippe K Dick ( Ce que nous vivons est il  réel ? ) , à savoir un scénario fouillé et prenant mais ni les acteurs ni l’imagerie ni les scènes d’action ne m’ont fait pleinement adhérées à ce joli produit high tech (pour l’époque).

Matrix demeure néanmoins une audacieuse incursion dans le monde de la SF, ce qui par rapport à la médiocrité de la production cinématographique n’est pas à négliger.

Quand au succès du film il s’explique bien évidemment par ses multiples niveaux de lectures, film d’action/kung fu pour les moins cérébraux, film de réflexion à tiroirs quasi philosophiques sur le monde moderne pour les autres.

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13 juin 2009 6 13 /06 /juin /2009 14:01


Poursuite dans la douleur cette fois des découvertes platoniciennes avec un recueil regroupant trois dialogues « Parménide, Théétète, le Sophiste ».

Disons le d’emblée j’ai eu beaucoup de mal avec Parménide.

Dans ce dialogue, Platon fait parler le philosophe pré-socratique Parménide qu’il n’a jamais connu et semble retranscrire sa pensée aidé grandement en cela par Socrate.

Les autres participants, Phythodore, Zénon et Aristote jouent un rôle essentiellement passif.

Le début du dialogue expose la théorie des formes , universelles, existantes de manière intelligibles mais non sensibles et dont les objets réels ne sont que la copie.

Parménide cependant met en doute le caractère accessible et connaissable de ces formes à l’être humain, il s’agit donc d’une réfutation de la théorie de Socrate et d’un revirement surprenant chez Platon.

Ensuite le dialogue bascule dans différentes études et hypothèses autour de l’Un, de ses propriétés physiques comme sa constitution, son rapport au Tout, au mouvement, au temps puis ses relations avec les Autres, en terme de comparaison, ressemblance.

Il m’a été très difficile de suivre ce dialogue très abstrait reposant sur plusieurs hypothèses contradictoires sans que l’une se détache clairement.

Je n’ai donc pas compris ou voulait en venir le philosophe sur ce terrain.

Second dialogue de cet ouvrage, le « Théétète » m’a plus intéressé.

Le dialogue a lieu entre Socrate et le jeune mathématicien Théétète, élève prometteur de Théodore de Cyrène qui intervient sporadiquement.

Socrate questionne son jeune interlocuteur autour d’une définition de  la science.

Théétète qui soutient les thèses du sophiste  Protagoras, sert de faire valoir à Socrate pour réfuter les thèses de son rival.

Progressivement, Socrate amène par la dialectique son élève à construire sa réflexion.

La science n’apparaît ni réduite à la sensation, ni à l’opinion qui sont par nature trop variables et relatives aux individus.

Les exemples des rêves ou des maladies altérant la perception humaine sont à mis en avant par Socrate pour ces appuyer ces réfutations.

Finalement après un raisonnement très bien construit les deux hommes arrivent à une définition satisfaisante en proclamant que la science est une opinion à laquelle s’est jointe la raison, et la science de la différence d’une chose à une autre.

Le « Sophiste » dernier dialogue du recueil est une plaisante charge contre les meilleurs ennemis de Socrate, les Sophistes dont le philosophe se propose d’établir une définition.

Ce dialogue a toujours lieu entre Socrate et Théétète mais un mystérieux « Etranger » vient se joindre à eux pour finalement mener la discussion un peu à l’instar de Parménide dans le dialogue du même nom.

La conclusion à laquelle arrivent les trois hommes est que le Sophiste est un maître dans l’art de la mimétique.

L’objet de son imitation porte sur la connaissance, puisque le Sophiste prétend tout connaître sur tout.

Le Sophiste utilise donc l’art des discours pour duper ses élèves, qu’il choisit généralement jeunes et riches afin de pouvoir leur monnayer son enseignement.

Cette réflexion autour du Sophiste amène les trois hommes à une étude sur le non être puisque les Sophistes estiment que tout discours est vrai puisque le non être ne peut être prouvé.

Cette partie du dialogue est la plus difficile puisque l’Etranger essaie de montrer l’existence du non être afin de pouvoir contrer les arguments sophistiques.

L’étude améne à discuter les thèses de Parménide (l’être est un Tout immobile ) et celles des matérialistes comme Héraclite (tout est toujours en mouvement) ainsi que celles des Idées ( tout appartient aux Formes, éternelles, transcendantes et immuables ).

L’étranger conclut par le fait que l’être et le non être participant chacun à l’être lui même, peuvent ainsi se mélanger et par conséquent que l’opinion fausse peut exister.

En résumé, j’ai diversement apprécié ce recueil.

Le Parménide m’est apparu trop abstrait, doté d’une structure confuse, difficilement appréhendable.

J’ai préféré le « Théétète » d’une construction plus claire et magnifique exemple de dialectique Socratique.

Quand au « Sophiste » si le début et la fin du dialogue sont relativement plaisants, la longue démonstration autour de l’existence du non être m’a été difficile à suivre, tant cette démonstration faisait appel à des théories d’autres philosophes Pré-Socratique que je ne connaissais pas très bien.

Dans ces dialogues, Platon semble nuancer ses théories premières sur les Idées.

L’influence de Parménide puis de cet étranger dans le Sophiste paraissent révélatrices d’une évolution voir d’une  auto critique sur les thèses jusqu’alors mises en avant par Socrate.

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Published by Seth - dans Philosophie
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6 juin 2009 6 06 /06 /juin /2009 23:10


Electricsix est un groupe américain de Detroit qui sortit en 2003 un album intitulé « Fire » auquel je voulais rendre hommage dans ces colonnes.
 

La musique pratiquée par ce groupe de timbrés est une sorte de mariage contre nature entre le disco, le punk et le rock, pour former un cocktail assez improbable hautement énergétique. 

« Fire » mélange donc la puissance d’une guitare électrique offensive (Rock-n-roll indian)  avec des lignes rythmiques de basse-batterie (Disco, M) , des claviers (Sorge Joebot) , qui viennent lui insuffler un groove disco-funk absolument dévastateur. 

Elément important de la réussite de cette formule, la voix du chanteur Dick Valentine, parfaite incarnation du rockeur au timbre puissant, viril mais également chaud, sensuel voir sexuel capable également de monter assez haut. 

Sa performance sur « I’am the bomb » est à ce propos une démonstration assez ébouriffante de son gigantesque talent. 

De plus Electricsix propose une imagerie dotée d’un humour décalé, cynique, provocateur absolument irrésistible. 

Avec pareilles conditions réunies, les hits pleuvent sur l’auditeur comme des grenades explosives sur les plages de Normandie le 6 Juin 1944, « Dance commander »  , « Electric deamons in love » au martèlement implacable, « Nuclear war » et ses 1’15 de puissance pure, mais surtout « Danger, high voltage » avec son saxo, sa voix féminine et « Gay bar » les deux meilleurs morceaux de l’album sont des monuments de jouissance rock n roll. 

« I invented the night » plus calme et doux, dévoile une belle et surprenante facette plus intimiste du groupe. 

Le seul reproche qui pourrait être adressé à cet album est celui d’une certaine linéarité mais « Fire » regorge d’une telle énergie, d’un tel punch, d’une telle fraîcheur qu’il faudrait vraiment être un sacré pisse froid pour maintenir sérieusement cette critique. 

Et oui n’en déplaise à certains, le rock est aussi cela, une certaine simplicité, une spontanéité alliées à un coté potache, sexuel, irrévérencieux, bruyant de garnements mal élevés. 

En 2003, un jeune groupe américain donnait donc un grand coup de pied aux fesses à une scène rock quelque peu embourgeoisée. 

« Fire » est pour moi l’album idéal pour mettre de l’ambiance chez soi, démarrer une journée en trombe ou faire la fête sur un son rock puissant et dansant. 

Ce disque peut également servir de centrale électrique de secours en cas de défaillance du réseau EDF. 

Pour ceux qui aimeraient en savoir plus, je recommande aussi le visionnages des vidéo clips absolument hilarants comme « Gay bar », auquel je pense chaque fois que je vois des hommes métro sexuels prendre soin de leurs corps dans les salles de gym.

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Published by Seth - dans Rock
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6 juin 2009 6 06 /06 /juin /2009 21:53


« Le souci du bien » est une compilation de deux des premiers dialogues de Platon : le « Lysis » traitant de l’amitié et le « Charmide » de la sagesse.

Ses deux textes obéissent aux traditionnels échanges dialectiques entre Socrate et ses adversaires ou disciples.

Dans le « Lysis », Socrate vient apparemment en aide à Hippothalès amoureux transi du jeune, beau et intelligent Lysis.

Le philosophe vient donc trouver Lysis et débattre avec lui et ses jeunes amis Ménexène et Ctésippe sur le thème de l’amitié y compris au sens sexuel.

Socrate s’interroge sur la nature des relations d’amitié et si c’est le propre de l’être aimé ou de l’amant de se voir attribué le qualificatif d’ami.

Mais aucune des deux définitions ne le satisfait.

L’amitié ne naît pas non plus des êtres semblables, qu’ils soient des gens méchants par nature inconstants ou des gens de bien par nature auto suffisants.

L’amitié ne naît pas non plus des contraires.

Socrate utilise l’analogie du patient désirant la santé et du médecin la dispensant par ses soins pour établir que l’amitié naît quand un être intermédiaire ni bon ni mauvais recherche le bien pour éviter la présence du mal.

Mais au final, Socrate revient sur sa théorie, en expliquant que l’amitié ne peut être entièrement due à la présence du mal car si celui ci disparaissait, les désirs survivraient et par la même la recherche de l’amitié.

C’est sur cet échec apparent que le dialogue s’interrompt brutalement lorsque les pédagogues des jeunes hommes viennent les chercher.

Dans le « Charmide » , le dialogue a lieu tout d’abord entre Socrate et Charmide, puis entre Socrate et un Critias beaucoup plus virulent par la suite.

L’objet initial du texte est la recherche de la sagesse en la personne de Charmide, jeune homme apparemment magnifique qui plait beaucoup à Socrate.

Les deux hommes esquissent plusieurs définitions, assez grossières pour commencer.

La sagesse n’est ni le fait de la modération, du calme, ni de la pudeur, ni le fait de s’occuper de ses affaires.

Avec l’arrivée du redoutable Critias, la discussion prend plus d’ampleur.

Les deux hommes débattent autour de la phrase fameuse symbolisant généralement à elle seule la philosophie grecque le « Connais toi toi même » inscrit sur les murs du temple d’Apollon à Delphes.

Critias défend l’affirmation selon laquelle la sagesse est la connaissance de ce que l’on sait et de ce que l’on ne sait pas.

Alors que j’étais prêt à me ranger à cette définition, j’ai été surpris de la réfutation de Socrate, qui explique qu’on peut savoir qu’on sait ou qu’on ne sait pas mais de manière générale, sachant que les connaissances particulières se font par l’intermédiaire des ses sciences particulières auxquelles ne saurait se substituer la sagesse.

De manière encore plus surprenante, Socrate affirme que la sagesse ne rend pas heureux celui qui la possède car elle ne saurait distinguer le bien et le mal.

Au final, Socrate conclut à son échec dans l’élaboration d’une définition de la sagesse.

Tout juste reconnaît il que intuitivement la sagesse doit être un grand bien ce qui est à mes yeux un peu mince.

Malgré cela, il semble au moins avoir atteint un résultat heureux puisque le beau Charmide demande à devenir son disciple.

En conclusion, j’ai trouvé le « Lysis » intéressant car même si Socrate ne parvient pas totalement à atteindre son but, il avance dans sa réflexion et développe des arguments intéressants sur un sujet complexe.

A mes yeux, l’amitié ou l’amour, répondent à une recherche d’agréments, d’équilibre, de bienfaits physiques et mentaux, donc de meilleure vie pour la personne désirante.

Le « Charmide » m’a en revanche dérouté tant il semble contredire la doctrine générale qu’on attribue à Socrate, la sagesse source de bonheur, comme connaissance de soi même, du bien, du mal.

Dans ce dialogue on se rangerait presque pour une fois à l’avis du futur tyran et bourreau Critias.

Néanmoins, ces deux dialogues du Platon jeune, pour plaisants qu’ils soient, ne semblent pas absolument aboutis tant leurs conclusions semblent rester en suspens.

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5 juin 2009 5 05 /06 /juin /2009 21:44


« Les Lois » , dernier dialogue de Platon bénéficie d’une réputation d’œuvre inachevée et de portée moindre par rapport aux autres chefs d’œuvres écrits par le Maître.

En réalité, cet ouvrage peut être vu comme une suite à « La République », mais plus sûrement comme un résumé à caractère vulgarisateur de ce livre majeur de la Philosophie tant les grandes idées et thèmes abordés semblent voisins.

Il plane donc un léger goût de « redite » sur « Les Lois ».

Ce dialogue est le seul à ne pas mettre en scène explicitement Socrate, même si le personnage de « l’Athénien » lui ressemble fortement dans sa manière de raisonner et de diriger les débats auprès de ses interlocuteurs-disciples Clinias le Crétois et Mégillos le Spartiate, tous deux issus de cités dont les régimes sont tenus en haute estime par Platon.

« Les Lois » peut être vu comme un manuel pratique destiné à l’élaboration de la cité idéale.

La question de l’éducation des futurs législateurs prélevés dans la classe élitiste des gardiens y est centrale.

Afin d’acquérir les vertus que sont la justice, la sagesse, le courage et la tempérance, les jeunes hommes et femmes apprendront des la gymnastique, la musique mais surtout des disciplines scientifiques que sont le calcul, la géométrie, l’astronomie avant de passer à la plus divine la dialectique.

Les banquets pour célébrer les dieux en chant et en danses sont décrits comme utiles pour l’éducation.

Le théâtre et la plupart des poètes sont comme dans « La République » vivement décriés.

Pour Platon l’éducation des enfants se fait par le jeu, leur contrôle par le législateur doit donc être effectif.

Platon prône la purification sociale en chassant les indigents de la cité et en n’acceptant que peu (voir pas )  d’étrangers responsables selon lui de corrompre les mœurs de la cité idéale.

Le traitement des esclaves s’avère en revanche beaucoup plus souple et « humain » avec un régime juste sans faire usage de violence.

Platon désire pour l’application des lois un mélange de persuasion et de crainte.

La dernière partie du livre est consacré à la dénonciation de l’impiété.

Platon démontre l’existence des dieux par l’étude des mouvements du Monde, ceux parfaits des cycles des astres, et ceux issus des ames immortelles des êtres vivants qui selon lui ne peuvent avoir qu’une origine divine.

En conclusion, j’ai été déçu par ce livre qui n’a je pense que peu d’intérêt lorsqu’on vient de lire « La République » qui est lui plus complet, plus philosophique et plus abouti que cette version synthétique d’une puissance amoindrie par rapport à l’original.

J’ai été de plus une nouvelle fois surpris  par la rigidité de certaines positions assez radicales dans la construction de cette cité « idéale » fermée sur elle même et paraissant quelques fois bien utopique.

Comme gage de son manque d’efficacité, Platon échouera lors des ses deux tentatives d’application pratique auprès des tyrans Denys de Sicile.

Cependant les pages annexes de l’ouvrage ont l’avantage de présenter un système de constitution  précis avec une description des organes législatif, judiciaire et militaire du gouvernement avec les principes parfois  complexes des élections de leurs membres ainsi que des listes de crimes ou des règles d’urbanisme pour l’édification de cette cité imaginaire destinée à être établie en Crète. Les lois laissent donc une étrange impression mitigée, celle d'une tentative de vulgarisation bancale.

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1 juin 2009 1 01 /06 /juin /2009 14:11


Sorti en 1997, « The beauty process : triple platinium » est le quatrième et avant dernier album studio de L7.

Loin de marquer une éventuelle décadence ce disque marque le retour en forme des Californiennes avec d’excellentes chansons garnissant leur escarcelle.

Le départ de la bassiste Jennifer Hinch créditée réguliérement de quelques titres semble ici avoir eu un impact sur le style plutôt différent des productions habituelles du groupe.

Le choix de « Drama » stratégiquement placé en ouverture est brillant tant ce morceau doté d’un son puissant et d’un refrain prodigieux est une merveille.

Semi acoustique, « Off the wagon » est aussi magnifique, montrant tout le savoir faire du groupe dans la composition de tubes rock parfaitement écrits.

« I need » est plus dur, avec un refrain lancinant et répétitif.

Beaucoup plus calme et mélodique, « Moonshine » empreinte des chemins de ballade surf-rock extrêmement agréables.

Et l’état de grâce continue, « Bitter wine » déroule une ambiance hypnotique fascinante.

« The masses are asses » est sans nul doute le deuxième tube du disque après « Drama » avec une efficacité maximum atteinte sur le refrain, la bonne fée du rock aurait elle touchées les Californiennes en 1997 ?

Pour l’anecdote je pense souvent à ce morceau quand je vois les troupeaux de beaufs s’entasser dans les embouteillages lors du mois d’Août ou des sacro saint ponts entre les jours fériés.

« Bad things » est un morceau punk-rock plutôt léger et fun.

« Must have more » puis « Non existent Patricia » , « Me myself and I » plus laborieux et moins réussis montrent (enfin !) la première baisse de régime d’un disque jusqu’à alors côtoyant les sommets de la perfection.

« Lorenza, Giada, Alessandra » plus puissant et percutant est agréable, ressemblant à un hommage privé à des proches avant qu’un superbe morceau fantôme hypnotique de plus de 5 minutes ne vienne parachever le chef d’œuvre.

En conclusion, « The beauty process : triple platinium » est un superbe album de rock lourd, inspiré et varié.

Moins linéaire et stéréotypé dans ses ambiances que ses prédécesseurs, moins métallique aussi, ce disque met en lumière le fantastique talent de composition des Californiennes et un peu à l’image de la belle pochette, pour un fois de bon goût, montrant une femme apaisée et rêveuse, révèle un groupe mature, maîtrisant parfaitement son art sans se renier un seul instant.

Sans doute le meilleur album de L7  !

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31 mai 2009 7 31 /05 /mai /2009 22:42

2
Suite logique à « The bricks are heavy » de L7, « Hungry for stink » sort en 1994.

Ce disque est très voisin au niveau du style de son prédécesseur mais plusieurs niveaux en dessous au niveau de la qualité de la musique.

« Andres » qui entame les hostilités est une sorte de tube rock deglingos et rigolo, quoique un peu facile à mon goût.

« Baggage » surprend par son coté relativement peu inspiré et ses vocaux hurlés assez inhabituel de violence pour du L7.

« Can I run » légèrement plus mélodique a lui aussi bien du mal a être pleinement convainquant.

Le grand réveil s’amorce brutalement avec « The bomb » qui explose toute en férocité punk en plein visage de l’auditeur mais l’embellie est de courte durée car « Question of my sanity » s’avère être le morceau le plus insupportable du disque par sa platitude et cette voix éraillée de poivrote en manque.

« Riding a movie star » qui leur succède sans être déplaisant n’est pas non plus un grand titre.

Les choses s’annoncent enfin plus réussies avec « Stuck here again » à l’atmosphère plus calme, presque mélancolique, les filles se révélant très douées dans une veine de ballade rock toute en sensibilité.

La puissance revient ensuite avec « Fuel my fire » qui brille par son excellent refrain, son riff efficace puis « Freak magnet » par son coté saccadé et lourd, presque metal.

 « She has eyes » assez mou et terne contraste avec « Shirley » amusant et énergique avec son ambiance speed de course de voiture.

« Talk box » morceau rock planant et étrange est très surprenant pour du L7.

Après la franche réussite de « The bricks are heavy » ,  « Hungry for stink » s’avère malgré quelques sursauts sporadiques globalement décevant, plat, peu inspiré et a bien du mal à soutenir la comparaison avec son glorieux prédécesseur.

Peut être composé trop rapidement par un groupe ayant connu un succès fulgurant et sans doute inattendu, ce disque semble être l’œuvre d’artistes exsangues, à court d’idées et est pour moi trop moyen pour etre recommandé.

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31 mai 2009 7 31 /05 /mai /2009 22:01

4
L7 est un groupe de rock des années 90 ayant été assimilé à la vague Grunge.

Ce groupe californien a eu la particularité d’être composé de femmes :  Donita Sparks et Suzi Gardner au chant et à la guitare,  Jennifer Finch à la basse et Dee Plakas à la batterie.

En 1992, les filles sortent une véritable bombe intitulée « The bricks are heavy » au style oscillant entre rock, punk et métal.

Le premier morceau « Wargasm » frappe très fort, tempo rapide, paroles agressives, voix rocailleuse, refrain emballant pour un tube s’étalant sur 2 minutes 40 intenses.

Tout de suite on remarque que le son de l’album est exceptionnel, à la fois clair, fluide et puissant.

« Scrap » plus lent et légèrement hispanisant, s’avère plus laborieux mais le groupe enchaîne avec « Pretend we’re dead » véritable hymne rock incontournable et sans doute morceau le plus célèbre de la carrière des filles.

« Diet Pill » lancinant et torturé qui lui succède, est une belle réussite.

On pourrait également qualifier « Everglade » de troisième tube rock du disque tant il contient un coté fédérateur absolument irrésistible.

« Slide » superbe et incisif remet un grand coup d’accélérateur avant que « One more thing » morceau le plus soft du disque se montre tout de même moins efficace que ses brillants prédécesseurs.

Mais les Californiennes n’ont pas fini de surprendre, réenclenchant leur infernale machine avec un « Mister integrity », vif et puissant, véritable quatrième tube du disque.

Ce morceau adressé aux males de rock, montre toute la détermination de ces filles de caractère bien décidées à ne pas se laisser marcher sur les pieds.

« Monster » dans une veine plus heavy est  plaisant, « Shitlist » efficace sans être exceptionnel et « This ain’t pleasure » conclut de manière plus rentre dedans ce disque de grande classe.

Les points forts de « The bricks are heavy » sont sans conteste sa grande homogénéité, sa simplicité, la qualité intrinsèque des morceaux, ce son puissant, direct, lourd mais riche en mélodie sur des refrains incroyablement efficaces.

Contenant quatre ou cinq tubes impérissables et d'autres morceaux très solides, « The bricks are heavy » peut être considéré comme un disque phare du grunge et du rock des années 90.

Bien loin de pétasseries de Spice Girls, les L7 montraient en cette fin de siècle que le « girl power » n’était pas un vain mot.
Bravo les filles !

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Published by Seth - dans Grunge
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30 mai 2009 6 30 /05 /mai /2009 16:22


C’est en regardant le film de Steven Spielberg, terriblement impressionnant que j’ai eu envie de lire « La guerre des mondes » le classique  de H.G.Wells.

L’histoire peut paraître classique mais comparée à l’époque (1898) ou elle a été écrite elle est en réalité incroyablement avant gardiste .

Le récit se déroule à Londres, ou un homme qu’on devine écrivain ou scientifique, raconte à la première personne du singulier l’invasion de la capitale britannique par une armée de Martiens.

A partir de la chute d’un objet cylindrique sur la Terre, Wells instaure un climat allant crescendo de la curiosité à l’inquiétude puis basculant dans l’angoisse et la panique quand la véritable nature belliqueuse des envahisseurs se révèle.

L’idée de base sur laquelle repose le roman est que les Martiens disposent d’une technologie supérieure à celle des humains et qu’ils ont pour désir de coloniser la Terre.

Pour se faire ils utilisent des machines sophistiquées comme d’immenses tripodes mécaniques de 30m de haut sur lesquels ils se déplacent à pas de géant.

Ils disposent aussi d’armes offensives terrifiantes comme de tubes capables de produire des Rayons Ardents détruisant et brûlant tout sur leur passage mais aussi une Fumée Noire mortelle.

Les armées humaines de la fin du XIX ième siècle sont donc rapidement mises en déroute et bien vite la ville se trouve complètement désorganisée.

Nous suivons donc le basculement de Londres dans le chaos, l’exode des populations civiles, les habituelles scènes d’émeutes, pillages et de meurtres qui surviennent lorsque des gens sont poussées à bout.

Le lecteur est rapidement captivé par le style clair, percutant de Wells et par son immense talent d’écrivain se traduisant par un sens du rythme, du suspens et de la description peu commun.

Le personnage principal erre, affamé et terrorisé comme un vagabond dans le Londres dévasté et désert d’une humanité en déroute.

Pour rajouter à l’horreur de la situation, on apprend que les Martiens capturent les êtres humains pour en aspirer le sang dont il se nourrissent.

Les hommes se retrouvent donc en position d’animaux chassés mis dans des sortes de paniers de pêche perchés sur les tripodes.

Alors que tout le monde s’apprête à se résigner à la domination martienne, l’invasion cesse aussi rapidement qu’elle a commencé, les envahisseurs succombant aux bactéries humaines que leurs organismes ne peuvent supporter.

Etrange paradoxe quand l’infiniment petit vient à la rescousse de créatures se croyant être l’égal des Dieux.

« La guerre des mondes » est un roman passionnant, effrayant, foisonnant d’idées d’une force peu commune.

Wells, homme de gauche aurait voulu écrire une dénonciation du colonialisme ou des hommes (souvent Blancs) asservissaient des populations entières de gens qu’ils considéraient comme des animaux.

Il y a aussi une captivante interrogation sur la prétendue supériorité de l’homme sur l’espèce animale.

Mais plus que ces grands thèmes de fond, j’ai apprécié les réflexions au vitriol contre les hommes attachés à leurs biens personnels, contre la religion, avec la présence d’un vicaire complètement dépassé par les évènements qui ne voit que dans l’invasion que l’accomplissement d’un châtiment divin et qui basculant dans la folie contraint le héros à un assassinat.

Il y a aussi une charge inouïe contre la bureaucratie, ces employés à la vie minable qui accepteront très vite la nouvelle loi du plus fort et de devenir du bétail pour Martiens avant d’être placidement saignés.

Encore plus intéressant est le personnage du soldat survivant, rêvant de fonder une nouvelle société sous terraine, alors qu’on pourrait penser le héros (et donc Wells ?) séduit par ses idées, ce dernier se détourne en le qualifiant d’utopiste, de rêveur.

On serait donc tenté d’y voir une forme de condamnation de la révolution …

Au résumé si j’avais trouvé le film intéressant, le livre est comme souvent encore plus passionnant et constitue un des meilleurs livres de science fiction que j’ai lus de ma vie.

On pourra donc reprocher au film de Spielberg d’avoir changé le lieu de l’action, délaissant la Grande Bretagne pour les Etats Unis et d’avoir quelque peu gommé le discours de gauche Wellsien.

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27 mai 2009 3 27 /05 /mai /2009 14:30


En 1994, Machine Head un jeune groupe californien sort un premier album répondant au nom de « Burn my eyes » qui fait l’effet d’une bombe dans le petit milieu du metal.

Certains parleront de power metal, pour ma part je parlerais de trash metal des années 90 dans la filière d’un Pantera, l’autre légende du genre.

Le groupe se compose à l’époque de Robb Flynn au chant/guitare, de Logan Mader à la guitare, de Chris Kontos à la batterie et de Adam Duce à la basse.

« Davidian » morceau d’ouverture marque tout de suite le style de groupe, introduction soignée, préludant un déluge de puissance parsemé de riffs titanesques et de rythmiques pachydermiques sur lequel vient exploser une grosse voix rageuse.

La dernière partie du morceau est la plus intéressante, avec un surcroît d’agressivité subitement canalisée par une rythmique guerrière inexorable.

Je crois que c’est ce qui me séduit et m’impressionne le plus dans cet album, cette puissance phénoménale absolument maîtrisée, contenue puis relâchée à volonté pour produire des effets dévastateurs détruisant toute volonté de résistance.

Les tempo ne sont pas très rapides, mais le son est écrasant de lourdeur, vous broyant tel un monstrueux bulldozer dans ses mâchoires d’aciers.

L’album brille également par ses variations sous formes d’introductions, mélodiques, faussement calmes et ses courtes accalmies doucereuses entre deux déluges de fer et de feu.

Dans pareilles conditions la violence se retrouve magnifiée.

A partir du 4ieme titre le groupe réalise un sans faute.

« None but my own » et « Death church » avec leurs intro monstrueuses de feeling de punch, leur chant tour à tour calme, menaçant puis rageur, sont irrésistibles.

Le groupe maintient une tension quasi constante tout le long du disque, grondant sa rage meurtrière, allumant des brasiers incandescents tel ce « The rage to overcome » ou ce « A nation on fire » incendiaires.

Le résultat est la production d’ une musique incroyablement puissante, sans concession, prenant naissance dans la rue, la pauvreté, le désespoir, la contestation sociale voir l’émeute pure et simple.

Puis vient le KO au premier round, « Blood for blood » machine de guerre de trash metal mutant écrasant tout de ses marteaux pilons d’acier.

« I’m your god now » meilleur morceau du disque, commence par un superbe passage mélodique ou Robb Flynn montre qu’il peut chanter de manière magnifique avant de terminer par un déluge de violence paroxysmique.

Complément sonné, sous le choc, désorienté, l’auditeur est une proie facile pour les dernières bombes à fragmentations que sont « Real eyes realize real lies »  avec ses multiples voix entremêlées et un très frontal « Block » en guise de coup de grâce.

Avec « Burn my eyes », on a donc l’impression d’être devant une terrible force de la nature, un godzilla primordial né du chaos, de la folie des hommes.

Machine Head ne parviendra jamais à renouveler l’exploit initial, comme si le groupe avait tout donné dans son premier album, toute sa créativité, sa rage, sa volonté de percer, de tuer.

Les plus belles œuvres sont souvent les plus spontanées, les plus dépouillées, le premier jet pris sur le vif, capture la quintessence de l’art.

Celui de Machine Head, savant mélange de puissance et de calme nourri de colère et de désespoir est assurément un art guerrier maîtrisé à la perfection.

Un album violent, intense, prenant, à ranger auprès des classiques du trash de Slayer, Pantera, voir Sepultura et à écouter en prévision d’une journée particulièrement pénible afin d’ y puiser l’énergie nécessaire pour faire face.

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Published by Seth - dans Thrash Metal
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