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5 juillet 2009 7 05 /07 /juillet /2009 15:52


« Malevil » est un roman d’anticipation écrit par Robert Merle, et paru en 1972.

La trame de départ annonçant une guerre atomique détruisant le monde dit civilisé peut paraître bien peu originale tant le thème de l’apocalypse nucléaire a été maintes fois surexploité en science fiction.

Cependant l’originalité du roman de Merle est que l’histoire se déroule non pas dans une mégalopole mais dans une campagne française prêt de Cahors.

En effet un groupe d’habitants d’un château médiéval nommé Malevil abrité par une falaise abrupte, échappe par hasard à la catastrophe tandis que toute vie animale et humaine semble rayée de la carte.

Le groupe de survivants se trouve composé d’Emmanuel Comte, ex instituteur devenu éleveur de chevaux et propriétaire du château suite à un bel héritage, Peyssou, Meyssonnier et Colin trois amis d’enfance de Comte, Thomas géologue et enfin deux domestiques La Menou vieille femme frêle et énergique, ainsi que son fils Momo, retardé mental.

Ces gens vont devoir réorganiser leur vie pour essayer de survivre dans un monde dévasté ou la crainte du lendemain fait figure de norme.

Emmanuel devient vite le leader de la bande même si il instaure toujours un régime démocratique de principe restreint cependant aux hommes.

Les survivants de Malevil puisent dans leurs réserves entreposées à la cave (vin et viandes) , parviennent à récupérer certains animaux domestiques ayant échappés au massacre comme des chevaux, cochon ou vache.

Ils s’arment de fusils de chasse restants.

Ils replantent du blé, se réadaptent plutôt bien retournant sans difficulté à une vie plus rude et proche de la terre.

Les premiers sérieux problèmes surviennent avec l’apparition de bandes de pillards.

Emmanuel Comte s’improvise alors chef militaire et décime une bande de gitans vivant prêt de l’Etang, recueillant par la même occasion trois nouveaux pensionnaires, Jacquet jeune et fort, la Falvine, vielle et grosse et surtout Miette, sourde muette aux formes appétissantes.

Le groupe se structure autour de la religion, bien que Comte ne fut pas à proprement parler croyant, tout comme Thomas et Meysonnier, communiste.

La position d’Emmanuel par rapport à la religion est du reste assez ambiguë.

Il semble ne la voir que comme un fort ciment social.

Après délibérations le groupe semble refuser la polygamie et le partage de Miette mais celle ci apparemment de son plein gré décide de satisfaire alternativement les hommes de Malevil, ce qui apaise bien des tensions sexuelles.

Le livre devient plus excitant quand un mystérieux curé du nom de Fulbert arrive un jour à Malevil.

L’homme, brillant orateur, est très inquiétant et paraît être un imposteur.

Il dit être le maître du village de survivants de La Roque situé à une vingtaine de kilomètres de Malevil.

Fulbert utilise son charme hypnotique et  le pouvoir de la religion pour s’imposer aux hommes en ces temps troublés.

Comte sent la menace et une subtile partie d’échecs s’instaure entre les deux hommes.

Finalement après un marché conclu pour un troc d’une vache contre des fusil et des chevaux, Fulbert s’en va en déclarant voulant mettre un curé à Malevil.

Fulbert rêve en réalité d’étendre son pouvoir sur Malevil et de régner sur les deux communes.

L’arrivée d’une troisième partie corse encore plus l’intrigue de cette lutte à distance.

En effet une troupe de mercenaires armés d’une vingtaines d’hommes menace subitement la région.

Cette troupe armée de fusils de guerre et d’un bazooka, est commandée par Villemain, qui se dit ancien para.

La lutte acharnée pour la survie et l'indépendance s’engage alors entre Malevil, La Roque et la troupe de Villemain ...

« Malevil » est malgré sa longueur un roman intéressant.

L'aspect futuriste est ici finalement complètement absent, l’intrigue tournant plutôt autour d’une régression à l’état Moyen Ageux des campagnes françaises.

La « nouvelle » société ainsi crée, se recentre autour de valeurs fortes et rurales comme la terre, l’élevage, la religion et l’art (défensif) de la guerre.

Cette société plutôt primitive ne s’embarrasse pas en effet de sophistication.

Les femmes y sont reléguées à des taches ménagères ou reproductrices, la religion est érigée en valeur refuge finalement jugée indissociable de la nature humaine.

Le personnage de Comte comme guide emblématique peut parfois gêner tant il prend le pas sur les autres personnages nettement relégués au second plan car malgré un ersatz de démocratie, Comte n’a pas vraiment de rival  politique à Malevil et cumule bien vite les pouvoirs de chef  religieux et militaire.

On pourra donc contester cette vision de la reconstruction de l’homme ancrée sur des valeurs à mes yeux assez discutables.

Pour le reste, le roman est bien écrit, dans un style campagnard, direct et vivant.
Le démarrage est un peu long, certains passages aussi mais les péripeties arrivant au fur et à mesure insuffle le rythme nécessaire pour tenir le lecteur en éveil.

J’ai particulièrement aimé le personnage de Fulbert, véritable serpent distillant son venin mortel jusqu’à la fin du roman.

Pour information « Malevil » a été adapté au cinéma dans les années 80, avec Michel Serrault, Jacques Dutronc et Jacques Villeret.

Le roman demeure pour moi bien inférieur sur le fond et la forme à « Ravage » de Barjavel.

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3 juillet 2009 5 03 /07 /juillet /2009 18:04



Très gros morceau auquel je me suis attaqué avec « Les écoles présocratiques » de Jean Paul Dumont mais aussi Daniel Delattre et Jean Louis Poirier.

Ce livre ambitieux de plus de 800 pages très denses, propose une exposition des principaux courants philosophiques présocratiques.

Le découpage est effectué non par époque forcémment incertaines mais par zones géographiques.

Les philosophes présocratiques étant peu connus du fait de la rareté de leurs écrits parvenus jusqu’à nous, le livre propose une compilation des différentes sources avec pour chaque philosophe une partie biographique, une partie expliquant sa philosophie, des fragments d’écrits authentifiés, puis d’autres d’origines plus douteuses, imitations ou écrits non confirmés.

De l’école Ionienne sont étudiés Thalès, Anaximandre et Héraclite.

Thalès de Milet fut il le premier philosophe de l’Histoire ? Difficile à dire en tout cas peut être fut il le premier philosophe grec.

Thalès aurait apparemment hérité de son savoir mathématique en étudiant avec les Egyptiens et les Chaldéens.

Il excella en géométrie, astronomie et découvrir une méthode pour mesure les pyramides à l’aide d’un bâton et de la mesure de leur ombre.

Thalès croyait à l’immortalité de l’ame et que Dieu façonnait à l’aide de l’intellect toutes les choses à partir de l’eau, principe premier du monde.

Son disciple Anaximandre s’intéressa bien sur à l’astronomie en déclarant que la terre était une sphère occupant une place située au milieu de l’univers.

Il affirma que l’Illimité était le principe de toute chose, et que par cet Illimité le mouvement éternel du monde produit les phénomènes sans fin de génération et de corruption à l’intérieur de celui ci.

Donc le fonctionnement du monde n’est qu’une succession de cycles illimités de naissances et de destructions.

J’ai trouvé plus originale et intéressante la philosophie d’Héraclite.

Pour lui, le monde est une double route à la fois montante et descendante, et à l’instar d’un fleuve s’écoulant tout est mouvement permanent mais aussi immobilité apparente.

De cette contradiction et à cause de son style énigmatique, naîtra son surnom d’ « Obscur » .

Pour Héraclite, cette double route est bouclée autour d’un élément unique : le feu divin, point de départ de toute chose à leur naissance et point d’arrivée à leur mort.

L’homme ne peut se fier à ses sens par nature traîtres, aussi doit il se fier à la raison et au Logos, principe premier et divin ordonnateur de toute chose.

De l’école Italique ou Pythagoricienne sont étudiés Pythagore, Empédocle, Philolaos et Archytas.

Peu de choses sont connues sur Pythagore et ses disciples qui furent surtout d’excellents mathématiciens versés en arithmétique, géométrie et astronomie.

Il est à noter que comme Thalès, Pythagore partit en Egypte et en Perse pour apprendre les mathématiques.

Pour les Pythagoriciens, le nombre est le principe premier du monde car il permet de le rendre intelligible par la pensée mathématique.

La décade est synonyme de perfection, de divinité.

Les nombres sont à l’origine de l’harmonie du sens des proportions du monde.

Meme les astres et les dieux sont affiliés à des nombres.

Inventeur de la rhétorique, Empédocle pensait que le monde était composé de quatre éléments, feu, terre, eau et air qui s’assemblait par intervention de la Haine et de l’Amour.

L’école Eléate composée de Parménide et de Zénon D’Elée m’a moins intéressée.

Parménide prône l’existence d’un monde unique, sphérique, éternel, immobile composé à base de feu et de terre .

Pour lui le non être n’existe pas, l’ame et l’intellect sont identiques, la sensation comme pour Héraclite est fausse.

Quand à Zénon d’Elée, il est connu pour être l’inventeur de la dialectique et l’auteur de célèbres apories qui mirent en difficultés beaucoup de philosophes de renom.

Les Abdéritains Leucippe et surtout Démocrite m’ont beaucoup plus intéressés.

Ces philosophes dit « atomistes » proposent une vision du monde matérialiste extrêmement intéressante.

Le monde est composé de vide et de particules élémentaires dit atomes, incorruptibles, , indissociables et illimitées en taille/nombre, s’assemblant au gré du Hasard ou de la Nécessité.

La grande audace de cette théorie est que les Dieux ne sont plus à l’origine du monde et que l’homme n’a plus à les redouter.

Anaxagore fait l’objet d’un chapitre à part baptisé « l’infini à Athènes ».

Ce philosophe proclamait que tout se transformait sous l’action de l’Intellect divin autour des homéoméries, particules élémentaires illimités formant le monde.

Anaxagore forma Périclès, le brillant homme d’état Athénien.

L’ouvrage se termine sur les Sophistes, personnages très puissants en Grèce, qui furent souvent concurrents des philosophes et tournés en ridicule par Platon.

Pourtant le livre montre que les écrits de Protagoras et de Gorgias présentaient un fort contenu philosophique avec l’affirmation du pouvoir du langage car pour l’un tout était vrai et pour le second rien en l’était, et que leurs fins tragiques pour leur propos les rapprochent plutôt d’un Socrate libre penseur contre les classes politiques dominantes de l’époque.

En conclusion « Les écoles présocratiques » est un livre instructif,  qui réussit à rester lisible et clair malgré la grande quantité d’informations qu’il recèle.

Meme si les sources citées proviennent souvent des mêmes auteurs comme Diogène Laerce, Plutarque, Sextus Empiricus ou même d’autres philosophes post socratiques comme Aristote ou Platon, l’exhaustivité de cet ouvrage reste sans pareil.

Comme le dit l’auteur en préface il aura fallu 18 ans de travail pour rechercher, classer et compiler toutes ces sources ce qui en dit long sur le travail colossal fourni.

Pour ma part même si ce genre d’ouvrage demeure toujours difficile à ingurgiter, j’ai éprouvé une nette préférence pour le style original, énigmatique, poétique voir mélancolique d’Héraclite ainsi que pour la formidablement audacieuse approche matérialiste de Démocrite.

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29 juin 2009 1 29 /06 /juin /2009 12:21


Je croyais Billy Idol mort et enterré au sens artistique et pratiquement au sens physique aussi quelle ne fut pas ma surprise quand en 2005, je le vis chez Thierry Ardisson faire la promotion d’un nouvel album intitulé « Devil’s playground ».

Comme à son habitude Billy fanfaronnait, mais on sentait derrière l’assurance de façade toutes les épreuves par lesquelles il était passé, son grave accident de moto, son overdose et sans doute la longue période de doute qui a du s’emparer de lui après sa traversée du désert dans les années 90.

Quelques années après j’ai donc écouté cet album avec je dois l’avouer quelques appréhensions quand au résultat.

Ces appréhensions ont bien vite été balayées, « Super overdrive » déboule à fond les ballons, tempo rapide, son énorme, riffs punk, énergie fantastique et un Billy Idol plus conquérant vocalement que jamais.

Il est vrai que Steve Stevens, le génial guitariste, frère de son de Billy est revenu aider son vieil ami, les autres membres de l’équipe étant Brian Tichy à la batterie, Stephen Mc Grath à la basse et Derek Sherinian aux claviers.

« World comin’ down » très rapide, puissant et plaisant, continue sur cette lancée frontale et bille en tête comme si Billy voulait nous rassurer sur son état de santé par de vigoureux morceaux …

« Rat race » est sans doute encore plus intéressant par ces variations, les couplets mélodiques sur fond de guitare acoustique alternant en effet avec un refrain encore une fois extrêmement musclé.

Plus axé rock généraliste « Sherri » n’en  pas moins énergique bien que tempéré par un refrain plus doux.

« Plastic Jesus » qui lui succède est une ballade sympathoche que je trouve plutôt moyenne.

Retour aux riffs titanesque avec « Scream », meilleur morceau de l’album, véritable hymne de rock métallique survitaminé avec un Billy Idol transfiguré en dieu du rock crépitant d’ondes vibratoire à forte intensité.

« Scream » est tout à fait le genre de morceau à se passer en boucle le matin pour démarrer une journée sur les chapeaux de roues.

Encore une fois la symbiose avec Steve Stevens semble totale.

« Yellin’ at christmas tree » en revanche est le pire titre du disque, avec notamment un son de clochettes de Noël assez lourdingue.

Billy Idol en gentil Papa Noël, l’idée est je trouve plutôt ridicule.

Heureusement ce ne sera qu’un incident de parcours, « Roméo’s waiting » redonnant le pouvoir à un son rock extrêmement fluide et puissant.

Troisième bombe atomique du disque, « Body snatcher » est une gifle heavy d’une puissance sans égal et un bonheur pour tout amateur de musique accrocheuse.

La fin de l’album sera plus calme mais non moins réussie.

« Evil eye » est très surprenant, très rock mais avec une ambiance presque mystique assez inhabituelle pour du Billy Idol qui chante ici avec une légère déformation électronique de sa voix.

Très belle réussite dans le domaine de l’étrange et de l’experimentation.

« Lady do or die » superbe ballade, country et western, fait accéder ce disque à une dimension d’émotion et de classe supérieure.

Ce titre est donc l’occasion de vérifier toute l’étendue du talent de Billy.

« Chérie » est aussi une ballade acoustique qu’on pourrait qualifier d’excellente.

« Summer running » troisième ballade de rang achève le disque sur une note douce et apaisante comme si le rebelle avait soldé tous ses comptes.

Il pourrait paraître un peu cliché de parler de rédemption et de renaissance sur « Devil’s playground » mais en réalité c’est exactement l’impression que ce disque donne.

Le disque est globalement très bon voir excellent, si on excepte une ou deux petites scories sans importance.

Billy Idol s’offre ici un son très moderne, à la fois puissant et fluide.

Sa voix de grand fauve blessé, toujours aussi implacable et irrésistible, paraît toujours être capable de renverser des montagnes quand elle se couple aux riffs dévastateurs de Steve Stevens.

Le niveau des compositions est très haut, alternant véritables électrocutions guitaristiques conduites au punk et au metal lourd, et ballades intimistes très travaillées, complexe et abouties.

Il semblerait qu’après avoir traversé toutes ces épreuves douloureuse et tutoyé les affres de la Mort, Billy Idol ait gagné en profondeur, s’affirmant encore plus comme artiste complet.

Gueule cassée, visage marqué, corps meurtri couturé de cicatrice mais encore vaillant, le vieux lion britannique fut encore capable de rugir férocement en 2005.

Il serait foncièrement injuste de passer à coté de pareille renaissance.

Saluons donc la performance d’un grand artiste du rock.

Billy on t’aime !

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27 juin 2009 6 27 /06 /juin /2009 11:40


Cela faisait longtemps que je voulais parler de Bill Idol.

Ce best of sorti en 1988 sous le titre de « Idol Songs » est un bon prétexte.

Billy Idol connut son heure de gloire au début des années 80 avec des morceaux de rock puissants oscillant entre pop-rock et influences punk de ses jeunes années.

L’homme adoptait une imagerie assez provocante avec ses cheveux blonds peroxydés,  ses accoutrements de punk sexy et ses rictus hautains, la lèvre supérieure en permanence relevée.

Ce que beaucoup de gens semblent ignorer c’est que Billy Idol avait énormément de succès avec les femmes, ainsi une ex amie m’a avoué un jour avoir été amoureuse de lui dans sa jeunesse, ce qui au passage n’avait à l’époque fait que renforcer l’amour que je lui portais.

Billy Idol bien qu’anglais à la base s’est très vite américanisé et a vécu à Los Angeles ou il s’affichait avec de splendides tops models.

L’attitude et le succès de Billy Idol ne lui valurent pas que des amis et dernièrement j’ai lu une critique au vitriol sur lui il est vrai complètement gratuite dans un journal dit « sérieux » comme Rock and Folk.

Je pense que la plus grande critique qu’on ait pu lui faire est sans doute d’avoir en quelque sorte détourné l’esprit originel de révolte sociale du punk pour en faire quelques chose de plus rock et commercial.

Mais Billy Idol c’était avant tout une musique quelques fois d’excellente qualité et surtout une voix fantastique, rauque, puissante et sensuelle.

Ce best of fait donc la part belle aux meilleures heures de la carrière du blond grimaçant.

Si la musique de Billy Idol devait se résumer à un seul titre ce serait « Rebel yell » judicieusement placé en ouverture.

Enorme tube, « Rebel yell » est un morceau enlevé, avec un refrain puissant et charismatique.

Mais Billy Idol n’aurait pas fait la carrière qu’il a fait sans Steve Stevens, son double guitaristique au jeu vif, brillant et inventif ….

Leur complicité fut souvent à l’origine de leurs plus beaux succès, comme sur « Rebel Yell » ou les effets et poussées de fièvre de la guitare de Steve répondent aux hurlements de fauve blessé de Billy.

Outre le coté hymne, il plane sur « Rebel Yell » un léger parfum de mélancolie loin d’être déplaisant …

« Hot in the city » dévoile une facette plus pop et facile de l’Idol, facette que j’apprécie moins.

Deuxième tube mondial, « White wedding » est aussi un chef d’œuvre incontournable à l’ambiance prenante ou la voix puissante et chaude de Billy fait des merveilles sur un refrain charismatique.

Le support des claviers et encore une fois le léger ton désabusé apportent également le petit plus qui le rend le titre exceptionnel.

« Eyes without face » est une ballade qui fut également un tube mondial en raison de la beauté, de la simplicité de sa mélodie et de l’habile adjonction d’une voix féminine venant adoucir celle déjà mis en mode « miel » de Billy.

Moins connu « Catch my fall » est aussi une belle chanson, tout en sensibilité et en classe avec cette fois l’adjonction d’un saxophone.

« Mony mony » est un court extrait d’un concert live, on y retrouve l’explosivité du chanteur que je trouve quelque peu décalée vis à vis des curieux chœurs féminins placés en renfort sur le refrain.

Pas franchement indispensable.

Rien à dire en revanche sur les quelques descentes de manches fort à propos de Stevens.

La recette est reconduite sur « To be a lover » avec un son synthétiseur un peu kitch, pas une mauvaise chanson mais encore une fois un peu encombrée de chœurs surabondants.

« Sweet sixteen » ou officie une Billy bougon et enroué, est une ballade que je trouve aussi plate qu’une poitrine d’adolescente pré pubère.

Heureusement « Flesh for fantasy » renoue avec la tradition des titres musclés, arrogants et brillant du chanteur avec un Billy dominateur, séducteur et charnel.

Ce morceau fut fort justement un tube.

« Dont need a gun » est assez léthargique, sauvé uniquement par une sublime envolée guitaristique de Stevens.

« Dancing with myself » est un tube au rythme génial et festif, assez influencé par le punk rock dans le plus pur style des Ramones.

En conclusion « Idol Songs » représente un panel fort représentatif de l’age d’or du chanteur britannique dans les années 80.

Le son pourra paraître cependant fort daté, assez kitsch, et je pense qu’une remasterisation serait nécessaire pour remettre en valeur certains titres impérissables.

Aujourd’hui plus de 20 après, ces « smashing hits », les morceaux de Billy Idol  comme « Dancing with myself » ou « Eyes without face » sont repris dans des publicités diffusées en France à des heures de grande écoute.

Le journaliste qui critiquait Billy Idol a donc perdu la partie car pendant que lui déversera son aigreur dans les colonnes d’un journal, l’œuvre du chanteur elle perdurera.

Ce disque est donc à conseiller pour les curieux désirant découvrir un chanteur charismatique, original, atypique et assez emblématique du rock des années 80.

Pour ma part, même si j’ai perdu cette amie, je conserve beaucoup de respect et de tendresse pour ce chanteur haut en couleurs.

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Published by Seth - dans Rock
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25 juin 2009 4 25 /06 /juin /2009 22:34


« Telluric Chaos » est un album live des Stooges enregistré en 2005 à Tokyo pour célébrer leur tournée de reformation.

La groupe était composé pour l’occasion d’Iggy Pop au chant, des frères Asheton, Ron à la guitare, Scott à la batterie, de Mike Watt à la basse et de Steven Mc Kay au saxophone.

Bien que non fan d’album live à la base, je me devais d’écouter ce disque ne serait ce que par respect pour les performances volcaniques d’Iggy Pop sur scène..

Je ne connais pas la contenance exacte du Shibuya Axe de Tokyo, je ne pense pas qu'il s'agisse d'un petit club mais pourtant ce disque donne une grande impression chaleur, de proximité avec le public qu'on entend manifester et participer activement ce qui n'est pas toujours le cas dans des albums live surproduits.

Le son de la guitare infernale de Ron Asheton est ici prodigieusement fluide et intense.

Que ce soit sur le très dynamique « Loose », les fiévreux  « Down on the street » ou « TV Eyes », la musique proposée évoque ni plus ni moins qu'un séisme accompagné d'écoulement de torrents de lave en fusion donc je trouve le titre évoquant un chaos élémentaire parfaitement approprié.
Riffs anthologiques, solos atomiques couplés à un Iggy Pop galvanisé aussi sauvage que dominateur nous font prendre un plaisir libérateur et vivre une jouissance animale quasi primitive.
On nourrit avidement son corps et son esprit de ces flots d'énergie brute comme un malade accroché à sa perfusion de morphine tout en priant pour que cela ne s'arrête jamais.
Les Stooges n’oublient pas leurs classiques, ces morceaux de rock punk immortels comme "I wanna be your dog" et "No fun" interprétés avec rage et envie.
Si ce n'est pas cela l'extase rocknrollienne alors je ne sais pas ce que c'est ....

Passé les 3/4 du disque pourtant, les Stooges embrayent sur le répertoire de l'Iguane en interprétant des titres de son dernier album de l'époque "Skull Ring".
Ces morceaux sont loin d'être mauvais mais provoquent une rupture avec le répertoire originel Stoogien.
Il faut dire que prêt de 25 ans les séparent.
A mes yeux ils leur manquent le coté instinctif, destructeur et purement "evil" des premières bombes incendiaires du gang lorsque celui ci dos au mur n'avait rien à perdre.

Je n’aime pas non plus l’emploi quasi systématique d’un saxophone sauf sur « My idea of fun » nouveau morceau inédit plutôt réussi.
Ceci conduit donc à une petite baisse de régime sur la fin du cet album qui aurait pu être un album de légende vu l'exceptionnel gifle du début.
Mais la bonne nouvelle c'est qu'en 2005, les Stooges assuraient encore sacrément bien.
Ne cherchez plus, le VRAI rock, charnel, sauvage, dangereux, c'est sur ce genre de disque que vous le trouverez mais bien entendu le véritable must réside dans le fait de les voir en réel sur scène, l’expérience se révélant souvent marquante au fer au rouge.
Seule inconnue de taille au moment ou j’écris cette chronique, le décès du génial guitariste Ron Asheton en janvier 2009 conduira t il à la fin des tournée du groupe ?

Question difficile à laquelle il est impossible de répondre à l’heure actuelle.

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Published by Seth - dans Punk Rock
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21 juin 2009 7 21 /06 /juin /2009 20:52


« Sabotage » de Black Sabbath sorti en 1975, constitue pour moi le dernier extraordinaire album de la période magique dés débuts avec Ozzy Osbourne.

On notera au passage le ridicule de la pochette avec son coté kisch absolu.
Mais la « dream team » est cette fois encore une fois au complet avec Tony Iommi à la guitare, Geezer Butler à la basse et Bill Ward à la batterie.

 « Hole in the sky » qui ouvre le disque est le genre de morceau immortel qu’on pourrait écouter indéfiniment en boucle dans sa voiture pour débuter une journée dans la joie et la bonne humeur tant il contient une énergie positive communicative absolument irrésistible.

J’ai d’ailleurs toujours été surpris qu’un groupe aussi sombre soit capable d’écrire des morceaux au rythme aussi joyeux mais c’est bien connu le bonheur des tristes est lorsqu’il éclate pareil à une lame de fond.

Le court interlude acoustique « Dont start (too late) »  qui lui succède ressemble à une bonne blague avant que « Symptom of the universe » ne débute.

Ozzy pose sa voix aiguë et angoissée sur un tempo rapide doté  d’un riff métallique très punchy.

A mi chemin, après un supersonique solo de guitare, le morceau explose subitement en une deuxième partie aussi divine qu’aérienne ou le groupe calme superbement le jeu.

L’alternance entre violence typiquement heavy metal et mélodie apaisante est absolument ahurissante et très révélatrice des formidables qualités du groupe.

Sur « Megalomania » Black Sabbath semble utiliser sa capacité à figer le cours du temps en emprisonnant l’auditeur dans une dimension parallèle, sombre, profonde et dense.

Les notions d’espace et de temps se trouvent brusquement abolies et captivé par ce riff hypnotique l'auditeur embarque avec ravissement dans le voyage spatio-temporel de prêt de 10 minutes proposé par ce groupe état de grâce.

La seconde partie du titre plus tranchante et dynamique vient quelque peu stimuler les sens pour empêcher l’auditeur de sombrer dans une extase léthargique sans doute sans issue.

La magie noire opère encore sur « Thrill of it all » avec son riff venu d’ailleurs et sa  variation à la richesse lumineuse  dont le ton enjoué et optimiste surprend encore une fois.

« Supertzar » est un délire instrumental grandiloquent  de puissance inspiré par les chœurs russes.

Sa dimension épique et baroque en ferait sans doute la bande son parfaite pour un film de Sergio Léone ou pour le Conan le Barbare de John Milius.

Il en fallait une, la voici, la ballade « Am I going insane » , avec entre parenthèses inscrit « radio » pour signifier sans nul doute un format plus classique et accessible.

Bien que de structure plus simple et moins alambiquée que les précédents chef d’œuvres « Am I going insane » passe également bien.

« The writ » qui termine l’album est un morceau fleuve, riche, superbe, porté par des vocalises stellaires d’Ozzy Osbourne.

Vous l’aurez compris, « Sabotage » n’est pas pour moi une chanson délire des Beastie Boys mais un authentique chef d’œuvre du rock et de la musique contemporaine.

Je ne sais si cela est du à la consommation intensive de substances hallucinogènes mais rarement Black Sabbath ne me sera paru aussi inspiré que sur ce disque parfait.

Etrangement « Sabotage » ne distille pas une ambiance aussi sombre et inquiétante que sur la plupart des chefs d’œuvres du Sabbath Noir mais la musique proposée est ici en revanche fantastique, vivante, surprenante, rafraîchissante.

Ozzy bien loin du spectre filmé dans la série des Osbournes sur MTV, semble ici au meilleur de sa forme et livre ici un performance vocale parfaite.

« Sabotage » n'est donc ni plus ni moins qu'à ranger dans la catégorie des disques magiques, proposant un voyage spirituel, une intense stimulation sensorielle aboutissant à une élévation de l’ame de la personne rentrant dans le cercle d’attraction mystique que pouvait exercer cet astre noir sur l’auditeur dans les années 70.

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Published by Seth - dans Heavy Metal
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21 juin 2009 7 21 /06 /juin /2009 19:27


La carrière de Black Sabbath aura connu bien des péripéties.

Après des albums fantastiques sortis dans les années 70 avec Ozzy Osbourne au chant et Bill Ward à la batterie, puis quelques très bons disques avec Ronnie James Dio dans les années 80, le groupe a vécu d’innombrables changements de personnel ayant aboutis à de multiples zones de turbulences et à des hauts et bas artistiques.

Le chanteur Tony Martin (non pas le frère de Ricky !) , embauché à la fin des années 80, apportera un semblant de stabilité au groupe et réalisera six albums avec Black Sabbath, performance en elle même tout à fait respectable même si l’ère Martin sera sans doute l’une des moins inspirées de la carrière du Sab’’.

« Cross Purposes » sorti en 1994 est le cinquième album de cette période  et le premier que j’ai écouté avec Martin au chant et un certain Bobby Rondinelli à la batterie.

« I witness » qui le débute est rapide, assez nerveux et pourvu d’un refrain appuyé plutôt efficace.

La voix de Martin est agréable dans un registre mélodique, puissant, assez haut perché.

« Cross of thorns » fonctionne aussi bien dans un style pus lent et mélancolique.

« Psychophobia » est un mid tempo moins fluide qui peine à convaincre.

« Virtual death » est le premier morceau dans la veine la plus pure et sombre du style originel de Black Sabbath, ambiance sombre, sinistre, oppressante d’un cauchemar qui n’en finit pas.

Le groupe invite la Mort à manger à sa table, mais une mort lente, point d’orgue à une longue déchéance ou la victime à le temps de souffrir et de se voir dépérir.

Magnifique.

Afin de s’extraire de ce dangereux marécage, « Immaculate deception » alternant superbes couplets aériens et refrains plus rapides constitue un sursaut salutaire.

Le solo de Iommi est comme souvent d’une beauté limpide et Martin chante il faut en convenir formidablement bien.

La bonne série continue avec « Dying for love »,  superbe ballade ou Iommi sort de ses doigts magique une introduction tout en finesse à en pleurer toutes les larmes de son corps.

Ce morceau quasi parfait contient un souffle épique puissant et une mélodie lumineuse irrésistible.

Comme souvent Black Sabbath déroule un rock de grande classe et de haute volée.

On redescend ensuite sur terre avec deux titres plutôt quelconques sans être mauvais « Back to eden » et « The hand that rocks the cradle » plus mélodique qui bien que correctement exécutés demeurent trop prévisibles à mon goût.

« Cardinal sin » est de nouveau un titre fort, puissant, épique et sombre avec une rythmique lourde à la « Kashmir » de Led Zeppelin et un refrain assez emblématique.

Je trouve que le thème du péché va comme un gant (de cuir)  à Black Sabbath …

« Evil eye » plutôt faiblard, qui conclut le disque est le titre le plus moyen de l’ensemble des compositions.

En conclusion « Cross purposes », est à mes yeux un bon album de heavy-rock mélodique.

On pourra reprocher un certain manque de punch aux compositions, un coté mélodique trop prononcé, auquel colle bien il faut le dire la voix plutôt rock de Martin.

Ce disque n’a il est vrai plus grand chose à voir avec la magie noire des débuts et les prodiges d’inventivité qui ponctuaient chacun des albums sortis dans les années 70.

Néanmoins, Black Sabbath dans un registre plus formaté, sage et tranquille reste tout de même capable de produire de la musique d’un haut niveau de qualité ce qui est tout à fait respectable.

Ce disque est donc tout à fait à l’image de la performance de Tony Martin, honnête et respectable, alors qu’au regard du passé du groupe on le souhaiterait bouleversant et génial.

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17 juin 2009 3 17 /06 /juin /2009 18:32


« Bonjour tristesse » est sans doute l’un des romans les plus connus de la littérature française mais je n’avais jamais rien lu de Françoise Sagan, peut être un peu rebuté par l’image que je voyais d’elle à la télévision, c’est à dire celle d’une femme sans doute toxicomane parlant à toute vitesse en avalant la moitié des mots.

« Bonjour tristesse » raconte l’été de Cécile, jeune fille de 17 ans en vacance avec son père Raymond, sa maîtresse Elsa et Anne une amie de sa mère décédée.

L’action se passe dans une villa du Sud de la France, prêt de Cannes.

Cécile qui a raté son bac, et qui doit réviser pour l’obtenir en Septembre n’a pas le cœur aux études, elles préfère vivre ses premiers émois amoureux avec Cyril, un beau jeune homme pratiquant la voile.

Cécile ayant été placé 10 ans en pensionnat à la mort de sa mère, a développé une relation fusionnelle aussi intense que trouble avec son père.

Celui ci est un homme léger, jouisseur, volage, courant de conquête féminine en conquête féminine.

Il s’entoure souvent de femmes belles mais frivoles et fait souvent partager à Cécile ses éphémères relations.

Elsa appartient à ce type de conquête temporaire, très belle et plus jeune que Raymond, elle fait quelque peu office de pion dans le roman.

L’arrivée d’Anne vient pourtant bouleverser l’équilibre dans la villa.

Anne sort du lot de leurs fréquentations habituelles, elle a le même age que Raymond, elle est intelligente, sensible, cultivée.

Rapidement elle s’impose dans le petit ménage a trois, sépare Raymond d’Elsa et annonce un beau jour à Cécile qu’elle et son père vont se marier.

Pour l’adolescente, cette nouvelle est un vrai traumatisme.

Elle perçoit Anne comme une menace qui va les changer, elle et son père.

Cécile ne veut pas d’une vie sage, intelligente à l’image d’Anne.

Elle va donc instaurer un jeu de manipulation diabolique pour se débarrasser de cette menace.

Cécile va manipuler Cyril et Elsa pour arriver à ses fins, jouant sur l’amour du premier pour elle et sur la vanité blessée de la seconde de l’autre.

Le remord la travaille parfois car en réalité Anne la fascine .. elle ne la hait pas personnellement mais ne supporte pas ce qu’elle représente et qu’elle interfère entre elle et son père.

Au fur et à mesure qu’Anne prend le pouvoir dans la villa, s’imposant à son père et à elle comme une future mère lui dictant quoi faire, la détermination de Cécile croit.

Finalement Cécile arrive à ses fins et le roman se termine par un drame qu’elle n’avait même pas envisagé.

La vie reprend son cours, le souvenir d’Anne s’estompe lentement, l’appétit naturel de vie de Raymond reprend le dessus, Cécile construit une vie de jeune femme à Paris.

L’année suivante, le couple pére-fille retourneront en toute insouciance sur la Cote d’Azur mais en louant une autre villa.

« Bonjour tristesse » fit en son temps (1954 !) scandale.

Les sentiments en effet de cette jeune adolescente ne sont pas nobles et l’absence de morale a pu choquer mais cela serait nier la puissance, le caractère exclusif d’une relation que peut développer une jeune fille privée de mère avec son propre père mais aussi les quelques tourments intérieurs vécus par Cécile à l'origine d'ailleurs du titre.

De plus en réalité ces comportements de manipulations sont relativement courants chez les êtres humains même si ils ne sont pas souvent mis en lumière car jugés comme condamnables au sens moral du terme.

Je crois aussi que ce qui a pu choquer est qu’une adolescente certes supérieurement intelligente parvienne à manipuler quatre adultes ce qui est il faut le noter assez exceptionnel.

Ce livre m’a aussi fait penser par son climat au film « L’année des méduses », même climat estival, même oisiveté et superficialité ensoleillées, même jeu infernal autour d’une adolescente tirant les ficelles d’adultes manipulés comme des marionnettes.

« Bonjour tristesse » est donc pour moi surtout un excellent roman  doté d’une incroyable finesse psychologique et d’une remarquable analyse des comportements humains dans ce qu’ils peuvent avoir de plus troubles.

Chapeau bas, Madame Sagan.

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14 juin 2009 7 14 /06 /juin /2009 17:10


Heaven & Hell ou comment faire du nouveau avec de l’ancien, car cette formation est composée d’anciens membres de Black Sabbath groupe précurseur du heavy metal dans les années 70.

Mais Black Sabbath a eu plusieurs vies, celle passionnante des débuts avec Ozzy Osbourne au chant et celle(s) plus inégales avec d’autres chanteurs, le plus charismatique étant Ronnie James Dio qui prend part ici à Heaven & Hell, les autres membres étant Tony Iommi à la guitare,  Geezer Butler à la basse et Vinny Apice à la batterie.

Etant grand amateur de la musique de Black Sabbath, je me devais d’écouter par simple curiosité le résultat de cette quasi reformation.

En 2009, à la surprise générale, Heaven & Hell sort donc un album intitulé « The devil you know » .

Attention ne pas se fier à la pochette très sombre et agressive, la musique ici proposée est plutôt calme, lente, pesante tout en restant bien entendu sombre.

« Atom and evil » placé en ouverture, mérite bel et bien cet honneur.

On reconnaît tout de suite la patte de Iommi, les riffs lourds, menaçants, l’atmosphère inquiétante et étouffante des meilleurs morceaux du grand Sabbath.

Le rythme lent, la mélodie superbe portée par la voix divine de Dio confère à ce morceau un statut de classique de haute volée.

Attiré par cette succulente mise en bouche, j’aurais aimé en dire tout autant de la suite.

Malheureusement le disque ne parvient pas à garder pareil niveau.

Plus péchu, « Fear » n’est pas mauvais avec son riff légèrement orientalisant, mais est plombé par un refrain plutôt médiocre et téléphoné.

« Bible black » démarre par une magnifique introduction, vibrante de sensibilité et de beauté qui vrille l’ame de l’auditeur, avant qu’un riff plus puissant ne vienne amorcer le décollage vers une formule plus classique, moins surprenante mais néanmoins efficace.

Passé la demi déception de « Bible black », « Double the pain » se présente favorablement avec son mid tempo rythmé doté d’un refrain percutant.

Jusqu’ici tout va bien, certes on n’applaudit pas des nageoires comme une otarie de cirque mais on trouve que les vieux briscards de plus de 60 ans, mènent encore honnêtement leur barque.

Cependant la suite va voir s’amorcer une lente érosion.

« Rock and roll angel » plat et mou comme la poitrine de Jane Birkin, n’est guère enthousiasmant, si ce n’est avec son superbe break central dans lequel Iommi place un solo tout en classe et en finesse.

Un peu léger …

« The turn of the screw » est encore plus quelconque, terne voir carrément médiocre.

Mince alors, serait ce la crise même pour les plus brillants ex musiciens du glorieux Sabbath Noir ?

« Eating the cannibals » (quel beau titre !) plus percutant et enlevé passe mieux, avec son riff et son solo électrique de hard rock nerveux fort plaisant.

Retour à la lourdeur et à la noirceur originelle avec « Follow the tears » .

Ambiance mystico-gothique, riff d’une lourdeur titanesque, refrain envoûtant, Heaven & Hell parvient sur ce titre à recréer la magie du Black Sabbath des premiers jours ..

Impossible pour moi de résister à cette noire attraction de plus de 6 minutes.

« Neverwhere » qui lui succède, renoue avec la moyenne basse des titres rapides sans grand souffle ou originalité qui peuplent ce disque.

Sur « Breaking into heaven » , le groupe parvient de nouveau à se transcender sur ce long morceau fleuve, épique ou Dio côtoie de nouveau les cimes de la perfection vocale.

A l’arrivée, « The devil you know » est un album qu’on aurait aimé adorer mais qui séduit en réalité à moitié en raison de ses multiples « creux » artistiques.

Tout est dit dans le titre ou presque, Heaven & Hell ne réserve pas de surprise, il marche sur un terrain extrêmement balisé et sombre quelques fois dans le moyen.

Néanmoins le disque est sauvé par 3 ou 4 titres forts aux mélodies envoûtantes qui montrent que ces musiciens sexagénaires ont encore de beaux restes tout particulièrement Dio dont la voix magique emblématique du vrai heavy metal côtoie toujours l’excellence.

Alors peut être met on la barre trop haut concernant ces « Eternal Idols » en se référant à un glorieux passé datant aujourd’hui de prêt de 30 ans.

« The devil you know » est un album globalement solide et bien maîtrisé, dans la lignée de l’esprit heavy/doom de Black Sabbath sans en avoir la folie créatrice originelle.

Resteront les anciens disques pour être de nouveau émerveillé 

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13 juin 2009 6 13 /06 /juin /2009 21:28


Dans les salles en cet été 2009, « Terminator 4 : Renaissance »  réalisé par Joseph Mac Ginty.

Plus jeune j’avais vu en 1984 une affiche du premier Terminator au cinéma, j’étais alors trop jeune pour aller voir ce type de film mais même avec mes yeux d'enfants j’avais été impressionné par la carrure et le look façon blouson de cuir d’Arnold Schwarzenegger.

Plus tard j’ai découvert le film, ai adoré cette série B jouissive ou un invincible tueur cyborg de métal venu du futur distribuait les bourre pifs dans notre présent tout en mariant impassibilité mécanique et humour à froid assez dévastateur.

Fasciné par la Robotique, je suis donc devenu un fan, ne manquant aucune des aventures de mon  cyborg autrichien préféré.

On peut donc dire que j’ai grandi avec ce personnage en allant du premier émoi d’enfant au stade de jeune adulte en passant par celui de l’adolescent passionné se repassant en1991 le clip des Guns and Roses « You could be mine » en boucle.

Le 4 ieme opus se déroule en 2018, pour la première fois sans Schwarzengger (ou presque !) et après le jour du Jugement Dernier c’est à dire le déclenchement de la guerre nucléaire par Skynet l’intelligence artificielle déclarant par la même occasion l'ouverture de la guerre entre machines et hommes.

Le film commence par mélanger les trajectoires de personnages sans lien apparent.

Si Joseph Connor interprété par Christian Bale (acteur que j’adore) est bien connu des fans de la saga comme celui qui mettra fin au régne des machines, le personnage de Marcus Wright (Sam Worthington) condamné à mort ayant légué son corps à la science en 2003 est plus surprenant car sans lien apparent avec la mythologie.

Lors d’une offensive contre une base tenue par les machines, Joseph Connor découvre un moyen de les vaincre en utilisant un signal qui a une certaine fréquence les met hors service.

La base est ensuite rasée par une explosion et Connor demeure apparemment le seul humain survivant.

Mais Wright enfermé dans les sous terrains de la base est lui aussi mystérieusement libéré après 15 ans d’oubli depuis son exécution.

Il erre dans le décombres d’un monde en ruine ou les humains font partie d’un mouvement de Résistance dont l’un des chefs emblématique est Connor.

Wright fait la connaissance d’une petite fille muette et de Kyle Reese, adolescent, qui sera le futur père de Joseph Connor puisque celui ci vient d’un futur encore plus éloigné.

Tous les trois passent par bien des épreuves …

Lors d’un assaut des machines, Kyle et la petite fille sont enlevés et emmenés dans l’antre de Skynet à San Francisco.

Wright échappe aux machines et entre en contact avec la Résistance.

Mais une surprise attend Connor qui découvre que Wright est réalité un cyborg doté d’un cœur et d’un cortex humain …

Le plus troublant est que Wright est lui même persuadé d'etre un humain.

Après plusieurs rebondissements, les deux « hommes » décident de collaborer pour aller chercher Kyle dans l’antre de Skynet avant que la Résistance ne lance une grande offensive pour détruire Skynet à l’aide du signal désactivant les machines …

Sans vouloir tout raconter, j’ai trouvé « Terminator 4 : Renaissance » époustouflant.

Alors oui l’absence de Schwarzenegger constitue un handicap mais le film parvient pour moi à compenser ce manque.

Le scénario est redoutable, avec de multiples revirements et changements de rapports de forces entre les hommes et les machines.

Le personnage de Wright terriblement ambigu puisque « cyborg » poussé à l’extrême, presque plus humain que robot est fantastiquement attachant.

La réalisation est incroyablement musclée, avec l’utilisation de caméra mobiles à hauteur d’épaule créant une formidable impression de réalisme et de choc visuel permanent durant les scènes d’actions.

Les effets spéciaux m’ont bluffé, la créativité autour des machines étant exceptionnelle entre Terminator soldats classiques T-600, lourds, puissants, aussi impitoyables que malhabiles, gigantesques fantassins robotisés grands comme des immeubles, robots espions volants, robots chasseurs de combat ou forteresses volantes, robots-motos aux trajectoires infernales ou robots aquatiques ressemblant à de redoutables serpents mécaniques …

Et puis la cerise sur le gâteau, le T-800, le Terminator ultime, un Arnold Scharzenegger de 25-30 ans dopé à l’énergie nucléaire.

J’ai aussi adoré les clins d’œils aux anciens opus, les répliques « cultes » replacées au bon moment, l’allusion aux Guns and Roses et celle plus surprenante en forme d’hommage à Alice in Chains groupe que je vénère et qui me donne envie de pleurer chaque fois que je l’écoute.

Les deux scènes les plus fortes pour moi : l’attaque du Terminator géant sur la station service avec la poursuite entre camion citerne et robots-moto, digne d’un Mad Max robotique et bien entendu l’affrontement final dans une usine-fonderie, lui aussi superbe clin d’œil au premier volet.

De plus les acteurs sont beaux, charismatiques, hommes comme femmes …

J’ai donc retrouvé tout ce que j’aime dans ce 4ieme volet, un film de science fiction sombre au scénario captivant, des magnifiques trouvailles technologiques et des scènes d’action tenant en haleine dans un esprit finalement très heavy metal.

 « Terminator » contrairement à « Matrix » ne montre pas des bellâtres aseptisés et asexués faisant du kung fu avec arrêt sur images dans un monde virtuel, il traduit une lutte entre l’organique et le mécanique, la contestation d’une domination des machines basée sur une supériorité physique réelle et non virtuelle ce qui est bien plus effrayant pour moi.

En résumé, le film de SF parfait pour moi …

Et cette question cruciale qui restera en suspens : « Qui gagnera la bataille des robots de l’été entre Terminators et Transformers » ?

Pour ma part mon choix est fait, Spielberg aura bien du mal avec ses "jouets" …

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