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15 mars 2009 7 15 /03 /mars /2009 15:35


 

 

«  Rocka Rolla » datant de 1974 est le premier album de Judas Priest.

Ce qu’a produit le groupe dans les années 70 est généralement snobé par la presse ou les fans, le son et le style de musique pratiqués étant en effet assez éloignés de ceux qui feront sa renommée mondiale prêt d’une décennie plus tard.

Pour ma part, je suis un fan absolu du rock et du hard rock des années 70 et les disques produits par Judas Priest à cette époque sont mes préférés.

Ils contiennent en effet ce surplus de créativité, d’inspiration et de charme suranné qui me font complètement craquer.

« Rocka Rolla » est un album peu coté, sans doute à cause du fait qu’il soit au sein du répertoire du groupe le plus éloigné du style heavy metal.

Sa pochette, assez ridicule, dont le groupe a beaucoup ri a posteriori constitue également un handicap pour une première approche.

Les racines de l’album sont à chercher dans le blues et le rock progressif, choix somme toute logiques tant à l’époque le hard rock en était à ses premiers balbutiements.

L’album débute par une entrée en matière plutôt timide avec « One for the Road » morceau rock assez calme au rythme boitillant, saccadé et répétitif.

La voix d’Halford est surtout agréable sur les couplets ou elle paraît aérienne et ample.

« Rocka Rolla » est le « hit » de l’album, avec un son plus assuré, un refrain irrésistible d’une efficacité redoutable et la présence d’un harmonica en soutien.

Déjà la groupe montre un intéressant début de savoir faire dans la manière de trousser de purs hymnes hard rock.

Après ces débuts encourageant, Judas Priest prend l’auditeur à contre pied et le format classic rock des deux premiers titres fait place à deux ou trois interludes quasi expérimentaux plutôt déroutants 

Ces morceaux bien que non dépourvus d’intérêt ont néanmoins pour effet d’enrayer la belle dynamique des premiers titres et de perdre complètement l’auditeur dans des délires de musique atmosphérique.

Il faut attendre « Cheater » pour voir le groupe renouer avec une structure plus classique et compacte.

Ce titre intense est très influencé par le blues, avec un harmonica venant hanter une histoire de mari trompé et de meurtre sous jacent, thème tout à fait adéquat au cadre dramatique du blues.

Et oui aussi incroyable que cela puisse paraître aujourd’hui, Judas Priest en 1974 a composé du blues …

« Never Satisfied » est sans doute le deuxième hit de l’album.

Ce morceau est une lente ascension progressive permanente .. la superbe voix aérienne d’Halford y contraste avec des refrains plus puissants.

Ensuite alors qu’on croit le groupe remit sur les rails d’un classic rock formaté et efficace, l’atmosphère bascule à nouveau.

« Run of the Mill » est un long et superbe morceau mélancolique, une pièce maîtresse de plus de 8 minutes, avec un riff glaçant à la Black Sabbath tombant subitement comme un couperet et de longs passages façonnés au burin du rock progressif.

Le groupe révèle une autre facette de son talent et sa capacité à écrire une musique plus complexe et ambitieuse.

La voix d’Halford atteint à la perfection sur cette ballade majestueuse, montant très haut dans les aigus au cours d’un final haletant d’intensité et d émotion.

Ce morceau est pour moi le chef d’œuvre intemporel de l’album.

« Dying to Meet you » œuvre dans la meme veine.

Il s’agit également d’un morceau triste, superbe, long et mélodieux ou Rob chante de manière grave et profonde pratiquement comme un crooner avant la aussi un final plus dynamique et enlevé.

En comparaison la conclusion « Caviar and Meths » paraît un tantinet quelconque malgré de belles qualités mélodiques.

Apparemment le producteur de l’époque aurait amputé ce titre jugé initialement trop long ( plus de 10 minutes ), dommage.

En conclusion, « Rocka Rolla » est un album très ancré dans une époque que personnellement j’apprécie toujours de goûter avec plaisir.

On peut lui reprocher un manque d’impact, une cohésion quelque peu bancale, un coté un peu déroutant de part sa multitude d’influences non encore totalement digérées, preuve que le groupe à l’époque se cherchait encore musicalement à l’ombre des autres grands pionniers anglais.

Néanmoins cet album recèle déjà quelques titres somptueux éparpillés comme des perles précieuses dans le limon d’une terre fertile.

« Rocka Rolla » vaut donc le détour surtout pour le fan qui sera intéressé par les prémisses archéologiques de sa découverte.

Les autres passeront sans doute allégrement leur chemin en se dirigeant directement vers les classiques comme j’ai moi même procédé il y a quelques années avant de finalement remonter avec beaucoup de plaisir le cours de l’Histoire.

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Published by Seth - dans Heavy Metal
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15 mars 2009 7 15 /03 /mars /2009 13:18

Je pense entrer dans une phase de digression importante autour de la Musique.

J'ai mis longtemps avant de trouver un style musical qui me convenait, cela s'est fait par petite touches.

J'ai été adolescent dans les années 90, mes parents se sont abonnés au câble et j'ai découvert via MTV ce qui s'écoutait Outre Atlantique.

A l'époque outre les premiers pas du Gangsta Rap, la vague du Grunge emmenée par Nirvana déferlait sur le Monde et beaucoup de jeunes blancs des classes moyennes écoutaient ce style de musique faisant écho à leur mal être adolescent.

Il y avait aussi l'émergence de géants du hard rock américain, Metallica et Guns and Roses qui passaient beaucoup dans les radios généralistes comme Sky Rock entre Rage Against the Machine, Offspring ou Noir Désir.

Coté français le rock alternatif et le punk avaient leurs adeptes, avec la Mano Negra, les Béruriers Noirs et les Wampas.

Pour ma part bien que pas spécialement heureux je n'étais pas à proprement parler un adolescent rebelle ou difficile, ni même un premier de la classe, j'étais simplement un type médiocre, perdu dans la masse et qui s'ennuyait prodigieusement sur les bancs de l'école.

Le déclic s'est pourtant produit avec un morceau de Metallica entendu à la radio, il s'agissait de "The Unforgiven" titre hyper mélodique qui m'a tout de suite plu.

Jusqu'alors je n'avais ressenti aucun goût pour ce style de musique que je jugeais comme j'imagine 80 à 90% des Français, braillard, stupide, ridicule, obscène et sans intérêt.

Ayant détecté ce nouveau goût, pour mon anniversaire ma Mère m'a subtilement offert le "Black Album" de Metallica que j'ai écouté pendant des années en boucle en adorant le coté sombre, dur, inquietant, profond couplé à une efficacité mélodique imparable ... quelque chose était en marche ..

Un jour de décembre 1995 après plusieurs jours d'examens, j'ai acheté la plupart des albums de Metallica en cassettes.

Je me suis mis à tout découvrir et a apprécier.....n'écoutant que Metallica jusqu'en 1997.

A cette date, au printemps, un ami rencontré sur les bancs de la Fac m'a prêté une vieille cassette d'un groupe anglais du nom de Judas Priest.

La pochette était assez horrible, avec un dessin grossier figurant un monstre mécanique ressemblant vaguement à un lion mais une fois la casette enclenchée ...cela a été un peu comme un coup de foudre amoureux, à la différence prêt que cette passion pour ce groupe ne m'a jamais quitté de ma vie.

Bien entendu j'ai grandi, ai une vie plus équilibrée et variée, m'intéresse à beaucoup de choses mais prêt de 12 ans après cette découverte, mon amour pour Judas Priest reste intact.

Je pense donc que si cette passion a duré ce n’est pas parce que j’agissais sur un coup de tête passager mais plutôt parce que j’avais trouvé une musique et un groupe qui correspondaient à mon moi profond.

Je n'ai jamais rien lu d'intéressant sur ce groupe qui a changé ma vie, bien souvent la place qui lui est donnée est très subalterne, avec l'étiquette vieille gloire des années 80 vite apposée pour se débarrasser du sujet.

Pourtant la carrière et la musique du groupe mériteraient pour moi qu'on passe plus de temps à développer le sujet sérieusement car si le groupe était effectivement à l'apogée de son succès commercial dans les années 80, son évolution avant et après reste à mes yeux au moins aussi  voir sinon plus passionnante

Ainsi à l'orée d'un concert mythique le 21 Mars 2009 à Paris après 16 ans d'absence sur le territoire français je me propose de mettre ma plume au service de la légende anglaise, de rendre hommage à travers un récapitulatif de toute sa discographie à un groupe fantastique, qui me passionne et qui m'aura marqué au fer au rouge ...

Bien que sachant que la partie image est importante, je ne parlerai pas beaucoup de ce que vous décriront trop souvent les journalistes des magazines comme Rock&Folk à savoir les blousons cloutés, le look sado maso des bars gays, la harley davidson et le ridicule procès dont le groupe fut l'objet aux Etats Unis dans les années 90 après des accusations de messages subliminaux poussant au suicide.

Meme si ces choses font partie de l'Histoire du groupe, mon approche sera essentiellement sous l'angle qui m'intéresse le plus : celui de la Musique de Judas Priest.

Seth, Mars 2009 

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15 mars 2009 7 15 /03 /mars /2009 12:50


J’avais regardé il y a quelques années la série « Fabio Montale » à la télévision.

Bien que n’aimant pas Alain Delon, j’avais bien aimé l’histoire et je m’étais dit un jour que je lirais peut être un jour les romans policiers de Jean-Claude Izzo dont la série avait été adaptée.

« Total Khéops » est le premier volet d’une trilogie de polars ayant pour cadre la ville de Marseille dans une époque indistincte que je situerai approximativement dans la première moitié des années 90.

Le héros est le commissaire Fabio Montale, fils d’immigrés italiens, qui est né et a grandi dans le quartier populaire du Panier,  situé dans le centre ville de Marseille.

En raison de sa forte tête, Montale est mal considéré par ses supérieurs et  fait le sale boulot c’est à dire la maintien de l’ordre dans les quartiers nord de la ville.

La particularité de ce policier est de garder de très profondes attaches avec ses amis d’enfance, Manu, Ugo et la belle gitane Lole que chacun des trois garçons convoitait.

Après une adolescence difficile penchant dangereusement vers  la délinquance, Montale a eu un sursaut et s’est engagé dans la Coloniale à Djibouti.

Il est devenu policier tandis que ses deux amis Manu et Ugo devenaient eux de véritables voyous.

Montale de retour d’une affectation à Paris revient à Marseille et apprend que Ugo vient d’être abattu par les policiers dans des circonstances troubles peu après qu’il ait lui même assassiné Zucca, un très gros bonnet de la Mafia.

Après le meurtre lui aussi trouble quelques années plus tôt de Manu, Montale est terriblement choqué par cette nouvelle et voit son passé lui ressurgir violemment au visage.

Il se lance alors dans une quête éperdue de la vérité qui l’emmènera sur les voies dangereuses du crime organisé.

Le lecteur se trouve donc propulsé dans les rouages d’une enquête extrêmement tortueuse ou toutes le pistes se croisent.

L’intérêt principal de « Total Khéops » est la description d’une ville très particulière en France, Marseille.

Loin des sempiternels et très réducteurs clichés sur le football, Izzo dresse un portrait lucide, sombre, attristé et passionnant de l’évolution d’une ville qu’il aime passionnément.

On apprend à connaître donc Marseille, la beauté de ses cotes, son histoire peuplée de vagues d’immigrations s’échouant à cette porte de l’Orient, sa population métissée, ses vieux quartiers et ses bars nocturnes mal famés, ses zones bourgeoises ou se sont réfugiés les Blancs et aussi ses quartiers Nord principalement occupés par une très forte communauté maghrébine gangrenée par la pauvreté et la délinquance.

Les difficiles questions de la cohabitation ethnique et du racisme sont donc abordées courageusement, Montale de part sa mission étant souvent au contact des cités et de leur population.

Pas de manichéisme pourtant, comme à travers le portrait de Mouloud, habitant des quartiers Nord, ami de Montale, ancien ouvrier des chantiers navals de Fos sur Mer élevant seul courageusement ses enfants, par lequel Izzo témoigne d’un désir de sympathie.

Et puis il y a le personnage Leila, jeune beurette intelligente et prometteuse et ex flirt de Montale, dont la mort abominable accroît le désespoir et le désir de vengeance.

Le fonctionnement du Milieu marseillais est également plutôt bien décrit, avec ses ramifications Corses et Italiennes, ses luttes d’influences, ses trahisons, ses règlements de comptes sanglants.

On pourra trouver quelques fois l’histoire confuse et difficile à suivre, trouver que la bouillabaisse Mafia-Flics-Front National est par instants lourde à ingérer, pourtant « Total Khéops » demeure un roman intelligent, riche en couleurs, saveurs et émotions.

Fabio Montale, personnage esseulé un peu paumé luttant contre un ennemi dangereux et puissant, est un personnage dont l’histoire personnelle oscillant entre voyous et policiers,  rend très attachant.

On appréciera également la richesse et la sensualité toute méditerranéenne des personnages féminins que ce soit la journaliste Babette ou Marie Lou la belle prostituée antillaise.

En résumé, « Total Khéops » constitue pour moi le haut du « Panier » du roman policier français et on ne peut que regretter que Jean-Claude Izzo nous ait quitté si prématurément en 2000.

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9 mars 2009 1 09 /03 /mars /2009 22:20


De Tennessee Williams je ne connaissais que « comme tout le monde » les pièces de théâtre fantastiques comme « Un tramway nommé désir » ou « Baby Doll » toutes  deux  merveilles d’infernales tensions sexuelles, dramatiques et psychologiques.

Aussi la lecture du recueil de nouvelles « Le boxeur manchot » m’a donné envie de découvrir une autre facette de l’homme de théâtre, à savoir l’écrivain.

Et je dois avouer avoir été plutôt enchanté du voyage sous la plume de Monsieur Williams.

Tout est dit ou presque dans ce titre curieux, presque absurde, ces nouvelles ne racontent que des histoires de marginaux, de gens vivants hors des normes de la société ou des convenances mais avec un coté incroyablement émouvant.

Un jeune boxeur mutilé, devenu prostitué et paria de la société, qui s’auto détruit dans la vagabondage, la débauche et le meurtre comprend presque miraculeusement dans l’attente de son exécution qu’il existe une humanité et qu’il a laissé passer son salut …. 

Destinée déchirante que l’auteur compare à celle d’une statue d’un apollon mourant …

Mais ce n’est rien à coté de l’histoire de « Malédiction », cet ouvrier perdu dans une ville étrangère ne vivant que pour la chatte qui partage sa solitude et sa détresse … Une histoire aussi simple que belle qui m’a  purement et simplement transpercé le cœur.

Les récits du « poète » amis des enfants vivant en ermite sur une plage dans des conditions d’extrême dénuement ou « les champs des enfants bleus » magnifique allusion au remord d’une femme par rapport à un amour de jeunesse, contiennent aussi des charges émotionnelles terriblement puissantes.

Mais il y a aussi des récits plus « durs » comme cette mystérieuse et morbide relation entre un petit homme masochiste et son colossal masseur noir qui le tue davantage à chaque séance à sa propre demande dans une volonté d’expiation par la douleur … ou la féroce révolte d’Alma dans « l’oiseau jaune », devenue prostituée indépendante et heureuse pour briser le joug du fanatisme de la religion qui a entraîné la mort de sa mère condamnée pour sorcellerie sur la foi de délirant témoignages des jeunes filles de Salem.

Solitude, misère sociale et affective, personnage décalés, rebelles, inadaptés au monde, poètes ratés, boxeur déchus, vierges hystériques, amantes malheureuses à jamais composent cette bouleversante palette d’humanité ébréchée.

Avec ce recueil j’ai compris que Tennessee Williams n’excellait pas seulement dans le théâtre mais que son art était plus vaste que ce champs déjà immense.

Cet homme possédait en effet le don de raconter des histoires et de toucher directement à la substantifique moelle des êtres humains.

« Le boxeur manchot » est donc un livre merveilleux, une véritable leçon de littérature.

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8 mars 2009 7 08 /03 /mars /2009 15:05


En tant que fan de comics et de Zack « 300 » Snyder  je me devais d’aller voir « Watchmen » au cinéma.

 

Bien que plus fan de Marvel que de DC comics, j’avais lu la bande dessinée d’Alan Moore et de Dave Gibbons et en avais apprécié le coté sombre et la belle réussite technique sans toutefois trouver ce « roman graphique » culte.

 

Que dire du film donc ? Il est long, complexe et très voir trop fidèle à l’univers du comics.

 

L’histoire se déroule aux Etats Unis sous Nixon dans les années 80, en plein milieu d’une crise de la guerre froide laissant présager une attaque nucléaire imminente de l’URSS contre le sol américain et probablement la fin du monde annoncée par une sorte de compte à rebours macabre sur une horloge géante.

 

Les « Watchmen » (Gardiens en français ) sont d'anciens super héros des années 60-70  faisant partie d’un groupe que le président Nixon a dissous.

 

Le récit commence par le meurtre de l’un d’entre eux, le Comédien.

 

L’un de ses ex collègues, Rorschach, petit homme au masque énigmatique, enquête sur cette mort mystérieuse en soupçonnant que quelqu’un cherche pour une raison politique à éliminer les Gardiens.

 

Rorschach tient une sorte de journal intime et sa voix off rocailleuse accompagne une bonne partie du film dans un univers nocturne urbain glauque et déprimant.

 

Petit à petit au cours de son enquête, Rorschach retrouve la trace de ses ex coéquipiers.

 

On découvre donc progressivement qui sont les Gardiens, leurs histoires personnelles, leurs nouvelles vies et leurs personnalités complexes, souvent contrastées.

 

La je dois dire que c’est souvent ce qui m’a déplu chez DC Comic, c’est à dire que ces « supers héros » sont souvent des types banals avec des costumes ridicules et des pouvoirs en fin de compte super-ordinaires.

 

Ainsi le Hibou, est un  type entre deux ages avec un physique bedonnant et une bonne tête de brave couillon à la Tom Hanks, ses seuls « pouvoirs » étant des gadgets assez pitoyables et une sorte d’aéronef ridicule en forme de hibou.

 

Niveau personnalité il est aussi lisse qu’un miroir et parfaitement insignifiant.

 

Pas vraiment captivant donc, tout comme Ozymandias, sorte de beauté masculine aryenne glacée à la Flash Gordon et richissime homme d’affaire ayant pour but de libérer le monde de sa dépendance aux énergies fossiles.

 

A t il des « pouvoirs » ? Il semble plus rapide (capable d’arrêter une balle en plein vol ) et plus fort qu’un être humain normal mais la encore aucune profondeur chez ce personnage qu’on devine vite mégalomane et calculateur, bref une sorte de Jean Marie Messier en plus sportif ..

 

Dans le registre « tocarde de premier plan » , le « Spectre Soyeux se pose également la, c’est à dire une nana sexy et athlétique qui fait un peu de karaté, bref potiche idéale, dont le seul intérêt est d’être la petite ami d’un Gardien aux pouvoirs eux réellement hors normes : Le Docteur Manhattan.

 

Rien à voir avec Benoît Poolevorde en effet, derrière ce nom ridicule se cache un physicien qui irradié par des radiations nucléaires se retrouve disposant des pouvoirs d’un Dieu, capable de plier la matière à sa volonté, de voyager dans l’espace, de modifier sa taille, de générer des champs de force ou d’énergie mortelle mais également de prévoir le futur ou de faire revivre le passé aux autres êtres humains.

 

Le Docteur Manhattan est donc une force de dissuasion vivante des Etats Unis et sa puissance en fait un des personnages clés du récit.

 

La contre partie de ce pouvoir quasi illimité est qu’il se sent de plus en plus étranger au monde des humains et éprouve les plus grandes peines à éprouver des sentiments pour sa petite amie qui finalement le quitte.

 

Comment en effet un Dieu vivant pourrait il se sentir proche des insectes humains ?

 

De plus d’étranges rumeurs de cancers dont seraient victime les gens l’ayant cotoyé commencent à le miner …

 

Les deux derniers Gardiens les plus intéressants pour moi sont le Comédien, qui bien que non doté de véritable pouvoirs, se révèle ère un anti héros et un salopard amoral de premier ordre, n’hésitant pas à  abuser de sa force pour violer ou assassiner des gens.

 

Rorschach, personnage au psychisme perturbé est sans doute le plus captivant du lot.

 

Sa brutalité, sa violence, sa vision sombre de l’existence et son absence de concession  avec le crime le rapprocheraient presque de personnages comme Punisher ou Wolverine bien qu’il n’ait lui non plus pas de super pouvoirs à proprement parler.

 

Pendant 2h43 , l’intrigue se noue donc … avant que la théorie du complot n’éclate.

 

La philosophie simpliste qui éclate au grand jour, utiliser le Docteur Manhattan pour provoquer deux attaques nucléaires simultanées sur le front de l’Est et de l’Ouest  ce qui serait sensé pacifier le monde, ne tient pas vraiment la route.

 

Peu d’action et de rythme dans ce film plutôt lent et contemplatif, des combats façon « film de karaté » moins bon qu’un Transporteur dans une maison de retraite, ce qui s’avère un sérieux handicap pour un film de super héros sensé blaster tous les sens du spectateur.

 

Zack Snyder se lâche un maximum dans les scènes cosmiques avec le Docteur Manhattan qui sont il est vrai magnifiques bien qu’un ton en dessous du choc visuel permanent de « 300 ».

 

Le film m’a globalement beaucoup moins plus que les super productions Marvel avec leurs personnages plus flamboyants, plus attachants et  plus denses.

 

En cette période de crise, on pourra attendre la sortie en DVD ou lire la BD dans une bonne bibliothèque …

 

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7 mars 2009 6 07 /03 /mars /2009 18:19

In_memoriam.jpg
Envie d’une littérature plus sombre avec « In memoriam » est de Linda Lê.

« In memoriam » est l’histoire d’une terrible souffrance suite à un deuil.

Le narrateur est un homme, critique littéraire dans une maison d’édition le jour, écrivain passionné au succès modeste pendant ses nuits.

Cet homme vient d’apprendre le suicide mystérieux de son amie, Sola, écrivain elle aussi, dont il admirait le talent fulgurant et avec laquelle il entretenait une relation amoureuse passionnelle.

Alors cet homme dévoré par la douleur et le choc, décide de tout raconter dans un livre pour rendre hommage à cette femme qui a marqué sa vie, pour en quelque sorte se soulager et lui ériger un temple mortuaire digne de à sa mémoire.

On apprend relativement peu de chose sur Sola, si ce n’est qu’elle était la fille d’un immigré iranien, qui se considérait comme un raté et qui un soir est mort, sans doute par suicide.

La découverte puis la lecture du journal intime de cet homme est un poignant moment de dérive humaine.

Sola, brillante écrivain, était également sujette à de violentes crises de dépression.

Etrangement alors qu’on pourrait penser que Linda Lê se raconterait à travers le portrait de cette femme présentant de nombreuses similitudes avec sa propre histoire, c’est surtout le personnage du narrateur qui sera le plus étoffé.

On découvre en effet tous les recoins les plus intimes de cet homme dont le plus grand problème est d’avoir souffert dés son plus jeune age d’un complexe d’infériorité par rapport à son frère aîné Thomas, plus beau , plus intelligent, plus charismatique qui a réussi une brillante carrière d’avocat tout en dénigrant son frère désigné comme le  « raté de la famille ».

Se réfugiant dans les livres auxquels il voue sa vie, le narrateur rencontre par hasard Sola et cette rencontre change sa vie.

Leur relation est rapidement passionnelle, destructrice.

Le narrateur très possessif paraît rapidement souffrir et se torturer.

Logiquement plus il essaie de posséder Sola plus celle ci prend ses distances.

Puis vient la première crise de Sola et la prise de conscience d’une terrible maladie souterraine rampante et annihilatrice contre laquelle le  monde extérieur paraît bien impuissant.

Le narrateur commet ensuite la plus grave erreur de sa vie en présentant Sola à son frère Thomas.

Celui ci bien que marié tombe sous le charme et décide de la ravir à son frère.

Sola est elle aussi séduite par Thomas ….le narrateur revoit brutalement ressurgir ses vieux complexes et tente de manière un peu désespérée de conserver cette femme.

S’ensuit une sorte d’horrible et cruel triangle amoureux … aboutissant à un enfoncement de Sola dans la maladie et à son suicide sans explication.

« In memoriam » est un roman douloureux et cathartique dont chaque page vous écorche le cœur.

Les personnages, très torturés, naturellement plus enclin à la souffrance qu’au bonheur se débattent dans des sables mouvants mentaux qui les engloutissent peu à peu.

Le personnage de Sola m’est apparu comme celui d’une jeune femme atteinte d’une forme chronique et grave de dépression, sans doute d’origine génétique et héréditaire ;  celui du narrateur comme faible et rempli de souffrances indélébiles.

On peut trouver le sujet trop lourd, se sentir mal à l’aise devant des êtres humains se mettant si profondément à nu et également se demander si au final l’hommage n’est pas adressé à ce narrateur pleurant une romancière morte par un habile processus d’inversion.

J’ai été impressionné par la qualité littéraire de la langue employée, notamment la recherche de mots savants et peu usités, même si la recherche récurrente  de métaphores m’a quelques fois aussi agacée.

Ce livre défrichant néanmoins de sombres contrées mérite d’être salué pour sa profondeur et son courage.

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Published by Seth - dans Psychologie
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1 mars 2009 7 01 /03 /mars /2009 11:24


« L’exil et le royaume » d’Albert Camus est un recueil de six nouvelles sur le thème de l’exil.

Comme souvent dans un recueil, on peut trouver cela quelque peu hétérogène et ne pas apprécier la totalité des nouvelles abordées.

Pourtant outre ses inévitables constations, force est de constater que la quasi totalité du recueil m’a captivée.

J’ai retrouvé un peu l’ambiance de « l’Etranger » avec ces histoires se déroulant souvent en Algérie ou des Français se retrouvent isolés, déroutés, perdus dans un monde et une culture dont ils n’ont pas les clés.

Pour moi le chef d’œuvre du livre est « Le renégat » cette nouvelle effrayante et d’une violence inouïe racontant le calvaire d’un prêtre missionnaire torturé par les « sauvages » qu’il était venu convertir seul, aveuglé par son orgueil démesuré.

Il s’agit donc d’une bombe à fragmentation contre le colonialisme européen et plus généralement contre la religion chrétienne car non l’homme n’est pas bon et le Mal règne souvent en maître absolu sur cette terre.

L’effet est terrible et les dernières pages vous marquent au fer rouge.

« L’hôte » œuvre également dans une veine de terreur, avec cet instituteur français isolé sur une montagne en Algérie qui se voit confié un prisonnier arabe a conduire à la ville la plus proche.

Bien que pétri de nobles sentiments et de bonnes intentions, l’homme voit brutalement tout se retourner contre lui dans une ironie cruelle.

Derrière la puissance terrifiante de ces deux nouvelles, on retrouve le thème de l’attraction  presque métaphysique que peut éprouver un homme pour des forces de la nature lui rappelant sa faiblesse et sa mortalité comme Janine pour le désert dans « La femme adultère » ou l’ingénieur d’Arrast dans « La pierre qui pousse » pour la jungle amazonienne et l’intense culture primitive des populations brésiliennes de la ville d’Iguape.

J’ai moins aimé « Jonas » avec cette parabole sur les affres de la création artistique ou « Les muets » nouvelle à laquelle j’ai été moins réceptif.

En résumé, j’ai été encore une fois séduit et impressionné par le talent d’Albert Camus, la beauté et la force de sa langue, ainsi que par la puissance et la profondeur des thèmes abordés.

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1 mars 2009 7 01 /03 /mars /2009 10:43


Je n'ai pas tenu longtemps avant d’aller voir « Gran Torino » , film qui sera le dernier de Clint Eastwood en temps qu’acteur d’ou mon intense émotion en pénétrant dans la salle.

 

La der d’une légende moi ça me donne des frissons …

 

Je ne savais rien du film, j’y suis allé à la manière de Gilbert Montagné « les yeux fermés ».

 

L’histoire se passe dans le Midwest, Walt Kowalski veuf depuis peu, vit seul avec sa chienne dans une maison d’un quartier envahi par les gangs et que les Blancs ont déserté depuis longtemps.

 

Sa famille le délaisse complètement, obnubilée par l’égoïsme actuellement en vigueur chez les jeunes générations dans le monde occidental amenant les personnes âgées à mourir seules.

 

Ancien ouvrier de chez Ford, Walt a fait la guerre de Corée et porte en lui des traumatismes indélébiles.

 

Walt est  un peu une sorte d’inspecteur Harry qui aurait mal vieilli, même si à mon avis beaucoup d’hommes de cinquante ans rêveraient d’avoir son physique et sa prestance à leur age.

 

Walt apparaît comme un vieil homme d’un autre temps, rigide, aigri, acariâtre et rempli de préjugés racistes surtout envers ses voisins asiatiques.

 

Il possède une Ford Gran Torino de 1972, qu’il bricole dans son garage et qui fait sa fierté.

 

De l’autre coté Taho, jeune adolescent asiatique a du mal à trouver sa place entre deux cultures, de plus il est la proie d’un gang asiatique qui cherche à l’embrigader de force.

 

Un jour le gang demande à Taho de voler la Ford de Walt mais il échoue lamentablement.

 

Le lendemain le gang revient le punir de son échec et Walt intervient de façon musclée, tirant le jeune homme d’une mauvaise passe.

 

Le vieil homme devient malgré lui le « héros » du quartier et peu à peu sa carapace se fendille.

 

Il se met à fréquenter ses voisins asiatiques, oublie ses préjugés et se lie d’amitié pour Taho et sa sœur Sue.

 

Walt retrouve tout ce qui lui manque, de la chaleur humaine et le goût de la vie.

 

Pour se racheter de la tentative de vol, Taho doit passer une semaine à aider Clint.

 

Celui ci lui confie des taches manuelles, il éduque le jeune homme, lui donne le goût du travail et confiance en ses possibilités.

 

Il devient en quelques sorte son père de substitution.

 

Mais le gang à la rancœur tenace et se venge cruellement sur Sue.

 

Walt balance entre plusieurs choix, venger Sue et ne pas gâcher l’avenir de Taho …

 

« Gran Torino » est sans doute l’un des meilleurs films de et avec Clint Eastwood.

 

Encore une fois le réalisateur-acteur semble marcher sur l’eau, en perpétuel état de grâce.

 

Le film traite magnifiquement de la vieillesse, de la mort, de la rédemption et de la transmission.

 

Le message d’ouverture ethnique se fait profondément humaniste, le vieux Walt trouvant plus de réconfort dans une famille de voisins immigrés qu’en sa propre famille peuplée de cadres over bookés et rapaces ne pensant qu’à son héritage et à le placer en maison de vieux.

 

Le thème de la religion est lui aussi abordée par l’intermédiaire d’un jeune prêtre qui tente d’amener Clint à se confesser.

 

Un film magnifique donc, profond, qui m’a rendu les yeux humides par instants.

 

A la fin j’avais envie d’applaudir pour rendre hommage à la dernière légende vivante du cinéma qui nous tire aussi magistralement sa révérence mais aucun parisien blasé et pressé n’a semblé disposé à le faire.

 

Comme souvent c’est plus tard, après sa mort que les gens réaliseront ..

 

Un film à aller voir au cinéma et ne pas attendre une foutue sortie en DVD 6 mois après.

 

Et si actuellement dans le cinéma il y avait Clint Eastwood et les autres ?

 

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Published by Seth - dans Policier
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1 mars 2009 7 01 /03 /mars /2009 10:29


Je suis allé voir « The Wrestler »  film de Darrren Aronofsky pour lequel Mickey Rourke a été nominé aux Oscars.

 

Bonne idée de faire un film sur le catch, ce sport spectaculaire à l’origine très ancré dans la culture américaine fait actuellement une ahurissante percée en France puisque RTL 9, NT1  et Eurosport le diffusent à présent en prime time sur leurs ondes.

 

Je n’ai jamais aimé les gens qui disaient que ce sport était du « chiqué », c’est un peu le même genre de remarque que de dire que les body builder ne font que de la « gonflette ».

 

Les catcheurs s’entraînent comme des athlètes professionnels et ce sport violent entraîne souvent de graves blessures qui elles n’ont rien de « chiqué » et raccourcissent l’espérance de vie de ses athlètes.

 

Dans la première partie du film on voit le quotidien de Randy dit le « Bélier » , ex star des années 80 qui vit dans une roulotte, travaille la semaine dans un supermarché et catche le week end dans des gala de seconde zone.

 

On voit l’envers du décor du monde du catch, des matchs certes arrangés mais brutaux, sanglants, des corps maltraités, détruits, l’emploi d’anabolisants, de stéroïdes pour leur faire atteindre des proportions défiant l’imagination.

 

Randy ressemble à une épave d’un autre temps, il paraît usé, fatigué.

 

Il est client d’une boite de strip tease et entretient une relation amicale avec une strip teaseuse du nom de Pam.

 

Et puis un jour c’est l’accident, après un match appuyé, Randy fait une crise cardiaque et manque de mourir.

 

Les médecins lui interdisent de catcher.

 

Randy se retrouve donc brutalement livré à lui même et ébranlé par le fait qu’il vient d’échapper à la mort.

 

Sans ressources financières, il devient boucher à plein temps au supermarché et doit subir une conditions humiliante pour lui.

 

Il s’aperçoit qu’il est seul, fauché, has been et qu’il ne s’est jamais occupé de sa fille.

 

Sur les conseils de Pam, il décide alors de reprendre contact avec elle ce qui s’avère délicat.

 

La deuxième partie du film est la plus touchante.

 

Randy essaie de se racheter des ses erreurs passées avec sa fille et dans le même temps essaie de nouer une véritable relation avec Pam.

 

La question qu’on se pose est : ou est la frontière entre réalité et fiction ? Tant la vie de Mickey Rourke semble se confondre avec celle de Randy.

 

Rourke, le visage tuméfié, difforme, abîmé par les excès, la boxe et la chirurgie esthétique ressemble à un monstre touchant.

 

La dernière partie du film consiste en une revanche d’un match disputé il y a 20 ans.

Malgré les interdictions des médecins, Randy s’y rend.

 

On pourra peut être trouver « The Wrestler » un peu trop larmoyant et "americain" mais à part être un monstre de cynisme ou de froideur, comment ne pas être touché par la détresse d’un être humain, seul, malheureux, abîmé par la vie et tentant maladroitement de se racheter de ses fautes ?

 

Il plane sur ce film un parfum de déchéance, de vieillesse, de mort, toute la nostalgie d’une époque cristallisée par les jeux vidéo Nintendo, le hard rock américain des années 80 qu’écoute Randy dans sa camionnette (Motley Crue, Guns and Roses ), musique aujourd’hui sérieusement ringardisée.

 

A mes yeux Mickey Rourke méritait l’Oscar, mais il était en face d’un mort, Heath Ledger.

 

C’est con, on est en février et le meilleur film de l’année est déjà sorti.

 

A moins que le dernier Eastwood ….

 

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Published by Seth - dans Sport
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27 février 2009 5 27 /02 /février /2009 10:31


Passage vers la Science Fiction avec « Champs mental » recueil de courtes nouvelles écrites dans les années 70 par Frank Herbert un des maîtres du genre.

Le fil conducteur de ces nouvelles est la communication et les processus mentaux associés.

Je dois concéder ne pas avoir eu beaucoup de plaisir à la lecture de cet ouvrage.

Les nouvelles sont assez disparates et peu d’entre elles m’ont vraiment passionnées.

J’ai bien aimé « Meurtre vital » une histoire hallucinante d ‘un double organisme vivant Tegas/Bacit colonisant l’esprit des êtres humains pour survivre, organisme lui même pris au piége dans un corps et traqué par des scientifiques acharnés.

J’ai été impressionné, captivé par le souffle et l’imagination de cette histoire.

J’ai trouvé « Le Comité du Tout » visionnaire et audacieux avec l’idée que  l’invention d’une arme à puissance quasi illimitée obligerait les hommes à tous se respecter et à se considérer comme semblables, idée d’ailleurs flirtant avec des thèses communistes en vogue à l’époque.

« Essayez de vous souvenir » est également plaisante même si plus classique et oeuvrant dans une schématique surexploitée à présent :  l’arrivée d’une vaisseau spatial peuplé d’extra terrestres lançant un ultimatum à la race humaine : « Comprenez notre langage ou mourez ».

Et cette race humaine bien obligée de faire preuve d’humilité et de revenir aux bases de la communication, du langage.

Pour le reste, je n’ai pas accroché à l’autre moitié du livre, passant complètement à coté de cette histoire d’épidémie tuant les chiens ou de celle de recréation de simulacres d’êtres  humains conditionnés mentalement à partir des modèles originaux mourants.

A l’arrivée un sentiment mitigé donc et une déception.

Je pense un jour lire la saga de « Dune » le chef d’œuvre de Frank Herbert.

J’avais beaucoup apprécié le film de David Lynch.

 

 

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