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10 avril 2009 5 10 /04 /avril /2009 07:28


Les circonstances de la vie m’ont données envie de « changer de braquet » et de m’attaque à des ouvrages réputés difficiles mais qu’il me paraît indispensable d’avoir lu au moins une fois dans sa vie.

Finies donc les inhibitions, tel un prédateur mis peu à peu en confiance par ses prises successives je m’attaque à des proies de plus en plus grosses.

La «  Métaphysique » d’Aristote en fait assurément partie.

Si j’avais souffert sur la « Physique », cela a été encore pire sur la « Métaphysique » !

Déjà cet ouvrage est très volumineux, il contient 14 livres qui ne sont pas absolument tous certifiés avoir été écrit par Aristote lui même.

Il en résulte qu’il n’y a pas de plan général, pas toujours de liant entre les parties et qu’il est donc difficile de se repérer aisément dans le cheminement de la pensée du « Maître de ceux qui savent ».

A ces difficultés pratiques s’ajoutent des difficultés par rapport au sujet abordé, sans doute le plus fondamental qui soit.

Aussi ne vais je pas faire une analyse linéaire livre après livre, ceci serait aussi fastidieux qu’ inutile mais simplement livrer ce que j’ai retenu d'une premiére lecture.

L’objet de la « Métaphysique » est la recherche d’une science traitant de la recherche des principes, des causes ordonnant le monde mais également de l’étude des êtres « en tant qu’ils sont  êtres » c’est à dire par leur matière, forme, actes, entéléchie ou puissance.

Cette science qu’Aristote ne nommera jamais est donc un prolongement de la « Physique » qui étudie les substances en mouvement (au sens large du terme) .

Au cours de ses réflexions, Aristote reprend beaucoup les théories de ses prédécesseurs, bien entendu les Pré-Socratiques (Héraclite, Démocrite, Empédocle …) mais les deux principales écoles auxquelles il s’attaque sont celle de la théorie des nombres des Pythagoriciens et surtout celle des Idées de son ancien maître Platon.

Aussi me suis je aperçu que de ne pas bien posséder les rouages de ces deux dernières écoles était un handicap important dans la compréhension de la « Métaphysique » tant Aristote s’y réfère souvent.

Une partie importante du live tourne autour de la détermination de la science qui doit traiter des thèmes précédemment évoqués.

Aristote parvient à la conclusion que c’est à la philosophie de traiter ces questions car la philosophie est la science la plus élevée des sciences théoriques, compte tenu du fait qu’elle recherche les causes et principe premiers des choses en vue du bien de l’être.

La philosophie est donc la science se rapprochant le plus du divin.

Le livre cinq définit un grand nombre de concepts comme l’être, la substance, l’identité, la puissance, la qualité, la quantité ou le genre.

Aristote semble ainsi fourbir ses armes pour ses démonstrations futures.

Les questions centrales autour de l’être en substance prise sous le rapport de matière ou de forme,  de la puissance ou  de l’acte antérieur à celle ci m’ont le plus intéressées.

De manière très synthétique, on peut dire qu’Aristote décrie la théorie des Idées de Platon qui place les idées comme substances éternelles, universelles et  reflets du monde sensible.

La théorie d’Aristote est que tous les principes convergent vers un seul principe premier, éternel, séparé du monde des sensibles, immobile mais imprimant au monde un mouvement perpétuel.

Aristote identifie clairement ce principe au Dieu même si il ne croit pas à l’anthropomorphisme des fables mythologiques.

Finalement, la Métaphysique recherchant les principes premiers et l’étude de l’être en tant qu’individu, touche à la théologie.

A la lecture de cette conclusion on comprend pourquoi l’influence d’Aristote sera gigantesque sur les trois religions monothéistes.

En effet, la « Métaphysique » offre un terrain idéal pour le développement d’une justification philosophique à l’existence d’un dieu unique.

C’est donc au Moyen Age, qu’une nouvelle science, la Scolastique, tentera la réunification des thèses aristotéliciennes avec la religion.

Je savais que l’église chrétienne avait été influencée par Aristote par l’intermédiaire des travaux de Thomas d’Aquin mais j’ignorais que le Judaïsme  par les travaux de Maimonide ou l’Islam par ceux d’Averroès, avaient également subi cette influence.

Il est à noter cependant que contrairement à ceux de Maimonide, les travaux d’Averroès furent massivement rejetés par les autorités religieuses musulmanes.

Pour ces raisons on peut considérer la « Métaphysique » d’Aristote comme l’un des livres les plus importants ou influents de l’Histoire de l’homme, à égalité peut être avec le dernier bouquin de Ségolène Royal « Ma plus belle histoire c’est vous ».

Après avoir bien étudié ce philosophe, je dois admettre être toujours impressionné par l’étendue et la portée de ces travaux visant à atteindre une sorte de savoir total multi disciplinaire.

Certes, le style d’Aristote est souvent austère, professoral, difficile, peu littéraire (surtout comparé à  celui de Platon) mais je suis impressionné par sa rigueur scientifique et son coté « savant ».

J’aime cette approche de la vie intellectuelle, spéculative et méditative à qui il attribue la part de divinité de l’homme.

Les écrits d’Aristote ne traitent pas majoritairement de morale ou d’une philosophie pratique de l’existence, (même si l’ « Ethique à Nicomaque » s’en rapproche le plus), ils traitent de concepts plus absolus à mon sens.

Toutefois beaucoup de ses arguments reposent sur l’étude des astres qu’il imagine éternels.

Il ne pouvait savoir que l’astrophysique démontrerait plus tard que les astres comme les galaxies naissent et meurent et que à part peut être l’univers dans sa globalité plus rien n’est considéré comme éternel de nos jours.

Aussi me demande je parfois (un peu vainement ) ce qu’aurait écrit un tel esprit visionnaire si il avait été doté d’outils technologiques aussi affûtés que les nôtres.

Nul doute que son prodigieux sens de l’observation, son esprit curieux et son intelligence aiguë auraient amené l’Humanité encore plus en avant sur les chemins escarpés de la connaissance.

Je pense donc relire un jours plus tard la « Métaphysique » mais doté moi même d’outils intellectuels plus performants pour me hisser davantage au niveau du Maitre.

Malgré tout le voyage n’ a pas été sans bienfaits.

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5 avril 2009 7 05 /04 /avril /2009 19:30


Sorti en 2006, « Rocky Balboa » se veut l’ultime et tardif hommage de Sylvester Stallone à son personnage fétiche qui lui rapporta 3 oscars et lança sa carrière cinématographique en 1976.
 

Qui en effet ne connaît pas ce film, cette musique et ce personnage mythiques ?

 

Il est curieux de constater que jamais Stallone ne fut vraiment capable de faire mieux que son premier film, car si le premier « Rambo » présente des qualités, sa carrière ne fut ensuite qu’une longue série de films d’actions plutôt caricaturaux et basiques avec même dans les années 80 un assez détestable fond de propagande anti communiste.

 

Alors avec une carrière au point mort, à 60 ans Stallone décide de renouer avec son personnage culte.

 

Le ton plutôt intimiste du film surprend, l’atmosphère est  en effet très mélancolique et nostalgique.

 

Boxeur retraité, Rocky a perdu sa femme (Adrienne) il y a 3 ans et a du mal à s’en remettre.

 

Pour survivre il a ouvert un restaurant italien et raconte ses anciens exploits à ses clients.

 

Ses relations avec son fils sont très distantes.

 

Vieille gloire des années 80, Rocky paraît un peu dépassé par un monde nouveau, plus rapide, aseptisé et moins humain alors il se réfugie dans ses souvenirs et vit dans le passé de son quartier de Philadelphie avec son éternel beau-frère râleur  Paulie (Burt Young) ou Marie, jeune mère célibataire que Rocky tente de prendre sous son aile.

 

Pourtant l’envie de reboxer pour oublier son chagrin le titille et il fait une demande de licence.

 

En parallèle le monde de la boxe poids lourd outrageusement dominé par un jeune champion noir du nom de Mason Dixon, doué mais peu charismatique, étouffe.

 

Un jour au moyen d’un logiciel, les experts de la boxe simulent un combat entre Balboa et Dixon et ce combat donne le jeune champion perdant.

 

Ses promoteurs ont alors l’idée d’organiser à Las Vegas un match exhibition contre Balboa pour faire remonter la cote de leur poulain.

 

Rocky voit dans cette opportunité une occasion de guérir de son mal et enclenche la traditionnelle séquence de préparation physique avant le match.

 

Encensé par les critiques pour son coté émotionnel, « Rocky Balboa » ne m’a cependant pas autant bouleversé qu’un film comme « The Wrestler » qui me semble aller encore plus loin dans le désespoir et l'émotion.

 

Le ressort de la simulation logicielle me paraît peu crédible, quand au corps de Stallone, il est effrayant, flasque, quasi difforme et néanmoins bouffi d’anabolisants.

 

J’aurais plus apprécié un film complètement intimiste centré sur la douleur d’un homme en deuil, sur les difficultés des relations pére-fils mais sans le match de boxe et les vains efforts physiques pour tenter de retrouver une jeunesse perdue à jamais, la j’aurais trouvé  que Stallone serait allé au bout de son œuvre.

 

Néanmoins contrairement aux autres films de Stallone ou il incarne des brutes impitoyables mono expressives « Rocky Balboa » contient toujours un capital sympathie incommensurable.

 

Rocky avec son air de chien battu, c’est le looser sympathique au cœur d’or, si proche de nous et tellement humain ,qui finalement à force de courage et d’espérance parvient au sommet en une vibrante incarnation du rêve américain.

 

Contre un tel mythe il sera toujours impossible de lutter.

 

Le film vaut cependant le coup d’œil, tout en espérant que Stallone soit assez raisonnable pour s’arrêter la et ne pas gâcher ce  joli baroud d’honneur.

 

Je conseillerai également « Copland »  excellent film méconnu ou un Stallone en sheriff malentendant et gras du bide se montre fantastique face à  De Niro, chef d’une police corrompue.

 

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3 avril 2009 5 03 /04 /avril /2009 22:02


Vous y connaissez quelque chose, vous en paléoanthropologie ?

Bien moi pas plus que cela et pourtant nous devrions tous nous sentir concernés puisque cette science complexe mixant archéologie, médecine, biologie et physique s’intéresse à l’évolution de l’homme au cours de son histoire.

De plus, la France compte parmi elle un de ses plus éminents représentants au niveau mondial en la personne d’Yves Coppens, chercheur au CNRS et membre du collège de France.

Coppens a publié bon nombre d’ouvrages de vulgarisation dont « L’histoire de l’homme » qui regroupe en réalité les cours qu’il donna entre 1985 et 2003 au collège de France.

Bien, autant le dire tout de suite, cet ouvrage dit de vulgarisation est en réalité très ardu à aborder pour le néophyte et s’adresse plutôt à des gens (étudiants ?) ayant un certain nombre de prérequis nécessaires à sa pleine compréhension.

Néanmoins on découvre tout de même les théories de Coppens en matière d’études de l’évolution de l’homme, théories qui se sont en réalité grandement imposées au niveau mondial.

Le livre traite tout d’abord des origines, situées à plusieurs millions d’années … la théorie de l’évolution produit l’apparition des petits mammifères plus résistants aux variations climatiques  avant  l’apparition de la lignée des Hominines (grands singes ) qui elle même se découpe entre familles de Primates (Gorilles, Orangs-outans, Chimpanzés) et des Hominidés (Australopithèques et Hommes).

L’australopithèque apparu il y a 4 millions d’années bien que non affilié à l’homme comporte déjà un certain nombre de caractéristiques physiologiques proches de l’espèce humaine notamment le fait d’être un bipède omnivore.

Coppens affirme plusieurs fois l’origine africaine indéniable des premiers hommes caractérisés par un ensemble complexe de critères comme la taille des jambes, du bassin (bipèdes) , la forme des mains (présence d’un pouce ) , du crane (traduisant développement du cerveau) ou de la dentition (traduisant une alimentation omnivore).

La grande théorie de Coppens appelée « East Side Story » est celle d’un événement tectonique il y a 17 millions d’années autour de la Rift Valley avec le choc des plaques Africaine et Eurasiatique

Ce choc va engendrer d’intenses transformations dans l’habitat de cette région, initialement tropicale et humide.

A l’ouest la foret va subsister tandis qu’à l’est elle va disparaître.

Ainsi les grand singes vont rester à l’ouest tandis que les ancêtres des  australopithèques et d’autres espèces bipèdes plus mobiles vont aller vers l’est.

Soumis au rythme des saisons et à d’intenses variations climatiques ces espèces vont devoir s’adapter et évoluer …

Elles vont continuer à se redresser, développer leur motricité sur les pattes arrières, la nourriture plus variée qu’elles vont trouver va conduire à une évolution de leur dentition, leur cerveau va aussi croître pour s’adapter à ce nouveau mode de vie.

Il y a 2,5 millions d’années a lieu la migration vers l’Eurasie des homo erectus d’Afrique.

Il y en aura plusieurs allant jusqu’en –30 000.

La théorie de Coppens est que piégés par des glaciers, les homos erectus vont subir une dérive génétique et se détacher de leur origine africaine pour donner en –100 000 les hommes de néandertal ancêtres des homo sapiens.

Au final on retrouve donc un condensé des théories dominantes à l’heure actuelle dans le domaine de l’évolution de l’homme :

Le darwinisme des espèces soumises à des conditions environnementales changeantes aboutissant à une sélection par l’adaptation au nouveau milieu.

L’origine africaine de l’humanité puis d’un peuplement des autres continents par migrations successives avec en dernier lieu le peuplement des Amériques puis des îles comme Madagascar ou l’Australie.

L’affirmation basée sur la proximité génétique et morphologique d’un lien de cousinage étroit entre l’homme et le singe, tout particulièrement le chimpanzé.

Cette dernière affirmation a je pense de quoi hérisser les religions qui pensent toujours que Dieu a crée l’homme à son image et donc que l’origine de l’homme serait de source divine.

Le livre insiste également sur les erreurs commises au fil des siècles, notamment fruit de préjugés refusant de considérer l’homme de néandertal au faciès grossier comme un ancêtre des hommes modernes dit « évolués ».

Bien entendu la paléoanthropologie n’est pas une science exacte et les recherches dans ce domaine continuent au fil des découvertes.

Ainsi au cours de ces dernières années certaines théories de Coppens ont été partiellement remises en cause.

En conclusion « L’histoire de l’homme » est un ouvrage scientifique plutôt dense dont l’aspect vulgarisateur pourrait être à mon sens plus développé, par exemple en rappelant en annexe les grandes période étudiées, les échelles de temps d’apparition et de disparition des espèces ainsi qu’en incluant un lexique des termes latins, extrêmement complexes à décrypter pour le non initié.

 

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1 avril 2009 3 01 /04 /avril /2009 14:44


Etrange roman que « La chute » d’Albert Camus.

L’histoire se passe à Amsterdam, en Hollande.

Un français du nom de Jean Baptiste Clémence en aborde un autre dans un bar appelé le « Mexico-city », il lui parle au cours d’un long monologue qui a tout d’une confession.

Clémence se dit être un « juge-pénitent » et se raconte au fur à mesure face à cet inconnu muet.

Avocat de formation, l’homme semble avoir exercé à Paris, en se spécialisant les cas de défense de victimes.

L’homme apparaît vite gonflé de vanité, se croyant par sa fonction au dessus des hommes, pétri de vertus, de bonnes intentions et propre à réaliser de nobles actions pour en fin de compte sa seule gloire personnelle.

Avec les femmes, Clémence semble agir en parfait collectionneur, les séduisant puis les abandonnant comme des jouets ayant perdus l’attrait de la nouveauté.

Incapable d’aimer vraiment personne si ce n’est son propre ego, l’homme m’apparaît très vite boursouflé d’orgueil et parfaitement détestable.

Mais je crois au final que Camus a décrit en réalité la plus grande comunalité des êtres humains  vite satisfaits d’eux mêmes à peu de frais et se remettant finalement assez peu en cause.

Mais pourtant une fêlure intervient à un moment dans cette vie d’homme aveugle ..

Clémence avoue ne jamais pouvoir marcher sur un pont la nuit depuis ce soir ou à Paris il entendit au cours d’une ballade nocturne sur un pont un rire mystérieux rire de lui …

Ce rire semble le hanter pour une raison inconnue puis Camus développe … et soudain cet homme ouvre les yeux et s’aperçoit lucidement qu’il joue un jeu dans la vie tel un comédien de théâtre.

En réalité je pense que chacun joue un jeu du fait de conventions sociales, morales ou religieuses et que les moments ou les gens sont sincères sont tellement rares que finalement peu de gens parviennent à les supporter.

Quand ils arrivent, ils se retrouvent généralement très indisposés par cette réalité sans fard s’étalant devant eux.

Mais Clémence s’aperçoit donc de cela et c’est tout son ego qui vacille et qui chute.

Il se voit donc dans une situation d’expiation pour encore parvenir à mériter de pouvoir juger les autres mais ceci est énoncé non sans une pointe de cynisme alimentant le doute notamment dans la manière de manœuvrer la clientèle hollandaise.

Pourtant la fin du livre fait basculer du coté de la sincérité, car Clémence révèle la véritable raison de sa culpabilité, de son obsession d’expiation, de son désir d’être à son tour jugé pour un motif comme le recel d’un tableau de maître (Vermeer) « Les juges intègres » exposé à la vue de tous en haut du bar Mexico-City.

« La chute » est un roman profond, sans concession, s’intéressant au questionnement  autour de l’existence humaine.

Dans ce livre les pages sur les rapports avec la mort d’un proche ou encore pire d’une vague connaissance sont des merveilles de brillante lucidité sur l’art de jouer la comédie de l’affliction.

Celles sur les travers d’une liberté totale sont également remarquables, la liberté s’avérant être un fardeau trop lourd à porter seul, l’homme se sentant donc obligé de se trouver un maître en la personne d’un Dieu.

Bien entendu je partage globalement le point de vue de l’auteur sur la notion de comédie humaine que nous sommes tous obligée de jouer pour rendre la vie supportable.

Et celui qui ne joue pas le jeu se trouvera immanquablement marginalisé auprès de la société des hommes.

Le tout est donc pour moi d’assurer le minimum vital du rôle assigné socialement tout en conservant la plus grande lucidité, indépendance pour soi afin de ne pas perdre de vue les véritables choses importantes dans l’existence.

Mais une chose est sure : regarder la vie en face est comme fixer le soleil sans lunettes protectrices, la lumière insoutenable brûle  rapidement au bout de quelques secondes c’est pour cette raison que la plupart des gens gardent leurs lunettes ou ne lévent meme pas le nez vers le ciel trop occupé à regarder le sol à leurs pieds.

Observez cependant les expressions faciales ou les tics corporels des gens quand ils jouent la comédie, ceux ci trahiront bien souvent les efforts déployés pour endosser leur rôle social.
La chute est un excellent roman, édifiant bien que comme souvent chez Camus trop lucide et dérangeant pour être  pleinement séduisant.

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1 avril 2009 3 01 /04 /avril /2009 14:28

solea.jpg
« Solea » est la troisième et dernière partie de la trilogie marseillaise policière écrite par Jean-Claude Izzo.

Et on pourrait dire pour faire court que plus ça va moins ça va ! Tant les aventures de Fabio Montale deviennent de plus en plus noires.

« Solea » se voulant le point culminant de la série, la trame est se trouve dense, reposant sur un climat d’angoisse et de menace quasi constant.

Dans ce troisiéme opus, on apprend que Babette l’amie journaliste de Fabio Montale est en cavale après le meurtre de son mari, magistrat anti mafia en Italie.

Elle a en effet bouclé une enquête fleuve mettant en lumière les réseaux économiques européens infiltrés par la Mafia et de nombreux hommes politiques ou industriels français sont impliqués.

Pourchassée par deux mystérieux tueurs elle se terre dans les Cévennes chez un ami berger soixante-huitard.

Montale, resté à Marseille, se retrouve  soumis à de terrifiantes pressions de la part des mafioso afin qu’il leur livre Babette.

Egal à lui-meme il résiste, mène sa propre enquête mais autour de lui ses amis sont sauvagement assassinées à l’arme blanche, comme Zora rencontrée un soir dans un bar, Mavros l’ami boxeur ou Félix le patron de bar.

Montale, ébranlé s’allie avec une femme commissaire aussi intègre que lui Hélène Pessayere.

Dans « Solea » Jean-Claude Izzo délaisse ce qu’il connaît le mieux c’est à dire le coté social de sa ville, les problèmes de racisme, de violence et de misère …. Il laisse aussi en retrait les descriptions lumineuses de se ville fétiche pour ne laisse surnager qu’un désespoir général, un nihilisme sans fond sur l’humanité.

Je n’ai pas beaucoup accroché à ce troisième opus.

La thèse générale du « tout est pourri, la Mafia est partout, tous sont corrompus » , mais aussi le soi disant complot des technocrates de Maastricht voulant couper le Monde en deux, entre Nord  économiquement et politiquement dominant et Sud sous développé et dangereux (incluant Marseille ) m’ont prodigieusement agacés.

Je ne partage pas cette vision extrêmement négative des choses, et d’ailleurs je ne vois pas à quoi cela peut il servir de penser ce genre de choses.

Quand à laisser à penser le déclin des états de droit je conteste également ce point de vue, la Mafia italienne étant en déclin sur de nombreux points.

A la lecture de cette trilogie je comprends pourquoi l’interprétation de Fabio Montale par Alain Delon avait choquée, car Izzo a crée un commissaire très ancré à gauche, plus prompt à la prévention et au dialogue qu’à la répression sauf avec le Front National auprés duquel il fait un rejet épidermique sans jamais réellement déployer les memes efforts de compréhension que pour la jeunesse à la dérive des quartiers Nord, question de point de vue j'imagine.

Si je dois avouer avoir trouvé certaines qualités à « Total Khéops » , j’ai éprouvé un intérêt décroissant pour la suite des aventures du commissaire Montale.

En conclusion pour moi, seul le premier volet présente des qualités.

Les autres sont bien inférieurs et tout à fait dispensables.

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1 avril 2009 3 01 /04 /avril /2009 14:20

chourmo.jpg
J’ai un instant hésité avant d’entamer la suite de la trilogie marseillaise de Jean Claude Izzo mais ai finalement décidé de continuer avec « Chourmo » deuxième volet de la série après « Total Khéops ».

Première remarque sur la couverture de Folio extrêmement attirante et sensuelle avec cette belle jambe bronzée de femme du Sud à la robe légèrement relevée.

Le ton du roman détonne pourtant avec cette première impression visuelle.

Le premier chapitre très fort décrie en effet la mort de Guitou un adolescent abattu par de mystérieux tueurs alors qu’il avait fugué à Marseille pour rejoindre sa petite amie Naima et connaître l’amour physique pour la première fois.

Cruel …

Ensuite le lecteur retrouve l’univers du premier roman avec un Fabio Montale ayant démissionné de la police, vivant retiré des « affaires » dans sa maison aux Goudes avec une vie rythmée par la pêche et les bons repas chez ses amis restaurateurs.

Guilou, une cousine que Montale avait perdu de vue, redébarque dans sa vie pour lui demander de retrouver la trace de son dernier fils le petit Guitou.

Guilou a apparemment bien réussi dans la vie, et remariée à un conseiller financier à Genève, semble baigner dans l’opulence.

Dans le même temps, alors que Montale commence son enquête, son ami Serge, éducateur de son état est assassiné sous ses yeux dans une cité des quartiers Nord.

Montale se retrouve donc à mener deux affaires de front.

J’ai dans un premier temps été déçu par « Chourmo », je trouvais en effet que Izzo se répétait sur les thèmes abordés dans le premier roman, comme si il avait déjà dit tout ce qu’il avait à dire dans le premier volet des aventures du commissaire.

Bien sur il y avait toujours les descriptions chargées de saveurs, de senteurs et de tendresse de sa chère ville de Marseille mais tout cela semblait tourner quelque peu en rond entre désillusions des jeunes arabes des quartiers Nord et volonté de relance économique d’un ancien port majeur de la Méditerranée aujourd’hui supplanté par ses rivaux italiens ou hollandais.

L’originalité ici de la variation consiste à décrire par l’intermédiaire de l’enquête sur le meurtre de Serge, le fonctionnement des réseaux terroristes islamistes qui recrutent dans les banlieues ou les prisons françaises des jeunes arabes en perte de repères.

Ce thème, était assurément très porteur en 1997, peu après la vague d’attentats à Paris et en plein milieu d’une sanglante guerre civile algérienne.

Donc en fait on remplace le donnée « Front National » par la donnée « Islamiste » avec le même rejet un peu consensuel à mon goût des extrêmes …

Et puis il y a eu la dernière ligne droite du roman, avec ce brusque revirement dans l’affaire du petit Guitou.

Ce revirement m’a surpris et a donné du piment à une affaire que je trouvais un peu ronronnante.

Montale de nouveau confronté à l’insondable face obscure de l’humanité a vu ainsi son goût de la vie une fois de plus mis à rude épreuve.

Rythmé par une intrigue un peu moins prenante que dans le premier opus, de personnages masculins et féminins moins attachants comme Cuc cette Vietnamienne toute droite sortie d’un pur fantasme asiatique, « Chourmo » se sauve ainsi la mise au prix d’une fin surprenante et haletante ou Montale se retrouve une nouvelle fois aux prises avec les anges de la mort de la Mafia.

Suite et fin dans « Solea » ?

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1 avril 2009 3 01 /04 /avril /2009 14:06


Il est assez rare que je lise des autobiographies des sportifs ou de personnages célèbres de notre temps … pourtant le parcours du boxeur Christophe Tiozzo m’a tellement touché que j’ai fait une entorse à cette règle en lisant « Ma descente aux enfers ».

Autant le dire tout de suite avec ce livre autant ne pas s’attendre à de la grande littérature mais plutôt à un témoignage sur un milieu sulfureux qui a toujours déchaîné les plus grands fantasmes : celui de la boxe.

Difficile de trouver en effet un autre sport ayant inspiré plus d’œuvres que le noble art.

Rares sont en effet les livres traitant des déboires des lanceurs de fléchettes ou des champions de trampoline.

Dans ce livre Christophe Tiozzo se raconte, vide son sac de manière cathartique et un peu désordonnée.

Ce boxeur charismatique a connu son heure de gloire en 1988 lorsqu’il a décroché le titre de champion du monde des super welters après une médaille de bronze aux jeux olympiques de Los Angeles en 1984.

Ce qui frappe dans le récit de la vie de Tiozzo dans ces années folles c’est un désir flagrant d’auto destruction, un comportement suicidaire voilé se traduisant par des sorties nocturnes incessantes, des fréquentations douteuses proches du milieu des voyous et des prostituées.

Paris pour Tiozzo se limite à Pigalle, Oberkampf ou les Champs Elysées de nuit dans une quête sans aucun sens de défonce cocainée, alcoolisée et sexuelle.

Bien entendu le bonhomme avait le coup de poing facile et eu les pires ennuis, il fut ainsi témoin du meurtre d’un des ses « amis », arrêté en possession d’une arme à feu et balafré à coup de couteau après une bagarre avec des gitans devant une boite de nuit.

Cette vie semblant peu compatible avec les exigences d’un sportif de haut niveau, Tiozzo semble l’avoir menée, avec presque constamment d’énormes problèmes de prises de poids à régler.

J’ai été étonné et également déçu que Tiozzo dise qu’il ne boxait que pour l’argent qu’il déteste se lever tôt, s’entraîner, faire des régimes, que le milieu de la boxe ne lui plaisait pas …

Finalement il ne semblait même pas avoir de plaisir à son sport et est quand même devenu champion du monde et médaillé olympique, j’ai donc du mal à totalement le croire même si il devait avoir incontestablement des dons innés pour ce sport.

Cette manière de tout rabaisser et salir sans doute du à l’aigreur d’un homme blessé est je trouve un peu blessante pour les boxeurs peut être moins talentueux que lui mais qui triment tous les jours dans des gymnases obscurs pour arriver au plus haut niveau.

Donc les histoires de défonces tournent rapidement en boucle, les embrouilles en découlant aussi ..

L’autre fait marquant du livre est la manière dont Tiozzo s’est fait arnaquer par son manger de l’époque Jean-Christophe Courrèges, un jeune et beau parleur qui l’a subjugué, emmené boxer aux Etats Unis et a apparemment dérobé la majeure partie de ses gains.

Tiozzo homme de la rue issu d’un milieu modeste n’avait pas comme beaucoup de boxeurs les armes intellectuelles pour voir venir le danger et a été la proie de vautours, de conseilles financiers escrocs et d’homme d’affaire brésiliens véreux qui sous couvert de « bons » placements en Suisse ou au Panama  l’ont purement et simplement dépouillés de tout son argent.

Pour ma part, être sportif n’excuse pas tout, Tiozzo aurait du être moins insouciant mois stupide, sortir un peu la tête de sa vie de fou et mettre plus souvent le nez dans ses comptes …

Terrible manque de lucidité donc qui se paye argent comptant.

Bien obligé de se reconstruire, le boxeur termine le livre sur une note volontairement positive, les procès en cours pour récupérer son argent (bon courage !) , sa paternité, l’ouverture de son restaurant en Ardèche mais compte tenu de l’extrême instabilité du bonhomme ceci ne peut que laisser sceptique.

Alors le cas Tiozzo, une tristement banale histoire d’un pauvre type qui l’a bien cherché ?

Je ne sais pas en tout cas ce livre ne m’a pas fait éprouver de compassion ou d’empathie pour le bonhomme que pour rien au monde je n’aurais aimé croiser un soir dans un bar.

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29 mars 2009 7 29 /03 /mars /2009 12:42

 


En 2008, Judas Priest surprend tout le monde et sort pour la première fois de sa carrière un ambitieux concept album.


« Nostradamus » raconte la vie du prédicateur français sur deux CD et a du demander un travail colossal.

Personnage controversé, ambigu et mystérieux, Nostradamus colle tout à fait à  l’univers de Judas Priest.
 
Musicalement cet album est complètement différent et à part de tout ce qu’a réalisé le groupe précédemment.


La première écoute m’a surpris et franchement déçu.


Quand on pense à Judas on s’attend à trouver des riffs d’anthologie, des tempo rapides, des guitares se chevauchant sur des solos incisifs et un chanteur survolant les débats capable de venir chatouiller la voûte céleste si (et seulement si ) nécessaire.


Il n’y a pas cela sur « Nostradamus », les tempos sont moyens voir lents, le chant est mesuré et médian, les guitares sont en retrait et s’effacent devant des claviers et autres orchestrations.

Pourtant après plusieurs écoutes attentives on entre dans le voyage proposé par le groupe et on commence à apprécier les subtilités de l’œuvre.


La force de l’album réside pour moi dans ses transitions, ces courts morceaux souvent acoustiques créant les liens entre les vrais titres et la cohésion d’ensemble.


Ce sont souvent de petits bijoux de finesse, de beauté créant des atmosphères magiques gorgées d’émotion.


« Nostradamus » n’est donc pas un album à télécharger partiellement, c’est une œuvre complète s’appreçiant dans la durée (et le recueillement ?)


A l’heure de la musique considérée comme bien de consommation jetable je trouve cette démarche élitiste tout à fait extraordinaire.

Après une belle intro instrumentale, « Prophecy » le titre d’ouverture s’annonce de facture classique mais efficace avec un refrain lourd et des couplets scintillants.


Le second morceau s’enlise un peu pour moi, rythme lent et haché, pas une franche réussite.

Le caractère épique et supérieur de l’œuvre commence à se dégager sur « War », ou se dessine une atmosphère dramatique et menaçante.


« Sand of Time » un des morceaux les plus envoûtant jamais écrits par Judas annonce « Pestilence and Plague » titre encore une fois épique où Rob se lance dans le chant façon opéra italien sur les refrains.


« Death » est sans doute le morceau le plus sombre et le plus lourd de la carrière de Judas.

Sans concession il fait penser au meilleur de Black Sabbath et nous entraîne au fin fond d’un gouffre de noirceur.


« Peace » puis « Lost Love » ensoleillent un peu le paysage apportant sérénité et apaisement.


Sur « Persécution » Judas semble se souvenir qu’il est  (aussi) un groupe de heavy metal et balance son premier titre rapide.


Tempo enlevé, refain sur une lame de rasoir, le message est clair : « I will never conform my faith is deep to the core ».


Le deuxième disque est pour moi supérieur au premier.


Les cinq premiers titres sont somptueux  et on se trouve complètement happé par l’ambiance.


« Alone » est un morceau de haute classe avec ses refrains aériens.


« Visions » lui est presque supérieur avec ses couplets fabuleux et un refrain presque terne en comparaison.


Suivent ensuite les deux morceaux que j’aime les moins dont  le trop mièvre « New beginnings » seule et unique faute de goût de l’album pour moi.


La fin du disque nous emmène sur des hauteurs Himalayennes :


« Calm before the storm » délicieux lancement du triomphal « Nostradamus » 2ieme morceau pur Priestien, irrésistible avec son intro façon opéra et ses refrains hauts en couleurs.


On conclut  sur un « Futur of mankind » monstrueux de majesté.


Après 35 ans de carrière Judas Priest aurait pu rester sur ses rails d’acier et telle une vieille locomotive usée par des années de bons et loyaux services rentrer sagement à la gare sous les acclamations de fans respectueux et reconnaissants.


Au lieu de cela pareil à un soleil sur le point de s’éteindre livrant son plus intense rayonnement, le groupe innove avec l’album le plus ambitieux et le plus abouti artistiquement de son histoire.

A la limite le mot « metal » semble être trop restrictif pour qualifier l’œuvre réalisée et il est peu probable que celle-ci soit pleinement comprise et acceptée par les amateurs de gros sons.


Ou nous emmèneront ils la prochaine fois ? Quelles sont les limites à ce jeu  ?
 

Comme je le pressentais le crépuscule du groupe s’annonce passionnant à suivre …

 

 



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Published by Seth - dans Heavy Metal
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29 mars 2009 7 29 /03 /mars /2009 12:20


« Angel of retribution » sorti en 2005 est l’album du grand retour de Rob Halford au sein de son groupe d’origine.

Inutile de dire que après 15 ans d’absence le retour du Metal God était plus qu’attendu.

Que s’est il passé en 15 ans de séparation donc ? Des éphémères projets solo pour Halford, power metal dans Fight, metal industriel dans Two avant un retour au heavy metal dans Halford construit autour de sa personnalité.

De l’autre coté, un changement de chanteur effectué avec Ripper Owens, talentueux, mais incapable de contre carrer le lent essoufflement artistique du groupe.

Finalement les deux parties se sont rendues à l’évidence, Judas Priest sans Rob Halford n’est plus tout à fait Judas Priest et la réciproque est toute aussi vraie tant les deux entités paraissent essentielles au processus de composition.

« Angel of retribution » marque un retour à un certain classicisme et également à (enfin !) un artwork de qualité comme le montre cette superbe pochette représentant l'ange de "Sad Wings of Destiny" en plus conquérant, vengeur et futuriste.

Le son est purement heavy metal, beaucoup plus mélodique et moins lourd que sur « Jugulator » ou « Démolition ».

« Judas rising »  se présente comme une longue montée en puissance suivi d’un refrain terrible ou Halford grimpe dans les aigus pour affirmer le grand retour du Priest.

L’avertissement à au moins le mérite d’être clair : nous sommes de retour et pas pour jouer de la bossa nova.

Plus classique et évident, « Deal with the devil » est un morceau enlevé et rapide avec un refrain appuyé, comme une sorte de marque de fabrique du savoir faire du groupe.

S’ensuivent deux titres plutôt surprenants, « Revolution » tout d’abord, mid tempo assez calme avec une ambiance et des paroles fort séduisantes faisant figure d’hymne en puissance.

Il est étonnant qu’Olivier Besançenot sans doute trop occupé à peaufiner son image de petit postier sympa luttant contre le Goliath capitaliste n’ai pas repris ce morceau pour sa campagne présidentielle en 2006.

« Worth fighting for » plus rock, montre un visage plus commercial et mélodique de Judas Priest.

Ce morceau agréable porté par le chant habité d’Halford est une belle réussite.

« Demonizer » est le premier titre « rentre dedans » et trash de cet album, j’aime beaucoup cette atmosphère apocalyptique à la « Painkiller », le rythme dur et saccadé, et le final éblouissant ou Halford pousse sa voix dans les aigus.

« Wheels of fire » est en revanche plus classique totalement à la gloire des engins motorisés et des bikers comme sait bien faire le groupe qui semble ici tout de même un peu en pilotage automatique.

« Angel » est la superbe ballade de l’album bien aidée il est vrai par la belle sensibilité dégagée par Halford, preuve que même en 2005, Judas Priest sait encore se montrer excellent dans cet exercice périlleux.

Deuxième brûlot trash de ce disque, « Hellrider » est une fresque épique, violente et grandiose, faisant penser à une gigantesque bataille spatiale d’une civilisation pour survivre face à une menace futuriste et divine.

Sans doute le morceau le plus fort du disque.

« Eulogy » est un court et mystérieux interlude atmosphérique triste à en pleurer annonçant « Lochness » titre interminable et pesant de plus de 13 minutes que je n’apprécie pas beaucoup malgré ses refrains lumineux.

En conclusion, « Angel of retribution » est un bon album de reprise, assez varié, comportant quelques passages un peu faciles, mais aussi de vraies tentatives de diversification.

Néanmoins je ne considère pas ce disque comme un des meilleurs de la carrière du groupe, car par trop inégal.

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28 mars 2009 6 28 /03 /mars /2009 21:13


En 2003, alors en perte de vitesse après « Démolition » un album s’étant mal vendu, Judas Priest ressort un double live pour se refaire auprès de son public.

N’appreçiant que de manière tout à fait parcimonieuse les live(s), je dois avouer avoir été au départ excédé par la démarche, quel intérêt en effet de sortir encore un album live 5 ans après le déjà très exhaustif « ’98 Live meltdown » avec déjà à l’époque Ripper Owens faisant ses premières armes sur scène  ?

Selon moi aucun, enfin artistiquement parlant.

« Live in London » enregistré sur les terres de la légende anglaise présente en outre une set list très voisine de celle présente sur le « ’98 Live meltdown ».

De plus par rapport à ce dernier, le public anglais semble moins participatif, le son plus « propre » et l’ambiance bien moins explosive.

Le seul intérêt réside alors pour moi dans l’achat du DVD que je chroniquerai sans doute de manière séparée.

Difficile donc d’évaluer objectivement un album qu’on estime être une pale resucée d’un autre produit précédemment aimé, les sentiments d’ennui et d’agacement prédominant assez rapidement.

Sur le premier disque, rien à signaler, les classiques sont la et du reste toujours très bien interprétés comme le toujours hors classe « Victim of Changes » sur lequel Ripper s’arrache les cordes vocales pour la note finale, le très vivifiant « Running wild », la superbe version semi acoustique de « Diamonds and rusts » ou l’éternel « The green manalishi » .

Seul survivant de « Jugulator », «  Blood Stained » semble avoir conservé les faveurs de la scène.

Au niveau nouveautés, les titres de « Demolition » s’insèrent timidement car  si « One on one » fait office de demi déception tant il paraît moins massif que sur disque, « Feed on me » lui impressionne plus que sur disque grace à un Owens très impliqué.

Sur le deuxième disque, « Hell is home » est également une excellente surprise en live avec son interprétation semi acoustique tout en finesse et la pluie de classique remplit parfaitement son office, entre « Beyond the realm of death » scintillant d’émotion, le classique « You’ve got another thing coming » et autres férocités motorisées telles que « Painkiller » et « Hellbent for leather ».

Au niveau originalité on notera « Desert plains » extrêmement agréable à entendre bien que joué de façon très classique, le génial « Turbo » et son atmosphère envoûtante ainsi que « United » idéal pour un concert en raison de son coté hymne pour stades.

En conclusion, vous l’aurez compris, « Live in London » est dans l’absolu un excellent disque dont le seul défaut majeur est d’être presque entièrement redondant à « ’98 Live meltdown ».

Donc deux options soit vous êtes un dingue d’albums live et donc ce disque sera purement indispensable pour vous, soit comme moi vous appréciez avec réserve l’exercice et donc soit vous n’achèterez qu’un live soit  celui ci et  soit le « ’98 Live meltdown » ou dégusterez tranquillement le DVD du concert car franchement ce « Live in London » a tout pour moi du live de trop.

Judas Priest me semble ici en perte de vitesse, sur le déclin et empêtré dans une impasse artistique, il était donc temps que le retour de Rob Halford dans le monde du heavy metal commence à se faire sentir.

 

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