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3 septembre 2009 4 03 /09 /septembre /2009 18:54


« Souvenirs d’un pas grand-chose » est le roman sans doute le plus autobiographique de Charles Bukoswki.

L’écrivain américain y raconte son enfance avec beaucoup de talent, de lucidité, sans user de ses habituelles outrances,  de son désir de choquer.

L’histoire de ce pas grand chose c’est l’histoire de Henry Chinaski un jeune garçon fils unique  d’immigrés allemands aux Etats Unis après la première guerre mondiale.

Le jeune Henry grandit dans un milieu extrêmement modeste dans la banlieue de Los Angeles, pendant le Grande Dépression des années 30.

Henry a pour père un laitier au chômage, dur, frustré, brutal, qui terrorise la famille par ses crises de violence.

Bien qu’aimante, sa mère est complètement effacée et soumise à son mari qu’elle craint également physiquement.

Henry est souvent battu par son père à coup de lanière de cuir, pour des motifs généralement futiles voir délirants comme une pelouse mal tondue.

Enfant solitaire grandi dans un milieu misérable, il apprend la violence à l’école ou les bagarres entre clans sont continuelles.

Henry découvre très tôt son mal être, taraudé par la sexualité, il n’aime ni l’école, ni l’autorité et  les rares amis qu’il  se fait sont généralement des exclus, des marginaux comme lui.

Il rêve d’être un grand joueur de base ball ou de football américain et malgré ses difficultés à s’intégrer dans un groupe, montre de bonnes qualités dans ces sports lors des tournois inter collèges.

Son père qui nourrit toujours de grande espérances pour son fils, l’envoie dans un lycée de jeunes gens aisés à Chelsey High.

La bas, Henry côtoie la jeunesse dorée de Californie et apprend a haïr tous ces jeunes gens beaux, riches et insouciants à qui tout réussit dans la vie.

Il met à point d’honneur à se bâtir une réputation de dur à cuir, prompt à se battre et à boire, de type étrange et peu fréquentable et continue d’attirer malgré lui les paumés.

Le bal de fin d’année qu’il regarde à travers une vitre avant de se faire chasser comme un paria est un immense moment d’humiliation.

A l’adolescence survient un événement dramatique, Henry à des poussées d’acné incroyables qui le défigurent avec d’énormes furoncles purulents sur le visage, le dos et la poitrine.

Cette malédiction lui interdit toute vie affective ou sociale, le complexant énormément.

Il est même renvoyé du lycée pour suivre un traitement douloureux et relativement peu efficace compte tenu de l’avancée de la dermatologie à l’époque.

Exclus du monde et très malheureux, le jeune homme va développer son imagination pour tromper la solitude.

La découverte des livres de la bibliothèque municipale va être une révélation et Henry va pouvoir ainsi se former en lisant des auteurs comme Lawrence, Huxley, Dostoïevski, et son maître Hemingway.

Henry commence à écrire des nouvelles sur une machine à écrire qu’on lui a offerte.

A la sortie de l’école, il décroche pour faire plaisir à ses parents un travail de magasinier dans une boutique de vêtements.

La description de sa seule et unique semaine de travail est fantastique à la fois lucide, émouvante et drôle.

Henry s’est fait un seul vrai ami au lycée, Robert Becker qui veut comme lui devenir écrivain.

Les deux jeunes sympathisent même si Bukowski qui se dit moins talentueux a une vision plus sombre et radicale de l’écriture que son ami.

Un jour, le père de Henry trouve ses écrits et ivre de rage le jette dehors.

Mis à la rue, il apprend donc à se débrouiller, allant d’hôtels minables en hôtels minables, fréquentant les bars, les ivrognes, les clochards avec toujours en tête l’envie d’être écrivain.

Le roman se termine quand Henry apprend que Becker qui s’est engagé dans les Marines va partir à la guerre après l’attaque de Pearl Harbor alors que lui meme est anti militaire.

Les deux hommes boivent une dernière fois ensemble tendrement et leurs vies se séparent à tout jamais …

« Souvenirs d’un pas grand chose » est jusqu’alors le meilleur livre que j’ai lu de Bukowski.

L’écrivain raconte avec style pur et un immense talent les tourments d’une enfance  et d’une adolescence difficiles d’un petit garçon que tout destinait à échouer : son milieu social, familial et sa laideur physique.

Bukowski parvient avec beaucoup de pudeur à nous faire ressentir sa douleur mais en même temps on sent en lui une sorte de rage, de rébellion très forte s’exprimant par la violence puis de manière plus constructive par l’écriture.

Malgré ses handicaps, Bukowski disposait selon moi d’une intelligence et d’un esprit supérieur mais trop complexé et mal dans sa peau, il ne s’en rendait pas forcément compte à l’époque.

L’écriture d’une rédaction ou il imagine avoir assisté à la venue du président est à ce titre très révélatrice sur le formidable potentiel dont il disposait étant gamin.

En conclusion, épuré de provocations, « Souvenirs d’un pas grand chose » est un roman sublime, douloureux et émouvant d’un homme vidant son cœur.

Et si finalement, ce « pas grand chose »  l’avait obtenu par la puissance de sa plume sa revanche sur la pauvreté, la misère sexuelle et le mal de vivre ?

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1 septembre 2009 2 01 /09 /septembre /2009 12:08


Après un « Avenue B » folk et intimiste, Iggy Pop, insaisissable caméléon musical attaque le nouveau millénaire avec sans doute l’album le plus violent  de sa carrière: le très rageur « Beat’em up » .

« Beat’em up » a été souvent jugé indigeste, le reproche principal étant que Iggy s’était trop écarté de ses racines.

Mais en 2001, l’Iguane fait une nouvelle mue, sa nouvelle peau étant plus dure et recouverte de métal.

Il s’entoure de ses musiciens de The Trolls (les frères Kirst à la guitare et à la batterie ) et de Lloyds Roberts dit Moosmean le bassiste du groupe de fusion métal Body Count, assassiné peu après la sortie du disque.

La pochette du disque semble volontairement cheap avec un dessin de style BD assez infantile, agressif et vulgaire avec cette femme sur laquelle figure un pistolet au niveau du sexe prêt à décharger sur l’auditeur.

Les chiennes de gardes apprécieront sans nul doute cette chatte flingueuse !

Dés le premier morceau « Mask » le son paraît très lourd, très cru et métallique.

Iggy hurle « You’re wearing a mask, which mask are you ? » ce que j’aime bien car tout le monde dans la vie porte un masque selon moi.

Sa voix rageuse et éraillée se marie fort bien avec les riffs colossaux de son groupe.

La suite est encore plus lourde avec un fantastique « L.O.S.T » au son typiquement heavy metal.

Sur « Howl » la Bête pousse des hurlements de loup, réveillant son coté sauvage.

Bien qu’un peu long ce titre s’avère très original.

« Football » et « Savior » sont deux bonnes ballades qui semblent égarées dans ce monde de gros bras tatoués.

« Beat’em up » surprend avec un phrasé presque rappé et sonne aussi violemment que du Body Count.

Le morceau est néanmoins efficace bien que très éloigné du style original d’Iggy.

Nouveau ralentissement avec une autre ballade « Talking snake » créant une aération bienvenue après la furia métal précédente.

« The jerk »  avec son riff entêtant et « Death is certain » avec son solo haut en couleurs délivrent des rock plaisants et efficaces sans être hors du commun.

La suite de l’album d’inscrit dans une veine sans concession au culte du gros son.

« Go for the throat » au style heurté alterne passages menaçants avec explosions de violence syncopée sur le refrain.

« Weasels » au tempo plutôt médian et au chant aérien propose une fantastique accélération sur sa dernière partie.

Aussi puissant qu’un bulldozer « Drink new blood » très rude avec son refrain asséné comme des coups de marteau en pleine face sonne aussi un peu comme du Body Count matiné d’Iggy Pop.

Plus calme  « It’s all shit » ressemble à une bonne récréation au feeling rock.

Violent et jouissif « Ugliness » écrase toute volonté de rebellions de son poing d’acier.

Le dernier morceau « V.I.P » est une longue et savoureuse tirade parlée ou Iggy Pop se moque des gens connus et des phénomènes ridicules autour de la célébrité.

Le sentiment dominant à l’écoute de « Beat’em up » est qu’Iggy Pop a fait de la musculation et pris de la masse.

Sa musique s’est alourdie gagnant en puissance ce qu’elle a un peu perdu en émotion.

Certes les ballades sur cet album sont d’un niveau inférieur aux chefs d’œuvres composés par l’Iguane lors de sa prolifique carrière mais il ne faudrait pas oublier que l’objet de ce « Beat’em up » est de développer une grande puissance de feu pas de faire pleurer dans les chaumières.

Cette parenthèse métallique dans le parcours du Pop of Punk m’a donc séduit très fortement par son coté brutal et sans concession.

Dernière remarque sur la dernière page du livret, Iggy pose dans une vieille décapotable aux cotés d’une superbe latino américaine qui la tête renversée en arrière semble au comble de l’extase.

So rock and roll.

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31 août 2009 1 31 /08 /août /2009 14:01


En cette angoissante fin de millénaire qu’était 1999, Iggy Pop prend tout le monde à contre pied, délaisse l’électricité et la sauvagerie du punk rock et sort « Avenue B »  un album de folk parsemé de compositions entièrement acoustiques.

Arrivé à l’aube de la cinquantaine, Iggy éprouve en effet un besoin de solitude, de calme afin de faire un bilan de sa vie vie, de ses échecs, de ses amours tout en réfléchissant sur sa mort éventuelle à venir.

Pour mettre ses états d’ame en musique, l’Iguane s’entoure du producteur Don Was, et d’une équipe à géométrie variable composée de Hal Cragin/Chris Wood à la basse, de Larry Mullins à la batterie et de Whitey Kirst qui le seconde sur certaines parties de guitares mais également de claviériste, organiste, programmeur, percussionniste lorsqu’il estime que le feeling du morceau le requiert.

L’introduction « No shit » terriblement poignante en dit long sur la démarche de l’homme.

Iggy parle de sa voix de crooner sur  le ton calme, posé de la confidence.

« Nazi girlfriend » morceau habile et provocateur transporte beaucoup de grâce mélancolique.

Empli de sonorités rétro inhérentes à l’utilisation d’un orgue Hammond, « Avenue B » déroule un groove planant.

« Miss Argentina » est un très beau morceau hommage à une femme qui a visiblement beaucoup compté dans la vie du chanteur.

 « Afraid to get close » est un court morceau de transition ou Iggy Pop utilise un style narratif très litteraire.

« Shakin all over » reprise de Johnny Kidd, est le seul morceau rock n roll du disque.

Repris par l’Iguane il sonne fantastiquement bien.

Après ce court éclat, « Long distance » renoue avec le ton triste et glacé de l’album.

« Corruption » est un excellent morceau dynamique et intense porté par un super riff de guitare.

Nouvelle transition narrative, dramatique et littéraire avec « She called me daddy », sonorités jazzy sur « I felt the luxury » étrange et envoûtant, ambiance de musique latine festive sur « Espagnol », Iggy Pop se lâche sans tabou, se fait plaisir et à nous aussi.

Contrairement à ce que l’on pourrait penser « Motorcycle » n’est pas un titré rapide et pétaradant mais un court morceau folk très calme avec sifflements  du Reptile en prime.

« Facade » long et prenant, termine de manière plaisante ce disque.

« Avenue B » est pour moi à ce jour la tentative artistique la plus osée d’Iggy Pop.

Album hors normes, à mille lieues de tout ce qu’a pu proposer la star du Punk au cours de sa longue carrière, « Avenue B » propose la musique profonde, calme, détachée et terriblement émouvante d’un homme mettant son ame à nue.

L’Iguane sort pour moi grandi de cet exercice ou s’exprime toute l’étendue de son talent et son incroyable intégrité artistique.

Tout est dit ou presque sur la pochette, un homme de cinquante ans au visage marqué par la vie, nous regarde droit dans les yeux sans ciller de son regard clair et profond.

« Avenue B » est pour moi un must des albums à écouter le soir ou la nuit, dans le calme, la solitude, la dignité et le recueillement pour se connecter à l’esprit de son auteur.

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31 août 2009 1 31 /08 /août /2009 12:16


En 1993, en pleine vague Grunge, Iggy Pop sort « American caesar » qui fait suite à un « Brick by brick » sympathique mais un peu boiteux.

La pochette laisserait penser à un des innombrables live jalonnant la carrière du torse le plus célèbre de l’histoire du rock mais il n’en est rien, « American caesar » est bel bien un album studio.

Hal Cragin à la basse, Larry Mullen à la batterie, Erich Schermerhorn à la guitare, Malcom Burn  qui assure guitare/claviers/harmonica composent la base de l’entourage de la star sur ce disque.

Après « Character » une belle et courte introduction à la guitare sèche, on rentre dans le vif du sujet avec « Wild america » , assez faiblard avec son riff répétitif, déglingué et une timide participation du musculeux Henry Rollins, figure du punk hardcore américain.

Plus inspirée, « Mixin the colors » est une belle ballade acoustique humaniste ou vient se superposer le son d’un harmonica à la voix magnifique du Pop of Punk.

Ce titre original voit l’apparition de musiciens additionnels,  Jay Joyce, Bill Dillon, aux guitares, Darryl Johnson aux percussions et Katell Keineg aux chœurs.

« Jealousy » poursuit dans une veine calme, sombre et introspective.

Après la jalousie, la haine ! « Hate »  est interminable et franchement moins réussi que son prédécesseur.

« It’s our love » est une langoureuse ballade, trop mièvre à mon goût.

« Plastic and concrete » franchement passable, est le premier titre estampillé punk du disque avec son tempo rapide.

Iggy retourne ensuite au ton principal de cet album, la ballade acoustique avec « Fuckin alone » déclamée de façon parlée et dotée d’un refrain peu emballant d’une grande tristesse.

« Highway song » est une chanson sympathique ou Iggy prend sa belle voix de crooner.

« Beside you » est LE tube du disque, avec une superbe mélodie émouvante chantée en duo avec la chanteuse Lisa Germano.

Ce formidable duo rappelle quelque peu la réussite de « Candy » réalisé sur l’album précédent.

L’album prend alors une tournure plus rock et électrique.

Doté de riff puissants et d’un refrain charismatique, « Sickness » est un excellent morceau.

« Boogie boy » avec son feeling rock n roll très prononcé est une merveille à l’écoute.

« Perforation problem » est un rock solide et dynamique.

 « Social life » curieusement placé avec son rythme lent et acoustique vient complètement casser ce bel élan relancé avec « Louie Louie » l’irrésistible reprise très rock n roll de Richard Berry qui deviendra un des classiques d’Iggy sur scène.

Avec ces 7 minutes passées, « Caesar » sorte de long discours halluciné, déclamé à la manière mégalomane d’un empereur romain régnant aux Etats Unis, s’avère être un temps fort.

« Girls of N.Y » ultime ballade acoustique constitue un digestif agréable de ce disque aussi copieux que déroutant.

« American caesar » est un album plutôt difficile d’accès ou Iggy Pop semble avoir voulu montrer une facette plus intimiste et sensible de sa personnalité.

Les ballades acoustiques introspectives sont ici prédominantes.

Elles sont globalement de bonne qualité même si à mon sens certaines auraient pu ne pas figurer sur le disque.

Quatre ou cinq titres plus rock viennent un peu curieusement animer par instant cet album calme, intelligent et surtout triste comme une journée d’hiver sans lumière.

« American caesar » n’est sûrement pas le disque que vous écouterez le matin pour démarrer au quart de tour ou pour faire la fête, c’est un disque à écouter le soir au calme chez soi plusieurs fois d’affilée pour en saisir pleinement le feeling.

On saluera ici la démarche de l’artiste, son courage, son honnêté et son refus de sombrer dans la facilité en proposant un facile copier/coller des ses disques précédents.

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30 août 2009 7 30 /08 /août /2009 21:04


En 1988, après un « Blah-Blah-Blah » trop commercial et édulcoré,  Iggy Pop le caméléon, revient brutalement au rock et même au rock dur.

La pochette le montre clairement, Iggy n’a plus son look de gendre idéal de  l’album précédent mais aborde un retour aux cheveux longs, aux grosses chaines, au cuir et à un logo baignant dans l’acier chromé.

Exit la collaboration avec David Bowie, il s’entoure ici d’une vraie équipe de rockers avec le guitariste Steve Jones qui lui avait écrit son meilleur titre sur « Blah-Blah-Blah », de Seamus Beachen aux claviers, de Leich Foxx à la basse et de Paul Caristo à la batterie.

Le premier titre « Cold metal » annonce la couleur avec du hard rock, lourd, puissant, ou Iggy Pop déploie une voix d’une froide efficacité sur un refrain assassin broyant tout sur son passage.

L’album ne déviera jamais de cette ligne directrice forte.

« High on you » devenue l’un des classiques du répertoire de l’Iguane est une éclatante réussite alliant puissance des guitares et mélodie vocale mélancolique en une combinaison parfaitement fatale.

« Strong girl » est efficace, porté par la voix rauque d’Iggy sur une rythmique pesante ou Steve Jones place un superbe solo typiquement heavy metal.

Plus linéaire « Tom Tom » poursuit dans la même direction, avec un refrain original apportant un peu de fraîcheur dans ce monde saturé en acier trempé.

Emblématique et inspiré, « Easy rider », avec un rythme rapide et un refrain irrésistible, est le deuxième classique de ce disque.

Avec ses riffs puissants et son refrain efficace « Power and freedom » à défaut de proposer du génie, tient fermement la route.

« Lowdown » chanté d’une voix grave magnifiquement mélancolique, dévoile  l’autre facette plus sensible de l’Iguane.

Dopé par un riff terrible et un refrain prodigieux divinement accompagné aux claviers, « Instinct » est assurément l’une des plus belles réussites de ce disque.

« Tuff baby » sur lequel la voix d’Iggy répond habilement à la guitare de Steve Jones, continue sur la voie de l’excellence.

« Squarehead » parachève ce disque de manière particulièrement agressive.

En conclusion avec « Instinct » Iggy Pop se frotte avec bonheur au son lourd et puissant du heavy metal en parvenant à couler sa superbe voix dans un ensemble massif, cohérent et robuste.

Le résultat peut paraître par instants un peu trop linéaire et froid mais demeure globalement d’une efficacité et d’une maîtrise absolument imparables.

Aucune faiblesse n’est donc à déplorer sur ce disque puissant, sans concession et même si d’aucuns penseront que le style d’Iggy Pop se doit d’être plus varié et riche qu’un heavy metal froid et efficace, « Instinct » à le mérite après un « Blah-Blah-Blah » cauchemardesque de remettre l’Iguane sur une orbite plus salutaire pour sa carrière.

L’album suivant « Brick by brick » adoucira le ton en essayant avec plus ou moins de réussite de combiner mélodies intimistes et hard rock musclé.

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30 août 2009 7 30 /08 /août /2009 20:04


En 1986 et en pleine période new wave, Iggy Pop alors en grosse perte de vitesse s’acoquine de nouveau avec son vieux compère David Bowie pour sortir « Blah- Blah-Blah ».

L’Iguane s’est ici associé avec un personnel réduit composé de Kevin Armstrong à la guitare et de Erdal Kizilcay, véritable homme orchestre qui assure rien que moins que la basse, les synthétiseurs, la batterie et même les chœurs !

Ce qui frappe tout de suite sur la pochette c’est le look très propret limite gendre idéal d’Iggy Pop, cheveux courts, blue jean et tee shirt d’une sobriété plus que surprenante.

L’album débute avec « Real wild child » au rythme plaisant et au refrain très efficace.

Ensuite les choses se gâtent, en effet on comprend que « Blah- Blah-Blah » ne sera pas un album de guitares rock et qu’un affreux son de synthétiseur régnera en maître sur toute la durée du disque.

«Baby, it can’t fall »  lent et pénible, illustre fort bien le style froid et synthétique adopté par le tandem Pop/Bowie sur ce disque.

Meme si Iggy use de sa belle voix de crooner sur « Shades » , cela ne suffit pas à sauver ce morceau globalement plus que poussif.

La même réflexion reste valable sur « Fire girl » : très belle performance vocale d’Iggy Pop sur une mélodie moelleuse, une batterie robotisée et d’atroces sons de synthétiseurs.

Le mode somnifère se poursuit sur « Isolation » encore plus insipide.

Arrive le seul morceau de bon niveau de ce disque, « Cry for love »  avec Steve Jones à la guitare, brillant par un refrain de toute beauté.

Mais la relative accalmie est de courte durée tant « Blah-Blah-Bah »  est une véritable catastrophe ressemblant à un jingle de générique de jeux télévisé ringard des années 80.

Sur « Hideaway »  et « Winners and losers » l’auditeur continue d’endurer sa punition tel un malade mental shootés à mort aux tranquillisants.

Dans son délire narcoleptique, il croit entendre le son timide d’une guitare électrique sur « Little miss emperor » mais ce doux rêve se transforme rapidement en hideux cauchemar hallucinatoire.

En conclusion, « Blah-Blah-Bah »  est un naufrage, une horreur kitsch et fadasse, une monstruosité, une aberration dans la carrière d’Iggy Punk.

Le duo Pop/Bowie semble ici totalement victime de son époque et proposer un produit édulcoré expurgé de toute velléité rock and roll et truffé de bidouillages électroniques sans ame.

Ce disque laisse une impression triste de déchéance, comme celle de voir un vieux lion enfermé dans une cage exiguë, un fauve au pelage terni, aux dents cassées, aux griffes usées attendant docilement que son gardien lui donne sa pitance chaque jour et faisant rire les visiteurs qui se moquent de sa faiblesse derrière les barreaux de sa captivité.

Avec ce disque Iggy Pop semble avoir perdu son instinct de prédateur sauvage et le sentiment qui en ressort est à vrai dire plutôt attristant.

Heureusement le vieux lion montrera par la suite qu’il a encore de la ressource ...

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30 août 2009 7 30 /08 /août /2009 17:39


« Daredevil : A chacun son du » est une série 100% Marvel en cinq épisodes.

J’ai lu la quatrième partie de cette saga scénarisée par Ed Brubaker et dessinée par le duo Michael Lark-Stephano Gaudino avec une première partie signée Lee Weeks.

Dans la première partie justement on retrouve les états d’ames de Milla Donovan, la femme de Matt Murdock qu’il a épousée peu après le décès brutal de Karen Page.

Milla, également aveugle raconte les difficultés de vivre avec un justicier, ses angoisses incoercibles lors de ses mystérieuses escapades nocturnes et sa peur de le voir mourir un jour.

Ce passage est l’occasion de comprendre les épisodes précédents, la mise à nue publique de la double identité de Murdock puis son arrestation, son incarcération et son évasion de la prison de Ryker’s island.

Après ce long monologue, l’histoire démarre véritablement avec Melvin Potter dit le Gladiateur, ennemi célèbre de Daredevil, qui lui même incarcéré à Ryker’s Island est soupçonné d’avoir tué deux de ses détenus.

Malgré quelques hésitations Murdock accepte de défendre son vieil ennemi qu’il croit innocent et son alter ego Daredevil constate dans le même temps une recrudescence des crimes dans son quartier de Hell’s kitchen ou des commerçants sont sauvagement assassinés sans raison apparente.

Mais l’interrogatoire de Potter ne mène à rien de probant et une mystérieuse équipe organise son évasion lors d’un transfert afin de déchaîner à nouveau le Gladiateur.

Potter, schizophrène notoire, retrouve en effet ses vieux démons et réendosse le costume du Gladiateur, composé d’une armure, d’un casque, de lames circulaires et de couteaux, complétant sa prodigieuse force physique.

Alors que les meurtres sanglants s’accumulent, Daredevil met tout en œuvre pour arrêter Potter qu’il veut néanmoins aider.

Mais celui ci s’en prend à Milla et manque de la tuer.

Daredevil finit par venir à bout du Gladiateur qui semble complètement perturbé mentalement au point de vouloir se suicider.

L’énigme des assassinats n’étant pas résolue, Daredevil trouve la piste de trafiquants ayant mis sur le marché une drogue d’une puissance inouïe donnant aux criminels un surplus de courage et des tendances suicidaires.

Mais il tombe dans un guet append et gazé se retrouve aux mains d’un inquiétant personnage nommé Larry Cranston alias Mister Fear, dont la peau sécrète une substance toxique générant panique, effroi et anxiété chez ses victimes.

L’album se termine sur une menace de Cranston qui apprend à un Daredevil réduit à sa merci qu’il est parvenu à approcher Milla en se faisant passer pour un psychiatre…

La partie 4 de « Daredevil : a chacun son du » présente une intrigue complexe, dense et sombre avec l’instrumentation par un maître stratège d’une force de la nature, le Gladiateur dans un but inconnu.

Cependant je n’ai pas été séduit par le style fin de Lark et n’ai jamais trouvé que le Gladiateur, ennemi finalement assez simplet aux armes primitives était un adversaire à la hauteur de Daredevil.

J’ai donc éprouvé quelques difficultés pour me passionner pour l’intrigue.

Coté cœur, les problèmes conjugaux de DD, me sont apparus également un peu « bateaux » tant on pouvait se douter sans peine des difficultés à vivre avec un justicier menant une double vie.

La cinquième partie sera sans à mon avis plus intéressante avec l'entrée en lice de Mister Fear, ennemi beaucoup plus retors et difficile à combattre qu’une brute épaisse et limitée comme le Gladiateur.

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29 août 2009 6 29 /08 /août /2009 22:13


Riche idée qu’a eu Marvel de rééditer sous forme de collections intégrales les classiques des épisodes des super héros phares des années 60 comme Spider Man, Iron Man ,Daredevil, Hulk, les Quatre Fantastiques ou bien les X-Men.

Concernant Daredevil, le summum des aventures du justicier aveugle a été pour moi atteint sous la plume de Frank Miller dans les années 80.

Aussi ai je lu avec délectation « Daredevil : l’intégrale de 1982 ».

Cette compilation massive recèle une partie de l’age d’or de l’homme sans peur avec le génial Frank Miller au scénario, dessin et encrage.

Dans le premier épisode, les élections battent leur plein à New York et un scandale est alors révélé par Sheldon, un jeune journaliste du Daily Bugle.

En effet Cherryh, sérieux candidat au poste de maire est soupçonné d’avoir passé un marché avec Wilson Fisk alias le Caïd, le colossal chef de la pègre New Yokaise pour lui livrer la ville en échange de fonds.

Mis en accusation pour diffamation par Cherryh, le journal se voit défendu par l’avocat Matt Murdock.

Commence alors un jeu complexe entre manœuvres de corruption et d’intimidations politico maffieuses pour faire renoncer le journaliste et tentative de chantage de ce dernier qui a un terrible besoin d’argent.

Daredevil appuyé pour l’occasion par le tandem Iron Fist-Power Man, protége le jeune journaliste des griffes de la pègre et Ben Urich, autre journaliste plus chevronné du Daily Bugle, prend les choses en main avec la ferme décision d’établir les preuves de la collusion Cherryh-Fisk.

Urich, seul à connaître la véritable identité de DD, est un personnage très attachant avec son intégrité, sa ténacité, son vieil impair, ses grosses lunettes et ses éternelles cigarettes.

Pour résoudre ses problèmes, le Caïd décide de recruter un nouveau tueur et jette son dévolu sur Elektra, l’ex petite amie de Daredevil.

Elektra neutralise son ancien amant, manque de tuer Urich qui refroidi, finit par renoncer.

Alors que tout semble perdu, Murdock exploite une piste mystérieuse sur la base d’un cliché d’une femme clocharde pris prêt du domicile du Caïd.

Après une incursion mouvementée dans les égouts, Urich et Daredevil retrouvent la trace de Vanessa l’ex femme du Caïd devenue clocharde, qui constitue son seul et unique point faible.

Daredevil arrache Vanessa au monde sous terrain des marginaux et fait un chantage à Fisk pour revoir sa femme.

Forcé de reculer, le Caïd lâche Cherryh qui finit par se livrer.

Daredevil remporte le premier match dans son duel face au Caïd.

Dans la deuxième partie, on assiste au retour de Bullseye alias le Tireur dans la vie de Daredevil.

Ennemi  redoutable et charismatique, le Tireur est le double maléfique de DD, le révélateur sans lequel sa mission n’aurait pas la même saveur.

Le Tireur emprisonné et atteint de troubles mentaux, ne vit que pour son obsession de tuer son pire ennemi.

Utilisant ses dons de transformer tout objet en arme morelle, il s’évade et tue Elektra lors d’un duel épique afin de redevenir le tueur numéro un du Caïd.

Murdock dévasté par la douleur vit les heures les plus sombres de son existence.

Etrangement, le Tireur, « sent » instinctivement que Murdock et Daredevil ne font qu’un, il fait part de sa théorie au Caïd qui la juge heureusement extravagante.

Daredevil préserve in extremis son secret et son affrontement crépusculaire contre le Tireur s’avère un des sommets de la série.

Victime d’une chute terrible, le Tireur termine paralysé dans un lit d’hôpital mais son obsession de vengeance reste elle intacte.

La troisième partie consacrée à un crossover entre Daredevil et le Punisher autour d’une enquête alambiquée contre un trafic de drogue décimant les enfants a été pour moi d’une intensité moindre, même si le Punisher, héros sombre et torturé colle très bien à l’univers de l’homme sans peur.

L’album termine sur deux « Et si », avec pour le premier le thème assez décevant que DD soit devenu un agent du Shield ou pour le deuxième beaucoup plus émouvant le fait que Elektra n’ait pas été tuée par le Tireur.

En bonus et sans les dessins de Miller, on retrouvera une alliance hautement improbable entre Spider Man, Moon Knight, Iron Fist, Power Man et Daredevil pour contrer l’Homme Pourpre piloté par le Caïd.

En conclusion, cette intégrale brille surtout par l’enchaînement des deux premiers épisodes mêlant le quatuor mythique, Daredevil, Elektra, Bullseye et le Caïd.

Dans l’univers glauque et oppressant des bas quartiers du New York des années 80, Frank Miller imprime une atmosphère crépusculaire, étouffante et d’une noirceur sans nom à cette tragédie moderne ou chacun des protagonistes montre des fêlures d’une complexité exceptionnelle.

Une tueuse prises de remords et hantée par son amour passé, un justicier friable, fidèle en amitié et en amour, un impitoyable caïd de la pègre capable de plier dans l’espoir de revoir sa femme transformée en clocharde et un tueur malade, instable, instinctif, aussi mortel que génial composent donc le formidable univers imaginé par Miller.

La partie avec le Punisher est également d’un bon niveau, Murdock étant véritablement déchirant dans son refus de la mort d’Elektra.

On recommandera aussi le « Et si …Elektra n’était pas morte », nerveux et émouvant, créant pour une fois une belle happy end entre DD et Elektra.

En résumé, pour ces quelques raisons « Daredevil : l’intégrale 1982 » est un album culte, totalement, indispensable pour le fan de bande dessiné moderne, amateur d’univers sombres et de personnages aussi complexes que torturés.

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29 août 2009 6 29 /08 /août /2009 20:40


Retour à la bande dessinée et plus précisément aux comics avec « Wolverine : Logan » du dessinateur argentin Eduardo Risso et du talentueux scénariste de la série « Lost » :  Brian K Vaughan.

Ce court  « graphic novel » comme appelé sur la couverture traite une nouvelle fois du passé de Wolverine et tout particulièrement des liens mystérieux qui l’unissent au Japon.

Le mutant canadien revient ici au pays du soleil levant  pour régler des comptes avec un ennemi effrayant, sorte de monstrueux squelette enflammé qui le met dangereusement à mal.

Après cette introduction aussi musclée que difficilement compréhensible, le lecteur plonge dans le passé de Wolverine alors que, soldat canadien pendant la seconde guerre mondiale, il est capturé par l’armée japonaise.

Durant sa détention, Logan rencontre un autre prisonnier, Warren Ethan, lieutenant  seul rescapé d’un navire américain coulé par les Japonais.

Les deux hommes s’entraident pour s’évader de leur prison et au cours de leur cavale, Wolverine empêche Ethan de tuer une femme civile japonaise croisée par hasard.

Wolverine refuse en effet de céder à la haine et au racisme aveugles d’Ethan.

Recueilli par la jeune femme Astuko, Logan découvre son premier vrai amour et vit quelques heures aussi délicieuses qu’ inoubliables.

Atsuko révèle le nom de l’endroit ou elle vit : Hiroshima.

Mais ivre de vengeance, Ethan revient et tue Astuko sous les yeux de Logan.

Wolverine découvre qu’Ethan est un mutant comme lui, insensible à la douleur et pratiquement immortel.

Alors que les deux hommes sont engagés dans une lutte à mort, un avion de l’US air force largue la fameuse bombe atomique « Little Boy » qui dévaste toute la ville tuant des millions de personnes.

De manière assez stupéfiante, Wolverine brûlé et défiguré survit, protégé par son pouvoir auto guérisseur.

Assez similairement Ethan survit sous la forme d’un fantôme revêtant l’apparence d’un squelette enflammé.

On comprend alors que Wolverine est revenu à Hiroshima afin de retrouver l’assassin d’Astuko et venger son ame defunte.

Après une lutte acharnée, il parvient à ses fins et à tuer Ethan, réglant ainsi ses comptes avec un passé qui le tiraillait.

La fin du récit se déroule sous la forme d’un rêve ou Logan retrouve l’espace d’un instant son amour perdu.

Bien que mineure dans la longue et riche carrière du mutant griffu, « Wolverine : Logan » est une courte histoire bien construite, ou règnent un certain désenchantement, une forte mélancolie et un  romantisme poignant.

Wolverine montre ainsi les seules blessures auxquelles il ne guérit jamais vraiment : celles infligées par ses liaisons tragiques avec les quelques femmes qu’il a aimées au cours de sa vie tumultueuse.

Inscrit dans le cadre historique et tragique de la bombe d’Hiroshima, « Wolverine : Logan » permet donc de découvrir le coté le plus humain d’un personnage tiraillé sans relache par son passé.

Au niveau des critiques :  j ’ai trouvé le personnage du méchant Warren Ethan peu original, le graphisme de Risso assez particulier, beau, dépouillé et sombre mais manquant de finesse dans le dessin des personnages notamment dans les traits des visages.

Belle citation pour finir «  Aucune vie n’est épargnée par les bombes, échec, malheur, rupture, mais même le pékin lambda peut survivre à une ou deux explosions. Ce qui nous tue c’est ce qui vient après : les retombées.
La longue chute de toutes les conséquences de nos erreurs.

Elles pleuvent sur nous sans qu’on les voie et quand on remarque enfin le poison qui s’accumule, on s’est déjà noyé dedans ».

A méditer.

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28 août 2009 5 28 /08 /août /2009 15:22


J’avais peu goûté la prose d’Oscar Wilde dans « De profundis »  et dans « La ballade de  la geôle de Reading » aussi me suis je dis que je ne pouvais en rester la.

C'est pourquoi ai je lu « Le portrait de Dorian Gray » qui demeure incontestablement un classique de la littérature fantastique anglo saxonne.

L’histoire se déroule à Londres, au XIX ième siècle dans les milieux aristocrates des gentilshommes anglais.

Basil Hallward est un peintre de talent, qui avoue lors d’une discussion avec son ami Lord Henry être fasciné par un jeune modèle qu’il vient de peindre, Dorian Gray.

Hallward a trouvé en Gray son idéal esthétique et a dit il mis toute son ame dans un portrait du jeune homme qu’il vient de réaliser.

Intrigué Lord Henry manifeste son désir de rencontrer Gray et il découvre un jeune homme d’une beauté exceptionnelle aussi pure que juvénile.

Lord Henry discute avec Gray et ses idées brillantes, cyniques, amorales, vont rapidement perturber puis influencer le jeune homme.

Henry parvient à lui faire comprendre que sa beauté se fanera vite et qu’ensuite il souffrira en se souvenant de son éclat passé.

Choqué, Gray émet le souhait de ne jamais vieillir et de rester pareil à son portrait.

Il ignore que ce souhait sera exaucé par quelque forces maléfiques.

Par la suite les trois hommes se fréquentent assidûment, allant de réceptions en dîners mondains.

Gray tombe amoureux d’une jeune actrice de seconde zone Sibyl Vane mais leur idylle tourne court, le jeune homme terriblement dur et cruel allant jusqu’à provoquer la mort de l’actrice par désespoir.

Son frère engagé dans la Marine jure alors de la venger.

Gray finit par éprouver des remords mais il est trop tard, son portrait s’altère alors d’un rictus cruel.

Le jeune homme prend peur et décide de cacher dans une pièce secrète aux yeux de tous ce portrait qui reflète la vraie nature de son ame.

Obsédé par ce portrait qui le hante, Gray mène pendant prêt de vingt ans une vie de mystères, s’intéressant à l’hédonisme que lui souffle Lord Henry, cultivant un goût pour l’esthétisme des sciences occultes, des drames sanglants de l’histoire, pour les fumeries d’opium et provoquant souvent par son influence la mort ou la ruine de ses fréquentations.

Sa réputation se ternit alors sensiblement dans les cercles des nobles anglais.

Détail troublant : Gray ne vieillit pas, il conserve son physique de jeune homme mais à chaque mauvaise action, son portrait se dénature un peu plus devenant de plus en plus hideux.

Un jour que Hallward désire voir le portrait caché, Gray devient fou et dans un accès de haine aveugle le tue.

Pourchassé par le frère de Sibyl Vane, il échappe de peu à la mort.

Tourmenté par ses crimes, acculé à une situation des plus intolérables, Gray finit par poignarder son propre portrait et transformé en vieillard décati meurt instantanément.

« Le portrait de Dorian Gray » est une œuvre subversive et terriblement amorale.

Le thème de l’homosexualité cachée est pour moi clairement abordé à travers la fascination qu’exerce ce beau jeune homme sur Hallward.

Lord Henry le mentor de Gray incarne parfaitement les théorie de Wilde sur un retour à l’hédonisme, à l’abandon des sens, au goût pour l’art, l’esthétisme, s’exprimant par la poursuite de la jeunesse et du plaisir éternels pour combattre un mal de vivre permanent.

Ce roman n’est donc pas que fantastique et sulfureux, il développe aussi une philosophie de la vie jugée amorale à l’époque de la très Victorienne Angleterre.

La langue de Wilde est généralement puissante, très riche et sophistiquée, sans doute trop par instant pour moi comme en témoignent les interminables tirades ou les réparties cinglantes de Lord Henry.

Par instant « Le portrait de Dorian Gray » m’a fait penser à une pièce de théâtre tant les dialogues enlevés, vifs, pleins d’esprits s’avèrent percutants.

Les citations corrosives de Wilde sont en effet innombrables dans ce roman, les femmes et le mariage en étant le plus souvent la cible.

Ce coté « machine à phrase définitives » emportant tout sur son passage par quelques bon mots bien placés m’a agacé quelques fois.

Le style trop maniéré de Wilde et cet univers de dandys hédonistes riches et oisifs ne m’ont pas non plus touché.

En conclusion malgré ses qualités littéraires, je ne pense pas qu’Oscar Wilde soit un jour un écrivain culte pour moi.

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