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13 février 2010 6 13 /02 /février /2010 20:11

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« Les Thanatonautes » est le premier livre de Bernard Werber que j’ai lu.

Ecrivain à succès, Werber a pour moi l’immense mérite de populariser la science fiction en France.

Sorti en 1994, « Les Thanatonautes » raconte dans un futur proche, la quête en apparence impossible de deux amis d’enfance, Raoul Razorback, biologiste et Michael Pinson, anesthésiste, qui cherchent à explorer les frontières de la mort en provoquant des coma contrôlés ou le « patient » peut revenir à lui sur simple décision.

Razorback est hanté par le suicide inexpliqué de son père qui préparait une thèse de philosophie sur la mort, quand à Pinson qui est le narrateur de l’histoire, c’est un homme complexé et peu sur de lui qui essuie échecs sur échecs avec les femmes notamment avec la belle infirmière Amandine.

Appuyés par Lucinder le président de la France qui a survécu in extremis à une tentative d’attentat, les deux hommes obtiennent des crédits pour réaliser des expériences secrètes sur des prisonniers volontaires de Fleury Merogis.

Après quelques inévitables tâtonnements et échecs qui se soldent par des décès, le duo parvient à sélectionner le bon mode opératoire et le cobaye pour mener à bien leur première expérience de retour d’un coma prolongé.

Félix, le pionnier de cet essai fructueux raconte ses sensations à son retour, les média s’emparent de l’affaire et un véritable effet de mode autour des thanatonautes se met en place.

Une féroce compétition internationale s’instaure, chaque pays essayant de repousser les limites du coma dans une ambiance digne de la fièvre de la course à l’astronautique des années 60.

Mais enivré par le succès, Félix perd pied et commet une erreur fatale qui lui coûte la vie.

Raoul et Michael ne se démontent pas, affinent leurs techniques, trouvent de nouveaux moyens combinant préparation physique, mentale et scientifique pour repousser toujours plus loin les differents stades du coma.

La rencontre de Stefania, italienne bouddhiste leur fait prendre compte de l’importance de la spiritualité pour franchir les stades les plus éloignés.

Les thanatonautes reçoivent donc le concours de religieux de toutes origines, sectes comprises qui réalisent des incursions dans le monde de l’au delà.

Rapidement les conflits éclatent entre les differents courants religieux, et un combat s’engage entre une faction soutenant Raoul et Michael et une autre composée de terroristes religieux.

Après une bataille épique située dans le monde des thanatonautes, l’alliance des deux chercheurs triomphe.

A partir des témoignages recueillis par les voyageurs de la mort, l’équipe peut alors réaliser une cartographie de l’au delà composée de sept territoires, chacun ayant sa spécificité propre qu’elle soit cauchemardesque, sexuelle, intellectuelle ou esthétique.

Le dernier territoire, occupé par des anges accueillant et jugeant les âmes  des défunts révèle aux thanatonautes les secrets profonds de l’existence et notamment la confirmation de l’immortalité de l’ame se réincarnant dans plusieurs corps.

Cette révélation publique à des grandes répercussions sur Terre et provoque un changement drastique dans le comportement des gens, les plongeant dans un calcul permanent dans le but d’arriver à l’au delà avec une âme la plus exempte possible de péchés.

On constate la fin des conflits et l’apparition d’une commercialisation du voyage vers la mort.

Mais cette félicité est insupportable pour certains, des troubles éclatent et les thanatonautes sont éliminés.

Pour la première et dernière fois les âmes de Raoul et Michael font le grand voyage ..

En conclusion, « Les Thanatonautes » est un roman assez audacieux traitant d’un sujet original.

Pour étoffer son propos, Werber multiplie les références aux mythologies de toutes les cultures et religions du monde.

Malgré l’imagination de l’auteur, je n’ai pas été ébloui par son style, déplorant certaines longueurs et une psychologie très sommaire des personnages auxquels on ne s’attache pas réellement.

Mon coté sans doute trop matérialiste et peu spirituel a sans nul doute été un frein pour pleinement goûter aux longues tirades sur les anges, les réincarnations et les paradis perdus aux confins de l’espace.


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8 février 2010 1 08 /02 /février /2010 20:14

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Littérature maritime toujours avec «  Le loup des mers » de Jack London.

On connaît tous l’auteur des immortels  « Croc-Blanc » ou « L’appel de la foret » on sait moins que London avait écrit des romans traitant de socialisme ou du monde maritime.

Ecrit au début du XX iéme siècle (1904) , « Le loup des mers » raconte l’histoire de Humphrey Van Weyden, intellectuel américain, gentleman, recueilli à la suite d’un malencontreux naufrage par une goélette nommée le Fantôme, faisant route vers l’Alaska pour chasser le phoque.

Le capitaine du Fantôme, une force de la nature nommée Loup Larsen, s’avère vite un personnage fascinant, à la fois tyrannique, sauvage mais également brillant intellectuellement.

Sa violence est telle qu’il devient rapidement hai par son équipage, que seule sa force hors du commun et sa terrible autorité tiennent en respect.

Enrôlé contre son gré, le jeune et fragile Humphrey aux manières délicates, se retrouve propulsé aide cuisinier dans le monde brutal et sauvage des matelots et des chasseurs de phoques.

Il devient le souffre douleur du cuisinier nommé le Coq, homme médiocre mais redoutablement vicieux.

Le jeune homme souffre mille tourments, se trouvant meurtri dans sa chair ainsi que dans ses considérations morales par la vie rude et sans pitié des chasseurs mais finit contre toute attente par s’endurcir, à se viriliser au fur et à mesure que son périple continue.

Mais Humphrey est fasciné par le personnage de Larsen avec qui il discute philosophie et littérature.

Larsen a une conception toute Nietzschéenne de la vie : la vie est une lutte sans pitié, le fort mange le faible, la morale n’existe pas, la vie prolifère et grouille dans un désordre chaotique puis se termine sans que cela n’affecte en rien l’équilibre naturel global.

Humphrey tente de raisonner, de s’opposer à cette vision individualiste, matérialiste  de l’existence en lui opposant des valeurs comme le sens moral, l’altruisme mais Larsen en plus d’être un théoricien possède un redoutable esprit pratique et ne manque pas une occasion de réduire à néant les arguments de son passager.

La tension et la violence culminent lorsque Larsen profite d’une tempête pour faire mourir deux matelots qui avaient tenté de l’assassiner, ou quand le Coq se fait mutiler par un requin après un jeu cruel.

Le récit prend un tour plus doux quand le Fantôme recueille Maud Brewster, une jeune poétesse dont Humphrey en manque affectif tombe rapidement amoureux.

Mu par un nouveau courage, Humphrey va puiser en lui des forces insoupçonnées et réussir une évasion audacieuse avec sa belle qui les emmènera jusque sur une île perdue au Nord du Japon.

La fin du roman, assez étrange, marque la lente déchéance de Larsen, tel un indomptable animal sauvage peu à peu miné par une tumeur au cerveau.

Inspirée de l’expérience personnelle du jeune London qui embarqua lui même sur un chasseur de phoques, « Le loups des mers » est avant tout un passionnant roman d’aventures, terriblement âpre et violent, sur la nécessaire adaptation d’un être humain civilisé pour survivre dans un milieu hostile.

Le deuxième niveau de lecture du livre, plus philosophique propose une critique des idées de Nietzsche qui ont longtemps fascinées l’auteur car Loup Larsen, surhomme d’origine scandinave représente en réalité l’incarnation vivante de la puissance des théories du philosophe allemand.

Assez étrangement même si Larsen finit mal, esseulé et affaibli, on sent le respect et la fascination de London pour le vieux capitaine demeurer.

Une œuvre en tout cas d’une puissance inouïe.


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6 février 2010 6 06 /02 /février /2010 20:43

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Nous sommes en 2006 et Danko Jones après trois albums sortis en trois ans, prend pour une fois son temps avant de finalement peaufiner son quatrième album « Sleep is the ennemy ».

La pochette très politiquement correcte d’un blanc virginal de bon aloi pourrait laisser penser à un adoucissement du ton de nos trois rockers canadiens mais cette première impression n’en est que plus trompeuse tant telle la lame d'un couteau caché dans sa gaine, la musique de « Sleep is the ennemy » s’avère toujours redoutable.

« Sticky situation » débute pied au plancher, avec un mid tempo aux riffs ravageurs et au refrain clamé avec une élocution ultra rythmée confinant au diabolique.

Chose impensable, « Baby hates me » lui est pourtant supérieur, jugez plutôt : intro à la AC/DC, voix de rocker teigneux, vindicatif, dangereux comme une rixe de bar de nuit, refrain aérien fantastique, chanté à la manière d’un Paul Stanley au meilleur de sa forme.

Le tempo ralentit ave « Don’t fall in love » , sans doute le titre le plus pop et le plus mélodique du groupe mais qui conserve un groove plaisant.

Danko remet les gaz avec un « She’s drugs » tendu, intense, âpre ou il est question d’obsessions, de drogues et de femmes.

Avec son rythme saccadé et son ton désinvolte « The finger »  fait un peu figure de gag.

On arrive ensuite sur le troisième monstre de ce disque, « First date », hard rock viscéral, instinctif dopé par des refrains prodigieusement accrocheurs.

Lui succédant, « Invisible » avec son tempo ultra rapide limite punk soutenu par  des chœurs féminins, ne démérite pas.

Danko Jones ne faiblit pas, tient la cadence tel Lance Armstrong tricotant à toutes jambes dans un col du Tour de France, et balance un « Natural tan » brutal et viril.

Relative tentative mélodique sur « When will i see you » et cette fois merveilleusement réussie, faisant de ce titre magique et enlevé une des meilleurs pièces jamais écrite par le power trio de Toronto.

Le phénomène continue de se déchaîner sur « Time heals nothing » , mélangeant sur un rythme rock rugissement rauques de lion enragé et divins passages presque plaintifs.

Comme de coutume, l’album se solde par une ultime profession de foi rock n roll, « Sleep is the ennemy » est une bombe de hard rock survit aminé, ultra rapide, et puissante montrant toute la formidable détermination d’un homme à se faire entendre et respecté.

On ne pourra résister au bonus « Choose me » , ultime feu d’artifice, véritable tornade sonique propulsée par un riffs supersonique qui emporte tout sur son passage.

En conclusion, Danko Jones frappe une nouvelle fois très fort avec un « Sleep is the ennemy » frôlant la perfection propre à provoquer bien des insomnies.

La recette est quasi inchangée par rapport à « We sweat blood », pas de concept album prise de têtes, de considérations philosophiques, de délires intello ou mégalo propres au rock progressif, juste du hard rock direct, incandescent, sauvage, instinctif qui prend au colback, secoue les tripes, fait bouger la tête et onduler le bassin.

Le talent est toujours présent, immense et la qualité des morceaux proprement stupéfiante, preuve que lorsque on est animé d’une foi à soulever les montagnes on peut parfois accomplir des miracles.

Danko Jones est un peu l’incarnation du rocker ultime, du mauvais garçon plein de talent, de la petite frappe pleine de charme roulant des mécaniques qui finira pas emballer la fille au nez et à la barbe du prétendant officiel, fils de bonne famille, premier de la classe ou héros de son équipe de foot.

Et dieu que dans ce monde lisse et aseptisé un peu de spontaneité et d'instinctivité font du bien.


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6 février 2010 6 06 /02 /février /2010 19:28

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Attiré par les excellents échos autour « Anvil ! The story of Anvil » je suis allé voir ce rockumentaire de Sacha Gervasi sorti en février 2010.

Meme si je me targue de connaître assez bien le heavy metal, j’avoue que je ne connaissais ce groupe que de nom, n’ayant écouté qu’une seul de leur album, qui ne m’avait pas de surcroit beaucoup marqué.

Gervasi fan et ami d'Anvil a donc réalisé un documentaire sur l' histoire de ce groupe dont l’ossature est composée du guitariste/chanteur Steve Kudlow alias « Lips »  et du batteur Robb Reiner, amis depuis leurs 14 ans.

Prometteur voir précurseur au début des années 80, Anvil n’a contrairement à ses pairs (Metallica, Slayer, Anthrax ..) jamais réussi à obtenir le succès auquel il semblait destiné, allant d’échecs en mésaventures.

Les deux hommes vieillissants aujourd’hui pères de famille quinquagénaires, vivent à Toronto et sont contraints d’exercer des boulots alimentaires pour pouvoir survivre.

Lips est chauffeur/livreur dans une cantine, quand à Robb il travaille dans le bâtiment.

Pourtant assez étrangement la passion n’a jamais quitté les deux compères, qui continuent contre vents et marées à vouloir faire de la musique et à jouer sur scène.

C’est assurément cette persévérance irrationnelle, cet inébranlable amour en leur art malgré les échecs et les humiliations qui rend le film si touchant.

Gervasi suit Anvil lors d’une tournée catastrophique en Europe de l'Est, avec des salles de 10 000 places ou sont présentes 100 personnes, des galéres de trains et d’avions ratés, des patrons de bars qui ne payent pas leur cachet, des crises de nerfs, des embrouilles entre musiciens, et du découragement à la pelle.

La relation entre les deux musiciens est passionnante, Lips étant un homme émotif, hyper sensible, généreux, passionné, idéaliste mais aussi très fragile et sujet à de multiples sautes d’humeur, Robb étant plus introverti, solitaire et peintre (de talent !) à ses moments perdus.

L’indestructible sentiment d’amitié voir d’amour qui semble les lier est extrêmement impressionnant, les deux hommes se considérant comme frères.

Anvil décide pourtant de tenter de forcer la porte du destin une nouvelle fois et contacte Chris Tsangarides, producteur renommé dans le milieu du heavy metal (Judas Priest, Black Sabbath, Thin Lizzy …) pour produire leur treiziéme album.

Tsangarides ayant déjà travaillé avec eux dans les années 80, accepte mais Lipps et Robb sont obligés d’hypothéquer tous leurs biens pour financer leur projet.

Tout se beau monde se réunit à Douvres, dans le superbe manoir de Tsangarides perdu dans un décor à la Stonehenge aussi sauvage que magnifique.

Meme si le projet arrive à son terme, Anvil a toutes les peines du monde à trouver une maison de disques et essuie refus sur refus notamment de la part d’EMI records.

Sans promotion, Robb et Lipps décident de vendre leur album directement.

Le film se termine sur une heureuse nouvelle, l’annonce d’une participation à un festival au Japon, 25 ans après leur dernière apparition dans ce pays.

Le groupe joue donc dans un stade devant une foule immense, ce qui termine sur une note chaleureuse ce documentaire.

A l’arrivée, « Anvil ! The story of Anvil » peut être vu comme une formidable aventure humaine de deux pauvres types intègres, perdants magnifiques, mus par leurs rêves de gosses et par une passion irraisonnée qui les poussent à endurer tous les tourments.

La formidable histoire d’amitié entre Robb et Lipps m’a fortement émue, les deux hommes se complétant artistiquement et se soutenant dans les moments difficiles.

Je crois que finalement le secret pour supporter la vie est d’être en accord avec soi même puis d’avoir un puissant moteur qui tire son existence et en ce sens les deux musiciens d’Anvil ont tout compris, refusant de plier face aux modes, aux sirènes d’une vie rangée et facile pour faire ce qui leur plait.

Ce film montre que le bonheur n’est pas dans le matérialisme, l’argent, le pouvoir et la possession, d’autres voies existent.

L’art en est une.

Quelle est la votre ?


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6 février 2010 6 06 /02 /février /2010 09:22

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En 2003,  Danko Jones poursuit son irrésistible marche en avant et un an à peine après son premier vrai album sort  le saignant « We sweat blood » à la pochette culte !

Le power trio canadien reste fermement décidé à conquérir le monde et à se faire un nom dans le milieu du rock.

Sur ce disque, le style patiemment forgé au cours de années précédentes ne varie pas vraiment, cependant le groupe  atténue légèrement son coté chien fou et canalise mieux sa fougue pour produire une musique plus maîtrisée.

Ouvrant le feu, « Forget my name » s’avère être un véritable travail d’orfèvre, un petit bijou de rock viril, ultra plaisant à l’écoute avec son rythme balancé et ses refrains fédérateurs.

« Dance » est moins fluide mais l’intensité, voir la férocité habituelle des compositions de Danko est belle et bien présente.

S’ensuit «  I love living in the city » , mid tempo rock, agréable et très festif  soutenu par une choriste féminine.

De manière similaire à « Forget my name », « I want you »  recèle un coté tubesque incontournable, avec ses irrésistibles refrains hauts en couleurs et son énergie estampillée « high voltage ».

Plus facile et plat, « Heartbreak’s blessing » est pour moi le maillon faible du disque mais les Canadiens passent la seconde sur « Wait a minute » , premier vrai morceau rapide de l’ensemble avec de fortes réminiscences punk.

En comparaison, « Strut » paraît bien statique mais son coté hard rock brut et sans concession à la Nashville Pussy s’avère foutrement efficace.

La puissance, le charisme  parfois démoniaque du chanteur réapparaissent sur « Home to hell » , implacable, violent et sans concession.

La démonstration de maestria continue avec « Hot damn woman » brûlante merveille de groove rock and roll à forte connation sexuelle.

Ultra violent et provocateur, « The cross » sonne comme du Motorhead de retour d’une virée de bikers sans femmes et sans alcool, et représente sans doute le morceau le plus agressif du répertoire des Canadiens.

Brillant contraste avec « Love travel » , chaud, sensuel et porté par une atmosphère d’attraction feutrée et magnétique.

Comme « Born a lion », « We sweat blood » se termine en fanfare sur son titre éponyme, touchante et prenante profession de foi en l’honneur de la religion du rock and roll.

En conclusion, bien que moins ébouriffant que « Born a lion » , « We sweat blood » est un formidable disque de hard rock, et constitue la confirmation de l’immense talent de ce groupe émergent au début des années 2000.

Plutôt habilement, Danko Jones surfe entre hard rock brutal et rock toujours viril mais plus mélodique, et parvient à glisser une ou deux chansons à fort potentiel commercial qui lui permettront de toucher un public plus large et de passer sur les radio spécialisées.

Très équilibré, homogène et solide dans sa globalité, « We sweat blood » devient passionnant dans son dernier quart, prodigieusement intense et réussi.

Pour avoir vu le Canadien sur scène à l’époque on peut dire que « We sweat blood » n’était pas qu’une image, car ambitieux, volontaire et passionné jusqu’à l’excès, Danko Jones a longtemps payé son tribut avec son sang et sa sueur, n’hésitant pas à maltraiter son corps pour assouvir sa dévorante passion de la scène et de la musique.


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3 février 2010 3 03 /02 /février /2010 19:41

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Après les oeuvres de Conrad, « Le creux de la vague » de Robert Louis Stevenson.

Ce roman est très particulier puisque le dernier de Stevenson avant sa mort en 1894.

L’histoire relate les aventures de trois occidentaux ayant échoué en Polynésie et devenus par le hasard des circonstances de véritables épaves humaines.

On trouve Huish, matelot anglais rusé et violent sans beaucoup de principes, Davis, ex capitaine américain d’un bateau ayant fait naufrage par sa faute et Herrick, gentleman anglais et fils de bonne famille ayant fui son destin et estimant avoir raté sa vie.

Ces trois pauvres hères gisent, affamés désœuvrés et malades sur une plage de Papeete, vivant de la charité des indigènes, ressassant chacun leurs infortunes personnelles.

Un jour, une occasion inespérée se présente, Davis se voit confié le Farallone, une goélette américaine dont l’équipage a été décimé par la petite vérole et qui doit acheminer une cargaison de champagnes californien vers Sydney.

Malgré les réticences de Herrick, Davis entraîne ses comparses dans cette aventure dans le but avoué de voler le bateau, de faire route vers l’Amérique du sud pour le revendre lui et sa cargaison.

Les trois hommes s’embarquent donc pour commander un équipage de Canaques et mettre leur plan à exécution.

Bien entendu rien ne se passe comme prévu, Davis dévoré par ses propres angoisses et par un terrible sentiment d’échec personnel, se réfugie dans l’alcoolisme, manque à ses devoirs de capitaine pour contrôler son personnel et se heurte au caractère rebelle de Huish ainsi qu’aux fortes remontrances de Herrick.

L’équipage essuie une tempête, puise inconsidérément dans ses réserves de nourriture, découvre que sa cargaison est en réalité composée d’eau ce qui met en défaut le plan initial de revente du navire et de sa cargaison.

Alors que Davis cherche un plan B consistant à faire échouer le navire pour faire jouer l’assurance de l’armateur américain, les hommes voient se profiler soudainement une île mystérieuse.

L’île se trouve être habité par Attawer, un gentleman étrange très religieux ayant tenter de convertir les indigènes au christianisme et de fonder une colonie mais dont les plans ont été réduit à néant par une épidémie de petite vérole qui a décimé ses ouailles.

Les trois hommes appareillent et rapidement comprennent que Attawer est également un pecheur de perle et donc un homme potentiellement riche.

Huish et Davis n’hésitent pas longtemps et pensent à le tuer pour le dérober ses richesses.

Merrick, très fragile psychologiquement, dévoré par le remord et l’incertitude, tente de s’interposer, mais découvre la personnalité inquiétante de leur hote, homme brutal, redoutable tireur et chrétien exalté.

Au final après un huis clos oppressant, les chasseurs se retrouvent chassés et doivent s’incliner devant plus fort qu’eux.

La fin étrange, voit Huish mourir, Davis devenir un disciple de Attawer pour expier ses péchés après avoir frôlé la mort et Merrick guère plus avancé prêt à quitter l’île pour peut être prendre un nouveau départ.

En conclusion, « Le Creux de la vague » est un roman très mystérieux, sombre et déroutant.

Stevenson montre toute la dérive des tentatives d’implantation européenne dans les îles polynésiennes par le prisme de trois desperados, chacun à tombé à des degrés divers dans la déchéance morale.

Huish le plus violent et le plus amoral récolte la mort, Davis ébranlé par des drames personnels mais également corrompu par le vice, une rédemption par la foi, recueillie in extremis, et Merrick sans doute le plus faible car torturé, dépressif et suicidaire, le droit de repartir vers un nouvel ailleurs.

On peut d’ailleurs penser que Merrick, féru de littérature et respectueux des indigènes est le personnage le plus proche de la personnalité de l’écrivain.

Une nouvelle fois le talent hors norme de Stevenson éclate, son art de conter une aventure mettant en scène des personnages complexes dans des décors exotiques propre à faire rêver.

Si on devait établir une sainte trinité du roman d’aventure, on citerait Jack London, Joseph Conrad mais on mettrait assurément au sommet Robert Louis Stevenson qui demeure pour moi le maître incontesté du genre.


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2 février 2010 2 02 /02 /février /2010 19:19

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Joseph Conrad toujours avec « Le Miroir de la mer ».

Ce livre est un recueil de réflexions et de pensées personnelles de l’auteur autour de ses vingt et quelques années passées en tant que marin de la marine marchande.

Ce qui transparaît dans « Le Miroir de la mer » est l’amour indéfectible de Conrad pour non pas la mer en elle même mais plutôt dans les navires à voile et les hommes qui les conduisaient.

Conrad compare la navigation à un art portée à sa perfection et va même jusqu’à doter les navires à voiles d’une personnalité propre à laquelle doit s’unir les capitaines qui les dirigent.

Les termes maritimes abondent et rendent quelques fois difficile la lecture, mais Conrad se montre très pointilleux sur l’emploi d’expressions impropres passées dans le langage courant comme « jeter l’ancre ».

L’auteur constate avec une certaine amertume l’évolution technique de son art, regrettant la domination des bateaux à vapeur sur les bateaux à voiles, plus élégants, mystérieux et avec qui les hommes avaient un rapport plus intime.

Le comparatif entre les differents navires et leurs systèmes  de propulsion est aussi intéressant que touchant.

Mais « Le Miroir de la mer » parle aussi des hommes, de la fraternité qui unit les équipages évoluant dans cet environnement imprévisible et potentiellement dangereux.

Conrad ajoute une dimension psychologique à l’analyse du métier de marin, parlant des déchirements des départs, de l’installation de la routine apaisante de la traversée, et de la vigilance quasi permanente du bon marin qui dans son intérêt ne doit pas trop se sentir en sûreté vis à vis de l’environnement marin.

Les passages comparant les vents d’Ouest et d’Est à des dieux vikings ou orientaux se partageant le monde liquide sont d’une beauté incroyable.

Après les vents viennent les fleuves, puis les estuaires et les ports, notamment celui de Londres que Conrad connaissait bien.

Le recueil se termine sur des anecdotes précises, la brutale prise de conscience des dangers du métier de marin du jeune Conrad après un sauvetage d’un équipage en grande détresse puis l’aventure rocambolesque d’une navigation prêt des cotes espagnoles lors de la guerre civile entre Don Carlos et Ferdinand VII.

Les dernières pages du livre constituent un vibrant hommage à l’amiral Nelson et par l’extension à toute la marine britannique.

En conclusion, « Le Miroir de la mer » présente un intérêt pour son coté autobiographique qui permet de mieux cerner des pans entier de la personnalité de Joseph Conrad.

L’auteur porte un regard passionné sur sa vie passée décrivant une forme d’attraction quasi mystique pour la vie en mer tout en conservant un jugement lucide sur les dangers de ce métier bien souvent cruel et ingrat.

Conrad bat donc en brèche certaines illusions de terriens fantasmant sur la dimension exotique et aventureuse de la vie de marin.

Pour le britannique, la mer en éprouvant les hommes, les aide à se révéler à eux mêmes.

Un livre personnel et intéressant donc sur le domaine maritime même si le vocabulaire très spécifique à la navigation à voile peut parfois rebuter et si je préfère assurément quand Conrad opte pour le style romanesque.


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30 janvier 2010 6 30 /01 /janvier /2010 21:00

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En 2002, après prêt de sept ans de galères, Danko Jones sort le rugissant « Born a lion » qui peut être considéré comme son véritable premier album.

La composition du groupe est restée identique à celle des premières années avec John Calabrese à la basse, Damon Richardson à la batterie et Danko Jones lui même à la guitare et au chant.

Pour l’occasion, le trio canadien canalise la fougue hard/punk de ses premiers élans pour proposer un séduisant cocktail de hard rock viril suralimenté, tempéré de quelques plaisantes touches éparses mélodiques pour en augmenter les effets dévastateurs.

Le trio débute par « Play the blues » , pas forcément le meilleur morceau du disque mais suffisamment convaincant en raison du formidable abattage du chanteur rendant hommage aux héros du blues comme pères fondateurs de la musique qu’il pratique.

Le son est titanesque, prodigieusement dense, les riffs et la rythmique écrasantes.

Mais le véritable premier bijou de Danko Jones est sans nul doute « Lovercall », mid tempo rock rehaussé d’un refrain mélodique aérien fantastiquement fédérateur.

C’est cette chanson, son clip urbain très réussi et son coté plus grand public qui me firent découvrir les Canadiens et m’attira dans leurs filets pour en savoir plus.

Danko Jones poursuit sur sa lancée et aligne « Sound of love » avec une efficacité quasi identique mêlant riffs acérés, groove d’enfer et gros refrains fédérateurs dopés par un chanteur au timbre de voix charismatique.

« Papa » réussit le tour de force d’être encore plus irrésistible et donne envie de faire la fête, de retourner le salon et de bouger comme fou chaque partie de son corps.

La démonstration continue avec une insolente facilité sur « Soul on ice » avec ses riffs tranchants comme des lames de rasoirs et son ambiance implacablement hard rock.

« Word is bond » fait monter l’intensité à son paroxysme et laisse sans voix, béat d’admiration devant la classe d’un bonhomme qui semble touché par la grâce et faire renaître la magie du rock and roll ancestral.

Heureusement, le groupe descend un peu de son nuage sur « Way to my heart » légèrement facile et moins inspiré mais c’est pour repartir de plus belle en balançant les nouveaux missiles que sont « Caramel city » et sa belle ode au métissage dont est issu le chanteur , les prodigieusement jouissifs  « Get outta town » et autres « Suicide woman » aux irrésistibles  refrains martelés avec une intensité confinant à de la folie.

L’album se termine en apothéose sur un « Love is unkind » magistral qui fait figure de prêche fiévreux ultra rock and roll.

En conclusion, « Born a lion » fut un véritable électrochoc pour moi, un coup de foudre musical comme il en arrive une ou deux fois dans une vie.

Perdant toute raison, je fus submergé par cette lame de fond venu du Canada et devins pendant de nombreuses années un aficionado du groupe encore peu connu à l’époque.

Je pense que « Born a lion » est l’un des meilleurs album de rock/hard rock de tous les temps.

Il ne contient quasiment que des tubes alignés sans baisse de régime à une cadence irraisonnée, propre à rendre fou n’importe quel amateur de gros son rock.

L’album prend aux tripes, secoue dans tous les sens, captive par son mélange imparable de puissance, de fluidité et par la voix unique de ce chanteur-batteleur-prêcheur à l’énergie et la foi inextinguibles si communicatives.

On pense à AC/DC ou à Kiss pour le coté basique et efficace, Thin Lizzy pour les variations d’une voix « black »  tour à tour sensuelle ou virile, Motorhead pour l’agressivité frontale, mais le tout formidablement digéré et sublimé par le style et la personnalité d’un être humain unique, habité d’une passion folle envers le rock and roll des ages premiers.

Coup d’essai transformé en coup de maître génial,  « Born a lion » peut donc être considéré comme un album culte marquant l’éclosion d’un nouveau grand fauve de la savane du rock.

On peut je pense voir ce disque chaud, festif, généreux, direct et intense, comme un bon antidote aux ravages de la musique des Vincent Delerm, Carla Bruni et autres Benjamin Biolay (!)


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30 janvier 2010 6 30 /01 /janvier /2010 16:34

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Zoom sur un « petit » groupe de rock qui me tient a cœur.

J’ai découvert Danko Jones lors d’un été en 2003, tombant par hasard sur un de leurs clips, aimant leur son et décidant dans la foulée d’acheter leur premier album « Born a lion ».

J’ai tellement apprécié leur musique que j’ai ensuite réussi à faire s’intéresser la plupart de mes connaissances à ce groupe canadien, ce qui a abouti à aller les suivre dans leurs premiers et mémorables concerts parisiens, le plus fou étant celui sur une péniche en décembre 2003.

Sorti en 2001, « I’am alive and on fire » est une compilation regroupant les démo du groupe durant les années 1996-1999.

Le trio était composé à ses débuts de Damon Richardson à la batterie, de John Calabrese à la basse et de son chanteur-guitariste Danko Jones lui même.

Danko Jones pratique un rock/hard rock matinée de punk et de blues, une recette non fonciérement révolutionnaire mais dopée par l’incroyable énergie et personnalité de son leader, véritable pile atomique humaine.

La compilation démarre à bloc avec « Rock shit hot » , le tempo est rapide, les riffs musclés et accrocheurs, la voix chaude et virile, avec un phrasé frénétique et saccadé très particulier, à la limite du langage parlé submerge l’auditeur en une torrent de mots.

Les morceaux de rock, incisifs et courts (1’30 en moyenne) s’enchaînent à toute vitesse, « Samuel Sin » âpre et provocateur racontant le passé douloureux du chanteur abandonné par son père,  « Bounce »  plus calme dénotant déjà un puissant sens du groove.

Car outre cette prodigieuse énergie, cette formidable conviction en la musique rock, c’est bel et bien ce groove chaud, sexuel et quasi irrésistible qui fait la grande force du power trio.

La puissance revient au galop avec « Sugar chocolate » et « I’m alive and on fire » caractérisés par leurs riffs d’acier et leurs rythmiques hypnotiques ultra massives qui écrasent tout sur son passage.

Le coté altier, provocateur et charmeur du chanteur ressort sur « Mango kid » au tempo plus rock que ces prédécesseurs qui aurait eu pour moi le potentiel d’un hit si il avait été promu à l’époque.

Reprise de vitesse sur « Sex change shake » frénétique, intensément sexuel avec toujours ce sens du rythme qui rend fou.

Après les femmes, les bagnoles, ou plutôt les bagnoles ET les femmes sur « White cadillac », excellente chanson ultra puissante dotée d’un humour noir ravageur.

« Dr evening » reprend sans trop forcer la formule gagnante composée de riffs rock acérés et de rythmiques de mammouth avant que « Too much trouble » d’une intensité surnaturelle ne fasse l’effet d’un coup de poing en plein visage.

La compilation se termine sur une légère baisse de niveau :  « New woman » œuvre dans un classic hard rock sans fioriture, « Womanbound » plus lent rejoue avec bonheur sur le coté obsédé sexuel du chanteur avant que « My love is bold » termine le travail sur une tentative de rock légèrement plus mélodique.

En conclusion, malgré son coté démo caractérisé par un son très cru, peu travaillé, « I’am alive and on fire » montre toute la qualité de ce jeune groupe à ses débuts.

Danko Jones donne ici l’impression de pratiquer une musique intense et fougueuse comme un mustang sauvage, renouant avec le coté primaire des mauvais garçons du rock and roll composé d’outrances, de baston dans les bars, de sexe et de machisme.

On pourra peut être critiquer le coté rêche, un peu brouillon et fouillis de ce patchwork de titres, mais on ne pourra contester leur homogénéité, la présence d’un son, d’une voix et d’un style de chant incontestablement très affirmés.

Votre vie vous semble lisse, fade, aseptisée et trop bien réglée ?

Ce disque lui insufflera ce qui lui maque d’instinct, de danger, d’imprévu enrobé d’une grande dose d’hormones males.


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Published by Seth - dans Hard Rock
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30 janvier 2010 6 30 /01 /janvier /2010 15:27

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Nouveau roman de Joseph Conrad avec « Victoire ».

« Victoire » se déroule au début du XX ième siècle sur l'ile de Samburan, située non loin de Java.

Axel Heyst, le personnage principal est un suédois, ancien directeur local d’une compagnie européenne de charbon, qui a brièvement tenté d’exploiter les ressources de la région avant de faire faillite.

Malgré l’échec de sa mission, Heyst est resté sur place.

Il est décrit comme un original, un solitaire desenchanté ayant été envoûté par la vie sous les tropiques.

Son histoire personnelle semble assez tourmentée, avec l’influence d’un père adepte d’une philosophie sceptique, plus enclin à observer passivement l’existence et à se laisser dériver comme une feuille morte en s’abstenant d’agir sur son environnement.

Pourtant alors qu’il séjourne dans un hôtel, Heyst va un jour réaliser un coup de folie, acceptant d’enlever Lena, une jeune musicienne maltraitée par la direction du cirque itinérant qui l’emploie.

Heyst et Lena s’enfuient sur une île tandis que Schomberg, le patron de l’hôtel qui avait des vues sur la jeune fille et haïssait l’homme, décide de lancer un redoutable trio de tueurs à leurs trousses, en leur faisant croire que Heyst est un escroc, possesseur d’un butin dérobé.

D’origine allemande, Schomberg apparaît comme un individu détestable, médiocre, lâche, jaloux, avec un fort pouvoir de nuisance envers son prochain.

Le trio de tueurs est dirigé par Monsieur Jones, grand homme d’une maigreur maladive, dont les allures de gentleman ne sauraient masquer une terrible perversité et une mystérieuse haine des femmes.

Son second d’origine portugaise, Ricardo, est un homme malin, dénué de tout sens moral, et animé de féroces instincts violents.

Le dernier élément de ce trio est Pedro, colombien, que Conrad décrit comme un homme bête, velu et sauvage, à l’intelligence d’un animal domestique et totalement dévoué à ses maîtres.

Le trio se rend sur l’île de Heyst en simulant un naufrage et en faisant appel à sa charité pour les accueillir, le but réel étant de découvrir ou est caché le butin avant d’éliminer la cible que a été désignée par Schomberg.

Heyst vivant seul avec Lena et Wang son domestique chinois, se méfie et un terriblement intense huis clos psychologique s’instaure alors entre le vieux solitaire mélancolique désarmé mais désireux de protéger la femme qu’il aime et le trio prêt à tout.

Dans ce jeu mortel, Ricardo se montrera le plus avide et entreprenant jouera un rôle charnière dans le récit, provoquant par son instabilité, l’échec de l’entreprise de son chef.

Malgré cela, « Victoire » comporte une fin dramatique et violente pour la quasi totalité des protagonistes de l’aventure.

Ce roman peut être raisonnablement considéré comme un chef d’œuvre mélangeant aventures, exotisme, mélodrame amoureux et réflexions philosophiques profondes.

Heyst le passif mélancolique, l’observateur desenchanté et impassible de l’existence, se trouve par la force des choses contraint à l’action en vertu de principes moraux supérieurs pour tout d’abord enlever Lena, découvrir le pouvoir de l’amour puis ensuite devoir la défendre contre une menace immédiate.

Conrad réfute donc la doctrine philosophique du scepticisme incarnée par le père de Heyst en l’obligeant à forcer sa nature.

Passé cette puissante considération centrale, « Victoire » est également fascinant par la finesse de l’analyse psychologique de ses personnages, et tout particulièrement celle de Jones et Ricardo, aussi terrifiants que complexes.

Le roman brosse également une saisissante vision du colonialisme.

Conrad fut quelques fois accusé de racisme et il est vrai que sa manière de considérer le chinois Wang ou le colombien Pedro semblent choquantes et pétries de la supériorité du gentleman européen sur des races qualifiées d’inférieures.

Malgré cette ambiguïté dérangeante, Conrad montre tout l’échec économique de l’entreprise de colonisation, et met en avant la médiocrité morale de certains colons blancs comme Schomberg mais le malaise demeurera toutefois sur ce point.

Mis à part ce bémol à relativiser dans le contexte historique de l’époque (1914) , « Victoire » peut être considéré comme un roman exceptionnel, montrant tout le talent de l’écrivain britannique d’origine polonaise.


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Published by Seth - dans Aventure
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