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11 mars 2010 4 11 /03 /mars /2010 20:33

Ecole_chair.jpg5.gif

 

Récemment j’ai décidé de pousser plus en avant la découverte de cet immense écrivain qu’est Yukio Mishima.

Voici donc « L’ école de la chair » qu’il publia en 1964.

L’histoire relate l’étrange passion de Taéko Asano, belle japonaise divorcée d’age mur pour Senkitichi, un jeune barman d’un établissement homosexuel dans le Tokyo des années 60.

Propriétaire d’un magasin de haute couture, Taéko est très émancipée pour une femme de son époque, elle fréquente les milieux de la mode, les politiciens et les riches occidentaux présents au Japon après la seconde guerre mondiale.

Elle constitue avec ses amies Suzuko et Nobuko un petit groupe de trois femmes mures libérées, les beautés de Toshima, qui fréquente les lieux mondains de la classe aisée de Tokyo.

Bien entendu les conversations tournent souvent autour des hommes, et c’est presque par jeu que Taéko se rend dans un bar homosexuel pour rencontrer Senkitichi un jeune garçon gigolo à ses heures perdues dont la beauté lui a été vantée par ses amies.

Taéko tombe sous le charme de ce jeune homme à la beauté virile, au charme sauvage et à l’assurance brutale des mauvais garçons.

Très vite malgré la différence de classe sociale, une étrange et une intense passion se noue entre les deux amants.

Taéko est obsédée par Senkitichi qui la rend folle avec son tempérament imprévisible, lunatique et farouchement indépendant.

Jalouse et possessive, elle s’aperçoit vite qu’elle ne peut vivre sans lui et décide de le « racheter » à son patron pour lui faire reprendre le droit chemin, celui des études, de l’université qui mène vers une vie plus facile plus normale et surtout ou elle espère plus le contrôler.

Taéko installe Senkitichi chez elle mais ceci n’est malgré tout pas suffisant pour dompter le jeune homme qui mène une vie toujours aussi indépendante et mystérieuse.

Le tournant du livre s’effectue quand Taéko découvre que Senkitichi fréquente en vue d’un mariage une fille de bonne famille, dont la mère est une de ses clientes.

Alors que blessée, Taéko semble habitée par de sombres envies de chantage voir de vengeance pour continuer à jouir de son amant, un brusque revirement s’opère prenant à contre pied le lecteur.

En conclusion « L’école de la chair » est un nouveau chef d’œuvre de Mishima, un délicieux récit d’une passion hors des conventions sociales que rien ne semble pouvoir raisonner ou apaiser.

L’écrivain décrit à la perfection les mécanismes mentaux qui peuvent conduire à la dépendance amoureuse, à braver tous les interdits et à accomplir des actes insensés.

Pourtant alors qu’on pense se diriger vers une issue destructrice, dramatique qui serait finalement assez classique, Mishima parvient à surprendre en donnant à Taéko les clés de son salut et l’accession à un nouveau niveau de conscience d’elle même, niveau obtenu grâce à son passage par cette « école de la chair ».

Ce merveilleux roman empreint du style élégant, sensuel, érotique et poétique habituel du génial écrivain japonais comblera de plaisir par sa vibrante intelligence quiconque s’est déjà trouvé happé dans une situation de passion amoureuse étant entendu qu'il est clair que pour moi Taéko et Mishima sont la meme personne …


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8 mars 2010 1 08 /03 /mars /2010 21:40

Putain_vie.jpg2-copie-1.gif

 

Après la biographie de Jean-Claude Mormeck, voici celle d’un autre champion de boxe, Fabrice Bénichou avec « Putain de vie ! » .

Le parallèle entre les deux ouvrages est intéressant car o combien évocateur des différences marquées entre les personnalités des deux hommes.

Alors que le livre de Mormeck laissait transparaître un homme posé, réfléchi, lucide et intelligent, celui de Bénichou est beaucoup plus chaotique et empli de rage à tel point que j’ai été rebuté par le style abrasif des premières pages.

Quand Bénichou se raconte il le fait mais dans le désordre, en commençant par la fin depuis une miteuse chambre d’un hôtel du Panama ou il tente seul, loin de sa famille, à plus de quarante ans un pathétique come back.

On découvre alors le parcours étonnant d’un homme ayant grandi dans la marginalité la plus complète, fils unique d’un fakir itinérant qui le fit grandir en Amérique du Sud (Mexique, Panama) et parcourir le monde entier à l’exception de l’Asie et de l’Océanie.

Petit de taille, affublé d’un ridicule zézaiement du à une malformation du palais, peu scolarisé et peu encadré, le jeune Bénichou n’a pas eu d’autres choix que de se faire respecter par ses poings et d’apprendre tout de la vie en parfait autodidacte.

Pourtant ces multiples voyages et l’amour que lui a prodigué ses parents semblent lui avoir apporté une certaine forme de richesse intérieure mais aussi une hyper sensibilité et une fâcheuse tendance à l’instabilité.

Bénichou découvre la boxe en Israël.

Très doué, il progresse vite, se taillant une réputation de cogneur surpuissant dans la catégorie des poids coqs.

Mais son jeune age et son fort tempérament de rebelle le font rapidement mettre à l’écart de la Fédération Française de Boxe alors il prend une licence au Luxembourg pour gravir les échelons à son rythme.

Avec son entraîneur fétiche Jean Molina il devient champion du monde des super coqs en 1989 et deux fois champion d’Europe poids coqs (1988) et poids plumes en 1991.

Mais Bénichou reste fragile, instable et ses liaisons féminines seront de véritables catastrophes, sa première femme Pascale lui enlevant ses trois enfants et une grande partie de sa fortune.

Boxeur déchu, le petit Bénichou n’intéressera plus grand monde et sera délaissé par tous ses prétendus amis du show bizness.

Sans domicile fixe, il sombrera alors dans la dépression, la drogue, l’alcool et tentera même de mettre fin à ses jours.

Pourtant se fameuse bonne étoile ne le lâchera pas tout à fait puisqu’il rencontrera sa femme actuelle Laurence qui lui donnera un fils et l’aidera à remonter la pente.

L’histoire se reboucle sur le Panama, le rituel du footing à l’aube et l’odeur des rings miteux avec des boxeurs de qualité qui ont une véritable rage de vaincre et un homme qui a plus de quarante ans se cherche encore …

En conclusion, « Putain de vie ! » est conforme au personnage de Fabrice Bénichou.

Le petit boxeur tatoué, biker et fan d’Ac/Dc y est tour à tour irritant, maladroit ou touchant.

Au final on retiendra l’extraordinaire parcours de cet homme courageux mais naïf, sensible, fragile échappant aux normes, aux standards et au politiquement correct.

Mais à l’arrivée on peut se demander quel avenir peut il encore s’offrir après la boxe ?

Et la les éternels doutes autour du personnage de subsister encore et toujours …


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Published by Seth - dans Sport
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7 mars 2010 7 07 /03 /mars /2010 19:21

Rec.jpg

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Sorti en 2007, « Rec » est un film d’horreur des réalisateurs espagnols Paco Plaza et Jaume Balaguero.

Bien que pas particulièrement attiré par ce type de film, j’ai tenu à regarder « Rec » en raison du grand succès critique et commercial qu’il a obtenu tout particulièrement en Espagne.

L’histoire se déroule à Barcelone, ou Angela Vidal (Manuela Velasco) une jeune présentatrice de télévision, décide de faire un reportage en direct sur la vie nocturne d’une caserne de pompier.

Jeune femme pimpante, propre sur elle, dynamique et avide de scoop, Angela traque la vie des pompiers avec son cameraman Pablo (Manuel Branchu) sur le mode frénétique de la télé réalité.

Les pompiers sont appelés pour une intervention dans un bâtiment du centre ville et Angela et Pablo, désireux de faire partager le grand frisson à leur téléspectateurs les suivent.

Arrivé sur place, la situation paraît embrouillée et les habitants de l’immeuble les mettent en garde contre les hurlements d’un vielle femme habitant au dernier étage.

L’équipe de télévision suit caméra sur l’épaule l’intervention des policiers et des pompiers.

Ils trouvent sur place la vieille femme couverte de sang qui se jette avec férocité sur un policier le blessant grièvement en le mordant à la gorge.

Après l’avoir maîtrisée, la panique commence à gagner l’équipe d’intervention quand elle s’aperçoit que la police à condamné l’immeuble et qu’il leur est mystérieusement impossible de sortir de l’immeuble.

Commence alors un huis clos angoissant ou la tension monte entre habitants, pompiers, policiers et journalistes au fur et à mesure que les bruits inquiétants se font entendre dans l’immeuble.

On comprend alors que la vieille dame a été infectée par un virus qui décuple son agressivité et se transmet par morsure.

Petit à petit la contagion s’étend et le nombre de personnes saines tend à se réduire sous la pression des humains contaminés qui les traquent comme des proies.

« Rec » est un film d’horreur très hard mené à un train d’enfer confinant à l’hystérie.

La trame de fond n’est pas spécialement originale, et ressemble à un classique du film de zombies ou un petit groupe de survivants tente d’échapper à une armée de morts vivants sanguinaires.

Je n’ai pas spécialement apprécié le style des réalisateurs, inspiré du projet « Blair witch » et de la real tv, avec une personne filmant tout ce qui lui arrive et donc mettant finalement le spectateur en position de voyeur malgré lui.

La réalisation est donc assez crue, d’une qualité médiocre destinée à donner un coté amateur et choc très en vogue actuellement depuis l’avènement des téléphones portables dotés de caméra vidéos.

On ne pourra contester le caractère très impressionnant de certaines scènes choc et le relatif manque de tabou de l’œuvre même ceci demeurera insuffisant pour me convaincre.


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7 mars 2010 7 07 /03 /mars /2010 17:49

Best_of_Rainbow.jpg4

 

Pour parachever la (petite) série d’articles rendant hommage à Rainbow, voici la critique du « Best of Rainbow » sorti en l’an de grâce 2000 dans la collection « the Millenium collection » recensant quelques classiques de la musique de ce bon vieux 20 ième siècle.

Pour information dans cette collection figurent également des pointures comme Rod Stewart, The Who, Cream, Moody Blues, 38 Special ou les très quelconques Cinderella.

On le voit sur la pochette en noir et blanc, difficile de faire plus roots que cette bande de jeunes chevelus aux looks de hippies si ancrés dans les années 70.

Le best of commence par un incontournable classique, « Man on silver moutain » : tempo calme, presque tranquille mais transpirant à lui seul toute la magie poétique et la classe indéfinissable de ce groupe magique.

Chose a priori inconcevable, « Catch the rainbow » lui est pourtant supérieure, mais il est vrai que cette poignante ballade est sans doute l’une des plus belles choses que j’ai pu entendre dans ma vie (avec le « Dreamer deceiver » de Judas Priest).

Dio dépasse ici le cadre de l’humain et sa voix, son feeling et sa sensibilité couplés à une atmosphère apaisante de voyage spatial me bouleversent toujours quasiment jusqu’aux larmes.

J’aime en revanche moins « Stargazer » de l’album « Rising », au style trop emphatique et répétitif à mon goût.

Un extrait de live est alors brusquement inséré avec « Mistreated » , interminable blues agonisant ou Blackmore donne toute la libre mesure de son formidable talent guitaristique.

Belle illustration de multiples facettes de l’Arc en Ciel, le très rapide et orgasmique « Kill the king » et la longue ballade mélancolique « Rainbow eyes », tous deux très magnifiques.

La deuxième partie du disque bascule ensuite dans un répertoire que je connais moins voir pas, celui des années 80 enregistrés avec d’autres chanteurs que Dio.

Reprises de Russ Ballard, « Since you been gone » et « I surrender » chantés respectivement  par Graham Bonnet  et Joe Lynn Turner sont de formidables réussites, des tubes certes plus commerciaux mais éclatants de facilité et de vitalité.

L’incroyable pluie de tube continue avec « Stone cold » , impeccable classique du hard rock mélodique des années 80 chanté encore une fois par Turner qui fut pour moi le meilleur incarnation avec Joey Tempest d’Europe, de ce type de chant durant cette époque.

La fin du best of est cependant plus quelconque : « Power » fait plus penser à du Kiss correct mais pas renversant et « Streets of dreams » ronronne gentiment dans le style très gentillet et stéréotypé de l’époque.

En conclusion, si vous connaissez Rainbow de nom  ou si comme moi vous aimez ce groupe mais que vous êtes frileux voir réticents pour écouter l’intégralité de sa conséquente discographie, ce « Best of Rainbow » peut constituer une excellente porte d’entrée pour vous faire une idée du style de musique pratiqué suivant les différentes périodes.

A l’arrivée, j’ai retrouvé avec plaisir les perles des années 70 avec Dio au chant, mais ai également été surpris par les quelques merveilles de la période Bonnet-Turner.

Un disque donc tout à fait recommandable et d’excellente qualité, frisant le sans faute.


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7 mars 2010 7 07 /03 /mars /2010 17:01

Long_live_rock.jpg4

 

Rainbow sort son troisième et dernier album  avec Dio au chant « Long live rock ’n’ roll » en 1978.

Pour la dernière fois, le mini chanteur à la voix d’airain fait équipe avec ses coéquipiers Richie Blackmore et Cozy Powell avant que le groupe n’implose dans une violente tempête d’ego surdimensionnés.

En 1978, Bob Daisley remplace Jimmy Brain à la basse et David Stone Tony Carey aux claviers.

Le disque commence d’excellente manière avec  « Long live rock ’n’ roll », mid tempo chaud et dynamique au refrain aussi flamboyant qu’entraînant qui donne envie de chanter à tue tête.

Après cet ode convaincante à la magie du rock, l’Arc en Ciel retrouve son coté emphatique et mystérieux sur « Lady of the lake ».

La rythmique est assurée, la guitare de Blackmore glisse, le clavier lance sur orbite des refrains sublimés par un Dio plus inspiré et lyrique que jamais.

« L.A connection » est du même calibre que le titre d’ouverture, « larger than life » comme la ville de Los Angeles à laquelle il rend hommage.

Je me rappelle que lors de ma première est vraisemblablement unique visite à la cité de anges, ce morceau fiévreux et intense me hantait continuellement.

Retour du Rainbow baroque et épique sur « Gates of Babylon », titre fleuve de prêt de sept minutes très influencé par l’Orient.

Puissance, intensité et démesure le caractérisent.

Jusqu’alors cet album est un sans faute mais « Kill the king » morceau le plus hai de Stephan Bern et de Thierry Ardisson, révèle tout sa puissance avec un irrésistible tempo supersonique précurseur d’un heavy metal beaucoup plus rentre dedans à la Judas Priest.

Plus de trente ans après sa création, « Kill the king » demeure un classique indéboulonnable du hard rock et est encore régulièrement joué et repris.

On calme le jeu avec « The shed(subtle) » , mid tempo lourd et heurté qui reste moins inspiré et fluide que ses prédécesseurs.

Bien que rapide et enlevé, « Sensitive to light » manque également d’inspiration.

Le disque se termine sur « Rainbow eyes » , très longue, triste et douce ballade caressée telle une brise divine par la voix magique d’un chanteur d’exception.

En conclusion, si j’avais été réservé sur « Rising », je ne peux que succomber devant la magie de cet autre petit disque (par la durée ) qu’est « Long live rock ’n’ roll ».

Plus direct, efficace et épuré que son prédécesseur sans pour autant verser dans la facilité ou la médiocrité, « Long live rock ’n’ roll » est un indémodable classique du hard rock des années 70 qui enchantera encore plusieurs générations d’archéologues du rock.

Alors certes le groupe, possession exclusive de Richie Blackmore, continuera par la suite sans son Maître Chanteur Dio, mais pour les puristes, ce sont bel et bien ces trois premiers albums et les lives apparentés qui resteront comme le sommet de ce bref mais plaisant Arc en Ciel musical venu d’Angleterre.


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6 mars 2010 6 06 /03 /mars /2010 13:04

Art_guerre.jpg4

 

Un livre un peu atypique dans ces colonnes, « L’art de la guerre » de Sun Tzu.

On sait peut de choses sur l’origine de cet ouvrage et de cet auteur, si ce n’est qu’il a du être écrit en Chine entre le VI ieme et le Viéme siècle avant Jésus Christ, ce qui en fait le plus vieil ouvrage de stratégie militaire connu.

A cette époque se déroulait le règne des Royaumes Combattants, période trouble et belliqueuse de prêt de trois siècles durant laquelle sept grand états émergents se sont disputés la suprématie en Chine.

On suppose donc que Sun Tzu faisait partie de ces nombreux conseillers et expert militaires itinérants dont s’entouraient les monarques pour faire face au innombrables conflits déchirant leur pays.

Dans « L’art de la guerre » Sun Tzu explique donc ses théories sur la manière de mener un conflit armé.

Il décrit alors les éléments à prendre en compte pour le général en campagne comme les conditions climatiques, géographiques ou plus étonnamment l’influence morale d’un chef sur ses hommes.

En parcourant ce livre on a donc l’impression de lire ni plus ni moins que du guide du parfait meneur d'homme.

Ce qui frappe outre l’aspect stratégique basé sur une guerre de mouvement et sur la recherche de l’effet de surprise c’est la forte dimension psychologique de l’ouvrage.

Sun Tzu excelle dans l’analyse des forces et faiblesses non seulement de sa propre armée mais surtout de celles de l’ennemi.

Il incite donc à développer des stratégies de reconnaissances poussées allant jusqu’à l’infiltration des rangs ennemis par des espions.

Les manières dont il explique l’art de corrompre un ennemi, de le retourner, mais surtout de le duper dénotent le regard d’un homme doté de grandes facultés d’analyse du psychisme humain.

De la qualité de cette tactique de renseignement et des préparatifs soigneux du général, dépendront grandement la réussite de l’entreprise.

Mais Sun Tzu donne aussi des conseils aux généraux, qui doivent être calmes, justes mais sévères, montrer l’exemple en accomplissant des taches pénibles, se faire respecter et surtout aimer par leurs hommes pour pouvoir les galvaniser au moment opportun.

Le courage sans tempérance est vu comme un défaut confinant à l’aveuglément et la bétise, la prudence exagérée à l’indécision et à la faiblesse.

Il est important de noter que pour Sun Tzu un général en campagne doit pouvoir s’affranchir de l’autorité de son souverain car l’art de la guerre nécessite de grandes facultés de réactions et d’adaptations incompatibles avec une gestion du commandement à distance.

Souplesse, réactivité, ingéniosité et discipline sont donc les qualités premières d’une armée bien commandée.

La métaphore des deux anneaux entrelacés pour symboliser les infinies combinaisons de la force normale et de la force extraordinaire capable d’enlever la décision, confine au sublime.

En conclusion, « L’art de la guerre » est un livre impressionnant de modernité si on tient compte de son incroyable vétusté.

Il dénote le pragmatisme d’un homme de terrain et la finesse d’un homme intelligent ayant beaucoup observé les hommes et leurs comportements dans des situations aussi extrêmes que la guerre.

Son influence perdurera jusqu’à Mao Tse Tung modèlera pendant des siècles les techniques militaires chinoises, japonaises ou russes.

Certes depuis Sun Tzu, les techniques militaires ont incroyablement évoluées, l’aviation et l’artillerie ont envoyé les fantassins, archers et cavaliers au musée mais cet ouvrage demeure une référence importante en terme de doctrine militaire avec d’étonnantes notions de morale concernant le fait d’épargner un ennemi en déroute et de parvenir à résoudre un conflit sans déclencher de guerre, ultime et coûteux moyen en ressources matérielles et humaines d’un état.

On pourra également aussi éternellement fantasmer en imaginant Alexandre le Grand faire un détour sur sa route et se lancer à l’assaut de cette Chine aussi en avance sur son époque en matière de statégies militaires …

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1 mars 2010 1 01 /03 /mars /2010 21:31

Mythe_sysiphe.jpg3

 

Voici la partie la plus philosophique de l’œuvre d’Albert Camus avec « Le mythe de Sisyphe ».

Dans ce court essai, l’écrivain français prend comme point de départ l’étude du suicide pour arriver logiquement à celle de l’absurde.

Fil directeur de tout cet ouvrage, l’absurde est étudié sous diverses facettes que ce soit sous celles de philosophes comme Nietzsche, Heidegger ou Hegel, phénoménologistes comme Husserl , d’existentialistes comme Kierkegaard, Chestov ou Jaspers ou plus tard celles d'écrivains comme Kafka ou Dostoïevski.

Pour Camus en effet devant les insuffisances de la pensée humaine à expliquer le monde, il n’y a deux manières d’appréhender la vie, soit s’en remettre à une métaphysique de l’existence aboutissant à la croyance en un dieu, soit considérer en toute lucidité l’absurdité de la vie.

Le premier nommé, le croyant trouve dans la religion des réponses à ses limitations et un baume à ses angoisses.

Pour le second l’alternative est la suivante, soit le suicide pour échapper à sa condition soit l’existentialisme même si l’auteur ne le nomme pas expressément.

Bien entendu c’est la voie de l’homme absurde ou de l’existentialisme que va tenter de développer Camus.

Il avance l’idée qu’un homme ayant pris conscience de l’absurdité de l’existence peut perdre l’espoir mais ceci ne l'empechera pas de considérer cette absurdité de toute la force de sa conscience et par conséquent de se révolter contre les dogmes pour vivre sa vie de manière libre et pleine en en goûtant chaque émanation.

Camus cite en exemple les acteurs, les séducteurs comme Don Juan ou les conquérants qui vivent en se confrontant à l’humain et en accumulant de très nombreuses expériences terrestres.

La notion de quantité est donc ici primordiale.

Camus débouche ensuite sur la notion de création comme moyen suprême pour l’homme absurde de se réaliser.

Il opère ensuite un parallèle avec le mythe de Sisyphe, mortel condamné à hisser éternellement une pierre en haut d’une colline avant de la voir à chaque fois dégringoler arrivée à son sommet.

Camus voit Sisyphe heureux dans le renouvellement éternel d’une tache absurde dont il a pleinement conscience mais qui lui permet de se réaliser.

La fin de l’étude est consacrée à Kafka, écrivain de l’absurde auquel Camus rend un hommage admiratif au même titre que Dostoïevski et à un degré moindre Malraux.

En conclusion, « Le mythe de Sisyphe » offre une clé philosophique pour décrypter toute l’œuvre d’Albert Camus.

L’écrivain y dévoile ainsi sa conception de la vie, qui rejoint pour moi grandement l’existentialisme qu’exprime Sartre dans « La nausée » avec cette idée centrale, que devant l’absurdité du monde, plutôt que de se réfugier dans les dogmes religieux ou philosophiques, l’homme doit accepter cette absurdité, la vivre pleinement et se réaliser dans un travail de création.

Une œuvre intéressante donc mais que j’ai trouvée moins personnelle et touchante que « La nausée ».


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28 février 2010 7 28 /02 /février /2010 22:06

-Shutter-Island-Affiches.jpg2

 

« Shutter island » après le livre de Denis Lehane, le film de Martin Scorsese sorti en 2010.

L’histoire que raconte Scorsese est très fidèle au roman et met en scène en 1954 les deux marshalls Teddy Daniels (Leonardo Di Caprio) et Chuck Aule (Mark Ruffalo) qui se rendent sur un hôpital psychiatrique situé sur une  île au large de Boston pour enquêter sur la disparition d’une patiente nommée Rachel Solando.

A leur arrivée les marshalls constatent les multiples zones d’ombres de cette affaire et le peu de coopération du personnel médical notamment le docteur John Cawley (Ben Kingsley) directeur de l’établissement.

Infanticide et réputée dangereuse, Rachel a laissé un indice sous forme de rébus que vont essayer de décrypter les deux coéquipiers.

Scorsese instaure rapidement un climat angoissant sur cette vaste île sinistre balayée par une épouvantable tempête menaçante d’éclater.

Mais le personnage central est Daniels qu’on découvre taraudé d’importants problèmes psychiques se manifestant par de violentes migraines ou des rêves particulièrement dérangeants mettant en scène ses souvenirs des camps de concentration lors de la seconde guerre mondiale ou la mort de sa femme, intoxiquée dans un incendie criminel.

On découvre que Daniels est aussi présent pour raison personnelle puisqu’il suppose que le pyromane meurtrier de sa femme est détenu sur cette île.

Les secrets que maintiennent les médecins aiguisent la curiosité des policiers qui les soupçonnent de se livrer à des expérimentations sur leurs patients.

Puis la tempête éclate avec une violence inouïe, provoquant de gros dégâts sur l’île et entraînant l’évasion des détenus les plus dangereux …

Le film se déroule donc dans une ambiance aussi morbide que pesante ou se noue une intrigue complexe et emberlificotée à souhait.

A l’arrivée, on retrouve l’infernal jeu mental développé dans le livre de Lehane.

L’action est quasi inexistante et les innombrables flash backs font presque penser à du David Lynch tant ils s’avèrent désorientant pour le spectateur.

Scorsese n’a certes pas raté son film et rend une copie conforme à celle de l’original.

Le choix de Leonardo di Caprio en policier me laisse toutefois sceptique, tant cet acteur paraît un peu trop jeune et trop beau pour incarner un père de famille vétéran de la guerre usé par la vie …

Un manque de punch et une intrigue trop tarabustée sont également les reproches majeurs que je ferai à ce « Shutter island » d'honnete facture.


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28 février 2010 7 28 /02 /février /2010 20:18

spawn_3.jpg4.gif

 

La saison 3 du « Todd Mc Farlane’s Spawn », termine en 1999 un peu en queue de poisson  la série d’animation débutée deux ans plus tôt sur HBO.

Dans ce troisième opus, la ténacité du brillant inspecteur Twich Williams le mène sur la trace de Jason Wynn du NCS, et oblige le commissaire Banks marionnette à la solde de Wynn à l’éliminer personnellement en lui tirant une balle dans la tête.

Assez miraculeusement Twich échappe à la mort et survit, partiellement amnésique dans un hôpital ou son coéquipier le rugueux Sam Burke veille jalousement sur lui.

Alors que Twich lutte pour retrouver la mémoire, Spawn est toujours dévoré par ses souvenirs et en proie à une violente lutte intérieure.

Malgré les conseils de Cogliostro il hésite toujours entre le bien et le mal, et demeure obsédé par son ex femme Wanda.

Spawn va même jusqu’à se transformer en Terry pour lui faire l’amour … ce qui aura de lourdes conséquences pour le futur puisque de cette union Wanda tombera enceinte d’un enfant au destin prédestiné ...

Traqué par Jade, tueuse envoyée par le Ciel, Spawn se heurte entre temps à Lily, une femme vampire envoyée elle aussi par le Ciel pour lui régler son compte.

Blessé, Spawn finit par éliminer Lily et est momentanément épargné par Jade.

Spawn revit son passé de tueur, les sombres exactions qu’il commit lors de missions spéciales pour le gouvernement américain.

Il repense au Major Forsberg qu’il considérait comme son maître spirituel mais qu’il a du arrêter au Viet Nam après qu’il eut perdu la raison.

Mais depuis Forsberg vit emprisonné et torturé par Wynn qui exerce sur lui un sombre chantage pour qu’il lui révèle l’emplacement du masque de Gengis Kahn, masque maléfique sensé lui donner le pouvoir de tuer Spawn.

Forsberg finit par craquer et oriente Wynn sur la piste d’un sorcier de Chinatown ou se déroule la fin de la série.

Wynn se rend sur place et se heurte à Terry qui le suit pour le tuer.

Mais Terry échoue et est emprisonné dans une fumerie d’opium pour devenir un drogué et vivre une lente déchéance…

Wanda court à sa recherche mais se jette dans le piége que lui a tendu Wynn et est faite prisonnière.

Malgré sa détermination et son efficacité, Wynn échoue dans sa prise de possession du masque qui le défigure.

Spawn finit  par intervenir et assez étrangement aidé par Jade, délivre Forsberg, Wanda et Terry, et manque de tuer Wynn qui échappe par miracle à la mort.

Jade prend en effet fait et cause pour Spawn car elle détecte qu’il y a du bien en lui.

Le Ciel ne peut tolérer pareille faiblesse et envoie deux nouvelles tueuses pour tuer Jade.

Ces redoutables guerrières forcent Spawn à tuer Jade pour lui assurer d’aller aux Champs Elysèes et lui révèlent que leur prochaine cible sera le futur bébé de Wanda, sensé être le prochain Spawn.

De leur coté Twich et Burke finissent par coincer leur supérieur hiérarchique Banks qui après une farouche lutte dans le métro préfère se suicider plutôt que d’être compromis.

La saison 3 se termine donc sur une note presque positive si on tient compte de la terrible noirceur de l’ambiance générale.

Remarquable de bout en bout, la saison 3 de « Todd Mc Farlane’s Spawn » contient la plus forte dimension fantastique des trois opus avec cette lutte à venir qu’on devine épique entre le Ciel et l’Enfer.

Personnage ambivalent, Spawn découvre sur le tard l’horreur des péchés de sa vie passée et  profite de l’opportunité qui lui est donné pour poursuivre une entreprise  de rédemption ce qui bien sur contredit la raison pour laquelle Malebolgia l’a choisit.

Il semble donc malgré les obstacles sur la bonne voie.

Le passage ou il accède au souhait de sa vieille grand mère aveugle qui souhaite revoir son mari décédé avant de mourir confine au sublime.

Meme si on conserve la même relative indifférence pour Terry, on s’attache en revanche fortement au formidable duo de policiers entre le maigrichon et supérieurement intelligent Twich et le gros balourd au grand cœur Burke, qui luttent à leur modeste niveau contre des forces qui les dépassent.

En résumé, un troisième volet qui tient bien la route et ne démérite pas, même si à mes yeux le meilleur de la trilogie reste la saison un.

On peut donc associer plusieurs dimensions au « Todd Mc Farlane’s Spawn » :

-Celle d’un polar tortueux ou quelques personnes intègres (flics, avocats, fonctionnaires) luttent contre la corruption des services secrets et de certains politiques.

-Celle d’une vision sociale de l’Amérique ou les laissés pour comptes des grandes villes victimes des voyous, dealers et de flics brutaux trouvent un défenseur insoupçonné, un anti héros aussi exclus qu’eux.

-Celle d’un comic sombre et violent inspiré du mythe de Faust, ou en échange d’une résurrection et de pouvoirs surhumains, un homme accepte de donner son ame au diable mais ou celui ci tiraillés par les restes de ses sentiments finit par se dérober à son devoir.

-Celle encore plus profonde d’une approche psychologique qui nous amène à nous demander ce que nous ferions si après être revenus sur terre nous nous apercevions que nos proches nous ont assassinés et que notre ex femme s’est remariée avec un de nos meilleurs amis.

Pour toutes ces raisons, cette trilogie demeure une œuvre de haute volée et une excellente porte d'entrée pour pénétrer dans l'univers de la bande dessinnée.


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26 février 2010 5 26 /02 /février /2010 18:41

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Littérature arabe avec le « Le serment des barbares » , premier roman de l’écrivain algérien Boualem Sansal sorti en 1999 qui rencontra un beau succés international malgré la censure sévissant dans son propre pays.

Construit sur le monde du polar, « Le serment des barbares » relate dans la ville de Rouïba pret d'Alger, au début des années 90 en pleine ambiance de guerre civile algérienne l’enquête de l’inspecteur Larbi autour de deux assassinats en apparence décorrélés celui de Si Moh richissime maffieux travaillant dans le bâtiment et Abdallah Bakour, modeste ex ouvrier agricole ayant travaillé pour les colons français.

Vieux policier intègre et désenchanté, Larbi mène son enquête avec tenacité, ce qui le conduit sur le terrain difficile de l’histoire tourmentée de son pays.

En réalité, l’aspect policier de ce roman n’est qu’un artifice pour décrire les difficultés de la vie en Algérie dans les années 90  et du même coup dénoncer la corruption d’un état brutal et maffieux.

Sansal décrit en effet un pays en pleine décadence, avec une population prise en otage entre féroces poussées des terroristes islamistes du FIS  et pouvoir politique aussi incompétent que dictatorial.

L’écrivain remonte jusqu’à la guerre de libération contre les Français, guerre ayant abouti à la mise en place d’un régime gouverné par les chefs de guerre survivants du FLN ayant écarté leurs rivaux originellement plus pacifistes du MNA (Mouvement National Algérien).

Ceux ci ont selon lui patiemment attendu leur heure, tapis dans l’ombre et soufflé sur les braises du terrorisme islamiste pour prendre leur revanche.

Tout se mêle donc dans un désespoir assez déprimant.

Sansal décrit le naufrage des pouvoirs publics, des hôpitaux, du système éducatif formant des apprentis chômeurs et la peur instaurée aussi bien par les attentats aveugles que par les brutales répressions de la police secrète et ses commando de « ninja » masqués.

Si le fond de ce live m’a intéressé et m’a permis d’apprendre beaucoup de choses sur l’histoire de l’Algérie depuis la décolonisation, j’ai eu en revanche plus de difficultés sur le style de l’auteur, riche en multiples tergiversations avec moultes anecdotes et interminables descriptions.

Ce style hache quelque peu le rythme du récit et rend complètement artificielle l’enquête de Larbi qui passe plus de temps en analyses socio-historiques et en lamentations qu’a réellement faire son travail de policier.

Dans un genre similaire j’ai préféré les romans de Yasmina Khadra, dotés d’un style plus élégant et porteurs d’un message malgré tout plus positif.

« Le serment des barbares » est donc pour moi une longue plainte ininterrompue, un cri de colère, d’indignation, de désespoir brut pas assez canalisé à mon goût.


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Published by Seth - dans Policier
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