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9 janvier 2010 6 09 /01 /janvier /2010 22:02

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Effrayé par tout le pathos autour des camps de concentration de la guerre de 1939-45, j’ai longtemps évité Primo Levi, vraisemblablement à tort compte tenu du talent de cet auteur dont j’ai pu constater l’ampleur en lisant « Lilith ».

Ecrit en 1978, « Lilith » est un recueil de nouvelles scindé en trois parties appelées, passé proche, futur antérieur et indicatif présent.

La partie intitulée passé proche est la plus liée à l’expérience des camps de concentration vécue par l’auteur.

Dans de très courtes histoires, Levi brosse d’étonnant portraits de personnages qui l’ont marqué durant sa déportation à Auschwitz.

On découvre des histoires banales ou extraordinaires de compagnons d’infortune juifs, gitans, italiens, polonais ou de kapo, ces prisonniers de droits communs allemands chargés d’encadrer les prisonniers, en échange d’un sort amélioré.

Parmi celles ci, la plus marquante a été pour moi celles de Lorenzo, maçon italien, ami et protecteur de Levi, qui joua un rôle déterminant dans sa survie mais qui sans doute psychologiquement usé par ce qu’il vécut, termina de manière tragique sa vie malgré la volonté de l’auteur de lui retourner son aide et sa générosité.

L’histoire du « roi des juifs » alias Chaim Rumkowski, responsable du ghetto polonais de Lodz est également une grande leçon de vie au sujet de la corruption que peuvent amener l’autorité et le pouvoir (même si au final bien fragile !) dans l’esprit de certaines personnes finalement assez médiocres.

Outre ces touchantes anecdotes qui nous font partager le quotidien de déportés évoluant dans un univers carcéral extrême destiné à les faire mourir jour après jour par le travail, figure une deuxième partie nommée futur antérieur, qui montre une autre facette de l’écrivain, autour de textes décalés quelques fois futuristes ou s’exprime une imagination débridée.

Difficile de bien se repérer dans ses nouvelles plutôt surréalistes et déroutantes, ou surnagent néanmoins quelques perles comme « Chère maman » émouvante lettre d’un soldat romain à sa mère depuis sa garnison en Bretagne sur le mur d’Hadrien, « Tantale » la découverte d’un matériau porte bonheur ou « En temps voulu » la terrifiante condamnation à mort d’un commerçant par un tueur inconnu.

Indicatif présent, la dernière partie du recueil, peut être considérée comme un mélange des deux premières parties.

Il y est encore question d’anecdotes concernant la seconde guerre mondiale et la jeunesse de l’auteur (« Week end », « Hospitalité » ) mais aussi de surréalisme (« L’ame et l’ingénieur ») de science (chimie ou ethnologie ), de réflexions sociales (« Décodification ») ou d’histoires simplement hors du commun comme celles de Guerrino ou de la fille du livre.  

En conclusion, même si je trouve toujours le principe d’une multitude de courtes nouvelles abordant des sujets très divers extrêmement déroutant et rendant difficile l’appréhension de la pensée d’un auteur, je n’ai pas été déçu par « Lilith ».

Primo Levi était un grand écrivain, au style limpide, passé maître dans l’art de portraiturer ses contemporains, d’en décrire les traits les plus saillants avec beaucoup de subtilité et une remarquable finesse psychologique.

Son témoignage des camps de la mort est d’une puissance exceptionnelle car humble, objectif, lucide et dépassionné.

J’ai aussi apprécié le fait que malgré son expérience traumatisante et ses recherches concernant la judaïté, il soit resté fidèle à son agnosticisme

Mais réduire Primo Levi à un écrivain ayant écrit sur les camps serait une monumentale erreur, tant « Lilith » prouve que son talent dépassait largement ce cadre au final bien étroit pour lui.

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5 janvier 2010 2 05 /01 /janvier /2010 07:55

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J’aime tellement le personnage de Hulk que j’attendais avec un mélange d’appréhension et d’excitation le « Hulk » de Ang Lee, sorti sur les écrans en 2003.

Crée en 1962, Hulk est le plus puissant (physiquement) des super héros Marvel et sans doute le plus populaire derrière Spider Man.

Hulk est un peu une adaptation de la malédiction du Docteur Jekyll de Stevenson transformant à son insu un timide scientifique en monstre incontrôlable.

On garde aussi en mémoire avec beaucoup de nostalgie la série télévisé des années 80 avec le body buildé Lou Ferrigno incarnant la brute verte.

A l’arrivée, Ang Lee signe un film étonnant et déroutant, car pas vraiment fidèle au comic-book de Stan Lee et Jack Kirby.

L’histoire a été en effet largement modifiée et le réalisateur l’expose en un très (trop ?) long préambule de prêt d’une heure ou on assiste à la vie du jeune chimiste Bruce Banner (Eric Bana) réalisant des expériences sur des cellules appelés nanomédes.

Si du coté vie de sa vie professionnelle tout semble bien aller pour le prometteur Bruce, du coté de sa privée, c’est plut délicat, entre un béguin non pleinement assumée pour Betty (Jennifer Connelly) sa collègue scientifique, fille du général Ross et une histoire familiale en lambeaux avec une mère décédée et un père ex savant (Nick Nolte ) devenu fou après que Ross lui ait coupé les crédits quelques années auparavant.

On apprend qu’avant de disparaître Banner père s’était inoculé un sérum le rendant capable de cicatriser et que cette faculté s’est transmise à son fils.

Les recherches de Bruce Banner intéressent toujours le général Ross et l’US army qui tentent de racheter son laboratoire par l’intermédiaire de Atheon, une compagnie privée dirigée par Talbot (Josh Lucas) un jeune loup arriviste insupportable d’arrogance qui prend Banner de très haut.

Banner résiste à Talbot et à Ross mais a un jour un terrible accident lors d’une expérience qui tourne mal et se retrouve exposé aux rayons gamma qu’il tolère en raison du sérum circulant dans son organisme.

Il se découvre un terrible pouvoir, le transformant sous l’effet du stress en colosse vert aux capacités physiques croissant avec sa rage et le rendant quasi inarretable.

Entre temps, son père refait surface sous les traits d’un semi vagabond ivre de revanche et utilise un prélèvement sanguin du sang de son fils pour l’inoculer à des chiens.

Ayant obtenus des résultats incroyables sur les chiens changés en colossaux molosses, Banner père les lâche sur Betty et Bruce doit intervenir sous les traits de Hulk pour sauver sa bien aimée.

Par la suite Ross et l’armée américaine décident de capturer Bruce pour exploiter le formidable potentiel de Hulk et créer une race de super soldats mais Hulk s’avère incontrôlable, affrontant et défaisant soldats, tanks, hélicoptères et avions lors de spectaculaires affrontements.

Mais calmé par Betty, le King Kong de jade se laisse finalement capturer.

Banner père s’étant lui même exposé aux rayons gamma, il acquiert des super pouvoirs et devient capable d’absorber les propriétés physiques de tout ce qu’il touche.

Le père et le fils ne partageant pas les mêmes idéaux, s’affrontent lors d’un spectaculaire final se soldant par une explosion atomique se chargeant de les séparer.

A l’arrivée « Hulk » est une semi déception.

Le préambule d’exposition est trop long, les difficiles relations pére-fils inventées par Ang Lee se greffant assez mal dans un récit trop alambiqué.

Le choix des acteurs est également des plus discutables, Eric Bana étant beaucoup trop grand et costaud pour incarner le chétif Bruce Banner, Jennifer Connelly étant transparente dans un rôle de potiche et Nick Nolte vieillissant cabotinant un maximum assez peu crédible en Homme Absorbant.

D’ailleurs au passage si dans le comic l’Homme Absorbant est bien un des ennemis historique de Hulk, son identité est celle d’un simple bagnard à qui Loki le dieu du mal asgardien a conféré ses pouvoirs qui sont donc de nature magiques et non scientifiques.

Ang Lee a pris donc beaucoup trop de liberté avec la bande dessinée, introduisant une inutile histoire familiale embrouillée dont finalement on se soucie assez peu.

Pour sauver ce film il reste bien entendu les effets spéciaux, véritablement impressionnants lorsque Hulk flanque une raclée à l’armée américaine ou combat son père capable de se change en pierre, eau ou électricité pure.

Cependant le choix d’un Hulk complètement réalisé en image de synthèse n’est pas une réussite absolue à mes yeux, l’animation des traits du visage conservant un coté peu naturel.

Malgré toute mon indulgence pour ce type de production, une semi déception donc et un film somme toute moyen.

 

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5 janvier 2010 2 05 /01 /janvier /2010 07:47

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Par le hasard le plus fortuit j’ai lu « Shutter island » de Dennis Lehane et appris entre temps qu’une adaptation cinématographique réalisée par Martin Scorsese sortira dans quelques semaines.

Difficile de se faire un a priori très tranché tant je n’avais pas aimé le très lourdingue « Prières pour la pluie » du même auteur et avais plutôt apprécié l’adaptation cinématographique de « Mystic river » par Clint Eastwood.

« Shutter island » est un roman policier se déroulant en 1954.

Deux marshals américains, Teddy Daniels et Chuck Aule se rendent sur « Shutter island » une île prêt de Boston pour enquêter sur la disparition inexpliquée d’une patiente d’un hôpital psychiatrique pour malades extrêmement dangereux.

La patiente, une infanticide nommée Rachel Solando, s’est semble t il volatilisée de manière inexplicable laissant dans sa cellule une mystérieuse énigme codée.

Rapidement Teddy apparaît comme le personnage principal du roman.

Son histoire personnelle est très douloureuse.

Il doit en effet faire face à un terrible deuil, celui de sa femme Dolorès, tuée lors d’un incendie allumé par un pyromane nommé Laeddis.

Outre les terribles cauchemars et migraines dont il est l’objet, Daniels est un ancien de la seconde guerre mondiale, à l’occasion de laquelle il a tué beaucoup d’allemands en Europe et vu les camps de la mort de Dachau.

Daniels est obsédé par le souvenir de sa femme et espère secrètement que Laeddis se trouve sur cette île pour régler ses comptes.

Le personnage de Chuck paraît plus détendu, plus sur de lui et à l’aise dans les rapports humains que son coéquipier.

Lors de leur enquête, les deux marshals se heurtent à de grandes réticences de la part du docteur Cawley qui semble leur cacher des choses sur les activités de son établissement.

L’atmosphère sur Shutter island est très sinistre, très inquiétante, avec un personnel médical peu coopératif, une végétation dense et hostile, la présence de colonies de rats et d’une terrible tempête qui s’annonce.

Profitant du désordre crée par cette tempête, le duo de policier pénètre dans un pavillon ou sont traités les malades les plus dangereux.

Petit à petit la véritable nature des « soins » réalisés par l’équipe du docteur Cawley se dessine et l’horreur va croissante.

Nous sommes au début des maladies mentales par traitements chimiques, des expérimentations ont donc lieu sur les patients, les plus irrécupérables étant soumis à de violents électrochocs ou affreusement opérés.

Très perturbé, Daniels se met à douter de tout, y compris de son coéquipier.

Il se perd sur l’île et rencontre la véritable Rachel Solando dans une grotte qui lui révèle son statut d’ancien médecin, lui explique que Cawley veut le tuer et qu’il est depuis son arrivée à Shutter, drogué par tout ce que lui donne le docteur.

Isolé, traqué, Daniels va lutter de toutes ses forces pour se sortir de ce piége infernal avant que la vérité, terriblement surprenante ne vienne renverser brutalement tout l’édifice patiemment construit par Lehane.

En conclusion « Shutter island » est un très bon polar à l’atmosphère rétro et oppressante comme seul peut être une visite dans un hôpital psychiatrique perdu sur une île sinistre.

Lehane joue sur le registre de la schizophrénie, de la folie, pour manipuler le lecteur et mieux le prendre à revers dans un final terrassant brisant le sentiment de froide efficacité que l’on pouvait ressentir jusqu’alors.

Je pense donc très certainement aller voir le film de Scorsese.

 

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3 janvier 2010 7 03 /01 /janvier /2010 16:19

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Sorti en 1989, « Headless cross » de Black Sabbath est la suite logique de « The eternal idol »  paru deux ans plus tôt.

Pourtant en seulement deux ans d’intervalle, 50% du groupe change encore, Laurence Cottle remplaçant Bob Daisley à la basse et Cozy Powell légendaire batteur au curriculum vitae hyper impressionnant (Rainbow, Whitesnake, Emerson Lake and Palmer, Jeff Beck …) remplaçant Eric Singer, les deux Tony (Iommi et Martin) restant dans l’écurie.

Visiblement satisfait des services de son nouveau chanteur, Black Sabbath poursuit dans la même veine de hard rock mélodique avec bien entendu toujours le coté sombre et les ambiances teintées d’occultisme qui le caractérisent.

Après une introduction si courte et timide qu’on la remarque à peine (« Gates of hell » ), l’album débute par « Headless cross » sensé être le titre introductif bien marquant que l’on attend.

Le tempo est lent, le rythme amorphe, les rares effets de claviers bien patauds, seul le refrain vient un peu réveiller l’auditeur qui s’ennuie ferme et trouve les six minutes et quelques bien pénibles.

Si le groupe vient de claquer sa meilleure cartouche d’entrée, on peut alors craindre le pire pour la suite.

Et cette prémonition se vérifie tant « Devil and daugther » terriblement empesé peine à convaincre malgré les grandes envolées vocales de Martin.

Cette tendance à l’empattement et au pompeux se poursuit sur  « When death calls » , très longue ballade, sombre, mélodique mais si terriblement fade et caractéristique de l’ère Martin.

On peut se demander à l’écoute de ce titre trop lisse et linéaire ou sont passées les multiples cassures rythmiques, trouvailles mélodiques et variations inventives des premiers albums du groupe.

Malgré sa structure légèrement plus originale, « Kill in the spirit world » ne séduit pas non plus.

« Call of the wild » s’avère un appel extrêmement mollasson et policé qui donne plus envie de rester dans ses pantoufles à faire des mots croisés plutôt que de tenter l’aventure sauvage à la Jack London.

« Black moon » est sans consistance, informe et « Nightwing » a peine meilleur malgré le grandes envolées d’un Martin qui fait ce qu’il peut.

En conclusion, j’étais parvenu à trouver quelques titres plaisants sur « The eternal idol » et je n’ai pu renouveler pareil exploit sur « Headless cross ».

Il est difficile de taper sur un disque pareil tant il paraît lisse et aseptisé.

« Headless cross » n’est pas foncièrement nul, il génère un heavy metal classieux mélodique qui peut plaire mais que je trouve terriblement linéaire, prévisible, avec un chanteur manquant cruellement de charisme.

Privé de puissance, de folie, de tranchant et d’audace, Black Sabbath ne possède plus la magie et la dangerosité de ses débuts et dispense un heavy de seconde zone trop formaté et très ancré dans les années 80.

« Headless music » vous fera donc l’effet du flux d'un robinet d’eau tiède pas désagréable mais  aussi vité oublié qu’écouté.

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3 janvier 2010 7 03 /01 /janvier /2010 14:56

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En 1969, en pleine vague hippie, The stooges quatre jeunes américains déjantés issus de la scène musicale underground de Détroit sortent un album éponyme complétement à contre courant des modes de l'époque qui va changer à tout jamais la face de la musique rock.

Le groupe est composé de deux fréres, Ron Asheton à la guitare, Scott à la batterie, de Dave Alexander à la basse et d’un chanteur au jeu de scène d’une excentricité encore jamais vue à l’époque, Iggy Pop.

« The stooges » commence par « 1969 » qui marque les esprits par ses riffs durs, acérés, métalliques, le « clap-clap » de batterie qui rythme son tempo et la voix charismatique de son chanteur clamant son désœuvrement, son mal être existentiel sur une rage contenue explosant au final tandis que la guitare bouillonne de sons distordus.

Si on ne devait retenir qu’une seul titre de la carrière des Stooges et de celle de leur maître chien Iggy Pop ce serait sans nul doute « I wanna be your dog » , titre mythique, doté d’un riff historique, à la fois puissant et répétitif à l’envie et de paroles complètement décalées et « destroy ».

Encore une fois le tintement de clochettes qui vient soutenir la structure de ce titre de légende, produit un effet  dynamique continu absolument prodigieux.

Après ces deux premiers titres courts, mordant, rageurs et parfaitement équilibrés, l’atmosphère bascule brutalement sur « We will fall » , longue et lente descente dans les abysses du désespoir le plus total.

On pense à un mauvais trip de junkie ou au prélude hypnotique d’une fin annoncée.

Le résultat poignant et glaçant à la fois, fait l’effet d’une veillée funèbre ou l’on côtoierait la part la plus intime d’autres êtres humains en souffrance.

Heureusement, la vie reprend ses droits sur « No fun », impeccable classique du groupe avec sa guitare obsédante, son irrésistible groove de batterie sautillant contrastant avec des paroles toujours très nihilistes et rageuses.

Arrive ensuite le court  « Real cool time » et ses riffs d’acier, qui fait souvent figure de morceau de lancement sur scène afin de faire monter l’ambiance de plusieurs crans.

Plus calme « Ann » ressemble à une ballade éthérée d’une tristesse infinie à en pleurer toutes les larmes de son corps.

Après avoir côtoyé toutes ces cimes himalayennes, on peut considérer que « Not right » heurté et brouillon, est le morceau le plus faible de ce disque monstrueux.

Vicieux, lancinant et distordu,« Little doll » parachève le tableau.

En conclusion, « The stooges » peut être considéré comme un disque culte, véritable charnière dans le monde de la musique rock.

Les quatre mauvais garçons de Détroit inventent un son  de guitare distordu, puissant, dur et par l’intermédiaire de leur chanteur emblématique une attitude provocante, agressive, asociale, nihiliste qui influenceront pendant de nombreuses décennies le rock, le punk et le heavy metal.

D’une durée de seulement 34 minutes étalées sur huit morceaux, « The Stooges » contient trois classiques qui ont traversés les époques et son devenus quasiment immortels, le reste de l’album étant d’un niveau proprement exceptionnel.

« The stooges » nous met donc en présence d’une pièce historique marquant un tournant dans l’évolution de la musique.

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Published by Seth - dans Punk Rock
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1 janvier 2010 5 01 /01 /janvier /2010 20:08

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Sorti en 1982, « Tron » de Steven Lisberger est un film culte, un classique de la science fiction que mes parents m’avaient emmené voir au cinéma alors que j’étais enfant.

L’histoire est centrée autour des ordinateurs et du monde de l’informatique numérique, alors en pleine émergence à l’époque et qui devait fasciner bon nombres de créateurs.

La société N-com est une multi nationale américaine, qui sous l’égide de son président Dillinger a fait fortune dans l’édition de logiciels et de jeux vidéo.

Flynn (le jeune Jeff Bridges affublé d’un catastrophique doublage français à la Sylvester Stallone) un ancien programmeur de N-com, a quitté la société depuis que ces idées ont été volées par Dillinger.

Revanchard il essaie malgré tout de pénétrer le système centralisé de N-Com, géré par le Maître Contrôle Principal, sorte d’intelligence artificielle devenue quasi autonome et ivre de pouvoir.

Pour se faire Flynn envoie ses programmes espions fouiner à la recherche de données compromettantes dans le système mais malheureusement il est détecté par le MCP qui le dématérialise à l’intérieur du système.

On découvre alors un monde futuriste d’une audace et d’une beauté hallucinante pour l’époque.

Flynn est détenu comme esclave avec d’autres programmes captifs et entraînés par les sbires du MCP pour combattre dans des arénes virtuelles lors de jeux cruels basés soit sur des versions futuristes de pelote basque, de freesbee ou encore plus spectaculaire de courses de moto au design surprofilé.

Avantagé par son statut de concepteur, Flynn parvient à s’évader de ce jeu mortel aux cotés de deux programmes dont le dénommé Tron, crée par un programmeur de N-Com rival et ami.

Les trois « hommes » allient leurs forces pour lutter contre les forces de sécurité du MCP, tanks et autres gigantesques portique planant commandés par Dillinger sous son alter ego numérique le redoutable Sark.

Flynn découvre que ses dons de concepteur lui permettent d’interagir avec la réalité du monde informatique et met à profits ses capacités pour combattre le MCP.

Après de terribles péripéties et de folles aventures  Flynn se trouve face a face avec le MCP, dieu tout puissant d’un royaume de la taille d’une puce électronique …

On pourrait penser que « Tron » a mal vieilli et paraîtrait aujourd’hui kitsch et ridicule à l’époque des effets spéciaux informatisés en trois dimensions de James Cameron mais il n’en est rien.

L’univers crée par Syd Mead, Peter Lloyd, Richard Taylor et surtout le dessinateur  de bande dessinées culte Moebius est tellement original, tellement unique et particulier que l’émerveillement même prêt de trente ans après demeure intact.

La beauté des couleurs mariées à des formes géométriques anguleuses sensées symboliser les flux d'énergie circulant dans les circuits électroniques de ce monde informatique fantasmé confine au sublime.

Je ne sais si « Tron » est un film uniquement susceptible de plaire aux nostalgique des premiéres salles d'Arcades, des consoles de jeux  des années 80, ou aux geeks férus d'informatique, en tout cas je connais peu de films qui m’ont autant fait rêver par la splendeur de leur univers.

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31 décembre 2009 4 31 /12 /décembre /2009 18:49

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Tout homme peut parfois avoir des moments de faiblesse, aussi est ce en pareille occasion que j’ai visionné « Catwoman » du français Pitof (à ne pas confondre avec l’acteur de porno Titof !) , film sorti en 2004 et disons le franchement éreinté par les critiques du monde entier jusqu’au point de décerner un razzie award à son actrice principale : Halle Berry.

Ce contexte étant posé, parlons du film en lui même.

N’étant pas le plus pointu du monde dans l’univers de DC comics, je connaissais assez mal le personnage de Catwoman mais savais qu’elle était une ancienne prostituée à mi chemin entre la criminelle et la justicière auxiliaire de Batman.

Le film de Pitof met en avant la vie de Patience Philips (Halle Berry), employée dans une grande entreprise de cosmétiques dirigé par le couple Hedare, George joué par le pédant Lambert Wilson et surtout Laurel incarnée féroce femme d’affaire incarnée par une Sharon Stone visiblement massacrée par son coiffeur.

Patience est l’archétype de la petite nana de bureau lambda, mignonne, célibataire timide et peu sure d’elle mais partageant tout avec sa meilleur collègue un peu boulotte et rigolote.

Elle flirte avec un séduisant officier de police Tom Lone joué par Benjamin Bratt dans un ersatz absolument ridicule de romance à l’eau de rose ou se succèdent tous les clichés de la rencontre fortuite avec ce flic au physique de mannequin, protecteur, galant, drôle et cultivé, bref en quelque sorte le Yves Régnier ou le Roger Hanin des Etats Unis.

Les choses se gâtent pour Patience quand elle tombe sur une conversation fortuite ou sa patronne déclare vouloir lancer une nouvelle gamme de cosmétique anti vieillissement rendant les gens dépendant et mettant leur santé en péril.

Surprise par les gorilles de l’affreuse PDGère, Patience est laissée pour morte dans les conduits d’évacuation d’une usine mais est contre toute attente sauvée par une déesse chat qui la dote de pouvoirs exceptionnels.

La timide Patience devient alors Catwoman, super heroine dotée d’une vision, d’une agilité exceptionnelle auxquels s’ajoutent des accessoires comme des griffes, un fouet et ..un accoutrement de maîtresse sado masochiste des plus sexy.

Après avoir pris connaissance des origines séculaires des pouvoirs des femmes chats et pris conscience des changements de personnalité qu’ils provoquent chez elle, la rendant plus sure d’elle voir dominatrice, Catwoman décide d’arrêter Laurel (sans Hardy ) avant qu’il ne soit trop tard.

« Catwoman » est il un nanard absolu ? Je ne saurai le dire car si bien entendu il ne s’agit pas d’un film réussi, il existe aussi bien pire.

Le scénario est à vrai dire bien faible et on est à vrai dire gêné de voir une Sharon Stone ridée, tirée, marquée par le poids des ans se lancer dans un corps à corps assez pathétique avec Halle Berry dans une scène finale très mauvaise.

L’idée de faire de Catwoman une héroïne black n’est pas choquante en soi mais plutôt curieuse.

La musique mélange d’affreux rnb commercial et de metal rock lyophilisé n’est vraiment pas à la hauteur non plus.

En réalité la seule raison d’apprécier le film est d’admirer l’impeccable physique de Halle Berry, incroyablement sexy dans ses tenues de cuir moulantes, ce qui fait au final assez peu.

Pour le reste, malgré ma tolérance légendaire en la matière, je peux dire qu’il s’agit bel et bien d’un massacre d’un personnage de comic books pourtant très réputé.

Michelle Pfeiffer, la précédente Catwoman immortalisée au cinéma avec talent par Tim Burton et qui par un sixième sens très félin refusa le film, doit encore en rire sous ses moustaches ..

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31 décembre 2009 4 31 /12 /décembre /2009 17:20

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Avec « C’est arrivé prêt de chez vous »  de (et avec) Rémy Belvaux, André Bonzel et Benoît Poelvoorde sorti en 1992, on s’attaque à un film culte pour beaucoup d’initiés.

Ce vrai-faux documentaire belge tourné en noir et blanc fit en effet beaucoup parler de lui en raison de son extrême violence.

L’histoire se déroule comme un reportage de France 3, ou une équipe de télévision belge suit les pérégrinations de Ben (Benoît Poelvoorde) tueur professionnel.

Flatté qu’on s’intéresse à lui, Ben fanfaronne, et se montre bien vite sous son véritable jour, celui d’un déséquilibré cyclothymique tuant de sang froid les petites gens (personnes âgés et facteurs) sous l’œil complaisant de la camera.

Le cynisme et la violence sans tabou semblent alors ne pas connaître de limites et le spectateur ahuri assiste en voyeur à un viol ou à un meurtre d’enfant.

En réalité tout le film repose sur le talent hors norme de Poelvoorde qui enchaîne les numéros d’acteur en étant tour à tour pathétique, ridicule, terrifiant ou incroyablement drôle sans le vouloir.

Les dialogues sont truffées de répliques cultes à base d’humour noir et de provocations, le plus drôles pour moi étant lorsque Ben se mue en architecte, en philosophe de comptoir ou en poète de supermarché.

Au fur et à mesure, l’équipe de télévision s’acoquine avec Ben, puis entraînée dans une spirale de folie et de violence, devient complice de ses meurtres.

La fin, tragique et sanglante voit l’élimination logique de cette équipe de sauvages.

« C’est arrivé prêt de chez vous »  est un film dur, choquant, hyper réaliste, visionnaire en son temps puisque précédant la télé réalité ou des media faibles et complaisants filmeront la misère et la détresse de pauvres gens avides de reconnaissance.

Pourtant une fois averti du contexte de cet ovni cinématographique, on ne peut s’empêcher de rire devant le grotesque de ce personnage, de ce cinglé véritable danger public glorifié par des média irresponsables avides de scoop.

Outre la télé réalité, j’ai par exemple plusieurs fois pensé à Karl Zéro lisant les délirantes lettres d’accusations du tueur en série Patrice Allègre qu’il tutoyait et appelait par son prénom ou bien à tous ces animateurs de télévision qui ont déroulé le tapis rouge à Christophe Rocquencourt en glorifiant son parcours de voyou.

Véritable coup de poing dans l’abdomen, « C’est arrivé prêt de chez vous »  est avant tout culte pour la révélation d’un incroyable acteur : Benoît Poelvoorde dont l'humour noir et cynique se développera dans le personnage du Monsieur Manatane qui sévira à la favur de sketchs corrosifs sur Canal + au milieu des années 90.

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30 décembre 2009 3 30 /12 /décembre /2009 19:59

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« Stupeur et tremblements » est le premier roman de cette « best-selleuse » d’Amélie Nothomb que je lis.

Ce roman, apparemment assez auto biographique, raconte au début des années 90, l’expérience professionnelle d’Amélie, jeune belge née en Japon et parlant couramment le japonais, dans une grande entreprise japonaise du nom de  Yumimoto.

Fascinée par le Japon, Amélie comptait mettre sa double culture en avant pour travailler comme interprète dans cette grande société spécialisée dans l’import export mais les choses ne vont pas exactement se passer comme elle le souhaitait, la jeune femme allant de désillusions en déboires au cours de son contrat d’une année.

Amélie va subir le grand choc culturel de différence de mentalité entre occidentaux et asiatiques, et tout particulièrement l’exacerbation du sens de la hiérarchie et des convenances qui existe chez les Japonais.

Accumulant les gaffes et les initiatives malheureuses, Amélie va s’attirer les foudres de sa hiérarchie et devenir la souffre douleur de sa supérieur directe la superbe Mori Fubuki.

Entre les deux jeunes femmes une curieuse relation sado masochiste de type victime à bourreau va s’instaurer.

Amélie est fascinée par la beauté et la grâce de Fubuki mais également par sa manière de l’humilier en la rétrogradant de taches de plus en plus subalterne pour démontrer à chaque fois sa criante incompétence et même le mot n’est pas trop fort son imbécillité mentale.

Passant de secrétaire à comptable avant de terminer dame pipi, Amélie va toucher chaque fois plus le fond en tenant bon et éprouvant même un certain plaisir à aller jusqu’au bout de sa dégradante expérience professionnelle nipponne qu’elle devait inconsciemment savoir limitée dans le temps.

« Stupeur et tremblements » est un roman facile à lire, agréable, léger, ou l’humour et l’auto dérision abondent.

Ce style est pour moi une des raisons de son colossal succès.

Le monde l’entreprise japonaise est décrit ici de manière effrayante, avec une hiérarchie écrasante et souvent humiliante  (symbolisée par l’horrible patron obèse Omochi) usant de codes et de pratiques liberticides propres à faire démissionner ou entrer en dépression nerveuse n’importe quel employé occidental.

Si une part de réalité doit sans doute exister dans ce monde oppressant vidant l’individu de sa substantifique moelle dans une vie d’abrutissement total par le travail, ce constat doit être relativisé par l’époque ou le roman a été écrit.

Le Japon de 2010 n’est plus celui de 1990, la mentalité japonaise s’est sans doute ouverte et certains japonais refusent ce monde très codifié …

Il restera cette relation trouble constituée de violence et d’humiliation, cette attirance de l’occident pour l’orient mais aussi presque sexuelle d’une femme pour une autre dans un cadre très feutré ou aucun mot ne doit dépasser l’autre.

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30 décembre 2009 3 30 /12 /décembre /2009 19:12

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Lire Sartre m’a redonné envie de relire « La peste » d’Albert Camus que j’avais lue dans ma jeunesse dans le cadre de lectures imposées à l’école mais dont je n’avais pas retenu grand chose si ce n’est l’atrocité de son contexte.

« La peste » raconte l’histoire cauchemardesque de la résurgence de cette maladie qu’on pensait éradiquée dans la ville d’Oran, alors faisant partie de l’Algérie française.

Oran est décrite comme une ville portuaire dynamique dont la principale activité est le commerce maritime, ou il règne une chaleur accablante la journée et ou les gens sortent la nuit dans les cinéma ou discuter tard dans les cafés.

La  soudaine recrudescence de rats agonisants venant mourir par dizaines puis par centaines et par milliers aux pieds des hommes n’inquiètent que modérément les pouvoirs publics et la population qui ne voient au début qu’une gêne de courte durée.

Mais cette mystérieuse épidémie vient ensuite frapper les hommes eux mêmes, qui meurent sous l’effet de fortes fièvres, le corps vidé et couvert de ganglions purulents.

Malgré l’incrédulité des populations et des autorités, il faut pourtant se rentre à l’évidence, le mal dont souffre Oran est bel est bien la peste.

La richesse du roman de Camus tient en premier lieu à sa remarquable construction avec l’instauration progressive d’une menace qui met longtemps à se préciser, puis en second lieu à la finesse de  l’approche psychologique des personnages pris dans cette tourmente.

Le héros principal est le docteur Rieux, jeune médecin courageux, dévoué, anti clérical et altruiste qui lutte de toutes ses forces contre la maladie.

Son ami Tarrou est plutôt déroutant.

Camus le décrit comme le chroniqueur de cette histoire et dit tenir son récit de ses notes.

Tarrou est un idéaliste, un fils de procureur révolté contre l’injustice.

Aux cotés de ses deux figures principales on retrouve une galerie de personnages secondaires comme Rambert un jeune journaliste parisien qui s’ingénie pendant la plupart du roman à fuir la ville pour retrouver son amie mais qui finalement y renonce pour se joindre à la lutte aux cotés de Rieux, Grand, modeste fonctionnaire obsédé par la littérature sans avoir le talent pour écrire, Cottard, mystérieux intriguant profitant de la situation pour faire du marché noir et surtout le Père Paneloux, prêtre à l’élocution redoutable représentant pour Camus la puissance de la religion chrétienne.

Rapidement l’épidémie prend des proportions terribles, les hommes meurent pas centaines dans d’atroces souffrances, la ville se trouve coupée du monde, les marchandises se raréfient, le chômage augmente, le marché noir se développe, les gens se terrent chez eux, d’autres cherchent à fuir par tous les moyens.

La médecine paraissant impuissante à juguler ce terrible fléau, la religion tente sous les traits du Père Paneloux de reprendre son influence sur des populations qu’elle estime toujours coupables par leurs péchés d’avoir provoquer ce terrible châtiment.

Les divergences de positions entre Rieux et Paneloux qui luttent pourtant tous les deux pour l’Homme sont passionnantes.

L’effondrement moral puis la  mort  de ce dernier après avoir assisté à la longue agonie d’un enfant innocent peut être vue comme une érosion de la puissance de la foi devant l’inhumanité de certaines situations insupportables.

Toute la force du roman de Camus s’exprime lorsque l’épidémie s’arrête aussi mystérieusement qu’elle a démarré avec sans doute des conditions climatiques moins favorables à sa propagation, laissant une ville exsangue et traumatisée mais néanmoins capable de célébrer sa "libération".

La mort de Tarrou, emporté avec le flot des dernières victimes est le moment le plus émouvant du livre.

« La peste » est un roman effrayant et d’une force inouïe.

Bien sur, il existe un deuxième niveau de lecture, la maladie étant une métaphore du nazisme, appelé aussi « peste brune » qui vient de  ravager le monde et en particulier la France au moment ou Camus écrit ce livre mais je préfère voir ce livre comme une remarquable étude sociale, psychologique et philosophique de l’être humain face à des fléaux qui dépassent sa mesure et contre lesquels il ne peut rien faire d'autre que se battre ou se résigner.

La conclusion de Camus semble plutôt optimiste avec la foi non pas en la religion mais en l’homme, majoritairement bon et capable de se révéler altruiste au plus fort de la tourmente.

Aujourd’hui notre monde hyper médiatisé fait que des maladies comme la grippe A ou la grippe aviaire qui auront fait un nombre ridicule de victimes sont capables de provoquer la peur chez nos concitoyens.

On pourrait alors se demander alors ce qui arriverait si un véritable fléau aussi redoutable que la peste (qui a décimé des millions de personnes au Moyen Age) refaisait son apparition.

Sans doute aiguillonné par des média, le monde basculerait il dans la folie et l’anarchie la plus complète et certaines industries essaieraient de saisir l’occasion pour en profiter.

Je ne suis pas sur que comme Camus, l’altruisme soit encore une valeur très répandue  au XXIéme siècle …


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