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16 juin 2010 3 16 /06 /juin /2010 20:40

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De part son statut de classique français, « Le Père Goriot » d’Honoré de Balzac est tout à fait le genre de livre qu’on étudie de force au cours de sa scolarité.

Goutant modérement cet auteur dans ma jeunesse, j’avais jusqu’alors échappé à sa lecture.

Le cadre du roman se situe à Paris au début du XIX ieme siècle, en 1819 pour être précis.

Balzac décrit les habitants d’une pension sordide tenue par une veuve Madame Vauquer rue Neuve-Sainte–Geneviève.

Parmi les personnages principaux se trouve Eugène Rastignac, jeune provincial fils de vignerons venu étudier le droit à Paris.

Issu d'une famille noble destituée, ambitieux, fasciné par le luxe et la vie facile de la petite aristocratie parisienne, Rastignac est prêt à beaucoup de compromis pour accéder à ce monde, y compris mentir pour soutirer de l’argent à sa famille.

Puis on trouve Vautrin, mystérieux quadragénaire semblant avoir eu mille vies.

Sur de lui, cynique, beau parleur, Vautrin sert de mentor à Rastignac afin de lui faire gravir les marches de la société sans s’embarrasser de considérations morales.

Sa dangerosité sera confirmée par la suite lorsqu’on apprendra qu’il est en réalité un ancien bagnard de Toulon et est le gestionnaire de l’argent de ses camarades emprisonnés.

Puis vient le Père Goriot, ancien commerçant ayant fait fortune dans la vente de farine, aujourd’hui à la retraite  et étrangement retiré dans cette pension modeste ou il vit chichement.

Goriot est un homme bon, généreux qui a une faiblesse majeure, l’adoration quasi obsessionnelle qu’il voue à ses deux filles, Delphine et Anastasie, respectivement mariées au baron de Nucingen et au comte Restaud.

Coupé de ses filles par ses gendres devenus tyranniques une fois les mariages célébrés, Goriot vit un véritable drame personnel qui sera le principe moteur du roman.

En manque affectif, le vieil homme va dépenser ses dernières économies pour venir en aide à Anastasie dont l’amant a contracté de fortes dettes au jeu.

Contre toute attente, Rastignac va montrer au cours du roman malgré son féroce arrivisme une grande tendresse et humanité avec le Père Goriot dont la fragilité parviendra à l’émouvoir.

Une fois introduit dans les cercles de la petite noblesse parisienne, il va jouer les entre metteurs et tout faire pour remettre en relation le Père et ses filles qui de surcroît sont brouillées entre elles.

Mais ne pouvant que constater son impuissance face au pouvoir de leurs maris respectifs, Goriot va brusquement flancher et mourir après une longue agonie.

La dernière partie du roman, la plus cruelle, montre toute la douleur d’un homme délaissé par ses propres filles qui préfèrent aller aux spectacles plutôt que de venir au chevet de leur père.

Le destin, impitoyable fait mourir le vieil homme si généreux pour ses enfants dans un dénuement complet et dans l’indifférence quasi générale de ses compagnons de pension à l’exception de Rastignac et de son ami Bianchon, qui pourvoient à ses derniers besoins jusqu’à assurer par leurs maigres bourses le financement de son enterrement.

En conclusion, « Le Père Goriot » s’inscrit comme une pièce maîtresse dans l’œuvre de Balzac appelée la Comédie humaine.

On retrouve le style riche de l’écrivain qui m’avait tant marqué dans ma jeunesse, avec ses longues descriptions fourmillantes de détails.

Mais plus que la forme, c’est la justesse du fond qui touche dans cet ouvrage.

La  déchéance de la vieillesse, le manque de reconnaissance de sa progéniture, l’injustice, l’amour filial démesuré d’un homme ne désirant que trop ardemment le bien de ses enfants, le pouvoir de l’argent qui corrompt les ames et avilit les hommes, ne sont que des sujets aussi intemporels qu’universels.

Dans cet univers féroce et sans pitié, le jeune Rastignac est l’heureuse surprise révélant des qualités morales insoupçonnées chez lui.

Pour sa grande richesse et subtilité, « Le Père Goriot » mérite assurément son statut d’œuvre majeure de la littérature.

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12 juin 2010 6 12 /06 /juin /2010 20:43

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2006 marque une date charnière au sein de Slayer puisque cette année bénie des diables voit le retour du batteur de la formation originelle le légendaire Dave Lombardo après 16 ans d’absence.

On retrouve à la production Josh Abraham secondé par l’éternel Rick Rubin.

Le résultat est donc ce « Christ illusion » à la pochette anti chrétienne choc et glauque à souhait évoquant une resucée moderne d’un « Reign in blood » .

On se dit alors non sans déplaisir que les Californiens vont remettre le couvert et en mettre plein la gueule aux religieux de tout poil.

Comme souvent chez Slayer, le premier titre est en béton armé, « Flesh storm » brille par sa force de percussion et ses refrains formidablement entraînants.

Le son clair, les guitares acérées et la frappe séche de Lombardo composent un premier tableau franchement convainquant laissant à penser le retour de la machine Slayerienne débitant des classiques du métal au kilomètre.

On embraye dans l’instant sur « Catalyst », intense, teigneux et incisif comme une ex femme en quête de pension alimentaire.

Léger ralentissement avec « Skeleton christ » morceau le plus ouvertement anti chrétien dont la structure très hachée nuit pour moi à l’efficacité globale.

Lancinant et intimiste, « Eyes of the insane »  décrit avec talent les obsessions d’un soldat revoyant les victimes qu’il a tuées au cours de ses missions de guerre.

Un vent de fraîcheur est apporté avec « Jihad » puisque des riff diaboliques, une ambiance forte et des refrains prenants entraînent l’auditeur sur le terrain de la subversion autour des attentats du 11 Septembre …vus par un terroriste islamique.

Pari osé au pays de l’Oncle Sam mais artistiquement réussi.

« Consfearancy » marque le retour vers un thrash plus orienté années 80 mais dont l’extrême virulence compense le classicisme trop marqué.

Le disque prend ensuite un virage plus sinueux avec « Katatonia » à l’ambiance pesante et lancinante, puis avec « Black serenade » , sérénade qui avouons le séduit assez peu en raison de son manque d’inspiration flagrant.

La puissance et la rage reviennent en force sur « Cult », morceau satanique crachant sa haine des religions en pleine face sur des tempo thrash sans concession.

L’album s’achève sur le dixième titre de rigueur, le cinglant « Supremist » dont le vrombissement ininterrompu des guitares insuffle un immense sentiment de puissance libérée au grand jour après une période de trop longue réclusion.

En conclusion, alors qu’on y croyait plus vraiment, « Christ illusion » marque le retour du Slayer plus inspiré, capable de produire une musique intense, rapide, incisive autour de thèmes forts mettant mal à l’aise puisque puisant dans les plus noires profondeurs de l’être humain.

Il faut donc reconnaître le fait que le retour de Dave Lombardo a provoqué la suralimentation nécessaire pour permettre à la mécanique Slayerienne de retrouver un rendement plus en adéquation avec ses performances historiques.

« Christ illusion » n’apportera pas forcément de méga hits cultes mais développe une grande homogénéité et un haut niveau de qualité d’ensemble.

Et si finalement Slayer n’était jamais meilleur que lorsqu’il était sale, vicieux, dérangeant et violent ?


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12 juin 2010 6 12 /06 /juin /2010 17:19

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4

 

Sujet très fort avec « Hiroshima, fleurs d’été » de Tamiki Hara.

Ce recueil quasi autobiographique se compose de trois courtes nouvelles traitant du bombardement nucléaire de la ville le 6 août 1945 qui fit approximativement 250 000 victimes directes.

La première partie intitulée « Prélude à la destruction » relate la vie de la population civile avant le largage de la bombe dans une ville vouée à la production industrielle et dotée d’importantes garnisons militaires.

Hara décrit par l’intermédiaire de son héros Shozo, qui revient après la perte de sa femme dans sa ville natale pour vivre chez son frère Seiji, le quotidien des habitants entre travail discipliné à l’usine ou à l’école la journée, entraînements aux évacuations le soir, le tout entrecoupé d'alertes provoquées par le survol de B-29 américains en pleine missions de reconnaissance.

D’un naturel rêveur et solitaire, Shozo trompe ses angoisses par la lecture d’œuvres classiques ou de traités mathématiques.

Dans la grande maison familiale, les caractères mis sous pression par le conflit se heurtent fréquemment.

Seiji est un hyper actif qui réalise des taches administratives pour l’armée, Junnichi a des problèmes  conjugaux avec sa femme Takako qui fugue régulièrement et se comporte bizarrement tandis que leur sœur cadette Yasuko s’acquitte des taches ménagères en bavardant de manière insupportable.

En état de choc après son drame personnel, livré à lui même, Shozo erre et se promène seul sur les lieux de son enfance qui ravivent par instants de vieux souvenirs enfouis dans sa mémoire.

Dans ce climat troublé et malsain, la famille guette les nouvelles du conflit avec avidité et inquiétude attendant les ordres de mobilisation des jeunes hommes et ceux d’évacuation des usines et des logements.

Mais compte tenu de l’importance stratégique d’Hiroshima d’un point de vue militaire et industriel, l’armée veille au grain et enrôle par la force des civils pour participer à la défense anti-aérienne de la ville.

Si je voulais résumer cette première partie, je dirais une longue attente et beaucoup de doutes …

Dans « Fleurs d’été » , Hara passe à la première personne du singulier et décrit de son propre point de vue la fameuse journée de l’attaque nucléaire sur la ville.

Ayant survécu par miracle, le narrateur erre hébété par le choc dans une ville à feu et à sang ou il rencontre un nombre incalculables de blessés la plupart grands brûlés et atrocement défigurés par les effets des radiations de la bombe.

La puissance de la charge est telle que la Nature semble elle même en être affectée : des brasiers et des tornades ravagent les alentours, le ciel est en permanence obscurci par les cendres créant une impression d’enfer sur terre.

Hara emmène avec lui le lecteur dans ce chaos absolu peuplé de visions cauchemardesques de corps agonisants ou militaires et civils se retrouvent tous brutalement mis au même niveau de martyrs.

La dernière partie intitulée « Ruines » marque l’après bombardement avec l’évacuation des survivants dans les villages alentours comme Yahata ou se réfugie le narrateur.

Une autre phase commence toute aussi atroce, car des gens tombent subitement malades, perdent leurs cheveux, crachent du sang ou meurent simplement d’horribles blessures qui ne peuvent être soignées sur lesquelles s’acharnent des nuées de mouches et de vers.

Dans une zone ou les communications sont coupées, le narrateur part alors en quête de survivants issus de sa famille et découvre souvent avec effarement leur décès brutal ou leurs terribles maladies aboutissant certaines fois à des guérisons bien précaires.

La désorganisation bat son plein et la famine commence à frapper les survivants qui meurent par légions.

On est donc ici également dans le registre de l’insupportable et des débuts de la souffrance purement psychologique avec les sentiments de deuil, de regret, de honte d’avoir survécu, de ne pas avoir pu aider, sauver et d’avoir assisté impuissant à la mort d’autres être humains.

Meme si le narrateur s’en tire, il en ressort très affaibli physiquement avec des d’horribles diarrhées, des sifflements aux oreilles et des troubles à l’œil.

Il tient pourtant à revenir à Hiroshima et vient contempler les ravages sur une ville autrefois puissante et prospère.

Le livre se termine par le cas particulier de Monsieur Maki, militaire en poste à Shanghai au moment de l’attaque et qui a perdu l’intégralité de sa famille en une seule journée.

En raison de ce deuil, Monsieur Maki devient quelqu’un de très respecté que les gens viennent souvent saluer.

Par cet exemple, Hara met en exergue l’horrible réalité de l’après Hiroshima avec des gens qui hantés par le souvenir des disparus et croient les reconnaître en croisant des inconnus qu’ils saluent par méprise.

En conclusion, « Hiroshima, fleurs d’été » est un livre qu’on pourrait qualifier de témoignage vital pour l’humanité.

L’histoire qu’on dit souvent écrite par les vainqueurs a souvent montré les Japonais comme des robots fanatisés et conditionnés à mourir plutôt que de se rendre.

C’était sans doute vrai pour les soldats au front mais le livre de Hara montre le comportement des civils d’Hiroshima qui ne différait pas beaucoup de celui des population occidentales avec de la peur, de l’angoisse et pour certains des critiques des positions adoptées par l’armée.

« Hiroshima, fleurs d’été » contribue donc à humaniser donc considérablement les populations japonaises en faisant ressentir l’horreur absolue d’un événement que tout un chacun n’espère jamais vivre.

Par comparaison, l’attentat du 11 Septembre, aussi horrible soit il, fait l’effet d’une piqûre de guepe tant un esprit humain normalement constitué n’est pas capable de saisir la violence d’une catastrophe comme celle d’Hiroshima.

Sans verser dans l’exercice vain de refaire l’histoire, on peut se demander si l’utilisation de la bombe atomique aurait pu être evitée.

On peut aussi la voir comme un passage obligé pour que l’homme en mesure pleinement le pouvoir annihilateur quasi illimité à l’échelle terrestre.

En ce sens le conflit de la seconde guerre mondiale avec les camps d’extermination nazi et les bombes atomiques larguées sur le Japon est celui qui a atteint le plus haut degré de violence et d’horreur de tous les temps.

La souffrance psychologique engendrée fut sans doute insupportable pour les survivants puisque Tamiki Hara se suicidera 6 ans après.

Il lègue donc cependant pour l’éternité un témoignage bouleversant et émouvant aux larmes.


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9 juin 2010 3 09 /06 /juin /2010 21:38

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Après le succès des « Dents de la mer » , un filon de la terreur sous marine naît et est surexploité par les producteurs de tout crin avec des résultats bien souvent proches de la nullité absolue.

Ainsi sort en 1978 « Piranhas » de Joe Dante qui est une copie pure et simple du film de Spielberg à la différence prêt que le requin est ici remplacé par une horde de piranhas, petits poissons des fleuves d’Amérique du Sud dont l’extraordinaire voracité est largement connue du grand public.

La trame de départ est la disparition d’un couple de jeunes partis dans une escapade amoureuse nocturne se baigner dans le bassin d’une base militaire désaffectée perdue dans une région montagneuse des Etats Unis.

La journaliste Maggie Mc Keown (Heather Menzies) enquête sur leur disparition et sollicite l’aide de Grogan (Bradford Dillman), montagnard taciturne et solitaire connaissant bien les lieux.

A force de recoupements, le couple improbable remonte jusqu’à la base militaire et découvre avec horreur un élevage de piranhas génétiquement modifiés.

Ils décident de vider le bassin pour poursuivre leurs investigations.

Mais le Docteur Hoak (Kevin Mc Carthy), scientifique responsable de ces monstrueuses expérimentations et seul gardien du lieu à présent, surgit et tente de les arrêter par la force.

La lutte qui s’ensuit aboutit à l’assèchement du bassin mais au relachage des poissons contenus à l’intérieur dans les eaux de montagnes.

Hoak leur explique que pendant la guerre du Viet Nam, l’armée a rendu ces piranhas plus intelligents , capable de se reproduire plus vite et de survivre dans des eaux chaudes ou salées mais il est trop tard à présent car les prédateurs sont lâchés en pleine nature tandis que le maire Dick Miller (Buck Gardner)  inaugure un nouveau complexe nautique en rivière avec ski nautique, plongée et zone de baignade.

Bien entendu les meurtres ne tardent pas à se multiplier, que ce soit celui d’un vieux pêcheur, d’un plongeur ou plus cruellement d'enfants se baignant sur leurs bouées.

Paniqués, Mc Keown, Grogan et Hoak, grimpent sur un radeau de fortune pour essayer de secourir le maximum de gens mais ils ne peuvent empêcher le Docteur Hoak d’être assassiné en voulant sauver son propre fils des piranhas.

Grogan et Mc Keown préviennent alors l’armée qui essaie de venir à bout des monstrueuses bestioles en diffusant un produit toxique pour les poissons dans l’eau des rivières.

Mais le résultat n’est pas celui escompté, les piranhas fuient la zone traitée et Grogan et Mc Keown devenus gênants, sont incarcérés pour qu’ils se tiennent tranquille.

Ils parviennent à s’enfuir et à tenter une ultime manoeuvre pour tuer les cruels petites poissons en ouvrant les vannes d'une station d'épuration  non sans que Grogan ne mette sa vie en péril et fusse à deux doigts de se faire dévorer.

Le film se termine sur une menace laissant planer le doute sur une éventuelle future invasion des piranhas échappés dans l’océan ..

En conclusion, « Piranhas » est une série B de facture vraiment moyenne qui a de surcroît salement mal vieilli.

Complètement calqué sur les « Dents de la mer » le film est très peu innovant sur le plan du scénario, frôlant même à mon sens le zéro absolu.

Les personnages sont très caricaturaux, entre militaires bornés et incompétents, savant fou et vieil ermite renfrogné finissant par tomber sous le charme de la sémillante citadine.

Force est toutefois de reconnaître à Joe Dante une grande maîtrise des scènes d’actions très impressionnantes de frénésie et d’horreur pure avec le déchiquetage de corps innocents et juvéniles par des centaines d’impitoyables mâchoires en aciers.

Cela suffit à tout juste éviter le statut de navet à ce « Piranhas » qui demeure pour moi à des années lumières du film de Spielberg.


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9 juin 2010 3 09 /06 /juin /2010 16:16

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« Le grand secret » est le deuxième roman d’anticipation de René Barjavel que je chroniquerai en ces colonnes.

Sa structure est plutôt atypique avec une première partie se déroulant dans les années 50 dans un climat d’intense paranoïa mondiale.

Dans ce contexte, il semblerait que les principaux dirigeants du monde soient au courant d’un secret d’une importance telle qu’il conduirait à prendre des mesures d’urgence absolue allant au delà des intérêts individuels des nations.

Barjavel ne donne aucune information concernant la nature de ce secret et se borne à annoncer une succession d’événements étranges se déroulant dans le Monde mais surtout en France.

Il insiste sur l’amour fou qui lie Jeanne Corbet à Roland Fournier un chercheur trentenaire  travaillant à Villejuif sur un traitement contre le cancer.

Mariée à un médecin plus âgé qu’elle qui tolère sa liaison, Jeanne est obsédée par son amant et vit une véritable passion amoureuse.

Mais au cours de ses mystérieux événements pilotés par les services secrets, Roland disparaît et son institut incendié alors que Jeanne subit simultanément une tentative d’enlèvement.

On découvre aussi le personnage de Samuel Frend, agent secret américain basé en France qui entre en contact avec Jeanne et lui offre la possibilité de savoir que son amant n’est pas mort.

Dés lors persuadée que son amant est en vie, Jeanne va consacrer toute son existence à le retrouver en écumant le monde à la recherche de pistes dans le domaine scientifique et de l’espionnage.

Puis alors que ce petit jeu mystérieux pourrait commencer à agacer, les fils de l’intrigue se dénouent peu à peu et on comprend le pourquoi de cette agitation : la découverte par le professeur Bahanba, un savant indien travaillant sur un traitement contre le cancer, du JL3 un sérum d’immortalité stoppant le vieillissement et supprimant la vulnérabilité aux maladies chez tout être vivant.

Le JL3 se montre par ailleurs contagieux et comme pouvant être attrapé par voie respiratoire.

Personnage désintéressé, Bahanba communique au cours de ses recherches plusieurs échantillons du sérum à certains de ces collègues internationaux dont le chef de Roland.

Rapidement les dirigeants sont mis au courant et décident de se lier pour étouffer l’affaire, brûlant les laboratoires et enlevant les personnes contaminées dont Roland pour les parquer dans une île secrète (elle aussi ! )  située dans les Iles Aléoutiennes à la limite extrême nord du monde habité.

Sur cette île appelée îlot 307, gardée jour et nuit par l’armée, une communauté va se développer en autarcie complète autour du personnage du professeur Bahanba qui joue le rôle de sage et de guide quasi spirituel.

Les recherches acharnées de Jeanne et de Samuel les conduisent tous les deux à être admis sur l’île pour des raisons bien differentes, puisque Samuel y est à titre d’agent de renseignement et Jeanne par amour.

Jeanne âgée de cinquante ans à présent, retrouve Roland qui est resté le sémillant jeune homme de ses trente printemps.

Leur amour s’en trouve fortement contrarié et assez étrangement Jeanne s’avère incapable de contracter les symptômes du JL3.

Sur l’ilot 307, les jeunes s’arrêtent de vieillir à 18 ans, les femmes doivent absorber des médicaments pour ne pas être fécondées, les animaux subissent aussi les mêmes traitements à l’exception des insectes dont le taux de reproduction élevée les oblige à être éliminés régulièrement.

L’harmonie semble régner en apparence, les souffrances et les tensions annihilées.

Pourtant l’instinct sexuel demeure le plus vivace et les jeunes gens éprouvent un violent désir de procréation.

Un jeune couple, Han et Annoa enfreint les règles et donne un exemple qui entraîne une recrudescence de grossesses.

Les tensions commencent alors à apparaître entre les adultes qui veulent conserver leur équilibre coûte que coûte et les adolescents qui se révoltent d’autant plus qu’un autre virus le C14 se montre apparemment capable de contre carrer les effets du JL3.

La mort du professeur Bahanba qui se laisse mourir de faim en raison de ses croyances hindouistes précipite la désunion des habitants de l’île.

Un guerre éclate provoquant l’embrasement puis la destruction de l’île par les gouvernements.

Seuls Han et Annoa parviennent à s’échapper …

En conclusion, « Le grand secret » est un ouvrage original, totalement atypique avec une première partie intense construite comme un roman d’espionnage.

Cette originalité réside dans la volonté de Barjavel de réécrire l’histoire des années 50-70 et les décisions prises par les grands hommes politiques de l’époque sous l’angle de la connaissance de ce grand secret caché à tous.

Ainsi, Nehru, Kroutchev, Brejnev, Mao, De Gaule, Nixon, ou encore Kennedy se retrouvent malgré eux embringués dans une histoire assez hallucinante de vaccin secret contre la mortalité.

Je dois avouer ne pas avoir adhéré à cette tentative de politique-science fiction, la trouvant trop simpliste, artificielle et souvent grotesque comme dans le cas de l’assassinat de Kennedy pour éviter qu’il ne propage le virus qu’il s’était lui même injecté pour calmer ses problèmes de dos ( !).

Sur l’aspect pure science fiction/anticipation, le thème de l’immortalité est bien entendu plus intéressant avec la description de cette vie en communauté refermée sur elle même qui finalement périclite comme pour montrer l’importance cruciale du caractère régulateur de la maladie et de la mort.

Quels que soient les progrès de la médecine, de la science ou de la chirurgie esthétique, la vie étant cyclique, le dépérissement et la destruction des individus est nécessaire au renouvellement de nouvelles espèces.

Au final, malgré son inventivité, « Le grand secret » m’a donc moins captivé que « Ravage » du même auteur.


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6 juin 2010 7 06 /06 /juin /2010 20:30

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En pleine tourmente après le choc des attentats du 11 Septembre 2001, Slayer sort dans ce contexte si particulier son huitième album le très bien nommé « God hates all » avec comme sur le précédent ouvrage leur producteur fétiche Rick Rubin associé cette fois ci à Matt Hyde.

Je me souviens à l’époque être allé les voir à Bercy au festival « Tatoo the earth » et avoir été impressionné par leur courage puisqu’ils avaient été l’un des rares groupes américains à ne pas avoir annulé leur show, contrairement par exemple aux gros durs de Pantera que je ne verrai donc jamais de ma vie sur scène.

Dernier album avec le musculeux batteur Paul Bostaph qui fit mieux qu’assurer l’intérim au sein du groupe, « God hates all » débute avec une courte introduction instrumentale annonçant l’apocalypse à venir.

Celle ci arrive sous la forme de « Disciple » , excellent premier titre au refrain fédérateur martelé avec une rage inouïe.

Slayer nous promet la fin du monde dans le feu, le fer, le sang et la folie des hommes accrochés à leurs dangereuses religions et à ce moment la je suis prêt à les croire.

Véritable tornade d’énergie estampillée thrash-metal sans concession, « Disciple » dégageait une telle intensité que le groupe choisit de le jouer systématiquement pour débuter ses concerts et chauffer son public à blanc.

Après un tel départ en furie, « God send death » fait figure de transition avec un impact plus faible que son prédécesseur.

La monumentale gifle revient avec « New faith » assénée à une cadence infernale avec une force et une conviction implacables.

La religion est bien entendu toujours la cible désignée de nos thrashers fous.

Le coté hardcore métal de « Diabolus in Musica » semble ici  abandonné au profit d’un son plus conforme à un thrash-metal offensif et moderne.

La tension retombe brutalement sur « Cast down » qui patine abondamment dans son manque d’inspiration.

« Threshold » recèle quelques légères réminiscences hardcore avec son tempo saccadé et puissant qui disons le franchement ne fonctionne qu’à moitié.

Malgré leurs riffs acérés et les cris rageurs de Tom Arraya, « Exile » et « Seven Faces » sont construits sur des structures trop bancale pour réellement marquer les esprits.

Le groupe émerge de ce marasme pour sortir « Bloodline » , mid tempo lancinant s’appuyant sur un refrain efficace pour traiter du thème du vampirisme autour du fantasme de l’immortalité.

Le clip, présentant les thrashers en costume cravates impeccables avant d’être progressivement souillés de sang était une belle réussite.

Atmosphère volontairement étrange et troublante sur « Deviance » traduisant en musique un fort sentiment de trouble et de souffrance psychique.

La grosse artillerie revient fort logiquement avec « Warzones », les guitares crépitent comme des à armes à feu, la batterie canarde comme une mitrailleuse tournant à plein régime et Tom Arraya se déchaîne sur ce titre fou, brutal, violent estampillé 200% Slayer.

Autre morceau régulièrement joué sur scène à l’époque, « Here comes the pain », choix d’ailleurs assez déroutant tant sa structure paraît assez décousue, manquant singulièrement de rythme avec ses refrains poussifs venant trop tardivement après la bataille.

Fidéle à la tradition, Slayer termine part « Payback » titre supersonique ou il fait parler la poudre sans vraiment surprendre malgré la terrible puissance dégagée.

En conclusion, malgré une entrée en matière culte et ultra alléchante, « God hates us all » s’avère sur la durée manquer singulièrement de fond pour tenir la distance.

On notera le retour à un son thrash plus épuré, très agressif et résolument tourné vers son époque mais cela ne suffit pas à produire un bon album.

A l’aube de ce nouveau millénaire, Slayer semble pareil à ces vieux boxeurs toujours sur les rings à plus de quarante ans, incapables de produire un effort constant mais toujours capables sur un ou deux coups assassins de faire mal et de faire basculer un match.

Je trouve que « God hates us all » très représentatif du niveau de Slayer sur ces dix dernières années, après la fin des années 90 peuplée d’errements artistiques (le son étrangement aseptisé de « Divine intervention », l’album keupon de « Undisputted Attitude » et le hardcore thrashy de « Diabolus in Musica » ) , le groupe présentant aujourd’hui le visage d’une formation désireuse de revenir à ses racines sans toutefois produire le même niveau de qualité qu’au temps de sa splendeur.

Il n’en reste pas moins que « God hates us all » contient ses quelques moments de gloire.

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6 juin 2010 7 06 /06 /juin /2010 16:33

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3

 

En 1998 (l’année des champions ?) ,  suite à un album de reprises punk qui avait plutôt dérouté son public, Slayer était attendu au tournant.

Les thrashers californiens sortent alors « Diabolus in Musica » à la pochette de pretre tueur en série disons le franchement hideuse et au livret truffé d’images chocs à ne pas mettre devant tous les yeux.

Produit par Rick Rubin le producteur fétiche du groupe, l’album débute sous les meilleurs augures par « Bitter peace », un titre rapide, fort, lancé par une longue introduction travaillée et construit sur des refrains puissants et accrocheurs.

On pense à « War ensemble » pour la fluidité, la science de l’agressivité maîtrisée avec un aspect politique en plus.

Plus déroutant, « Death’s head » , recèle un rythme saccadé ou alternent breaks vicieux et courtes flambées de violence.

Cette impression de saccades se poursuit sur « Stain of mind » au rythme moyen, au phrasé haché ou émergent de brèves poussées hautement énergétiques faisant figure de grenades à mains lancées au jugé.

Le groupe ralentit ensuite franchement le rythme avec « Overt ennemy » qui s’englue péniblement pendant les trois quarts de sa durée avant de produire une accélération énergique mais bien tardive durant sa dernière partie.

Slayer poursuit dans un style hardcore inhabituel :  riffs puissants, ultra compacts et plaqués, chant saccadé, pillonnement de batterie mitrailleuse viennent suralimenter « Perversions of pain » nettement plus réussi car contenant quelques passages faussement doucereux rééquilibrant les déchaînements brutaux.

En revanche, « Love to hate » trop linéaire et pataud s’avère franchement pénible à l’écoute et indigne du statut des seigneurs du thrash.

Beaucoup plus doux, « Desire » traduit le coté obsessionnel et trouble d’une passion excessive non avouable.

Musicalement en revanche on est tout juste dans la moyenne que peut produire un groupe du calibre de Slayer.

L’album jusqu’alors assez inégal va alors prendre des meilleurs atours avec une succession de titres forts venant rehausser fortement le niveau.

Groove massif et chaloupé, riffs titanesques et grosse pression sur « In the name of god » annoncent un début ultra massif auquel succède rapidement une fantastique et graduelle montée en puissance culminant sur un déchaînement de violence paroxysmique sur fond de satanisme totalement assumé.

Lui succédant, « Scrum » le bien nommé évoquant une mêlée de football américain est le titre le plus rapide, le plus instinctif et sauvage du disque.

Plus posé « Screaming for the sky »  développe un climat de force tranquille sans trop forcer.

Sensé jouer sur l’alternance des ambiance s’étalant sur plus de six minutes, « Wicked » est en réalité assez plat et ennuyeux.

Slayer trouve tout de même la force de terminer sur une salve puissante, « Point » dont le rythme saccadé, linéaire et poussif évoque encore une fois le style hardcore.

En conclusion, « Diabolus in Musica » est sans doute l’un des albums les moins appréciés de Slayer.

Le style adopté est ici encore une fois en pleine mutation, voulant sans doute plus coller à une certaine modernité de fin de Xxiéme siècle en allant défricher sur le terrain du hardcore et de sonorités plus en phase avec leur époque.

Dans cette tentative évolution, Slayer perd en variété et en vitesse d’exécution, plombant sa musique de masse supplémentaire parfois superflue.

Tom Arraya calque sa façon de chanter sur le style de musique proposée, plus pauvre et mono dimensionnel qu’à l’accoutumé.

Malgré ses carences, « Diabolus in Musica » reste un album de Slayer avec tout ce que cela comporte d’intensité, de riffs surpuissants, et de titres par instant magistraux même si ces derniers demeurent à mes yeux en minorité ici.


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6 juin 2010 7 06 /06 /juin /2010 15:10

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Aujourd’hui avec l'énorme succés de son « Avatar », James Cameron est sans nul doute devenu le cinéaste le plus rentable et le plus grand public du cinéma.

Mais ce serait oublier l’âpreté et la violence de ses premiers films souvent considérés comme cultes comme « Terminator » sorti en 1984.

Trop jeune à l’époque pour le voir au cinéma j’avais été en revanche fasciné par l’affiche géante d’un Arnold Schwarzenegger au look impressionnant et par la mention de sa récompense au festival du film fantastique d’Avoriaz.

Selon une mode en vogue à l’époque, « Terminator » est un pur film de science-fiction qui plonge dans une atmosphère de traque assez prenante dans le Los Angeles un peu kitsch du milieu des années 80.

Le Terminator (Arnold Schwarzenegger) est un robot cyborg venu du futur pour remplir sa mission : chercher, trouver et tuer Sarah Connor (Linda Hamilton), la femme qui donnera naissance à John, l’homme qui prendra la tête d’un mouvement de rébellion des hommes contre les machines et occasionnera une guerre sans merci entre les deux camps.

Impassible, son ordinateur analysant froidement les situations pour y répondre et accomplir sa mission coûte que coûte, le Terminator a un squelette en acier recouvert de peau et de tissus humains qui lui permettent de passer relativement inaperçu dans la société.

Impitoyable, quasi indestructible, doté d’une force surhumaine, le Terminator dévalise une armurerie pour se doter d’une impressionnante puissance de feu.

Mais Kyle Reese (Michael Biehn), membre de la rébellion venu également du futur, arrive sur terre pour tenter de sauver Sarah de sa mort programmée.

Reese a quelques difficultés avec les forces de police mais parvient à s’infiltrer dans la société californienne et à s’armer.

Insouciante de son importance quand à l’avenir du monde, Sarah est une jeune célibataire un peu paumée qui trime de nuit dans un travail exténuant d’un restaurant de Los Angeles.

Le Terminator la traque, éliminant de manière méthodique tous ses homonymes.

La première rencontre d’une violence inouïe, aboutit à la mort d’un couple d’amis de Sarah qui occupait son appartement et que le Terminator élimine par méprise.

Le robot tueur retrouve Sarah dans une discothèque en même temps que Reese qui parvient de justesse à s’interposer et à lui éviter une mort certaine.

Sarah et Reese s’échappent de justesse et s’aperçoivent des incroyables capacités du Terminator qui survit aux balles tirées à bout portant dans son corps.

Reese raconte son histoire à Sarah, qui n’a pas d’autre solution que de le croire malgré tout le caractère invraisemblable qu’elle comporte.

C’est à cette occasion qu’il lui révèle que le super ordinateur Skynet doté d’une intelligence artificielle, provoquera une guerre nucléaire dans le futur et que cette guerre anéantira la civilisation humaine.

Les survivants humains tenteront de s’opposer aux machines de combats crées par Skynet et envoyés pour les détruire.

Mais peu après, Reese et Sarah sont logiquement arrêtés par les policiers en raison de l’invraisemblable carnage commis dans la discothèque.

Entre temps le Terminator panse les blessures superficielles de sa peau synthétique et continue logiquement sa mission, n’hésitant pas à prendre d’assaut à lui tout seul ( !) le commissariat de police.

La traque infernale se poursuit alors et au cours d’un des rares temps mort de leur cavale, Sarah et Reese font l’amour ce qui après tout est un moyen comme un autre de décompresser.

Le film se termine alors dans une surenchère d’action et de violence ou l’on voit le Terminator survivre au choc avec un camion citerne lancé à pleine vitesse, à un incendie qui consume entièrement sa peau humaine pour poursuivre inlassablement le couple dans une usine de fabrication industrielle.

Grièvement blessé, Reese se sacrifie pour endommager la machine, qui même en piteux état parvient à ramper jusqu’à une Sarah blessée à la jambe.

Dans une usine complètement folle ou les robots entrent eux même en action, Sarah parvient à actionner une énorme presse hydraulique pour finir par écraser le crane du Terminator qui s’apprêtait à l’étrangler.

En conclusion, « Terminator » a été et sera toujours un film culte en raison de l’incroyable ambiance d’étouffement qu’il génère.

Bien entendu la présence hiératique d’Arnold Schwarzengger, sa stature imposante moulée dans un costume de voyou heavy metal, sa démarche rigide et son phrasé aride sont pour beaucoup dans la formidable impression de menace produite.

Cameron joue habilement sur une vision à double étage, son film pouvant être vu comme un pur produit d’action regorgeant de violence et de scènes chocs mais également comme un brillant produit d’anticipation au scénario plus complexe qu’il n’y paraît au premier abord.

Les nombreuses scènes tournées dans les bas quartiers d’un Los Angeles nocturne et glauque, alimentent le caractère oppressant et cauchemardesque du film, l’idée de la scène finale dans une usine robotisée tournant à vide confinant pour moi au génie absolu.

La musique, sorte de beat techno évoquant des battements de cœur lourds et nerveux participe elle aussi à l’impression voulue.

Bien loin de Céline Dion et du romantisme d’époque de « Titanic », bien loin de la philosophie écolo gnan-gnan de « Avatar », « Terminator » est pour moi l’un des meilleurs films de James Cameron et l’un des meilleurs films du body builder autrichien.


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4 juin 2010 5 04 /06 /juin /2010 21:24

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Dans un soucis de prolongement logique du frisson éprouvé en regardant les « Dents de la mer » je vais vous parler d’« Open water : en eaux profondes » un petit film américain réalisé par Chris Kentis et passé relativement inaperçu lors de sa sortie en 2003.

L’histoire racontée est on ne peut plus simple, Daniel (Daniel Travis) et Susan (Blanchard Ryan) , un couple de jeune cadre dynamiques américain typique, décide de s’offrir au dernier moment des vacances dans un hôtel aux Bahamas.

Ces vacances de dernières minutes sont destinées à leur faire évacuer leur quotidien stressant de citadins.

Au cours de leur séjour, le couple s’offre une sortie de plongée au large des cotes.

Ils embarquent sur un bateau en compagnie d’une dizaine d’autres touristes.

Emportés par leur émerveillement, Susan et Daniel s’éloignent du groupe et oublient légèrement le temps.

Le groupe se reconstitue à l’heure indiquée et le moniteur démarre le bateau en oubliant par inadvertance le couple de plongeurs.

Laissés en pleine mer, Susan et Daniel vont vivre un véritable calvaire.

Avec sa caméra filmant au ras des vagues, Kentis parvient à créer un climat angoissant à l’extrême ballottant le spectateur au gré des caprices marins.

Après les premiers instants d’espoir un peu forcé, la fatigue, le froid, la solitude, la peur s’installent progressivement et ne tardent pas à venir ébrécher la confiance du couple en sa survie.

Comble de l’horreur ils s’aperçoivent qu’ils sont peu à peu cernés par des requins tout d’abord simplement curieux puis plus insistants.

L’angoisse croit alors graduellement au fur et à mesure que les requins se rapprochent mais Kentis distille habilement son suspense, brouillant les cartes à coups de fausses alertes.

Après les méduses et les poissons nettoyeurs, Susan et Daniel n’en peuvent plus.

Le couple commence à se disputer pour des motifs futiles chacun reprochant à l’autre de l’avoir embarqué dans cette galère.

On comprend toute l’impuissance qu’on peut éprouver à être largué en pleine mer, dérivant au fil des courants, perdant la notion du temps, des distances et croyant toujours un peu stupidement qu’un bateau aura l’obligeance de bien vouloir s’arrêter pour nous secourir.

La dernière partie du film est la plus horrible puisque les requins passent à l’attaque, mordant cruellement Daniel à la jambe.

Susan malgré ses efforts désespérés ne peut empêcher son chéri d’être dévoré.

Désespérée elle finit par se laisser couler alors que les secours (hélicoptères, bateaux) se lancent enfin à leur recherche.

En conclusion, « Open water : en eaux profondes » est malgré son petit budget un film redoutablement efficace d’un réalisme proprement terrifiant.

C’est ce froid réalisme, cette mécanique de lente dégradation mentale et physique de deux personnes gavés d’énergie et d’optimisme qui demeure à mes yeux la plus effroyablement fascinante.

Contrairement aux « Dents de la mer » ou le requin est un monstre démesuré presque mythique, les requins du film de Kentis sont de simples êtres vivants réagissant sans méchanceté mais comme des prédateurs devant deux proies isolées et vulnérables à la dérive en pleine mer.

C’est en cela que le film est pour moi prodigieux, dans le sens ou le prédateur ne tue pas par goût du mal ou de la cruauté mais par pur instinct naturel.

Personnellement cette peur primitive, celle d’être dévoré par un animal, est l’une de mes plus grandes terreurs car elle réduit l’être humain qui se voit en superbe machine pensante à son statut de tas d’os et de viande parfaitement comestibles et transformables.

Je recommande donc ce film à tous les amateurs de plongée qui sont persuadés que seules trois ou quatre espèces de requins sont dangereuses pour l’homme.

Tout dépend pour moi de la dangerosité de la situation et le fait d’être isolé et blessé en pleine mer en est une.


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4 juin 2010 5 04 /06 /juin /2010 19:08

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Plongée vers une guerre relativement méconnue aujourd’hui, celle franco-prussienne de 1870 avec « Les Français et la guerre de 1870 » de l’historien Jean-François Lecaillon.

Si la « Grande guerre » et surtout la « Seconde guerre mondiale » bénéficient d’une surexposition médiatique de nos jours,  la guerre de 1870 plus lointaine et brève contre le dernier grand ennemi historique de la France est quelque peu tombée dans l’oubli.

L’originalité du livre de Lecaillon est de se baser sur les témoignages écrits de soldats mais aussi sur de simples particuliers pris dans la tourmente pour multiplier les points de vue inédits.

La guerre se déclenche à l’été 1870 suite à la revendication du trône de l’Espagne par le prince Léopold de Hohenzollern-Sigmaringen, cousin du roi de Prusse Guillaume.

Craignant la constitution d’un axe Prusse-Espagne, la France exige son retrait.

La montée de tension et une succession de maladresses diplomatiques orchestrées par le chancelier Bismarck conduisent la gouvernement républicain français de l’époque a déclarer la guerre sans que Napoléon III malade n’intervienne.

Dés lors c’est l’engrenage guerrier fatal conduisant les deux pays au choc frontal en Alsace Lorraine ou se dérouleront la majeure partie des combats.

Assez rapidement malgré un enthousiasme belliqueux de façade, l’armée française mal préparée et trop sure d’elle essuie de cuisants revers.

Lecaillon analyse remarquablement les causes multiples de ces échecs, mettant en cause principalement le manque de vision d’ensemble, d’organisation des officiers français, incapables de coordonner leurs troupes ainsi que le manque d’entraînement des recrues civiles inexpérimentées et indisciplinées qui viennent s’ajouter à l’obsolescence des stratégies militaires employées.

En effet les Français ont pour l’occasion une guerre de retard.

Ils ont une stratégie d’attente, misant tout sur les assauts combinés de la cavalerie à ceux de l’infanterie française réputée pour sa « furia » dévastatrice.

La bravoure et le sens de l’honneur sont mis en avant.

En face, les Allemands ont intégrés la notion de guerre industrielle ou l’homme est finalement secondaire par rapport au matériel.

La puissance et la précision de leur artillerie surclassent celle de français, les pillonnant sans relâche à distance, massacrant cavaliers et fantassins avant même qu’ils aient pu engager le combat.

Lors des rares assauts, les Allemands font mine de se dérober pour forcer les Français à les pourchasser et les faire tomber sur d’autres vagues de combattants embusqués avec leurs mitrailleuses.

Ils exploitent également de manière redoutable le renseignement, interceptant la presse et les courriers de leurs adversaires.

Devant pareil déséquilibre et malgré quelques rares exploits individuels sans lendemain, l’armée française dirigée par les général Bazaine et le maréchal Mac Mahon est rapidement contrainte à la retraite qu’elle fait dans le désordre le plus complet.

A ce titre, les interminables hésitations du général Bazaine dirigeant les armées sont très révélatrices du manque d’analyse et de capacité de réactions des troupes françaises.

Retranché à Metz, il se refuse à tenter une sortie attendant qu’une armée de Paris viennent l’aider à briser le blocus allemand alors que dans le même temps Paris également assiégé attend de même d’être libéré par ses soins !

Les tensions sont également très vives dans la capitale ou les militaires sont jugés incompétents ou achetés par l’ennemi.

Des troubles éclatent, menaçant la fragile stabilité du gouvernement en place.

Les tentatives pour desserrer l’étau germanique échouent toutes, car les groupes de miliciens formés à la hâte dans les provinces ne sont pas soutenus par les troupes régulières qui se méfient d’eux.

De plus les paysans sont peu mobilisés pour cette guerre, craignant les violentes représailles prussiennes contre la population.

Ils demeurent au final plutôt spectateurs et les effets escomptés de harcèlement par guérilla sur l’armée prussienne demeurent largement inefficaces.

Le 2 Septembre 1870, Napoléon III capitule après la bataille de Sedan ce qui entraîne la création d’un gouvernement de défense nationale ou siège Gambetta.

Après de nombreuses manœuvres assez douteuses de double jeu pour négocier avec l'ennemi, Bazaine capitule à son tour le 29 Octobre à Metz.

Le ressentiment et l’instabilité qui règnent à Paris aboutissent au soulèvement gauchiste de la Commune en 1871 qui sera réprimé dans le sang par Mac Mahon.

Lors d’un humiliant traité de paix signé à Versailles le 26 Février 1871, la France accepte donc de céder l’Alsace et la Lorraine ainsi que de verser des indemnités financières à la Prusse victorieuse de Bismarck et de Guillaume.

Lecaillon exprime alors le fort ressentiment qui anime les français.

Victime idéale en raison de son attitude trouble et peu combative, le général Bazaine est jugé, destitué et condamné à 20 ans de prison.

En conclusion, « Les Français et la guerre de 1870 » est un pur ouvrage d’historien.

Le style littéraire n’est pas à rechercher, le travail réalisé ici étant minutieux et analytique dans un souci de réalité historique.

Lecaillon examine les situations avec lucidité, atténuant souvent les responsabilités individuelles des chefs français pour insister sur les erreurs collectives à tous les échelons du pouvoir politique et de la hiérarchie militaire.

Bien souvent il envisage les multiples possibilités qui s’offraient aux dirigeants pour conclure que au final toutes les solutions présentaient des inconvénients.

J’avoue que j’ai trouvé que cet exercice systématique assez vain.

J’ai en revanche apprécié les récits de combat par des soldats, réalisant l’horreur absolue de la guerre moderne capable avec ses machines de massacrer les hommes en quantité industrielles au rythme de 100 hommes à la minute.

L’étude de cette guerre est pour moi intéressante en tant que prélude à celle de 1914-1918 ou la France considérera qu’elle a  une revanche à prendre sur la terrible humiliation subie.


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