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6 décembre 2009 7 06 /12 /décembre /2009 20:14

 

 

Comme pour beaucoup de groupes phares du début des années 70, la fin de cette décennie magique va marquer une grosse période de perte de vitesse pour Black Sabbath avec des albums d’une grande faiblesse comparativement aux merveilles précédemment réalisées.

En 1978, Ozzy Osbourne le mythique chanteur des débuts quitte le navire pour se lancer dans une carrière solo.

Deux ans après, Black Sabbath refait surface en engageant Ronnie James Dio, ex chanteur du noins moins mythique Rainbow.

Le petit américain à la voix d’airain reprend donc le micro et le groupe sort « Heaven and hell » à la pochette minimaliste assez amusante en 1980.

Le morceau introductif « Neon knights » véritable hymne très compact, rapide et enlevé, frappe très fort et marque une nouvelle orientation vers un style plus orienté heavy metal 80’s.

La voix magnifique de Dio fait des merveilles sur « Children of the sea » , sorte de power ballade aussi mélodique qu’épique.

Avec son mid tempo hard rock trop classique, «Lady evil » se montre peu inspiré et assez ennuyeux à l’écoute.

Le grand Sabbath est de retour sur « Heaven and hell », joyau inoubliable de prêt de 7 minutes ou le groupe alterne avec sa classe habituelle splendides passages mélodiques et grandes montées gorgées de puissance.

Comme « Lady evil » , « Wishing well » appartient à la catégorie des morceaux un peu trop simples et évident pour pleinement charmer.

Mais les anglo-américains surprennent encore avec une incroyable trouvaille, le très enlevé « Die young » , véritable hymne rock and roll qui sera repris par des générations de groupes durant plusieurs décennies.

Le break central, tout en finesse et en subtilité avant une reprise fulgurante de vitesse confère à lui seul le statut d’hymne inoubliable à ce titre hors norme.

Troisième titre faiblard, « Walk away » se montre un sympathique mid tempo hard rock sans grande originalité.

Long, lent, dense, riche et complexe « Lonely is the word » achève brillamment ce disque de grande classe.

En conclusion, il apparaît clairement qu’avec « Heaven and Hell » , Black Sabbath évolue vers un heavy metal plus compact, viril et conquérant et donc en adéquation avec la décennie à venir dominée par Judas Priest et Iron Maiden.

On pourra y voir l’influence très nette de Dio, chanteur de petite taille mais à forte personnalité, véhiculant avec lui un univers très particulier d’imaginaire de magie et d’heroic fantasy.

Dio chante très bien, possède une voix à la fois puissante et mélodique mais son style affirmé reste assez éloigné de celui plus fragile d’Osbourne.

De plus les compositions même globalement brillantes et efficaces paraissent toutefois receler moins d’émotion et de charme que celles de l’époque des années 70-75, période ou Black Sabbath touché par la grâce alignait les chefs d’œuvres inoubliables à un rythme frénétique.

Malgré cela, « Heaven and hell » est un bon voir très bon album des années 80 et sans nul doute le meilleur de l’ère Dio.


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Published by Seth - dans Heavy Metal
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6 décembre 2009 7 06 /12 /décembre /2009 18:08


« La dernière femme » de Jean-Paul Enthoven est un livre hommage à neuf femmes qui l’ont aidé à se construire comme écrivain ou comme homme.

A travers toutes ces femmes se dessinent approximativement le portrait robot de l’idéal féminin de l’auteur fasciné par les femmes libres, indépendantes et généralement issues d’un milieu aisé, intellectuel ou artistique.

Bien sur puisqu’on parle du regard d’un homme sur des femmes, l’aspect séduction tient une place importante, Enthoven étant captivé par le destin de femmes dont la beauté et l’élégance mettaient la plupart des hommes à leur pieds du temps de leur jeunesse avant que ce mystérieux pouvoir ne s’évanouissent au fil des années passées.

Parmi cette galerie de femmes hors du commun on trouve donc un premier portrait de Louise Villmorin, écrivain et poétesse, compagne de Malraux.

Cette femme mondaine insatiable croqueuse d’hommes fréquenta la haute société de la belle époque qu’elle régala de ses bons mots.

Comme beaucoup de femmes belles et egoiste, elle finit sa vie dans une relative solitude.

Colette Peignot poète sous le nome de Laure, eut un destin similaire.

D’un tempérament révolté et de santé fragile, Laure eut une vie instable, de nombreux amants, pratiqua le sado masochisme dans une recherche d’auto aliénation.

Laure inspira quelques personnages féminins de romans de Jean Bernier et de Georges Bataille dont elle fut la compagne.

Nancy Cunard fut un écrivain anglaise antifasciste qui par haine et défi pour sa mère et son milieu de la haute bourgeoise ne fréquenta que des hommes noirs.

Sa vie tumultueuse s’acheva dans les rues de Paris dans une déchéance totale.

Louise Brooks fut une actrice américaine.

D’une grande beauté avec ses cheveux noirs coupés courts et son visage délicat, elle devint une star du cinéma muet dans les années 30.

Enthoven retrace toute sa carrière la comparant aux plus grandes, Marlène Dietrich ou Greta Garbo.

Marie Bonaparte, descendante de la famille de l’empereur, est dépeinte comme une femme frigide recherchant désespérément le plaisir, et ne trouvant de dérivatif que dans sa liaison avec le Docteur Freud et la psychanalyse dont elle devint une éminente spécialiste.

Enthoven décrit ensuite la tumultueuse relation entre Zelda et  Scott Fitzgerald, et l’inspiration que ce dernier en tira pour écrire ses plus belles œuvres.

Françoise Dorléac, actrice étoile filante, sœur de Catherine Deneuve, décédée prématurément en pleine jeunesse a un droit à son hommage de choix tout comme Françoise Sagan, dont le talent, la sensibilité, l’intelligence et la lucidité sont mis en lumière.

Le livre se clôt sur cette mystérieuse dernière femme une mystérieuse italienne prénommé Flaminia rencontrée le jour de l’enterrement d’un ami de fête commun.

Cette dernière rencontre semble la plus ancrée une réalité que l’auteur sait par avance décevante et ne reposer que sur une attraction physique bien fragile.

En conclusion, « La dernière femme » est un livre étrange, dont le principal défaut est de trop souvent se répéter.

L’attirance d’Enthoven pour les intellectuelles de la haute bourgeoisie dont le destin tout tracé déraille par la fautes d’une combinaison de circonstances et de caractères exceptionnels pour finir par sombrer paraît manifeste.

On décèle dans cet ouvrage un fort parfum de mélancolie, l’éternel mélange entre l’Eros et le Thanatos car Enthoven semble réellement hanté par la mémoire de ces femmes qu’il regrette.

L’auteur a semble t il connu la plupart de ses femmes, mais plutôt en spectateur semble t il et pas de manière nécessairement intime, ce qui produit quelque fois un étrange mélange de fantasmes et de réalité.

Ayant des goûts plus simples, je dois avouer ne pas avoir été très sensible à ces portraits de femmes oisives se faisant souvent entretenir par des hommes fortunés pour mener une vie de débauche.

Le style de l’auteur, très ampoulé, souvent en recherche d’une « bonne formule » peut également parfois irriter.

Le seul intérêt de  « La dernière femme » est pour moi celui d’en apprendre davantage sur des destinées de femmes hors du commun des années 30-60, période trop récente pour être abondement étudiée dans les livres d’histoires et trop ancienne pour que beaucoup de gens l’aient vécue.

Une belle phrase emplie de sagesse pour terminer "L'icone murmure : Tu vois c'est le néant qui gagne. Ne t'en soucie plus. Et accepte la supériorité de ce noble ennemi".

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Published by Seth - dans Histoire
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2 décembre 2009 3 02 /12 /décembre /2009 22:03


Appliquant le vieil adage de battre le fer tant qu’il est encore chaud, nos métallurgistes de Black Sabbath alignent gaillardement « Sabbath bloddy sabbath » en 1973 soit un an à peine après leur dernier méfait.

D’un premier abord le niveau de recherche artistique semble cette fois plus élevé sur la pochette, à la fois morbide et fantastiquement sophistiquée.

La sorcellerie et l’ésotérisme ayant toujours été revendiquées par le groupe, l’image d’un démon prenant possession d’un corps d’un enfant innocent est je trouve une bonne représentation du terrible pouvoir hypnotique et envoûtant de la musique de Black Sabbath en général et de ce disque en particulier.

Le ton est donné avec « Sabbath bloody sabbath » , le groupe a évolué,  le son de guitare bien que toujours lourd est cette fois moins écrasant au profit d’une dynamique accrue et de mélodies d’une limpidité aveuglante.

Légèrement influencé par le rock progressif, Black Sabbath insuffle un souffle nouveau à sa musique à l’origine lourde et sombre, générant sophistication et luminosité complètement inattendue.

Les morceaux s’enchaînent alors formant un tout parfait d’une fluidité, d’une grâce et d’une classe exceptionnelles.

« A national acrobat » dansant en équilibre fragile sur un fil est à tomber à genoux et à implorer grâce devant pareil prodige de musicalité.

Plus doux, le splendide instrumental « Fluff » berce chaleureusement l’auditeur dans un merveilleux enchantement, avant que « Sabbra cadabra » ne vienne le réveiller de sa torpeur à l’aide de son riff mythique.

Divine surprise, « Sabbra cadabra » est un titre joyeux et virevoltant, ou Ozzy Osbourne chante son bonheur d’avoir trouvé l’ame sœur et le moins que l’on puisse dire est que ce torrent de bonheur et de spontanéité est ici irrésistiblement communicatif.

On croit alors pouvoir reprendre un peu son souffle après une pareille pluie de merveilles mais il n’en est rien, le groupe enchaînant avec un « Killing yourself to live » détenteur de la même grâce et du même envoûtement mystique que ces prédécesseurs.

Possédant un coté futuriste assez kitsch aujourd’hui, « Who are you » est peut être le seul morceau à sortir du lot, à briser l’unité sacrée et surnaturelle de l’ensemble.

Néanmoins cette incartade étrange vers la science fiction ne constitue pas pour autant une expérience désagréable.

L’incroyable démonstration de génie reprend avec « Looking for today » avec sa mélodie de flûte aérienne et son refrain tardif terriblement enivrant.

L’album se termine avec « Spiral architect » ses violons, son ambiance de concert classique, son emphase et ses irrésistibles vagues mélodiques qui viennent achever l’auditeur déjà soumis devant une force supérieure qui le dépasse allégrement.

Vous l’aurez compris en lisant mes commentaires dithyrambiques, « Sabbath Bloody sabbath » est pour moi et de fort loin le meilleur album de Black Sabbath, l’un des meilleurs albums que j’ai écouté dans toute ma vie et une référence absolue de ce que le heavy metal a produit de mieux dans son histoire.

Black Sabbath se révèle sous un jour nouveau, déploie ses ailes de géant et atteint avec ce disque inoubliable dont chaque note est un enchantement son apogée artistique, enrichissant de myriades de mélodies fraîches et sublimement raffinées son style originel sombre, austère et lourd comme l’enterrement d’un proche.

Si un jour notre civilisation s’éteint, je pense que des extra terrestres venant sur Terre bien après nous découvrant ce disque seraient eux même fascinés comme nous pouvons l’être par les mégalithes préhistoriques de Stonehenge.

« Sabbath Bloody sabbath » : un joyau de pure classe à rendre acco à la musique rock des années 70.

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2 décembre 2009 3 02 /12 /décembre /2009 20:41



« Une imposture française » est le résultat d’une enquête menée par deux journalistes Nicolas Beau et Olivier Toscer autour de la personnalité de Bernard Henri Lévy.

Beau travail au Canard Enchaîné et Toscer au Nouvel Observateur.

Comme l’indique son titre offensif, ce livre est un dossier à charge contre l’écrivain philosophe, journaliste et homme d’affaires le plus médiatique de France.

Le livre insiste longuement sur la puissance des réseaux de BHL dans le monde des média ou il demeure un ami des personnages aussi influents que Arnaud Laguardére ou François Pinault.

Selon les auteurs, ses relations lui permettent d’exercer des fortes pressions sur les principaux journaux de France, et nul rédacteur en chef que ce soit au Monde, à Libération, à l’Express ou dans Elle ne peut y être insensible.

BHL se servirait aussi de ses réseaux pour orchestrer des campagnes de presse pour promouvoir ses livres, actionnant les relais adéquats comme Thierry Ardisson ou Michel Drucker deux des plus grand diffuseurs de culture du paysages audiovisel français.

Ce qui semble frappant c’est l’envie maladive que l’écrivain semble avoir sur tout sur son image, tout ce qui est dit ou écrit sur lui ou ses proches.

Le livre le fait paraître comme terriblement orgueilleux, paranoïaque, hyper sensible et agressif dés qu’on touche à cet aspect la.

Plusieurs journalistes semblent ainsi avoir fait les frais de leur objectivité.

Après cette première attaque en règle, le duo journalistique creuse  la brèche plus profondément et dénonce l’appétit du gain de cet héritier d’une grande entreprise ayant fait fortune dans la déforestation de l’Afrique.

Les nombreux placements financiers et le train de vie de nabab de l’écrivain font de lui un hommes d’affaires sans scrupule cadrant mal avec l’image de haute moralité et de détachement matériel que l’on peut se faire d’un véritable philosophe.

Mais l’attaque la plus virulente est pour moi sur le domaine de la création.

Que le duo dénonce certaines incohérences dans les inclinaisons politiques de BHL ne me choque pas outre mesure, les intellectuels ayant le droit de changer d’avis mais c’est surtout son incroyable opportunisme qui est ici mis en cause.

La manière d’obtenir des crédits publics pour monter son film raté « le Jour et le Nuit » ou celle assez insupportable de romancer l’exécution horrible du journaliste Daniel Pearl, pourront paraître à ce titre très révélatrices de la personnalité de cet homme prêt à tout pour sa gloire personnelle.

Plus drôle est la vision des journaliste américains sur son livre « American vertigo » dans une tentative visiblement ridicule de se comparer à De Tocqueville.

Le livre fait aussi état d’accusations de plagiat ce qui ternit encore plus l’image de BHL.

Si les saillies sur son manque de courage physique semblent être un peu gratuites, l’idée dominante est tout de même celle d’un escroc, bâclant ses enquêtes, inventant, mentant et projetant ensuite une image toute à sa gloire par son puissant réseau de connaissances économico-politico-médiatiques.

Au final « Une imposture française » amuse par son coté au vitriol, tournant en dérision un personnage déjà assez caricatural et peu sympathique au premier abord.

Il doit sans doute y avoir une grande part de vraie dans l’analyse qui est faite, les journalistes citent en effet à chaque fois précisément leurs sources,  mais ce pilonnage en règle ne laisse à vrai dire pas l’ombre d’une chance à l’écrivain qui apparaît quelques fois comme un monstre egoiste et froid.

Il me paraît évident que comme tous les hommes médiatiques d’un haut rang, BHL possède des réseaux et de l’argent, par contre la question de son total manque d’intégrité peut à mon sens prêter à débat.

L’étape suivante serait donc pour se faire une opinion objective de lire un livre de cet « imposteur français » , voir son film avec Arielle Dombasle s’avérant sans doute au dessus de mes forces déjà limitées.

« Une imposture française » est donc à prendre comme un livre distrayant tout en gardant le sens de la mesure.

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Published by Seth - dans Journalisme
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29 novembre 2009 7 29 /11 /novembre /2009 21:06


Black Sabbath poursuit sa production  de disques à une cadence de stakhanoviste et sort en 1972 son quatrième album en trois ans : « Vol 4 ».

Si le titre et la pochette minimalistes laisseraient à penser que l’inspiration des quatre de Birmingham s’essouffle, la suite viendra rapidement défausser ce jugement hâtif.

« Wheels of confusion » entame calmement cette nouvelle danse macabre.

Ce titre fleuve s’étalant sur plus de huit minutes, alterne périodes de langueurs hypnotiques anesthésiantes et passages plus fiévreux.

Comme souvent, Black Sabbath excelle dans cet exercice ou de sublimes éclaircies apaisantes jaillissent au milieu de sombres et denses forets de riffs monolithiques.

Pantelant après cette impressionnante démonstration de maîtrise, l’auditeur enchaîne sur « Tomorrows dream », agréable bien que plus modeste malgré un son implacable et un Ozzy Osbourne à la voix toujours impeccable.

Interprétée au piano avec des violons en soutien, « Changes » est une ballade déchirante de beauté ou Ozzy pleure avec regret un amour perdu.

Je ne crois pas avoir entendu mieux dans ce registre dans ma vie.

Le bizarroïde, dérangeant et futuriste instrumental « FX », introduit « Supernaut » qui révèle au monde ébahi un groupe au fait de son art, avec un chanteur en état de grâce  en parfaite symbiose avec les riffs hors classe de la guitare de Maître Iommi.

On aimerait que « Supernaut » dure toute l’éternité tant ce titre regorge de fluidité, de classe et d’inspiration.

Aussi incroyable que cela puisse paraître, « Snowblind » lui est pourtant supérieur.

Il faut dire que « Snowblind » est une pièce maîtresse du répertoire du groupe, le genre de morceau qui vous étourdit de plaisir, vous attire inexorablement et vous fait aimer un groupe comme on entre en religion.

Superbe power-ballade d’une grâce en apesanteur, d’une beauté et d’une tristesse à faire pleurer, « Snowblind » propose un voyage sensoriel enivrant qu’on ne souhaiterait jamais terminer.

On aura beau me répéter que la musique classique ou le jazz sont supérieurs au rock, jamais ces musiques ne m’ont autant bouleversées que « Snowblind ».

Après avoir contemplé de tels sommets, on est bien forcé de redescendre sur terre pour ne pas courir le risque de manquer d’air, et le très ésotérique « Cornucopia » remplit tant bien que mal cet office.

Instrumental angélique, « Laguna sunrise » lance la nerveuse « Saint Vitus Dance » .

Malgré la courte durée de cette danse, le tempo rapide, l’alternance dévastatrice de riffs pachydermiques et rock and roll produisent un mélange du meilleur effet.

Concluant l’album, « Under the sun » s’inscrit dans la lignée des titres longs, sombres et tortueux recelant leurs lots de trésors enfouis se dévoilant au fur et à mesure d’une écoute attentive.

En résumé, « Vol 4 » est un album de haute volée et d’une très grande richesse musicale.

Les six premiers titres sont pratiquement tous exceptionnels, la deuxième partie du disque étant d’un niveau moins haut bien que toujours de très bonne qualité.

« Vol 4 » est triste, sombre mais tellement beau, riche et inspiré qu’il transperce votre ame de part en part par ces quelques éclairs de génie.

Difficile donc de ne pas succomber à ce charme vénéneux, cette grâce hypnotique, ces longs anneaux de brume qui vous enveloppent tel un énorme serpent immortel sur de sa force divine.

« Vol 4 » ne sera sans doute pas l’album le plus plébiscité dans la carrière du Sab’’ mais j’assume les faiblesses coupables que j’ai à son égard.

Vous avez dit Sorcellerie ?

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29 novembre 2009 7 29 /11 /novembre /2009 18:21


Après Darwin, Albert Einstein autre grand penseur qui révolutionna en son temps sa discipline : la physique théorique.

Ecrit entre 1934 et 1955, « Comment je vois le monde » mélange point de vues politiques, philosophiques, épistémologiques et scientifiques de celui qui est souvent considéré comme le symbole du génie intellectuel.

En lisant ce livre, on est frappé de la modestie et de la gêne du savant par rapport à son aura de star aux Etats Unis et de part le monde entier.

L’homme se montre plutôt humble et met en avant son éternel émerveillement devant les miracles indéchiffrables même pour lui de la nature et de la vie.

Cet émerveillement constitue son carburant principal en temps que chercheur, car il le pousse à comprendre.

Einstein a une vision plutôt pessimiste du monde dans lequel il vit.

Il est vrai qu’il a vécu deux guerres mondiales, vu la folie des hommes et du fuir son pays natal pour échapper aux persécutions à l’encontre des juifs.

Einstein est conscient que ses travaux ont permis l’éclosion des armes nucléaires et il perçoit le monde comme potentiellement capable de s’auto détruire.

L’homme paraît être dégoûté des politiciens et s’en méfier grandement.

Il prône une indépendance totale des scientifiques par rapport à la politique et souhaite créer un grande communauté scientifique internationale capable de peser d’un point de vue moral sur les grandes décisions de ce monde.

L’engagement pacifiste d’Einstein apparaît très fortement, l’homme adepte de la non violence, voue une admiration sans borne à Gandhi, condamne le nationalisme, le service militaire obligatoire et va jusqu’à soutenir les objecteurs de conscience.

Après guerre, Einstein jouera de tout son influence pour pousser à un désarmement des Nations.

Le savant fait preuve d’un jugement acéré quand il dénonce la montée du matérialisme dopé par une technologie souveraine.

Il critique également le système éducatif qui spécialise trop tôt les individus et les met en compétition, les empêchant de développer la curiosité nécessaire à leur développement intellectuel.

Se dessine alors le portrait d’un homme progressiste et farouchement indépendant.

Au niveau de la religion, j’ai été surpris de ses prises de position très marquées en faveur d’Israël et du Sionisme.

Einstein est bien conscient des problèmes entre Arabes et Israéliens en Palestine mais il fait preuve d’un optimisme beat et se félicite de la création de l’état d’Israël en pensant que les problèmes de cohabitation seront réglés.

Einstein vante les mérites du Judaïsme religion « morale » respectueuse de la vie et rapproche l’engagement du scientifique croyant à une religion « cosmique » à celui du prophète religieux avide de compréhension.

Pour autant Einstein ne croyait pas à un dieu se souciant de la destinée humaine mais à un dieu cosmique soucieux de l’harmonie de toute chose.

J’ai été surpris de sa volonté de repli communautarisme mais celle ci peut s’expliquer après la violence du traumatisme de la Shoah et des persécutions.

La dernière partie du livre est la plus scientifique avec un résumé de la théorie de la relativité puis un historique des travaux de ses  prédécesseurs et collègues comme Lorentz qu’il appelle le Maître , Planck, Maxwell mais aussi Euclide, Kepler dont il vante le génie intuitif ou Newton, le père de la mécanique classique et qu’on peut considérer comme le  « Einstein de son époque ».

En conclusion, « Comment je vois le monde » est un livre instructif dans la mesure ou il permet de mieux cerner la personnalité complexe et l’engagement d’un des plus grands savants de tous les temps.

Si Einstein apparaît comme un homme plutôt de gauche, foncièrement athée, pacifique, dédaigneux des richesses, des honneurs et choqué par les inégalités de classes sociales, il n’en soutient pas moins un Sionisme actif et vante les mérites du système ultra libéral des Etats Unis qui l’ont accueilli pendant son exil et ou il finit sa vie.

Pour ma part, même si j’ai admiré le courage d’un homme osant écrire au premier ministre de l’Italie fasciste pour soutenir ses confrères italiens ou se retirer de l’Académie de Prusse en raison de son adhésion au système nazi, je dois avouer avoir eu beaucoup de difficultés avec les parties plus scientifiques de l’ouvrage.

Sans bagage conséquent dans ce domaine, il est en effet difficile de bien suivre les démonstrations même « vulgarisées »  du Maître.

Malgré cela,  cet essai replacé dans son époque montre qu’il y a bien longtemps les scientifiques osaient prendre des risques et s’exprimer de manière courageuse et indépendante au mépris des diverses sphères d’influences politiques.

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Published by Seth - dans Science
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29 novembre 2009 7 29 /11 /novembre /2009 12:55


En 1971, toujours sur sa formidable lancée, Black Sabbath sort « Master of reality » à la sobre pochette toute de noire vêtue.

Si la composition du groupe reste stable, en revanche son statut a incroyablement changé depuis l’énorme succès de « Paranoid », faisant de  Black Sabbath à une formation de premier plan dans le monde encore balbutiant du hard rock.

« Sweat leaf » ouvre ce disque par une introduction façon « Allô tonton pourquoi tu tousses ? » que n’aurait pas reniée Fernand Raynaud.

Plus sérieusement, « Sweat leaf »  est un titre magique, ou se balance un riff lourd et entêtant au pouvoir hypnotique absolument irrésistible.

Dans ce morceau très controversé, Ozzy Osbourne chante son amour immodéré pour le hachich qu’il assimile à un nouveau dieu guidant sa vie.

L’efficacité des riffs de Tony Iommi est encore au rendez vous sur « After forever » même si ce titre sympathique manque à mes yeux légèrement de tranchant.

Le court et surprenant instrumental Moyenâgeux « Embryo » lance l’ultra massif « Children of the grave » qui balaye tout sur son passage avec sa rythmique colossale.

Le couplage de cette rythmique puissante et menaçante à la voix sinistre d’Ozzy égrenant des textes apocalyptiques permet au groupe d’atteindre l’apogée de son art.

Le court instrumental, « Orchid » apaise salutairement une atmosphère lourde comme du plomb, avant que « Lord of this world » ne déroule sa structure alambiquée et déroutante peuplée de belles envolées mélodiques et de franches stagnations.

Chanté par un Ozzy dans un style particulièrement émouvant et épuré alors que Iommi caresse ses cordes avec douceur, « Solitude » est la très belle ballade mélancolique de l’album.

Long et envoûtant comme un voyage spatial, alternant fulgurances étincelantes et lenteurs poisseuses, « Into the void » conclut brillamment le travail des quatre sorciers de Birmingham.

En conclusion, bien que légèrement moins prenant que ces deux glorieux prédécesseurs  de renom, « Master of reality » n’en demeure pas moins un très bon album ou Black Sabbath confirme son statut de groupe majeur au style inventif immédiatement reconnaissable.

L’auditeur est frappé par ce son écrasant, cet univers sombre, trouble et hypnotique peuplé d’un vaste catalogue de riffs tour à tour séduisants ou menaçants, mais toujours captivants.

Seuls quelques morceaux moins créatifs, des instrumentaux parfois sans grand intérêt et une durée bien trop courte (à peine plus de 34 minutes ! ) empêcheront  donc ce « Maitre de la réalité » de se hisser au rang des Maitres de ma discothèque.

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27 novembre 2009 5 27 /11 /novembre /2009 22:23


« Darwinia » est un roman de Science Fiction écrit par un auteur canadien du nom de Robert Charles Wilson.

Le titre n’a en réalité qu’un lointain rapport avec Charles Darwin.

L’histoire se déroule en 1912 lorsqu’une catastrophe d’origine inconnue transforme l’Europe en une vaste jungle peuplée d’espèces végétales et animales aussi mystérieuses que dangereuses.

Une partie de l’Angleterre assez heureusement épargnée par la catastrophe dispute aux Etats Unis d’Amérique la Nouvelle Europe, territoire rendu quasi vierge à présent nommé Darwinie.

Ce phénomène  inexpliqué provoque un retour en force de la religion puis des thèses créationnistes qui parlent de miracle divin et contestent de plus en plus les thèses évolutionnistes issues de Darwin.

Huit ans après le "miracle", Guilford Law, jeune photographe américain se lance dans une expédition scientifique menée par des savants créationnistes afin d’explorer la Darwinie.

Wilson opte donc tout d’abord pour un classique roman d’aventure narrant le périple d’une expédition s’enfonçant le long du Rhin dans un immense territoire inconnu et dangereux, peuplé de bandes de pillards appelés les Partisans et d’inquiétantes créatures insectoides dont certaines sont mortelles pour l’homme.

Bien entendu les péripéties s’accumulent et l’expédition est décimée.

Law très affaibli est l’unique rescapé avec Tom Compton le pisteur qui les guidaient à travers la jungle.

Mais au cours de leur voyage, les tenaces scientifiques ont eu le temps de découvrir une mystérieuse cité abandonnée ou figure un vertigineux tunnel plongeant dans les entrailles de la terre.

De retour en Angleterre ou il a laissé sa famille, Law apprend que sa femme l’ayant cru mort l'a trompé puis quitté pour aller vivre avec sa fille Lucy avec un militaire en Australie.

Entre temps les Etats Unis ont attaqués et soumis l’Angleterre lors d’une guerre éclair.

Puis petit à petit le récit prend une autre tournure avec l’apparition de Elias Vale, médium habité par un dieu le rendant quasi immortel, capable de parler avec les morts ou de lire l’avenir.

Malgré ses immenses pouvoirs, Vale est un personnages attachant qui vit ses dons comme un terrible fardeau.

Law refait sa vie en Méditerranée, a un enfant mais découvre également d’étranges phénomènes comme la présence d’un double de lui même, soldat tué lors de la première guerre mondiale en 1917.

Il s’aperçoit qu’il est lui même quasi immortel, étonnamment résistant à la douleur, et presque insensible au vieillissement.

Les énigmes s’épaississent alors lors de courtes mais intenses et complexes digressions de pure Science Fiction.

Au final les fils se dénouent et Wilson révèle au lecteur le pourquoi de ce livre étrange.

Les Noosphères, consciences vivantes de l’univers sont en lutte avec les Psions, démons virus colonisateurs d’êtres humains.

Les consciences des humains morts sont archivées par les Noosphères et voyagent dans l’univers … mais les Psions menacent d’invasion le monde parfaitement organisé des Archives.

L’apparition de la Darwinie en 1912 est le résultat d’une première tentative d’invasion de la Terre stoppée in extremis mais les Psions ont préparé leur prochaine attaque à l’aide du tunnel exploré par l’équipe de Law.

Dans cette guerre, Noosphères et Psions ont chacun choisi leur soldats en puisant dans les archives des consciences d’hommes morts pour revenir s’affronter sur terre.

Law ou Compton, représentent les soldats des Noosphères chargés de combattre ceux des Psions comme Vale ou Crane.

Fort de ce constat, le roman se termine par l’affrontement final entre les deux camps dans une ambiance apocalyptique.

En conclusion, « Darwinia » est un roman étrange, très particulier, oscillant entre plusieurs genres comme le roman d’aventures avec un récit à la John Conrad dans « Au cœur des ténèbres » avant de basculer  dans le fantastique à la Dan Simmons dans « L’échiquier du Mal » avec la présence d’êtres élus possédant des pouvoirs les plaçant au dessus des autres humains avant de finir assez brutalement par de la Science Fiction la plus tarabiscotée.

Le sentiment qui domine est que, dispersé entre toutes ses multiples influences, le roman peine à trouver sa voie, la partie « aventure » étant pour moi de loin la plus décevante et la partie « fantastique » violente et cynique à souhait la plus réussie.

« Darwnia » est donc un livre assez imaginatif et audacieux mais qui à partir d’une idée de base excitante s’éparpille un peu trop à mon goût pour être pleinement réussi.

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22 novembre 2009 7 22 /11 /novembre /2009 20:28


« L’origine des espèces » de Charles Darwin est souvent classé dans les livres majeurs ayant changé le monde et bousculé les idées reçues en raison de leur coté novateur.

Il me semblait donc intéressant de m’atteler à sa découverte.

Première remarque, il s’agit d’un ouvrage scientifique écrit par un savant et non d’un roman écrit par un écrivain, inutile donc de chercher dans « L’origine des espèces » de grands frissons littéraires ou un souffle épique qui vous emportera.

Le style est précis, assez froid et aride, la forme structurée (presque trop) puisque Darwin se résume souvent et souligne  fréquemment les transitions entre les differentes parties de son ouvrage qu’il mit plus de vingt ans à rédiger à partir d’observations de la faune et de la flore qu’il réalisa en 1831 lors d’un voyage en bateau d’une durée de cinq ans qui le mènera de l’Angleterre à l’Amérique du Sud, en passant par l’Afrique, l’Australie et les îles de l’hémisphère sud.

Le but de Darwin est de prouver une théorie de l’évolution, permettant à partir d’espèces  animales ou végétales originelles et  généralement éteintes de remonter jusqu’à nos jours par un système d’arbres généalogiques.

Cette théorie allant à l’encontre du créationnisme religieux qui décrétait que Dieu avait crée toutes les espèces indépendamment les unes des autres, était à l’ époque très hardie et difficile à défendre.

Le fondement de la pensée de Darwin repose sur la notion de variabilité des espèces mais encore faut il mettre cette variabilité en évidence et cerner les facteurs susceptibles de la provoquer.

Darwin s’intéresse tout d’abord aux animaux domestiques, qui sélectionnés artificiellement par l’homme pour répondre à ses besoins, finissent par évoluer de telle manière à former une nouvelle espèce n’ayant presque plus aucun lien avec l’espèce sauvage dont elle était originellement issue.

A cette sélection par l’homme s’ajoute la cause prépondérante de la variabilité celle de la sélection effectué par la Nature.

Pour Darwin en effet, les espèces sont en perpétuelle compétition pour leur survie, ce qui fait que seuls les individus les mieux armés sont susceptibles de perpétuer leur race par le principe de l’hérédité.

Hors pour survivre au fil des siècles, les espèces n’ont pas d’autres choix que de s’adapter pour faire face aux variations de leur environnement, soit par rapport aux conditions climatiques, soit par rapport à leurs prédateurs ou à leurs concurrents.

Donc seuls ceux présentant les facultés d’adaptation les plus grandes survivent et se propagent, les autres étant condamnés à plus ou moins grande échéance à l’extinction.

Si la sélection naturelle semble être le facteur principal de l’évolution, la sélection sexuelle des males les plus vigoureux ou attirants joue aussi un rôle dans la propagation d’une espèce.

Pour désamorcer les critiques qu’il pressent venir de la communauté scientifique, Darwin élève cependant des objections à sa propre théorie, la principale étant l’absence de chaînons ou d’espèces intermédiaires attestant de l’origine commune d’une espèce.

Bien que ne niant pas cette difficulté, il rétorque par l’argument selon lequel l’évolution se fait selon un processus lent, sur et complexe que l’homme ne peut percevoir de manière absolue.

Outre le caractère incomplet des vestiges géologiques permettant de retrouver des espèces disparues, Darwin explique que les espèces intermédiaires si difficiles à détecter sont de toute façon rapidement éliminées et remplacées par les nouvelles espèces dominantes.

Un bon exemple illustrant cette théorie est l’arrivée d’espèces immigrantes continentales sur une île jusqu’alors isolée, ces espèces issues du continent plus habituées à s’adapter finissant par supplanter les espèces autochtones et bien qu’issues d’une souche continentale, finissant par elles même évoluer de manière complètement différente pour donner naissance à une nouvelle race insulaire.

Darwin termine son ouvrage en mettant en doute la classification actuelle des espèces et le travail des naturalistes qui ne se concentrent que sur que quelques organes vitaux pour établir leur classification, délaissant d’autres facteurs comme la propagation héréditaire d’organes en apparence inutiles ou atrophiés par le non usage, pouvant être la preuve de liens entre espèces non directement affiliées.

En conclusion, « L’origine des espèces » est un ouvrage scientifique de haute volée, présentant de manière précise et argumentée les conclusion passionnées de plusieurs années de recherche théorique et de travaux d’observations de la faune et de la flore sur tous les continents du monde.

L’auteur se montre je trouve tout à fait humble et lucide, n’hésitant pas à mettre en évidence l’incompréhension de l’homme sur des phénomènes se situant à des échelles de temps le dépassant complètement.

J’ai beaucoup apprécié sa conclusion optimiste en forme de transmission de témoin à de nouvelles générations de chercheurs qu’il espérait plus ouverts d’esprit.

Lire « L’origine des espèces » est pour moi s’intéresser à l’origine de la vie, tache ambitieuse, dérangeante, effrayante bien que Darwin laisse soigneusement de coté la question tabou de l’origine de l’homme.

Si aujourd’hui la théorie de l’évolution affronte toujours la théorie de la création, on reconnaîtra qu’avec cet ouvrage doté d’une véritable approche scientifique et de beaucoup d’intuition à une époque ou la génétique était encore inconnue, Darwin marqua les esprits à tel point qu’on peut considérer qu’aujourd’hui sa théorie comme massivement dominante.

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Published by Seth - dans Science
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22 novembre 2009 7 22 /11 /novembre /2009 18:46


1970 est bel et bien une année exceptionnellement riche dans l’histoire du heavy metal car après le choc novateur de son premier album, Black Sabbath récidive la même année en sortant sans doute son chef d’œuvre le plus abouti « Paranoid ».

Le plus comique est que à l'époque, ce disque de grande classe fut démoli par les critiques rock  avant d’être parallèlement massivement plébiscité par le public.

Un mot sur la pochette, qui si elle ne possède pas le coté gothique fascinant du premier album, demeure tout du moins incroyablement déroutante avec cette menace quasi onirique fondant sur l’auditeur.

« Paranoid » début par « War pigs » , merveille de prêt de huit minutes, construite à base de riffs terriblement puissants, de nombreuses cassures rythmiques et de lignes vocales irrésistibles.

L’aspect politique et nihiliste est bel et bien présent puisque Ozzy chante de sa voix légèrement nasillarde son dégoût de la guerre du Viet Nam.

Après cette introduction impressionnante, le Sabbath aligne sa pièce maîtresse, « Paranoid » , hit single doté d’un riff d’une efficacité surnaturelle qu’on peut considérer comme l’un des plus grands tubes jamais écrits dans l’histoire du rock.

A l’époque « Paranoid » fut l’arme absolue qui permit au groupe d’exploser et de se hisser dans les charts grands public.

Changement radical d’ambiance sur « Planet caravan », car si les deux premiers morceaux projetaient du metal en fusion, l’atmosphère douce et planante est ici plutôt celle d’une rêverie mystique, d’un voyage cosmique issu de délires de drogués en plein trip.

Prêt de quarante ans après, cette ballade enfumée aux textes sublimes produit toujours une impression magique.

Réveil brutal avec « Iron Man », deuxième tube d’acier à l’aura surdimensionnée de ce disque.

L’immense popularité de cet homme de fer est sans nul doute due à ce riff simpliste mais prodigieusement efficace.

Retour à une ambiance plus poisseuse, sombre et menaçante avec « Electric Funeral » qui changeant l’air en plomb, asphyxie l’auditeur, paralysant son système nerveux pendant plus de deux minutes avant de brutalement le choquer  d’une terrible décharge électrique puis de le replonger dans ce même magma hypnotique.

Impossible de résister à pareil traitement …

Si « Electric Funeral » traitait avec beaucoup de pessimisme de la menace nucléaire aboutissant à la destruction du monde, « Hand of Doom » réussit le tour de force d’égaler son modèle en développant sur plus de sept minutes un thème et une ambiance analogues.

Court interlude instrumental d’inspiration jazzy sur « Rat salad », qui prélude « Fairies wear boots » , magnifiquement envoûtant par sa sombre beauté ensorcelante.

En conclusion, bien qu’assez différent de « Black Sabbath », « Paranoid » n’en demeure pas moins un album magistral.

Moins tristement glacé et monolithique que son prédécesseur, « Paranoid » présente une musique variée, riche, surprenante, réussissant à atteindre un équilibre subtil entre longs titres complexes et tubes heavy metal au punch et à l’efficacité proprement incroyables.

Ne nous y trompons pas, le ton est toujours terriblement nihiliste et sans espoir, mais avec ce disque, Black Sabbath parvient à élargir son répertoire pour toucher un public plus large et connaître une consécration mondiale.

Avec un Ozzy Osbourne dominant parfaitement son sujet, ses multiples cassures rythmiques de la paire Ward-Butler, ses riffs en acier trempé et ses sublimes mélodies issues de la guitare de Tommy Iommi, « Paranoid » a tout pour demeurer est un des disques les plus importants de l’histoire de la musique.

A mes yeux, « Paranoid » a tout du disque obsédant et incontournablement culte qui hantera des générations entiéres d’êtres humains.

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Published by Seth - dans Heavy Metal
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