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14 octobre 2010 4 14 /10 /octobre /2010 20:49

Iron_Man.jpg

5

 

En 2008 sort sur les écrans « Iron man » de Jon Favreau une adaptation particulièrement risquée du célèbre comic book des années 60.

Ayant grandi avec ce super héros que j’appréciais mais qui ne comptait parmi mes favoris j’ai été tout particulièrement attentif à cette sortie.

L’histoire début de manière choc par le rapt du milliardaire Tony Stark (Robert Downey Jr)  par des moudjahidins dans les montagnes d’Afghanistan.

A la tête de Stark Industries, multi nationale ayant fait fortune dans le commerce d’armes ultra sophistiquées, Stark venait de faire une démonstration d’un nouveau missile d’une puissance terrifiante à l’armée américaine et s’apprêtait à décrocher un nouveau gros contrat lorsque son enlèvement a eu lieu.

Grièvement blessé, le milliardaire se trouve avec des éclats d’obus fichés dans le cœur et ne doit son salut qu’à un puissant électro aimant alimenté par batterie et placé dans sa poitrine pour empêcher le métal de le tuer.

Maintenu en vie par ce fragile lien, Stark est forcé par le Abou Bakaar (Sayed Badreya sorte de sosie du rappeur Booba) , chef des moudjahidins, de construire des missiles pour son groupe de terroristes.

Raza (Faran Tahir), le médecin afghan qui l’a opéré, partage sa détention et lui sert d’interprète.

Mais Stark met à profit son génie scientifique pour créer un mini générateur capable d’alimenter l’aimant de son cœur et une armure de combat en fer suffisamment puissante pour lui permettre de vaincre ses ravisseurs.

Au cours de l’affrontement, Raza est tué en protégeant Tony et Abu Bakaar a le visage brûlé.

Revenu à Los Angeles, Stark choqué, peine à reprendre sa vie d’industriel cynique doublé d’un richissime play boy insouciant adepte d’un style de vie tapageur.

Il déclare vouloir arrêter la vente d’armes et se consacrer au progrès scientifique en développant notamment la technologie d’un nouveau générateur à hydrogène.

L’ex associé de son père, l’ambitieux Obadiah Stane (un Jeff Bridges quasi méconnaissable avec son crane rasé) en profite alors pour l’écarter de la direction de Stark Industries et prendre le pouvoir.

Tony s’enferme alors dans les sous sols de sa maison de Los Angeles et travaille d’arrache pied à la mise au point d’un prototype d’armure haute technologie.

Le spectateur assiste alors à la genèse passionnante de l’armure d’Iron Man, en regardant travailler un génie scientifique assisté de son fidèle ordinateur Jarvis capable de réaliser des pièces à partir de dessins dessinés dans l’espace et en s’aidant de robots-outils obéissants à la commande vocale.

Composée d’un alliage d’or et de titane, l’armure est dotée d’un ordinateur central, d’un exo squelette rendant Tony physiquement presque invincible, de systèmes de vol contrôlant des bottes-fusées et d’un arsenal offensif quasi illimité à base de répulso rayons surpuissants.

Une fois la période de mise au point réalisée, Stark endosse pour la première fois l’armure rouge et or d’Iron Man pour libérer un village d’Afghanistan pris en otage par les terroristes d’Abou Bakaar armés par un Obadiah Stane moins scrupuleux sur le choix de ses clients.

A son retour Iron Man est pris en chasse par deux avions de l’armée américaine et fait étalage des ses immenses pouvoirs sous l’œil médusé de son ami le colonel James Rhodes (Terrence Howards).

La dernière partie du film consiste ensuite en la lutte acharnée contre Stane qui a volé le générateur du cœur de Stark pour créer lui aussi son propre prototype d’armure de combat à des fins purement guerrières et commerciales.

Stark affronte en un impressionnant combat un Stane doté d’une armure gigantesque et ne doit son salut qu’à sa fidèle secrétaire Pepper Potts (Gwyneth Paltrow) qui provoque une surcharge du générateur à hydrogène et la mort de Stane.

Une fois Stane discrédité par des fichiers récupérés par Pepper, Stark reprend les renes de sa société et  au cours d’une allocation publique annonce au monde entier qu’il est Iron Man.

En conclusion, « Iron Man » est un fantastique film de divertissement au cours duquel on ne s’ennuie pas une seule seconde.

Ce plaisir est sans nul doute du à la qualité des acteurs, Robert Downey Jr en tête, fabuleux de décontraction, d’humour, d’élégance et de charme viril à la James Bond.

Son habile jeu de séduction avec Gwyneth Paltrow ravira les plus fleurs bleues d’entre vous

On pourra aussi citer les effets spéciaux, particulièrement soignés, créant une animation fluide d’une grande beauté.

Pour des raisons de modernisation, l’histoire d’Iron Man a certes été légèrement remaniée, Favreau situant ses origines en Afghanistan plutôt que pendant la guerre de Corée des années 50 mais ceci ne constitue qu’un détail d’importance bien négligeable au vu du résultat final.

Après ce premier volet, on peut donc considérer que le décor est bien posé et cette genèse du super héros le plus high tech de tous les temps  comme l’une des plus grandes réussites en matière d’adaptation cinématographiques de bandes dessinées.

Chapeau Monsieur Favreau car la tache était loin d’être aisée.

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10 octobre 2010 7 10 /10 /octobre /2010 21:18

Final_coutndown.jpg

4

 

Séquence rétrospective.

Ayant grandi dans les années 80, j’ai eu mon premier walkman à cette époque.

Véritable révolution technologique apparue à la fin des années 80, le walkman (appelé aussi baladeur par les puristes !)  permit à bon nombre d’adolescents de s’isoler pour pouvoir écouter LEUR musique au nez et à la barbe de leurs parents.

Lors du fameux noël ou je reçus ce cadeau merveilleux, mes parents m’offrirent pour faire bonne mesure un album d’un groupe suédois qui cartonnait dans les charts du moments, « The final countdown » d’Europe.

 « The final coutndown » fut donc le premier album qui tourna en boucle dans mon casque bien avant l’arrivée des lecteurs cd portatifs puis aujourd’hui des lecteurs MP3.

Vingt cinq ans après, je trouvais donc intéressant de voir comment avait vieilli ce vestige de mon enfance.

Pratiquant à ses débuts une musique plus musclée plus franchement orientée vers le heavy metal, Europe décide en 1986 de changer sa guitare d’épaule, de remplacer son batteur (out Tony Reno,  in Ian Haughland)  de recruter un claviériste inspiré (Mic Michaeli)  et de se tourner vers le hard rock mélodique (dit FM) en sortant « The final coutndown » et sa pochette purement spatiale assez réussie.

Le résultat dépassera je le pense toute les espérances des petits suédois avec l’ouverture de ce disque par le tube interplanétaire « The final countdown » , ses refrains emballant portés par cet astucieux gimmick de clavier qui fera de ce morceau l’un des plus grands succès commerciaux de l’histoire du hard rock.

Bien entendu comme pour le Canada Dry, on pourra objecter à juste titre que ce titre n’est pas très hard et repose plus sur son clavier que sur le tranchant de ses guitares, toujours est il que « The final countdown » fut l’emblème d’un génération et reste encore aujourd’hui fréquemment joué dans les soirées grand public de trentenaires nostalgiques.

Dans pareilles conditions il serait alors tentant de réduire l’album à un seul titre rock-fm, ce qui serait une énorme erreur, car ensuite déboule « Rock the night » autrement plus musculeux tout en conservant ce coté très mélodique apporté par la superbe voix de Joey Tempest.

C’est d’ailleurs l’alliance de la voix de Tempest et de la guitare hard rock de John Norum qui constituent à mes yeux les fondations du continent Europe.

Indéniablement donc « Rock the night » est un morceau de hard rock et de très grande qualité.

Le groupe envoie ensuite « Carrie » ballade guimauve qui chantée par Tempest devient un grand moment de romantisme épique emballé à coup de refrains terriblement accrocheurs.

Retour au hard rock (si si !) avec le plus appuyé « Danger on the track » qui passe encore une fois impeccablement avec ses refrains de haute volée.

Bien qu’un poil en dessous des précédents, « Ninja » fonctionne lui aussi efficacement avec juste ce qu’il faut de riffs un peu nerveux noyés dans de grande envolées mélodiques.

Mais Europe remonte brusquement le niveau avec « Cherokee », véritable tube avec son énorme son de clavier, son tempo saccadé, ses refrains fantastiques ou la voix de Tempest fait encore une fois la différence.

Puis viennent « Time has come » , nouvelle ballade épique d’excellente qualité puis « Heart of stone » mid tempo hard rock mélodique de très bonne facture.

Le morceau le plus « dur » du disque arrive avec « On the loose », petit bijou heavy metal à la simplicité et à l’efficacité purement diaboliques.

L’album se termine avec une nouvelle ballade « Love chaser », un peu trop mielleuse à mon goût.

En conclusion, même avec le recul et plusieurs années écoulées, je n’ai pas ricané une seule seconde en réécoutant « The final countdown ».

Bien entendu nous sommes ici très loin d’un heavy metal rentre dedans et viril, mais plutôt en présence d’une musique hard rock classieuse finement ciselée de chœurs et de mélodies accrocheuses.

La formule fonctionne sans répugner en raison du bon équilibre entre les ingrédients trouvé par le groupe que d’aucun jugeront même parfait au vu du résultat.

Joey Tempest s’avère être le parfait chanteur pour ce style de musique, avec sa voix superbe, agréable et chaude.

Rajoutez y des gimmicks de claviers terriblement accrocheurs et quelques riffs/solo pour de temps en temps muscler l’ensemble et vous obtenez la recette miracle qui fit des musiciens des Europe des stars internationales.

« The final countdown » constitue pour moi l’un des plus hold ups de l’histoire réalisé par un groupe de hard rock, qui préféra avancer un temps masqué pour mieux conquérir le grand public.

Et ce n'est pas le cadavre mon vieux walkman d'origine qui dira je pense le contraire.

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Published by Seth - dans Hard Rock
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10 octobre 2010 7 10 /10 /octobre /2010 20:14

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4

 

Détour vers le film de Mafia avec « Donnie Brasco » de Mike Newell sorti en 1997.

Tiré d’une histoire vraie, « Donnie Brasco » est un film de mafia atypique car il narre l’immersion d’un agent du FBI Joseph Pistone (Johnny Depp) au sein de la mafia new yorkaise des années 70 .

Sous l’identité du receleur expert en bijouterie Donnie Brasco, Pistone parvient à approcher Benjamin « Lefty » Ruggerio (Al Pacino) petit caïd local mais vieillissant qui l’introduit peu à peu dans les cercles de l’organisation du crime.

Ayant un fils drogué, Lefty prend Donnie sous son aile et entre les deux hommes une relation de confiance se noue progressivement.

Contraint de garder le secret absolu sur sa mission d’infiltration même auprès de sa propre famille, Donnie apprend auprès de Lefty les codes du milieu, la juste façon de s’habiller, de parler et de se comporter entre malfrats.

Lefty lui confie son amertume quand un plus jeune mafieux du nom Sonny Black (Michael Madsen) est promu à sa place pour régner sur son quartier.

Lefty vit cette relégation comme une humiliation.

Alors que Donnie connaît d’intenses problèmes conjugaux du fait de ses absences et de son silence sur ses activités, il se voit chargé par ses supérieurs de relancer la couverture d’un autre agent infiltré à Miami en incitant les New Yorkais à investir dans un bar de nuit.

Lefty profite de l’aubaine pour entraîner Donnie afin convaincre le plus gros trafiquant de Miami de faire des affaires avec eux au nez et à la barbe de Sonny Black mais l’opération montée sur un yacht prêté par le FBI échoue.

Sonny déjoue les plans du duo et la police de Miami fait une descente dans le bar de nuit provoquant l’arrestation des mafieux et l’arrêt de l’opération.

Après ce fiasco retentissant, l’équipe de Sonny Black est convoquée par ses supérieurs dont Sonny Reid (Robert Miano) afin d’être liquidée.

Lefty détecte quelque chose d’anormal et soupçonne l’existence d’une taupe dans leur bande.

A New York, Sonny et Lefty surprennent leurs bourreaux et éliminent l’équipe de Sonny Reid.

Un truand pris par erreur pour la taupe est assassiné à la place de Donnie.

Plus proche de lui que jamais après l’overdose de son fils, Lefty propose à Donnie d’éliminer le fils de Sonny Reid afin de favoriser son ascension dans la hiérarchie mafieuse.

Acculé à commettre un meurtre, Donnie est alors contraint à provoquer une opération d’envergure du FBI pour faire tomber les mafieux à partie des informations accumulées lors de son enquête.

Pourtant attaché à son mentor, Donnie lui propose de s’enfuir et de réaliser son rêve de vivre sur un bateau mais le vieux lion refuse.

Après que les preuves que Donnie faisait partie du FBI aient été apportées, Lefty est à son tour convoqué par les responsables de la mafia pour son exécution.

Le film se termine de manière sobre par un sobre rappel des faits.

En conclusion, servi par des acteurs impeccables et une construction habile ménageant de puissants passages de tension pure, « Donnie Brasco » est un très bon film de Mafia narrant une amitié contre nature entre un jeune policier et un vieux mafioso.

Mike Newell décrypte les codes des petits caïds locaux contraints de vivre constamment sur leurs gardes et d’user de violence aveugle pour survivre dans un univers impitoyable.

En vieux has been finissant, Al Pacino est comme souvent grandiose tout particulièrement dans la scène finale de sa convocation à mort.

Johnny Depp que je n’apprécie en général pas spécialement tient ici honorablement sa place.

Certes inférieur à « L’impasse » de Brian de Palma, « Donnie Brasco » constitue néanmoins un très bon divertissement.

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6 octobre 2010 3 06 /10 /octobre /2010 22:28

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2

 

 

Si vous êtes curieux de nature et désirez jeter une oreille sur la musique de Type O Negative, « October rust » sorti en 1996 tout comme « Bloody kisses » est l’album de référence à écouter en priorité pour vous faire une idée du style pratiqué par cette légende du métal gothique.

Après avoir officié dans un style hardcore au début des années 90, les new yorkais prennent ensuite en 1993 un virage à 180° en se découvrant des penchants romantiques.

Suite à sa première percée, Type O Negative change de batteur, Sal Abruscato étant remplacé par Johnny Kelly qui deviendra le batteur officiel du groupe pour les années à venir.

Avec sa pochette noire et verte très sobre, le soi disant meilleur album de Type O  débute par « Bad ground » une piste vide de quelques secondes suivie d’une courte déclaration des quatre facétieux musiciens.

Le premier véritable titre s’incarne en « Love to death » et la ça ne rigole plus du tout, une voix d’outre tombe grave et sensuelle susurre de lancinante mélopées sur des riffs d’une lourdeur inouïe agrémentés de somptueux claviers.

Le tempo est d’une lenteur effarante et hypnotique, le temps se dilate sur plus de sept minutes et le groupe nous emmène dans un voyage dans son univers sombre et éthéré.

Le ton est donné et Type O enchaîne avec « Be my druidess » en forçant la dose dans le registre pesant et romantique.

L’auditeur se sent anesthésié, bercé par la guimauve collante de « Green man » mais sans réellement pouvoir s’arracher à son lent supplice.

L’enterrement se poursuit sur « Red water (Christmas mourning) », grandiose, sinistre et étirée à l’extrême sur ses presque sept minutes.

C’est à vrai dire magnifique mais on aimerait bien que certaines ruptures rythmiques surgissent de temps à autre pour nous surprendre et nous réveiller.

Voici alors que surgit le coup de maître de ce disque, le très pop, sexy, et frétillant « My girlfriend’s girlfriend » vantant les mérites de l’amour à trois (deux femmes et un homme) .

Avec ses refrains entêtant, son gimmick de clavier ravageur, son format radio et son coté léger, « My girlfriend’s girlfriend » fut un tube particulièrement mérité.

Mais l’embellie est de courte durée puisque le groupe revient vite avec « Die with me » à son spleen romantique dans une version toutefois allégée.

Rien à signaler sur « Burn flowers fallen » ou « In praise of Bacchus » bien pénibles car englués dans leurs ténébreuses mélodies agonisantes.

La reprise de Lou Reed, « Cinnamon girl » se montre plus percutante avec son tempo un poil plus soutenu et ses refrains plus accrocheurs.

Après un interlude bizarroïde au nom imprononçable « The glorious liberation of people’s … » , on aborde la dernière longue ligne droite de ce disque douloureux avec « Wold moon (including zoanthropie paranoia) » plus intense malgré sa longueur et sa pensanteur sans limite, avant d’être achevé par « Haunted »  monstrueuse prière de plus de 10 minutes ou nos dépressifs gothique se surpassent véritablement dans le coté sépulcral.

En conclusion, comme ces plats trop copieux que vos grands parents vous obligeaient à honorer cinq fois dans un même repas, « October rust » ne constitue pas un met suffisamment assimilable pour mon organisme.

Avec ces titres lents, longs et interchangeables, certes aux mélodies souvent grandioses portées par la magnifique voix caverneuse du regretté Peter Steel, Type O Negative finit par assommer l’auditeur sur la durée shooté par une overdose de tranquillisants.

A l’exception notable de « My girlfriend’s girlfriend »,  « October rust » ne contient aucune variation, aucune rupture, aucune accélération et se transforme au final en un lent et morne enterrement ennuyeux comme un jour de pluie sans fin dans la campagne écossaise.

Une œuvre sans doute dans l’absolue tout à fait respectable artistiquement parlant mais à laquelle j’ai été plutôt hermétique.

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6 octobre 2010 3 06 /10 /octobre /2010 20:29

 

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4

 

En commençant « Crime et châtiment » de Fédor Dostoïevski, je savais pertinemment que je m’attaquais à un monument de la littérature puisqu’un bon ami m’avait assuré que l’auteur russe était sans doute pour lui le plus grand écrivain de l’Histoire.

Publié en 1866, « Crime et châtiment » est le premier roman à succès de Dostoïevski.

Située au XIX ieme siècle à Saint Petersbourg, l’histoire se présente tout d’abord superficiellement comme un celle d’un roman policier après le meurtre d’une vieille usurière russe sauvagement assassinée à coups de hache par un étudiant désargenté nommé Raskolnikov.

Personnage principal du roman, Raskolnikov va démontrer une personnalité complexe, intelligente, torturée et déroutante puisque le jeune homme ne sait pas réellement pourquoi il a commis le meurtre, et va d’interrogations en interrogations être partagé entre le désir de justifier son crime de manière philosophique par le fait que les hommes d’exceptions ont parfois le droit de tuer les gens « médiocres » pour atteindre des idéaux plus élevés et un violent désir de repentir caractérisé par une envie d’être pris par la police.

Tiraillé entre cette justification qu’il n’assume pas totalement (car il reconnaît ne pas être Socrate, Napoléon ou Newton)  et une tension nerveuse insupportable l’amenant à des violentes crises de maladie, Raskolnikov va faire partager au lecteur son trouble intérieur, son questionnement sur le sens de la vie et de nos actes.

La trame principale du roman policier va donc se dessiner autour d’un infernal jeu du chat et de la souris entre Raskolnikov et le juge d’instruction Porphyre Petrovitch, redoutable manipulateur qui va manœuvrer psychologiquement l’étudiant pour le pousser à bout.

Mais outre les versants policier et métaphysique, « Crime et châtiment » explore aussi par son incroyable galerie de personnages plusieurs facettes de la société russe de l’époque, que ce soit le socialisme progressiste illuminé de Lebeziantikov ou la misère sociale par la malheureuse famille Marmeladov avec le mari ivrogne et la femme phtistique.

Raskolnikov prendra d’ailleurs en sympathie les Marmeladov et tombera amoureux de leur belle fille Sonia, dont la noblesse des sentiments contrastant avec son extrême dénuement finiront par gagner son cœur.

Prenant fait et cause pour les « petites gens », Dostoïevski décrit la lutte acharnée de Raskolnikov contre Loujine, homme trouble désirant épouser sa sœur Dounia en utilisant sa position sociale élevée pour mieux l’asservir.

L’ardente bataille entre Raskolnikov et Loujine pour sauver la famille Raskolnikov constitue assurément l’un  des morceaux de choix du récit.

Et puis il y a les personnages annexes, qui interviennent par instant comme le très vivant Razoumikhine meilleur ami de Raskolnikov qui bien que limité joue un rôle de soutien actif auprès de son ténébreux ami.

Le propriétaire terrien, Svidrigailov qui après avoir exploité Dounia, tente de faire chanter Raskolnikov est pour moi le plus fascinant d’entre eux, avec de fortes tendances pédophiles et psychotiques qui le mèneront à un suicide particulièrement marquant.

Après un récit long, dense et parfois douloureux tant on souffre avec Raskolnikov, l’intrigue se dénoue, le coupable se livre et purge sa peine en Sibérie.

La fidèle Sonia qui accepte de suivre le criminel par amour sert de vecteur à une renaissance et un apaisement intérieur centré sur l’amour et une attraction nouvelle d’un homme jusqu’alors férocement agnostique pour la religion.

En conclusion, sur le fond, rien à dire « Crime et châtiment » est une œuvre particulièrement profonde agitant un questionnement autour de la loi, du droit ou pas à les transgresser, de la morale et de la souffrance qu’elle occasionne jusqu’à conduire à l’expiation libératrice.

Tout au long du roman, Raskolnikov fait son chemin de croix et finit dans l’expiation de son crime par trouver l’apaisement.

Œuvre multiple et complexe par la diversité des thèmes qu’elle aborde, « Crime et châtiment » constitue également malgré ses prises de positions marquées en faveur du « petit peuple russe » exploité par des riches sans scrupules (Loujine, Svidrigailov)  une critique des courants socialistes alors grandissants dans le Russie de la fin du XIX ieme siècle.

Seul bémol, le style de Dostoïevski que j’ai trouvé assez pesant par instant avec les digressions à rallonges dans les dialogues de l’insupportable Petrovitch, de Loujine ou de la mère de Raskolnikov.

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3 octobre 2010 7 03 /10 /octobre /2010 22:41

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2

 

En 2010, fortement inspiré par l’incroyable crise financière de 2008, Oliver Stone décide de donner une suite à son « Wall Street » film culte sur le monde des golden boys américains de la finance des années 80 et qui valut à son interprète principal, l’excellent Michael Douglas l’oscar fort mérité pour un rôle de pourriture de première catégorie.

Intitulé sobrement « Wall Street, l’argent ne dort jamais », le film reprend sur la sortie de prison de Gordon Gekko (Michael Douglas) après avoir purgé une peine de prison de huit ans pour délit d’initié et fraude fiscale.

Toujours prompt à rebondir, Gekko a écrit un livre choc sur les dérive du systémes financier moderne et donne de brilantes conférences devant des parterres d’étudiants.

Nous sommes en 2008 et à Wall Street, Jake Moore (Shia LaBeouf) est un jeune trader plein d’ambition qui travaille pour la banque LZI présidé par Lewis Zabel, vieux financier intégre que Jake considère comme son mentor puisqu’il l’a embauché et lui a tout pris des ficelles de son métier.

Ambitieux et intelligent, Jake mise sur le filon des énergies vertes et soutient un laboratoire qui vise à mettre au point une technologie innovante sur la fusion de l’hydrogène.

Dans sa vie privée, Jake fréquente Winnie (Carrey Mulligan) , la propre fille de Gekko avec qui elle a coupé tous les ponts.

Dégoûtée du monde de la finance, Winnie a monté une association à but non lucratif et un site Internet à tendance gauchiste dénonçant les magouilles de Wall Street.

Mais un jour une vilaine rumeur orchestrée par Churchill Schwartz une banque rivale présidée par Bretton James (Josh Brolin), provoque la chute des actions de LZI.

Affreux arriviste sans scrupule, James est prêt à toutes les manœuvres les plus retorses pour gagner encore plus d’argent.

Acculée à la faillite, LZI se fait racheter  par sa rivale, ce qui provoque des vagues de licenciements et le suicide de Zabel.

Très affecté par la mort de son mentor, Jake désire faire toute la lumière sur cette histoire.

Il demande en mariage Winnie et prend contact avec son futur beau père.

Malgré la distance entre lui et sa fille, Gekko accepte de dialoguer et dispense bien vite ses conseils au jeune homme.

Alors que la crise financière des subprimes et des hedge funds s’instaure et fait plonger l’économie mondiale dans le chaos, Jake fait une curieuse alliance avec le vieux requin de la finance pour avoir la peau de James.

Rapidement un jeu complexe s’instaure entre les trois hommes mais Gekko loin de s’être assagi manipule Jake en jouant sur ses sentiments amoureux pour sa fille enceinte afin de récupérer 25 millions de dollars qu’il avait mis en sécurité en Suisse.

Mais alors qu’on le pense battu, Jake se rebiffe et attaque frontalement Churchill Schwarz en diffusant des révélations sur  le site internet de Winnie sur ses activités illégales.

En conclusion, malgré son sujet ambitieux « Wall Street : l’argent ne dort jamais » n’est pas le grand film auquel on pourrait penser et demeure très inférieur au premier opus.

Le scénario assez complexe a néanmoins le mérite de traiter un sujet brûlant en décortiquant les mécanismes d’une économie spéculative devenue folle ou certaines personnes « jouent » en toute impunité sur de l’argent qu’ils n’ont pas et provoquent par leur irresponsabilités des faillites.

Il est parfois difficile pour le non initié de se repérer dans ce jargon financier dans lequel Gekko et Jake naviguent en permanence et également de masquer sa répugnance pour ses gens dont « faire de l’argent »  à base de coups plus tordus les uns que les autres est l’unique préoccupation dans l’existence.

Shia Labeouf un peu juste dans son rôle de jeune trader pratiquant une certaine morale, ne fait pas le poids face au monstre sacré du cinéma qu’est Michael Douglas dont le charisme malgré la maladie et l’age demeure intact.

Le film se termine en un happy end assez peu convaincant, montrant que le vieux requin est capable de retrouver une certaine humanité après avoir réalisé une multitude des coups tordus dont  la spoliation de sa propre fille.

On notera toutefois avec plaisir l’apparition de Charlie Sheen héros du premier volet et avec beaucoup plus d’émotion celle d’Eli Wallach, légende du film de western de Sergio Léone, qui a 90 ans passés joue encore le rôle du mentor suprême de la société Churchill Schwartz mas cela demeurera toutefois un peu juste pour pleinement approuver les turpitudes des traders fous qui méneront le monde à sa perte.

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Published by Seth - dans Société
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3 octobre 2010 7 03 /10 /octobre /2010 21:20

5bestojoydivision

 

J’ai déjà parlé en ces colonnes de Joy Division par l’intermédiaire du film « Control » d’Anton Corbijn voici donc le moment de s’intéresser à la musique du groupe mancunien avec « The best of Joy Division », double cd sorti en 2008 reprenant le meilleur d’une carrière météorique parsemée de deux albums en seulement deux ans d’existence sous ce nom.

Le premier disque est le réel « meilleur de », le second étant composé d’ enregistrements live en 1979 des John Peel sessions à la BBC puis de l’émission de télévision  britannique Something Else.

Le best of entame avec « Digital », court morceau pugnace à l’intensité fiévreuse flirtant avec le punk.

Le deuxième titre, « Disorder » évoque plus le style « new wave » des anglais avec cette belle voix grave, ces mélodies de guitares/claviers à la beauté glacée et cette superbe mélancolie qui vous enveloppent pour ne plus vous lâcher.

Le puissant, sombre et racé « Shadowplay » appartient à n’en pas douter à cette même aristocratie musicale.

Plus calme « New dawn fades » ralentit le tempo et joue sur des atmosphères plus intimistes.

Arrive ensuite « Transmission » sur laquelle la voix somptueuse de Ian Curtis vient se poser sur des mélodies entêtantes de Bernard Sumner.

C’est froid mais en même temps si beau et intense qu’il est impossible de ne pas se laisser charmer.

On poursuit avec le très planant « Atmosphere » véritable chef d’œuvre planant d’une musicalité fantastique.

Idéal pour la rêverie en fin de journée, « Atmosphere » est sans nul doute l’un des morceaux les plus relaxants que je connaisse.

Porté par des riffs rock très puissants, « Dead souls » lorgne lui encore une fois par instant vers le punk.

Retour à la cold wave la plus géniale avec le glaçant « She’s lost control » , à la mécanique lente, sombre et implacable puis surtout « Love will tear us apart » le morceau le plus connu de Joy Division, véritable chef d’œuvre enivrant à l’élégance racée.

Impossible alors de ne pas se faire emporter par ses nappes de claviers enchanteurs.

Rythme soutenu sur le très rock « These days » enchaîné du plus quelconque « Twenty four hours »  avant de replonger dans des profondeurs des nuit polaires avec « Heart and soul ».

L’instrumental  « Incubation » vient annoncer  le morceau final « Isolation » si typique par sa froideur mécanique et ses refrains entêtants qu’il sera repris par les Irlandais de Therapy ? sur leur golden album « Troublegum ».

Le disque second, concert enregistré lors de John Peel sessions, débute par « Exercice one », troublant comme des ongles de femmme s’accrochant désespérément à votre dos, puis le plus calme « Insight » aux bruitages technologiques étranges créant une dynamique inattendue.

Ian Curtis change comme à son habitude à la perfection, le son de guitare/clavier de Bernard Sumner est superbement envoûtant, tandis que la section rythmique de Stephen Morris et Peter Hook demeure toujours aussi solide.

En revanche il est impossible de réaliser qu’on est devant un album live tant le son est d’une neutralité absolue.

Les tubes arrivent ensuite, le phénoménal « She’s lost control » au beat si hypnotique,  le curieusement moins percutant « Transmission » et le toujours impeccable « Love will tear us apart » .

Le groupe poursuit avec le correct « Twenty four hours » puis  le glacial et menaçant « Colony » aux riffs coupant comme du métal avant de finir sur un « Sound of music » aux formidables dynamiques rock.

En bonus figurent une version live de « Transmission » (beaucoup plus enflammé) et de « She’s lost control » (au son écrasant)  issues d’un passage  à l’émission Something Else agrémentée d’une courte interview de Ian Curtis et de Stephen Morris.

En conclusion, « The best of Joy Division » est un double album de grande qualité exhumant les meilleurs titres de Joy Division pour recréer l’espace de quelques instants la magie de la musique des quatre anglais qui inventèrent le son « new wave » autrement appelé « cold wave ».

On ne peut s’empêcher de vibrer à l’écoute de ce rock de haute classe, qu’on sent bouillonnant comme un geyser sous une épaisse couche de glace.

De l’énergie électrique certes mais toujours très canalisée et agrémentée de magnifiques nappes de claviers.

A l’écoute de ce disque on réalise tout l’impact de Joy Division sur la musique avec la création de ces atmosphères tristes dont l’élégance, la subtilité, et la beauté sophistiquée sont les maîtres mots.

Bref Joy Division c’était la classe absolue, l’anti bling bling, l’anti 50-Cent ou l’anti Booba, un groupe destiné à rester ignoré du grand public et vénéré pendant plusieurs siècles en secret par un petit nombre d’initiés.

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28 septembre 2010 2 28 /09 /septembre /2010 23:13

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Depuis quelques temps vous avez peut être constaté que le Brésil était à la mode dans les média français et internationaux.

Ce géant assoupi se réveille et se découvre par l’intermédiaire de son président Lula des ambitions pour jouer les premiers rôles économiques et politiques sur l’échiquier mondial.

Le Bahianais Jorge Amado est sans nul doute l’un des écrivains les plus populaires de ce pays multiple et fascinant à bien des égards.

Son premier roman écrit en 1931, « Le pays du Carnaval » ne fut pourtant traduit du portugais qu’en 1984, tant Amado n’assumait pas cette œuvre de jeunesse écrite à seulement 18 ans.

L’histoire se déroulant en 1930 est celle de Paulo Rigger, jeune bahianais fils de riche planteur de cacao parti étudier le droit à Paris et revenu sept ans après dans son pays natal.

A Paris, Rigger a en même temps qu’étudié, découvert la vie facile, les plaisirs de la chair et le cynisme français.

Revenu au pays, Rigger déformé par son éducation française ne se sent plus brésilien.

Le roman raconte son questionnement, ses doutes et ses errements métaphysiques.

Rigger revient à la plantation familiale de Bahia avec Julie une française qu’il a connu sur le bateau de son retour.

Julie incarne la française type, belle, cynique et volage.

Incapable de fidélité, elle ne tarde pas à tromper Paulo qui amoureux et très axé sur les sentiments en souffre atrocement.

A Bahia, Paulo fréquente un groupe d’amis avec qui il a d’intenses débats intellectuels sur la philosophie, la littérature et la politique.

Il est vrai que la période politique avec le coup d’état de Getulio Vargas instauré à Rio est propice à ce type de discussions.

Dans la groupe il y a le doyen, Pedro Ticiano poète maudit et journaliste pamphlétaire, qui fait office de sage et d’adepte de la philosophie du scepticisme.

Puis viennent Ricardo Bras étudiant en droit qui croit lui en l’amour et en une vie rangée, Jéromino Soares, jeune homme simple  et timide dévoyé par son maître Ticiano qui lui a appris l’insatisfaction et José Lopes, jeune diplômé brillant, en mal d’idéaux religieux ou philosophiques.

Les cinqs amis partageant des visions differentes sur le sens à donner à la vie s’opposent souvent de manière violente ce qui donne lieu à des débats animés.

Un jour pour faire passer leurs idées, ils décident de fonder un journal qu’ils appellent l’Estado de Bahia.

Voulant croire en un amour pur au dessus de tout, Rigger délaisse rapidement sa française et s’amourache de Maria de Lourdes, jeune bahianaise très pauvre rencontrée dans un cinéma.

Mais après plusieurs semaines de flirt, Rigger apprend que la jeune fille n’est pas vierge et ne peut en raison du poids des traditions de l’époque la demander en mariage.

Désespéré, il poursuit donc son parcours chaotique et douloureux allant même jusqu’à songer au suicide sans toutefois parvenir à passer aux actes.

La mort du vieux Ticiano est le point culminant du livre … le vieil homme livrant ses derniers secrets sur son lit de mort.

Bras se marie et part vivre dans les terres loin de Bahia.

Pourtant malgré le confort de sa vie bourgeoise, il ne parvient pas à la félicité et comprend que Ticiano avait raison.

Soares épouse une prostituée et retourne à son ancienne vie plus simple malgré quelques vestiges des enseignements de Ticiano qui le tourmentent et le laissent toujours insatisfaits.

Après avoir ouvert une salle de jeu puis mystérieusement disparu, Lopes réapparaît et se déclare converti au communisme.

Le roman se termine par la décision subite de Rigger de retourner en Europe pour oublier ses peines.

Symboliquement, le jeune homme repart le même jour que celui de son arrivée : celui du carnaval de Rio, fête comparable à une transe sensuelle unissant l’ame entière du peuple brésilien.

En conclusion, « Le pays du Carnaval » est un très bon petit roman et on comprend assez mal avec le recul les hésitations de Amado pour la publication de cet ouvrage de qualité.

A travers le filtre d’une certaine élite intellectuelle, Amado nous permet de pénétrer la société brésilienne des années 30 et de mieux comprendre son fonctionnement.

Le roman contient une dimension philosophique des plus plaisantes à laquelle l’auteur répond partiellement par la voix du sage Ticiano mais qui ne semble pas totalement convenir au jeune Rigger.

La recherche de la félicité, le doute érigée en philosophie et le renoncement aux plaisirs ne parvenant pas à totalement à trouver grâce auprès du jeune homme plus porté sur les sentiments amoureux.

Pour ma part il parait certain que le doute et l'insatisfaction sont deux des composantes principales de chaque etre humain "pensant", la recherche de solutions pour les surmonter étant propre à chacun (amour,religion, philosophie ...)

Jorge Amado constitue donc pour moi une très belle découverte et je remercie la personne qui a participé à celle-ci.


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27 septembre 2010 1 27 /09 /septembre /2010 22:18

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Il existe environ une vingtaine d’albums live officiels des Doors, ce qui n’est pas étonnant quand on sait l’incroyable impact qu’avait le groupe américain sur une scène au temps de sa splendeur et la dose d’excitation sexuelle, de violence qu’il pouvait dégager devant un public tout acquis à sa cause.

Paru en 1991, « In concert » est une double compilation de la tournée américaine entre 1968 et 1970 soit la période la plus créative et la plus intense de la courte histoire de ce groupe culte.

Après la courte introduction d’un speaker,  le groupe débute sa prestation dans une  atmosphère surchauffée avec « Who do you love »  reprise d’un blues de Bo Didley datant de 1956.

En live, The Doors distordent ce long morceau fleuve pour mieux le posséder et en faire un long rock aussi fiévreux qu’intense.

Déjà la magie du groupe opère, avec ce son de guitare si chaleureux, cet orgue rétro et ce chant si charismatique.

On reste dans le registre des reprises blues avec le« Alabama song (whiskey bar) » de Weil-Brecht dont le coté presque trop scolaire contraste avec le magnétisme animal du « Backdoor man » de William Dixon prolongé d’agréable manière par le court « Love hides ».

La suite s’enchaîne avec un « Five to one »  dont les solo lumineux viennent rompre une certaine monotonie puis « Build me woman » blues-rock bien ennuyeux.

Le groupe aligne ensuite l’un de ses plus longs titres, « When the music is over » et ses quinze minutes de musique idéales pour entrer en communion avec un public en concert mais à l’intensité il faut bien l’avouer fluctuante.

The Doors joue ensuite « Universal mind »  beau rock mélodique porté par la voix mélancolique de Morrison avant que la menaçante interlude « Petition the lord with prayer » ne vienne durcir le ton en introduisant le cinglant « Dead cats, dead rats » lui même prélude au monstrueux « Break on through » qui prend toute sa dimensio joué live.

Puis vient l’interpretation intégrale de « The celebration of the Lizard » , la suite de poèmes écrits par Morrison et mis en musique par le groupe.

La il faut bien avouer qu’on bascule alors dans un tout autre monde avec beaucoup de déclamations théâtrales et des ambiances très étranges assez décousues musicalement parlant, seul les « The hill dwellers » et surtout « Not to touch the earth » présent sur l’album « Waiting for the sun » pouvant être taxés d’authentiques compositions musicales aux structures développées.

Le disque premier s’achève sur « Soul kitchen » plus soutenu malgré sa longueur de plus de sept minutes.

Le disque second est moins copieux mais plus difficile à digérer.

Comme pour le premier show, le groupe débute par une leçon  de blues avec leur « Roadhouse blues » au groove chaud et puissant puis par « Gloria » reprise intense de Van Morrison.

Le classique « Light my fire » tant attendu arrive enfin, étiré sur prêt de dix minutes et entrecoupé d’un poème (de cimetière !) .

Intensité avec le rapide et très rock’n’ roll « You make me real ».

Le court interlude parlé « Texas radio & the big beat » introduit « Love me two times » l’un des plus grands classiques du groupe, lui aussi blues surchauffé sur des charbons ardents.

Nouvelle reprise de Willie Dixon « Little red rooster » avec John Sebastian à l’harmonica.

Le résultat est d’une lenteur effarante, un enfer d’ennui de plus de sept minutes.

Le doucereux « Moonlight drive » ne vient pas franchement réveiller les morts, tandis que « Close to you » , énième reprise blues de Dixon vient achever l’auditeur anesthésié.

Le double disque se termine sur un « Unknown soldier » neurasthénique et sur « The end »  dont même les inquiétantes incantations mystiques ont du mal à raviver la flamme vacillante d’un auditeur assommé à coup de blues.

En conclusion, « In concert » est une vrai déception, réussissant à rendre ennuyeux un concert des Doors.

Bien sur, sur 31 morceaux, on finit par retrouver pêle-mêle les classiques du groupe mais noyés au milieu d’une mixture d’interminables reprises blues-rock, de grandes envolées théâtrales et d’improvisations plus pénibles que captivantes en raison de leur coté décousu et de leur manque d’intensité.

Ces concerts apparaissent donc globalement décevants et sérieusement manquer de punch.

Je ne recommande donc pas ce live pénible mis à part pour les fans purs et durs de la facette la plus blues du groupe.

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24 septembre 2010 5 24 /09 /septembre /2010 20:21

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Alors qu’on le pensait mort et enterré, Sylvester Stallone décide de ressusciter son personnage de Rambo dans « John Rambo » en 2008 soit vingt ans après le dernier opus.

On peut penser que Stallone sans doute encouragé par le succès du retour de son autre personnage fétiche Rocky Balboa en 2006 a décider d’offrir un ultime baroud d’honneur au héros militaire qui fit de lui une des plus grandes stars du cinéma d’action dans les années 80.

Dans ce quatrième (et dernier ?) volet des aventures de l’ancien héros du Viet Nam, Rambo s’est retiré en Thaïlande ou il mène une vie simple de chasseur de serpents.

Mais approché par une organisation humanitaire chrétienne désireuse de porter des vivres et des médicaments au peuple karen minorité chrétienne persécutée par l’armée Birmane, Rambo finit par accepter de remonter le fleuve pour les acheminer sur place.

Le groupe est dirigé par Sarah Miller (Julie Benz) prototype même de l’héroïne américaine blonde, mince, belle et gracieuse.

Bien entendu la remontée du fleuve s’avère périlleuse et Rambo doit sortir de sa réserve pacifiste pour défendre l’embarcation menacée par des pirates.

A cette occasion il révèle au groupe ses prodigieux réflexes de machine à tuer.

Arrivée à destination, Rambo laisse le groupe s’enfoncer dans la jungle à la recherche du village karen à aider.

Au cours d’une violente attaque contre le village, les humanitaires se font capturer et enlever par l’armée birmane.

De retour en Thaïlande, Rambo est à nouveau sollicité pour acheminer un groupe de mercenaires américains chargé par l’église évangéliste de retrouver les humanitaires disparus.

Il accepte mais à bord du bateau de vives tensions éclatent avec Lewis (Graham Mc Tavish) chef des mercenaires tendu à l’extrême par la dangerosité de sa mission.

Impavide, Rambo encaisse les humiliations mais suit discrètement les mercenaires dans leur mission de recherche.

Ayant retrouvé la trace des humanitaires, le groupe décide d’intervenir ce qui finit par provoquer un affrontement avec l’armée birmane.

Pendant la mêlée, les humanitaires parviennent à s’échapper, Rambo se chargeant (comme par hasard ! ) de Sarah.

L’armée les traque dans la jungle dans une sanglante poursuite …et dans ce contexte sauvage, Rambo ne tarde pas à retrouver ses automatismes de tueur implacable.

En conclusion, « John Rambo » recycle sans trop forcer les bonne vieilles recettes des deux premiers opus, changeant juste assez habilement le propos et l’ennemi à dézinguer.

Stallone au corps body buildé et difforme, refait son numéro de brute solitaire écœurée de la vie se laissant convaincre de rempiler par les arguments d’une belle humanitaire chrétienne tout en prenant ses distances avec ce type de combat.

Fort judicieusement interdit aux moins de 16 ans, le film se démarque par un niveau de violence ahurissant avec des scènes d’action d’un réalisme terrifiant ou des hommes sont démembrés ou coupés en deux par l’effroyable puissances des fusils mitrailleurs.

Comme dans « Rambo II » les méchants restent des asiatiques cruels hurlant et gesticulant en permanence.

Avec son scénario filiforme et ses scènes d’actions surgonflées, « John Rambo » constitue un bon film d’action hardcore ce qui est un peu juste pour pleinement me séduire.

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