Overblog Suivre ce blog
Administration Créer mon blog
13 décembre 2010 1 13 /12 /décembre /2010 22:34

zombie_birdhouse.jpg

1

 

Comme je l’ai déjà dit en ces colonnes, le Iggy Pop des années 80 a vécu une longue traversée du désert et tenté maladroitement de se raccrocher à la vague new wave qui déferlait à l’époque.

Sorti en 1982, « Zombie birdhouse » incarne bien les difficultés de l’Iguane à l’époque, perdu en plein errements artistiques et bien loin du rock instinctif qui contribua à sa légende.

En témoignent sur cet album les incessants changement de musiciens qui l’assistent, Ivan Kral étant remplacé par Rob Du Prey qui assure lui seul les guitares/claviers.

Dans cette complète entreprise de rénovation on retrouve l’ex guitariste de Blondie Chris Stein à la basse et Clem Burke à la batterie à la place de respectivement Michael Page et Douglas Bowne.

Avec sa pochette étrange représentant un Iggy Pop semblant complètement égaré dans un pays africain, « Zombie birdouse » débute avec « Run like a villain », qui malgré un beat robotique assez horrible, se montre plutôt nerveux et incisif.

Sans être particulièrement mauvais ou raté, « The villagers » s’enfonce dans une new wave finalement bien quelconque.

Sur la soupe quasi informe de « Angry hills » Iggy chante par instant presque mal, montrant ses limites en voulant forcer dans les aigus.

Le niveau est relevé avec « Life of work » , au rythme intense et obsédant mais retombe mollement sur le nasillard et poussif  « The ballad of Cookie McBride »  avant de couler à pic lesté par la ballade atone « Ordinary bummer ».

Le Iggy Pop plus instinctif et sauvage resurgit briévement de sa cage sur « Eat or be eaten » et « Bulldozer » qui si ils ne se détachent par de ce son new wave étouffé montrent tout de même des tempéraments plus combatifs.

Pas grand chose à dire au sujet de « Platonic » gentillette ballade qui contraste avec « The horse song » plus en rapport malgré d’affreux sons de claviers avec le talent de song writter du Pope du Punk.

Le cauchemar se poursuit sur l’atroce « Watching the news » insupportable délire expérimental sans queue ni tête et sur le pseudo tribal « Street crazies » ou Iggy Pop grogne comme un junky ou un alcoolo en manque.

Le bonus « Pain and suffering » justifie amplement son titre dans la douleur qu’il inflige à son auditeur avec ses braillements de robot rouillé.

En conclusion, ce « Zombie birdhouse » aussi cauchemardesque qu’un film de zombies, est sans nul doute l’un des pires albums d’Iggy Pop.

Sous produit, amputé de tout riff et de feeling rock’n’roll, dévasté par un son new wave froid et cheap, « Zombie birdhouse » est un naufrage complet que les deux ou trois titres corrects qu'il contient ne peuvent sauver.

Iggy Pop que pourtant je vénère au plus au point, réussit même le tour de force de m’horripiler en massacrant certaines de ses lignes de chant.

A ranger dans la liste noire des albums maudits du Reptile, aux cotés de l’abominable « Blah-Blah-Blah » qui viendra toucher le fond quatre ans après en ajoutant une dimension pop commerciale à ce son new wave du pauvre.

Repost 0
Published by Seth - dans Rock
commenter cet article
11 décembre 2010 6 11 /12 /décembre /2010 17:13

dig_lazarus.jpg

1

 

Sorti en 2008, « Dig Lazarus, dig !!! » de Nick Cave and the Bad Seeds succède quatre ans après au double album « Abattoir blues/The Lyre of Orpheus ».

Doté d’une pochette disco simple et festive, l’album débute avec « Dig Lazarus dig !!! » , morceau d’ouverture assez plat dont toute l’ossature est basée sur un riff à la « Start me up » des Rolling Stones.

Un orgue inspiré et des buits de cordes évoquant le fond sonore d’un jeu vidéo viennent doper « Today’s lesson » bien plus convaincant.

Le coté bizarre et tortueux du groupe ressort nettement sur « Moonland » , belle ballade élégante juste assez cafardeuse.

Avec un titre pareil « Night of the lotus eaters » ne déçoit pas et s’avère une longue et pénible descente anesthésiant l’auditeur comme un puissant chloroforme.

Les guitares électriques reviennent sur « Albert goes west » plus dynamique avec ses chœurs et ses riffs foncièrement rock.

Difficile en revanche de trouver son comptant sur le très déglingué « We call upon the author » à la structure déroutante et aux refrains faiblards.

Nick Cave déploie ensuite sa belle voix grave sur la ballade « Hold on to yourself » morceau dans la (bonne) moyenne de ce qu’il propose habituellement.

Le rythme un peu plus soutenu de « Lie down here (& be my girl) » ne suffit pas à créer l’enthousiasme permettant de supporter les trois pénibles ballades finales « Jesus on the moon », « Midnight man » et « More news from here».

En conclusion, ce  « Dig Lazarus dig !!! »  porte bien mal son nom puisqu’il demeure bien loin de réveiller les morts pour les ressusciter.

Décidément peu inspirés, Nick Cave et son gang nous servent une version édulcorée de leur musique sans réellement chercher innover ou à se remettre en question.

Pratiquement aucun titre rock puissant, des ballades plates et chiantes comme un interminable week end pluvieux ou aucune émotion ne ruisselle, voilà ce que nous réserve la composition de ce disque décevant et franchement dispensable.

Calé entre deux albums de Grinderman annoncés plus garage-punk, ce quatorzième album marque le pas et donne l’impression d’un groupe usé, fatigué bien en panne d’inspiration.

Après ce disque irritant et repoussant comme de l'eau stagnante, le guitariste historique du groupe, Mick Harvey quitta la groupe.

Comment ne pas le comprendre ?

Repost 0
Published by Seth - dans Rock
commenter cet article
10 décembre 2010 5 10 /12 /décembre /2010 21:20

Utopie.jpg

3

 

Ami d’Erasme au destin beaucoup plus tragique puisqu’il fut décapité pour s’être opposé à l’autorité religieuse d’Henri VIII, le philosophe anglais Thomas More est l’auteur de « L'utopie ».

Ecrit sur le mode d’un dialogue entre More, un cardinal, un jurisconsulte anglais et Raphaël Hythlodée, explorateur revenu d’un pays imaginaire situé en Amérique du Sud prêt de l’équateur, « l'utopie » décrit une société imaginaire jugée comme parfaite par son auteur.

Transformée en presqu’île inexpugnable par ses habitants appelés les Utopiens, composés d’anciens naufragés Egyptiens et Grecs, Utopie se divise en plusieurs cités parfaitement administrées selon le régime de la mise en commun des biens des habitants qui alternativement deviennent agriculteurs ou citadins.

Ayant renoncé à agrandir leur territoire, les Utopiens se contentent de l’administrer au mieux sous l’autorité du roi Utopus soucieux du bien être de ses sujets.

Les journées des travailleurs ne dépassent pas six heures et de nombreuses plages sont consacrées aux loisirs ou ils peuvent s’instruire si ils le désirent.

La monnaie n’existe pas et l’enrichissement personnel impossible, l’excédant de la production étant utilisé pour commercer avec les autres pays et l’état récupérant la quasi totalité des richesses pour accumuler une réserve d’or capable de lui faire financer le cas échéant des guerres.

Un système d’élection vient élire des magistrats appelés phylarques, qui eux même obéissent à des protophylarque.

Le prince est élu par vote des phylarques sur la base d’une liste de personnalités établie par le peuple lui même.

Il gouverne avec le Sénat.

Les taches les plus pénibles sont effectués par des esclaves, soit des condamnés, soit des ennemis vaincus.

La peine de mort jugée inefficace a été abolie tout comme les châtiments corporels.

La population est régulée par l’implantation de colonies sur des territoires inoccupés soit négocié avec leurs voisins soit conquis par la force.

Par contre la libre circulation d’une province a une autre est étroitement contrôlée  et sévèrement punie en cas de non autorisation.

Meme si elle reste marquée par le christianisme implanté par les quelques voyageurs de passage, Utopie jouit d’une grande tolérance religieuse puisque toutes les religions sont acceptées et se retrouvent autour d’un être suprême unique désigné sous le nom de Mythra.

Des prêtres sont chargés des offices religieux dans les temples.

Le paraître, le jeu ou la chasse sont proscrits.

Les malades sont bien soignés, les fous respectés, le divorce est autorisé, l’adultère puni de la peine maximale par les travaux forcés.

Bien que détestant la guerre, les Utopiens sont biens préparés pour la réaliser en cas d’agression extérieure à leur encontre ou à celle de leurs amis.

Disposant de villes fortifiées et de troupes bien entraînées appuyées par des mercenaires sauvages les Zapolètes, ils usent de leurs richesses pour corrompre et diviser leur ennemis.

En cas de victoire ils ne massacrent pas leurs ennemis mais pillent leurs richesses pour se dédommager.

More conclut la peinture de cette société pour lui idéale en faisant un parallèle avec la situation désastreuse de l’Angleterre du XVI ieme siècle ou le regroupement de grands propriétaires terriens pour l’élevage de moutons produit l’appauvrissement des agriculteurs spoliés de leurs terres.

Ruinés, ces agriculteurs deviennent des travailleurs errants avant de basculer à cause de la misère et du désespoir sur les chemins de la criminalité.

En conclusion, par ce traité, More agit en véritable philosophe humaniste désireux de résoudre un problème de son temps qu’il juge inacceptable, l’enrichissement d’une minorité d’aristocrates qui provoque l’appauvrissement du peuple rural d’Angleterre.

Inspiré des idées de Platon sur le collectivisme, « L'utopie » fait figure de précurseur pour bon nombre de philosophes socialistes qui seront toutefois plus radicaux notamment sur l’aspect religieux.

La société idéale décrite par More refuse donc le capitalisme et malgré sa relative tolérance, fait preuve d’un grand autoritarisme dans son organisation poussée à l’extrême et d’une grande rigueur morale dans l’application de ses préceptes.

Ainsi j’ai trouvé ses positions sur la guerre assez hypocrites et assez peu pacifistes.

A mon avis il est impossible que l’homme occidental moderne, épris de liberté et d’individualisme ne s’y adapte aujourd’hui.

Repost 0
Published by Seth - dans Philosophie
commenter cet article
10 décembre 2010 5 10 /12 /décembre /2010 10:15

Eloge folie

4

 

L’époque de la Renaissance avec le philosophe hollandais Erasme et son célèbre « Eloge de la folie » .

Ecrit sous la forme d’une satire ou l’auteur s’exprime en lieu et place de la Folie, « Eloge de la folie » est un traité surprenant prenant à contre pied les philosophies antiques et les théologies de son époque.

Erasme critique surtout la prétendue sagesse des Stoïciens qui n’est pour lui qu’apparence tant l’insensibilité dont ils se réclament relève pour lui de l’inhumanité.

Son éloge a trait aux passions humaines libérées de leur carcan philosophique ou religieux qui pour lui mènent plus sûrement les hommes que la froide raison.

Ainsi des « bons vivants » amoureux des plaisirs et de la chair mènent ils pour lui une vie plus heureuse que ceux gouvernés par la morne sagesse emplie de privations.

Libérés des convenances, les enfants et les vieillards se rejoignent dans la folie, les amants eux même aveuglés par leurs désirs oublient leur raison.

En politique, Erasme ne voit pas de rois sages mais des hommes passionnés, volontaires, prêt  à prendre des risques pour assouvir leurs ambitions et convaincre les foules par des discours enflammés de les suivre alors que le philosophe menant une vie austère et intérieure à l’écart du monde est finalement déphasé par rapport aux réalités du peuple.

La folie est également utile à la guerre pour exalter le courage alors que le sage trop timoré et réfléchi se montrera inefficace.

Erasme critique donc l’apparition des Sciences et les gens se consacrant à des études trop théoriques qui leur font perdre pour lui le véritable sens de la vie qui est donné par les lois de la Nature, par essence parfaites.

Les chasseurs, joueurs, écrivains, poètes, bouffons, rêveurs, artistes, les amoureux du plaisir sont ainsi plus heureux que ceux qui consacrent leur existence à l’étude pénible de la grammaire, des mathématiques, de la médecine, du grec, du latin et de la philosophie.

Erasme range aussi les chrétiens parmi les fous.

C’est la pour moi le point essentiel de l’œuvre car outre les philosophes, la cible principale d’Erasme est les théologiens.

Pinaillant sans cesse sur des points de détails liés à des interprétations hasardeuses des textes sacrés, les théologiens ont pour lui perdu le véritable sens de la parole chrétienne.

Ayant introduit une approche trop théorique de la religion en raison de l’influence d’Aristote par le biais de la scolastique, les théologiens se perdent en sectes éparses s’affrontant stérilement entre réalistes, nominalistes, thomistes, albertistes, occamistes ou scotistes.

Erasme prône donc un retour aux Evangiles et à la parole plus simple et accessible des Apôtres.

Le philosophe est encore plus sévère avec les moines qu’il compare à des ignorants, sales et égocentriques.

De la même manière il se moque de l’absurde multiplicité de leurs courants entre Cordeliers, Bénédictins, Jacobins, Bernardins, Brigittins et Augustins.

Mais les Princes, les gens de la cour et les Papes n’échappent pas non plus à la critique, ces derniers amoureux du luxe et du pouvoir, étant responsables de bien des guerres.

Erasme termine son traité en faisant référence aux écrivains (Horace, Homère, Cicéron) et aux apôtres (Saint Paul)  ayant eux aussi mis la folie en exergue.

L’épilogue consiste en une lettre envoyée à son ami Dorpius pour tenter de se justifier par rapport au tollé qu’a provoqué la publication de l’ « Eloge de la folie » auprès des autorités religieuses.

En conclusion, il faut bien évidemment prendre l’ « Eloge de la folie » comme une satire volontairement outrancière et provocatrice destinée à provoquer un électrochoc dans les mœurs de son époque.

Qualifié de philosophe humaniste, Erasme était en réalité lui même un prêtre théologien et un fin connaisseur des philosophes antiques qu’il avait beaucoup étudiés.

Rejetant en apparence toute sophistication théorique, tout artifice philosophique ou théologique, Erasme prône donc un retour à une vie plus simple fondée sur les plaisirs de la nature (avec leurs excès) tout en se référant aux textes des Evangiles, qu’il juge plus en accord avec la nature humaine.

Meme si j’ai beaucoup apprécié le style brillant, agréable, fluide et souvent très drôle d’Erasme, il m’a été difficile de voir tournés en ridicule Platon, Aristote et Sénèque, philosophes que j’admire beaucoup.

Le livre d’Erasme repose donc la question fondamentale de savoir si l’homme doit se laisser gouverner par la folie de ses passions ou par ses capacités intellectuelles qui le poussent à la réflexion et à la sagesse.

Etre corporel mais néanmoins pensant et capable d’abstraction, l’homme ne peut pour mois se soustraire à aucune de ces deux influences.

Repost 0
Published by Seth - dans Philosophie
commenter cet article
7 décembre 2010 2 07 /12 /décembre /2010 21:40

Predator2.jpg

2

 

Trois après le premier « Predator » de John Mc Tiernan, Stephen Hopkins donne une suite à ce chef d’œuvre absolu de science fiction horrifique avec « Predator 2 » réalisé en 1990.

Contrairement au premier volet, l’action se situe ici dans un environnement essentiellement urbain avec un contexte de guerre des gangs ultra sanglante à Los Angeles.

Hispaniques et Jamaïcains s’entredéchirent pour le contrôle du marché de la drogue avec en troisième force la police de Los Angeles elle même dépassée par la férocité des gangs et la lourdeur de leur armement para militaire.

C’est dans cet univers de violence urbaine hystérique à la Robocop que choisit de revenir le Predator (Kevin Peter Hall et ses 2,19m)  qui entame sa traditionnelle partie de chasse et fait un carnage chez les narco trafiquants des deux camps.

Policier de Los Angeles endurci par des années d’anti gang,  le lieutenant Michael Harrigan (Danny Glover plus bougon que jamais) est chargé de l’enquête.

Caractériel, impulsif, il n’hésite pas à prendre de gros risques et à faire usage de brutalité pour parvenir à ses fins.

Aidé par ses adjoints Leona Cantrell (Maria Conchita Alonso) et Danny Archuletta (Ruben Blades) , Harrigan se heurte comme dans toute les bonnes enquêtes policières américaines qui se respectent à inspecteur du FBI du nom de Peter Keyes (Garey Busey copie carbone de son rôle dans « Point break » ).

Keyes semble en savoir beaucoup plus qu’il ne le dit sur cette affaire et les heurts avec Harrigan tournent à des frictions d’ego machistes hypertrophiés.

Après de nombreux meurtres aussi bien dans la police que dans le monde des gangs et l’instauration d’un climat surnaturel angoissant, Keyes finit par révéler à Harrigan l’existence du Predator.

Dans ce qui s’avère la scène clé du film, il décide de piéger le monstre dans des abattoirs ou il va régulièrement se nourrir.

Malgré la constitution d’une équipe de choc équipée de combinaison inifugées, de canons à azote liquide et l’aspersion de particules pour brouiller les détecteurs infra rouges du Predator et pallier à son invisibilité, le piége est un fiasco et l’équipe est massacrée.

Fidèle à son tempérament de tête brûlée et désireux de venger la mort de Danny, Harrigan affronte alors seul le Predator dans une lutte homérique ou il finit par triompher en le tuant  à l’aide de son propre disque tranchant.

La fin du film, remarquable présente une assemblée de Predators venue récupérer le corps de leur semblable vaincu et offrant un cadeau à Harrigan pour le récompenser de sa valeur guerrière avec au passage un amusant clin d'oeil à Alien avec un crane exposé comme trophée dans l'antre des Predators.

En conclusion, malgré son punch « Predator 2 » demeure très loin de la magie et du dépaysement du premier opus.

L’idée de coller le monstre dans un environnement urbain stupide et violent ne fonctionne en réalité qu’à moitié et ne passionne guère.

Ainsi on se contre fiche rapidement dans l’enquête policière, des personnages superficiels hyper caricaturaux (flics virils, latino camés hystériques, jamaïcains vaudous) et durant les trois quart du film on passe son temps à attendre les rares apparitions de la bête pour venir frissonner enfin pour de bon.

Heureusement la dernière partie du film, longue séquence d’action remarquablement intense parvient vient enfin tardivement compenser ce manque flagrant

Mais malgré tout ses louables efforts et son abattage, Danny Glover n’a pas la présence physique quasi surhumaine d’un Arnold Schwarzengger alors au sommet de sa forme.

Moins inspiré, moins sauvage, « Predator 2 » s’avère à l’arrivée décevant.

Repost 0
7 décembre 2010 2 07 /12 /décembre /2010 20:37

Bronzes_ski.jpg

5

 

Un an seulement après leur premier succès, Patrice Leconte et la troupe du Splendid récidivent en 1979 avec « Les bronzés font du ski » .

Ce nouvel épisode est la suite logique des aventures des personnages présentés dans le premier volet mais transposée dans le cadre des sports d’hiver sans l’aspect club de vacances organisées.

On retrouve donc Bernard (Gérard Jugnot) et Nathalie (Josiane Balasko) réconciliés, cette dernière ayant un rôle plus effacé que dans le premier volet, son mari surenchérissant en revanche dans le coté bête et méchant du petit beauf en vacance à qui tout doit être du.

Le médecin Jérôme (Christian Clavier) s’est marié avec Gigi (Marie-Anne Chazel) qui tient une crêperie prêt des pistes de ski.

Mais leur couple traverse beaucoup de turbulences et Gigi supporte mal cette vie de restauration.

De la première équipée, on retrouve un Popeye (Thierry Lhermitte)  affaibli vivant sous la domination de sa femme et de son amant propriétaire d’un magasin de ski ou il travaille comme vendeur, un Jean-Claude Dusse (Michel Blanc) se surpassant encore dans la solitude et le ridicule et une Christiane (Dominique Lavanant) ayant jeté son dévolu sur Marius (Maurice Chevit) un sexagénaire marié fabricant de perruques pour stars.

Les gags se succèdent à un rythme d’enfer et emmènent la troupe dans une excursion sur un glacier qui se terminera en catastrophe.

Complètement perdus dans la montagne par un Popeye comme d’habitude en dessous de tout, blessés , épuisés moralement et physiquement, nos héros seront sauvés in extremis par des montagnards rugueux qui leur feront manger et boire des mets innommables.

En conclusion, « Les bronzés font du ski » réussit le tour de force de surpasser largement le pourtant déjà très bon premier volet.

Avec une musique entrainante de Pierre « coron » Bachelet, un humour toujours aussi acéré, des acteurs au sommet de leur art, aucun temps mort, aucune fausse note ne viennent altérer le rythme trépidant de la comédie ou les répliques fusent dans des situations comiques souvent irrésistibles.

Moins ouvertement sexuel que « Les bronzés » (mis à part la scène avec les Italiens dans le chalet) , « Les bronzés font du ski » constitue le parfait divertissement à apprécier en famille ou entre amis autour du feu de cheminée et d’une bonne fondue à déguster… sans fil dentaire.

Repost 0
Published by Seth - dans Humour
commenter cet article
7 décembre 2010 2 07 /12 /décembre /2010 20:09

Les_bronzes.jpg

3

 

Voici une grande page du cinéma comique français contemporain avec « Les bronzés » film de Patrice Leconte réalisé en 1978.

Toutes les générations  ou presque au sein de l’hexagone ont déjà vu ce film multi rediffusé et considéré aujourd’hui comme culte dans l’inconscient collectif français.

Issu de la pièce de théâtre « Amour, coquillage et crustacés » rodée sur les planches par la troupe du théâtre du Splendid, l’adaptation de Patrice Leconte tient toutes ses promesses et brosse avec férocité une parodie acerbe des vacances au Club Méditerranée dans les années 70.

« Les bronzés » raconte donc les aventures d’un groupe de vacanciers français en séjour dans un club « all inclusive » situé en Cote d’Ivoire.

Il y a le couple de français moyens Bernard (Gérard Jugnot)  et Nathalie Morin (Josiane Balasko mince !) , vivant mal leur pseudo union libre et se disputant en permanence pour des histoires de jalousies, les célibataires en chasse, Jérôme le médecin dragueur et arrogant (Christian Clavier) , Gigi (Marie Anne Chazel) jeune femme ingénue et sexy, la vieille fille au physique disgracieux Christiane (Dominique Lavanant) et enfin l’irrécupérable Jean-Claude Dusse (Michel Blanc), looser hors catégorie et concentré de misère humaine à lui tout seul.

Tous ces joyeux drilles sont dirigés par les Gentil Organisateurs du Club, le dragueur pathologique Popeye (Thierry Lhermitte jeune et athlétique) , l’animateur lourdingue Bourseault (Michel Creton) et enfin Bobo (Luis Rego) artiste raté.

Le film est une succession quasi ininterrompu de situations comiques ou pathétiques autour des thèmes de la drague qui était le fond de commerce principal du Club.

Dans un univers codifié à l’extrême ou le loisir est dirigé de façon quasi militaire, ou les activités sont bien souvent stupides voir humiliantes, les personnages se débattent autours de leurs déboires amoureux et sont renvoyés dos à dos dans leurs désillusions.

En conclusion, « Les bronzés » brille par la qualité des dialogues et par l’excellence des acteurs qui feront quasiment tous des carrières majeures par la suite.

Leconte et la troupe du Splendid caricaturent les mœurs des français moyens de l’époque, dans toute leur médiocrité, leur méchanceté en les montrant en de rares instants plus touchants.

L’humour est donc cynique et corrosif voir méchant pour certains mais les situations recèlent trop de vérité pour ne pas toucher juste.

Qui en effet n’a pas connu sur son lieu de vacances des beaux gosses dragueurs à la Popeye et des cas sociaux à la Jean-Claude Dusse ?

On peut aussi voir dans cette satire sociale une brillante analyse des mœurs sexuellement très libérées d’une époque post hippie ou le sida n’existait pas encore.


Repost 0
Published by Seth - dans Humour
commenter cet article
4 décembre 2010 6 04 /12 /décembre /2010 18:13

Archie kramer

2

 

Petit crochet pour un groupe français défunt à la carrière éclair, Matmatah.

Formé dans les années 90 à Brest, Matmatah eut un succès fulgurant en 1998 avec son premier album « La ouache » avec un mélange habile de rock et de folklore breton avant de changer brutalement de cap, délaissant l’étendard celtique sans doute trop encombrant pour se réorienter vers un style plus épuré rock des années 70 mais également moins original qui causa finalement sa perte.

Après quelques éreintant déboires judiciaires suite à diverses incitations à la consommation de drogues, c’est un groupe fatigué déjà sur la pente descendante qui tente un retour désespéré en 2004 avec « Archie Kramer ».

Avec sa pochette sinistre évoquant un tueur en série imaginaire au faciès vaguement inspiré de Che Guevara, « Archie Kramer » débute avec « Casi El Silencio » du Matmatah à son meilleur, entraînant et rythmé avec des refrains en espagnol du meilleur effet.

Mettant plus l’anglais à l’honneur, « Gotta go now » est plus poussif avec ses refrains balourds.

Plus inspiré, « Archie Kramer » se distingue par ses influences country et ses paroles sombres.

On retrouve toute la capacité du groupe à composer des véritables tubes pop-rock  sur « Au conditionnel » et « Souvenir » , doux et calibrés pour les radio, les textes soignés et la voix de Cédric Floc’h s’avérant parfaits dans cet exercice.

Retour de l’anglais et du rock matiné de léger punk sur « Radio edit » sympathique mais qui s’oublie aussi vite qu’un vieux chewing gum.

Bien que rythmé « Il fait beau sur la France » manque de tranchant avant que Matmatah n’abatte sa carte maîtresse « Alzheimer » , morceau politique à la morale pacifiste gauchiste très discutable mais habité par une ambiance western des plus notables.

Dirigé contre les méchants américains agresseurs de l’Irak, « Alzheimer » reçoit le soutien de Curro Savoy siffleur magique des films d’Enio Morricone dont le sifflement donne toujours le frisson et élève l'ame.

Les ambiances apaisantes et jazzy de « La grande cuisine » et d’ « Anita » déroutent et apparaissent bien incongrues sur un album de rock même si le texte de ce dernier s’avère digne de Serge Gainsbourg.

Les guitares ressortent sur « Broke lover » , rock distordu évoquant les Stooges la folie et  l’énergie en moins.

L’album s’achève dans un brouillard cotonneux avec « Tombé des nues », pénible et larmoyant.

En conclusion, « Archie Kramer » n’est sans doute pas dans l’absolu un si mauvais album mais sa formule ne fonctionne globalement pas.

Ecartelés par de multiples influences (le rock anglo-saxon des années 70, la chanson française , le folk, le jazz et le punk ..) Matmatah produit un album bancal, mou, peu homogène et peu rassembleur.

Disons le franchement lorsqu’il officie dans un rock classique, le groupe reste à des années lumières de ses modèles …

Le grand public se consolera sur les quelques efficaces tubes pop que je trouve globalement insipides.

Matmatah n'est donc pour moi que l’histoire d’un honnête groupe de rock de niveau national.

Repost 0
Published by Seth - dans Rock
commenter cet article
3 décembre 2010 5 03 /12 /décembre /2010 17:43

Fou_irene.jpg3

 

Toujours dans le registre léger avec « Fous d’Irène » de Peter et Bobby Farelly.

Grands spécialistes de la comédie trash mais souvent drôle (« Dumb and dumber » , « Mary à tout prix ») , les deux frangins récidivent en 2000 en retravaillant avec leur acteur fétiche Jim Carrey.

L’histoire simplissime raconte la vie de Charlie Baileygates (Jim Carey), policier motard d’une petite ville américaine.

Trop faible et manquant d’autorité, Charlie se fait à peu prêt marcher sur les pieds par tout le monde, de son voisin dont le chien défèque sur sa pelouse, jusqu’à une petite fille qui refuse de l’écouter en passant par sa propre femme Layla (Taylor Howard), qui le quitte subitement avec un nain noir professeur en neurosciences (Shonte Cox), après lui avoir donné trois enfants noirs surdoués comme leur père.

Décidément bonne poire, Charlie élève malgré tout ses trois charmants bambins, Jamaal, Lee Harvey et Shonte même lorsqu’il atteignent tous très vite plus d’un quintal chacun.

Un jour pourtant le gentil Charlie se découvre une double personnalité et devenant Hank Evans devient subitement beaucoup plus méchant et sur de lui.

Ceci donne alors lieu à d'hilarantes scénes de vengeances.

Soigné pour troubles schizophréniques, Charlie reçoit un jour l’ordre d’escorter une jeune femme du nom d’Irène Waters (Renée Zellweger alias Bridget Jones en mince !) pour la ramener dans un autre état ou elle est recherché pour infraction au code de la route.

Mais il ne sait pas qu’Irène est en réalité attendu par le FBI pour recueillir des informations contre son mari mafioso.

Disons le tout de go, l’intrigue aussi mince qu’un sandwich soudanais et tout le film repose sur les délires physiques d’un Jim Carrey plus plastique que jamais jouant à fond sur sa double personnalité tour à tour gentil benêt ou méchant pervers pour séduire la belle Irène pourchassée par la mafia.

Les prouesses de l’acteur culminent dans une scène ou il se casse la figure lui même, le reste oscillant entre le bien graveleux (dialogue avec un énorme gode) et le carrément n’importe quoi (abattage raté d’une vache, bagarre avec un nain adepte du nunchaku).

En conclusion, même si elle n’atteint pas la folie d’un « Dumb and dumber » ou la qualité d’un « Mary à tout prix » , « Fous d’Irène » est une bonne comédie reposant sur l’incroyable talent comique d’un seul acteur qu’on aimera ou qu’on détestera mais dont appréciera le caractère unique de veritable as du burlesque.

Repost 0
Published by Seth - dans Humour
commenter cet article
3 décembre 2010 5 03 /12 /décembre /2010 09:09

3I_robot-copie-3.jpg

 

Science-fiction avec « I, robot » d’Alex Proyas paru en 2004.

Comme son titre l’indique, « I, robot » est une adaptation d’un roman des années 50 de Isaac Asimov.

L’histoire prend place à Chicago dans un futur relativement proche (2035) ou les robots domestiques ont envahi le monde des humains.

Asservis par les trois fameuses lois de la robotique leur interdisant de mettre en danger ou de ne pas porter assistance à un être humain, de lui désobéir puis enfin de se mettre eux même en danger, les robots cohabitent pacifiquement avec leurs maîtres.

Pourtant un jour l’officier de police Del Spooner (Will Smith plus stéroïdé que jamais ) est appelé pour le suicide du Docteur Alfred Lanning (James Cromwell) le père fondateur de la robotique travaillant chez USR la toute puissante entreprise de robotique américaine.

USR est sécurisée par un puissant ordinateur central appelé VIKI qui se montre tout de suite peu coopérative avec le policier.

Ne croyant pas au suicide de Lanning, Del Spooner enquête auprès de la froide et belle docteur Susan Calvin (Bridget Moynahan) et prend rapidement en chasse un robot humanoïde au comportement suspect, NS5 dit Sonny (Alan Tudyk).

Après une course poursuite échevelée en raison des formidables capacités motrices du robot, Del Spooner capture Sonny et le ramène au commissariat pour interrogatoire.

Il découvre que les robots de sa génération ont reçu un algorithme d’intelligence artificielle qui leur permet de ressentir et de copier les émotions humaines.

Mais faisant jouer ses contacts politiques, USR récupère rapidement Sonny au nez et à la barbe de la police.

Peu soutenu par sa hiérarchie, Del Spooner s’entête pourtant à penser que Lanning a été assassiné et est victime d’une tentative de meurtre chez lui quand un immense robot démolisseur détruit sa maison.

Il se rapproche ensuite du professeur Calvin qui lui révèle que USR compte mettre sur le marché une armée de robots analogues à Sonny.

Mais commandés par VIKI devenu incontrôlable, les robots se révoltent et tentent de renverser par la force les humains.

Désirant le bien de l’humanité, VIKI a en effet outrepassé ses limites et décrété que les humains devaient être protégés d’eux même par les robots en raison de leur irresponsabilité.

Pris en chasse par deux énormes camions armés de robots, Del Spooner s’en sort miraculeusement en révélant un implant métallique dans son avant bras qui fait de lui un cyborg.

On découvre également que le policier en veut aux robots à cause d’un robot qui après un calcul rationnel l’a sauvé d’un accident de voiture en laissant mourir une petite fille.

Dés lors la guerre est ouverte entre robots NS et humains.

En pleine bagarre, Del Spooner et Calvin parviennent à arriver jusqu’à VIKI et à la mettre hors service.

Rendus à leur libre arbitre, les robots NS décident donc de quitter le monde des humains pour fonder leur propre civilisation.

En conclusion, même si « I, robot » est au final assez librement adapté des romans d’Asimov, il constitue néanmoins un très bon divertissement en raison de son univers futuriste et élégant.

Formidablement bien désignés, les robots humanoïdes évoluent de manière fluide et élégante ce qui contraste avec les habituels clichés des robots lourds et maladroits des films de science fiction.

On est donc happé dans ce monde fascinant ou la création se retourne contre son créateur pour le mettre devant ses contradictions morales.

Meme Will Smith dont je goûte assez peu les prestations cinématographiques trouve plutôt bien sa place en flic rebelle dernier rempart de l’humanité d’un monde ultra technologique ou l’homme contrôle de moins en moins de choses.

Malgré certains cotés aseptisés et politiquement corrects  du film (la sur-représentation du personnages noirs prete à sourir), Alex Proyas se sort donc avec les honneurs de cette difficile tache d’adaptation.

Repost 0

Présentation

  • : Le blog de Seth
  • : Articles/Chroniques pour un partage de voyages interieurs majoritairement littéraires
  • Contact

Recherche

Pages

Liens