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3 septembre 2010 5 03 /09 /septembre /2010 20:19

Seraphim-copie-1.jpg

5

 

Je ne regarde pas souvent de western, aussi quelle ne fut pas mon heureuse surprise avec le visionnage de « Seraphim Falls » de David Von Ancken datant (déjà) de 2005.

« Seraphim Falls » début par une scène choc qui tient en haleine.

Peu après la fin de la Guerre de Sécession, dans les montagnes enneigées de la chaîne des Appalaches, un homme mur, solitaire et hirsute (Pierce Brosnan) se fait tirer dessus et prendre en chasse par un quatuor de chasseurs de prime dirigé par le colonel Carver (Liam Neeson) .

Blessé au bras, l’homme court à perde haleine, saute, plonge dans les bois enneigés avant de tomber dans une rivière de montagne glacée dont le flot puissant le sauve miraculeusement et temporairement de ses poursuivants.

Mais il réagit très vite comme un soldat, se réchauffe en faisant brûler de la poudre, nettoie sommairement sa plaie pour éviter une infection et se met en embuscade.

Il parvient à tuer un chasseur de prime avec son couteau, prend ses habits et son arme.

Carver ne renonce pas, semble enragé et mène d’une main de fer les expérimentés Hayes (Michael Wincott)  et Parsons (Ed Lauter) ainsi que le jeune Kid (John Robinson) qu’il a payés pour ramener vivant sa proie.

Le fuyard atteint une maison isolée ou il est accueilli par une famille qui lui permet de se reprendre des forces et surtout d’acheter un cheval pour tenter de semer ses poursuivants.

Mais peu après son départ, l’équipe de Carver ne tarde pas à faire irruption dans la maison et fait usage de violence pour obtenir des informations.

Le Kid est assassiné par un piége semé par le fuyard et cette nouvelle victime sème le trouble chez les chasseurs de prime que Carver a bien du mal à convaincre de poursuivre la chasse.

Après renégociation du contrat à la hausse les durs à cuir se remettent en chemin.

La traque se poursuit dans une région plus aride en frontière d’une ville.

Le fuyard est capturé par le chef de travaux ferroviaires et ses hommes mais il  parvient à se sauver juste avant l’arrivée de Carver.

Après un passage avec les mormons qui le dépouillent de ses balles, Carver finit par perdre tous ses hommes mais rattrape le fuyard qu’il tient en joue.

Il lui avoue alors enfin la raison de sa haine, la volonté de vengeance après que le fuyard colonel Gidéon dans l’armée nordiste ait fait brûler vif sa famille peu après la fin de la guerre.

Gidéon même dévoré par le remord de morts qu’il ne voulait pas provoquer, ne se résout pas à mourir et parvient à reprendre le dessus sur Carver.

Magnanime il le laisse partir mais Carver ne renonce pas et poursuit sa traque infernale.

Dans la « Death Valley », une région cette fois désertique mortelle pour les êtres vivants, Gidéon perd ses deux chevaux en donnant un à un indien en échange d’eau et un autre à une mystérieuse apothicaire ambulante Louis Fair (par Angelica  Houston) en échange d’une balle pour se défendre.

Le duel final a lieu et les deux hommes blessés, mal en point, en arrivent à ne plus vouloir se tuer, la haine s’étant finalement estompée dans la dureté de la lutte.

En conclusion, « Seraphim Falls » est un magnifique western de tradition narrant dans des paysages naturels et sauvages somptueux une lutte d’homme à homme.

Pierce Brosnan que je n’appréciais jusqu’alors pas particulièrement dans ses rôles lisses de play boy à la James Bond, m’a ici complètement bluffé en ancien colonel transformé en survivant des bois.

On est complètement captivé de bout en bout par cette lutte épique et charmé par les quelques envolées finales emplies de mysticisme avec la présence des pasteurs, de l’indien et de l’apothicaire ambulante.

Dans la lignée de « Il était une fois dans l’Ouest », « Seraphim Falls » est donc à film à voir absolument qu’on aime (ou pas ) le western.


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3 septembre 2010 5 03 /09 /septembre /2010 10:10

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4

 

Dans les années 2000 j’ai découvert Joël Houssin et lu beaucoup de ses livres avec délectation.

Je trouvais intéressant prêt de dix ans après de me replonger dans ses lectures d’étudiant.

Paru en 1989, « Argentine » est un pur roman d’anticipation, genre dans lequel l’écrivain français fit ses premières armes avant de basculer dans le style policier tout d’abord avec la foisonnante série du Doberman puis l’écriture de scénario pour la télévision.

Dés les premières pages avant même d’avoir compris le contexte complexe de l’histoire on est pris à la gorge par le style très rugueux et abrasif de Houssin.

Son écriture est d’une violence inouïe, charriant un flot de colère et de révolte exprimé dans un vocabulaire de petit zonard des années 80.

Si on passe cet écueil stylistique rebutant, on peut ensuite entrer dans l’histoire et découvrir une ville d’Amérique du Sud dans laquelle les habitants sont confinés par des milices très violentes commandées par un Contrôleur suprême, qui s’assure du juste ravitaillement des populations en organisant des distributions d'insipides produits hyophilisés dans d’immenses hypermarchés.

On dit la ville perdue au milieu d’un désert surveillé par des zeppelins mais les rares rebelles à avoir tenté une sortie se sont tous égarés et sont morts.

La vie est dure dans cette ville, car si la milice contrôle les principaux axes, des bandes armées tiennent certains quartiers semant la terreur par le crime et le trafic de drogue ou d’êtres humains.

Sans espoir, la plupart des habitants se débrouillent, certains rejoignent des bandes, finissent toxicomanes ou prostitués.

Dans ce contexte effrayant, Diego dit « Golden Boy » ancien héros de la bande des Communards, dépérit à petit feu en constatant son impuissance à aider son père dit le Singe, paranoïaque à demi fou retranché chez lui et son jeune frère Jorge, qui ne pense qu’à lui même faire ses preuves dans la bande des Enragés au mépris de toute lucidité.

Diego  a tout de même deux amies, Diana la muette et la Mouche, jeune homme à l’agilité surprenante ne se déplaçant que sur les toits de la ville.

L’histoire tourne autour de la disparition de Gabriella, la sœur de Diego, qui est partie se prostituer dans un bordel du quartier brésilien de la ville.

Le bordel est tenu par Tio Pepe, un caïd redoutable qui prostitue hommes, femmes ou travestis et surtout s’est lancé dans le trafic d’êtres humains servant de cobayes pour d’horribles expériences.

Ayant besoin de médicaments, Diego accepte une livraison dans le quartier de la Squadra Azzura pour Tokyo, le plus puissant caïd de la ville qui à des yeux et de oreilles partout.

Il déjoue les piéges de la milice, notamment une redoutable brigade de Devineurs, robots capables de percer le pensées des humains en saturant leur structure mentale fondée sur la logique.

Après avoir livré des composants électroniques à un mystérieux vieillard aveugle du nom d’Eduardo qui s’affaire autour d’étranges machines, Diego se rend voir Pepe pour libérer sa sœur.

Le Brésilien le drogue jusqu’à l’overdose, lui montre sa sœur devenue prostituée et le laisse pour mort.

Diego ne doit son salut qu’à la Mouche qui le suit pareil à un ange gardien.

Alors qu’il se remet péniblement, Tokyo lui fait part de ses inquiétudes car le ravitaillement de la ville a cessé, provoquant des émeutes et des incendies.

Tokyo lui fait alors rencontrer Aurora une femme mystérieuse, dont une moitié est une superbe trentenaire et l’autre une vieillarde desséchée.

Diego est fasciné et attiré par cette femme.

Guidés par un singe pilote, Tokyo et Aurora emmènent Diego dan le désert et lui livrent le secret de la ville, destinée à l’origine à isoler le surplus des prisons et protégée par un système appelé Matrix, infranchissable piége temporel formant des cercles concentriques autour de la ville.

Pénétrer dans Matrix, s’est s’exposer à un vieillissement accélérée et à une mort atroce.

Mais Matrix s’est déréglé, est devenu fou et menace à présent de détruire la ville et tous ses habitants.

A son retour Diego apprend que son frère Jorge a été enlevé par Tio Pepe.

Il décide donc de le délivrer en attaquant le chef maffieux et ses gardes du corps cobayes.

Drogué, surarmé, chevauchant une moto de combat blindée, encadré par la bande des Enragés, Diego attaque le quartier des Brésiliens pour s’apercevoir qu’une vague temporelle à tué ou laissé séniles tous ses habitants.

Il découvre un Pepe rongé par le cancer et que son frère et sa sœur ont été réduits à l’état de cobayes humains, enfermés dans des caissons les faisant indéfiniment vieillir et rajeunir durant des cycles de quelques secondes.

Choqué, Diego va chercher Tokyo, Aurora et son frère le savant Eduardo pour tenter d’arrêter leur supplice.

Eduardo parvient à libérer Diego et Gabriella mais ceux ci ont régressé à l’état de fœtus.

Fascinée par la caresse du temps à laquelle elle a volontairement exposée la moitié de son corps dans le désert, Aurora demande à Diego de l’enfermer dans un des caissons.

Malgré son amour naissant pour la femme, celui ci accepte et après avoir ramené son frère et sa sœur en lieu sur découvre que la ville à feu et à sang menace d’être complètement engloutie par Matrix.

Il comprend alors que ce les expériences de Peppe ont crée des paradoxes temporels qui ont déréglé Matrix et que Jorge et Gabriella attirent donc malgré eux la mort sur la ville.

Guidé par les facultés du singe pilote, seule amène de se frayer un passage dans les couloirs du temps, Diego se lance alors dans une course frénétique pour sauver les bébés, trouver un passage hors de la ville et sortir du piége temporel de Matrix.

Il y parvient et retourne se cacher dans la maison d’Aurora ou il peut fonder une nouvelle société.

Après toutes ses années de souffrance et d’angoisse, l’espoir renaît donc finalement.

En conclusion, « Argentine » est un roman âpre, dur, parfois effrayant voir écœurant par son désespoir et sa violence.

Dans un univers à la Mad Max, Houssin décrit une ville en perdition ou l’humanité à régressé à un niveau de pauvreté et de déchéance insoutenable.

Miliciens brutaux, cobayes mutants, toxicos prostitués, zonards têtes brûlés, robots télépathes et prêtres illuminés composent un tableau particulièrement hideux repoussant de cette humanité dégénérescente.

Diego ne survit dans cet enfer que grace à son intelligence au dessus de la moyenne et quelques facultés supplémentaires comme des facultés de télépathie ou son avant bras à l'os de metal.

La partie Science-Fiction est pour moi la plus intéressante car elle montre toute l’imagination foisonnante et la remarquable créativité de l’auteur, l’idée du piége temporel étant je trouve particulièrement géniale avec au final (enfin !) un peu d’espoir.

Malgré sa noirceur étouffante, « Argentine » demeure pour moi sans nul doute l’un de romans les plus aboutis de Houssin si ce n’est son chef d’œuvre.


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1 septembre 2010 3 01 /09 /septembre /2010 15:25

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4

 

Après un « Brain drain » plus sombre et violent qu’à l’accoutumé, les Ramones franchissent le cap des années 90 avec « Mondo bizarro » sorti en 1992.

Le groupe s’adjoint pour l’occasion un nouveau bassiste CJ Ramone remplaçant de l’impétueux Dee Dee Ramone parti suite à d’interminables luttes intestines et à des graves problèmes de santé.

La pochette de l’album repose sur un concept tout simple basé sur un jeu d’optique donnant l’impression de délire narcotiques ou fortement alcoolisés.

« Mondo bizarro » débute en pente douce par un « Censorshit »  et « The job that ate my brain » peu marquants et inspirés malgré leurs riffs offensifs et leur vitesse d'exécution.

Le son très clair et rock du producteur Ed Stasium, bien que d’excellente qualité ne suffit pas pour autant à combler une certaine uniformité.

C’est dans un registre plus pop que les Ramones surprennent agréablement avec « Poison heart » ou l’on retrouve leur légendaire efficacité mélodique ainsi que la voix si chaleureuse de Joey Ramone.

L’album semble donc avoir trouvé son rythme de croisière, ce que confirment « Anxiety » vif et effilé comme une lame de cran d’arrêt et « Strenght to endure » mid tempo rock chaloupé au refrain impérial.

Le quelconque et faiblard « It’s gonna be alright » fait chuter la tension avant que l’excellente reprise à la sauce punk des Doors « Take it has it comes » ne vienne de nouveau secouer l’auditeur.

Ce morceau produit un fascinant croisement entre la plus grande voix du rock (Jim Morrison) et la plus grande voix du punk (Joey Ramone).

 « Main man » rock puissant et chaud introduit « Tomorrow she goes away » sans nul doute l’une des plus belles preuves du monstrueux talent du groupe pour même à l’orée des années 90 composer encore des petits bijoux d’hymnes punk rock.

Transition plus calme assez mièvre avec « I won’t let it happen » qui vient lancer le très saccadé « Cabbies on crack » alourdi par ses riffs heavy metal.

L’album se termine sur le trop classique « Heidi is a headcase » et le sympathique « Touring » aux accents rock’n’roll délicieusement rétro.

En conclusion, même si on taxa souvent les Ramones de déclin dans les années 90, on reconnaîtra que objectivement avec le recul ce « Mondo bizarro » tient encore bien fermement sur ces jambes.

Le seul reproche qu’on pourrait lui adresser est de ne pas receler de tube du calibre des premiers efforts des années 70, mais enterrer pour autant ce disque serait dénigrer des titres forts comme « Poison heart » ou « Tomorrow she goes away » ou  même la succulente reprise des Doors.

« Mondo bizarro » n’est sans doute pas le meilleur ou le plus violent des albums des Ramones, mais c’est un très bon album de punk rock homogène, solide et plaisant ce qui à mes yeux est déjà beaucoup.


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Published by Seth - dans Punk Rock
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31 août 2010 2 31 /08 /août /2010 16:56

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4  

Je ne cache pas que Ben Stiller est l’un de mes acteurs favoris aussi suis je allé voir avec intérêt « Greenberg » de Noah Baumbach sorti sur les écrans en 2010.

A 41 ans, Roger Greenberg (Ben Stiller) est après une dépression nerveuse en pleine crise existentielle.

Charpentier par nécessité a New York, sa véritable passion était la musique rock mais il n’a jamais pu faire carrière dans la musique sabordant par une mauvaise décision le groupe dont il faisait  partie dans les années 80.

En plein doute, il décide de revenir dans sa ville natale de Los Angeles pour s’installer pour quelques temps chez son frère Philipp qui part en vacance avec sa famille au Viet Nam et en profiter pour faire le point sur sa vie.

Chez Philipp (Chris Messina), Roger ne fait rien, passe son temps à écouter de la musique, à écrire des lettres de mécontentement, à veiller sur le chien et la piscine de son frère.

Il croise Florence Marr (Greta Gerwig) , jeune fille assistante chez son frère qui s’occupe des enfants, des courses et du chien.

Grande blonde un peu gauche agée de 25 ans, Florence est elle aussi un peu perdue dans sa vie.

Elle sort d’une douloureuse rupture, a une vie dissolue et chante le soir dans des cabarets en revant doucement de changer de vie.

Florence et Roger se sentent vite attirés l’un par l’autre mais entre ces deux paumés tout est décidément chaotique à l’image de leurs maladroites tentatives pour soigner le chien des Greenberg atteint de scoliose.

Le film est centré sur Roger qui fragilisé et à la dérive, tente de renouer avec son passé et ses anciens amis notamment Ivan Schrank (Rhys Ifan)  ex membre du groupe, devenu gérant d’une société informatique.

Ivan accueille Roger chaleureusement mais sa vie ne semble pas être beaucoup plus brillante avec un fils et une séparation avec la mère qui se profile à l’horizon.

Les deux compères discutent beaucoup, se rendent à des fêtes, évoquant le passé, leur amertume et leurs blessures.

Roger et Florence ont peur l’un de l’autre … et de se lancer dans une véritable relation.

Florence annonce à Roger qu’elle est enceinte mais de son ex ami.

Pendant qu’elle accouche, Roger péte les plombs, participe à une fête pour étudiants, ou le décalage est aussi flagrant qu’amusant entre le quadra et les jeunes qui bien entendu ne doutent de rien.

Le passage sur le choix de la musique est assez savoureux et bien vu, avec Roger bloqué sur Duran Duran comme musique pour prendre de la drogue et les jeunes sur Korn ou AC/DC.

Finalement après de nombreux errements, et une tentative avortée de fuite en Australie, Roger retourne voir Florence après son accouchement pour on se doute redémarrer quelque chose.

En conclusion « Greenberg » n’a rien à voir avec les films comiques habituels de et avec Ben Stiller.

Oubliés ici « Mary à tout prix », « Mon beau père et moi » et autre « Une nuit au musée », l’acteur officie ici dans une comédie romantique douce amère ou l’humour est plutôt cynique.

Noah Baumbach filme à merveille la crise de la quarantaine, la perte de repères, le refus de vieillir avec le sentiment qu’on a laissé passer les plus belles années de sa jeunesse tout en échouant dans ses rêves.

Sentiment d’inaccompli, d’échec, d’inutilité.

J’ai adoré Ben Stiller en paumé qui ne veut rien faire, ne pas réussir et qui ne conduit pas.

Dans un rôle de post étudiante entre deux eaux, Greta Gerwig est également une actrice de qualité et donne une belle réplique à l’acteur.

Je recommande donc grandement ce film intelligent et sensible pour découvrir une autre facette du talent de Ben Stiller.


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31 août 2010 2 31 /08 /août /2010 16:06

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 4

Tout le monde connait surtout George Orwell pour son formidable roman d’anticipation « 1984 » mais moins pour « La ferme des animaux » courte fable animalière à forte teneur politique.

Dans ce roman écrit en 1945, Orwell décrit la révolte des animaux d’une ferme de la campagne anglaise contre leur fermier Mr Jones.

La révolte est fomentée par trois cochons, Napoléon, Boule de neige et Brille-Babil qui suivent les préceptes de leur ancêtre Sage l’ancien, cochon philosophe pour fonder la doctrine animaliste comportant septs préceptes fondateurs pronant l'égalité entre animaux et le rejt des coutumes humaines.

Les animaux exploités par leurs maîtres humains de leur naissance à leur mort, rêvent d’indépendance, de liberté et de meilleurs conditions de vie.

L’analogie avec l’éveil des masses populaires aux doctrines communistes est assez évidente.

Si Sage était le théoricien progressiste, Napoléon et Boule de neige sont les activistes révolutionnaires qui poussent les animaux de la ferme, vaches, moutons, chiens, chat, poules, pigeons, oies et chevaux à la révolution.

Mr Jones est chassé de sa ferme et après une tentative infructueuse de reconquête par la force, quitte définitivement les lieux en laissant la place aux animaux.

Pourtant si les premiers temps de l’auto administration se passent plutôt bien sous la gouvernance démocratique des cochons réputés plus intelligents, un putsch ne tarde pas à s’établir.

Napoléon prend le pouvoir en s’appuyant sur neuf féroces chiens qu’il a dressés pour en faire sa garde prétorienne.

Il chasse le modéré Boule de neige et ne tarde pas à durcir le régime des animaux en les nourrissant moins, les faisant travailler plus notamment à l’édification pénible d’un moulin destiné à produire de l’électricité.

Rapidement le lache Brille-Babil se fait le porte parole de Napoléon, n’hésitant pas à faire preuve de révisionnisme pour propager la propagande la plus honteuse visant à diaboliser Boule-de-neige et a édifier un culte de la personnalité autour du nouveau chef des animaux.

Ceux qui résistent ou sont soupçonnés de trahison sont exécutés.

Les animaux sont conditionnés notamment les stupides et dociles moutons.

Napoléon établit des liens commerciaux avec les fermes voisines, s’arroge tous les privilèges et n’hésite pas à violer allégrement les septs commandements de l’Animalisme.

L’un des épisodes les plus tristes est la disparition de Malabar, le colossal cheval de trait,  infatigable et naïf travailleur, qui devenu trop vieux est vendu à un équarrisseur alors qu’on lui faisait miroiter une retraite au calme.

Le livre se termine sur une vision de cauchemar, les affreux cochons banquetant à la même table que les fermiers humains qui se réjouissent de leurs accord commerciaux et des conditions de vie encore plus dures mises en place dans la ferme.

En conclusion, « La ferme des animaux » est un livre coup de poing contre les dérives du communisme, un livre qui fait mal et qui traumatise.

Orwell met en garde contre les tentatives de révolutions qui se terminent par des coups d’états et par la dictature de tyrans sanguinaires secondés par des valets serviles prêts à tout.

On sent l’écrivain, pourtant militant de gauche amèrement déçu par le Stalinisme.

« La ferme des animaux » est un livre sombre, inquiétant, peu optimiste qui met au final mal à l’aise.

La question qu’on peut se poser est donc si au final, le pouvoir finissait par  corrompre les beaux idéaux ? Qu’aurait donné un régime mis en place par le révolutionnaire Che Guevara, que tout les jeunes (et moins jeunes ! )  arborent fièrement en tee shirt ?

A mon avis une dictature similaire à celle des soviétiques.

Vous avez aimé « 1984 » ou « Il était une fois la révolution » de Sergio Léone  ? Lisez donc « La ferme des animaux » qui certes moins dense et abouti, traite des même sujets avec une intelligence et une force de conviction inouïe.

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30 août 2010 1 30 /08 /août /2010 16:13

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2

 

En 1975 voit le jour le premier album de Rainbow intitulé sobrement et modestement « Richtie Blackmore’s rainbow » .

L’ossature de ce groupe anglais est composée du chanteur à la voix lyrique et puissante Ronnie James Dio et du guitariste Ricthie Blackmore pionnier du hard rock avec Deep Purple depuis la fin des années 60 et que d’aucun considèrent comme l’un des plus influents de l’histoire de la musique rock.

Après « Stormbringer » Blackmore se brouille avec ses comparses de Deep Purple et décide de fonder avec Dio un nouveau groupe qu'ils appeleront Rainbow.

A ces deux légendes viennent s’ajouter le batteur Gary Driscoll et le bassiste Craig Gruber qui auront une existence très courte au sein du groupe puisqu’ils seront remplacés l’année d’après.

On notera l’imagerie assez kitch aujourd’hui pour ne pas dire franchement ridicule avec cette pochette enfantine figurant un château en forme de guitare surmonté d’un arc en ciel.

Ridicule, la musique elle ne l’est pas, tandis que déboule « Man on the silver mountain » véritable bijou de hard rock mélodique avec son mid tempo classieux sur lequel vient se poser la voix magique de Dio.

Prêt de 40 ans après, ce titre lyrique et intemporel n’as pas pris une ride.

La transition avec « Self portrait » est d’autant plus abrupte, car si ce morceau bluesy à souhait n’est pas intrinsèquement mauvais, il demeure a quelques galaxies de la majesté du titre d’ouverture.

Rock’n’ roll  avec « Black sheep of the family » qui malgré son tempo plus enlevé irrite par son manque de punch.

Arrive ensuite le deuxième chef d’œuvre de ce disque, « Catch the rainbow » superbe ballade aérienne chantée par un Dio en état de grâce.

Rainbow propose ici un exaltant voyage dans l’espace ou régnera l’apaisement le plus total.

En raison de sa classe hors norme, « Catch the rainbow » est à rapprocher des « Dreamer deceiver » de Judas Priest ou des « Planet Caravan » de Black Sabbath, soient les meilleurs ballades que j’ai entendues dans toute mon existence.

Ambiance hypnotique et belles envolées de guitares sur le très mélodique  « Snake charmer » , mais comment à vrai dire résister à un chanteur du calibre de Dio ?

Blackmore exprime son intérêt pour la musique médiévale avec « Temple of the king » , ballade acoustique à la mélancolie en clair obscur avant de nous ramener dans le rock’n’roll le plus basique avec « If you don’t like rock’n’roll » morceau que n’aurait pas renié Ac/Dc et consort mais qui dénote un peu dans l’univers plus classe de Rainbow.

Tempo plus lourd sur le finalement très quelconque « Sixteen century greensleeves » avant que la reprise instrumentale des Yardbirds, « Still I’m sad » , plus rapide ne vienne enlever toute l’atmosphère de recueillement et de tristesse de l’originale.

En conclusion, « Richtie Blackmore’s rainbow » fait tout à fait son age de vénérable vieillard et n’est pas et de loin mon album favori de Rainbow.

Le style très orienté blues-rock et le manque de punch de la plupart des morceaux ne trouvent globalement pas grâce à mes yeux.

Mais ceci ne saurait faire oublier les qualités du disque, notamment les splendides ballades qui l’habitent et le morceau d’ouverture, devenu un classique indémodable du hard rock.

La star de ce disque est bel et bien le regretté Ronnie James Dio, qui malgré un petit coup de mou sur la fin, chante ici à la perfection, charriant de sa voix chaude et riche un flot continu d’émotion.

Par son coté originel, « Richtie Blackmore’s rainbow » est à posséder par les puristes, les historiens de la musique, mais ne dépasse pas pour moi le stade du respect poli du aux œuvres anciennes auxquelles on est finalement peu réceptif.


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30 août 2010 1 30 /08 /août /2010 14:42

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4

 

Histoire toujours avec un ouvrage sur l’un des personnages les plus énigmatiques et sulfureux de l’histoire, « Attila » d’Eric Deschodt.

L’ouvrage, de taille modeste, ne se veut sans doute pas une biographie exhaustive de la vie du célèbre conquérant mais constitue une agréable et intéressante première approche recensant les grandes étapes de la conquête hunnique qui mit à mal l’empire romain au V ieme siècle après Jésus Christ.

Les origines des Huns sont nimbées de mystères, si on les situe dans les steppes d’Asie centrale, à l’emplacement de l’actuelle Mongolie, on sait aussi qu’ils s’étendirent jusqu’en l’Europe de l’Est jusqu’à Budapest, à partir du IV ieme siècle après Jésus Christ.

Essentiellement nomades, redoutables cavaliers et archers, ils menèrent de terribles invasions menaçant depuis le III ieme siècle avant Jésus Christ les royaumes de Chine.

En 400 ap JC, les Huns stationnant en Hongrie, constituent une force inquiétante pour un Empire romain déclinant, scindé entre l’Empire d’Orient à Constantinople et l’Empire d’Occident de Rome.

Les Romains jouent sur les alliances avec les peuples Barbares notamment les Wisigoths qui ont un statut de fédération de l’Empire, pour sauver les apparences et préserver un semblant de prestige mais en réalité certains peuples comme les Vandales, les Ostrogoths ou des tribus Gauloises révoltées échappent à présent complètement à leur influence.

Honorius empereur d’occident joue également à ce jeu d’alliance pour tenir en respect les Huns, pratiquant le versement de tributs et l’envoi d’otages de marque pour s’assurer de l’appui occasionnel de leur formidable force militaire pour dompter les autres peuples barbares.

C’est dans ce cadre que le romain Aetius est envoyé chez Roas, le roi des Huns et se lie d’amitié avec son jeune neveu Attila.

A son contact Attila apprend à compter, lire et écrire le latin et le grec, chose rarissime pour un hun habitué à vivre à la dure.

En un juste retour des choses, Attila est accueilli à la cours de Rome ou il joue un rôle d’ambassadeur.

Il apprend à connaître parfaitement le monde romain de l’intérieur, y développe un art consommé de la diplomatie et de la politique.

A la mort de son frère Bleda, il devient le roi des Huns et entreprend de fédérer les tribus hunniques, de développer un pouvoir centralisé, à améliorer les axes de communication et surtout à nouer des alliances pacifiques avec les peuples de l’Est notamment ses ennemis héréditaires les Chinois.

Ayant stabilisé l’empire hun de l’Est, Attila se tourne vers l’Ouest et ses richesses qui le fascinent.

C’est l’empire romain d’Orient qui sera sa première cible, avec Théodose II, empereur faible, incapable et lâche qui sera prêt à toutes les humiliations pour ne pas avoir à livrer bataille.

Alliant habilement menace et diplomatie, Attila obtient de nombreux avantages (territoires, versement de tributs) en échange de ses bonnes grâces.

Entouré d’excellents lieutenants fidèles et incorruptibles comme le hun Esla, le grec Onégèse, le romains Oreste, ou le germain Edécon, Attila défait facilement les mercenaires Goths payés par Théodose II, et renonce mystérieusement à  la prise de Constantinople, défendues par d’épaisse murailles en échange d’une forte augmentation du tribut versé par la ville.

Théodose accepte mais son  premier ministre l’énuque  Chrysaphius manque une tentative d’assassinat contre Attila.

Après avoir une nouvelle fois fait pression sur Constantinople pour exiger un tribut plus élevé, Attila renonce à la mort de Théodose et de Chrysaphius à sa vengeance et se tourne ensuite vers l’empire d’Occident, gouverné par Valentinien III ou siége en tant que conseiller et général son ami Aetius.

Les relations entre Attila et Aetius anciens amis et à présent rivaux seront toujours complexes et ambiguës.

Finalement après avoir fait monter la pression de manière graduelle en réclamant que Valentinien lui fasse épouser sa sœur Honoria connue pour ses troubles mentaux et qui l’avait elle même demandé en mariage quinze ans auparavant, Attila déclenche une gigantesque offensive de 400 000 hommes.

Commence alors le terrible jeu des alliances avec les peuples Barbares, certains comme les Ostrogoths, Gépides ou Akatzires préférant le suivre alors que les Wisigoths, les Francs, les Burgondes et les versatiles Alains craignant les féroces Huns plus que les Romains préfèrent se joindre rester fidèle à l’Empire.

Retranché dans une Rome fortifiée, Valentinien envoie Aetius stopper son ancien ami.

Attila et ses Huns ravagent l’Est puis le Nord de la France, pillant et massacrant tout ce qu’ils trouvent et alimentant pour l’éternité la légendes des Huns, barbares impitoyables, buveurs, tueurs et rançonneurs de l’Occident.

Deschodt laisse entendre qu’Attila n’aurait pas approuvé tous ses massacres, cherchant quelques fois à retenir (en pure perte) ses troupes enragées.

Assez étrangement il épargne Paris, ville alors d’importance moyenne, laissant prendre la légende de Sainte Geneviève priant pour que le conquérant épargne sa ville.

Le choc avec Aetius se produit vers Chalons, lors de la célèbre bataille des champs Catalauniques qui fut la plus grande boucherie de l’histoire de l’Occident  (160 000 morts !) jusqu’à la première guerre mondiale et l’apparition des mitrailleuses faucheuses d’hommes.

Après ces combats d’une violence inouïe, Attila négocie avec Aetius et préfère rebrousser chemin alors que son adversaire a cinq fois moins d’hommes que lui.

Le dernier volet sera l’attaque de l’Italie, qui après la prise de la place forte d’Aquilée, failli bien entre complète, Attila s’arrêtant alors mystérieusement aux portes de Rome après que le pape Léon Ier est négocié lui même le départ du conquérant.

Outre la légende, on notera que la santé d’Attila s’était considérablement altérée et que malade il est préféré rebrousser chemin pour se soigner et préparer sa succession.

De retour dans son royaume de l’Est de l’Europe, Attila mourra mystérieusement après avoir épousé une jeune princesse barbare âgée de 16 ans.

Sa mort, à 58 ans aboutira à l’effondrement brutal de l’empire des huns.

En conclusion, cet « Attila » écrit dans une langue simple, vivante et animée séduit.

L’essentiel est la avec des tentatives d’analyses sur les mystérieux volte faces d’un prince nomade partiellement occidentalisé, qui alors qu’il aurait pu mettre à lui seul un terme à l’empire romain finissant rebroussa pour des raisons obscures à chaque fois chemin.

Le livre nous emmène de l’extrême Orient à l’Europe, dans une épopée sanglante et haute en couleur avec un véritable choc des cultures entre les sauvages huns et les romains certes toujours cruels mais plus raffinés.

La raison principale avancée par Deschodt pour expliquer les motivations d’Attila demeure le tropisme qu’exerçait pour lui l’Occident, sa culture et ses richesses.

Il en ressort l’image d’un homme bien plus intelligent, complexe, subtil que l’image de brute sanguinaire que ses ennemis chrétiens prêtèrent à ce Fléau de Dieu.


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26 août 2010 4 26 /08 /août /2010 19:16

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Encouragé par la très bonne biographie d’André Agassi, j’ai récidivé avec « Sans filet » celle sortie en 2004 du champion de tennis allemand des années 80 Boris Becker.

A l’arrivée semi déception, car la vie et la personnalité de Becker champion certes exceptionnel vainqueur de six titres du grand chelem, de deux coupe davis et de quarante neuf tournois, ne sont pas aussi extraordinaires et attachantes que celles d’Agassi.

Joueur surpuissant, premier capable de servir à plus de 200km/h, Becker est issu d’une famille aisée de Leimen, petite ville d’Allemagne.

Enfance tranquille, inculcation des valeurs qu’on pourrait qualifier de « germaniques », sens de la justice, de l’honnêteté, du travail, de la ponctualité et goût de l’effort physique qui le pousse à pratiquer le football et le tennis.

Repéré très tôt par le manager roumain Ion Tiriac, Boris quitte à 14 ans son foyer pour tenter une carrière professionnelle.

Le destin vient frapper à la porte du jeune allemand qui remporte à 17 ans le prestigieux tournoi de Wimbledon 1985 en battant le sud africain Kevin Curren.

Alors enfant, je me souviens avoir suivi à la radio l’un des plus incroyables exploits de l’histoire du sport, ou un adolescent remportait l’un des tournois les plus mythiques par la grâce d’un service phénoménal encore jamais vu auparavant.

Surnommé « Boum-Boum » , le jeune homme voit alors sa vie complètement vaciller.

Il devient une personnalité publique, désirée, recherchée, adulée ou détestée.

Quand Becker réédite son exploit en 1986 en battant Ivan Lendl alors numéro un et tsar du tennis mondial, il est alors reconnu comme un véritable champion à part entière.

Tiriac gère les contrats et les sommes d’argent colossales que lui rapporte sa poule aux œuf d’or et le fait déménager prêt du palais princier de Monaco.

Las bas le jeune homme vit la vie de milliardaire et côtoie le gratin de la jet set.

C’est le coté mondain de l’allemand qui m’a le moins passionné dans le livre, tout comme ses opinions politiques de gauches assez lénifiantes en faveur des pauvres, contre le racisme, ainsi que son admiration béate devant Nelson Mandela et Mohamed Ali.

Becker aime à montrer qu’il est un sportif intelligent, qui lit des livres, pense et a des opinions politiques.

Mais sa vie a surtout été celle d’un enfant surdoué évoluant dans un milieu de milliardaire ultra privilégié.

Difficile aussi de se passionner pour ses démêlés avec le fisc allemand, qui l’ont tout de même conduit à une condamnation à de la prison avec sursis.

Mais le pire reste sa vie privée, assez naufrageuse.

L’allemand a une manière complètement dépassionné de parler des femmes, qui lui sont toujours tombée dans les bras trop facilement en raison de sa notoriété de champion.

Mariée à une mannequin noire américaine, Barbara Feltus, qui lui donna deux enfants, Becker parle de l’échec de son mariage de manière assez peu intéressante, préférant s’attarder sur le long et douloureux procès aux Etats Unis que failli lui intenter son ex femme et sur ses enfants métisses qu’il semble chérir plus que tout.

Le champion n’a visiblement pas grand chose à dire sur l’aspect ethnique de cette union entre un grand blond-roux au physique purement germanique et une afro américaine, puisqu’il dit aimer aussi bien les blondes que les brunes.

En réalité on ne comprend même pas ce qui n’a pas marché avec Barbara mais à vrai dire Boum-Boum apparaît plutôt comme un grand coureur de jupon, à tel point qu’il avoue avoir une fille illégitime née d’une rencontre d’un soir, fille qu’il a reconnu et essaie d’aider fianciérement à distance du mieux qu’il peut.

L’aspect sportif qui m’intéressait au plus haut point n’est évoqué que de manière trop restreinte à mon goût.

On comprend que Becker aimait Londres et Wimbledon qu’il appelait son jardin et qu’il vibrait patriotiquement pour les matchs de Coupe Davis même si il vivait très mal l’incroyable pression que lui mettait les journalistes allemands attendant toujours de lui de gagner sans cesse et ne lui pardonnant aucun faux pas.

Peu d’anectodes sur les matchs épiques que livra l’allemand dans sa carrière et sur ses collègues, si ce n’est John Mc Enroe qu’il semble porter en haute estime malgré leurs affrontements électriques.

Evoquant la fin de sa carrière, Becker tombe néanmoins le masque en parlant de sa dépendance aux somnifères, de sa fragilité physique et surtout de l’incroyable liste des blessures qu’a du subir son corps en 14 années de professionnalisme, la plus marquante étant le percement de ses ongles pour dégonfler les poches de sang sous ses pieds après les 6h38 de son match contre Mc Enroe en Coupe Davis.

Cette partie m’a le plus intéressée, et on saisit alors mieux les sacrifices qu’impose la vie d’athlète professionnel, la rigueur des entraînements, la souffrance, l’épuisement quasi permanent et le stress immense que cela représente ce qui fait qu’une infime proportion de la population est capable d’endurer pareil régime.

Alors on se dit finalement dit que ses millions Becker les a mérité par son talent et par son caractère de champion exceptionnel.

Je me souviendrais d’un athlète fantastique, à la fois puissant et souple, capable de plonger sur le ciment américain sans se briser les os, d’un champion orgueilleux voir arrogant qui fit au même titre que Steffi Graf passer le tennis comme un sport de premier plan en Allemagne, l’homme en revanche m’a je l’avoue laissé de marbre et n’a pas éveillé chez moi le même courant de sympathie qu’André Agassi.

     Aujourd’hui Becker dit vouloir se consacrer à sa famille et à sa société de marketing.


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26 août 2010 4 26 /08 /août /2010 16:57

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Exploration continue de l’univers maffieux avec « Gomorra » le film de Matteo Garrone, tiré du livre sulfureux de Roberto Saviano.

Grand prix du jury au festival de Cannes 2008, « Gomorra » nous plonge dans le quotidien des petits et moyens trafiquants de drogue de la Camorra, officiant à Naples et dans tout le sud de l’Italie.

Plusieurs personnages servent ainsi à décrire le fonctionnement de cette organisation souterraine extrêmement puissante, que ce soit Toto (Salvatore Abruzzese) jeune enfant simple livreur de courses dans un quartier entièrement tenu par les gangs, Don Ciro (Gianfelice Imparato) homme d’age mur distributeur des rentes que verse la Camorra à ses anciens membres, Pasquale (Salvatore Cantalupo) brillant artisan de haute couture italienne qui vend ses services à des chinois concurrents de maffieux italiens, Franco (Toni Servillo) homme d’affaires véreux qui enfouit les déchets toxiques venant du Nord dans des décharges sauvages de la campagne et surtout Marco (Marco Macor) et Ciro (Ciro Pétrone) deux jeunes apprentis gangsters férus du film Scarface désirant grimper seuls dans la hiérarchie.

Le film est choquant car il montre toute la misère de certains quartiers de Naples, que l’état a laissé à l’abandon, ou la population est sous l’emprise de la mafia, avec toute la hiérarchie des guetteurs, puis petits et moyens dealers avant d’arriver jusqu’aux chefs de secteurs, prêts à tout pour défendre leurs intérêts, y compris à tuer sans état d’ame.

On perçoit le désespoir, la peur, l’embrigadement des jeunes fascinés par le seule modèle de réussite et d’autorité qu’ils ont sous les yeux.

Redoutablement organisée, la Camorra réinvestit l’argent de la drogue dans des activités légales comme l’immobilier ou le textile.

Dans ce tableau pathétique, Marco et Ciro sont les plus émouvants.

Adolescents délinquants fragiles et inconscients, ils dérobent des armes de guerre à un chef de clan, pensant ainsi devenir indépendants et se faire respecter dans le monde du crime organisé.

La réponse des caids est cinglante et les deux jeunes ne profiteront pas longtemps de leur ivresse.

Mais « Gomorra » montre que nulle personne impliquée dans la mafia ne peut en ressortir intacte.

Ainsi Don Chiro, qui est un vieil homme peu courageux et peu enclin à la violence, se trouve impliqué malgré lui dans une sanglante guerre des clans.

Meme le jeune Toto, est sommé de choisir son camp, et de sacrifier une de ses meilleurs amies pour se plier aux implacables et absurdes résolutions du gang.

De manière similaire au livre,« Gomorra » fit l’effet d’une détonation.

A l’instar de la trilogie du « Pusher », les maffieux ne sont pas ici magnifiés, idéalisés ou érotisés, ce sont des gros types patibulaires mal habillés vivants dans la merde, le stress et la violence.

Meme si j’ai trouvé le film moins puissant que ceux de Winding Refn, « Gomorra » est une œuvre choc qui ne laissera pas le spectateur indemne.

On se dit aussi qu’à un niveau moindre par rapport à l’organisation, la vie dans certaines cités françaises doit ressembler à ces quartiers miséreux de Naples.


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24 août 2010 2 24 /08 /août /2010 17:54

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Alors que la carrière de Judas Priest semblait bien relancée en 2009 avec le nouvel album « Nostradamus », quelle ne fut pas ma surprise de voir que Rob Halford sortait à la fin de l’année écoulée un album sous le nom de son groupe de heavy metal Halford intitulé « Winter songs ».

Si le fait que le chanteur d’un groupe qu’une certaine presse étroite d’esprit taxa de sataniste dans les années 90 puisse sortir un album de chants de Noël puisse choquer certains, je dois avouer ne pas en faire partie.

Bien sur on pourra toujours arguer que l’esprit de Noël ne se combine pas bien avec une musique sensée être agressive et rebelle mais je ne rentrerai pas dans ce type d’approche quitte à paraître pour un fan aveugle.

Sur ce disque, le producteur Roy Z seconde lui même Mike Chlasciak aux guitares tandis que Mike Davis à la basse et Bobby Jarzombeck viennent épauler le Metal God dans ses œuvres hivernales.

Avec sa belle pochette bleutée et glacée, « Winter songs » débute avec le très cinglant et franchement rentre dedans « Get into the spirit » qui n’aurait pas dépareillé sur un des précédents albums du groupe.

Rythme rapide, chant aigu et refrains emballants font de ce titre une fort belle entrée en matière.

Halford poursuit avec « We three kings » reprise du révérend John H Hopkins Jr, dont l’original date de 1863 c’est dire le caractère antédiluvien de l’œuvre.

Bien entendu, le groupe barde de chrome et de muscle le titre original et le résultat final surprend agréablement, notamment grâce à une performance vocale impeccable du Metal God.

Mais que dire alors de « Oh come O come Emmanuel » reprise d’un chant chrétien du XIX ieme siècle par le prêtre anglais John Mason Neal si ce n’est qu’il atteint des sommets de beauté avec un chant cette fois côtoyant le divin ?

La raison encore une fois tenant à la présence d’un chanteur à la voix exceptionnelle et à la musique, un heavy metal mélodique et soigné.

L’auditeur interloqué poursuit malgré lui son ascension spirituelle en écoutant la ballade piano/voix « Winter song » issue elle d’une reprise d’une jeune chanteuse de folk Sarah Barreilles.

La ballade en elle même trop larmoyante à mes yeux n’a rien de fantastique mais prouve simplement l’étendue des goûts musicaux du Seigneur du Metal.

Ballade toujours avec « What child is this ? » reprise d’un hymne religieux, écrit par William Chatterton Dix en 1865.

La chanson très douce et calme, contient une belle dose de majesté

Arrive le point noir du disque, « Christmas for everyone », composition originale du groupe, avec d’atroces tintements de cloches sur un tempo rock’an’roll aussi atone que ringard.

Difficile à supporter avec même toute l’indulgence du monde.

On aligne ensuite « I don’t care » , mid tempo rock correct mais trop quelconque et manquant de punch.

Halford propose une autre ballade « Light of the world », très douce et mélodique qui passe bien en raison de la voix magique de son chanteur puis la reprise de « Oh holy night » du français Adolphe Adam Charles que même un mécréant comme votre serviteur connaissait  sous le nom de Oh douce nuit !

Malgré la qualité du chant du Rob, le résultat est vraiment too much pour moi …

Le disque se termine sur « Come all me faithful » reprise d’un chant du XVIII ieme siècle de l’anglais John Wade.

C’est lourd, pompeux, exalté comme un hymne patriotique.

En conclusion, le début de « Winter songs » pourrait penser que Rob Halford allait réussir son pari de faire aimer aux fans de heavy metal ouverts d’esprits un disque de reprise de chants de Noel, tant la première moitié du disque tient honorablement la barre réussissant même à surprendre agréablement.

Mais le Metal God s’avère incapable de tenir la distance et le disque s’écroule ensuite graduellement, entre mid tempo rock éculés et grandes ballades allégoriques aussi exaltées que ronflantes.

Tout en ayant compris l’esprit « peace and love » de ce disque dédié à une atmosphère particulière propre à l’apaisement, « Winter songs » me paraît manquer de qualité et densité pour prétendre faire le poids dans la richissime discographie du Metal God et constituer sans nul doute, le disque le plus faiblard du grand Rob en solo.


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