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18 février 2011 5 18 /02 /février /2011 20:23

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5

 

 

En 1996 pour son quatrième album intitulé « The dark saga » , Iced earth ayant après quatre années d’errements enfin trouvé SA voix en la personne de Matthew Barlow, décide de changer de braquet et de réaliser un concept album autour de « Spawn » la bande dessinée horrifique de Todd Mc Farlane.

Séduit par le projet, Mc Farlane n’hésita pas à illustrer la couverture de « The dark saga »  d'un Spawn enflammé pour produire sans nul doute la plus belle pochette de la discographie du groupe.

Le personnage de Spawn, sorte de Faust moderne si complexe, torturé et fascinant étant un choix très stimulant artistiquement, Jon Schaffer décide pour mettre son projet à exécution de conserver une fois n’est pas coutume la même composition de son groupe que sur « Burnt offering » avec Randall Schawver à la guitare, Mark Prator à la batterie et Dave Abell à la basse.

Ouvrant cette œuvre ambitieuse mais aussi terriblement risquée, « Dark saga » déroule après une magnifique introduction progressive, une rythmique lourde et agressive évoquant le « Enter sandman » de Metallica.

On est frappé par la majesté du morceau combinant finesse et violence sur des paroles magnifiques de profondeur.

L’émotion  prend ensuite à la gorge avec « I died for you » épatant d’équilibre et de beauté romantique.

Mais décrire Spawn  c’est aussi de décrire de la souffrance et de la violence et celles ci ressurgissent sur le très tendu « Violate » en droite provenance des antres de l’enfer.

Décidément touché par la grâce, Iced earth élève sur le très aérien « The hunter » sa musique vers des cimes vertigineuses avant de redescendre plus modestement de quelques niveaux sur « The last laugh » plus basiquement thrash.

On retrouve sur le très sombre « Depth of hell » le son si caractéristique de la guitare de Schaffer avec ses rythmiques sèches et puissantes avant d’être assailli d’une nouvelle flambée de violence sur le nerveux « Vengeance is mine ».

L’ambiance calme, ténébreuse et un brin poussive de « The suffering » introduit « Slave to the dark » aux refrains somptueux avant de finir en apothéose sur la très longue ballade épique « A question of heaven » soutenue par des chœurs féminins et masculins.

En conclusion, avec « The dark saga » Iced earth bascule dans une dimension supérieure et signe une œuvre magistrale emplie de grâce et de majesté.

Le heavy-thrash cinglant des débuts avec un chant souvent approximatif paraît ici relégué à des années lumières pour faire place à un heavy metal maîtrisé incorporant à la perfection des influences plus progressives.

Bon chanteur de deuxième division, Matthew Barlow surprend ici par le flot d’émotion qu’il parvient à créer sur une musique épurée gagnant en efficacité mélodique ce qu’elle perd en vaines prouesses techniques.

Sublimé par son sujet, Schaffer paraît avoir capturé la quintessence de l’esprit de Spawn dont toute la vie maudite rejaillit ici en musique.

On peut donc penser sans exagération qu’en signant une œuvre aussi dense et aboutie que « The dark saga », Iced earth se montre digne des travaux plus grands groupes de heavy metal de l’histoire.


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Published by Seth - dans Heavy Metal
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18 février 2011 5 18 /02 /février /2011 19:11

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2

 

 

Véritable légende de la deuxième division du heavy metal, Iced earth voit le jour au début des années 90 sous l’impulsion de son leader le guitariste Jon Schaffer.

Comme pour son aîné Armored Saint, Iced earth a pour principal handicap d’être un groupe américain pratiquant un style de musique surtout populaire en Europe.

Si on ajoute l’époque, le début des années 90 avec l’éclosion du Grunge aux Etats Unis on comprend toute les difficultés qu’à rencontrées ce groupe au style classique à contre courant des modes de son époque pour s’imposer commercialement.

Mais ceci n’est pas pour arrêter le persévérant Schaffer qui réunit le chanteur Gene Adams, le guitariste Randy Schawver ,le bassiste Dave Abell et le batteur Mike Mc Gill pour sortir un premier album en 1991 intitulé sobrement « Iced earth ».

Avec sa pochette assez cheap et agressive, le produit sent bon l’underground.

Cette impression première se confirme à l’écoute du premier titre « Iced earth », avec un son très sec, une production peu étoffée et un chanteur au style assez stéréotypé singeant maladroitement Rob Halford dans des irritantes montées dans les aigus.

Néanmoins malgré ses défauts encombrants, le morceau frappe par sa rythmique nerveuse savant compris entre thrash et heavy metal (on parle quelque fois de speed metal) et par sa structure complexe mettant en avant un jeu de guitare assez varié.

Ce début prometteur est confirmé sur le long « Written on the walls » qui injecte au beau milieu de passages supersoniques d’intéressantes variations mélodiques rendant presque supportable le chant d’Adams.

La violence est également à l’honneur sur le plus rentre dedans « Colors » dont le style musical et le thème de l’agression urbaine rappellent le « Killers » d’Iron Maiden.

Digne représentant de la musique du groupe, « Curse the sky » développe un contraste de grosses rythmiques thrash entrecoupées de courts passages mélodiques.

La formule est encore améliorée sur « Life and death » qui après une superbe introduction mélodique envoie de folles cavalcades de guitares sur plus de six minutes.

Deux instrumentaux le court « Solitude » puis le long « The Funeral » superbe pièce épique et nerveuse, lancent le final « When the night falls » qui étale sa fougue sur prêt de neuf minutes parfois bien longues.

En conclusion, « Iced earth » doit être vu comme le premier essai imparfait mais prometteur d’un groupe en pleine éclosion.

Iced earth développe ici un style hybride très influencé par le thrash américain des premiers Metallica sans en égaler le punch et par le heavy metal mélodique d’Iron Maiden sans en restituer toute la dimension épique.

De manière générale, malgré leur vivacité, les morceaux sont trop prévisibles et beaucoup trop longs ce qui nuit à leur impact mais le problème principal du disque est son chanteur Gene Adams faible sur les passages lents et moyen sur les passages rapides.

Conscient de cette limitation, Schaffer le remerciera quelques mois après.

« Iced earth » n’est donc pas suffisamment abouti pour convaincre mais assez pour attirer l’attention.


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18 février 2011 5 18 /02 /février /2011 19:09

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5

 

On peut considérer sans nul doute « Du contrat social » comme l’œuvre maîtresse de Jean-Jacques Rousseau.

Publié en 1762, cet ouvrage à forte connotation politique découpé en quatre parties eut une très grande influence sur la Révolution Française et sur le système républicain français.

Partant du principe que l’homme dit civilisé est partout soumis à une servitude contre nature vis à vis de ses dirigeants, Rousseau démontre qu’aucune servitude ayant pour origine la force n’est valide y compris après une conquête militaire.

Mais les hommes ayant besoin pour survivre d’unir leurs forces et de s’associer en sociétés structurées, Rousseau en déduit la nécessité de passer un pacte social leur permettant de bénéficier des avantages de la vie en société tout en restant libre.

Il appelle la résultante de toutes ces volontés mises en commun volonté générale et désigne par Souverain l’état ainsi constitué.

Par ce contrat, l’homme accepte de perdre sa liberté naturelle illimitée en échange des bénéfices que lui apporte l’Etat qui lui garantit légitiment la liberté civile et l’accès à la propriété.

Rousseau insiste sur le caractère inaliénable et indivisible de la Souveraineté rendu possible si le principe de volonté générale reste appliqué.

Seul possesseur du droit législatif, le Souverain ne peut traiter de cas particuliers mais doit toujours agir sur des sujets généraux.

A ce titre le Prince ou Gouvernement élu est possesseur du droit exécutif et est lui même soumis aux lois éditées par le Souverain.

Rousseau s’étend ensuite sur la prise en compte du nombre et de la nature des populations, du climat, de la géographie des territoires pour l’édictions de constitutions appropriées.

Pour le philosophe,  toutes les constitutions doivent œuvrer à des fins de liberté et d’égalité civile, cette dernière s’avérant véritablement novatrice pour l’époque car faisant abstraction des titres ou des richesses obtenus par hérédité ou par mérite.

Le livre troisième traite plus en détail du Gouvernement maillon indispensable entre le Peuple qu’il gouverne et le Souverain dont il est chargé de faire appliquer les lois.

Divers type de gouvernements sont passés en revue, la démocratie associant trop étroitement Souverain et Gouvernement, l’aristocratie favorisant les puissants et la monarchie et son absurde règle de transfert du pouvoir par hérédité au détriment du mérite.

Rousseau termine ce livre par les meilleurs moyens selon lui de vérifier qu’un gouvernement est bon (essentiellement par l’accroissement de sa population) et de prévenir d’éventuels abus des gouvernements pour permettre de préserver l’autorité du Souverain (par la tenue d’assemblées périodiquement planifiées par celui ci).

Le livre dernier traite du processus électoral, des votes, des suffrages et de la composition des votants en se basant sur l’exemple historique des comices romains.

Après une analyse sur la dangerosité de la dictature avec comme parade éventuelle l’établissement de la censure, Rousseau s’attaque au sujet difficile la place de la religion dans l’Etat.

Rousseau loue tout d’abord les religions païennes plus tolérantes et souples puis critique le Christianisme pour lui incompatible de l’Etat car incapable de se soumettre à des lois civiles.

Reconnaissant la droit à une religion spirituelle du domaine du privé tant qu’elle n’interfère pas avec les lois civiles, il propose l’instauration d’une religion civile collective sacralisant le Contrat Social et cimentant l’ensemble de la nation autour de ce principe commun à tous.

En conclusion, si j’avais émis quelques réserves sur certaines idées avancées dans le « Discours sur les origines des inégalités » ou le « Discours sur les sciences et les arts » notamment sur l’idée d’un homme naturellement parfait à l’état naturel, « Du contrat social » a balayé par sa puissance toute tentative de critique de ma part.

A sa lecture j’ai en effet directement compris les origines de la république française et de bon nombre de principes fondateurs de notre constitution par essence démocratique.

Selon Rousseau l’homme naturel en signant le fameux contrat social, accepte d’aliéner une partie de sa liberté pour devenir le citoyen d’un état dont le gouvernement élu par le peuple doit faire appliquer les lois visant à offrir la liberté civile, l’égalité et la laïcité pour tous.

Par son contenu audacieux anti clérical et anti monarchique, par sa forme claire et accessible, il n’est pas surprenant que « Du contrat social » servit d’imparable cadre théorique pour les activistes de la Révolution Française.

Il constitue donc à ce titre une part essentielle du patrimoine français.

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12 février 2011 6 12 /02 /février /2011 17:58

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2

 

Grand buzz de ce début d’année 2011 orchestré à grands coups de techno à la Daft Punk, le très attendu « Tron : l’héritage » réalisé par Joseph Kosinski.

Il pouvait sembler très osé de tenter une suite prêt de trente ans après le premier volet devenu avec le temps un véritable objet de culte.

Le film de Kosinski met en scène Sam Flynn (Garrett Hedlund)  le fils de Kevin Flynn (Jeff Bridges) qui est le principal actionnaire de N-Com devenue une multi nationale de l’informatique mais qui peu concerné par le monde des affaires vit en solitaire dans un modeste appartement.

Obsédé par la disparition de son père 27 ans auparavant, Sam est surpris quand Alan Bradley, le collègue et ami de son père lui révèle qu’il a reçut un signal sur le beeper de son père émanant d’une vieille salle d’arcade fermée depuis longtemps.

Jeune et fougueux, Sam enfourche sa moto, pénètre dans la salle d’arcade et est lui aussi aspiré dans le jeu vidéo Tron.

Il vit alors quasiment les même événements que son père, combat dans l’aréne à coups de disques lumineux et participe à des courses de bolides générant des flux d’énergie densifiée à mesure de leur propulsion sur la fameuse grille.

Fort de son statut de concepteur, Sam surmonte les obstacles et parvient même à tenir tête çà Rykker le mystérieux tueur masqué à la dextérité surhumaine.

Pourchassé, Sam ne doit son salut qu’à Quora (Olivia Wilde) qui lui permet de s’échapper de la grille à bord d’un véhicule hybride.

Quora améne Sam jusqu’à son père vivant en maitre zen dans le jeu.

Kevin lui révèle que son alter ego Clu, une intelligence artificielle qu’il a crée dans le but qu’il conçoive le système parfait est devenu incontrôlable ivre de pouvoir.

Clu ressemble en effet à un clone de Kevin lorsqu’il avait trente ans de moins.

Désireux d’échapper aux envoyés de Clu, Sam va trouver Castor (Michael Sheen) le patron d’une boite de nuit (ou jouent les Daft Punk !) afin de trouver le dénommé Zuse seul capable de trouver un moyen d’arrêter le programme devenu fou.

Mais Clu intervient, capture Quora en raison de sa qualité d’Iso (créature mi vivante mi informatique) et corrompant Castor obtient de lui le disque de Flynn avec lequel il pourra sortir du jeu, ouvrir le portail vers la terre pour y conduire ses légions.

Mais Kevin, Sam et Quora parviennent à reprendre le disque et à mettre un terme aux projets fous de Clu.

Le film se termine par une lutte épique culminant avec une somptueuse poursuite en avions de chasses énergétiques avant que Kevin ne décide de réabsorber Clu afin de l’empêcher de sortir du jeu.

Revenu sur terre, Sam et Quora peuvent donc goûter une nouvelle vie à l’air libre.

En conclusion, « Tron : l’héritage » est un habile recyclage d’un film ancien qui était lui réellement novateur à son époque.

L’histoire se tient sans véritablement nous chavirer avec le thème principal de la créature ayant échappé à son maître qui se prenait à tort pour un démiurge et les principales qualités du film demeurent quelques belles scènes qu’on peut admirer en 3 dimensions.

Mais outre le fait de passer un bon moment  « Tron : l’héritage » n’apporte rien au premier opus et ne fait que réutiliser les trouvailles de l’époque en les habillant de technologies up to date.

Les acteurs très lisses à l’image de la beauté froide de Garrett Hedlund ne sont pas très convaincants et le rapport pére-fils avec Jeff Bridges tombe assez vite à plat.

Inférieur donc au premier opus mais également inférieur au niveau de la créativité à un film comme « Matrix » , « Tron : l’héritage » ne sera pas pour moi constitué la révélation de l’année mais juste un vaste divertissement gentillet et vaguement ennuyeux car trop peu audacieux à mon goût.

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12 février 2011 6 12 /02 /février /2011 17:01

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4

 

Western eastwoodien toujours avec « Pendez les haut et court » de Ted Post sorti en 1968 alors que le genre popularisé par Sergio Léone était au pic de sa popularité et que le grand Clint en était le fer de lance principal.

Le film commence très fort avec l’arrestation par une bande armée du cow boy Jed Cooper (Clint Eastwood) alors qu’il menait simplement ses bêtes dans les vastes pâturages de l’Oklahoma.

Soupçonné d’être l’assassin d’un propriétaire de bétail à qui il aurait volé ses bêtes, Cooper est jugé sommairement et pendu à un arbre par ses bourreaux.

Il en réchappe miraculeusement et est délivré par un marshal qui le conduit à la ville la plus proche pour être entendu par le juge Fenton (Pat Hingle).

Fenton révèle à Cooper qu’on a arrêté et pendu le véritable assassin et qu’il est donc de fait parfaitement innocent.

Habité par un terrible sentiment de vengeance, Cooper fait jouer son passé de policier pour que Fenton l’engage comme marshal fédéral afin de retrouver ses bourreaux pour les remettre à la justice.

Devenu un représentant de la loi, Cooper retrouve l’un de ses agresseurs un borgne dans un bar.

Devant son attitude agressive il n’a pas d’autre choix que de le tuer non sans lui avoir rappelé qui il était.

Le plus vieux de ses bourreaux, pris de remords, se rend spontanément et révèle à Cooper que ses ennemis se cachent à Red Creek.

Cooper en arrête ensuite un second, un forgeron réputé de la ville et très ami avec le shérif Calhoun (Charles Mc Grow).

Au cours de son voyage vers Red Creek, Cooper se retrouve l’inverse de sa situation initiale et se voit contraint d’arrêter trois voleurs de bétail et assassins présumés.

Après une traversée mouvementée, il les remet à la justice qui inflexible décide de les pendre sans appel.

Outré par ce châtiment qu’il juge trop sévère pour deux jeunes frères qui ne l’ont pas attaqué alors qu’il était en difficulté, Cooper s’oppose au jugement mais ne peut que constater impuissant les éxecutions.

D’une puissance dramatique inouïe, la scène de pendaison est rendue particulièrement pénible par le réalisateur pour en montrer toute l’horreur et choquer les esprits.

Auprés de Fenton, Cooper fait la connaissance de Rachel Warren (Inger Stevens) jeune femme blonde traumatisée par une agression et qui cherche vainement dans les prisons trace des meurtriers de son mari.

Mais la bande des assassins décide de réagir et après avoir échoué à le soudoyer, tente de l’assassiner par balles.

Grièvement blessé, Cooper survit et se rapproche de la belle Rachel avec qui il partage un traumatisme commun.

La fin du film consiste en l’assaut d’une maison ou se sont retranchés les trois plus irréductibles des ennemis de Cooper.

En conclusion, « Pendez les haut et court » est un film étonnant, très courageux et très engagé politiquement contre la peine de mort et une justice expéditive rendue par des personnages brutaux et peu recommandables sur le plan moral.

Impressionnant de charisme et de beauté, Eastwood qui a souvent été accusé d’être un réactionnaire après la série des « Inspecteur Harry » campe ici un personnage complexe tiraillé entre son désir de vengeance bestiale et une volonté de donner sa chance à une justice véritablement équitable en droit qui n'a pas besoin d'avoir recours à la peine capitale.

Outre le fond politique particulièrement intéressant, on retrouve dans « Pendez les haut et court » tous les ingrédients d’un excellent western, des paysages grandioses avec des musiques enivrantes mais aussi des scènes d’une intensité inouïe, celles de pendaison se révélant inoubliables.

Pour l’ensemble de ses raisons, « Pendez les haut et court » assez curieusement méconnu du grand public par rapport aux grandes chef d’œuvres du genre mérite assurément une réhabilitation

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10 février 2011 4 10 /02 /février /2011 20:34

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3

 

Dans les années 80 après avoir révolutionné « Daredevil » pour Marvel, Franck Miller laissa son empreinte également sur Batman avec « Batman : Dark knight » en 1986 sur lequel il fut également dessinateur pour le compte de DC Comics.

Dans l’édition intégrale regroupant les quatre volumes de l’histoire, Miller dépeint l’univers gangrené par le crime et les exactions de bandes de punk mutants semant la terreur dans la grande ville américaine de Gotham City.

La proche mise à la retraite du commissaire Jim Gordon et la libération de Harvey Dent (alias Double Face) poussent Bruce Wayne a reprendre ses activités de justicier nocturne après dix ans d’inactivité.

Mais affaibli par le poids des ans, Batman apparaît ici bien à la peine et perclus de doute sur ses capacités à mener sa lutte.

Ces doutes sont accrus par la controverse dont il fait l’objet auprès des média, certains d’entre eux allant jusqu’à réclamer son arrestation en raison de la menace incontrôlable qu’il représente pour la société.

Le justicier fait néanmoins face et parvient à arrêter Double Face avant qu’il ne fasse exploser les deux tours jumelles de Gotham.

Puis pendant que Joker simule une rédemption dans un hôpital psychiatrique, Batman décide de régler l’affaire des gangs mutants qui rêvent d’une suprématie sur la ville.

Il défie leur chef en combat singulier d’une violence extrême et est vaincu.

Grièvement blessé, Batman reçoit l’aide inattendue d’une adolescente nommée Carrie Kelley qui devient son nouveau Robin.

Regonflé à bloc, Batman prend sa revanche sur le chef des mutants et le tue après une lutte barbare dans la boue.

Il devient ainsi automatiquement le nouveau leader des gangs mutants qui le suivent aussi aveuglément dans sa croisade contre le crime.

Le troisième tome, plus complexe, met aux prises l’homme chauve souris avec son ennemi historique, le Joker qui bien entendu s’évade d’une manière aussi spectaculaire que cruelle lors d’un jeu télévisé débile.

Le duel entre Batman et Joker se solde par une lutte à mort dans un parc d’attractions puis dans des égouts ou le Joker préfère s’immoler par le feu plutôt que de mourir par la main de son ennemi.

Grièvement blessé au cours de la lutte, Batman ne s’en sort que part l’intermédiaire de Robin.

En filigrame de cette lutte devenue un classique, on trouve le contexte très tendu de l’époque entre l’URSS et les Etats Unis avec Superman intervenant pour défaire l’armée rouge pour la prise de l’île également imaginaire de Corto Maltesse.

Présenté comme un agent des USA, Superman est également mandaté pour éliminer son ennemi Batman en raison de la menace qu’il représente pour la société américaine.

Au cours de l’affrontement USA-URSS, un missile nucléaire dévié par Superman explose dans le désert américain et provoque une explosion electro magnétique qui souffle tous les systèmes électrique de Gotham.

La ville devient donc incontrôlable et Batman doit employer ses troupes de mutants pour tenter de rétablir l’ordre.

L’affrontement avec Superman tient alors toutes ses promesses et Batman compense par son intelligence et sa ruse son infériorité physique avant de finalement décéder d’une pseudo crise cardiaque.

L’intégrale se solde donc sur le faux enterrement du justicier devant des pouvoirs public rassurés alors qu’il reprend en réalité du service dans l’underground.

En conclusion, on retrouve dans « Batman : Dark knight » tout l’univers violent, sombre et désespéré de Franck Miller avec un dessin austère et macabre en relation directe.

L’intérêt principal de cette intégrale est de montrer un héros vulnérable, affaibli, en perte de vitesse et en proie à un doute permanent sur le fondement de sa lutte et sa capacité à la mener encore à bien dans une société qui l’a déclaré hors la loi.

Outre les classiques et toujours efficaces histoires avec Double Face et Joker, je n’ai pas spécialement adhéré aux histoires de gangs mutants.

Le contexte historique et politique des années 80 donne une saveur particulière au récit, avec la crise des missiles de Cuba et le probable affrontement nucléaire Est-Ouest.

Miller caricature également la sur médiatisation de la société avec les continuels (et assez insupportables) flashs d’informations qui viennent hacher en permanence le récit.

Enfin, l’affrontement symbolique entre Superman et Batman oppose deux faces de l’Amérique, celle du parfait soldat surhomme invulnérable à la solde du gouvernement face à un héros solitaire, libre, rebelle et ambivalent.

Intéressant mais moins culte que « Daredevil » ou que le film« The dark knight » de Christopher Nolan.

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8 février 2011 2 08 /02 /février /2011 22:39

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3

 

Comme pour « La grande vadrouille », « La folie des grandeurs » de Gérard Oury est un classique du cinéma comique français qui a été vu et revu par des générations entières de téléspectateurs.

Je me rappelle par exemple enfant de séances de visionnage en famille ou je riais aux éclats.

Les années ont passé et il est toujours bon d’avoir sur ce film un regard plus adulte à présent.

En 1971, un Gerard Oury en état de grace aprés le succès de « La grande vadrouille » embauche Yves Montand pour pallier à la mort de Bourvil dans le rôle de Blaze qui était il est vrai taillé pour lui.

L’histoire inspirée de « Ruy Blas » de Victor Hugo tourne autour de Don Salluste (Louis de Funès) ministre au XVII ieme siècle des finances du roi d’Espagne Charles II, chargé de la collecte des impôts auprès des populations.

Cupide, arriviste, méchant et voleur, Don Salluste est une véritable crapule très impopulaire qui abuse de son pouvoir pour détourner de l’argent à ses propres fins.

Son valet le dévoué Blaze (Yves Montand) est par comparaison la bonté même et a le défaut d’aimer en secret la Reine Marie Anne de Neubourg (Karine Schubert) une blonde à l’accent allemand fort prononcé.

Tombé en disgrâce pour une sombre affaire de mœurs, Don Salluste est déchu de ses pouvoirs, de ses richesses et exilé dans le bagne des Barbaresques situé en plein désert.

Mais le malin homme échafaude un plan machiavélique pour se venger de la Reine en en la compromettant avec  Blaze qu’il désire faire passer pour son neveu César, un noble fortuné revenu des Amériques.

Bien entendu le plan de Salluste essuie de nombreuse péripéties inattendues, entre le retour du vrai César, les attentats d’une conjuration de nobles contre le roi et les rebuffades de Blaze qui a compris que son maître n’était pas si désintéressé à son égard.

Les aspect le plus drôle du film à mes yeux sont pour moi les continuels quiproquo entre la Reine et Dona Juana (Alice Sapritch) vieille duègne au physique ingrat qui se retrouve subitement enflammée par les déclarations de Blaze.

En conclusion, même on pourrait penser que le coté film d’époque à grand budget de  « La folie des grandeurs » le préservait d’un quelconque vieillissement, on ne peut que constater que les gags peut être trop vus ont au fil des ans moins d’impact.

Bien entendu, Louis de Funès en crapule hystérique est comme à son habitude un régal et la complémentarité avec Yves Montand permet aux scènes comiques entre les deux acteurs de vraiment fonctionner (le bain, le réveil au son des pièces d’or, les castagnettes en pleine nuit).

Mais la force de « La folie des grandeurs » réside pour moi dans son rythme rapide et enlevé et sa quasi absence de temps morts ce qui fait que même si avec le temps on rit moins fort à cet humour bon enfant on passe tout de même finalement toujours un très bon moment en riant aux excès de cet indémodable génie comique de Funès.


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7 février 2011 1 07 /02 /février /2011 23:37

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4

 

L’univers des X-men m’est toujours aussi cher et aussi c’est avec le plus vif intérêt que j’ai lu « X-men : E comme extinction » la volumineuse saga de l’année 2001 écrite par Grant Morrison et dessinée par Franck Quitely.

Dans cette aventure dantesque, la menace principale provient de Cassandra Nova, sœur jumelle de Charles Xavier qu’il tua dans le ventre de sa mère en raison de sa nature maléfique.

Mais l’esprit Cassandra Nova aussi puissant que celui de son frère, survécut en se créant un corps à l’image de son image.

Intelligente, démoniaque et prête à tout, Cassandra Nova décide d’éradiquer la race mutante en adaptant un nouveau concept de nano-sentinelles, minuscules robots capables d’infecter les organismes mutants.

Mais Xavier aidé par l’ordinateur Cerebra parvient à la localiser en amerique centrale et envoie les X-men la neutraliser.

Sur place, les X-men se heurtent à des sentinelles et parviennent de justesse à capturer Cassandra non sans avoir échoué à l’empêcher de commettre un acte terroriste à l’encontre de l’île pour mutants appelée Genosha.

Plus de seize millions de mutants périssent dans cette agression qui demeure un choc pour toute la communauté.

Incapable de contenir durablement une pareille menace à l’Institut Xavier, les X-men n’ont pas d’autres choix que de l’éliminer, ce qu’ils croient avoir fait en lui logeant une balle dans le corps.

Au cours d’une interlude exotique en Chine dessiné par le talentueux Leinil Francis Yu ou ils combattent les U-men, humains se greffant des organes mutants pour créer une nouvelle race supérieure, les X-men libèrent le mutant chinois Xorn, dont l’immense pouvoir consiste en la fantastique énergie de son crane, capable de guérir ou d’anéantir.

Puis sous la plumme magique d'Ethan Van Siver, ils constatent que Cassandra Nova a pris le contrôle du corps de Xavier et a piégé son esprit dans le corps d’une vieille femme atteinte d’un Alzheimer foudroyant.

Cruelle, Cassandra Nova martyrise psychiquement le Fauve et le Bec un jeune mutant fragile et difforme qu’il avait pris sous son aile.

Tandis que Wolverine prend lui aussi sous sa protection une jeune mutante dotée d’ailes d’insecte, Jean Grey repousse à elle seule un commando d’U-men désireux de prendre d’assaut l’Institut mais cet effort déclenche à nouveau le pouvoir du Phénix en elle.

C’est alors qu’Emma Frost et Jean Grey unissent leurs pouvoirs télépathiques pour déloger Cassandra du corps de Xavier.

Cette aventure psychique constitue le summun de l’histoire et permet à Jean Grey de récupérer en elle l’esprit de Xavier tandis que le Fauve tente de vainement guérir son corps et de trouver un remède contre les nano sentinelles qui rongent les organismes des mutants.

Mais contre toute attente Cassandra utilise l’apparence de Xavier pour monter la garde impériale Shi’ar de Lilandra contre les X-men.

L’aventure dessiné par Igor Kordey prend donc subitement un tour de pure science fiction quand Gladiator et ses super gardes attaquent l’institut de Xavier.

Capturé par les troupes de Lilandra, Cyclope et Xorn parviennent à se libérer et à faire à faire fuir Lilandra qui libère les super gardes de son emprise.

Mais le monstre psychique est trop puissant et même le quasi invincible Gladiator doit s’incliner devant elle.

Entre temps Xorn guérit tous les X-men des nano sentinelles infectant leurs organismes.

Unissant leurs forces et leur courage, Xorn, Wolverine, le Fauve et Jean Grey boosté par le pouvoir du Phenix attaquent Cassandra et lui font quitter le corps de Xavier.

Feintant de trouver un accord avec Cassandra, Emma la piége dans un cerveau synthétique programmé pour apprendre étenrellement et l’entraîne dans une sempiternelle phase de régression.

L’épisode se solde par un happy end et Charles Xavier reprenant enfin possession de son esprit et de son corps, rendu valide par le traitement de Xorn.

En conclusion, renouant avec le coté larger than life de la série, « X-men : E comme extinction » est une longue et passionnante aventure riche en rebondissements qui tient en haleine le lecteur du début à la fin.

Comme il l’affirme dans son manifeste, Morrison refuse toute influence passéiste et choisit de donner un nouvel élan aux X-men en créant le double démoniaque de leur mentor, une femme aux surpuissants pouvoirs télépathiques et à la haine inextinguible à l’encontre des mutants.

Redoutable tortionnaire mentale, Cassandra Nova va prendre à malin plaisir à faire ressortir les faiblesses de nos héros et parmi eux Cyclope et surtout le Fauve complexé par son physique de plus en plus bestial seront les plus secoués.

Mais « X-men : E comme extinction » met surtout en avant les femmes, Jean Grey bien entendu en tant qu’icône incontournable de l’univers Marvel mais aussi Emma Frost l’ex reine blanche devenue l'un des plus séduisant piliers de l’équipe et une insupportable tentation pour la fidélité de Cyclope.

Cerise sur le gâteau, les dessins de Quitely d’une beauté et d’une force à couper le souffle viennent parachever le chef d’œuvre.

Outre l’épisode made in China assez réussi de Leinil Francis Yu on appréciera également le travail de Ethan Van Sciver dont les pages narrant l’affrontement entre le duo Emma-Jean et Cassandra pour libérer l’esprit de Xavier confinent au sublime.

Seul le style plus grossier d’Igor Kordey sur les épisodes spatiaux semble ici en deçà de celui des maîtres précédemment cités.

Mais globalement il n’y a pas grand chose à rejeter de ce « X-men : E comme extinction » qu'on peut qualifier de grand cru.

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7 février 2011 1 07 /02 /février /2011 22:12

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2

 

Ecrit par la nouvelle star de chez Marvel Brian Michael Bendis et dessiné par le français Olivier Coipel, la série crossover « House of M » voit le jour en 2008.

Découpée en huit parties, « House of M » a comme trame principale l’altération de la réalité provoqué par le dérèglement des pouvoirs de Wanda Maximoff dite la Sorcière Rouge.

Dans cette réalité « autre » tout l’univers Marvel est bouleversé, les mutants dominent les humains, certains héros sont morts (Vision), d’autres subitement ressuscités (Œil de Faucon) et la plupart vivent une toute autre existence comme Captain America vieillard centenaire solitaire.

Rendue quasiment folle par les dégâts collatéraux qu’elle a provoquée, Wanda vit avec son frère Vif Argent chez son père Magneto qui considéré comme un chef d’état respectable, a fondé une colonie sur l’île de Genosha.

Dans cette nouvelle réalité, Wolverine devenu agent du Shield, est le seul à avoir conscience du monde passé et prend contact avec un groupe clandestin composé de Luke Cage, Œil de Faucon, la Cape et Iron Fist.

Il rencontre au sein de ce groupe la jeune mutante Layla Miller capable de faire ressurgir l’inconscient dans les esprits humains et qui guidée par la Reine Blanche va servir de relais pour faire prendre conscience aux héros des altérations subies.

Parmi les héros contactés, Spider Man marié avec la défunte Gwen Stacy et père de famille normal est le plus affecté par cette révélation qui bouleverse sa vie.

Ayant constitué une équipe de choc composé des Vengeurs, des X-men, de Spider Man et du Docteur Strange, Wolverine mène l’assaut contre Genosha ou Magneto a reçu la visite de puissants alliés en la personne de Fatalis, du Prince des Mers, de Tornade ou de la Panthère Noire tous reconnus comme des souverains de royaumes alliés.

Vengeurs et X-men attaquent alors Genosha et luttent contre une garde composée de mutants de second ordre, tandis que le Docteur Strange entre en communication avec la Sorcière Rouge qui lui révèle que c’est son frère qui lui a demandé d’altérer la réalité.

Ayant appris la vérité, Magneto courroucé déchaîne son terrible pouvoir magnétique et tue son propre fils ce qui déclenche la folie de Wanda.

Une terrible explosion se déclenche et le monde se retrouve alors plongé dans une nouvelle réalité alternative ou certains mutants ont perdu leurs pouvoirs …

En conclusion, construit comme une variation sur le thème un peu bateau des réalités alternative rappelant les « Et si »  des années 80, « House of M » ne m’a pas passionné outre mesure.

L’histoire, hyper alambiquée et dramatique à souhait se boucle sur elle-même pour revenir à peu de chose pret à son point de départ sans qu’on ne sache trop ou veut en venir l’auteur.

La multitude de super héros nuit à l’action et la plupart d’entre eux n’ont que des rôles de figurants ce qui dans le cas de Namor ou de Fatalis est un monumental gâchis.

L’attaque d’ensemble de Genosha qui aurait du être le point culminant de l’action accouche d’un souris, avec un Magneto qui fuit le combat et des alliés rapidement invisibles laissant Vengeurs et X-men aux prises avec des faire valoir.

Le dérèglement subit des pouvoirs de la Sorcière Rouge fait penser à ce qui était arrivé à Jean Grey transformée en Phenix dans les années 80 sans que l’histoire ne parvienne à égaler le même niveau d’émotion.

Mais avec une réalité en permanence mouvante et des bouleversements aussi radicaux il est pratiquement impossible de trouver ses marques dans une histoire ou seuls les états d’ame psychologiques de Spider Man et Œil de Faucon revêtent un quelconque intérêt.

Un dernier mot sur le graphisme riche et sophistiqué de Coipel qui ne m’a pas séduit en raison d’un trop grand académisme.

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7 février 2011 1 07 /02 /février /2011 20:37

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3

 

Dans les années 80 Metallica semblait programmé pour atteindre les sommets et ce n’est pas la mort de Cliff Burton le bassiste originel du groupe qui fut capable d’arrêter ou même de ralentir son inexorable ascension.

En 1988, les Californiens recrutent donc le bassiste Jason Newsted et sortent leur quatrième et tant attendu album, « … And justice for all » avec leur producteur fétiche de l'époque le danois Fleming Rasmussen.

Comme l’indique la superbe pochette représentant une justice entravée et vacillante d’un blanc marbré et fissuré, « … And justice for all » recèle un contenu plus politique et social que tous les autres albums du groupe.

Le très véloce et compact « Blackened » donne tout de suite le ton de ce disque avec une structure longue et complexe, peu de refrains, un son de guitare peu mélodique et des rythmiques sèches et sous mixées.

Malgré cette approche créatrice plutôt en rupture, « Blackened » vif, rythmé et intense fonctionne très efficacement.

On enchaîne ensuite avec les presque dix minutes tout en cassures rythmiques  de « … And justice for all ».

Malgré un coté aride et peu accessible, « … And justice for all » tient plutôt bien la route par son intensité et par le chant tout en rage sourde parfaitement maîtrisée de James Hetfield.

La formule est répétée avec « Eye of the beholder » qui peine beaucoup plus en raison d’une plus grande linéarité et d’un manque de fluidité.

Arrive ensuite le chef d’œuvre du disque et l’un des titres les plus fantastiques du répertoire du groupe voir du hard rock, « One » power ballade démarrant de manière douce et subtile pour grimper crescendo dans des vertiges de violence ou la batterie crépite comme une pièce d’artillerie et les guitares taillaident comme d'immenses shrapnels létaux.

Mis à part ses superbes qualités musicales, « One » est devenu historique comme premier vidéo clip tourné par le groupe.

Le clip, inspiré d’un film cauchemardesque de 1971 « Johnny s’en va en guerre » de Dalton Trumbo est la plus parfaite ode anti militariste qui soit.

Après cette séquence si émotionnelle, on retourne au thrash alambiqué mais néanmoins toujours rugueux sur « The shortest straw » .

Metallica brise à nouveau les codes avec « Harvester of sorrow » qui après une introduction guerrière, déroule un mid tempo chaloupé aux refrains fédérateurs.

Une grosse baisse de niveau se produit sur « The frayed end of sanity » long, saccadé et plutôt pénible à supporter sur la durée.

Le très long et triste instrumental « To live is to die » est un hommage sobre et émouvant à Cliff Burton avant que le groupe ne termine son ouvrage par le musclé et revigorant power thrash « Dyers eve ».

En conclusion, « … And justice for all » est de loin l’album le plus difficile d’accès de Metallica et pourra rebuter certains par son coté profondément anti grand public.

Faisant en effet continuellement évoluer leur musique, les Four Horsemen proposent ici un thrash complexe, technique et alambiqué.

Toutes les chansons dépassent les cinq minutes, certaines flirtent avec les dix et le groupe perd en force de concussion.

Pour ma part même si je reproche à ce disque un son trop froid, aseptisé doublé d’un manque de musicalité, je reconnais la remarquable densité et les évidentes qualités de compositions de l’ensemble.

Réalisant sans doute qu’ils étaient allés peut trop loin dans cette approche artistique, les membres de Metallica changèrent ensuite leur guitare d’épaule et prirent par la suite un virage considérablement plus commercial qui les fit devenir les stars du grand public qu’ils aspiraient tant à devenir.

Pour cette raison, « … And justice for all » marque  donc pour beaucoup la fin de l’époque purement thrash des débuts de Metallica.

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