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21 janvier 2011 5 21 /01 /janvier /2011 20:47

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4

 

Retour à la philosophie avec l’un des plus grands penseurs de l’époque des Lumières, Denis Diderot, auteur entre autre de ces « Pensées philosophiques ».

Ecrit en 1746, les « Pensées philosophiques » de Diderot est un court recueil d’ aphorismes critiquant la religion en général mais surtout chrétienne tout en favorisant les idées personnelles de l’auteur.

Prenant ainsi le contre pied des philosophes de l’antiquité et des dogmes religieux, Diderot commence par réhabiliter les passions comme sources motrices permettant d’accomplir de grandes œuvres politiques ou artistiques, puis critique les superstitions engendrées par les religions.

Croyant à une des manifestations purement matérialistes de la divinité, il conteste le christianisme et lui oppose divers courant comme le déisme, l’athéisme et le scepticisme pour qui semble aller sa préférence.

Pour Diderot, Dieu n’existe pas et n’a pas fait le monde, celui ci s’est formé par une combinaison  heureuse de hasards ayant menés au terme d’un temps quasi infini à l’état que nous connaissons aujourd’hui.

Le philosophe critique l’intolérance des religions proclamant impie tout ce qui s’écarte de leur dogme.

Il s’attaque aux versions successives de la Bible déformées par les copies successives écrites par la main de l’homme puis aux prétendus miracles inventés pour donner plus d’impact à la parole divine auprès de populations crédules propres à être séduit par  le merveilleux.

Après ces saillies cinglantes, Diderot en vient à expliquer que la meilleure religion pour lui est le naturalisme, rejetant l’existence d’un Dieu et suivant un matérialisme dicté par des lois naturelles.

L’ « Addition aux pensées philosophiques » renforce les positions de la première partie en appuyant sur les incohérences du culte chrétien et en soulignant la nécessité de croire en le pouvoir de la nature souveraine.

En conclusion, « Pensées philosophiques » a le mérite de condenser dans une version courte, marquante et excessivement accessible l’essentiel de la pensée de Diderot.

J’ai été étonné de la liberté de ton de l’auteur et par la violence de ses positions anti religieuses qui lui valurent finalement un emprisonnement au château de Vincennes.

Diderot prend en effet de gros risques et se montre par son approche naturaliste le digne successeur des grands courants matérialistes d’Epicure, de Démocrite, de Lucrèce ou voir par instant sceptiques de Pyrrhon.

Après avoir lu les lourds systèmes de philosophes chrétiens aussi fervents que Descartes ou Pascal, lire le plus iconoclaste Diderot constitue un véritable vent de fraîcheur rafraîchissante.

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Published by Seth - dans Philosophie
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19 janvier 2011 3 19 /01 /janvier /2011 21:58

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5

 

Après un « Skull ring » gavé d’énergie et de duo avec la jeunesse du début des années 2000,  Iggy Pop prend à nouveau son public à contre pied en 2009 en sortant « Préliminaires » , cette fois ci majoritairement blues, rock voir par instant jazz.

Autre surprise non négligeable pour un artiste américain, un album avec un titre en français puisque inspiré par le roman de Michel Houellebecq « La possibilité d’une île ».

Si d’un premier abord l’alliance entre l’écrivain introverti au physique d’ingénieur en informatique et l’ex punk exhibitionniste au physique d’œuvre d’art vivante semblait contre nature, la curiosité l’a finalement emporté pour me pousser vers l’écoute de ce disque.

Pratiquement entièrement écrit et joué par Iggy Pop et Hal Cragin, « Préliminaires » a reçu le support du batteur Kevin Hupp puis de plusieurs musiciens additionnels comme un clarinettiste, un pianiste, un trombone et un trompettiste.

Cette folie douce à la belle pochette évoquant une sorte de « déjeuner sur l’herbe » macabre débute par « Les feuilles mortes »  reprise de la  célébrissime chanson de Jacques Prévert et de Joseph Kosma.

Iggy accomplit ici un authentique exploit en faisant l’effort de reprendre ce classique de la chanson française dans la langue de Molière et son accent américain rocailleux donne pour le coup un charme important à ce titre calme, triste et beau.

De mélancolie il est encore question avec « I want to go to the beach » , ballade minimaliste sublimée par la magnifique voix grave du Seigneur de la Pop.

Passablement ému et ébranlé par tellement d’émotion, on est catapulté dans une ambiance jazzy sur « King of the dogs » , clin d’œil humoristique au passé de l’artiste avec les Stooges.

Le français revient miraculeusement à l’honneur avec « Je sais que tu sais » blues entêtant interprété en duo avec la française Lucie Aimé.

Les superbes effets mélodiques aériens de « Spanish coast » viennent atténuer la profondeur d’un texte si lourd qu’il vous en arracherait des larmes.

La guitare rock et quelques poussées d’adrénaline bien senties reviennent hanter « Nice to be dead » lui aussi incroyablement sombre.

Le trop froid et atmosphérique « How insensitive » lance « Party time » cynique à souhait avec ses faux airs de « Nightclubbing » revisité pour les années 2000.

Le blues le plus prononcé revient à l’honneur sur « He’s dead/she’s alive » puis sur le très folk « A machine for loving » tout en phrasé parlé.

On reste dans le rock teinté de blues avec « She’s a business » obsédant à souhait, avant de finir sur une version remaniée des « Feuilles mortes » qui n’apporte pas grand chose par rapport à la première si ce n’est une connotation plus jazz.

En conclusion, « Préliminaires » est assurément un album qui rend bien hommage à l’univers sombre et dépressif de Houellebecq et traite majoritairement du thème de la mort.

Musicalement il évoque le plus calme, introspectif « Avenue B » très belle parenthèse acoustique dont nous avait déjà gratifiée l’Iguane en 1999.

En réalité tout le disque repose sur la beauté et l’émotion pure véhiculées par la voix d’un Iggy Pop délaissant pour une fois son pesant personnage de chien fou à tendance exhibitionniste pour celui d’un artiste plus complet capable d’explorer des univers plus lointains du punk rock de ses origines.

Pour ma part j’ai été complètement séduit et bouleversé par la profondeur et la tristesse de ce disque, son coté dépouillé, sincère et absolument anti commercial jusqu’à par instant avoir envie de pleurer sur « Spanish coast » et « I want to go the beach ».

Vous l’aurez compris « Préliminaires » n’est pas un album de rock énervé, mais le genre d’œuvre qui vous font grandir, mûrir et surtout admirer encore plus un artiste en décelant en lui ses failles, ses questionnements et ses sentiments les plus profonds.

Pour tout cela bravo donc Monsieur Iggy tout en espérant que cette dernière mise à nu ne constitue pas votre dernière séance.

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17 janvier 2011 1 17 /01 /janvier /2011 20:13

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5

 

Alors que la littérature abonde en ouvrages sur les Rolling Stones, les Beatles ou les Doors, il m’a toujours semblé étonnant voir injuste que Judas Priest le plus digne représentant du heavy metal depuis une quarantaine d’années ne bénéficie d’aucune exposition par ce canal médiatique.

Aussi ce n’est pas sans joie que j’ai dévoré la biographie du groupe « Les défenseurs de la foi » écrite en 2007 par le journaliste britannique rock Neil Daniels.

Autant le dire tout de go, cet ouvrage n’a pas reçu l’aval du management du groupe, visiblement et étonnamment très rétif à toute entreprise de cet ordre.

Sans témoignage prélevé à la source auprès des membres de Judas, c’est donc à une tache particulièrement ardue que s’est attelé le journaliste.

Pourtant Daniels s’en est bien sorti et a écrit un long ouvrage très complet en recueillant les témoignages d’anciens membres du groupe comme le tout premier chanteur Al Atkins ou de bon nombre de batteurs par la suite écartés et donc plus libres de leurs propos.

Ainsi on apprend beaucoup sur la genèse du prêtre maudit depuis les débuts à West Bromwich petite ville ouvrière située prêt de Birmingham en plein milieu de ce qu’on appelle le Black Country, zone ouvrière austère liée aux industries métallurgiques.

C’est donc dans cet environnement rude et dans des milieux populaires ouvriers et modestes qu’ont grandi la plupart des membres du groupe et il n’est pas totalement incohérent de penser que ce milieu a eu une influence sur leur façon de jouer de la musique et leur détermination à réussir.

A ses débuts dans les années 60, le Judas Priest tel qu’on le connaît n’est qu’à un stade embryonnaire.

Aaucun des membres actuels ne compose un groupe monté par le chanteur Al Atkins, le bassiste Brian Stappenhill et le guitariste Ernie Chataway.

Majoritairement influencé par le blues et le rock progressif, le groupe se cherche, essuie de nombreuses galères, perd tous ses membres en cours de route avant que le désormais solitaire Atkins recrute le placide bassiste Ian Hill puis le guitariste Kenneth K Downing pour son jeu de guitare sauvage calqué sur son idole Jimmy Hendrix.

A cet ersatz de line up se joint le batteur John Ellis et le groupe ne tarde pas à commencer à travailler sur un répertoire plus sombre influencé par Black Sabbath et Led Zeppelin.

Aidé par son manager le débrouillard et passionné Dave Corke, Judas Priest commence à tourner en Grande Bretagne mais perd rapidement Ellis qui est incapable de tenir psychologiquement le rythme des tournées.

Malgré l’embauche de Chris Campbell batteur d’origine jamaïcaine affublé d’une superbe coupe afro, et la signature d’un contrat de management avec une entreprise soutenue par Tommy Iommi, Judas Priest est incapable de joindre les deux bouts financièrement et le fondateur original Atkins, complètement découragé, jette l’éponge.

Persévérants Hill et Downing continuent et recrutent deux nouveaux membres le chanteur Rob Halford et son collègue au sein d’Hiroshima le batteur John Hinch.

Aidé par ces musiciens expérimentés et par la voix si étonnante d’Halford, le groupe fini par se faire remarquer par le label Gull qui les convainc d’engager un deuxième guitariste Glenn Tipton pour muscler son jeu de guitare et étoffer le son.

Entre les britanniques, l’alchimie ne tarde pas à fonctionner, Tipton et Halford étant deux formidables forces créatrices et cette connexion produit en 1974 leur premier album « Rocka Rolla ».

Mais Hinch mécontent de son traitement au sein du groupe quitte Judas peu après et est remplacé par le batteur de studio Alan Moore puis par le très technique Les Binks.

Avec « Sad wings of destiny » , « Sin after sin » et « Stained class » le groupe définit son propre style à base de puissance et de mélodie puis gravit patiemment les marches du succès.

La voix incomparable si haut perchée et puissante d’Halford et le double jeu des guitares jumelles de la paire Tipton-Downing constitue la particularité du style des britanniques.

Judas Priest se radicalise à la fin des années 70, évoluant vers un look plus spectaculaire avec blousons de cuir, moto et fouets alors que sa musique gagne en violence et en efficacité ce qu’elle perd en complexité.

L’explosion a lieu avec un disque live tonitruant « Unleashed in the east » enregistré au Japon lors de la tournée 1979 de l’album « Killing machine ».

Intense et spectaculaire, Judas Priest marque les esprits et est réclamé par les plus grands comme AC/DC et Kiss.

Les ventes décollent et le groupe travaillant avec le batteur Dave Holland, sort ensuite son chef d’œuvre « British steel » en 1980 qui lui ouvre les portes des Etats Unis.

Devenu à présent un groupe à stature mondiale, Judas Priest peut déployer ses ailes d'acier et devenir le maître incontesté du heavy metal du début des années 80 avec des albums références comme « Screaming for vengeance » ou « Defenders of the faith ».

Au sommet de leur gloire, les anglais tentent un virage plus commercial et hard FM en enregistrant aux Bahamas le très controversé « Turbo » et ses guitares-synthétizeurs.

Jouant dans des stades pleins, Judas Priest voit trop grand et organise la tournée la plus pharaonique de sa carrière aux Etats Unis avec déluge d'effets pyrotechniques.

Mais suite à ce virage, le groupe se coupe des ses fans les plus fidèles et ayant trop délaissé l’Europe subit une période difficile à la fin des années 80 ou Iron Maiden et Metallica le détrônent.

Comble de l’horreur, Judas Priest se voit la cible des organisations conservatrices américaines de Tipper Gore et assigné en justice suite au suicide de deux  adolescents américains fragiles adeptes de leur musique.

Blanchi mais affaibli par le procès, Judas Priest réagit en 1990, se remet courageusement en question, embauche le batteur Scott Travis adepte d’un jeu plus technique avec double grosse caisse et sort le sans concession « Painkiller » véritable succès commercial et artistique.

Influencé par une musique plus thrash, Halford se détache du groupe et tente une courte carrière solo au sein de divers projets parallèles (« Fight », « Two ») avant de revenir dans le giron du heavy metal au début des années 2000.

Judas Priest gère tant bien que mal le départ de son chanteur légendaire en embauchant l’amateur et quasi inconnu Tim Owens qui fera office de doublure pendant cinq ans et deux albums studio qui verront les ventes du groupe et sa popularité couler à pic.

Devenu un groupe de deuxième division, Judas se réconcilie avec Halford en 2004 et sort  « Angel of retribution » qui le remet sur de bons rails.

C’est en plein processus d’écriture du prochain concept album « Nostradamus » que s’achève l’ouvrage de Daniels.

En conclusion, bien que souvent de parti pris, « Les défenseurs de la foi » est un livre passionnant, sérieux et très bien documenté car truffé de témoignages et de rares photos de l’époque .

Il est toujours passionnant en effet de suivre le processus de maturation artistique d’un groupe ainsi que son ascension vers le succès.

Dans le cas de Judas Priest, cette réussite ne doit rien au hasard et est le fruit d’une folle détermination, d’une conviction inextinguible qui les ont mené au fil des problèmes financiers, des tournées marathons et des tensions internes à mener à bien leurs rêves.

Les amateurs d’histoires plus croustillantes seront également comblés car Daniels évoque les témoignages passablement aigris des anciens musiciens comme Atkins et Hinch passés à coté du succès, les problèmes de pédophilie de Dave Holland, l’homosexualité d’Halford et les histoires tumultueuses de Tipton avec son ex compagne qui lui réclamait de folles sommes d’argent.

Ecrit par un journaliste passionné mais néanmoins lucide et sérieux, « Les défenseurs de la foi »  constitue donc pour moi un monument de rock-story ou cinq prolo anglais de la zone parviennent par la force de leur talent et de leur volonté à s’extraire de leur milieu pour devenir des stars mondiales.

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Published by Seth - dans Heavy Metal
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15 janvier 2011 6 15 /01 /janvier /2011 17:32

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En 2003, le cinéaste français Alain Corneau adapte le roman à succés d’Amélie Nothomb dans le film « Stupeur et tremblements ».

L’histoire est quasiment calquée sur celle du livre et raconte les difficultés d’Amélie (Sylvie Testud) , une jeune belge née au Japon désireuse dans les années 90 de retourner travailler dans son pays d’origine.

Parlant couramment japonais, Amélie est engagée dans la société Yumimoto, multi nationale de l’import-export.

Mais la jeune belge va rapidement perdre ses illusions et se heurter à tous les écueils de la complexe société japonaise, dont les codes sociaux vont lui demeurer complètement impénétrables.

Travaillant sous les ordres de Monsieur Saito (Taro Suwa) un chef qui l’humilie sans explication en lui confiant des taches toujours plus stupides, Amélie va vite se retrouver sans travail si ce n’est distribuer les cafés, changer les dates des calendrier ou faire et refaire un avilissant travail de photocopie.

Impossible dans ce monde codifié ou la hiérarchie est sacralisée de se rebeller ou d’avoir une discussion ouverte avec un supérieur.

Le supérieur de Saito, Monsieur Omochi (Bison Katayama) étant un terrifiant obèse brutal et vulgaire, Amélie va se confier à sa supérieure directe la belle célibataire Fubuki (Kaori Tsuji).

Mais alors qu’elle la croyait son alliée, Fubuki va se révéler dangereusement fourbe, perverse et manipulatrice en dénonçant une initiative prise par Amélie avec un des rares japonais sympathiques de la société.

Dés lors entre les deux femmes une guerre d’usure va s’instaurer avec une trouble relation de sado-masochisme ou Amélie la victime fascinée par la beauté épurée de son bourreau va endurer les pires dégradations avec un certain plaisir de dépassement de soi.

Le summum du non sens est atteint lorsque Amélie se trouve responsable du nettoyage des toilettes pour hommes et passe ses journées dans les W.C

Puis comme toute chose, le contrat d’Amélie va arriver à son terme, la libérant d’une situation intenable tout en lui épargnant l’humiliation de la démission.

En conclusion, bien que fidèle et bien réalisé, ce « Stupeur et tremblements » trop plat et lisse n’apportera rien de plus par rapport au livre.

Peu d’action également dans ce film ou une certaine monotonie plus supportable dans un livre devient plus pénible sur un écran.

Le choix de Sylvie Testud actrice au physique quelconque voir ingrat n’amène pas beaucoup de charisme à un film se déroulant tout le temps dans l’atmosphère confinée et impersonnelles des bureaux des cols blancs japonais.

Pour autant « Stupeur et tremblements » peut considérer une intéressante porte d’entrée pour élaborer une réflexion à propos des différences dans le monde du travail entre la culture occidentale et la culture japonaise.

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15 janvier 2011 6 15 /01 /janvier /2011 16:55

3Born again

 

En 1983, Black Sabbath se brouille de nouveau avec Ronnie James Dio et s’est donc un groupe passablement amputé qui se met en cherche d’un nouveau chanteur capable de sauver un navire prenant l’eau de toute part.

Le choix des vieilles gloires du heavy metal se porte sur un autre dinosaure du genre, le chanteur Ian Gillan, ex légende du micro ayant signé quelques uns des plus fameux disques des années 70 avec Deep Purple.

L’association des superstars donne naissance à un affreux bambin aux allures de Hellboy avant l’heure « Born again ».

Passé le choc initial de l’horreur de la pochette, l’accouchement débute avec « Trashed », titre très rapide, très rentre dedans ou la voix d’un Gillan hurlant dans les aigus étonne franchement.

Puis « Stonehenge » un court instrumental à l’ambiance mystique réussie, lance le très malsain « Disturbing the priest » ou les cris de sorcière de Gillan se superposent avec plus ou moins de bonheur à une structure musicale bien alambiquée.

Un nouvel instrumental assez quelconque, « The dark » introduit le long et sinueux « Zero the hero » véritable réussite avec ses riffs rouleaux compresseurs et son chant plus sobre.

On reste dans la vivacité avec le très nerveux et jouissif « Digital bitch » ou la synergie voix/vélocité semble ici parfaitement fonctionner pour envoyer une cinglante gifle venant rougir la face médusée d’un auditeur peut être un peu somnolent.

Mais Black Sabbath ne serait pas ce qu’il est sans ses longs morceaux sombres et complexes ou l’émotion vous étrangle en une étreinte fatale, ainsi « Born again » longue power ballade mélancolique de plus de six minutes séduit invariablement par ses qualités mélodiques et ses brusques poussées de lave en fusion sortant du gosier de l’ex Purple.

On se réveille gentiment avec l’anecdotique « Hot line » qui avec son mid tempo hard rock, ressemble plus à du Deep Purple qu’à du Sabbath avant de finir sur le chaleureux « Keep it warm » idéal pour réchauffer une foule en concert.

En conclusion, alors qu’on aurait pu craindre le pire compte de tenue de la différence de style entre Black Sabbath et Deep Purple, le recrutement de Ian Gillan donne naissance à un album certes par un instant bancal et décalé mais recelant tout de même quelques titres de heavy metal au punch redoutable.

Avec sa voix haut perchée (pas encore détruite par les abus en tout genre) et sa puissance phénoménale, Gillan bouscule en effet le Sab déclinant de Iommi et lui injecte une bonne dose d’énergie revitalisante.

Malgré un son rêche et peu travaillé qui lui donne un coté un peu daté, « Born again » peut être considéré comme une curiosité exotique, un album quasi expérimental avec comme postulat de départ la greffe de la tête de Deep Purple sur le corps à demi mort de Black Sabbath.

Le résultat hybride ne convaincra personne sur la durée tant le coté plus sombre, lourd et introspectif du Sabbath Noir se mariera fort mal avec un chanteur aussi solaire et explosif que Gillan.

Ainsi pour les albums suivants, la valse des chanteurs se poursuivra, avec pour effet d’enfoncer le groupe dans une période toujours plus instable ou sa créativité se dissoudra lentement.

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13 janvier 2011 4 13 /01 /janvier /2011 21:55

4Leave home

 

Placé en avant dernière position d’un quatuor magique de la fin des années 70, « Leave home » des Ramones et sa pochette ultra minimaliste franchement médiocre ne paye pourtant pas de mine et pourrait apparaître pour cela comme le petit dernier de la période dorée du groupe s’achevant au début des années 80.

Enregistré en 1977 dans la foulée du génial « Rocket to Russia » et peu avant le prémonitoire « Road to ruin » , « Leave home » décolle timidement avec l’ultra basique « Glad to see you » dont l’énergie salvatrice compense un coté répétitif assez lassant.

Après ce petit amuse gueule, on enchaîne avec le supersonique (d'une durée d'à peine plus d’une minute!) « Gimme gimme shock treatment » véritable leçon de punk administrée par les maîtres incontestés du genre.

On comprend alors la prodigieuse efficacité du groupe, simplicité et énergie irrésistibles, puissance pénétrante des riffs de Johnny Ramone, sens de la mélodie et pour couronner le tout la voix magique presque soul de Joey Ramone.

De mélodie soignée et élégante, il en est également question sur « I remember you » truffé de charme et de sensibilité.

Mais les Ramones excellent également quand ils renouent avec leurs racines des années 60 et pondent des hymnes rétro fantastiques comme « Oh Oh I love her so », parfaite déclaration d’amour à adresser à sa dulcinée lorsque on se sent complètement con et amoureux.

En comparaison, « Carbona not glue » n’est peut être pas aussi enlevée, le coté catchy de « Suzy is a headbanger » paraît certes un peu trop facile et « Pinehead » très punk pioche un peu trop laborieusement mais tout ceci passe tellement vite qu’on est déjà embarqué par le frais et sympathique car quasi adolescent « I wanna be a good boy ».

Après ce relatif coup de moins bien, les Ramones remontent la pente à une vitesse vertigineuse, alignant le tubesque ultra mélodique « Swallow my pride » , la splendide ballade gavée d’émotion à fleur de peau « What’s your game » et l’une de leures meilleurs chansons le très festif « California sun » sentant bon les vacances, le soleil, la plage, le surf et la vie facile qu’ils n’avaient pas à l’époque mais à laquelle il est toujours agréable de rêver.

De l’ambiance beach boys de Californie, on passe à celle plus rugueuse des petites frappes new yorkaises avec « Commando » véritable imparable tube punk qui sera honoré par la suite par Metallica.

Speed et énergiques, « You’re gonna kill that girl » et « You should never have openend that door » brillent par un bon feeling rock’n’roll tandis que « Babysitter » termine sans trop d’éclat ce disque pourtant de très bonne qualité.

En conclusion, assez étrangement et conformément à sa pochette plus effacée, « Leave home » est sans doute l’album le moins réussi des quatre premiers disques pourtant cultes des Ramones.

Mais en valeur absolue, « Leave home » est un très bon disque de punk rock comportant quelques uns des plus grands hymnes du genre écrits par les enfants prodiges de la cité de la grande pomme.

Malgré quelques légers coups de moins bien situés dans la partie centrale de l'oeuvre, on se régalera donc globalement à l’écoute de cette troisième production des faux frères les plus célèbres de l’histoire de la musique ou brille tout le génie minimaliste et la touchante fragilité de ce quatuor définitivement hors des normes et des époques.

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Published by Seth - dans Punk Rock
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13 janvier 2011 4 13 /01 /janvier /2011 21:06

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2

 

En 1998, Kiss crée un mini événement en réunissant la formation originale et «mythique » des années 70 avec le retour du chat Peter Criss à la batterie et de l’homme de l’espace Ace Frehley à la guitare.

Nos sémillants quinquagénaires plus maquillés que des travestis du Bois de Boulogne surfent alors sur ce regain de popularité et concrétisent alors cette reformation inattendue en sortant  « Psycho-circus ».

Pour ce retour on notera le très bel artwork de la pochette avec ce jeu optique et le concept du cirque qui sied comme un gant à un groupe aussi axé sur le spectacle que Kiss.

Ouvrant ce bal du diable, « Psycho circus » surprend agréablement par sa véritable nature d’hymne.

Couplets impeccables assénés sur un mid tempo ravageur, refrains irrésistiblement fédérateurs, break judicieux et solo rock’n’ roll entraînent l’auditeur dans un carnaval déjanté qui lui donne envie de faire la fête sans état d’ame avec ces monstres au final si sympathiques.

Après un telle entrée en matière on est stoppé net dans son élan enthousiaste par le curieusement balourd « Within » chanté par la voix grave et virile de Gene Simmons.

Stanley reprend les choses en main avec « I pledge allegeance to the state of rock & roll » , hard basique et nerveux en forme de déclaration d’amour à la musique rock.

Lui succédant, « Into the void » fait passer un agréable moment avec sa structure simple et ses riffs accrocheurs.

Le groupe place ensuite  « We are one »  bonne grosse ballade commerciale truffée de chœurs à destination des radio americaines.

Retour à l’énergie avec « You wanted the best » deuxième titre franchement majeur du disque et véritable hymne à stade doté de refrains torrentiels chantés par le groupe tout entier pour tout emporter sur leur passage.

La grosse artillerie est toujours de sortie avec « Raise your glasses » et ses refrains faciles calibrés pour être repris par les foules.

Toujours excessif et caricatural, Kiss aligne ensuite avec une deuxième ballade larmoyante à souhait avec violons et piano, «  I finally found my way » puis « Dreamin’’ » power ballade plus originale avec son alternance de passages doux et plus appuyés.

On termine toujours en pente douce avec « Journey of 1000 years » , semi ballade assez informe chantée par ce barbare de Simmons.

En conclusion, pour ce retour, le moins qu’on puisse dire c’est que Kiss n’ a pas cherché les complications et a produit un album solide assez représentatif de sa musique basant tout sur la simplicité, l’accessibilité et une énergie communicative.

Meme si « Psycho-circus » n’est pour moi qu’un disque à deux chansons coups de canon que sont le titre d’ouverture et « You wanted the best », l’album homogène, efficace et sans surprise ne décevra pas les fans du groupe et sera largement suffisant à l’époque pour lancer une longue et prolifique tournée de reformation.

On trouve en effet tout un condensé de Kiss ici, quelques hymnes rock’n’roll larger than life propres à enflammer des gigantesques stades et puis des ballades tout aussi exagérées basculant dans la mièvrerie absolue.

Cette absence de demi mesure et bien entendu le coté parc d’attraction géant de leurs concerts, sont je pense à l’origine de l’immense succès du groupe aux Etats-Unis.

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Published by Seth - dans Hard Rock
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13 janvier 2011 4 13 /01 /janvier /2011 20:09

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2

 

Bref retour vers le monde du comic book avec « Angel » , roman graphique de 2009 écrit par Roberto Aguirre-Sacasa et dessiné par Adam Pollina.

Personnage crée en 1963 par le célèbre tandem magique de la Marvel Stan Lee-Jack Kirby, Angel est l’un des premiers X-men et peut être considéré comme une antiquité du monde des comics.

L’histoire écrite par Aguirre-Sacasa reprend les origines du héros,  alors que adolescent le jeune Warren Worthington III fait ses études dans une pension du Vermont pour fils de famille aisée.

Contrairement à la plupart des héros, Angel n’a en effet jamais caché ses origines dorées et être le fils d’un milliardaire, ce qui ajouté à son physique de Robert Redford athlétique m’a rendu son personnage de play boy superficiel toujours peu intéressant.

Le lecteur assiste donc à la vie confortable d’un riche adolescent américain qui se met soudainement à basculer dans l’angoisse lorsque sa mutation se révèle.

Lorsque ses ailes se mettent à pousser progressivement dans son dos, le jeune Warren voit son physique s’altérer, ses performances physiques exploser au fur et à mesure que son poids baisse inexplicablement alors qu'il prend les caractéristiques des oiseaux.

Se renfermant subitement sur lui-meme, Warren s’isole et ne tarde pas s’attirer la jalousie puis la haine de ses camarades dont Brandon Hardy, le teigneux et ambitieux fils d’un sénateur.

Hardy s’associe même avec Amanda Cobb, l’ex petite amie de Warren pour tourmenter son meilleur ami le jeune et fragile Andrew Palmer qui est le souffre douleur du prêtre du lycée le ventripotent Jérôme Reynolds.

Mais outre ces problèmes de teen agers au final assez futils, l’autre facette plus dramatique du roman est la traque des mutants par un mystérieux et impitoyable révérend solitaire qui utilise les pouvoirs d’une jeune mutante Mary Margaret pour les détecter et les éliminer.

A la fin du roman, le révérend retrouve la trace d’Angel et décide d’attaquer le pensionnat pour accomplir sa mission d’épuration divine.

En conclusion, on ne retrouve pas dans « Angel » la complexité et le souffle épique d’une grande histoire de super héros.

Les histoires d’adolescents américains complexés par la révélation de leurs pouvoirs et entrant en compétition avec les gens « normaux » ayant été maintes et maintes fois exploitées, l’intérêt de cette histoire est au final assez limité.

En revanche, « Angel » est plus surprenant par son coté religieux et par l’aspect franchement sombre et négatif accordé à la religion chrétienne, avec des personnages inquiétants entre le prêtre pédophile Reynolds et le révérend illuminé impitoyable tueur de mutant.

D’un point de vue esthétique malgré une certaine grâce, je n’ai pas aimé le style de Pollina avec ses personnages aussi filiformes que des brindilles.

Je reste donc convaincu que le personnage trop lisse de Warren Worthington III est sans nul doute le moins intéressant de tous les X-men.

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11 janvier 2011 2 11 /01 /janvier /2011 23:04

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Avec « La grande vadrouille » de Gérard Oury on touche au patrimoine français le plus sacré tant ce film sorti en 1966 a été pendant plus de quarante ans le film français le plus vu de l’histoire du cinéma français jusqu’à ce que le très médiocre « Bienvenu chez les ch’tis » de Dany Boon ne le supplante en usant des moyens de publicité modernes.

Mais par le miracle des rediffusions télévisées, quel habitant de l’hexagone n’a en réalité jamais vu et ri de ce classique populaire indémodable ?

On voit en effet « La grande vadrouille » à tout age, généralement en famille depuis son enfance jusqu’à l’age de sa retraite et ce avec toujours un égal plaisir devant le jeu irrésistible des acteurs.

Difficile donc au moment de le chroniquer de s’affranchir de la charge émotionnelle qu’il véhicule puisqu'il renvoit généralement à la période heureuse de son enfance et des vacances d'été passée en famille.

L’histoire est pourtant a priori audacieuse, rire enfin en France vingt ans après de la Seconde Guerre Mondiale.

« La grande vadrouille » raconte dans la France occupée de 1942, la cavale invraisemblable de deux hommes que tout oppose, Augustin Bouvet (Bourvil) peintre en bâtiment grand dadais un peu simplet et émotif mais gentil et généreux et  Stanislas Lefort (Louis de Funès) chef d’orchestre à l’opéra de Paris, petit homme nerveux, autoritaire et imbu de lui même.

Par le plus grand des hasards ce duo improbable va aider trois pilotes anglais égarés à Paris à se tirer des griffes des allemands pour rejoindre la zone libre.

Parmi ces trois pilotes le plus reconnaissable est Reginald Brook (Terry Thomas) dit « Big moustache » les deux autres se nommant Peter Cunningham (Claudio Brook)  et Alan Mc Intosh (Mike Marshall) .

Bien que n’ayant rien de héros de la Résistance, Augustin et Stanislas vont se révéler de vrais héros et nous emmener de Paris à Meursault afin d’échapper au major Achbach (Benno Sterzenbach) caricature d’allemand joufflu et colérique aboyant ses ordres incompréhensible en permanence.

Au cours de ses folles aventures très drôles et très rythmées, Augustin et Stanislas vont devenir amis et le duo des contraires va devenir formidablement attachant entre les crises de colère de l’atrabilaire chef d’orchestre et les maladresses du gentil nigaud de peintre en bâtiment.

Les scènes cultes abondent dans le film, ma préférée étant incontestablement celle de la première rencontre des Bains Turcs avec le fameux dialogue en franglais entre les deux maîtres du comique.

En conclusion, quel que soit son age, on rira toujours en regardant « La grande vadrouille ».

L’humour n’est jamais méchant et la puissance de scènes comiques repose avant tout sur la formidable alchimie entre Bourvil et de Funès, assurément le plus grand duo comique français de tous les temps.

Aussi rythmé qu’une pièce de théâtre, le film est aussi un merveilleux voyage à travers une France magnifiée aussi bien à Paris que dans ses campagnes gonflées d’une vie palpitante en ce bel été 1965.

Dans ce film, les Anglais sont présentés comme des grands types sympathiques, courageux et bon vivants, les Français comme débrouillards et dotés d’un grand cœur  et o miracle on parvient même à rire des Allemands, gauches dans leur raideur militaire inadaptée aux situations.

Oury réussit donc le tour de force de faire rire les Français des années 60 de l’horreur de la guerre, en exorcisant à travers un rire cathartique le traumatisme de 1939-1945.

En mettant de coté l’irrésistible pouvoir comique et émotionnel du duo Bourvil-de Funès, on peut tenter d’expliquer l’inconcevable succès de « La grande vadrouille », par ce formidable pouvoir guérisseur des blessures de l’inconscient collectif français.

Une œuvre de salut public donc à mes yeux que ni « Bienvenu chez les ch’tis » ni le « Titanic » de James Cameron ne pourront jamais égaler en charme  

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Published by Seth - dans Humour
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11 janvier 2011 2 11 /01 /janvier /2011 22:14

Duplex_3.jpg

4

 

Mu sans doute par un besoin de décompresser après les rudes discussions métaphysiques de Descartes j’ai revu avec plaisir « Un duplex pour 3 » sixiéme film de Danny DeVito sorti en 2003.

« Un duplex pour 3 » est une pure comédie mettant en scène un jeune couple de new yorkais composé de Alex (Ben Stiller) et Nancy (Drew Barrymore) qui pensent avoir acheté l’appartement de leur rêve à Brooklyn.

Le seul problème est que à l’étage vit une locataire avec un affreux perroquet, Madame Connelly (Eilen Essell) , vieille veuve irlandaise qui va leur faire vivre une véritable enfer.

Etant un écrivain avec un manuscrit à remettre urgemment à son éditeur, Alex va être le premier à pâtir de l’influence de madame Connelly qui va complètement l’accaparer en le harcelant d’une multitude de petits services comme descendre ses poubelles, réparer ses canalisations ou bien faire les courses avec elle.

Mais si Nancy travaillant dans une agence de pub est moins au contact du monstre, elle va elle aussi souffrir comme Alex de nuits d’insomnie en raison de la télévision mise à volume maximum toute la nuit.

Tout le film consiste donc en la lutte du jeune couple contre la vieille dame avec une montée crescendo dans les moyens pour s’en débarrasser, avec entre autres horreurs lui faire attraper la grippe, faire écrouler son plancher et même faire appel à un tueur à gage professionnel.

Bien entendu, la vieille dame aura le dernier mot et toutes les tentatives échoueront.

Alex ne pourra remettre son manuscrit à temps, Nancy perdra son emploi et le couple mal vu par l’officier de police Dan (Robert Wisdom) sera contraint de vendre son appartement à perte pour échapper à cet enfer.

La fin du film assez épicé, laisse entendre l’idée d’une gigantesque arnaque dont Madame Connelly serait le point focal.

En conclusion, « Un duplex pour 3 » est un formidable divertissement urbain et intelligent ou Ben Stiller est comme à son habitude génial dans le rôle du brave type qui poussé à bout pète progressivement les plombs.

Bien entendu, la réussite du film repose également grandement sur Eilen Essel, véritablement épatante en vielle dame vicieuse et retorse qui joue de son grand age comme d’un infranchissable bouclier.

On rit donc beaucoup et on passe un très bon moment tout en frémissant par instant en se rappelant combien certaines personnes âgées bien loin de l’image des gentils grands parents gâteaux peuvent être à  la vérité de vraie teignes franchement tyranniques.

Mon conseil donc, avant d’acheter un superbe appartement à un prix anormalement bas, faites un petit tour auprès du voisinage, peut être y découvrirez vous une redoutable Madame Connelly en puissance...

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