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26 mai 2011 4 26 /05 /mai /2011 22:15

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Malgré l’échec relatif de « Devil’s ground », Primal fear ne réduit pas son impressionnante cadence et sort en 2005 « Seven seals » à la pochette à la sobriété pour une fois bienvenue.

D’un premier abord, pas de changements fondamentaux dans le style pratiqué, « Demons and angels » déploie un heavy rapide aussi solidement étoffé que le poitrail body buildé de Ralf Scheepers.

Sans surprise, les guitares de la paire Tom Naumann-Stephan Leibning balancent une pluie de riffs sur un train d’enfer assuré par Randy Black et Matt Sinner.

Plus groove et fluide, « Rollercoaster » se montre quand à lui  beaucoup plus plaisant.

Arrive ensuite le chef d’œuvre du disque, la superbe ballade épique « Seven seals » aux refrains emplis de majesté et d’émotion.

Très belle réussite, « Seven seals » peut être considérée comme une des meilleures chansons écrite par nos aigles d’acier depuis le début de leur carrière.

Bien que rapide et nerveux notamment sur les parties de batterie très agressives « Evil spell »  contient une atmosphère originale particulièrement plaisante.

C’est moins le cas pour « The immortal ones » bon gros heavy de bonne facture tout juste dans la moyenne des productions habituelles du groupe.

L’approche mélodique ressurgit avec « Diabolus » long titre atmosphérique particulièrement envoutant et surprenant pour du Primal fear.

Dans ce registre assez inattendu Ralf Scheepers est extraordinaire en parvenant à dompter son organe surpuissant pour trouver le juste dosage.

Poussant l’audace encore plus loin, « All for one » fait penser au meilleur d’Iron maiden avec une structure semblable à « Hallowed be thy name ».

C’est plutôt à du Judas priest en version énervé que l'on pense à l’écoute de « Carniwar » et son tempo guerrier irrésistible.

Le plus modéré et laborieux « Question of honour » s’avère moins marquant mais parvient néanmoins à lancer « In Memory » déchirante ballade vous vrillant l’âme de part en part.

En bonus de luxe, « The union » balance  un heavy calme, languissant et fortement séduisant, tandis que « Higher power »  surprend par son feeling presque rock.

En conclusion, contre toute attente « Seven seals » marque une véritable tentative d’évolution dans la musique habituellement fortement chargée en testostérone des costauds germains.

L’album montre en effet un visage plus calme, plus mesuré avec des morceaux certes moins violents mais aux structures plus complexes ou l’émotion et la mélodie sont mises en avant.

Bien entendu l’évolution reste relative, car Primal fear joue toujours du heavy metal mais nuance ici plus le trait et se détache de ses influences parfois trop encombrantes.

Pour son coté atypique, ambitieux et les quelques merveilles qu‘il recèle, « Seven seals » vaut donc assurément le détour.

De plus sa sortie coïncidant avec une autre période difficile de ma vie, m’a permis en son temps de puiser de la force dans son atmosphère introspective.

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26 mai 2011 4 26 /05 /mai /2011 20:53

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Vous l’avez constaté depuis quelques mois je me suis plus orienté vers les grands auteurs de la philosophie.

Les « Manuscrits de 1844 » de Karl Marx suivent cette ligne directrice.

Ecrits à Paris en 1932, ils développent les principales idées de Marx concernant l’économie politique.

Dans les deux premiers manuscrits, le philosophe s’intéresse aux notions de capital, d’intérêt et de salaire tout en s’appuyant sur les travaux des économistes Adam Smith, David Ricardo, Jean-Baptiste Say ou Jon Stuart Mill.

Marx décrit l’aliénation de l’ouvrier, dépendant des capitalistes et des propriétaires fonciers pour obtenir un travail et donc un salaire afin de simplement survivre tandis que les deux autres classes ne visent qu’à leur propre enrichissement par le biais des intérêts.

Le processus de division du travail conduit à l’abrutissement des ouvriers obligés de répéter inlassablement des taches les plus élémentaires possibles à des fins de productivité.

Dans ces mécanismes complexes, l’ouvrier est nécessairement dépendant et donc perdant.

Il ne peut espérer gagner qu’en profitant de la concurrence entre capitaliste, qui entraine un enrichissement  général de la société et une plus forte demande en ouvriers.

Mais cette victoire n’est qu’apparente puisqu’ils travaillent plus et écourtent leur durée de vie.

Lorsque la concurrence est trop âpre, les prix chutent et les petits capitalistes font faillite, se faisant absorber par les plus gros qui peuvent arriver à une situation de monopole.

Dans ce cas l’ouvrier est également perdant, puisque les capitalistes ruinés viennent grossir ses rangs, accroissant la concurrence pour une demande de travail beaucoup plus réduite.

Marx explique que les intérêts de capitalistes sont dictés par leur égoïsme et ne vont jamais dans le sens d’une amélioration de la société.

Même les progrès scientifiques et techniques, comme l’usage des forces de la nature ou de machines de plus en plus performante, ne produit pas le progrès social pour le monde ouvrier réduit à sa simple fonction de bête de somme.

Ainsi dans le système capitaliste, l’enrichissement d’un petit nombre contribue à la misère croissante du monde ouvrier, à une aliénation que Marx compare à son degré ultime à la prostitution.
Gouvernés par l’accumulation de richesses, les capitalistes travaillent à faire du profit en améliorant leur processus manufacturiers par mécanisation, division du travail, par acquisition de nouvelles usines ou terres plus fertiles et enfin par la destruction de la concurrence en de violentes guerres commerciales.

Marx distingue les propriétaires terriens des fermiers.

Les propriétaires fonciers sont des vestiges des classes aristocratiques ou le rapport entre le seigneur et ses serfs sont en apparence plus intimes.

Pour Marx, ces seigneurs vivent de rentes, sont paresseux, souvent incapables de faire fructifier leur capital.

Dans un monde en perpétuelle évolution, ils sont condamnés à être dépassés et absorbés par leurs rivaux capitalistes plus industrieux et meilleurs commerçant.

Après cette partie plus économique que philosophique, Marx développe l’aspect philosophique de sa pensée, en décrivant le processus de deshumanisation que subit l’ouvrier qui ne possède plus les objets qu’il produit.

En ce sens, le travail de l’ouvrier lui est extérieur, il le subit par nécessité pour en conséquence n’être réduit qu’à ses fonctions animales, manger, boire, dormir et procréer.

Ayant perdu le contact direct avec la Nature et avec l’activité de production  libre, consciente qui fait sa généricité, l’ouvrier ne produit plus que pour survivre, des objets qui ne lui appartiennent pas.

Marx évoque donc le moyen de sortir de cette aliénation, en abolissant sa cause : la  propriété privée.

Cette idée est reprise dans le troisième manuscrit sans nul doute le plus difficile ou Marx développe sa vision du communisme visant à abolir la propriété privée, le capital et à partager les richesses de manière égalitaire.

Fondé sur la science de la nature étroitement imbriqué avec le développement historique de l‘humanité, le  communisme se voit attribué des composantes humanistes, naturalistes mais aussi athées puisque la religion est également une aliénation de la conscience de l’homme.

Le passage d’une trentaine de pages sur la critique de la logique et de la phénoménologie d’Hegel est très difficile à décrypter quand on n’a pas lu préalablement ce philosophe dont Marx reprend puis critique les théories d’acquisition de connaissances basées sur une dialectique scindé abstraction, négation puis compréhension pour consolider les siennes basées sur le matérialisme et l’athéisme.

La dernière partie des manuscrits reprend la partie plus économiste du travail de Marx avec l’étude des notions de besoins, de commerce et la promotion d’un détachement vis-à-vis du pouvoir de l’argent pour revenir à notre humanité.
En conclusion, les « Manuscrits de 1844 »  sont une œuvre que j’ai trouvé très difficile d’accès et tout particulièrement le passage sur Hegel, abordé sans préalable en parfait kamikaze de la philosophie que je suis parfois.

Bien que n’étant pas porté sur les théories économistes, j’ai trouvé intéressante l’analyse des mécanismes complexes régissant le capitalisme système par essence inégalitaire que certains esprits libéraux et étroits considèrent comme le plus naturel pour l’homme.

Dans ce monde sans morale, la recherche du profit justifie absolument tout et broie implacablement pour quelques privilégiés les couches les plus basses de la population composée au XIX iéme siècle majoritairement du monde ouvrier.

Seul espoir et possibilité d’émancipation pour Marx, la mise en commun des biens, des richesses afin de redonner aux ouvriers leur humanité en lien avec un progrès scientifique basé sur la nature.

Même si aujourd’hui l’effondrement des régimes dit communistes a conduit à un rejet massif et un peu facile des théories marxistes, leur étude demeure très interessante non seulement d’un point de vue historique mais également d’un point de vue plus philosophique au regard d’un capitalisme sauvage dont la voracité risque fort de mener à l’épuisement des ressources naturelles, à la faillite des états et aux inévitables mouvement internes (révolutions) ou externes (guerres) en résultant.

Aujourd’hui le monde ouvrier a fortement disparu en Europe, mais d’autres travailleurs tout aussi voir plus vulnérables sont apparus, commes tous les intérimaires, stagiaires et précaires que les entrerprises recrutent comme main d’œuvre jettable pour réduire leur sacro saints couts.

L’alinéation peut aussi aujourd’hui prendre des formes bureaucratiques ou le travail bien que moins destructif physiquement peut l’etre mentalement.

Ainsi Marx était sans doute un utopiste mais assurément aussi un génie de la pensée.

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23 mai 2011 1 23 /05 /mai /2011 20:55

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Trois après le succès de son premier film, Harold Romis récidive avec « Mafia blues 2, la rechute » en 2002.

Cette fois Paul Vitti (Robert de niro) incarcéré doit faire face à des tentatives de meurtres orchestrées par ses rivaux comme Patty Lo Presti (Cathy Moriarti) sulfureuse chef de clan ou Lou Rigazzi (Franck Gio).

S’en est trop pour ses nerfs déjà fragile et Vitti fait une nouvelle dépression nerveuse qui nécessite l’intervention de son psychiatre favori Ben Sobel (Billy Crystal) qui vient pourtant d’enterrer son père.

Devant l’état calamiteux de Vitti, l’administration pénitentiaire accepte en apparence de le laisser sortir pour subir un traitement et une réinsertion professionnelle pour en réalité affaiblir la mafia en une sanglante guerre des gangs.

Sobel est une nouvelle fois contraint à coopérer cette fois par le FBI et à cesser séance tenante tout activité pour s’occuper de son patient le plus exigeant.

Bien entendu, une fois dehors Vitti reprend ses vielles habitudes et sa cohabitation au sein même du foyer des Sobel provoque de savoureux quiproquo.

Désireux de réinsérer son patient, Sobel propose de nombreux jobs à Vitti avant de le faire embaucher comme conseiller artistique dans une série à succès sur la mafia appelée Little César.

Fidèle à ses habitudes, Vitti amène ses partenaires de crime sur le plateau et ne tarde pas à semer la pagaille avec un réalisateur excentrique quelque peu dépassé par les évènements.

Il doit pourtant jouer serré avec ses rivaux qui le traquent et prend la décision pour rétablir son prestige au sein de la pègre de réaliser un casse lors d’un important transfert de fond de lingots d’or.

Malgré tout sa bonne volonté, Sobel se trouve contraint de suivre le mouvement et participe lui-même au casse …

En conclusion, bien qu’un peu moins réussi que le premier opus, « Mafia blues 2, la rechute » recèle quelques bons moments dans sa première partie consistant dans l’intégration d’un grand parrain de la mafia italienne dans la vie d’un foyer normal voir traditionnel juif.

De niro et Crystal sont égaux à eux même et donc toujours bien mais on sent le filon s’épuiser les gags peiner sur la distance notamment sur cette fin poussive ou le psy devient au contact des gangsters plus viril.

Mention passable donc pour cet honnête divertissement qui ne laissera pas un souvenir impérissable.

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23 mai 2011 1 23 /05 /mai /2011 20:28

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3

 

 

Dirigeons nous à présent vers un registre plus léger avec « Mafia blues » film américain de Harold Ramis sorti en 1999.

Tout le concept de ce film repose sur une idée de base très simple, confronter Paul Vitti (Robert de Niro) un parrain de la mafia italo-américaine new yorkaise, un dur à cuir dont les nerfs lâchent soudainement après l‘assassinat d‘un de ses proches, à une psychothérapie menée par un psychiatre sans histoires, le Docteur Ben Sobel (Billy Crystal).

Se sentant en effet perdre pied dans son métier et menacé par son rival Primo Sidone (Chazz Palminteri) , Vitti vient trouver Sobel pour résoudre ses problèmes sans à vrai dire lui laisser vraiment la possibilité de refuser.

Fils d’un psychiatre juif ultra renommé, Sobel a du mal à s’émanciper et est de surcroit sous tension en raison de son mariage imminent avec Laura Mc Namara (Lisa Kudrow).

Pourtant malgré le choc des cultures et le coté terriblement envahissant de l’entourage du mafieux comme l’énorme Jelly (Joe Viterelli)  , Sobel va faire de son mieux pour soigner son client, parvenant à instaurer une relation de confiance avec lui en découvrant que Nitti n’a pas réglé un problème avec son père, assassiné sous ses yeux alors qu’il n’était qu’un enfant.

A force de côtoyer les mafioso, Sobel va se trouver embrigader dans d’improbables histoires de guerres des clans ce qui va entrainer une succession de gags issus du décalage entre sa volonté légitime de faire son métier et le coté complétement hors norme de la vie des mafioso.

En conclusion, « Mafia blues » n’est pas un chef d’œuvre inoubliable mais un bon divertissement tournant allégrement en dérision les codes des films de mafia.

Bâti autour d’une intrigue extrêmement mince, le film ne fonctionne que par l’intermédiaire de ses acteurs, De niro se caricaturant avec jubilation dans l’outrance d’un parrain de la mafia et Billy Crystal par contraste parfaitement juste dans le rôle d’un psychiatre à la vie sans relief de monsieur tout le monde.

Avec des acteurs de cet acabit on passe donc un agréable moment, ce qui n’est après tout pas si mal.

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23 mai 2011 1 23 /05 /mai /2011 19:48

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En 2004, Primal fear maintient la cadence de son intense production métallique avec « Devil‘s ground » .

Seul changement dans la formation allemande, le batteur d’Annihilator Randy Black remplace le pourtant déjà très bon frappeur attitré Klaus Sperling présent depuis les premiers méfaits des aigles d’acier.

Peu d’innovation dans la pochette hideuse, reprenant le concept des aigles ici dans un environnement post nucléaire ravagé.

Primal fear reprend les affaires la ou il l’avait laissé, toujours dans le cliché le plus absolu avec « Metal is forever » titre assez lourdaud au clip vantant la picole et le sexe débridé pourtant assez amusant.

L’implacable machine à riffs tueurs reprend ses droits avec le rapide « Suicide and mania » et le plus mélodique « Visions of fate » , très bon heavy à la fois fluide et puissant avec un chanteur en contrôle total de ses immenses capacités.

On est toujours dans le registre de la quintessence d’un heavy certes peu aventureux mais terriblement efficace avec  ce « Sea of flames » au punch destructeur.

Puis Primal fear se fend avec « The healer » d’une longue ballade épique quelque peu excessive dans sa grandiloquence.

Mais cette incartade est rapidement évacuée avec « Sacred illusion » , qui déroule un heavy speed pour une fois moins tranchant.

Le cliché revient à l’honneur avec « In metal » certes peu inspiré au niveau des paroles, mais posant un emballant mid tempo d’une lourdeur assez jouissive.

Le groupe bastonne sur « Soulchaser » dont le tempo thrash ne recèle pas pourtant la violence habituelle de ce type de composition puis revient à son heavy de gros bras sur « Colony » .

La mélodie revient à l’honneur sur le gentiment sympathique « Wings of desire » avant que n’arrive ni plus ni moins que le meilleur titre de l’album « Heart of the brave » qui envoie un véritable électrochoc avec son heavy de grande classe à la Judas priest.

La fin de l’album se composant d’une outro pompeuse narrée à la Manowar et d’une reprise pourtant impeccable de Rainbow « Die Young » ne contient à vrai dire que peu d’intérêt.

En conclusion, après quatre impeccables albums de heavy metal de haute tenue, « Devil’s ground » marque la première baisse de régime d’un groupe qu’on pensait inoxydable et capable de creuser son sillon enflammé sans jamais dévier d’un centimètre de sa route.

Dans l’absolu « Devil’s ground » n’est pourtant pas mauvais, mais sa musique bien que toujours efficace dans ce registre très balisé, manque cette fois d’intensité et de mordant.

On ne sait si l’arrivée d’un nouveau batteur à perturbé le groupe ou si il a été victime d’un légitime phénomène d’érosion toujours est il que Primal fear se situe sur ce cinquième album en retrait par rapport à cette fabuleuse énergie tant nécessaire pour venir illuminer de mille feux ce heavy metal que d’aucun jugent beaucoup trop classique.

Avec cette œuvre semblant pour la première fois réalisée en pilotage automatique, sans passion mais plutôt comme d’honnêtes fonctionnaires, Primal fear déçoit donc ses plus ardents fans.

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21 mai 2011 6 21 /05 /mai /2011 10:44

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Plongée dans une musique qu’on qualifiera de très underground, l’électro industriel à la lisière de la rigidité de la techno, de la brutalité du métal et du doux désespoir du rock gothique.

Formé dans les années 80, Suicide commando est le projet fou d’un seul homme le belge Johan Von Roy.

Devenu aujourd’hui avec le temps culte, Suicide commando sort en 2003 son neuvième album intitulé « Axis of evil » à la pochette on ne peut plus sobre designant la terre comme cible à d'un viseur longue portée.

Un rapide détour par le livret montre un artiste nihiliste obsédé par la mort, le suicide, la violence et l’horreur sous de nombreuses formes.

L’album commence avec « Cause of death : suicide » par une introduction glacée ou une voix de cosmonaute annonce un beat techno montant crescendo jusqu’a déboucher au bout trois minutes sur une agression scientifique portée par une batterie programmée couplée à une voix rauque.

Ce longs morceau instaure sur plus de huit minutes un rythme intense et hypnotique des plus enivrants.

La suite est dans la même fibre avec rythmes technologiques et voix déshumanisée rageuse, le plus mou « Consume your vengeance »  s’avère pénible à l’écoute tandis que « Face of death » pousse le concept encore plus loin dans le nihilisme robotique.

La batterie claque sèchement sur « The Reformation » tandis que la même voix monstrueuse s’insinue par reptation dans une foret de 'étranges bruitages.

On comprend alors que nulle chaleur ou humanité n’est à attendre de ce type de musique voué à incarner la face la plus sombre et froide de l’humanité.

Le plus aseptisé « One nation Under god »  marque les limites de l’exercice par nature répétitif tandis que l‘indigeste « Mordfabrik » fait penser à une horrible mutation d’un DJ à succés en misanthrope dépressif.

Suicide commando trouve une certaine fluidité avec « Evildoer » presque dansant avec son rythme lent, puissant et hypnotique.

Le chant en allemand de « Sterbehilfe » s’avère trop lourd à digérer, quand à « Plastik christ », il se surpasse dans la bizarrerie jusqu’à évoquer la bande son d'un film d’horreur.

Le dernier morceau « Neurosuspension » égrène lentement et plutôt mollement sa longue litanie de sonorités futuristes et glacées.

En conclusion, « Axis of evil » a été ma première prise de contact avec Suicide commando.

Le résultat me laisse plutôt dubitatif tant le style techno me laisse d’habitude complètement froid.

Pionnier de l’électro industriel, Suicide commando a certes inventé un concept original mais n’a pas beaucoup de marge de manœuvre dans sa musique technologique, froide et trop répétitive pour moi.

Cet artiste me fait penser à un Ministry sans la terrible puissance de frappe des guitares métalliques.

Sa musique est parfois irritante, parfois plaisante et demeure à mon avis un must pour danser dans les caves des soirées gothiques.

Pour ma part, « Axis of evil »  a par son coté personnel, barré, underground et sans concession, gagné mon respect, à défaut de mon admiration.

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19 mai 2011 4 19 /05 /mai /2011 21:41

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5

 

 

J’ai déjà dans ces colonnes narré mon admiration pour le personnage de Spawn crée par Todd Mc Farlane au début des années 90.

Aussi, est-ce avec un très grand enthousiasme que je me suis jeté sur « Spawn, tome 2, la malédiction » , deuxième volet des aventures du super héros maudit édité en 2007 chez Delcourt.

Bien entendu Mc Farlane est toujours aux commandes, mais il s’adjoint ici les services de Grand Morrison, de Andrew Crossberg et Tom Orzechowsky au scenario puis de Greg Capullo et Marc Silvestri au dessin.

L’histoire prend évidemment la suite du premier volet et après un court aparté consacré au récit d’un affrontement historique entre le personnage du clown Violator et d’un Spawn médiéval à l’apparence d’un chevalier cuirassé de la tête aux pieds.

Provoqué par Malebolgia, cet affrontement n’avait pour but que de tester les capacités du Spawn du début du XIII iéme siècle à le servir.

Assez curieusement, cet aparté sera la seule apparition du clown démoniaque, personnage pourtant essentiel du monde de Spawn.

Le récit préfère en effet s’articuler majoritairement autour de l’histoire aux forts relents de polar ou Terry Fitzgerald, ex meilleur ami d’Al Simmons et marié aujourd’hui à son ex femme Wanda Blake, se trouve traqué et menacé de mort dans un triangle mortel composé de son patron de l’agence de sécurité nationale (NSA) et de la CIA, Jason Wynn persuadé que Terry est un traitre désireux de le faire tomber, Twistelli intraitable patron de la mafia new yorkaise enquêtant sur le vol des armes ayant détruit son cyborg Overt-kill, et la police régulière représenté par le tandem Sam Burke/Twitch Williams, simplement désireuse de trouver la raison des meurtres commis dans les bas fonds de New York.

Ambitieux et implacable, Wynn est sans nul doute le plus dangereux de ce trio infernal.

Il espère domestiquer les forces de l’enfer, en exploitant une zone recelant le psychoplasme substance maléfique tueuses d’hommes mise à jour lors d’essais nucléaires.

Au milieu de toutes ces forces, Spawn se débat pour supporter sa nouvelle apparence et domestiquer ses immenses pouvoirs.

Il règne sur les ruelles des quartiers pauvres de New York ou il protège les clochards, seuls à ne pas le rejeter.

La part humaine (Al Simmons) encore en lui possède encore cet instinct protecteur qui le fait agir pour protéger Terry et Wanda des dangers qui les menaces.

Mais sa plus grande difficulté est de combattre un tueur envoyé par les forces du ciel et ayant pris possession comble de l’horreur du corps de Wynn pour l’éliminer.

Doté du feu élémentaire, cet anti Spawn manque de tuer Spawn qui ne doit la vie sauve qu’à ses amis clochards.

Spawn parvient in extremis à triompher de la créature qui libère finalement Wynn de son emprise.

Il détruit ensuite la zone de psychoplasme de Wynn et s’allie en une curieuse aventure avec le magicien Houdini pour déjouer empêcher le déclenchement d’une bombe atomique par les forces surnaturelle afin de tester sur l’arme nucléaire peut tuer des démons comme Spawn.

Puis l’enquête reprend, Spawn capture les comptable de Twistelli et lui dérobe des dossiers précieux pour faire pression sur les principaux ennemis de Terry.

Twistelli réagit en réactivant un Overt-kill encore plus puissant et en lançant à la poursuite de Terry qu’il prend pour Spawn.

Spawn s’interpose mais sans la puissance de feu de ses armes est dépassé par la puissance technologique de la brute cyborg.

Il ne doit sa survie qu’à l’adresse de Twitch qui loge une balle dans l’oreille du monstre et le déprogramme momentanément en luis désignant une autre cible.

Spawn arrache ensuite Terry des griffes de ses tueurs en faisant à l’aide de ses dossiers, pression simultanée sur Wynn, Twistelli et Banks le supérieur de Burke.

L’histoire se conclut avec un étrange épilogue ou Spawn aide à se venger contre son ancien patron un homme changé physiquement en démon par Twistelli dans sa quête du tueur parfait.

En conclusion, « Spawn, tome 2, la malédiction » m’a replongé avec délice dans cette double atmosphère de surnaturel et de complexe polar à trois dimensions, celle du pouvoir secret et absolu symbolisé par Wynn, de celui plus rampant et corrompu du maffieux Twistelli et du dernier officiel de quelques policiers tenaces faisant ce qu’ils peuvent de Burke et Twitch.

Dans ce monde sombre parsemé de pièges mortels, Spawn évolue comme un poisson dans l’eau, oubliant ses propres problèmes le rongeant de l’intérieur (notamment son pacte de dupe avec Malebolgia) pour faire usage de ses pouvoirs afin d’aider ses proches qui le lui rendent parfois dans les situations plus désespérées.

Le scenario de Mac Farlane est solide, toujours très prenant avec de multiples rebondissements et de grandes scènes d’action.

Les dessins sont superbes, un véritable régal de couleurs et de puissance pure tout particulièrement lors de l’affrontement entre le tueur céleste et Spawn.

On en ressort revigoré, avec certes l’impression que même face aux pires arcanes du mal, une étincelle de bien et d’espoir parviendra toujours à émerger.

C’est à mon sens ce qui rend Spawn si touchant beaucoup plus que le coté beauf et relax du Hellboy des films.

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19 mai 2011 4 19 /05 /mai /2011 20:32

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« V pour vendetta » est encore une fois un grand classique d’Alan Moore.

Cette bande dessinée publiée de 1989 à 1990 chez DC comics a été illustrée par David Lloyd et a généré une adaptation cinématographique en 2006 réalisé par les Matrix men, les frères Wachowski.

L’histoire prend place dans un présent alternatif situé à la fin des années 90, ou seule la Grande Bretagne a été épargnée d’une gigantesque catastrophe nucléaire.

Bien qu’ayant survécu à l’apocalypse, le gouvernement britannique s’est mu en épouvantable dictature ou divers appareils d’états nommés selon des parties ou fonctions du corps œuvre en silence pour contrôler les populations en utilisant les canaux médiatiques.

Pour faire régner son autorité, le chef suprême de la Tête,  Adam Susan dit le Commandeur s’appuie sur ses collaborateurs Edward Finch et Derek Almond.

Fasciste solitaire et impitoyable, Susan scrute sans interruption ses moniteurs de télévision et voue une adoration à une divinité qu’il appelle Destin.

Dans ce monde austère rappelant le « 1984 » de George Orwell, un mystérieux homme masqué surnommé V, commet des attentats retentissant, n’hésitant pas à assassiner des responsables politiques ou à faire exploser des symboles du pouvoir.

V sauve une prostituée de seize ans, Evey Hammond d’une rafle et la prend sous son aile dans sa cachette secrète.

Avec sa vie abrutissante, chaotique et le meurtre de son père par la police secrète, Evey représente le pur résultat de ce régime fasciste.

Puis V l’enlève la voix du régime, Lewis Prothero qui a participé à des atroces expériences scientifiques sur des cobayes humains à Larkhill.

Avant de le laisser pour fou, V lui révèle qu’il a lui-même été un des ses cobayes et qu’il cherche à se venger.

V devient donc la cible à abattre pour le gouvernement qui a bien du mal à comprendre ses intentions réelles.

Il est vrai que le personnage, très théâtral, ne parle souvent que par énigme en déclamant des vers de Shakespeare.

L’impitoyable vendetta se poursuit avec l’assassinant de l’archevêque et de la médecin de Larkhill puis de Almond.

Le sagace Finch parvient à retrouver la trace de V et à déterminer son rapport avec Larkhill mais il ne peut l’empêcher de prendre le contrôle des média pour diffuser des messages incitant le peuple à se révolter.
Après avoir une fois échappé aux forces de police, V met Evey à l’épreuve dans un horrible simulacre de séquestration et de torture afin de s’assurer de sa détermination à épouser son idéologie anarchiste.

Puis il met à exécution un plan d’attentats de grande ampleur qui paralyse le pays et déclenche des émeutes populaires.

Après avoir ingéré des psychotropes pour comprendre son mode de pensée, Finch parvient à le débusquer sa cachette secrète sous le métro et mortellement le blesser.

Mais les germes de la révolte qu’a planté V lui survivent, la veuve d’Almond assassine le Commandeur et Evey prend elle-même le relais de la mission terroriste.

En conclusion, « V pour vendetta » est une œuvre étrange et sinistre qui met mal à l’aise du début à la fin.

On comprend bien entendu la parabole anarcho-révolutionnaire de Moore contre les régimes fascistes mais l’atmosphère glaciale des dessins de Lloyds rend la lecture pénible.

On ne peut pas parler à proprement parler de comic-books, car V n’est pas réellement un pur super héros et ce personnage de Che Guevara cultivé mais très perturbé psychologiquement inquiète et déroute plus qu’il ne rassure.

Je n’ai donc pas été très enthousiasmé par ce récit peignant un tableau trop sombre, déprimant et violent de la nature humaine.

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17 mai 2011 2 17 /05 /mai /2011 22:30

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Les Guns n’ roses ont assurément marqué une époque, le début des années 90 ou plus flamboyants que Metallica et Nirvana, ils faisaient briller leur hard rock généraliste au firmament des charts.

Mais étouffé par son succès démesuré, le groupe finit par imploser et se dissoudre en 1994, le seul rescapé Axl Rose travaillant comme un psychopathe à l’élaboration d’un album fantôme qu’on pouvait considérer sans le guitariste Slash responsable du son rock des Guns comme solo.

Incapable de mettre son égo de coté, le chanteur ne partageait pas la même vision de l’orientation musicale à donner aux Guns ce qui s’avéra complètement incompatible avec toute velléité de collaboration avec les autres musiciens comme Slash, Duff Mc Kagan et Izzy Stradlin partis fonder ou rejoindre d’autres projets parallèles.   

Pourtant après un nombre incalculable de rumeurs, ledit album finit par sortir un jour en 2008 sous le titre assez inspiré de « Chinese democracy ».

Embarqués dans cette folle aventure de prêt de quatorze ans avec le chanteur mégalomane, on retrouve le fidèle pianiste Dizzy Reed, plusieurs guitaristes dont Robin Finck, Buckethead, Ron Thal et Richard Fortus, le bassiste Tommy Stinson et deux batteurs Franck Ferrer et Brian Mantia.

Attendu comme le messie, l’album débute par « Chinese democracy » , hard rock copieux qui porté par un riff surpuissant et un groove très fluide produit un impact conséquent sur l’auditeur.

Le chant d’Axl si familier est quand à lui immédiatement identifiable.

La suite surprend abruptement, tant le musclé « Shackler’s revenge » déroute par ses sonorités métal industriel très marquées.

Axl réussit pourtant par la qualité inouïe de son chant à sublimer ce rock indus sur « Better » à mi chemin entre mélodies accrocheuses et passages d’une lourdeur impressionnante.

Secoué et paumé, on encaisse ensuite la ballade avec piano et cordes de circonstance « Street of dreams » qui renoue  avec les ambiances épiques si prenantes des titres fleuves composé par le groupe dans les années 90.

La voix d’Axl, presque cristalline fait assez incroyablement penser par instant au Michael Jackson des Jackson’s five lorsqu’il avait douze ans !

Cette impression est démultipliée avec « If the world » somptueuse ballade imprégnée de soul music.

Le rock mélodique est toujours à l’honneur sur « There was a time » et « Catcher in the rye » certes beaucoup plus longs et moins réussis.

Puis c'est le retour à l'énergie et à l'instinct avec le chant de chat sauvage, le rythme saccadé et les chœurs omniprésents de « Scraped » .

L’influence d’un Led Zeppelin énervé se fait sentir sur « Riad N’ the bedouins » qui développe un hard rock survitaminé aux riffs élaborés.

Plus calme, « Sorry » fait vibrer la fibre émotionelle atteignant directement l’ame et élève le rock à des niveaux stratosphériques.

Alternant rock trapu et mélodie à fleurs de peau « I.R.S » passe plutôt bien tandis que la voix éraillée du chanteur colle bien à l’ambiance de prêche enflammé de « Madagascar » .

On est forcémment ébranlé par la  beauté déchirante de la ballade « This is love » ou la dimension épique de « Prostitute ».

En conclusion, contre toute attente l’album le plus attendu et le plus casse gueule du hard rock accouche d’un monstre, d’un ovni inclassable, sublimant le hard rock traditionnel pour en détacher la substantifique moelle et l’élever au rang d’art majeur.

Seules à mon sens les rares incursions du chanteur fou dans le registre industriel sont moins convaincantes, pour le reste la quasi-totalité de cet album respire la folie créatrice d’un maniaque perfectionniste attaché à un idéal inatteignable de perfection.

Etant donné le résultat, on ne peut que donner raison à ce génie musical forcémment incompris, ayant osé s’aventurer sur des chemins moins balisés pour dépasser le hard rock teinté de punk originel des Guns n’ Roses afin d’arriver à l’aboutissement d’un reve en apparence inacessible.

« Chinese democracy » est donc une œuvre d’une richesse exceptionnelle, un monument du rock difficle à ingurgiter à la premiére écoute et qui ne pourra pas plaire aux plus étroits d’esprits restés scotchés à vie sur  « Appetite for destruction » de la fin des années 80.

Le plus étonnant dans ce disque est la peformance vocale d’Axl, qui évolue dans plusieurs registres avec un charisme abasourdissant.

L’énergie en fusion est belle et bien la, elle bouillonne dans chacun des titres prête à jaillir sous nos pieds en de flamboyants geyser de talent pur.

Meme si je n’apprécie pas le coté rock-star capricieuce du chanteur, je ne peux que m’incliner devant ce qui restera comme sans doute sa plus belle réussite artistique et l’aboutissement de toute une vie.

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Published by Seth - dans Hard Rock
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17 mai 2011 2 17 /05 /mai /2011 21:01

minuit paris4

 

Bien il fallait bien que cela m’arrive un jour, aller voir le week end dernier mon premier Woody Allen avec « Minuit à Paris » sur les écrans en ce beau printemps 2011.

J’étais il est vrai pétri d’a priori sur ce cinéaste qualifié d’intello et n’y suis allé qu’en trainant assez piteusement des pieds.

« Minuit à Paris » commence comme un classieux spot de pub commandé par la ville de Paris.

Puis on entre dans l’histoire avec Gil (Owen Wilson) et Inez (Rachel Mc Adams) jeune couple américain en visite à Paris avant leur proche mariage.

Honnête scénariste à Hollywood, Gil s’est lancé dans l’écriture d’un livre basé sur la nostalgie et éprouve les pires doutes quand à sa légitimité artistique dans l’aboutissement d’un tel projet.

Ses doutes sont accrus par Inez, personne pragmatique et superficielle à l’opposée du coté rêveur de son compagnon.

Pour accroitre le tout, ses futurs beaux parents, républicains conservateurs sont du voyage ainsi que Paul  (Michael Sheen) , professeur de lettres, véritable puits de culture et de pédantisme, que Inez idolâtre stupidement.

Asphyxié par cet entourage oppressant, Gil va éprouver de s’évader et de se perdre seul la nuit dans les rues de Paris.

Lors de sa virée nocturne il est pris en stop par un taxi et se retrouve propulsé dans le Paris des années 20 sur lequel il fantasme en tant qu’artiste.

Il y rencontre ses idoles, Ernest Hemingway (Corey Stoll) et son éditrice Gertrude Stein (Katy Bates), Scott et Zelda Fitzgerald (Tom Hiddleston et Alison Pill), croise Pablo Picasso (Marcial di Fonzo Bo) et sa maitresse Adriana (Marion Cotillard) étudiante en stylisme chez Channel dont il tombe sous le charme troublant.

Eberlué, Gil se laisse enivrer par ce monde féérique et a même la chance inouïe de faire relire son manuscrit à Stein.

De retour dans le présent, bien entendu tout le monde le croit dérangé.

Tandis que son futur beau père méfiant le fait suivre par un détective privé et que sa femme se rapproche dangereusement de Paul, Gil n’a alors de cesse de retourner dans le Paris des années 20 pour retrouver Hemingway, Stein et Adriana.

Woody Allen se fait plaisir et va en provoquant des rencontres en apparence fortuites avec les artistes surréalistes Salvador Dali (Adrian Brody), Luis Buñuel (Adrian de Van)  puis Toulouse Lautrec.

Gil vit une liaison platonique avec Adriana et s’aperçoit que les habitants du Paris des années 20 fantasmaient sur la Belle Epoque alors que ces derniers ne rêvait que la Renaissance.

Il comprend alors que le cercle de la nostalgie est sans fin et que cet amour d’un passé fantasmé n’est qu’une fuite éperdue d’un présent décevant et trop lourd à affronter.

Décidant de prendre sa vie en main, il s’arrache à sa destinée, rompt avec cette femme auquel rien ne le relie et décide de vivre la vie qu’il désire à Paris.

En conclusion, balayant tous mes stupides a priori, « Minuit à Paris » est un film remarquable, beaucoup plus profond que ce à quoi je m’attendais.

Le sentiment de nostalgie me parait inévitable au fur et à mesure que l’on vieillit et j’en suis moi-même atteint.

Le fameux « C’était mieux avant » certes fallacieux nous réconforte dans son illusion idéalisée par nos esprits humains en quête d’absolu.

Mais l’être humain a justement besoin de se nourrir de rêves, de fantasmes pour survivre et enjoliver une réalité souvent décevante ou terriblement banale.

La nostalgie n’est donc pas pour moi un mal si on conserve sa lucidité.

En écrivain paumé, émerveillé et sympathique, Owen Wilson est formidablement attachant.

Avec ses belles images idéalisant le Paris de l’histoire des arts et des lettres, « Minuit à Paris » recèle une dimension poétique indéniable qui donne envie de se replonger dans un intense bain de culture des grands artistes de référence qui le traversent.

Je ne pense pas qu’il faille par contre s’éterniser sur la performance d’actrice de Carla Bruni, purement anecdotique dans le film ni sur le jeu d’actrice de vamp des années folles de Marion Cotillard.

« Minuit à Paris » devrait à mon sens fort logiquement doper les visites de touristes en quête de romantisme au moins l’été prochain.

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