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18 août 2016 4 18 /08 /août /2016 22:05
L'homme qui fait mal (Danielle d'Auteuil)

Littérature toujours avec en souvenir du passé un petit coup de projecteur sur une écrivain amateur, Danielle d’Auteuil, qui publia en 2005 chez Kalumé un court récit semi-poétique « L’homme qui fait mal ».

En une quarantaine de page à peine, « L’homme qui fait mal » tente de narrer l’une des choses les plus universelles que chacun d’entre nous a vécu : une rupture amoureuse.

Dans une ambiance onirique, flottante et bleutée, le récit navigue entre Paris ou eut lieu la dernière étreinte dans le mythique hôtel Lutetia et Marseille ou réside l’homme, qui a abandonné la femme, qui souffre.

L’homme qu’on devine grand et beau, est avocat à Marseille mais a d’autres activités plus sensuelles : musicien de rock, nautisme et plongée sous-marine.

Il a également vécu son enfance en Afrique et demeure très attaché à ce continent.

Mais on devine en lui une dureté, une froide insensibilité de prédateur une fois l’histoire jugée terminée.

Face à cette créature enjôleuse mais finalement reptilienne, la compagne délaissée souffre le martyr, réalimentant son désir en se remémorant les courts instants de bonheur passés au lit, imaginant la vie de l’amant de retour dans sa ville en un processus particulièrement pénible.

Les mots comme souvent sont un refuge et permettent d’extérioriser sa douleur.

Alors la femme écrit, écrit, écrit des mails sans réponse ou le récit de leur courte et douloureuse histoire…

En conclusion, « L’homme qui fait mal » est surtout remarquable par son style métaphorique, fluide, aérien et élégant qui masque la douleur intime et violente de se sentir en position de faiblesse vis-à-vis de quelqu’un qui ne partagera jamais la réciprocité des sentiments.

L’absence, le manque, l’attente vaine et impossible de quelque chose qui ne reviendra jamais sont des sentiments profonds, inconscients qui peuvent déstabiliser les plus forts d’entre nous et laisser des cicatrices durables.

Dans une vision plus positive, on peut aussi voir la courte mais intense aventure vécue comme une nouvelle expérience de vie à haute valeur ajoutée venant enrichir notre base de données interne.

Mais si ceci n’est pas le propos de l’auteure, « L’homme qui fait mal » demeure une œuvre délicate à savourer en esthète….

L'homme qui fait mal (Danielle d'Auteuil)
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18 août 2016 4 18 /08 /août /2016 20:19
Les racines du mal (Maurice G Dantec)

J’ai voulu rendre hommage à Maurice G Dantec, écrivain fou de techno-polar disparu au mois de juin dernier dans une quasi indifférence générale.

Quoi de mieux donc que de relire « Les racines du mal » volumineux roman de 750 pages qui confirma son talent alors naissant en 1995 ?

Dans sa première partie, « Les racines du mal » raconte au début des années 90 la cavale folle d’un tueur en série, Andreas Schaltzmann, qui persuadé d’être victime d’un complot mondial mêlant aliens et nazis, se met à tuer des animaux pour se nourrir de leur sang, avant d’abattre au gré de ses errances psychotiques, des humains dans la banlieue parisienne.

Pyromane, obsédé par une vision purificatrice du feu, Schaltzmann est un véritable danger public qui est finalement pris vivant sur une plage de Normandie après une tentative de suicide ratée.

En prison, son chemin croise celui d’une équipe de scientifiques aux méthodes révolutionnaires, menée par le docteur Stefan Gombrowicz, son assistance russe Svetlana Terekhovna et Arthur Darquandier, tous spécialisés en modélisation des systèmes cognitifs humains.

Mais même si l’équipe peut interroger et enregistrer les confessions mystico-criminelles de Schaltzmann plusieurs fois pour ainsi nourrir un ordinateur intégrant une neuromatrice qui détecte des incohérences comportementales dans la série de meurtres attribués au tueur, leurs méthodes peu orthodoxes leur attirent les foudres des médecins traditionnels qui les écartent de l’affaire.

Déçu, Darquandier qui reste au fond de lui persuadé que Schaltzmann a endossé des crimes qu’il ne pouvait matériellement pas avoir pu commettre, s’exile au Canada puis en Australie pour travailler sur des programmes de recherches spatiaux avancés.

En France, Schaltzmann est déclaré irresponsable de ces actes et interné.

L’affaire se tasse jusqu’au retour de Darquandier en France en 1999 pour une mission de recrutement de nouveaux scientifiques devant intégrer le programme Biosphère australien.

Toujours attiré par le charme slave de Svetlana, Darquandier s’arrange pour la retrouver en vue de la convaincre d’intégrer son programme de recherches.

La jeune femme lui apprend que Schaltzmann est à présent mort après avoir réussi à s’échapper pour finalement se suicider par crémation emportant avec lui ses secrets.

Svetlana avoue aussi à Darquandier être en relation avec un journaliste de la région Rhône Alpes qui en contact avec deux policiers de la région grenobloise, l’a alerté sur un étrange série de meurtres dans les régions montagneuses non seulement de France mais aussi d’Europe avec des corps retrouvés dans des lacs.

Prudents, le journaliste et les policiers utilisent des pseudo littéraires : Chellay, Byron et Shelley.

Darquandier décide alors d'abandonner sa mission de recrutement pour se replonger dans l’affaire et nourrir de nouvelles données sa neuromatrice à présent améliorée par des années de recherche avancée,

La neuromatrice appelée Docteur Schizzo dont la personnalité de base est calée sur celle de Darquandier, est capable de déjouer les pare-feux informatiques les plus sophistiqués pour s’infiltrer dans les systèmes et voler des données, pour ensuite les analyser et en déduire des conclusions.

Elle met rapidement en évidence l’existence d’un réseau européen de tueurs travaillant en équipe, se stimulant à travers des rituels et des défis.

Logiquement Darquandier se rapproche de la source policière à Grenoble et en consultant les archives de la mairie, et en faisant recouper les dates des crimes avec les profils des habitants, localise une famille potentielle de tueurs vivant dans une casse rachetée par Auguste Jimmy Bartel un ancien pilote automobile marié à sa cousine Irène Grenada.

Le Docteur Schizzo dont la personnalité a partiellement fusionné avec l’invasif Schaltzmann et qui est à présent victime d’inquiétants délires mystiques mais aussi de géniales intuitions, fournit une aide précieuse à Darquandier pour l’aider à s’introduire
dans les systèmes des tueurs qui utilisent un réseau de cybersex spécifique pour communiquer.

Le duo réalise alors un casse virtuel et dérobe la majeur partie des fichiers du groupe : ce qui révèle leur nom Ceux des ténèbres, certains de leurs crimes barbares, leurs rituels iniatiques avec déguisements, offrandes sacrificielles à leur mythologie tordue et surtout leur grand objectif de tuerie de masse pour célébrer le nouveau millénaire.

Ecœuré et effrayé, Darquandier décide d’intervenir physiquement et demande l’aide de Schizzo/Schaltzmann pour s’introduire dans la casse grenobloise en leurrant les défenses des tueurs.

Sur place, il y découvre un musée des horreurs avec salles de tortures, système d’enregistrements des supplices des victimes et fours à haute température pour faire disparaitre les restes.

Après ce raid, la quête de la famille emmène toute l’équipe vers la Cote d’Azur puis en Italie ou près du Lac majeur ils possèdent une autre base secrète.

La traque est cependant retardé par l’effondrement temporaire du Docteur Schizzo incapable de juguler la personnalité dévorante de Schaltzmann qui le met en surrégime.

Pressé par le temps et l’imminence du réveillon, Darquandier et Svetlana se font passer pour un autre groupe de tueurs désireux d’intégrer Ceux des Ténèbres et sèment également le doute sur la fiabilité de leur expert informatique un certain Minox.

La ruse prend puisque Ceux des Ténèbres finissent par s’entretuer en pleine nuit près du Lac majeur et que leur base piégée par Darquandier explose de manière spectaculaire sans faire toutefois de victimes directes.

Malheureusement les deux victimes qu’ils comptaient sacrifier ne peuvent en réchapper mais le rituel n’est pas pour autant accompli.

Resté seul avec Jérôme Granada le frère d‘Irène, Darquandier ne peut s’empêcher de l’immoler avec un cocktail Molotov.

Conséquence de l’affrontement, la neuromatrice provoque au passage à l’an 2000 un effet Electro Magnétique Pulse qui paralyse temporairement tous les systèmes de communication du globe.

Resté seul après la rupture prévisible avec Svetlana, Darquandier retourne à ses premiers amours de chercheur assistant à l’implantation de ses chères neuromatrices dans des lanceurs spatiaux.

En conclusion, tout ou presque suffit à définir Dantec dans « Les racines du mal », une première partie polar ultra haletante et ciselée comme une lame puis le basculement progressif vers un univers technologique ou l’écrivain peut à loisir développer voir dériver autour de ses théories pseudo scientifiques ou spirituelles (la Kabbale, le Gnosticisme).

Trop long, excessif dans tout (théories scientifiques avant-gardistes ou pure description des horreurs des psycho-tueurs), « Les racines du mal » n’en demeure pas moins une œuvre impressionnante dans sa construction et dans sa créativité débridée, marque de fabrique de Dantec qui restera comme un écrivain brillant, marginal et passablement cintré.

Les racines du mal (Maurice G Dantec)
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16 août 2016 2 16 /08 /août /2016 22:18
Doggybags, volume 8 (Noellie Pravia, El diablo, Johnatan Garnier, Juliette le hégarat, Mathieu Bablet)

Fidèle à sa réputation sanglante et exotique, « Doggybags, volume 8 » voit le jour en 2015.

Ici, deux auteurs Noellie Pravia et Juliette Le hégarat sont mises en avant pour raconter une histoire de fantastique gore au Nicaragua, pays oublié d’Amérique centrale.

Soledad, une modeste serveuse d’un bar minable d’un petit village est victime d’un viol et d’un cruel assassinat par des truands locaux dirigés par leur chef Tuco.

Son frère Luis, endetté dans de stupides paris de rodéos ne tarde pas à la rejoindre sous terre.

Mais l’esprit de Soledad se réincarne dans celui d’une créature légendaire, une sorcière appelée la cégua qui est protégée par un chien surnaturel le cadejo.

Patiemment Soledad traque donc ses bourreaux et les étripe un par un, acceptant son statut de déesse vengeresse.

El diablo fait ensuite son retour pour compter l’horrible histoire de Jeffrey Dahmer tueur en série homosexuel du Milwaukee, qui massacre sa malheureuse jeune victime, un enfant de quatorze ans appelé Konerak malgré la courageuse intervention de deux femmes noires qui avaient tenté d’alerter deux stupides policiers blancs sur la détresse de la victime hagarde et blessée en pleine rue.

Habile et manipulateur comme tous les tueurs en série, Dahmer n’a aucune difficulté à berner les policiers qui gobent sans sourciller son histoire de dispute d’amoureux.

Pour finir, Jonathan Garnier (scénario) et Mathieu Bablet (dessins) nous entrainent dans le ghetto de Kowloon à Hong-Kong, ou Eddie un postier joue de la rumeur pour faire accuser le boucher Zhang, d’une série de meurtres horribles afin de mieux détourner les soupçons sur ses propres activités criminelles.

Sans remord, Eddie révèle sa vraie nature et tue celui qui demandait son aide.

En conclusion, « Doggybags, volume 8 » tourne à présent bien en rond, se contentant de recycler les mêmes histoires de vengeance sur fond de légendes latino-américaines.

Derrière ce nettoyage pour le moins radical des criminels, on goutera moins la fascination repoussante pour les tueurs en série, qu’ils soient américains ou asiatiques…

Ce volume 8 desservi par l’habituel graphisme grossier de ses dessinateurs, passe donc les bornes de l’abject et se montre d’un intérêt plutôt faible, comme si le soufflet finissait finalement par retomber.

Doggybags, volume 8 (Noellie Pravia, El diablo, Johnatan Garnier, Juliette le hégarat, Mathieu Bablet)
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10 août 2016 3 10 /08 /août /2016 20:36
Imaginos (Blue Oyster Cult)

En 1988, Blue Oyster Cult renoue avec son claviériste Allen Lanier et tente de briser la spirale infernale d’un lent déclin entamé depuis « Fire of unknown origins ».

« Imaginos » et sa pochette dark sont l’œuvre du batteur Albert Bouchard, auteur de la totalité de titres qu’il destinait à son album solo (!).

Faisant fi de tout préjugé et jetons nous sur « I m the one you warned me of » qui heureuse surprise voit un Eric Bloom inspiré poser sa voix de mâle dominant sur un tempo puissamment heavy metal.

On se prend donc à rêver du retour du grand BOC impérial des années 70, mais on revient vite sur terre avec « Les invisibles » qui malgré le jeu de guitare toujours ciselé des musiciens se révèle un mid tempo poussif et sans âme chanté par Buck Dharma.

Heureusement, « In the presence of another world » et ses six longues minutes font mouche dans le registre mélodique, travaillé, mystérieux et inquiétant des américains.

Avec ses refrains poussifs, « Del Rio’s song » tente d’insuffler sans grande réussite un nouvel élan rock ‘n’ roll.

Les influences horrifiques de l’album se font sentir avec « The siege and investiture of Baron Frankenstein’s Castle at Wesseira », qui derrière son titre imprononçable délivre une merveille heavy metal épique à la Dio avec la participation active de Joe Satriani à la guitare et de Joey Cerisano au chant.

Très habilement, le Blue Oyster Cult recycle un de ses plus grands tubes, « Astronomy » dans une version adoucie chantée par Dharma mais la magie s’essouffle sur le très mollasson et peu inspiré « Magna of illusion ».

Dans la fin du disque, « Blue Oyster cult » se fait sensuel et original sous la voix de Dharma tandis que « Imaginos » glisse sans imprégner l’auditeur.

En conclusion, « Imaginos » est une timide tentative de retour aux sources vers hard/heavy rock plus musclé mais le résultat demeure bien trop inégal, comme si le génie de Blue oyster cult s’était évaporé et ne ressurgissait que par éclipses, du reste plutôt agréables.

Mais malgré cette louable tentative, on obtient un résultat en demi teinte qui ne parviendra pas à remettre les américains sur les rails du succès.

Une seconde partie de carrière bien difficile donc

Imaginos (Blue Oyster Cult)
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9 août 2016 2 09 /08 /août /2016 21:40
Doggybags, volume 5 (El puerto, Neyef, Run, Aurélien Ducoudray,Tomeus, Katrinka)

« Doggybags, volume 5 » poursuit la série en 2014.

De petits nouveaux El puerto (scénario) et Tomeus (dessins) s’attèlent à une histoire dans la plus pure tradition hardcore des Doggybags dans laquelle deux braqueurs de banques latinos de Miami se réfugient dans les égouts de la ville pour fuir la police.

Malgré leur dureté et leur armement, les deux hommes sont impitoyablement traqués par un crocodile albinos géant qui les dévore avec la complicité bienveillante d’un gros shérif américain qui a déjà failli mourir dans ses mêmes égouts.

Le mentor Neyef travaille ensuite avec Aurélien Ducoudray pour un trip délirant dans lequel Shawn Nelson un paumé-toxicomane de San Diego, se sent investi d’une mission divine et s’inspirant de l’œuvre de Saint George, dérobe un tank de la garde nationale pour une folle ride avant d’être abattu par les flics.

Et comme si cela ne suffisait pas le duo Run/Ducoudray s’associé avec les dessins de Kartinka pour décrire un parc d’attraction patriotique géant ou le public peut tuer des zombies capturés dans l’espoir de modifier les grand défaites de l’histoire américaine : défaite du général Cluster, assassinat de Kennedy, 11 Septembre+ Guantanamo.

Richard un des gardiens du parc, perd contenance face aux provocations du petit ami noir et athlétique de la femme qu’il désire Linda et après avoir perdu au tir face à lui et encaissé ses brimades sur ses piètres performances au lit, livre le boyfriend indélicat aux zombies.

Mais l’affaire échappe à son contrôle et les zombies s’en prennent aux visiteurs, les mordant pour les contaminer en une sanglante et jouissive revanche.

En conclusion, « Doggybags, volume 5 » redresse un peu à la barre après un quatrième volume en dedans.

Rien à dire sur la première histoire, certes sans surprise mais plutôt jouissive ou d’affreux bandits se font traqués et dévorés mais grand doute métaphysique sur la pauvreté pour ne pas dire débilité de la seconde avec ce kif de conduire un tank face à la police.

Enfin, cynisme total et hommage vibrant à George Romero dans la dernière histoire avec une attaque en règle des valeurs patriotiques américaines.

Si ce cinquième volume n’atteint pas les sommets de la série, il s’en tire néanmoins correctement.

Doggybags, volume 5 (El puerto, Neyef, Run, Aurélien Ducoudray,Tomeus, Katrinka)
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9 août 2016 2 09 /08 /août /2016 21:10
Troupe d'élite (José Padilha)

Troupe d’élite » (Tropa de elite en titre original) est un film brésilien de José Padilha sorti en salle en 2007.

Ce film traite d’un sujet choc, la guerre entre la police spéciale brésilienne appelées le BOPE et les narco trafiquants pour le contrôle des favelas de Rio de Janeiro.

L’histoire se déroule en 1997 lorsque pour la venue du Pape Jean Paul II dans une favela, le gouvernement brésilien fait appel au BOPE afin de « nettoyer » la zone.

Mais plus que cet événement extraordinaire, le film raconte les états d’âmes du capitaine Nascimento (Wagner Moura), très perturbé psychologiquement par son travail au BOPE et désireux de s’arrêter pour aider sa femme enceinte de son premier enfant.

Pour quitter son service, Nascimento doit trouver un remplaçant.

Aussi « Troupe d’élite » raconte le processus de recrutement de jeunes aspirants policiers, Matias (André Ramiro) et Neto (Caio Junquera ) devant faire leurs preuves pour intégrer le BOPE.

Bien que tout deux intègres et courageux, les caractères des deux hommes différent grandement.

Si Neto est fonceur et tête brûlée, Matias plus réfléchi et intellectuel va à la fac de droit et hésite entre le métier de policier et d’avocat.

En stage dans la police régulière, Matias et Neto s’appeçoivent assez vite des combines du quotidien, de la corruption allant jusqu’à haut niveau dans la hiérarchie qui rackette des commerçants et pactise avec les narco trafiquants.

Ecœurés, les deux hommes décident d’intégrer le BOPE et suivent alors sous le commandement de Nascimento un des entraînements militaires les plus durs au monde.

Mais malgré la dureté et les humiliations des épreuves, Matias et Neto réussissent.

Entre temps, Matias par ses fréquentations à l’université, comprend que certains de ses camarades sont en contact avec des narco trafiquants par le biais d’une ONG et dealent dans les quartiers riches.

Écartelé entre sa relation avec la jeune Maria et son métier de policier, Matias se met dans une situation difficile quand l’un de ses camarades le balance à Baiano chef ultra violent des narco trafiquants.

Mais c'est Neto qui est tué à sa place dans un guet appens.

Nascimento décide de venger Neto et la traque sanglante de Baiano commence …

« Troupe d’élite » est ce qu’on appelle un film coup de poing, violent et sans concession.

Les méthodes radicales du BOPE qui tue sans sommation et use de torture pour obtenir des informations ne sont pas édulcorées.

On sent une grande révolte contre la corruption de la police, contre les idées préconçus des gosses des quartiers riches et surtout contre l’horreur de la vie des favelas ou des enfants peuvent être enrôlés par des trafiquants sans scrupules possédant des armes de guerre.

Le film est donc violent, réaliste et déconseillé aux âmes sensibles.

J’ai apprécié cette radioscopie sans fard d’une fraction de la société brésilienne, j’ai également aimé le style narratif assez original avec l’emploi d’une narration en voix off de Nascimento sur une bonne construction globale de l’histoire.

Mais j’aimerais aussi qu’on parle également un jour autrement de ce grand et beau pays qu'est le Brésil sans entrer systématiquement dans les sujets les plus chocs ...

Troupe d'élite (José Padilha)
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9 août 2016 2 09 /08 /août /2016 20:03
Doggybags, volume 4 (El diablo, Run, Nicolab, Singelin)

Très alléché par les excellents premiers Doggybags, je me suis logiquement rué sur « Doggybags, volume 4 » toujours dirigé en 2014 de main de maitre par Run.

La première histoire concocté par El diablo sur des dessins de Nicolab montre le navire de André Bardochan puissant trafiquant d’armes faire naufrage, laissant l’homme survivant sur une ile déserte avec comme seuls partenaires sa femme Cécilia et Vassia un colossal cuisinier russe avec qui il avait eu une violente altercation à bord.

Profitant de sa supériorité physique, Vassia prend le dessus sur Bardochan, lui volant sa femme et l’obligeant à faire des basses besognes pour le servir.

Incapable de subir plus longtemps cet enfer, Bardochan se rebelle, tuant accidentellement Cécilia puis volontairement Vassia à coups de pierre.

Finalement recueilli par une marine sud américaine, Bardochan est mis en arrestation pour le double meurtre de l’ile…

On change brutalement d’univers pour se retrouver avec Run dans les épaisses forets de l’Oregon, ou un jeune couple perdu traqué par ce qu’il croit être un tueur en série, tombe dans les griffes de policiers psychopathes qui les enferment dans des cellules sous terraines et les nourrissent de chair humaine (!).

Pour terminer ce même Run s’associe à Singelin pour mettre en comics l’opération des Navy seals aboutissant à la mort d’Oussama Ben Laden, retranché dans une maison ultra sécurisée du Pakistan.

Les commandos perdent un hélicoptère et ont toutes les peines du monde à tuer le leader terroriste, qui semble à chaque fois reprendre vie par chacun de ses membres en une métaphore des réseaux terroristes proliférant par delà sa mort.

En conclusion, « Doggybags, volume 4 » est une déception après le puissant travail de recherche sur les narcotrafiquants mexicains ou les gangs blacks de LA effectués dans les numéros précédents.

La première histoire aussi radicale qu’absurde est joliment troussée par Nicolab dans un cadre pour une fois plus exotique et séduisant que les ruelles défoncées des crack-cities.

Ensuite après ce départ honorable c’est la chute et les auteurs ne se foulent pas beaucoup en recyclant les vieux codes des films d’horreurs ou d’action purs et durs US.

Quand en plus les dessins, surtout de Singelin sont affreux, on a surtout envie de passer au numéro 5 de la série pour voir la suite !

Doggybags, volume 4 (El diablo, Run, Nicolab, Singelin)
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8 août 2016 1 08 /08 /août /2016 21:46
The neon demon (Nicolas Winding Refn)

Fan depuis les premiers « Pusher » du travail de Nicolas Winding Refn je me devais de voir son dernier film « Neon demon ».

Sorti en 2016, ce film étrange raconte le parcours de Jesse (Elle Fanning) jeune beauté de Georgie venue tenter sa chance dans le mannequinat à Los Angeles.

Aidée par son ami photographe Dean (Karl Glusman), Jesse se fait remarquer par la maquilleuse Ruby (Jena Malone), qui fascinée par la fraicheur de sa beauté naturelle l’introduit auprès de la directrice de casting Roberta Hoffman (Christina Hendricks) qui elle aussi subjuguée lui arrange une séance de shooting avec Jack (Desmond Harrington) un photographe renommé de LA,

Etoile montante du petit milieu du mannequinat, Jesse ne tarde pas à se faire des ennemies parmi ses collègues modèles comme Sarah (Abbey Lee) et Gigi (Bella Heathcote), fière d’avoir utilisé la chirurgie esthétique pour accéder à son statut actuel.

Malgré la spirale du succès qui s’annonce, Jesse est victime de violentes angoisses et fait appel à Hank (Keanu Reeves) l’immonde gérant du minable motel ou elle réside pour faire déguerpir un rodeur, qui s’avère en réalité entre un puma !

Furieux après les dégâts, Hank réclame des réparations et terrorise la malheureuse Jesse ce qui force Dean à intervenir pour solde de tout compte.

Portée par le succès, Jesse détrône Sarah pour obtenir un prestigieux défilé d’un grand créateur (Alessandro Nivola) qui a le culot d’affirmer ensuite publiquement sa préférence devant l’altière Gigi.

Dès lors, Jesse ne se sent plus en sécurité au motel face aux tendances brutales de Hank et vient trouver refuge chez Ruby.

Refusant ses avances, Jesse est finalement pourchassée par les deux mannequins et la maquilleuse qui la jette du haut de sa piscine.

Enragées, les trois femmes dévorent son corps et se baignent dans son sang pour s’approprier son insolente beauté.

Décidément perverse, Ruby copule avec le corps d’une jeune femme morte qu’elle est chargée de maquiller…

Mais le sort va rattraper les trois femmes, Gigi s’éventrant finalement au cours d’un shooting après avoir vomi un œil de Jesse…

Le film s’achève sur une bizarrerie contemplative…

En conclusion, « The neon demon » est un plantage monumental, surfant sur le grand vide du milieu de la mode dont les codes sont ici poussés jusqu’au maximum de l’absurdité.

Sans réel scénario, Refn film en roue libre sur les traces de David Lynch et superpose maestria visuelle et puissants effets sonores technoïdes.

Le résultat de ses corps sous alimentés tristes, froids et hautains filmés comme dans un vidéo clip sur plus de deux heures provoque un ennui/agacement abyssal, seulement entrecoupés de scènes particulièrement abjectes de meurtre et de nécrophilie.

Insupportable donc et premier effet répulsif de mon coté pour un film de Refn !

Le début d’une dégringolade après le pic de « Drive » ?

The neon demon (Nicolas Winding Refn)
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7 août 2016 7 07 /08 /août /2016 13:43
Lolita (Adrian Lyne)

Bouclons la boucle avec la version de « Lolita » d’Adrian Lyne.

Sorti en 1997, « Lolita » est une nouvelle adaptation du roman de Nabokov après celle de Kubrick.

La trame narrative est classiquement suivie, Humbert Humbert (Jeremy Irons) un séduisant quadragénaire européen s’établissant en Nouvelle-Angleterre pour écrire un livre sur la littérature française.

Mais l’auteur d’âge mur tombe sous le charme vénéneux de la fille de sa logeuse, Madame Haze (Melanie Griffiths), Dolores alias Lolita (Dominique Swain).

Agée de quatorze ans, Lolita joue un jeu dangereux avec Humbert à base d’attouchements, d’œillades et de provocation le tout dans le torride été américain d’une petite ville.

Séduit, Humbert tombe dans le piège et est d’autant plus triste quand Madame Haze place sa fille dans un camp d’été.

Il accepte par calcul de l’épouser pour rester au plus près de son amour tabou et commet l’erreur de consigner chaque jour ses pensées profondes, sensuelle pour la gamine, méprisante pour la mère, considérée comme une vache.

Après des nuits passés à la droguer et à songer sérieusement à l’éliminer, Humbert a la désagréable surprise de voir Madame Haze découvrir son secret et menacer de le quitter.

Malheureusement ou heureusement, Madame Haze meurt renversée par une voiture en allant poster des lettres de rupture/dénonciation.

Humbert saute alors sur l’occasion pour capter Lolita à la sortie du camp et l’emmener dans une longue ballade en voiture à travers les Etats-Unis.

Il devient son amant, supportant par amour les excentricités et les provocations de sa belle fille.

Mais la jalousie et la paranoïa s’installent également dans son esprit au point de pousser Lolita à arrêter l‘université…

Humbert se pense traqué par un détective ressemblant à son cousin et puis il y a cet homme, le producteur Clare Quilty (Frank Lagella) rencontré dans le hall d’un hôtel.

Lorsque Lolita le quitte brutalement, Humbert perd pied, revient sur ses pas, cherchant et cherchant en vain…

C’est elle qui le contracte, mariée et enceinte pour une grosse demande d’argent.

Humbert la rencontre, paye son du malgré son dégout pour son mari, un modeste mécano.
Il retrouve néanmoins Quilty l’homme qui l’a enlevé à lui pour l’amener à participer à des partouzes avec des adultes et le tue dans son manoir après un pénible dialogue et une douloureuse agonie.

Le film s’achève comme il a commencé, sur la malheureuse dérive du vieil écrivain…

En conclusion, ce « Lolita » colle très bien dans les grandes lignes au roman sulfureux de Nabokov même si Lyne vieillit un peu la gamine et donne à l’homme mur les traits séduisants du sex symbol Jerermy Irons.

Point fort du film, l’éclairage et la grande sensualité des scènes, censées montrer le désir naissant dans une atmosphère chaude et intime d’été américain…

Peu de critiques majeures donc sur l’adaptation classique d’une œuvre majeure et sur la qualité des acteurs, tous très bons dans leurs registres respectifs.

Lolita (Adrian Lyne)
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7 août 2016 7 07 /08 /août /2016 11:54
Club ninja (Blue Oyster Cult)

En plein milieu des années 80, Blue Oyster Cult traverse un cap difficile, se sépare du claviériste Allen Lanier au profit de Tommy Zvoncheck puis embauche un nouveau batteur Jimmy Wilcox.

Cette nouvelle collaboration donne naissance en 1986 à « Club ninja » album au titre et à la pochette ridicules qui peuvent au premier abord laisser augurer du pire.

On débute par « White flags » mid tempo dynamique marqué par les claviers néo-classiques spectaculaires du nouveau venu.

Plus intéressant car plus soigné et mélodique, « Dancing in the ruins » rappelle la grande classe de Blue Osyter Cult même si cette fois Buck Dharma remplace le légendaire Eric Bloom au chant.

C’est dans la même veine que tente de s’inscrire le plus balourd « Make rock not war » qui s’enferre dans du sous-Europe,

La touche mélodique se montre encore plus prononcée sur « Perfect water » et « Spy in the house tonight » qui sonnent très progressifs par leur maniérisme agaçant et leur surabondance d’effets guitaristiques et vocaux.

On retrouve un peu plus de férocité sur « Beat’em up » avec un Bloom qui semble se souvenir des racines hard/heavy de son groupe mais c’est pour mieux replonger dans une informe mélasse pop-clavier sur « When the war comes ».

Inutile de chercher une amélioration avec « Shadow warriors » qui honore bien peu son titre offensif et reste scotché dans son ambiance chargée et pesante malgré la puissance de feu des guitares du trio Bloom-Dharma-Bouchard.

Le BOC termine par « Madness to the method » plus lent mais tout aussi pénible.

En conclusion, « Club ninja » confirme le déclin de cette légende du hard rock américain des années 70 avec un album surchargé manquant d’inspiration, de fraicheur et d’audace.

« Club ninja » sonne aujourd’hui très ancré dans son époque et lorgne vers l’affreuse pop-progressive des années 80 sans avoir plus grand-chose à voir avoir avec son glorieux et audacieux passé.

A déconseiller donc fortement.

Club ninja (Blue Oyster Cult)
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