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23 juin 2011 4 23 /06 /juin /2011 22:51

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2

 

 

Après avoir chroniqué l’excellent best of des Sisters of mercy « A slight case of overbombing » je me devais logiquement de passer au crible leur album maitre, « Floodland » sorti en 1987.

Deuxième album dans la carrière du groupe, « Floodland » voit le tatillon chanteur-guitariste Andrew Eldritch virer l’essentiel de son groupe, engager la sculpturale bassiste Patricia Morrison qui figurera dans la plupart de ses vidéo clips et avoir le génie de s’adjoindre les chœurs la New York Choral Society en renfort.

Seul Doktor Avalanche, la batterie automatique échappe au massacre, mais il faut bien dire que la machine ne contestait pas beaucoup les décisions de son maitre.

Avec sa pochette gothique en diable, « Floodland » débute par « Dominion/Mother Russia » monstrueuse pièce épique de sept minutes ou la voix sépulcrale de Eldritch est formidablement contre balancée par les chœurs aériens et féminins.

Le clip tourné dans les temple de la ville de Petra en Jordanie est un chef d’œuvre visuel à l’atmosphère de mystère exotique et grandiose.

Changement radical d’ambiance avec « Flood 1 » beaucoup plus lent, froid, calme pour ne pas dire ennuyeux.

Mais « Lucretia my reflection » un nouveau missile à tête chercheuse vient ensuite percuter l’auditeur de plein fouet.

La rigidité de la batterie automatique est ici encore une fois soumise au contraste de refrains puissamment enivrants.

L’alternance entre violence et calme se poursuit avec « 1959 » belle ballade à la mélancolie glacée évoquant par instant du Nick Cave enchainé par le colossal « This corrosion » qui développe grâce aux chœurs une puissance épique égale voir supérieure à « Dominion/Mother russia » en raison d’une dynamique purement irrésistible.

On poursuit avec « Flood II » légèrement plus dynamique que son prédécesseur.

L’ennui est en revanche à son comble sur « Driven like the snow » qui manque considérablement d’impact.

On finit par s’endormir complètement avec l’atone « Never land (a fragment ) » lente berceuse au beat hypnotique.

Peu de choses à dire que les morceaux additionnels « Torch » déprimant à souhait, le long requiem électronique « Colours » envoutant et effrayant comme un désert sans fin.

La version longue de « Never land » est un affreux calvaire qui donne des envie de révolte et on ne peut résister à faire avance rapide pour finir malgré les quelques moments de grâce d‘« Emma ».

En conclusion « Floodland » constitue une grande déception.

Les quelques chefs d'oeuvres des Sisters of Mercy masquent en réalité une musique froide, trop linéaire, calme et sombre pour moi.

« Floodland » est en réalité un disque à 80% composé de musique ambiante ou Eldritch se complait dans des univers de pure noirceur gothique.

Globalement trop déprimant, « Floodland » me conforte dans la nécessité de ne posséder que le best of du groupe qui contient une dynamique beaucoup plus importante et convient mieux à mes gouts.

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22 juin 2011 3 22 /06 /juin /2011 22:53

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3

 

 

Vous ne trouverez pas en principe de critiques dithyrambiques sur Quentin Tarantino dans ces colonnes, tant ce cinéaste surcoté et branché m’insupporte la plupart du temps.

Pourtant, poussé par un avis extérieur j’ai visionné « Inglorious basterds » parodie de film de guerre réalisée en 2009.

L’histoire fait bien entendu penser au classique « Les douze salopards » de Robert Aldrich de 1967 , avec l’envoi pendant la seconde guerre mondiale d’un commando dirigé par les anglais composé de juifs et d’allemands renégats afin de semer la terreur au sein de l’armée allemande par l’intermédiaire d’assassinats barbares ou les victimes seraient scalpées aprés avoir été atrocement torturées.

Le lieutenant  Aldo Raine (Brad Pitt) véritable brute épaisse de l’armée britannique commande donc une troupe de durs dont les membres d ’élite sont les sergents Donowitz (Eli Roth) , Hugo Stieglitz (Til Schweiger) que les coups de force font connaitre à Adolf Hitler en personne.

Ayant une taupe auprès de l’élite nazi en la personne de l‘actrice Bridget von Hammersmark (Diane Kruger), le commando parvient à savoir qu’Hitler et son état major seront à la première d’un film de propagande nazi de Goebbels diffusée dans un cinéma parisien.

Même si l’opération coute la vie au lieutenant Hicox (Michael Fassbender) démasqué par son accent et ses manières par un officier  allemand dans une mémorable scène de cave, le commando recueille assez d’informations pour pouvoir mener une action suicide afin de décapiter le III iéme Reich et par conséquent metttre fin à cette guerre sanglante.

Mais l’action du commando va se croiser malgré elle avec celle plus isolée et personnelle de Soshanna Dreyfus (Mélanie Laurent) seule rescapée d’une rafle nazi ayant décimée toute sa famille et désireuse de déclencher un incendie dans le cinéma qu’elle possède ou sera projeté le film nazi.

Tarantino joue donc astucieusement entre l’entrecroisement de ses deux histoires, entre un commando de professionnels durs à cuirs et une femme isolée, civile mais déterminée dans sa quête de vengeance.

Autour de ses lignes de forces gravitent des personnages secondaires mais indispensables à l’intrigue comme le colonel Hans Lada (Christoph Waltz) vénéneux SS traqueur de juifs que l’intelligence acérée rend redoutable ou le caporal Fredrick Zoller (Daniel Brühl), tireur d’élite propulsé héros de propagande par Goebbels dont le stupide enamourement pour Soshanna conduira assez ironiquement sa hierarchie à sa perte.

En conclusion, il ne faut jamais se dire que l’on ne changera jamais d’avis, car malgré toutes mes appréhensions « Inglorious basterds » est un film intéressant non pas sur le plan historique largement falsifié mais sur le plan de la réalisation.

Bien entendu on y retrouve les habituels défaut des films de Tarantino comme la vulgarité, l’humour noir creux et surtout cette violence démesurée que j’ai du mal à accepter.

Mais transposée dans ce cadre militaire, cette violence demeure ici presque tolérable.

Les qualités essentielles du films reposent pour moi  sur sa construction très cohérente et sur ses longues scènes d’attente ou la tension est à son comble.

On citera la fantastique scène introductive avec la rafle d’enfants juifs par Lada chez un paysan français ou celle plus classique du jeu de carte dans la taverne allemande avec ce jeu du chat et de la souris entre officier nazi et espion anglais infiltré.

Le jeu des acteurs est déjà plus discutable, Brad Pitt cabotinant comme un crétin, tandis que Christoph Waltz est impressionnant en salaud fin et racé.

Mais cessons donc de faire la fine bouche, globalement « Inglorious basterds » est un tout à fait réussi dont la maitrise et la reconstitution historique impressionnent.

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22 juin 2011 3 22 /06 /juin /2011 21:45

zarathoustra.jpg4

 

 

Compte tenu de son immense renommée et sa difficulté supposée, j’ai longtemps pensé que Friedrich Nietzsche était un penseur inaccessible pour mes modestes moyens intellectuels.

Ce n’est qu’après avoir lu un grand nombre de philosophes que je me suis (enfin) senti digne de m’attaquer à son œuvre.

Publié vers 1883, « Ainsi parlait Zarathoustra » est considéré comme l’une des œuvres maitresses du philosophe allemand.

Assez difficile d’accès, « Ainsi parlait Zarathoustra » se présente sous la forme d’un conte philosophique en quatre parties ou Nietzsche relate les aventures d’un prophète nommé Zarathoustra annonçant l’avènement d’une nouvelle philosophie venu supplanter la religion et les philosophies antérieures.

Il s’agit donc d’une œuvre de rupture, audacieuse au style exalté, mystique et métaphoriquement puissant.

Après avoir essuyé un terrible échec en prêchant ses idées devant une population de villageois railleurs et incrédules, Zarathoustra décide de se retirer dans la solitude d’une vie d’ermite de montagne ou il vit entourés d’animaux mais ou il fait quelques rencontres capitales qui lui permettent de mettre à l’épreuve sa philosophie.

L’idée principale de Zarathoustra est la thèse du Surhomme, qui constitue un dépassement de la condition du simple humain, pour se réaliser dans toute la plénitude de son existence en se délivrant des contraintes traditionnelles des vertus philosophiques (sagesse, tempérance, justice) ou des celles de la religion chrétienne prônant humilité, miséricorde et soumission.

En prenant en main son existence, le Surhomme se fait à l’image d’un dieu créateur de son propre monde par la seule force de sa volonté de puissance.

Il doit donc se faire non pas adorateur d’un hypothétique au-delà symbole irréel et dangereux d’une perfection inatteignable, mais conquérant implacable d’une réalité matérielle très concrète ou il pourra jouir pleinement de son existence.

Dans cette quête individualiste, les notions toutes chrétiennes de compassion et d’amour de son prochain sont méprisées par le philosophe.

Zarathoustra prend également le contre pied des institutions traditionnelles comme le mariage, les enfants, les amis en les soumettant à son idéal d’atteinte du surhumain.

Il proclame ensuite dans une phrase restée célèbre la mort de Dieu.

Ces thèmes seront ensuite continuellement repris sous diverses formes métaphoriques au cours des chapitres du livre avec une succession d’attaques en règles contre les vertus philosophiques et chrétiennes.

Obsédé par une volonté d’élévation, Zarathoustra s’estime indigne de la fréquentations des beaux parleurs, savants, poètes ou prêtres qui déguisent leur volonté de puissance sous des discours factices destinés à emprisonner les hommes.

C’est cette volonté alliée à son égoïsme et son désir de volupté qui permettra au Surhomme de dépasser les fausses notions de bien et de mal.

Zarathoustra table sur le futur, sur une nouvelle générations de surhumains se servant des hommes de son temps commede  ponts vers cet état transfiguré.

Une autre idée importante de la pensée Nietzschéenne est le développement de l’Eternel retour qui fait poursuivre par cycle infinis la naissance et la destruction des êtres tout en le distinguant des réincarnations platoniciennes.

Cet Eternel retour incite l’homme libre à désirer que ses actions se répètent à l’infini.

La dernière partie de l’œuvre, la plus métaphorique fait Zarathoustra rencontrer plusieurs hommes symbolisant de potentiels apôtres, comme deux rois, un enchanteur, un scrupuleux de l’esprit, un mendiant volontaire, un pape, un homme hideux, un voyageur  assimilée à son ombre.

Tous ont adhérés sans le savoir aux idées du prophète, ont renoncé à leur existence sociale pour par partir à sa rencontre et chercher avec lui à atteindre la condition de Surhomme.

Zarathoustra les réunit dans une caverne et s’entretient avec eux pour consolider leurs bases philosophiques.

La danse et le rire viennent compléter et humaniser les préceptes du prophète.

En conclusion, « Ainsi parlait Zarathoustra » est une œuvre unique, à la fois puissante et terriblement dérangeante.

Son charme principal réside dans son style, d’une richesse et d’une beauté exceptionnelle.

Imagination et figures poétiques viennent en effet rendre incroyablement attrayant un texte aux idées souvent difficiles à décrypter en raison de leur caractère métaphorique.

Sur le fond, les idées du philosophe vont effectivement à contre courant de tout ce qui a été établi précédemment.

Nietzsche peut seulement être attaché à une certaine idée du matérialisme et de l’épicurisme mais tout le reste et en particulier la religion chrétienne est rejeté en bloc.

Bien qu’il se défendit de tout antisémitisme, Nietzsche propage dans sa philosophie proclamant l’arrivée de Surhommes conquérants dominant par leur pureté les parasites comme les « hommes efféminés, fils d’esclaves et surtout les populations métissées » des idées suffisamment troubles pour donner prises aux thèses extrémistes que diffuseront les penseurs nazis du III iéme Reich.

Les passages sur les femmes sont également d’un très grand machisme.

Avec sa philosophie de l’homme fort, libre, viril et indépendant s’affranchissant égoïstement de toute éthique morale pour assouvir ses désirs profonds, Nietzsche crée donc une terrible et inarrêtable machine de guerre philosophique dans laquelle je ne peux me reconnaitre.

A lire donc pour le coté hors norme, même si on n’adhère pas (comme moi) au fond.

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18 juin 2011 6 18 /06 /juin /2011 16:26

play_my_game.jpg1

 

Bouclons la boucle avec Tim « Ripper » Owens, chanteur que j’ai toujours suivi et soutenu malgré les critiques.

Après son éviction d’Iced earth et l’attitude assez détestable de Jon Schaffer, les choses se compliquent pour Ripper dont le projet avec Beyond fear ne parvient pas à le faire rebondir (j’ai à ce titre en mémoire l’annulation d’une date parisienne à l’Elysée Montmartre en raison de l’insuffisance des ventes).

Alors le chanteur devient une sorte d’intérimaire (de luxe) du heavy metal, participant à l’album « Perpetual flamme » du guitariste Yngwie Malmsteen en 2008 sans que celui ci ne rencontre un fort succès.

Mais en bon américain confiant à présent en ses capacités, Tim se lance cette fois ci dans un véritable projet solo sous son propre nom Tim « Ripper » Owens et sort « Play my game » en 2009 à l’atroce pochette représentant un dessin du chanteur comme réalisé sous un logiciel de traitement d’images des années 80.

Profitant de son carnet d’adresse étoffé, le chanteur s’entoure d’une impressionnante liste musiciens de talents comme les guitaristes Bob Kulick (Kiss, Wasp, Lou Reed, Meat Loaf), Craig Goldy (Dio) , Doug Aldrich (Dio),  Steve Stevens (Billy idol) Michael Wilton (Queensryche), Chris Caffery (Savatage) les bassiste Rudy Sarzo (Ozzy Osbourne, Whitesnake), Dave Ellefson (Megadeth) et  les batteur Simon Wright (Ac/Dc, Dio) , Brette Chassen, Boby Jarzombeck (Halford)  tout en conservant son ancien partenaire de Beyond fear, le guitariste John Comprix.

Alléchant sur le papier, « Play my game » démarre avec « Starting over » mid tempo mélodique à demi raté tentant de sonner comme du Dio période fatiguée.

On poursuit avec le trop long, plat et ennuyeux « Believe », puis « Cover up » massacré par des refrains affreux.

Meme « Pick yourself up » malgré la présence de Steve Stevens parait terriblement linéaire et poussive tandis que « It is me » coule à pic plombé par une incroyable lourdeur de composition.

Etonné on ravale donc son amertume, en cherchant la pépite qui viendrait faire oublier la déception de l’écoute de ce disque.

En vain.

« No good goodbyes » est médiocre, cafouilleux, « The world is blind » fait illusion avec un meilleur feeling hard rock et même le plus mélodique « To live again » finit par agacer avec ses refrains irritants.

On finit donc par capituler et à attendre fébrilement la fin de ce calvaire.

Le très mal nommé « The light » renvoie aux bases les plus obscures de la musique.

Ripper tente de rejouer les gros bras sur le title-track « Play my game » mais sa voix grondante sonne dans le vide sur un titre touffu et sans structure.

Le rush final a lieu avec « Death race » très influencé par  Judas priest manquant de vitesse et d’impact puis « The shadows are alive »  ou le chanteur parvient enfin à émouvoir sur une composition plus lente, nuancée et travaillée.

En conclusion, « Play my game » est plus qu’une déception, un naufrage, une catastrophe totale.

Les titres sont creux, sans cohésion, punch, mélodie ou refrains digne d’un homme ayant côtoyé la première division du heavy metal.

Le résultat est d’autant plus incroyable que Ripper Owens est pourtant entouré des musiciens de gros calibre mais qui se contentent de faire des piges sans s’impliquer dans une cohésion d’ensemble.

Il faut donc se rendre à l’évidence, si Ripper Owens est sans doute l’un des meilleurs chanteurs de heavy metal du monde, ses qualités de compositeurs demeurent trop faibles pour lui permettre de prétendre jouer les premiers rôles.

On comprend alors mieux pourquoi toutes ses idées étaient systématiquement écartées au sein de Judas priest, tout simplement parce qu’elles n’étaient pas à la hauteur de la paire Tipton-Downing.

Ainsi la comparaison avec Rob Halford tourne court, car si les deux hommes possèdent tous les deux des voix exceptionnelles, le britannique est quand à lui capable d’écrire de formidables chanson et d’entrainer dans son sillage les autres musiciens travaillant à ses cotés.

Ripper devrait donc accepter ses limites et revenir dans un groupe ou de vrais et talentueux compositeurs lui écriraient de grands titres sur lesquels exprimer son talent d’interprétation.

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18 juin 2011 6 18 /06 /juin /2011 15:18

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3

 

J’ai déjà évoqué à de nombreuses reprises les performances étonnantes de Tim « Ripper » Owens, ex chanteur amateur américain devenu en l’espace de quelques années une pointure du heavy metal moderne après ses courts mais remarqués passages au sein de Judas priest puis de Iced earth.

En 2006, Owens sent que sa collaboration avec Jon Schaffer bat de l’aile et que ses jours au sein d’Iced earth sont comptés.

Il décide alors de tenter de voler de ses propres ailes en fondant son propre groupe Beyond fear et sort un premier album du même nom avec une pochette disons le au graphisme franchement hideux.

Composé de John Comprix et de Dwane Bihary aux guitares, de Dennis Hayes à la basse puis de Eric Elkins à la batterie, Beyond fear pratique un heavy metal costaud et sans fioriture.

Le groupe débute en trombe avec « Scream machine » rapide, violent  basé sur des riffs puissants et un chant haut perché agressif évoquant du Judas priest énervé.

Après cette entrée matière efficace, on rétrograde brutalement de la cinquième à la seconde vitesse avec « And .. You will die » , titre lent et ultra massif jouant sur une atmosphère sinistre et menaçante.

Les tempos médians sont mis à l’honneur avec « Save me » qui ne décolle réellement que grâce aux ahurissantes envolées vocales du chanteur sur les refrains.

Manquant de relief, « The human race » a du mal à canaliser sa puissance,  ce que parvient à faire le très accrocheur « Coming at you » aux refrains fédérateurs taillés pour la scène.

Après ce déluge de bombes heavy vient « Dreams come true » une ballade sympathique mais manquant d’envergure.

Beyond fear se ressaisit sur « Telling lies » meilleur morceau de l’album, combinant heavy enlevé avec de superbes variations mélodiques qui permettent au chanteur de donner toute l’étendue de ses talents.

Jusqu’alors tout à fait honorable, le niveau chute brutalement sur le franchement médiocre et peu inspiré « I don’t need this » et l’a peine plus relevé « Words of wisdom » dont la puissance de feu ne parvient pas à faire oublier la platitude.

Tim et sa clique reprennent un peu de poil de la bête avec « My last words » mid tempo plus convainquant puis avec le plus aérien « Your time has come » osant (enfin !) un intéressant break mélodique.

Le final « The faith » bien qu’anecdotique est sympathique dans la mesure ou le chanteur se livre de manière la plus personnelle sur ses convictions en tant qu'artiste.

En conclusion, vous l‘aurez compris « Beyond fear » est un bon album de heavy metal viril et puissant mais pas assez original ou inspiré pour marquer les esprits et permettre à Tim Owens de prendre un nouveau départ en solo.

Le chanteur place toujours sa voix impressionnante, si puissante et aigue par instants mais intéressante aussi dans les modulations plus graves ou mélodiques mais la qualité des compositions ne lui permet pas de briller au plus haut.

Owens reste donc scotché au sol et patine comme une Ferrari contrainte de rouler en seconde avec quelques pointes en troisième sans parvenir à décrocher la quatrième vitesse.

A réserver donc aux fans du bonhomme même si tout ceci reste très loin de son travail avec Iced earth et à des années lumières de celui avec Judas priest.

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16 juin 2011 4 16 /06 /juin /2011 22:40

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2

 

 

Cinéma asiatique avec « Old boy » du coréen Park Chan Wook, grand prix du festival de Cannes 2004.

« Old boy » est bâti sur une histoire de cinglé interdite au moins de 16 ans, l’enlèvement d’un monsieur tout le monde, Oh Dae Soo (Choi min sik) qui va passer quinze ans de sa vie dans la solitude la plus complète d’une petite chambre ou son unique lien avec le monde extérieur sera outre ses repas quotidien, une télévision ou il apprendra qu’il est le principal suspect du meurtre de sa femme et que sa fille unique a été placée chez des parents adoptifs.

Difficile dans un tel contexte de conserver un tant soit peu d’équilibre mental et Oh Dae Soo, après une légitime phase de questionnement sur les motivations de ses ravisseurs, va s’enfermer dans une sorte de routine ou il va développer sa force physique et endurcir son corps et s’astreindre à de longs exercices d’écriture sur sa vie.

Régulièrement drogué, Oh Dae Soo trouve néanmoins les ressources pour creuser le mur de sa chambre et ainsi rêver d’une très hypothétique évasion.

Un jour pourtant il est libéré aussi de façon aussi mystérieuse que son enlèvement.

Passablement déboussolé il erre au hasard et finit par gagner la sympathie d’une jeune serveuse appelée Mi-do (Kang Hye-Jeong) qui n’hésite pas à le ramener chez lui.

Bien entendu Oh Dae Soo et Mi-do finissent par se rapprocher et à faire l’amour ensemble.

Puis Oh Dae Soo est contacté par ses mystérieux adversaires et cherche alors à remonter le fil pour se venger d’eux.

Se méfiant de Mi-do après un tchat suspect, il mène alors son enquête, remontant patiemment la piste jusqu’à son geôlier Mr Han (Kim Byeong-Ok) qu’il torture cruellement à coups de marteau, lui arrachant les dents une par une.

Han finit par lui livrer des cassettes audio pour en savoir plus puis sombre dans l’inconscience.

Au retour, Oh Dae Soo affronte une vingtaine d’hommes de main armés de bâtons et de couteaux.

Mettant à profit ses années de surentrainement il fait face armé d’un seul marteau dans une scène de travelling hallucinante.

Oh Dae Soo défait ses ennemis et parvient à s’échapper mais reçoit un coup de couteau dans le dos.

Soigné par Han qui détient Mi-do en otage, il finit par trouver le commanditaire, Lee Won Jin (Yoo Ji Tae) un jeune homme mystérieux qui joue cruellement avec ses nerfs.

Oh Dae Soo remonte alors dans son passé et trouve un lien avec ses années de collège à Evergreen.

Entre deux scènes de tortures particulièrement éprouvantes, Oh Dae Soo parvient par petites touches successives à reconstituer ses souvenirs, notamment le fait qu’il ait assisté à Evergreen aux ébats incestueux de Lee Won Jin et de sa sœur Lee Soo Ah (Yoon Jin Seo) .

N’ayant pas pu tenir sa langue, Oh Dae Soo a attiré la honte sur la sœur enceinte de son frère qui n’a eu d’autre solution que de se suicider sous les yeux de son jeune frère amant.

Oh Dae Soo comprend qu’il n’a donc fait que subir la vengeance haineuse de Lee Won Jin.

Celui lui révèle alors une machination encore plus complexe en lui expliquant que Mi Do est en réalité sa propre fille et qu’il a exercé sur eux une hypnose afin d’effacer leurs souvenirs et de les faire coucher ensemble.

Le choc est si rude que Oh Da Soo se tranche la langue en échange de la vie sauve pour sa fille… et fait acte de soumission devant Lee Won Jin.

Celui-ci ayant perdu à présent tout sens à sa vie, n’a plus d’autre solution que de suicider.

En conclusion, « Old boy » est réellement un film de fou furieux avec pour thème central la vengeance comme le plus puissant moteur de l’existence, vengeance qui habite aussi bien le héros que son adversaire.

Bien entendu le scenario est inventif, très pervers et presque à la limite trop complexe.

Le principal reproche que je ferais au film est sa violence extrême, qui le rend par instant insoutenable avec des scènes de torture à faire passer « Marathon man » pour un divertissement pour enfants.

Malgré un acteur principal formidable, une certaine virtuosité de réalisation aussi bien dans la création d’ambiances que dans des scènes d’actions plus marquantes que celles de n’importe quel film d’art martiaux,  Park Chan Wook  pêche donc pour moi par une complexification trop poussée et par une violence malsaine proprement écœurante.

Et dernier reproche, la question fondamentale que tout le monde se pose « Comment survivrais je à quinze ans d’enfermement absolu ? » est faussée par l’administration d’anti dépresseurs permettant au prisonnier de ne pas sombrer dans la folie autodestructrice la plus totale.

L’adhésion massive des critiques pour ce film repoussant les tabous a de quoi laisser perplexe voir franchement déranger.

A mon sens sans Tarantino dans la jury du festival cette année la, « Old boy » n’aurait sans doute pas eu ni prix ni tout ce succès.

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Published by Seth - dans Psychologie
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13 juin 2011 1 13 /06 /juin /2011 21:32

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2

 

Vu par hasard un dimanche soir de désœuvrement en cet été 2011, « London boulevard » de William Monahan d’après un roman policier de Ken Bruen.

L’histoire est on ne peut plus classique, Mitchell (Colin Farrell) un truand anglais sort de prison après cinq ans, et dans une tentative pour changer de vie se fait embaucher comme garde du corps d’une célèbre actrice londonienne Charlotte (Keira Knightley) harcelée par les paparazzi depuis son divorce récent.

Mais Mitchell est rattrapé par ses anciens acolytes de la pègre, comme son son ami Billy (Ben Chaplin) minable homme de main travaillant pour le puissant parrain Rob Gant (Ray Winstone).

Séduit par le cran de Mitchell qui n’a pas évité une rixe avec cinq noirs musulmans d’un gang rival, Grant lui propose de monter en grade dans la hiérarchie du crime.

Pour s’assurer de sa fidélité, il le rend témoin d’une exécution.

Mais Mitchell temporise puis tient tête au parrain, s’accrochant au fragile espoir de sa nouvelle vie.

Bien entendu il se rapproche sa patronne et a une liaison avec elle.

Gant perd patience et devient menaçant avec Mitchell.

Les morts pleuvent, que ce soit Billy ou sa propre sœur toxicomane.

Mitchell réagit en gangster et reçoit l’aide inattendu du manager de Charlotte, Jordan (David Thewlis) qui lui prête main forte dans sa lutte contre le parrain.

Mitchell parviendra-t-il à se défaire de l’emprise de la mafia et à rejoindre Charlotte dans une nouvelle vie à Los Angeles ?

En conclusion, malgré un air de déjà vu tant les films sur les gangsters sont légions, « London boulevard » est un film noir mineur mais sympathique.

Aidé par une ambiance british, une bande son rock très vintage (The Rolling Stones, Jefferson airplane ) et par le charisme de Colin Farrell magnifique en truand en quête de rédemption, le film parvient à pallier à un scénario rachitique et à faire passer d’agréables moments.

On appréciera également la fin, évoquant « L’impasse »  de Brian de Palma mais si tout cela demeure peu original et insuffisant pour passer la barre d’un honnête divertissement.

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Published by Seth - dans Policier
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13 juin 2011 1 13 /06 /juin /2011 20:18

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4

 

 

Après avoir sorti un album exceptionnel par sa dimension historique en 2004 avec « The glorious burden » avec un nouveau chanteur le talentueux Tim Owens , Iced earth se trouve atteint d’un certain syndrome de folie des grandeurs et décide de sortir un double concept album dont la première partie « Framing Armageddon, something wicked part 1 » voit le jour en 2007.

Retour cette fois ci à l’esthétique pseudo Maidenienne si hideuse du groupe sur la pochette et omniprésence de Jon Schaffer qui remplace son batteur par Brent Smedley et assure seul toutes les parties de guitares et basse de ce disque.

Après une courte introduction mélodieuse, on retrouve très vite le son tranchant de la guitare de Schaffer sur « Something wicked part 1 » titre étrange patinant un peu sur place avant de prendre son envol sur les grandes harmonies vocales sublimées par Owens.

Après deux autres transitions d’une minute chacune dont une brillamment chanté par Owens(« The motivation of man » ) sur fond de cris de foules, on aborde « Setian massacre »  heavy metal, rapide, intense à l’ambiance apocalyptique très prenante.

Changement d’orientation avec « A charge to keep » superbe power ballade aux refrains agrémentés de chœurs puissants absolument irrésistibles.

Puis la douce et subtile transition « Reflections » introduit par contraste le très violent « Ten thousand strong » aux rythmiques thrasisantes rentre dedans dopées par un  chant suraigu à la Judas priest.

Malgré son dynamisme, je n’ai pas trouvé ce titre trop téléphoné très réussi.

On est en revanche encore surpris par la transition cette fois ci ethnique (« Execution ») qui vient lancer « Order the rose » inexorable mid tempo que le chant de Ripper rend divin sur les superbes envolées des refrains.

Après une transition cette fois science fiction (« Cataclysm ») , Iced earth s’aventure sur le terrain du rock progressif avec « The clouding » morceau planant puis plus dur de plus de neuf minutes à la Pink Floyd.

La rage revient  fugacement avec « Infiltrate and assimilate » qui patauge de manière désordonnée et pompeuse.

Pas grand-chose à signaler sur « Retribution through ashes », mid tempo bien exécuté sans relief particulier.

Nouvelle interlude ethnique façon tam-tam (« Something wicked part 2 ») avant l’orientalisant et baroque « Domino decree »  aux démentes envolées vocales d’Owens.

La violence désordonnée de « Framing Armageddon » le rend pénible, tandis que la classe du duo Schaffer/Owens resurgit pleinement sur le majestueux « When stars collide » truffé de chœurs magnifiques.


La fin du disque avec  « The awakening » est véritablement étonnante avec des chants arabes aériens aux vertus apaisantes.

En conclusion, on peut reprocher beaucoup de choses à « Framing Armageddon, something wicked part 1 » : son coté boursouflé, sa longueur excessive, son fourre tout musical lui conférant un coté indigeste et peu accessible.

Mais quand on fait abstraction de ces défauts certains, on découvre une œuvre puissante, audacieuse, doté de quelques merveilles musicales.

Délaissant son power heavy musclé sans fioriture mais un peu lassant sur la durée, Iced earth se montre ici plus varié et convainquant dans les mid tempo aériens et symphoniques.

Il est vrai que Ripper Owens est ici encore une fois ahurissant dans ses performances vocales et s’affirme comme l’une des plus grandes voix contemporaines de ce style de musique.

Pourtant, le tyran Jon Schaffer jugera que l’aventure n’a que trop duré et s’empressera un an après de réembaucher le chanteur originel Matthew Barlow et de virer un Owens pourtant irréprochable dans ses prestations.

La fin donc sur cet album riche, ambitieux et difficile d’une courte mais néanmoins belle aventure entre les deux hommes donc.

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13 juin 2011 1 13 /06 /juin /2011 19:16

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5

 

 

La musique toujours avec un groupe plutôt mystérieux malgré le fort succès commercial qu’il rencontra à la fin des années 80, The sisters of mercy.

En seulement deux albums majeurs, Floodland et Vision thing, ce groupe de rock gothique anglais acquit un statut définitivement culte.

Sorti en 1993, «  A slight case of overbombing » est un copieux best of de la carrière du groupe mené d’une main de fer par le chanteur gourou Andrew Eldritch qui fit bien souvent un cavalier seul s’acoquinant brièvement avec quelques musiciens comme Craig Adams, Patricia Morrison, Tony James (basse) , Gary Marx, Wayne Hussey, Andreas Bruhn, Tim Bricheno (guitares) le temps d'un album.

La compilation débute en douceur avec « Under the gun » superbe duo mélancolique avec Terri Nunn du groupe Berlin avant de poursuivre avec « Temple of love » dont la version orientale de 1992 avec la chanteuse israélienne Ofra Haza, fut assurément le plus grand tube des sœurs.

S‘étirant sur plus de huit minutes très rythmées, « Temple of love » réussit un mélange divin des sonorités froides et puissantes des anglais avec la chaleur, la sensualité et la grâce aérienne de la musique orientale.

D’un approche plus traditionnelle mais néanmoins efficace, « Vision thing » déploie le coté rigide et mécanique des sisters of mercy avec cette infernale boite à rythme appelée Doktor Avalanche au son onmiprésent sur lequel se pose la voix rauque d’Eldritch.

On ne peut pas dire non plus que le répétitif et lisse « Detonation boulevard » marque franchement les esprits.

Rythme rapide, claviers très eighties et chœurs féminins viennent soutenir favorablement « Doctor jeep » avant que ne déboulent les immense tubes issus de « Floodland ».

Le premier d’entre eux, le solide « More » assène un tempo intense,  obsédant puis des refrains grandioses avec cette alliance entre la voix puissante et sensuelle de Eldritch et de superbes chœurs féminins.

Arrive ensuite « Lucretia my reflection » sombre, puissant et tourmenté avec ce beat de batterie robotique qui vous gifle le visage en permanence et ses gigantesques refrains qui vous emportent au bout du monde.

La formule est encore améliorée avec l‘hypnotique « Dominion/Russia » truffé de saxophone et de chœurs au souffle épique irrésistible.

Le clip tourné à Petra en Jordanie avec des cavaliers arabes et des temples sculptés dans la roche est également un must incontournable pour qui aime le dépaysement.

Le feu d’artifice ne faiblit pas sur le monstrueux « This corrosion » sans nul doute ma chanson préférée de ces corbeaux de bonheur car développant sur plus de dix minutes une ambiance surpuissante quasi religieuse extrêmement impressionnante.

Plus rock et moins grandiloquent, « No time to cry » est néanmoins prenant par son coté sombre et mélodique.

La puissance des Sisters of Mercy est toujours belle et bien présente sur « Walk away » doté de refrains incroyables dignes des meilleurs hits de dark new wave.

Le best of se termine avec « Body and soul » titre atmosphérique très éthéré plusieurs crans en dessous des perles le précédant.

En conclusion, «  A slight case of overbombing »  est un excellent best of mettant très bien en evidence le niveau ahurissant des compositions des Sisters of Mercy.

Si on veut résumer, dans la carriére du groupe, « Floodland » se détache nettement des autres disques et pourrait à lui seul constituer un best of.

L’interet de cette compilation est de donner la part belle à cet album phare mais également de ne pas oublier les autres fantastiques hits comme « Temple of love » ou « Walk away » .

En comparaison de ces immenses chef d‘œuvres, les titres de « Vision thing » paraissent presque plus quelconques.

«  A slight case of overbombing »  est donc pour moi incontournable pour tout amateur de rock gothique et de new wave sensible à cette incroyable combinaison de puissance et de mélodie réalisée par les Sisters of Mercy (pour la musique).

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Published by Seth - dans Gothique
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13 juin 2011 1 13 /06 /juin /2011 17:21

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3

 

 

Passage dans la littérature étrangère avec « Le ventre de l’Atlantique » de l’écrivain franco sénégalaise Fatou Diome.

Publié en 2003, ce court roman majoritairement autobiographique raconte les aventures de Sallie une jeune sénégalaise exilée à Strasbourg après un mariage ratée avec un Français.

Originaire de Niodor, une petite ile pauvre du Sénégal ne vivant que de la pêche, Sallie a toujours été en marge, fille illégitime sans père et désireuse d’apprendre très tôt le français auprès de son professeur Ndétare qui lui a fait découvrir les grands auteurs français et donné le gout des lettres.

Vivant en France relativement confortablement, Sallie a gardé des racines à Niodor et notamment son demi frère Madické, fou de football et en particulier du footballeur italien Paolo Maldini qui symbolise pour lui la réussite éclatante en Europe.

A ses yeux, Madické représente bien la fascination aveugle d’une jeunesse sénégalaise prête à prendre tous les risques pour rejoindre l’eldorado français ou européen.

Les grandes compétitions de football de 2000-2002, coupe d’Europe et coupe du monde seront donc un des puissants fils conducteurs guidant le cheminement du récit.

L’essentiel du roman consiste à faire lucidement la part des choses en Occident et Afrique, à essayer d’ouvrir les yeux aux candidats à l’émigration devant la dureté de la vie en France lorsqu’on est étranger, noir, sans diplôme et sans papier.

Mais les conditions de misère et les risques encourus sont bien souvent considérés comme acceptables dans l’espoir de revenir au pays enrichi et auréolé d’un prestige qu’on s’invente comme le fait l’homme de Barbés qui s’invente un personnage pour jouir d’une certaine aura à son retour au village.

Et même les footballeurs prometteurs peuvent aussi connaitre de terribles désillusions comme Moussa qui échoua en France, revint au pays misérable et finit par se suicider de honte.

Mais Diome ne parle pas que d’émigration et de relations franco-sénégalaises, elle décrit aussi la vie à Niodor avec le poids écrasant des traditions, des clans, des mariages arrangés, de la polygamie et du destin abrutissant des femmes uniquement valorisées dans leur rôle de reproductrices et de maitresse de maison.

Le rôle des marabouts abusant de la crédulité des gens est également évoqué dans un épisode d’agression sexuelle particulièrement traumatisant.

En conclusion, « Le ventre de l’Atlantique » est un roman au style plaisant, riche, amusant et parfois mordant qui le rend agréable à la lecture.

Diome exprime avec subtilité son écartèlement, de son incapacité à retourner vivre en Afrique malgré quelques inévitables moments de nostalgie à la découverte de la froide solitude et de l’individualisme européen.

On comprend mieux le sentiment de culpabilité que peut ressentir l’émigré sénégalais, avec ce devoir de réussir, d’envoyer de l’argent ou de rapporter des cadeaux pour ceux moins chanceux ou moins aventureux restés au pays.

Il permet également de comprendre le fonctionnement d’une société traditionnelle sénégalaise, avec tout le dénuement matériel et  fossé culturel qui la sépare de l’Europe, ce fossé se ressentant surtout dans le rôle des femmes considérablement moins émancipées.

On ressort de sa lecture un peu plus informé sans pour autant être ébranlé dans sa vision du monde ou ses certitudes.

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