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11 juillet 2011 1 11 /07 /juillet /2011 21:25

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4

 

 

Voici dans un registre plus léger et humoristique « Case départ » un film français de Lionel Steketee et écrit par le duo comique Thomas N’Gijol et Fabrice Eboué.

Révélés à la fin des années 2000, par Jamel Debbouze dans son Jamel Comedy Club, les deux hommes se voient ici offrir leurs premiers vrai rôles de cinéma dans cette comédie de 2010 autour d’un thème a priori pas drôle :  l’esclavage des noirs aux antilles.

« Case départ » commence par mettre en lumière deux demi frères que tout oppose.

 

Joël (Thomas N’Gijol ) grand et dégingandé, sort de prison pour un minable vol de sac à main.

Banlieusard, complexé par sa couleur et sa condition sociale modeste, il est en permanence dans la rébellion et dans la culture de l’excuse.

Mais Joël se ment surtout à lui-même et fait figure de looser intégral quand il se fait rouer de coups par sa propre mère excédé par son mauvais comportement dans un bus.

Régis (Fabrice Eboué) est quand à lui parfaitement intégré, peut être même trop.

Chef d’entreprise et conseiller municipal dans le Val de Marne, il a complètement renié ses origines antillaises et se comporte de manière sévère avec les étrangers.

A la faveur du décès de leur père, Régis et Joël vont se retrouver aux Antilles et propulsés en 1780 par une sorcière pour les punir d’avoir déchiré l’acte d’affranchissement de leurs ancêtres.

Le duo des frères ennemis va donc vivre un enfer dans une famille de békés, les Jourdain commandée par le maitre de la plantation de canne à sucre Monsieur Jourdain (Etienne Chicot).

Régis va bénéficier d’un traitement de faveur en étant intégré comme domestique de cuisine tandis que Joël va connaitre la rudesse de la vie dans les champs de canne à sucre ou sévit le vicieux Monsieur Henri (David Salles).

Après la légitime période d’incompréhension et de surprise, les deux frères vont devoir s’entraider pour faire en sorte que leurs ancêtres Isidore (Eriq Ebouaney) et Rosalie (Stefi Celma) se retrouvent pour les concevoir et les faire sortir de ce passé.

En conclusion, construit sur un scénario rachitique « Case départ » repose uniquement sur le talent comique du duo N’Gijol-Eboué.

Les deux compères, complémentaires, l’un en grand couillon de Bourvil black, et l’autre en salopard hypocrite et égoïste, font à vrai dire des étincelles et on rit franchement devant leur pitreries.

Plus intelligent qu’il n’y parait, le film ne prend pas parti et renvoie dos à dos le black rebelle se posant en victime éternelle de la cruauté des blancs et le métisse qui en fait des tonnes pour vouloir à tout prix être plus intégré qu’intégré dans le monde des blancs respectables.
C’est donc un  véritable tour de force que réussissent les trois hommes pour nous faire rire sur un sujet à priori bien miné par les relents nauséabonds des revendications historiques sur fond de communautarisme larvé.

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Published by Seth - dans Humour
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11 juillet 2011 1 11 /07 /juillet /2011 20:25

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2

 

 

Pendant cinq ans, j’ai toujours soutenu et suivi avec ferveur Danko Jones, power trio canadien, effectuant un véritable travaille de fan prosélyte en parvenant à « convertir » au moins quatre personnes de mon entourage à sa musique de rock musclé.

En 2008, le groupe se jugeant sans doute à un carrefour de sa carrière, change légèrement son fusil d’épaule avec le relativement mal nommé « Never too loud ».

Premier élément notable, le batteur Damon Richardson a quitté le navire, remplacé par Dan Cornélius.

Pourtant « Never too loud » et sa pochette hautement sympathique commencent de la plus belle des manières par « Code of the road » grande pièce de rock hard au groove  formidablement emballant.

Après cette introduction estampillée 100% Danko Jones arrive « City Streets » , beaucoup plus policé, même si l’efficacité mélodique est toujours au rendez vous.

C’est surtout le chant de Danko Jones qui apparait adouci et lorgnant vers des rivages plus orientés pop-rock.

Bien que sympathiquement gentillet, « Still in High school » ne contient pas l’intensité habituelle d’un titre des canadiens.

Le virage pop est franchement assumé avec « Take me home » qui est du reste agréable comme un bonbon sucré collant aux dents.

Même sur un de ses sujets de prédilection le sexe, Danko Jones parait sur « Let’s get undressed »  considérablement assagi voir amorti.

Mélodie toujours mais plus convaincante sur « King of magazines » ou le canadien s’essaie par instant de manière plus surprenante et bancale à monter dans les aigus.

L’expérimentation la plus poussée et osée est tentée sur « Forest for the trees » avec une ambiance planante assez incroyable quand on connait le coté pugnace et accrocheur habituel du groupe.

On s’ennuie franchement sur le quelconque « Your tears my smile » et meme « Something better » dans l’absolu tout à fait correct manque au final de punch.

Pop toujours avec « Ravenous » tentative semi réussie de marcher sur les traces de Thin Lizzy, avant un peu convaincant retour terminal au rock trapu sur « Never too loud » .

En conclusion, c’était sans doute écrit mais après quatre albums fantastiques, véritables odes au rock hard instinctif, sensuel et sauvage, Danko Jones change sa guitare d’épaule et régresse nettement.

Dans l’absolu « Never too loud » n’est pas une catastrophe et le chanteur n’est pas ridicule.

La seule difficulté est que son chant mélodique n’est pas à la hauteur de ses idoles que sont Paul Stanley de Kiss et Phil Lynott de Thin Lizzy.

Ce constat n’est pas honteux en soi car les deux hommes sont des références totales dans leur style, Lynott étant meme une légende pour moi.

Difficile donc de s’enthousiasmer pour cet album bien tiède et ce virage pop assez hasardeux ou le voyou dragueur de ces dames tente maladroitement de se travestir en gendre idéal en masquant ses cocards, ses cicatrices et ses tatouages.

Cet album au fort gout de reniement marquera la fin de mon adoration béate pour le groupe canadien pour qui j’ai néanmoins toujours le respect du à ses premières années si vivifiantes.

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Published by Seth - dans Hard Rock
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11 juillet 2011 1 11 /07 /juillet /2011 19:39

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4

 

 

Avec Killswitch engage, groupe américain de hardcore mélodique né à la fin des années 2000, nous avons affaire à une variante très lourde et violente du rock.

Sorti en 2004, « The end of heartache » est l’album qui les fit exploser sur le devant de la scène internationale.

Principaux changements pour ce troisième disque, l’arrivée du chanteur Howard Jones musculeux noir américain aux étonnantes capacités vocales venant remplacer Jesse Leach puis de Justin Foley batteur remplaçant Tom Gomes.

Pour le reste on retrouve Joël Stroetzel et Adam Dutkiewicz aux guitares et Mike d’Antonio à la basse.

Avec sa pochette assez laide, « The end of heartache » débute avec « A bit Farewell » , ou guitares sous accordées et rythmiques à la frontière entre death pugnace et power martial à la Machine head tissent la toile de fond.

Pour le reste, la marque de fabrique du groupe apparait déjà avec cette alternance de chant hurlé à la Phil Anselmo et de superbes passages mélodiques placés principalement sur les refrains.

La même recette est appliquée sur « Take this oath » à la dynamique légèrement plus fluide même si le son ultra massif du groupe fait franchement figure d’attaque de chars d’assauts.

Le chant contrasté de Jones ressort davantage sur « When darkness falls » avec des refrains presque pop contrebalancés par des barrissements de mamouth sur les couplets.

On passe le cran supérieur avec « Rose of sharyn » qui combine la vitesse à la lourdeur pour un résultat proprement dévastateur.

L’instrumental acoustique « Inhale » fait figure de courte armistice avant la reprise des hostilités, constitué par le brutal « Breath life » puis sans nul doute le morceau phare du disque « The end of heartache » aux superbes vocaux aériens ou le temps suspend brièvement son vol avant de rebasculer dans une ambiance de puissance parfaitement dosée.

On revient à du standard mais toujours envoyé comme de fracassants uppercuts au menton avec « Declaration » et le très heurté « World ablaze » .

Nouvelle courte pause instrumentale pour récupérer avec « And embers rise » avant que le feu ne se déchaine à nouveau sur « Wasted sacrifice » aux forts relents de thrash metal supersonique couplés à l’habituelle sauce mélodique du groupe.

L’album se termine sur un ultime missile exocet, « Hope is … » larger than life aux immenses refrains fédérateurs donnant envie de s’engager dans un corps à corps furieux sur un champs de bataille ou dans une mêlée de rugby avec les all blacks ce qui revient à peu prêt à la même chose.

En conclusion, « The end of heartache » est un formidable bloc de granit à la compacité inouïe.

Très intense (sans doute trop pour le commun des mortels), la musique de Killswitch engage sent la sueur, la force et la rage.

Le son du groupe qu’on pourrait qualifier d’extrême en raison de sa violence et du chant ultra agressif de Jones, est assez heureusement aéré par de belles accalmies vocales permettant de ne pas étouffer dans cet océan de destruction.

Bien entendu, j’adore ce mélange de brutalité et de douceur et ai été séduit par la formule proposée même si à dire vrai sa reproduction systématique sur chacun des titres peut s’avérer parfois lassante sur la durée.

Mais mis à part ce léger bémol, « The end of heartache » est une véritable claque de hardcore mélodique à conseiller aux adeptes de Pantera et de Machine head.

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Published by Seth - dans Hardcore
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9 juillet 2011 6 09 /07 /juillet /2011 13:03

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Très difficile de s’attaquer à un monument comme « Never mind the blollocks, here’s the Sex pistols » des Sex pistols tant l’unique disque studio des britanniques suffirait pour beaucoup à lui seul à résumer un mouvement : le punk des années 70.

Beaucoup de choses ont été dites, écrites et filmées sur le mouvement punk en général et sur les Sex Pistols en particulier dont le look provocant, l’attitude nihiliste « destroy » et l’agressivité contre les autorités ont longtemps fasciné.

Le punk dépasse donc le cadre de la musique pour s’inscrire dans un phénomène plus sociologique avec la révolte de la classe ouvrière blanche à la fin des années 70.

Mais plus qu’un look ou une attitude, qu’en est il de la musique après tout ?

Et bien, en 1977 le gang londonien se compose de Johnny Rotten (de son vrai nom Lydon) au chant, Paul Cook à la batterie Steve Jones à la guitare, ce dernier acceptant de céder le poste de bassiste temporairement à Sid Vicious ou Glen Matlock.

« Never mind the bollocks » débute en trombe avec « Holidays in the sun » morceau rapide et nerveux, aux riffs offensifs particulièrement typiques du son punk.

Le chant nasillard et agressif  de Rotten colle bien aux paroles très colériques et désabusées.

La tornade se poursuit avec « Bodies » aiguisé comme une lame de rasoir et doté de  refrains hurlés aussi puissants qu’une brique envoyée par un prolo dans une vitrine d’un magasin chic de Londres.

Moins d’impact sur « No feelings » et « Liar » même si le coeur y est ...

Le premier grand hit qui fit rentrer les Pistols dans l’histoire de la musique survient avec « God save the queen »  porté par des riffs simples et efficaces mais surtout par des refrains provocateurs contre la monarchie anglaise qui firent beaucoup pour la popularité du groupe.

Assez curieusement, le très énergique et plaisant « Problems » sonne presque heavy metal, ce qui rappelle que Alice Cooper a toujours été l’une des influences des anglais.

On oublie très vite le très médiocre « Seventeen » pour faire face au plus grand tube des Pistols « Anarchy in the U.K » symbole à lui seul de toute la pensée punk avec tout ce que cela implique de rébellion et de chaos.

Très jouissif « Anarchy in the U.K » brille par son intensité phénoménale, ses couplets couperets et ses refrains surgonflés.

Les fauves se font ensuite moins sauvages sur « Submission »  plus calme avec son agréable tempo reggae-rock puis sur « Pretty vacant » qui tient néanmoins solidement la route.


Tels des coureurs de 800m ayant tout donné sur le premier tour de piste, les Pistols marquent le pas avec le médiocre « New York » avant un dernier soubresaut en forme de glaviot vengeur à la face de leur ancienne maison de disque EMI « Emi unicité edition ».

En conclusion, bien construit et cohérent, « Never mind the bollocks, here’s the Sex pistols » est un morceau d’histoire et une véritable curiosité musicale.

Parfait pour ceux qui veulent découvrir le véritable son des fondateurs du mouvement punk, cet album est comme pour beaucoup d’objet culte,  surestimé et ne tient son incroyable popularité que grâce à ces deux formidables hits que sont « God save the queen » et « Anarchy in the U.K ».

Pour le reste ? La musique proposée est relativement peu variée, peu mélodique et très linéaire.

Tout se fait  à la lutte, à l’énergie, avec ce chant si particulier à l’accent anglais si prononcé.

Considérés à tort comme un groupe politique, les Sex pistols exercent la fascination du chaos, de la destruction et de certaines pulsions morbides.

Je leur préfère les Ramones, véritable seigneurs du punk-rock aux talents de song-writers plus étendus.

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Published by Seth - dans Punk Rock
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9 juillet 2011 6 09 /07 /juillet /2011 09:43

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Retour vers le film d’aventures avec « Master and commander : de l‘autre coté du monde » de Peter Weir, film doublement oscarisé en 2004.

L’histoire librement inspirée de romans de Patrick O ‘Brian,  se déroule durant les guerre napoléoniennes (1805) ou la bataille entre l’Angleterre et la France se joue également sur les toutes les mers du globe.

Jack Aubrey (Russell Crowe) est le capitaine d’une frégate anglaise puissamment armée, la HMS Surprise.

Alors qu’il navigue prêt des cotes du Brésil, il est pris par surprise par un navire français du nom d’Achéron et son navire manque d’être coulé après une féroce empoignade ou la supériorité française (coque résistante, canons à plus grande portée) est éclatante.

Cette défaite fait l’effet d’un choc pour Aubrey qui n’aura de cesse de traquer son rival pour le vaincre.

Autour de cette quête intime et presque mystique à la Moby Dick, Weir décrit la vie d’un navire de guerre anglais du XIX iéme siècle avec les relations complexes des hommes d’équipages avec le Docteur Stephen Mathurin (Paul Bettany) passionné de sciences naturelles et ami de Aubrey, le lieutenant aspirant  Hollom (Lee Ingleby) qui n’arrive pas à assoir son autorité sur ses hommes qui le persécutent puis le jeune Barett Bonden (Billy Boyd) vaillant malgré ses treize ans et son bras perdu lors de l’assaut de l’Achéron.

La vie en mer est souvent impitoyable, Hollom l’apprend à ses dépens puisqu’accusé selon une vieille superstition de marin de porter le mauvais œil à bord, le jeune homme finit par se suicider.

Quand à Mathurin, il est stupidement blessé lors d’une séance de tire et reçoit une balle dans le ventre.

S’opérant lui-même (!) avec l’aide d’Aubrey, il parvient à avoir la vie sauve.

Pourtant malgré leur respect mutuel, les deux homme s’opposent, Aubrey étant obsédé par sa vocation guerrière, et Mathurin par sa curiosité scientifique.

La traque les amènent jusqu’aux iles Galápagos ou l’Achéron a fait un carnage auprès des navires baleiniers anglais.

Incapable d’aller jusqu’au bout de l’exploration de l’ile en raison des impératifs militaire, Mathurin est une nouvelle fois frustré par Aubrey.

Fin tacticien, Aubrey prépare un plan permettant à la Surprise de prendre en défaut le navire français supérieur techniquement.

Il s’agit de se transformer en navire en détresse pour obliger l’Achéron a s’approcher dangereusement et à ainsi provoquer un abordage.

Le plan fonctionne mais l’assaut n’en est pas moins d’une violence atroce.

Les pertes sont légions des deux cotés mais Aubrey triomphe finalement de son ennemi.

En conclusion, « Master and commander : de l’autre coté du monde » est un film presque d’un autre temps, mettant en avant une aventure maritime superbe se déroulant dans des paysages exotiques à couper le souffle.

Bien sur la beauté des images et la qualité de la reconstitution historique de Peter Weir ne font pas tout.

Outre la qualité des acteurs (Russel Crow impeccable dans son personnage de chef à poigne mais néanmoins humain) mettant en avant les grands idéaux patriotiques de l’époque, l’aspect psychologique est également des plus passionnants, avec le rôle d’un chef dans la gestion des hommes au cours de situations autrement plus délicates que celles auxquelles les managers de notre époque doivent faire face.

La dualité entre mission scientifique et impératifs militaires est également des plus intéressantes.

« Master and commander : de l’autre coté du monde »  est un film de grande classe, qui vous fera rêver au rythme sensuel des grands voiliers voguant gracieusement sur les eaux et vous emportera loin de vos préoccupations quotidiennes.

Un grand et beau film donc à déguster de préférence sur grand écran.

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8 juillet 2011 5 08 /07 /juillet /2011 21:54

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Friedrich Nietzche toujours avec « Ecce homo »  son autobiographie philosophique publiée à titre posthume bien qu’écrite également en 1888, année décidément charnière pour le philosophe allemand.

Arrivé à un point il sent sa fragile santé décliner et ses forces l’abandonner, Nietzsche éprouve le besoin de se livrer tout en continuant à affirmer avec forces ses idées philosophiques.

Se dépeignant comme un immorale renverseur d’idoles, disciple de Dionysos attiré par le vertiges de sommets dans une constante volonté d’élévation pour atteindre le statut de surhomme débarrassé de toutes influences négatives comme la morale ou le christianisme, Nietzsche revient sur ses œuvres principales tout en s’accordant à penser que « Ainsi parlait Zarathoustra » est son chef d’œuvre, l’ouvrage qui changera à jamais la face de l’humanité.

Sur l’aspect plus personnel, le philosophe parle de sa santé précaire, des douleurs physiques que lui a infligé la maladie et des notions de décadence et de guérison qu’elle lui a enseignée.

Frappé en effet de faiblesse héréditaire avec un pére mort à trente ans, Nietzche estime avoir pris son destin en main et entamé tout seul son ascension vers la guérison.

Se jugeant fin psychologue, il estime ne pas connaitre la pitié et le ressentiment et si la guerre philosophique le passionne, ce n’est que contre des ennemis forts à la réputation établie.

Après des considérations sur l’importance de l’alimentation, du climat pour devenir un esprit avisé et égoïste, Nietzsche décrit ses modes de délassement principalement la lecture des pièces de théâtre (Horace, Molière, Racine, Corneille) ,a poésie (Heine, Goethe) , quelques romanciers (Maupassant, Stendhal, Dostoïevski)  et la musique (Wagner, Liszt, Rossini).

Le philosophe revient sur ses grands livres (« Par delà le bien et le mal » , Le «  crépuscule des idoles », « le gai savoir ») et analyse son impact sur ses lecteurs, qui du reste comprirent souvent mal son oeuvre combattant tout idéalisme pour remettre au premier plan l’humain.

Il détaille ses subites bouffées d’inspiration, la douleur qu’il éprouva après écrit « Ainsi parlait Zarathoustra » , l’estimant comme un tribut nécessaire à payer pour avoir accouché d’une œuvre immortelle.

La fin de l’œuvre constitue une féroce attaque contre ses compatriotes allemands qu’il tient décidément en piètre estime les estimant coupable de la plus grande décadence européenne depuis l’âge doré de la Renaissance en raison de leur nationalisme, de leur idéalisme, de leur manque de capacité d’auto critique, de profondeur et de leurs vertus chrétiennes.

C’est pour moi à cette occasion la première fois que Nietzsche critique l’antisémitisme du Reich ce qui ne laisse aucun doute quand à un éventuel lien de parenté de sa pensée avec l’idéologie nazi.

Enfin, Nietzsche termine en se demandant avec de forts doutes si son but a été atteint, si il a servi de révélateur contre le mensonge du christianisme afin de libérer l’humanité de l’oppression de la morale chrétienne pour arriver vers le dépassement dionysiaque tant espéré.

En conclusion, j’ai moins aimé « Ecce homo » que les précédents ouvrages de Nietzche.

Il ne contient pas le style flamboyant de « Ainsi parlait Zarathoustra » ni la brillante clarté structurelle du « Crépuscule des idoles ».

Malgré sa construction hétérogène, l’ouvrage est néanmoins intéressant par les clés partielles qu’il livre pour mieux comprendre le cheminement intérieur du philosophe et toutes les difficultés d’ordre privé qui forgèrent son incroyable détermination.

Ainsi la philosophie de Nietzsche bâtie pour les forts, les jouisseurs et les dominants trouve un écho étonnant dans l’état de grande faiblesse physique dans lequel il passa une bonne partie de sa vie.

On peut aussi imaginer que n’ayant plus rien à perdre, Nietzsche se lança dans une guerre philosophique kamikaze contre la toute puissance du christianisme et du nationalisme allemand.

Ce coté « David contre Goliath » avec un combat finalement perdu car trop en rupture avec les attentes de peuples faibles aimant à vivre dans la servitude réconfortante d’une religion ou d’une morale, me rend l’entreprise de ce fou génial éminemment sympathique même si cet égo démesuré peut par instant agacer.

On ne sent pas à vrai dire beaucoup de joie et d’apaisement dans un personnage féru d’élitisme et en perpétuelle lutte contre la médiocrité des autres.

Je ne suis pas sur non plus que la philosophie de Nietzsche complexe, atypique et à contre courant ait touché le grand public ce qui la rend unique, exotique et par endroit bouleversante.

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8 juillet 2011 5 08 /07 /juillet /2011 20:10

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4

 

 

Suite logique de « Ainsi parlait Zarathoustra » , Le « crépuscule des idoles » est publié par Friedrich Nietzsche en 1888.

Cet ouvrage conséquent divisé en onze partie de tailles et formes hétérogènes a l’avantage de se présenter sous une forme plus classique que l’elliptique « Ainsi parlait Zarathoustra ».

Les mauvaises langues diront que ce que Nietzsche gagne en clarté il le perd en style mais j’estime que la clarté est tout même une qualité essentielle pour un philosophe.

Nietzsche n’a pourtant pas changé sa conception de guerre philosophique et « Le crépuscule des idoles » consiste majoritairement dans le renversement des principaux systèmes qui l’ont précédés et qu’il juge responsable de la décadence de l’humanité.

Au premier range de ceux-ci on trouve le système Socratique, que Nietzsche condamne pour avoir érigé la sagesse en valeur première au mépris des forces vitales de l’homme et de fait d’avoir nivelé l’humanité par le bas.

Nietzsche poursuit sa critique contre les philosophes grecs avec leur recherches des causes et des effets qui a aboutit invariablement à la recherche d’une cause première supérieure principe premier ordonnateur de toutes choses voir d’un monde parfait irréel et complètement fabulé.

Seul l’obscur Héraclite et ses théorie du mouvement permanent, du devenir et du monde apparent seul existant trouve grâce à ses yeux.

Puis vient logiquement la critique de la morale qu’elle soit chrétienne ou philosophique, jugée responsable d’actes contre nature à l’encontre des passions humaines.

Pour le philosophe, ces philosophies rationaliste ou religions moralistes n’ont que des fonctions de calmant psychologique pour l’homme désireux de se raccrocher à quelque chose.

La faux libre arbitre qui lui est gracieusement accordé n’est en réalité destiné qu’à mieux le châtier de ses erreurs ou de ses péchés.

L’homme ainsi contrôlé et amputé, perd ses instincts et entre dans la décadence.

S’ensuit une vive critique contre les Allemands et leur système éducatif abêtissant que Nietzsche semble mépriser à quelques exceptions prêts (Wagner, Goethe, Heine, Hegel, Schopenhauer).

Le philosophe fait preuve d’une rare méchanceté à l’encontre d’auteurs pourtant réputés comme Kant, Rousseau, Hugo, Zola, Dante ou Sand.

Au regard des vertus chrétiennes et moralistes, de la liberté et de la démocratie, Nietzsche érige la volonté de puissance, les passions, la force et  l’égoïsme de l’homme comme puissant moteur de sa nature profonde.

Son système démocratique et anti socialiste car profondément inégalitaire favorise les forts, les génies, les hommes d’exception, ceux qui brisent les règles avec audace, renversent les obstacles pour pleinement se réaliser et vivre leur vie comme Jules César ou Napoléon.

A ce titre le criminel est largement excusé voir encouragé.

Nietzsche rend tout de même hommage à certains anciens, quelques français (Fontenelle) , les grecs Thucydide et Horace trouvent grâce à ses yeux.

Il termine en comparant sa philosophie à une œuvre Dionysiaque ou l’homme surpasse ses inhibitions pour se réaliser totalement dans une ode à la vie éternelle exaltant ses désirs (puissance, domination, sexualité …).

En conclusion, Le « crépuscule des idoles » est une œuvre d’une puissance inouïe.

Plus accessible que les délires souvent mystiques de « Ainsi parlait Zarathoustra » elle pose de manière claire et virulente la philosophie du maitre allemand.

On est frappé par l’énergie de Nietzsche pour produire cette philosophie iconoclaste et dangereuse qu’il imagine briser à coups de marteaux les symboles religieux ou philosophiques du passé.

Même si je n’adhère pas à ses idées subversives, préférant la voie du milieu des philosophes grecs, je n’ai pu m’empêcher d’admirer le coté brillant, décalé et rebelle de cet homme unique à l’égo et l’intelligence démesurés.

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5 juillet 2011 2 05 /07 /juillet /2011 21:52

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1

 

 

Vous l’avez sans doute compris en lisant mes critiques plutôt sévères à l’encontre d’Ac/Dc période Brian Johnson,  je ne goute pas spécialement ce groupe de boogie-hard-and-roll qui remplit des stades entiers à grands coups de tournées à grand spectacle.

Toujours est il que malgré ces réticences, Ac/Dc est toujours la après trente ans de carrière et ceci en tant que dinosaures du rock force le respect.

Huit longues années après « Stiff upper lip » , les australiens qu’on pensait rangés des voitures a plus de soixante ans remettent le couvert avec un « Black ice » à la pochette sobre et aux volumineux quinze titres.

« Rock’n roll train » ouvre le bal, on est loin des rythmes survoltés de l’autoroute de l’enfer mais sur un mid tempo très chaleureux et au groove extrêmement sympathique.

L’insipide « Skies on fire » passe comme un spectre vite chassé par un « Big jack » aux gros refrains ronflants comme un vieux moteur de pickup fatigué.

Etonnamment « Anything goes » sort des sentiers battus par son aspect plus doux et par le chant de Johnson plus mesuré que d’habitude.

Un peu de testostérone et de punch surgit enfin avec « War machine » aux refrains plus incisifs mais l’embellie est de courte durée et tout s’écroule brutalement avec « Smash N grab » qui fait plutôt office de tapette à mouche que de presse hydraulique.

L’auditeur se prend presque à y croire avec « Spoilin for a fight » un peu plus appuyé mais « Wheels » manque de vitesse, « Décibels » est un blues quelconque, « Stormy may day » un blues franchement insupportable de nullité.

Ac/Dc en pilotage automatique balance sans trop y croire « She likes rock and roll » usé jusqu’à la corde, puis « Money made » d’une lenteur atroce.

On aimerait aimer le plus émouvant « Rock n roll dream »  mais le poussif « Rocking all the way » et même le bien terne « Black ice » n’apporte franchement rien.

En conclusion, malgré ses très bonnes critiques dans une presse trop respectueuse et complaisante pour toute la légende que représente Ac/Dc, « Black ice » est un album long, sans intérêt et complètement insipide.

Privés d’inspirations, de punch, Ac/Dc se recycle en mode petit braquet.

Je laisse les fans à leur adoration béate, mais il y a pour moi beaucoup de groupes plus petits, plus intéressants et moins surestimés que le Ac/Dc de la fin années 2000.

Il serait je pense sage pour ces musiciens vieillissants de songer à la retraite.

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Published by Seth - dans Hard Rock
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4 juillet 2011 1 04 /07 /juillet /2011 20:11

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Comme dit dans la chronique précédente, le hard rock bourrin d’Ac/Dc prit une sévère claque dans les années 80 et le groupe de kangourous moribonds ne redressa vraiment la barre qu’avec le puissant « The Razor’s edge ».

Cinq après ce joli sursaut et un double live copieux assez remarquable, les australiens gonflés à bloc revinrent s’offrir une deuxième jeunesse inattendue avec « Ballbreaker » qui marqua le retour du batteur historique du groupe Phil Ruud absent depuis prêt de douze ans.

Autant j’ai été sévère sur la couverture de « Flick of the switch » autant celle de « Ballbreaker » se montre superbe tout avec cet artwork de comic book emprunté à Marvel.

C’est donc nanti d’un véritable optimisme qu’on s’attelle à « Hard as a rock » , grand tube de hard rock, aux riffs de guitare assez géniaux portant un morceau juste assez bien calibré pour cartonner sur les radios du monde entier.

Le clip, sorte de pastiche des péplums des années 60, fut également remarquable.

Malheureusement on déchante assez vite avec le lent, mou et informe « Cover you in oïl ».

Comme des vieux boxeurs se reprenant après un mauvais coup ayant troué leur garde, les vétérans se reprennent sur le plus cinglant « Furor »  avec un Brian Johnson grondant comme un vieux lion.

La facette blues du groupe est appelée avec « Boogie man » dont  le style trop statique me laisse complètement indifférent.

Ac/Dc ne fait pas mieux sur le très faible « The honey roll » qui ne fait pas de mal à une mouche, puis se ressaisit fugacement sur  le plus mordant « Burnin’ alive » ou « Hail Caesar » dont les solides refrains sauvent de la noyade.

Horriblement mauvais sont « Love bomb » et « Caught with you pants down » aussi excitants que des quinquagénaires bedonnants parlant de sexe.

La version poivrot « Whiskey on the rocks » est toute aussi navrante et cet album naufrage se clôt sur un « Ballbreaker » tendant bien tardivement de redonner un souffle plus hard à cet ensemble bien flaccide.

En conclusion, « Ballbreaker » et son titre lourdingue (casse-couilles) porte bien son nom.

Malgré le succès considérable qu’il reçut, ce disque montre pour moi un groupe vieillissant, en panne d’inspiration et d’énergie.

Mou, lent et pénible, « Ballbreaker » ne parvient à faire illusion que par de pales éclipses (comme le titre introductif « Hard as a rock »).

Un album bien dispensable à mes yeux donc.

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Published by Seth - dans Hard Rock
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4 juillet 2011 1 04 /07 /juillet /2011 18:58

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En 1983, Ac/Dc atteint désormais sa pleine vitesse de croisière avec son nouveau chanteur Brian Johnson qui est déjà présent sur son troisième album en trois ans.

Sort alors le peu connu « Flick of the switch » à la pochette au minimaliste assez scandaleux pour un groupe decette envergure.

« Flick of the switch » débute avec « Rising power » qui déroule un mid tempo lourd au groove efficace.

On poursuit sur cette bonne impression avec « This house is on fire » fusion idéale de hard et de blues dans un tourbillon de haute énergie en condensation.

Ac/Dc garde le cap et continue a envoyer la sauce sur « Flick of the switch », avec un Brian Johnson dosant parfaitement son chant tout en puissance et en hurlements.

Le groupe semble reprendre son souffle sur le plus placide « Nervous shakedown » avant de produire une brutale accélération sur « Landside » et « Guns for hire » aux refrains cinglants.

Passé ce court moment de démonstration de puissance, Ac/Dc retrouve son rythme de croisière sur « Deep in the hole » puis sur le massif  « Bedlam in belgium » au groove façon bulldozer proprement irrésistible.

La petite passade blues « Badlands » introduit le rush terminal « Brain shake » véritable bombe hard vicieuse et méchante en diable.

En conclusion, « Flick of the switch » est en réalité une bonne surprise et un album assez injustement mésestimé dont aucun titre ne passa à la postérité.

Il manque certes d’originalité et demeure trop linéaire mais ces défauts se retrouvent quasi systématiquement dans la musique des australiens.

Avec son hard rock, direct, nerveux et accrocheur, « Flick of the Switch » n’a pourtant pas à rougir de la comparaison avec les standards du genre et mérite à mon sens plus de respect que le relatif anonymat qu’il subit depuis plusieurs années.

Seule explication sans doute, le début des années 80 voit le développement du heavy métal anglais de haut vol à la Priest/Maiden et l’émergence d’un nouveau style, le thrash metal américain.

Pris de vitesse par cette nouvelle vague, Ac/Dc et son hard rock daté vont alors connaitre la décennie la plus noire de leur existence, ce qui n'empeche pas ce disque d'etre dans l'absolu de bonne facture.

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