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18 juin 2011 6 18 /06 /juin /2011 15:18

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3

 

J’ai déjà évoqué à de nombreuses reprises les performances étonnantes de Tim « Ripper » Owens, ex chanteur amateur américain devenu en l’espace de quelques années une pointure du heavy metal moderne après ses courts mais remarqués passages au sein de Judas priest puis de Iced earth.

En 2006, Owens sent que sa collaboration avec Jon Schaffer bat de l’aile et que ses jours au sein d’Iced earth sont comptés.

Il décide alors de tenter de voler de ses propres ailes en fondant son propre groupe Beyond fear et sort un premier album du même nom avec une pochette disons le au graphisme franchement hideux.

Composé de John Comprix et de Dwane Bihary aux guitares, de Dennis Hayes à la basse puis de Eric Elkins à la batterie, Beyond fear pratique un heavy metal costaud et sans fioriture.

Le groupe débute en trombe avec « Scream machine » rapide, violent  basé sur des riffs puissants et un chant haut perché agressif évoquant du Judas priest énervé.

Après cette entrée matière efficace, on rétrograde brutalement de la cinquième à la seconde vitesse avec « And .. You will die » , titre lent et ultra massif jouant sur une atmosphère sinistre et menaçante.

Les tempos médians sont mis à l’honneur avec « Save me » qui ne décolle réellement que grâce aux ahurissantes envolées vocales du chanteur sur les refrains.

Manquant de relief, « The human race » a du mal à canaliser sa puissance,  ce que parvient à faire le très accrocheur « Coming at you » aux refrains fédérateurs taillés pour la scène.

Après ce déluge de bombes heavy vient « Dreams come true » une ballade sympathique mais manquant d’envergure.

Beyond fear se ressaisit sur « Telling lies » meilleur morceau de l’album, combinant heavy enlevé avec de superbes variations mélodiques qui permettent au chanteur de donner toute l’étendue de ses talents.

Jusqu’alors tout à fait honorable, le niveau chute brutalement sur le franchement médiocre et peu inspiré « I don’t need this » et l’a peine plus relevé « Words of wisdom » dont la puissance de feu ne parvient pas à faire oublier la platitude.

Tim et sa clique reprennent un peu de poil de la bête avec « My last words » mid tempo plus convainquant puis avec le plus aérien « Your time has come » osant (enfin !) un intéressant break mélodique.

Le final « The faith » bien qu’anecdotique est sympathique dans la mesure ou le chanteur se livre de manière la plus personnelle sur ses convictions en tant qu'artiste.

En conclusion, vous l‘aurez compris « Beyond fear » est un bon album de heavy metal viril et puissant mais pas assez original ou inspiré pour marquer les esprits et permettre à Tim Owens de prendre un nouveau départ en solo.

Le chanteur place toujours sa voix impressionnante, si puissante et aigue par instants mais intéressante aussi dans les modulations plus graves ou mélodiques mais la qualité des compositions ne lui permet pas de briller au plus haut.

Owens reste donc scotché au sol et patine comme une Ferrari contrainte de rouler en seconde avec quelques pointes en troisième sans parvenir à décrocher la quatrième vitesse.

A réserver donc aux fans du bonhomme même si tout ceci reste très loin de son travail avec Iced earth et à des années lumières de celui avec Judas priest.

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Published by Seth - dans Heavy Metal
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16 juin 2011 4 16 /06 /juin /2011 22:40

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2

 

 

Cinéma asiatique avec « Old boy » du coréen Park Chan Wook, grand prix du festival de Cannes 2004.

« Old boy » est bâti sur une histoire de cinglé interdite au moins de 16 ans, l’enlèvement d’un monsieur tout le monde, Oh Dae Soo (Choi min sik) qui va passer quinze ans de sa vie dans la solitude la plus complète d’une petite chambre ou son unique lien avec le monde extérieur sera outre ses repas quotidien, une télévision ou il apprendra qu’il est le principal suspect du meurtre de sa femme et que sa fille unique a été placée chez des parents adoptifs.

Difficile dans un tel contexte de conserver un tant soit peu d’équilibre mental et Oh Dae Soo, après une légitime phase de questionnement sur les motivations de ses ravisseurs, va s’enfermer dans une sorte de routine ou il va développer sa force physique et endurcir son corps et s’astreindre à de longs exercices d’écriture sur sa vie.

Régulièrement drogué, Oh Dae Soo trouve néanmoins les ressources pour creuser le mur de sa chambre et ainsi rêver d’une très hypothétique évasion.

Un jour pourtant il est libéré aussi de façon aussi mystérieuse que son enlèvement.

Passablement déboussolé il erre au hasard et finit par gagner la sympathie d’une jeune serveuse appelée Mi-do (Kang Hye-Jeong) qui n’hésite pas à le ramener chez lui.

Bien entendu Oh Dae Soo et Mi-do finissent par se rapprocher et à faire l’amour ensemble.

Puis Oh Dae Soo est contacté par ses mystérieux adversaires et cherche alors à remonter le fil pour se venger d’eux.

Se méfiant de Mi-do après un tchat suspect, il mène alors son enquête, remontant patiemment la piste jusqu’à son geôlier Mr Han (Kim Byeong-Ok) qu’il torture cruellement à coups de marteau, lui arrachant les dents une par une.

Han finit par lui livrer des cassettes audio pour en savoir plus puis sombre dans l’inconscience.

Au retour, Oh Dae Soo affronte une vingtaine d’hommes de main armés de bâtons et de couteaux.

Mettant à profit ses années de surentrainement il fait face armé d’un seul marteau dans une scène de travelling hallucinante.

Oh Dae Soo défait ses ennemis et parvient à s’échapper mais reçoit un coup de couteau dans le dos.

Soigné par Han qui détient Mi-do en otage, il finit par trouver le commanditaire, Lee Won Jin (Yoo Ji Tae) un jeune homme mystérieux qui joue cruellement avec ses nerfs.

Oh Dae Soo remonte alors dans son passé et trouve un lien avec ses années de collège à Evergreen.

Entre deux scènes de tortures particulièrement éprouvantes, Oh Dae Soo parvient par petites touches successives à reconstituer ses souvenirs, notamment le fait qu’il ait assisté à Evergreen aux ébats incestueux de Lee Won Jin et de sa sœur Lee Soo Ah (Yoon Jin Seo) .

N’ayant pas pu tenir sa langue, Oh Dae Soo a attiré la honte sur la sœur enceinte de son frère qui n’a eu d’autre solution que de se suicider sous les yeux de son jeune frère amant.

Oh Dae Soo comprend qu’il n’a donc fait que subir la vengeance haineuse de Lee Won Jin.

Celui lui révèle alors une machination encore plus complexe en lui expliquant que Mi Do est en réalité sa propre fille et qu’il a exercé sur eux une hypnose afin d’effacer leurs souvenirs et de les faire coucher ensemble.

Le choc est si rude que Oh Da Soo se tranche la langue en échange de la vie sauve pour sa fille… et fait acte de soumission devant Lee Won Jin.

Celui-ci ayant perdu à présent tout sens à sa vie, n’a plus d’autre solution que de suicider.

En conclusion, « Old boy » est réellement un film de fou furieux avec pour thème central la vengeance comme le plus puissant moteur de l’existence, vengeance qui habite aussi bien le héros que son adversaire.

Bien entendu le scenario est inventif, très pervers et presque à la limite trop complexe.

Le principal reproche que je ferais au film est sa violence extrême, qui le rend par instant insoutenable avec des scènes de torture à faire passer « Marathon man » pour un divertissement pour enfants.

Malgré un acteur principal formidable, une certaine virtuosité de réalisation aussi bien dans la création d’ambiances que dans des scènes d’actions plus marquantes que celles de n’importe quel film d’art martiaux,  Park Chan Wook  pêche donc pour moi par une complexification trop poussée et par une violence malsaine proprement écœurante.

Et dernier reproche, la question fondamentale que tout le monde se pose « Comment survivrais je à quinze ans d’enfermement absolu ? » est faussée par l’administration d’anti dépresseurs permettant au prisonnier de ne pas sombrer dans la folie autodestructrice la plus totale.

L’adhésion massive des critiques pour ce film repoussant les tabous a de quoi laisser perplexe voir franchement déranger.

A mon sens sans Tarantino dans la jury du festival cette année la, « Old boy » n’aurait sans doute pas eu ni prix ni tout ce succès.

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Published by Seth - dans Psychologie
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13 juin 2011 1 13 /06 /juin /2011 21:32

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2

 

Vu par hasard un dimanche soir de désœuvrement en cet été 2011, « London boulevard » de William Monahan d’après un roman policier de Ken Bruen.

L’histoire est on ne peut plus classique, Mitchell (Colin Farrell) un truand anglais sort de prison après cinq ans, et dans une tentative pour changer de vie se fait embaucher comme garde du corps d’une célèbre actrice londonienne Charlotte (Keira Knightley) harcelée par les paparazzi depuis son divorce récent.

Mais Mitchell est rattrapé par ses anciens acolytes de la pègre, comme son son ami Billy (Ben Chaplin) minable homme de main travaillant pour le puissant parrain Rob Gant (Ray Winstone).

Séduit par le cran de Mitchell qui n’a pas évité une rixe avec cinq noirs musulmans d’un gang rival, Grant lui propose de monter en grade dans la hiérarchie du crime.

Pour s’assurer de sa fidélité, il le rend témoin d’une exécution.

Mais Mitchell temporise puis tient tête au parrain, s’accrochant au fragile espoir de sa nouvelle vie.

Bien entendu il se rapproche sa patronne et a une liaison avec elle.

Gant perd patience et devient menaçant avec Mitchell.

Les morts pleuvent, que ce soit Billy ou sa propre sœur toxicomane.

Mitchell réagit en gangster et reçoit l’aide inattendu du manager de Charlotte, Jordan (David Thewlis) qui lui prête main forte dans sa lutte contre le parrain.

Mitchell parviendra-t-il à se défaire de l’emprise de la mafia et à rejoindre Charlotte dans une nouvelle vie à Los Angeles ?

En conclusion, malgré un air de déjà vu tant les films sur les gangsters sont légions, « London boulevard » est un film noir mineur mais sympathique.

Aidé par une ambiance british, une bande son rock très vintage (The Rolling Stones, Jefferson airplane ) et par le charisme de Colin Farrell magnifique en truand en quête de rédemption, le film parvient à pallier à un scénario rachitique et à faire passer d’agréables moments.

On appréciera également la fin, évoquant « L’impasse »  de Brian de Palma mais si tout cela demeure peu original et insuffisant pour passer la barre d’un honnête divertissement.

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Published by Seth - dans Policier
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13 juin 2011 1 13 /06 /juin /2011 20:18

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4

 

 

Après avoir sorti un album exceptionnel par sa dimension historique en 2004 avec « The glorious burden » avec un nouveau chanteur le talentueux Tim Owens , Iced earth se trouve atteint d’un certain syndrome de folie des grandeurs et décide de sortir un double concept album dont la première partie « Framing Armageddon, something wicked part 1 » voit le jour en 2007.

Retour cette fois ci à l’esthétique pseudo Maidenienne si hideuse du groupe sur la pochette et omniprésence de Jon Schaffer qui remplace son batteur par Brent Smedley et assure seul toutes les parties de guitares et basse de ce disque.

Après une courte introduction mélodieuse, on retrouve très vite le son tranchant de la guitare de Schaffer sur « Something wicked part 1 » titre étrange patinant un peu sur place avant de prendre son envol sur les grandes harmonies vocales sublimées par Owens.

Après deux autres transitions d’une minute chacune dont une brillamment chanté par Owens(« The motivation of man » ) sur fond de cris de foules, on aborde « Setian massacre »  heavy metal, rapide, intense à l’ambiance apocalyptique très prenante.

Changement d’orientation avec « A charge to keep » superbe power ballade aux refrains agrémentés de chœurs puissants absolument irrésistibles.

Puis la douce et subtile transition « Reflections » introduit par contraste le très violent « Ten thousand strong » aux rythmiques thrasisantes rentre dedans dopées par un  chant suraigu à la Judas priest.

Malgré son dynamisme, je n’ai pas trouvé ce titre trop téléphoné très réussi.

On est en revanche encore surpris par la transition cette fois ci ethnique (« Execution ») qui vient lancer « Order the rose » inexorable mid tempo que le chant de Ripper rend divin sur les superbes envolées des refrains.

Après une transition cette fois science fiction (« Cataclysm ») , Iced earth s’aventure sur le terrain du rock progressif avec « The clouding » morceau planant puis plus dur de plus de neuf minutes à la Pink Floyd.

La rage revient  fugacement avec « Infiltrate and assimilate » qui patauge de manière désordonnée et pompeuse.

Pas grand-chose à signaler sur « Retribution through ashes », mid tempo bien exécuté sans relief particulier.

Nouvelle interlude ethnique façon tam-tam (« Something wicked part 2 ») avant l’orientalisant et baroque « Domino decree »  aux démentes envolées vocales d’Owens.

La violence désordonnée de « Framing Armageddon » le rend pénible, tandis que la classe du duo Schaffer/Owens resurgit pleinement sur le majestueux « When stars collide » truffé de chœurs magnifiques.


La fin du disque avec  « The awakening » est véritablement étonnante avec des chants arabes aériens aux vertus apaisantes.

En conclusion, on peut reprocher beaucoup de choses à « Framing Armageddon, something wicked part 1 » : son coté boursouflé, sa longueur excessive, son fourre tout musical lui conférant un coté indigeste et peu accessible.

Mais quand on fait abstraction de ces défauts certains, on découvre une œuvre puissante, audacieuse, doté de quelques merveilles musicales.

Délaissant son power heavy musclé sans fioriture mais un peu lassant sur la durée, Iced earth se montre ici plus varié et convainquant dans les mid tempo aériens et symphoniques.

Il est vrai que Ripper Owens est ici encore une fois ahurissant dans ses performances vocales et s’affirme comme l’une des plus grandes voix contemporaines de ce style de musique.

Pourtant, le tyran Jon Schaffer jugera que l’aventure n’a que trop duré et s’empressera un an après de réembaucher le chanteur originel Matthew Barlow et de virer un Owens pourtant irréprochable dans ses prestations.

La fin donc sur cet album riche, ambitieux et difficile d’une courte mais néanmoins belle aventure entre les deux hommes donc.

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13 juin 2011 1 13 /06 /juin /2011 19:16

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5

 

 

La musique toujours avec un groupe plutôt mystérieux malgré le fort succès commercial qu’il rencontra à la fin des années 80, The sisters of mercy.

En seulement deux albums majeurs, Floodland et Vision thing, ce groupe de rock gothique anglais acquit un statut définitivement culte.

Sorti en 1993, «  A slight case of overbombing » est un copieux best of de la carrière du groupe mené d’une main de fer par le chanteur gourou Andrew Eldritch qui fit bien souvent un cavalier seul s’acoquinant brièvement avec quelques musiciens comme Craig Adams, Patricia Morrison, Tony James (basse) , Gary Marx, Wayne Hussey, Andreas Bruhn, Tim Bricheno (guitares) le temps d'un album.

La compilation débute en douceur avec « Under the gun » superbe duo mélancolique avec Terri Nunn du groupe Berlin avant de poursuivre avec « Temple of love » dont la version orientale de 1992 avec la chanteuse israélienne Ofra Haza, fut assurément le plus grand tube des sœurs.

S‘étirant sur plus de huit minutes très rythmées, « Temple of love » réussit un mélange divin des sonorités froides et puissantes des anglais avec la chaleur, la sensualité et la grâce aérienne de la musique orientale.

D’un approche plus traditionnelle mais néanmoins efficace, « Vision thing » déploie le coté rigide et mécanique des sisters of mercy avec cette infernale boite à rythme appelée Doktor Avalanche au son onmiprésent sur lequel se pose la voix rauque d’Eldritch.

On ne peut pas dire non plus que le répétitif et lisse « Detonation boulevard » marque franchement les esprits.

Rythme rapide, claviers très eighties et chœurs féminins viennent soutenir favorablement « Doctor jeep » avant que ne déboulent les immense tubes issus de « Floodland ».

Le premier d’entre eux, le solide « More » assène un tempo intense,  obsédant puis des refrains grandioses avec cette alliance entre la voix puissante et sensuelle de Eldritch et de superbes chœurs féminins.

Arrive ensuite « Lucretia my reflection » sombre, puissant et tourmenté avec ce beat de batterie robotique qui vous gifle le visage en permanence et ses gigantesques refrains qui vous emportent au bout du monde.

La formule est encore améliorée avec l‘hypnotique « Dominion/Russia » truffé de saxophone et de chœurs au souffle épique irrésistible.

Le clip tourné à Petra en Jordanie avec des cavaliers arabes et des temples sculptés dans la roche est également un must incontournable pour qui aime le dépaysement.

Le feu d’artifice ne faiblit pas sur le monstrueux « This corrosion » sans nul doute ma chanson préférée de ces corbeaux de bonheur car développant sur plus de dix minutes une ambiance surpuissante quasi religieuse extrêmement impressionnante.

Plus rock et moins grandiloquent, « No time to cry » est néanmoins prenant par son coté sombre et mélodique.

La puissance des Sisters of Mercy est toujours belle et bien présente sur « Walk away » doté de refrains incroyables dignes des meilleurs hits de dark new wave.

Le best of se termine avec « Body and soul » titre atmosphérique très éthéré plusieurs crans en dessous des perles le précédant.

En conclusion, «  A slight case of overbombing »  est un excellent best of mettant très bien en evidence le niveau ahurissant des compositions des Sisters of Mercy.

Si on veut résumer, dans la carriére du groupe, « Floodland » se détache nettement des autres disques et pourrait à lui seul constituer un best of.

L’interet de cette compilation est de donner la part belle à cet album phare mais également de ne pas oublier les autres fantastiques hits comme « Temple of love » ou « Walk away » .

En comparaison de ces immenses chef d‘œuvres, les titres de « Vision thing » paraissent presque plus quelconques.

«  A slight case of overbombing »  est donc pour moi incontournable pour tout amateur de rock gothique et de new wave sensible à cette incroyable combinaison de puissance et de mélodie réalisée par les Sisters of Mercy (pour la musique).

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13 juin 2011 1 13 /06 /juin /2011 17:21

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3

 

 

Passage dans la littérature étrangère avec « Le ventre de l’Atlantique » de l’écrivain franco sénégalaise Fatou Diome.

Publié en 2003, ce court roman majoritairement autobiographique raconte les aventures de Sallie une jeune sénégalaise exilée à Strasbourg après un mariage ratée avec un Français.

Originaire de Niodor, une petite ile pauvre du Sénégal ne vivant que de la pêche, Sallie a toujours été en marge, fille illégitime sans père et désireuse d’apprendre très tôt le français auprès de son professeur Ndétare qui lui a fait découvrir les grands auteurs français et donné le gout des lettres.

Vivant en France relativement confortablement, Sallie a gardé des racines à Niodor et notamment son demi frère Madické, fou de football et en particulier du footballeur italien Paolo Maldini qui symbolise pour lui la réussite éclatante en Europe.

A ses yeux, Madické représente bien la fascination aveugle d’une jeunesse sénégalaise prête à prendre tous les risques pour rejoindre l’eldorado français ou européen.

Les grandes compétitions de football de 2000-2002, coupe d’Europe et coupe du monde seront donc un des puissants fils conducteurs guidant le cheminement du récit.

L’essentiel du roman consiste à faire lucidement la part des choses en Occident et Afrique, à essayer d’ouvrir les yeux aux candidats à l’émigration devant la dureté de la vie en France lorsqu’on est étranger, noir, sans diplôme et sans papier.

Mais les conditions de misère et les risques encourus sont bien souvent considérés comme acceptables dans l’espoir de revenir au pays enrichi et auréolé d’un prestige qu’on s’invente comme le fait l’homme de Barbés qui s’invente un personnage pour jouir d’une certaine aura à son retour au village.

Et même les footballeurs prometteurs peuvent aussi connaitre de terribles désillusions comme Moussa qui échoua en France, revint au pays misérable et finit par se suicider de honte.

Mais Diome ne parle pas que d’émigration et de relations franco-sénégalaises, elle décrit aussi la vie à Niodor avec le poids écrasant des traditions, des clans, des mariages arrangés, de la polygamie et du destin abrutissant des femmes uniquement valorisées dans leur rôle de reproductrices et de maitresse de maison.

Le rôle des marabouts abusant de la crédulité des gens est également évoqué dans un épisode d’agression sexuelle particulièrement traumatisant.

En conclusion, « Le ventre de l’Atlantique » est un roman au style plaisant, riche, amusant et parfois mordant qui le rend agréable à la lecture.

Diome exprime avec subtilité son écartèlement, de son incapacité à retourner vivre en Afrique malgré quelques inévitables moments de nostalgie à la découverte de la froide solitude et de l’individualisme européen.

On comprend mieux le sentiment de culpabilité que peut ressentir l’émigré sénégalais, avec ce devoir de réussir, d’envoyer de l’argent ou de rapporter des cadeaux pour ceux moins chanceux ou moins aventureux restés au pays.

Il permet également de comprendre le fonctionnement d’une société traditionnelle sénégalaise, avec tout le dénuement matériel et  fossé culturel qui la sépare de l’Europe, ce fossé se ressentant surtout dans le rôle des femmes considérablement moins émancipées.

On ressort de sa lecture un peu plus informé sans pour autant être ébranlé dans sa vision du monde ou ses certitudes.

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10 juin 2011 5 10 /06 /juin /2011 22:08

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3

 

 

Après « L’immeuble Yacoubian » , le best seller de Alaa El Aswany chroniqué ici même, je me devais de boucler la boucle en voyant et chroniquant le film de Marwan Hamed sorti en 2006.

Bien entendu le film est fidèle au livre et a l’immense mérite de mettre des visages, des formes et des couleurs à un récit certes passionnant mais difficile parfois à imaginer pour quelqu’un qui n’a jamais mis les pieds au Caire.

Le principe de la multiplicité des personnages vivant au milieu des années 90 dans un bel immeuble colonial du Caire est ici repris avec une bonne représentation des strates de la société égyptienne même si les classes aisées sont tout de même très mises à l’honneur.

Ainsi, le pacha Zaki El Dessouki (Adel Imam), vieil homme politique solitaire déclinant physiquement, tente pathétiquement de se raccrocher à sa jeunesse en écumant les bars à la recherche de jeunes femmes et tel un vieux lion isolé se retrouve attaqué de toute part, que ce soit par sa sœur une abominable harpie ou le tailleur Malak (Ahmed Bedeir) qui convoitent tous les deux son spacieux appartement et sa fortune.

Dans le monde des élites, on suit également Haj Azzam (Nour El Sherif) député ambitieux contraint de sombrer dans la corruption lorsqu’il se lance dans le monde des affaires avec l’importation de voitures japonaises en Egypte.

Sans scrupule jusque dans sa vie privée, Azzam aura également une deuxième épouse clandestine Soad (Somaya El Kashab) qu’il répudiera après l’avoir forcée à avorter.

Le journaliste Hatem Rachid (Khaled El Sawi) vient compléter ce tableau des mœurs avec une intéressante exposition de la vie d’un homosexuel aisé qui achète par son argent les services d’un jeune soldat issue d’un milieu paysan modeste.

Dans le monde plus modeste des pauvres vivant dans des cabanes sur les toits des immeubles vient la jeune et belle Bothayana  (Hend Sabri) qui va de galères en galères à la recherche d’un emploi de vendeuse sans être trop déshonorée par ses patrons concupiscents.

Elle est fréquente le jeune Taha (Mohamed Iman) qui cherche à intégrer l’école de police mais dont l’échec en raison de son origine modeste le fera glisser lentement mais surement dans les griffes du terrorisme islamique.

Les histoires ne se mélangent pas nécessairement, seule Bothayana et Zaki se croisent puisque la jeune femme entre au service du vieux politicien.

Renonçant à rouler le vieil homme, Bothayana sera séduite par son érudition, sa gentillesses, ses mœurs à l’occidentale et finira par l’épouser.

En conclusion, bien que moins prenante que le livre, la version cinématographique de « L’immeuble Yacoubian » est néanmoins une œuvre forte au contenu social magnifié par la qualité des acteurs capable d’incarner des personnages à la fois représentatifs de la société égyptienne mais aussi marginaux dans la mesure ou il paraissent tous plutôt émancipés et maitres de leurs destins.

Les femmes surtout dans le film apparaissent très libérées pour un pays certes non fondamentaliste mais ou les traditions de l’Islam ont bien entendu encore du poids.

C’est donc à une vision à plutôt moderne de la société égyptienne qu’on assiste au final sans que l’on sache dans quelle mesure elle correspond à la réalité.

De manière assez amusante, quelques clins d’œil sont fait à la culture française avec le fantasme de Paris et l’indécrottable cliché des chansons d’Edith Piaf présents sans nul doute dans le monde entier.

Les principaux reproches qu’on pourrait faire au film de Hamed sont une trop grande longueur et un manque de rythme qui font qu’on trouve parfois le temps long.

Le message corrosif qu’il véhicule et la grande fresque de destinées de personnages n’en demeurent pas moins bels et bien présents.

A la lumière de la révolution égyptienne du printemps 2011 aboutissant à la chute d’Hosni Moubarak, le message social véhiculé par le film prend une toute autre dimension et donne quelques clés pour essayer de comprendre quel sera le devenir de ce pays complexe tiraillé entre influences européenne et arabe.

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10 juin 2011 5 10 /06 /juin /2011 21:03

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2

 

 

Toujours curieux et féru de découvertes un peu à contre courant, je me suis plongé dans « Demons » le sixième album des Spiritual beggars sorti en 2005.

Fer de lance du mouvement Stoner rock initié au début des années 90, Spiritual beggars est un groupe suédois qui était en 2005 composé de cinq membres, le guitariste Michael Amott, le batteur Ludwig Witt à la batterie,  le bassiste Sharlee D’angelo, le claviériste Per Wilberg et le chanteur Jane Christofferson présent depuis 2002.

Connu pour ses pochette psychédélique généralement superbes, Spiritual beggars continue dans cette voie avec celle de « Demons » évoquant un masque démoniaque qu’on pourrait imaginer d’origine asiatique.

Après « Inner strength » courte introduction donnant le ton de l’album avec un son de guitare épais, lourd mais chaleureux, l’album débute vraiment avec « Throwing your life away » mid tempo hard pesant et sans surprise.

La ressemblance avec le groupe The cult me saute immédiatement aux yeux, d’autant plus que la voix de Christofferson ressemble fortement à celle de Ian Astbury.

La formule est reproduite avec « Salt in your wounds » avec toutefois une dynamique plus rapide et des riffs bien plus offensifs.

Une forte atmosphère des années 70 suinte par tous les pores de « One man army » qui passe bien tout en énergie fluide avant que l’apaisante ballade « Through the halls » ne révèle une facette plus mélodique du groupe.

Les morceaux s’enchainent, le haché « Treading water » sans relief apparent, « Dying everyday » qui parvient à insuffler plus d’émotion par la voix de Christofferson puis le plus lent « Born to die » et son extension au piano avec l’impression d’un groupe évoluant en mode pilotage automatique.

Retour au son graisseux sur « In my blood »  avec un chant dans un registre plus extrême et menaçant, sans que le résultat ne soit véritablement enthousiasmant.

Spiritual beggars continue à s’engluer dans sa mélasse sur le pénible « Elusive »  et on se demande pourquoi le groupe n’aère pas plus sa musique à l’image du « Sleeping with an eye open » plus léger ou de l’envoutant « No one heard » au son de clavier somptueux qui vient clôturer le disque.

En conclusion, ce n’est certainement pas avec « Demons » que je vais devenir un fan de Spiritual beggars.

« Demons »  possède certes un style immédiatement assimilable au Stoner avec ce hard rock des années 70 inventé par Black sabbath, lourd, lent et ses ambiances psychédéliques mais demeure pour moi trop monolithique et avec des compositions sans réelle inventivité.

Alors certes les riffs sont efficaces, l’énergie belle et bien présente, le chant d’un bon niveau quoi que trop similaire pour moi à celui de Ian Astbury de The cult mais il manque pour moi à « Demons » un supplément d’âme et d’inspiration pour séduire ou simplement étonner.

Un album réservé aux fans inconditionnels de ce style de musique qui feront je pense plus preuve d’indulgence que votre serviteur.

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Published by Seth - dans Stoner
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8 juin 2011 3 08 /06 /juin /2011 22:52

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3

 

 

Attention les yeux et les oreilles !

Sortie en 2005 « Crypt 1996-2002 » est une compilation des deux premiers albums du groupe français Punish yourself, composés de frappa dingues au look de zombies à demi nus peinturlurés de bandes fluorescentes.

Porteur d’un message provocateur et nihiliste dopé par un visuel très fort, Punish yourself fait donc dans le choc et le hors limite.

La musique pratiquée par ces joyeux drilles est grosso modo du métal industriel avec une forte composante technoïde et punk.

Composé d’un effectif très mouvant et augmenté lors des prestations scéniques, Punish yourself a pour chanteur VX69, à la batterie X.av, aux guitares P.RLOX, Miss Z

Sorti en 1998, « Feuer tanz system »  est le premier méfait de cyber commando.

Ouvrant ce bal des mutants, « Dispossesed » envoie un metal indus peu original à la production cheap et brute de décoffrage.

De gros riffs métalliques féroces couplés aux bruitages électroniques dopent le son de « Flower » .

Cette formule est reconduite sur « Air tribe » dont le chant rageur et les refrains puissants rajoutent à la violence.

Le coté robotique est mis en avant sur « I like it » qui développe un infernal beat techno relayé par d’offensives guitares artilleuses.

L’orage se calme légèrement avec « Eye sex dance » plus lancinant.

La machine connait quelques ratés sur le bizarroïde, distordu et brouillon « Nothingness station » avant de replonger dans son ambiance de speed industriel déjanté avec « Death by water ».

L’album se termine sur le très Mansonien « Slow motion demonstrate » qui tient plus d’un rêve au gout de lendemain de défonce que d’une douce ballade intimiste.

Peu de choses à dire sur les bonus, qui sont surtout des titres live instrumentaux ou des démos relativement peu intéressantes.

Le second album « Disco flesh warp 69 » sorti en 2001 débute par une introduction tout aussi sympathique qu‘inutile « radio jazz 99 » suivi du très punchy « (Let’s build ) a station in space » aux bruitages de station orbitale intercalés à la furia techno-métal du groupe.

On sent les compostions plus travaillées avec un impact purement destructeur, comme ce « Sexy » aussi efficace que le meilleur de Nine Inch Nails.

Le monde aseptisé de la télévision se fait tabasser en règle à coups de masse sur le férocement punk « Suck my tv ».

C’est l’apocalypse, un déluge de bombes crachées par d‘impitoyables bombardiers, la terre éventrée, mise à feu et à sang par d’innombrables armées de machines ivres de destruction et de mort …

Voix rauque et sombres incantations mystico sataniques peuplent ensuite « Blast off Siddhârta junkie » terrifiant à souhait.

Toujours aussi sauvage, « No one to talk with » « Night of the hunter » vous explosent dans les jambes comme un cocktail Molotov balancé dans les chenilles d’un tank.

Fort logiquement le thème de l’holocauste nucléaire est abordé avec « Atomic alarm broadcast » qui pousse à un paroxysme à peine supportable bruitages techno et chant punk hurlé.

Difficile de se ressaisir sous cette avalanche non stop de coup aux plexus, on chancelle, ébranlé par les impacts successifs de ces marteaux pilons pneumatiques commandés par une unité centrale déglinguée.

Un bref moment de repos vient avec le poisseux « Enter me now » pourtant glauque à souhait avant que la puissance brute absolue ne viennent nous clouer au sol sur l’hallucinant « Criminal » alternant refrains au napalm et relatives accalmies toutes en ambiances électroniques.

A l’étrangeté de « Old brother left hand » succède le martelement incessant de « Night club » qui atteint une nouvelle fois le seuil maximum de tolérance à la violence sonore qu’on peut infliger à un etre humain.

De la meme maniére on passera sur les inédits live et remix figurant en bonus destiné à promouvoir les qualités de trafiqueurs de son et de performeurs scéniques du groupe.

En conclusion, comme on aurait pu se douter « Crypt 1996-2002 »  est une compilation dense difficile à digérer au premier abord tant la musique de Punish yourself est violente.

« Fueur tanz system » est relativement peu interessant pour moi, sa production est moyenne et les morceaux ne sortent pas d’un métal industriel trop balisé par des leaders comme Ministry.

En revanche « Disco flesh : warp 69 » voit une très nette progression du groupe dans le développement de morceaux redoutables mêlant intimement metal super lourd et techno agressive.

Alors certes la formule s’avère sans doute bien répétitive et éreintante sur toute une écoute mais il est objectivement difficile de rester insensible à une musique aussi typée utilisée à la maniére d’une arme.
Inutile de chercher donc quelconque approche mélodique ou organique, tout n’est ici que rage, révolte et énergie poussées parfois au maximum du supportable.

Punish yourself ne séduira jamais le grand public et sera destiné à rester un groupe de marginaux undergroud mais sa musique hors normes et passionnée mérite à elle seule le respect.

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8 juin 2011 3 08 /06 /juin /2011 20:42

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« Sandman, tome 4 : éviction » poursuit logiquement la saga crée par Neil Gaiman en 1996 puis publiée en 1999.

Cette fois ce sont Michael Zulli et Mike Dringenberg qui remplacent Sam Kieth aux dessins.

Le premier épisode ressemble fortement à un conte dans lequel Hob Gadling, un paysan anglais du moyen âge, passe un marché avec le marchand de sable Dream pour lui demander chaque cent ans de ne pas mourir.

Dream accepte et les deux hommes se revoient au fil des siècles, finissant même par devenir amis.

La suite est nettement moins sympathique avec la tenue d’un hallucinant congrès de tueurs en série ou se trouve par hasard une jeune fille nommée Rose Walker à la recherche de son frère Jed.

Guidée par Gilbert un mystérieux inconnu, Rose reçoit l’aide de Dream qui vient l’empêcher d’être assassinée par l’un d’entre eux.

Dream tue le Corinthien, le plus féroce des tueurs en série de la convention et oblige les autres tueurs à avoir conscience de l’insignifiance de leurs actes ce qui castre leur volonté de toute puissance.

Dans le dernier épisode, Dream découvre que Rose Walker est en réalité un vortex qui perturbe le monde des rêves et menace de le détruire.

La seule solution pour résoudre le problème est de tuer Rose.

Dream la transporte dans le monde onirique pour lui expliquer la situation et l’unique issue à celle-ci forcément fatale pour elle.

Mais l’intervention inopinée de la grand mère de Rose permet de renverser la situation, celle dernière désirant que sa petite fille lui transmette une pierre source du ses phénomènes de vortex pour se sacrifier à sa place.

Libérée par Dream, Rose peut ainsi revenir apaisée dans le monde réel.

En conclusion, « Sandman, tome 4 : éviction » s’écarte encore plus loin des schémas classiques des comics books pour à l’exception de l’épisode particulièrement éprouvant des tueurs en série, lorgner vers le conte.

Le résultat est certes original mais déroute et manque quelque peu d’action et de concret pour pleinement captiver.

Le style graphique des Dringenberg et Zulli, étouffant de noirceur contribue à rendre l’œuvre difficile à ingurgiter.

Ce quatrième tome ne m’a donc pas séduit.

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