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10 août 2011 3 10 /08 /août /2011 19:29

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5

 

 

J’ai toujours trouvé que la psychanalyse était un domaine aussi fascinant qu’effrayant, aussi est-ce avec un mélange d’excitation et d’inquiétude que j’ai découvert Sigmund Freud avec « Sur le rêve ».

Ecrite en 1900 soit il y a plus d’un siècle, « Sur le rêve » est une version allégée et sensée plus accessible de la  volumineuse  « interprétation des rêves » parue peu avant.

Le célèbre psychiatre autrichien y développe ses idées sur l’analyse des rêves en les illustrant de quelques exemples soit issus de sa vie personnelle, soit de son expérience de praticien.

Il sépare les rêves des enfants facilement interprétables car non refoulés de ceux des adultes plus complexes qu’ils soient cohérents ou incohérents centrés sur un désir refoulé.

Dans les rêves des adultes, plusieurs phénomènes opèrent simultanément comme la condensation qui agrège différents éléments latents de l’inconscient pour produire le contenu manifeste du rêve conscient ou chacun de ces éléments se trouve mêlé aux autres pour produire la toile d’ensemble.

Le phénomène de déplacement modifie la place des composants du rêve pour en atténuer ou en augmenter facticement l’importance.

La transformation opère par des procédés complexes généralement très symboliques.

Puis enfin le phénomène de traitement donne un ordre apparent au rêve constitué pour en masquer la signification réelle.

Freud décrit la raison d’être de ces phénomène par la notion centrale de refoulement qui censure à l’état de veille tous nos inavouables désirs majoritairement érotiques car jugés profondément inconvenant par les règles de la civilisation.

Relégués dans notre inconscient, ces désirs refoulés profitent de l’état de sommeil pour s’exprimer par l’intermédiaire des rêves.

Mais la censure bien que partiellement relâchée, veille à masquer le sens de ces désirs dont l’existence est par trop dérangeante.

Le travail du psychiatre consiste alors à dénouer les fils des pensées enchevêtrées, à remettre les choses à leur place et à décrypter les symboles ou les transformations venant brouiller les cartes.

Freud complète son analyse par l’affirmation de l’influence de stimulus extérieurs comme un événement récent marquant jouant le rôle de déclencheurs, de celle de l’enfance puis enfin de dispositifs de protection internes servant alternativement à protéger le sommeil du rêveur ou à le réveiller en cas d’angoisse trop importante.

En conclusion, même  si un siècle après les théories de Freud sont aujourd’hui logiquement critiquées, j’ai trouvé « Sur le rêve » une fois décrypté le jargon du psychiatre globalement passionnant.

L’approche de Freud se distingue par la négation du coté surnaturel des rêves apparue dès l'Antiquité, de leur connexion avec le monde de l’au-delà, de leur capacité à prédire le futur mais aussi de l’approche matérialiste ne voyant qu’un simple travail des organes et n’attribuant aucune valeur à ces phénomènes incompréhensibles.

Il introduit une théorie basé sur le refoulement de nos désirs profonds nés de l’enfance et de nos pulsions sexuelles.

Pour autant le livre ne dit pas pourquoi nous éprouvons ce besoin physiologique, Est-ce parce que le stockage de ses désirs enfouis dans notre inconscient nous rendrait au final fou ?  L’esprit trouvant alors un compromis acceptable en les évacuant partiellement dans cet espace réservé ou nul dommage physique ou moral n’est à craindre ?

Beaucoup de questions levées donc sur un domaine que les scientifiques n’ont sans doute pas fini d’explorer.


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Published by Seth - dans Psychologie
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9 août 2011 2 09 /08 /août /2011 22:09

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La lecture récente de la biographie de Marlon Brando m’a assurément donné envie de redécouvrir la filmographie de cet immense acteur.

Alors pourquoi ne pas commencer par le film qui lui donna son premier oscar, « Sur les quais » de son mentor Elia Kazan en 1954 ?

Réalisé en noir en blanc, « Sur les quais » décrit le monde des dockers de New York dans les années 50, un monde dur, masculin mais surtout gangrené par le chef mafieux Johnny Friendly (Lee J Cobb) qui impose ses règles, détourne des marchandises et déclenche des grèves pour faire pression sur les armateurs pris à la gorge.

Terry Malloy (Marlon Brando) , ex boxeur prometteur ayant arrêté sa carrière prématurément pour tomber sous la coupe de Friendly est impliqué dans le meurtre de Doyle, un docker qui s’apprêtait à dénoncer le mafieux à la police.

De plus, son propre frère Charley (Rod Steiger) est un avocat véreux travaillant pour le mafieux.

Ebranlé par la gravité de son acte, Terry est rongé par un sentiment de culpabilité qui se manifeste par un rapprochement avec la sœur du défunt  la belle Edie Doyle (Eva Marie Saint) qui suit des études d’institutrice pour tenter d’échapper à la pauvreté et à la violence du monde des dockers.

Un trouble jeu de séduction va s’instaurer entre eux et Edie va peu à peu ouvrir les yeux de Terry sur la mauvaise voie qu’il a choisie.

Terry est également influencé par le père Barry (Karl Malden) qui pousse les dockers à dénoncer le système mafieux de Friendly à la police.

Mais Friendly est prêt à tout et n’hésite pas à user de violence pour éliminer les candidats au témoignage comme le costaud et courageux Dugan (Pat Henning).

Cité à comparaitre par la police pour le meurtre de Doyle, Terry accepte de se rendre à la convocation malgré les pressions du gang de Friendly.

Charley tente de dissuader son frère de témoigner pour lui éviter d’être assassiné mais devant son refus de plier, il ne trouve pas le courage de le livrer aux tueurs de Friendly, acte qu’il parait de sa vie.

Ivre de rage, Terry prend une arme et décide d’éliminer lui-même Friendly mais Barry le dissuade in extremis, lui intimant d’user de la voix légale.

Après la comparution, Friendly furieux fait mettre Terry au banc des dockers et le prive de travail.

Terry s’en prend alors physiquement au mafieux devant des dockers pétrifiés qui laissent ses gardes du corps frapper durement le rebelle.

Puis touchés par le courage du jeune homme, ils prennent alors la décision de ne reprendre le travail qu’une fois Terry réintégré.

Le film s’achève sur la foule des dockers bousculant un Friendly impuissant pour suivre un Terry ensanglanté reprenant le chemin du travail.

En conclusion, « Sur les quais »  est un film magnifique, dur, viril mais passionnant sur un monde relativement méconnu et à vrai dire plutôt effrayant.

Le coté « travailleur manuel américain » rappelle par instant le monde décrit par Huber Shelby JR  dans « Last exit to Brooklyn » la défonce en moins.

Marlon Brando alors au zénith de sa beauté et de sa prestance est bien entendu magnifique en petite frappe en quête de rédemption, devenant une sorte d’élu osant prendre tous les risques pour briser la corruption du système.

Sa relation amoureuse avec Eva Marie Saint est complexe, trouble et sensuelle mais à vrai dire tous les acteurs sont formidables de charisme en particulier Karl Malden en prêtre humaniste et Lee J Cobb en chef mafieux aussi séduisant que brutal.

« Sur les quais » vous prend aux tripes dès sa première scène, le jeu des acteurs fait ensuite le reste pour vous emporter dans un univers puissant ou les émotions sont magnifiées.

Elia Kazan transcende son sujet pour révéler la beauté de l’humanité se terrant sous le verni de la bassesse, de la lâcheté et de la médiocrité.

Un grand et beau film qui vous donne envie d’aimer le cinéma.

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8 août 2011 1 08 /08 /août /2011 21:21

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2

 

 

En 1969, The Who tentent avec « Tommy » l’audacieux pari de produire un opéra rock autour d’un concept album narrant les aventures d’un jeune homme sourd muet, maltraité par ses parents, qui devient champion de flipper puis une sorte de gourou destiné  à soigner l’humanité de ses fautes.

Si on est pas obligé d’adhérer au concept de cette histoire tortueuse faisant office de paraboles aux soucis de communication du guitariste Pete Townshend, on peut considérer avec intérêt les vingt cinq pistes qui composent cette œuvre ambitieuse et à l'époque passablement novatrice.

La longue « Ouverture » quasi instrumentale lance l’annonce « It’s a boy » ou se dégage une ambiance épique (présence de chœurs, chant haut perché mélodique de Roger Daltrey).

On a toujours l’impression d’être dans une introduction avec le calme et raffiné « 1921 ».

Rien ne décolle pourtant avec le lent « Amazing journey » et l’instrumental « Sparks »  ennuyeux au possible.

On dresse un sourcil sur la mélodie de « Eyesight to the blind » (The hawker) qui ne parvient cependant pas à accrocher.

Ensuit l’album s’éveille enfin légèrement, « Christmas » contient un gimmick plutôt astucieux, « Cousin Kevin » de belles harmonies vocales et « Acid queen » enfin le potentiel d’un titre fort.

Vient ensuite « Underture » trop long morceau instrumental de prêt de dix minutes.

Après ce morceau copieux, le format des titres se raccourcit avec les courts interludes « Do you think It’s alright ? » , « Fiddle about » à la mélodie accrocheuse puis « Pinball wizard » sans nul doute le meilleur titre du disque car construit sur une dynamique et des riffs très rock.

« Go to the Mirror ! » alterne passage relativement rapides et doucereux puis les chœurs soutenant une mélodie plaisante sont à nouveaux à l’honneur sur le court « Tommy can you hear me ? » avant qu’un aspect plus blues se ressente sur l‘irritant « Smash the mirror ».

Le très éthéré et soft « Sensation » précède « Sally Simpson » au groove très rythm and blues avant que n’arrive le titre les plus connu du disque « I’m free » véritable hit aux refrains immédiatement accrocheurs.

On passe ensuite de l’atmosphère alambiqué et apaisante « Welcome » à celle de cartoon de « Tommy’s Holiday’s camp » pour aboutir à un « We’re not gonna take it » bien gentillet compte tenu de son contenu rebelle.

L’album se termine enfin sur le très planant « See me feel me/Listinening to you » .

En conclusion, construit autour d‘un concept original et ambitieux, « Tommy » n’est globalement au final pas le disque pompeux et insupportable auquel on aurait pu s’attendre, les Who conservant une certaine sobriété dans leurs compositions.

Le principal reproche que je pourrais lui faire est son manque d’ampleur, d’énergie, d’emphase ce qui est rédhibitoire pour un opéra.

Trop raffiné voir par moments précieux, « Tommy » ne vous emporte pas, il vous berce gentiment et le rock sauvage parait ici bien loin.

La voix de Daltrey est superbe, une des plus belles du rock mais il manque ici quelques tempos plus dynamiques et quelques riffs plus trapus pour insuffler un peu de folie à tout cela.

« Tommy » est donc pour moi un bel objet, intello, élégant et maniéré qui comporte trois titres réellement marquants et rien de plus ou de moins.

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5 août 2011 5 05 /08 /août /2011 21:58

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Le succès de la trilogie des westerns de Sergio Léone au début des années 70 donna naissance à toute une flopée de films très fortement inspirés de l’œuvre du maitre italien.

Réalisée par Gianfranco Parolini sous le pseudonyme américain de Franck Kramer, la trilogie des « Sabata » s’étale sur trois ans entre 1969 et 1971.

Westerns de seconde zone, les « Sabata » ne présentent d’intérêt que par la présence de leurs acteurs principaux, Lee Van Cleef et  Yul Brynner.

Réalisé en 1971, « Le retour de Sabata » clôt la trilogie avec le retour de Lee Van Cleef qui reprend sa place laissée à Brynner le temps d’un intérim de luxe.

C’est un Van Cleef vieillissant qui interprète Sabata ex major de la Guerre de Sécession venu récupérer de l’argent que lui doit son ex lieutenant Clyde (Reiner Schone) devenu tenancier d’une maison de jeu dans la ville d'Hobsonville.

Après quelques tensions une fois que Sabata ait tenté de récupérer son argent en trichant dans le tripot de Clyde, les deux hommes se réconcilient temporairement, Sabata parvenant même à se rallier les deux gardes du corps de Clyde, des acrobates aux capacités étonnantes qui lui serviront d’anges gardiens durant tout le film.

Charmeur, il gagne aussi les faveurs de Maggie (Annabella Incontrera), une belle prostituée du saloon. .

Mais Sabata s’aperçoit que la ville est sous la coupe du puissant Joe Mc Intok (Giampiero Albertini) dit l’Irlandais, qui rackette les habitants en usant de la menace d’hommes armés.

Sabata refuse de plier et un bras de fer s’engage alors avec Mc Intok dont les gorilles sont régulièrement mis en déroute.

Il gagne alors la sympathie de l’annonceur public Bronco (Ignacio Spalla), sosie barbu et bedonnant de Bud Spencer qui n’hésite pas lui aussi à délaisser Mc Intok.

S’étant mis en tête de dépouiller Mc Intok de tout l’argent qu’il a volé, Sabata et Clyde s’allient mais découvrent que l’Irlandais est en réalité un faux monnayeur.

Après de nombreuses péripéties culminant avec un classique règlement de compte au pistolet, Clyde et Sabata parviennent à mettre la main sur le véritable trésor de l’Irlandais, d’authentiques pièces d’or cachés dans la cheminée.

Le film se termine sur une note humoristique, Sabata déjouant les stratagèmes de son allié pour lui extorquer l’or et se remboursant lui-même.

En conclusion, construit sur un scénario bâclé et fumeux, « Le retour de Sabata » est un film largement parodique jouant sur des situations comiques et des répliques volontairement débiles tombant souvent à coté.

Homme en noir utilisant des minuscules pistolets dissimulés dans des endroits invraisemblables, Van Cleef est fidèle à lui-même, dur, droit et fier, en revanche son partenaire Schone bien que doté d’un physique de play boy dégingandé est plus irritant que convainquant.

Les bagarres sont mollassonnes et trop téléphonées (saloon, ville) quand aux deux acrobates, leur tours sont le plus souvent involontairement ridicules.

Point positif, la musique de Marcello Giombini, délire ba(rock) aux paroles franchement hilarantes.

Un film bien médiocre donc, que seule la présence du charismatique Van Cleef sauve de la noyade absolue.

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4 août 2011 4 04 /08 /août /2011 21:43

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Publié en 1924, « Bêtes, hommes et dieux » de Ferdynand Ossendowski est l’archétype même du roman d’aventures avec paysages somptueux, rencontres inopinées et grand sentiment d’évasion à ceci prêt que ces histoires sont ici enrobées dans contexte politique dramatique : la guerre civile qui déchira l’empire russe après la révolution bolchévique de 1920.

Ingénieur polonais chimiste de formation et prospecteur en Mandchourie pour l‘industrie minière russe, Ossendowski partisan du tsar et donc menacé de mort par les rafles communistes, est contraint pour survivre en 1920 de quitter la Sibérie.

Il va mettre a profit sa remarquable connaissance de cette vaste région du globe pour entamer un fou périple d’une année qui l’emmènera de la Sibérie à la Mongolie en passant par le Tibet.

En chemin, Ossendowski trouve des alliés de fortune, russes tsaristes, mongoles ou kirghiz ou tartares coalisés contre les troupes communistes qu’elles soient russes ou chinoises.

Outre l’aspect survie dans l’environnement hostile dans les terribles forets sibériennes,  les immenses fleuves gelés à la glace traitresse ou dans le désert de Gobi, l’homme va devoir jouer de ruse et de diplomatie pour ne pas tomber entre les griffes des espions rouges (comme Kanine et Gorokoff) tout en se méfiant des bandes de dangereux voyous versatiles (hounghoutzes chinois) rodant dans ces immenses régions désertiques.

Mais l’aspect le plus remarquable du récit est sans nul doute la découvertes des différentes cultures mongoles (soyottes, kalmouk) mais aussi tibétaines avec toute la complexe hiérarchie des prêtres lamaïstes.

Ossendowski décrit longuement les coutumes de ses peuples, leurs histoires et leurs croyances qu’elles soient bouddhistes ou chamanistes.

Le lecteur découvre donc un monde empli de merveilleux, de légendes et de magie et la croyance en un Roi du Monde régnant de manière sous terraine sur le monde, étant même supérieur au Dalai Lama, au Tashi Lama et du Bogdo Khan, principaux dirigeants bouddhistes.

Du coté de l’affrontement militaire blanc-rouge, les commandants tsaristes sont le colonel Kazangradi et le baron Ungern von Sternberg.

Mais la situation est en réalité beaucoup plus complexe avec des fortes dissensions entre les troupes blanches et un conflit dans le conflit entre chinois et mongoles.

Au cours des multiples péripéties générées par ces luttes imbriquées apparaissent des être sortant de l’ordinaire comme le lama vengeur et sorcier Touchegoun Lama héros des troupes mongoles ou le baron Ungern von Sternberg, descendant des templiers et corsaires autrichiens, illuminé sanguinaire désireux de fonder un état bouddhique en Russie.

De plus l’ombre exceptionnelle de Gengis Khan, plus grand conquérant de tous les temps et personnage héroïque de l’histoire de la Mongolie plane sur les traces de l’aventurier polonais.

En conclusion, classique indémodable du roman d’aventure  « Bêtes, hommes et dieux » a eu le mérité de m’instruire sur une époque (l’aspect oriental de la guerre civile russe) et une région du monde dont j’ignorais presque tout.

Malgré toute sa richesse, l’ouvrage est parfois difficile à décrypter en raison de la complexité des situations et des termes employés car pour l’essentiel issus des  cultures mongole et tibétaine.

Expérience humaine à la limite du vraisemblable, « Bêtes, hommes et dieux » se déguste comme un rêve exotique et lointain ou les bolchéviques ont le mauvais rôle, celui d’une irrépressible marée rouge prenant impitoyablement en tenaille les poches de résistances tsaristes.

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2 août 2011 2 02 /08 /août /2011 19:42

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Sujet beaucoup moins plaisant a priori avec « La liste de Schindler » de Steven Spielberg.

Le cinéaste tout auréolé du colossal succès de « Jurassic Park » en 1993, réalise la même année ce film adapté d'un livre de Tom Keneally sur le sujet délicat de la Shoah.

Basé sur l’histoire (vraie) d’Oskar Schindler (Liam Neeson), industriel allemand qui sauva 1200 juifs des camps de la mort en Pologne, « La liste de Schindler » montre tout d’abord ce héros de la seconde guerre mondial comme un individu sans scrupule, prêt à profiter de la situation de pogrom contre les juifs parqués dans le ghetto de  Cracovie pour utiliser leur main d’œuvre bon marché pour ses usines de production d’émail.

Pour gagner la confiance des juifs, Schindler embauche comme comptable Itzhak Stern (Ben Kingsley) dignitaire du ghetto, afin de recruter les travailleurs qualifiés dit « essentiels » pour la production des usines allemandes.

Le film présente donc tout d’abord un arriviste, doté d’une belle prestance, membre du parti SS, fréquentant le gratin des militaires dans des soirées mondaines pour faire fructifier ses intérêts.

Puis la répression à l’encontre des juifs s’intensifie, le ghetto de Cracovie est vidé avec une brutalité inouïe et les juifs sont parqués dans un camps de travail dirigé par l’infâme capitaine Amon Goth (Ralph Fiennes) présenté comme un individu instable, dérangé, capable d’une grande cruauté et de tuer les prisonniers pour son bon plaisir sans ressentir la moindre émotion.

Subitement privé de ses ouvriers et choqué par la brutalité de la mise à sac du ghetto, Schindler va peu à peu infléchir son point de vue et proposer à Goeth de faire réimplanter son usine dans le camps afin d’essayer de protéger ses ouvriers en corrompant le capitaine avide d’alcool, de femmes et d’argent.

Même si Schindler est convoqué par la Gestapo après avoir embrassé une juive lors de sa soirée d’anniversaire, l’industriel manœuvre bien et parvient en graissant la pattes des officiers nazis à entretenir ses affaires.

Lors de la décision de déporter dans le camps d’extermination d’ Auschwitz les travailleurs afin de faire de la place, Schindler va prendre des risques considérables pour rapatrier ses 1200 ouvriers dans un camps-usine sous son contrôle.

Au moment ou il est ruiné et ou l’armée s’aperçoit que la production de son usine est inutilisable, Schindler est sauvé par l’annonce de la défaite de l’armée allemande.

Bien que à présent traqué, il donne avant de partir la liberté à ses ouvriers.

La fin du film assez émouvante, montre le pèlerinage des acteurs accompagnés des véritables personnage de cette histoire, sur la tombe de Schindler à Jérusalem.

En conclusion, « La liste de Schindler » et ses presque trois heures est un gros pavé lourd à digérer.

Peu de joie ou de légèreté dans ce film en noir et blanc reproduisant fidèlement les pénibles conditions de (sur)vie des juifs polonais de l’époque.

Certaines sont bien entendu difficilement soutenables, comme les tueries arbitraires de Goth ou les abominables séances de tri des prisonniers aux corps dénudés et squelettiques réduits à la condition de bêtes.

Seule la scène des chambres à gaz nous est assez miraculeusement épargnée.

On se demande toujours avec incrédulité comme des êtres humains peuvent faire des choses pareilles à d’autres êtres humains mais l’histoire contemporaine a montré que l’être humain avait assez peu progressé en la matière.

Bien entendu les acteurs sont épatants, en particulier Liam Neeson, monstrueux de charisme dans le plus grand rôle de sa carrière mais aussi Fiennes terrifiant de sadisme.

Spielberg a voulu son film comme puissamment éducatif, le résultat est atteint même si on en ressort finalement assez ébranlé et assez mal dans sa peau par la pénibilité du contexte.

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2 août 2011 2 02 /08 /août /2011 19:04

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Trois ans après un premier album fort convaincant, un Wolfmother totalement remanié remet le couvert en 2009 avec le très attendu « Cosmic egg » à la pochette ovoïde qui plaira aux amateurs de science fiction.

Privé de son bassiste et de son batteur, Andrew Stockdale remanie complètement son groupe, embauche Ian Perez (basse/claviers) et Dave Atkins (batterie) puis se renforce d’un autre guitariste Aidan Nemeth pour le seconder.

Ce bel œuf cosmique débute de la meilleure manière avec « California queen » titre vif et accrocheur parsemé de belles cassures rythmiques évoquant la pesanteur du rock lourd des années 70.

Cette mise en bouche est suivie de « New moon rising » , véritable merveille de rock énergique, intense et lumineux doté d’un groove phénoménal.

Moins marquant est « White Feather » car oscillant entre pop et rock plus soutenu.

On revient à une inspiration plus Sabbathienne avec tintement de cloches à la Stooges sur le redoutable « Sundial » avant de basculer sur la douce et belle ballade « In the morning ».

Le hard des années 70 est magnifié sur le stratosphérique « 10 000 feet » .

On côtoie aussi la cours des grands sur « Cosmic egg » avec ses rythmiques irrésistibles et ses vocalises incandescentes.

Wolfmother aligne une deuxième ballade, « Far away » un peu trop pop sucrée à mon gout avant de rejouer la carte rock 70’s sur le mélodique « Pilgrim » agrémenté de clochettes.

Sur « In the castle » le groupe reprend de la vitesse, réenclenche sa presse à groove et se fait de nouveau irrésistible.

Le clavier de Perez est à l’honneur sur le biscornu « Phoenix » avant le final en forme de superbe ballade éthérée « Violence of the sun ».

En conclusion, un peu moins monolithique et débridé que le premier album qui était un véritable catalogue de riffs tueurs du hard des années 70, « Cosmic egg » marque une évolution vers un léger adoucissement dans la musique de Wolfmother.

Cette évolution se caractérise par plus de ballades pop mais le socle de la musique des australiens reste le même, le hard rock des années 70 et « Cosmic egg » contient  toujours de grands moments rendant magnifiquement hommage à cette époque bénie de la musique.

Essai confirmé donc pour ma part avec cette album brillant et de haute tenue qui ravira les amoureux du rock à l’ancienne.

 

Pour moi Wolfmother constitue donc toujours le haut du panier du rock actuel.

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1 août 2011 1 01 /08 /août /2011 22:06

 

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Pour changer des vieux groupes de dinosaures du hard rock, voici un petit coup de jeune avec Wolfmother jeune groupe australien ayant sorti son premier album « Wolfmother » en 2006.

Wolfmother est  un trio audacieux composé de Andrew Stockdale au chant/guitare, un grand escogriffe jugé sexy par ces dames, Chriss Ross à la basse/orgue et Myles Heskette à la batterie.

Wolfmother ou plus exactement comment faire du neuf avec du vieux et recycler (avec un talent fou) la musique des dieux des années 70, Black sabbath et Led zeppelin entre autres.

La pochette, superbe illustration d’(h)ero(t)ic fantasy illustrée par cette légende de Frank Farzetta, augurant du meilleur aussi est-ce avec empressement qu’on se cale « Dimension » entre les deux oreilles.

Le timbre de voix nasillard mais agréable de Stockdale à la Ozzy Osbourne frappe tout de suite et on est happé par cette fusion heavy et rock, rendant abordable la lourdeur originelle d’un Black Sabbath.

Le phénomène est amplifié avec « White unicorn » qui propose un surprenant voyage dans le temps directement dans la magie des années 70.

Cette musique lourde mais également énergique et festive donne une incoercible envie de bouger, de crier et de s’éclater.

Ces vibrations bénéfiques apparaissent sur l‘intense pilonnement  de « Woman » dont les délires intenses à l’orgue rappellent fugacement les Doors.

Mais la mère du loup sait aussi se faire tendre avec la ballade  « Where eagles have been » aux sonorités plus actuelles évoquant un croisement des White Stripes et de Led Zeppelin.

L’influence des White stripes se fait alors de plus en plus grandissante que ce soit sur le néo punk« Apple tree » ou sur le rock nerveux de « Joker and the thief » .

Puis Wolfmother enclenche à nouveau la machine à remonter le temps et revient à ses premiers amours sabbathiens sur le monstrueux « Colossal » aux rythmiques écrasantes de cette lourdeur divine.

Après cette pure giclée de lumière noire, on reprend ses esprits avec le plus calme « Mind’s eye » doté d’un clavier vintage omniprésent illuminant de grande envolées vocales.

Grosses rythmiques et claviers excentriques marquent les esprits sur « Pyramid » d’une insolente créativité.

Au bout d’une dixième titre, les forçats australiens lèvent enfin le pied avec le plus poussif « Witchcraft » qui recèle tout de même la particularité d’utiliser une flute.


Alors qu’on s’attend à un logique déclin, Wolfmother se reprend immédiatement avec l’excellente et moderne power ballade « Tales » débordante de classe puis sur « Love train » aux formidables riffs accrocheurs et festifs.

On termine ce festin de roi par une sympathique ballade acoustique « Vagabond ».

En conclusion, « Wolfmother » est la stupéfaction absolue, l’uppercut au  menton, le crochet au foi qui troue votre garde, et vous laisse sonné, abasourdi par le résultat forcément inattendu.

On se demande par quel miracle ces jeunes chercheurs australiens ont réussi ce clonage improbable entre le heavy metal des années 70 que je vénère (celui de Black Sabbath) , les quelques touches rock des Doors et le rock moderne des White Stripes, mais toujours est il que le résultat dépasse les espoirs des scientifiques les plus fous.

Véritable carton commercial, « Wolfmother » montra que le rock des ancêtres peut encore être populaire à la fin des années 2000.

Les esprits chagrins pourront sans doute souligner le manque de personnalité du groupe qui puise dans diverses et prestigieuses influences, mais ceci est fait pour moi avec tellement de talent et d’a propos qu’il serait idiot de bouder son plaisir.

« Wolfmother » ou l’album idéal pour s’éclater en écoutant du rock des années 70 sans passer pour un ringard !

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1 août 2011 1 01 /08 /août /2011 21:02

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Un an seulement après « In trance » les très prolifiques Scorpions sortent 1976 « Virgin killer » au titre très marquant mais à la pochette dénudée flirtant avec la pédophilie.

A l'époque, le groupe se déchargea assez hypocritement sur la maison de disque mais il faut reconnaitre que si la violation du tabou et un certain (mauvais) gout pour la provocation cadre assez bien avec l’image du hard rock, le fait de repousser ce type de limites ne colle pas parfaitement avec un groupe aussi mainstream que les Scorpions.

Toujours est il que cette (trop) jeune fille sur la pochette fit beaucoup pour la publicité des jeunes rockers allemands.

Et la musique dans tout çà ? Et bien, « Pictured life » se présente par son coté très dynamique et accrocheur comme le single perfoant idéal.

On retrouve immédiatement le coté spectaculaire des guitares de Michael Schenker et de Ulrich Roth sur « Catch your train » mais parfaitement canalisé par encore une fois un morceau aux refrains rock and roll franchement emballants.

« In your park » la première ballade se dévoile, douce, romantique et subtile comme la caresse du vent sur la peau nue une nuit d’été.

Puis après ce départ en fanfare,  tout s’étiole avec « Backstage queen » bien mollason malgré un titre prometteur puis sur « Virgin killer » au curieux rythme heurté sur lequel vient s’échouer la voix éraillée d'un  Klaus Meine au lendemain d'une cuite.

Encore pire « Hellcat » n’a ni queue ni tête et un coté expérimental très déroutant.

En réussite sur les ballades, les Scorpions instaurent une atmosphère originale et un sombre sur « Crying days ».

Le chant de Roth massacre « Polar nights » avant une ultime ballade que je trouve de trop car bien sirupeuse « Yellow raven ».

En conclusion, malgré un début en trombe sur les trois premiers titres laissant penser que « Virgin killer » allait être l’album majeur des Scorpions des années 70, la déception est une nouvelle fois au rendez vous.

Bien que de moins blues et psychédéliques, les Scorpions ne sonnent toujours pas franchement hard et le style rock-mélodique de Roth qui de surcroit chante ici m’exaspère toujours sur la durée.

Les ballades sont également très largement représentées ici, ce qui prouve que même avant d’exploser avec des ballades mémorables inondant les radios dans les années 80, les Allemands étaient déjà adeptes de ce penchant particulier.

« Virgin killer », derrière ce titre et cette pochette chocs, rien que de bien ordinaire à mes yeux.

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30 juillet 2011 6 30 /07 /juillet /2011 17:48

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Après les féroces Death angel, quelques envies de rock plus calme avec « In trance » des Scorpions.

Autant le dire tout de suite je ne suis pas et ne serais jamais fan de ce groupe mais ces dinosaures du hard rock aussi anciens que Judas priest méritent assurément un miminum de considération.

Avec sa superbe pochette évoquant une Claudia Schiffer aux frontiéres de l'orgasme avec une guitare, « In trance » sort en 1975 après deux albums d’estime influencés par le rock psychédélique, Rudy Lenners remplace Jurgen Rosenthal à la batterie, le chanteur Klaus Meine et les guitariste Rudolf Schenker/Uli Jon Roth formant toujours le noyau créatif du groupe.

On débute avec « Dark lady » mid tempo aux riffs accrocheurs rehaussées par quelques cris suraigus de Meine pour enchainer sur une ballade mélancolique « In trance » plutôt réussie.

Le style très fin et mélodique de Roth imprègne fortement les compositions comme la ballade blues « Life’s like a river » dont le titre n’aurait pas été renié par le philosophe Héraclite.

Tout ceci est bien beau, bien planant et un poil maniéré à l’image d’un « Top of the bill » qui ne parvient pas à accélérer franchement.

Les Scorpions nous assènent une autre ballade « Living and dying » une nouvelle fois bien comme il faut.

Le premier vrai titre rentre dedans est sans nul doute « Robot man » (le cousin d’Iron man de Black sabbath ?) qui déboule à toute vitesse sur un pur tempo hard rock mais l’embellie est de courte durée puisque deux autres blues « Evening wind » et « Sun in my hand » viennent à nouveau nous chloroformer.

L’album se termine dans la même veine rock blues-psychédélique avec « Longing for fire » et l‘instrumental « Night lights » parfaits pour s’endormir tard la nuit.

En conclusion, « In trance » n’est pas un album pour votre serviteur.

Le style du groupe, très mélodique et blues, est certes respectable mais provoque chez moi un suprême ennui.

Tout est en place et  bien exécuté, le toucher de Roth, la voix de Meine, mais manque singulièrement de saveur.

On aimerait être secoué, touché, bouleversé comme par le charme de quelqu’un qui n’est pas forcement physiquement beau mais qui demeure attirant par son imperfection et son charisme mais au lieu de cela on trouve avec « In trance » un beau et froid mannequin de plastique à la beauté figée.

Et si les Scorpions des années 70  était un groupe plutôt surestimé ?

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Published by Seth - dans Hard Rock
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