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5 janvier 2012 4 05 /01 /janvier /2012 22:02

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Compte tenu de la qualité des écrits de Marcel Aymé, j’ai éprouvé un vif besoin de continuer à poursuivre la découverte de son œuvre avec « Le chemin des écoliers ».

Publié en 1946, « Le chemin des écoliers » est une histoire typique du Paris de l’occupation allemande durant la Seconde guerre mondiale, ou une famille les Michaud va vivre une aventure hors du commun.

Le père un intellectuel raté  se voulant humaniste et donc anti fasciste, travaille dans une cabinet de gérance immobilière et a beaucoup de mal à s’habituer aux trafics de son associé Lolivier qui profite des pénuries pour détourner de l’argent et exploiter les occupants des immeubles.

Michaud et Lolivier s’affrontent donc souvent sur des questions idéologiques, le premier réprouvant les méthodes dures et cyniques du second notamment.

Mais les véritables problèmes vont venir des progénitures des deux hommes.

Le jeune Antoine Michaud tout d’abord va entrer dans le marché noir aux cotés de son ami Paul Tiercelin élève brillant beaucoup plus mature que ses dix sept ans laisseraient à  penser.

Puis Antoine va mentir à son père pour vivre une histoire d’amour passionnée avec Yvette une femme mariée plus âgée dont le mari est détenu prisonnier en Allemagne.

Après avoir dit à son père qu’il partait en vacance avec Tiercelin en Normandie, Antoine va en réalité mener une vie de couple avec Yvette au grand désespoir de son ami qui trouve que cette liaison le détourne de ses études.

Inquiet de la chute des résultats scolaires de son fils, Michaud finira par avoir des soupçons et à découvrir le pot aux roses en surprenant les deux tourtereaux chez Tiercelin père, patron de brasserie.

Mais pris lui-même dans une affaire d’adultère, Michaud va voir son autorité mise à mal sous les yeux de son propre fils.

Pire encore, Tiercelin lui remettra à son insu une forte somme d’argent dévolue à son fils en raison d’une ultime et juteuse transaction de marché noir.

Malgré des pudeurs de vierge effarouchée, Michaud poussé par sa femme finir par accepter l’argent et à vivre de manière très bourgeoise une fois la guerre achevée.

Même les relations avec Lolivier finiront par s’assainir une fois que ce dernier apprendra que son fils est en réalité un tueur psychopathe.

Emu par la détresse du père, Michaud apportera finalement tout son soutien à son associé et les deux hommes finiront leur vie dans l’opulence tandis qu’Antoine reviendra dans le droit chemin une fois que la volage Yvette l’eut oublié.

En conclusion, « Le chemin des écoliers » a eu bien du mal à me passionner.

L’histoire est assez banale et montre surtout les errements hypocrites d’un homme se voyant mieux qu’il ne l’est réellement.

Poussé par les conditions certes extrêmes de la guerre, les beaux principes de Michaud ne tardent pas à se fissurer et l’homme se révèle tel qu’en lui-même, lâche, coureur, menteur, fier et intéressé.

La grande leçon du livre est donc que l’individualisme de l’être humain finit toujours par l’emporter et que même en temps de guerre, les petites préoccupations du quotidien avec leur coté banal, minable et parfois sordide, finissent toujours par l’emporter sur les beaux et nobles idéaux trop détachés du réel.

Mis à part cette analyse d’une lucidité terrible, « Le chemin des écoliers » ne contient pas une intrigue assez intense, émouvante et soutenue pour tenir en haleine le lecteur.

Détail orignal mais troublant, les notes de bas de pages, fictives, qui retracent les destins souvent tragiques de personnages croisés au hasard des déambulations des héros.

Malgré ces quelques qualités, il me parait néanmoins déraisonnable de considérer « Le chemin des écoliers » comme un livre majeur de Marcel Aymé.

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4 janvier 2012 3 04 /01 /janvier /2012 20:17

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Déjà ébranlé par la mort de son batteur, Body count touche le fond avec celle de son ancien bassiste Mooseman liquidé en 2001 par une balle perdue à South central et surtout D-Roc en 2004l’un des deux guitaristes fondateurs du groupe terrassé par un lymphome.

On ne donne donc pas cher de la peau d’un groupe complètement décimé par les circonstances et par un mode de vie toujours tendancieux d’autant plus que la carrière d’acteur d’Ice-T décolle franchement à la télévision avec un rôle dans la série à succès « New York unité spéciale » ou comble de l’ironie il interprète un policier !

Pourtant, contre toute attente, le cauchemar noir réapparait en 2006 après neuf longues années d’absence en renouvelant autour d’Ice-T et Ernie-C tout son personnel : William Bendrix à la deuxième guitare, Ot à la batterie et Vincent Price (ex Steel Prophet et Prong) à la basse.

Les nouveaux musiciens sont tous noirs avec des vrais look de gangsters made in LA, Bendrix poussant meme le mimétisme jusqu'à porter le masque de hockey de D-roc.

Le retour est scellé avec l’album « Murder 4 hire » à la pochette se voulant une charge contre le gouvernement américain usant de la guerre pour renflouer ses caisses.

On débute avec « Invicible gangsta » et « The end game » qui sonnent très (trop ?) hip hop et se trainent assez péniblement.

L’impression n’est pas meilleure avec « You don’t know me » englué dans une épaisse mixture fusion.

Les choses prennent meilleure tournure sur « The passion of christ » aux refrains répétitifs et hargneux puis sur « In my head » qui prend le temps de poser son tempo pour augmenter l’efficacité de la symbiose voix grave d’Ice-T et gros riffs d’Ernie-C.

Après un court instrumental assez médiocre en hommage à D-Roc, Body count tente de cracher une des meilleurs cartouche avec « Murder 4 hire » manquant de percussions malgré de louables intentions.

Les californiens se montrent enfin plus audacieux sur « Down in the bayou » aux fortes influences stoner harmonica en soutien.

Pas grand-chose à dire sur « Dirty bombs » et « Lies » basiques et peu inspiré malgré la voix caverneuse d’Ice-T sur ce dernier.

On se prend a souhaiter vivement la fin de ce disque pénible celle-ci vient après un « Relationships » au phrasé rap insupportable et « Mr C Theme » un honnête instrumental rappelant bien tardivement le joli toucher d’Ernie-C.

En conclusion, « Murder 4 hire » est un bien mauvais disque d’un groupe semblant lessivé.

Plus que la perte de Beatmaster-V ou même de Mooseman, celle du guitariste au masque de hockey D-Roc semble avoir été la touche final scellant le cercueil de Body count.

Tout en effet manque à « Murder 4 hire » , aucun riff percutant, aucun tempo enlevé, une inspiration éteinte et un Ice-T tentant vainement de sauver les meubles par sa présence vocale.

Il semblerait également que les neuf années d’inactivité aient pesé lourds dans la balance.

Un album qui fait tache dans la discographie jusqu’alors assez irréprochable d’un des meilleurs groupes de fusion qui soient.

Ice-T pourra donc à présent se concentrer sur ses prestations télévisuelles.

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4 janvier 2012 3 04 /01 /janvier /2012 18:26

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Après « Born dead » Body count traverse une passe difficile avec la mort de son batteur Beatmaster V (leucémie) en 1996 et le départ du bassiste Mooseman parti jouer avec Iggy pop qui sera du reste assassiné en 2001.

Le duo Ice-T/Ernie-C recrute un dénommé Griz à la basse et fait front en sortant « Violent demise, the last days » en 1997.

Reprenant avec succès les bonnes recettes du premier album, « Violent demise, the last days » débute par une savoureuse interview ou un journaliste d’un magazine de hard rock imaginaire tient des propos méprisants à l’égard du groupe avant de finir logiquement par se faire flinguer.

La suite est « My way » , rien à voir avec la chanson de Franck Sinatra mais plutôt un déferlement de rage de pure fusion revendicative.

Sans avoir le temps de débander, on enchaine avec l’ultra viril « Strippers » louant les strip teaseuses et les actrices de porno.

Dans la peau d’un homme obsédé par les effeuilleuses sexy, Ice-T déroule son flow sur un morceau surpuissant agrémenté d’un break central aérien aussi surprenant que réussi.

Très à son aise, Body count s’impose aussi bien dans le registre lourd et syncopé de « Truth or death » au contenu quasi philosophique sur l’universalité du mensonge que dans sur une approche plus nerveuse avec « Violent demise » truffés d’excellents riffs de la paire Ernie-C/D-Roc.

Le groupe se fait à nouveau puissamment sexuel sur « Bring it to pain » titre sulfureux vantant les mérites du sadomasochisme sur fond de sensuels gémissements féminins.

Après une courte charge contre le music business, les musiciens gangsters font encore mouche avec « I used to love her » morceau assez mélodique s’appuyant sur des refrains solides puis « Roots of all evil » sombre et lancinant jusqu’au plaintif plaçant l’argent comme source de tous les vices du monde.

Body count déroule sur « Dead man walking » efficace sans être génial, trouve le temps de terminer le journaliste irrévérencieux, avant de réaffirmer sa position en pondant un nouvel hymne à sa propre gloire « You’re fucking with BC ».

Puis les rappeurs se muent en purs hard rockers sur « Dr K »si  rapide et dur qu’on jurerait écrit par Motorhead et envoient leur salve final, le long speech mélodique « Last days » aux parties de guitares particulièrement soignées.

En conclusion, « Violent demise, the last days » est un très bon album intelligent, varié, plaisant et impeccablement exécuté.

Le ton est moins sombre, dur et massif que sur « Born dead ».

Bien sur Body count véhicule une certaine dose de violence mais l’humour (certes noir) et le sexe réapparaissent.

La plupart des morceaux sont des mid tempo au feeling plutôt hard rock que métal/hardcore sur lesquels Ice-T montre que sa voix peut parfaitement s’adapter à ce registre plus posé et mélodique.

Bien que moins réputé que « Body count » en raison de son coté moins scandaleux, « Violent demise, the last days » est un très bon album de fusion qui comblera de plaisir ceux qui se hasarderont à sa découverte.

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3 janvier 2012 2 03 /01 /janvier /2012 22:52

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Deux ans après un premier album très remarqué et marqué du sceau de la censure, Body count récidive en 1994 avec « Born dead » à la pochette assez affreuse.

Fidèle à leur réputation, les californiens débutent avec un hymne musclé et revigorant, « Body count M/F count » qui scande le nom du groupe sur fond de sirènes hurlantes et de radio de police.

Beaucoup plus lent et sinistre, « Masters of revenge » s’englue un peu malgré les qualités des riffs d’Ernie C dans sa lourdeur pachydermique.

Les rappeurs-rockers corrigent rapidement le tir sur « Killin’ floor » et « Drive by » véritables concentrés de riffs et de rage purs entrecoupés de l’efficace « Necesssary evil »  à la structure plus posée.

Body count se fait alors plus sinueux mais tout aussi menaçant en exploitant l’atmosphère toute hitchcockienne de « Last breath » ou la mort rode à chaque pas.

Vient ensuite un hommage sympathique à Jimmy Hendrix avec la reprise de « Hey joe » seul véritable moment de douceur de ce disque froid et dur comme une lame plantée dans le ventre.

Ice-T surprend encore une fois en chantant de manière tout à fait convaincante dans un registre purement mélodique.

Retour ensuite à la force brutale sur « Shallow graves » irrésistible titre buldozer aux riffs en acier trempé évoquant un Metallica version ghetto hardcore sur fond de fusillades entre gangs.

On a les sangs glacés sur « Surviving the game » au rythme lancinant et sombre, suintant le désespoir des paumés de la rue.

Bien que brutal avec ses chœurs viril « Who are you » est trop frontal pour réellement séduire avant un cinglant « Street lobotomy » aux refrains particulièrement acérés.

Mais le véritable titre culte est sans nul doute le final « Born dead » long hymne alambiqué terriblement maquant ou les riffs métalliques et sinistres d’Ernie-C viennent supporter les lyrics Ice-T inspirés par l’issue révoltante du procès des policiers agresseurs de Rodney King.

De manière très fédératrice en alternant déchainements de violence et accalmies menaçantes, le groupe y parle de l’inégalité des chances, qu’elles soient raciales ou sociales.

En conclusion, bien que moins fluide que son prédécesseur, « Born dead » est un album massif et sombre handicapé par un certain monolithisme.

Malgré ce manque de variété et une noirceur étouffante, « Born dead » recèle tout de même des titres forts, percutants effarants de simplicité mais surtout de puissance destructrice.

Solidement cuirassé et compact mais aussi relativement figé dans son style, l’album ne s’illumine réellement que sur son dernier titre qu’on peut qualifier de majeur.

A recommander néanmoins pour les amateurs du style de fusion mâtiné de hardcore.

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3 janvier 2012 2 03 /01 /janvier /2012 22:09

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Vous avez sans doute remarqué que le rap n’était pas très à l’honneur dans ce blog, je ferais donc une première (petite) entorse à la règle en vous proposant mes premières chroniques consacrées Body count, groupe californien mélangeant hip hop et heavy metal dans un mélange appelée Fusion qui émergea au début des années 90 avec entre autres Rage against the machine et Faith no more.

A l’origine de Body count on trouve le célèbre rappeur-acteur Ice-T et son ami le guitariste Ernie-C.

Le reste du gang est composé essentiellement de musiciens noirs recrutés dans le ghetto de South central à Los Angeles, comme le guitariste D-roc, le bassiste Mooseman et le batteur Beatmaster-V.

Nanti d’un visuel agressif empruntés aux gangs de LA avec tatouages, bandanas et armes à feu, le premier album intitulé « Cop killer »  sort en 1992 en pleine tourmente de l’affaire Rodney King (ce noir battu gratuitement à coups de barres de fer par des policiers de LA) et doit être sous la pression de la censure  rebaptisé plus sobrement « Body count ».

Après « Smoked pork » une courte mais virulente introduction ou Ice-T flingue un flic qui refuse de lui prêter assistance alors qu’il a une roue crevée, l’album débute franchement avec « Body count’s in the house » hymne répétitif mais bigrement efficace annonçant la venue du groupe sous fond de sirènes de polices hurlantes.

Raffolant des courts mais puissants interludes, Body count place « Now sports » relatant une transition glaçante entre les meurtres des fusillades et la page sport des journaux télévisés ou bien « A statistic » montrant qu’il y a plus de jeunes noirs américains en prison qu’à l’école.

Entre ces titres édifiants, le crew envoie du lourd, avec le terrible « Body count » premier titre fusion réellement abouti ou les lyrics enfiévrés d’Ice-T se combinent à merveille avec les riffs heavy d’Ernie-C.

Plus linéaire  « Bowels of the devil » sonne comme du punk troussé à la va vite avant le fantastique « KKK bitch » savoureux morceau  ou le rappeur narre une liaison  enfiévrée avec la fille d’un membre du Klux Klux Klan fan du groupe.

Titre majeur du répertoire de Body count, « KKK bitch » sonne au final de façon très rugueuse à la façon d’un Motorhead noir.

Après « C note » un court interlude mélodique d’Ernie-C à la guitare vient « Voodoo » typique des compositions à tempo moyen très massives du groupe.

Les rappeurs durs à cuir surprennent leur monde avec « The winners loses » honnête ballade ou Ice-T chante de manière tout à fait honorable avant de revenir à du très lourd sur « There goes the neighborhood » aux riffs défonceurs de buffets.

Les obsessions sexuelles du chanteur sont mises à nue sur « Evil dick » assez lent et poussif.


Court, simple mais efficace, « Body count anthem » remplit à merveille son rôle d’hymne pour lancer les deux dernières salves du combo, le très long et sombre « Momma’s gotta die tonight » ou le chanteur exprime en phrasé rap son désir de tuer sa mère après qu’elle lui ait inculqué la haine des blancs et enfin « Freedom of speech » pur morceau hip hop en duo avec Jello Biafra des Dead Kennedys.

En conclusion, « Body count » est une vraie bombe fusion, alliant le fond revendicatif, intelligent avec la forme inspirée et puissante.

Bien sur on est ici très loin du classicisme d’Iron maiden ou même de Judas priest mais Body count combat brillamment en mettant en valeur ses atouts, à savoir la voix et la présence magnétique d’Ice-T combinés aux riffs hard-punk d’un Ernie-C capable à l’occasion également de feeling rock plus mélodique.

Même en n'étant pas un noir grandi dans le ghetto de South central, on peut donc apprécier le talent du groupe et être touché par sa démarche foncièrement rock et irrévérencieuse.

« Body count » est un donc un album référence, un modèle absolu de réussite de fusion entre rap et hard rock.

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3 janvier 2012 2 03 /01 /janvier /2012 19:46

il_etait_une_fois.jpg4

 

 

Le cinéma avec le dernier film de Sergio Léone, « Il était une fois en Amérique » adaptation en 1984 d'un roman des années 50  « The hoods » de Harry Grey.

Dans cette fresque monumentale de près de quatre heures, Léone change d’univers en réalisant son film de gangsters.

Le récit complexe, raconte après une introduction choc, sous forme de flash backs dans une fumerie d’opium, la destinée de deux amis truands du quartier juif de Lower east side (New York), David Aaronson dit Noodles (Robert De Niro) et Max Bercovicz dit Maxy (James Woods).

S’étant connus dés l’enfance, Noodles et Maxy vont sympathiser et fonder un gang de cinqs jeunes juifs et ensemble gravir les échelons du banditisme en profitant de la prohibition en vigueur dans les années 20.

Aidés de Patsy (James Hayden), Cockeye (William Forsythe) et Moe (Larry Rapp) les deux hommes vont éliminer leur concurrent direct mais cet affrontement va entrainer l’arrestation de Noodles qui passera une trentaine d’années sous les verrous.

A sa sortie de prison, Maxy devenu un gangster puissant ayant pour couverture une entreprise de pompes funèbres, n’oublie pas son ami devenu un homme et lui présente un puissant parrain nommé Franky (Joe Pesci) pour lequel il travaille.

Noodles accepte mal d’avoir perdu son indépendance et accepte à contre cœur une mission confiée par Franky pour dévaliser pour le compte de son cousin Joe (Burt Young) une bijouterie de Détroit.

Noodles accompli pourtant le larcin avec ses amis et viole l’indic du gangster une dénommée Carol (Tuesday Weld) à la réputation de nymphomane mais découvre après coup que le véritable but de la mission est de tuer Joe sous ordre de Franky lors de la remise des bijoux.

Entre Noodles et Maxy éclatent donc de violentes divergences sur la suite à donner à la carrière de la bande mais Maxy finit par écouter les volontés de son ami pour conserver leur indépendance.

Pourtant cette trêve sera de courte durée et Maxy poussé à bout par l’arrêt de la prohibition se lancera dans des projets toujours plus risqués comme la prise d’assaut d’une banque fédérale ce qui finira par affoler son ami.

Tiraillé par le remord et par l’influence de Carol devenue la petite amie de Maxy, Noodles finira par balancer ses amis aux policiers pour les faire arrêter avant l’exécution de leur plan suicidaire.

En parallèle de cette vie de gangsters de la belle époque, Sergio Léone tisse une longue histoire d’amour entre Noodles et Deborah Gelly (Elisabeth Mc Govern) , la propre sœur de Moe, qui deviendra une danseuse de premier plan et le repoussera toujours en raison de son choix de vie.

Amoureux fou de Deborah, Noodles n’aura pas la force d’échapper à son destin de gangster et éperdu de désir finira par la violer après un long rendez vous romantique montrant finalement la brutalité tapie au fon de son être.

Dans la dernière partie le passé rejoint le présent et Noodles, parvient à échapper à des gangsters dans la fumerie d’opium après la mort présumée de Patsy, Maxy et Cockeye tués par la police,  pour rejoindre Moe détenteur d’une clé permettant d’ouvrir le butin accumulé durant leur carrière.

Mais les choses ne se passent pas comme prévu et Noodles découvre que l’argent n’est plus en place, que Maxy devenu un homme d’affaires influent l’a non seulement trompé mais est devenu l’amant de Deborah.

Malgré sa déception, Noodles est incapable de vengeance et refuse de tuer son ami, qui se sait à terme condamné par ses relations politiques troubles.

Le film se termine donc assez mystérieusement par une disparition et une autre rêverie d’opium.

En conclusion, « Il était une fois en Amérique » contient tous les ingrédients du grand film de gangsters, qui une fois n’est pas coutume, ne sont pas italiens mais juifs.

Sa première partie narrant les débuts, la rencontre puis l’ascension des enfants criminels dans la misère des quartiers défavorisés du début du XX iéme siècle est plutôt fantastique, puis tout s’étire, se mélange, se complique pour devenir difficile à suivre.

S’appuyant sur une structure alambiquée et non linéaire, le film a du mal dans sa dernière partie truffée à mes yeux de rebondissements assez invraisemblables qui dénaturent sa puissance première.

Bien entendu la violence est au rendez vous, mais elle est moins paroxysmique que celle de Coppola ou de Scorcese.

Le film se signale en revanche par son machisme et par les violences faites aux femmes violées par les truands.

Les acteurs sont impeccables, que ce soient Robert de Niro ou James Woods avec cette fortes histoire d’amitié allant au-delà des conflits d’intérêt entre gangsters.

Malgré sa virtuosité technique et la musique toujours prenante d’Enio Morricone (qui utilise un bon vieux gimmick d’harmonica) , « Il était une fois en Amérique » n’égale pas à mes yeux la quintessence sublime des « Parrains ».

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30 décembre 2011 5 30 /12 /décembre /2011 17:01

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Quatre ans après le premier volet au succès phénoménal, les frères Wachowski devenus les idoles de toute une génération de geeks férus de jeux vidéos et de science fiction récidivent en 2003 avec « Matrix reloaded ».

La relation entre Néo (Keanu Reeves) et Trinity (Carrie Ann Moss) est maintenant établie et le couple rapatrié par le vaisseau Nabuchodonosor de Morpheus (Laurence Fishburne) se rend au royaume de Sion dernier refuge d’une humanité assiégée par les machines.

A Sion, Morpheus convaincu des visions de Néo qu’il estime comme étant l’élu tente en vain d’élaborer une stratégie de défense face à une invasion massive de robots sentinelles destinée à écraser définitivement la rébellion.

Mais il se heurte à l’opposition politique de Lock (Harry J Lennix) qui lui a également ravi son ancienne petite amie Niobé (Jada Pinkett Smith).

Tandis que Néo fait d’atroces cauchemars ou il voit la mort de Trinity, le redoutable agent Smith (Hugo Weaving) dvenu incontrolable  ne cesse de progresser et de causer des pertes dans les rangs de la rébellion en convertissant les soldats à son image par simple toucher.

Néo décide d’aller demander conseil à l’Oracle (Gloria Foster), la vieille femme noire, qui lui révèle qu’il doit se mettre en quête du programme principal responsable de l’organisation de la matrice.

Pour cela il doit délivrer le maitre des clés détenu par un virus nommé le Mérovingien, qui seul lui ouvrira le chemin du programme principal.

Mais Néo est ensuite assailli par Smith et ses doubles et ne parvient qu’à s’échapper qu’après une lutte frénétique d’une dizaine de minutes avec force moulinets de kung fu.

Morpheus, Trinity et Néo se rendent alors dans la demeure du Mérovingien (Lambert Wilson) étrange crapule amoureux du français dont la femme Perséphone (Monica Bellucci plus vamp que jamais) accepte de trahir en échange d’un baiser langoureux de Néo.

Le trio parvient à délivrer le maitre des clés (Randall Duke Kil), petit homme asiatique capable de trouver les passages dans la matrice mais doit combattre les gardes du corps du Mérovingien.

Néo élimine difficilement la garde rapprochée tandis que Morpheus et Trinity parviennent après une haletante course poursuite sur l’autoroute à se défaire de deux jumeaux albinos capable de se dématérialiser.

Nanti de cette précieuse aide, la résistance décide de pénétrer dans le building du programme principal en désactivant la système électriques assurant sa sécurité.

Ils y parviennent au prix du sacrifice d’un commando et du maitre des clés tué par les gardes, puis laissent Néo en tête à tête avec l’Architecte de la Matrice (Helmut Bakaikis) tandis que Trinity est assaillie par deux solides virus émules de Smith.

L’Architecte explique longuement le fonctionnement de la Matrice, lui représentant le coté analytique et rationnel, et l’Oracle étant chargé d’anticiper les inévitables perturbations se produisant quelques fois irrationnellement.

L’Architecte révèle à Néo qu’il doit faire un choix entre sauver l’humanité en rechargeant la matrice ou sauver Trinity et provoquer son éradication définitive.

Ne croyant pas au bluff du vieil homme, Néo écoute son cœur et sauve sa belle dont le corps a pourtant été perforée d’une balle.

Néo ramène ensuite Trinity à Sion et se défend ensuite sa position face Morpheus en estimant qu’il a fait le bon choix.

Mais les deux hommes sont brutalement ramenés à la réalité en apprenant que Sion a été pratiquement anéantie par les machines.

Pris en chasse par des pieuvres dotées de charges explosives, ils ne doivent la vie sauve que grâce à Néo qui parvient à les désactiver par la force de son esprit.

Malgré sa réussite le jeune homme git inconscient …

« Matrix reloaded » s’achève en posant encore une fois la question de l’avenir de l’humanité.

En conclusion, « Matrix reloaded » pousse encore plus loin l’action que le premier volet.

Les scènes de combats sont interminables, d’une grande maestria techniques mais aussi prodigieusement ennuyeuses.

Les belligérants ne sont en effet jamais blessés ni en sueur ou essoufflés et Keanu Reeves chaussé de ses inamovibles Ray Ban distribue à tout va les coups de lattes en soutane de curé face à des cadres supérieurs en costards cravates.

Quand à Laurence Fishburne, malgré le respect que cet acteur peut imposer, on a envie de lui dire qu’il a passé l’âge de se prendre pour un champion d’arts martiaux.

Autre point négatif, malgré le nombre incroyable de coups de feu tirés, jamais personne n’est blessé ou tué (mis à part le maitre des clés) ce qui démontre tout de même la complète inefficacité de ce procédé.

Le point fort de ses scènes est tout de même l’effarante course poursuite sur l’autoroute avec des cascades tellement spectaculaires qu’elles en deviennent presque risibles.

Alors que reste il à « Matrix reloaded » pour séduire ? Une légère progression dans la compréhension de l’histoire avec la découverte de l’architecte qui nous en apprend un peu plus sur le pourquoi de la chose.


Néo qui maitrise déjà très bien ses pouvoirs et qui est désormais quasi invincible dans la Matrix, se découvre encore plus de capacités comme des prédictions de l’avenir, la possibilité d’interférer avec des machines ou de voler aussi vite que Superman.

Pour les seconds rôles, pas grand-chose à dire, Lambert Wilson est le plus amusant en caricature de français, Monica Bellucci fait la potiche de luxe, quand aux seconds rôles afro américains si nombreux, ils n’ont aucun intérêt si ce n’est de montrer de belles plastiques.

Vous l’aurez compris « Matrix reloaded » est pour moi le soufflet qui retombe et parler de philosophie pour ce vaste jeu vidéo de plus de 2h est une énorme imposture.

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29 décembre 2011 4 29 /12 /décembre /2011 17:13

Passe_muraille.jpg5

 

 

Marcel Aymé l’enchanteur toujours avec un recueil de nouvelles dont « Le passe -muraille » est sans doute la plus connue en raison de l’adaptation cinématographique dans les années 50 avec Bourvil.

« Le passe-muraille » justement est une courte nouvelle de moins d’une dizaine de pages racontant comment un modeste fonctionnaire nommé Dutilleul décide après une déception professionnelle de devenir un cambrioleur en profitant de son incroyable don pour traverser les murs.

Mais plus que l’appât du gain, c’est le désir de reconnaissance qui le pousse à commettre des vols spectaculaires et à braver la police lors d’évasions toujours plus insensées.

Dutilleul sera pourtant perdu par une distraction amoureuse qui le conduira à prendre par mégarde le seul remède capable de neutraliser ses pouvoirs et à rester à jamais emmuré dans une rue de Montmartre.

Moins épuré et plus tortueux est « Les Sabines »  racontant l’histoire d’une femme nommée Sabine Lemurier, doté de la faculté de se dupliquer quasiment à l’infini.

Bien entendu Sabine ne tarde pas à abuser de son pouvoir et à mener plusieurs vie indépendantes par le biais de ses doubles.

Elle trompe son mari avec un jeune peintre nommé Théorème sans que celui ne se doute jamais de rien.

Mais Théorème est un artiste raté, vivant aux crochets de ses proches qui va profiter de l’amour de Sabine pour lui extorquer toujours plus d’argent.

Contrainte par la nécessité, Sabine va multiplier ses doubles et faire des mariages intéressés avec des hommes riches, comme un lord anglais, un industriel américain, un ténor italien et même un explorateur espagnol.

Quand elle s’apercevra des manipulations de Théorème, elle lui coupera les vivres mais le processus enclenché sera inexorable.

Sabine aura des amants dans le monde entier, sur tous les continents, menaçant de bouleverser l’équilibre démographique de l’humanité.

Prise de remords à l‘égard de son époux légitime, une de ses doublures ira vivre dans un bidonville de Saint Ouen ou elle expiera ses fautes dans la misère, la maladie et la violence, violée et battue chaque jour par un homme aussi brutal qu’un gorille.

Théorème ayant finalement réalisé son talent et étant devenu un artiste reconnu la retrouvera par hasard et les deux amants mourront sous les coups de la brute.

Puis Marcel Aymé fait poindre les angoisses de la guerre et de l’occupation allemande de la seconde guerre mondiale dans « La carte » et « Le décret ».

Le premier nommé est une œuvre étonnante annonçant une décision gouvernementale de priver de jours de vie les français jugés inutiles comme les vieux, les prostituées et les intellectuels.

Les personnels désignés seraient plongés dans un état de néant de plusieurs semaines par mois avant de renaitre passé leur peine écoulée.

Jules Flegmon un écrivain touché par ses mesures tient un journal au jour le jour, racontant le déroulement des événements et leur impact sur la population, avec la destruction des couples, l’inévitable trafic de jours de vie des plus pauvres vers les plus riches, l’altération de la notion du temps avec des gens vivant plus de jours qu’il n’en existe dans le mois.

« Le décret » joue également sur le registre du temps avec une décision d’avancer le temps de dix sept ans pour hâter le dénouement de la seconde guerre mondiale.

Le héros se retrouve donc catapulté dans le futur sans même sans rendre compte et se retrouve âgé de cinquante cinq ans avec trois enfants dont deux inconnus.

Soulagé d’apprendre la fin des conflits, il se rend voir un ami dans une région boisée du Jura mais est pris par un violent orage en cours de route.

A son réveil, le temps a de nouveau rebroussé chemin dix sept ans en arrière et les soldats allemands occupent toujours les campagnes françaises.

Mais le héros qui a semble t il a nouveau rajeuni garde en mémoire son bond dans le futur et en demeure tout ébranlé.

Doté à présent malgré lui d’une capacité de prédiction du futur, il regagne Paris ou il a toutes les peines du monde à se réintégrer à son ancienne vie.

Plus anodin mais néanmoins charmant, « Le proverbe » traite des relations père-fils, avec un fils qui cache à son père que le devoir qu’il a rédigé à sa place a obtenu la plus mauvaise note à l’école afin de préserver son aura familiale.

« Légende poldève » se présente sous la forme d’un savoureux conte philosophique narrant l’ascension au paradis d’une vieille fille éprise de religion en raison de la roublardise de son fils adoptif corrompu qui la fait passer pour la prostituée de son régiment de soldats tués dans une guerre juste et donc prioritaires aux yeux du Saint Père.

Viennent ensuite deux nouvelles amusantes bien que mineures « Le percepteur d’épouses » avec un percepteur privant au nom du fisc les hommes de leurs femmes, et « L’huissier » montrant un huissier mort rappelé sur terre pour tenter de racheter sa place au paradis par des bonnes actions.

J’ai en revanche beaucoup plus apprécié « Les bottes de sept lieues » superbe transposition du conte de Perrault dans le Paris Montmartrois ou une jeune garçon élevé par une mère célibataire pauvre et méprisée de tous, se voit offrir les bottes magiques lui permettant de faciliter la vie de sa mère adorée.

Le recueil s’achève sur un mode plus réaliste mais tout aussi émouvant avec « En attendant » , courte nouvelle racontant comment quatorze personnes faisant la queue devant une épicerie pendant la seconde guerre mondiale vont former par leurs discussions un véritable kaléidoscope de la société française de l’époque avec la perte d’êtres chers, les privations et le sentiment de destinées brisées à tout jamais.

En conclusion, chacune des nouvelles contenue dans « Le passe-muraille » est un véritable enchantement révélant l’immense talent de conteur de Marcel Aymé.

L’écrivain utilise la plupart du temps le cadre du Paris qu’il connait et aime, celui de la Butte Montmartre et de la rue Caulaincourt, pour décrire à sa manière avec une forte dose de surnaturel la vie de la société française de la seconde guerre mondiale.

Par le biais du conte, Aymé fait passer des messages pour aider les enfants et les pauvres étranglés par les riches propriétaires, huissiers, percepteurs et autres profiteurs de guerre.

La dureté de l’Occupation allemande n’est ici que suggérée, effleurée mais point sous les artifices surnaturels comme la manipulation du temps ou de l’espace.

Plus que de talent, on peut parler de magie, la magie de l’écriture pour emporter vers un ailleurs à l’imagination foisonnante atténue la douleur de la condition présente.

En ce sens, l’œuvre de Marcel Aymé est pour moi immortelle et d’utilité publique.

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Published by Seth - dans Fantastique
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28 décembre 2011 3 28 /12 /décembre /2011 14:32

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Une fois n’est pas coutume, un film français dans ces colonnes avec « Nathalie » réalisé en 2003 par Anne Fontaine.

L’histoire est très simple, Catherine (Fanny Ardant) une bourgeoise d’une cinquantaine d’années s’aperçoit un jour que son mari Bernard (Gérard Depardieu) le trompe.

Entre les deux époux la vie affective et sexuelle est il est vrai réduire au néant absolu.

Interrogé sur cette liaison, Bernard reconnait les faits mais les minimise.

Contre toute attente, Catherine encaisse le choc mais décide de payer une prostituée appelée Nathalie (Emmanuelle Béart) pour séduire son mari et lui raconter son comportement avec les femmes.

Peu à peu un jeu étrange va s’établir entre les deux femmes, Nathalie racontant à Catherine toujours plus avide,  chacun des ses rendez vous avec son mari et leurs ébats.

Catherine va éprouver du plaisir dans cette jouissance par procuration assez malsaine avec il est vrai des récits toujours plus sulfureux de Nathalie.

Puis les deux femmes vont se rapprocher, devenir plus intimes et mélanger leurs vies.

Catherine va payer un appartement à Nathalie alors en difficulté financière, puis connaitre sa vie d’esthéticienne tandis que Nathalie ira la voir à son cabinet de médecin.

Les deux femmes sortent aussi ensemble et Catherine s’enhardit jusqu’au point d’avoir une aventure.

Catherine souffre des récits de Nathalie mais y éprouve tout de même du plaisir et ne peut plus interrompre ce jeu dont elle est devenue dépendante.

Puis lors d’une confrontation avec Bernard le bat blesse et Catherine s’aperçoit que Nathalie a tout inventé.

Tout s’effondre alors … et on s’aperçoit que l’instrument a en réalité manipulé sa maitresse.

En conclusion, bien que construit sur un sujet original et potentiellement prenant psychologiquement avec l‘excitation de l‘imagination par tierce personne « Nathalie » souffre d’une réalisation lente et glacée.

Les personnages semblent se mouvoir comme des morts vivants dans un monde irréel.

Ils fument des tonnes de cigarettes et boivent beaucoup d’alcool pour avoir l’air distingués et détachés des choses mais finissent surtout par irriter de leur maniérisme.

L’opposition entre la bourgeoise coincée et la prostituée sexuellement libérée tourne rapidement court puisque ces deux femmes deviennent vite complices.
Assez étrangement le sexe est complètement absent du film.

Emmanuel Béart, belle femme massacrée par la chirurgie esthétique incarne bien le fantasme masculin mais se meut dans des décors chic et toc dans lesquels est diffusée une musique d’ambiance aussi vide et dénaturée que son personnage.

On retrouve donc ici toutes les caractéristiques du film français se voulant intellectuel, sophistiqué, dépressif et morbide.

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Published by Seth - dans Psychologie
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28 décembre 2011 3 28 /12 /décembre /2011 13:49

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Dernier roman de l’année 1941, « Travelingue » prend place en plein cœur de Paris.

Radicalement différent de ses deux cousins, « Travelingue » ne traite pas de surnaturel mais d’une complexe histoire de famille prenant place dans les événements troubles de 1936 sous le gouvernement du Front Populaire ou les grèves et manifestations d’ouvriers déstabilisent le pays.

Dans ce contexte politique explosif, Aymé raconte la succession de Monsieur Lasquin grand industriel français décédé lors du repas de mariage de sa fille Micheline avec Pierre Lenoir lui-même fils d’industriels spécialisés dans les aciéries.

Mais Pierre n’a en réalité aucun gout pour les affaires et est très frustré de ne pas avoir plus se réaliser dans sa véritable passion : la course à pied.

Fanatique de sport, il a même un léger dégout pour sa femme Micheline qui finit par tomber amoureuse de son ami Bernard Ancelot, fils oisif d’un conseiller financier qui joue avec elle au tennis chaque jour.

Pour Monsieur Ancelot père, homme viril, décidé et ambitieux, Bernard est un raté qui perd son temps dans les soirées mondaines de ses sœurs délurées qui aiment les fréquentations pseudo intellectuelles.

La troisième composante de ce drame familial est l’écrivain Luc Pontdebois, que Aymé décrit comme très imbu de sa personne et prêt à toutes les bassesses et les compromis pour flatter les puissants et donner un coup de pouce à sa carrière littéraire.

Le lien entre toute ses personnes est Alphonse Chauvieux, oncle de Bernard, ex militaire occupant une bonne place dans l’usine Lasquin.

C’est lui qui découvre que Lasquin avait une maitresse appelée Elisabeth et qu’elle est la femme de son ancien camarade de régiment Malinier devenu après la guerre un modeste employé de bureau.

Pendant tout son roman, Aymé mélange les ingrédients et alterne les points de vue, que ce soit le milieu intellectuel et mondain parisien avec Milou, jeune boxeur arriviste tiré du peuple par un pygmalion homosexuel qui va vouloir prendre sa revanche sur la vie en devenant écrivain et en séduisant les femmes de conditions plus aisées que lui comme Micheline, ou alors l’agitation politique de son époque avec les dialogues entre Chauvieux et Malinier, ancien militaire primairement anti communiste.

Un drame intervient à la fin du roman, avec le désir de vengeance de Bernard, amant jaloux, prêt à tuer Milou mais ce drame est vite étouffé par la mort du boxeur tué lors d’une émeute.

Enfin, en filagramme apparait un mystérieux coiffeur, homme le plus influent du gouvernement, que viennent solliciter les directeurs d’usine ou les écrivains pour obtenir des faveurs.

En conclusion, bien que bien écrit « Travelingue » est un roman déroutant dans sa structure assez difficile à suivre.

Marcel Aymé y fait preuve de beaucoup d’humour voir d’auto dérision lorsqu’il se moque des femmes mondaines et des écrivains avides de reconnaissance.

Mais l’histoire parait assez embrouillée et on ne sait pas trop si l’homme s’attache davantage à décrire l’ambiance politique de son époque ou un drame d’une riche famille d’industriels parisiens.

 

Autre reproche, les interminables monologues du coiffeur finissent par saouler le lecteur.

Pour ces raisons, « Travelingue » est sans doute le roman de Aymé que j’ai jusqu’ici le moins apprécié.

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