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22 novembre 2011 2 22 /11 /novembre /2011 17:56

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Merveilleuse initiative de publier les lettres des soldats français de la Première guerre mondiale dans un ouvrage de Jean-Pierre Guéno et Yves Laplume, puis de le rendre en 2007 plus accessible en adaptant une sélection d’entre elles en format bande dessinées pour donner « Paroles de poilus : lettres et carnets du front 1914-1918 ».

On trouve donc dans cet ouvrage découpé selon les quatre saisons une quinzaine de textes de soldats français pour la plupart jeunes et fantassins, accompagnés d’une courte biographie et de l’illustration de quelques planches de bande dessinée correspondante.

Disons le tout de go, la plupart de ces témoignages sont bouleversants de vérité et révèlent la violence absolue du quotidien de ces hommes du front confrontés à des conditions de survie inhumaines dans la boue, le froid, la vermine (poux, rats) , la malnutrition et les maladies, dans l’attente de combats effroyables au cours desquels la hiérarchie militaire mal informée lancerera des charges suicidaires contre les tranchées ennemies.

A ce titre, les passages consacrés aux descriptions des blessures contractées lors de combats ou aux épouvantables visions de charniers humains à ciel ouvert sont les images les plus fortes comme les récits de Désiré Edmond Renault, sauvé miraculeusement de la mort par le dévouement de ses camardes et de quelques infirmières militaires ou du médecin auxiliaire Maurice Antoine Martin Laval témoin privilégiés des dégâts occasionnés sur les corps des hommes.

Bien entendu sur des thèmes pareils, les illustrations sont macabres et prennent souvent l’allure de scènes d’apocalypse comme les quelques planches de Juan Gimenez.

Outre le quotidien de la vie au front, les lettres trahissent l’humanité de leurs auteurs, soucieux de l’avenir de ce qu’ils ont laissé derrière eux : parents, femmes, enfants, amis, entreprise.

Certains tiennent à se montrer forts comme le tarnais Michel Taupiac, qui endure bravement les épreuves, la peur et ne dit pas redouter la mort, d’autres font part de leurs fêlures comme le sarthois Maurice Drans, nostalgique de son enfance à l’occasion de son anniversaire ou le parisien Gaston Biron, surpris de l’indifférence voir de la gêne des civils à son égard à son retour du front pour une courte permission.

De manière assez surprenante les lettres les plus patriotiques émanent de français d’origine étrangère comme de le roumain Lazare Silbermann ou l’israélite Henry Lange, qui estiment avoir un devoir à remplir envers leur pays d’accueil.

Le destin de Lange, jeune homme courageux abattu en 1918 à l’âge de vingt ans alors qu’il écrivait une dernière lettre à sa sœur lui expliquant son espoir de retour proche est déchirant et son illustration de Marc N’Guessan d’une sobriété dévastatrice.

Outre l’aspect dramatique, le lecteur est également frappé par quelques anecdotes plus légères mais aussi émouvantes comme la vision d’une petite fille croisée par Henri Aimé Gauthé leur de la traversée d’un village, anecdote magnifiée par le ton futuriste des dessins de Denis Bajram, les beuveries des soldats illustrées façon comic book par Cromwell, les étonnantes scènes de fraternisations franco-allemandes racontées par le soldat Gervais Morillon, la tenue d’un bal improvisé sur une gare brillamment mise en forme par Emmanuel Lepage ou l’histoire  d’un soldat ayant tenté de sceller une vache par erreur dans l’obscurité.

Dans le registre de l’absurde ma préférence est allée à Louis Bloch, qui écrit une superbe lettre à la compagnie du gaz pour expliquer que du fait de sa mobilisation et de l’engagement de son épouse comme infirmière militaire, il ne comprend pas pourquoi on lui réclame une facture pour un logement inoccupé.

En conclusion, « Paroles de poilus : lettres et carnets du front 1914-1918 » n’est pas une bande dessinée comme les autres et revêt le ton d’un drame intime qui a marqué la conscience collective française.

La Première guerre mondiale (tout comme la Seconde) fut une véritable hécatombe humaine dont le froid décompte mathématique en déshumanise quelque fois l’horreur.

La lecture de ces lettres bouleversantes, permet de se sentir proche et solidaire de ces soldats, tout en s’imaginant cent ans plus tôt à leur place subissant le même sort dans les tranchées.

Si les illustrations trop classiques se montrent souvent superflues, certaines d’entres elles apportent une dimension supérieure en ajoutant un facteur multiplicateur à la charge émotionnelle contenue dans les lettres.

On peut donc considérer que l’exercice de transcription en vaut largement la peine.

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19 novembre 2011 6 19 /11 /novembre /2011 15:57

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4

 

 

La suite du spécial Annihilator avec « King of the kill » sorti en 1994.

Après la catastrophique tentative mélodique de « Set the world on fire »,  Jeff Waters sorte de tyran moderne réagit brutalement, vire la quasi-totalité de son groupe et décide de faire l’album seul aidé du seul batteur Randy Black.

La pochette, assez intéressante montrant une sorte de roi satanique régnant sur un échiquier (Du meurtre ? Du mal ? ) laisse présager d’un mieux.

Ce mieux se fait sentir avec le premier titre « The box » magnifique mid tempo heavy laissant filtrer une sombre menace de haine contenue capable de fendre en deux une montagne en un éclair de folie.

Après ce véritable chef d’œuvre, révélant les qualités vocales du guitariste, vient la déflagration « King of the kill » dans la plus pure tradition du thrash puissant, véloce et technique des premiers albums.

Le duo varie les plaisirs avec un deuxième mid tempo aussi vicieux que dévastateur, « Annihilator » qui pourrait prétendre au rang d’hymne compte tenu de l’excellence de sa qualité.

« Bad child » et « 21 »  passent assez bien dans une veine hard rock plus convenue avant que le court instrumental « Bliss » ne lance le plus thrash et musclé « Second to none ».

On appréciera la power ballade « Hell is war » combinant mélodie légère et énormes riffs sur les refrains franchement heavy.

« Speed » envoie juste ce qu’il faut de puissance et de groove avant un ralentissement sur une ballade agréable sans être géniale « In the blood ».

La fin de l’album consiste en le bel instrumental « Catch the wind » mettant en avant la technique du guitariste puis dans « Fiasco » heavy rock tonique.

En conclusion, contre toute attente Jeff Waters se débrouille très bien tout seul et « King of the kill » fait plus que bien tenir la route dans un registre plus heavy puissant et technique que thrash à fond les ballons.

L’album est en effet varié, agréable, avec des morceaux rapides, véloces, quelques ballades mais surtout les deux excellent mid tempo heavy (« Annihilator » et « The box ») qui se distinguent au dessus de la mêlée.

Bien que n’étant pas un album de référence ou même indispensable, « King of the kill » s’écoute avec un très grand plaisir ce qui après tout est l’essentiel.

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Published by Seth - dans Heavy Metal
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19 novembre 2011 6 19 /11 /novembre /2011 15:20

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Les années se suivent et Annihilator, dernier né des grands groupes de thrash continue de creuser son sillon au sein du monde du hard rock.

Après trois années d’absence, les Canadiens reviennent en 1993 avec « Set the world on fire »  sorti en pleine vague du mouvement Grunge période en principe peu favorable à ce type de groupe..

La composition de l'équipe a encore une fois été dévastée au fil des ans, avec l’embauche d’un nouveau chanteur Aaron Randall, d’un nouveau guitariste Neil Goldberg et d’un nouveau batteur Mike Mangini !

Ce manque de stabilité provoqué par le caractère exclusif et intraitable de Jeff Waters sera un des facteurs du relatif manque de succès du groupe.

Avec sa pochette nullissime, le disque débute avec « Set the world on fire » , dans le style si caractéristique du groupe, un thrash alambiqué, truffé de cassures rythmiques mais aussi parfois de passages plus doux.

« Set the world on fire » est un bon titre, varié et intéressant mais manquant un peu de punch.

La suite est elle aussi assez terne, avec des morceaux comme « No zone » ou « Bats in the belfry » certes rapides mais peu inspirés, mettant de surcroit en relief le style de Randall, plus hard rock mélodique que thrash.

Ceci se confirme avec « Snake in the grass » sorte de ballade rock au final bien médiocre aves ses quelques poussées heavy mal amenées bien ridicules.

Randall se rattrape toutefois sur « Phoenix rising » qui assume elle complètement son statut de ballade.

L’auditeur à présent passablement désorienté par ces brusques changements de style reçoit ensuite un heavy faiblard « Knight jumps queen » , une nouvelle ballade insipide « Sounds good to me » .

On peine à croire ce que l’on entend quand vient « The edge » titre de hard FM et le très décousu « Don’t bother me »  et on est à vrai dire soulagé quand vient le dernier titre « Brain dance » contenant quelques bribes du thrash véloce et incisif du début.

En conclusion, portant bien mal son nom, « Set the world on fire » n’allume rien d’autre que les voyants d’une salle de contrôle signalant un désastre complet.

Voulant sans doute toucher un public plus large, Annihilator change brutalement de style, délaissant son thrash puissant et relativement novateur pour se diriger vers un hard rock mélodique bien faible artificiel.

Le chanteur ici recruté n’est franchement pas à la hauteur et sa voix quelconque sans qualité particulière refroidit instantanément toute tentative d’écoute attentive.

Avec « Set the world on fire » , Annihilator comme Megadeth se trompe de choix tactique, perdant ses fans les plus hard et échouant à conquérir de nouveaux marchés.

A éviter franchement.

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Published by Seth - dans Hard Rock
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19 novembre 2011 6 19 /11 /novembre /2011 14:31

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4

 

 

Une année après son premier album retentissant, Annihilator vire ni plus ni moins que son chanteur et son deuxième guitariste pour embaucher Coburn Pharr et Dave Davis à ces postes.

Ces incessants changements de personnel seront durant toute sa carrière la marque de fabrique du groupe et surtout de son leader Jeff Waters, guitariste surdoué mais véritable tyran professionnel.

En 1990 voit le jour « Never, neverland » avec une pochette similaire à « Alice in hell » évoquant une jeune fille tourmentée par des forces irrationnelles dans ses rêves.

L’entrée en action est cette fois plus immédiate avec « The fun palace » qui si il déploie un style thrash toujours alambiqué ou la guitare de Waters dessine de folles arabesques, semble évoluer ici de manière moins brutale en privilégiant une approche mélodique des plus plaisantes.

Cette impression est confirmée par le chant de Pharr, plus agréable car moins guttural que celui de Rampage.

Prenant la suite, « Road to ruin » passe tout en vitesse mais manque véritablement de relief pour mériter l’attention.

« Sixes and sevens » est un peu meilleur avec ses refrains plus construits mais c’est surtout « Stonewall » avec son tempo heavy-thrash, ses refrains puissants et son approche plus mélodique qui fait figure de hit solide.

Annihilator poursuit sa quête mélodique avec la power ballade assez réussie « Never, neverland » qui montre combien le registre vocal de Pharr est plus étoffé que son prédécesseur.

Le médiocre « Imperiled eyes » est la dernière relative fausse note du disque car ensuite survient un finish éblouissant composé de titres thrash aussi véloces que percutants que ce soit le délirant « Kraf dinner » , l‘agressif « Phantasmagoria » aux refrains implacables, « Reduced to ash » et son tempo de mitrailleuse ou bien l’ahurissant « I am in command » véritable leçon de thrash à lui tout seul.

En conclusion, « Never, neverland » est à mes yeux un bien meilleur album que le pourtant très estimé « Alice in hell ».

Les morceaux moins brutaux et linéaires semblent plus travaillés avec un vrai travail de composition leur apportant structure et équilibre.

Le jeu de guitare de Jeff Waters est ahurissant, avec un déluge non stop de riffs tourbillonnants et de solo aussi techniques que mélodiques.

Incontestablement supérieur à Rampage, Pharr apporte un réel plus au groupe en étant  capable d’officier dans un style thrash violent mais également de moduler sa voix sur les titres plus lents et mélodiques.

Plus technique qu’Overkill, moins violent que Slayer, Annihilator semble ici trouver sa place parmi les cadors de la scène thrash des années 90.

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18 novembre 2011 5 18 /11 /novembre /2011 22:19

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Assez étrangement, les Canadiens d’Annihilator tiennent leur statut de groupe culte avec leur premier album « Alice in hell » sorti en 1989 et considéré par les puristes comme l’un des meilleurs du style thrash metal.

Pour ses débuts, le fondateur et guitariste du groupe Jeff Waters s’entoure d’un deuxième guitariste Anthony Greenham, du bassiste Wayne Darley, du batteur Ray Hartman et enfin du chanteur Randy Rampage.

L’album à la célèbre pochette représentant une adolescente en plein cauchemar éveillé, débute par « Crystal Ann » une magnifique introduction à la guitare acoustique enchainé du terrible « Alison hell »  lui-même lancé par une belle introduction de guitare avant de poser un thrash alambiqué, rugueux et saccadé.

La virtuosité des solo de  Jeff Waters, la puissance des ses riffs alliée à son toucher mélodique constituent l’ossature du groupe sur laquelle vient se greffer le chant dur et rauque de Rampage.

La suite est en mode full speed avec « W.T.Y.D » archétype du morceau thrash direct et brutal construit sur des riffs indestructibles.

Puis le soufflet retombe brutalement sur « Wicked mystic » et « Burns like a buzzsaw blade » certes surpuissants mais pénalisés par un coté linéaire, étriqué et par le chant difficile à supporter de Rampage.

« Word salad » est franchement pénible à supporter tandis que le quasi instrumental « Schizos (are never alone) » fait figure d’une éreintante démonstration technique.

On se demande ce qu’il manque à la musique du groupe, peut être ce petit supplément d’âme, d’émotion, de fluidité mais « Ligeia » ne se montre pas plus enthousiasmant et il faut attendre le dernier morceau  « Human insecticide » , son tempo infernal, ses riffs lacérant l’espace et ses refrains implacables pour retrouver un niveau de qualité similaire au début de l’album.

En conclusion, compte tenu de sa glorieuse réputation, « Alice in hell » est un album au final décevant.

Le son d’Annihilator est certes prodigieux pour l’époque avec une puissance de feu proprement incroyable, mais la fantastique technique de Jeff Waters ne suffit pas à elle seule à produire de grands morceaux.

Principal handicap du groupe, le chanteur Randy Rampage dont le style rugueux et terriblement linéaire est la plupart du temps très  pénible à supporter.

Mais mettre tout sur le dos de Rampage serait à mon sens une erreur car mis à part les trois premiers morceaux d’un niveau exceptionnel, Annihilator ne parvient pas à insuffler de liant et de fluidité dans ses compositions.

Pour moi donc, « Alice in hell » n’est pas un album culte ni le meilleur de la carrière des Canadiens.

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17 novembre 2011 4 17 /11 /novembre /2011 22:51

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Alors que tous les spécialistes de l’économie et de la politique ne cessent de seriner que l’avenir du monde sera chinois, j’ai souhaité me plonger dans une petite partie de la vaste histoire de ce pays avec « La longue marche » de Sun Shuyun.

Shuyun,  journaliste chinoise travaillant pour la BBC à Londres, a en effet décidé en 2006 à savoir la vérité sur un épisode magnifié du règne de Mao Zedong, à savoir la longue retraite de l’armée rouge qui en 1934 partit du Jiangxi ou elle avait tenté d’établir d’une base pour fuir la terrible répression des forces nationalistes de Tchang-Kai-Check.

Tenace, la journaliste a tenu a effectuer elle-même l’harassant parcours à travers la Chine pour voir les lieux des combats et surtout recueillir les témoignages des survivants comme Wang, femme en charge du recrutement et de la propagande,  Huang simple soldat, Chen infirmier ou Zhong opérateur radio.

A la tête d’une armée de 120 000 hommes, Mao Zedong dominé militairement par son rival aux troupes mieux équipées et mieux entrainées, tente de faire la jonction aves les autres forces communistes du Nord commandées par de Zhang Guotao.

Cette terrible épreuve va contraindre l’armée rouge à parcourir des zones hostiles très montagneuses ou arides, à survivre aux offensives des forces nationalistes, à celles des seigneurs locaux qui leurs sont opposés mais également aux embuscades des populations locales excédées par cette présence les privant de leurs ressources.

Décimés par les maladies, le froid, la faim et les multiples combats, seuls 20 000 hommes survirèrent à cette terrible épreuve.

Mais au cours de cette épreuve, Mao va affirmer son ascendant politique au sein du Parti Communiste Chinois, éliminant ses rivaux en déclenchant de gigantesques purges au sein de son propre camps.

Stratège retors, chef militaire brutal et impitoyable, Mao va également se montrer un génial communicant en créant de véritables réseaux de propagande destinés à enrôler et fanatiser des populations rurales souvent misérables afin de reconstituer ses troupes.

Ses coups de maitre vont surtout être politiques en jouant sur la peur qu’inspirait le Japon principal agresseur de la Chine et en devenant le principal correspondant du Kominterm Soviétique, pilotant à distance l’insurrection communiste chinoise et surtout l’approvisionnement massivement en armes tandis que le camps occidental (américains, anglais) approvisionnait les nationalistes.

Le lecteur suit donc le périple de la journaliste à travers les régions de Guizhou, du Sichuan, du Tibet ou du Shaanxi, qui découvre avec stupeur la vérité sur le mythe qui a été enseigné aux Chinois pendant des décennies.

Elle apprend que les massacres et les désertions ont été nombreuses, que le déroulement des batailles a été enjolivé pour ne retenir que de magnifiques victoires vantant l’héroïsme et le sens du sacrifice des soldats rouges.

Quelques étrangers se trouvent mêlés par hasard à cette incroyable aventure comme le missionnaire suisse chrétien Bosshardt pris en otage par l’armée rouge et avec laquelle il sympathisa au fil de sa captivité ou Snow, journaliste américain fasciné par la Chine qui publia un best seller mondial assurant une notoriété mondiale inespérée à Mao Zedong.

Au final, le leader communiste prendra après la jonction des armées du Nord et du Sud, l’ascendant  sur son rival Zhang Guotao en l’exposant volontairement aux troupes nationalistes et aura également le dernier mot sur Tchang Kei Check, en profitant de sa capture inespérée par un jeune et ambitieux seigneur de la guerre qu’il manipulera par la suite.

Au final, « La longue marche » est un livre très intéressant racontant une aventure qu’on peut qualifier de surhumaine puisqu’elle décimera près de 85% de ses participants.

Shuyun exalte le courage de ses héros habités par un idéal plus fort que tous les obstacles tout en montrant la face sombre de l’épopée avec les basses manœuvres politico-militaires de Mao Zedong, tueur froid et manipulateur hors pair aux contraires de ses rivaux aux vues politiques plus limitées.

Son analyse sur le rôle des femmes au sein de l’armée rouge est particulièrement intéressante et montre que celles-ci s’engageaient pour leur condition d’esclaves,  devenaient de véritables soldats fanatisés prêtes à combattre et se sacrifier pour la cause communiste.

Issu d’un brillant et minutieux travail de journaliste, « La longue marche » fascine par son coté épique, dur, sanglant, extrême, mais également par l’exotisme du récit de son périple à travers l’immense territoire de la Chine.

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14 novembre 2011 1 14 /11 /novembre /2011 22:35

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Assez étrangement, les années semblent glisser sur Overkill qui tient la cadence infernale d’un album tous les deux ans et sort en 2003 son treizième album, un « Killbox 13» à la pochette on ne peut plus sobre avec sa mascotte sur fond gris.

Arrivé il ya deux ans, Dave Linsk est maintenant renforcé de Derek Tailer aux guitares en remplacement de la paire Joe Comeau/ Sebastian Marino, tandis que les autres membres, DD Verni (basse), Tim Mallare (batterie) et Bobby Ellsworth (chant) tiennent toujours la distance.

« Killbox 13» démarre très fort avec « Devil by the tail » excellent morceau développant un thrash puissant s’appuyant sur des riffs/refrains imparables.

On retrouve tout le savoir faire du groupe avec le cinglant « Damned », véritable tube à la dynamique emportant tout sur son passage comme un torrent de montagne déchainé après une brusque fonte des glaces.

Puis, vient « No lights » qui réussit un peu moins bien son mariage vitesse/mélodie mais est rapidement effacé par le terrible « The one » merveille portée par un groove rapide et surpuissant.

Lent et pesant, « Crystal tear » passe juste assez bien pour lancer une nouvelle déflagration, l’ultra tonique « The sound of dying » concentré de haine décuplée par un break central dévastateur.

Le groupe se montre moins à son aise sur le mid tempo mélodique « Until I die » avant de retrouver par instant sa verve en de subites poussées power-thrash.

La fin de l’album bien que toujours énergique est globalement de moins bonne qualité, que ce soit avec « Struck down » et « Unholy » qui bastonnent sévère mais se montre malgré tout trop prévisibles ou le franchement brouillon « I rise ».

En conclusion, « Killbox 13 » est un bon et solide album d’Overkill qui aurait pu être un de ses meilleurs crus sans un certain effritement dans son gros dernier quart.

Certains titres demeurent réellement impressionnants (« Damned », « The one », « The sound of dying ») mais l’album manque un peu de variété pour se classer au même niveau que « From the underground and below » et autre  succulent « Necroshine ».

Pour autant on saluera la remarquable qualité sur la durée dont reste capable un groupe de vétéran comme Overkill et on saluera bien bas cette performance de très bonne tenue.

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14 novembre 2011 1 14 /11 /novembre /2011 21:36

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Adapté d’un roman de Margaret Mitchell, « Autant en emporte le vent » de Victor Fleming est considéré avec ses huit oscars comme un classique du cinéma et un des films les plus vus au monde.

Colorisé depuis sa sortie en 1939, le film brosse en prêt de quatre heures une grande fresque épique narrant les aventures amoureuses d’un séduisant aventurier viril et machiste, Rhett Butler (Clarck Gable) et d’une belle capricieuse fille de bonne famille sudiste, Scarlett O’hara (Vivien Leigh) sur fond de guerre de Sécession.

Aimant jouer de sa beauté pour manipuler les hommes, Scarlett a néanmoins le cœur brisé lorsqu’elle apprend que l’homme qu’elle aime, le riche et séduisant Ashley Wilkes (Leslie Howard) va épouser sa cousine Melanie Hamilton ( Olivia de Havilland).

Elle épouse par dépit le frère d’Ashley qui meurt prématurément au front et se montre à Atlanta une veuve peu affectée par cette perte.

La vie de Scarlett bascule lorsqu’elle rencontre Rhett Butler qui malgré son attirance n’hésite pas à lui tenir tête et à se moquer cruellement d’elle.

Mais les armées sudistes finissent par perdre la guerre et les Yankees déferlent sur Atlanta obligeant Scarlett à  rester pour secourir Melanie enceinte de Ashley parti au front.

N’écoutant que son courage après que Rhett l’ait laissé une nouvelle fois choir pour lui aussi s’engager tardivement dans l’armée sudiste, Scarlett regagne sa ferme natale à Tara pour reconstruire l’empire familial ravagé par les Nordistes.

Malgré les écrasants impôts imposés par les vainqueurs, Scarlett devenue chef de famille retrousse ses manches, recultive le coton et épouse le riche négociant Franck Kennedy (Carroll Nye) afin de redonner prospérité à sa famille.

Mais les évènements basculent de nouveau lorsque Kennedy est tué lors d’une expédition punitive.

A nouveau veuve, Scarlett découvre que Rhett est devenu riche après qu’il ait récupéré un trésor de guerre.

Même si Scarlett aime toujours Ashley revenu de la guerre, elle accepte néanmoins d’épouser Rhett qui la demande en mariage de manière plutôt brutale.

La passion entre les deux amants sera orageuses de bout en bout, surtout après la mort de leur fille tuée lors d’un exercice de poney.

La mort soudaine de Melanie après une deuxième grossesse difficile, lui laisse à présent le champs libre pour épouser Ashley mais lui fait également réaliser qu’elle aime en vérité Rhett.

Le film se termine assez étrangement par une rebuffade essuyée par Scarlett auprés de son mari fermement déterminé à la séparation.

En conclusion, « Autant en emporte le vent » est certes un film daté mais contient tous les ingrédients pour un grand mélodrame.

Outre l’histoire d’amour, finalement assez complexe entre deux personnes au caractères diamétralement opposés se repoussant et s’attirant simultanément, le film a pour lui l’ampleur d’une grande fresque familiale haute en couleur ou les personnages sont ballotés par des événements historiques exceptionnels.

La guerre de Sécession est un effet la force principale venant tout bouleverser, réduisant à néant la puissance des grandes familles du Sud.

Mais à la famille O’Hara se caractérise par la relative humanité avec laquelle elle traite ses esclaves, notamment Mamma (Hattie Mc Daniel) gouvernante de Scarlett qu’elle traite comme sa propre mère.

Les acteurs sont bien entendus remarquables, que ce soit Clarck Gable et son irrésistible sourire charmeur, son coté mauvais garçon également ou bien Vivien Leigh, qui passe de la petite peste superficielle à une femme mure, réfléchie et travailleuse acceptant de prendre ses responsabilités.

On pourra certes reprocher un manque de réalisme au film et une atmosphère assez ampoulée avec ses grands décors et ses envolées musicales, mais la portée de son histoire et la qualité des acteurs en font un classique du cinéma.

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14 novembre 2011 1 14 /11 /novembre /2011 20:39

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Tous les fans de Led Zeppelin connaissent l’album « No quarter unledded » sorti en 1994 sur lequel Robert Plant et Jimmy Page se réunirent pour réinterpréter leur répertoire commun en version live acoustique.

Le Dvd chroniqué ici met en images cette semi réunification en seize titres réputés marquant de l’histoire du rock.

Les enregistrements se découpent en trois lieux, les splendides montagnes sauvages du Pays de Galles, le décor oriental Marrakech et celui plus classique d’une salle de concert de Londres accompagnés du London Metropolitan Orchestra.

Perdu dans la foret galloise, « No quarter » conserve sa magie envoutante tandis que « Nobody’s fault but mine »  et « When the levee breaks » se trainent majestueusement.

A Londres, si Plant fait passer l’émotion sur « Thank you » et si « Gallows pole » fait parler son tempo irrésistible, l’ambiance est plutôt à l’ennui poli tant est soporifique la versions acoustiques du bluesy « What is and should never be »

Quelques coups de génies sont réalisés comme le splendide folk « The battle of evermore » brillamment orientalisé avec la chanteuse Najma Akhtar, les inédits « City don’t cry » très roots avec ses percussions marocaines ou le rock électrique de « The truth explodes » joué en pleine rue au milieu de marocains ébahis.

La formule lasse un peu sur le répétitif « Wah wah » qui ferme la parenthèse orientale.

La dernière partie de l’album composée presque entièrement de ballades geignardes (« Wonderful one », « The rain song », « That’s the way » )  et de blues assommants ( « Since I’ve been loving you »)  se fait alors globalement prodigieusement ennuyeuse à l’exception du plus rythmé « Fout sticks ».

Il faut attendre le plus inspiré « Friends » et surtout le final « Kashmir » complètement orientalisé pour retrouver des morceaux plus intéressants.

En conclusion, « No quarter : unledded » est un album de rock classieux qui plaira aux amateurs du style pratiqué en solo par Robert Plant depuis le début des années 80 avec un rock mélodique, folk et influencé par la musique ethnique ici majoritairement arabe.

La transformation de certains morceaux est à vrai dire réellement stupéfiante, mais d’autres trop proches des versions originales ne sont pas malgré la superbe voix du chanteur franchement passionnant en version acoustique.

« No quarter : unledded » ne satisfera pas en revanche les amateurs de la face plus électrique, sauvage et musclée de Led Zeppelin.

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Published by Seth - dans Rock
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11 novembre 2011 5 11 /11 /novembre /2011 17:22

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« La Vouivre » de Marcel Aymé constitue l’un des mes romans favoris tous styles confondus.

Ce roman publié en 1941 prend place à l’instar de « La jument verte » dans le milieu rural du Jura de l’entre deux guerres, avec comme toile de fond une forte rivalité entre deux familles voisines les Muselier et les Mindeur habitant le village de Vaux le Devers.

Le personnage principal est Arsène, jeune cadet de la famille Muselier mais pourtant male dominant de la famille depuis la mort du père.

Intelligent, travailleur et ambitieux, Arsène a pris l’ascendant sur son frère ainé Victor plus faible et timoré.

Bien que désireux de se marier avec la fille du maire Voiturier afin de grimper socialement, Arsène a pourtant un faible pour Belette la fille de son domestique Urbain qu’il connait depuis son plus jeune âge.

Belette est une femme menue et fragile, issue d’une famille ravagée par la misère et la violence.

Son tempérament vivant et passionné ont séduit Arsène qu’il la protège et l’aime.

Les ennemis naturels du jeune hommes sont Armand, le fils ainé des Mindeur avec qui il entretient une vieille haine issue d’une rixe d’adolescents et Breuillat, parvenu du village désireux lui aussi d’épouser la fille Voiturier afin de pouvoir vivre confortablement à la ville.

Pour épicer le tout, Juliette la fille des Mindeur est attirée par le bel Arsène, ce qui a pour effet de déchainer les passions entre les deux clans.

Le dernier personnage truculent de ce formidable tableau naturaliste est Germaine Mindeur, véritable force de la nature, assoiffée de sexe et dévoreuse d’hommes qu’elle consomme les uns après les autres avec un appétit insatiable.

A partir de ces ingrédients, Aymé aurait pu déjà écrire un bon voir très bon roman de drame rural, pourtant il va introduire en plus une dimension fantastique en faisant apparaitre un personnage légendaire issu du folklore jurassien, la Vouivre.

La Vouivre est une sorte de divinité éternelle plus ancienne que le Christ, revêtant les traits d’une jeune et belle femme brune vivant dans les forets et se baignant régulièrement dans les étangs.

Cette créature possède un magnifique rubis ornant son front dont elle se débarrasse pour prendre ses bains.

Le rubis a souvent été l’objet de convoitise parmi les passants mais à chaque tentative de vol, les serpents de la foret se ruent sur le voleur et le tuent.

La Vouivre à en effet le pouvoir de commander au serpents à l’aide d’un petit sifflet.

Arsène est le premier à rencontre la créature au détour d’une foret.

A sa grande surprise, elle tente de le séduire.

Profondément troublé par cette rencontre, il garde son secret pour lui mais comme tous les hommes demeure fasciné par cette femme.

Pourtant Arsène montre sa force de caractère peu commune en repoussant les avances de la belle ce qui entretient une sorte de fragile équilibre des forces entre eux.

Mais rapidement, les témoignages attestant de la présence de la Vouivre près du village affluent, ce qui provoque l’inquiétude du Maire et une agitation du curé qui voit la l’occasion de reconquérir un peu de son pouvoir d’antan.

Persuadé de l’influence des forces diaboliques, le curé va tout faire pour organiser une procession afin de conjurer le diable et surtout de ramener vers les chemins de son église davantage de fidèles.

Puis les événements prennent une tournure dramatique, Breuillat manipulé par Arsène qui souhaite évincer son rival, est tué en tentant de dérober le rubis de la Vouivre et la famille Muselier vole en éclat lorsque Arsène découvre que son frère Victor a une liaison avec Belette.

La conséquence est le renvoi de Belette à la rue, mais celle-ci désespérée d’avoir perdu Arsène se suicide en tentant de voler la Vouivre ce qui provoque une réaction désespérée de l’ex amant qui vient mourir en défendant sa protégée contre les serpents …

En conclusion, « La Vouivre » est un pur chef d’œuvre digne d’un conte intemporel.


L’histoire est passionnante, superbement écrite avec l’arrivée d’une créature surnaturelle qui vient bouleverser l’univers rural d’un petit village agité de passions.

On trouve tout le génie de Marcel Aymé, dans l’expression des personnages féminins dangereux et sensuels.

La Vouivre incarne une sorte de femme fatale, une divinité naturelle et immortelle se plaçant au dessus des hommes qui ne sont que des insectes suivant son échelle de temps.

Plus puissante que la religion chrétienne, elle aiguise les esprits en raison de sa richesse présumée et fait commettre des folies aux plus ambitieux ou désespérés.

Mais la force du roman est également toutes ses personnages secondaires tel le fossoyeur Requiem hanté par son ex compagne la Robidet, ses multiples sous intrigues, ces diaboliques triangles amoureux autour d’Arsène, avec la rivalité à vif autour de la fille Mindeur, le mariage d’intérêt avec la fille Voiturier avant que la pauvre Belette qui finalement n’a rien de plus à offrir que la pureté maladroite des ses sentiments ne vienne ravir le cœur du bel Arsène.

Alors qu’on encense régulièrement les auteurs  à la mode auteur de techno thriller et autre polars à base d’anciens nazis et de tueurs en série, il me parait de bon ton de rappeler que le génie peut aussi habiter d’anciens auteurs comme le français Marcel Aymé merveilleux conteur de sa région d’origine.

Une seule envie donc après avoir lu le livre culte, repartir en vacances dans le Jura ou découvrir l’adaptation cinématographique de George Wilson !

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Published by Seth - dans Fantastique
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