Overblog Suivre ce blog
Administration Créer mon blog
10 décembre 2011 6 10 /12 /décembre /2011 13:10

seven_son.jpg

4

 

 

Difficile de chroniquer « Somewhere in time » sans parler dans la foulée de « Seventh son of a seventh son » tant ces deux albums se rejoignent temporellement et artistiquement.

Sorti en 1988, le septième album de la vierge de fer est doté d’une belle pochette montrant la mascotte du groupe accouchant d’une sorte d’embryon dans un paysage polaire.

Dés le premier morceau « Moonchild » vif, fluide et enlevé tout en conservant fraicheur et grandes lignes mélodiques, on sent que l’album sera dans la même lignée que « Somewhere in time » avec l’utilisation de guitares synthétiseurs produisant un son plus lisse.

Fidèle à ses habitudes, Maiden sort un morceau calme après un premier titre musclé.

Il s’agit ici de « Infinite dreams » mid tempo efficace aux refrains balançant.

Le groupe pousse à mon sens le bouchon trop loin sur « Can I play with Madness » trop pop et pénible dans ses répétitions puis se ressaisit brillamment sur « The evil that men do » titre d’envergure porté par les grandes envolées vocales de Dickinson.

Arrive ensuite le titre central du disque, « Seventh son of a seventh son », long morceau épique de près de dix minutes jouant sur les changements d’ambiances tour à tour intenses ou plus planantes.

Sophistiqué et puissant, « Seventh son of a seventh son » est une œuvre impressionnante très aboutie artistiquement.

Ce climat nimbé de mystère et de magie se poursuit avec « The prophecy » qui peine toutefois à atteindre un niveau d’intensité suffisant pour pleinement ce que réussit à l‘inverse « The clairvoyant » truffé de variations de rythmiques et mélodiques.

L’album se termine par un nouveau titre marquant « Only the good die young » puissant et inspiré avec un Dickinson de haut vol au chant.

En conclusion, « Seventh son of a seventh son » n’atteint pas pour moi la perfection de son ainé « Somewhere in time » mais fait néanmoins l’impression d’une œuvre majeure dans la carrière du groupe.

Iron maiden pousse ici encore plus loin la sophistication, l’approche mélodique, atmosphérique et s’éloigne encore davantage du heavy metal encore basique et incisif.

On peut chercher sans nul doute la raison de l’immense succès du groupe dans le développement de ce heavy metal propre, intellectualisé, complexe, sinueux et d’une grande richesse mélodique.

Bien entendu je respecte cette approche artistique surtout quand elle est exécutée avec autant de talent, même si au fond elle ne correspond pas à ma vision du rock qui se doit d’être direct, sale, sauvage avec une forte dose d’imprévisibilité.

« Seventh son of a seventh son » clôt donc l’âge d’or d‘Iron maiden, l’apogée artistique d’une carrière brillante débuté à l’orée des années 80.

Les années 90 seront celles de la dégringolade pour le groupe avec le départ du guitariste Adrian Smith puis celui du chanteur Bruce Dickinson.

Repost 0
Published by Seth - dans Heavy Metal
commenter cet article
10 décembre 2011 6 10 /12 /décembre /2011 10:24

somewheretime.jpg5

 

 

Si vous lisez régulièrement ce blog vous avez sans doute remarqué que si j’apprécie les premiers albums d’Iron maiden jusqu’en 1983, je suis souvent beaucoup plus critiques avec la période suivante tout particulièrement celle post années 2000.

Deux ans après un « Powerslave » conceptuel entériné par une grande tournée mondiale et un « Live after death »  intense, la vierge de fer enchaine avec « Somewhere in time » avec cette fois je dois l’avouer une magnifique pochette (sans doute la plus belle de toute la collection) représentant la mascotte Eddy en mercenaire impitoyable évoluant dans un monde de science fiction.

En 1986, le heavy metal est sans doute au pic de sa popularité et glisse vers une approche grand public plus lissée.

A l’instar de Judas priest avec « Turbo », Iron maiden s’essaye donc aux guitares synthétiseurs.

L’album débute avec « Caught somewhere in time » titre éblouissant de classe combinant habilement dynamique rapide et grandes envolées vocales d’un Bruce Dickinson particulièrement inspiré.

On enchaine sans crier gare sur un splendide « Wasted years » aux mélodies encore plus cristallines d’une élégance inouïe.

Même si « Sea of Madness » parait moins fluide, l’efficacité mélodique de ses refrains est indéniable.

On passe sur le plus pop et répétitif « Heaven can wait » pour aborder un titre titanesque « The loneliness of the long distance runner » à la fois puissant et épique avec un Dickinson impérial.

Plus calme, inquiétant et mystérieux « Stranger in a strange land » est tout aussi réussi.

La fin de l’album est fantastique, digne de figurer dans les annales des plus grands disques de disque hard de tous les temps avec le tube « Déjà vu » , tornade heavy truffée de refrains puissants et de refrains irrésistibles et le final « Alexander the great » long titre épique progressif de plus de huit minutes en hommage au grand conquérant Macédonien.

En conclusion, en seulement huit titres d’une qualité inouïe, Iron maiden écrit avec « Somewhere in time » l’une des plus belles pages du heavy metal et de son histoire.

L’album est certes mélodique mais pas pour autant pop ou mièvre.

La puissance est toujours la mais maitrisée, domestiquée et ajustée en permanence selon le besoin.

L’une des plus grandes réussites du disque est également le chant de Dickinson, qui n’a sans doute jamais été aussi bon.

Sans sombrer dans les pénibles délires progressifs ou raviver de lointaines influences pseudo punk de Di Anno, Iron maiden trouve ici le compromis parfait entre son heavy ambitieux et sophistiqué et une efficacité pour moi indispensable nécessaire à tout album de rock.

Repost 0
Published by Seth - dans Heavy Metal
commenter cet article
9 décembre 2011 5 09 /12 /décembre /2011 23:45

million.jpg2

 

 

Nous avons tous en nous des petits plaisirs

coupables.

Je serai tenté de dire que la perfection plastique de l’actrice Rachel Welch que j‘avais vu étant enfant dans « L’animal » avec Jean-Paul Belmondo m’a toujours impressionné.

Aussi est-ce avec une forte curiosité mêlée à un brin d’amusement que j’ai visionné « Un million d’années avant J.C » vieux film de science fiction (1966) du britannique Don Chaffey.

Comme son nom l’indique, le récit se déroule dans un monde préhistorique ou les hommes vivant en tribus ont fort à faire pour survivre aux multiples prédateurs qui les menacent comme des lézards, des tortues géantes ou de bon vieux dinosaures accessoirement complétement anachroniques.

C'est dans ce contexte que le jeune chasseur Tumak (John Richardson) est chassé par son père de la tribu des cavernes.

Il erre seul et sans autre défense que la fuite dans un monde désertique et hostile peuplé d’animaux de taille monstrueuse.

Son errance l’amène près de l’océan ou la tribu des mers le recueille.

Courageux et débrouillard, Tumak tombe sous le charme de la belle Loana (Rachel Welch) et se fait apprécier en tuant un allosaure attaquant la tribu.

Mais cette idylle agace le prétendant de Loana, Ahot (Jean Wladon).

Après une bagarre pour la possession d’une lance, Tumak est à nouveau chassé mais Loana décide de le suivre pour son retour dans la tribu des cavernes passée sous la domination de l’agressif Sakana (Percy Herbert) après qu’il ait blessé Akoba.

Loana a également du mal à être acceptée par la tribu des cavernes.

Elle lutte avec l’ancienne compagne de Tumak, une sculpturale brune (La James Bond girl Martine Beswick) et prend le dessus physiquement sur sa rivale tout en refusant toutefois de la tuer, prouvant par ce fait le niveau d’évolution supérieure de sa tribu sur celle des cavernes plus brutale.

Pourtant la vie reste dangereuse et Loana est enlevée par un ptéranodon alors qu’elle se baigne.

Elle bénéficie d’une compétition entre les reptiles volants pour survivre.

Mais à la fin du film un affrontement éclate entre la tribu des cavernes et celle de la mer.

Les deux camps sont séparés par l’éruption d’un volcan et décident ensuite de s’unifier.

En conclusion,  à l’instar d’un « Jason et les argonautes » du même réalisateur, « Un million d’années avant J.C » est un vieux film au charme kitsch.


Les effets spéciaux du légendaire Ray Harrhyhausen sont pour moi la raison principale pour visionner ce film faisant figure de curiosité.

On oublie alors fugacement le scénario faiblard, les incohérences historiques (les hommes et les dinosaures ne se sont jamais côtoyés !) , les acteurs involontairement comiques avec leurs déguisements ringard pour apprécier les bidouillages techniques permettant de montrer un affrontement entre un tyrannosaure et un tricératops, entre un ptéranodon et un ptérosaure, le grossissement d’un inoffensif lézard ou d’une tortue pour les rendre soudainement plus menaçants.

Enfin, signalons que Rachel Welch ne m’a pas déçu dans ce film.

Sa beauté solaire, la grâce de ses mouvements, la perfection des sa peau satinée, de ses formes joliment mises en valeur par sa tenue en peau de bête très sexy pour l’époque en font la sauvageonne la plus improbable de tous les temps mais contribuent grandement au contentement des sens du spectateur en quête de perfection esthétique.

Globalement on reste toutefois, le film ne dépasse pas le registre de la curiosité d’époque.

Repost 0
9 décembre 2011 5 09 /12 /décembre /2011 21:52

wales_hors_loi.jpg5

 

 

Après « La sanction » habile thriller mélangeant espionnage et alpinisme, Clint Eastwood prenant de plus en plus confiance en ses capacités de réalisateur et revient à un genre qu’il a bien connu en tant qu’acteur le western.

« Josey Wales hors-la-loi » voit donc le jour en 1976.

La trame initiale peu paraitre en apparence assez banale : Alors que la guerre de Sécession est en passe de se clore, Josey Wales (Clint Eastwood) un simple fermier du Missouri dont la famille a été horriblement assassiné et les biens pillés par une escouade de soldats nordistes, décide par vengeance personnelle de rejoindre les dernières troupes de confédérés.

Mais isolés et sous armés, les confédérés sont convaincu par l’un des leurs nommé Fletcher (John Vernon) de se rendre aux Nordiste pour espérer l’amnistie.

Tous acceptent à l’exception de Wales, trop gorgé de haine pour les suivre et sont froidement exécutés à la grande indignation de Fletcher.

En représailles, Wales reconnaissant le capitaine Terrill (Bill Mc Kinney) responsable du massacre de sa famille se lance dans un raid solitaire et tue par sa grande habileté au pistolet de nombreux soldats.

Il récupère un Jamie (Sam Bottoms) jeune sudiste blessé et devient une cible à abattre pour le brutal Terrill chargé à la tête d’une escouade de soldats de le traquer.

Au cours de cette longue traque, Wales va vivre de folles aventures que son intelligence et sa dextérité absolue dans le maniement du pistolet permettront de surmonter.

Dur et charismatique, l’homme va attirer dans son sillage, un vieil indien chasseur de prime nommé Watie (Dan George), une jeune indienne farouche (Geraldine Keams) maltraitée par des trafiquants et enfin Laura Lee (Soundra Locke) une belle jeune femme accompagnée de sa mère Sarah (Paula Trueman) capturées par des Comancheros pour être livrées aux indiens Commanches.

Semant les cadavres des chasseurs de primes attirés par le gain et des soldats lancés à sa poursuite, Wales va arracher un statut quo avec Grand Bison, le chef des Commanches en signant avec lui un pacte de non agression lui garantissant le respect et certains avantages matériels.

Mais fatalement l’heure du combat final avec Terrill va se profiler.

Terrill lance ses hommes à l’assaut de la maison ou se cache Wales mais il découvre que tous les amis qu’il a rencontré en chemin sont armés de fusil et près à mourir pour lui.

Attaquant à terrain découvert, les Nordistes sont éliminés.

Wales retrouve finalement son bourreau et le tue d’un coup de sabre.

Sa quête de vengeance étant à présent étanchée, Wales devenu une légende prend le parti de se retirer avec Laura Lee et avec la complicité tacite de Fletcher se fait passer pour tué au cours d’une rixe.

La guerre prend fin, une page se tourne, le temps est à l’apaisement et à la réunification d’une nation déchirée.

En conclusion, « Josey Wales hors la loi » est assurément un des meilleurs western de et avec Clint Eastwood.

Parfaitement à l’aise dans son rôle mythique de personnage solitaire, dur, violent, Eastwood parvient à décrire une formidable épopée à travers le sud des Etats Unis ravagés par une sanglante guerre civile.

Les paysages et les costumes sont superbes, les acteurs ont des vraies « gueules » charismatiques.

Outre l’aspect action, aventure et violence, le film décrit le parcours d’un homme évoluant au fil du temps dans sa quête de vengeance pour trouver au gré de ses rencontres un apaisement sur ses blessures en reconstituant peu à peu une famille hétérogène composée de jeunes, de vieux et d’indiens déjà laissés pour compte de la société américaine.

Film âpre et violent, mettant un scène la figure mythique du cow boy solitaire et invincible retrouvant finalement son humanité perdue, « Josey Wales » est un grand western habité d’un souffle historique puissant.



Repost 0
Published by Seth - dans Western
commenter cet article
9 décembre 2011 5 09 /12 /décembre /2011 20:43

chemin_gloire.jpg2

 

 

La période 1914-1918 toujours à l'honneur avec un classique du cinéma en noir et blanc « Les chemins de la gloire » d’Howard Hawks.

Sorti en 1936, « Les chemins de la gloire » a pour toile de fond la vie d’un régiment de soldats français en pleine guerre de premiére guerre mondiale.

Le film narre l’affrontement entre deux officiers aux personnalités saillantes, le capitaine Laroche (Warner Baxter) et le lieutenant Denet (Fredric March)  qui vient servir sous son commandement.

Malade, porté sur la boisson, Laroche est un homme impulsif, autoritaire, endurci par la vie au front mais il compose ce caractère difficile par une grande bravoure et un fort charisme qui provoquent un soutien indéfectible de ses hommes.

Pianiste de formation, Denet a également un fort caractère mais un coté plus sensible qui provoque chez lui des prises de distance voir des interrogations sur les situations vécues au combat.

Les deux hommes se disputent rapidement, surtout après que Denet ait pris l’initiative d’aller secourir un blessé empêtré dans des fils barbelés, obligeant ainsi Laroche à s’exposer personnellement pour le tirer de ce mauvais pas.

Une autre source de tension entre eux est la persévérance du propre père de Laroche (Lionel Barrymore) à s’engager au front malgré son dépassement de la limite d’âge, Denet soutenant le vétéran patriote contre l’avis du fils désirant écarter son père des combats.

 

Au cours d'une charge au milieu des rafales de mitrailleuses, des explosions et des trous d’obus, Denet

tentera meme de couvrir une grave erreur de Laroche pére ce qui provoquera une bref réconcilalition avec le fils.


En parallèle de cet affrontement viril, se déroule un flirt entre Denet et une infirmière militaire appelée Monique (June Lang).

Sérieusement épris, Denet découvrira plus tard que Monique est en réalité la maitresse de Laroche ce qui portera à son paroxysme leur rivalité.

Evincé par Monique, qui lui préfère le jeune Denet, Laroche rendu aveugle par les combats, se venge en renvoyant son rival bléssé dans une mission suicide pour établir une liaison télégraphique permettant de guider les tirs d’artillerie française.

Les hommes tombent comme des mouche et Laroche finit par le rejoindre son père pour un ultime acte héroïque les emportant tous les deux.

En conclusion, « Les chemins de la gloire » fait bien son époque et sonne aujourd’hui un peu daté par rapport aux films de guerre ou d’action plus contemporains.

L’histoire en elle-même autour du triangle amoureux n’est guère palpitante, la rivalité entre deux hommes soumis à des conditions extremes l'est davantage.

Les scènes de combat ou de vie dans les tranchées sont certes impressionnantes mais demeurent à mon sens édulcorées au regard du degré de violence et d’horreur de la réalité du terrain.

Détails assez troublants, aucun Allemand n’apparait jamais dans le film et la fibre patriotique française est longuement mise en avant sans que jamais un seul soldat ne se dérobe à son devoir.

Mis à part sur quelques courtes scènes, « Les chemins de la gloire » est pour moi de facture trop classique pour en faire un film marquant.

Repost 0
Published by Seth - dans Histoire
commenter cet article
5 décembre 2011 1 05 /12 /décembre /2011 20:23

Incassable.jpg

1

 

 

Vous le savez les super héros ne sont jamais très loin dans ce blog, c’est pourquoi je vais à présent chroniquer « Incassable » film de Night Shyamalan sorti en 2000.

Fort du succès du « Sixième sens » un an auparavant, le réalisateur indien récidive avec le même acteur Bruce Willis dans le rôle principal.

L’histoire est celle de David Dunn (Bruce Willis) modeste agent chargé de la sécurité dans les stades de base ball, qui à la suite d’un horrible accident de train dont il est le seul survivant, commence à se poser des questions sur son invulnérabilité physique.

Peu à peu, David prend conscience du fait qu’il n’a en effet jamais été ni malade, ni blessé dans sa vie et qu’il est d’une force exceptionnelle pour un homme de son gabarit.

Bien entendu sa vie privée s’en trouve altérée, notamment  ses relations avec son épouse Audrey (Robin Wright Penn) et son fils  …

Puis David est contacté Elijah Price (Samuel L Jackson), collectionneur d’art spécialisé dans les comic books.

Price perce à jour les facultés de David et lui révèle qu’à l’inverse il souffre d’une extrême faiblesse physique qui rend ses os plus fragiles que du papier.

Lors d’un match au stade, David s’aperçoit qu’il peut par simple contact physique deviner la vie des gens.

Cette découverte le perturbe beaucoup surtout lorsqu’il découvre qu’un agent de nettoyage est en train de commettre un horrible crime en séquestrant une femme et un  enfant.

David intervient et arrête le malfaiteur, accédant malgré lui au statut de super héros.

Mais le film prend une tournure étrange lorsqu’il comprend qu’Elijah a été la cause des nombreux attentats dans le but simplement de trouver son symétrique dans l’échelle de l’humanité …

En conclusion, malgré un sujet à priori alléchant « Incassable » déçoit en tant que film de super héros en manquant franchement d’action et de spectaculaire.

Le rythme est lent, mou et le jeu d’acteur de Bruce Willis des plus prévisibles.

Le twist final ne contribue pas à raviver l’intérêt du film.

Seul le personnage de Samuel L Jackson, ayant une vision artistique et sociologique des comic books se présente sous un jour sympathique.

Mais tout ceci, manquant d’allant et de punch demeure bien décevant.

Repost 0
Published by Seth - dans Comics
commenter cet article
5 décembre 2011 1 05 /12 /décembre /2011 20:04

cabinet_antique.jpg

3

 

 

Publié en 1838, « Le cabinet des antiques » est souvent accolé à « La vieille fille » paru peu de temps auparavant.

Son cadre est originellement le même, avec une farouche lutte entre Libéraux et Nobles dans une petite ville de Province en pleine période de Restauration.

Du point de vue de Balzac qui montre quelques sympathie pour le style élégant et raffiné des nobles, l’assaillant revêt les traits du parvenu Du Croisier, redoutable homme d’affaire de Province ayant pour but de ruiner la famille d’Esgrignon a qui il voue une haine farouche depuis que le marquis lui a refusé la main de sa sœur Armande.

Du Croisier cherche le point faible de ses rivaux et le trouve avec Victurnien le fils du marquis, jeune homme impétueux et immature incapable de gérer le patrimoine de sa famille.

Malgré l’aide de Chesnel, le fidèle notaire de la famille, Victurnien commet erreurs sur erreurs et est envoyé à Paris dans l’espoir que le Roi Louis XVIII lui trouve une situation dans l’armée ou dans l’administration.

Mais les excès de la vie mondaine de Paris ne réussissent pas au jeune homme qui s’éprend de Diane de Maufrigneuse une superbe jeune princesse percluse de dettes.

Au contact de Diane, Victurnien accumule les dettes et se jette tête baissé dans le piège que lui tend Du Croisier, en l’amenant à imiter sa signature pour obtenir une lettre de change des puissants banquiers Keller.

Profitant des ses appuis au sein de l’administration judiciaire, Du Croisier utilise le Président du tribunal et un avocat corrompu pour faire arrêter le jeune homme et mener son procès sans avertir le Procureur du Roi.

Alerté de la tragédie, Chesnel se ligue avec Armande pour sauver son jeune maitre du discrédit et d’une justice expéditive.

Aidé finalement de la capricieuse comtesse, il manœuvre les membres du jury, l’ambitieux Camusot et l’original Blondet qui s’allient à lui en échange de privilèges pour eux même ou leur famille.

Mais ce qui fait basculer le rapport de force est le ralliement de Madame Du Croisier, touchée par l’aspect religieux du repentir par Chesnel, qui accepte de trahir son mari pour ne pas commettre une injustice contre un brave garçon écervelé.

Même si Victurnien est finalement tiré du piège mortel par son fidèle serviteur, il ressort très affaibli de l’affaire et se voit contraint de délaisser sa belle maitresse pour retourner mener une vie sans éclat en Province.

Du Croisier finira par faire épouser à sa niéce un Esgrignon et scellera l’alliance entre Nobles désargentés et Bourgeois arrivistes en quête de respectabilité.

En conclusion, construit sur un fort antagoniste entre deux forces du XIX iéme siècle, « Le cabinet des antiques » est un roman bien mené rappelant par instant les mésaventures de « César Birotteau » provincial se brulant les ailes à Paris.

En faisant des Nobles une race déclinante, privée de richesses, de pouvoirs et donc condamnée à terme à disparaitre, Balzac montre ses sympathies et donne le mauvais rôles aux Bourgeois dominateurs et arrivistes.

Même si je n’ai aucune sympathie pour les Nobles et n‘a pas aimé le rôle de chien fidèle de Chesnel, j’ai trouvé par la grâce du talent de l‘auteur, quelque chose de grandiose et pathétique dans ce déclin.

Malgré ses qualités et une efficacité certaine, « Le cabinet des antiques » trop prévisible, ne fait pas partie pour moi des plus grandes œuvres de Balzac.

Repost 0
5 décembre 2011 1 05 /12 /décembre /2011 19:24

vieille_fille.jpg5

 

 

Poursuite de l’œuvre de Balzac avec « La vieille fille ».

Publié en 1836, ce roman prend place à Alençon, petite ville de basse Normandie, traumatisée comme la plupart des villes de Province par les effets dévastateurs de la Révolution française puis du règne de Napoléon.

Dans cet univers confiné, âpre au gain et assez étriqué, Balzac raconte les rivalités masculines autour de Rose Cormon, vieille fille de quarante ans dotée d’une grande fortune principalement composée d’une superbe maison bourgeoise ou se réunissent périodiquement tous les notables de la ville.

Comme beaucoup de femmes, Rose s’est montrée durant sa jeunesse trop exigeante avec ses prétendants, laissant filer ses plus belles années et se réveillant trop tard alors que les guerres napoléoniennes ont décimés la plupart des beaux partis aristocratiques et crée une pénurie d’hommes.

Tourmentée par son célibat et l’attrait de la chair, Rose s’est alors réfugiée dans une pratique stricte de la religion avec l’aide de son oncle abbé qui règne en maitre sur la maison.

Pourtant deux hommes ne sont pas encore découragés par les outrages du temps.

Il y a d’abord le chevalier de Valois, noble vieillissant et quasi ruiné, personnalité publique des plus apprécié de la ville en raison de sa sociabilité et de ses manières de séducteurs puis Du Bousquier, riche spéculateur revenu en Province après avoir subi une disgrâce impériale et qui malgré un premier refus de mariage persévère dans ses tentatives de séduction.

Entre le Noble et le Libéral, la rivalité est exacerbée et tous les coups sont permis.

A ces deux sérieux prétendants vient s’ajouter Athanase Granson, jeune homme sensible doué de dons artistiques qui est le seul à aimer Rose pour elle-même et non pour son argent.

Mais Athanase sera jusqu’au bout maudit et malheureux tant la borné et relativement peu intelligente, Rose ignorera de bout en bout ses approches amoureuses.

Au cours du roman, Balzac introduira astucieusement une quatrième élément en la personne du Vicomte de Troisville, très bel homme revenu de Russie pour s’établir à Alençon.

La déception de Rose quand elle découvrira que ce si beau parti est un homme marié sera l’un des passages les plus cruels et drôles du récit.

Ce sera finalement Du Bousquier qui bénéficiera de la lassitude et du désespoir de Rose et parviendra à l’épouser.

Cette perte provoquera la destruction des deux autres prétendants, le Chevalier de Valois se laissant dépérir et plus grave encore, Athanase incompris dans une ville trop étroite pour ses aspirations, finira par se tuer de désespoir quand il apprendra le mariage de sa belle.

La mort déchirante d’Athanase, la chagrin de sa mère et de Suzanne, belle ouvrière ambitieuse devenue courtisane à Paris constitue l’un des moments les plus forts du roman.

En définitif, Rose sauvera les apparences mais conclura en un mariage triste avec un homme avide et dominateur qui lui prendra ses biens et dont elle n’eu jamais d’enfants.

En conclusion, « La vieille fille » est un excellent roman ou se révèle tout le génie de Balzac.

L’écrivain découpe en effet au scalpel les mœurs d’une petit ville de Province, ou la les rumeurs vous rongent sournoisement un homme, ou la nouvelles bourgeoisie d’arrivistes sans élégance ni scrupules prend le dessus sur une noblesse exsangue et dépassée en efficacité.

On comprend le drame social de cette fille de quarante ans, la terrible pression qui s’exerce sur elle et la conduit au désespoir.

On est touché par le destin tragique d’Athanase, seul être pur mais trop fragile dans ce monde de requins.

Très bien construit, le roman passionne par la richesse de ses rebondissements et par l’épaisseur de ses personnages.

Encore une fois un classique qui plaira aux amateurs de « Eugénie Grandet » ou autre « Père Goriot ».

Repost 0
2 décembre 2011 5 02 /12 /décembre /2011 16:26

peau_chagrin.jpg4

 

 

Poursuite de la (re)découverte des grands écrivains français avec « La peau de chagrin » d’Honoré de Balzac.

Publié en 1831, ce roman délaisse le ton réaliste et social de la plupart des œuvres du maitre pour développer une histoire plus axée sur le fantastique.

Un jeune aristocrate nommé Raphael de Valentin se trouve en effet à errer dans le Paris de la Restauration avec de fortes envies de suicide.

Ecrivain raté, dévoré par le remord d’avoir déçu son père qui avait en lui de grandes ambitions, torturé par les échecs amoureux subis auprès de la comtesse Foedora, richissime aristocrate mais aussi grande mondaine parisienne au cœur froid, jouant aves ses prétendants pour satisfaire sa vanité personnelle.

Malgré ses déboires le personnages parait assez peu sympathique.

Il vit en effet hébergé à peu de frais dans un hôtel et n’a qu’une simple tendresse pour Pauline Gaudin, la jeune fille de la patronne, qui l’aime passionnément en retour de l’instruction qu’il lui donne.

Raphael préfère en effet se laisser influencer par son ami beau parleur le parvenu Rastignac, qui l’introduit dans les cercles mondains de la capitale, ou le train de vie excessif des fêtes conduit les hommes à la faillite.

Bien entendu, Raphael se brise les reins dans ce monde hypocrite, superficiel et dur ou il faut en permanence briller par l’esprit et les moyens matériels.

Brisé psychologiquement, le jeune homme retarde de justesse l’exécution de son suicide en pénétrant chez un vieux marchand d’objet d’arts antiques.

Emerveillé par une peau en cuir orientale provenant d‘un animal légendaire, Raphael ignore les avertissements du marchand à propos des propriétés maléfiques de l’objet et l’achète.

La peau a en effet la possibilité d’exaucer tous les vœux de son possesseur mais elle rétrécit à chaque vœu entrainant son dépérissement puis à terme sa mort.

Inconscient ou désespéré, Raphael utilise alors la peau pour prendre sa revanche sur le gotha parisien.

Il devient riche, obtient le titre de marquis, achète une grande maison à Paris et prend comme serviteur un vieil employé de la famille Jonathas.

Dispendieux, il mène grand train et dépense sans compter.

Le hasard de la vie fait qu’il retrouve sa Pauline, devenue entre temps une belle femme de surcroit riche par héritage.

Malgré sa nouvelle puissance quasi divine, Raphael prend conscience de son aveuglement et décide de vivre une histoire d’amour avec la belle Pauline dont la pureté des sentiments à son égard n’est plus à prouver.

Mais le bonheur des deux amants sera de courte durée, puisque Raphael est rattrapé par la malédiction de la peau.

Sa santé décline donc brutalement et aucun médecin n’est capable de le soigner.

Aucun scientifique non plus (mathématicien, mécanicien ou chimiste) n’est également capable de faire reprendre à la peau sa taille initiale.

Raphael se détache donc de Pauline, part avec Jonathas en cure dans les montagnes du Jura.

Ce séjour en cure est une vraie catastrophe car son état maladif épouvante les autres riches pensionnaires venus pour se distraire et non se soigner.

Provoqué en duel par un gentilhomme agressif expert en pistolet, Raphael utilise le pouvoir de la peau pour le tuer.

Il ne trouve pas davantage le repos dans la solitude de l‘Auvergne, de la contemplation de la nature et la bienveillance pas totalement désintéressé d’un couple de montagnard.

Très affaibli et déprimé , Raphael prend finalement la décision de revenir mourir à Paris auprès de sa chère Pauline qui se morfond d’angoisse sans avoir de ses nouvelles.

La fin du roman  avec Raphael expirant dans les bras de sa bien aimée, est une véritable apothéose de mort romantique.

En conclusion, « La peau de chagrin » contient beaucoup d’ingrédients d’un grand roman.

L’aspect fantastique empli de magie orientale attire épice en effet grandement le plat souvent traditionnel (même si de qualité) que sert souvent Balzac.

Détenteur d’une parcelle de la puissance divine, Raphael paie le prix fort de son marché avec les forces occultes et comprend trop tard que comme tout être humain grisé par le pouvoir a été incapable de juguler ses désirs sans limite.

Mais même avec cet aspect surnaturel, Balzac conserve l’acuité de sa plume et sa manière si féroce de dépeindre les mœurs de son temps, ici la superficialité de la vie mondaine parisienne qui attire comme des papillons les ambitieux de province venant finalement se bruler les ailes.

Heureusement dans cet océan de médiocrité finalement si humaine, demeure l’exception qui confirme la règle, la jeune, pure et dévouée Pauline qui aime sans calcul et est élevée au rang de divinité par l’écrivain.

« La peau de chagrin » peut également être vu comme un conte philosophique car Raphael est tout d’abord attiré par ce qu’il n’a pas.

Il rêve d’honneurs (littéraires) , de richesse et de conquêtes prestigieuses.

A cause de cela il passe à coté d’un bonheur qui lui tend les bras.

Lorsqu’une force mystique supérieure lui octroie l’omnipotence, il gaspille son pouvoir en assouvissant ses plus bas désirs, en faisant preuve d’un égoïsme forcené.

La prise de conscience arrive mais trop tard, l’entrainant comme un infime vers de terre poussé par un puissant courant se jetant dans un abime sans fond.

Le seul défaut que je vois à ce roman est sa construction, qui démarre puissamment avec la découverte de la peau, puis qui baisse en intensité avec la description des mœurs des riches parisiens avant repartir pour le final dramatique.

Repost 0
Published by Seth - dans Fantastique
commenter cet article
2 décembre 2011 5 02 /12 /décembre /2011 16:24

transgression

 

3

 

 

Déterminé à donner un nouvel allant à une carrière déclinante, Fear factory sort dans la foulée d’un « Archetype » passable « Transgression » en 2005.

La particularité de cette nouvelle formation est le départ des claviers, Steve Tushar mais surtout Rhys Fulber considéré comme un des éléments fondamental du son industriel de l’usine à (créer) de la peur.

Pour le reste, rien n’évolue ou presque, Christian Olde Wobbers tenant toujours le poste de guitariste laissé vacant par Dino Cazares.

Avec sa pochette grise bien tristounette, « Transgression » débute avec « 540,000° Fahrenheit »  dans la plus pure lignée du style habituel du groupe avec cette combinaison habile entre éruptions techno-death rugueuses et transitions plus apaisées.

Le niveau de violence croit fortement avec « Transgression » impressionnant de rage brute puis devient contre productif sur le poussif « Spinal compression ».

Les mélodies planantes refont leur apparition sur « Contagion » et « Empty vision » afin d’agrémenter le coté plus lourd et dur de la musique.

Fear factory donne l’impression de faire ce qu’il sait faire sans transcender non plus.

La languissante ballade « Echo of my scream » bien que mollassonne passe assez bien avant que le reveil sonne sur « Supernova » excellent morceau au feeling finalement assez rock.

Ces bonnes vibrations se prolongent avec « New promise » aux mélodies particulièrement délicates.

Après avoir rendu hommage à Nirvana, Fear factory honore à présent U2 en reprenant avec groove phénoménal « I will follow ».

La parenthèse rock s’achève et on revient finalement à des atmosphères plus lourdes mais toujours mélodiques comme sur « Millenium » qui appuie à peine sur les refrains avant un « Moment of impact » plus en accord avec le style plus violent et mécanique des débuts.

En conclusion, si j’avais été un peu déçu par « Archetype », je dois avoué avoir apprécié « Transgression ».

Fear factory délaisse certes la violence paroxysmique industrielle qui a fait sa renommée à ses débuts pour s’orienter dans une direction plus rock qui lui sied finalement plutôt bien à l’image du tube tout en souplesse « Supernova ».

Le cyborg donne donc l’impression de s’être débarrassé de ses implants, d’avoir ouvert la carcasse de son armure de combat pour mettre à nue sa partie organique plus fragile mais également plus touchante.

Bien que moins novateur et abouti que les premières copulations cybernétiques du groupe, « Transgression » est un album agréable d’un niveau tout à fait honorable en ce milieu d’années 2000.

Repost 0
Published by Seth - dans Industriel
commenter cet article

Présentation

  • : Le blog de Seth
  • : Articles/Chroniques pour un partage de voyages interieurs majoritairement littéraires
  • Contact

Recherche

Pages

Liens