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23 octobre 2016 7 23 /10 /octobre /2016 10:07

Il y a vingt déjà sortait « Mission impossible » de Brian de Palma adapté de la célèbre série des années 1960-1970.

Ici, une équipe de l’IMF (Impossible Mission Force) commandée par Jim Phelps (John Voight) est envoyée à Prague pour arrêter Alexander Golystin (Marcel Lures) un espion cherchant à acquérir un disquette permettant de connaitre tous les agents doubles américains d’Europe de l’Est.

Sur place lors d’une complexe opération dans une ambassade américaine, les agents se font progressivement massacrés : Jack Harmon (Emilio Estevez) le spécialiste du piratage informatique est écrasé par un ascenseur, Jim se fait tirer dessus et tombe dans une rivière, Sarah Davis (Kristin Scott Thomas) est poignardée et la voiture d’Hannah (Ingebora Dapkunaite) explose.

Seul Ethan Hunt (Tom Cruise) le transformiste échappe au massacre et contacte sa hiérarchie qui lui donne rendez vous dans un restaurant.

Eugene Kittrigde (Henry Czerny) explique donc à Ethan que l’opération était un leurre destiné à faire sortir un agent double nommé Job dans leur propre équipe.

Ethan étant le seul survivant, il devient le principal suspect.

Mais il parvient à s’extraire du piège en utilisant un chewing gum explosif qui fait exploser le restaurant.

Avec Claire (Emmanuelle Béart) la femme de Jim autre miraculée de l’opération, Ethan contre attaque et fixe un rendez vous par email au commanditaire de Job.

Il rencontre donc Max (Vanessa Redgrave), une femme à la tête d’une organisation secrète concurrent qui cherche à mettre la main sur la véritable liste des agents doubles.

Après une légitime mise à l’épreuve, Ethan négocie 10 millions de dollars pour lui apporter et contacte ensuite deux experts en piratage : Franz Krieger (Jean Reno) et Luther Stickel (Ving Rhames).

La mission à hauts risques consiste à dérober les données en plein cœur d’un centre ultra sécurisé de la CIA situé à Langley (Etats-Unis).

Le quatuor parvient à ses fins après une audacieuse manœuvre combinant piratage informatique réalisé par Stickel et prouesses physique d’Ethan qui télécharge les fichiers suspendu par des filins dans une salle truffée de détecteurs (température, pression) ultra sensibles.

Lorsque Donloe (Rolf Saxon) l’employé principal drogué par Claire revient, il ne peut que constater les dégâts.

Furieux, Kittridge fait arrêter les parents de Jim pour de fausses accusations de trafic de drogue.
Ethan l’appelle donc depuis une cabine téléphonique londonienne mais raccroche avant d’avoir pu être localisé.

A sa grande surprise il tombe sur Jim qui lui explique une histoire invraisemblable pour justifier le fait qu’il soit encore vivant.

De plus en plus méfiant sur ses « associés » notamment le trouble Krieger, Ethan fixe  un rendez vous à Max dans le TGV Paris-Londres avec les hommes de Kittridge à ses trousses.

Alors que la chef criminelle télécharge les précieuses données, Ethan se rend dans le wagon à bagage récupérer son argent et comprend que Claire était de mèche avec Jim qui était Job, l’agent infiltré responsable de la mort des siens.

Claire est tuée dans une lutte confuse tandis qu’Ethan poursuit Jim sur le toi du train.

L’action culmine dans cette lutte à plus de 300 km/h avec Krieger allié également de Jim qui cherche à le récupérer avec un petit hélicoptère.

Finalement Jim et Krieger sont tués dans l’explosion de leur machine.

Réintégrés et promus, Ethan et Luther sont les grands gagnants de l’histoire.

En conclusion, « Mission impossible » est l’archétype du blockbuster des années 90 construit pour une rentabilité maximum : présence de la superstar Tom Cruise et de scènes d’actions spectaculaires (jeux avec les filins, bagarre sur le toit du TGV).

Qu’importe au fond si l’intrigue tarabiscotée soit des plus improbables, si les matériels informatiques massifs prêtent aujourd’hui à sourire, seule compte l’action et l’emballage…

Très européen (Prague, Londres) voir français avec la présence deux stars hexagonales, « Mission impossible » lança une franchise transformant une sympathique série un peu datée des années 60 en grosse machine à fric.

Même si on n’adhère pas forcément à ce type de cinéma, on en reconnaitra une certaine efficacité.

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22 octobre 2016 6 22 /10 /octobre /2016 08:57

Dernier épisode de la saison 1 avec « Daredevil, saison 1, épisode 13 ».

L’enterrement de Ben Urich (Vondie Curtis Hall) assassiné par Wilson Fisk (Vincent D’Onofrio) est une prise de conscience de la dangerosité de celui qui se prétend toujours comme le bienfaiteur de Hell’s kitchen.

Avec une Vanessa Marianna (Ayelet Zurer) enfin remise sur pied, Fisk questionne cette fois directement Leland Osley  (Bob Gunton) a propos de la défection soudaine de Madame Gao (Wai Ching Ho), et de mystérieux trous dans sa comptabilité.

Acculé et mal à l’aise, Osley finit par avouer sa culpabilité dans le détournement de fonds et la tentative d’assassinat de Vanessa.

Mais loin de se démonter, il exerce un violent chantage en révélant tenir l’agent Hoffman (Daryl Edwards) en gage de sa survie.

Osley exige de quitter le pays avec la moitié de la fortune de Fisk en échange de la livraison de Hoffman.

Furieux, Fisk se rue sur le vénéneux comptable et le tue à mains nues malgré une petite arme électrique d’auto défense.

Dans la foulée il lance une opération d’envergure pour retrouver et tuer Hoffman.

Réconcilié avec Foggy (Elden Henson), Murdock (Charlie Cox) se rapproche du sergent Brett Mahoney (Royce Johnson) l’un des rares policiers intègres du commissariat et surprend une conversation entre flics ripoux a propos de la traque d’Hoffman.

Aidé par Foggy qui a obtenu de sa maitresse avocate Marci Stahl (Amy Rutberg) des documents compromettant sur Fisk, Karen (Deborah Ann Woll) localise le lieu possible ou serait détenu Hoffman.

C’est sous le masque de Daredevil que Murdock se rend dans un vieil entrepôt et met KO les policiers chargé de tuer Hoffman.

Apeuré, le vieil agent est contraint par Daredevil de témoigner contre Fisk sous la protection de Mahoney qu’il juge sur, Murdock et Nelson  se chargeant personnellement de sa défense.

Alors que les interpellations de truands, policiers, journalistes et même sénateurs ripoux pleuvent sous l’égide du FBI, Murdock, Foggy et Karen fêtent leur victoire… cependant de courte durée.

En effet, Fisk a payé des gardes pour prendre d’assaut le fourgon du FBI qui le transporte.

La fusillade spectaculaire attire l’attention des médias et Daredevil se rend sur place avec un nouveau costume renforcé confectionné par Melvin Potter (Matt Gerald)

Alors que Fisk évacue Vanessa et lui promet de la revoir, Daredevil lui tombe dessus et l’isole dans une ruelle.

Le combat est acharné et Fisk manque de tuer Daredevil mais finit par triompher.

Epuisé, il livre le Caïd inconscient à Mahoney et s’évapore dans la nuit…

En conclusion, « Daredevil, saison 1, épisode 13 » conclue enfin la première saison par un épisode fort, intense et rythmé avec un mano à mano dantesque entre Daredevil et le Caïd.

A force d’opiniâtreté, le trio Page-Nelson-Murdock finit par faire tomber le magnat du crime qui voulait remodeler Hell’s kitchen mais la stricte application du droit se trouve prolongée par l’action du justicier masqué que même Foggy finit par accepter.

Avec un nouveau costume et une détermination renforcée, Daredevil éclot donc comme un authentique super héros se posant comme défenseur et symbole de Hell’s kitchen et par extension New-York.

Au final une première saison efficace à défaut d’être géniale, sans nulle doute en raison d’une sous exploitation du potentiel des personnages de l’univers de Daredevil et par un acteur principal manquant un tantinet de charisme…

Partant pour la saison 2 ? Possible.

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21 octobre 2016 5 21 /10 /octobre /2016 22:17

Star des années 80/90 dans des films d’actions certes peu subtiles mais plutôt efficaces, Steven Seagal vieillissant et grossi souffre dans les années 2000 d’une désaffection du public et ne tourne plus que pour le marché du Dvd des films à bas cout tournés en Europe de l’Est.

Sorti en 2005, « Pièges en eaux profondes » d’Anthony Hickox met en scène le personnage de Chris Cody (Steven Seagal) un ancien navy seal qui est extirpé de sa prison avec toute son équipe pour arrêter Adrian Lehder (Nick Brimble) un savant criminel américain ayant capturé des soldats américains en Uruguay pour mener d’étranges expériences de contrôle de la pensée.

Cody doit faire équipe à contre cœur avec la spécialiste Susan Campbell (Christine Adams) et avec l’agent Fletscher (William Hope) qui le chaperonne et se fait parachuter depuis un porte-avions avec ses braves dans une base secrète soigneusement gardé par des hommes armés jusqu’aux dents du colonel Jorge Hilan (Niki Sotirov).

Avec Damita (Alison King) une sulfureuse locale, Cody est ses hommes éliminent silencieusement les soldats tandis que Chef (P.H Moriarty), Luis (Stephen Taylor) et O’Hearn (Adam Fogerty) investissent un vieux sous marin en vue d’évacuer les détenus américains.

L’assaut se termine en bataille rangée dans les sous sols mais malgré ses pertes Cody parvient à détruire un tank et à liquider les gardes.

Henry (Vinnie Jones) le bras droit de Cody libère le Colonel Sharpe (Gary Daniels) et un de ses soldats sans se douter que Lehder leur a déjà modifié le cerveau à l’aide de ses traitements.

Les survivants embarquent dans le sous marins mais doivent faire face à une mutinerie des deux prisonniers.

Blessé à mort Chef parvient néanmoins à manœuvrer le sous marin pour faire surface tandis que Cody est obligé d’éliminer les deux soldats.

La suite de la mission consiste à empêcher l’abominable Lehder qui a trouvé refuge à Montevideo avec l’appui du traitre Fletscher et de l’appui d’un certain d’un industriel argentin Alessandro Sandro désireux d’assassiner le président uruguayen.

Mais trop mégalomane pour être contrôlé, Lehder retourne la situation en sa faveur pour faire cavalier seul avec ses inventions.

Le dénouement a lieu à l’opéra, que Cody et le reste des son équipe investissent après avoir pris la place de l’ambassadeur des Etats-Unis Ron Higgins (William Tapley).

Face à un public devenu fou tirant sur le président de l’Uruguay, Cody prend tous les risques et parvient à déjouer l’attentat mais ne peut malheureusement empêcher la mort de son fidèle Henry.

Dans sa lancée, Cody qui a réussi à localiser l’imprudent Lehder, le tue alors qu’il tente de fuite en hélicoptère et liquide dans la foulée le trop gourmand Fletscher libérant du même coup Campbell contrainte à coopérer avec le traitre.

Au final affranchis de leurs peines et plus riches d’une prime gouvernementale, Cody, Luis et Damita goutent un repos bien mérité dans un cadre de vacances au soleil même si l’attitude de Campbell se montre des plus ambigües.

En conclusion vous l’aurez compris « Piège en eaux profondes » est un affreux navet au scénario aussi débile que tendancieux utilisant opportunément le titre des plus grands succès de Steven Seagal pour rameuter un public l’ayant depuis belle lurette déserté.

Malgré la présence du gonflé Vinnie Jones dont la sale gueule colle parfaitement à son rôle de gros bras et de la sexy brunette Alison King, Seagal grossi et fatigué est à la peine dans des scènes d’action mille fois vues et surtout grotesques dans une vision bien clichesque et peu reluisante de l‘Amérique du sud…

Pas grand-chose à sauver dans ce film catastrophique à réserver pour les derniers inconditionnels de la légende de l’aïkido…

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19 octobre 2016 3 19 /10 /octobre /2016 23:51

Depuis 2001, l’Afghanistan est devenu un des pays les plus cités dans l’actualité.

Aussi à l’heure d’une grande offensive pour libérer la ville de Mossoul du joug de Daesh en Irak, me suis-je intéressé à « Le royaume de l’insolence, l’Afghanistan 1504-2011 » du spécialiste américain Michael Barry.

Sorti en 2011, cet ouvrage massif découpé en cinq parties commence par un récit très personnel de l’auteur qui en tant qui enquêtait personnellement sur un crime de guerre perpétré par les soldats soviétiques en 1982 dans la province du Logar à l’Est de l’Afghanistan.

L’exemple de Padkhwab-e Shana, petit village perché dans les montagnes, dans lequel la population réfugiée dans les sous terrains d’irrigation pour échapper aux massacres fut brulée vive illustre de manière frappante la férocité du conflit Russo-Afghan des années 1979-1989.

Car si l’histoire de l’Afghanistan jouit d’un riche passé avec la présence dans l’Antiquité de civilisations bouddhiques et grecques puis jusqu’à la fin du XX ième siècle du soufisme, la branche la plus ouverte de l’Islam, le lecteur constatera bien vite que ce pays coincé entre les super puissances russes, iraniennes et indiennes fut surtout marqué par un niveau de violence proprement hallucinant et aboutissant à un basculement progressif vers un Islam sunnite des plus intransigeants inspiré des doctrines wahhabite égyptiennes et saoudiennes.

Composés majoritairement de Pashtounes, Tadjiks puis Hazaras chiites, les Afghans sont un peuple de paysans fonctionnant en complexes structures tribales qui revendiquent une farouche résistance aux puissances étrangères colonisatrices.

Cette résistance cimentée par un nationalisme et une religiosité exacerbés en cas d‘agression extérieure, ce manifeste une première fois au XVII ième siècle lorsque plusieurs rebellions des montagnards du Yaghestan face à l’autorité du Grand Moghol indien et du Shah d’Iran provoquent des guerres qui aboutissent à la création de l’Afghanistan sur lequel règne de Ahmad Shah.

Mais le souligne Barry, à chaque fois que les tribus afghanes s’unissent pour vaincre un ennemi commun venant de l’étranger, la phase ultérieure fait apparaitre d’insolubles divisions tribales entretenus par le viril code de l’honneur pashtoun, qui encourage les sanglantes et interminables vendettas.

Puis au XIX ième siècle, ce pays contrasté très montagneux à l’Est, aride au Sud-Ouest se trouve disputé par les deux grandes puissances coloniales de l’Angleterre et de la Russie dans ce que les historiens ont appelé le Grand Jeu.

Soucieux de préserver les Indes coloniales face à l‘inquiétant expansionnisme des tsars en Ouzbékistan, les Anglais interviennent régulièrement en Afghanistan, réussissent à prendre les villes principales mais échouent à chaque fois à mettre en place un pouvoir central rapidement renversé par les terribles révoltes des tribus
qui exploitent à merveille les zones de haute montagne du Yaghestan.

Les retentissantes défaites militaires anglaises dopent le moral des combattants afghans déjà réputés pour leur férocité et leur mépris de la mort.

Seul l’habile émir Abdur Rahman Khan, fin tacticien et cruel despote, parviendra à jouer à merveille un jeu d’alliance subtile avec l’Angleterre contre la Russie pour gouverner le pays tel qu’il doit l’être, en étant reconnu comme un pouvoir central non inféodé aux étrangers fournissant assez de marge de manœuvre aux tribus locales misérables administrés en provinces par des gouverneurs locaux.

Lorsque le Russie devient l’URSS, le Grand Jeu prend une autre tournure avec en toile de fond la vision civilisatrice du communisme qui touche une certaine élite afghane.

Le roi Amanollah se rapproche de Lénine et conclue avec lui un traité en 1920 établissant une alliance militaire et économique entre les deux pays.

Mais la politique d’ouverture internationale d’Amanollah provoque une révolte tribale et l’effondrement de son régime dont profite les Anglais pour placer un homme fidèle à leur cause, le général Nader.

Resté étrangement neutre pendant la Seconde guerre mondiale, l’Afghanistan est affecté par la création du Pakistan, formé après la partition de l’Empire des Indes en 1946 et massivement soutenu par les Etats-Unis.

De son coté, l’URSS se place donc logiquement en faveur de l’Afghanistan en soutien de revendications des territoires pashtoun écartelés de part et d’autres de la nouvelle frontière entre les deux pays.

Cette influence soviétique pousse à l’éclosion de mouvements communistes qui se heurtent aux intégristes musulmans

En 1973, Mohamed Daoud Khan prend le pouvoir après un coup d’état et établit une dictature militaire mais est assassiné en 1978 par les communistes qui placent les fondateurs du parti communiste afghan, Nour Mohamed Taraki, Babrak Karmal, et Hafizollah Amin à la tête d’un nouveau gouvernement inféodé à l’URSS.

Ensembles les trois hommes appliquent un traitement d’un radicalisme surprenant en torturant et en massacrant tous ceux qui s’opposent aux réformes communistes.

Le soulèvement des tribus offensées par les attaques contre la pratique de l’Islam force l’Armée rouge à intervenir militairement en 1979 et opérer d’horribles massacres dans les villages rebelles.

Les Russes ont l’avantage de 1980 à 1986 établissant des forteresses dans les grandes villes et usant la résistance afghane à cours de raids exterminateurs, avant que les Etats-Unis et les Anglais ne fournissent aux moudjahidins des missiles sol air Stinger et Blowpipe mettant fin à leur suprématie aérienne.

Les Russes perdent alors un hélicoptère par jour et des hommes pris en embuscades par des montagnards fanatisés maitrisant à merveille les étroits défilés montagneux du Yaghestan.

En 1989, Mikhaïl Gorbatchev décide du retrait de l’Armée rouge mais les communistes afghans de l’armée de Nadjibollah au pouvoir se sachant condamnés par la justice expéditives des combattants musulmans, résisteront pendant de longues années afin de négocier le

L’effondrement de la puissance soviétique laisse la place aux Etats-Unis qui misent sur le Pakistan état habité par une culture raciale guerrière et élitiste pour contrôler ce pays jugé arriéré et ingouvernable.

Mais ils commettent une erreur stratégique majeure en fermant les yeux sur les dérives intégristes du Pakistan qui propagent un islam wahhabite d’obédience saoudienne se repliant sur une vision étriquée et rétrograde de la religion.

En Afghanistan ce mouvement est porté par Go Ba Din Herkmatyar et puise ses forces vives dans l’ethnie pasthoune fanatisée par les écoles coraniques de leurs cousins pakistanais.

Les heurts avec l’Alliance du nord dirigée par le commandant Massoud, musulman modéré fédérant les Ouzbeks, Hazaras et les Tadjiks, l’autre ethnie majeure du pays sont terribles entravent toute reconstruction du pays de 1992 à 1996, date ou le mouvement ultra radical des talibans armés par le Pakistan, prennent le pouvoir.

Barry souligne avec justesse l’aveuglément des Etats-Unis qui ont laissé prospéré au sein des talibans l’organisation terroriste Al Quaida dirigée par le milliardaire saoudien Oussama Ben Laden.

C’est finalement l’exportation de la violence hors du territoire afghan par l’idéologie folle et nihiliste d’Al Quaida avec l’apothéose du 11 Septembre 2001 qui força les Etats-Unis a enfin réagir pour faire chuter le régime des talibans.

Avec la mort de Massoud assassiné avant le 11 Septembre, l’Afghanistan perd donc un brillant chef de guerre et l’espoir d’une union nationale incarnée par un musulman modéré ouverts à des idées relativement progressistes.

Après le 11 Septembre, le Pakistan est soumis à la pression des Etats-Unis et malgré une opinion publique hostile, doit accepter de lacher ses encombrants alliés et de préter assistance aux troupes de l’OTAN qui débarquent en Afghanistan.

Meme si les talibans furent vaincus et Oussama Ben Laden assassiné en 2011, la reconstruction de l’Afghanistan peut etre aujourd’hui considérée comme un échec : en cause la tenacité de poches de résistances des talibans toujours soutenus en sous main par l’ambigu « allié » pakistanais qui pratique un double jeu embarassant dans le but de rester maitre d’un état qu’il voit comme vassalisé, la virulence des attentats contre les pouvoirs publics ou tous les représentants des pays étrangers régulièrement pris pour cible par les terroristes et enfin l’inefficacité d’une politique de développement gangréne par la corruption endémique du gouvernement d’Hamid Karzai et des gouverneurs locaux.

Englué dans la violence et l’archaisme, l’Afghanistan stagne et semble se replier davantage sur lui-meme après avoir découragé les Etats-Unis près finalement à accepter confier une partie du pouvoir aux talibans si ceux-ci se détachaient d’Al Quaida, jeu à haut risque qui aboutirait probablement à une répétition de la situation de la fin des années 90.

En conclusion, « Le royaume de l’insolence, l’Afghanistan 1504-2011 » est un ouvrage passionnant écrit par un expert de terrain capable de décrypter le mécanismes profonds d’un pays au final desesperant…

Très sombre mais en meme temps réaliste dans son analyse, Michael Barry dresse le portrait d’un pays par nature fier et insoumis mais aussi profondément divisé et incapable de toute organisation collective susceptible de le faire progresser.

Etat tampon sous dévéloppé et sous estimé, l’Afghanistan a été la proie de convoitises de super puissances anglaises puis russes ayant abouti à des guerres terribles, une désorganisation totale et à la poussée des mouvements les plus fascistes de tous les temps celui des talibans dont les tortures sadiques et la privation de droits des femmes constituèrent les prémices d’une menace encore plus grande : l’éclosion du terrorisme mondial que la poussée de Daesh aujourd’hui a presque fait oublier.

Tout en déplorant la dérive présente, Barry ne manque pas de souligner la responsabilité du Pakistan et des Etats-Unis dans le situation catastrophique actuelle.

Et on ne peut donc s’empecher de penser qu’avec un Massoud au pouvoir les choses auraient pu etre différentes…

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16 octobre 2016 7 16 /10 /octobre /2016 09:45

La fin de la première saison se rapproche avec « Daredevil, saison 1, épisode 12 ».

Ici, Karen (Deborah Ann Woll) peine à se remettre du meurtre en légitime défense de Welsey (Toby Leonard Moore) et se débarrasse de l’arme de ce dernier.

Perturbée, elle parle ensuite à Foggy (Elden Henson) puis à Matt (Charlie Cox) qui devine un problème lorsqu’elle leur fait part de son désir de laisser tomber la lutte.

Une fois Vanessa Marianna (Ayelet Zurer) tirée d’affaire, Wilson Fisk (Vincent D’Onofrio) commence à se préoccuper du sort de son bras droit et finit par le retrouver.

Sa douleur est immense et se matérialise par un passage à tabac de Françis (Tom Walker), le chef des gardes du corps.

Leland Osley (Bob Gunton) parvient in extremis à raisonner la brute tapie derrière l’homme d’affaires pour continuer la grande œuvre de rachat de Hell’s kitchen entreprise.

L’origine des commanditaires reste toujours mystérieuse mais Daredevil décide après une discussion avec Urich (Vondie Curtis Hall) de frapper Fisk à une des sources de ses revenus : le trafic de la drogue sortie des laboratoires de Madame Gao (Wai Ching Ho), une des chefs des triades new yorkaise.

Daredevil piste un réseau d’aveugles chinois utilisés pour acheminer et produire la drogue.

Une fois dans l’usine clandestine, il découvre que les Chinois ont eu les yeux brulés et que les malheureux vouent une fidélité à toute épreuve à leurs bourreaux.

Daredevil fait néanmoins exploser l’usine après avoir neutralisé les gardes et fait sortir les travailleurs.

Mais comme pour Page, le dégout que lui inspire le crime organisé de Hell’s kitchen effrite sa détermination.

Vaincue, Madame Gao rencontre Osley et met à jour une entente commune en vue d’éliminer Vanessa, jugée perturbatrice vis-à-vis du Caïd.

Madame Gao décide de se replier prudemment vers son pays et laisse Osley face à ses trahisons/problèmes.

Fisk interroge sa mère (Phyllis Somerville) à propos du meurtre de Wesley et remonte la piste d’Urich, qui viré du Daily Bugle par son directeur Ellison (Geoffrey Cantor), acheté par l’argent sale du Caïd, décide de jouer les francs tireurs sur Internet.

Le malheureux journaliste ne peut aller au bout de sa démarche puisque Fisk le tue de ses propres mains…


En conclusion, « Daredevil, saison 1, épisode 12 » accélère le rythme des règlement de comptes avec le meurtre du charismatique Ben Urich, journaliste devenant potentiellement trop gênant pour Fisk.

Urich n’aura finalement pas été d’un grand impact dans la série, se contenant de ressasser son passé de journaliste d’investigation pour mieux constater son impuissance présente.

On constate également un net recul chez Page et Daredevil, comme si ils se montraient inaptes au final à mener le combat face à une force les dépassant.

Difficile de s’enthousiasmer sur ce douzième épisode qui patine sévère… peut être un problème dans le casting, le scénario ?

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15 octobre 2016 6 15 /10 /octobre /2016 18:42

Spécialiste des films d’actions, Peter Berg sort en 2013 « Du sang et des larmes » d’après l’histoire vraie d’une opération Red wings en 2005 des Navy seals américains contre les talibans afghans.

Le spectateur est immédiatement mis dans le bain du processus de recrutement des Seals américains, les commandos de la Marine, soumis à un entrainement physique et mental à la limite de l’inhumain.

A Bagram en Afghanistan, quatre seals sont envoyés en mission dans un village des montagnes pour localiser Ahmad Shah (Yousouf Azami) et son bras droit Tarak (Sammy Sheik) des chefs talibans responsables de la mort de d’une vingtaines de soldats américains.

La mission est difficile puisque les quatre hommes doivent se faire déposer par hélicoptère dans une zone montagneuse et localiser Shah qui vit entouré d’une petite armée.

Le capitaine Kristensen (Eric Bana) supervise l’opération depuis Bagram tandis que Marcus Litell (Mark Wahlberg), Mickael Murphy (Taylor Kistch), Danny Dietz (Emile Hirsch) et Matthew Axelson (Ben Foster) se rapprochent du village.

Ils parviennent à localiser Shah rendu distinctif par une oreille coupée mais sont surpris par des bergers, un vieil homme et ses deux enfants.

Les bergers sont ligotés mais le petit groupe se déchire sur la conduite à tenir, Matthew voulant les liquider tandis que Marcus s’y oppose.

Après de longues tergiversations, les seals acceptent de les laisser partir et se replient pour se faire rapatrier.

Mais la montagne qu’ils avaient identifiée n’est pas assez haute et Murphy chargé des télécommunications ne parvient pas à appeler les hélicoptères.

Les quatre hommes décident alors de se replier dans les sous bois mais sont pris en chasse par les hommes de Shah, de redoutables combattants talibans rompus à la lutte de montagne.

Le combat est terrible et même si les seals combattent vaillamment en tuant bon nombres de leurs ennemis à l’aide de leurs fusils d’assaut, ils finissent invariablement par être submergés.

Blessés par balle, les seals se trouvent acculés en haut d’une montagne et se jettent dans le vide pour leur propre survie.

Malheureusement Dietz trop blessé pour sauter à temps est rattrapé par les talibans et personnellement tué par le cruel Tarak.

Courageusement, Murphy se met à découvert pour tenter de contacter les renforts afin d’être localisé.

Il meurt criblé de balles après avoir réussi à appeler un opérateur qui alerte Kristensen.

Deux hélicoptères Chinhook de transport de troupes sont envoyés sur site mais sans les Appaches escorteurs retenus par une mission plus urgente.

L’un d’entre eux est détruit par une roquette et l’autre doit se replier en catastrophe.

Marcus et Matthew sévèrement blessés et affaiblis doivent donc se débrouiller seul.

Le courageux Matthew lutte jusqu’à la mort tuant un maximum d’adversaires avant d’être abattu.

Désespéré et acculé, Marcus est alors miraculeusement recueilli par un père de famille afghan nommé Mohamed Gulab (Ali Suliman).

Malgré la méfiance, Marcus le suit et se trouve hébergé dans un village pashtoun.

Il est soigné, nourri et vêtu.

Mais Tarak  et ses hommes retrouvent sa trace, fouillent le village et l’arrachent à ses protecteurs.

Marcus est encore une fois sauvé par les hommes de villages qui n’hésitent pas à prendre les armes pour empêcher sa décapitation.

Tarak se replie tout en proférant des menaces de représailles.

Marcus parvient à faire envoyer une carte à un camp américain pour donner sa localisation et sympathise avec le fils de Gulab, un gentil petit garçon.

Le retour de Tarak est néanmoins sanglants et ses hommes en surnombre et puissamment armés de lance roquettes, mitrailleuses et grenades prennent inexorablement le dessus sur les courageux villageois.

Mais les Appaches arrivent enfin et éliminent les talibans à l’aide de leurs bombes et mitrailleuses.

Tarak est tué dans un corps à corps avec Gulab…

Marcus est évacué dans un état critique mais survit, plein de reconnaissance pour son sauveur..

En conclusion, « Du sang et des larmes » est un film fort 100% adrénaline montrant la lutte à mort pour la survie d’une poignée d’hommes repoussant sans cesse leurs limites face à une nature et des adversaires hostiles.

Nul psychologie ou finesse à atteindre donc de ce film d’action tout en testostérone qui nuance malgré tout quelque peu le coté brutal et sanguinaire des afghans.

Rehaussé par l’inspiration de faits réels et par l’insertion de photos et vidéos des réels protagonistes de l’aventure, pour la plupart décédés avant leurs trente ans, « Du sang et des larmes » s’impose comme un film intense et rythmé destiné à un public essentiellement masculin.

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Published by Seth - dans Guerre
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15 octobre 2016 6 15 /10 /octobre /2016 08:27

Dans « Daredevil, saison 1, épisode 11 » , Wilson Fisk (Vincent D’Onofrio) se précipite à l’hôpital le plus proche pour porter secours à sa compagne Vanessa Marianna (Ayelet Zurer) intoxiquée lors de la soirée de gala.

Flanqué de Welsey (Toby Leonard Moore) le Caid n’en mène pas large et concentre toute son énergie pour tenter de sauver son amour au grand énervement de Leland Osley (Bob Gunton) plus préoccupé par le business et sa propre personne.

En l’absence du boss, Wesley prend alors les commandes et charge Leland de questionner Madame Gao (Wai Ching Ho) afin de déceler d’éventuelles traces de son implication dans cette attaque.

De son coté, Daredevil (Charlie Cox) toujours mal en point après la dérouillée que lui ont infligé le tandem Nobu (Peter Shinkoda), /Fisk, se fait soigner de nouveau par Claire (Rosario Dawson) et lui avoue son amour lorsqu’elle lui annonce quitter la ville pour quelques temps.

Le super héros se soigne en méditant, dialoguant avec le père Lantom (Peter Mc Robbie) pour lui avouer se sentir posséder par un « démon » intérieur puis de manière plus pragmatique retourne dans les rues persécuter le malheureux voyou Turk Barrett (Rob Morgan) pour obtenir l’adresse de l’homme qui a crée une veste de combat à Fisk.

Daredevil trouve enfin Melvin Potter (Matt Gerald), le tailleur un peu simplet de Fisk qui se révèle un redoutable combattant au corps à corps.

Après l’avoir neutralisé non sans peine, Daredevil comprend que Potter est contraint de travailler pour Fisk et fait pression pour qu’il lui fournisse également un costume de combat lui permettant de survivre aux blessures par armes blanches ou à feu.

La brouille avec Foggy Nelson (Elden Henson) continue, celui-ci refusant d’en révéler à Karen (Deborah Ann Woll) la raison.

Désemparée, la jeune femme subit également les réticences d’Urich (Vondie Curtis Hall) pour publier un article sur le passé criminel de Fisk sur la foi du simple interrogatoire de sa mère Marlene, une vieille femme à présent.

Mais elle ignore que Marlene a prévenu Wesley de la visite de Page et Urich.

Wesley décide de régler seul le problème en laissant le Caid et Vanessa sous bonne garde.

Il assome Karen, la drogue et la séquestre.

Lorsqu’elle se réveille il lui propose une ultime médiation pour qu’elle se taise et devant son refus farouche la menace de mort après avoir tué ses proches un par un.

Alors que le Caid rassuré sur la survie de Vanessa, cherche à joindre son second au téléphone, Karen retourne la situation, tire sur Wesley et le tue.
En conclusion, « Daredevil, saison 1, épisode 11 » progresse encore davantage dans le récit avec un héros toujours aussi vulnérable psychologiquement et physiquement qui décide enfin de moins se focaliser sur ses dons et de se professionnaliser pour sa propre survie face aux menaces redoutables qu’il affronte.

La mort de Wesley, personnage ultra charismatique, presque autant que Fisk est une véritable surprise, la fade Karen se montrant dans cet exercice réellement surprenante.

Pour le reste on appréciera l’introduction cette fois plus nette du personnage de Potter, qui jouera un rôle non négligeable dans les aventures de l’homme sans peur.

Un bon rythme de croisière en quelque sorte même si on attend toujours en vain l’étincelle qui enflammera la série !

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9 octobre 2016 7 09 /10 /octobre /2016 08:46
Furie (Brian de Palma)

Je n’avais jamais vu « Furie » de Brian de Palma aussi ce film bien barré de 1978 éveillait il ma curiosité.

« Furie » débute au Moyen-Orient avec l’attaque au fusil mitrailleur par un commando d’un père américain Peter Sandza (Kirk Douglas) et de son fils Robin (Andrew Stevens) qui étaient paisiblement attablés sur une plage pour discuter de leur avenir.

Par miracle, Peter échappe à l’agression qui fait exploser le petit bateau dans lequel il tentait de fuir et effectue un tir de représailles sur Ben Childress (John Cassavetes) son collègue de la CIA qu’il s’apprêtait à quitter.

Malheureusement Robin qui croit fermement avoir perdu son père est rapatrié aux États-Unis dans un institut spécialisé pour exploiter un mystérieux don qu’il possède, le tout sous la supervision de Childress.

Déterminé à retrouver son fils à Chicago, Peter s’arrange pour aller aux États-Unis.

Il mène une vie d’homme traqué par l’organisation de Childress… doit fuir et se déguiser pour échapper à ses poursuivants.

Toujours à Chicago, une jeune femme appelée Gillian (Amy Irving) est repérée par les hommes de Childress car elle semble comme Robin disposer de pouvoir télépathiques, ce qui lui permet de lire les pensée des gens et les faire saigner à distance le plus souvent involontairement.

Gillian est elle aussi prise en charge par le Dr Jim Keever (Charles Durning) mais ses pouvoirs psychiques lui font prendre conscience de la violence dont a été victime Robin dans ces même lieux.

Le potentiel de Gillian séduit en revanche Childress qui aimerait l’utiliser pour en faire une arme psychique…

L’acharnement de Peter finit par payer puisque Hester (Carrie Snodgress) sa petite amie travaillant dans l’institut pour enfants surdoués, lui confirme la présence de Gillian et le lien étrange qui semble l’unir à Robin.

Avec la complicité de la jeune femme, Gillian s’échappe et est prise en charge par Peter même si sa fuite spectaculaire cause plusieurs accidents et morts.

Peter et Gillian unissent leurs forces pour aller libérer Robin détenu dans une maison ultra sécurisée ou sa médecin particulière, Susan Charles (Fiona Lewis), le maintien sous son influence.

Mais le psychisme perturbé de Robin le rend instable et agressif, aussi bien pour le grand public que pour la doctoresse.

Devenu incontrôlable il torture sa maitresse et la tue après l’avoir mise en lévitation.

Peter pénètre juste à temps dans la maison et tente de raisonner son fils, ne recueillant que la haine de celui-ci.

Gillian intervient pour bloquer les pouvoirs de Robin qui meurt dans une chute malheureuse après avoir voulu frapper une dernière fois son père.

Alors que Childress tente de la récupérer, Gillian se rebelle et fait exploser son bourreau dans une ultime scène spectaculaire…

En conclusion, « Furie » fait partie de ses films un peu datés des années 70 qui tentaient d’explorer le paranormal.

Misant sur quelques scènes d’actions bien ficelées, sur la présence du déjà vieillissant mais toujours en forme Kirk Douglas et sur des effets spéciaux gore aujourd’hui un tantinet ridicules et dépassés, « Furie » se regarde aujourd’hui comme une curiosité d’un autre temps…

A réserver aux fans de fantastique et Brian de Palma , réalisateur pour moi largement surestimé.

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8 octobre 2016 6 08 /10 /octobre /2016 14:14
Pigalle, le roman noir de Paris (Patrice Bollon)

Ville dont l’histoire passionne, Paris est ici mise à l’honneur dans « Pigalle, le roman noir de Paris », ouvrage documentaire illustré en noir et blanc du journaliste Patrice Bollon paru en 2004.

Le parti pris est ici de s’intéresser à l’histoire de ce quartier de fêtes et de crimes qui attira tant d’artistes (peintres, écrivains, cinéastes) fascinés par cette particularité.

On évoque donc ici Toulouse Lautrec, Victor Hugo, Emile Zola, Henry Miller, Jacques Prévert, André Breton, Jean Genet, Django Reinhardt, Tino Rossi et Edith Piaf pour les plus connus d’entre eux.

Bollon débute par un épuisant exercice de définition concernant les limites géographiques forcément mouvantes du quartier entre le Sud plus calme du quartier qui descend vers Saint Georges jusqu’à l’église Notre-Dame-de-Lorette et le Nord, celui des boites de nuits du boulevard de Clichy, de la place Blanche et de la rue des Martyrs.

Une barrière invisible est alors délimitée avec les zones limitrophes de Montmartre plus artistique/touristique et Barbés ouvrier et populaire, une partie des Batignolles pouvant en revanche parfois s’y rattacher.

Au fil du temps, Pigalle qui n’était au départ qu’une zone de champs et de marécages, puis un parc d’attraction en bordure de Paris devint à partir des XVIII et XIX ième siècle le quartier plutôt bourgeois de la Nouvelle Athènes ou s’établissent des artistes renommés de l’époque : Dumas, Gautier, Nerval, Berlioz, Zola et le courant des peintres impressionnistes (Degas/Manet/Renoir)

Déjà les prostituées ou assimilées, appelées « lorettes » ou « grues » se font entretenir par leurs riches protecteurs…

Le quartier s’étend davantage avec construction des grands boulevards, ponts et surtout métro ouvert en 1903.

Mais Pigalle se fait d’abord connaitre par ses lieux de nuits dont les plus célèbres sont le Moulin rouge, l’Elysée Montmartre, la Boule noire et la Cigale ou on y vient s’encanailler jusqu’au bout de la nuit dans les bals populaires ou se mêlent ouvriers, bourgeois aventuriers, mauvais garçons et filles faciles.

Seul le Chat noir se distingue par une clientèle plus sélective.

Paradoxalement, Pigalle étant à présent dans Paris présente une sécurité supérieure par rapport aux zones périphériques de la ville, repaire de bidonvilles insalubres et dangereux.

A Pigalle, les cabarets fleurissent avec une tendance prononcée pour le clinquant voir le mauvais gout (l’Enfer, le Paradis, le Rat mort, le Folies Pigalle, la Nouvelle Eve).

Les danseuses se déshabillent, lèvent la jambes ou font le grand écart mais se prostituent aussi après le spectacle.

Après la Première guerre mondiale, les années folles augmentent encore l’activité du lieu avec l’ouverture des cinémas dont le plus grand de l’époque le Gaumont Palace et ses 6000 places, de restaurants russes ou bars américains.

On y croise Mistinguett, Joséphine Baker ou Django Reinhardt et une grande liberté de mœurs s’établit vis-à-vis des homosexuels en particulier des travestis hommes ou femmes avec lieux de rencontre spécialisés.

Mais le montée en puissance des lieux de nuits s’accompagne du revers de la médaille avec l’arrivée de la pègre organisée à Pigalle luttant pour le contrôle du racket, de la prostitution et de la distribution de drogue.

Pendant la Seconde guerre mondiale, ce qu’on appelle le Milieu profite avec opportunisme de la présence des Allemands à Paris pour maximiser ses profits.

Dans cette période trouble, les truands sans morale frayent avec les hauts gradés de la Wehrmacht ravis de compter sur ses intermédiaires précieux dans le détournement de la production française vers l’Allemagne, mais retourneront aussi vite leur veste pour continuer leurs trafics avec les GI américains eux aussi avides de plaisirs nocturnes dans le Paris de la Libération.

Chef de la Gestapo française et véritable Parrain de Paris au sein italien du terme, Henri Chamberlain dit « Lafont » sera un symbole de cette étrange collusion entre gangsters et nazi.

Après guerre, les bandes de Corses et de Marseillais s’affrontent ensuite dans de sanglants règlements de comptes qui contribuèrent à la réputation de violence du quartier.

Certains figures du grand banditisme émergeront de cette période comme Emile Buisson, Pierrot le Fou, Joe Attia, Pierre Carrot ou Pierre Cucurru qui officiait jusqu’à son assassinat par un patron de bar récalcitrant comme juge de paix des conflits entre truands.

Dernière composante du quartier, le sexe fait également intégralement partie de l’histoire de Pigalle.

Derrière l’existence de prostituées et prostitués indépendants travaillant boulevard de Clichy pour rabattre leurs michetons dans les hôtels de passe miteux des alentours, se cachaient les proxénètes appelés « julots casse croutes » « souteneurs« « maquereaux » qui établissaient des relations complexes avec leurs filles, mélange de violence, attachement et protection.

Dans la hiérarchie du crime, les proxénètes eux-mêmes se faisaient parfois racketter par des truands de plus gros calibre, braqueurs ou tueurs plus chevronnés.

En guise de conclusion Bollon évoque quelques films autour de Pigalle, dont le célèbre « Bob le flambeur » de Melville, « Touchez pas au grisbi » de Jacques Becker, « Du rififi chez les hommes » de Jules Dassin ainsi que plusieurs adaptations des romans policiers de Georges Simenon qui avec Albert Simonin Auguste Le breton et le moins connu André Helena fut l’un des écrivains qui décrivit le mieux Pigalle.

En conclusion, « Pigalle, le roman noir de Paris » permet de mieux connaitre l’un des quartiers les plus singuliers et vénéneux de Paris, dont la réputation de fête, sexe et violence perdure aujourd’hui malgré une tendance comme dans toutes les zones chaudes de la capitale à l’embourgeoisement.

Pigalle reste pour moi la face sombre de Montmartre, artistique et charmante, celle ou on sort le soir et parfois fait des mauvaises rencontre.

A l’aide d’un important travail documentaire, Bollon explique l’évolution géographique et historique de Pigalle, détaillant minutieusement des lieux étonnants ou sulfureux aujourd’hui disparus ou remplacés par des commerces tout ce qu’il y a de plus banal.

Le plus grand plaisir est celui de contempler les vieilles photos d’époque en noir et blanc : les façades de cabarets disparus, les trombines de gangsters des années 50 portant beau à l’époque, les femmes dénudées et les transformistes…

On critiquera simplement l’introduction poussive détaillant Pigalle pratiquement rue par rue et les références souvent incomplètes comme le groupe de rock des années 90 ou la série française consacrée au quartier…

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8 octobre 2016 6 08 /10 /octobre /2016 11:01
Daredevil, saison 1, épisode 10 (Steven S Deknight, Drew Goddard)

Dans « Daredevil, saison 1, épisode 10 » , Foggy Nelson (Elden Henson) retrouve Daredevil (Charlie Cox) bléssé chez lui, le fait soigner par Claire (Rosario Dawson) et lui demande des comptes sur sa double identité.

Le dialogue vire à l’explication orageuse sur fond de flash backs narrant la rencontre des deux hommes à l’Université de droit aboutissant à une belle amitié et à un projet professionnel de deux avocats idéalistes.

Mal en point, Murdock justifie l’emploi de la violence par l’inefficacité dans certaines situations de l’application stricte de la loi, notamment vis-à-vis d’hommes puissants comme Wilson Fisk (Vincent D’Onofrio).

Tandis que les deux amis se disputent, Urich (Vondie Curtis Hall) se rend au chevet de sa femme malade et apprend que son assurance ne lui permet plus de couvrir ses soins.

Alors qu’on lui fait une proposition de promotion professionnelle au Daily bugle, Urich annonce à Karen (Deborah Ann Woll) qu’il se retire de l’enquête délicate sur les activités supposées frauduleuse de Fisk pour se consacrer aux soins de sa femme Doris (Adrian Lenox).

Après la mort de Nobu ((Peter Shinkoda), le parrain de New-York doit rendre des comptes à Madame Gao (Wai Ching Ho) et à Osley (Bob Gunton) qui lui reprochent d’être devenu négligent depuis sa rencontre avec Vanessa Marianna (Ayelet Zurer).

Alors que Karen parvient à trainer Urich dans une luxueuse maison de retraite pour lui présenter une vielle dame s’avérant en réalité la mère de Fisk, ce dernier voit une de ses multiples soirée de communication publique ou son invités des politiciens et des hommes d’affaires tourner au drame lorsque un poison est versé dans le champagne.

L’épisode se termine sur une vision de Vanessa, inconsciente la bave aux lèvres dans les bras d’un Fisk désespéré.

En conclusion, « Daredevil, saison 1, épisode 10 » tourne à un véritable face à face entre les deux amis avocats, sur fond d’amitié trahie et de justifications philosophiques sur l’emploi ou non d’un don au service de la justice lorsque le droit classique se montre inefficace.

De l’autre coté, Karen fait preuve d’une persévérance hors du commun pour conserver le vieux journaliste fatigué à ses cotés dans la lutte contre Fisk qui se montre lui-même étrangement vulnérable face à des ennemis mystérieux…

Daredevil, saison 1, épisode 10 (Steven S Deknight, Drew Goddard)
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