Overblog Suivre ce blog
Administration Créer mon blog
1 juin 2012 5 01 /06 /juin /2012 21:38

moving_pictures.jpg3

 

 

Faisant suite à un « Permanent waves » largement plus grand public et accessible, « Moving pictures » de Rush voit le jour en 1981.

Avec sa pochette conceptuelle, énigmatique et un brin incompréhensible, « Moving pictures » débute par « Tom Sawyer » qui bien que dénué de toute approche accrocheuse et plombé par de pesants synthétiseurs, réussit à tenir en respect en raison de son intensité.

Son successeur, « Red Barchetta » passe mieux en raison de son coté dynamique, épuré, aérien et fluide.

Les amateurs de belle musique sont ensuite comblés par « XYZ » vivant instrumental démontrant tout le savoir faire des musiciens.

Bien entendu, « Timelight » est agréablement mélodique mais bien gentillet et manquant de punch.

Plus long, complexe et alambiqué, « The camera eye » bénéficie d’une structure progressive intéressante garnie de longues plages instrumentales rappelant par instant certains morceaux d’Iron maiden.

Rush opte ensuite pour un tempo plus calme avec « Witch hunt » qui contient malgré tout une certaine ampleur en raison de ses parties de claviers imposantes.

Le dernier morceau du disque « Vital signs » surprend par son originalité, mélange de tempo lent quasiment reggae et de rock Zeppelien épique.

En conclusion, « Moving pictures » est à n’en pas douter un album tout à fait respectable.

Plus riche que son prédécesseur, il offre une musique vivante, élégante, mélodique et fluide.

Il lui manque cependant pour moi le coté bousculant, rageur et fiévreux des meilleurs groupe de hard rock.

Pour ces raisons, « Moving pictures » est un plaisir à réserver aux esthètes amateurs de sophistication, de beauté et de douceur.

Repost 0
Published by Seth - dans Progressif
commenter cet article
30 mai 2012 3 30 /05 /mai /2012 15:48

civil war4

 

 

Il était logique après avoir dévoré l’ouvrage de John Keegan que je me penche sur son pendant documentaire avec le monstrueux pavé appelé « The civil war » du cinéaste Ken Burns.

Ce documentaire de plus de onze heures diffusé en 2008 sur Arte est un prodigieux travail d’historien pour reconstituer le conflit de la guerre de Sécession qui ensanglanta les Etats Unis d’Amérique de 1861 à 1865.

Pour rendre l’ingestion plus commode, je vous propose donc de tronçonner le visionnage du film en quatre Dvd de trois heures environ chacun.

Le premier d’entre eux se compose de deux parties, la première appelée « La cause » et la seconde « L’impasse sanglante ».

Dans « La cause », Burns revient sur les évènements ayant menés à l’affrontement militaire.

Il est ainsi question de la forte montée en puissance des mouvements abolitionnistes au Nord des Etats-Unis en cohérence avec les idées progressistes alors en vigueur en Europe.

Ces mouvements se matérialisent par l’élection d’Abraham Lincoln, élu président avec 40% des voix qui est un fervent partisan de l’abolition de l’esclavage.

Bien entendu, le Sud qui tire l’essentiel de sa richesse de l’exploitation des champs de coton dans lesquels travaillent des esclaves pour les grands propriétaires, se rebiffe sous l’impulsion du sénateur Jefferson Davis.

Entre les deux camps la tension monte rapidement, ce qui aboutit à la Sécession des Etats du Sud puis au premier acte d’agression de Fort Sumter (Charleston), fort nordiste pris d’assaut qui malgré le coté purement symbolique de l’attaque, déclenche la mobilisation générale des états de l’Union.

Ken Burns donne la parole aux historiens contemporains (Shelby Foote, Barbara Fields) qui prodiguent leurs analyses précises mais de manière plus touchante aux acteurs de l’époque  à travers des manuscrits historiques.

Ainsi on comprend par les témoignages d’esclaves affranchis comme Frederick Douglas la dureté des conditions de vie des esclaves et la difficulté pour les Noirs même affranchis de trouver leur place dans l’armée nordiste.

Le journal de Mary Chesnut femme d’un sénateur sudiste surprend par la largesse et la modernité de ses vues à contre courant du camp de son mari.

On assiste à une exposition rapide des principaux acteurs politiques et militaires de l’époque comme Abraham Lincoln à l‘intelligence supérieur, Ulysse Grant (inapte à la vie civile), William Sherman (à tendance dépressive) Nathan Bedford Forrest (cavalier émérite et guerrier jusqu‘au boutiste), Samuel Jefferson (peu commode), Lee (brillant mais trop succinctement évoqué), mais également de simples soldats du rang comme le sudiste Sam Watkins ou nordiste Elijah Hunt Rodes dont les récits intimes dépouillés de tout artifice de communication demeurent parmi les témoignages les plus émouvants du conflit.

Même si le Nord est beaucoup plus riche et quatre fois plus peuplée que le Sud, ce dernier se bat avec courage, profitant des nombreuses erreurs de commandements réalisés dans le camps adverse notamment lors de la terrible bataille de Bull Run (Manassas) ou Stonewall Jackson et Beauregard défont les troupes du vieillissant Mc Dowell qui sera après coups remplacé par le très médiatique général Mc Clellan.

Les photos d’amputations permettent de prendre conscience des dégâts sur le corps humain provoqués par la puissance de feu des fusils.

Expert en formation et logistique, Mc Clellan qui a beaucoup étudié les armées européennes, instaure une stratégie complexe de prise en tenaille du bloc Sudiste afin de l’asphyxier, qui s’avérera inefficace en raison d’un manque tempérament.

Au final, la première partie s’achève par une lettre poétique particulièrement émouvante d’un major nordiste Sullivan Balou, adressé à sa femme en guise d’adieux.

Légèrement plus courte, la seconde partie centrée sur l’année 1862, montre la montée en puissance des conflits de plus en plus intenses ou il n’est pas rare de voir 30% des effectifs engagés décimés.

Les correspondances entre Lincoln et Mc Clellan montrent l’exaspération croissante du président face à l’attentiste de son général en chef des armées, paralysé par un sentiment de peur face au nombre de ses ennemis.

Un zoom plaisant est réalisé sur les innovations dans le domaine naval comme l’apparition des premiers cuirassés (le Merrimack Sudiste et le Molitor nordiste à tourelle tournante) qui envoyèrent aux oubliettes les navires militaires traditionnels.

Du coté fluvial, face à l’attentisme de Mc Clellan, Grant remporte ses premiers succès au Kentucky en impressionnant par son calme et sa détermination.

Le point culminant de l’affrontement est Shiloh (Pittsburgh Landing), choc effroyable qui surpasse en horreur le pourtant déjà horrible Manassas.

Après un premier choc favorable aux sudistes, les renforts nordistes arrivent et permettent à Grant et Sherman de prendre le dessus sur Beauregard et Johnston qui est tué au combat.

Même si la victoire douloureuse de Shiloh laisse des traces dans les deux camps, le Sud commence déjà à avoir du mal à soutenir l’effort de guerre en moyens humains et matériels.


En conclusion, très dense, « The civil war, dvd 1 » permet de mieux comprendre le déroulement de ce conflit d’une envergure exceptionnelle.

Si la première partie consacrée à l’exposition de la situation met du temps à démarrer, on est rapidement happé par la puissance des témoignages écrits retrouvés par Burns et encore plus par les photos d’époque qui permettent de mettre des visages humains sur l’horreur des conflits.

Les innovations technologiques : amélioration de la puissance de l’artillerie, des fusils, emploi de mines et de cuirassés expliquent le nombre élevé des victimes broyées lors des assauts par des tempêtes de feu et d’aciers.

Trop orgueilleux, Mc Clellan par ailleurs brillant théoricien, se montre incapable de mener à bien la stratégie de Lincoln par manque de contrôle de soi et de clairvoyance, qualités qui seront l’apanage de son rival le plus modeste Grant, homme de terrain au courage indomptable.

« The civil war, dvd 1 »  laisse donc en attente, devant une offensive nordiste puissante mais indécise en raison des qualités de ses opposants notamment le général Lee défenseur de la ville de Richmond.

Repost 0
Published by Seth - dans Histoire
commenter cet article
28 mai 2012 1 28 /05 /mai /2012 17:30

guerre_secretes.jpg5

 

 

Plongée dans les arcanes du passé avec « Les guerres secrètes » classique historique de Marvel scénarisé par Jim Shooter et mis en formes par Mike Zeck.

A l'époque agé d’une dizaine d’années à sa sortie en 1985, j’attendais avec mon frère avec ferveur la sortie chaque mois du magazine Spidey qui venait donner la suite à ce passionnant crossover de super héros.

Bien que d’apparence simple :  une super puissance cosmique appelée le Beyonder capture des super héros et des super criminels pour les envoyer s’affronter sur une planète lointaine (Battleworld) crée par agglomérats avec comme récompense  la satisfaction des moindres désirs des vainqueurs, le récit devient vite palpitant au fur et à mesure que les clivages entres les clans se dessinent.

Il faut dire que Shooter a pour le coup déployé l’artillerie lourde et du coté des super héros on retrouve le nec plus ultra de l’univers Marvel avec les 4 Fantastiques (sans la peu utile femme invisible) , les Vengeurs (avec James Rhodes, l‘Iron man noir) , les X-men (sans le Fauve et Jean Grey mais avec Malicia) plus quelques personnalités incontournables comme Spider-man et Hulk.

Du coté adverse, il y a également de la matière avec les Démolisseurs (Démolisseur, Compresseur, Buldozer, Boulet) quatre types costauds pas bien futés, Docteur Octopus, le Lézard, l’Enchanteresse, Kang puis au niveau supérieur l’Homme absorbant, Ultron, l’Homme molécule et le Docteur Fatalis.

En sus de ce programme copieux demeure deux jokers, Magneto dont l’affiliation chez les super héros prête à controverse et Galactus le demi dieu cosmique, lui aussi soumis malgré sa puissance au joug du Beyonder.

Rapidement, Fatalis prend l’ascendant sur son groupe et dirige une attaque contre le groupe adverse qui passé l’effet de surprise capture bon nombre des agresseurs comme les Démolisseurs dominé par Hulk et l’Enchanteresse, mise KO par un punch de Miss Hulk.

Habile, Fatalis reprogramme Ultron que Galactus avait du souffler en raison de son agressivité pour en faire son garde du corps attitré.

La machine au corps d’adamantium et à l’énergie quasi inépuisable rend donc Fatalis quasiment intouchable mais il conforte davantage ses troupes en donnant à deux femmes normales des pouvoirs surhumains créant ainsi Volcania, capable de générer des rafales de forte chaleur et d’embraser son corps à volonté puis Titania, aussi puissante et invulnérable que Miss Hulk.

Par la suite, la voluptueuse Volcania va tomber sous le charme de l’Homme molécule, dont la fragilité psychologique inhibe les pouvoirs  quasiment illimités.

En réalité, Fatalis n’accepte pas de jouer le jeu du Beyonder et désire le pouvoir suprême.

De l’autre coté, les héros s’établissent dans un camp retranché mais la présence de Magneto provoque de telles tensions que le groupe éclate vite, provoquant le départ des mutants, tout d’abord Magneto qui emporte la Guêpe comme prisonnière, puis les X-men pourtant ridiculisé par un raid éclair de Spider-man.

Les Fantastique connaissent également quelques problèmes lorsque la Chose perd et reprend alternativement son apparence de pierre.

Une attaque des troupes de Fatalis renforcés par le duo Titania/Volcania permet de récupérer les prisonniers et à l’Homme molécule de libérer son terrible pouvoir en jetant sur les super héros ni plus ni moins qu’une chaine de montagnes !

Seule la puissance de Hulk, le génie de Richards, et les formidables capacités de l’armure d’Iron man suralimentée par Captain Marvel et la Torche, leur permettent de se sortir de ce piège mortel.

Après une farouche résistance, Thor est désintégré par un rayon d’Ultron qui élimine également sur ordre de son maitre, Kang qui avait tenté d’éliminer Fatalis.

Mais aux yeux des héros survivants, la véritable menace est en réalité Galactus qui a téléporté son vaisseau spatial et a décidé de construire une machine pour se nourrir du monde du Beyonder et remporter ainsi le combat.

Les X-men alliés à Magneto sont sèchement repoussés à distance par le géant cosmique qui envoie un de ses destructeurs heureusement mis hors service par le tandem Hulk-Torche humaine.

Contre toute attente, les X-men se joignent aux autres héros pour repousser les criminels et tenter de contrer Galactus.

Le combat est des plus rudes, occasionnant une grave blessure aux cotes de Colossus par le barre du Démolisseur mais cette perte sera vengée par deux autres blessures  infligés par les griffes de Wolverine : celle de l’Homme absorbant au bras tranché et celle de l’Homme molécule griévement bléssé à l'abdomen.

Un déchainement des forces de Tornade distrait suffisamment Galactus pour laisser Fatalis monter dans son vaisseau spatial pour s’approprier sa formidable technologie.

A bord Fatalis découvre le maitre du son Klaw, piégé dans le vaisseau après avoir été désintégré par Dazzler.

Il n’a aucun mal à se faire un nouvel allié de cet homme devenu complètement fou mais paye durement le prix de son incursion en étant éjecté sans ménagement par Galactus.

Du coté des héros, la Torche humaine et Colossus tous deux blessés, tombent amoureux de la même femme, une guérisseuse extra terrestre et Miss Hulk perdant toute prudence après que son amie la Guêpe ait été laissé pour morte par les Démolisseurs, opère un raid en solitaire qui s’achève sous les coups de Titania et des Démolisseurs.

Ce passage à tabac fait sortir les héros de leur réserve et Captain america lance alors l’assaut contre le Q.G de Fatalis.

La bataille est épique avec moults exploits individuels, comme la nouvelle venue Spider woman qui terrasse à la surprise général l’Homme absorbant, son collègue Spider man qui ridiculise la puissante Titania mais surtout le duo Captain america/Torche qui parvient à mettre hors service le robot Ultron.

Fait notable, durant l’assaut, Spider man trouve son nouveau costume noir, qui deviendra  en réalité l’entité extra terrestre symbiote maléfique Venom.

Après avoir pris le dessus sur leurs ennemis, les héros se tournent ensuite vers Galactus qui prend la fuite une fois sa machine endommagée et décide d’ingérer directement la planète sans passer par des intermédiaires.

Malgré ses blessures Fatalis tire encore une fois partie de cette manœuvre en captant l’énergie de Galactus à l’aide du corps de Klaw disséqué pour former une grande quantité de récepteurs.

Grisé par son nouveau pouvoir divin, Fatalis s’en prend ensuite eu Beyonder et parvient contre toute attente à lui dérober également son énergie.

Sa quête de pouvoir semble alors enfin l’avoir apaisé, Fatalis se présente aux survivants sous un jour plus favorable en affirmant que son but sera à présent d’aller libérer l’âme de sa mère retenue prisonnière chez le dieu des enfers Méphisto.

Du coté de ses troupes, l’Homme molécule remis de ses blessures par l’amour de Volcania, reprend confiance en lui et ramène les super criminels sur terre par la force de ses immenses pouvoirs.

Mais les héros ne croyant pas en cette rédemption décident après avoir tenu conseil d’attaquer le nouveau maitre de l’univers.

Ils sont immédiatement supprimés pour leur audace mais survivent pourtant à leur destruction par le sacrifice de la guérisseuse venue ramener à la vie Colossus.

Retranché dans son palais avec son bouffon Klaw, Fatalis se met alors à douter sous l’ultime assaut des héros.

Ni Ultron (qui blesse pourtant Hulk à la jambe), ni Klaw doté d’une parcelle de son pouvoir, ne sont en mesure de le protéger et le Beyonder ayant pris possession de l’esprit de Klaw en profite pour reprendre son bien.

Sous le choc, Fatalis et Klaw sont engloutis dans le néant.

La tension retombe et privé de combattants, le monde de Battleword devient tout d’un coup pacifié.

Richards trouve un moyen de ramener les rescapés sur terre.

Seule la Chose refuse de revenir pour exploiter sa forme humaine sur ce monde inconnu.

En conclusion, « Les guerres secrètes » est une formidable épopée Marvel qui restera sans doute inégalée.

L’histoire est incroyablement riche et truffée de rebondissements occasionnant des batailles générales incroyablement épiques.

Shooter ne tombe pas dans le travers des cross over ou la multiplicité des personnages relègue les seconds couteaux au rang de faire valoirs et donne à quasiment chacun son quart d’heure de gloire.

Bien entendu Fatalis se taille la part du lion dans sa quête absolue de pouvoir, mais certaine histoires secondaires se montrent particulièrement intéressantes comme les tourments de la Chose, tiraillée entre la joie de redevenir normal et le sentiment d’impuissance face aux menaces ou le gentil Colossus, mal à l’aise face à sa prétendue infidélité envers Kitty Pride.

James Rhodes a également du mal à endosser le costume d’Iron man, quand à Hulk, la lucidité retrouvée de son esprit le rend plus sensible aux critiques sur sa bestialité passée.

La galerie de méchants est à vrai dire fantastique, l’Homme absorbant, Ultron et le second couteau Klaw étant parmi mes favoris.

Même l’Homme molécule, dieu sans le savoir, a droit à son histoire d’amour.

Restent ensuite les inclassables comme Magneto et Galactus ou les valeurs sures comme le devoir (Captain america), la férocité (Wolverine) ou le sarcasme (Spider man).

Un dernier mot sur le style particulier de Mike Zeck, sobre et puissant qui confère à cette saga une aura unique.

« Les guerres secrètes » pourraient sans doute être comparées à « Crisis on infinite earth » autre grand cross over concurrent de DC comics, mais elles leur sont pour ma part infiniment supérieures et demeurent un des chef d’œuvre de la BD.

Repost 0
Published by Seth - dans Comics
commenter cet article
27 mai 2012 7 27 /05 /mai /2012 10:05

gendarme_gendarmettes.jpg1

 

 

La saga du « Gendarme de Saint Tropez », immense succès populaire étalé sur six épisodes majoritairement placés dans les années 60 prend fin en 1982 avec « Le gendarme et les gendarmettes », dernier film réalisé par Jean Girault et tourné par Louis de Funès tout deux décédés le premier avant la fin du film, le second peu après.

Prenant toujours pour cadre la petite station balnéaire chic de Saint Tropez, « Le gendarme et les gendarmettes » a pour principale nouveauté d’amener dans la petite équipe de l’adjudant chef Gerber (Michel Galabru) et Cruchot (Louis de Funès), quatre nouvelles stagiaires féminines chargées d’apprendre sur ordre du colonel (Jacques François) le métier sur le terrain à leur contact.

Bien entendu, les stagiaires sont de splendides jeunes femmes, que ce soit la blonde Isabelle Leroy (Sophie Michaud), les deux brunes piquantes  Marianne Bennet (Babeth Etienne qui fut fugacement la femme de Johnny Halliday !) Christine Roncourt (Catherine Serre qui posera nue dans des magazines de charme) ou la plus exotique Yop Macumba (Nicaise Jean Louis).

L’arrivé de ce contingent féminin va en réalité plus perturbé que motiver les gendarmes d’élite de Saint Tropez, Beaupied (Maurice Risch au physique de petit gros similaire à celui de Jacques Villeret), Perlin (Patrick Préjean), Tricard (Guy Grosso), et Berlicot (Michel Modo), plus occupés à draguer leurs stagiaires qu’à leur enseigner les rudiments du métier de gendarmes.

Alors Cruchot va reprendre son costume de père fouettard pour surveiller de près ses hommes occupés à batifoler avec la composante féminine de leur équipe.

Cette tache ne sera pas aisée car il devra en plus de cela faire face à la jalousie des épouses Cruchot (Claude Gensac vieillissante) et Gerber (Micheline Bourday).

Mais outre les histoires légère inter gendarmes, Jean Girault fait quand même l’effort de développer un squelette d’intrigue autour de l’enlèvement des gendarmettes par une mystérieuse organisation dont le chef a établi son quartier général sur un yacht.

Devant le menace et la pression de la hiérarchie pour retrouver Macumba, fille d’un ministre africain, Gerber et Cruchot vont devoir déployer tous leurs efforts pour retrouver les gendarmettes et démanteler l’organisation.

C’est une nouvelle fois Cruchot, habilement déguisé en femme pour se faire enlever qui parviendra à entrer en contact avec les criminels désireux en réalité de récupérer les bracelets des gendarmettes pour pénétrer les secrets d’un ordinateur ultra avancé détenu dans les sous sols de la gendarmerie.

Mais Cruchot aidé par ses gendarmettes de choc parviendra à neutraliser les criminels pour la plus grande satisfaction de sa hiérarchie.

En conclusion, en guise d’épitaphe, « Le gendarme et les gendarmettes » voit s’afficher une grosse baisse de niveau.

L’ambiance est ici facile, grivoise avec l’emploi de jolies filles peu vêtues pour combler la satisfaction un brun lubrique du spectateur.

Bien entendu le film se veut toujours familial et reste néanmoins au dessus d’un Max Pecas et son érotisme franchouillard mais le jeu comique du tandem infernal de Funès-Galabru se voit tout de même sérieusement amputé.

Beaucoup de cascades majoritairement en voiture sur les routes encaissées du sud de la France (merci à Rémy Julienne), moins de gags, des acteurs vieillis et fatigués rendent ce dernier gendarme nettement moins regardables que les précédents même par fort relâchement cérébral occasionné par l’absorption de litre de pastis au bord de mer sous un soleil de plomb.

Repost 0
Published by Seth - dans Humour
commenter cet article
27 mai 2012 7 27 /05 /mai /2012 09:21

gendarme_marie.jpg2

 

 

Dans les années 60, Jean Girault exploite à fond le filon de son gendarme et sort en 1968 le troisième volet des aventures de Cruchot and Co intitulé « Le gendarme se marie ».

Délaissant le cadre lointain et exotique des Etats Unis, « Le gendarme se marie » se recentre sur le petit microcosme de Saint Tropez pour raconter la rencontre fortuite entre le maréchal des logis Ludovic Cruchot (Louis de Funès) et Josépha (Claude Gensac) la belle et riche veuve d’un colonel de gendarmerie venue s’installer dans la région.

Après un joli quiproquo amenant Cruchot à vouloir la verbaliser pour excès de vitesse, Josépha et Cruchot ont un coup de foudre réciproque.

Mais l’adjudant Gerber (Michel Galabru) est lui aussi attiré malgré son statut d'homme marié par la belle veuve qui possède visiblement des amis très haut placés au sein du ministère de l'Intérieur.

Une inévitable compétition va alors s’instaurer entre Gerber et Cruchot pour la conquête de Josépha d’autant plus que celle-ci va pousser son favori à passer le concours pour devenir adjudant chef.

Ces scènes  ou Gerber et Cruchot reviennent sur les bancs de l’école pour passer leurs examens, sont souvent très drôles.

Contre toute attente, malgré des relations difficiles entre Josépha et sa fille Nicole (Geneviève Grad),  Cruchot prend le dessus et obtient le grade tant convoité au détriment de son adjudant.

Il devient donc le supérieur de Gerber et un véritable tyran revanchard dans la gestion de ses troupes il est vrai peu rapides à la détente : Fougasse (Jean Lefebvre), Berlicot (Michel Modo), Tricard (Guy Grosso), Merlot (Christian Marin).

Pourtant, le nouveau chef doit rapidement déchanter lorsqu’il apprend de la bouche de la hiérarchie qu’une erreur a été commise dans la transmission des résultats et que c’est Gerber qui a été admis au concours d’adjudant chef.

Rétrogradé, Cruchot subit alors la terrible colère de son supérieur qui l’envoie plonger au fond de la mer au risque de provoquer un accident grave.

Puis une menace vient toutefois perturber ce bonheur en apparence idyllique, le dangereux criminel Frédo (Mario David), qui par désir de revanche contre Cruchot qui l’a fait arrêter, décide de séquestrer Josépha pour attirer son ennemi dans un piège mortel.

Malheureusement pour lui, c’est Gerber qui se rend par erreur au rendez vous et qui est assommé à la place de Cruchot.

Prenant la fuite, Frédo est pris en chasse par Cruchot qui parvient à l’arrêter et à délivrer sa belle in extremis.
Le nouveau héros est récompensé en étant nommé pour son mariage lui aussi au grade d'adjudant chef.

En conclusion, « Le gendarme se marie » est toujours construit sur un scénario aussi filiforme mais marque une évolution dans le style avec l’arrivée de Gensac qui sera la partenaire féminine la plus appréciée de Louis de Funès.

Le décalage entre son élégance et le coté surexcité/hargneux de de Funès, créent un effet comique certain.

Galabru se taille également la part du lion dans cette affaire et ses joutes avec de Funès provoquent elles aussi quelques éclats de rire.

Dans ce contexte, les seconds rôles s’effacent comme Lefebvre ou Grad qui quittera après coup l’aventure.

Malgré cela, « Le gendarme se marie » peine pour moi à atteindre l'effet de surprise du premier volet ou le charme exotique des aventures américaines du second volet.

C’est pour cette raison que je le place en dessous.

Repost 0
Published by Seth - dans Humour
commenter cet article
26 mai 2012 6 26 /05 /mai /2012 11:08

philosophe_ignorant.jpg5

 

 

Cela faisait bien longtemps que je n’avais pas lu de philosophie et j’avoue que cela me manquait.

Paru en 1766, « Le philosophe ignorant » est mon premier Voltaire, l’autre grand philosophe français avec son ennemi Rousseau.

Passsée l'introduction assez pénible de Bernard Henri-Lévy, « Le philosophe ignorant » brosse en à peine plus de cent pages, un condensé de la philosophie voltairienne.

Voltaire commence d’abord par rappeler avec humilité la position de faiblesse et d’ignorance de l’homme pour développer l’idée que si on peut ressentir l’existence d’une intelligence suprême d’ordre divine, on ne peut en revanche pas expliquer comment cette intelligence ordonne le monde.

L’homme n’est donc pas capable de connaitre sa propre nature à fond et encore moins une nature d’ordre supérieure.

Il nie donc tous les travaux métaphysiques de ses prédécesseurs, les tournant à l’aide de sa plume acérée en ridicule comme Descartes qui voit l’homme pensant en permanence ou Gassendi.

Comme tout doit avoir une cause, le chaos originel n’est qu’une fable et l’homme qui se croit libre voit en réalité sa volonté soumise à des nécessités.

Une fois l’existence d’un Dieu suprême établi, Voltaire entreprend la critique de Spinoza qui le voit partout dans la matière du monde et d’un disciple de Platon ou des théologiens qui voient dans la planète terre le meilleur des mondes.

Seul semble trouver grâce à ses yeux l’anglais Locke dont la philosophie se montre consciente des limites de l’entendement humain incapable de percevoir l’infini et dont la volonté est asservie à la nécessité.

Puis vient la recherche de la morale, que Voltaire estime universelle à tous les hommes même si  certains hommes commettent des actes horribles sous couvert de justice.

Il égratigne au passage Locke en lui reprochant de citer des exemples sans fondements visant à montrer une amoralité de certains peuples lointains châtrant et dévorant leurs enfants.

Dans la dernière partie, Voltaire rend hommage aux ancêtres de la philosophie comme Zoroastre, Confucius qui prônèrent une morale simple emplie d’humilité, de justice et de bien.

Malgré ses critiques contre leur approche métaphysique il reconnait également la superbe vie morale des philosophes grecs (Platon, les Stoïciens), réhabilite Epicure et loue le mode de vie vertueux d’un Spinoza ou d’un Hobbes.

Voltaire apprécie également la puissance des fables d’Esope et la tolérance de la mythologie gréco-romaine comparée à l’intransigeance judéo-chrétienne dont les miracles reposent pour lui également sur des fables.

Il conclue en rappelant sa propre ignorance des temps obscurs de l’antiquité, des propres origines des Gaulois avant qu’ils ne soient colonisés par les Romains.

Les dernières pages, assez sublimes, voient la décision du philosophe d’exprimer haut et fort sa liberté de pensée face aux monstres hideux du fanatisme religieux.

En conclusion, « Le philosophe ignorant » constitue une excellente introduction de la philosophie de Voltaire.

Court, relativement accessible, cet ouvrage montre toute l’intelligence d’un penseur libre, humble et empli d’un pragmatisme qui l’honore.

Le style de Voltaire à la fois élégant, limpide, subtil et mordant est un véritable  régal.

Difficile donc de ne pas succomber au charme d’un ouvrage à recommander absolument.

Repost 0
Published by Seth - dans Philosophie
commenter cet article
24 mai 2012 4 24 /05 /mai /2012 18:35

2

  permanent_waves_2.jpg

 

Alors qu’il s’est forgé une réputation de pionnier du hard progressif dans les années 70, Rush attaque ensuite les années 80 avec « Permanent waves » son déjà septième album studio.

L’inamovible trio Lee/Lifeson/Peart est toujours en place et s’offre une jolie pochette décalée avec une jeune femme très glamour et sexy (Fanny Ardant jeune ?) sur fond de Tsunami avant l’heure.

« Permanent waves » démarre par un titre rock plutôt intense et puissant, « The spirit of radio » doté d’une dynamique soutenue avec juste ce qu’il faut d’effets de synthétiseurs, de guitare, voir meme reggae (!).

Son successeur, « Freewill »  est du même acabit avec une pointe de new wave non déplaisante venant appuyer des refrains solides.

Plus lent, progressif et solennel, « Jacob’s ladder » se démarque par sa structure plus longue, ses superbes envolées guitaristiques mais aussi une longue plage de synthétiseurs sonnant très années 80 aujourd’hui ce qui pour moi ne constitue pas un compliment.

Le titre en français ne suffit pas à rendre le calme et mélodique « Entre nous » réellement prenant.

Assez étrangement, Rush que je trouve d’habitude souvent excellent dans les ballades n’atteint pas des sommets d’émotion sur « Different strings » malgré l’élégance intrinsèque de cette composition.

La fin du disque se déroulera également dans le calme et la douceur avec « Natural science » long titre qui après une première partie atmosphérique planante, grimpe en intensité.

En conclusion, « Permanent waves » marque un tournant dans la carrière de Rush.

A l’orée des années 80, le trio s’adapte et rend sa musique plus accessible en adoptant un format plus court avec des titresaux structures plus classiques.

Bien sur, le style reste encore largement typé progressif avec notamment « Jacob’s ladder » et « Natural science » longs et alambiqués mais les canadiens démontrent qu’ils peuvent également écrire des titres plus compacts amènes de toucher un public plus large.

A ce stade, pour moi, la musique de Rush reste très propre, sophistiquée, élégante mais manque de force et d’émotion.

Même les titres les plus intenses (les deux premiers) ne constituent pas pour moi des tubes imparables et ne sont donc pas à considérer comme des classiques à mon sens.

Peu touché par la lame de fond attendue,  je considère que « Permanent waves » n’est donc  malgré son intéressante mutation qu’un album de plus dans la gigantesque constellation du rock.

Repost 0
Published by Seth - dans Progressif
commenter cet article
24 mai 2012 4 24 /05 /mai /2012 17:21

2farewell_kings_2.jpg

 

 

Devenu un groupe à la réputation grandissante depuis son nouveau style hard rock progressif avant gardiste sur « 2112 », Rush enchaine l’années suivante avec « A farewell to kings » sorti en 1977.

Difficile de savoir à quoi s’attendre au vue de la pochette presque engagée montrant un roi pantin désarticulé déchu régnant sur un champs de ruines industrielles.

Le morceau introductif, « A farewell to kings » débute lentement et se montre malgré quelques belles envolées guitaristiques de Alex Lifeson assez plat.

On bascule ensuite avec « Xanadu » dans un titre fleuve de plus de onze minutes dont une bonne première moitié instrumentale ou le son des claviers est franchement horrible.

Epique, varié et très complexe comme la plupart des bons titres progressifs, « Xanadu » évite de lasser par les quelques interventions vocales plus musclées de Geddy Lee.

Habile, Rush propose ensuite un titre court, « Closer to the heart » gentil amuse gueule toute ne musicalité.

Plus intéressant est « Cinderella man » avec ces variations mélodiques touchantes mélangées à un jeu de guitare aussi vivant que fun.

Autre titre à petit format, la ballade « Madrigal » passe poliment avant un grand final très progressif, « Cygnus X-1 » et ses dix minutes de délires instrumentaux futuristes.

En conclusion, sans être foncièrement mauvais, « A farewell to kings » est un album assez déséquilibré qui en dehors de ses deux pavés progressifs (« Xanadu » et « Cygnus X-1 ») n’a pas grand-chose à proposer de bien palpitant.

Les musiciens sont bons mais manquent encore pour moi d’assurance ou de véritable personnalité.

Peu d’intérêt au global donc pour cet album plutôt technique,  sophistiqué et froid.

Repost 0
Published by Seth - dans Progressif
commenter cet article
22 mai 2012 2 22 /05 /mai /2012 19:42

sueures froides5

 

 

Sorti en 1958, « Sueurs froides » ou « Vertigo » d’Alfred Hitchcock est considéré comme l’un de ses chefs d’œuvre aux cotés de « Psychose » ou « La mort aux trousses ».

L’histoire inspiré de "Entre les morts", un roman de Pierre Boileau et Thomas Narcejac est comme souvent chez le maitre du suspens il est vrai particulièrement tortueuse et plonge initialement le spectateur dans un dédale mystérieux de fausses pistes autour du comportement étrange d’une belle jeune femme blonde Madeleine Elster (Kim Novak) que le mari Gavin (Tom Helmore) un riche armateur de San Francisco estime envouté par l’esprit d’une de ses ancêtres morte tragiquement au XIX ième siècle.

Inquiet, Gavin demande à un ancien ami John Ferguson (James Stewart) qui vient de quitter la police en raison de crises de vertiges persistantes, de suivre sa femme pour savoir ce qu’elle fait de ses journées passées en solitaire.

Bon prince, Ferguson accepte le service et commence par filer la belle dont le comportement semble effectivement corroborer les craintes du mari avec des visites sur la tombe de son ancêtre, sur son lieu d’existence transformé en hôtel et enfin dans le musée de la ville elle contemple pendant des heures un de ses portraits d’époque.

Pourtant les choses basculent lorsque Ferguson empêche une tentative de suicide de Madeleine qui s’était jeté à l’eau sous le Golden Gate.

Il la ramène chez lui pour la réconforter et tombe sous son charme mystérieux.

L’attraction est réciproque et un jeu de séduction s’instaure entre eux au fil des rendez vous et des confidences de plus en plus intimes.

Amoureux, Ferguson ignore les tentatives désespérées de son ex fiancée Marjorie Woods  (Barbara Bel Geddes) entre en empathie avec Madeleine et entreprend de la protéger de ses démons intérieurs.

Mais il échoue lorsque sa belle se rend dans un monastère éloigné pour se jeter du haut du clocher.

Cloué dans les escaliers par son vertige, Ferguson est incapable de réagir et échappe de peu à une condamnation lors de son procès.

Après une longue période de dépression, il reprend pourtant une vie à peu prêt normale mais devient obsédé par le souvenir de Madeleine.

Cette obsession se cristallise autour d’une inconnue dont la silhouette ressemble vaguement à celle de la défunte.

Poussé par son obsession, Ferguson entre en contact avec la jeune femme nommée Judy Barton et entreprend de la séduire.

La tentative finit par réussir mais Ferguson va encore plus loin en demandant à Judy de s’habiller et de se coiffer comme Madeleine.
Malgré son trouble, la jeune femme accepte de rentrer dans ce jeu malsain.

Pourtant, Ferguson est alerté par un médaillon qui appartenait à Madeleine et portée par Judy.

Ses sens de policier entrent alors en éveil et il parvient à confondre Judy en lui faisant avouer sous la pression la vérité.

La jeune femme a en effet été payé par Gavin pour jouer et un rôle et permettre au mari d’éliminer sa femme en profitant de la faiblesse du policier confronté à une situation en altitude.

Le mobile du crime apparait être l’immense fortune du père de Madeleine.

Si l’amertume de Ferguson est atténuée par les regrets sincère de Judy qui lui avoue être tombée amoureuse de lui et être revenue vers lui après le meurtre par amour, cela ne suffit pas à empêcher Judy de basculer dans le vide du haut du même clocher du monastère ou a été jeté Madeleine.

En conclusion, « Sueurs froides » est un film d’une construction parfaite se déroulant particulièrement dans une ambiance mystérieuse, élégante et sensuelle.

Hitchcock instaure tout d’abord le trouble chez le spectateur en le mettant mal à l’aise dans un climat flirtant avec le surnaturel avant d’introduire tous les ingrédients d’une superbe histoire d’amour tordue et romantique (car impossible).

Le dénouement façon polar machiavélique vient enfin clouer le spectateur après une phase particulièrement intéressante ou Stewart développe tous les symptômes d’une dérive psychotique de nature obsessionnelle ou au choix une volonté romantique de vaincre la mort en faisant revivre un erzatz de son amour perdu..

A ce stade de perfection, il parait presque superflu de louer la qualité des acteurs, Stewart comme toujours très bon et Nowak parfaite dans le rôle de la bombe sexuelle au charme vénéneux et glacé.

Bien que n’étant pas mon Hitchcock préféré en raison d'une certaine fadeur de Stewart, « Sueurs froides » peut par la formidable richesse de ses multiples histoires enchevêtrées être rangé au rayon des meilleurs films du Maitre Britannique.

Repost 0
21 mai 2012 1 21 /05 /mai /2012 22:56

guerre_secession.jpg5

 

 

J’ai toujours été fasciné par la guerre de Sécession.

Ceci remonte à mon enfance ou les costumes bleus et gris des belligérants me faisaient rever et ce sentiment fut augmenté par la série à succès « Le Nord et le Sud » diffusée dans les années 80 à la télévision française.

C’est donc avec un grand plaisir que j’ai découvert « La guerre de Sécession » de l’historien britannique John Keegan.

Paru en 1997, « La guerre de Sécession » est un gros pavé retraçant le déroulé des évènements de manière chronologique dans ses premiers trois quarts avant de prendre du recul en proposant des sujets transverses dans la dernière partie.

Puisant ses origines dans une clause originelle de la Constitution américaine visant à abolir l’esclavage qui fournit la principale main d’œuvre pour l’exploitation des champs de coton des Etats du Sud, le différend s’envenime en 1860 quand Abraham Lincoln, le nouveau président des Etats-Unis entreprend de durcir le ton contre les onze états sécessionnistes qui ont crée la Confédération.

Les états du Nord regroupés dans l’Union et les Confédérés vont alors entrer dans un conflit armé avec en toile de fond la prise de contrôle des états de l’Ouest américain, vastes territoires alors considérés comme en friche.

Keegan dresse tout d’abord un tableau des forces en présence avec le nord des Etats Unis plus peuplé, plus riche, plus avancé industriellement et aux idées plus progressistes et le Sud, globalement pauvre, rural dont l’économie repose quasi exclusivement sur les exportations de cotons avec l’Europe.

Devant l’imminence de la lutte armée, les deux blocs vont devoir se structurer pour faire de volontaires peu expérimentés de véritables soldats.

Les officiers des deux camps, formés à l’Académie de West Point, s’inspireront des grandes armées européennes notamment napoléoniennes pour diriger leurs troupes.

Retranché à Washington, le brillant Lincoln affrontera à distance son adversaire sudiste Jefferson Davis localisé à Richmond en essayant de trouver le général d’exception capable de lui faire prendre l’avantage.

En effet, l’immensité du territoire, le manque de cartes fiables et le réseau de chemin de fer inharmonieusement développé vont rendre la conduite de la guerre particulièrement délicate.

A l’offensive, le Nord va chercher à prendre le contrôle des grandes rivières menant au Sud comme le Mississipi, l’Ohio et le Tennessee.

Le premier choc a lieu en 1861 à Bull Run prêt de Manassas, à la lisière de la Virginie ou les armées du général nordiste Mc Dowell trop confiantes, essuient une défaite face aux troupes de Beauregard et Jackson se dernier acquérant à cette occasion son surnom de mur de pierre « Stonewall ».

Prenant la suite des armées nordistes sous l‘autorité du chef d‘état major Mc Halleck, le général Mc Clellan va élaborer une stratégie assez attentiste misant sur l’évitement d’un choc trop frontal et sur une asphyxie économique du Sud, dont les exportations ont été stoppées par un blocus maritime de la Marine du Nord.

Officier brillant intellectuellement et bardé de diplômes, Mc Clellan va, à la tête de l’armée du Potomac, par son caractère indécis et angoissé, contribuer à bon nombres d’errements dans le déroulement des opérations militaires nordistes.

En 1862, à Shiloh prêt de Pittsburg, Grant qui a réussit à prendre deux forts navals stratégiques sudistes et Sherman  affrontent leurs homologues sudistes Johnston et Beauregard dans un espace réduit délimité par une végétation hostile.

Le résultat est terriblement meurtrier faisant plus de dix mille morts de part et d’autres en trois jours d’affrontements avec une nouvelle déconvenues du Nord.

Mc Clellan ne fera pas mieux lors de la bataille des sept jours prêt de la ville de Richmond et malgré une supériorité numérique écrasante sera vaincu par le fameux général sudiste Robert E Lee.

Redoutable combattant et meneur d’hommes, Lee et son fidèle général Jackson, compensèrent leur infériorité numérique en menant une guerre de mouvement faite de prises d’initiatives rapides et de manoeuvres alors inédites mettant à mal les manoeuvres timorées d’un Mc Clellan tétanisé au moment de conclure.

Portant la guerre sur le territoire nordiste, Lee affronte Mc Clellan dans l’état du Maryland à la bataille de l’Antietam.

Cette bataille est un nouveau carnage avec une nouvelle fois plus de dix mille morts de part et d’autres.

Malgré son ascendant, Mc Clellan est une nouvelle fois incapable de prendre l’avantage décisif que souhaite Lincoln qui finit par le limoger au profit de Burnside qui encaissera à Fredericksburg (Virginie) une des plus cuisantes défaites de l’Union.

Les Nordistes parviennent enfin à inverser la dynamique fatale à Gettysburg (Pennsylvanie) en 1863 ou le général Meade nommé en remplaçant de Hooker lui aussi gagné par le démon du doute, fait preuve d’un caractère suffisamment bien trempé pour prendre l’avantage sur Lee.

Mais une nouvelle fois l’horreur des combats et les 56000 morts, laissent les troupes si épuisées que Meade n’est pas capable de porter le coup de grâce aux Sudistes.

Cette victoire que d’aucuns voient comme le tournant de la guerre ou tout du moins le pic absolu de son intensité, se couple aux succès du général Grant qui parvient après une lutte acharnée à prendre la forteresse de Vicksburg puis dans la foulée à emporter les grandes villes d'Atlanta et de Knoxville.

Remarqué par ses succès militaires, Grant devient l’homme fort du moment et est nommé par Lincoln comme chef de de l'armée.

Intelligent, courageux et déterminé, Grant va charger son adjoint Sherman de mener une campagne de destruction  visant à faire souffrir les populations civiles du Sud pour abréger le conflit.

Le duo Grant-Sherman va se révéler enfin la combinaison idéale permettant à Lincoln de prendre inexorablement le dessus sur un Sud exangue numériquement et économiquement.

Dés lors, les coups de bravoure de Lee ne parviendront qu’a repousser le lent effondrement des Confédérés qui se soldera par la défaite de Lee à Petersburg en 1865.

Après la reddition du plus brillant général sudiste, l’affaire tourne à la simple formalité pour Lincoln qui peut faire emprisonner le président Jefferson Davis.

La dernière partie du livre de Keegan, se propose de se focaliser sur divers angles d’appréciations du conflit comme le traitement des Noirs, admis après leur affranchissement par les armées de l’Union malgré de forts préjugés raciaux latents, les différentes personnalités des chefs de guerre, les innovations technologiques militaires comme le fusil Springfield, l’emploi de navires cuirassés ou même du premier sous marin sudiste le Hunley et enfin les écrivains de la guerre comme le poète Walt Whitman avant d’analyser les conséquences du conflit suite à l’assassinat de Lincoln en 1865.

En conclusion, « La guerre de Sécession » est un ouvrage titanesque qui satisfera la curiosité des plus acharnés d’entre vous.

Tout y est décrit ou presque avec un soucis minutieux du détail.

Keegan parvient à nous faire ressentir l’horreur d’un conflit qui fit plus de 6200 000 morts, assurément la plus grande boucherie avant les guerres mondiales.

On est frappé de la férocité de combattants partageant la même langue et une grande communalité culturelle, luttant dans de sanglants combats d’infanterie ou les hommes tentaient au courage de prendre des positions dans des lieux encaissés, boueux et à la végatation enchevêtrée.

Si j’ai bien entendu grandement apprécié le récit des conflits, il m’a été en revanche difficile d’assimiler toutes les informations et de discerner de manière synthétiques les grands tournants de la guerre que sont Antietam, Gettysburg ou Vicksburg.

La facette la plus intéressante du livre a été pour moi l’analyse des stratégies de chefs, avec les multiples hésitations de généraux premiers de la classe perdant leurs moyens dans le feu de l’action ce qui rend pour moi la guerre si fascinante en tant que révélatrice ultime de la personnalité profonde d’un individu.

Au final on ressort de cette lecture ébranlé, charmé, fasciné par la grandeur de personnages dignes de rentrer dans l’histoire comme Lincoln, Grant, Lee ou à un niveau moindre Meade, Jackson.

Une œuvre particulièrement dense qui vous marque au fer rouge.

Repost 0
Published by Seth - dans Histoire
commenter cet article

Présentation

  • : Le blog de Seth
  • : Articles/Chroniques pour un partage de voyages interieurs majoritairement littéraires
  • Contact

Recherche

Pages

Liens