Overblog Suivre ce blog
Administration Créer mon blog
17 avril 2012 2 17 /04 /avril /2012 23:40

brutal_planet.jpg3.gif

 

 

A la fin des années 90, certains grands noms du heavy metal traditionnel sans doute aiguillonnés par le succès des Nine Inch Nails, Marylin Manson, Ramstein, Fear Factory et autre White Zombie vont se laisser tenter par l’expérience metal industriel et s’autoriser un détour par ce style alors en vogue.

Ce sera le cas de Rob Halford avec son éphémère projet parallèle « Two » mais également avec Alice Cooper qui sortira en 2000 « Brutal planet ».

  A l'époque, ce nouvel album du chanteur fait figure d’évènement après six ans d’absence et une carrière vieillissante alors sur la pente déclinante.

Mais le vieux serpent effectue alors une nouvelle mue et s’entoure de quelques musiciens solides  Bob Marlette (guitare, basse, claviers) gourou du genre, Eric Singer (batterie), puis d’autres plus obscurs (China, Phil X, Ryan Roxie) forcément plus discrets pour s’atteler à son nouveau projet.

Pochette sombre pour univers futuriste sombre, « Brutal planet » débute avec un mid tempo rouleau compresseur sur lequel se superposent des vocaux terriblement accrocheurs.

Le son de guitare sous accordé si caractéristique du métal industriel creuse un sillon encore plus profond sur « Wicked young man » ou la voix rauque et désincarnée du chanteur sonne plus puissamment que jamais.

Puis le tempo s’accélère subitement avec un « Sanctuary » terriblement revigorant avant de revenir à la plus pure expression du metal industriel incroyablement puissant et accrocheur sur le mid tempo sombre  « Blow me a kiss ».

Après ce début impeccable, les choses se gâtent un tantinet avec un « Eat some more » englué dans sa fange technoïde pour enchainer avec une superbe power ballade « Pick up the bones » combinant parfaitement splendeurs ténébreuses et refrains déchirants.

Long et saccadé, « Pessi-mystic » a du mal à convaincre sur la durée malgré des passages calmes intéressant tandis que « Gimme » remplit efficacement son office de single en puissance.

Plus légers, « It’s the little thing » et « Take it like a woman » délaissent momentanément l’industriel pour lorgner vers le rock traditionnel voir la ballade mielleuse pour le second.

Alice termine par « Cold machines » plus en accord avec l’atmosphère générale du disque mais joué sans réelle conviction.

En conclusion, « Brutal planet » est une courageuse tentative seulement semi réussie.

Globalement grâce à quelques titres bien ficelés, la sauce prend et on a l’impression que le boa constrictor a revêtu une nouvelle peau métallique truffée de capteurs et d’actionneurs électriques qui lui permet d’avancer dans de nouveaux terrains jusqu’alors inexplorés.

Mais d’autres fois le reptile alourdi par tout ce fatras technologique parait emprunté et  ramper en agonisant sur le sol.

Au final, la mue laisse un gout d’inachevé comme si la créature hybride ainsi crée ne passait que difficilement le stade de la curiosité.

On saluera néanmoins l’audace du chanteur de se lancer dans pareille aventure après 30 ans de carrière.

Repost 0
Published by Seth - dans Industriel
commenter cet article
17 avril 2012 2 17 /04 /avril /2012 22:23

splendeur_courtisanes-copie-1.jpg2.gif

 

 

Retour à ce cher Honoré de Balzac avec l’un des ses romans les plus connus mais également les plus volumineux « Splendeur et misère des courtisanes » que l’auteur mis neuf ans à écrire entre 1837 et 1848.

L’histoire se situe dans la tranche historique habituelle de Balzac, dans le Paris de la Restauration peu après l’ère Napoléonienne.

Le protagoniste principal de cette histoire complexe et retorse est Lucien de Rubempré petit noble désargenté d’Angoulême, qui s’est brulé les ailes au contact de la vie parisienne en voulant suivre sa vocation littéraire.

Même si le jeune homme est perclus de dettes, sa grande beauté lui a néanmoins permis de réussir de prestigieuses conquêtes féminines comme le duchesse Anne de Maufrigneuse ou la comtesse de Sérisy.

Lucien a également trouvé à Paris un mentor en la personne d’un forçat évadé du nom de Jacques Vautrin qui se fait passer pour un abbé espagnol répondant au nom de Carlos Herrera.

Intelligent, déterminé et d’une force physique prodigieuse, Vautrin est considéré comme un grand caïd de la pègre mais fait preuve d’un fort attachement quasi paternel envers Lucien.

Vautrin va donc utiliser les talents de séducteur de son protégé pour piéger les femmes, notamment Clotilde de Grandlieu, fille d’un riche noble qu’il désire faire épouser à Lucien pour le renflouer.

Mais c’est surtout le puissance de l’amour d’une belle courtisane, Esther que va exploiter le forçat pour manipuler la jeune femme afin de la pousser à séduire un vieux banquier juif alsacien le baron de Nucingen.

Esther accepte par amour pour Lucien de se laisser acheter par Nucingen et lui soutire d’immenses sommes d’argent.

Habile stratège, Vautrin place ses pions pour arriver à ses fins et utilise deux femmes dévouées, Europe et sa tante Asie experte dans l’art du déguisement pour s’assurer de la solidité de ses prises.

Mais il se heurte à Corentin, l’un des plus redoutables espions de Paris, mandaté par le duc de Grandlieu pour découvrir la vérité sur les intentions de son futur gendre.

La lutte à distance entre Corentin et Vautrin aidés de leurs auxiliaires, servira de toile de fond à une bonne partie du roman et le premier semblera prendre le dessus en brulant la couverture de Lucien et en faisant capoter son lucratif projet de mariage.

L’intrigue finira par se dénouer lorsque la pauvre Esther, consumée par son amour impossible pour son ancien amant et incapable de se donner physiquement au vieux banquier se suicidera, ce qui aboutira à l’arrestation du tandem Lucien-Vautrin.

Ce suicide sera d’autant plus cruel à accepter que peu après sa mort, on apprendra que Esther était l’héritière d’une riche famille hollandaise, les Gobseck.

En détention, Lucien s’effondre psychologiquement et se suicide également en apprenant l’acte désespérée de son ancienne amante.

Il restera alors Vautrin à qui est consacré la dernière partie du roman.

L’homme révèle alors une force morale incroyable, capable de le faire résister à l’univers carcéral, de garder son ascendant sur les voyous chargés de l’éliminer par son rival Bibi-Lupin mais aussi de lui faire tenir son rôle de prêtre malgré le feu roulant des questions de ses adversaires le juge Camusot et le procureur général Granville.

Homme fin et pragmatique, Granville accepte de négocier avec le redoutable chef de gang en lui accordant la grâce d’un de ses amis condamné à mort en échange de la remise des correspondances compromettantes de Mesdames de Grandlieu, de Sérisy et de Maufrigneuse.

Après que chacun des deux hommes ait honoré son marché, que Vautrin ait conclu un pacte de neutralité avec le terrible Corentin, Granville accepte de le nommer chef de la sureté à la place de son ennemi juré Bibi-Lupin.

En conclusion, « Splendeurs et misères des courtisanes » condense à lui seul tout l’univers Balzacien avec ses qualités mais aussi ses défauts.

Avec Balzac, les provinciaux ambitieux et naïfs se brulent les ailes à Paris,  les relations amoureuse ne sont que mues par l’intérêt financier ou se concluent tragiquement lorsqu’elles reposent sur la pureté des sentiments.

L’écrivain accorde une place prédominante aux femmes mondaines, tirant les ficelles en faveur de leurs amants ou des leurs maris, mais en les décrivant sous des aspects assez répugnants : calculatrices, vénales, superficielles et sans morale.

J’ai trouvé ce tortueux monde de mensonges et d’argent peu attractif et n’ai pas gouté l’admiration presque béate de l’auteur devant Vautrin, véritable surhomme capable de se sortir par la force ou la ruse de toute situation au point de tenir tête à lui tout seul à toute la justice.

Sur la forme, le style de Balzac est ici particulièrement pesant avec des descriptions à rallonges de lieus et de personnages.

Le monde judiciaire est également longuement et soigneusement décrit alors que ce souci du détail n’apporte pas grand-chose à l’intrigue.

Aussi bien sur le fond que sur la forme, « Splendeurs et misères des courtisanes » m’a été bien délicat à apprécier.

Repost 0
14 avril 2012 6 14 /04 /avril /2012 20:30

godsmack_IV.jpg3

 

 

Si j’ai pu être un peu dur avec « Godsmack » le premier album des Bostoniens paru à la fin des années 90, ce relatif peu d’enthousiasme ne les pas empêché de se tailler une jolie petite carrière commerciale au fin des ans.

Sorti en 2006, le bien nommé « IV » est le quatrième album de la formation qui a vu Shannon Larkin s’installer au poste de batteur occupé jusqu’alors par Tommy Stewart.

Avec sa pochette sobre vaguement ethnique, « IV » débute par « Livin in sin » excellent mid tempo gavé de puissance et de feeling.

Le groupe revêt ensuite son manteau de rockers durs à cuir avec « Speak »  et « The ennemy » beaucoup plus massifs et rugueux.

Il faut attendre les titres suivants, « Shine down »  mais surtout la superbe ballade planante « Hollow » pour sentir à nouveau une approche mélodique plus accrocheuse grâce notamment à la voix rauque et chaude de Sully Erna.

Sans être exceptionnel, « No rest for the wicked » reprend la marche en avant chaloupée et métallique de Godsmack même si la suite symbolisée par « Bleeding me » se montre particulièrement terne.

Les américains font alors un petit clin d’œil à une des réussites de leur premier album avec « Voodoo too »  qui parvient pratiquement à égaler la magie noire du premier volet.

Sans surprise, « Temptation » donne dans le métal viril efficace mais est surclassé par « Mama » qui combine harmonieusement puissance et mélodie.

L’album se termine assez glorieusement avec « One raining day » superbe ballade de plus de sept minutes suintant le doux spleen.

En conclusion, assurément Godsmack s’est amélioré au fil des ans et a considérablement amélioré.

Sa musique est toujours très puissante et virile mais incorpore davantage d’ingrédients mélodiques pour faire huiler la mécanique et faire passer plus efficacement le couple moteur.

Bien sur, le groupe est parfois encore pataud ou relativement peu inspiré mais sa mixture mi grunge mi métal fonctionne au final avec une réussite tout à fait notable, faisant de Godsmack une valeur sure du métal contemporain.

Repost 0
Published by Seth - dans Hard Rock
commenter cet article
14 avril 2012 6 14 /04 /avril /2012 19:46

Houdini.jpg2

Petit groupe américain underground des années 80, Melvins voit un regain d’activité et de notoriété à sa carrière lorsque Kurt Cobain, le leader de Nirvana, lui fait une pub d’enfer au début des années 90, ce qui lui permet de décrocher un contrat chez Atlantic records.

Le chanteur-guitariste Buzz Osborne saisit alors l’occasion et sort un nouvel album  en 1993 « Houdini » avec la bassiste Lori Black et le batteur Dale Crover.

Avec sa pochette faussement naïve, « Houdini » débute avec « Hooch » qui donne tout de suite le ton : son de guitare lourd et épais, tempo statiques et voix métallique suintant la rage sourde.

Sombre, enfumé et torturé comme un film d’épouvante de série B, « Night goat » n’apporte rien d’autre qu’un climat malsain s’étalant en longueur.

Un peu moins linéaire, « Lizzy » alterne passages appuyés et plus calmes avant que le « Goin blind » de Kiss soit passé à la moulinette du sludge pour s’embourber en beauté.

Le ton se fait plus rapide et agressif sur « Honey bucket » avant de replonger allégrement dans une atmosphère de sombre menace sur le long et ténébreux « Hag me ».

Un léger effort de groove est fait sur le court et tonique « Set me straight » qui en viendrait presque à sonner comme du Nirvana.

Après le semi instrumental « Sky pup » décousu, les Melvins semblent se réveiller avec « Joan of Arc » très puissant avant de retomber dans leur léthargie sur « Teet ».

La jolie démonstration de guitare sur « Copache » est ensuite vite annulée par l’irritant tic tac de l’irritant semi instrumental « Pear bomb ».

« Spread eagle beagle » le dernier morceau de l’album est un atroce instrumental de 10 minutes rempli de vide.

En conclusion, « Houdini » permet bien de se faire une idée du style de musique des Melvins, ce rock lourd, gras, poisseux comme une journée de canicule dans le métro parisien, dont les rythmes lents et répétitifs sont brièvement émaillés de courts éclairs énergétiques.

La voix dure et métallique de Osborne colle il est vrai parfaitement bien à ce style mais le résultat se montre au final terriblement ennuyeux en raison de l’absence de variations.

Le manque de vivacité, de feeling ou de mélodie caractérisent le son des Melvins qui sur la fin du disque lorgnent vers le foutage de gueule avec des instrumentaux particulièrement vides.


Bizarre, anti accrocheur et commercial, « Houdini » se planta complètement et provoqua l’éviction des américains de leur maison de disque.

Pour moi donc, Melvins est et restera un groupe underground.

Repost 0
Published by Seth - dans Doom
commenter cet article
13 avril 2012 5 13 /04 /avril /2012 22:34

Titanic.jpg3

 

 

Aussi fou que cela puisse paraitre je n’avais jamais vu autre chose que des bribes du fameux « Titanic » de James Cameron.

On peut y voir un certain esprit de rébellion contre ce film multi oscarisé qui resta longtemps comme le plus gros succès de l’histoire au box office avant d’être détrôné par un autre film de James Cameron « Avatar ».

J’ai en effet du mal à lire ou aller voir les best sellers mais essaie néanmoins de me soigner.

Sorti originellement en 1997 puis ressorti en 2012 pour profiter de l’avancée technologique du 3D, « Titanic » se présente comme une reconstitution romancée du naufrage du célèbre paquebot de luxe qui fit naufrage en 1912 lors de sa première traversée Angleterre-Etats Unis et qui couta la vie à 1500 personnes.

Assez habilement, Cameron tisse une histoire d’amour autour de ce drame historique en racontant l’histoire de Rose Dewitt Bukater (Kate Winslet) qui à plus de 90 ans se retrouve à livrer ses souvenirs de rescapée à une équipe américano-russe à la recherche des trésors engloutis du paquebot.

A l’époque, jeune femme, Rose était une noble désargentée regagnant les Etats Unis avec son richissime fiancé Caledon Hockley (Billy Zane) pour effectuer un mariage d’intérêt.

Malgré un physique avenant, Hockley se montre comme un personnage antipathique, dur et machiste avec sa Rose dont le caractère indépendant souffre de la situation.

Alors que la jeune femme  désespérée s’apprête à se jeter par-dessus bord pour mettre fin à ses tourments, un jeune homme Jack Dawson (Leonard Di Caprio) lui sauve la vie.

Jeune et intrépide, Dawson est un passager pauvre (de 3iéme classe) et s’est embarqué avec deux amis à l’aventure après une bref vie de peintre à Paris.

Un charme opère bien vite entre les jeunes gens, malgré la différence de classe et l’hostilité du futur mari.

Dawson entraine Rose dans un monde de charme, d’aventures loin des ennuyeuses conventions des riches passagers.

Les deux jeunes gens tombent amoureux et font l’amour malgré la vigilance du domestique de Hockley les traquant dans les immenses recoins du navire.

Fou de rage, Hockley fait accuser son rival du vol d’un superbe diamant ayant appartenu à Louis XVI, le cœur des océans.

Dawson est donc bouclé sous le pont en attendant son jugement mais un drame inattendu va bouleverser le déroulement des opérations.

Le monstrueux paquebot réputé insubmersible et dont la puissance fait la fierté de son concepteur l’ingénieur Thomas Andrews (Victor Garber) percute une nuit un iceberg et endommage sa coque.

Rapidement l’eau envahit les compartiments et la situation se dégrade.

Le commandant Edward John Smith (Bernard Hill) comprend très vite que la situation va rapidement devenir désespérée d’autant plus qu’il n’y sait qu’il n’y a pas assez de chaloupe pour tous les passagers.

Commence alors l’effroyable naufrage avec un sentiment de panique générale allant en croissant.

Les passagers sont évacués en premier mais peu à peu les troubles éclatent notamment parmi les passagers de 3iéme classe enfermés sous le pont par des grilles en attendant que les classes supérieures évacuent.

Oubliant sa peur et les menaces de son mari égoïste et lâche, Rose brave tous les dangers d’un bateau prenant l’eau pour retrouver et libérer le pauvre Jack.

Les deux amant parviennent à se retrouver mais le Titanic se fend en deux, provoquant alors la fin irrémédiable tant redoutée.

Jack permet à Rose de survivre dans l’océan glacé et se sacrifie pour la mettre hors de portée du froid.

La jeune femme ne doit son salut qu’à un seul canot de rescapé revenu chercher des survivants.

Le film se clôt sur ce récit émouvant et sur l’acte de la vieille femme ému de jeter le diamant qu’elle avait gardé jusqu’alors par-dessus bord.

En conclusion, « Titanic » est une grande fresque d’époque reconstituant minutieusement un acte dramatique qui marqua l’histoire.

L’ambiance de la traversée sur un paquebot à vapeur du début du XX iéme siècle est à vrai dire assez prenante et ce en raison de la qualité du jeu des acteurs, même si pour être franc le charme de boys band de Di Caprio et la beauté anglaise de Kate Winslet me laissent complètement froid.

Puis la tension s’installe progressivement au fur et à mesure de la progression du sinistre pour aboutir à des situations véritablement effrayante rappelant le 11 Septembre ou plus près de nous le naufrage du Concordia en Italie.

L’horreur est en effet bel et bien présente et vient se superposer à l’exaltation romantique de cet amour impossible.

Le succès du film tient donc pour moi surtout à la force de cette histoire d’amour à la Roméo et Juliette marquée par le sacrifice des amants.

Outre par beauté visuelle et son sens de la reconstitution, « Titanic » toucha donc de manière universelle les sentiments humains rêvant d’amour absolu, irraisonné, pur et faisant fi de tous les obstacles.

De manière plus dépassionnée, on peut également y voir un témoignage de la folie des hommes, espérant avec orgueil que la technologie les mettrait à l’abri des forces de la nature.

Vous l’aurez compris « Titanic » n’est pas mon James Cameron favori mais il demeure à voir une fois dans sa vie et à mon sens plus intéressant sur le fond que le surgonflé « Avatar ».

Repost 0
13 avril 2012 5 13 /04 /avril /2012 21:43

samourai7.jpg4

 

 

Ne désespérant pas de trouver enfin mon bonheur dans la filmographie complexe de Jean-Pierre Melville j’ai finalement visionné « Le samouraï ».

Sorti en 1967, ce célèbre polar raconte l’itinéraire de Jeff Costello (Alain Delon) jeune et mystérieux tueur professionnel qui élimine pour un contrat un patron de boite de nuit.

Costello apparait comme un professionnel très bien organisé, froid, dur et maitre de lui jusqu’à l’impassibilité.

Mais si il parvient grâce à un faux témoignage de sa maitresse Jane Lagrange (Nathalie Delon) et à un surprenant revirement d’une pianiste Valérie (Cathy Rosier) à échapper à l’interrogatoire du commissaire (François Perrier) , Costello rencontre tout de même des difficultés lorsque son commanditaire Wiener (Michel Boisrond) essaie de l’éliminer sur un pont.

Costello parvient à s’échapper mais est blessé au bras.

Il s’aperçoit qu’il est alors traqué à la fois par ses commanditaires et à la fois par les policiers qui ont réussi par chantage à faire craquer Nathalie.

Il réagit néanmoins en fauve blessé et cherche à remonter la piste de ses tueurs en faisant notamment parler Wiener venu une nouvelle fois l’éliminer.

Costello se rapproche également de Valérie pour qui il éprouve une mystérieuse et puissante attirance.

La pianiste semble jouer un double jeu étrange qui se confirme lorsque Costello découvre qu’elle habite chez son commanditaire.

Après avoir échappé à la police au cours d’une course poursuite effrénée dans le XX ieme arrondissement de Paris, Costello élimine son commanditaire et comprend que sa dernière cible est Valérie.

Il se rend donc une nouvelle fois dans la boite de jazz mais se fait tuer par la police au moment de tirer sur sa victime.

Une fois Costello mort, la police s’aperçoit que son arme était déchargée ce qui ouvre beaucoup d’hypothèses sur ses réelles motivations.

En conclusion, « Le samouraï » est pour moi de loin le meilleur film de Jean-Pierre Melville.

L’action n’est certes toujours pas formidablement rythmée mais le climat de tension sous jacente et l’esthétique grise délavée du film le rendent particulièrement intéressant.

Les acteurs sont tous ici fantastiques mais aucun d’entre eux ne peut rivaliser avec la présence et la beauté énigmatique, glacée et puissante d’Alain Delon.

Avec « Le samouraï » Melville gomme les lourdeurs et les clichés de ses films (amitiés viriles, femmes faciles) pour réaliser une fascinante épure stylisée du film policier.

Solitaire, impavide, fier et maitre de son art, son tueur agit par instinct avec une maitrise de lui toute asiatique.

Très ouverte, la fin du film offre de multiples interprétations, la mienne étant que Costello sait sa position sans issue et préfère mourir son arme à la main en une sorte de suicide rituel Seppuku de l’homme d’honneur s’apprêtant à faillir à sa mission soit par lassitude soir en raison des sentiments cachés éprouvés pour sa victime, ce qui peut être ici assimilé à de la faiblesse voir une faute impardonnable.

« Le samouraï » est donc une vraie réussite et créa donc un rôle mythique pour Alain Delon alors au sommet de son art minimaliste.

Repost 0
Published by Seth - dans Policier
commenter cet article
9 avril 2012 1 09 /04 /avril /2012 22:31

arret_image.jpg

4

 

 

Les habitués de ce blog seront sans doute surpris de découvrir une chronique d’un album de Bernard Lavilliers en ces colonnes.

Pourtant même sans être un fan de sa musique, l’homme ne m’a à vrai dire jamais laissé indifférent.

Aussi est-ce avec un grand esprit de découverte que j’ai écouté son dix septième album « Arrêt sur image » sorti en 2001.

Avec sa belle pochette colorée comme une invitation au  voyage maritime, « Arrêt sur image » débute par « L’or des fous » rendu élégant et très mélancolique par l’emploi d’un accordéon et d’un violon.

La voix est posée, charismatique, les textes comme souvent impeccables et la coloration musicale assurément sud américaine.

Cette coloration se confirme avec « Iracema » très belle déclaration d’amour à une brésilienne inconnue du Nordeste.

Le rythme est lent, nonchalant, sensuel comme le balancement d’une belle brune sur un hamac par un après midi écrasé de soleil au bord de la mer.

Retour à une veine plus réaliste et politique avec « Les mains d’or » rendant hommages aux ouvriers de la sidérurgie.

On notera le remarquable travail de Marco Papazian dont le son de guitare clair et lumineux porte cette chanson lancinante du début à la fin.

Malgré son ambiance hypnotique et poétique, « Fleur pourpre » est rendu plus pénible en raison de son chant mollasson et de l’emploi de synthétiseurs décalés.

Nouvel hommage au Brésil avec « Saudade » douce ode à ce sentiment mélancolique inspirateur de bien des créations artistiques.

« L’empire du milieu » brille par la qualité des textes décrivant une nostalgie pour le passé de voyou du chanteur, par sa puissance contenue et par un son de guitare proprement prodigieux.

Dans la même veine, on notera  « Délinquance » surprenant de tolérance à l’égard des voyous de banlieue dans lequel le chanteur se reconnait surement.

Mais à vrai dire le morceau recèle une ambiance trop relax par rapport à la violence du sujet traité.

Lavilliers s’en prend ensuite avec talent aux hommes d’affaires de ce monde avec « Les tricheurs » agrémenté de bruitages électroniques des plus étranges.

Chanté à moitié en anglais  avec une chanteuse américaine envahissante, « Octobre à New-York » a moins d’impact.

Lavilliers se surpasse sur « La dernière femme » merveilleuse déclaration d’amour au texte ciselé et à la mélodie sublime grimpant progressivement en puissance.

La fin de l’album se profile donc avec « Solidaritude » un peu tristounet et par une version cubaine très vivante de « Les feuilles mortes » de Jacques Prévert.

En conclusion, pour une découverte, « Arrêt sur image » s’est avéré une formidable expérience.

La voix de Bernard Lavilliers est plaisante, ses textes sont superbes, pétris d’intelligence, de poésie et de rébellion.

Bien entendu le ton est plutôt calme, relax, intimiste et n’a absolument rien à voir avec les déchainements de décibels dont je fais ici souvent l’éloge mais le son de guitare de Papazian clair et puissant est un véritable régal.

On peut donc imaginer déguster « Arrêt sur image » seul dans une chambre d’hôtel dans un silence absolu pour virer à la plus totale introspection ou alors dans une ambiance de vacances au bord d’une mer chaude.

Un album mature et digne d’un grand cru de la chanson française.

Repost 0
9 avril 2012 1 09 /04 /avril /2012 21:07

FFF.jpg3

 

 

FFF était un groupe de rock français qui brilla pendant une décennie (1991-2000) avant de disparaitre de la circulation.

Mélangeant rock et funk en une fusion énergique, FFF se tailla une jolie réputation dans l’Hexagone, en raison de ses prestations scéniques explosives et de la personnalité attachante de son leader le chanteur d’origine béninoise Marco Prince.

Le troisième album sobrement intitulé « FFF » sort en 1996.

Le premier morceau « On ne badine pas avec la mort » assez calme, brille surtout par les variations vocales de Prince, les envolées guitaristiques de Yarol Poupaud et par un texte assez sérieux sur le Sida.

L’ambiance est beaucoup plus électrique sur « Barbès » excellente fusion énergétique rendant hommage à ce quartier populaire et coloré de Paris.

Dans la même veine, « Mauvais garçon » s’avère plus laborieux avec une style très reggae et des refrains particulièrement faibles mais ce petit écart est vite gommé par l’excellent « Le pire et le meilleur » qui fait la part belle à un rock puissant parfaitement maitrisé.

Arrive ensuite la perle du disque, une surprenante power ballade éthérée aux textes d’une beauté poétique exceptionnelle « Morphée ».

Pour faire baisser la tension, les doux « Act up » chanté à moitié en anglais et « Le muscle magique »  assez humoristique viennent apporter une accalmie à cette tornade de fusion.

FFF replace alors sa fusion funk-rock nerveuse avec « Niggalize it » une nouvelle fois influencé par l’anglais.

La fin de l’album s’effectue en pente douce avec « Un jour » ballade curieusement intimiste sur le retour aux origines, « Laisser aller » mollasson et dépressif avant « Knock you down » un ultime uppercut power funk administré dans les règles de l’art.

En conclusion, « FFF » est un album de qualité dans la droite lignée des productions de fusion à la mode durant la fin des années 90.

Avec son énergie, la verve et la fraicheur de son chanteur, FFF tire honnêtement son épingle du jeu et propose un album agréable comportant quelques titres accrocheurs (« Barbés », « Le pire et le meilleur ») un hors classe « Morphée » avant de connaitre une deuxième partie un poil plus laborieuse.

Mention honorable donc pour cette fusion made in french.

Repost 0
Published by Seth - dans Fusion
commenter cet article
9 avril 2012 1 09 /04 /avril /2012 10:19

autre_monde.jpg4

 

Aucun français ou résident français n’a pu je le crois échapper dans sa vie à l’écoute du groupe Téléphone ne serait ce que par les innombrables rediffusions de ses plus grands succès radio.

Malgré la brièveté de sa carrière (8 ans seulement !), Téléphone a en effet marqué de sa patte le rock français et peut assurément briguer la place de numéro d’un genre il est vrai ou les concurrents sont des plus clairsemés.

Sorti en 1984, « Un autre monde » et sa pochette débilo-infantile est le dernier album d’un groupe alors en plein succès mais dévoré par les conflits intérieurs entre le chanteur/guitariste Jean-Louis Aubert principal compositeur du groupe, Louis Bertignac talentueux guitariste principal, Corinne Mariennau (bassiste) et Richard Kolinka (batteur).

On débute en douceur avec « Les dunes » qui pendant quatre minutes ne parvient à décoller.

La suite est d’un meilleur acabit et les parisiens alignent un de leurs mémorables tubes, « New York avec toi » , influencé par une veine rock n’ roll old school.

Comptant l’attraction et les fantasmes pour la ville reine des USA, « New York avec toi » et son court format sympathique font mouche.

Après un « Loin de toi » qui balance bien arrive « 66 heures » beaucoup plus rapide et dynamique tout en gardant une veine rock bien sentie.

L’intensité est toujours de mise sur « Ce que je veux » simple et direct mais c’est réellement « La garçon d’ascenseur » prodigieux en terme de riffs et d’énergie dégagée qui impressionne.

Téléphone intercale ensuite le court et rapide « T’a que ces mots » également brillant par la qualité de ses riffs entre deux titres plus calme et réconfortant « Oublie ça » « Le Taxi la ».

L’album se termine avec « Electric cité »  très groovant et par sans nul doute le plus grand tube de l’histoire du groupe, « Un autre monde » si multi diffusé les trente dernières années par toutes les radios de France qu’il semble maintenant faire partie du paysage sans qu’on y prenne plus trop garde.

En conclusion, pour un départ, « Un autre monde » termine formidablement bien la carrière d’un groupe réputé mythique pour le rock français.

Même si la voix cassée de Jean-Louis Aubert et son coté grand frère réconfortant m’irrite par instant, force est de constater que « Un autre monde » est excellent album reposant sur des compositions efficaces, intelligemment travaillées, habitées par l’excellent jeu de guitare de Bertignac et par une énergie positive souvent emballante.

Téléphone sonne certes aujourd’hui daté, mais la qualité de ses compositions reste et restera encore pendant longtemps.

Repost 0
Published by Seth - dans Rock
commenter cet article
8 avril 2012 7 08 /04 /avril /2012 22:19

doulos.jpg2

 

 

Sorti en 1962, « Le doulos » est un célèbre polar  noir et blanc réalisé par Jean-Pierre Melville.

L’histoire prend classiquement place dans le milieu des voyous, ou Maurice Faugel (Serge Reggiani) truand fraichement sorti de prison abat par vengeance personnelle le receleur Varnove (René Lefèvre) après que celui-ci l’ait mis sur un coup.

Il lui dérobe des bijoux d’un précédent hold up mené par  les gangsters Armand (Jacques de Léon) et Nutheccio (Michel Piccoli), les enterre avec l’arme du crime dans un terrain vague et se met en quête de ses amis Jean (Aimé de March) et Silien (Jean-Paul Belmondo) qui est en réalité un indicateur de la police.

Aussi le cambriolage dans une maison bourgeoise du seizième arrondissement de Paris tourne mal puisque Faugel et son acolyte sont pris en chasse par la police.

Une fusillade éclate, l’associé de Faugel est tué mais ce dernier parvient à tuer le policier chargé de les arrêter, l’inspecteur Salignari (Daniel Crohem).

Blessé à l’épaule, Faugel est transporté inconscient  en lieu sur et remet à son infirmière un plan à remettre à son ami Jean pour trouver le trésor de Varnove.

Mais Silien qui n’a pas hésité à torturer Thérèse (Monique Hennessy) pour renseigner la police a en réalité agi uniquement par amitié envers l’inspecteur et ne coopère pas aussi facilement avec le commissaire Clain (Jean Desailly) chargé d’élucider le meurtre de Salignari.

Habile, Clain fait néanmoins pression sur Silien pour que celui-ci les renseigne sur le moyen de trouver Faugel.

L’arrestation de Faugel et sa mise à l’ombre, permet à Silien de révéler son jeu.

L’indic récupère les bijoux cachés par Faugel, utilise Fabienne, la maitresse Nutheccio pour remonter jusqu’à lui, le faire chanter pour lui restituer les bijoux et l’abattre ainsi qu’Armand.

Manipulateur, il innocente son ami Faugel en faisant croire à la police que les deux truands se sont entre tués après avoir assassiné leur complice Varnove.

Mais il ignore que Faugel a en prison passé un contrat pour le tuer.

Pris de remords après que Faugel lui ait avoué sa fidélité, Faugel tente d’empêcher l’exécution mais est tué à sa place dans une grande maison de banlieue à Sucy en Brie.

Si Silien arrivé sur les lieux, élimine le tueur, il est lui-même atteint d’une balle dans le dos et décède à son tour.

En conclusion, « Le doulos » est une histoire policière incroyablement emberlificotée rendant hommage aux polars américains.

Le registre est identique aux autres films de Melville : des voyous élégant habillés en costards, fréquentant des bars de nuits classes avec femmes fatales, jazz, cigarettes et alcools forts, s’entretuent méthodiquement pour des histoires d’argent.

La star du film est Jean-Paul Belmondo alors jeune homme d’aspect athlétique et juvénile qui manipule tout le monde, policiers comme truands.

L’amitié est encore une fois le thème central du film, qu’elle soit envers un policier ou un gangster.

Très compliqué à suivre et pas toujours palpitant, « Le doulos » est néanmoins plus rythmé que la plupart des films de Melville, lents et contemplatifs.

Repost 0
Published by Seth - dans Policier
commenter cet article

Présentation

  • : Le blog de Seth
  • : Articles/Chroniques pour un partage de voyages interieurs majoritairement littéraires
  • Contact

Recherche

Pages

Liens