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26 juillet 2012 4 26 /07 /juillet /2012 19:39

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Dernier album studio d’Iron maiden, non encore chroniqué en ces colonnes, « No prayer for the dying » un peu coincé en 1990 entre deux époques, le déclin relatif du groupe et la changement de line up avec le départ imminent d’un Bruce Dickinson lassé au fil des ans des rapports de forces internes.

Adrian Smith quitte le navire mais Iron maiden possède encore deux guitaristes Jannick Gers et Dave Murray.

Fidèle à ses (bonnes) habitudes), « No prayer for the dying » présente une pochette macabre sans esbroufe d’un Eddy déterrant les morts et débute avec un titre rapide et percutant  « Tailgunner ».

On rame sévère sur le bancal et informe « Holy smoke », tandis que « No prayer for the dying » peine à charmer en raison d’une construction inutilement alambiquée.

Iron maiden semble peu inspiré sans créativité tel ce « Public enema number one » poussif au possible ou ce « Fates warning » certes rageur mais sans grande consistance.

Certes, « The assassin » tente de montrer les crocs et de jouer aux durs mais prête en réalité plus à rire devant la pauvreté de la menace qu’il compte faire éprouver à l’auditeur.

Il faut attendre « Run silent run deep » pour trouver un tempo plus compact et lourd (merci à Nicko Mc Brain de se réveiller un peu) même si l’embellie peut paraitre bien mince.

L’auditeur trouve donc le chemin bien long jusqu’à la fin et son parcours pénible se poursuit avec « Hooks in you » bouillie informe hésitant entre mélodie et virilité, avant un éclair zébrant l’horizon obscurci, « Bring your daughter to the slaughter » seul véritable tube digne de figurer dans le panthéon des meilleurs morceaux du groupe avec une ambiance satanique grandiloquente et un Dickinson prenant enfin son envol sur les refrains aériens.

Iron maiden termine son disque avec « Mother Russia » aux forts relents progressifs majestueux et mollassons.

En conclusion, « No prayer for the dying » pourrait s’appeler également « No prayer for the dying listener » tant il recèle un nombre impressionnant de mauvais titre écrits sans réellement se fouler de neurones.

La déception est immense après le déferlement de créativité de « Seven son of the Seven son » sorti à peine deux ans plus tôt, ce qui laisse à penser que le départ d’Adrian Smith fait mal artistiquement et que le groupe souffre de l’intérieur.

Mis à part un excellent single (« Bring your daughter to the slaughter ») pas grand-chose à retirer donc de « No prayer for the dying » si ce n’est un fort ennui et une belle impression de remplissage, voir d’imposture avec tous ces longs solo tournant à vide et un Dickinson en très petite forme.

Il faudra attendre deux ans et un joli sursaut (« Fear of the dark ») avant que la fêlure interne se transforme en plaie béante externe.

Aux travers de toutes ces chroniques vous tenez donc mon point de vue sur Iron maiden, de très bon album de heavy metal dans les années 80, le commencement d’un déclin dans les années 90 et une orientation rock progressive que je ne supporte pas depuis les années 2000.

Je ne suis donc pas un fan béat d’admiration et tente de conserver un œil critique sur un groupe un peu trop surestimé à mon gout, et bien loin de me plaire autant que d’autres grands du style.

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25 juillet 2012 3 25 /07 /juillet /2012 20:41

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Après le succès phénoménal du premier « Fantômas », André Hunebelle enchaine rapidement en 1965 avec « Fantômas de déchaine ».

Dans ce second opus au titre prometteur, le commissaire Juve (Louis de Funès)  fraichement décoré de la légion d’honneur par le Ministre pour avoir écarté la menace que représentait le criminel masqué Fantômas, apprend que son ennemi est non seulement encore en activité mais vient également d’enlever un scientifique le professeur Marchand (Albert Dagnant) travaillant sur une machine révolutionnaire permettant de contrôler à distance l’esprit humain.

En détournant une émission télévisée, Fantômas ridiculise non seulement Juve en public mais annonce également ses intentions d’enlever un autre scientifique, le professeur Lefèbvre (Jean Marais) seul capable d’achever les travaux de Marchand pour mettre au point la machine.

Juve armé de gadgets technologiquement avancés comme une fausse main mécanique ou des cigares pistolets, le journaliste Fandor (Jean Marais) et son amie photographe Hélène Gun (Mylène Demongeot) se démènent alors pour protéger Lefèbvre d’un enlèvement prévisible lors de sa participation à congrès scientifique à Rome.

Fandor brouille les pistes en prenant l’apparence de Lefèbvre, afin de prendre le transformiste Fantômas à son propre jeu et de l’attirer dans un piège.

La ruse fonctionne presque puisque Fandor, décidément parfaitement rompu au close combat pour un journaliste, met quasiment seul hors d’état de nuire les hommes du criminel.

Mais rusé, Fantômas qui a également revetu les traits de Lefèbvre, profite de la confusion pour s’enfuir, enlever Hélène et son jeune frère (joué par Olivier de Funès), avant qu’un cruel malentendu ne fasse entrer le malheureux Juve dans un hôpital psychiatrique italien, pour heureusement une courte durée.

Décidément redoutable, Fantômas enlève ensuite le vrai professeur Lefèbvre pour mettre à exécution ses plans de domination absolue mais le monstre se révèle sous un jour plus humain en courtisant Hélène et en la relâchant assez inexplicablement.

L’homme se dit solitaire et en mal d’une âme sœur pour lui tenir compagnie.

Hélène est troublé par ce personnage élégant, mystérieux qui lui fait de somptueux cadeaux et l’invite à un bal costumé.

Mais Fandor, Juve et ses hommes se rendent également à ce bal, également costumés.

Déguisé en pirate affublé faussement borgne et d’une jambe de bois fusil, Juve parvient presque à coincer sa proie mais Fantômas décidément invincible retourne la situation en capturant lui-même le commissaire et le journaliste non sans un terrible résistance de ce dernier.

Toute l’équipe se trouve donc en détention chez le maitre du crime, dans une base sous marine située à flanc de Vésuve.

Fantômas y déploie toute sa démesure avec force gadgets sophistiquées ( pour l’époque !) ,  décors baroques, laboratoires clandestins et mercenaires sans états d’âmes.

Alors qu’ils s’apprêtent à être horriblement sacrifiés à une cruelle expérience pseudo scientifique de décapitation, les proies de Fantômas se libèrent en profitant des ressources de Juve et notamment ses fameux cigares tireurs.

C’est alors la totale rébellion dans la base et tous les plans de Fantômas sont mis en déroute.

Une nouvelle fois battu, Fantômas prend la fuite et une course poursuite frénétique s’ensuit alors en voiture et avion puisque le criminel fait preuve d’inventivité avec une DS se transformant en avion !

A bord d’un zinc et armé du canon télépathique, Juve trop nerveux, laisse passer l’occasion de neutraliser son ennemi et tombe en chute libre.

Seule l’intervention risquée de Fandor qui saute également à sa suite pour le récupérer, permet de sauver la vie au téméraire Juve qui s’aperçoit un peu tard qu’il ne sait pas voler !

En conclusion, « Fantômas de déchaine » reprend les même ingrédients que le premier opus (scénario délirant digne d’une BD de SF fauchée, humour, actions, cascades audacieuses) et n’est qu’une plaisante variation bien exécutée par Hunebelle qui ne prend pas grand risque avec des acteurs de l’abatage de Jean Marais qui interprète trois rôles avec un succès variable : épatant en monstre glacé, impressionnant en play boy athlétique et casse cou mais un peu ridicule en vieillard scientifique à la voix chevrotante.

Pas grand-chose à dire sur De Funès, qui fait son numéro habituel un peu éclipsé par le contexte et le statut de star de Marais, et Demongeot qui ne brille que par son insolente beauté.

On passera donc un bon moment en s’étonnant de l’ambiance par instant baroque,  inquiétante et en souriant des innovations technologiques de l’époque, telles les prouesses aériennes de la DS volantes remplacée par une maquette.

Reste donc un film solide, populaire qui démontra toute son efficacité en son temps, certes bien éloigné à présent.

Avis aux nostalgiques …

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25 juillet 2012 3 25 /07 /juillet /2012 20:04

3 storm bringer

 

 

Sorti en 1974, « Stormbringer » est le troisième album de Deep purple avec David Coverdale au chant après le passage éclair mais o combien remarqué de Ian Gillian, brillant Co-auteur de deux chefs d’œuvres intemporels « In rock » et « Machine head ».

Avec sa pochette fleurant bon le fantastique si cher aux premiers Rainbow du regretté Ronnie James Dio, « Stormbringer » ouvre les hostilités avec une ambiance heavy metal apocalyptique mais terriblement fluide et accrocheuse sur des refrains ou la voix de Coverdale tutoie les anges.

Même encore maintenant, le relativement méconnu, « Stormbringer » reste pour moi un chef d’œuvre, une pièce unique, intense, magistrale, annonçant à l’avance d’autres chefs d’œuvres de groupes comme Judas priest.

La transition avec les très country-blues « Love don’t mean a thing » et « Holy man » est par conséquent rude, même si il faut reconnaitre que Coverdale est également impeccable dans ce registre plus calme.

Le charme véhiculé par ce style plus feutré est tel que « Hold on » aux refrains soul-music pourtant assez éloignés des déchainements hard de Gilian parvient à accrocher l’attention en raison de sa classe.

Avec son tempo plus soutenu et ses quelques éclats, « Lady double dealer » correspond plus aux canons du rock énergique mais l’incursion est de courte durée puisque « You can’t do it right » voit la basse de Glenn Hughes revêtir des aspects funky au demeurant non déplaisants.

Deep purple replombe ensuite sa musique d’acier avec le très bon « High ball shooter » qui déroule un hard fluide et hautement énergétique.

On aborde ensuite la fin du disque avec « The gypsy » sympathique avec ses belles harmonies de guitare, et « Soldier of fortune » très belle ballade blues ou la voix de Coverdale fait des ravages.

En conclusion, malgré son titre ravageur « Stormbringer » est une tromperie.

Mis à part effectivement le titre introductif, impressionnant de puissance et de maitrise, « Stormbringer » s’oriente vers un style beaucoup plus calme agrémenté de blues, soul et funk.

Mais même si on s’écarte donc du hard frontal (mais si foisonnant !) des débuts, la musique pratiqué par Deep purple reste ici incroyablement riche et plaisante.

Sans être Gillian, David Coverdale reste un chanteur d’exception dans son registre particulier élégant et classe.

« Stormbringer » est donc réservé aux mordus des 70’s, aux esthètes, aux âmes sensibles, aux amateurs de bonne musique ouverts d’esprits sur des styles plus larges mais o combien enrichissants pour la sensibilité musicale.

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25 juillet 2012 3 25 /07 /juillet /2012 19:15

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Plongée vers les racines du hard rock avec « In rock » de Deep purple.

Sorti en 1970, « In rock » est déjà le troisième album de Deep purple mais constituera en raison de son orientation franchement hard et novatrice, l’une des pierres angulaires du hard rock moderne aux coté du premier Led zeppelin et du premier Black sabbath sortis la même année ou légèrement avant.

Avec « In rock » Deep purple change son line up, se dotant d’un excellent bassiste (Roger Glover) mais surtout avec Ian Gillian d’un chanteur puissant et offensif capable de monter haut dans les aigus.

Ceci va considérablement changer la donne et étoffer le son déjà solide des virtuose Ritchie Blackmore (guitare) , Jon Lord (claviers) et Ian Paice (batterie).

Avec sa superbe pochette évoquant non sans une certaine folie des grandeurs le Mont Rushmore, célèbre montagne à l’effigie des présidents américains détournée pour présenter les visages des musiciens, « In rock » débute en trombe par le redoutable « Speedking » premier titre heavy metal avant l’heure en raison de sa vitesse et de sa violence.

Plus de quarante ans après, l’auditeur est encore secoué par l’impact prodigieux de ce titre et par les hurlements déchainés de Gillian.

La suite bien que moins tonitruante, révèle alors un « Bloodsucker » aux riffs particulièrement trapus émaillés des brutales explosions vocales du chanteur.

On change ensuite de catégorie avec le chef d’œuvre du disque, « Child in time » somptueuse pièce épique et progressive de plus de dix minutes, sur laquelle le groupe fait preuve d’une créativité, d’une sensibilité et d’une intensité dignes des plus grands.

On revient certes à un registre un peu plus traditionnel avec « Fly of the rat » mais exécuté avec une vivacité et un feeling prodigieux sur les formidables parties instrumentales de musiciens géniaux.

La puissance et la conviction sont au rendez vous sur le pesant « Into the fire » et les effets musicaux inventifs de « Living wreck » parviennent à le rendre juste assez prenant pour faire oublier une certaine monotonie.

L’album se termine par un autre mid tempo solidement bâti, « Hard luck man » fortement rehaussé par la puissance de la guitare de Blackmore, par la créativité de l’orgue de Lord et par quelques éruptions vocales de Gilian.

En conclusion, court mais incroyablement intense « In rock » mérite assurément sa réputation d’album culte.

Pourtant il apparait très exigeant musicalement et peu accessible au tout venant.

La qualité de la musique est phénoménale, avec des musiciens au top individuellement et formant un ensemble un tout formidablement créatif.
Les rythmiques lourdes et agressives de la paire Paice/Glover, les riffs et solo puissants de Blackmore constituent l’ossature en or massif de ce nouveau style de musique sur laquelle viennent se greffer un orgue vintage omniprésent (seul Ray Manzareck de The doors peut pour moi rivaliser avec Lord) mais surtout un chanteur d’une révolutionnaire par son style percutant et haut perché à l’égal d’un Robert Plant.

« In rock » est un classique donc, un album fou et génial comme seules les années 70 pouvaient produire.

A consommer sans modération pour tout amateur de rock sauvage et ambitieux.


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23 juillet 2012 1 23 /07 /juillet /2012 20:10

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Voici à présent un nouveau film du très controversé Oliver Stone, « The doors » paru en 1991, la même année que son non moins sulfureux « JFK ».

Les habitués de ce blog savent que The doors constitue l’un des mes groupes préférés aussi me devais-je chroniquer ici le film de Stone.

« The doors » raconte l’émergence du groupe californien, dans une période particulièrement créative et libérée socialement, la fin des années 60.

Jim Morrison (Val Kilmer)  apparait bien vite comme le leader du groupe mais pas seulement en raison de son physique d’ange, également par son tempérament profondément artistique s’exprimant par le biais du cinéma ou encore davantage de la poésie.

Leader, créateur, charismatique, Morrison prend vite l’ascendant sur les autres membres du groupe, le guitariste Robby Krieger (Franck Whaley), le batteur Jon Desmore (Kevin Dillon), seul le claviériste Ray Manzarek (Kyle Mac Lachlan) se permettant quelques contestations occasionnelles.

Le parcours du groupe est alors somme toute classique, première compositions écrites dans un sous sol, premiers concerts dans des salles toujours plus grandes, popularité croissante compte tenu de la qualité de sa musique mais également des prestations scéniques si intenses de Morrison, qui hurle, invective, se débat, charme et hypnotise l’auditoire.

Morrison rencontre Pamela Courson (Meg Ryan) une étudiante qui deviendra sa compagne attitrée même si ce terme n’a pas beaucoup de signification dans les mouvements rock des années 60.

Rapidement signé, The doors gravit de manière météorique tous les échelons de la notoriété même si le mode de vie excessif (certains diront rock ‘n’ roll) de Morrison composé de consommations de drogues, d’alcool et de sexe cause très vite des gros problèmes pour la stabilité du groupe.

Acoquiné avec Patricia Kennealy une sorte de sorcière new age (la sublime brune piquante Kathleen Quilan) , Morrison mène une double vie en l’épousant à l’issue d’une cérémonie néo paganiste celtique, ce qui occasionnera de violentes scènes de ménage.

The doors mène sa vie au rythme de son leader,  qui sera jugé pour avoir insulté la police ou s’être masturbé pendant un concert.

Dès lors, le fragile et instable Morrison consume sa vie et son talent, prenant vingt kilos, se laissant pousser la barbe, augmentant sa consommation d’alcool et devenant quasiment ingérable en studio, même si sa sensibilité et son talent surnagent toujours.

La fin, tout le monde la connait ou presque, se solde par la mort à Paris dans un appartement qu’il occupait avec Courson.

En conclusion, « The doors » est réellement un film rock ‘n’ roll avec tous les excès possibles entretenant la légende de l’archange déchu Morrison.

Il provoquera sans doute l’ahurissement des jeunes générations, incapables de croire à une vie aussi brutale, intense et destructrice, tel un dragster sans volant percutant tout sur son passage.

On pourra rétorquer que aujourd’hui certains rappeurs mènent également une vie marginale et excessive, mais aucun d’entre eux n’a pour moi atteint le niveau d’authenticité, de violence et surtout de pure poésie de Morrison.

Choquant et contestable, « The doors » l’est  dans la répétition des scènes de picole ou de sexe, ou dans les rapports à sens unique entre Morrison et ses proches, mais prend toute son ampleur dans les magnifiques scènes de concert, ou la musique fantastique du groupe interprétée par un Morrison plus gourou que jamais, fait entrer en transe le public, dansant nu en une réincarnation de cérémonie tribale.

On saluera la performance de Kilmer, ayant pris vingt kilos pour incarner le Morrison en pleine déchéance.

Un film donc a voir donc pour tous les amateurs de rock, tout en sachant qu’il est à mon avis en dessous de la réalité des excès de cette époque.

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23 juillet 2012 1 23 /07 /juillet /2012 19:27

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Paru en 1889, « Notre cœur » est l’un des romans les plus connus de Guy de Maupassant, loin derrière toutefois les classiques que sont « Bel ami » ou « Pierre et Jean ».

« Notre cœur » est une délicieuse histoire d’amour ou plutôt de dépendance amoureuse d’un jeune homme appelé André Mariolle, à l’égard d’une belle, jeune mondaine parisienne Madame de Burne.

Jeune veuve, Madame de Burne est en effet le pole d’attraction d’une petite cours masculine composée d’écrivains (Lamarthe), de musiciens (Massival) , philosophe (De Maltry) ou de simple bourgeois papillonnant (le gros Fresnel) autour de la belle dans l’espoir de toucher ses bonnes grâces et de décrocher un beau mariage.

Mais traumatisée par son premier mari, brutal et rustre, Madame de Burne a décidé de jouir de son indépendance de femme moderne, et manœuvre assez égoïstement et diaboliquement les hommes gravitant dans son entourage.

Faible, oisif et sans attache, Mariolle tombe immédiatement sous le charme perverse de la belle et devient rapidement esclave d’un amour malheureusement à sens unique.

Rendu de plus en plus passionné par les atermoiements ambigus de sa dulcinée, Mariolle perd tout sens de la mesure, multipliant les déclarations d’amour orales et par lettres enflammées qui ne font que flatter l’égo déjà surdimensionné de sa cible.

Par son obstination, Mariolle parvient à obtenir une positions plus privilégiée que ses rivaux, devenant en quelque sorte un amant régulier lors de rendez vous clandestins dans une maison du bois de Boulogne louée par ses soins.

Mais jamais Madame de Burne ne s’abandonne complètement à cet amant, soufflant le chaud et le froid pour conserver son indépendance, ses papillonnages masculins tout en gardant sa proie dans son cercle d’influence.

Mariolle ne parvient pas à briser le sortilège infernal et devient le jouet de la veuve, allant de rendez vous en rendez vous (même en Province), attendant fiévreusement les réponses écrites ou les promesses de nouveaux rendez vous.

La souffrance du jeune homme atteint son paroxysme quand il apprend que Madame de Burne s’est entiché d’un bel aristocrate autrichien le comte de Bernhaus proche de l’ambassadrice d’Autriche.

Sentant son amour se dérober et le fuir, Mariolle se consume de la jalousie, cherchant dans une retraite à Fontainebleau l’oubli salvateur.

Mais même dans la solitude et le calme de la splendide nature, Mariolle reste taraudé par le souvenir de sa maitresse, luttant corps et âme pour ne pas s’abimer dans la mélancolie la plus noire.

Pourtant un espoir survient lorsque Mariolle rencontre Elisabeth Ledru, une jeune serveuse de la région, qui par sa douceur, sa fraicheur et son dévouement, parvient à atténuer ses souffrances.

Mariolle prend Elisabeth comme femme de chambre et devient son amant.

Mais il cède pourtant à ses anciennes pulsions, écrivant à son ancienne égérie qui s’empresse de se rendre dans sa demeure pour réactiver cette relation de proie à prédateur.

La fin du roman est assez déroutante, car si Mariolle cède en apparence en revenant à Paris aux cotés de Madame de Brune, il emmène néanmoins avec lui Elisabeth comme un antidote au poison.

En conclusion, pour quiconque a vécu les tourments d’un amour puissant mais non partagé, « Notre cœur » est un pur chef d’œuvre.

Chef d’œuvre d’analyse psychologique d’abord, avec toute la force et le perversité d’une belle femme préférant manipuler des hommes au profil psychologique correspondant à un statut de victime.

La douleur d’un Mariolle incarnant un amant prêt à s’abaisser plus bas que terre est particulièrement poignante, avec des attentes interminables dans des endroits glacés, des lettres qu’on guette pendant des jours avec une impatience folle et surtout des échafaudages sans fin de l’esprit autour de situations passées ou présentes déchainant la jalousie la plus brulante.

On pourrait penser que le passé difficile de Madame de Burne atténue quelque peu sa nature de prédatrice, qu’elle justifie d’ailleurs en prétendant préférer une relation épisodiques, sans engagement mais plus durable dans le temps à une passion se consumant à brève échéance.

Pour ma part, je ne crois pas à cette théorie.

Seule la fin intrigue, avec un homme ayant trouvé en apparence un remède décisif mais replongeant à la première occasion dans son tourment masochiste.

Mis à part le formidable travail de Maupassant, génial analyste de l’âme humaine et de ses tourments, « Notre cœur » brille pas une prose limpide, vivante et puissante, magnifiant de son éclat le récit.

Rien à dire, une nouvelle fois Maupassant éblouit de sa classe …

Et si au final c’était lui le plus grand écrivain français toutes époques confondues ?

Pour ma part je n’en connais pas de meilleur.

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21 juillet 2012 6 21 /07 /juillet /2012 09:54

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Exploitant le succès du premier opus, Yves Robert récidive en 1974 avec « Le retour du grand blond » racontant la suit des aventures de François Perrin (Pierre Richard) violoniste distrait pris par hasard pour un super agent secret.

L’histoire débute à Paris ou le capitaine Cambrai (Michel Duchaussoy) enquêtant sur la mort suspecte du colonel Bernard Milan (Bernard Blier) disparu dans des circonstances troubles, intercepte un courrier de François Perrin (Pierre Richard) en provenance de Rio de Janeiro qui lui fait part de l’implication du colonel Toulouse (Jean Rochefort) dans ce meurtre.

Saisi de l’affaire, le nouveau ministre de la Défense (Jean Bouise) convoque Toulouse et son adjoint Perrache (Pau le Person) pour leur demander de faire revenir leur agent dit « Le grand blond » à Paris pour le rencontrer.

Pris de court, Toulouse décide d’envoyer deux tueurs à Rio pour éliminer une bonne fois pour toute la menace que fait peser sur lui l’existence de Perrin.

Ces tueurs appelés Prince (Henry Guybet) et Charmant (Hervé Sand) sont en réalité deux bras cassés qui échouent dans toutes leurs tentatives pour éliminer Perrin menant la grande vie avec Christine sur les plages ensoleillée de Rio de Janeiro.

Toulouse annonce à tort la mort du Grand blond au Ministre et un enterrement factice a lieu en Bretagne.

Quand Toulouse apprend l’échec de ces hommes et que le Ministre apprend par Cambrai que Perrin est en vie, Toulouse est contraint de ramener sa proie saine et sauve à Paris.

Mais pour lutter contre Cambrai qui tente de prouver au Ministre que Perrin n’est en rien un espion, Toulouse doit convaincre tout le monde que Perrin est bien le Grand blond, cette implacable machine à tuer formant l’élite des agents secrets français.

Contraint de coopérer en raison du chantage exercée sur Christine, enlevée par les hommes de Toulouse, Perrin joue le jeu et essaie sans grande réussite de se faire passer pour un dur à cuir, ce qui occasionne des scènes hilarantes sous les yeux ébahis de ses anciens amis Maurice (Jean Carmet) et Paulette (Colette Castel).

Le duel est à son paroxysme entre Cambrai et Toulouse, chacun se rendant coups pour coups.

Le point culminant du film est l’improbable scenario de combat de rue imaginé par Toulouse pour convaincre Cambrai de la réalité du super agent avec fusillades, explosions, et agressions physiques.

Le dénouement a lieu pendant le concert donné par Perrin, ou Toulouse est mis à jour pour avoir tenté d’éliminer le Grand blond sous les yeux du Ministre.

Confondu, le colonel fait mine de se suicider mais s’éclipse finalement avec son âme damnée Perrache.
Rendu à la vie civile, Perrin triomphe dans les bras de Christine, non sans avoir décoché une belle droite vengeresse au Capitaine Cambrai.

En conclusion, déniant la loi voulant qu’une suite soit souvent moins réussie que l’original, « Le retour du grand blond » est pour moi un bien meilleur film que le premier opus.

Les moyens sont supérieurs, l’exotisme du Rio de Janeiro des années 70 est fort plaisant et Pierre Richard est ici complètement déchainé dans une suite de cascades pitreries souvent hilarante (notamment la scène du combat de karaté contre un gardien de square aussi massif que placide défendu au final par sa femme à coups de sac à main).

Derrière le numéro de Richard singeant un James Bond gaffeur, viennent des seconds rôles efficaces, comme Jean Rochefort encore meilleur dans son rôle de crapule pince sans rire et Jean Bouise parfait avec son physique de haut fonctionnaire coincé.

Bien sur, le coté vintage du film ressort parfois et certains gags sont bien poussifs (pratiquement tous ceux de Rio).

Malgré cela, Yves Robert conclue son diptyque comique en beauté, sachant s’arrêter en ayant lancé la machine comique « Pierre Richard » mais aussi avant de commettre un numéro 3 qui aurait pu également se justifier au vue de l’attente du public et des producteurs.

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21 juillet 2012 6 21 /07 /juillet /2012 09:17

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Sorti en 1972, « Le grand blond avec une chaussure noire » est assurément le film le plus connu de Pierre Richard et constitua la révélation de son talent comique au grand public.

Avec Yves Robert à la réalisation, « Le grand blond avec une chaussure noire »  raconte une histoire emberlificotée de François Perrin (Pierre Richard) un violoniste anonyme longiligne, blond et affublé d’une seule chaussure noire, pris au hasard à son arrivée d’aéroport  dans une guerre interne des services secrets français.

Cette guerre est celle que ce livre le colonel Louis-Marie Alphonse Toulouse (Jean Rochefort) et son second le colonel Bernard Milan (Bertrand Blier) pour le poste de directeur des services secrets.

Aidé de son fidèle Perrache (Paul le Person), Toulouse a l’idée d’utiliser comme appât Perrin contre son rival en lui faisant croire qu’il est un super agent secret.

Obnubilé par sa paranoïa, Milan mord à l’hameçon et entreprend de faire filer Perrin qui est lui-même filé par deux agents de Toulouse, Poucet (Jean Saudray) et Chaperon (Maurice Barrier).

La fine fleur de l’espionnage français se trouve donc à observer à la loupe la vie d’un quidam moyen, maladroit, distrait, rêveur, qui fait du vélo avec son meilleur ami Maurice (Jean Carmet) et couche accessoirement avec sa femme Paulette (Colette Castel).

Entre filatures, écoutes au micro et quiproquo permanents, Perrin fait tourner en bourrique à tel point les hommes de Milan que celui-ci se décide d’abattre sa carte maitresse, son espionne Christine (Mireille Darc) splendide femme fatale blonde chargée de séduire le violoniste et de l’amener à se trahir.

Christine séduit en effet Perrin mais bien entendu ne parvient pas à lui faire avouer qu’il est un agent secret, de plus les pitreries et maladresse de sa cible finissent par la rendre touchante.

Non seulement Christine échoue dans sa mission, mais elle tombe en plus amoureuse de Perrin.

Avec un Milan poussé à bout, le dénouement s’approche alors à grand pas.

Il a lieu dans l’appartement de Perrin avec une fusillade fratricide entre agents, qui laisse Milan mort.

Pour oublier cette sombre histoire, Perrin et Christine prennent un avion pour Rio de Janeiro.

En conclusion, malgré son statut de classique du cinéma comique français revoir « Le grand blond avec une chaussure noire » m’a plus que laissé sur ma faim.

Les acteurs sont bons, Rochefort plus gentleman pince sans rire que jamais, Darc assez irrésistible, le personnage de Perrin est certes sympathique, son duo avec Carmet, affublé en permanence d’une ridicule tenue de cycliste du dimanche est amusant mais ce serait oublier un peu vite la faiblesse des gags, le grand n’importe quoi de l’histoire et son rythme mollasson.

Le film a incroyablement vieilli, la bonne dégaine d’ahuri de Pierre Richard et la musique prenante de flute de pan de Vladimir Cosma ne suffisent pas pour moi à rendre totalement plaisante et agréable la vue de ce film fatigué par le poids des ans.

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19 juillet 2012 4 19 /07 /juillet /2012 19:56

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Avec « Test for echo » , Rush nous emmène en 1996 en poursuivant son aventure musicale au rythme toujours fort soutenu des passionnés.

Cette fois la pochette est assurément de qualité, avec cette superbe vision polaire montrant une sculpture mystérieuse et des antennes paraboliques en quête de signaux qu’on devine extra terrestres.

Dès l’entame, l’auditeur est impressionné par « Test for echo » mid tempo alambiqué combinant sonorités métalliques anormalement lourdes pour du Rush et passages plus doux ou la voix de Geddy Lee fait mouche.

Ce coté pesant et lourd se confirme sur « Driven » qui engoncé dans son surpoids se traine péniblement en longueur et même « Half the world » et « Color of right » pourtant plus mélodiques semblent pâtir de cette nouvelle orientation heavy rock.

On bascule ensuite dans un univers compact et intense avec « Time and motion » composition beaucoup trop chargée à mon sens et il faut attendre « Totem » pour retrouver le Rush plus fin, subtil et touchant.

La suite présente toujours aussi peu d’intérêt, avec les pénible « Dog years » et « Virtuality » lents et patauds malgré leurs gros riffs.

On aborde ensuite la dernière ligne droite avec « Resist » plus acoustique, « Limbo » aux longues plages instrumentales progressives plutôt envoutantes avant le final « Carve away from stone » péniblement stagnant.

En conclusion, « Test for echo » souffre d’une orientation musicale ultra contestable à mes yeux en alourdissant le style de Rush pour clouer au sol son habituelle grâce aérienne.

La musique est certes métallique, lourde et puissante mais perd en dynamisme, en souplesse et en subtilité.

En voulant jouer les gros bras et surfer sur un mur du son, Rush se fourvoie dans une direction qui lui sied for mal.

Un album à oublier donc et qui confirme la carrière en dents de scie du groupe avec des choix pas toujours heureux.

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18 juillet 2012 3 18 /07 /juillet /2012 21:59

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Sorti en 1991, « Roll the bones » de Rush a la difficile tache de voir le jour en plein milieu d’une déferlante de musique Grunge influencée par le rock alternatif et le punk.

Mais ce revirement de modes ne semble pas perturber nos progueux qui continuent de soutenir la cadence très soutenue de un album tous les deux ans.

On passera rapidement le peu d’intérêt de la pochette assez quelconque voir médiocre pour se concentrer sur la musique avec « Dreamline » un titre introductif relativement incisif et musclé pour du Rush.

Mais le coté gracieux et mélodique du groupe ressort vite sur « Bravado » aux somptueuses parties de guitares très aériennes de Alex Lifeson.

Evoluant certes moins en suspension, « Roll the bones » n’en est pas moins un titre agréable et solide, si on excepte sa curieuse incartade centrale hip hop-électro.

Par la suite, malgré de louables intentions de dynamisme, « Face up » se montre assez inefficace dans son exécution en raison de refrains trop stéréotypés.

Après le traditionnel exercice de l’instrumental bien gentillet  « Where’s my thing » , Rush montre une nouvel fois sa maitrise en combinant refrains mélodiques et rythmes appuyés sur « The big Wheel ».

On déroule ensuite avec « Heresy » dont le titre puissant sied mal à ce morceau calme et effacé pour retrouver la pureté fragile et cristalline du groupe sur « Ghost of chance » porté par la voix enivrante de Geddy Lee.

Décidément très affuté, Rush soigne sort un « Neurotica » aux refrains élégants et accrocheurs beaucoup plus réussi que le terne « You bet your life » final.

En conclusion, « Roll the bones » est une bonne surprise et un très bon album de rock progressif révélant un groupe mature et inspiré.

Bien entendu, le manque de punch des compositions reste mon reproche principal, mais sur ce point les Canadiens font preuve de quelques progrès intéressants avec le développement de tempo assez soutenus.

Tout en conservant ses points forts (pureté mélodique, recherche de variations) , Rush épure les parties électroniques de son style, tout en évitant de verser dans une pop trop facile ou une complexification bien inutile pour trouver le meilleur des compromis.

« Roll the bones » est  donc un petit bonheur pour les oreilles, une douceur apaisante susceptible de calmer les tensions internes.

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